EVALUATION DE LA PERFORMANCE DES DEPENSES D’INVESTISSEMENT PUBLIC REPETITIVES DANS LES
INFRASTRUCTURES MARCHANDES
Table des matières
0.1 CONTEXTE ET JUSTIFICATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
0.2 OBJECTIFS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
0.3 RESULTATS ATTENDUS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
0.4 METHODOLOGIE ET DEMARCHE OPERATIONNELLE . . . . . . . 5
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0.1 CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Dans la perspective de son émergence à l’horizon 2035, l’Etat camerounais a mis en
place un cadre d’investissement public ambitieux pour stimuler sa croissance économique
et améliorer le bien-être socioéconomique de sa population. Il est aujourd’hui évident
que les investissements publics représentent un levier stratégique pour atteindre des ob-
jectifs de développement durable, ceci à travers le financement des projets dans divers
secteurs, tels que le commerce et les infrastructures. Aussi, en mettant l’accent sur ces do-
maines, le gouvernement cherche à réduire les inégalités, à stimuler l’activité économique
et à renforcer la résilience des communautés face aux nombreux défis socioéconomiques.
Conformément aux orientations de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030
(SND30), ces investissements visent principalement à transformer structurellement l’éco-
nomie en renforçant les capacités productives et en améliorant les infrastructures de base
nécessaires au développement.
Sur les 10 dernières années, l’Etat a consacré en moyenne annuelle près de 30 % de son
budget aux dépenses d’investissement public, une partie considérable étant consacrée aux
investissements répétitifs. Le concept d"investissement public répétitif" renvoie en effet
aux dotations ou dépenses monotones, qui peuvent ou pas se faire à fréquence régulière,
effectuées par l’Etat et destinées à la réalisation du capital physique participant à la for-
mation brute du capital fixe (FBCF) sur tout ou une partie du territoire national, dans
un domaine spécifique de la politique économique. Autrement dit, est considéré comme
"Investissement Public Répétitif" 1 (IPR), toute dépense qui répond aux deux critères
ci-après :
1.
— Secteur Commerce : les infrastructures marchands (bâtiments de boutiques + hangars de comp-
toirs) modernes ou non dans les communes ; les marchés frontaliers, etc.
— Secteur Education : les établissement scolaires primaires/bâtiments ou blocs de salles de classes ;
les lycées agricoles, etc.
— Secteur Santé : hôpitaux de référence dans les départements ; hôpitaux de district ; centres mé-
dicaux d’arrondissement ; centres de santé intégrés.
— Secteur Eau et Energie : adductions d’eau Potable ; forages équipés ; panneaux solaires, etc.
— etc.
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— Monotonie : qui varie très peu dans le temps et dans l’espace, concernant une
cathégorie spécifique d’infrastructure ;
— Source de financement : Etat (BIP ou tout autre fonds public).
Cette dotation étant en général limitée au vue de nombreux besoins, elle doit être allouée
à la réalisation de projets pertinents qui ont un impact réel sur les communautés béné-
ficiaires. Il est donc crucial que ces investissements soient minutieusement sélectionnés,
priorisés et utilisés, afin de garantir qu’ils contribuent aussi bien au développement de
l’activité économique, qu’à l’amélioration du bien-être social des populations.
Dans ce sens, l’adoption du budget programme en 2013 par l’Etat du Cameroun a
marqué un tournant dans la gestion des dépenses publiques, en mettant l’accent sur une
approche axée sur les résultats. Approche qui vise à garantir que chaque unité monétaire
investie, génère des bénéfices tangibles et mesurables, en favorisant une allocation des
ressources plus stratégiques, efficaces et efficientes.
