Table des matières
Message du Directeur régional ix
Avant-propos du Président de la Commission de l´Union africaine xi
Résumé d’orientation xiii
Introduction: la santé des populations xxiii
Les défis à relever en Afrique xxiv
Région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé xxv
Chapitre 1 - La santé et le développement en Afrique 3
Le cercle vicieux de la pauvreté et d’une mauvaise santé 3
Placer la santé dans le contexte du développement 6
Initiatives en faveur du développement en Afrique 8
La déclaration d’Abuja 8
Le NEPAD 9
La Commission du Royaume-Uni pour l’Afrique 9
Les objectifs du Millénaire pour le développement 9
Le Sommet 2005 du G8 10
Conclusion : faire bouger les choses 11
Bibliographie 13
Chapitre 2 - La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant 17
Epidémie « silencieuse » en Afrique 17
Objectifs pour le développement en matière de santé de la mère et de l’enfant 18
Mères : causes et nombre des décès 18
Nouveau-nés : causes et nombre des décès 19
Les enfants de moins de cinq ans : causes et nombre des décès 20
Prévenir des millions de décès 20
Les obstacles 21
Conflits et situations d’urgence 22
VIH/SIDA 23
Inadéquation de l’allocation de ressources 23
Insuffisance des systèmes de santé 23
Tentatives faites pour résoudre le problème 24
Maternité sans risque 24
Prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant 25
Repositionnement de la planification familiale 26
Prise en charge des maladies de l’enfance 26
Renforcement de la présence d’accoucheuses qualifiées à la naissance 27
Vacciner un plus grand nombre de femmes et d’enfants 27
Conclusion : amplifier la réussite 30
Bibliographie 33
iii
Chapitre 3 - Les maladies infectieuses en Afrique 37
Principal obstacle au développement 37
VIH/SIDA, tuberculose et paludisme 38
Les défis pour la lutte contre la maladie 38
Les maladies contre lesquelles la lutte a été efficace 41
Lèpre 41
Onchocercose 42
Poliomyélite 43
Maladies les plus préoccupantes pour le grand public 44
VIH/SIDA 44
Tuberculose 48
Paludisme 51
Maladies susceptibles de causer des épidémies 55
Maladies négligées 56
Conclusion : l’exemple des succès passés 57
Bibliographie 59
Chapitre 4 - Les maladies non transmissibles en Afrique 63
Une nouvelle menace 63
Le double fardeau qui pèse sur l’Afrique 63
L’aspect méconnu de la morbidité en Afrique 65
Maladies cardio-vasculaires 65
Obésité et dénutrition : le paradoxe africain 65
Cancer 66
Traumatismes, violence et incapacités 67
Cécité 69
Problèmes de santé mentale 70
Maladies génétiques 71
Affections de la cavité buccale 72
Actions menées face aux problèmes 73
Législation et commercialisation 73
Législation en matière de santé mentale 74
Promotion d’une alimentation et d’un mode de vie sains 74
Programmes peu coûteux de prise en charge 75
Une collaboration plus étroite 75
Tradipraticiens 75
Les problèmes 76
La pénurie de ressources 76
La méconnaissance de la situation et une détermination insuffisante 77
Le manque de données 77
Conclusion : l’Afrique peut tirer parti de l’expérience acquise par d’autres 79
Bibliographie 80
Chapitre 5 - La santé et l’environnement en Afrique 85
Les risques pour la santé liés à l’environnement en Afrique 85
Les défis environnementaux 86
Eau et assainissement 86
Pollution et déchets industriels 87
Urbanisation 89
iv
La sécurité sanitaire des aliments 90
Situations d’urgence 92
Lutter contre la pauvreté et les risques liés à l’environnement 94
Réduire la pauvreté 94
Prévention et gestion des conflits 95
Des solutions peu coûteuses et durables : l’eau et l’assainissement 96
Rendre les aliments plus sûrs : une responsabilité partagée 98
Conclusion : suivre les progrès 100
Bibliographie 101
Chapitre 6 - Les systèmes de santé nationaux — le grand défi pour la santé publique en Afrique 105
Edifier et renforcer les systèmes de santé 106
Prestations de santé publiques et privées 106
Développer les systèmes de santé 107
Programmes verticaux 107
Approche sectorielle 109
Systèmes d’information sanitaire 110
Registres de l’état civil 111
Obtenir des chiffres exacts 112
Médicaments essentiels 113
Améliorer l’accès 113
La sécurité transfusionnelle 115
Ressources humaines : un continent en crise 117
Moyens de pallier le manque d’effectifs 120
Financement de la santé 121
Aide financière 123
Participation financière des usagers 124
Eléments d’appréciation pour l’attribution des ressources 124
Conclusion : les systèmes de santé — clé d’un meilleur état de santé 125
Bibliographie 127
Annexe statistique
Statistiques sanitaires, Région africaine 129
Introduction 131
Statistiques démographiques et socio-économiques 132
Situation sanitaire : mortalité 134
Situation sanitaire : morbidité 136
Inégalité en matière de santé 138
Facteurs de risque 140
Couverture des services de santé 142
Agents de santé 144
Ratios de dépenses de santé, 1999–2003 146
Dépenses de santé par habitant, 1999–2003 148
Notes explicatives 149
Glossaire 158
Index 163
Encadrés
Encadré 1.1: Réalisation de l’OMD 1: pauvreté 6
Encadré 1.2: L’OMD 8 : Un partenariat mondial pour le développement 10
Encadré 2.1: Atteindre l’OMD 4 : Santé de l’enfant 18
Encadré 2.2: Atteindre l’OMD 5 : Santé maternelle 19
Encadré 2.3: Soutien psychosocial aux mères séropositives pour le VIH et à leur famille 25
Encadré 2.4: Soigner les enfants malades en République-Unie de Tanzanie 28
Encadré 2.5: Accoucher à l’Ile Maurice 31
Encadré 2.6: Mode de financement novateur des soins de santé maternels au Mali et en Mauritanie 32
Encadré 3.1: La dracunculose et la lèpre au Nigéria 40
Encadré 3.2: Burundi : les militants redonnent espoir aux personnes vivant avec le VIH 46
Encadré 3.3: Comment le Cameroun a obtenu des antirétroviraux moins chers 47
Encadré 3.4: Le VIH et la tuberculose en Afrique du Sud 50
Encadré 3.5: Le traitement du paludisme en Ethiopie 53
Encadré 3.6: L’OMD 6 : VIH/SIDA, paludisme et autres maladies 58
Encadré 4.1: Réadaptation des victimes de mines terrestres en Angola 68
Encadré 4.2: Rendre les routes plus sûres au Rwanda 70
Encadré 4.3: Nouveau projet de loi ghanéen sur la santé mentale 74
Encadré 4.4: Réinsertion des épileptiques au Togo 75
Encadré 5.1: Des hottes à fumée pour améliorer la qualité de l’air au Kenya 88
Encadré 5.2: S’attaquer aux montagnes de déchets à Lagos 89
Encadré 5.3: Pour que les aliments vendus dans la rue au Ghana soient plus sûrs 91
Encadré 5.4: Guérir les sociétés après un conflit en guérissant les esprits 92
Encadré 5.5: Lutte environnementale contre la schistosomiase au Malawi 97
Encadré 5.6: Atteindre l’OMD 7 concernant l’eau et l’assainissement 98
Encadré 6.1: Qu’est-ce qu’un système de santé ? 106
Encadré 6.2: Prestation de soins dans les communautés isolées 108
Encadré 6.3: Les agriculteurs tanzaniens cultivent eux-mêmes l’Artemisia annua 115
Encadré 6.4: L’exode du personnel de santé malawien 118
Encadré 6.5: Soins communautaires à domicile au Botswana 121
Encadré 6.6: L’Ouganda pionnier des soins simplifiés aux malades du SIDA 122
Figures
Fig. 1.1: Espérance de vie à la naissance des hommes et des femmes dans les pays,
par Région de l’OMS, en 2003 4
Fig. 1.2: Proportion de la population dont le revenu est inférieur à US $1,08 par jour
(parité des pouvoirs d’achat en 1993) 5
Fig. 1.3: Les investissements dans la santé contribuent au développement économique 7
Fig. 2.1: Causes de mortalité maternelle dans la Région africaine 18
Fig. 2.2: Répartition dans le monde, par Région, des décès maternels, de la population
mondiale et des naissances vivantes, 2000 19
Fig. 2.3: Causes de mortalité néonatale dans la Région africaine 20
Fig. 2.4: Taux de mortalité néonatale dans les Régions de l’OMS (pour 1000 naissances vivantes) 20
Fig. 2.5: Causes de mortalité des moins de cinq ans dans la Région africaine 21
Fig. 2.6: Tendances dans la réduction du taux de mortalité des moins de cinq ans, 1990-2003 21
Fig. 2.7: Couverture vaccinale dans le cadre du PEV (Programme élargi de vaccination),
Région africaine, 1982-2003 29
Fig. 3.1: Progrès régionaux vers un taux de détection de 70 % de la tuberculose 38
Fig. 3.2: Administration médicamenteuse de masse pour l’élimination de la filariose lymphatique :
population cible/nombre de personnes traitées 39
Fig. 3.3: Prévalence de la lèpre dans la Région africaine, par pays, 1985 et 2003 41
Fig. 3.4: Prévalence du VIH chez les 15-24 ans dans certains pays d’Afrique subsaharienne, 2001-2003 45
Fig. 3.5: Evolution de l’incidence du paludisme et distribution de moustiquaires
imprégnées d’insecticide, Erythrée (1997-2004) 52
Fig. 3.6: Changement de politique médicamenteuse antipaludique et mise en œuvre dans
la Région africaine : situation en juillet 2005 54
Fig. 4.1: Charge des maladies non transmissibles et des traumatismes, en DALY
par cause dans la Région africaine de l’OMS, estimations pour 2001 64
Fig. 5.1: Couverture de l’assainissement dans la Région africaine 86
vi
Fig. 6.1: Types d’enquêtes réalisées auprès des ménages dans la Région africaine 110
Fig. 6.2: Couverture de l’enregistrement des décès : données relatives à la mortalité
(à partir de 1995), par cause, dont dispose l’OMS 111
Fig. 6.3: Etats Membres dotés d’une politique de santé nationale officielle,
Région africaine de l’OMS 113
Fig. 6.4: Coût total de la morbidité palustre, Ghana, 2002 123
Fig. 6.5: Dépenses publiques de santé par habitant (US $), Région africaine de l’OMS, 2003 124
Tableaux
Tableau 1.1:
Charge de morbidité dans la Région africaine, 2002 8
Tableau 4.1:
Les 20 premières causes de mortalité en Afrique du Sud 66
Tableau 4.2:
Principales causes de mortalité dans la Région africaine, 2002 69
Tableau 4.3:
Ressources de santé mentale dans certains pays de la Région africaine 72
Tableau 4.4:
Approche par étapes de la lutte contre les maladies non transmissibles 78
Tableau 5.1:
Mortalité et DALY attribuables à la pollution par la fumée de combustibles
solides à l’intérieur des habitations, Région africaine, 2000 87
Tableau 6.1: Nombre d’agents de santé ayant quitté 16 pays africains pour l’étranger, 1993-2000 119
vii
Dr Luis Gomes Sambo
Directeur régional
OMS – Bureau régional de l’Afrique
La promotion de modes de vie sains et
l’éducation pour la santé peuvent beaucoup
contribuer à prévenir la maladie et les
incapacités. Nous connaissons les méthodes
de prévention, de diagnostic et de traitement
indispensables et nous savons lesquelles
donnent de bons résultats en Afrique. Nous
avons aussi les institutions nécessaires. Ce
rapport montre clairement que les systèmes
de santé sont la clé pour assurer une série de
soins essentiels. Les gouvernements africains
et leurs partenaires doivent investir
davantage pour renforcer les systèmes de
santé fragiles du continent.
Message du
Directeur régional
Chaque année, des millions d’Africains meurent de maladies que l’on sait pourtant prévenir et
soigner. Le Rapport sur la santé dans la Région africaine est d’une lecture indispensable pour qui
veut comprendre les raisons de cette situation et les solutions possibles.
La grande majorité des Africains ne bénéficient toujours pas des progrès de la recherche
médicale et de la santé publique. D’où une mortalité et une morbidité écrasantes qui font des ravages
dans les sociétés africaines. Le rapport traite du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme, des
complications de la grossesse fatales aux mères et aux enfants, mais aussi du problème moins
connu des maladies chroniques comme le diabète et l’hypertension ou d’autres maladies non
transmissibles comme les troubles mentaux et les traumatismes.
Les problèmes sont légion : systèmes de santé précaires et fragmentés, ressources insuffisantes
pour appliquer plus largement les interventions éprouvées, accès limité aux technologies et services
de santé existants, mauvaise gestion des ressources humaines, fréquentes catastrophes et situations
d’urgence d’origine naturelle ou humaine, extrême pauvreté.
Loin de s’en tenir à ce triste bilan, le rapport expose en détail certains des succès remportés dans
le domaine de la santé publique en Afrique dont d’autres parties du continent peuvent s’inspirer.
La promotion de modes de vie sains et l’éducation pour la santé peuvent beaucoup contribuer à
prévenir la maladie et les incapacités. Les solutions sont à notre portée si nous voulons soigner
les personnes atteintes du paludisme ou d’autres maladies. Nous connaissons les méthodes de
prévention, de diagnostic et de traitement indispensables et nous savons lesquelles donnent de
bons résultats en Afrique. Nous avons aussi les institutions nécessaires. L’OMS collabore sans
relâche avec les 46 Etats Membres de la Région africaine à l’instauration de systèmes de santé
performants pour améliorer l’état de santé de la population dans toute la Région.
Ce rapport montre clairement que les systèmes de santé sont la clé pour assurer une série de
soins essentiels. Les gouvernements africains et leurs partenaires doivent investir davantage pour
renforcer les systèmes de santé fragiles du continent.
Le pari pour les gouvernements africains et leurs partenaires consiste à mieux coordonner la
prestation des soins et à faire en sorte que les fonds soient utilisés de façon responsable au profit des
Africains. Au nom du Bureau régional OMS de l’Afrique, je tiens à remercier les 46 Etats Membres et
nos partenaires de la Région d’avoir autant à cœur d’améliorer l’état de santé de la population.
Dr Luis Gomes Sambo
Directeur régional de
l’OMS – Bureau régional de l’Afrique
ix
Professeur Alpha Omar Konaré,
Président de la Commission de l’Union africaine
Ce rapport rend très bien
compte de la situation sanitaire
dans la Région africaine de l’OMS,
qui compte 46 pays, tous Membres
de l’Union africaine.
La Commission de l’Union
africaine souscrit sans réserve au
principal message de ce rapport,
à savoir que les gouvernements
africains et leurs partenaires doivent
redoubler d’efforts pour instaurer des
systèmes de santé qui offrent
les prestations sanitaires essentielles
aux Africains.
Avant-propos
Président de la Commission
de l´Union africaine
Depuis quelques années, la santé publique en Afrique retient l’attention de la communauté internationale.
De nombreuses initiatives régionales et internationales ont été prises pour diminuer l’écrasante charge de
la maladie qui pèse sur les pays africains et suppléer à l’insuffisance des moyens mis en œuvre. Jamais
autant de fonds n’ont été consacrés à la santé en Afrique et, pourtant, il reste de nombreux problèmes.
Ce rapport rend très bien compte de la situation sanitaire dans la Région africaine de l’OMS,
qui compte 46 pays, tous Membres de l’Union africaine. Il permet de mieux comprendre pourquoi la
mortalité et la morbidité prématurées sont si élevées sur ce continent et de se faire une idée générale des
interventions qui donnent de bons résultats et dont il faut faire profiter tous ceux qui en ont besoin.
La Commission de l’Union africaine collabore étroitement avec le Bureau régional OMS de l’Afrique
dans plusieurs domaines de la santé publique. En mai 2006, elle a organisé, en collaboration avec des
institutions du système des Nations Unies et d’autres partenaires de développement, un sommet spécial
sur le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme à Abuja (Nigéria) pour faire le point de la situation et
déterminer comment procéder pour instaurer l’accès universel au traitement de ces maladies d’ici à 2010.
Cette année, en collaboration avec l’OMS et d’autres institutions du système des Nations Unies,
l’Union africaine a lancé une campagne de prévention du VIH/SIDA en Afrique. Nous voulons, par
des campagnes dans les médias et des campagnes d’éducation sanitaire, informer la population sur
le virus et sur la façon dont il se transmet. Nous voulons que les Africains soient plus nombreux
à se faire dépister et conseiller et nous voulons que les gouvernements mettent des services de
prévention, ainsi que le traitement antirétroviral, à la disposition de tous ceux qui en ont besoin.
La violence est un grave problème de santé publique en Afrique. Les 53 Etats Membres de
l’Union africaine ont fait de l’année 2005 l’Année africaine de la prévention de la violence, et l’Union
africaine collabore avec l’OMS à la prévention de la violence sur le continent. Elle soutient les grands
partenariats et initiatives en santé, comme le partenariat Halte à la tuberculose et la feuille de route
pour la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelles et néonatales en Afrique.
Beaucoup de progrès ont été réalisés dans le cadre de l’initiative mondiale pour l’éradication de
la poliomyélite, mais les gouvernements africains et leurs partenaires doivent faire plus d’efforts pour
maîtriser rapidement les nouvelles flambées épidémiques et, par la vaccination, maintenir un taux
élevé d’immunité dans toutes les populations. L’Union africaine collabore avec l’OMS et d’autres
partenaires à l’établissement d’un plan de préparation et d’intervention pour réduire le risque de
grippe aviaire et de pandémie de grippe humaine.
La Commission de l’Union africaine souscrit sans réserve au principal message de ce rapport, à
savoir que les gouvernements africains et leurs partenaires doivent redoubler d’efforts pour instaurer
des systèmes de santé qui offrent les prestations sanitaires essentielles aux Africains.
Professeur Alpha Omar Konaré,
Président de la Commission de l’Union africaine
xi
Résumé d’orientation
La santé des
populations
Le Rapport sur la santé dans la Région africaine paraît à point nommé à un moment
où l’Afrique retient particulièrement l’attention et où les pays de ce continent s’afff
firment de plus en plus et trouvent eux-mêmes les solutions à leurs problèmes. Il
donne un aperçu de la situation sanitaire dans les 46 Etats Membres de la Région africf
caine de l’Organisation mondiale de la Santé et fait le point sur les progrès accomplis
jusqu’à présent dans la lutte contre la maladie et la promotion de la santé. Il revient
sur les succès remportés et recense les domaines où il faudrait faire davantage pour
améliorer la santé de la population.
Le principal message du rapport est clair : les pays africains ne pourront se dévf
velopper économiquement et socialement que si la santé de la population s’améliore
nettement. On sait quelles sont les interventions sanitaires – méthodes de préventf
tion, de diagnostic et de traitement – nécessaires dans la Région. Tout le problème
pour les pays africains et leurs partenaires consiste à les mettre à la disposition de
ceux qui en ont besoin, et le meilleur moyen d’y parvenir est de créer des systèmes
de santé qui fonctionnent bien.
xiii
Chapitre 1: La santé et le développement en Afrique
Il n’y a pas de développement économique sans investissements massifs pour appliqf
quer les interventions sanitaires qui ont fait leurs preuves. Ce chapitre montre à quel
point la charge de la maladie entrave le progrès social et le développement économiqf
que dans de nombreux pays africains. Une mauvaise santé entraîne les populations
dans le cercle vicieux de la pauvreté. La pauvreté, qui compte parmi les principaux
facteurs de mauvaise santé, est à la fois la cause et la conséquence d’un mauvais état
de santé. Plusieurs études ont été réalisées pour quantifier l’impact macroéconomiqf
que de la charge de la maladie (voir le Tableau a).
Les gouvernements de la Région africaine et leurs partenaires de développement
Tableau a doivent investir davantage dans les soins de
Charge de morbidité dans la Région africaine, 2002 santé. La croissance économique rapide que
connaissent certains pays d’Afrique depuis
Charge de morbidité en années de vie corrigées de l’incapacité (DALY)* quelque temps leur en fournit l’occasion. Leurs
par cause et strate de mortalité dans la Région africaine partenaires doivent débloquer plus de fonds
Strates de mortalité pour appliquer plus largement les interventions
de santé publique éprouvées. Il faut adopter
Forte chez une nouvelle approche : les pays africains et
Forte chez l’enfant, leurs partenaires doivent s’attaquer aux causes
l’enfant, forte très forte chez sous-jacentes d’une mauvaise santé. Investir
chez l’adulte l’adulte
(000) dans la santé suppose donc d’investir dans
(000)
l’eau, l’assainissement, la protection de l’envirf
1 SIDA 14 620 49 343 ronnement, l’éducation, l’autonomisation des
femmes, la gouvernance et dans d’autres sectf
2 Paludisme 20 070 20 785
teurs apparentés.
3 Infections respiratoires 18 976 16 619 La Région africaine est en retard par rapport
à d’autres régions du monde en ce qui concernf
4 Affections périnatales 10 869 10 485 ne le développement humain. Ce retard est en
5 Diarrhée 11 548 11 689 grande partie imputable à l’écrasant fardeau que
les maladies infectieuses, et notamment le VIH/
6 Total partiel des cinq SIDA, la tuberculose et le paludisme, font peser
76 083 108 921
premières causes (1 à 5)
sur la Région. Ce chapitre décrit les conséquencf
7 Autres maladies transmissibles 39 234 41 484 ces macroéconomiques qu’ont à la fois la lourde
charge des maladies infectieuses, l’insalubrité de
8 Maladies transmissibles (6 et 7) 115 317 150 405 l’environnement, la mortalité et la morbidité de
9 Maladies non transmissibles 30 124 34 727 la mère, du nouveau-né et de l’enfant et, de plus
en plus, les maladies non transmissibles.
10 Traumatismes 14 974 15 829 Il semble cependant, d’après certains sigf
Total Total (8 à 10) 160 415 200 961 gnes positifs, que les choses changent grâce
à la détermination des Etats Membres de la
Région et de leurs partenaires à combattre la
Les Etats Membres de la Région ont été répartis en strates de mortalité en fonction du taux de mortalité des enfants de
moins de cinq ans et des hommes de 15 à 59 ans, ainsi qu’il est indiqué aux pages 174-175 du Rapport sur la santé dans pauvreté et à favoriser le développement en
le monde, 2004. mettant les questions de santé au premier rang
* Voir le glossaire. des préoccupations. Cette volonté trouve son
Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2004. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2004. expression dans des initiatives régionales commf
xiv Rapport sur la santé dans la Région africaine
me le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et les efforts
faits par le G8 et les établissements financiers d’envergure mondiale pour annuler la
dette et encourager les pays les moins avancés à consacrer les économies ainsi réalisf
sées à la santé et aux secteurs connexes. Le chapitre 1 passe en revue les initiatives
prises dernièrement pour faire baisser la mortalité et la morbidité en Afrique, soit au
niveau régional, comme la Déclaration d’Abuja, soit au niveau international, telles
que la Commission du Royaume-Uni pour l’Afrique et les objectifs du Millénaire
pour le développement (OMD). Il faut davantage encourager les pays africains à tenir
l’engagement qu’ils ont pris à Abuja de consacrer 15 % du budget national à la santé.
