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Cours SR1

Le rapport examine la santé sexuelle et reproductive des jeunes au Burkina Faso, en mettant en lumière les lacunes d'information et les besoins spécifiques de cette population. Il s'appuie sur des données d'enquêtes démographiques et de santé, ainsi que sur des études qualitatives pour orienter les futurs programmes et politiques. Ce document fait partie d'un projet visant à améliorer la sensibilisation aux risques liés au VIH/SIDA et aux grossesses non désirées parmi les jeunes.

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Le rapport examine la santé sexuelle et reproductive des jeunes au Burkina Faso, en mettant en lumière les lacunes d'information et les besoins spécifiques de cette population. Il s'appuie sur des données d'enquêtes démographiques et de santé, ainsi que sur des études qualitatives pour orienter les futurs programmes et politiques. Ce document fait partie d'un projet visant à améliorer la sensibilisation aux risques liés au VIH/SIDA et aux grossesses non désirées parmi les jeunes.

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Santé Sexuelle et de la Reproduction

des Jeunes au Burkina Faso:


Un Etat des Lieux

Georges Guiella

Occasional Report No. 12


Mai 2004
Remerciements

Le rapport Santé Sexuelle et de la Reproduction des


Jeunes au Burkina Faso : Un Etat des Lieux a été
écrit par Georges Guiella, chercheur à l’Unité
d’Enseignement et de Recherche en Démographie
(UERD), Burkina Faso.

L’auteur voudrait remercier particulièrement Vanessa


Woog pour la revue intensive des nombreuses
versions de ce rapport. Il remercie également Banza
Baya, Ann E. Biddlecom, Christine Ouédraogo,
Susheela Singh, et Yacouba Yaro pour leurs
commentaires et suggestions constructives ; et
Kathryn Kooistra pour son assistance.

La recherche pour ce rapport a été menée dans le


cadre du projet de Alan Guttmacher Institute,
Protéger la Prochaine Génération: Comprendre les
Risques Liés au VIH Parmi les Jeunes, qui est
soutenu par The Bill et Melinda Gates Foundation.

Citation suggérée : Guiella G, Santé Sexuelle et de la


Reproduction des Jeunes au Burkina Faso : Un Etat
des Lieux, Occasional Report, New York : The Alan
Guttmacher Institute, 2004, No. 12.

Pour commander ce rapport, allez au site


www.guttmacher.org.

© 2004, The Alan Guttmacher Institute, A Not-for-


Profit Corporation for Reproductive Health Research,
Policy Analysis and Public Education

ISBN: 0-939253-68-2
Tableau des Matières
Introduction ...................................................... 5 Test de Dépistage, Conseils Pré et Post-test du
Objectifs du Rapport.............................................. 5 VIH/Sida ............................................................. 28
Concept et Réalité de l’Adolescence ..................... 5
Les Politiques Gouvernementales Vis à Vis des
Les Expériences Sexuelles et Reproductives des Jeunes en Matière de Santé Sexuelle et de la
Jeunes............................................................... 9 Reproduction...................................................29
Premiers Rapports Sexuels .................................... 9 Politique de Santé de la Reproduction ................ 29
Activité Sexuelle Récente.................................... 10 Politique VIH/Sida .............................................. 30
Nombre de Partenaires Sexuels ........................... 10
Types de Relations Sexuelles et Caractéristiques Conclusion .......................................................32
des Partenaires Sexuels........................................ 10 Besoin d’Informations et de Services.................. 32
Violences Sexuelles............................................. 11 Recherche à Poursuivre....................................... 32
Le Mariage des Jeunes......................................... 11 Références ........................................................... 34
La Fécondité des Jeunes ...................................... 12
Les Grossesses Non Désirées .............................. 12 Tableau Annexe 1…………………………….……….….38
L’Avortement ...................................................... 12
Connaissance et Utilisation de la Contraception . 13
Tableau Annexe 2………………………………...……..39
Les IST et le VIH/Sida .......................................15
Prévalence des IST/VIH et Leur Incidence ......... 15
Connaissance du VIH/Sida.................................. 16
Connaissance et Utilisation des Condoms........... 16
Attitudes Vis à Vis du Traitement des IST.......... 17
Perception des Risques ........................................ 17
L’Efficacité Personnelle ...................................... 18
Les Groupes à Risques Elevés............................. 18
Les Orphelins ...................................................... 19
Autres Groupes à Risques ................................... 19

Informations et Services en Matière de Santé


Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes.......21
La Place des Media.............................................. 21
L’Education en Matière de Population ................ 22
Le Rôle des ONGs et du Secteur Privé................ 22
Le Rôle des Organisations Sportives................... 24
Le Rôle des Groupes Religieux ........................... 24
La Stratégie des Pairs Educateurs........................ 24
Les Programmes Spéciaux pour Filles ................ 25
L’Utilisation des Services de Santé par
les Jeunes............................................................. 26
Contraintes pour Accéder aux Services de Santé 26
Accès aux Condoms ............................................ 27

3
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

Introduction
Objectifs du Rapport régional et international; et, en stimulant le développement
Le présent rapport de synthèse passe en revue les de programmes et politiques qui tiennent compte des
études, les recherches et les programmes dans le besoins des jeunes. La recherche comprend des
domaine de la santé sexuelle et de la reproduction des discussions dirigées de groupes et des interviews
jeunes au Burkina Faso et présente les constatations qualitatives avec des adolescents, enseignants et ceux
clés tirées de cette littérature. Il met notamment qui travaillent dans le domaine de la santé, aussi bien
l’accent sur l’identification des lacunes en matière qu’une enquête nationale d’adolescents dans chacun
d’information qui peut orienter la recherche et les des quatre pays. Ce rapport de synthèse est une étude
programmes futurs dans ce domaine. prélude pour mettre en évidence les lacunes auxquels
Les sources d’information pour cette synthèse les activités de recherche de « Protéger la Prochaine
comprennent les Enquêtes Démographiques et de Génération » va répondre et identifier les
Santé (EDS) menées en 1993 et 1998/99. La plupart programmes qui doivent être ciblés par les initiatives
des données citées dans ce rapport proviennent de communication et de plaidoyer de « Protéger la
d’analyses faites par The Alan Guttmacher Institute et Prochaine Génération ».
sont incluses dans les tableaux annexes. D’autres
données figurent dans les rapports publiés. Concept et Réalité de l’Adolescence
En plus des données tirées des EDS, le rapport se L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit
fonde également sur des données provenant d’études les adolescents comme le groupe d’âge de 10–19 ans,
à plus petite échelle menées au Burkina Faso (voir les jeunes comme celui de 15–24 ans et la population
Source des Données à la fin de ce chapitre). Le rapport jeune comme celle comprenant les adolescents et les
présente généralement l’état des connaissances en ce jeunes de 10–24 ans. L’adolescence se définit alors
qui concerne la santé sexuelle et de la reproduction des comme étant la période du cycle de vie qui se situe à
jeunes au Burkina Faso, qui peut, en conséquence, être la frontière de l’enfance et de l’âge adulte. Elle
utilisé pour orienter les programmes de prévention et renvoie le plus souvent à la notion de besoins
de politique d’intervention pour le VIH/Sida. spécifiques. La tranche d’âge la plus couramment
Ce rapport fait partie d’un projet de cinq ans qui utilisée au Burkina Faso, notamment par la Direction
porte sur la santé sexuelle et de la reproduction des de la Santé de la Famille est la tranche 15–19 ans.
adolescents et qui s’intitule « Protéger la Prochaine Du point de vue culturel, l’étape de l’adolescence
Génération: Comprendre les Risques Liés au VIH revêt une importance capitale dans la vie de
Parmi les Jeunes ». Ce projet, en collaboration avec l’individu. Dans la société Mossi par exemple (52%
des partenaires au Burkina Faso, Ghana, Malawi et de la population du Burkina), qui a d’ailleurs
Ouganda, cherche a contribuer au combat global beaucoup de similitudes (culturelles, normes,
contre le VIH en améliorant la prise de conscience valeurs…) avec d’autres groupes ethniques du pays
concernant les besoins des jeunes en matière de santé tels que les Gourmantché, l’adolescence correspond à
sexuelle et de la reproduction, en particulier en ce qui une étape considérée comme décisive dans la vie de
concerne le VIH/SIDA, les IST et les grossesses non l’individu. Elle fait suite à une première étape,
désirées ; en communiquant ces nouvelles l’enfance, que les Moosé appelle le yandrema.
informations à un large public y inclus les
responsables politiques, les prestataires de services a
Yandrem: substantif indiquant l’enfance en tant que période et état
de santé et les médias dans chaque pays, au niveau d’esprit.

5
The Alan Guttmacher Institute

Selon Badini A, « le yandrem coïncide avec toute comportement sexuel et procréateur de l’adolescent.
la période qui s’étend du sevrage à la puberté de Les normes et valeurs édictées par la société
l’enfant (de 3 à 14 ans à peu près) ».1 Selon l’auteur, imposaient implicitement des conditions à
à cette étape de la vie, l’enfant est appelé yanga pour l’adolescent, ce que Boutillier et al. avait déjà résumé
désigner l’enfant en tant qu’être incomplet, non averti en ces termes : « Dans le processus que traverse le
et même irresponsable. Dans la société Mossi, la jeune homme pour arriver au statut social de chef de
période du yandrem représente le moment idéal pour zakab, le mariage et l’accession à l’indépendance
les transformations et les modelages voulus ou économique semblent les étapes principales, sinon
attendus. toujours nécessaires, qu’il doit franchir. Le passage
C’est cette période de l’enfance qui fait donc place d’une étape à l’autre implique l’intervention des
à l’adolescence. Contrairement aux terminologies aînés dont la tutelle est longue et lourde ».4 On
yandrem et yanga utilisées pour désigner remarque que même si l’adolescent a des contraintes
respectivement l’enfance et l’enfant sans distinction que la société lui impose, il bénéficie d’une forte
selon le sexe, la terminologie désignant l’adolescence solidarité lignagère qui l’accompagne pendant
et l’adolescent change selon qu’il s’agisse d’une fille longtemps jusqu’à la maturité de l’adolescent d’où
ou d’un garçon. l’impression « d’une tutelle longue et lourde ». Dans
Ainsi, le rasandlem (adolescence des garçons, ces conditions, il n’y a donc pas de tolérance pour
rasanga étant le nom pour désigner l’adolescent) l’adolescent qui enfreint les règles.c
correspondrait à la tranche d’âge 14–20 ans. Selon Aujourd’hui, l’adolescent vit dans un contexte
Badini A, « A ce stade du développement de marqué par l’effritement de l’emprise lignagère et des
l’individu, la vie en groupe va jouer un rôle valeurs de solidarité. En effet, les adolescents et les
prépondérant et constituera une référence pour jeunes sont généralement sans emploi et bénéficient
chacun de ses gestes ». Le début du rasandlem de moins en moins de réseaux traditionnels de
« correspond aux premiers balbutiements de l’amour solidarité à cause de la crise économique, d’où
et les caractéristiques du rasanga (l’adolescent l’apparition de nouveaux comportements tels que la
garçon) se confondent souvent avec les consommation de la drogue, la prostitution et la
manifestations de l’amour et des sentiments. C’est délinquance.5 Cette situation est beaucoup plus
également le début de l’assimilation des règles perceptible en milieu urbain qu’en milieu rural, ou
sociales et des vertus morales ».2 presque, selon l’EDS, un quart de la population
Quant au pugsadré, (l’adolescence des filles), elle d’adolescent réside.6
commence selon l’auteur entre 12 et 15 ans.3 La Le Burkina Faso compte une soixantaine de
pugsada (l’adolescente) désigne la « fille pubère dont groupes ethniques ayant des cultures différentes. Ces
le développement physiologique est fait ». Dans la groupes constituent souvent des sociétés structurées
société Mossi, la période de l’adolescence semble en villages. Malgré leur diversité, ils partagent un
être une étape déterminante et cruciale pour la fond démo-culturel commun. Ainsi, au sein de
pugsada. C’est en effet, la seule période au cours de chaque groupe, le mariaged apparaît comme une
laquelle elle pourra véritablement manifester ses institution obligatoire, qui mobilise l'ensemble de la
sentiments ou encore l’amour. C’est également au communauté lignagère. Il est un signe de maturité
cours de cette période qu’elle commence à vivre une sociale et de responsabilité. Dans la société
jeunesse, faite de rigueur mais aussi de permissivité traditionnelle Mossi par exemple, pour l’adolescente,
et d’une relative liberté, en attendant d’être soumise à il n’y a de normes et valeurs en matière de
un homme et à la famille de celui-ci à la faveur du comportements sexuels que de se marier en gardant
mariage. C’est pendant ce laps de temps que la sa virginité. Les jeunes filles ont très peu de contrôle,
pugsada pourra jouir en jouant, « car la dimension de d’emprise sur les décisions les concernant en matière
l’amour « libidinal » lui sera refusé dès le mariage, à
partir duquel elle ne sera plus qu’une « génitrice ». b
Zaka désigne en langue Mooré (langue des Mossi) le ménage ou par
Le contexte socio-économique actuel est de plus extension la famille.
en plus différent de celui connu jadis. Dans la société c
La fille qui contractait une grossesse non désirée alors qu’elle n’est
traditionnelle Mossi par exemple, la forte pas mariée est bannie de la famille ou est exclue d’un certain nombre
hiérarchisation basée sur le système du lignage d’activités qui engagent le lignage.
d
Mariage est utilisé ici au sens large pour désigner toute union qui
exerçait une certaine influence et façonnait le expose à la procréation.

6
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

de mariage et de vie conjugale. Une fille ne reçoit


aucune information sur sa future vie sexuelle. Elle
doit feindre l’ignorance du rapport entre l’acte sexuel
et sa grossesse.7 La perte de la virginité est
considérée comme une honte pour toute la famille
voire de tout le lignage. Or « la honte représente,
parmi les techniques pédagogiques mossi, l’arme la
plus efficace pour convaincre l’individu d’adopter les
comportements sociaux attendus ». Ainsi, les parents
évoqueront la perspective de la honte, considérée
comme un « échec social sans appel », comme
épouvantail pour convaincre l’adolescent d’adopter
les bonnes habitudes, les savoir-faire et les
comportements qui lui vaudront la considération
sociale.8 Ces normes sont valables aussi bien pour les
filles que pour les garçons En effet, chez les rasamba
(adolescents garçons), les mêmes exigences sont de
règle et consiste en « une maîtrise de sa sexualité,
valeur cardinale et préoccupation fondamentale de
l’éducation ». C’est de cette façon que le rasanga
acquerra les qualités morales et « la propreté
sociale » qui feront de lui plus tard un homme apte et
digne de diriger des opérations d’initiation. Comme
pour la pugsada, le rasanga déclaré indigne à diriger
un jour des cérémonies initiatiques s’expose à la
moquerie et à la honte qui témoignent de la
réprobation collective devant un comportement jugé
contraire aux normes. Il est alors systématiquement
tourné en ridicule sous forme de caricatures
satiriques ou de chansons. Cette forme de pression et
de contrôle vis à vis du rasanga peut conduire parfois
au suicide ou au départ définitif du village.9

7
The Alan Guttmacher Institute

Source des Données les Plus Souvent Citées

Les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) du Burkina Faso ont été réalisées en 1993 et en 1999.
L’EDS est une enquête nationale représentative de femmes âgées de 15–49 et d’hommes de 15–59 ans. Ces
deux enquêtes couvrent une large gamme d’indicateurs dans les domaines de la population, de la santé et
de la nutrition. La plupart des données citées dans ce rapport proviennent d’analyses faites par The Alan
Guttmacher Institute et sont inclus dans les tableaux annexes. Certaines données figurent dans les rapports
publiés des EDS.

Etude multisite: L’étude multisite de Bobo-Dioulasso a été menée en 2000 à Bobo-Dioulasso auprès d’un
échantillon de 2,700 personnes âgées de 13–49 ans. Cette étude visait à déterminer l’importance des IST et
de l’infection à VIH chez les jeunes et au sein de la population générale dans la ville de Bobo-Dioulasso.

Etude de Ouagadougou et Tenkodogo: L’étude a été menée auprès d’un échantillon de 478 adolescents de
13–19 ans (dont 243 garçons et 235 filles). C’est une enquête quantitative de type CAP (Connaissances,
Attitudes et Pratiques) qui s’adressait aux adolescents, aux parents d’adolescents et aux prestataires de
services de santé. Les données quantitatives ont servi ensuite à éclairer l’élaboration des guides pour les
discussions dirigées de groupe. Cette étude avait pour but d’identifier les pratiques sexuelles des
adolescents ainsi que les stratégies adoptées pour faire face aux IST et à l’infection à VIH.

Etude de Bittou, Pama et Léo: L’étude sur la promotion de la santé de la reproduction des adolescents et
des jeunes à Bittou, Pama et Léo a été menée auprès d’un échantillon de 530 jeunes de 11–24 ans (284
garçons et 246 filles). Faisant suite à un programme d’intervention, cette étude évaluative avait pour but de
déterminer si le processus de participation communautaire est approprié et efficace pour promouvoir la
santé sexuelle et de la reproduction des jeunes.

Etude PROMACO: (Promotion du Marketing social du Condom): Il s’agit d’une étude portant sur les
attitudes des jeunes face au condom menée auprès de 1,630 jeunes (filles et garçons) de 13–25 ans repartis
sur neuf sites dont quatre urbains et cinq ruraux.

Etude Association Burkinabé pour le Bien-Etre Familial (ABBEF) 1994 : En 1993–1994, l’Association
Burkinabé pour le Bien-Etre Familial (ABBEF) a conduit une enquête sur les connaissances, attitudes et
pratiques en matière de sexualité en milieu scolaire à Ouagadougou. Il s’agit d’une étude sur un échantillon
de 486 filles et garçons de 13–20 ans en milieu scolaire du secondaire à Ouagadougou.

Etude ABBEF 2000 : En 2000, l’ABBEF a mené une étude qualitative basée sur des groupes de
discussions et des entretiens individuels auprès de jeunes, utilisateurs des centres jeunes, de prestataires de
services ainsi que de parents de jeunes. Cette étude qui s’est déroulée dans les trois plus grandes villes du
Burkina (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou), avait pour but «d’identifier les principaux
facteurs qui freinent l’utilisation des centres jeunes et proposer des stratégies et des actions à mener».
L’étude a concerné 108 jeunes de 10–25 ans (36 à Koudougou, 35 à Bobo-Dioulasso et 37 à Ouagadougou)
et leurs 104 parents (35 à Koudougou, 33 à Bobo-Dioulasso et 36 à Ouagadougou). Les adolescents âgés
de 10–14 ans représentaient 18% de l’échantillon tandis que les 15–19 ans représentaient 61%.