Aussi, l’une des priorités dans ce cadre aurait été la construction d’infrastructures
marchandes. En effet, le Gouvernement camerounais entend investir dans la promotion
du «made in Cameroun », l’amélioration de la protection du consommateur et dans
l’amélioration du système statistique du commerce extérieur, notamment le commerce
transfrontalier. Ainsi, en construisant des infrastructures marchandes modernes et acces-
sibles, l’État ambitionne de dynamiser le commerce local, de faciliter l’accès aux biens et
services diversifiés, et d’intégrer les petits producteurs dans les chaînes de valeur. Il ne
serait pas exagéré dès lors de dire que ces infrastructures constituent un moyen de :
— insertion socioprofessionnelle pour une frange importante de la population locale ;
— développement de l’activité économique ;
— développement des exportations et ;
— limitation des importations
En bref, ces investissements viseraient non seulement à soutenir le secteur informel (dont
la population active occupée représenterait environ 90% de l’emploi d’après l’OIT et,
duquel le Gouvernement ambitionne réduire considérablement l’ampleur, par des actions
concrètes de migration vers l’économie formelle), mais également à créer un environne-
ment propice à la production et l’entrepreneuriat, en garantissant une meilleure distribu-
tion des biens et services au sein des communautés.
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Au cours de la dernière décennie (2013-2023), l’État a investi dans la construction de
plus de 250 infrastructures marchandes de différentes catégories 2 à travers le territoire
national, principalement par le biais du BIP et du FEICOM, ce qui représenterait un
effort significatif dans le cadre de la modernisation et de la dynamisation de l’écono-
mie nationale. Toutefois, des observations récentes ont révélé des disparités importantes
dans l’utilisation et l’efficacité de ces infrastructures. Certaines sont non exploités, tan-
dis que d’autres restent partiellement utilisées. Ces constats posent des questions sur la
performance des investissements publics répétitifs dans le domaine de la construction des
infrastructures marchandes, notamment la pertinence des choix d’investissement et l’uti-
lisation dans des proportions optimales des dépenses d’investissement public répétitives.
En outre, La Banque Mondiale, dans la revue des dépenses publiques du Cameroun pu-
bliée en 2024, souligne également l’inefficacité persistante des investissements publics au
Cameroun, mettant en lumière les défis liés à l’allocation des ressources et à l’impact li-
mité de certains projets sur les bénéficiaires. D’où la nécessité d’une réflexion approfondie,
aussi bien sur les stratégies d’investissement public en général et répétitif en particulier,
que sur la gestion des infrastructures pour maximiser leur potentiel et leur impact.
En somme, améliorer la performance des investissements publics répétitifs dans les
infrastructures de façon général et spécifiquement dans les infrastructures marchandes,
nécessiterait d’identifier et de comprendre les obstacles aux effets escomptés de l’implan-
tation de celles-ci à travers le territoire national, notamment ceux relatifs au bien-être
social des populations et au développement de l’activité économique. De ce fait, il se-
rait opportun de procéder à une évaluation détaillée visant à fournir à la hiérarchie des
éléments d’analyse et des informations pertinentes comme référence des prises de dé-
cision relatives aux dépenses d’investissement public répétitives dans le domaine de la
construction des infrastructures marchandes. Cette analyse permettra :
— la facilitation de la priorisation dans la programmation et la budgétisation à moyen
terme ;
— le renforcement des capacités productives commerciales essentielles à la transfor-
mation structurelle de l’économie ;
— l’assurance d’une meilleure allocation des ressources aux investissements répétitifs,
2. le coût allant de dizaines de millions à d’unités de milliards
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répondant ainsi aux besoins spécifiques des populations et stimulant le développe-
ment économique local ;
En bref, cette évaluation contribuera tour à tour à renforcer l’efficacité des investissements
publics répétitifs, et à favoriser une utilisation plus judicieuse des ressources disponibles.