De même, les pays développés devraient, comme ils s’y sont engagés, allouer 0,7 %
de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide au développement. Fig. a
Les problèmes de santé publique sont énormes dans la Région africaine. Mais Mortalité des moins de cinq ans
l’engagement et la détermination des gouvernements et de leurs partenaires peuvent (nombre de décès pour 1000
en venir à bout et permettre ainsi aux pays de la Région de progresser plus rapidemf naissances vivantes) dans la
ment sur la voie des OMD. Région africaine
200 183 Point de référence
180 171 Données les plus
160 récentes
Progrès accomplis
140
120
100
Chapitre 2: La santé de la mère, du nouveau- 80
Diminution nécessaire
60
né et de l’enfant 40
pour atteindre l’objectif 61 Objectif
20
Ce chapitre décrit « l’épidémie silencieuse » qui sévit en Afrique : condamnés à un 0
sort tragique, des millions de mères, de nouveau-nés et d’enfants meurent chaque 1990 2002 2015
année de causes qui pourraient être évitées et traitées. Il fait la synthèse des tendf D’après les données du Rapport sur la santé dans
dances de la mortalité et de la morbidité des mères (pendant la grossesse et à l’accf le monde, 2005. Genève, Organisation mondiale
de la Santé, 2005.
couchement) et des enfants dans la Région africaine. Des progrès dans ce domaine
ont été faits dans les années 70 et 80 à mesure que les Etats africains mettaient en
place des systèmes de santé dispensant des soins prénatals et des soins obstétricaux Fig. b
d’urgence. Les chances de survie de l’enfant ont augmenté partout dans le monde à Mortalité maternelle (nombre de
cette période, grâce surtout à la vaccination et aux sels de réhydratation orale pour décès pour 100 000 naissances
soigner les maladies diarrhéiques. Mais depuis le début des années 90, en raison notf vivantes) dans la Région africaine
tamment de l’épidémie de VIH/SIDA et des conflits armés, il n’y a pratiquement pas 1000 Point de référence
eu de progrès en matière de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant dans de 900 870 910 Données les
plus récentes
nombreuses parties de la Région, quand la situation ne s’est pas détériorée. 800
Les efforts déployés au niveau mondial pour remédier à cette situation n’ont 700
donné que peu de résultats jusqu’à présent. Peu de pays de la Région ont des chancf 600
ces d’atteindre l’OMD 4, qui concerne la santé de l’enfant, et l’OMD 5, qui a trait 500
à la santé maternelle (voir les Figures a et b). Les obstacles et les difficultés sont 400
légion : conflits et situations d’urgence, VIH/SIDA, manque de ressources et précarité Diminution nécessaire
300 pour atteindre l’objectif
des systèmes de santé. Toutefois, les efforts consentis pour limiter les risques de la 200 228 Objectif
maternité, prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant, assurer des servicf 100
ces de planification familiale et prendre en charge les maladies de l’enfant tendent 0
aujourd’hui à s’intensifier. 1990 2000 2015
Ce chapitre donne également des exemples de réussite, notamment l’exemple D’après les données du Rapport sur la santé
dans le monde, 2005. Genève, Organisation
de pays et de districts qui sont parvenus à améliorer la santé de la mère, du mondiale de la Santé, 2005.
nouveau-né et de l’enfant. Il passe en revue les interventions éprouvées qui, comme
La santé des populations Résume d’orientation xv
la présence de personnel qualifié à l’accouchement, la vaccination et la planification
familiale, devraient être appliquées à plus grande échelle dans toute la Région. Il
faudrait en outre mieux instruire les femmes afin qu’elles jouissent d’un meilleur
statut économique et social, garant, pour elles et leur famille, d’une meilleure santé.
Les gouvernements de la Région se sont engagés à améliorer la santé des mères,
des nouveau-nés et des enfants. Ils doivent maintenant passer à l’acte en allouant
davantage de fonds à ce domaine vital et pourtant négligé de la santé publique.
Chapitre 3: Les maladies infectieuses en Afrique
Les maladies infectieuses freinent considérablement le développement humain dans
la Région africaine. Ce chapitre rappelle que les peuples d’Afrique souffrent de nombf
breuses maladies infectieuses qui peuvent être évitées et traitées. Il fait le point sur
les problèmes rencontrés dans la lutte contre les maladies infectieuses dans la Région
et montre comment certains facteurs comme le climat, la géographie et les parasites
augmentent encore la difficulté.
Le chapitre 3 rappelle les succès remportés dans la Région dans la lutte contre
des maladies infectieuses comme l’onchocercose et la lèpre, et contre des maladies
évitables par la vaccination comme la poliomyélite. Il y est question aussi des maladies
à tendance épidémique, par exemple le choléra, la méningite, la fièvre de Lassa ou la
fièvre jaune, et des maladies négligées telles que l’ulcère de Buruli et la maladie du
sommeil.
Il traite aussi en détail de trois maladies partf
Fig. c
ticulièrement préoccupantes pour la santé publiqf
Prévalence du VIH chez les 15-24 ans dans certains pays d’Afrique que, le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme,
subsaharienne, 2001-2003 qui font plus de 3 millions de victimes par an
dans la Région. La prévalence du VIH/SIDA est
20 particulièrement élevée dans les pays d’Afrique
Prévalence du VIH (%)
Hommes Femmes australe (voir la Figure c) et favorise d’autres malf
15 ladies infectieuses, la tuberculose notamment.
Malheureusement, la pénurie d’agents de santé
10 prive souvent les malades de soins.
Le chapitre 3 décrit les effets dévastateurs
5 de ces trois maladies sur la société – précarité,
appauvrissement, innombrables vies perdues
0 et baisse de la productivité – qui obligent les
Niger Mali Burundi Kenya Zambie Afrique du Zimbabwe gouvernements à leur consacrer des ressources
(2002) (2001) (2002) (2003) (2001–02) Sud (2003) (2001–02) précieuses, entraînant les pays dans un cycle
Sources : Burundi (Enquête nationale de séroprévalence de l’infection par le VIH au Burundi. Bujumbura, décembre inéluctable de pauvreté et de mauvaise santé. Il
2002). Kenya (Kenya Demographic and Health Survey 2003). Mali (Enquête démographique et de santé. Mali rappelle toutefois que le traitement antirétrovirf
2001). Niger (Enquête nationale de séroprévalence de l’infection par le VIH dans la population générale âgée de 15
ral contre le VIH/SIDA a commencé à se générf
à 49 ans au Niger (2002)). Afrique du Sud (Pettifor AE, Rees HV, Steffenson A, Hlongwa-Madikizela L, MacPhal C,
Vermaak K, Kleinschmidt I: HIV and sexual behaviour among young South Africans: a national survey of 15-24 year
raliser dans la Région ces dernières années.
olds. Johannesburg: Reproductive Health Research Unit, University of Witwatersrand (2004). Zambie (Enquête Ce chapitre expose également certaines
démographique et sanitaire 2001-2002). Zimbabwe (The Zimbabwe Young Adult Survey 2001-2002). solutions qui donnent de bons résultats dans
la Région. Les interventions de santé publique
xvi Rapport sur la santé dans la Région africaine
éprouvées comme l’accès universel aux services de dépistage du VIH et de conseil et le
traitement simplifié du VIH/SIDA doivent être appliquées plus largement.
Ces approches thérapeutiques simplifiées et économiques doivent être généralf
lisées afin d’en faire profiter tous les habitants de la Région qui en ont besoin. Des
travaux de recherche-développement s’imposent pour trouver des médicaments plus
efficaces contre la tuberculose et d’autres maladies négligées ainsi que des vaccins
contre le paludisme et le VIH. En attendant, les pays de la Région doivent promouvf
voir une sexualité à moindre risque et assurer des services plus nombreux de dépistf
tage du VIH et de conseil afin de prévenir l’infection et de juguler la pandémie de
SIDA. Volonté politique et soutien financier sont indispensables pour appliquer plus
largement les méthodes de lutte éprouvées contre chaque maladie.
Chapitre 4: Les maladies non transmissibles
en Afrique Tableau b
Principales causes de mortalité dans la Région
Alors que les maladies non transmissibles, traumatismes compris, gagnent du terrain africaine, 2002
dans la Région africaine, elles restent l’un des domaines de la santé publique les plus
négligés. Elles représentent 27 % de la charge totale de morbidité dans la Région (voir Rang Tous âges
le Tableau b), mais les pays africains et leurs partenaires n’y consacrent pas assez de
ressources. Les facteurs de risque de maladies non transmissibles chroniques comme 1 VIH/SIDA
une alimentation déséquilibrée et le manque d’exercice physique prenant de l’impf 2 Paludisme
portance dans beaucoup de pays du continent, les accidents vasculaires cérébraux,
3 Infections des voies respiratoires inférieures
le diabète, le cancer et les cardiopathies – généralement considérés comme des malf
4 Maladies diarrhéiques
ladies qui touchent essentiellement les pays industrialisés riches – deviennent plus
courants en Afrique et constituent une nouvelle menace. 5 Affections périnatales
Le chapitre 4 étudie en détail le « double fardeau » de plus en plus lourd que les 6 Maladie cérébrovasculaire
maladies infectieuses et les maladies non transmissibles font peser sur l’Afrique. Il 7 Tuberculose
aborde aussi les aspects moins connus de la morbidité sur ce continent, notamment 8 Cardiopathie ischémique
les maladies cardio-vasculaires, la malnutrition et l’obésité, le cancer, les traumatismf
9 Rougeole
mes, la cécité, les troubles mentaux, les maladies génétiques et les affections de la
cavité buccale, autant de pathologies dont la fréquence augmente. Certaines sont 10 Accidents de la route
la conséquence de maladies infectieuses, par exemple le cancer du col de l’utérus, 11 Violence
tandis que d’autres, comme le noma, sont spécifiques à la Région. 12 Coqueluche
Les besoins sont immenses concernant les maladies non transmissibles, la santé 13 Pneumopathie obstructive chronique
mentale et les traumatismes dans la Région africaine et il faut remédier à cette situatf
14 Malnutrition protéino-énergétique
tion. Les obstacles sont nombreux : manque de ressources, méconnaissance des probf
15 Néphrite et néphrose
blèmes et absence de volonté de s’y attaquer, manque de données. Les organismes
donateurs et les instituts de recherche se désintéressent eux aussi du fléau croissant 16 Syphilis
des maladies non transmissibles et des traumatismes dans la Région. 17 Fait de guerre
Ce chapitre donne un aperçu des solutions éprouvées à ces problèmes : législatf 18 Tétanos
tion et stratégies commerciales, particulièrement efficaces pour lutter contre le tabac, 19 Diabète sucré
législation en matière de santé mentale, promotion d’une alimentation et d’un mode
20 Noyades
de vie sains – solution à la fois efficace et économique – et programmes peu coûteux
de prise en charge. Source : Global Burden of Disease 2002.
La santé des populations Résume d’orientation xvii
Il faut donner la priorité à la prévention primaire des maladies non transmissibles
en s’attaquant aux facteurs de risque tels qu’une mauvaise alimentation, le manque
d’exercice physique, la consommation d’alcool et le tabagisme. La prévention secondf
daire doit consister à limiter les facteurs de risque chez les sujets atteints, en mettant
plus particulièrement l’accent sur l’obésité, l’hypertension, l’hyperglycémie et l’hypf
perlipidémie. La troisième approche est la prévention tertiaire moyennant une bonne
prise en charge clinique des maladies cardio-vasculaires, des bronchopneumopathies
chroniques obstructives, du diabète et du cancer. Des approches analogues s’imposf
sent pour la santé mentale et la santé bucco-dentaire.
Les ministères de la santé, des transports et de l’éducation, entre autres, doivf
vent ensemble prendre des mesures pour limiter le risque de traumatisme et de
maladie non transmissible, par exemple en rendant obligatoire le port de la ceinture
de sécurité et en recommandant un bon régime alimentaire. Les gouvernements, les
organisations non gouvernementales et les médias doivent aussi davantage collabf
borer entre eux.
Beaucoup de pays développés ne prennent conscience que maintenant de l’utilité
des stratégies de promotion de la santé telles que la lutte antitabac. Les pays d’Afrique
devraient tirer les leçons des erreurs des pays développés et agir avant que l’épidémie
de maladies non transmissibles ne prenne trop d’ampleur pour être maîtrisée.
Chapitre 5: La santé et l’environnement en Afrique
Les Africains sont exposés à différents risques sanitaires d’origine environnementale.
Des taux élevés de pollution de l’air (pollution atmosphérique et à l’intérieur des habf
bitations), la mauvaise qualité de l’eau, un assainissement médiocre et la préparation
des aliments dans de mauvaises conditions d’hygiène sont des problèmes courants
dans de nombreuses parties de la Région. D’autres risques sanitaires liés à l’environnf
nement apparaissent en Afrique, par exemple la dégradation des écosystèmes et le
changement climatique.
L’urbanisation rapide a contraint des millions de personnes à vivre dans des bidf
Fig. d donvilles dépourvus de services de base, tandis que les menaces quotidiennes pour la
Pourcentage de la population qui n’a santé liées à l’environnement sont encore aggravées par les conflits armés et les catastf
pas accès à des sources d’eau trophes naturelles. La pollution industrielle, la gestion des déchets solides et liquides
améliorées, Afrique subsaharienne et des déchets médicaux posent aussi un problème de plus en plus important.
Référence Ce chapitre fait la synthèse des tendances observées concernant les facteurs de
50 Données les plus risque sanitaire liés à l’environnement dans la Région et indique les initiatives prises
40 récentes
Objectif pour y remédier, tout en insistant sur les domaines où il faut intensifier l’action. Une
30
couverture plus large par les services d’assainissement et d’approvisionnement en
20 Diminution nécessaire eau propre et par les réseaux d’évacuation des déchets et des eaux usées contribuerf
10 pour atteindre l’objectif
rait beaucoup à la salubrité de l’environnement (voir la Figure d).
0
1990 2002 2015 Les gouvernements ont une tâche énorme à accomplir. La pauvreté généralisée
Source : Programme commun OMS/UNICEF de surv- empêche bien souvent les gens de faire face aux problèmes environnementaux. Pour
veillance de l’approvisionnement en eau et de l’assain- résoudre les problèmes de santé liés à l’environnement, les ministères et les organismf
nissement – Water for life: make it happen, 2005.
mes concernés doivent collaborer entre eux.
xviii Rapport sur la santé dans la Région africaine
Le chapitre 5 décrit la réussite exemplaire de communautés qui ont eu recours à
des technologies de conception locale et à des solutions innovantes à la fois efficacf
ces, économiques et durables.
Il faut appliquer à plus grande échelle les solutions durables et peu coûteuses
pour l’eau et l’assainissement. Les pays de la Région et les organisations internationalf
les doivent collaborer plus étroitement entre eux pour prévenir et résoudre les conflits.
Les gouvernements de la Région doivent aussi promouvoir la sécurité sanitaire des
aliments et l’enseignement des règles d’hygiène. Une coopération plus étroite entre les
ministères et d’autres secteurs s’impose pour rendre l’environnement plus sain.
L’OMS a plusieurs stratégies pour s’attaquer à ces problèmes. Sa stratégie concernf
Les gouvernements ont
nant la santé et l’environnement engage les gouvernements à élaborer des politiques
d’hygiène du milieu et à mieux faire prendre conscience au grand public des liens
une tâche énorme à
entre environnement et santé publique. accomplir. La pauvreté
Les programmes de gestion communautaire dirigés par l’OMS et d’autres institutf
tions ont tous donné des résultats, notamment les programmes basés sur le concept généralisée empêche
de participation à l’amélioration de l’hygiène et de l’environnement ou sur une approcf
che modulée suivant la demande, les projets d’assainissement écologique ainsi que bien souvent les gens de
le programme AFRIQUE 2000 pour l’eau et l’assainissement. En suivant l’approche
« cadres de vie sains », plusieurs pays de la Région s’attaquent pour la première fois faire face aux problèmes
à des problèmes urbains complexes, et cela de façon globale.
Les programmes de l’OMS ont pour but de favoriser l’autonomie des populations environnementaux.
et d’améliorer les conditions de vie dans la communauté et les conditions de travail
afin de limiter les facteurs de risque qui empêchent la collectivité et les individus Pour résoudre les
d’obtenir de meilleurs résultats économiques et sanitaires. De cette façon, l’OMS aide
les pays à développer leur capacité de planifier, exécuter et évaluer leurs programmes, problèmes de santé liés
évaluation sur laquelle reposeront les politiques et les plans de mise en œuvre.
à l’environnement, les
ministères et les organismes
concernés doivent
Chapitre 6: Les systèmes de santé nationaux — Le collaborer entre eux.
grand défi pour la santé publique en Afrique
L’un des grands défis dans le domaine de la santé publique en Afrique est d’instaurer
des systèmes de santé capables de dispenser des soins essentiels à la population.
Les systèmes de santé des pays de la Région africaine sont faibles et fonctionnent
mal. Plusieurs éléments sont indispensables pour qu’ils fonctionnent correctement :
agents de santé qualifiés en nombre suffisant, infrastructure et matériel de base, médf
dicaments et fournitures essentiels, systèmes de financement. Il importe également
de mettre sur pied des systèmes performants d’information sanitaire, y compris de
statistiques d’état civil, pour mesurer l’ampleur d’un problème de santé donné et
juger des mesures à prendre.
Dans ces pays, les soins sont assurés à la fois par des prestateurs publics et des
prestateurs privés, de sorte que les programmes sont « verticaux » ou ne concernf
nent qu’une seule maladie ou un seul domaine. Les fonds proviennent de différentes
sources publiques ou privées, y compris de donateurs. Certains gouvernements ont
La santé des populations Résume d’orientation xix
commencé à appliquer une approche sectorielle afin de mieux coordonner ces fonds
et de les utiliser plus rationnellement en évitant les doubles emplois.
Ce chapitre s’achève par l’un des messages clés du rapport : il est indispensable
d’instaurer des systèmes de santé qui fonctionnent bien pour faire face aux nombf
breux problèmes de santé exposés dans le rapport. Les systèmes de santé doivent en
outre être adaptés au contexte, qu’il soit urbain ou rural.
Pour renforcer les systèmes de santé, les gouvernements des Etats Membres doivf
Des systèmes de santé renff vent nouer des liens de collaboration solides avec d’autres partenaires aux niveaux
national et local, y compris le secteur privé, la société civile et les communautés.
forcés peuvent être un factf L’accès universel aux soins de santé n’est possible que si l’on généralise les intervf
ventions essentielles, entreprise difficile si les investissements restent insuffisants et
teur de stabilité sociale, de si les services essentiels ne sont pas assurés à proximité des communautés par des
systèmes de santé de district solides et efficaces. Des systèmes de santé renforcés
paix et de prospérité dans peuvent être un facteur de stabilité sociale, de paix et de prospérité dans l’ensemble
de la Région. ■
l’ensemble de la Région.
xx Rapport sur la santé dans la Région africaine
Introduction
Introduction
Il est absolument indispensable d’améliorer la santé des 738 millions
d’habitants que comptent les 46 Etats Membres de la Région africaine
de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au même titre que
l’éducation, la gestion des affaires publiques et la politique économique.
Les améliorations dans le domaine de la santé peuvent stimuler le progrès
social et la croissance économique, mais elles ne peuvent être obtenues
sans une augmentation des niveaux actuels de l’investissement en faveur
de la santé dans cette Région.
La santé des populations
L
e premier Rapport sur la santé dans la Région africaine paraît à un moment
crucial, alors que l’Afrique se trouve au centre des préoccupations. Des efforts
importants ont récemment été engagés au niveau international pour réduire la
pauvreté et atteindre d’autres objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
en Afrique. En juillet 2005, le Groupe des huit pays industrialisés (G8) a allégé la
dette des pays africains et accru l’aide qui leur est destinée. En décembre 2005, les
148 Membres de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) sont convenus d’un
ensemble de mesures commerciales et de mesures d’aide destinées à aider les pays
les plus pauvres. Il s’agit d’une première petite avancée vers l’objectif du commerce
en tant qu’aide (« trade-for-aid ») du cycle de Doha pour le développement : abolir
les tarifs douaniers pratiqués sur les produits africains et les subventions versées aux
agriculteurs dans les pays riches – deux problèmes qui font qu’il est difficile, voire
impossible, pour l’agriculture africaine d’être compétitive sur le plan international.
Le rapport montre qu’il est absolument indispensable d’améliorer la santé des
738 millions d’habitants que comptent les 46 Etats Membres de la Région africaine
de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au même titre que l’éducation, la
gestion des affaires publiques et la politique économique. Les améliorations dans le
domaine de la santé peuvent stimuler le progrès social et la croissance économique,
mais elles ne peuvent être obtenues sans une augmentation des niveaux actuels de
l’investissement en faveur de la santé dans cette Région.
La nécessité d’investir davantage en faveur de la santé n’est pas seulement un
impératif moral visant l’atténuation des souffrances et le respect du droit fondament-
tal à la santé, mais dans la situation d’interdépendance et de mondialisation qui
caractérise aujourd’hui la planète, elle s’impose aussi d’un point de vue économique
et peut contribuer à jeter les bases d’un avenir plus prospère et plus sûr pour tous.
Parallèlement, les efforts visant à améliorer la santé doivent être étroitement coord-
donnés et suivis plus qu’ils ne l’ont jamais été afin de garantir que les fonds sont
utilisés de manière optimale et dans la transparence.
Le rapport brosse un tableau d’ensemble à l’intention des gouvernements, de la
société civile et des professionnels de la santé en Afrique, ainsi que des donateurs et
d’autres membres de la communauté internationale. Il décrit l’évolution de la santé dans
la Région africaine au cours des 10 à 15 dernières années et suit les progrès – ou l’absenc-
xxiii
ce de progrès – accomplis en vue d’atteindre d’ici 2015 les objectifs du Millénaire pour le
développement liés à la santé. Il expose les principales difficultés auxquelles cette Région
se trouve confrontée dans le domaine de la santé publique de même que les initiatives et
les programmes visant à les surmonter et les succès enregistrés jusqu’ici.
Pour en arriver aux solutions décrites dans le rapport, on a pu se prévaloir des
progrès en matière de diagnostic, de traitement et de prévention des principales
maladies qui ont conduit à une amélioration de l’espérance de vie dans le reste
du monde mais dont les populations africaines n’ont pour la plupart pas encore
bénéficié. Pour pouvoir leur offrir les services fondamentaux nécessaires, il faut
mettre en œuvre les solutions et les stratégies exposées dans les pages qui suivent,
des stratégies qui ont fait leurs preuves dans cette Région et qui représentent un
investissement pour le bien-être des populations africaines.
Le point de départ de l’amélioration de la santé publique est un engagement
politique résolu de la part des Etats Membres de la Région africaine (voir carte et
définition p. xxv) et de leurs partenaires. Pour aller de l’avant, certains Etats Membres
pourraient consacrer davantage de moyens à la santé tandis que les pays donateurs
pourraient chercher les moyens d’apporter une aide qui soit à la fois plus fiable
et durable. C’est ainsi que la santé pourra jouer un rôle de pont vers la prospérité
économique dans chaque pays africain.
Les défis à relever en Afrique
Pour améliorer la santé publique en Afrique, il faut renouveler résolument les efforts
permettant de surmonter un certain nombre de difficultés auxquelles la Région
africaine se trouve confrontée.
Dès sa naissance, l’enfant africain est exposé à davantage de risques sanitaires que
l’enfant né ailleurs dans le monde. Pour lui, le risque de malnutrition dépasse 50 %
et il est également exposé à un risque élevé d’être VIH-positif à sa naissance, tandis
que le paludisme, les maladies diarrhéiques ou les maladies respiratoires aiguës sont à
l’origine de 51 % des décès. L’enfant né dans la Région africaine court aussi davantage
le risque de perdre sa mère à la suite de complications de l’accouchement ou du fait du
VIH/SIDA. Il a, à sa naissance, une espérance de vie d’à peine 47 ans, et il risque fort
pendant sa brève existence d’être, au moins une fois, victime de la sécheresse, de la
famine, des inondations, d’une situation de guerre civile ou de devenir un réfugié.
La population de la Région africaine est plus exposée à une morbidité élevée d’origine
multiple en partie à cause des caractéristiques géographiques et climatiques particulières
de cette Région. Ces facteurs expliquent par exemple que le paludisme soit plus difficile
à combattre en Afrique qu’ailleurs. Parallèlement, les maladies non transmissibles et les
accidents contribuent de plus en plus à accroître la charge de morbidité.
Le nombre de décès provoqués par le VIH/SIDA est plus élevé en Afrique que partout
ailleurs dans le monde et l’on peut faire la même constatation pour la réémergence de l’anc-
cien fléau de la tuberculose qui vient se greffer sur l’épidémie de VIH/SIDA. Aucune autre
Région n’a été exposée à tant de conflits armés ou situations d’urgence humanitaire.
La pauvreté est plus généralisée qu’ailleurs. La population de la Région africaine
représente environ 10 % de la population mondiale, mais on estime que 45 % au
moins de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de US $1
par jour. Quelque 330 millions d’habitants de la Région – un tiers des 1,1 milliard
de pauvres dans le monde – sont prisonniers du cercle vicieux de la pauvreté où les
faibles revenus des familles conduisent à une faible consommation, où les pays ont
des faibles capacités et une faible productivité. La productivité agricole est plus faible
xxiv Rapport sur la santé dans la Région africaine
qu’ailleurs dans le monde en raison d’un approvisionnement en eau irrégulier, d’une
irrigation insuffisante et de sols peu fertiles. Les coûts élevés des transports à l’intérieur
du continent en raison de l’absence de fleuves navigables et la lenteur de la diffusion
des techniques entravent également le développement.
L’inversion de tendance qui a marqué l’espérance de vie à la naissance a été plus
forte qu’ailleurs. On est passé de 45 ans en 1970 à 49,2 ans à la fin des années 80, pour
retomber à 47 ans pendant les années 90 et la première partie de la décennie suivante.
S’il n’y avait pas eu le VIH/SIDA, responsable à lui seul de la perte de six ans environ,
l’espérance de vie à la naissance en 2002 dans la Région africaine aurait été de 54 ans.