8
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

Les Expériences Sexuelles et Reproductives des


Jeunes
Premiers Rapports Sexuels sexuels à l’âge de 18 ans.12 A 20 ans, la quasi-totalité
Selon l’EDS, près de la moitié des filles et un peu des filles ont eu leurs premiers rapports sexuels :
plus d’un quart des garçons de 15–19 ans ont déjà eu 92% contre 52% pour les garçons.13
des rapports sexuels. La proportion des jeunes qui ont Trente et un pourcent des jeunes filles âgées de
déjà eu des rapports sexuels est plus prononcée parmi 20–24 ans et 51% des jeunes hommes âgées de 20–
les adolescents de 18–19 ans contre ceux âgés de 15– 24 ans ont eu des rapports sexuels avant le mariage
17 ans. Les jeunes filles qui résident en milieu rural avant leur 20 ans. Ces proportions sont plus
(52% contre 38% en milieu urbain) et qui sont moins importantes parmi ceux qui ont un niveau
instruites (50% contre 37% parmi les plus instruites) d’instruction plus élevé, qui vivent en milieu urbain
e
sont proportionnellement plus nombreuses a avoir et qui ont accès aux media. La plupart des rapports
déjà eu des rapports sexuels. Cette tendance varie sexuels parmi les jeunes femmes se produisent dans
parmi les jeunes garçons ou 35% de ceux qui sont le cadre de l’union alors que parmi les jeunes
plus instruits (contre 27% parmi les moins instruits) hommes, ceux-ci se produisent avant le mariage.14
et 36% de ceux qui vivent en milieu urbain (contre Dans une étude multisite menée en 2000 à Bobo-
26% en milieu rural) ont déjà eu des rapports Dioulasso auprès d’un échantillon de 2,700
sexuels.10 personnes âgées de 13–49 ans (dont 1,330 de 13–24
L’âge médian aux premiers rapports sexuels parmi ans équitablement repartis entre les deux sexes), il
les jeunes de 20–24 ans est estimé à 17.2 ans chez les ressort qu’au sein de la tranche 11% des garçons et
filles contre 19.7 chez les garçons. Au niveau des 10% des filles enquêtés âgés de 15 ans au moment de
différentes caractéristiques socio-démographiques, l’enquête avaient déjà eu des rapports sexuels.15 Chez
les écarts sont plus importants en ce qui concerne le les adolescents âgés de 19 ans au moment de
niveau d’instruction, particulièrement chez les filles. l’enquête, 52% des garçons et 56% des filles ont
L’age médian aux premiers rapports sexuels des filles déclaré avoir déjà eu des rapports sexuels. Toujours
ayant moins de sept ans d’instruction est de 17.2 selon cette étude, parmi les motifs évoqués, la
contre 18.9 pour les filles plus instruites. Un écart pression des pairs (le désir de faire comme les autres
apparaît également entre les milieux de résidence ou et la volonté de prouver aux autres qu’on n’est pas un
l’age médian aux premiers rapports sexuels en milieu lâche) a le plus souvent été mentionnée par les
urbain est de 18 contre 17.1 en milieu rural. Ces garçons pour expliquer la survenue du premier
tendances diffèrent chez les garçons ou l’age médian rapport sexuel. En général, ces premiers rapports ont
aux premiers rapports sexuels est plus élevé parmi eu lieu chez des amis et les moments les plus
ceux qui sont moins instruits (19.9) contre ceux qui favorables couramment cités sont les soirées
sont plus instruits (19.1) et en milieu rural (20.1) dansantes, les fêtes et les voyages en groupe.16
qu’en milieu urbain (19.1).11 Les mêmes tendances à la précocité des rapports
Chez les filles âgées de 20–24 ans au moment de sexuels ont été observées dans l’étude menée à
l’enquête, 11% d’entre elles ont eu leurs premiers Ouagadougou et à Tenkodogo (une ville à l’est de la
rapports sexuels à l’âge de 15 ans contre 8% chez les
garçons du même âge. Environ deux tiers des filles et e
Ceci correspond a avoir accès aux media au moins une fois par
un tiers des garçons de 20–24 ans ont eu des rapports semaine.

9
The Alan Guttmacher Institute

capitale) auprès d’un échantillon de 478 adolescents La précocité des rapports sexuels expose les jeunes
de 13–19 ans (dont 243 garçons et 235 filles).17 C’est à des risques divers étant donné que ces rapports
une enquête quantitative de connaissances, attitudes sexuels sont souvent non protégés ou relèvent du
et pratiques (CAP) qui s’adressait aux adolescents de multipartenariat, ou encore connaissent les deux
13–19 ans, aux parents d’adolescents et aux situations. En effet, selon l’étude menée à
prestataires de services de santé. Selon les résultats Ouagadougou et à Tenkodogo, 29% des garçons et
de cette étude, 38% des adolescents ont eu des 19% des filles de 15–19 ans de l’échantillon déjà
rapports sexuels avant 17 ans. Parmi eux 34% des mariés au moins une fois, ont déclaré avoir eu deux
adolescents de 13 ans avaient déjà eu des rapports partenaires sexuels avant le premier mariage tandis
sexuels au moment de l’enquête contre 40% chez que 17% et 10% respectivement chez les garçons et
ceux de 14 ans. Il existe une différence entre sexe. En chez les filles en ont trois et plus. Dans le même
effet, chez les garçons la proportion de ceux qui ont temps, 36% des garçons et 52% des filles ont déclaré
eu leurs rapports sexuels avant 17 ans est de 34% n’avoir pas utilisé de condom lors de leurs premiers
contre 43% chez les filles. Contrairement à ce qu’on rapports sexuels.20 Ces données sur le
aurait pu penser, on note qu’à Tenkodogo, 51% des multipartenariat diffèrent de l’EDS car la population
adolescents interrogés ont eu leurs premiers rapports de base pour l’EDS sur la question sur le nombre de
sexuels avant 17 ans contre 30% chez ceux de partenaires sexuels a été posée sur les 12 derniers
Ouagadougou. L’âge moyen au premier rapport est mois et concernait ceux qui ont déjà eu des rapports
de 16.3 et 17.1 ans respectivement à Tenkodogo et à sexuels.
Ouagadougou. Dans une étude sur la promotion de la santé de la
reproduction à Bittou, Pama et Léo menée auprès
Activité Sexuelle Récente d’un échantillon de 530 jeunes de 11–24 ans (284
Selon l’EDS, près de trois quarts des adolescents de garçons et 246 filles), les résultats montrent que
15–19 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels ont même si le partenariat unique s’est accru dans deux
déclaré avoir eu des rapports sexuels durant les trois des trois sites d’intervention, passant de 50% lors de
mois ayant précédé l’interview. La proportion de l’enquête de base en 2000 à 74% lors de l’enquête
jeunes qui est sexuellement active est plus élevée d’évaluation en 2002 au niveau de Pama et de 33% à
parmi les plus jeunes adolescents de 15–17 ans contre 87% pour Léo, ce n’est pas le cas dans le site de
les adolescents âgés de 18–19 ans. Parmi les garçons Bittou où ces chiffres passent de 53% à 45%.21 Les
ayant un niveau d’instruction faible (moins de sept auteurs n’apportent cependant pas des éléments de
ans d’instruction), 81% sont sexuellement actifs réponse à cette constatation.
contre 57% de ceux ayant un niveau d’instruction
plus élevé. Au niveau régional, c’est dans la région Types de Relations Sexuelles et Caractéristiques
du Centre/Sud que l’on observe la proportion la plus des Partenaires Sexuels
élevée de garçons sexuellement actifs (86%) ainsi Selon l’EDS, 20% des femmes non en union de 15–
que dans le milieu rural (83% contre 59% en milieu 19 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des
urbain). Chez les filles, l’activité sexuelle récente ne 12 derniers mois déclarent avoir reçu de l’argent ou
varie pratiquement pas selon les caractéristiques des cadeaux en contrepartie de rapports sexuels. Chez
sociodémographiques.18 les hommes non en union de 15–19 ans qui ont eu
des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois,
Nombre de Partenaires Sexuels 28% déclarent avoir donné de l’argent ou des
Selon l’EDS, une très faible proportion (6%) de cadeaux.22
jeunes filles âgées de 15–19 ans qui ont déjà eu des Dans une étude de PROMACO portant sur les
rapports sexuels a déclaré avoir eu deux partenaires attitudes des jeunes face au condom menée auprès de
ou plus dans les 12 derniers mois; ce qui correspond 1,630 jeunes filles et garçons de 13–25 ans repartis
à 3% des jeunes femmes de 15–19 ans. Cette sur neuf sites dont quatre urbains et cinq ruraux, il
proportion est plus élevée parmi les jeunes garçons ressort que 10% des filles et 26% des garçons ont
avec plus d’un tiers qui déclarent avoir eu deux révélé avoir eu des rapports sexuels occasionnels au
partenaires ou plus; ou 10% des jeunes hommes de cours des trois derniers mois.23 Pour celles qui ont eu
15–19 ans.19

10
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

f
des rapports sexuels occasionnels, la question des hommes plus âgés qui ont davantage de moyens
suivante leur a été posée : « pour l’une ou l’autre de financiers que les adolescents.
ces relations occasionnelles, avez-vous reçu de
l’argent en contrepartie ? ». Les réponses à cette Violences Sexuelles
question montre que parmi celles qui avaient eu des Bien qu’il n’existe pas d’études spécifiques sur le
rapports sexuels occasionnels (au nombre de 37 dans sujet, les cas de violences sexuelles ou de rapports
l’échantillon) seulement deux d’entre elles ont sexuels sous contraintes s’observent en milieu rural à
reconnu avoir eu de l’argent en contrepartie. Par travers le mariage forcé. C’est le fait pour un père de
contre, 38% des garçons qui ont eu des rapports « donner » sa fille en mariage à un homme contre le
occasionnels (138 au total) ont déclaré avoir donné gré de la fille. Le plus souvent, ces filles sont
de l’argent en contrepartie. « données » précocement (13–14 ans, parfois moins)
Les résultats de l’enquête réalisée à Ouagadougou pour éviter qu’une fois devenues grandes elles ne
et à Tenkodogo, montre que sur l’ensemble des deux refusent. Ces situations conduisent très souvent à des
sites, 29% des adolescents ont déclaré offrir quelques violences sexuelles quand l’homme se décide à
fois une contrepartie à leur partenaire. Ce consommer l’union avant que la fille ne parvienne
pourcentage est de 40% pour Ouagadougou.24 véritablement à maturité : « Souvent, à cause des
Ces différences dans les déclarations entre travaux champêtres ou des rapports sexuels, mon
hommes et femmes que l’on rencontre dans les mari se lève et me bastonne. Il arrive que je sois en
différentes études, pourraient s’expliquer par deux règles et que je refuse de faire l’amour avec lui, il me
hypothèses: la première est que culturellement, frappe ou ça amène des histoires » (Adolescente
lorsqu’une femme reconnaît prendre de l’argent en mariée monogame, 19 ans, musulmane, Mossi).27
contrepartie de relations sexuelles, cela s’assimile à Les adolescentes mariées sous la contrainte sont
la prostitution. On peut donc estimer que les filles ont également confrontées à des violences
tendance à sous-déclarer les fois où elles ont reçu de psychologiques et morales qui trouvent leurs
l’argent en contrepartie de relations sexuelles. Par fondements dans la grande différence d’âge qui existe
contre, chez l’homme ce sentiment de culpabilité très souvent entre elles et leurs conjoints. Ainsi, dans
n’existe presque pas, d’où leur tendance à déclarer l’étude menée auprès d’un échantillon de 1,124
davantage. La deuxième hypothèse est d’ordre adolescents (filles et garçons) de 13–19 ans par le
méthodologique. En effet, il se peut que les Population Council–Burkina dans deux provinces
différentes études n’aient pas la même manière de rurales, dans les couples avec adolescentes de 13–19
poser la question ce qui peut expliquer que d’une ans la différence d’âge est comprise entre 10 et 14
étude à l’autre les écarts entre filles et garçons ans dans 18% des cas et est de 15 ans et plus dans
peuvent être importants ou pas. 28% des cas.28 La communication sur des aspects liés
Les résultats de l’étude multisite de Bobo- à la santé de la reproduction est pratiquement
Dioulasso montrent que 96% des filles de 13–24 ans inexistante dans ces couples.
qui ont déjà eu des rapports sexuels l’ont eu avec un Cependant, les données sur le mariage forcé sont
partenaire plus âgé.25 Seules 2% d’entre elles l’ont eu difficiles à obtenir et proviennent le plus souvent de
avec des partenaires du même âge. D’ailleurs, 85% sources policières. Ainsi, en 2001, plus de 567 cas de
de ces filles ont déclaré que le rapport d’âge idéal refus de mariage forcé ont été enregistrés par la
avec le premier partenaire sexuel est qu’il soit plus police de Fada N’gourma, une province située à
âgé.26 Plutôt qu’une préférence culturelle vis-à-vis environ 250 kilomètres de Ouagadougou.29
d’un partenaire homme plus âgé, cette situation
pourrait s’expliquer par les difficultés socio- Le Mariage des Jeunes
économiques que rencontrent ces adolescentes, Les jeunes femmes burkinabé se marient relativement
difficultés qui les obligent à avoir des rapports avec tôt. Selon l’EDS, elles étaient 35% des filles de 15–
19 ans contre 1% des garçons du même âge qui ont
été déjà mariées. Parmi les jeunes filles de 15–19 ans
f
Les rapports sexuels occasionnels sont ceux qui se sont déroulés qui sont déjà mariées, 6% ont un niveau d’instruction
« de façon passagère avec un partenaire qui n’est ni le conjoint, ni le de plus de 7 ans; cette proportion passe à 38% pour
partenaire régulier. Le partenaire régulier étant celui avec lequel on les jeunes filles moins instruites. Les jeunes filles qui
entretient des relations depuis au moins six mois ».

11
The Alan Guttmacher Institute

ont déjà été mariées sont plus nombreuses en milieu 486 jeunes répartis égalitairement entre filles et
rural (40% contre 15% en milieu urbain) et dans les garçons, que 20% des filles ont déjà été enceintes et
régions Nord, Est et Ouest du pays (autour de 40% parmi elles 52% des grossesses étaient non désirées.37
contre 30% dans le Centre/Sud et 17% à
Ouagadougou).30 L’Avortement
Par rapport aux femmes, les hommes se marient Ces dernières années de nombreux auteurs ont essayé
plus tard. L’age médian au premier mariage s’établit de mettre en évidence le recours à l’avortement
à 17.6 chez les femmes âgées de 20–24 ans et de 25.2 provoqué.38 Tous ont été unanimes à reconnaître les
chez les hommes âgés de 30–34 ans.31 difficultés à prouver l’existence de l’avortement
Chez les jeunes femmes âgées de 20–24 ans au provoqué du fait de son caractère illégal qui en fait
moment de l’enquête, 8% d’entre elles se sont un sujet tabou. Cependant, des données existent de
mariées à 15 ans, contre 62% qui se sont mariées à 18 plus en plus et tendent à montrer que le phénomène
ans. Parmi les adolescents de 15–19 ans sexuellement prend de l’ampleur.
actifs, 69% des filles et 10% des garçons sont Ainsi, lors de l’enquête CAP de 1993–1994 de
mariés.32 l’ABBEF citée plus haut, 28% des filles qui ont déjà
été enceintes déclarent avoir déjà pratiqué un
La Fécondité des Jeunes avortement et 42% des filles de l’échantillon
L’âge d’entrée dans la vie féconde est relativement affirment qu’une de leurs amies a déjà subi un
précoce au Burkina Faso. De plus, les jeunes femmes avortement.39
ont tendance à avoir un enfant peu de temps après le En 1998, une étude menée au Centre Hospitalier
mariage. Selon l’EDS, plus d’un quart des jeunes National Yalgado pour le compte de la Cellule de
filles de 15–19 ans ont déjà commencé leur vie Recherche en Santé de la Reproduction (CRESAR) a
féconde: 20% ont déjà au moins un enfant et 8% sont montré que 31% des avortements parvenus à l’hôpital
enceintes.33 A l’âge de 17 ans, une jeune fille sur cinq étaient provoqués dont la moitié concernait des
a déjà commencé sa vie féconde et à 20 ans cette jeunes filles de 16–24 ans. Toujours selon cette étude,
proportion est de 59% ; parmi ces 59%, 50% a déjà parmi les décès maternels de l’hôpital Yalgado, 16%
au moins un enfant.34 sont consécutifs à des IVG.40
Cette précocité de la vie féconde est plus Selon l’Annuaire statistique sanitaire officiel du
importante en milieu rural qu’en milieu urbain Burkina pour l’année 2000, les avortements
puisque dans le premier cas, 23% des adolescentes de constituent aujourd’hui un problème grave. Dans sa
15–19 ans ont déjà eu un enfant contre 11% en milieu rubrique intitulée « Situation des avortements selon
urbain. Au niveau régional, c’est dans les parties le type et par district sanitaire», l’annuaire « note une
Ouest et Est du pays où respectivement un quart des proportion d’avortements clandestins identique à
jeunes filles ont déjà eu un enfant. Les jeunes filles celui des avortements thérapeutiques ». L’annuaire va
de 15–19 ans avec un niveau d’instruction faible sont plus loin en se demandant « si ces chiffres traduisent
proportionnellement trois fois plus nombreuses que la réalité lorsque l’on sait que les avortements
celles qui sont plus instruites à avoir commencé leur clandestins sont en croissance fulgurante de nos
vie féconde.35 jours ».41
Chez les garçons du même âge, 1% d’entre eux ont Dans une étude plus récente sur la santé de la
déjà eu un enfant. Cette différence avec les jeunes reproduction à Ouagadougou, sur un échantillon de
filles s’explique par le fait que les femmes entrent en 963 femmes enquêtées, 188 femmes ont déclaré
union beaucoup plus tôt que les garçons (voir spontanément avoir déjà eu recours à l’avortement.42
discussion sur l’age médian au premier mariage).36 Sur ces 188 femmes, 22% étaient âgées de 15–19 ans
au moment de l’enquête (dont 13% pour les seules
Les Grossesses Non Désirées âgées de 18 ans) contre 36% chez les 20–24 ans. Le
Les conséquences immédiates des rapports sexuels taux d’avortement estimé pour cette étude est de
non protégés sont les grossesses non désirées. En 60‰ pour les femmes de 15–19 ans (41‰ pour les
1993–1994, une enquête sur les connaissances, 15–49 ans).
attitudes et pratiques (CAP) de l’Association Les raisons qui expliquent le recours à
Burkinabé pour le Bien-Etre Familial (ABBEF) l’avortement par les jeunes sont multiples.
montrait à partir d’une étude sur un échantillon de Cependant, les plus fréquemment évoquées sont de