0.2 OBJECTIFS
L’objectif principal de cette étude est de mettre en place un cadre analytique et déci-
sionnel, en faveur d’une meilleure allocation et d’une utilisation pertinente des ressources
destinées à l’investissement public répétitif dans la construction des infrastructures mar-
chandes sur le territoire national
Spécifiquement, il s’agira de :
1. réaliser la cartographie des infrastructures marchandes par type et par unité ad-
ministrative hiérarchique (région, département et commune) sur la période 2013-
2023 ;
2. définir les indicateurs des effets attendus des infrastructures marchandes réalisées
(outcomes), notamment ceux relatifs au bien-être social des populations et à l’ac-
tivité économique, tout en mettant en exergue leur évolution ;
3. apprécier l’efficacité et l’efficience des dépenses d’investissement public répétitives
du point de vue des outcomes et ;
4. Identifier les obstacles à la bonne performance des dépenses d’investissement public
répétitives ;
5. fournir aux autorités des éléments d’analyse et des informations pertinentes comme
référence des prises de décision relatives aux dépenses d’investissement public ré-
pétitives en matière de construction des infrastructures marchandes.
0.3 RESULTATS ATTENDUS
Le résultat de cette étude est un rapport d’évaluation de la performance des dépenses
d’investissement public répétitives, dans le domaine de la réalisation des infrastructures
marchandes. Ce rapport présentera :
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— une cartographie complète des infrastructures marchandes construites par l’État,
à travers les investissements publics répétitifs sur la période 2013-2023 ;
— des orientations en matière de choix d’investissements répétitifs dans les infra-
structures marchandes ;
— des éléments d’analyse destinées à la rationalisation des dites dépenses.
0.4 METHODOLOGIE ET DEMARCHE OPERA-
TIONNELLE
Cadre méthodologique
Indicateurs des effets attendus des infrastructures marchandes
1. Taux de couverture des infrastructures marchandes par les biens 3 ;
2. taux d’occupation des infrastructures marchandes par les producteurs/commerçants ;
3. taux de fréquentation des infrastructures par les usagers ;
4. Degré de facilité d’accès à l’infrastructure (producteur et consommateur)
5. taux de consommation des biens issus des infrastructures marchandes par les mé-
nages ;
6. taux d’accroissement de l’emploi (direct et indirect) ;
7. taux d’accroissement des revenus des acteurs 4 à la fois administratifs et de l’offre
des biens ;
8. taux d’accroissement de la production locale
3.
— par les biens non agricoles
— par les biens agricoles de rente
— par les biens agricoles vivriers
4.
— administration fiscale
— exécutif communal (taxes communales, loyer, droit de place, etc.)
— services de la douane (commerce transfrontalier)
— unités commerciales (chiffre d’affaire)
— producteurs (économies d’échelle)
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Echantillonnage
L’étude aura une portée nationale et par conséquent, s’étendra à toutes les régions du
Cameroun pour garantir une représentation complète et diversifiée des différentes réalités.
Par ailleurs, les données nécessaires à cette étude seront de deux types. Premièrement,
les données secondaires tirées de la revue documentaire en collaboration avec le MIN-
COMMERCE et le FEICOM, pour la constitution de la cartographie des infrastructures
marchandes, qui servira de base de sondage pour la collecte de données auprès des popu-
lations cible. Deuxièmement, des données primaires seront mobilisées par le biais d’une
observation statistique directe menée sur le terrain.
Population cible
Six catégories de cibles feront l’objet de l’opération de collecte de données.
1. les responsables des infrastructures marchandes ;
2. les unité commerciales des dites infrastructures ;
3. l’administration fiscale ;
4. les services municipaux ;
5. les usagers des infrastructures (ménages) ;
6. les producteurs/associations de producteurs (GIC et autres).
Plan d’échantillonnage
Le plan d’échantillonnage choisi pour mener à bien ce travail, est l’échantillonnage
stratifié. Par région, on procèdera ainsi qu’il suit :
— stratifier la population d’infrastructures marchandes en 3 strates, à savoir :
S1 . les infrastructures évaluées en milliard(s) ;
S2 . les infrastructures en centaines de millions ;
S3 . les infrastructures de moins de 100 millions
— tirer un échantillon avec probabilité proportionnelle à la taille (coût) d’infrastruc-
tures dans chaque strate ;
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— tirer un échantillon aléatoire simple des des zones de dénombrement dans chaque
commune hébergeant au moins une infrastructure de l’échantillon constitué dans
chaque strate ;
— tirer un échantillon aléatoire simple des ménages dans les zones de dénombrement
(ZD).