La Région africaine connaît certaines contraintes d’autres Régions. Les accords
commerciaux internationaux qui profitent aux pays plus riches empêchent les pays
pauvres d’être concurrentiels sur les marchés internationaux. Quelque 10 % à peine
des fonds affectés à la recherche-développement sur les médicaments et les vaccins
concernent les maladies responsables de 90 % de la charge de morbidité mondiale.
Le défi que doit aujourd’hui relever la santé publique dans la Région africaine
tient au fait que la plupart des maladies et des problèmes décrits dans le rapport
peuvent être évités ou soignés, ou les deux à la fois. La plupart des décès dans cette
Région pourraient être évités si l’on disposait largement des moyens fondamentaux
de soigner – vaccins, médicaments, méthodes diagnostiques – et des systèmes de
santé permettant de les mettre en pratique. Le rapport s’efforce de déterminer comm-
ment faire bouger les choses en ce sens. ■
Région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé
Le présent rapport concerne les 46
Etats Membres de la Région africaine
de l’Organisation mondiale de la Santé
������� (OMS), comme l’illustre cette carte.
Le Bureau régional OMS de l’Afrique
�������� est basé à Brazzaville (République du
���������� ���� ����� Congo). Toute référence à l’Afrique
��������
����� s’entend du continent et des îles dans
�������
������ �������
leur ensemble. Toute référence à « la
������������� ���������� �������� Région africaine » ou « la Région » est
������ ��������������
������������
à comprendre au sens de la définition
����� �������
�������
���� ����� de l’OMS.
�����
������������ ���������� ������
�������
Il est important de noter que la
������������� ������������
�������������������� �������� ���������������������������� Région africaine de l’OMS ne comprend
�������� ����� ���������� pas tous les pays du continent africain
������������������ ������
�����
������ ������� et que la Région elle-même ne se
������ ���������� limite pas à l’ensemble de l’Afrique au
������� sud du Sahara.
�������
����������
Note : La Banque mondiale divise
le continent en deux régions : Afrique
��������
�������� du Nord et Afrique subsaharienne,
�������
Région africaine de l’OMS ������ ��������� tandis que l’UNICEF le divise en trois
Pays n’appartenant pas à la �������
régions : Afrique de l’Est et Afrique
Région africaine de l’OMS australe, Afrique de l’Ouest et du Centre,
et Moyen-Orient et Afrique du Nord.
La santé des populations Introduction xxv
Chapitre 1
Chapitre 1
Messages clefs
La santé peut stimuler le progrès social et la croissance
Une mauvaise santé entraîne les populations dans le cercle vicieux de la
pauvreté
En Afrique, le lourd fardeau de la morbidité est un frein au développement
L’investissement actuel en faveur de la santé est insuffisant
Solutions
Les gouvernements africains doivent investir davantage dans la santé
Le développement de l’Afrique passe par un plus grand soutien extérieur
Il faut appliquer à une plus grande échelle les solutions sanitaires éprouvées
Une nouvelle approche doit être adoptée en s’attaquant aux causes
sous-jacentes de la mauvaise santé, telles que la pauvreté
La santé et le
développement en Afrique
Le cercle vicieux de la pauvreté et d’une
mauvaise santé
D
ans la Région africaine, la charge de morbidité, à la fois lourde et multiple, entt
trave le développement socio-économique et raccourcit l’espérance de vie. L’épidt
démie de VIH/SIDA et le retour en force du paludisme et de la tuberculose ont
fait perdre à certains pays situés au sud du Sahara les années d’espérance de vie qu’ils
avaient gagnées (voir la Figure 1.1). D’autres maladies infectieuses et de plus en plus de
maladies non transmissibles pèsent lourdement sur la Région, tandis que les complicatt
tions de la grossesse et de l’accouchement font des millions de victimes chaque année.
Les services de santé qui ont été mis en place dans les pays africains ne sont
souvent pas en mesure de faire face de manière adaptée au lourd fardeau de la morbt
bidité. Les systèmes de santé, qui sont l’image de l’état général des économies de la
Région africaine, sont fragiles. Dans beaucoup de ces pays, les frais de soins directs,
élevés par rapport au revenu des ménages, sont un important facteur de pauvreté.
Le coût du traitement contre le VIH/SIDA pour un adulte, auquel s’ajoute la perte de
revenu liée à l’absence au travail, peut faire basculer tout un ménage sous le seuil de
pauvreté. Par conséquent, de la même façon qu’un bon état de santé peut stimuler la
croissance économique, un mauvais état de santé peut entraîner une pauvreté dont
il est très difficile de sortir.
Le cercle vicieux de la pauvreté et d’une mauvaise santé s’observe dans de nombt
breux pays africains. Quelque 76 % des habitants de l’Afrique subsaharienne ont un
revenu inférieur à US $2 par jour et 46,5 % un revenu inférieur à US $1,08 par jour
(voir la Figure 1.2). Alors que, depuis 20 ans, la pauvreté recule dans d’autres parties
du monde comme l’Asie de l’Est et du Sud, la tendance est nettement inverse en
Afrique subsaharienne. Entre 1981 et 2001, le PIB des pays subsahariens a diminué
de 13 % et le nombre d’habitants de la Région vivant avec moins de US $1 par jour
a doublé, passant de 164 millions à 314 millions. Alors que les Africains représentaient
seulement 16 % des pauvres dans le monde en 1985, la proportion était passée à 31 %
La santé et le développement en Afrique
Fig. 1.1
Espérance de vie à la naissance des hommes et des femmes dans les pays, par Région de l’OMS,
en 2003
80
Espérance de vie des femmes (en années)
70
60
50
Pays d’autres Régions
Pays de la Région africaine
40
30
30 40 50 60 70 80
Espérance de vie des hommes (en années)
La Figure montre que l’espérance de vie est faible dans les pays de la Région africaine.
Source : Statistiques sanitaires mondiales 2005. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005.
en 1998 et cette tendance devrait se maintenir. On prévoit que la pauvreté reculera
au cours des 20 prochaines années partout dans le monde sauf en Afrique subsahart
rienne, où elle augmentera de façon spectaculaire.
Le VIH/SIDA et les conflits armés ont fait nettement régresser certains pays africt
cains où le développement humain était en bonne voie dans les années 70 et 80. De
surcroît, les pays de la Région continuent de pâtir d’autres situations d’urgence, de la
migration à grande échelle, de la famine et de la récession économique.
Les maladies chroniques gagnent déjà du terrain dans les pays à revenu intermt
médiaire tels que l’Afrique du Sud et le Kenya. Par ailleurs, les accidents de la route
font peser une lourde charge sur les ménages et, de ce fait, sur l’économie régionale
et nationale. C’est ainsi que les accidents de la circulation coûtent à l’économie
ougandaise environ US $101 millions par an, soit 2,3 % du produit national brut
(PNB). En outre, la santé mentale est l’un des parents pauvres de la santé publique
dans la Région africaine, alors que les problèmes de santé mentale progressent et
que les services de santé mentale font cruellement défaut dans les situations d’après-
conflit pour rétablir la stabilité dans la société. Dans de nombreux pays de la Région,
ce domaine de la santé publique requiert une plus grande attention que celle dont il
bénéficie aujourd’hui.
Rapport sur la santé dans la Région africaine
Fig. 1.2
Proportion de la population dont le revenu est inférieur à US $1,08 par jour (parité des pouvoirs d’achat en 1993)
60
50
Afrique subsaharienne
40 Asie du Sud
%
30 Moyen-Orient et Afrique du Nord
Amérique latine et Caraïbes
20
Europe orientale et Asie centrale
10
Asie de l’Est
0
1981 1984 1987 1990 1993 1996 1999 2001
Source : Chen S, Ravallion M. How have the world’s poorest fared since the early 1980s?
World Bank Policy Research Working Paper 3341. Washington, DC. Banque mondiale, juin 2004.
Ailleurs dans le monde, les deux tiers environ de la mortalité sont imputables à
des maladies non transmissibles. Mais en Afrique, d’après les estimations de 2002,
72 % des décès sont dus au VIH/SIDA, à la tuberculose, au paludisme, aux infections
respiratoires, à d’autres maladies infectieuses et aux complications de la grossesse
et de l’accouchement. Il s’agit de décès en grande partie évitables qui représentent
actuellement 23 % environ de la mortalité dans les autres Régions.
La Commission OMS Macroéconomie et Santé a démontré de façon convainct
cante que l’investissement dans la santé – en permettant d’appliquer plus largement
les interventions qui s’avèrent à la fois efficaces et économiques – est un important
moteur de la croissance économique. Plus qu’aucune autre, la Région africaine profitt
terait beaucoup d’un investissement dans la santé. Malgré une croissance rapide, les
économies africaines ne se développent pas assez vite pour atteindre les objectifs du
Millénaire pour le développement (OMD). Selon le Fonds monétaire international, il
faudra une croissance économique annuelle de 7 % dans les pays subsahariens au
cours des dix prochaines années pour atteindre le premier objectif du Millénaire pour
le développement, c’est-à-dire diminuer de moitié la pauvreté d’ici 2015 (voir l’Encadt
dré 1.1). Au taux de croissance actuel, certains pays y parviendront peut-être mais
beaucoup échoueront. La croissance économique et un plus grand investissement
dans la santé ne suffiront pas à eux seuls à aider les pays à obtenir les améliorations
prévues par les OMD. Il faut déployer de nouveaux efforts pour obtenir plus de paix
et de sécurité, une bonne gestion des affaires publiques, l’égalité hommes-femmes et
une gestion durable de l’environnement.
La santé et le développement en Afrique Chapitre 1
Encadré 1.1
Réalisation de l’OMD 1 : Pauvreté
L’OMD 1 consiste à réduire de moitié, d’ici 2015, le nombre de
personnes dont le revenu était inférieur à US $1 par jour en 1990. Proportion de la population dont le
La proportion et le nombre de pauvres ont augmenté dans les revenu est inférieur à US $1 par jour
années 90, et c’est en Afrique subsaharienne que vit la majeure (Afrique subsaharienne)
partie de la population dont le revenu est inférieur à US $1 par
jour. D’après les prévisions des économistes de la Banque mond-
diale, la croissance économique entre 2006 et 2015 devrait stopp- 50 48 Point de référence
46 Données les plus
per le déclin à long terme de cette région, mais restera bien insuff- 40 récentes
30 24 Objectif
fisante pour réduire la pauvreté de moitié par rapport à 1990.
%
Les économistes de la Banque mondiale constatent 20 Diminution nécessaire
cependant que quelques pays, dont le Ghana et l’Ouganda, pour atteindre l’objectif
10
ont une croissance remarquable et sont parvenus dans une 0
certaine mesure à réduire la pauvreté et à progresser sur la 1990 2002 2015
voie de la réalisation d’autres OMD. D’après eux, certains
Source : Banque mondiale.
éléments indiquent que le Cameroun avance sur la voie de la
réduction de la pauvreté.
Certains pays de la Région africaine ne sont pas loin des objectifs fixés par
les OMD et pourraient atteindre le taux de croissance requis si on apportait, de
l’étranger, un soutien accru à leur développement. En 2004, les pays subsahariens
ont enregistré leurs meilleurs résultats économiques depuis des années : un taux de
croissance moyen de 5 % du produit intérieur brut (PIB) en termes réels et un taux
moyen d’inflation inférieur à 10 % pour la première fois en 25 ans. Les producteurs
de pétrole comme le Nigéria et la Guinée équatoriale ainsi que les pays qui sortent
d’un conflit, tels le Burundi et la Sierra Leone, enregistrent depuis quelques années
une croissance rapide, quoique souvent sporadique. La croissance économique n’a
pas systématiquement entraîné une amélioration de la santé publique dans la Région
africaine. Les taux de croissance actuels offrent la possibilité aux gouvernements
africains d’investir davantage en faveur de la santé, investissement qui conduira à une
plus grande stabilité socio-économique.
Accroître l’investissement dans la santé publique peut permettre de réduire le
fardeau que représentent les maladies pouvant être prévenues et soignées qui – au
niveau macroéconomique – peuvent être un frein à la croissance des économies
nationales et – à un niveau microéconomique – une ponction sur les revenus des
ménages et des individus.
La santé doit par conséquent être au centre de tout projet cohérent pour le
développement de l’Afrique, tandis que l’accroissement des investissements dans le
domaine de la santé doit aussi porter sur les secteurs liés à la santé, tels que l’eau et
l’assainissement, l’éducation et la protection de l’environnement (voir la Figure 1.3).
Placer la santé dans le contexte du développement
Les spécialistes du développement considèrent depuis longtemps la santé comme un
but moral et social important. La santé, tout comme l’éducation, la croissance économt
mique et la bonne gestion des affaires publiques, fait partie des éléments fondamentaux
Rapport sur la santé dans la Région africaine
Fig. 1.3
Les investissements dans la santé contribuent au développement économique
Amélioration de la
productivité de la
main-d’œuvre
Niveau
d’instruction
plus élevé
Investissem- Amélioration Amélioration
ment dans la de l’état Epargne et de la croissance
santé sanitaire investissement économique
plus importants
Bénéfice démograp-
phique : rapport de
dépendance économ-
mique plus faible
Source : Adapté de Saunders MK, Gadhia R, Connor C. Investments in health contribute to economic development. Editeur : Partners for Health
Reformplus (PHRplus). Disponible à l’adresse suivante : http://www.phrplus.org/Pubs/sp12.pdf.
d’une bonne stratégie de développement. Forme de capital humain, elle est indispenst
sable pour que la société soit productive. Qui plus est, le projet des OMD des Nations
Unies souscrit pleinement à ce rôle central de la santé dans le développement.
Plusieurs études ont été faites pour mesurer les conséquences macroéconomiques de
la charge de morbidité (voir le Tableau 1.1). La prévalence du VIH/SIDA chez les adultes
âgés de 15 à 49 ans est estimée à près de 7,2 % dans la Région africaine alors qu’elle est
en moyenne inférieure à 1 % dans toutes les autres Régions de l’OMS. De l’avis général, le
VIH/SIDA a eu des conséquences économiques et sociales dévastatrices dans la Région
africaine. L’épidémie a décimé la main-d’œuvre dans de nombreux pays tandis que les dépt
penses nécessaires pour subvenir aux besoins d’une génération toujours plus nombreuse
d’orphelins du SIDA peuvent réduire la croissance du PIB à long terme de 1 à 1,5 % dans
les pays à forte prévalence du VIH/SIDA, comme l’Afrique du Sud et le Kenya.
Ravivé par le VIH/SIDA, l’ancien fléau de la tuberculose fait un retour en force
dans de nombreuses parties du monde. L’Afrique australe est maintenant l’épicentre
de la double épidémie. Les deux maladies causent des souffrances humaines indicibt
bles, diminuent le revenu des ménages et, partant, freinent la croissance économique
des pays d’Afrique australe. On dit du paludisme que c’est une maladie africaine, car
90 % des cas se produisent sur ce continent. D’après les estimations, la croissance
économique annuelle des pays d’endémie palustre accuse un retard de 1,3 % par rappt
port à celle des pays comparables où la maladie n’est pas endémique ; en Afrique, la
perte de productivité et le coût du traitement se montent à US $12 milliards par an.
La santé et le développement en Afrique Chapitre 1
Initiatives en faveur du développement en Afrique
De nombreuses initiatives régionales et internationales ont été prises en faveur
du développement en Afrique. Certaines concernaient exclusivement la santé,
d’autres étaient aussi axées sur l’éducation, la gestion des affaires publiques et
une bonne politique économique. Ces dernières années, tant les gouvernements
africains que les donateurs se sont engagés, à consacrer davantage de fonds à la
santé et au développement.
Réunis à Abuja (Nigéria) en 2001, les gouvernements africains ont pris l’engagemt
ment de consacrer 15 % de leur budget national annuel à la santé. L’année suivante,
l’Organisation des Nations Unies a demandé aux pays développés d’augmenter leur
aide au développement et de la porter à 0,7 % de leur PIB d’ici 2015. Les pays europt
péens s’y sont engagés, mais seuls quelques-uns l’ont fait jusqu’à présent. Au début
de 2006, le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède avaient
honoré leur engagement.
L’annulation de la dette consentie en 2005 par les pays industrialisés du G8
à 23 pays africains offre à ceux-ci l’occasion d’investir davantage dans le domaine
Tableau 1.1 de la santé ainsi que dans l’approvisionnement
Charge de morbidité dans la Région africaine, 2002 en eau, l’assainissement et l’éducation. A la
suite des engagements pris par certains gouvernt
Charge de morbidité en années de vie corrigées de l’incapacité (DALY)* nements africains d’investir davantage dans le
par cause et strate de mortalité dans la Région africaine
secteur de la santé et les secteurs apparentés,
Strates de mortalité il convient de mettre en place des mécanismes
pour contrôler les dépenses. On trouvera ci-
Forte chez l’enfant, Forte chez l’enfant,
forte chez l’adulte très forte chez l’adulte après quelques-unes des principales initiatives
(000) (000) régionales et internationales visant à promouvt
voir le développement en Afrique.
1 SIDA 14 620 49 343
2 Paludisme 20 070 20 785 La déclaration d’Abuja
3 Infections respiratoires 18 976 16 619 Réunis à Abuja (Nigéria) en avril 2001, les dirigt
geants des pays africains ont déclaré que la pandt
4 Affections périnatales 10 869 10 485
démie de VIH/SIDA constituait un état d’urgence
5 Diarrhée 11 548 11 689 sur le continent. Ils se sont dits convaincus que
« maîtriser et vaincre l’épidémie du VIH/SIDA, de
6 Total partiel des cinq la tuberculose et des autres maladies infectieust
premières causes (1 à 5) 76 083 108 921
ses » devront constituer leur « priorité majeure
7 Autres maladies transmissibles 39 234 41 484 pendant le premier quart du XXIe siècle ». Ils ont
déclaré en outre que la lutte contre ces épidémt
8 Maladies transmissibles (6 et 7) 115 317 150 405 mies faisait partie intégrante de la réduction de la
9 Maladies non transmissibles 30 124 34 727 pauvreté, du développement, de la paix et de la
sécurité, et que la lutte contre le VIH/SIDA était
10 Traumatismes 14 974 15 829 la question la plus prioritaire de leurs plans nationt
Total Total (8 à 10) 160 415 200 961 naux de développement. Dans leur déclaration,
les gouvernements des pays africains demandent
également la levée de tous les obstacles tarifaires
Les Etats Membres de la Région ont été répartis en strates de mortalité en fonction du taux de mortalité des enfants de
moins de cinq ans et des hommes de 15 à 59 ans, ainsi qu’il est indiqué aux pages 174-175 du Rapport sur la santé dans et économiques au financement du traitement et
le monde, 2004. des médicaments contre le SIDA. De leur côté,
* Voir le glossaire. ils s’engagent à consacrer au moins 15 % de leur
Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2004. Genève : Organisation mondiale de la Santé, 2004. budget annuel à la santé.
Rapport sur la santé dans la Région africaine
Le NEPAD
Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a été créé en
2001 par l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) pour résorber la pauvreté en Afriqt
que, promouvoir une croissance et un développement durables, aider les pays africt
cains à participer plus activement à l’économie mondiale et améliorer le statut de la
femme dans la société africaine.
Dans la stratégie sanitaire qu’ils ont rédigée en 2002, les gouvernements africt
cains du NEPAD dénoncent la lourde charge des maladies qui causent de nombt
breux décès et des souffrances indicibles, alors qu’elles pourraient être prévenues
et soignées. D’après le NEPAD, la charge de morbidité en Afrique continue de faire
obstacle au développement économique et détériore le tissu social sur le continent.
Le NEPAD reconnaît qu’il est essentiel d’instaurer des systèmes de santé et de les
renforcer pour améliorer la situation sanitaire en Afrique, mais aussi que les services
de soins de santé ne sont pas assez financés. La stratégie sanitaire du NEPAD engage
les gouvernements africains à tenir la promesse qu’ils ont faite de consacrer 15 % de
leur budget national annuel à la santé.
Le NEPAD reconnaît qu’il
Selon le NEPAD, la paix et la sécurité sont essentielles pour le développement et il
reconnaît l’effet dévastateur des conflits sur la santé et le développement humains.
est essentiel d’instaurer des
systèmes de santé et de les
La Commission du Royaume-Uni pour l’Afrique
Selon un rapport publié par la Commission du Royaume-Uni pour l’Afrique en mars
renforcer pour améliorer
2005, l’Afrique et ses partenaires ont maintenant une occasion unique de promouvt
voir le développement socio-économique sur le continent. La Commission estime
la situation sanitaire en
que l’Afrique doit stimuler son propre développement, ce qu’elle fait déjà grâce à
l’Union africaine et au NEPAD. Elle soutient qu’il est dans l’intérêt des pays riches
Afrique.
d’aider l’Afrique à se développer, afin que le monde soit plus prospère et plus sûr.
Mandatée pour un an par le Royaume-Uni et principalement composée de dirt
rigeants politiques, de fonctionnaires et d’entrepreneurs africains, la Commission a
procédé à une vaste consultation. Elle préconise d’investir davantage dans l’éducatt
tion et la reconstruction des systèmes de santé. Elle reconnaît que, pour y parvenir,
la priorité en matière de soins doit consister à développer les services pour faire face
à la tragédie du VIH/SIDA.
Dans son rapport, elle estime que le climat doit être plus favorable à l’investisst
sement pour stimuler les économies africaines et résorber la pauvreté, et que l’élan
pourrait être donné par des partenariats plus puissants entre les secteurs public
et privé. Elle suggère en outre que les donateurs investissent deux fois plus dans
l’infrastructure (développement rural et amélioration des logements insalubres) afin
que les habitants les plus pauvres du continent africain puissent participer à la
croissance économique. Il faut, selon elle, limiter au maximum la corruption, la
bureaucratie, les formalités et les droits de douane pour faciliter des échanges entre
les pays africains.
Les objectifs du Millénaire pour le développement
En 2000, Les Etats Membres des Nations Unies sont convenus d’œuvrer pour la réalt
lisation des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Ces objectifs
définissent un certain nombre de cibles à atteindre d’ici 2015. Parmi celles-ci figurent
la réduction de moitié de l’extrême pauvreté et l’éducation primaire pour tous. Dans
La santé et le développement en Afrique Chapitre 1
le domaine de la santé, les objectifs sont de réduire de deux tiers le taux de mortalité
des enfants de moins de cinq ans et de trois quarts le taux de mortalité maternelle,
et d’inverser la tendance actuelle pour l’épidémie de VIH/SIDA, le paludisme, la tubt
berculose et d’autres maladies infectieuses. Le projet des OMD a donné un nouvel
élan aux efforts mondiaux visant à répondre aux besoins des populations les plus
défavorisées.
L’Organisation des Nations Unies a publié en 2005 un rapport qui distingue
quatre grandes raisons pour lesquelles les Régions ne progressent pas assez vite sur
la voie de la réalisation des OMD. La première est la mauvaise gestion des affaires
publiques. La deuxième, le cercle vicieux de la pauvreté, surtout dans la Région africt
caine. La troisième, l’existence de poches de pauvreté dans les pays. Et la quatrième
est l’indifférence politique. Dans le rapport, il est recommandé à tous les gouvernt
nements d’adopter et de mettre en œuvre une stratégie nationale, avec le concours
d’organisations et de donateurs bilatéraux et multilatéraux, pour aider chaque pays à
atteindre les objectifs.