12
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

deux ordres. La première est économique. Les pour les jeunes garçons qui sont instruits, vivent en
difficultés économiques rencontrées par les jeunes milieu urbain et ayant accès aux media, comparé à
font qu’ils n’arrivent pas à faire face aux exigences ceux qui ne sont pas instruits, vivent en milieu rural
engendrées par la grossesse et la venue précoce d’un et n’ayant pas accès aux media.46
enfant. De même, il leur est difficile de concilier les Dans les trois derniers mois ayant précédé
études et les éventuelles responsabilités parentales l’enquête, on comptait 16% de jeunes filles et 37%
suite à la venue d’un enfant. La seconde raison est des jeunes garçons sexuellement actifs âgés de 15–19
d’ordre social. Dans une société où la sexualité reste ans qui déclaraient utiliser une méthode moderne au
un tabou, les jeunes rencontrent l’hostilité de la moment de l’enquête. Les données mettent en
société et de la famille qui acceptent difficilement évidence une prévalence plus élevée en milieu urbain
qu’une fille non mariée soit enceinte. Ces situations qu’en milieu rural : 38% pour les jeunes filles et 70%
sont perçues dans la société comme un déshonneur de pour les jeunes garçons en milieu urbain; ces données
la famille; cela peut parfois entraîner le bannissement passent à 12% pour les jeunes filles et 28% pour les
de la fille « fautive » de la famille. jeunes garçons en milieu rural. A l’exception de
Ouagadougou (44%) et le Centre Sud (23%), les
Connaissance et Utilisation de la Contraception proportions de jeunes filles qui utilisent une méthode
Selon les résultats de l’analyse secondaire des moderne sont inférieures à 10%. L’utilisation de la
données de l’EDS faite par le Population Council en contraception varie aussi selon le niveau
2002, chez les adolescentes de 15–19 ans 71% de d’instruction. La proportion de jeunes filles qui
celles qui sont mariées et 65% des non mariées utilisent une méthode moderne est 4,5 fois plus
déclarent avoir entendu parler d’une méthode élevée parmi celles qui ont un niveau d’instruction de
contraceptive moderne. Chez les garçons du même sept ans ou plus (61%) contre celles qui sont moins
groupe d’âge 82% des non mariés ont déclaré avoir instruites (13%). Comme chez les jeunes filles, la
entendu parler d’une méthode moderne de prévalence contraceptive est plus élevée chez les
contraception.43 jeunes garçons vivant à Ouagadougou (71%) et
Les résultats de l’étude menée à Ouagadougou et à augmente avec le niveau d’instruction (de 27% parmi
Tenkodogo montrent que seulement 35% des ceux qui ont moins de sept ans d’instruction contre
adolescents de Tenkodogo connaissent de façon 91% parmi ceux qui ont sept ans ou plus
valide une méthode contraceptive.44 Ces données d’instruction).47
sont beaucoup plus basses que celles de l’EDS. Ceci La proportion du condom est très élevée dans la
s’explique par le fait que le niveau de connaissance contraception moderne. Ainsi, au niveau de toutes les
selon l’âge a été estimé dans l’EDS uniquement pour femmes de 15–19 ans, seulement 6% utilisaient une
les femmes en union où on obtient 70% des méthode moderne quelconque dont 5% pour le
adolescentes de 15–19 ans qui connaissent au moins condom. Chez les 20–24 ans, 7% utilisaient une
une méthode moderne de contraception. méthode moderne dont 4% pour le condom. Au
L’étude à Ouagadougou et à Tenkodogo démontre niveau des femmes en union les proportions restent
que seulement un tiers d’adolescents connaissent une sensiblement les mêmes : sur 4% de femmes de 15–
méthode contraceptive et aussi que les rapports 19 ans qui utilisaient une méthode, la proportion
sexuels y sont très précoces puisque 34% de ceux qui utilisant le condom était de 2%.48
étaient âgés de 13 ans et 40% de ceux de 14 ans Une autre étude démontre que si 73% des élèves
avaient déjà eu des rapports sexuels, ce qui peut de la ville de Ouagadougou déclaraient être informés
impliquer des risques de grossesses précoces et non sur les méthodes contraceptives, il y avait au moins
désirées et les IST/VIH.45 35% de ces élèves sexuellement actifs qui
Selon l’EDS, parmi les adolescents de 15–19 ans n’utilisaient aucune méthode lors des rapports
qui ont déjà eu des rapports sexuels, 20% des jeunes sexuels.49 Il y a un réel danger lorsque l’on scrute de
filles et 50% des jeunes garçons ont utilisé une près ces comportements à hauts risques surtout que
méthode moderne pour le planning familial à un 42% des hommes de 25–49 ans déclarent avoir eu
moment quelconque. On remarque que l’utilisation trois partenaires sexuels et plus au cours des 12
d’une méthode moderne est quatre fois plus élevée derniers mois.
pour les jeunes filles et presque deux fois plus élevée

13
The Alan Guttmacher Institute

L’enquête CAP du Programme Population et Lutte


contre le Sida (PPLS) a montré qu’en ville la
préférence pour les moins de 20 ans porte sur le
condom (32% chez les femmes et 71% chez les
hommes) devant la pilule (29%). La préférence des
personnes âgées de 40–44 ans est assez élevée pour
le DIU (25%). En milieu rural la préférence des
jeunes filles de moins de 20 ans porte sur les
injections (29%), l’abstinence sexuelle prolongée
(19%) et la pilule (15%). Quant aux jeunes gens, ils
sont plus intéressés au condom (45%) et ensuite la
pilule (20%).50
Selon l’EDS, parmi les jeunes de 15–19 ans qui
n’utilisent pas de contraception, 9% des jeunes filles
et 6% des jeunes garçons ont l’intention d’utiliser une
méthode de contraception dans les 12 prochains
mois. Les données varient peu selon les
caractéristiques socio-démographiques.51
Au niveau de l’opinion des jeunes vis-à-vis de la
planification familiale, les résultats montrent que la
majorité est favorable à la planification familiale. Les
opinions sont plus favorables parmi les jeunes ayant
un niveau d’instruction plus élevé : 81% chez les
jeunes filles et 83% chez les jeunes garçons de 15–19
ans contre 57% et 47% respectivement parmi ceux
qui sont moins instruits. Ces écarts sont également
présents en milieu de résidence avec 71% des jeunes
filles et 78% des jeunes garçons en milieu urbain qui
approuvent la planification familiale contre 56% et
47% respectivement parmi ceux en milieu rural.52

14
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

Les IST et le VIH/Sida


Prévalence des IST/VIH et Leur Incidence 7% pour des troubles mictionnels et 7% étaient des
Les données sur la prévalence du VIH au Burkina IST avérées.58
restent parcellaires, malgré les efforts des différentes En ce qui concerne la prévalence du VIH, selon
structures (ministères, ONG, institutions de l’étude multisite de Bobo-Dioulasso sur les jeunes,
recherche, services de santé…). Néanmoins les sur les 2,439 personnes qui ont subit le test
données épidémiologiques fournies par le réseau sérologique, 5% d’entre elles étaient séropositives
national de sérosurveillance du VIH par sites tout type de VIH confondu (IC à 95% : 4,3–6,2).
sentinelles placent le Burkina Faso en deuxième L’âge moyen des infectés chez les hommes était de
position en Afrique de l’Ouest après la Côte d’Ivoire, 19.5 ans et 21.5 ans chez les femmes. On note que
avec un taux de prévalence estimé à 7,2% en 199753 chez les filles de 13–24 ans la prévalence du VIH-1
et plus récemment à 6,5% en fin 2001.54 Ce taux (le plus répandu) était de 4% (IC à 95% : 2,7–5,9)
révisé pourrait cependant cacher des réalités contre « seulement » 0,3% chez leurs homologues
beaucoup plus alarmantes, compte tenu de la sous- masculins. Dans le même temps, chez les adultes de
notification des cas. L’ampleur du Sida est croissante 25–49 ans la prévalence du VIH-1 était de 9% (IC à
et est fortement corrélée aux IST, en témoignent les 95% : 6,6–11,9) pour les hommes et de 7,4% pour les
différents chiffres : en 1990, 19% des hommes vus en femmes.59
consultations à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville, Ces chiffres appellent un certain nombre de
étaient séropositifs tandis qu’en 1992 42% des femmes remarques. Les femmes sont les plus infectées par le
consultant pour des IST étaient porteuses du VIH.55 VIH. Ce sont surtout les adolescentes qui paient le
Les IST étant généralement considérées dans nos plus lourd tribut certainement à cause de leur entrée
sociétés comme étant des maladies honteuses, surtout plus précoce dans la vie sexuelle que les adolescents.
pour les femmes, il est difficile d’appréhender avec L’étude multisite de Bobo-Dioulasso confirme le rôle
exactitude leur ampleur surtout à partir de données du multipartenariat dans la propagation du Sida. En
d’enquête. A l’EDS, la question a néanmoins porté effet, il ressort que les personnes divorcées/séparées
sur les épisodes d’IST au cours des 12 derniers mois. ou veuves enregistrent le plus fort taux de
Ainsi on remarque que les épisodes sont plus prévalence, atteignant jusqu’à 10 fois celle des
fréquents chez les hommes que chez les femmes. Ces célibataires et trois fois celle des mariées.
épisodes sont également plus importants chez les Ces différents chiffres finissent de convaincre de
hommes en rupture d’union (7%) que chez les l’ampleur de la pandémie du Sida qui touche la
célibataires (3%) et les hommes en union (2%).56 Ces population notamment sa frange féminine jeune. Les
tendances sont confirmées par l’étude multisite de implications socio-économiques sont d’autant plus
Bobo-Dioulasso avec 19% chez les séparés, 11% catastrophiques pour le Burkina que selon les
chez les célibataires et 7% chez les mariés.57 résultats du recensement général de la population de
Selon l’étude de l’ABBEF à Ouagadougou, sur les 1996, sa population des moins de 15 ans représente
1,750 consultations faites dans le Centre entre juillet 50% de sa population totale tandis que les 10–49 ans
1999 et janvier 2000 et qui ont concerné des jeunes représentent 66%.60 Selon le Cadre Stratégique de
de 14–29 ans dont 23% étaient âgés de 14–19 ans, les lutte contre le VIH, la Banque Mondiale considérait
soupçons qui ont conduit à la consultation ont abouti en 1994 que le coût total du VIH/Sida s’établissait à
aux diagnostics suivants: 75% des cas sont des environ 8,5 millions de dollars par an sur la base
leucorrhées associées ou non à des démangeaisons; d’une séroprévalence de 3%. Avec une « actualisation

15
The Alan Guttmacher Institute

des paramètres et les travaux comparatifs établis en fidélité a été mentionnée par 27–28% des jeunes. Les
matière d’année de vie corrigées du facteur données indiquent que les variations en fonction des
d’invalidité, on peut évaluer l’impact de la pandémie caractéristiques sociodémographiques sont plus
à 25 millions de dollars par an » estime le CSL/VIH. prononcées (encore plus pour les femmes) lorsqu’il
Ces coûts pourraient être multipliés par 15 si l’on s’agit de la connaissance du condom comme moyen
ajoutait la prise en charge des malades et de leurs d’éviter de contracter le Sida. Cette mesure de
dépendants. Toujours selon le CSL/VIH, il ressort prévention a été plus souvent mentionné par les
qu’au Burkina, les orphelins du Sida ont 50% moins jeunes ayant au moins sept ans d’instruction, les
de chance d’être scolarisés si l’un des parents est urbains, ceux résidant à Ouagadougou et ceux ayant
décédé et 90% s’ils sont orphelins de père et de mère. accès aux media. L’abstinence a été citée par 9% des
Quant à l’espérance de vie il aurait enregistré un filles et 13% des garçons.64
recul de trois ans par rapport aux données du Seulement 37% des filles de 15–19 ans et 58% des
recensement de 1996: 49 ans contre 46 en 1998.61 garçons du même âge savent qu’une personne qui
paraît en bonne forme peut être en fait porteur du
Connaissance du VIH/Sida virus. On remarque que l’écart est relativement
La population burkinabé est relativement bien important entre les garçons et les filles. Les jeunes
informée de l’existence du Sida. Selon l’EDS, 80% qui vivent en milieu rural, qui ont moins de sept ans
des jeunes filles contre 91% des jeunes garçons d’instruction et qui n’ont pas accès aux media ont
connaissent le Sida. Cela dit, malgré les multiples moins fréquemment déclaré qu’une personne en
campagnes de sensibilisation, il est inquiétant de bonne santé pouvait être atteinte du virus du Sida.65
constater qu’il y a encore des personnes qui n’ont pas S’agissant des modes de transmission, l’enquête
encore entendu parler du Sida. Cette situation se multisite de Bobo-Dioulasso chez les jeunes a montré
rencontre surtout chez les femmes du milieu rural ou que 87% des garçons de 15–19 ans et 74% des filles
25% des jeunes filles n’ont pas entendu parler du du même âge citent la voie sexuelle comme principale
Sida contre 3% en milieu urbain. Les autres groupes mode de transmission du Sida. Viennent ensuite la
défavorisés sont les jeunes filles de 15–19 ans qui ont voie sanguine (52% et 36% pour les garçons et pour
un niveau d’instruction de moins de sept ans (78% les filles); l’utilisation des lames de rasoir (44% et
contre 100% parmi celles qui sont plus instruites) et 29%); et la transmission mère-enfant (12% et 10%).66
celles résidant dans le Nord et l’Est du pays.62
L’EDS montre que 35% des filles de 15–19 ans et Connaissance et Utilisation des Condoms
26% de celles âgées de 20–24 ans ne connaissent Dans la quasi-totalité des études en santé de la
aucun moyen d’éviter le Sida. Chez les garçons, ces reproduction, il ressort que le condom est reconnu
proportions sont de 26% et 13% respectivement pour comme un moyen aussi bien pour éviter les
les 15–19 et les 20–24 ans. Vingt pourcent des jeunes grossesses que pour se protéger contre les IST et le
filles et 30% des jeunes garçons de 15–19 ans Sida. Ainsi, selon l’EDS, chez les femmes de 15–19
donnent encore de mauvaises réponses lorsqu’il ans, 82% le connaissent.67
s’agit de citer les moyens d’éviter le Sida. C’est ainsi Dans l’étude conduite par PROMACO, 99% des
que des réponses comme « éviter d’embrasser », garçons du milieu urbain et 92% de ceux du milieu
«éviter de boire/manger dans la même vaisselle rural ont déclaré avoir déjà vu le condom.68 Chez les
qu’un sidéen »…ont été données, tandis que 9% des filles ce pourcentage est de 90% et 80%
15–24 ans pensent que le Sida ne peut pas être évité, respectivement pour le milieu urbain et rural.
ce qui est très grave étant donné que les Selon l’EDS, parmi les jeunes de 15–19 ans, 20%
comportements ne peuvent pas être changés dans ces des jeunes filles et 53% des jeunes garçons ayant déjà
conditions. Il ressort que même si la proportion est eu des rapport sexuels ont déclaré avoir utilisé un
infime (0,4% des 15–19 ans) certains adolescents, condom à un moment quelconque.69 Parmi les jeunes
surtout en milieu rural, continuent de croire que les sexuellement actifs, la proportion de jeunes garçons
moustiques peuvent transmettre le virus du Sida.63 utilisant un condom actuellement (37%) est 2.6 fois
Les jeunes garçons ont plus fréquemment cité le celle parmi les jeunes filles (14%). Peu de jeunes
condom (51% contre 22%) comme moyen de filles âgés de 15–19 ans ayant eu des rapports sexuels
protection contre le sida contrairement aux jeunes dans les 12 derniers mois, ont déclaré avoir utilisé un
filles qui ont plus fréquemment cité la fidélité. La condom au cours de leur dernier rapport sexuel (17%

16
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

contre 43% parmi les jeunes garçons). On peut noter effet parmi ceux qui ont déclaré avoir eu une IST au
que les jeunes les plus instruits, les plus jeunes cours des 12 derniers mois, 59% des hommes et 72%
(surtout parmi les jeunes filles) et les urbains (surtout des femmes de 15–49 ans ont recherché un traitement
ceux vivant à Ouagadougou) ont plus fréquemment auprès du personnel de santé. Seulement 36% des
déclaré avoir utilisé un condom à un moment hommes et 85% des femmes déclarent avoir informé
quelconque et au moment de l’enquête ainsi qu’au leur partenaire.76
cours de leur dernier rapport sexuel.70 Les résultats de l’étude de l’ABBEF confirment
Parmi les jeunes filles âgées de 15–19 ans qui cette différence d’attitudes selon le sexe. Ainsi, les
connaissent le Sida et qui ont déjà utilisé le condom, jeunes garçons privilégient les canaux informels
21% l’ont utilisé pour éviter les IST/Sida, 20% tandis que les filles ont une plus grande propension à
comme contraceptif et 23% pour l’une ou l’autre aller dans les formations sanitaires du fait des
raison. Chez les garçons de la même tranche d’âge inquiétudes qu’elles ont de l’impact des troubles sur
98% d’entre eux connaissent le condom et parmi eux, leur fécondité dans le futur.77
54% l’ont déjà utilisé comme moyen d’éviter les Quant à l’enquête de Ouagadougou et Tenkodogo,
IST/Sida et 53% comme contraceptif. De façon elle révèle que seulement 15% des adolescents
générale, il est encourageant de constater que chez interrogés à Ouagadougou (275 filles et garçons de
les hommes, les plus jeunes, en particulier les 20–24 13–19 ans) déclarent qu’ils consulteraient des
ans, ont plus tendance à utiliser le condom quelqu’en services de santé modernes s’ils venaient à contracter
soit la raison : 63% à 20–24 ans contre 22% à partir une IST, contre 7% à Tenkodogo (203 filles et
de 40 ans.71 garçons de 13–19 ans). Par contre, 31% des
Lors d’une étude réalisée auprès d’un échantillon adolescents de Ouagadougou déclarent qu’ils
représentatif de jeunes scolarisés à Banfora, ville consulteraient chez le tradipraticien ou feraient de
située à l’Ouest à la frontière avec la Côte d’Ivoire, l’automédication pour se soigner en cas d’IST. A
Kanon S soulignait que bien que le condom soit Tenkodogo, 74% des adolescents interrogés déclarent
connu par une majorité d’élèves à Banfora, son usage qu’ils auront recours à l’automédication.78 Il faut
était de 49% chez les élèves qui déclarent avoir déjà préciser que ce sont les intentions des adolescents. La
eu des rapports sexuels.72 population de base n’est donc pas celle des
Dans l’étude menée par PROMACO, on note que adolescents ayant contracté une IST, la question
70% des garçons ont déclaré avoir toujours utilisé le n’ayant pas été posée.
condom dans les rapports occasionnels et 20% ont
déclaré l’avoir souvent utilisé.73 On note toujours Perception des Risques
selon cette étude que 21% des filles et 15% des L’EDS montre que 54% des jeunes filles de 15–19
garçons déclarent n’avoir jamais utilisé le condom ans et 64% des jeunes garçons du même age
avec le partenaire régulier. Beaucoup de jeunes perçoivent un risque de contracter le Sida.79 Huit
affirment que le condom diminue le plaisir (45% des pourcent des femmes de 15–19 ans et 10% de celles
garçons et 25% des filles). Ce pourcentage est plus âgées de 20–24 ans estiment qu’elles ont un risque
élevé chez les garçons de 21–25 ans (55%). Toujours important de contracter le Sida. Chez les garçons des
selon cette étude, pour les fois où le condom n’a pas mêmes groupes d’âge, ces proportions sont
été utilisé, 67% des garçons et 47% des filles de respectivement de 4% et 8%.80
l’échantillon évoque la confiance au partenaire pour Plus précisément, les jeunes filles de 15–19 ans qui
ne pas utiliser le condom.74 sont plus instruites, qui vivent en milieu urbain et
Selon l’étude multisite sur les jeunes, 84% des surtout les femmes résidant à Ouagadougou
adolescents et 66% des adolescentes cite le condom considèrent qu’elles ont un risque de contracter le
comme moyen d’éviter les IST/Sida contre Sida. Chez les jeunes garçons, on constate qu’il y a
respectivement 28% et 22% pour l’abstinence, 24% une proportion élevée dans le Nord du pays (92%
et 25% pour la fidélité au partenaire.75 contre 55–65% dans les quatre autres régions) et
parmi ceux qui ont moins de sept ans d’instruction
Attitudes Vis à Vis du Traitement des IST (66% contre 57% parmi ceux qui ont au moins sept
Les attitudes adoptées en cas d’épisodes d’IST ans d’instruction) qui pensent courir un risque de
varient selon le sexe ainsi que l’attestent l’EDS. En contracter le Sida.81