NB : Seuls les marchés permanents 5 seront considérés dans l’échantillonnage.
Méthodes d’évaluation de la performance
— Evaluation de l’efficacité 6 des dépenses d’investissement public répéti-
tives : On procèdera à une analyse multicritère, résultant des valeurs des indica-
teurs ci-dessus.
— Evaluation de l’efficience des dépenses d’investissement public répéti-
tives : Il sera question de procéder au Calcul des scores d’efficience technique des
dépenses d’investissement public répétitives du point de vue des effets attendus
des infrastructures marchandes.
Démarche opérationnelle
Phase 1 : Revue documentaire
Objectifs :
— réaliser la cartographie exhaustive des infrastructures marchandes issus de l’inves-
tissement public répétitif lors des dix dernières années ;
— apurer et affiner la base de sondage, notamment en termes d’unités administratives
d’implantation, de coût et de période de fonctionnement du marché (périodique
ou permanent).
Inputs : bases de données du MINCOMMERCE et du FEICOM
Parties prenantes :
— les représentants du MINCOMMERCE ;
— les représentants du FEICOM ;
5. par opposition aux marchés périodiques
6. l’efficacité ici est lié aux outcomes, donc elle renvoie à la pertinence et équivalemment au bon choix
des investissements
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— les équipes du MINEPAT ;
Ouputs :
— cartographie complète des infrastructures marchandes des dix dernières années sur
le territoire national ;
— base de sondage constituée de toutes les infrastructures marchandes permanentes
tirées de la cartographie.
Durée : 2 semaines.
Phase 2 : Travaux préparatoires pour la conception des instruments mé-
thodologiques et de collecte propres à l’observation directe
Objectif : élaborer et valider tous les éléments méthodologiques et les outils de
collecte des données
Inputs : instruments de bureau
Parties prenantes : personnel du MINEPAT
Ouputs :
— méthodologie de travail mise au point
— documents méthodologiques et de collecte élaborés (cartographie des ZD, fiche de
dénombrement, questionnaires, manuel de remplissage des dits questionnaires)
— plan de déploiement de collecte des données auprès des acteurs locaux, adossé à
un chronogramme de collecte
— équipes d’agents enquêteurs pour les descentes, constituées et formées
Durée : 3 semaines.
Phase 3 : Sensibilisation et appuis méthodologiques des responsables des
services déconcentrés (MINEPAT et MINCOMMERCE) et ceux des exécutifs
communaux
Objectif : faciliter le déploiement et l’intervention des agents de collecte.
Phase 4 : Identification des infrastructures marchandes/unités commer-
ciales et des ménages et, interviews
Objectif : obtenir l’information nécessaire pour chaque unité statistique sélectionnée
de l’enquête.
Inputs : outils de collecte.
Parties prenantes : personnel du MINEPAT
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Ouputs : questionnaires renseignés de manière fiable et exhaustive.
Durée : 2 semaines.
Phase 5 : exploitation et analyse des données recueillies
Objectifs :
— réaliser la base de données de l’enquête ;
— interpréter et expliquer les résultats obtenus.
Inputs :
— questionnaires renseignés
— masque de saisie
Parties prenantes : personnel du MINEPAT
Ouputs :
— indicateurs clés évalués ;
— efficacité et efficience des IPR mesurées ;
— obstacles à la performance des IPR mis en évidence.
Durée : 2 semaines.
Phase 6 : production, validation du rapport et dissémination des résultats
de l’enquête
Objectif : communiquer les résultats de l’enquête, les constats et des recommanda-
tions qui en découlent à la hiérarchie.
Parties prenantes : équipe technique de la Cellule des Audits et des Analyses
d’Impacts (CAAI).
Ouputs : rapport détaillé d’évaluation.
Durée : 2 semaines.
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