Message d’Olivier Conchon, fondateur de Panthéon Recherche
Cher Lecteur,
Vous êtes nombreux à nous écrire pour demander concrètement quoi faire
pour sécuriser son argent.
L’une des premières réponses est d’avoir votre argent à un endroit sûr, puisque
dès que vous mettez l’argent à la banque il appartient légalement à la banque (= il
n’est plus à vous). Ce dossier vous donne donc d’après notre analyse, les 3 banques
les plus sûres en France, et les 3 établissements les plus risqués.
Ceci pour que vous fassiez vos propres choix, sur la base de chiffres et de
considérations indépendantes. Ici, il est question de sécurité et de robustesse. Nous
ne nous occupons pas des petites différences de frais de gestion, qui restent assez
minimes entre les banques concernées.
Dans le contexte actuel de forte incertitude, vous devriez être certain de disposer
encore demain de tout votre argent, sur simple demande à votre banque. Si ce n’est
pas le cas, ce dossier va vous y aider. Car avec leur jargon et leurs offres soi-disant
« faites pour vous », les banquiers brouillent les pistes sur leurs activités.
Nos « super-banques » (BNP Paribas, Société Générale) convoitent votre argent pour
financer leur folie des grandeurs. Actifs risqués, taille disproportionnée, instabilité
boursière : ils alimentent leur propre risque de faillite au dépit des épargnants.
Au milieu du 20e siècle il y avait encore des « banques de dépôt ». C’est-à-dire qu’elles
finançaient uniquement l’économie réelle avec les comptes des particuliers, et
protégeaient votre argent en surveillant leurs risques.
Mais la baisse des taux d’intérêt a tué leur rentabilité, et la concurrence entre banques
a fait le reste. Les épargnants cherchant les tarifs les plus bas, seules les banques qui
spéculaient ont survécu, et les banques de dépôt qui exerçaient une bonne gestion
modérée ont totalement disparu. Aujourd’hui toutes les banques spéculent et
s’exposent à des risques pour faire du profit : ça oblige l’épargnant à faire le tri…
Surtout depuis la crise de 2008 où tout le monde s’est rendu compte des risques
bancaires, et la plus grande banque Lehman Brothers a fait faillite du jour au
lendemain, sans préavis. Personne n’y croyait : comment un tel colosse pouvait-il
déposer le bilan aussi vite, et sans signe avant-coureur ?
Pourtant la réponse figurait au bilan, constitué d’obligations pourries, d’actifs
toxiques, « subprimes », etc. La « grande banque » était malade de ne plus financer
l’économie réelle, c’est ce qui l’a tuée.
C’est la même chose en France. Des banques spéculent trop, ce qui se voit sur
leurs ratios financiers, quand d’autres qui ont des modèles plus coopératifs et proches
du monde réel, gardent des risques mesurés. Ce comparatif vous permettra
d’évaluer la santé de la vôtre.
-2-
Je vais vous indiquer quelles banques, selon notre analyse, pratiquent une gestion
saine et sage de votre argent.
Les grandes banques françaises n’ont pas toutes retenu la leçon de 2008. Depuis
cette crise, je refuse que mon argent serve à financer leurs risques. Vous avez le
droit de confier vos économies à une banque prudente.
Évoquons d’abord les établissements que je vous recommande d’éviter :
BNP, Société Générale, La Banque Postale, Crédit du Nord, mais aussi HSBC, ou
Fortis Banque, Milleis, Deutsche Bank, Santander, BBVA pour les étrangères.
û Critère n°1 : Evitez les banques cotées en bourse (BNP, Société Générale,
HSBC, Barclays, Santander, ING, etc. dont l’actionnariat est trop dispersé
et leurs filiales (HelloBank, Boursorama Banque, ING Direct, etc.). Il est trop
risqué d’exposer l’intégralité de son capital au marché. On devrait savoir à qui
appartient sa banque, ce qui est difficile avec les banques cotées.
û Critère n°2 : Evitez les établissements qui mélangent banque de détail et
d’investissement dans une même structure juridique (Société Générale, BNP
Paribas) : vos dépôts ne devraient pas financer les activités opaques des
traders sur un même bilan.
û Critère n°3 : Evitez les groupes bancaires mondialisés (BNP Paribas,
Société Générale, HSBC, Deutsche Bank, etc.). Votre argent ne doit pas être
menacé par la politique ou la monnaie d’un pays éloigné de notre économie.