17
The Alan Guttmacher Institute

Lors de l’enquête PROMACO, la question respectivement dans le Gourma et le Bazèga. Chez


suivante a été posée : « Avez-vous déjà pensé qu’il les garçons 65% et 54% respectivement dans le
peut y avoir un risque pour vous d’attraper le Sida ? » Gourma et le Bazèga, ont une assez bonne
Les résultats montrent qu’il y a une certaine impression de la manière dont il résolvent leurs
perception des risques vis à vis du VIH/Sida. En problèmes quotidiens. Ceux qui en ont une très bonne
effet, 53% des filles de 13–25 ans et 66% des garçons appréciation sont de 36% et de 31% respectivement
du même âge ont répondu par l’affirmative en milieu dans le Gourma et le Bazèga.
urbain. En milieu rural ce pourcentage est de 46% et L’estime en soi chez l’adolescent a été également
55% respectivement pour les filles et les garçons. Au mesurée à travers le sentiment qu’il a « d’être en
nombre des raisons évoquées pour justifier leur mesure de faire beaucoup de choses que les amis du
exposition au risque, 36% des filles et 37% des même âge ne peuvent pas faire ». Il ressort que
garçons pensent qu’on n’est jamais sûr de son beaucoup d’adolescents ne se posent pas cette
partenaire tandis que 25% des filles et 27% des question (33% des filles et 39% des garçons). Ce
garçons pensent qu’on peut toujours être infecté par sentiment anime néanmoins 30% des garçons du
du sang contaminé.82 Gourma contre seulement 16% au Bazèga. Par
Quant à ceux qui ne pensent pas courir le risque de contre, 13% des filles dans le Bazèga et 12% dans le
contracter le virus, parmi les raisons évoquées, 36% Gourma estiment qu’elles « ratent tout souvent ». Il
des filles et 35% des garçons évoquent l’absence de ressort également que les adolescents perçoivent
relations tandis que 20% des filles et 13% des encore les manifestations des liens de solidarité au
garçons évoquent la fidélité dans leurs relations. sein de leur communauté (88% des garçons et 78%
A la question de savoir s’ils ont changé de des filles) et se sentent utiles aux projets de
comportements depuis qu’ils ont entendu parlé du développement (84% des garçons et 52% des filles).
Sida, 62% des filles et 81% des garçons âgés de 15– Dix-huit pourcent des garçons interrogés et 14% des
19 ans ont répondu par l’affirmative.83 Parmi ceux filles appartiennent à des groupes organisés.
qui connaissent le Sida, les changements de Cependant les résultats de l’étude (aussi bien le volet
comportements sexuels consistent essentiellement a quantitatif que le volet qualitatif) ne permettent pas
ne pas commencer les rapports sexuels : 53% pour de cerner les raisons qui sous-tendent ces diverses
les garçons de 15–19 ans et 30% pour les filles du opinions.
même age. Les autres nouvelles attitudes citées sont Il n’existe pas pour l’instant d’études mettant en
la fidélité à un(e) partenaire (21% des filles et 14% relation l’estime de soi et le pouvoir de négociation
des garçons) et l’utilisation du condom (6% des filles du port du condom. Néanmoins, certaines études ont
et 13% des garçons).84 tenté de savoir de qui provient le plus souvent la
décision du port du condom lors des rapports sexuels.
L’Efficacité Personnelle Ainsi, pour ceux qui ont déclaré avoir utilisé le
Très peu d’études ont été consacrées à la mesure de condom lors des derniers rapports sexuels, l’étude
l’efficacité personnelle des adolescents. Néanmoins, PROMACO a essayé de savoir, qui en a pris la
eu égard au rôle important qu’elle pourrait jouer dans décision. Il ressort que seulement 28% des filles
les comportements et la mesure du risque, l’on a déclarent être à la base contre 61% des garçons qui
commencé à s’intéresser à ces aspects de la vie des déclarent avoir pris la décision.86
adolescents. L’étude sur les adolescents dans le
Bazèga et dans le Gourma a essayé d’appréhender Les Groupes à Risques Elevés
ces aspects.85 Ainsi, il ressort que 64% des filles et Dans les centres urbains surtout, les contraintes
69% des garçons interrogés se disent satisfaits de la sociales telles que les difficultés de scolarisation, de
manière dont ils prennent soins d’eux-mêmes. Trente logement, d'emploi sont autant de facteurs qui
et un pourcent des filles et 28% des garçons ont une favorisent la consommation des drogues et autres
impression mitigée sur la question. Soixante et un médicaments de type amphétaminique par les jeunes
pourcent des filles interrogées au Gourma et 41% de en général et les enfants de la rue en particulier.87 Les
celles du Bazèga ont une bonne appréciation d’elles- formes de consommation ainsi que les types de
mêmes quant à la manière dont elles gèrent leurs stupéfiants sont variés. Ils vont du cannabis fumé par
problèmes de tous les jours. Celles qui en ont une les jeunes ou discrètement infusé dans le thé par les
appréciation négative représente 10% et 16% groupes de jeunes, en passant par l’usage d'inhalants

18
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

g
chimiques (essentiellement des dissolvants) surtout ans vivent dans des ménages dans lesquels il n’y a
par les jeunes enfants de la rue âgés de 10–15 ans que le père ; 7% dans des ménages où il n’y a que la
(cireurs de chaussures, gardiens de voitures…) mère et 21% vivent dans des ménages où il n’y a ni
incapables de se procurer du cannabis. Ces pratiques l’un ni l’autre. Ce dernier chiffre s’explique le plus
exacerbent certains comportements à risques ainsi souvent par le confiage des adolescentes ou par leur
que la délinquance. emploi dans les ménages pour les travaux ménagers,
Les enfants de la rue peuvent parfois adopter des le petit commerce, etc….Chez les garçons ces
comportements à risques. Cependant, il n’y a pas pourcentages sont respectivement de 8%, 7% et 15%.
encore d’études sur les enfants de la rue en rapport On note également que 7% des filles de 10–14 ans et
avec les pratiques à risques vis à vis des IST et du 7% des 15–19 ans vivent dans des ménages dont le
VIH/Sida. chef est une femme. Chez les garçons ces
Parmi les consommateurs de stupéfiants qui ont pourcentages sont de 5% et 6%, respectivement pour
des comportements sexuels à risques on note les les 10–14 et les 15–19 ans.92
jeunes chercheurs d'or dans les nombreux sites Quant à la survie des parents des adolescents de
aurifères du pays. Pour l'ensemble des extracteurs du 10–14 ans, l’EDS de 1993 montre que parmi les filles
minerais, la consommation des stupéfiants fait partie de 10–14 ans 3% sont orphelines de mère, 7% sont
des éléments qui les galvanisent dans les galeries. orphelines de père et 2% ont les deux parents
Parmi ces extracteurs figurent un nombre important décédés. Chez les garçons de 10–14 ans, 4% sont
de jeunes de 10–25 ans. Dans l'étude menée sur les orphelins de mère, 7% sont orphelins de père tandis
jeunes chercheurs d'or d'Essakan, il ressort que 37% que 2% d’entre eux ont les deux parents décédés.93
des orpailleurs ont entre 10 et 25 ans (filles et Dans une étude quantitative menée dans quatre
garçons).88 Cette catégorie apparaît la plus touchée provinces rurales du Burkina auprès d’une population
par la consommation de drogues d'amphétamines et de 1,221 hommes et femmes de 15–50 ans, une
l’un des corollaires est la prostitution des filles question rétrospective a été posée sur les décès
mineures.89 survenus au cours des deux dernières années dans les
Les raisons pour lesquelles les adolescentes ménages et leurs causes.94 Sur 711 décès déclarés, les
s’adonnent à la prostitution sont essentiellement personnes interrogées ont attribué 232 à la méningite,
économiques. Pour les adolescentes, les difficultés 166 au paludisme, 149 au Sida et 164 dont les causes
d’accès à l’emploi sont exacerbées par les inégalités ne sont pas connues. Les 149 décès dus au Sida ont
garçon/fille en matière d’éducation et de formation. fait au total 465 orphelins dont 31% ont moins de
Face à une telle situation, beaucoup de filles sept ans, 34% ont un âge compris entre sept et 12
n’hésitent pas à « trouver dans la vénalité des ans, 20% sont âgés de 13–15 ans et 15% ont plus de
échanges sexuels une de leurs principales ressources 15 ans. Seulement 3% d’entre eux sont dans des
matérielles, aussi bien sous une forme purement structures d’accueil pour orphelins et 4% s’occupent
monétaire que par des avantages ou présents en d’eux-mêmes. Les autres sont repartis entre les
nature (paiement du loyer en ville, des frais de veuves (22%), les grands-parents (25%), les oncles et
scolarité ou de formation, achat d’une mobylette, de tantes (28%). Il faut dire qu’au Burkina, il existe très
vêtements, de produits de beauté…). Ces pratiques peu de structures qui prennent en charge les orphelins
nouvelles et leur appropriation au sein de la en général et il n’existe pas de dispositions
population féminine célibataire, constituent un particulières en faveur des orphelins, veufs ou veuves
phénomène social dont l’incidence sur la propagation du Sida.
du VIH est capitale ».90
Autres Groupes à Risques
Les Orphelins Jusqu’à une époque récente, le Burkina Faso n’était
Selon les résultats de l’étude PROMACO, 14% des pas directement confronté aux problèmes de réfugiés
filles et 13% des garçons de l’échantillon vivaient ou de populations déplacées. Mais, depuis 1999, on
seuls au moment de l’enquête. Cependant, les assiste à de vastes mouvements de Burkinabé
résultats ne précisent pas s’il s’agit d’orphelins et ne contraints de regagner le pays par milliers, suite à des
donnent pas non plus une répartition selon l’âge.91
g
Selon l’EDS de 1993, 6% des adolescentes de 10–14 Au-delà de 14 ans, la question sur la présence ou la survie des
parents n’est pas posée.

19
The Alan Guttmacher Institute

exactions subies dans ce qui fut jadis leur pays


d’accueil, la Côte d’Ivoire. Parmi ces rapatriés,
estimés par le Ministère de l’Action sociale à près de
500,000 depuis 1999, on dénombre une importante
h
proportion de jeunes de 15–25 ans , partis à la
recherche de travail dans les plantations de Côte
d’Ivoire. Or ces importants mouvements de
population peuvent favoriser parfois les
comportements à risques vis à vis des IST et du
VIH/Sida. Ainsi, Lalou R et Piché V ont montré que
«les déplacements de population favorisent les
rapports sexuels occasionnels souvent non protégés et
font ainsi du migrant et du voyageur à la fois l’hôte et
le vecteur potentiel du VIH-Sida ».95 Ces constats ont
également été relevés dans une étude menée au
Burkina Faso portant sur la relation entre mobilité et
propagation du virus du Sida.96 De ces études, il
ressort également que les déplacements de population
favorisent les mécanismes de détérioration des
structures sociales et économiques et la dynamique
d’éclatement des familles plaçant ainsi le migrant
souvent esseulé dans des conditions qui l’exposent
aux comportements sexuels à risques.

h
Il n’existe pas de statistiques fiables sur le nombre exact de
personnes concernées par ces mouvements de retour forcés encore
moins sur la structure par âge de cette population.

20
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

Informations et Services en Matière de Santé


Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes
La Place des Media A cela il faut ajouter les messages publicitaires
Pendant longtemps, les sources d’informations au élaborés pour sensibiliser sur les méthodes de
niveau du secteur public n’ont pas été spécialement prévention contre le Sida et les IST et qui paraissent à
adaptées aux adolescents. Mais depuis les cinq la télévision. Certains d’entre eux sont très connus
dernières années, on s’accorde à reconnaître que les par le public comme la campagne publicitaire « C’est
adolescents constituent un groupe spécifique avec des ma Vie », réalisée par le Conseil National de Lutte
besoins spécifiques et les sources d’informations ont contre le Sida et les IST. On note aussi la réalisation
été largement diversifiées (radio, presse écrite, d’une bande dessinée dénommée « Marcelline et
affiches publicitaires, messages télévisuels, Jojo » dans le cadre de la lutte contre le Sida. Cette
campagnes multimédias...). Selon l’étude multisite de innovation faite par le projet Santé Familiale et
Bobo-Dioulasso, les sources d’informations citées Prévention du Sida (qui a pris fin en 2003) est très
par les jeunes de 13–24 ans qui ont déjà entendu appréciée de la frange adolescente scolarisée.
parler des IST/Sida sont : la radio et la télévision Des jeux radiophoniques ou à travers la presse
(77% des garçons et 72% des filles pour chacune écrite sont souvent organisés à l’occasion de certains
d’elle), et les journaux (25% des garçons et 13% des événements nationaux ou internationaux (journée
filles).97 Cependant, ces pourcentages s’expliquent mondiale de la santé, journée mondiale de la
par le fait que nous sommes en milieu urbain. En population, journée de la femme…). Ainsi, à
effet, selon l’EDS, 58% des ménages ont accès à la l’occasion de la journée mondiale de la population de
radio contre seulement 7% pour la télévision.98 Parmi l’année 2003 dont le thème portait sur la santé de la
les jeunes de 15–19 ans, 30% des jeunes filles et 43% reproduction des jeunes, le Conseil National de la
des jeunes garçons ont accès aux medias. Les Population a organisé un concours dans la presse
adolescents les plus éduqués et ceux du milieu écrite qui a connu la participation de nombreux
urbain, plus particulièrement ceux résidant à jeunes. Le Conseil National de Lutte contre le Sida et
Ouagadougou, ont plus fréquemment accès aux les IST a par ailleurs signé le 15 juillet 2003, une
media.99 convention de partenariat avec cinq organes de la
presse écrite privée et publique. Le secrétaire
Les Campagnes Médiatiques permanent du Conseil a justifié la signature de cette
Certaines conférences notamment celles qui sont convention par ces termes : « Convaincu que les
organisées par les médias audio-visuels connaissent médias ont un grand rôle à jouer pour rappeler sans
des témoignages de personnes parfois directement cesse cette dure réalité [le Sida] à l’opinion publique,
concernées. C’est le cas par exemple des personnes ce partenariat vise à susciter chez les hommes de
visant avec le VIH/Sida qui, regroupées au sein d’une médias plus d’engagement et de vigueur dans le
association, font parfois des témoignages à la traitement et la diffusion de l’information sur le Sida,
télévision ou donnent des interviews dans la presse dans l’espoir que la population jusque dans les
écrite ou à la radio, au cours desquels elles villages, adopte des comportements
sensibilisent la population notamment la frange responsables ».100 Ce partenariat sera bientôt élargi à
adolescente. l’audio-visuel.
Outre les cadres formels, d’autres canaux existent.