Le Sommet 2005 du G8
Réuni au Sommet de Gleneagles (Ecosse) en juillet 2005, le Groupe des huit pays
industrialisés (G8) est convenu d’annuler la dette de 18 des pays africains les plus
pauvres et d’accroître l’aide aux pays en développement de US $50 milliards. Parmi
ceux-ci, 23 sont situés en Afrique. Le G8 a déploré le recul de l’espérance de vie en
Afrique et s’est engagé à continuer à appuyer les stratégies africaines visant à améliorer
la santé, l’éducation et la sécurité alimentaire. Il s’est aussi engagé à soutenir l’investt
tissement destiné à améliorer les systèmes de santé, y compris à former et retenir
les personnels de santé pour lutter
Encadré 1.2 contre les principales maladies qui
frappent l’Afrique, telles que le
L’OMD 8 : Un partenariat mondial pour le développement VIH/SIDA, le paludisme, la tuberct
culose, la poliomyélite et d’autres
L’objectif 8 consiste à mettre en place au niveau dette. Trente-quatre des quarante deux pays visés
international un système commercial et financier par l’initiative en faveur des nations lourdement end- maladies négligées. Le G8 a promis
plus équitable qui donne plus de chances aux pays dettées se situent dans la Région africaine. Les pays d’apporter son soutien aux investt
pauvres. Sa réalisation suppose un développement donateurs ont également accepté d’harmoniser leur tissements dans le domaine de
durable, l’emploi des jeunes ainsi qu’un accès plus aide et de respecter les priorités de développement l’approvisionnement en eau et de
large aux médicaments essentiels et aux technolog- des pays bénéficiaires. Mais l’aide publique au dév- l’assainissement et aux programmt
gies de communication dans les pays en développem- veloppement a diminué en Afrique subsaharienne, mes d’ensemble pour la sécurité
ment. Les progrès dans ce domaine dépendent non passant de US $34 par habitant en 1990 à US $21
alimentaire et la prévention de la
seulement des pays en développement eux mêmes, en 2001. L’objectif 8 rappelle aux pays riches qu’ils
mais aussi des décisions politiques des pays riches, se sont engagés à consacrer 0,7 % de leur revenu famine. Il s’est également engagé à
par exemple l’allègement de la dette, l’augmentation annuel à l’aide extérieure. Au début de 2006, seuls aider les pays africains à renforcer
de l’aide, la levée des restrictions au commerce et le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-
l’assouplissement de la protection par les brevets Bas et la Suède avaient honoré cet engagement.
des technologies permettant de sauver des vies. Des Toutefois, l’augmentation de l’aide ne permettra de
progrès ont été accomplis dans ces domaines. C’est progresser sur la voie de la réalisation des autres obj-
ainsi que le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le jectifs que si les pays bénéficiaires gèrent mieux les
Mozambique, l’Ouganda et la République-Unie de affaires publiques et s’engagent à mener une politiq-
Tanzanie ont bénéficié d’un allègement partiel de la que de lutte contre la pauvreté.
10 Rapport sur la santé dans la Région africaine
la paix et la sécurité, à favoriser une bonne gestion des affaires publiques, à investir
dans le capital humain et à promouvoir la croissance et le développement.
Conclusion : faire bouger les choses
Que faut-il faire pour que le développement de la santé dans la Région africaine rempt
plisse son rôle légitime dans les efforts de développement faits au niveau national ?
La réponse se trouve dans les interventions sanitaires qui ont fait leurs preuves grâct
ce auxquelles les femmes peuvent accoucher dans de bonnes conditions, on peut
traiter les maladies respiratoires et diarrhéiques aiguës, prévenir la transmission du
VIH et éviter les décès précoces par SIDA. Il existe des méthodes éprouvées pour
se prémunir contre le paludisme et traiter la tuberculose. D’après les résultats d’une
expérience de santé publique menée en Tanzanie (Essential Health Interventions Projt
ject – TEHIP), il semble possible d’améliorer considérablement la santé de la mère,
du nouveau-né et de l’enfant sans grosses dépenses supplémentaires. Grâce à des
services de planification familiale, à une forte volonté politique de lutter contre le
VIH/SIDA, à la promotion de la santé, à l’éducation en matière de santé publique et
à un enregistrement correct des statistiques pour suivre l’évolution des indicateurs
sanitaires, Maurice peut se targuer d’avoir certains des meilleurs indicateurs de la
Région en matière de santé génésique.
Les gouvernements africains peuvent éviter en partie les maladies non transmissibt
bles auxquelles les pays développés riches sont aujourd’hui confrontés. Même si l’attentt
tion se porte avant tout sur les maladies qui font le plus de victimes, il faut s’appliquer à
moderniser les méthodes de lutte contre les maladies négligées qui, comme la maladie
du sommeil, entravent elles aussi le développement des pays africains.
Certains pays concilient déjà santé publique et intérêts économiques pour remédt
dier à la pénurie de médicaments essentiels ; d’autres pourraient suivre leur exemple.
Ainsi, certains pays africains ont déjà recours à de nouvelles méthodes pour se
procurer les médicaments à prix réduits, notamment en négociant des prix peu élevés
pour les antirétroviraux sous brevet pour le traitement du VIH/
SIDA. D’autres pays espèrent acheter des antirétroviraux gént
nériques meilleur marché à d’autres pays en développement,
en faisant usage d’une dérogation aux règles commerciales
internationales accordée aux pays pauvres qui a été définitivemt
ment entérinée lors d’une réunion de l’OMC tenue en décembt
bre 2005. Les agriculteurs de la République-Unie de Tanzanie
cultivent l’Artemisia annua afin d’améliorer l’approvisionnemt
ment du pays en médicaments antipaludiques.
Il est indispensable de donner plus de pouvoir aux femmes
pour sortir les pays de la pauvreté et améliorer l’état de santé
des peuples de la Région. Les systèmes de santé ne peuvent
fonctionner sans un personnel soignant qualifié en nombre
OMS/H. Anenden
suffisant. La réforme du développement a plus de chances de
réussir et d’aboutir, par exemple, à un usage plus responsable
de l’aide reçue si elle est axée sur les priorités locales.
La santé et le développement en Afrique Chapitre 1 11
Par un effort concerté de plus en plus dynamique, les gouvernements africains et
leurs partenaires entendent amener les changements qui feront avancer la Région sur
la voie de la réalisation des OMD (voir l’Encadré 1.2). Il y a cinq conditions au succès.
Premièrement, une volonté et un engagement politiques plus forts sont indispensables
pour garantir que les solutions seront mises en œuvre. Deuxièmement, les pays
africains doivent consacrer un plus fort pourcentage de leur budget national à la santé
Pour que la Région et leurs partenaires doivent augmenter leur aide à l’Afrique pour combler le manque
de ressources financières. Troisièmement, pour utiliser cette aide supplémentaire des
africaine connaisse paix donateurs à bon escient et en tirer pleinement parti, les pays africains doivent bien
la gérer. Quatrièmement, le personnel soignant doit être en nombre suffisant dans
et prospérité, et réussisse toute la Région pour assurer les soins, et les gouvernements et leurs partenaires
doivent mettre en place des programmes appropriés pour mieux le former, le retenir
à obtenir la santé pour et l’employer. Enfin, les gouvernements et leurs partenaires, aux niveaux national et
international, doivent traduire en actes les bonnes politiques.
tous, les pays africains et Pour que la Région africaine connaisse paix et prospérité, et réussisse à obtenir la
santé pour tous, les pays africains et leurs partenaires doivent appliquer dès maintenant
leurs partenaires doivent les nombreuses solutions connues. Il faut concevoir les choses différemment : tout
en assurant les interventions nécessaires pour prévenir et soigner les maladies, les
appliquer dès maintenant gouvernements doivent aussi modifier leurs orientations pour s’attaquer aux facteurs
sous jacents qui sont déterminants pour la santé, tels que la pauvreté et l’éducation.
les nombreuses solutions L’ampleur de la mortalité et de la morbidité dont le présent rapport fait état suffit
à faire comprendre le défi que le développement représente pour l’Afrique. Il ne faut
connues. pas y voir simplement un constat désespérant ou une litanie pathétique. Les solutions
aux problèmes de la Région africaine existent sur le continent même. C’est grâce aux
partenariats et à force de volonté politique que l’Afrique vaincra ses difficultés. ■
12 Rapport sur la santé dans la Région africaine
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diale ; 2004. Disponible à l’adresse suivante : http://siteresources.worldbank.org/INTHIVAIDS/Resources/375798-
1103037153392/ReachingOuttoAfricasOrphans.pdf.
14 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Chapitre 2
Chapitre 2
Messages clefs
Des millions de femmes, de nouveau-nés et d’enfants meurent
tous les ans en Afrique inutilement
Ces décès ont pour la plupart des causes évitables et curables
L’amélioration de la santé maternelle, néonatale et infantile a
été minime voire nulle au cours des 20 dernières années
Il faut redoubler d’efforts au niveau mondial pour remédier à
la situation
Solutions
Les gouvernements africains doivent se mobiliser davantage
pour sauver ces vies
Il faut allouer des fonds à ce domaine de la santé publique
Appliquer à plus grande échelle les solutions de santé publique
testées et éprouvées
Eduquer les femmes et améliorer leur situation économique et
sociale
La santé de la mère, du
nouveau-né et de l’enfant
Epidémie « silencieuse » en Afrique
D
es millions de femmes, de nouveau-nés et d’enfants d’Afrique meurent tous
les ans de causes évitables. Un nombre plus grand encore souffre de mauvaise
santé ou d’incapacité liée à la grossesse et à l’accouchement. Non seulement
les femmes africaines risquent de mourir en donnant la vie, mais leur progéniture a les
plus petites chances de survie du monde. C’est l’ampleur même de la mortalité, de la
morbidité et de l’incapacité qui constitue l’« épidémie silencieuse » de l’Afrique. Un eng-
gagement politique de haut niveau est essentiel mais insuffisant pour changer le cours
de la vie de ces millions de personnes. Il faut redoubler d’efforts pour sauver ces vies.
Un effort concerté est en cours pour remédier à la situation. Le Rapport sur la
santé dans le monde, 2005 – Donnons sa chance à chaque mère et à chaque enfant
et la Journée mondiale de la Santé 2005 ont été consacrés à la santé de la mère et de
l’enfant. Tant le Rapport que la Journée sont axés sur la tragédie que représente le déc-
cès, dû à des causes évitables et curables, d’un si grand nombre de mères, de nouveau
nés et d’enfants. Les 46 pays de la Région africaine ont adopté en 2004 une stratégie
intitulée « la feuille de route » pour accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire
pour le développement (OMD) relatifs à la santé maternelle et néonatale en Afrique.
La Région fait aussi des progrès en ce qui concerne la mise en œuvre de la prise en
charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) pour améliorer la santé de l’enfant.
Près de 20 ans après le lancement d’une grande campagne mondiale, l’initiative
Pour la maternité sans risque, il y a des poches d’amélioration de la santé des mères,
des nouveau-nés et des enfants dans la Région africaine mais aucune diminution
générale de la mortalité et de la morbidité liées à la grossesse et à l’accouchement.
Dans les années 90, les pays qui payaient le plus lourd tribut en matière de morb-
bidité et de mortalité de la mère, du nouveau-né et de l’enfant faisaient le moins de
progrès sur ces deux plans tandis que les avancées de certains pays tels que l’Afrique
du Sud, le Botswana et la Zambie étaient contrariées par la propagation du VIH/SIDA.
En 1960, les pays de la Région africaine représentaient 14 % de la mortalité des enfants
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant 17
Encadré 2.1
Atteindre l’OMD 4 : Santé de l’enfant
L’OMD 4, relatif à la santé de l’enfant, fixe une
de moins de cinq ans sur le plan mondial. En 1980, la proportion était de
cible, à savoir réduire de deux tiers, entre 1990 et
2015, le taux de mortalité des enfants de moins 23 % et, en 2003, elle était passée à 43 %.
de cinq ans. L’objectif de la santé de l’enfant est Quelques pays de la Région africaine tels que le Cap-Vert, Maurice
mesuré par trois indicateurs : le taux de mortall et les Seychelles ont des taux de mortalité de la mère, du nouveau-né
lité des moins de cinq ans, le taux de mortalité et de l’enfant très faibles, comparables à ceux des pays industrialisés.
infantile, et la proportion d’enfants âgés d’un an Si l’on veut améliorer la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant
vaccinés contre la rougeole. La mortalité des enfl dans la Région, il faut reproduire ces succès là où c’est possible et revit-
fants de moins de cinq ans a légèrement reculé
dans les pays d’Afrique subsaharienne, selon la taliser les systèmes de santé primaires de ces pays pour qu’ils puissent
Banque mondiale. Le Rapport sur la santé dans administrer des soins et des traitements essentiels.
le monde, 2005 a montré que la mortalité de
l’enfant avait augmenté dans les 10 pays suivl
vants de la Région : Afrique du Sud, Botswana, Objectifs pour le développement en matière
Cameroun, Côte d’Ivoire, Kenya, République- de santé de la mère et de l’enfant
Unie de Tanzanie, Rwanda, Swaziland, Zambie
et Zimbabwe. Il est peu probable que ces pays Compte tenu de l’importance de la santé de la mère et de l’enfant, un
atteignent l’objectif de la santé de l’enfant. OMD a été consacré à chacun des deux éléments. Pour de nombreux
pays africains, un long chemin reste à parcourir avant d’atteindre l’OMD
Mortalité des moins de cinq ans (nombb 4 en matière de santé de l’enfant (voir l’Encadré 2.1 et la Figure) et
bre de décès pour 1000 naissances l’OMD 5 relatif à la santé maternelle (voir l’Encadré 2.2 et la Figure).
vivantes) dans la Région africaine En 2000, lorsque les Etats Membres de l’Organisation des Nations
200 183 Point de référence Unies ont adopté à l’unanimité la Déclaration du Millénaire en se mett-
180 171 Données les
tant d’accord sur huit OMD, certains pays de la Région africaine se sont
160 plus récentes retrouvés confrontés à une tâche énorme, à savoir rattraper les niveaux
Progrès accomplis de 1990 avant de pouvoir envisager de les dépasser. Si certains pays de
140
120 la Région ont encore du mal à rattraper leur niveau de 1990 en matière
100 de santé de la mère et de l’enfant, c’est essentiellement à cause du VIH/
80 Diminution nécessaire SIDA qui a anéanti les progrès faits dans les années 70 et 80.
60 pour atteindre l’objectif
61 Objectif
40 Mères : causes et nombre des décès
20
0 Les principales causes de décès maternels sont des saignements import-
1990 2002 2015 tants (hémorragies), l’infection (septicémie), l’éclampsie, la dystocie et
D’après les données du Rapport sur la santé dans l’avortement non médicalisé, mais un nombre croissant de mères de
le monde, 2005. Genève, Organisation mondiale de
la Santé, 2005. cette Région meurent de causes indirectes telles que le VIH/SIDA, la
tuberculose, le paludisme et l’anémie (voir la Figure 2.1).
Sur les 20 pays qui ont le taux de mortalité maternelle le plus élevé
Fig. 2.1 du monde, 19 se trouvent en Afrique et un – l’Afghanistan – en Asie. La
Causes de mortalité maternelle dans la Région africaine
Région africaine représente environ un dixième de la population mond-
diale et 20 % des naissances dans le monde et, pourtant, la moitié des
Causes indirectes Hémorragie grave
20% 24% décès maternels liés à la grossesse et à l’accouchement au niveau mond-
Autres causes
dial se produisent dans cette Région (voir la Figure 2.2).
directes Les complications liées à la grossesse et à l’accouchement sont la
8%
deuxième cause, par ordre d’importance, de décès et d’incapacités des
femmes âgées de 15 à 49 ans dans la Région en 2002, avec environ
Dystocie Infections
8% 15%
231 000 décès selon les données de l’OMS. La cause principale est le
VIH/SIDA avec 866 000 décès. Non seulement cela représente une trag-
Eclampsie gédie personnelle pour les enfants et les familles concernés, mais le déc-
Avortement
12%
non médicalisé cès d’un nombre aussi important de mères à l’occasion de la grossesse
13% et de l’accouchement est une catastrophe pour les communautés et un
Source : African health monitor 2004; Vol. 5(1).
obstacle majeur au développement socio-économique du pays.
18 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Encadré 2.2
Atteindre l’OMD 5 : Santé maternelle
Durant les années 70 et 80, la mortalité maternelle a baissé dans L’OMD 5, relatif à la santé maternelle, consiste à réduire
la Région, car les pays ont commencé à mettre en place des soins de de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité
santé primaires, et notamment des services de soins prénatals ainsi que maternelle. La santé maternelle est mesurée par deux
des soins obstétricaux d’urgence. Des millions de vies supplémentaires indicateurs : le taux de mortalité maternelle (TMM), qui
est le nombre de décès maternels pour 100 000 naissl
pourraient être sauvées pour peu que les systèmes de santé soient en
sances vivantes, et la proportion moyenne des accoucl
mesure de mettre des services de qualité à la portée de tous ceux qui en chements pratiqués par du personnel qualifié. Les différl
ont besoin. Il est cependant manifeste que la mortalité maternelle dans rentes valeurs du TMM pour 1990 et 2000 sont dues à
la Région a à peine régressé au cours des 15 dernières années. De nomb- des différences de méthode et non à une augmentation
breuses femmes y sont plus exposées au risque de décès à la suite de la du taux depuis 1990. Les estimations pour 1990 et 2000
grossesse ou de l’accouchement qu’il y a 15 ans. Une femme qui vit en donnent à penser que les taux de mortalité maternelle
Afrique subsaharienne risque de mourir de causes liées à la grossesse dans la Région africaine ont très peu changé.
ou à l’accouchement dans une proportion de 1 à 16 alors que, dans les
pays développés, la proportion est de 1 à 2800. Mortalité maternelle (nombre de décès
Les femmes africaines risquent davantage que les autres de souffrir pour 100 000 naissances vivantes) dans la
de complications incapacitantes liées à la grossesse et à l’accouchem- Région africaine
ment. Une étude menée en Afrique de l’Ouest a révélé que pour chaque 1000 Point de référence
910 Données les
décès maternel, on compte 30 autres femmes susceptibles de souffrir 900 870 plus récentes
d’incapacités durables dues à des affections diverses, telles que l’anémie 800
chronique, la stérilité et les fistules obstétricales. 700
Des pratiques traditionnelles néfastes telles que les mutilations gén- 600
nitales féminines et les tabous en matière de nutrition contribuent aussi 500
à une mauvaise santé maternelle. La mutilation génitale féminine, soit 400
Diminution nécessaire
l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme, 300 pour atteindre l’objectif
est pratiquée dans 27 des 46 Etats Membres de la Région. 200 228 Objectif
100
0
Nouveau-nés : causes et nombre des décès 1990 2000 2015
D’après les données du Rapport sur la santé dans le monde,
Les principales causes de décès néonatals dans cette Région sont les suiv- 2005. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005.
vantes : infections graves, hypoxie (incapacité de respirer normalement
après la naissance), naissance prématurée, tétanos néonatal, anomalies
congénitales et autres pathologies (voir la Figure 2.3). Dans les pays en
développement, si la mère meurt au cours des six premières semaines de Fig. 2.2
la vie de l’enfant, celui-ci a dix fois plus de risques que les enfants ayant Répartition dans le monde, par Région, des décès maternels,
leurs deux parents vivants de décéder dans les deux ans. La raison en de la population mondiale et des naissances vivantes, 2000
est que les nourrissons ne sont pas allaités, que l’approvisionnement alim- 100
mentaire de la famille est menacé et que les enfants ne reçoivent aucun
soin direct. Par ailleurs, les enfants de la défunte recevront probablem- 80
ment moins de soins et d’éducation à mesure qu’ils grandissent. 55
Des progrès ont été faits dans l’amélioration de la santé des enfants 60
âgés d’un mois à cinq ans dans les années 70 et 80, mais la santé des % 89 80
nouveau-nés – terme désignant les nourrissons au cours des 28 premiers 40
jours de leur vie – demeure un domaine négligé de la santé publique. Des
données récentes montrent que ces nouveau-nés représentent environ 45
20
40 % des enfants qui meurent avant leur cinquième anniversaire et que
11 20
29 % des décès de nouveau-nés dans le monde surviennent en Afrique. 0
Le taux de mortalité néonatale de la Région africaine est le plus élevé Décès Population Naissances
du monde (voir la Figure 2.4). Pour chaque nouveau-né décédé, il y en maternels mondiale vivantes
a 20 autres qui sont confrontés à la maladie ou à l’incapacité à cause Afrique Autres régions du monde
d’affections telles que les traumatismes à la naissance, les infections et Source : Organisation mondiale de la Santé.
les complications dues à une naissance prématurée.
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 19
Les premières estimations mondiales concernant les décès néonatals n’ont été
faites qu’en 1983 ; par contre, celles faites en 1995 et en 2000 sont plus rigoureuses.
Les données sur les nouveau-nés sont rares et celles sur les mortinaissances encore
Fig. 2.3
plus rares. L’OMS estime que la Région africaine a la proportion de mortinaissances
Causes de mortalité néonatale dans la Région la plus élevée du monde : 30 % sur environ 3,3 millions de mortinaissances dans le
africaine
Hypoxie à la naissance
monde en 2000.
Infections graves
24%
27%
Les enfants de moins de cinq ans : causes et nomb-
Tétanos
néonatal
bre des décès
Maladies
9%
La grande majorité des décès d’enfants de moins de cinq ans dans cette Région est
diarrhéiques
3%
due à des causes évitables. La Figure 2.5 montre que les principales causes sont les
Autres
causes infections néonatales, les infections respiratoires aiguës, le paludisme, les maladies
néonatales Prématurité Anomalies diarrhéiques, le VIH/SIDA et la rougeole, et que ces maladies sont toutes aggravées
7% 23% congénitales
6% par la malnutrition.
Les chiffres ayant été arrondis, le total n’est pas nécessairement L’importance de la malnutrition comme cause principale de la mortalité des enf-
égal à 100. fants de moins de cinq ans est reconnue depuis de nombreuses années et vient d’être
Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2005. Genève,
Organisation mondiale de la Santé, 2005. récemment reconfirmée : 53 % de tous ces décès d’enfants pourraient être attribués
à l’insuffisance pondérale et 35 % des décès sont dus aux conséquences de la dénut-
trition sur la diarrhée, la pneumonie, le paludisme et la rougeole.
Les décès d’enfants de moins de cinq ans sont de plus en plus concentrés sur
la Région africaine, et représentaient 43 % du total mondial en 2003 contre 31 % en
1990. Sur environ 10,6 millions d’enfants de moins de cinq ans qui sont morts chaque
année entre 2000 et 2003, environ 4,4 millions sont décédés dans la Région africaine,
selon les estimations de l’OMS. Tous les jours, quelque 12 000 enfants meurent en
Afrique subsaharienne de maladies facilement curables ou évitables et d’affections
telles que la pneumonie, la diarrhée, la rougeole, le paludisme et la malnutrition.
La Figure 2.6 montre que la mortalité des enfants de moins de cinq ans a stagné
entre 1990 et 2003 dans 29 pays du monde et que 23 de ces pays
Fig. 2.4 étaient en Afrique. Cette absence de changement en Afrique est en
partie due au fait que la diminution limitée des décès liée à l’amél-
Taux de mortalité néonatale dans les Régions de l’OMS
lioration des soins de santé a été neutralisée par la croissance de la
(pour 1000 naissances vivantes)
50 population et l’augmentation du nombre des naissances. La mortalité
de l’enfant a diminué, quoique lentement, au Lesotho, au Malawi, au
40 Mozambique et en Namibie, et la mortalité des moins de cinq ans a
baissé dans 10 autres pays de la Région. Toutefois, le nombre de décès
Taux (pour 1000)
30 des moins de cinq ans est à nouveau en hausse et, pendant 13 ans,
on n’a pas constaté de réduction générale de la mortalité de l’enfant
20 43 dans cette Région.
38 40
10
12 11
19
Prévenir des millions de décès
0
Région Région des Région de Région La tragédie de la mortalité de la mère, du nouveau-né et de l’enfant
Région de la Région du
africaine Amériques l’Asie du européenne Méditerranée Pacifique
Sud-Est aujourd’hui tient au fait qu’il est possible de prévenir la vaste majorité
orientale occidental
Source : Statistiques sanitaires mondiales, 2005. Genève, Organisation mondiale de ces décès en s’assurant que les femmes enceintes et les enfants ont
de la Santé, 2005. accès à des soins de santé de bonne qualité. Des progrès considérab-
bles ont été faits dans une grande partie de la Région africaine pour ce
qui est de la fourniture des soins prénatals. Dans les années 90, le niveau de ces soins
20 Rapport sur la santé dans la Région africaine
a augmenté de 4 %, et on estime aujourd’hui qu’environ 70 % des femmes d’Afrique
subsaharienne bénéficient d’au moins une consultation prénatale. Il serait possible
de sauver des millions d’autres vies si l’on développait les systèmes de santé
de manière à fournir des services de grande qualité qui soient étendus à Fig. 2.5
toutes les personnes qui en ont besoin. Cela signifie offrir à chaque femme Causes de mortalité des moins de cinq ans dans la
des soins de qualité durant l’accouchement et des soins obstétricaux et néon- Région africaine
Infections respiratoires
Paludisme
natals d’urgence en cas de complication. Cela signifie également qu’il faut 18%
aiguës 21%
veiller à ce que les enfants aient accès à des services de qualité pour prévenir Rougeole
et soigner les maladies de l’enfance. 5%
Causes
néonatales
Les obstacles Maladies
26%
diarrhéiques
Le manque d’éducation, l’analphabétisme et l’absence de pouvoir économ- 16%
mique des femmes – aggravée par leur statut social médiocre – contribuent VIH/SIDA
au fait qu’elles utilisent peu les services de santé disponibles. D’autres fact- 6% Autres Traumatismes
teurs importants, responsables d’une couverture inappropriée des services 5% 2%
de santé maternelle, sont la pauvreté, l’inégalité, l’insuffisance des services Les chiffres ayant été arrondis, le total n’est pas nécessaireml
ment égal à 100.
de santé et la pénurie d’agents de santé qualifiés. Selon les dernières estim- Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2005. Genève,
mations, des assistantes qualifiées sont présentes à 43 % seulement des Organisation mondiale de la Santé, 2005.
accouchements ayant lieu dans la Région africaine. Les autres naissances se
Fig. 2.6
Tendances dans la réduction du taux de mortalité des moins de cinq ans, 1990-2003
Sur la bonne voie
En lent progrès
Inversion de tendance
Stagnation
Aucune donnée
Crise humanitaire de plus de 2 ans
entre 1992 et 2004
Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2005. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005.