Les banques qui présentent ces critères ne se relèveront pas d’un choc systémique.
L’Etat ne pourra pas sauver une seule grande banque si elle s’effondre, en
raison de leur taille disproportionnée, donc a fortiori les autres non plus.
Attention à La Banque Postale : la fausse banque « sûre »
La Banque Postale est une banque publique détenue par la Poste et la Caisse des
Dépôts. Si cela semble rassurant, la réalité est inquiétante : l’état actionnaire est
toujours mauvais gestionnaire. La dette de l’état est supérieure au PIB, des conflits
d’intérêt politique font passer de mauvaises décisions, etc.
La Banque Postale s’est plusieurs fois trouvée en difficulté, avec la nécessité
de recourir à des augmentations de capital (financées indirectement par nos
impôts). En cas de taxation ou de ponction de notre épargne, les dépôts de la
Banque Postale seront certainement prélevés en premier par l’état.
Je me répète : les pures banques de dépôt n’existent plus, il n’y a donc pas de banque
sans risque. Voyons alors ce qui est préférable pour confier votre argent :
ü Une banque aux actionnaires stables,
-3-
ü Avec un ancrage économique local,
ü Une activité de détail forte,
ü Un profil de risque limité,
ü Des résultats résilients.
Voilà pour moi les vrais critères de robustesse et de sécurité.
Bonne nouvelle : il en existe en France ! Ces établissements se moquent bien du
prestige, ou de la publicité. Elles prospèrent solidement et sans tapage médiatique.
Banques de réseau, cotées, privées, mutualistes : avec l’équipe Panthéon Recherche
nous avons passé au crible le paysage bancaire français.
Dans ce dossier, nous vous présentons les 3 banques qui répondent le mieux à ces
critères : des groupes décentralisés, qui impliquent leurs clients dans les décisions.
Toutes les trois existent depuis le 19ème siècle, leur durabilité est un gage de
confiance. Leur stratégie depuis 2008 indique aussi qu’elles ont pris les mesures
nécessaires pour protéger leurs clients des crises potentielles.
Bonne lecture,
-4-
Comment avons-nous fait notre classement ?
Les experts de l’équipe Panthéon Recherche sont tous d’anciens professionnels de
l’univers bancaire et financier. Ils maîtrisent donc la comptabilité bancaire, en
particulier les indicateurs de gestion du risque et de performance financière.
Les chiffres analysés ici sont rendus publics par les banques étudiées.
Coût du risque : il s’agit de la perte annuelle d’une banque liée à l’abandon de prêts
qui ne seront jamais remboursés. On le calcule en pourcentage, en divisant le
montant des prêts abandonnés sur l’encours total de prêts. Plus le coût du risque
est élevé, plus les crédits accordés par la banque sont risqués.
Ratio (CET1) « Common Equity Tier 1 » : il s’agit du rapport entre les capitaux
propres appartenant à la banque et les encours de crédit pondérés par le risque.
C’est donc un indicateur du matelas de sécurité de la banque en cas de coup dur. Le
minimum fixé en Europe est un ratio CET1 de 4,5%. Plus le ratio CET1 est faible,
plus la solvabilité de la banque est risquée.
Ratio (LCR) « Couverture de Liquidité » : il s’agit pour une banque, du rapport
entre les liquidités immédiatement disponibles et les dettes à rembourser à court
terme (jusqu’à 12 mois). C’est donc un indicateur de la trésorerie mobilisable par la
banque sur l’année à venir. Plus le ratio LCR est faible, et plus la solvabilité de la
banque est risquée.
Taux de créances douteuses : C’est le montant des crédits accordés par la
banque et considérés comme probablement risqués, rapporté à l’encours total de
crédits accordés. Le taux de créances douteuses donne une probabilité de risque, et
le coût du risque chiffre exactement la perte liée à ce risque. Plus le taux de
créances douteuses est élevé, plus le bilan de la banque est risqué.
Contribution de la banque de financement et d’investissement (BFI) : Les
activités de financement (dette, structuration, syndication, etc.) de personnes
morales (les grandes entreprises) sont par nature toujours plus risquées qu’auprès
de personnes physiques. D’autre part, les activités d’investissement (trading pour
compte propre, etc.) sur les marchés financiers sont les plus risquées du secteur
bancaire. Plus la BFI contribue au résultat de la banque, et plus l’activité de la
banque est risquée.