21
The Alan Guttmacher Institute

Ainsi, les projections cinématographiques ou les enseignants, enseignants-enseignants, enseignants-


conférences suivies de débats sur un thème précis, tel associations de parents d’élèves) ».101 L’évaluation a
que le VIH/Sida ou l’excision, sont des occasions cependant montré que d’une part tous les enseignants
appréciées qui permettent aux adolescents d’exprimer (du niveau primaire comme du niveau secondaire)
leurs points de vue sur les questions de santé de la n’avaient pas encore bénéficié d’une formation sur
reproduction et d’approfondir leurs connaissances en les thèmes de la santé de la reproduction et que
IEC. Les semaines culturelles généralement d’autre part, ceux qui en ont bénéficié ont besoin
organisées dans les établissements secondaires, les d’un recyclage périodique pour mettre à jour leurs
foires ou kermesses constituent aussi des canaux connaissances. Faisant suite à ces recommandations
importants de communication sur des thèmes variés de l’évaluation et conscient de l’enjeu, le
mais surtout sur le VIH/Sida. Enfin, les réseaux gouvernement a planifié la formation de tous les
corporatistes tels que le Réseau des journalistes pour enseignants en santé de la reproduction sur la période
la lutte contre le Sida, œuvrent également à la 2002–2004 dont 18,000 maîtres de l’enseignement
diffusion de l’information à travers des dépliants primaire en 2002.
conçus à cet effet. L’équivalent de ce programme a été créé en 1995
Il faut noter aussi que des campagnes de pour le système éducatif non formel : « Éducation en
sensibilisation appelées généralement « caravanes matière de population pour la jeunesse rurale ». Mis
contre le Sida » sont régulièrement organisées à en œuvre grâce à l’appui financier du Fonds des
travers le territoire. Il s’agit de manifestations Nations Unies pour la Population (FNUAP), son
ambulantes qui sillonnent généralement des villes objectif était de « mettre à la disposition de la
pour sensibiliser les populations sur le Sida et les IST jeunesse rurale des informations en santé
à travers des soirées culturelles (prestations d’artistes reproductive pour promouvoir la parenté
musiciens, de troupes théâtrales,…). Pendant ces responsable ». Ce programme s’insérait dans le
tournées, on assiste généralement à l’organisation de programme de formation des écoles rurales en charge
séances de démonstration de port du condom et à leur de l’alphabétisation des jeunes en langues nationales
distribution gratuite. ainsi que dans les programmes des Centres de
Formation des Jeunes Agriculteurs, toujours en
L’Education en Matière de Population milieu rural. Après deux années de fonctionnement
Au niveau du système éducatif formel il a été créé sous forme expérimentale dans cinq Centres de
depuis 1993 le Programme d’éducation en matière de Formation de Jeunes Agriculteurs, ce programme a
population (EMP-Formel). C’est un programme pris fin en 1996 sans avoir été institutionnalisé
gouvernemental dont la mission consiste à comme dans le système formel.
l’introduction des questions de population dans les
programmes de formation des écoles primaires, Le Rôle des ONGs et du Secteur Privé
secondaires et professionnelles ainsi que dans la L’engagement du secteur privé dans l’offre de
formation des enseignants du primaire et des services spécifiques pour les jeunes reste encore
conseillers pédagogiques en la matière. Ainsi, les timide. Ces offres de services ne sont pas dissociées
programmes d’enseignement que reçoivent les élèves de l’ensemble des autres prestations de services
abordent divers thèmes relatifs aux questions de offertes par les cliniques privées. Toutefois, compte
population. Le thème de santé de la reproduction tenu de son caractère plus discret que le secteur
notamment le VIH/Sida et les infections public et du fait de la personnalisation des services
sexuellement transmissibles, a été intégré de façon offerts, le secteur privé est de plus en plus sollicité.
transversale dans toutes les disciplines scolaires du Cependant, compte tenu du coût relativement élevé
niveau primaire et secondaire. Ce programme inclut des prestations de services, la fréquentation reste
l’éducation sexuelle dans le curriculum de formation encore l’apanage d’une petite frange de la population,
en vue de promouvoir une « sexualité responsable ». notamment et presque exclusivement dans les
Des conclusions tirées de l’évaluation, faites en 2000, grandes villes.102
de l’impact du programme dans l’enseignement En revanche, les ONGs restent les principaux
secondaire, on note surtout que le programme a partenaires de l’Etat burkinabé dans le domaine de la
permis « d’améliorer les relations interpersonnelles santé de la reproduction. On distingue celles qui
(relations filles-garçons, dialogues élèves- offrent des services en santé de la reproduction et

22
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

celles qui ont un rôle plutôt de conseil et d’appui respectivement à 150 kilomètres à l’est et à 100
technique et/ou financier. kilomètres à l’ouest de la capitale.
Au niveau de la première catégorie on peut citer Il existe au Burkina une certaine synergie entre les
les deux ONG nationales que sont la Clinique pour la ONGs œuvrant dans le domaine de la santé de la
Promotion de la Santé de la Famille (CPSF) et reproduction. Ainsi, l’ABBEF a entrepris en août
surtout l’ABBEF, affiliée à l’International Planned 1996 avec l’appui de la GTZ (la Coopération
Parenthood Federation (IPPF).103 Technique Allemande) et du Population Council, une
La CPSF est une ONG mise en place par étude en vue « d’identifier les besoins spécifiques des
l’Amicale Burkinabé des Sage-Femmes. Son jeunes dans le domaine de la santé sexuelle afin
principal objectif est de « contribuer à promouvoir la d’améliorer le niveau de connaissance sur les
santé de la famille par l’entremise d’une parenté problèmes spécifiques des jeunes et contribuer à
responsable ». Bien que ses activités ne soient pas mieux adapter le programme Jeunes pour Jeunes.104 Il
exclusivement consacrées aux adolescents, elles leur s’agit d’une étude qualitative qui a concerné les
accordent une large place dans les activités. Ainsi, jeunes (filles et garçons) de 12–24 ans.105 Cette étude
des conférences ciné-débats et des formations sur des a été d’un grand intérêt dans la réorientation de
thèmes portant sur la santé de la reproduction et la certains programmes car elle a permis de décrire les
lutte contre le VIH et les autres infections besoins spécifiques des jeunes et de leurs sous-
sexuellement transmissibles sont organisées dans les groupes en matière de santé de la reproduction et de
établissements secondaires aussi bien en milieu recommander des adaptations et innovations dans le
urbain qu’en milieu rural. Les services de planning domaine de l’IEC/Conseil et des prestations de
familial offerts dans la clinique (basée dans la services en santé de la reproduction.i Ainsi, il ressort
capitale) accordent une place importante aux qu’un des grands besoins des jeunes est « de rompre
adolescentes: consultations gynécologiques, dépistage le tabou sur la sexualité avec les parents ». C’est
de IST, et counceling en planning familial. pourquoi entre autres actions, il est préconisé de
L’ABBEF, quant à elle, a été reconnue en 1995 « développer une approche parent en vue d’initier et
comme ONG d’utilité publique par les autorités de renforcer la communication entre parents et jeunes
burkinabés. Ses activités ont été plébiscitées et et d’identifier les besoins des parents dans la
appréciées par les autorités du Gouvernement du perspective de résolution de cette crise entre parents
Burkina Faso qui ont reconnu par la même occasion et jeunes ». Il ressort également que « chez les 12–14
et en faveur des conclusions du Caire que les besoins ans surtout il y a une méconnaissance du risque
106
des adolescents en santé de la reproduction doivent d’infection suite à un seul rapport sexuel ».
être appréhendés à travers des approches différentes Quant aux autres ONGs elles apportent surtout leur
de celles utilisées pour les adultes. Cette soutien technique et/ou financier. On peut citer le
reconnaissance de l’ABBEF est surtout intervenue Population Council qui comme nous l’avons vu plus
suite à la mise en œuvre de son programme des pairs haut, apporte son appui technique dans la mise en
éducateurs dénommé programme Jeunes pour Jeunes œuvre de la Politique Nationale de Population à
dont la première phase s’est déroulée de 1992–1994 à travers le programme gouvernemental « Centre de
travers le SEATS Project (Service Expansion and production et de formation pour jeunes filles ». Ce
Technical Support) financé par l’USAID. Les centre, faut-il le rappeler, a pour objectif principal de
activités sont axées sur des « prestations de services- former de jeunes filles aux techniques de maraîchage
conseils en éducation à la vie familiale et à la
planification familiale à l’intention des jeunes de 12 à i
La méthodologie utilisée est une combinaison entre les discussions
20 ans ». Sa mise en œuvre a permis de créer deux dirigées de groupe (DDG) et les entretiens individuels (20 DGD et 280
entretiens individuels ont été réalisés dans cinq villages situés en
centres-cliniques pour jeunes à Ouagadougou et à moyenne dans un rayon d’environ 15 kilomètres de la capitale
Bobo-Dioulasso. Suite à un atelier national tenu en (Yamtenga, Balkuy, Bassinko, Boaasa et Zagtouli) ; 20 DGD et 254
1995, le Ministère de la Santé a décidé d’adopter entretiens individuels ont été réalisés dans cinq villages d’une
l’approche « jeunes pour jeunes » en créant deux province rurale située à environ 150 kilomètres de la capitale
(Kouritenga); 100 entretiens individuels ont été conduits auprès des
autres centres jeunes également à Ouagadougou et à clients du Centre Jeune de Bobo-Dioulasso ; 200 autres entretiens
Bobo-Dioulasso. Aujourd’hui il en existe dans deux individuels ont été conduits auprès des clients du Centre Jeune de
autres villes du pays, Koupèla et Koudougou, Ouagadougou).

23
The Alan Guttmacher Institute

et autres activités agricoles ou rémunératrices dans le de l’utilisation des condoms par le biais des activités
but de les doter d’une certaine autonomie afin de de distribution, de sensibilisation, de communication
subvenir à leurs besoins grâce aux activités qu’elles et de sponsoring.
mèneront par la suite.
Cet appui technique consiste à introduire dans la Le Rôle des Groupes Religieux
formation et l’encadrement de ces jeunes filles âgées Parmi les groupes religieux l’Eglise catholique reste
de 14–23 ans des modules qui abordent la santé de la la plus organisée dans la lutte contre le VIH/Sida. Ses
reproduction: santé maternelle et infantile, IST/Sida, premières actions en la matière remontent en 1998 où
planification familiale. les évêques de la Conférence épiscopale se sont
Parmi les autres ONG qui intègrent également la réunis du 29 juin au 2 juillet 1998 dans le cadre d’un
santé de la reproduction des adolescents dans leurs « séminaire national catholique d’information et de
activités on peut citer entre autres Fédération Save sensibilisation sur le VIH/Sida ». Ce séminaire avait
the Children, PROMACO, l’Initiative Privée pour thème « L’église catholique du Burkina Faso
Communautaire de lutte contre le Sida (IPC), Plan- face à la pandémie du VIH/Sida : une réponse selon
Burkina, le projet Santé Familiale et Prévention du l’évangile ». C’est lors de ce séminaire que les
Sida (qui a pris fin courant juillet 2003), la évêques ont préconisé la création d’un Comité
coopération technique allemande (GTZ).107 National Catholique de Lutte contre le Sida (CNCLS)
La Fondation pour le Développement qui verra le jour trois ans plus tard soit le 12 janvier
Communautaire (FDC/Save the Children) qui œuvre 2001.108 Cette structure vise à promouvoir la
dans le domaine de la santé de la reproduction en formation et l’information sur la prévention du Sida
général et de la lutte contre le VIH/Sida en et de la prise en charge des personnes vivant avec le
particulier. Les femmes, les enfants et les jeunes VIH. La formation s’intéresse aux agents pastoraux,
constituent sa population-cible. Les activités sont aux responsables des communautés diocésaines,
essentiellement tournées vers le milieu rural : paroissiales et des communautés catholiques de base,
création de clubs anti-Sida gérés par les jeunes aux agents catholiques de santé ainsi qu’aux
(informations, vente de condoms), mouvements et associations catholiques. En outre
animation/sensibilisation par des causeries à base elle a pour rôle d’organiser et d’aider à l’animation
communautaire avec un ciblage par tranche d’âge et des structures mises en place (comités diocésains,
par sexe. paroissiaux et communautés catholiques de base)
Le projet PROMACO a été créé en 1991 et vise à pour la promotion de la lutte contre le VIH/Sida. Le
assurer la vulgarisation et la promotion de plan d’action du CNCLS est essentiellement axé sur
l’utilisation des préservatifs par le biais des activités « la promotion de la prévention respectueuse de la
de distribution, de sensibilisation, de communication dignité humaine par l’information juste, cohérente et
et de sponsoring. complète, l’éducation et la formation. L’église
L’Initiative Privée Communautaire de lutte contre préconise l’abstinence et la fidélité permanente entre
le Sida (IPC) a pour objectif principal de promouvoir époux ».
la participation des associations dans la lutte contre le C’est dans ce sens qu’est né le mouvement Jeunes
VIH/Sida. Il joue donc un rôle d’appui technique (par Témoins du Christ (JTC) qui regroupe des
la formation des responsables d’associations aux adolescents et adolescentes scolarisés du secondaire
techniques de sensibilisation) mais aussi d’appui de 12 ans et plus qui ont prêté serment de s’abstenir
financier. jusqu’au mariage. C’est un mouvement international,
intermédiaire entre le mouvement des enfants appelé
Le Rôle des Organisations Sportives « Cœurs Vaillants–Ames vaillantes » et celui de la
L’organisation d’activités sportives tant en milieu « Jeunesse Etudiante Catholique (JEC)».
rural qu’en milieu urbain est un canal de plus en plus
utilisé pour sensibiliser la jeunesse aux questions de La Stratégie des Pairs Educateurs
VIH/Sida. Les compétitions sportives entre Au niveau des approches par les pairs, l’une des
établissements primaires, secondaires, supérieurs ou pionnières est l’ONG nationale l’ABBEF qui, avec
entre les villages d’une province sont des l’appui du FNUAP et du gouvernement, a développé
opportunités très souvent saisies par l’ONG un modèle d’expansion de services conseils à
PROMACO, par exemple, pour assurer la promotion l’intention des jeunes à travers la formation de « pairs

24
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

éducateurs » aux techniques d’animation et de « de promouvoir le leadership de la jeunesse en tant


communication en matière de santé sexuelle et de la que stratégie et réponse pour faire face au défi du
reproduction à l’endroit des jeunes surtout aussi bien VIH/Sida ». Pour ce faire, un plan d’action 2002 de
en milieu urbain qu’en milieu rural. Aujourd’hui, lutte contre les IST et le VIH/Sida chez les jeunes
d’autres structures lui ont emboîté le pas. C’est le cas scolarisés et non scolarisés de 10–35 ans a été
de l’Association Burkinabé des Sage-femmes élaboré. Le plan d’action du réseau est fondé sur trois
(ABSF) et le Réseau Africain des Jeunes contre le axes :
Sida/section du Burkina (RAJS/BF). • un plaidoyer pour la mobilisation des
Il faut également souligner que les pairs éducateurs ressources;
ont été utilisés comme stratégie principale dans le • la formation des associations membres ;
projet de promotion de la santé de la reproduction des • la promotion d’une stratégie de communication
jeunes à Bittou, Pama et Léo. Cette stratégie s’est pour le changement de comportements. Cette
avérée concluante étant donné que de nos jours stratégie est surtout basée sur la paire
l’Association des Jeunes pour le Développement de éducation. Des clubs RAJS de catégorie
la Région de Bittou continue de bénéficier de l’appui minime (10–14 ans), cadet (15–19 ans), junior
de partenaires financiers comme le Programme de (20–24 ans et sénior (25–30 ans) seront mis en
Développement de la Région du Boulgou pour place. Ils auront pour objectifs « d’offrir aux
renforcer les compétences des associations de la zone jeunes un cadre de concertation sur le
du Boulgou dans la formation et l’utilisation des VIH/Sida, d’organiser leur vie et de
pairs-éducateurs. développer les réflexes contre le VIH/Sida ».
Aussi, dans le cadre général du programme En ce qui concerne les sources informelles d’IEC,
d’action élaboré par le Fonds des Nations Unies pour dans certaines villes du pays des initiatives
la femme (UNIFEM/Dakar), l’ABSF a formé courant informelles de communication existent entre jeunes
septembre 2002, 30 « élèves-pairs leaders » venus et jeunes d’une part, et entre jeunes et adultes d’autre
d’associations, de réseaux et de communautés de part, dont les thèmes portent généralement sur les
jeunesse des cinq plus grandes villes du pays IST, le Sida et leurs conséquences. Les cadres
(Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora, d'interventions de ces jeunes sont très souvent les
Ouahigouya et Fada). Cette formation axée cabarets et les marchés tenus de manière
essentiellement sur la santé sexuelle et de la hebdomadaire et rotative dans les villages. Ce sont
reproduction (modes de transmission du VIH, des lieux de « rencontres amoureuses » pouvant
stratégies de lutte…) a abordé également des aspects aboutir à des rapports sexuels à risques.109
comme les droits humains et la relation genre et Toujours dans le lot des sources d’informations
VIH/Sida. informelles, Yaro Y cite également l’initiative de
L’approche par les pairs utilise surtout les l’ONG PROMACO d’avoir recours à des griottes
causeries-débats destinés à des groupes homogènes (cantatrices animant les baptêmes, les mariages et
d’adolescents (scolarisés, non scolarisés, citadins, autres réjouissances populaires) dans certaines villes
ruraux, filles ou garçons…). C’est une technique pour sensibiliser et éduquer les jeunes à l’utilisation
d’animation qui permet aux adolescents (grâce à un du condom afin d’éviter toute contamination.110 Cette
modérateur) d’échanger leurs connaissances sur un initiative de recourir aux griottes pour lutter contre le
sujet touchant à la santé de la reproduction en général Sida est motivée par leur influence sur les jeunes et
et de donner des informations en la matière. Ces sur les populations, les griots et les griottes étant
causeries-débats peuvent être organisés par n’importe écoutés attentivement « car toute parole chantée est
quelles structures, mais ils sont le plus souvent considérée comme porteuse d’un message vrai ».
l’apanage des associations de jeunes. C’est le cas du
RAJS/BF, qui est le relais national du Réseau Les Programmes Spéciaux pour Filles
Africain des Jeunes contre le Sida, lui même mis en En ce qui concerne les programmes spécialement
place à l’occasion du Forum sur le développement en conçus pour les adolescentes, on peut citer le
Afrique en 2000. Le RAJS/BF, qui regroupe les Population Council qui apporte son appui technique
associations de jeunesse œuvrant dans le domaine de dans la mise en œuvre de la Politique Nationale de
la santé de la reproduction, a pour objectif principal Population à travers le programme gouvernemental