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 21
font en présence d’accoucheuses traditionnelles, de parentes et de voisines, tandis
que certaines mères accouchent seules.
Dans certaines parties de la Région africaine, environ un tiers des femmes enc-
ceintes sont des adolescentes. Les mères adolescentes risquent davantage de décéder
lors de la grossesse et de l’accouchement que les femmes de 20 ans ou plus. Leurs
nouveau-nés sont particulièrement exposés à un décès prématuré, à l’insuffisance
pondérale à la naissance et au risque de décès au cours du premier mois de la vie.
Dans certains pays de cette Région, les adolescentes représentent entre 40 et 60 %
des mères qui meurent de causes liées à la grossesse et l’accouchement. Si elles
avaient accès à des services de planification familiale, maints décès et maintes causes
de mauvaise santé pourraient être évités.
Conflits et situations d’urgence
Au cours des deux dernières décennies, la Région africaine a connu davantage de
conflits armés et de situations d’urgence humanitaire que n’importe quelle autre
région du monde. Entre 1992 et 2004, 22 des 33 crises humanitaires ayant duré
deux ans ou plus sont survenues dans la seule Afrique, selon le processus des app-
pels globaux pour les catastrophes humanitair-
res. Ces crises ont fait de nombreuses victimes
et bouleversé les services de santé ordinaires.
Les conflits alimentent les violences sexuelles,
dont le viol, qui ont des répercussions sur les
plans de la santé génésique et de la santé ment-
tale et exigent des soins cliniques et psycholog-
giques spécialisés.
Les femmes enceintes et leurs nourrissons
sont souvent les membres les plus vulnérab-
bles des populations déplacées et réfugiées.
Les situations d’urgence telles que les inondat-
tions et d’autres catastrophes naturelles ainsi
que les conflits armés entraînent également la
destruction d’hôpitaux et la perte de personnel
OIM/J. P. Chauzy
médical.
Dans les situations d’urgence humanitaire,
les femmes enceintes continuent d’avoir besoin
de soins prénatals systématiques, d’une aide
Des femmes qui ont fui les conflits qualifiée au moment de la naissance et, s’il y a
trouvent refuge dans un camp à des complications, de services de soutien, notamment de soins néonatals et obstét-
Freetown, en Sierra Leone. tricaux d’urgence. Après la naissance, les femmes doivent avoir accès à des services
de soins à l’enfant et de planification familiale. Dans la majorité des cas, ces services
sont inexistants.
Un triste exemple de l’impact des conflits sur la santé de la mère et de l’enfant
est celui de la Sierra Leone. Après une guerre civile dévastatrice (1991-2001), on a
estimé que ce pays d’Afrique de l’Ouest avait le taux de mortalité maternelle le plus
élevé du monde, avec 2000 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2002. Il avait
aussi un taux de mortinatalité de 50 pour 1000 naissances et un taux de mortalité
néonatale situé entre 42 et 56 pour 1000 naissances vivantes. Depuis 2000, la Sierra
Leone est en tête de la liste des 20 pays du monde ayant le taux de mortalité matern-
nelle le plus élevé.
22 Rapport sur la santé dans la Région africaine
VIH/SIDA
Le VIH/SIDA a eu un impact terrible sur la santé de la mère et de l’enfant au cours
des deux dernières décennies. Dans certains pays africains, on estime que le nombre
de femmes enceintes séropositives pour le VIH se situe entre 20 et 30 %, tandis que
les taux de transmission mère-enfant vont de 25 à 40 %.
En Afrique du Sud, au Botswana, en Zambie et au Zimbabwe, la propagation du
VIH/SIDA a partiellement neutralisé les progrès faits en matière de santé de la mère, du
nouveau-né et de l’enfant. Le VIH/SIDA a en outre favorisé la réémergence de la tuberc-
culose et des formes complexes du paludisme, et ces trois maladies sont devenues les
causes indirectes les plus courantes des décès maternels et néonatals dans la Région.
Inadéquation de l’allocation de ressources
Malgré de nombreuses campagnes en faveur de la santé de la mère et de l’enfant,
l’engagement politique de la Région africaine n’a pas été suffisant pour changer la
vie des mères et des enfants. De nombreux gouvernements de cette Région sont
conscients de l’ampleur du problème, mais la pauvreté, la dette, les conflits armés et
les situations d’urgence humanitaire les empêchent d’allouer les ressources voulues
à la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant.
En outre, les donateurs ne sont pas toujours prêts à fournir une aide plus import-
tante dans ce domaine de la santé publique. C’est la raison pour laquelle les tentativ-
ves faites pour réduire le nombre des décès et des maladies de la mère et de l’enfant
dans cette Région ont eu un succès limité.
De nombreux pays où la
Insuffisance des systèmes de santé charge de morbidité et de
Les experts de la santé publique s’accordent à dire que l’exclusion généralisée des services
de soins de santé de qualité et l’absence de systèmes de santé publics et privés opérationn- mortalité de la mère, du
nels – que ce soit à cause de l’absence, de la destruction ou de l’incurie de ces systèmes
– sont à la source du problème et que, de ce fait, des millions de mères, de nouveau-nés nouveau-né et de l’enfant
et d’enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque année de causes évitables.
Il est indispensable non seulement de renforcer les services de santé mais aussi de est la plus élevée ne dispos-
les améliorer, car, si les services obtenus n’ont pas la qualité voulue, les gens ne profiter-
ront pas de l’amélioration de la couverture. Dans certaines parties de cette Région, les sent pas des données sûres
soins prénatals ont été renforcés et étendus à une grande proportion des femmes enc-
ceintes, mais la qualité des soins est si médiocre que cela ne fait guère de différence. qui leur permettraient
Par exemple, le Tchad et le Zimbabwe figurent parmi les 12 pays dont le taux de
mortalité maternelle est le plus élevé du monde. Chacun d’entre eux enregistre 1100 d’évaluer l’adéquation de
décès maternels pour 100 000 naissances vivantes et pourtant les services prénatals du
Zimbabwe ont un taux de couverture de 82 % contre seulement 51 % au Tchad. Les ind- leur réponse.
dicateurs de la qualité des soins prénatals reflètent la manière dont ces soins dépistent
les complications majeures de la grossesse et de l’accouchement et les préviennent.
Les systèmes de santé servent également à recueillir des données fiables. L’une
des principales difficultés rencontrées dans l’amélioration de la santé des femmes,
des nouveau-nés et des enfants consiste à recueillir des données pour mesurer les
avancées. De nombreux pays où la charge de morbidité et de mortalité de la mère,
du nouveau-né et de l’enfant est la plus élevée ne disposent pas des données sûres
qui leur permettraient d’évaluer l’adéquation de leur réponse. L’OMS aide ces pays à
concevoir des systèmes d’information afin de recueillir des données valables.
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 23
Tentatives faites pour résoudre le problème
Une dizaine d’années de recherches a montré que des mesures sans prétention et de
coût modeste permettaient de réduire considérablement les risques sanitaires que cour-
rent les femmes enceintes. Ces mesures consistent par exemple à enseigner à la femme à
se soigner et à reconnaître les signes de danger qui doivent l’inciter à consulter un établiss-
sement de santé pour elle-même, son nouveau-né ou son enfant. Elles consistent aussi
à assurer des soins prénatals élémentaires et réguliers afin de vérifier la tension artérielle,
la prise de poids et la fonction rénale, de diagnostiquer l’anémie et soigner les infections.
L’allaitement au sein est ainsi l’une des meilleures façons d’assurer la survie de l’enfant.
Maternité sans risque
L’initiative Pour la maternité sans risque, qui a été lancée à Nairobi (Kenya) en 1987
par des organismes internationaux, a mis la santé de la mère – jusque-là considérée
comme un problème privé ou familial – en bonne place parmi les grandes préoccup-
pations de santé publique. Cette initiative a réussi à appeler davantage l’attention sur
L’allaitement au sein la santé de la mère au cours des deux dernières décennies. Les critiques, toutefois,
disent qu’elle n’a pas réussi à apporter d’amélioration générale dans ce domaine
est l’une des meilleures particulier de la santé publique parce que les pays concernés n’ont pas reçu l’assist-
tance technique voulue pour mettre en pratique les recommandations. Par ailleurs,
façons d’assurer la survie les donateurs et organismes humanitaires ne sont pas parvenus à coordonner suff-
fisamment bien les efforts déployés pour combler les lacunes des services de santé
de l’enfant. publique de la Région africaine, d’où une approche décousue.
Une autre initiative importante a été la Conférence internationale des Nations
Unies sur la population et le développement qui s’est tenue au Caire (Egypte) en 1994,
et au cours de laquelle tous les pays ont été instamment priés de s’occuper des quest-
tions relatives aux droits de l’homme liés à la santé de la mère et de l’enfant. Il leur a
été demandé de fournir des informations publiques sur la santé sexuelle et génésique,
de protéger les femmes enceintes et d’ériger en crime la violence à l’encontre des
femmes, et la pratique traditionnelle néfaste de la mutilation sexuelle féminine a été
condamnée. Le résultat le plus important de cette Conférence est l’engagement qu’ont
pris les gouvernements de fournir un accès universel aux soins de santé génésique, et
notamment à l’information et aux services de planification familiale d’ici 2015.
L’OMS a lancé l’initiative Pour une grossesse à moindre risque en 1999 afin
d’aider les pays à renforcer leurs systèmes de santé pour améliorer l’accès à des soins
qualifiés, et notamment à des soins obstétricaux et néonatals d’urgence. Il s’agit de
veiller à ce que les mères et leurs nouveau-nés aient accès en temps voulu aux soins
dont ils ont besoin, en renforçant les systèmes de santé et en encourageant une part-
ticipation communautaire appropriée. L’OMS a commencé à travailler avec l’Ethiopie,
la Mauritanie, le Mozambique, le Nigéria et l’Ouganda en 2002 pour mettre en œuvre
cette initiative et, dans le courant de la même année, 34 autres Etats Membres de la
Région africaine de l’OMS ont demandé une assistance du même type.
Afin de sensibiliser plus efficacement les dirigeants à la continuité des soins qui
est nécessaire entre la santé maternelle et du nouveau-né et la santé de l’enfant, les
trois initiatives qui abordent la santé du nouveau-né et de l’enfant (le partenariat pour
la santé du nouveau-né, instauré en 2000, le partenariat pour la survie de l’enfant,
créé en 2004, et le partenariat pour une maternité sans risque et la santé du nouveau-
né, également créé en 2004) ont fusionné en 2005 pour constituer le partenariat pour
une maternité sans risque et la santé du nouveau-né et de l’enfant.
24 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Prévention de la transmission du VIH de la mère à
l’enfant
Les pays de la Région africaine ont commencé à mettre en place le programme sur la
prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant en 2002. Il vise à empêcher
les mères séropositives pour le VIH de contaminer leurs enfants durant la grossesse, l’acc-
couchement et après, à éviter également que les hommes et les femmes ne soient infect-
tés par le VIH et à prévenir les grossesses non désirées chez les femmes séropositives.
Un projet pilote concluant mis en place dans un centre médical du Zimbabwe en
2001 a montré que les programmes de prévention de la transmission du VIH de la mère à
l’enfant étaient plus efficaces si le traitement clinique des mères séropositives était comb-
biné avec un soutien psychosocial de ces mères et de leur famille (voir l’Encadré 2.3).
Encadré 2.3
Soutien psychosocial aux mères séropositives pour le VIH et à leur famille
Le modeste centre médical Zengeza, qui ne compte que prénatale. Enceinte de quatre mois, elle attendait son
deux pièces et est situé dans la ville de Chitungwiza troisième enfant.
(Zimbabwe), fait œuvre de pionnier : il aide les femmes « Je me posais un tas de questions. Comment
enceintes et leur famille à faire face à l’annonce de leur vais-je révéler mon état à mon mari ? Qui va s’occuper
séropositivité pour le VIH. Ce centre fait partie d’un nombl de mes enfants et du bébé à naître ? Combien de temps
bre croissant de centres de soins prénatals de la Région vais-je vivre ? Je m’isolais et me sentais totalement impl
africaine qui ont commencé à fournir des services de puissante. Tous les jours je pensais au suicide. »
conseil et un soutien psychosocial aux mères séropositl Un diagnostic séropositif est catastrophique pour
tives en plus d’un traitement clinique dans le cadre de les femmes enceintes qui se sentent encore plus vulnl
programmes de prévention de la transmission du VIH de nérables. Gladys a eu la chance de fréquenter le centre
la mère à l’enfant. en 2002 lorsqu’il a commencé à offrir des services de
Une étude récente a montré que les mères qui conseil et un soutien psychosocial.
recevaient un service de conseil et un soutien psycl Le traitement clinique a été un succès et la fille de
chosocial à Zengeza étaient mieux armées pour surml Gladys est née indemne du VIH. Deux ans après avoir
monter leur séropositivité que celles qui n’en bénéficl assisté aux séances de conseil régulières et reçu un
ciaient pas. Le personnel et les militants demandent soutien psychologique, Gladys a déclaré : « La douleur
maintenant à tous les centres de soins prénatals du et la tristesse ne disparaîtront jamais complètement,
Zimbabwe d’adopter cette approche. Ils disent qu’elle mais maintenant je sais comment faire lorsqu’elles
a permis d’augmenter le conseil et le dépistage volontl réapparaissent. Les services de conseil et le soutien
taires et de mieux sensibiliser la communauté dans son social fournis par les dispensateurs de soins et les
ensemble – étape majeure pour enrayer la propagation conseillers m’ont donné espoir. ».
du VIH/SIDA. Le seul problème, à leur avis, est qu’il n’y
a pas suffisamment d’hommes qui viennent aux séancl
ces de conseil.
Gladys Nyamunokora, 35 ans, dit que ce programml
me l’a aidée à avoir le courage de révéler sa séroposl
sitivité à son mari et d’en discuter ouvertement avec
lui. L’étude a montré que les mères comme Gladys sont
mieux informées au sujet du VIH/SIDA que celles qui ne
OIM/J. P. Chauzy
reçoivent aucun conseil.
« Quand j’ai découvert que j’étais séropositive
pour le VIH, j’étais catastrophée, j’avais honte et j’avais
peur », témoigne Gladys. Comme d’autres mères du Zimbl
babwe et d’autres pays africains, Gladys a découvert sa Les stratégies qui aident à mieux faire face
séropositivité lorsqu’elle s’est rendue à la consultation sont importantes pour les femmes exposées.
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 25
Repositionnement de la planification familiale
La Région africaine a l’un des taux de fécondité les plus élevés du monde – 4,9
enfants par femme en moyenne – et une faible prévalence de la contraception, soit
17 %. A contrario, la fécondité mondiale est tombée de 4,5 à 2,8 enfants par femme
depuis les années 70. Le faible recours à la contraception n’est pas la seule explic-
cation. Les taux de fécondité élevés diminuent dans les sociétés où les gens sont
convaincus que leurs enfants ont de bonnes chances de survivre. La fécondité élevée
dans cette Région accroît la probabilité à la naissance, pour les femmes, de décéder
Mise au point dans les d’une cause liée à la grossesse ou à ses complications.
Dans la Région africaine, où les femmes courent le risque de mourir pendant la
années 90 par l’OMS et grossesse ou à l’accouchement plus que partout ailleurs dans le monde et où elles
ont les taux de fécondité les plus élevés de la planète, la planification familiale est ess-
l’UNICEF, la stratégie sentielle. Cependant, au cours des dix dernières années, elle est devenue un domaine
négligé de la santé publique du fait de priorités incompatibles, de l’insuffisance de
de prise en charge l’engagement politique à un haut niveau et de l’absence d’intérêt de la part des donat-
teurs. L’une des difficultés ici est de surmonter les barrières religieuses et les croyances
intégrée des maladies de culturelles : celles-ci favorisent des taux de fécondité élevés et perpétuent des idées
fausses qui empêchent les femmes et les hommes de recourir à certaines méthodes de
l’enfant (PCIME) est planification familiale ou les dispensateurs de suggérer ces méthodes comme options.
Les pays doivent aborder les questions de santé génésique pour se rapprocher des
actuellement appliquée objectifs du Millénaire pour le développement en matière de santé de la mère et de
l’enfant. En 2004, les 46 ministères de la santé de la Région africaine ont adopté un
dans 44 des 46 pays cadre décennal de repositionnement de la planification familiale, dans le but de fournir
des orientations sur la manière de revitaliser l’élément planification familiale des prog-
de la Région africaine grammes nationaux de santé génésique. Le Bureau régional OMS de l’Afrique travaille
avec les pays pour les aider à renforcer leurs services de planification familiale.
en vue de réduire le
nombre croissant de décès Prise en charge des maladies de l’enfance
L’amélioration de la survie de l’enfant est devenue un phénomène mondial grâce
d’enfants dus à quelques en grande partie à la thérapie par réhydratation orale pour soigner les maladies diarr-
rhéiques et à la vaccination. Une autre stratégie essentielle pour améliorer la santé
maladies évitables et de l’enfant est la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME). Mise
au point dans les années 90 par l’OMS et l’UNICEF, cette stratégie est actuellement
curables. L’idée de la appliquée dans 44 des 46 pays de la Région africaine en vue de réduire le nombre
croissant de décès d’enfants dus à quelques maladies évitables et curables.
PCIME est d’améliorer la L’idée de la PCIME est d’améliorer la prévention ou le dépistage et le traitement
précoces des principales maladies tueuses d’enfants dans les pays en développem-
prévention ou le dépistage ment. Six affections représentent environ 70 % de l’ensemble des décès. Il s’agit des
infections respiratoires aiguës – généralement la pneumonie – ainsi que de la diarr-
rapide et le traitement rhée, du paludisme, de la rougeole, du VIH/SIDA et des infections néonatales.
Les directives de la PCIME en matière de formation ont été conçues pour être adapt-
des principales maladies tées à la situation de chaque pays. Par ailleurs, certains pays forment des agents de santé
pour faire face au problème du VIH/SIDA chez l’enfant. Des agents de santé ont égalem-
tueuses d’enfants dans les ment été formés de manière à soutenir et à conseiller les mères séropositives pour le VIH
au sujet de la nutrition des nourrissons dans plus de 20 pays de cette Région. On estime
pays en développement. que 6 % des décès d’enfants de moins de cinq ans en Afrique sont dus au VIH/SIDA.
On a constaté une diminution de la mortalité de l’enfant dans les pays qui ont
mis en œuvre la PCIME. Le Malawi et le Mozambique ont réussi à faire baisser leurs
26 Rapport sur la santé dans la Région africaine
taux de mortalité de l’enfant au cours des dix dernières années. La République-Unie
de Tanzanie a fait diminuer la mortalité des enfants de moins de cinq ans de 13 % sur
une période de deux ans s’étalant entre la mi-2000 et la mi-2002 dans deux districts
où la PCIME entrait dans le cadre d’une stratégie globale visant à améliorer l’accès
aux soins de santé (voir l’Encadré 2.4).
La Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant qui a
été adoptée par l’Assemblée mondiale de la Santé en 2002 est également un moyen
de remédier à la malnutrition chez l’enfant de moins de cinq ans : pour ce faire, l’OMS
aide 17 pays de la Région à mettre au point et appliquer un plan lié à cette stratégie.
Renforcement de la présence d’accoucheuses
qualifiées à la naissance
Les accoucheuses traditionnelles, qui n’ont aucune instruction scolaire, sont souvent
les seules personnes qui assistent à la naissance dans la Région africaine. Ces femm-
mes peuvent jouer un rôle important dans l’éducation des mères en ce qui concerne
la nutrition, l’allaitement et les soins aux enfants, mais des études montrent que,
dans les pays où de plus en plus de naissances ont lieu en présence d’agents de santé
qualifiés, on constate une baisse des décès maternels et néonatals.
L’OMS a mis au point une série de directives et d’instruments techniques et La vaccination peut faire
gestionnaires intitulée Prise en charge intégrée de la grossesse et de l’accouchement
(PCIGA). Pour élargir l’accès à des services de santé maternelle et néonatale de qual- beaucoup pour améliorer
lité, les pays peuvent adapter ces directives qui permettront d’améliorer les compét-
tences des agents de santé, d’ajuster les systèmes de santé pour mieux soigner les
la santé de l’enfant, du
mères, les nouveau-nés et les enfants et de favoriser l’éducation sanitaire et la particip-
pation communautaire en ce qui concerne la grossesse et l’accouchement.
nouveau-né et de la mère,
La mortalité maternelle au Botswana décline depuis l’indépendance en 1962
avec la formation d’accoucheuses qualifiées et la mise en œuvre d’autres directives
mais les possibilités qu’elle
recommandées. En 2000, 94 % des naissances survenues dans ce pays d’Afrique aust-
trale se sont déroulées en présence d’agents de santé qualifiés contre 43 % environ
offre n’ont pas encore été
au niveau régional. La prévalence de la contraception au Botswana est de 39 % alors
que la moyenne régionale est de 17 %. Le taux de mortalité maternelle au Botswana
pleinement exploitées
était de 100 décès pour 100 000 naissances vivantes – l’un des plus faibles de cette
Région – et la mortalité néonatale de 40 pour 1000 naissances vivantes.
dans la Région africaine.
Vacciner un plus grand nombre de femmes et
d’enfants
La vaccination peut faire beaucoup pour améliorer la santé de l’enfant, du nouveau-
né et de la mère, mais les possibilités qu’elle offre n’ont pas encore été pleinement
exploitées dans la Région africaine, où les maladies évitables par la vaccination rest-
tent une cause majeure de mortalité et de morbidité. En 2001, l’OMS et d’autres
partenaires de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination ont lancé une
nouvelle initiative, Reaching every district (Atteindre chaque district), pour que la
vaccination systématique soit plus largement répandue. Cette approche a, à ce jour,
été mise en place dans 26 pays de la Région.