-5-
Le classement des banques les plus solides
Comment lire notre classement : Les groupes sont ici présentés du plus solide au
plus fragile. Le classement final a été élaboré en fonction du risque global de
l’établissement, calculé à partir des indicateurs présentés ci-dessous.
Vous ne trouvez pas votre banque ? Vous la retrouverez dans le détail des pages
suivantes, où sont indiquées les filiales des groupes bancaires présentés ici. Par
exemple si vous êtes client du CIC, le niveau de risque de votre banque correspond
à celui de sa maison-mère, le Crédit Mutuel.
-6-
MON AVIS : C’est LA banque française qui semble la
plus sûre (et parmi les 10 plus sûres d’Europe), que je
choisirais en premier. Son risque est limité et bien protégé,
sa santé est contrôlée par ses clients-actionnaires : la
banque n’est pas cotée en bourse. Le modèle est stable,
et rentable.
Les banques du groupe :
Un ADN prudent
Fondé en 1882, Crédit Mutuel est un « pure-player » de la banque de détail : Le
groupe appartient à ses 7,9 millions de sociétaires qui sont clients des caisses locales.
Il détient plusieurs marques et filiales : Crédit Mutuel, CIC, Arkéa, Fortuneo…
Le groupe est mutualiste. Son organisation est décentralisée, et les pouvoirs de
décision ne sont pas concentrés au niveau de quelques dirigeants. Les décisions sont
prises au niveau des caisses régionales, qui gèrent elles-mêmes des caisses locales.
Les clients ont la capacité de devenir sociétaires, c’est-à-dire de faire partie du
processus de décision de leur banque.
Parmi ses concurrents mutualistes (BPCE, Crédit Agricole), Crédit Mutuel est LE
spécialiste de la banque de détail non risquée, qui génère près de trois-quarts de
ses revenus. Son modèle est celui de la « bancassurance », c’est-à-dire l’offre de
produits bancaires de proximité assortis d’assurance vie et non-vie.
Crédit Mutuel est le groupe bancaire français le plus sûr ! C’est dû à sa taille
limitée, et surtout à la faible part de ses activités « risquées ». En effet, la banque
d’investissement représente moins de 6% des revenus. Le fait que le groupe soit très
implanté localement est aussi un gage de sécurité, avec plus de 80% du risque
clientèle en France. Cela se traduit dans les résultats : Pour 100€ prêtés en 2022, la
banque n’a dû provisionner que 49 centimes en cas de perte liée au risque.
-7-
En cas de crise, la banque est mieux préparée que ses pairs : ses réserves de
liquidité permettent de couvrir plus de 1,7 fois ses engagements court terme. De plus,
la banque a 4 fois plus de fonds propres que le seuil minimum requis en Europe.
Ce que je trouve rassurant et respectable : le groupe enregistre des ratios de
rentabilité comparables à BNP Paribas, mais sans prendre les risques de BNP.
Intéressant : le groupe s’est diversifié dans l’offre de système de sécurité et de
surveillance, un secteur en croissance. Une preuve de plus de leur ADN prudent ?
Chiffres clés :
-8-
MON AVIS : Les récentes crises ont permis à Crédit Agricole
d’arbitrer en faveur d’un modèle raisonnable, qui lui vaut une
2ème place au classement. Peu chère et bien implantée, je
recommande Crédit Agricole ou LCL pour une première
expérience de banque mutualiste.
Le Crédit Agricole a longtemps été « la banque verte ». Pendant un siècle,
la banque a été la référence pour les agriculteurs français, avec une forte présence
en zone rurale. Elle a longtemps été synonyme « du bon sens », éloignée des
marchés risqués. Le groupe est aujourd’hui la 1ère banque française, avec 3 marques :
Crédit Agricole est le 1er groupe mutualiste du monde, qui appartient à ses 10,5
millions de sociétaires. Cet organe de contrôle exercé par les clients est important car
le groupe compte 2 entités cotées en bourse : Crédit Agricole SA, et Amundi. Ces 2
structures ne sont pas liées à la banque de détail des particuliers. Les salariés sont
actionnaires de la banque, à hauteur de 5%, pour mieux partager les profits.