25
The Alan Guttmacher Institute

« Centre de production et de formation pour jeunes Centre en six mois (juillet 1999 à janvier 2000). Elles
filles ». Ce centre a pour objectif principal de former ont concerné des jeunes de 14–29 ans dont 23%
des jeunes filles aux techniques de maraîchage et étaient âgés de 14–19 ans. Ces consultations n’ont
autres activités agricoles ou rémunératrices afin de concerné que 3% de garçons.
les doter d’une certaine autonomie qui leur permette,
une fois de retour dans leur terroir, de subvenir à Contraintes pour Accéder aux Services de Santé
leurs besoins grâce aux activités qu’elles mèneront. Dans l’étude menée par l’ABBEF visant à identifier
Cet appui technique consiste à introduire dans la les principaux facteurs qui freinent l’utilisation des
formation et l’encadrement de ces jeunes filles âgées Centres Jeunes, il ressort que la distance n’est pas
de 14–23 ans des modules qui abordent la santé de la une barrière à l’utilisation du centre jeune de
reproduction: santé maternelle et infantile, IST/Sida, Ouagadougou (situé au centre).114 En effet, le centre
planification familiale. L’objectif visé par le est plus fréquenté par les jeunes en provenance des
Population Council dans cette intervention est de quartiers périphériques : « La raison de sa
donner aux filles au cours des deux ans que dure le fréquentation par ces jeunes des quartiers
séjour dans le centre, des connaissances en santé de périphériques éloignés du centre réside dans la
la reproduction afin qu’elles soient des relais au sein recherche de la discrétion et de la confidentialité».115
de la communauté une fois de retour dans leur terroir, Il ressort que « les jeunes préfèrent aller dans des
afin qu’elles fassent « tâche d’huile » dans la lieux où ils sont le moins connus ». Avant la collecte
diffusion des connaissances en prévention des des données, l’hypothèse était qu’au-delà de sept
IST/Sida, grossesses non désirées… A cet effet, au kilomètres du centre, la fréquentation serait moindre.
sein des deux centres de formation (Niassan et Débé), « Les résultats montrent au contraire que les secteurs
deux centres-conseils ont été érigés et fonctionnent à voisins du centre ne drainent que 24% des jeunes
l’aide d’encadreurs en santé de la reproduction qui venus consulter contre 41% des adolescents qui
dispensent des cours de santé de la reproduction et proviennent des quartiers périphériques situés à une
sont à l’écoute des jeunes filles pour tout ce qui a distance d’au moins sept kilomètres du centre».116
trait à la santé de la reproduction. Le coût ne semble pas constituer non plus un
obstacle majeur. En effet, 53% des jeunes interrogés
L’Utilisation des Services de Santé par les Jeunes sont d’accord que les prestations soient payantes et
Les jeunes fréquentent très peu les services de santé proposent même des tarifs supérieurs à ce qui est
même quand ils ont des raisons de le faire. Cette pratiqué dans le centre.
situation a été également observée lors de l’enquête Parmi les raisons de la non fréquentation les
multisite à Bobo-Dioulasso. En effet, les résultats résultats de l’étude distinguent surtout la peur d’être
montrent que parmi les adolescents qui ont déclaré mal jugé : « il y a comme une peur, la peur de braver
avoir eu un symptôme d’IST au cours des 12 derniers un interdit en venant au centre. On ne veut peut-être
mois (8% des garçons et 10% des filles), seuls 54% pas que les jeunes comme nous fréquentent le
des garçons et 43% des filles ont cherché à se soigner centre », déclarent des filles de 12–15 ans au cours de
dont 33% par l’automédication chez les garçons. Ce la discussion dirigée. Cette peur se perçoit dans les
sont les filles qui ont le plus recours aux structures de déclarations des filles qui disent vouloir un centre
santé (73% de celles qui ont eu un symptôme de isolé des regards. Derrière cette crainte d’être mal
IST).111 jugé, se profile l’impression qu’ont les gens,
De façon générale, l’évaluation de la fréquentation impression selon laquelle ne viennent au centre que
des centres jeunes (mis en place aussi bien par le les personnes qui ont un problème lié à la santé
Ministère que par l’ABBEF) avait montré que sexuelle.117
l’utilisation était en-déçà des attentes. En effet, en L’étude de Tenkodogo et de Ouagadougou
1996 seulement 18% des jeunes interrogés corrobore ce constat. Parmi les raisons de la faible
connaissaient l’existence du Centre Jeune de fréquentation des services de santé modernes, la
l’ABBEF de Ouagadougou, encore moins les honte est évoquée par 41% des adolescents de
activités qui s’y mènent.112 C’est pour améliorer la Tenkodogo et par 36% de ceux de Ouagadougou.118
fréquentation que l’ABBEF a initié l’étude L’autre raison principale pour la non fréquentation
qualitative de 2000.113 Les résultats de cette étude ont vient du fait que les jeunes ont recours aux sources
montré que 1750 consultations ont été faites dans le d’informations informelles. L’existence d’un circuit

26
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

de recherche et de circulation de l’information adolescents sur la sexualité, la planification, les


explique parfois que les adolescents surtout les infections sexuellement transmissibles et le Sida ».121
garçons, n’éprouvent pas toujours le besoin d’aller L’étude qui a combiné l’approche quantitative et
dans les structures formelles. Il ressort que les filles qualitative (groupes de discussions) a concerné 108
scolarisées ont beaucoup plus recours aux jeunes de 10–25 ans (36 à Koudougou, 35 à Bobo-
enseignants (femmes de préférence) d’Education Dioulasso et 37 à Ouagadougou) et leurs 104 parents
Sociale et Familiale pour expliquer leurs problèmes. (35 à Koudougou, 33 à Bobo-Dioulasso et 36 à
Ainsi, l’itinéraire thérapeutique de l’adolescent qui Ouagadougou). Les adolescents âgés de 10–14 ans
a un problème de santé de la reproduction (besoins représentaient 18% de l’échantillon tandis que les
d’informations, besoins d’aide médicale…) semble se 15–19 ans représentaient 61%.
résumer de la façon suivante: il s’adresse d’abord à Les raisons avancées par les parents et les jeunes
un ami, puis à un groupe de copains, ensuite à un comme sources de blocage de la communication
adulte (généralement le professeur en charge de tiennent au fait que « les parents appartiennent à une
l’ Education Sociale et Familiale ou de Sciences génération ayant reçu une éducation familiale sociale
Naturelles pour les scolarisés, matières dans très pudique. Une éducation qui occultait sciemment
lesquelles on évoque les questions de santé de la toutes les questions d’ordre sexuel. Les parents ne
reproduction). « Cette quête de l’aide s’achèvera chez peuvent qu’être embarrassés pour parler de
un professionnel de la santé quand le jeune aura fait problèmes de sexualité avec les enfants ». Cinquante
la synthèse des propositions reçues et/ou aura huit pourcent des parents déclarent éprouver une
expérimenté sans succès les conseils et autres gêne à parler de sexualité à leurs enfants et 20%
« tuyaux » qu’on lui aura fournis ».119 disent ne pas savoir comment aborder la question. La
Les restrictions parentales peuvent aussi constituer même tendance s’observe dans les déclarations des
des barrières à la fréquentation des services de santé. jeunes (37% sont gênés et 16% ne savent pas
Ainsi dans l’étude menée par le Population Council, comment s’y prendre). On note également la « peur
il ressort que la quasi-totalité des adolescents (99%) de pousser les adolescents à une pratique précoce de
des deux zones d’étude ont besoin de la permission la sexualité ». A ces raisons d’ordre psychologique il
parentale avant de se rendre à un lieu donné. L’accord y a aussi « l’ignorance des parents (qui découvrent
des parents est fonction du sexe de l’adolescent, les certaines choses en même temps que leurs enfants si
filles étant plus victimes de l’autorité parentale. Ainsi ce n’est après) qui les handicape et les amène à fuir le
au Bazèga, pour se rendre dans les centres dialogue avec les enfants ». Les résultats montrent
communautaires, 72% des filles et 96% des garçons également que tous les parents interrogés ne sont pas
peuvent obtenir la permission parentale. En ce qui d’accord pour l’enseignement de l’éducation sexuelle
concerne la permission pour se rendre aux loisirs à l’école. Ainsi, la proportion des réticents est de 7%
(ciné, concerts, théâtre…), elle est accordée sous à Koudougou, 10% à Bobo-Dioulasso et 13% à
certaines conditions dans 77% des cas aux filles Ouagadougou.
contre 96% des cas chez les garçons. Dans le
Gourma, ces proportions sont de 60% et de 96% Accès aux Condoms
respectivement pour les filles et les garçons.120 En ce qui concerne l’accès des adolescents aux
La communication entre parents et adolescents sur condoms et autres services de santé et leur utilisation,
la santé de la reproduction demeure par ailleurs l’obstacle le plus important semble être l’attitude des
insuffisante. Ainsi, dans le but de cerner cette prestataires de services vis à vis des adolescents. En
problématique, l’ABBEF a mené une étude en 2000 effet, la plupart des adolescents fustigent les
dans les trois plus grandes villes du Burkina comportements réprobateurs de certains prestataires
(Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou) et de services qui ne sont pas de nature à simplifier leur
qui abritent les Centres Jeunes qu’elle a mis en place. accès aux services de santé. Les adolescents
Les principaux objectifs de cette étude étaient de désapprouvent généralement l’attitude moraliste de
« déterminer d’une part le niveau de connaissances certains prestataires de services qui n’hésitent pas à
des parents dans le domaine de la santé sexuelle et les traiter comme des « enfants perdus parce qu’ils
reproductive et d’autre part identifier les blocages qui ont déjà eu des rapports sexuels au cours desquels ils
empêchent les parents de communiquer avec les ont contracté une IST », lorsqu’ils se rendent dans les

27
The Alan Guttmacher Institute

services de santé pour soigner une infection.122 Test de Dépistage, Conseils Pré et Post-test du
L’auteur ajoute que les garçons avouaient que les VIH/Sida
vendeurs de condoms qui sont généralement des Au Burkina, il existe encore très peu de structures qui
adultes leur servaient le condom avec quelques fois offrent les services de test du VIH et des services de
un regard ou un air qui tend à les gêner. Pour counceling qui l’accompagnent. En effet, aujourd’hui
résoudre ces problèmes, ces jeunes proposent même il existe seulement 16 centres de dépistage du VIH
qu’en ville des distributeurs automatiques de pour tout le Burkina, dont 10 à Ouagadougou et les
préservatifs soient disponibles et fonctionnant 24 six autres repartis dans les provinces du Houet, du
heures sur 24 heures. Ce qui leur permettra d'obtenir Boulkiemdé, du Yatenga et du Boulgou.128 Le Cadre
le produit à tout moment et à l’abri des regards Stratégique de Lutte contre le VIH/Sida et les IST
indiscrets. reconnaît la nécessité de renforcer le dépistage et le
Ce constat est corroboré par les résultats de traitement précoce des IST : « le manque de centres
l’enquête PROMACO qui montrent que « s’agissant de dépistage-conseil anonyme et volontaire,
de la gêne qu’éprouvent les garçons, 26% des filles et l’insuffisance de formation du personnel et le coût
47% des garçons pensent que les garçons ont peur élevé des tests constituent des obstacles ». C’est
d’avoir à supporter les regards des personnes. pourquoi il est prévu une décentralisation du test de
S’agissant de la gêne au niveau des filles, 69% des dépistage en le rendant disponible dans les structures
filles et 70% des garçons pensent que les filles ont du de santé du niveau périphérique (centres médicaux
mal à aller acheter des condoms ».123 Néanmoins, les simples, centres médicaux avec antenne
129
jeunes citent en tête la boutique comme lieu idéal de chirurgicale…).
vente du condom (57% des filles et 68% des Malgré les différentes campagnes qui sensibilisent
garçons).124 et encouragent les tests de dépistage du VIH/Sida,
Selon l’EDS, moins d’un tiers des adolescentes qui force est de reconnaître que les volontaires ne sont
ont eu des rapports sexuels savent ou obtenir un pas nombreux. Ainsi, selon l’enquête multisite sur les
condom. Le niveau est beaucoup plus élevé parmi les jeunes, 4% des garçons de 15–19 ans et 5% des filles
jeunes garçons : 88% savent où obtenir un condom. du même âge ont déjà réalisé un test de dépistage du
Cette connaissance est influencée par le niveau Sida.130 Ce pourcentage passe néanmoins à 11% et
d’instruction, le milieu de résidence et l’accès aux 13% respectivement pour les hommes et les femmes
media, particulièrement chez les jeunes femmes.125 de 25–49 ans. Parmi les raisons citées pour ne pas
L’enquête PROMACO montre en outre que 82% faire le dépistage, les adolescents évoquent la crainte
des filles et 92% des garçons qui ont été interrogés d’être déjà séropositifs pour n’avoir pas utilisé de
savent où l’on peut obtenir le condom. Mais cette préservatifs dans le passé ou pour avoir été exposés à
proportion varie selon le milieu. En milieu urbain un risque à travers par exemple l’utilisation de lames
neuf personnes sur 10 (filles comme garçons) savent de rasoirs ou de seringues.131 Cette tendance à éviter
où trouver le condom contre sept filles sur 10 en le test de dépistage s’explique aussi par le fait que les
milieu rural. De même parmi les filles sans anti-retro-viraux restent inaccessibles compte tenu de
instruction, 69% savent où trouver le condom contre leur coût et les services de counceling non encore
92% pour les filles instruites.126 vulgarisés. C’est pourquoi même parmi ceux ou
Quant à la discrétion des lieux de vente, 77% des celles qui acceptent de faire le test de dépistage il y
filles et 80% des garçons pensent qu’elle est assurée. en a qui n’ont pas le courage de prendre leurs
Toujours selon les résultats de l’enquête PROMACO, résultats, arguant que le choc émotionnel qui peut
« il ne suffit pas de rendre disponibles les condoms suivre la découverte de la séropositivité est suffisant
mais il est essentiel pour que le port du condom soit pour précipiter la mort vu l’absence de prise en
efficient, de former les utilisateurs potentiels au port charge.
du condom ». Ce constat part du fait que « parmi Sur l’ensemble des trois zones (Pama, Bittou et
ceux qui ont accepté d’essayer la démonstration du Léo) qui ont fait l’objet de l’étude sur la participation
port du condom, 30% des garçons et à peine 10% des communautaire pour la promotion de la santé de la
filles ont réussi les cinq phases de port du condom : reproduction des jeunes, 8% des jeunes enquêtés
l’ouverture, la pression du bout, le déroulement, le déclarent avoir déjà été dépistés volontairement ou
retrait et le débarrassement ».127 pour un diagnostic médical contre 3% au niveau
national.132 Ce pourcentage est de 19% à Pama.

28
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

Les Politiques Gouvernementales Vis à Vis des


Jeunes en Matière de Santé Sexuelle et de la
Reproduction
135
Politique de Santé de la Reproduction qui s’étale sur 10 ans (1998–2008). C’est un plan
L’environnement institutionnel et politique en qui regroupe l’ensemble des programmations
matière de santé de la reproduction a commencé à importantes du gouvernement pour réaliser les
évoluer dans les années 1980 pour s’adapter aux objectifs fixés au plan national dans le domaine de la
recommandations des différentes conférences santé de la reproduction. L’objectif principal de ce
africaines et internationales sur la population. C’est plan est de « réduire de façon significative d’ici l’an
ainsi qu’en 1983, l’Etat a créé le Conseil National de 2008 les taux de mortalité et de morbidité des
Population avec pour mission de réfléchir et de groupes cibles des programmes de santé reproductive
proposer une politique de population en conformité et sexuelle ». C’est un document national de
avec les réalités sociales, économiques, et culturelles référence qui définit quatre grands domaines
du pays. Trois ans plus tard, en 1986, le Burkina programmatiques prioritaires en matière de santé de
adopte sa Politique de la Planification Familiale au la reproduction.136
Burkina Faso133 et abroge par les mêmes dispositions • Le premier domaine programmatique
la loi de 1920 en sa partie relative à la diffusion des concerne « la maternité sans risques ». Il vise
contraceptifs. Ces dispositions ont ainsi permis en à augmenter l’accessibilité, la disponibilité et
1987 l’introduction pour la première fois, de la qualité des services;
l’éducation sexuelle dans l’enseignement secondaire • Le deuxième domaine est relatif à la « lutte
comme premier volet d’une éducation en matière de contre les pratiques néfastes à la santé de la
population. reproduction (excision, violences sexuelles…)
Tout ce cheminement a débouché sur l’adoption le ainsi que les barrières juridiques et non
10 juin 1991, d’un texte officiel instituant la Politique juridiques »;
de Population au Burkina Faso. La mise en œuvre de • Le troisième axe du plan stratégique est celui
cette politique est assurée par des programmes de la « lutte contre les infections génitales
d’actions successifs en matière de population. (IST/VIH) et les états cancéreux;
La dimension « santé reproductive des • Enfin le quatrième domaine programmatique
adolescents » a été renforcée dans les différentes est relatif à la « santé sexuelle et reproductive
stratégies notamment à la faveur des des adolescents ».
recommandations issues de la Conférence La première phase quinquennale du Programme
Internationale sur la Population et le Développement National de Santé Reproductive des Adolescents qui
en 1994. C’est ainsi que le Programme National de s’étalait de 1998–2002, avait pour objectifs « d’offrir
Santé Reproductive des Adolescents a été lancé en des services de santé de la reproduction comprenant
134
mars 1995. Il faut noter que le Programme la planification familiale, les diagnostics et
National de Santé Reproductive des Adolescents traitements des IST/Sida aux adolescents de 10–24
s’inscrit dans un cadre plus vaste qui est le Plan ans; d’offrir des conseils et de l’IEC comprenant
stratégique de santé reproductive du Burkina Faso et l’éducation sexuelle, la vie familiale ». Tout cela