Elle a permis d’améliorer, entre 2002 et 2005, la couverture vaccinale systémat-
tique, mesurée par la couverture par le DTC3 (vaccin antidiphtérique-antitétanique-
anticoquelucheux), comme le montrent la couverture vaccinale nationale globale
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 27
Encadré 2.4
Soigner les enfants malades en République-Unie de Tanzanie
Le district de Morogoro (Tanzanie) a introduit il y a 10 ans les soins macie », raconte Ramadhani (22 ans). « Comme son état empirait au fil
gratuits pour les enfants et la stratégie de prise en charge intégrée des jours, nous avons décidé de l’emmener au grand hôpital. »
des maladies de l’enfant dans le cadre du projet tanzanien pour les intl Lorsqu’ils sont arrivés au centre de Morogoro, qui met en œuvre
terventions essentielles en matière de santé. Depuis lors, il y a moins la PCIME, l’enfant a été immédiatement vu par un clinicien et admis à
d’enfants qui meurent de maladies évitables et curables, mais certainl l’hôpital après que l’on eut diagnostiqué une anémie. Attendant qu’un
nes difficultés demeurent. parent donne du sang pour que son fils puisse être transfusé, Ramadhl
Zena Juma avait d’abord emmené son enfant malade, Abduli hani déclare qu’elle ne savait pas qu’il existait des services médicaux
Yahya, dans un centre de soins privé en pensant que les services y gratuits pour les enfants de moins de cinq ans.
seraient meilleurs que dans un centre public. L’état de l’enfant ne Ramadhani a dû demander à un parent de donner du sang pour
s’étant pas amélioré, elle l’emmena à l’hôpital régional de Morogoro. remplacer celui qui serait transfusé à son fils. Il y a une pénurie
A l’arrivée au centre, où les agents de santé suivent les directives constante de sang dans la plupart des hôpitaux de Tanzanie et la faml
de la PCIME pour prendre en charge les enfants malades, Zubeda mille ou les amis doivent donner leur sang pour qu’un parent malade
Dihenga, infirmière en pédiatrie, a immédiatement diagnostiqué que puisse en recevoir.
le garçonnet souffrait de déshydratation sévère après lui avoir pincé Une femme dans le même service que Ramadhani n’a pas eu
le ventre et constaté que le pli fait par le pincement restait marqué. autant de chance. Agée de 19 ans, Geroda Robert venait de perdre
L’enfant avait un regard fixe, ne cillait pas des yeux et était totalement son bébé quelques minutes plus tôt. Elle vivait avec sa famille dans un
amorphe ; les commissures des lèvres étaient fendues. village retiré de Morogoro. Sa fille, âgée d’un an, était tombée malade
On donna alors à l’enfant des sels de réhydratation orale et on lui mais ils n’avaient pu l’emmener voir un médecin rapidement à cause
fit une perfusion pendant qu’on pratiquait des tests pour diagnostiquer des inondations provoquées par la rivière voisine, devenue infranchissl
le mal dont il était atteint. « J’espère seulement qu’il va aller mieux, j’espl sable. Ils avaient été immobilisés dans leur village jusqu’à la décrue.
père que cet hôpital fait quelque chose pour mon enfant », dit Juma. Ils vinrent alors aussi rapidement qu’ils purent au dispensaire et, de
Meshack Massi, médecin en chef de l’hôpital régional de Morl là, furent envoyés vers l’hôpital régional de Morogoro, mais l’enfant
rogoro, déclare qu’il y a de nombreux avantages à utiliser l’approche mourut rapidement après son arrivée.
de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) : « A 27 ans, Sifa Juma est mère de quatre enfants âgés de 9 ans
La PCIME est une stratégie qui permet de traiter l’enfant immédiateml à 4 mois. Elle reste à la maison pour s’occuper de ses enfants tandis
ment en fonction de ses symptômes. Dans les zones rurales qui n’ont que son mari achète des tomates auprès des fermiers du village et
aucun accès aux laboratoires, les médecins ou le personnel médical va les vendre à la ville de Morogoro. Ses deux plus jeunes enfants
savent que les principales maladies tueuses d’enfants présentent des ont profité de l’introduction récente des soins médicaux gratuits
symptômes et des signes de fièvre, de diarrhée ou de toux. Je suis dans le district.
heureux de dire que nous avons constaté depuis une réduction de « Pour les deux premiers enfants, on devait tout
la morbidité et de la mortalité chez l’enfant. ». payer : médicaments, tests, consultations du médecl
Habiba Ramadhani ne savait pas que les soins médicaux cin et, si l’enfant devait séjourner quelques jours
étaient gratuits pour les enfants de moins de cinq ans. Son fils, à l’hôpital, cela signifiait beaucoup d’argent. Actl
Juneydi Maulidi, était tombé malade au début du mois. Elle tuellement, tant que l’enfant a moins de cinq ans,
l’emmena au dispensaire du village qui est situé environ à 40 les soins sont fournis gratuitement. » Juma ajoute :
kilomètres de la ville de Morogoro. Le personnel médical du « Une autre bonne chose, c’est que maintenant
dispensaire prescrivit des antibiotiques et du paracétamol au il existe un centre de soins réservé aux enfl
garçonnet de quatre ans bien que les tests aient montré fants malades. Avant, nous devions faire
qu’il souffrait de paludisme. la queue pour voir le médecin, avec les
« Ils n’avaient pas de médicaments et nous ont enfants qui étaient là pour des visites
demandé d’en acheter à la pharml de routine. ».
Helen Nyambura
Zena Juma au chevet de son fils
Abduli Yahya.
28 Rapport sur la santé dans la Région africaine
ainsi que le nombre des districts qui sont parvenus à une couverture de 80 % et plus
avec le DTC3. Les données de l’OMS/UNICEF pour 2005 indiquent que la couverture
a continué à s’améliorer et qu’elle a atteint 69 % en moyenne dans la Région à la fin
de 2003 (voir la Figure 2.7).
A la fin de 2004, le vaccin contre l’hépatite B a été introduit dans le programm-
me de vaccination systématique de 24 pays de la Région africaine, le vaccin contre
l’Haemophilus influenzae type b (Hib) dans 11 pays et le vaccin antiamaril dans 21
pays. Trente-quatre pays de cette Région ont bénéficié d’un soutien aux services de
vaccination (ISS) fourni par l’Alliance. Les fonds ainsi obtenus leur ont permis de
renforcer leurs systèmes de vaccination, afin de pouvoir introduire de nouveaux vacc-
cins mais aussi d’améliorer la sécurité des injections grâce à un approvisionnement
en seringues autobloquantes pour une période de trois ans, ainsi qu’en conteneurs
de sécurité pour la collecte des seringues usagées.
La vaccination systématique joue un rôle dans la prévention de la carence en vitam-
mine A. Trente-deux pays de la Région africaine ont une politique d’apport en vitamine
A dans le cadre des activités de vaccination systématique, tandis que 36 pays ont utilisé
la supplémentation en vitamine A au cours des activités de vaccination supplémentaires
contre la poliomyélite et/ou la rougeole.
L’initiative de lutte accélérée contre la rougeole lancée dans la Région africaine
a donné des résultats positifs au cours des cinq dernières années. La couverture
vaccinale moyenne systématique contre la rougeole a atteint 69 % pour la Région en
2003, alors qu’elle était de 54 % en 1999. Trente-sept pays de la Région ont fait état
d’une couverture systématique de 60 % et plus. Depuis 2001, 26 pays au moins ont
mené des campagnes de vaccination de masse
et institué une surveillance de la rougeole basée
sur l’identification des cas. Fig 2.7
Depuis 1999, les pays qui ont mené ces Couverture vaccinale dans le cadre du PEV (Programme élargi de vaccination), Région
activités de lutte accélérée contre la rougeole africaine, 1982-2003
ont enregistré un recul de plus de 95 % des cas
de rougeole. Par comparaison aux chiffres de 100
1999, la réduction globale de la mortalité due
à la rougeole pour la Région africaine est estim- 80
mée à plus de 50 %. Si le projet est poursuivi
dans les zones actuellement visées et étendu à BCG
Couverture
d’autres zones, il permettra d’atteindre l’object- 60
tif adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé
Rougeole
en 2005, à savoir réduire de 90 % la mortalité TT2
par rougeole dans le monde d’ici 2010. 40
Entre janvier 2001 et décembre 2004, DTC3
139 millions d’enfants au total ont été vaccin- 20
nés dans 31 pays. Soixante-quinze millions
d’autres enfants devaient l’être en 2005. Ces
campagnes permettront à la Région africaine 0
d’atteindre son objectif qui est de vacciner 200 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2003
millions d’enfants d’ici à la fin de 2005. Depuis
le début de 2006, tous les pays de cette Région, Le graphique indique la couverture par le BCG (tuberculose), le DTC3 (diphtérie, tétanos et coqueluche), le TT2 (anatl
toxine tétanique) et le vaccin antirougeoleux.
à l’exception du Libéria et du Nigéria, devaient
mener à l’échelle nationale des campagnes de Source : Communicable diseases in the WHO African Region 2003. Division de la Prévention et de Lutte contre les
rattrapage dans la lutte contre la rougeole, visant Maladies transmissibles. Bureau régional OMS de l’Afrique, 2004.
les enfants âgés de 9 mois à 15 ans.
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 29
La plupart des pays ont intégré, dans le cadre de leur stratégie de vaccination contre
la rougeole, des activités supplémentaires, qui incluent la distribution de compléments
de vitamine A, de médicaments vermifuges, de moustiquaires imprégnées d’insecticide
pour lutter contre le paludisme et du vaccin antipoliomyélitique buccal. Les économies
ainsi réalisées ont permis aux autorités sanitaires de dépenser plus pour élargir la portée
de ces interventions essentielles dans le domaine de la santé publique. L’intégration des
activités supplémentaires dans les programmes de vaccination a, par son efficacité et
ses résultats positifs, fait croître l’intérêt des donateurs, et a permis de relancer la collab-
boration multisectorielle et les partenariats sur une échelle sans précédent.
Conclusion : amplifier la réussite
Dans une grande partie de la Région africaine, il n’y a pas eu d’améliorations ou très
peu en matière de santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant depuis la fin des
années 80. Dans certains endroits, une partie des progrès faits après l’indépendance
a été anéantie. Toutefois, il existe des interventions qui marchent dans le contexte
africain et la clé de la réussite réside dans leur multiplication.
Le Cap-Vert, Maurice (voir l’Encadré 2.5) et les Seychelles ont amélioré la santé mat-
ternelle et néonatale en renforçant l’éducation en matière de santé publique, l’éducation
des filles, la planification familiale et l’engagement politique en faveur de la prévention et
du traitement du VIH/SIDA. De même, les meilleures pratiques mises en place en 2001
dans le district de Soroti, en Ouganda, avec l’adoption de l’initiative Pour une grossesse à
moindre risque, ont également eu des résultats positifs. Là-bas, la participation commun-
nautaire, l’amélioration des communications et des transports, les cours destinés à form-
mer davantage d’accoucheuses qualifiées et la modernisation des établissements de santé
ont permis de réduire la mortalité maternelle et néonatale sur une période de 18 mois.
Certains pays de la Région africaine ont trouvé des solutions aux difficultés que
pose le financement des soins de santé destinés à la mère, au nouveau-né et à
l’enfant. Ainsi, le Mali et la Mauritanie ont tous deux mis au point des plans de fin-
nancement communautaires afin de subventionner les services de santé maternelle
(voir l’Encadré 2.6).
Une autre réussite est l’amélioration de l’accès aux soins prénatals. De nomb-
breux pays ont atteint le taux relativement élevé de 70 % des femmes d’Afrique subs-
saharienne bénéficiant au moins d’une consultation prénatale dans les années 90.
Certains pays africains s’appuient déjà sur cette réussite en utilisant les consultations
prénatales non seulement pour préparer la mère à la naissance, mais également comm-
me plate forme pour fournir d’autres soins essentiels et des services de dépistage, par
exemple pour le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme.
Une autre clé du succès dans le contexte africain est le renforcement de la part-
ticipation communautaire. Nombreux sont les Africains qui ne se rendent pas dans
les établissements de santé lorsqu’ils ont besoin de soins. L’amélioration de la qualité
des soins dans les établissements de santé ne réduirait pas à elle seule les taux de
mortalité de la mère, du nouveau-né et de l’enfant de manière notable : pour cela,
il faut rapprocher les soins de santé essentiels de la communauté. Un
moyen de le faire est de fournir davantage de services par l’int-
Laurence Layani
termédiaire des dispensateurs de la communauté,
par exemple en soutenant les services de plan-
nification familiale au niveau communautaire
afin d’accroître le recours à la contraception.
30 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Encadré 2.5
Accoucher à l’île Maurice
Il est bien loin le temps où, sur l’île Maurice, qui est située commence à marcher, se porte bien et a reçu toute la série
dans l’océan Indien, les accouchements se déroulaient des vaccinations habituelles.
à domicile avec l’aide d’accoucheuses traditionnelles. Au cours des quatre dernières décennies, le taux de
Désormais, 99 % des naissances sont assistées par des mortalité de l’enfant – celui des nourrissons âgés de moins
accoucheuses qualifiées, la plupart du temps à l’hôpital d’un an – a considérablement baissé à Maurice, pour passer de
ou à la clinique. Les mères de l’île, comme Geeta Ramdin, 60 pour 1000 naissances vivantes en 1962 à 12,4 en 2003. Le
âgée de 25 ans (voir photo), reçoivent des soins prénatals taux de mortalité maternelle en 2003 était de 21 pour 100 000
et postnatals de grande qualité et, si des complications naissances vivantes, à égalité avec les pays développés.
surviennent, des soins obstétricaux d’urgence sont Dans un rapport, l’OMS estime que Maurice doit son
disponibles. succès à un engagement politique fort qui visait à instaurl
Geeta s’est rendue dans son centre de soins local au rer des systèmes de santé, dispenser des soins de santé
cours du quatrième mois de sa grossesse pour commencl primaires et disposer d’un système d’approvisionnement
cer ses bilans mensuels comprenant la vérification de son pharmaceutique efficace. Elle y constate également que
poids et de sa tension artérielle, et des analyses de sang l’éducation gratuite – grâce à laquelle le taux d’alphabétl
et d’urine. Le dépistage du VIH est recommandé mais n’est tisation atteint 95 % aujourd’hui – et des soins de santé
fait qu’avec le consentement de la patiente, que Geeta a gratuits sont aussi essentiels. Les spécialistes de la santé
volontiers donné. On lui a conseillé d’avoir un régime aliml publique estiment que les districts sanitaires d’autres pays
mentaire équilibré et de faire de l’exercice régulièrement. africains qui ont la même superficie que Maurice peuvent
Au cours du septième mois, elle a été orientée vers un hôpl obtenir des succès comparables.
pital pour subir des tests plus approfondis, et notamment
une échographie.
Tout se passait bien. Lorsque les contractions ont
commencé, trois jours avant la date prévue pour la naissl
sance, les médecins de l’hôpital ont dit que Geeta n’avait
pas le col assez dilaté et ont décidé de pratiquer une césl
sarienne d’urgence. La dystocie peut entraîner la mort de
l’enfant, de la mère ou des deux et représente 12 % des
décès maternels dans la Région africaine. Geeta a eu de
la chance d’avoir accès à un hôpital bien équipé, apte à
pratiquer une césarienne courante.
Les infirmières ont aidé Geeta à exprimer le lait matl
ternel de façon à nourrir Shaksh immédiatement après
la naissance. Une fois Geeta remise de l’opération, elle
Anil Gundooa
a commencé à allaiter son enfant elle-même : « J’étais
ravie de pouvoir tenir mon bébé dans mes bras », a-t-elle
déclaré. Six semaines plus tard, Geeta a amené Shaksh
au centre de santé pour un bilan. Shaksh, qui, à un an, Geeta Ramdin et Shaksh, sa fille d’un an.
Il est vital de renforcer les systèmes de santé mais cela n’aura aucun effet si de
nombreuses personnes – et notamment les fillettes et les femmes – ne reçoivent
toujours pas d’éducation en matière de santé. L’absence d’éducation et l’analphabét-
tisme sont de grands problèmes dans cette Région ; ils peuvent être surmontés si l’on
adopte une approche multisectorielle qui exige que l’on investisse dans l’éducation
des fillettes et que l’on améliore l’infrastructure de santé publique.
Les gouvernements et les organismes internationaux doivent dispenser des
soins essentiels et durables aux mères, nouveau-nés et enfants qui en ont besoin.
Si l’on ne redouble pas d’efforts, la plupart des pays de la Région africaine n’auront
guère de chances, voire aucune, de parvenir à réduire considérablement la morbidité
La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 31
Encadré 2.6
Mode de financement novateur des soins de santé maternels au Mali et en Mauritanie
Les familles de la Région africaine n’ont pas toujours étendu aux hôpitaux généraux et aux villages où la majl
les moyens de payer les soins prénatals, obstétricaux jorité des décès maternels et néonatals surviennent. Ces
et postnatals, ce qui, en les empêchant d’accéder à ces décès sont souvent dus à des retards dans les transports et
services parfois vitaux, explique la forte proportion des au fait que l’on recherche l’aide des tradipraticiens avant
décès maternels et néonatals. Le Mali et la Mauritanie d’emmener les mères dans un centre médical.
ont mis au point des plans communautaires de partage La Mauritanie a instauré un plan d’assurance-maladl
des coûts afin d’alléger le fardeau financier des familles die intitulé « plan obstétrical » dans la capitale, Nouakcl
pauvres et de subventionner les soins pour tenter de réduire chott, et dans plusieurs autres districts, afin de couvrir le
le taux élevé de mortalité maternelle et néonatale. Le Mali coût des soins prénatals, de l’accouchement et des soins
a adopté en 2002 un plan financé par la communauté, afin postnatals. Chaque femme enceinte et sa famille versent
de fournir à 35 des 57 centres de santé communautaires US $0,26. Le reste des coûts est pris en charge par l’aide
du personnel qualifié pour aider les enfants à naître, au développement française, l’OMS et le district de santé
pratiquer la chirurgie obstétricale d’urgence et également de Nouakchott. Ce plan a permis de financer la formation
fournir au centre des trousses d’urgence, contenant des d’infirmiers(ères) en obstétrique d’urgence et l’embauche
anesthésiques et divers médicaments pour les mères qui de médecins chargés de pratiquer les césariennes. Les
ont besoin d’une césarienne. Le coût est partagé entre les membres de la communauté sont formés à la gestion de
associations de santé communautaires, les partenaires fonds qui couvrent le coût des ambulances.
au développement et le Gouvernement, et les patients La Mauritanie est l’un des cinq pays de la Région africl
versent également une modeste contribution. caine de l’OMS à avoir adopté le programme Pour une grossl
L’OMS et les responsables maliens ont salué la bonnl sesse à moindre risque en 2002, afin de tenter de réduire de
ne volonté dont fait preuve la population en acceptant de moitié, d’ici 2010, son taux élevé de mortalité maternelle.
contribuer financièrement à améliorer la santé de la mère, Cette année, les autorités prévoient d’étendre le système
du nouveau-né et de l’enfant, et disent que le plan doit être de partage des coûts à quatre autres régions du pays.
et la mortalité évitables de la mère,
du nouveau-né et de l’enfant dans
un futur proche. Il faut progresser
rapidement si l’on veut obtenir
les réductions envisagées par les
OMD en matière de santé de la
mère et de l’enfant. La feuille de
route et la stratégie de la PCIME
sont là pour accélérer les progrès
vers la réalisation de ces objectifs.
Cet ambitieux projet des OMD ne
peut réussir dans la Région afric-
caine que si les gouvernements et
les donateurs engagent une quant-
tité de fonds considérable et s’ils
coordonnent de près les efforts
qu’ils déploient pour améliorer dur-
rablement la santé de la mère, du
OIM
nouveau-né et de l’enfant. ■
L’avenir des enfants dépend des
décisions prises aujourd’hui.
32 Rapport sur la santé dans la Région africaine
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La santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant Chapitre 2 33
Chapitre 3
Chapitre 3
Messages clefs
Les maladies infectieuses sont un obstacle majeur au développement
La géographie et le climat sont propices aux maladies infectieuses
Le VIH/SIDA favorise l’apparition d’autres maladies infectieuses, notammm
ment de la tuberculose
La pénurie de personnel de santé entrave les efforts dans le domaine des soins
Solutions
Appliquer à plus grande échelle les interventions de santé publique testées
et éprouvées
Etendre les approches simplifiées, à faible coût, en matière de traitement
Favoriser la recherche et développement pour trouver des médicaments et
des vaccins plus efficaces
Promouvoir les rapports sexuels protégés, et le dépistage du VIH et le
conseil pour prévenir de nouvelles infections à VIH et inverser la tendance
de la pandémie de SIDA
Les maladies
infectieuses en Afrique
Principal obstacle au développement
D
e nombreux peuples d’Afrique ne bénéficient toujours pas des progrès en matt
tière de diagnostic, de prévention, de traitement des maladies courantes et de
niveau de vie qui ont contribué à allonger l’espérance de vie dans la plupart
des autres pays du monde au cours des 50 dernières années. Contrairement à d’autres
régions du monde, la Région africaine attribue encore en grande partie la lenteur des
progrès du développement humain aux ravages des maladies infectieuses.
Les peuples d’Afrique souffrent d’un large éventail de maladies infectieuses qui
pourraient être évitées et qui peuvent être guéries. Le VIH/SIDA, la tuberculose et
le paludisme feraient à eux seuls près de 3 millions de morts chaque année dans
la Région. Les enfants africains sont les plus touchés par la rougeole, les infections
d’origine hydrique et les parasitoses, avec pour conséquence la précarité, l’appauvrisst
sement, d’innombrables décès et une productivité réduite. L’utilisation de ressources
précieuses pour lutter contre ces maladies entraîne les pays dans un cycle inéluctable
de pauvreté et de mauvaise santé.
L’une des raisons de la lenteur des progrès dans la lutte contre les maladies infectt
tieuses en Afrique est son coût. De nombreux pays africains n’ont pas les moyens de
diagnostiquer et de traiter les infections courantes. Les dépenses de santé dépassent
rarement 5 % du produit intérieur brut d’un pays et se limitent parfois même à 2 %.
Les dépenses publiques moyennes en matière de santé se situent aux alentours de
US $10 par personne et par an, les malades et leur famille devant prendre en charge
eux-mêmes les coûts restants, qui peuvent être importants. Selon une estimation réalt
liste, la fourniture de soins de santé minimums aux populations africaines reviendrait
à environ US $34 par personne et par an, alors que les pays à revenu élevé dépensent
quant à eux US $2000 par personne, voire plus.
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 37
VIH/SIDA, tuberculose et paludisme
L’effet dévastateur du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme – les trois grandt
des maladies – sur la santé des habitants des pays en développement leur a valu de
constituer à elles seules un objectif du Millénaire pour le développement, l’OMD
6. Atteindre cet objectif dans la Région africaine s’avère difficile et sera sans doute
même impossible faute d’un financement suffisant.
Sur les principaux facteurs qui contribuent à raccourcir l’espérance de vie dans la
Région, plus de six sont des maladies infectieuses : le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludt
disme, les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës et les maladies évitabt
bles par la vaccination. Des efforts concertés pour lutter contre les maladies infectieuses
en Afrique ont permis d’obtenir des victoires spectaculaires contre la lèpre, la cécité des rivt
vières (onchocercose), la poliomyélite et la maladie due au ver de Guinée (dracunculose),
tandis que d’autres efforts – visant notamment les trois grandes maladies – n’ont eu que
peu d’impact, malgré les progrès récents des techniques de prévention et de traitement.
Le VIH/SIDA est la principale cause de mortalité et de morbidité chez l’adulte
dans la Région, tandis que le paludisme est la principale cause de mortalité et de
morbidité chez les enfants de moins de cinq ans. L’épidémie de VIH/SIDA touche le
plus durement les pays d’Afrique australe.
Le paludisme n’a cessé de sévir dans les pays au sud du Sahara depuis des sièct
cles et, malgré des décennies d’efforts pour lutter contre celui-ci, l’Afrique représente
encore plus de 90 % de la charge mondiale de morbidité. Les jeunes enfants et les
femmes enceintes des zones rurales sont ceux qui souffrent le plus des complicatt
tions du paludisme et qui risquent le plus d’en mourir. Malgré d’énormes efforts et un
financement accru, les populations les plus exposées sont encore dépourvues d’un
accès adéquat à des services efficaces de prévention et de traitement.
Avec l’apparition de médicaments curatifs il y a plus de 50 ans, la tuberculose est
devenue une maladie que les pays industrialist
sés riches considèrent désormais comme une
Fig 3.1 maladie du passé. La tuberculose est pourtt
Progrès régionaux vers un taux de détection de 70 % de la tuberculose : tant en augmentation dans la Région avec
Europe : faibles, Asie du Sud-Est : en hausse, Amériques : importants plus d’un million de nouveaux cas notifiés
70 en 2003. Pour atteindre l’OMD 6, beaucoup
plus de personnes doivent être dépistées
60 (voir la Figure 3.1) et traitées contre la tuberct
Taux de détection des cas
culose, en particulier si elles sont infectées
(à frottis positif, en %)
Amériques
50 par le VIH. L’OMD 6 ne sera pas atteint tant
Pacifique Afrique que la transmission du VIH/SIDA ne sera pas
40 occidental pratiquement interrompue dans les 24 pays
à forte charge de la Région africaine. Dans le
30 Asie du Sud-Est cadre de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 »,
Monde Méditerranée orientale on recense 34 pays à forte charge de morbidt
20 dité dans le monde.
Europe
10
Les défis pour la lutte
0
contre la maladie
1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006
Les maladies infectieuses continuent de prélt
Source : Maladies transmissibles dans la Région africaine de l’OMS, 2003. Division Prévention et Lutte
lever un lourd tribut sur les pays africains
contre les Maladies transmissibles. Bureau régional OMS de l’Afrique, 2004.
et cela pour diverses raisons. Les vecteurs
38 Rapport sur la santé dans la Région africaine
comme les moustiques et les mouches sont devenus résistants aux insecticides, ce
qui a réduit l’effet des mesures de lutte contre les maladies à transmission vectorielle.
Pour de nombreuses maladies – notamment le VIH/SIDA et le paludisme –, il n’existe
pas de vaccins. Le manque de succès des stratégies de lutte s’explique également par
le fait que certains pathogènes deviennent rapidement résistants aux médicaments.
En outre, il ne fait aucun doute que le type et la gravité des maladies infectieuses
en Afrique évoluent en raison des changements des comportements humains. Les
flambées de fièvres virales mortelles sont des exemples des conséquences imprévisibt
bles de l’évolution des modes d’utilisation des terres. Des populations sont mises en
contact étroit avec des agents infectieux du fait de l’urbanisation, des conflits, des
migrations, du tourisme et du commerce.