Le groupe est dirigé par Philippe Brassac, un pur produit du groupe, qui y travaille
depuis 38 ans et connait tous ses rouages. Il est réconfortant de savoir que ce fils
d’agriculteur a gravi tous les échelons du groupe et qu’il y a traversé plusieurs crises.
Crédit Agricole a mis la crise de 2008 à profit pour assainir son bilan et recentrer sa
stratégie économique sur des activités peu risquées, moins rentables mais à
fort volume grâce à ses 21 millions de clients particuliers.
La banque mise sur des fondamentaux : la banque de proximité, la gestion de
l’épargne et les assurances contribuent à 70% de l’activité du groupe. Les 30%
restants sont divisés entre les services spécialisés (crédit conso, leasing) et la banque
d’investissement, 2 pôles plus risqués mais qui ont assaini leur bilan depuis 2011.
-9-
En cas de crise : le groupe est solidement armé. Au niveau des fonds propres, Crédit
Agricole détient 3,8 fois le minimum requis au niveau bancaire européen.
S’agissant de la liquidité, la banque détient assez d’argent pour assumer 1,7 fois
ses engagements court terme. Le groupe concentre 68% de ses expositions en
France et 8% en Italie, ce qui lui permet de bien maîtriser son risque géographique.
Ce qui fait la différence : Crédit Agricole a su conserver une culture locale et de
proximité, et n’a pas fermé toutes ses agences. A l’écoute de ses clients sociétaires,
la banque essaie de maintenir « du bon sens ». Elle a fait de sa taille une force, et
ses filiales spécialisées (en banque privée, en immobilier, etc.) sont souvent leaders
dans le secteur et ce sont les clients qui peuvent en profiter.
A retenir : la « banque verte » n’a pas perdu ses racines. C’est la banque française
la plus engagée dans le développement durable.
Chiffres clés
- 10
MON AVIS : BPCE est bonne élève dans la gestion des
risques, et mérite sa 3ème place. Elle semble avoir retenu les
leçons de la crise. Je suis rassuré que le pouvoir soit au niveau
des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, banques
de détail prudentes par nature.
Fondée en 2009 à la fusion des Banques Populaires et Caisses d’Épargne,
« BPCE » fait figure de « repentie ». L’organisation du groupe permet aux 9 millions
de sociétaires des banques de détail de contrôler les activités de la banque
d’investissement, existantes mais minoritaires dans la structure.
BPCE dispose du plus grand réseau de banque de détail en France, qui opère
sous plusieurs marques et filiales :
BPCE diffère du Crédit Mutuel dans ses activités : les opérations peu risquées de
banque de détail et d’assurances, représentent les deux-tiers des revenus.
D’autre part, BPCE exploite 2 filiales de gestion d’actifs et de banque privée qui
assurent 15% de ses revenus. Ces activités de conseil ne représentent pas de
risque élevé pour les clients de la banque de dépôt.
Enfin, la banque de financement et d’investissement Natixis, représente 15% des
revenus. C’est la partie plus risquée, mais le groupe s’est montré prévoyant : il détient
Natixis en tant que filiale. Ses activités sont gérées à part, sans relations
opérationnelles avec la banque de proximité. La banque est cotée, mais avec un
actionnariat stable : BPCE détient 70% des titres.
BPCE est un groupe bancaire prudent ! La fusion des banques populaires et des
caisses d’épargne est intervenue pour sauver l’ancienne banque d’investissement,
- 11
sous haute surveillance de l’Etat. De 2009 à 2018, la direction a « nettoyé » la banque
des actifs risqués, et organisé une nouvelle structure plus saine.
Les chiffres sur la gestion du risque en témoignent. Pour 100€ prêtés en 2022, BPCE
n’a dû provisionner que 41 centimes en cas de perte liée au risque.
En cas de crise, la banque est bien préparée : ses réserves de liquidité permettent
de couvrir plus de 1,66 fois ses engagements court terme. De plus, la banque a 3,5
fois plus de fonds propres que le seuil minimum requis par les directives européennes.
Ce qui fait la différence : la culture d’aversion au risque depuis la création de la
banque, qui porte ses fruits. J’aime aussi la densité du réseau, avec des agences
présentes partout en France, particulièrement dans les petites villes de Province.
Chiffres clés
- 12
Un focus sur la NEF
Vous avez peut-être entendu parler de la NEF, une banque hors du « système ».