29
The Alan Guttmacher Institute

devrait concourir à réduire la fréquence des comportement, en gestion des services de


grossesses précoces et non désirées, les IST et santé de la reproduction des adolescents et des
VIH/Sida ainsi que les problèmes sociaux liés à jeunes et en techniques d’animation;
l’abus de consommation d’alcool et autres substances • l’appui aux ONG, associations et districts
psychotropes. C’est le Ministère de la Santé à travers sanitaires pour la prise en charge des besoins
la Direction de la Santé de la Famille (DSF), qui est cliniques des adolescents et des jeunes (mise à
chargé de l’élaboration et de la mise en œuvre du disposition de kits IST à des cliniques et
programme national de santé de la reproduction des formations sanitaires identifiées…).142
adolescents. La mise en œuvre de ces différentes politiques et
Les questions de santé de la reproduction des programmes gouvernementaux s’est traduite entre
adolescents figurent également en bonne place parmi autres par l’implémentation des services de santé de
les préoccupations de la Politique Nationale de la reproduction pour adolescents à travers les Centres
Population (PNP) révisée en 2000. C’est ainsi que la Jeunes implantés dans une dizaine de chef-lieux de
PNP s’est fixée comme objectif spécifique majeur, la provinces dont une dans la capitale et une autre dans
promotion d’une plus grande utilisation des services la deuxième ville, Bobo-Dioulasso.
de santé de la reproduction en particulier par les Le programme « Centres Jeunes » exécute à la fois
femmes, les adolescents et les jeunes à travers une une intervention à base communautaire et une
offre de services de santé de la reproduction intégrés intervention clinique. Au niveau clinique, les
ou spécifiques aux jeunes.137 adolescents reçoivent une gamme variée de services
Dans le cadre du cinquième programme de en santé de la reproduction comprenant des examens
coopération entre le Burkina Faso et le FNUAP il a gynécologiques, des activités d’IEC en planification
été mis en place un projet dénommé Projet familiale, IST et VIH/Sida. Ces centres donnent
« Communication pour le changement de également des conseils psycho-sociaux sur l’abus de
comportements des adolescents et des jeunes en la drogue et autres médicaments psychotropes ainsi
matière de santé sexuelle et de santé que sur les relations familiales. D’autres services tels
reproductive ».138 Il est exécuté sur la période 2001– que les occasions de causeries éducatives et les
2005 par la Direction Générale de la Jeunesse à séances de vidéo-projection sont disponibles.
travers la Direction des organisations et des activités
socio-éducatives des jeunes (Ministère de l’Emploi et Politique VIH/Sida
de la Jeunesse). La mise en place de ce projet « se En ce qui concerne le VIH/Sida, c’est en 1986 que le
fonde sur l’une des recommandations de l’évaluation Burkina Faso a reconnu officiellement l’existence du
du précédent Programme Burkina-FNUAP (1997– virus sur son territoire. Mais c’est en 1987 que les
2000)139 qui interpelle les autorités burkinabé à différentes actions de lutte ont véritablement
intensifier les actions de sensibilisation auprès des commencé avec l’élaboration du Programme
groupes vulnérables notamment les adolescents et les National de Lutte contre le Sida et la mise en œuvre
jeunes ».140 Le projet a pour objectif global de trois plans d’interventions. Le premier plan
d’accroître d’ici 2005 la disponibilité de conseils et couvrait la période de 1987–1989. Au même
d’informations en matière de santé de la reproduction moment, le Burkina Faso préparait à l’intention des
au profit des adolescents et des jeunes, par la différents bailleurs de fonds sa « lettre de Déclaration
conduite d’activités de communication en intégrant de Politique en matière de Sida »143 qui contient les
les aspects cliniques.141 La stratégie adoptée est orientations en matière de lutte contre le VIH/Sida au
l’approche « jeune pour jeune » qui vise un Burkina. Cette lettre fut soumise à l’Agence
changement de comportements des bénéficiaires avec Américaine pour le Développement International
une forte implication de la communauté et de la (USAID) ce qui a conduit à la mise en place de
société civile en particulier des ONG, associations de 1996–2000 du Programme Population et Lutte contre
jeunes et leaders d’opinion. Quant aux activités le Sida (PPLS). C’est ce programme qui fait
prévues, on peut retenir entre autres : aujourd’hui place au Cadre Stratégique de lutte
• la formation des agents socio-sanitaires, des contre le VIH/Sida 2001–2005144 approuvé par le
encadreurs et leaders de jeunes, des Conseil des Ministres le 9 mai 2001. Organisé autour
animateurs et des pairs éducateurs, en de quatre axes (renforcement des mesures de
communication pour le changement de prévention, renforcement de la surveillance

30
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

épidémiologique, amélioration de la qualité de la


prise en charge des personnes infectées et enfin
élargissement de la réponse et promotion du
partenariat national et international et de la
coordination multisectorielle), ce cadre qui se veut
multisectoriel, prend largement en compte la frange
jeune de la population. En effet, convaincu que « la
seule alternative valable dans la réduction de la
transmission du virus demeure sans conteste la
prévention », le cadre stratégique pense qu’il est
« urgent d’intensifier les mesures de prévention en
s’appuyant sur l’expérience de la communication
pour le changement de comportements ».145 Parmi les
grandes innovations figure la transformation du
Comité national de lutte contre le Sida en Conseil
National de lutte contre le Sida et les IST présidé par
le Président du Burkina Faso et dont le Secrétariat
Permanent est rattaché à la Présidence. Plus
récemment, le Parlement Burkinabé a accueilli du 23
au 27 septembre 2002 à Ouagadougou un atelier
régional sur le « Renforcement de l’engagement et du
rôle du parlementaire dans la lutte contre le VIH/Sida
et les IST ». S’adressant à ses homologues
parlementaires venus de 10 pays d’Afrique de
l’Ouest, le Président du Parlement Burkinabé a dressé
un tableau des conséquences du Sida sur le
développement notamment au Burkina, en ce qu’il
touche la frange jeune donc des bras valides.

31
The Alan Guttmacher Institute

Conclusion
Besoin d’Informations et de Services d’ONGs et autres acteurs qui interviennent dans le
Au Burkina, bien que des efforts aient été faits au domaine de la santé de la reproduction de façon
cours de ces cinq dernières années en faveur de la disparate et sans véritable coordination, parfois avec
santé de la reproduction en général, beaucoup reste à des messages contradictoires. Pour accroître leur
faire notamment en direction des jeunes. Cette frange efficience, il est impératif qu’il y ait une synergie
de la population a d’énormes besoins en santé de la d’actions par une approche concertée.
reproduction non encore satisfaits. L’accès à
l'information, aux conseils, aux préservatifs et aux Recherche à Poursuivre
services de santé (dépistage et traitement des Dans le domaine de la recherche, malgré les
IST/VIH/Sida) reste très faible. multiples études déjà menées, on s’aperçoit que
Même lorsque ces services existent le défi majeur beaucoup d’interrogations demeurent à nos jours sans
semble être celui de trouver une stratégie adéquate réponses : Quelles sont les raisons qui poussent les
visant à faire en sorte que les jeunes les fréquentent jeunes à s’engager dans des comportements à
sans complexe, y compris les lieux risques ? Sont-ils conscients de ces risques ? Quelles
d’approvisionnement des méthodes de prévention sont les obstacles environnementaux qui empêchent
notamment les condoms. l’adoption de comportements à moindres risques ? Il
Les programmes d’éducation sexuelle actuels ne s’avère impératif de dépasser le cadre des études
concernent que les jeunes scolarisés. Les jeunes non classiques de type CAP pour se tourner vers des
scolarisés qui constituent pourtant la majorité n’a recherches explicatives approfondies utilisant des
aucun accès à l’information sur la santé sexuelle et de méthodologies appropriées permettant d’une part de
la reproduction. Le seul programme qui avait été dégager les profils socio-démographiques des
conçu en 1995 à l’intention de la jeunesse rurale adolescents, et d’autre part, combler les lacunes sur
(Education en matière de population pour la jeunesse les connaissances du processus de prise de risques
rurale) est resté à un stade expérimental. chez les adolescents en vue de briser la chaîne à
De façon générale, il y a une impérieuse nécessité l’aide de stratégies adéquates.
aussi bien pour les pouvoirs publiques que pour les C’est en cela que le Programme « Protéger la
ONGs de continuer l’expansion des activités en Génération Future » peut être d’un apport certain en
faveur des jeunes vu la couverture insuffisante des ce qu’il se propose, à travers diverses études
services et des informations notamment en milieu qualitatives et une enquête nationale représentative,
rural où vivent 80% de la population. d’établir une base de connaissances actualisées et
En ce qui concerne la coordination des activités en politiquement pertinentes sur les besoins des jeunes
matière de santé de la reproduction des jeunes, en matière d’informations et de services tels qu’ils les
beaucoup d’efforts restent également à faire si l’on estiment eux-mêmes. Ces vues seront à leur tour
veut améliorer leur efficacité. En effet, au Burkina, confrontées à celles d’autres acteurs que sont les
les interventions en matière de santé de la prestataires de services de santé, le corps enseignant
reproduction des jeunes se sont faites dans la quasi- ainsi que les organisations de promotion et de
totalité des cas dans le cadre de projets ponctuels à la défense des intérêts des jeunes.
faveur d’opportunités de financement et non dans des En outre, pour être plus efficace, l’un des objectifs
programmes cohérents et bien structurés. Il y a majeurs de ce programme est de faire en sorte que les
aujourd’hui comme un pléthore d’associations, résultats de la recherche soient davantage connus

32
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

notamment des décideurs et de tous ceux qui sont


impliqués dans l’élaboration et/ou la mise en œuvre
de programmes et politiques. C’est ainsi qu’ils
pourront avoir davantage d’informations à même de
les guider dans l’arbitrage de l’allocation de
ressources en faveur de la santé de la reproduction
des jeunes. En effet, l’inertie politique parfois
constatée quant à la formulation ou à la reformulation
de politiques et programmes tient souvent à la
méconnaissance de l’ampleur des problèmes. Ce
n’est qu’à ce prix que les actions de lutte contre le
Sida auront un impact véritable sur les
comportements des générations futures.

33
Références
pratiques des jeunes de 13 à 25 ans, Rapport final,
1 Ouagadougou : PROMACO, 2001.
Badini A, Naître et grandir chez les Moosé 24
traditionnels, Découvertes du Burkina, Paris- Yaro Y et al., 2000, op. cit. (voir référence 17).
25
Ouagadougou : SEPIA-ADDB, 1994. Baya B et Sangli G, 2000, op. cit. (voir référence 15).
2 26
Ibid. Ibid.
3 27
Ibid. Population Council (Burkina), Etude diagnostique du
4 vécu des filles et de leurs besoins en opportunités
Boutillier JL, Quesnel A et Vaugelade J, Systèmes
socio-économiques Mossi et migrations, Cahiers des économiques et en santé de la reproduction dans les
Sciences Humaines, 1977, Vol. XIV, n°4, Paris : provinces du Bazèga et du Gourma, Volet qualitatif,
ORSTOM. Ouagadougou: Population Council, 2002.
5 28
Bardem I et Gobatto I, Les femmes célibataires Ibid.
29
analphabètes et déscolarisées face au risque du Sida, Population Council, Revue des politiques et des
Une enquête à Ouagadougou, Ouagadougou : programmes sur la santé de la reproduction des
ANRS/ORSTOM, 1993. adolescents au Burkina, Ouagadougou : Population
6
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 5. Council, 2002.
7 30
Bonnet D, Corps biologique, corps social: procréation Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 12.
31
et maladies de l'enfant en pays Mossi, (Burkina Faso), Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 13.
32
Collection Mémoires n° 110, Paris: Editions de Institut National de la Statistique et de la
l'ORSTOM, 1998. Démographie, et Macro International, 2000, op. cit.
8
Badini A, 1994, op. cit. (voir référence 1). (voir référence 12).
9 33
Ibid. Tableaux Annexes 1 et 2, lignes 14 et 15.
10 34
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 6. Institut National de la Statistique et de la
11
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 8. Démographie, et Macro International, 2000, op. cit.
12 (voir référence 12).
Institut National de la Statistique et de la 35
Démographie, et Macro International, Enquête Tableau Annexe 1, ligne 14.
36
Démographique et de Santé 1998–1999, Calverton, MD, Tableau Annexe 2, ligne 14.
37
USA : Macro International, 2000. Association Burkinabé pour le Bien-Etre Familial
13
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 10. (ABBEF), Enquête sur les connaissances, attitudes et
14
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 9. pratiques en matière de sexualité en milieu scolaire à
15 Ouagadougou : ABBEF, 1994.
Baya B et Sangli G, Etude multisite et sur les jeunes
38
de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, Rapport provisoire Nikièma L, L’avortement, Mémoire de Maîtrise en
d’analyse des données, Ouagadougou : UERD, 2000. droit, Faculté de droits et sciences politiques, Université
16 de Ouagadougou, 2002; Ouédraogo T, Le problème de
Yaro S et al., VIH/Sida et IST chez les jeunes et dans
la population générale au Burkina Faso : analyse de la l’avortement criminel dans la ville de Ouagadougou,
situation pour l’identification des besoins d’intervention Mémoire de Théologie, Séminaire St Jean-Baptiste,
dans la zone urbaine de Bobo-Dioulasso, Rapport final, Ouagadougou, 1998; Pictet G et Ouédraogo C, La
Ouagadougou : FNUAP-Centre Muraz, 2001. pilule est-elle une alternative à l’avortement en milieu
17
Yaro Y et al., Les facteurs sociaux et les africain ? Les Travaux de l’UERD n°10, Ouagadougou :
comportements sexuels des adolescents face au Sida au UERD, 1999.
39
Burkina Faso, Rapport de recherche, Ouagadougou : ABBEF, 1994, op. cit. (voir référence 37).
40
APJAD-UERD, 2000. Nébié SP et Ouédraogo I, Etude de cas en santé de la
18 reproduction au Bukina Faso, Ouagadougou: CRESAR,
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 7.
19
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 11. 1998.
41
20
Yaro Y et al., 2000, op. cit. (voir référence 17). Ministère de la Santé (Direction des Etudes et de la
21
Yaro Y et al., Evaluation finale du programme sur la Planification 2000), Annuaire statistique sanitaire du
participation communautaire pour la promotion de la Burkina, 2000, Ouagadougou : Ministère de la Santé.
42
santé de la reproduction des adolescents et des jeunes, Guiella G, Ouédraogo A et Rossier C, Avortement et
Ouagadougou : Mwangaza-Pacific Institute for santé de la femme à Ouagadougou, Rapport de
Women’s Health, 2003. Recherche, Ouagadougou: UERD, 2004.
43
22
Institut National de la Statistique et de la Population Council, Facts about adolescents from the
Démographie, et Macro International, 2000, op. cit. Demographic and Health Survey, Burkina Faso 1998–
(voir référence 12). 1999, statistical tables for program planning, New York:
23
PROMACO, Les jeunes du Burkina face au condom: Population Council, 2002.
44
étude sur les connaissances, attitudes, croyances et Yaro Y et al., 2000, op. cit. (voir référence 17).

34
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

45 67
Ibid. Institut National de la Statistique et de la
46
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 17. Démographie, et Macro International, 2000, op. cit.
47
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 19. (voir référence 12).
48 68
Institut National de la Statistique et de la PROMACO, 2001, op. cit. (voir référence 23).
69
Démographie, et Macro International, 2000, op. cit. Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 18.
70
(voir référence 12). Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 20.
49 71
Kanon MB, Connaissances, attitudes et pratique des Institut National de la Statistique et de la
jeunes du milieu scolaire de la ville de Ouagadougou en Démographie, et Macro International, 2000, op. cit.
matière de planification familiale après introduction (voir référence 12).
72
d’un programme d’éducation sexuelle, Thèse de Kanon S, Conduites sexuelles à risques d’infection et
Doctorat de médecine, Université de Ouagadougou, connaissance du Sida en milieu scolaire urbain de
1991. Banfora (BF), Thèse de Doctorat de médecine,
50
Programme Population et Lutte contre le Sida au Ouagadougou : ESSA, 1991.
73
Burkina Faso (PPLS), Enquête CAP, PF, MST/Sida et PROMACO, 2001, op. cit. (voir référence 14).
74
l’éducation à la vie Familiale, Ouagadougou: PPLS, Ibid.
1996. 75
Baya B et Sangli G, 2000, op. cit. (voir référence 14).
51 76
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 23. Institut National de la Statistique et de la
52
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 22. Démographie, et Macro International, 2000, op. cit.
53
Ministère de la santé, La surveillance (voir référence 11).
77
épidémiologique de l’infection à VIH et des maladies ABBEF, 2000, op. cit. (voir référence 57).
sexuellement transmissibles au Burkina, Ouagadougou : 78
Yaro Y et al., 2000, op. cit. (voir référence 16).
Ministère de la Santé-OCGE, 1997. 79
54
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 25.
UNAIDS/WHO Working Group on Global 80
Institut National de la Statistique et de la
HIV/AIDS and STI Surveillance, Epidemiological fact Démographie, et Macro International, 2000, op.cit. (voir
sheets on HIV/AIDS and sexually transmitted référence 11)
infections, Geneva: UNAIDS/WHO, 2002. 81
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 25.
55
Kambou NE, Rapport d’évaluation du pré-Projet 82
PROMACO, op. cit., (voir référence 23).
Lutte contre le VIH/Sida et les IST, Document 83
Institut National de la Statistique et de la
provisoire, Ouagadougou : FNUAP-SP/CNLS, 2002. Démographie, et Macro International, 2000, op. cit.
56
Institut National de la Statistique et de la (voir référence 12).
Démographie, et Macro International, 2000, op. cit. 84
Tableaux Annexes 1 et 2, lignes 30–32.
(voir référence 12). 85
Population Council (Burkina), 2002, op. cit. (voir
57
Baya B, et Sangli G, 2000, op. cit. (voir référence référence 27).
15). 86
PROMACO, 2001, op. cit. (voir référence 23).
58
ABBEF, Amélioration de l’utilisation des services de 87
Comité National de Lutte contre la drogue, 1994 :
santé sexuelle et de la reproduction par les jeunes de 10 Rapport de la première session ordinaire tenue sur le
à 24 ans dans le Centre Jeune de Ouagadougou, thème : Définition d’une politique nationale de lutte
Ouagadougou : ABBEF, 2000. contre la drogue au Burkina Faso, Ouagadougou, 22–24
59
Baya B et Sangli G, 2000 op. cit. (voir référence 15). février 1994.
60
Institut National de la Statistique et de la 88
Yaro Y, Les jeunes chercheurs d’or d’Essakan
Démographie (INSD), Analyse des résultats du « L’eldorado burkinabé », Paris : Karthala, 1996.
recensement Général de la Population de 1996, Vol. I et 89
Yaro Y et Zongo L, Prostitution officielle et
II, Ouagadougou : INSD, 2000. prostitution clandestine sur le site aurifère d’Essakan
61
PNUD, Rapport sur le développement humain (Burkina Faso), Rapport de recherche, Ouagadougou :
durable, Paris : Economica, 2000. UERD, 1996.
62
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 24. 90
Bardem I et Gobatto I, 1993, op. cit. (voir référence
63
Institut National de la Statistique et de la 5).
Démographie, et Macro International, 2000, op. cit. 91
PROMACO, 2001, op. cit. (voir référence 23).
(voir référence 12). 92
Institut National de la Statistique et de la
64
Tableaux Annexes 1 et 2, lignes 26–28. Démographie, et Macro International, Enquete
65
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 29. Demographique et de Santé 1993, Calverton, MD,
66
Baya B et Sangli G, 2000, op. cit. (voir référence 15). USA : Macro International, 1994.
93
Ibid.