Le climat et la géographie de l’Afrique favorisent la propagation des maladies infectt
tieuses. Les moustiques qui transmettent le paludisme se multiplient tout au long de
l’année dans le climat chaud et humide qui prévaut sur de vastes étendues du continent.
Dans les zones de brousse, le phlébotome transmet la leishmaniose. Les simulies qui
transmettent la cécité des rivières (onchocercose) se reproduisent sur les rochers des
rivières à fort courant. La mouche tsé-tsé transmet la maladie du sommeil (trypanosomt
miase) tandis que les mouches ordinaires transmettent le trachome, qui entraîne la céct
cité. Les chiens, les chats et les chauves-souris transmettent la rage qui peut être mortelle
pour l’homme. Les mollusques d’eau douce sont porteurs de schistosomes, parasites
responsables de la schistosomiase (bilharziose).
Les habitants du sud de la région du Sahel et de certaines parties de la région des
Grands Lacs et d’Afrique australe sont exposés à la méningite épidémique. Les jungles
hébergent des virus de fièvres hémorragiques
rares mais spectaculaires, comme les virus
Marburg et Ebola. Le simple fait d’abattre des Fig 3.2
arbres autour d’un village peut entraîner une Administration médicamenteuse de masse pour l’élimination de la filariose
flambée d’une de ces maladies très souvent lymphatique : population cible/nombre de personnes traitées
mortelles. Les moustiques qui transmettent
le paludisme sont capables de se reproduire
dans une empreinte de pas remplie d’eau. 50
D’autres moustiques transmettent la fièvre 45
jaune, la filariose lymphatique (voir la Figure Population cible
40
Population (en millions)
3.2) et certains virus de fièvres hémorragiqt Population traitée
ques. L’hépatite, la typhoïde et les maladies 35
diarrhéiques – dont le choléra et la dysenterie 30
bacillaire – prospèrent aussi dans les villes.
25
Les schistosomes sont transmis par des
mollusques d’eau douce, tandis que des vers 20
comme les ascarides, l’ankylostome ou le tént 15
nia sont des géohelminthes, transmis par le
10
sol. La schistosomiase a un impact majeur
sur le développement de l’enfant et la qualt 5
lité de la vie de l’adulte. Selon les estimatt
0
tions, quelque 160 millions de personnes en
2000 2001 2002 2003 2004 2005
Afrique sont infectées par des schistosomes.
Celles-ci sont aussi responsables de l’anémt Année
mie dont souffrent les femmes enceintes. Source : Roungou JB, Mubila L, Dabiré A, Kinvi EB, Kabore A. Progress in lymphatic filariasis elimination in
Les helminthes, toutes espèces confondues, the African Region. Communicable Diseases Bulletin for the African Region, 2005 Mar; 3:10-11.
posent particulièrement problème pour les
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 39
enfants âgés de 5 à 14 ans. Des études montrent en effet qu’une forte infestation
peut compromettre la fonction cognitive des enfants.
Heureusement, il existe des médicaments extrêmement efficaces et d’un coût
abordable, et sûrs pour tous les groupes à risque, y compris les femmes enceintes.
La lutte à grande échelle est techniquement possible mais son maintien reste un
problème. Les helminthes se sont révélés difficiles à combattre lorsque les approvist
sionnements en eau sont insuffisants et l’assainissement inapproprié. Les parasites
Encadré 3.1
La dracunculose et la lèpre au Nigéria
Eradication de la dracunculose : une grande victoire pour la santé publique
L’endiguement de la dracunculose, parasitose due au ver de Guinée, dans la Région africaine a été salué comme une grande victoire pour la
santé publique, mais il reste difficile de préserver cet acquis. La maladie se transmet par l’ingestion d’eau contenant des puces d’eau infestées
par la larve du ver de Guinée. Les larves sont réintroduites dans l’eau quand les
personnes infestées y trempent les pieds. On peut prévenir la dracunculose en
filtrant l’eau à l’aide d’une simple toile. Les mesures prises dans le monde ont
été efficaces et on estime que le nombre de cas a diminué de 97 % depuis 1986.
Des cas continuent de se produire dans 13 pays africains principalement, où la
phase ultime de l’éradication s’avère difficile.
Malgré les mesures prises depuis des années avec un succès relatif, les
habitants du village d’Ikija dans le sud ouest du Nigéria contractent encore la
dracunculose, quoique moins souvent qu’auparavant. « A une époque, les gens
OMS/TDR/A. Crump
retiraient des centaines de vers de leurs jambes. Aujourd’hui, la situation s’est
nettement améliorée », constate le chef du village, Isaiah Sobowale.
« L’eau de notre rivière est essentiellement stagnante. Nous allons y chercm
cher de l’eau vers 5 heures du matin. Après, il ne reste plus rien jusqu’au lendemm
main matin. Des agents viennent traiter l’eau régulièrement, mais nous avons
besoin d’un meilleur approvisionnement en eau », explique un agriculteur, Lekan L’approvisionnement en eau potable est indispm
Fabowale. Il ajoute que les puits peu profonds sont rapidement contaminés et pensable pour faire échec à la dracunculose.
que le village a besoin d’un forage profond.
Lèpre : soins et réinsertion
On recense aujourd’hui dans le monde 90 % de cas de lèpre de moins qu’il y a 20 ans, mais il s’avère difficile de soigner les derniers cas. Dans
la Région africaine, sept pays n’ont pas encore atteint la cible de l’élimination dans le monde, soit moins d’un cas pour 10 000 habitants. Le
Nigéria y est parvenu en 2003, mais a encore du mal à vaincre la discrimination à l’égard des personnes qui portent les signes visibles de la
maladie et à prendre en charge les incapacités qu’elle provoque.
« Le traitement de la lèpre au Nigéria se heurte à la stigmatisation, aux problèmes
socio-économiques et aux handicaps physiques, qui empêchent de nombreux patients
de se faire soigner alors que le traitement est gratuit », explique le Dr M. O. Lawal, Dirm
recteur du programme de lutte antilépreuse au Ministère de la Santé de l’Etat d’Oyo.
Le Gouvernement nigérian a créé un programme national de lutte contre la
tuberculose et la lèpre en 1988. D’après le Dr Lawal, les pouvoirs publics ont l’intentm
tion, à terme, de fermer les léproseries pour soigner les malades au sein de la commm
munauté. Beaucoup de malades ont déjà quitté les léproseries. Certains habitent
dans des cabanes au bord de la route et demandent l’aumône aux passants. « Mon
OMS/P. Virot
père m’a dit que je ne pouvais pas arrêter l’école. J’ai dit qu’il fallait que je mendie
parce que je suis lépreux. J’ai essayé de m’instruire, mais on ne m’a pas accepté
parce que j’avais la lèpre », témoigne Alhaji Shedu Abdullahi, Président de l’organism
sation non gouvernementale Integration, Dignity, Economic and Advancement, qui La lèpre cause parfois des invalidm
aide les malades de la lèpre au Nigéria. dités permanentes.
40 Rapport sur la santé dans la Région africaine
intestinaux persistent généralement aussi longtemps que les gens vivent dans une
extrême pauvreté et, finalement, les améliorations en matière de nutrition et d’assaint
nissement sont plus efficaces à long terme que le traitement médicamenteux.
Les enseignements de la lutte contre les maladies infectieuses ailleurs dans le
monde peuvent être appliqués à l’Afrique même si le continent est confronté à des
obstacles différents. La géographie, le climat et l’instabilité politique en Afrique compt
pliquent en effet la tâche. Cependant, il existe des parties de la Région africaine où
certaines maladies infectieuses ont pu être maîtrisées.
Les maladies contre lesquelles la lutte a été
efficace
La lutte contre les infections a été efficace dans les pays africains où les maladies
présentent des caractéristiques qui les rendent plus faciles à traiter et où elles ont fait
l’objet d’interventions rapides et efficaces. Les maladies transmises par un insecte
vecteur peuvent être maîtrisées tant qu’il existe un insecticide efficace et/ou que
l’homme peut se protéger du contact avec le vecteur. Une méthode simple consiste
à dormir sous une moustiquaire pour éviter d’être piqué la nuit par les moustiques
vecteurs du paludisme. Un vaccin peu coûteux, efficace et facile à administrer est un
outil précieux qui peut mettre à notre portée l’éradication complète d’une maladie
virale pandémique, telle que la poliomyélite, comme c’est le cas aujourd’hui.
Il s’est révélé possible de limiter la propagation des maladies qui ont une évolt
lution longue mais qui ne sont pas facilement transmissibles, comme la lèpre, et de
limiter celle de maladies qui peuvent être maîtrisées au moyen de mesures simples,
comme la filtration de l’eau de boisson pour prévenir
la dracunculose. Ces solutions simples doivent être Fig 3.3
appliquées sans relâche pour lutter durablement contre Prévalence de la lèpre dans la Région africaine, par pays, 1985 et 2003
les maladies et apporter des améliorations durables à
la santé publique (voir l’Encadré 3.1). 1985 2003
Lèpre
La lèpre est en voie d’élimination en Afrique – sa prévt
valence a été ramenée à moins d’un cas pour 10 000
habitants – malgré l’idée traditionnelle que l’on en a, à
savoir qu’il s’agit d’une maladie incurable et très contagt
gieuse. La maladie étant défigurante, les personnes qui
en sont atteintes ont toujours souffert d’une certaine
stigmatisation sociale et d’exclusion. Il existe un traitt
tement efficace, mais le dépistage des cas peut être
difficile et, même aujourd’hui, les malades, éparpillés
sur des zones étendues de la Région, n’ont pas facilemt
ment accès au diagnostic et au traitement. La stratégie Cas notifiés pour 10 000 habitants
régionale de lutte contre la lèpre est simple et efficace, Pays n’appartenant pas à la Région africaine 1–2 cas
elle repose sur le dépistage précoce et sur le traitement Inconnus >2 cas
< 1 cas
au moyen de la polychimiothérapie.
Source : Base de données de l’Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional OMS de
La prévalence de la lèpre a nettement chuté grâce au
l’Afrique, Brazzaville.
succès de cette stratégie (voir la Figure 3.3). Le nombre de
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 41
malades signalés auprès du Bureau régional OMS de l’Afrique a diminué de plus de 60 %,
passant de 127 500 en 1991 à 51 200 en 2003. La couverture thérapeutique est passée
dans le même temps de 28 % à 98 %. Sur cette période de 12 ans, plus de 800 000 cas
au total ont été guéris grâce à la polychimiothérapie et aucune résistance n’a été signalée.
Les Comores, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo
et la République-Unie de Tanzanie approchent de la cible de l’élimination. L’Angola,
Madagascar et le Mozambique comptent encore des régions de forte endémicité. La
polychimiothérapie pendant 24 mois est très efficace et, dans le cadre de programmes
systématiques, le taux de rechute n’est que de 0,1 % par période de cinq ans.
Les malades de la lèpre ne sont plus victimes d’ostracisme comme c’était le cas
par le passé et ils ont désormais accès au traitement médical. Une fois guéris, il est
également plus facile pour eux de se réinsérer dans leur communauté. Toutefois, dans
les pays qui approchent du but de l’élimination, il est difficile d’atteindre les quelques
derniers patients vivant dans des communautés isolées. Une surveillance active s’impt
pose pour veiller à ce que ces personnes soient diagnostiquées et traitées.
Onchocercose
Des villages abandonnés sur des terres fertiles le long des rivières témoignent du
dilemme auquel sont confrontées les populations qui doivent choisir entre pouvoir
se nourrir convenablement et conserver la vue. L’onchocercose, ou cécité des rivières,
est une maladie parasitaire provoquée par des vers transmis par une simulie qui se
reproduit dans les eaux de rivières turbulentes. Dix-sept millions de personnes vivant
en Afrique de l’Ouest et du Centre seraient infectées. L’infection chronique entraîne
progressivement des changements cutanés et la cécité. Les gens qui deviennent
aveugles à cause de l’onchocercose ont une espérance de vie équivalente à un tiers
de celle des personnes de la même région ayant conservé la vue.
Le programme de lutte contre l’onchocercose, mis en place en 1974, utilisait
des larvicides chimiques et biologiques pour détruire les larves de simulies sur pratiqt
quement toutes les rivières infestées de 11 pays d’Afrique de l’Ouest. C’est devenu
l’un des plus importants programmes de la Région et l’une des campagnes de
santé publique les plus efficaces. Au total, 1,2 million de kilomètres carrés en
Afrique de l’Ouest ont ainsi été entièrement libérés de l’onchocercose. Des terres
fertiles ont été repeuplées et environ 40 000 cas nouveaux de cécité ont ainsi
été évités chaque année. La durée de vie des vers adultes responsables
de la maladie étant de 10 à 15 ans, les mesures de lutte doivent être
maintenues au moins aussi longtemps. Les mesures de lutte antivt
OMS/H. Anenden
vectorielle à grande échelle – consistant à pulvériser par avion des
larvicides sur les rivières – ont fait place au traitement de masse par
l’ivermectine des personnes vivant dans les zones d’endémie, une
ou deux fois par an, pour prévenir la cécité et réduire la transmisst
sion résiduelle. Le programme africain de lutte contre l’onchocerct
cose, lancé en 1995, a permis de traiter à ce jour 34 millions de
personnes dans 16 pays. Ces programmes sont des exemples
42 Rapport sur la santé dans la Région africaine
d’adaptation des moyens aux besoins de la lutte contre les maladies infectieuses et
montrent que la poursuite des efforts pendant trois décennies contre cette maladie
parasitaire persistante a permis d’obtenir des gains mesurables. En aidant à éliminer la
cécité des rivières en tant que problème de santé publique, l’OMS et d’autres partenairt
res ont apporté une contribution majeure à la réduction de la pauvreté dans la Région
africaine. Préserver ce succès historique reste toutefois un véritable défi.
Poliomyélite
Lorsque l’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite a été lancée en
1988, le poliovirus sauvage était endémique dans 125 pays et paralysait plus de 1000
enfants par jour. Par la vaccination de 2 milliards d’enfants contre la maladie, cette
énorme campagne de santé publique a ramené le nombre de cas à moins de 1000 par
an au niveau mondial, pour la plupart en Afrique.
En 2004, on comptait 935 cas de poliomyélite dans plus de 12 pays de la Région
africaine, dont 84 % sont survenus au Nigéria. Ce chiffre représentait une augmentt
tation de 100 % par rapport au nombre de cas enregistré en 2003. Ce recul doit
toutefois être replacé dans le contexte des progrès d’ensemble considérables. Malgré
les flambées épidémiques survenues en Angola, au Cap-Vert et en République démt
mocratique du Congo en 2000, 31 pays se sont maintenus exempts de poliomyélite
pendant plus de trois ans. La vaccination antipoliomyélitique a repris en 2004 au Nigt
géria après une suspension de 11 mois et le nombre de cas a ensuite diminué. Outre
les campagnes de ratissage organisées à la suite de cas
sporadiques, la vaccination systématique est nécessaire
pour éviter la réinstallation du poliovirus sauvage.
Chaque pays doit continuer de surveiller les cas de
paralysie flasque aiguë, qui peut être due à d’autres virus,
et analyser les échantillons coprologiques pour éliminer la
poliomyélite comme agent étiologique. Cette surveillance
aide aussi à évaluer la couverture des autres vaccinations
et à mesurer les progrès vers l’éradication de la poliomyélt
lite. Les pays doivent montrer qu’ils maintiennent la survt
veillance et les tests pour confirmer qu’il n’y a eu aucun
cas de poliomyélite pendant trois années consécutives,
après quoi l’éradication peut être déclarée et les pays certt
OMS/H. Anenden
tifiés exempts de poliomyélite. En 2005, sur les 46 pays
de la Région africaine, 35 avaient atteint le niveau de survt
veillance voulu pour la certification. L’éradication de la
poliomyélite dans la Région dépend en fin de compte
La route a été longue pour éradm
beaucoup de la qualité du travail effectué par les 16 labort
diquer la poliomyélite.
ratoires du réseau régional des laboratoires de la poliomyélite de la Région africaine.
Tous les membres du réseau ont conservé leur statut d’accréditation auprès de l’OMS
en 2005 – condition nécessaire pour parvenir à l’éradication dans la Région.
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 43
Maladies les plus préoccupantes pour le grand
public
Contrairement aux maladies qui ont été maîtrisées avec un succès relatif, certaines
continuent de sévir malgré les mesures de lutte, et préoccupent donc particulièremt
ment l’opinion publique. Le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme ont progressé
en Afrique depuis 20 ans. En ce qui concerne le VIH/SIDA, le fait de n’avoir pu juguler
l’épidémie est dû en grande partie à l’absence de vaccin et à l’impossibilité de changt
ger les comportements humains. La tuberculose réapparaît lorsqu’elle est favorisée
par l’épidémie de VIH. La persistance du paludisme est due aux insuffisances de la
lutte antivectorielle et à la résistance aux médicaments.
VIH/SIDA
L’Afrique est la région du monde la plus touchée par la pandémie de VIH/SIDA. Elle
compte environ 11 % de la population mondiale mais plus de 60 % des personnes
vivant avec le VIH dans le monde. En 2005, on estimait que 25,8 millions de
personnes vivaient avec la maladie, 3,2 millions de personnes avaient été infectées
par le VIH, tandis que 2,4 millions étaient mortes du SIDA dans la Région. Dans 16
pays d’Afrique, 10 % au moins de la population est infectée.
La transmission hétérosexuelle du VIH est le mode prédominant de transmission
en Afrique. Près de 57 % des adultes infectés sont des femmes. Parmi les jeunes
qui sont infectés, 75 % sont des femmes et des jeunes filles (voir la Figure 3.4). De
nombreux facteurs contribuent à la transmission du virus, notamment les rapports
sexuels monnayés, la violence sexuelle, la mobilité de la population, la pauvreté,
l’instabilité sociale, le manque d’instruction, la fréquence d’autres maladies sexuellemt
ment transmissibles, l’exclusion et la discrimination.
L’épidémie de VIH a eu des effets catastrophiques sur la société africaine car
elle a détruit les individus, les familles, les systèmes de santé et le secteur public.
Néanmoins, les pays de la Région ont fait des efforts pour empêcher le VIH de se
propager. La plupart mettent sur pied des actt
tions intersectorielles contre l’épidémie, dans
le cadre desquelles différents ministères et orgt
ganismes travaillent de concert. Ces actions
sont dirigées par des conseils nationaux du
SIDA dont bon nombre sont présidés par des
chefs d’Etat, comme c’est le cas en Angola et
au Burundi. Des campagnes dans les médias
et des programmes d’information à l’intention
du grand public sont aussi mis en place dans
de nombreux pays, y compris des programmes
visant particulièrement les jeunes et d’autres
groupes vulnérables.
OIM/G. Ola Davies
Des fillettes pleurent leur mère morte du SIDA.
44 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Au cours des dix dernières années, des progrès réels ont été observés en matière
de traitement du VIH/SIDA et de ses complications. Les médicaments antirétroviraux
(ARV) diminuent la charge virale dans le sang et retardent l’apparition des infections
opportunistes, permettant aux gens de récupérer une bonne qualité de vie. Les antirt
rétroviraux sont également extrêmement efficaces dans la prévention de la transmisst
sion mère-enfant du VIH pendant la grossesse et l’accouchement, et – à mesure que
le prix de ces médicaments baisse – leur généralisation est un objectif réaliste même
dans les pays pauvres.
L’OMS et l’ONUSIDA ont déclaré en 2003 que le manque d’accès aux médicamt
ments antirétroviraux permettant de soigner le VIH/SIDA dans les pays en développemt
ment constituait une urgence de santé publique. Depuis lors, les deux organisations
et leurs partenaires ont milité pour élargir l’accès au traitement antirétroviral dans le
cadre de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » visant à permettre à 3 millions de personnt
nes vivant avec le VIH/SIDA de bénéficier d’une thérapie antirétrovirale (TARV) d’ici
à la fin de 2005. En décembre 2005, le nombre de personnes vivant en Afrique subst
saharienne sous traitement avait été multiplié par plus de huit, passant de 100 000 à
810 000 en l’espace de deux ans. Sur les 3 millions de personnes visées par l’initiative
« 3 millions d’ici 2005 », 2,3 millions vivent en Afrique subsaharienne. L’OMS et ses
partenaires ont aidé 24 des pays fortement touchés de la Région à former davantage
de personnel pour administrer la thérapie antirétrovirale. La couverture par la thért
rapie devrait augmenter encore compte tenu du ferme engagement manifesté par
Fig. 3.4
Prévalence du VIH chez les 15-24 ans dans certains pays d’Afrique subsaharienne, 2001-2003
20
Hommes Femmes
Prévalence du VIH (%)
15
10
0
Niger Mali Burundi Kenya Zambie Afrique du Sud Zimbabwe
(2002) (2001) (2002) (2003) (2001–02) (2003) (2001–02)
Sources : Burundi (Enquête nationale de séroprévalence de l’infection par le VIH au Burundi. Bujumbura, décembre 2002). Kenya (Kenya Demographic and Health
Survey 2003). Mali (Enquête démographique et de santé. Mali 2001). Niger (Enquête nationale de séroprévalence de l’infection par le VIH dans la population
générale âgée de 15 à 49 ans au Niger (2002)). Afrique du Sud (Pettifor AE, Rees HV, Steffenson A, Hlongwa-Madikizela L, MacPhal C, Vermaak K, Kleinschmidt
I: HIV and sexual behaviour among young South Africans: a national survey of 15-24 year olds. Johannesburg: Reproductive Health Research Unit, University of
Witwatersrand (2004). Zambie (Enquête démographique et sanitaire 2001-2002). Zimbabwe (The Zimbabwe Young Adult Survey 2001-2002).
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 45
Encadré 3.2
Burundi : les militants redonnent espoir aux personnes vivant avec le VIH
Etre VIH-positif au Burundi dans les années 80 ou 90, c’était être Aujourd’hui, plus de 4000 Burundais reçoivent des antirétrovirm
condamné à mort. En l’absence de traitement, et la population raux gratuitement et les personnes VIH positives peuvent espérer vivm
croyant que la maladie était un châtiment de Dieu, beaucoup de malm vre plus longtemps grâce au soutien de leurs associations et aux traitm
lades sombraient dans le désespoir et abandonnaient leur famille, tements subventionnés. Mais malgré leur efficacité, ces associations
sans savoir que l’infection à VIH/SIDA était une maladie qu’il est sont débordées. Le Dr Marie Jose Mbuzenakamwe, qui coordonne
possible d’éviter et de traiter. l’ANSS, explique que son association ne peut faire face à la demandm
Trois associations ont été créées au Burundi pour informer les de toujours plus grande de services de dépistage et de soutien. Elle
gens sur la maladie, combattre la discrimination à l’égard des personnm estime que tous les établissements de santé devraient assurer des
nes vivant avec le VIH/SIDA et leur apporter un soutien : la Burundian services VIH afin que les patients n’aient pas à se déplacer trop loin
Society for Women Against AIDS in Africa (Société burundaise des pour bénéficier du traitement.
Femmes contre le SIDA en Afrique) en 1992, l’Association nationale Le Conseil national sur le SIDA a déjà désigné des hôpitaux et des
de Soutien aux Séropositifs (ANSS) et le Réseau burundais des Persm associations chargés d’aider à la distribution des antirétroviraux et à la
sonnes vivant avec le VIH/SIDA (RBP+). Ces associations incitent les prestation de services connexes, mais tous n’ont pas les infrastructures
Burundais à faire faire un test de dépistage, redonnent espoir et courm et le personnel voulus. Il y a une pénurie de nécessaires de diagnostic
rage aux personnes VIH positives pour qu’elles fassent valoir leurs et les associations craignent que les patients ne puissent plus se procurm
droits et, parmi leurs nombreuses autres activités dans le domaine rer de médicaments si les donateurs coupent les vannes.
de la santé publique, sensibilisent aux dangers du VIH.
La campagne menée pendant toutes ces années a donné des
résultats. Les militants ont commencé à parler de la séropositivité à
la télévision alors que c’était jusque-là un sujet tabou. De son côté, le
Gouvernement burundais a présenté un projet de loi contre la discrimm
mination à l’égard des personnes VIH positives, qui a été adopté par
l’Assemblée nationale en mars 2005. Adrienne Munene, responsable
Judith Basutama
des services de conseil à RBP+, pense que la nouvelle loi aidera les
personnes dans des situations comparables à celle de cette infirmière
VIH positive qui, embauchée par un centre de santé privé à Bujumbm
bura en 2000, n’a jamais eu de contrat. « On lui répétait tout le temps
qu’elle n’était pas comme les autres », raconte Adrienne Munene.