Créée en 1988, c’est une coopérative financière orientée vers des projets d’utilité
sociale, écologique et ou culturelle. La NEF n’est pas une banque, mais un
établissement de crédit spécialisé, financé par les dépôts de ses sociétaires.
Pourquoi c’est un établissement prudent ?
La Nef a une volonté de transparence : c’est le seul établissement bancaire français
qui rend compte des financements effectués chaque année grâce à l’argent confié par
ses sociétaires et épargnants, qui ont tout pouvoir sur la gestion.
D’autre part, et c’est unique dans la gestion du risque, la NEF fonctionne en vase
clos, et est totalement imperméable aux aléas des marchés financiers.
Pourquoi c’est un projet vertueux
La Nef crée des outils financiers (livret B) pour financer des nouvelles façons de
produire, de consommer, d’entreprendre, d’habiter. Parmi les projets : agriculture
biologique et paysanne, circuits-courts d’énergie renouvelable, recyclage, habitats
participatifs et écologiques, commerce équitable, entrepreneuriat social etc.
Le livret B a le mérite d’être un produit réaliste, son taux d’intérêt quasi-nul reflète
les conditions de crédit actuelles.
La NEF en chiffres :
37 000 sociétaires finançant quelque 300 millions d’euros de crédits.
Les limites de la NEF aujourd’hui
Sans agrément bancaire : impossible de faire de la NEF sa banque au quotidien. C’est
encore un trop petit établissement relativement fragile, mais qui a mieux résisté à la
crise financière de 2008 que d’autres banques en France. Ce qui manque, c’est
d’autres NEF ! Lorsqu’assez de coopératives similaires auront émergé, il est probable
qu’elles puissent faire valoir leur nombre pour obtenir le statut de banque.
- 13
Réponses aux questions fréquentes
« Pouvez-vous me dire ce que vous pensez du crédit coopératif ? »
Beaucoup de bien ! C’est une filiale de BPCE (cf. dossier). Les coopératives ont le
mérite d’intégrer les clients qui le souhaitent à la coopérative et au partage des profits.
La banque se concentre sur la collecte auprès de sa clientèle (épargne et placement)
et le crédit, et propose des placements bancaires et cartes bancaires solidaires. Elle
finance en partie des projets d’économie sociale et solidaire.
« La taille des banques que vous recommandez n’est-elle pas démesurée ? »
La France a un paysage bancaire centralisé : 5 acteurs se partageant le marché. Les
3 banques décrites dans ce dossier ont une taille de bilan importante, cependant
moins importantes que la Société Générale ou la BNP. Il faut différencier qualité et
quantité ! Les 3 banques présentées ici tiennent leur taille de par leur réseau : elles
agrègent des milliers de caisses de collecte locales peu risquées. La BNP ou la
Société Générale ne sont pas des banques de réseau et ont des tailles
démesurées par rapport au nombre de leurs clients.
« Que pensez-vous d’établissements comme Orange Bank ou Monese ? »
Les néobanques (Monese, Revolut, N26, Orange Bank) sont rassurantes dans la
mesure où elles ne pratiquent que la collecte et l’échange de devises. Mais la
plupart se sont créées en levant des fonds importants, et vont devoir se rentabiliser.
C’est pourquoi elles commencent à explorer l’activité de crédit, ou de services
financiers complémentaires (plateforme de trading, etc.). Leur point positif : être 100%
digital, et ne pas supporter les charges fixes d’un réseau d’agence. Mais elles ne
publient pas encore leurs résultats, ce qui empêche une évaluation sérieuse de leur
profil de risque par rapport aux banques françaises.
- 14
« Que pensez-vous des banques d’assureurs, comme Axa Banque ou Allianz
Banque ? »
Ces banques n’ont pas été créées par les compagnies d’assurance qui les détiennent.
Elles ont été rachetées pour les perspectives de rentabilité qu’offraient l’activité de
collecte des banques, que les assureurs pouvaient combiner avec le volume de leurs
clients assurés. Malheureusement, toutes n’ont pas réussi l’intégration de leurs
banques, et la plupart ne sont pas rentables dans le contexte persistant de faible taux
d’intérêt (Axa Banque par exemple). D’autre part, leur taille réduite ne permet pas
d’avoir assez d’informations financières pour conduire une analyse de risque poussée.
- 15