35
94 112
Plan Burkina, Survey on knowledge, attitudes and ABBEF, 1996, op. cit. (voir référence 106) .
113
practices regarding HIV/AIDS and other STIs and ABBEF, 2000, op. cit. (voir référence 58).
114
AIDS orphans and widows care in the provinces of Ibid.
Bam, Kouritenga, Namentenga and Sanmantenga 115
Ibid.
(Burkina Faso), Ouagadougou: Plan Burkina, 2001. 116
95
Ibid.
Lalou R et Piche V, Migration et Sida en Afrique de 117
Ibid.
l’Ouest : un état des connaissances, Les dossiers du 118
Yaro Y et al., 2000, op. cit. (voir référence 17).
CEPED n°28, Paris : CEPED, 1994. 119
ABBEF, 2000, op. cit. (voir référence 58).
96
Tapsoba E, Sanogo N et Baya B, Mobilité et Sida : 120
Population Council (Burkina), 2002, op. cit. (voir
résultat d’une enquête de base auprès des routiers et des référence 27).
prostituées au Burkina Faso, Ouagadougou : UERD- 121
ABBEF, Etude pour l’identification des besoins des
SFPS, 1998. parents dans le domaine de la communication en
97
Baya B et Sangli G, 2000, op. cit. (voir référence 15). matière de santé sexuelle et de la reproduction, Rapport
98
Institut National de la Statistique et de la final, Ouagadougou : ABBEF, 2000.
Démographie, et Macro International Inc., 2000, op. cit. 122
Yaro Y, 1997, op.cit. (voir référence 109).
(voir référence 12). 123
Idem.
99
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 4. 124
PROMACO, 2001, op. cit. (voir référence 23).
100
Journal « Le Pays », n°2919, 16 juillet 2003. 125
Tableaux Annexes 1 et 2, ligne 16.
101
Population Council, 2002, op. cit. (voir référence 126
PROMACO, 2001, op. cit. (voir référence 23).
29). 127
Idem.
102
Conseil National de la Population, Programme 128
Données du Centre d’Information, de Conseils et de
d’Action en matière de Population 2001–2005, Documentation sur le Sida et la Tuberculose (CIC-
Ouagadougou : Conseil National de la Population, 2000. Doc), Ouagadougou : CIC-Doc, 2003.
103
Pour plus de détails sur les activités de l’ABBEF 129
Conseil National de Lutte contre le Sida et les IST,
destinées aux jeunes, voir Adamchak S E, Compaoré C Cadre Stratégique de lutte contre le VIH et les IST
et Morgan G, Case study of the ABBEF youth for youth 2001–2005, p. 31, Ouagadougou : CNLS, 2001.
project in Burkina Faso, Draft prepared for FOCUS on 130
Baya B et Sangli G, 2000, op. cit. (voir référence
Young Adults Project, Task Order 0403, 1997.
104 15).
ABBEF, Identification des besoins spécifiques des 131
Yaro S. et al., 2001, op. cit. (voir référence 16).
jeunes dans le domaine de la santé sexuelle, 132
Yaro Y et al., 2003, op. cit. (voir référence 21).
Ouagadougou: ABBEF-Population Council-GTZ, 1996. 133
105 Par décret AN IV-008/CNR/EF-SN du 24 octobre
ABBEF, 1996, op. cit. (voir référence 104) ;
1986.
ABBEF, Communication sur les résultats du projet de 134
Ministère de la Santé, Direction de la Santé de la
recherche en santé sexuelle de l’ABBEF, 6ème Conseil
Famille, Programme National de santé reproductive des
National de l’ABBEF, Bobo-Dioulasso : ABBEF, 1996.
106 jeunes, Ouagadougou: Ministère de la Santé, 1998.
ABBEF, Rapport de synthèse de l’atelier 135
Ministère de la Santé, Direction de la Santé de la
d’exploitation des résultats de l’étude sur
Famille, Plan stratégique de la santé de la reproduction
l’identification des besoins des jeunes en matière de
au Burkina Faso, Ouagadougou : Ministère de la Santé,
santé sexuelle, Ouagadougou : ABBEF, 1996.
107 1998.
Desconnets S et Taverne B, Annuaire des 136
Ibid.
associations et ONG intervenant dans la lutte contre le 137
Sida au Burkina Faso, Ouagadougou : ORSTOM- Conseil National de la Population, Politique
Comité National de Lutte contre le Sida-Centre de Nationale de Population du Burkina Faso,
Coopération Internationale en Santé et Développement, Ouagadougou : Conseil National de la Population, 2000.
138
1997. Ce projet est immatriculé sous le code BKF
108
Déclaration du Comité National Catholique de Lutte 05/01/06.
139
contre le Sida, L’Observateur Paalga, n°5907, 5 juin Guiella G et Sobela S, Evaluation finale du
2003. Programme de coopération Burkina Faso-
109
Yaro Y, Evaluation des programmes de santé de la FNUAP/1997–2000, Ouagadougou : FNUAP, 2000.
140
reproduction des adolescents au Burkina, CEDPA- Ministère du Travail de l’Emploi et de la Jeunesse,
FNUAP, 1997. Document de présentation du projet Communication
110
Ibid. pour le changement de comportement des adolescents et
111 des jeunes en matière de Santé Sexuelle et de la
Baya B et Sangli G, 2000, op. cit. (voir référence
Reproduction, Ouagadougou, 2001.
15). 141
Ibid.

36
Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso

142
Ibid.
143
Document n°94/601/MS/SG/CNLS du 4 mai 1994.
144
Conseil National de lutte contre le VIH/Sida et les
IST, Cadre Stratégique de lutte contre le VIH/Sida
2001–2005, Ouagadougou, 2001.
145
Ibid.

37
Tableau Annexe 1: Caractéristiques et indicateurs de comportement sexuel et reproductif d'adolescentes agées de 15–19* ans au Burkina Faso, 1999

Femmes 15–19
Accès aux media au
moins une fois par
Âge Niveau d'instruction Milieu de résidence Région semaine

<7 ans ≥ 7 ans


Indicateur
Total 15–17 18–19 d'instruction d'instruction rural urbain Ouagadougou Nord Est Ouest Centre/Sud Aucun Certain

Effectifs non pondéré 1474 933 541 1293 181 1009 465 255 199 349 338 333 922 552

A. Caractéristiques des enquêtés


1. Pourcentage ayant ≥7+ ans d'instruction 9 8 9 – – 1 37 38 6 4 9 4 2 25
2. Pourcentage scolaris é 9 10 6 2 79 2 35 34 7 6 8 4 2 25
3. Pourcentage qui travaille actuellement 57 56 58 61 17 62 37 37 59 53 61 64 62 46
4. Pourcentage ayant certain accès aux media 30 30 32 25 87 16 82 90 24 19 30 24 – –
5. Pourcentage résidant en milieu urbain 21 21 22 15 90 – – 100 10 9 27 5 6 58

B. Comportements sexuels
6. Pourcentage ayant eu des rapports sexuels 49 33 77 50 37 52 38 39 53 49 52 48 51 44
7. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage ayant eu des rapports sexuels dans
les 3 derniers mois 70 79 62 69 72 69 71 72 67 62 66 83 68 73
8. Âge médian au premier rapport sexuel parmi les femmes de 20–24 ans 17.2 – – 17.2 18.9 17.1 18.0 18.5 16.8 17.1 16.8 17.4 17.1 17.6
9. Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant le marriage avant l'age de 20 ans parmi les
femmes de 20–24 ans 31 – – 28 56 27 44 37 31 22 36 31 26 41
10. Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant 20 ans parmi les femmes de 20–24 ans 92 – – 95 69 96 76 70 96 96 95 93 96 84
11. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage ayant eu 2 partenaires ou plus dans
les 12 derniers mois 6 10 3 5 15 5 9 9 6 2 1 13 4 10

C. Union et fécondité
12. Pourcentage jamais en union 35 18 65 38 6 40 15 17 42 40 38 30 40 22
13. Âge médian au premier marriage parmi les femmes de 20–24 ans 17.6 – – 17.5 24.0** 17.4 19.6** 20.1** 17.5 17.4 17.3 17.7 17.4 18.7
14. Pourcentage ayant jamais eu un enfant 20 7 44 21 8 23 11 14 20 24 27 13 23 14
15. Pourcentage enceinte 8 3 15 8 2 8 5 4 8 7 10 7 9 5

D. Connaissances et utilisation de la contraception


16. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage qui sait o ù obtenir un condom 29 31 27 25 89 20 72 74 14 19 29 34 19 55
17–18. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage qui ont deja utilisé:
17. N'importe quelle méthode moderne pour la planification familiale 20 26 16 17 70 14 52 52 8 11 15 33 13 41
18. Le condom pour n'importe quelle raison 20 27 16 16 77 13 55 58 7 11 16 31 11 45
19–20. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels dans les 3 derniers mois, pourcentage qui
utilise actuellement:
19. N'importe quelle méthode moderne pour la planification familiale 16 21 12 13 61 12 38 44 7 10 9 23 11 29
20. Le condom 14 19 10 12 55 11 31 37 5 10 6 23 10 25

21. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels dans les 12 derniers mois, pourcentage qui ont
utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels 17 21 13 13 65 11 45 48 4 12 11 24 10 34
22. Parmi tous, pourcentage qui sont favorables à la planification familiale 59 54 68 57 81 56 71 74 51 65 61 52 54 71
23. Parmi ceux qui n'utilisent pas de méthodes contraceptives, pourcentage qui a l'intention
d'utiliser une méthode dans les 12 prochains mois 9 5 18 10 6 10 9 9 10 14 10 4 10 9

E. Connaissances et attitudes sur le Sida


24. Pourcentage qui connaissent le Sida 80 76 87 78 100 75 97 98 75 74 85 78 74 94
25. Parmi ceux qui connaissent le Sida, pourcentage qui percoit des risques de contracter le
Sida 54 51 59 53 64 52 61 71 50 50 51 56 50 62
26–29. Parmi tous, pourcentage qui connaissent les moyens d'eviter de contracter le Sida:
26. Utiliser les condoms 22 20 25 16 80 11 60 65 18 13 23 15 11 46
27. S'abstenir de rapports sexuels 9 11 7 8 19 8 14 15 7 10 6 11 8 14
28. Avoir un seul partenaire 28 24 36 28 36 27 34 21 16 33 37 26 26 33
29. Parmi tous, pourcentage qui savent qu'une personne qui parait en bonne santé peut avoir
le Sida 37 33 45 33 86 28 70 75 25 32 38 34 26 63

F. Comportements face au Sida


30–32. Parmi ceux qui connaissent le Sida, pourcentage qui ont changé de comportement:
30. N'a pas commencé les rapports sexuels 30 40 15 28 46 26 42 35 21 29 31 35 27 36
31. A limité les rapports à 1 seul partenaire 21 13 34 21 21 21 20 20 13 19 23 26 20 22
32. A commencé à utiliser le condom 6 5 7 5 18 4 13 15 2 3 4 9 4 10

* Indicateurs sont pour les adolescentes 15–19 sauf si indiqué autrement.


† Effectifs non pondéré moins de 20.
‡ Jamais en union correspond à ceux qui sont actuellement mariés, qui etaient autrefois mariés et qui vivent ensemble.
§ Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant le marriage avant l'age de 20 ans est le pourcentage de femmes agées de 20–24 ans qui ont eu des rapports sexuels avant l'age de 20 ans et qui n'etait jamais mariées aux premiers rapports sexuels.
** Parmi les femmes de 25–29 ans, car age median pas atteint pas les femmes de 20–24 ans.
Tableau Annexe 2: Caractéristiques et indicateurs de comportement sexuel et reproductif d'adolescents agés de 15–19* ans au Burkina Faso, 1999

Hommes 15–19 ans


Accès aux media au
moins une fois par
Âge Niveau d'instruction Milieu de résidence Région semaine

<7 ans ≥ 7 ans


Indicateur d'instruction d'instruction Centre/Sud
Total 15–17 18–19 rural urbain Ouagadougou Nord Est Ouest Aucun Certain

Effectifs non pondéré 596 381 215 467 129 418 178 76 88 157 141 134 313 283

A. Caractéristiques des enquêtés


1. Pourcentage ayant ≥7+ ans d'instruction 18 17 20 – – 6 59 55 10 18 21 8 5 36
2. Pourcentage scolaris é 17 19 14 4 79 6 57 48 11 19 19 9 6 34
3. Pourcentage qui travaille actuellement 68 68 67 79 15 78 35 38 59 67 63 89 76 57
4. Pourcentage ayant certain accès aux media 43 40 48 33 85 28 90 88 34 32 62 27 – –
5. Pourcentage résidant en milieu urbain 23 21 28 11 76 – – 100 15 15 28 7 4 49

B. Comportements sexuels
6. Pourcentage ayant eu des rapports sexuels 28 19 46 27 35 26 36 45 16 26 31 31 22 37
7. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage ayant eu des rapports sexuels dans
les 3 derniers mois 76 81 72 81 57 83 59 77 † 59 77 86 81 71
8. Âge médian au premier rapport sexuel parmi les hommes de 20–24 ans 19.7 – – 19.9 19.1 20.1 19.1 19.1 19.9 19.6 19.7 20.4 20.7 19.1
9. Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant le marriage avant l'age de 20 ans parmi
les hommes de 20–24 ans 51 – – 49 59 47 59 59 51 51 48 46 42 57
10. Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant 20 ans parmi les hommes de 20–24 ans 52 – – 51 60 48 61 60 49 52 53 45 45 58
11. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage ayant eu 2 partenaires ou plus dans
les 12 derniers mois 37 45 32 38 35 38 35 46 † 34 32 39 31 43

C. Union et fécondité
12. Pourcentage jamais en union 1 0 3 2 0 2 0 0 1 2 3 0 1 2
13. Âge médian au premier marriage parmi les hommes de 25–29 ans 25.2** – – 24.3 30.5** 23.8 27.6** 28.3** 24.3 23.7 23.6** 24.8 23.6 25.1**
14. Pourcentage ayant jamais eu un enfant 1 0 2 1 0 1 0 0 0 1 1 0 0 1
15. Parmi ceux ayant un partenaire sexuel, partenaire est actuellement enceinte 0 0 0 0 0 0 0 0 † 0 0 0 0 0

D. Connaissances et utilisation de la contraception


16. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage qui sait o ù obtenir un condom 88 86 89 84 100 83 100 100 † 84 89 84 81 93
17–18. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels, pourcentage qui ont deja utilisé:
17. N'importe quelle méthode moderne pour la planification familiale 50 47 52 42 76 38 76 82 † 39 55 46 36 61
18. Le condom pour n'importe quelle raison 53 53 54 45 87 43 79 86 † 39 61 50 37 66
19–20. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels dans les 3 derniers mois, pourcentage qui
utilise actuellement:
19. N'importe quelle méthode moderne pour la planification familiale 37 41 33 27 91 28 70 71 † 30 36 33 28 45
20. Le condom 37 41 33 27 91 28 70 71 † 30 36 33 28 45

21. Parmi ceux ayant eu des rapports sexuels dans les 12 derniers mois, pourcentage qui ont
utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels 43 38 47 32 87 30 79 85 † 29 50 33 27 56
22. Parmi tous, pourcentage qui sont favorables à la planification familiale 54 47 67 47 83 47 78 78 43 53 52 56 43 69
23. Parmi ceux qui n'utilisent pas de méthodes contraceptives, pourcentage qui a l'intention
d'utiliser une méthode dans les 12 prochains mois 6 4 10 6 8 6 6 7 5 5 4 9 5 7

E. Connaissances et attitudes sur le Sida


24. Pourcentage qui connaissent le Sida 91 89 95 89 100 89 99 98 94 84 94 93 86 98
25. Parmi ceux qui connaissent le Sida, pourcentage qui percoit des risques de contracter le
Sida 64 57 76 66 57 64 64 65 92 56 55 63 65 63
26–29. Parmi tous, pourcentage qui connaissent les moyens d'eviter de contracter le Sida:
26. Utiliser les condoms 51 48 56 43 86 41 84 84 44 44 49 54 36 71
27. S'abstenir de rapports sexuels 13 12 14 10 25 10 20 25 21 16 8 4 10 17
28. Avoir un seul partenaire 27 23 35 24 38 23 40 28 25 27 36 20 26 28

29. Parmi tous, pourcentage qui savent qu'une personne qui parait en bonne santé peut avoir le
Sida 58 53 66 51 91 50 84 88 46 46 63 66 44 77

F. Comportements face au Sida


30–32. Parmi ceux qui connaissent le Sida, pourcentage qui ont changé de comportement:
30. N'a pas commencé les rapports sexuels 53 59 44 55 47 54 50 45 59 51 52 57 62 43
31. A limité les rapports à 1 seul partenaire 14 10 20 15 8 14 13 16 12 12 13 18 14 14
32. A commencé à utiliser le condom 13 9 20 10 25 9 24 31 5 8 16 14 7 20

* Indicateurs sont pour les adolescents 15–19 sauf si indiqué autrement.


† Effectifs non pondéré moins de 20.
‡ Jamais en union correspond à ceux qui sont actuellement mariés, qui etaient autrefois mariés et qui vivent ensemble.
§ Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant le marriage avant l'age de 20 ans est le pourcentage d'hommes agés de 20–24 ans qui ont eu des rapports sexuels avant l'age de 20 ans et qui n'etaient jamais mariés aux premiers rapports sexuels.
** Parmi les hommes de 30–34 ans, car age median n'est pas atteint par les hommes de 25–29
Other papers in the Occasional Report series include:

Adolescent Sexual and Reproductive Health in Ghana: A Synthesis of Research Evidence, Awusabo-Asare K,
Abane AM and Kumi-Kyreme A, Occasional Report, 2004, No. 13

Santé Sexuelle et de la Reproduction des Jeunes au Burkina Faso: Un Etat des Lieux
Georges Guiella, Occasional Report, 2004, No. 12

Costs and Benefits of Providing Sexual and Reproductive Health Services: A Review
Michael Vlassoff et al., Occasional Report, 2004, No. 11 (forthcoming)

Annotated Bibliography on HIV/AIDS and Youth in Sub-Saharan Africa


Vanessa Woog, Occasional Report, 2003, No. 10

A, B and C in Uganda: The Roles of Abstinence, Monogamy and Condom Use in HIV Decline
Susheela Singh, Jacqueline E. Darroch and Akinrinola Bankole, Occasional Report, 2003, No. 9

Teenage Sexual and Reproductive Behavior in Developed Countries: Country Report for The United States
Jennifer J. Frost et al., Occasional Report, No. 8

Teenage Sexual and Reproductive Behavior in Developed Countries: Country Report for Sweden
Maria Danielsson, Christina Rogala and Kajsa Sundström, Occasional Report, 2001, No. 7

Teenage Sexual and Reproductive Behavior in Developed Countries: Country Report for Great Britain
Kaye Wellings, Occasional Report, 2001, No. 6

Teenage Sexual and Reproductive Behavior in Developed Countries: Country Report for France
Nathalie Bajos and Sandrine Durand, Occasional Report, 2001, No. 5

Teenage Sexual and Reproductive Behavior in Developed Countries: Country Report for Canada
Michael Barrett, Occasional Report, 2001, No. 4

Teenage Sexual and Reproductive Behavior in Developed Countries: Can More Progress Be Made?
Jacqueline E. Darroch et al., Occasional Report, 2001, No. 3

Teenagers’ Pregnancy Intentions and Decisions: A Study of Young Women in California Choosing to Give
Birth
Jennifer J. Frost and Selene Oslak, Occasional Report, 1999, No. 2

Why Is Teenage Pregnancy Declining? The Roles of Abstinence, Sexual Activity and Contraceptive Use
Jacqueline E. Darroch and Susheela Singh, Occasional Report, 1999, No. 1

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