Les porte-parole des personnes VIH-positives ont aussi revendm
diqué énergiquement le droit au traitement et persuadé les pouvoirs
publics de lever les taxes sur les médicaments antirétroviraux. Le
Gouvernement a également accepté de subventionner ces médicamm
ments avec l’aide du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tubercm
culose et le paludisme et a négocié avec les laboratoires pharmaceutm Ce kiosque tenu par la Société burundaise des Femmes contre le SIDA en
tiques pour ramener le coût du traitement de US $96 à US $30 par Afrique (SWAA) vend des préservatifs et des brochures sur le VIH/SIDA. Des
personne et par mois. vidéos d’information sont aussi diffusées à certaines heures de la journée.
les personnes concernées, notamment les personnes vivant avec l’infection et leurs
gouvernements (voir l’Encadré 3.2).Une extension rapide de l’accès au traitement
pour beaucoup plus de malades vivant avec l’infection devrait contribuer encore à la
baisse des prix des médicaments antirétroviraux (voir l’Encadré 3.3).
Au moins 90 % de la population de la Région africaine vivant avec le VIH/
SIDA ignore sa séroposivité, et les tests de dépistage du VIH sont souvent coûtt
teux et ne sont pas toujours disponibles. Toutefois, le fait que les antirétroviraux
soient désormais disponibles à une plus grande échelle devrait encourager davantt
tage de personnes à demander un dépistage du VIH. Pour ce faire et pour rendre
les services de dépistage plus largement accessibles, l’OMS et l’ONUSIDA ont
élaboré des directives régionales sur le conseil et le dépistage volontaire (CDV) et
46 Rapport sur la santé dans la Région africaine
ont publié une déclaration de principe sur la fourniture de services de dépistage
du VIH et de conseil.
Vingt-huit pays – y compris 21 pays à forte endémicité – ont mis au point des
programmes pour élargir l’accès aux médicaments antirétroviraux avec le soutien de
l’OMS et de ses partenaires et, dans 20 d’entre eux, des programmes ont été élaborés
pour suivre et évaluer la thérapie antirétrovirale au fur et à mesure de son application à
plus grande échelle. Le Botswana, la Côte d’Ivoire et le Lesotho sont en train d’élargir
l’accès de leur population au traitement par
la première étape logique du dépistage et du Encadré 3.3
conseil universels. Les directives relatives au
conseil et au dépistage volontaire ont été mist Comment le Cameroun a obtenu des antirétroviraux moins chers
ses au point dans 29 pays au moins, y compt En négociant le prix des antirétroviraux, indispensables. L’exemple du Cameroun
pris les 24 pays à forte endémicité. Il s’agit de nombreux pays pauvres sont parvenus montre qu’il est possible, même quand les
des pays où la prévalence du VIH parmi les à mettre ces médicaments salvateurs à la ressources sont rares, de prendre des mesm
femmes se présentant dans les services de portée d’un plus grand nombre de personnm sures simples pour fournir des antirétrovirm
soins prénatals est supérieure à 1 % et où la nes vivant avec le VIH/SIDA. De leur côté, raux à ceux qui en ont besoin.
les laboratoires pharmaceutiques qui fabriqm Le Cameroun a tout d’abord négocié
prévalence du VIH/SIDA parmi les groupes à
quent des produits génériques identiques avec les fabricants pour ramener le prix
haut risque est de 5 % ou plus. aux médicaments originaux brevetés ont des antirétroviraux à US $50 par patient et
La Région progresse également en mettt contribué à faire encore baisser les prix. par mois au début de 2001, puis à US $40
tant en place une approche simplifiée en matt L’ONUSIDA, l’OMS et d’autres institm au milieu de 2002. Début 2003, la concurrm
tière de santé publique pour la fourniture des tutions du système des Nations Unies ont rence par les génériques étant de plus en
médicaments antirétroviraux qui repose sur pris en 2000 une initiative pour accélérer plus grande, le prix est tombé à environ US
la prise en charge intégrée des maladies de l’accès aux médicaments contre le VIH/ $30 par mois pour le schéma thérapeutique
SIDA en collaboration avec sept entreprism de première intention. Si le traitement de
l’adolescent et de l’adulte (PCIMAA). Trente-
ses pharmaceutiques : Abbott Laboratorm première intention est sans effet, on passe
trois pays ont élaboré et adapté leurs propres ries, Boehringer Ingelheim, Bristol-Myers alors au traitement de deuxième intention.
directives simplifiées en s’inspirant du modèle Squibb, GlaxoSmithKline, Gilead Sciences, Certains pays, dont le Botswana,
de la PCIMAA, pour fournir le traitement antt Merck & Co., Inc. et F. Hoffmann-La Roche. le Burkina Faso, le Burundi, l’Ethiopie, le
tirétroviral à de plus en plus de personnes en Grâce à cette initiative et à la pression Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Zambm
ayant besoin. Ces instruments sont constammt exercée par les fabricants d’antirétroviraux bie, fournissent gratuitement le traitement
ment mis à jour sur la base des données les génériques, le Cameroun a pu se procurer de première intention tandis que d’autres,
ces médicaments à un prix qui est passé de comme le Cameroun, le facturent US $8 à
plus fiables disponibles au niveau internationt
US $10 000 par patient et par an à environ 9 par mois, le reste étant couvert par l’Etat.
nal. En outre, des centres de connaissance US $300 en l’espace de quelques années. Depuis octobre 2004, le Cameroun fournit
régionaux pour le traitement du VIH/SIDA et Le Cameroun a également levé les aux malades le traitement de première intm
des réseaux de ressources techniques regroupt droits et taxes d’importation sur les médicm tention au prix de US $6 à 9 par mois et
pant des experts de la thérapie antirétrovirale caments essentiels qui eux aussi faisaient le traitement de deuxième intention au prix
ont été mis en place pour l’Afrique de l’Est et obstacle à l’approvisionnement en produits de US $14 à 20 par mois.
l’Afrique australe ainsi que pour l’Afrique de
l’Ouest et l’Afrique centrale.
L’OMS et ses partenaires apportent leur aide à au moins 16 pays de la Région
pour renforcer les laboratoires et leur permettre de fournir des services de dépistt
tage du VIH et de comptage des cellules CD. Compte tenu de l’augmentation de la
demande pour les médicaments antirétroviraux, l’OMS et ses partenaires assurent
dans 31 pays de la Région la formation d’agents qui seront chargés d’élaborer des
programmes de gestion des achats et de l’approvisionnement ; ils aident aussi les
pays de la Région à assurer le suivi de la pharmacorésistance du VIH, dans le cadre
des efforts visant à fournir un traitement et des soins appropriés à toute personne
en ayant besoin.
Bien que des progrès aient été faits dans la lutte contre le VIH/SIDA dans la
Région africaine, nombreux sont les défis qui restent à relever. Le manque de servict
ces de diagnostic et de mécanismes de surveillance fait qu’il est difficile de mesurer
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 47
l’incidence et la prévalence des infections opportunistes. La plus répandue est la
pneumonie à Pneumocystis jiroveci, responsable de la grande majorité des décès liés
au SIDA chez les enfants. Après des études menées en Côte d’Ivoire, l’ONUSIDA a
recommandé la prophylaxie triméthoprime-sulfaméthoxazole pour les adultes et les
enfants infectés par le VIH.
Certains préconisent la prophylaxie universelle pour les enfants VIH-positifs
pour prévenir les décès dus à la pneumonie opportuniste. Il est également prévu
de mettre en œuvre des programmes préventifs pour les enfants en Ouganda et au
Sénégal. On n’a toujours pas mis au point de vaccin anti-VIH ni de gel microbicide
efficace pour protéger les femmes. Le principal point de ralliement pour les militants
a été la campagne en faveur de l’accès aux antirétroviraux, car ces médicaments sont
la seule façon de réduire les complications de l’infection à VIH/SIDA, de prolonger la
vie et de prévenir la transmission mère-enfant.
Le Bureau régional OMS de l’Afrique a déclaré que 2006 serait l’année de la
prévention du VIH dans la Région africaine. L’objectif de cette campagne est de
faire en sorte que les médias, les gouvernements et les populations de la Région
soient, avec les partenaires du développement, d’autres parties prenantes et la
communauté internationale qui agit et lutte contre le VIH, davantage sensibilisés à
l’épidémie de VIH/SIDA. La nécessité d’un nouvel élargissement rapide de l’accès
au traitement et à la prévention du VIH/SIDA soulève de nombreuses questt
tions : comment les pays peuvent-ils à long terme soutenir une extension
rapide des traitements sans négliger le développement du système de
santé dans son ensemble ? Quels sont les meilleurs moyens de financt
cer et d’élargir la prévention pour que les services de dépistage et
de conseil soient plus largement disponibles ? Comment les pays
peuvent-ils encourager l’adhésion de tous les secteurs gouvernt
nementaux à ces efforts de santé publique visant à prévenir
et à soigner le VIH/SIDA, une maladie qui touche tous les
secteurs, qu’ils soient publics ou privés ?
Tuberculose
La tuberculose est l’une des plus anciennes maladies
infectieuses du monde. Bien qu’il existe un traitement
efficace, d’un coût abordable et facile d’accès contre
cette maladie depuis les années 50, celle-ci tue encore
1,6 million de personnes chaque année dans le mondt
de. Dans la seule Région africaine, on estime à 2,4
millions les nouveaux cas de tuberculose et à un demi-
million les décès liés à la tuberculose chaque année. En
2003, la Région – où vit 11 % de la population mondiale
– comptabilisait 24 % des cas recensés. Neuf des 22 pays
à forte endémicité, qui totalisent 80 % de l’ensemble des
nouveaux cas de tuberculose, sont situés dans la Région : l’Afriqt
que du Sud, l’Ethiopie, le Kenya, le Mozambique, le Nigéria, l’Ouganda,
la République démocratique du Congo, la République-Unie de Tanzanie
et le Zimbabwe. Onze des 15 pays du monde à plus forte incidence sont
aussi situés dans la Région : l’Afrique du Sud, le Botswana, le Kenya, le
Lesotho, le Malawi, la Namibie, l’Ouganda, la Sierra Leone, le Swaziland,
la Zambie et le Zimbabwe.
48 Rapport sur la santé dans la Région africaine
L’incidence de la tuberculose dans la Région a augmenté parallèlement à l’épidémie
de VIH/SIDA. Les personnes infectées par le VIH contractent facilement les infections
tuberculeuses du fait de l’affaiblissement de leur système immunitaire et développent
ensuite une tuberculose évolutive. Une personne dont le système immunitaire est fort
se rétablit aisément d’une tuberculose primaire et n’a que 10 % de risque de rechuter au
cours de sa vie. Par contre, on estime qu’un tiers des personnes qui sont décédées de
la tuberculose en 2003 dans la Région africaine étaient VIH-positives.
En moyenne, près d’un tiers des patients atteints de tuberculose recensés dans
les pays de l’Afrique subsaharienne sont également infectés par le VIH et, dans la
plupart des pays de l’Afrique australe – tels que l’Afrique du Sud, le Lesotho, le Malt
lawi, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe –, plus des deux tiers des enfants et des
adultes atteints de tuberculose sont également infectés par le VIH. La tuberculose
frappe de plus en plus fréquemment les membres les plus jeunes, économiquement
productifs, de la société dans cette Région, en particulier les jeunes filles et les femmt
mes, marquant une étroite ressemblance avec la tendance de la prévalence du VIH.
La méthode de diagnostic recommandée est l’examen microscopique des frottis
de crachat. La nécessité d’un matériel spécialisé et de personnel qualifié pour réaliser
ce test limite les possibilités de disposer de services de diagnostic. La tâche est encore
compliquée par le fait que l’examen microscopique des frottis chez les personnes égalt
lement infectées par le VIH ne permet pas de diagnostiquer aussi efficacement la tubt Le nombre de cas de
berculose que chez les personnes qui ne sont pas VIH-positives. Le nombre de cas de
tuberculose dus à une co-infection par le VIH étant de plus en plus important, de plus tuberculose dus à une co-
en plus de cas ne sont pas diagnostiqués. Du fait de la co-infection, la tuberculose est
de plus en plus fréquente chez les 15-49 ans. Les enfants de moins de cinq ans sont infection par le VIH étant
les membres de la population les plus vulnérables à une tuberculose due à une infectt
tion au VIH, tandis que ceux âgés de 3 à 15 ans sont relativement résistants. Le risque de plus en plus important,
pour une mère VIH-positive de transmettre le virus à son enfant est de 25 à 48 % en
l’absence de traitement visant à prévenir la transmission de la mère à l’enfant et ces de plus en plus de cas ne
enfants VIH-positifs ont eux-mêmes un risque élevé de contracter la tuberculose.
Malheureusement, la tuberculose est difficile à diagnostiquer chez l’enfant car sont pas diagnostiqués.
les signes et les symptômes ne sont pas spécifiques. Par ailleurs, la vérification de
l’allergie tuberculinique chez les enfants VIH-positifs étant souvent négative, la tuberct
culose n’est pas diagnostiquée et n’est donc pas traitée chez de nombreux enfants.
En outre, les enfants ne produisent que peu de crachats sur demande et l’examen
microscopique a tendance à donner des résultats négatifs compte tenu du nombre
relativement faible de bacilles actifs. On estime que la moitié seulement des cas de
tuberculose déclarés en Afrique sont diagnostiqués et traités. Parmi les cas traités,
près d’un cinquième échappent au suivi avant l’achèvement du traitement.
La stratégie DOTS, l’approche la plus efficace pour combattre la tuberculose, a
été mise en œuvre avec succès dans la Région africaine. Elle repose sur la volonté
des pouvoirs publics, la qualité de l’examen microscopique pour le diagnostic, un
approvisionnement fiable en médicaments antituberculeux de grande qualité admint
nistrés en cure courte, dans des conditions appropriées, et comprend l’observation
directe de la prise du médicament par le patient au moins pendant la phase initiale
intensive du traitement ainsi qu’un système de suivi et d’évaluation du dépistage et
des résultats des traitements.
Une étroite supervision signifie des taux de guérison plus élevés, moins de rect
chutes et permet de prévenir la pharmacorésistance. Cependant, la pénurie croisst
sante d’agents de santé qualifiés dans la Région africaine rend cette tâche difficile à
accomplir. Un traitement complet dure de 6 à 8 mois, une durée contraignante à la
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 49
fois pour les patients et le personnel soignant. De nouveaux médicaments, permettt
tant des cures plus courtes, font cruellement défaut.
La vaccination par le BCG (bacille Calmette-Guérin) est systématique pour les
nouveau-nés dans la Région africaine. Toutefois, même si le vaccin protège les perst
sonnes contre les formes graves de la tuberculose, il n’a que des effets minimes sur la
prévention de la tuberculose pulmonaire et ne réduit donc pas la charge globale de la
tuberculose. Un nouveau vaccin plus efficace est manifestement nécessaire.
Les souches polypharmacorésistantes ne sont pas encore un problème majeur
dans la Région africaine mais apparaissent néanmoins à certains endroits. Elles doivt
vent donc être endiguées et traitées, et l’interaction avec l’épidémie de VIH doit être
étudiée de manière approfondie. Les interventions destinées aux personnes infectées
Encadré 3.4
Le VIH et la tuberculose en Afrique du Sud
Conjugués l’un à l’autre, le VIH/SIDA et la tuberculose ont des effets pas la fin du monde. C’est beaucoup mieux d’avoir affaire à quelqu’un
dévastateurs dans certaines parties de la Région africaine. Quand il qui sait exactement ce que c’est que de vivre avec le VIH, quelqu’un
est apparu qu’il serait impossible d’endiguer la propagation du VIH et qui a les mêmes problèmes, les mêmes souffrances. »
de réduire la mortalité par SIDA sans rien faire contre la tuberculose, Le traitement de la double infection pose de grandes difficultm
de nombreuses initiatives ont été prises pour traiter les deux maladm tés. Le classique frottis de dépistage de la tuberculose est souvent
dies à la fois et apporter un soutien aux personnes co-infectées. négatif chez les VIH-positifs, ce qui peut retarder la mise en route
On estime qu’en 2003, plus de 100 000 personnes souffraient à du traitement antituberculeux. Un dépistage tardif peut s’avérer fatal
la fois d’une infection à VIH et de la tuberculose en Afrique du Sud, et beaucoup de tuberculeux ne veulent pas se soumettre à un test
soit plus que dans n’importe quel autre pays. L’Afrique du Sud occupe VIH à cause de la stigmatisation à laquelle la maladie donne lieu.
le treizième rang dans le monde pour ce qui est de la prévalence de la Les directives de l’OMS et les directives nationales recommandent
tuberculose et, d’après les estimations, 61 % des tuberculeux recensm d’administrer d’abord le traitement antituberculeux de six mois sous
sés dans ce pays sont également porteurs du VIH. observation directe avant de passer aux médicaments antirétroviraux
Une organisation à but non lucratif, The Massive Effort Campaign, (ARV) pour traiter l’infection à VIH/SIDA. Pour les tuberculeux qui
s’applique à coordonner la lutte contre la tuberculose, le VIH et le palm présentent les symptômes cliniques d’un SIDA avancé, le protocole
ludisme. « La tuberculose est aujourd’hui l’affection qui tue le plus de recommandé est de deux mois de traitement antituberculeux, suivi
malades du SIDA en Afrique du Sud. Pourtant, c’est une maladie qui par la mise sous ARV. Mais pour certains patients, la seule solution
se traite et se guérit facilement : les médicaments et le diagnostic est de commencer en même temps le traitement antituberculeux et
sont gratuits et accessibles partout dans le pays », constate Patrick le traitement antirétroviral, ce qui suppose parfois de prendre 10 à 12
Bertrand, coordonnateur régional de la campagne. pilules trois fois par jour.
L’initiative ProTEST, parrainée par l’OMS-ONUSIDA, a fourni aux
VIH-positifs un médicament antituberculeux, l’isoniazide, pour éviter
qu’ils ne développent la tuberculose évolutive. ProTEST a également
dirigé des programmes pilotes dans l’est, le centre et l’ouest de la
région du Cap et au KwaZulu Natal. Un centre de bénévoles a par
ailleurs été créé à Grahamstown, dans la province du Cap oriental. Le
centre Raphael offre aux habitants des cités locales des services de
conseil, de soutien et une assistance pratique pour les aider à suivre
le traitement et à faire face aux deux maladies. Il assure également le
dépistage sur place, une des premières mesures recommandées par
ProTEST pour combattre la double épidémie.
OMS/M. Kokic
Xoliswa Mjuleni, qui se rend au centre régulièrement, a découvm
vert qu’elle était VIH-positive en 1999. Elle était terrifiée au début,
mais à force de fréquenter le centre, elle a repris confiance, elle s’est
fait de nouveaux amis et a retrouvé « une raison de vivre ». « Nous
nous soutenons les uns les autres. Ce n’est pas toujours facile de Les microscopistes qualifiés jouent un rôle
s’entendre dire par quelqu’un qui n’est pas contaminé que le VIH n’est essentiel dans la lutte antituberculeuse.
50 Rapport sur la santé dans la Région africaine
à la fois par la tuberculose et le VIH, telles que la chimioprophylaxie par l’isoniazide
pendant 6 à 12 mois, se sont révélées efficaces pour réduire l’incidence de la tubercult
lose chez les personnes VIH positives. Ce type d’intervention est mis en place dans
certains pays mais n’a pas encore été appliqué à une échelle suffisamment vaste pour
avoir une incidence significative (voir l’Encadré 3.4). La bataille contre la tuberculose
n’a pas encore été gagnée dans la Région africaine et a été déclarée « urgence de
santé publique » par le Comité régional en 2005.
Paludisme
Le paludisme provoque d’énormes souffrances humaines et a des effets économiques
et sociaux catastrophiques dans la Région africaine où il est endémique dans 42 des
46 Etats Membres. Des estimations montrent que les pays africains où le paludisme
est endémique perdent 1,3 point de pourcentage de croissance économique par an
par rapport à des pays analogues où la maladie n’est pas endémique et que le coût
annuel de la perte de productivité et du traitement contre le paludisme s’élève dans
la Région à près de US $12 milliards.
L’Afrique totalise, selon les estimations, plus de 90 % des 300 à 500 millions
de cas cliniques de paludisme qui surviennent dans le monde chaque année, et les
enfants africains représentent quant à eux près de 90 % des décès d’enfants liés
au paludisme dans le monde, dont le nombre atteint presque un million par an. Le
paludisme contribue de manière significative à l’anémie chez la femme enceinte,
qui entraînerait 10 000 décès maternels chaque année. Il est par ailleurs un facteur
d’insuffisance pondérale à la naissance.
Lors d’une réunion tenue à Abuja, au Nigéria, en 2000, les chefs d’Etat et de
gouvernement africains ont reconnu la lourde charge de morbidité palustre et sont
convenus d’en réduire les conséquences en mettant en œuvre de manière universt
selle les interventions testées et éprouvées. Ils se sont engagés à donner accès au
traitement à au moins 60 % des personnes présentant des symptômes de la maladie
dans les huit heures suivant l’apparition de ceux-ci, d’ici 2005, et à réduire de moitt
tié la mortalité palustre dans la Région d’ici 2010. Ils se sont également engagés à
fournir d’ici 2005 à au moins 60 % des femmes enceintes des zones d’endémie des
doses préventives d’antipaludéens et à assurer l’accès aux moustiquaires imprégnées
d’insecticide à au moins 60 % des groupes vulnérables, en particulier les enfants
de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Cet effort concerté s’est
toutefois heurté à des problèmes majeurs et ces objectifs n’ont pas été attt
teints. Parmi ces problèmes, les changements climatiques ont contribué
à élargir l’habitat des moustiques et la résistance aux insecticides a rendu
plus difficile la lutte antivectorielle ; en outre, l’apparition et la propagatt
tion de parasites pharmacorésistants ont rendu complètement inutiles
des traitements jusque-là efficaces et d’un coût abordable.
D’autres facteurs font qu’il est difficile de venir à bout du paludisme.
L’infection concomitante par le VIH a également fait augmenter la charge
OMS/H. Anenden
globale de la morbidité due au paludisme. Le paludisme a fait sa réapparitt
tion dans des zones où conflits et troubles civils ont détruit les systèmes
de santé et/ou chassé les réfugiés de zones de non endémicité vers des
zones fortement impaludées, déclenchant ainsi des épidémies.
Les mesures portant sur l’environnement, telles que l’évacuation des Imprégnées d’insecticide,
eaux stagnantes et l’utilisation de moustiquaires, sont deux moyens efft les moustiquaires sont
ficaces de lutte antipaludique, mais les besoins en interventions simples plus efficaces.
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 51
comme celles-ci sont considérables. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide ont
montré qu’elles permettaient de réduire la transmission du paludisme de 50 %, et
l’on a résolu le problème de la réimprégnation en mettant au point des moustiquaires
dans lesquelles l’insecticide est incorporé aux fibres mêmes et qui ne nécessitent pas
de traitement ultérieur. Huit millions et demi de moustiquaires imprégnées d’insectt
ticide ont été distribuées en 2003, portant le total pour l’Afrique à 20 millions. Mais
avec 650 millions de personnes exposées et compte tenu du fait que la plupart des
moustiquaires imprégnées ne durent qu’environ trois ans, beaucoup de gens ne sont
toujours pas protégés des moustiques vecteurs qui piquent la nuit.
Il semble peu probable que tous les
objectifs d’Abuja soient atteints puisque,
Fig. 3.5
selon le World malaria report 2005, moins
Evolution de l’incidence du paludisme et distribution de moustiquaires de 5 % de la population à risque et seulemt
imprégnées d’insecticide, Erythrée (1997-2004) ment 3 % des enfants de moins de cinq
ans dormaient à l’abri d’une moustiquaire
700 imprégnée d’insecticide.
Moustiquaires imprégnées d’insecticide
distribuées Des études menées au Kenya ont démt
600 montré que les moustiquaires imprégnées
Cas de paludisme
d’insecticide amélioraient sensiblement la
Nombre (milliers)
500 santé des femmes enceintes et des enfants,
et que les avantages s’étendaient aux mént
400 nages non équipés de moustiquaires grâce
à la diminution de la transmission. Le
300 meilleur argument en faveur de ce moyen
simple mais efficace de lutte antipaludique
200 est l’exemple de pays comme l’Erythrée où
les moustiquaires sont distribuées gratuitt
100 tement (voir la Figure 3.5).
Depuis la Seconde Guerre mondiale,
0 les tentatives de lutte contre les moustiqt
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
ques ont été moins efficaces en Afrique
Année
que dans les Amériques. La pulvérisation
Source : Base de données de l’Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional OMS de l’Afrique, de DDT ou d’autres insecticides à effet rémt
Brazzaville.
manent à l’intérieur des habitations peut
être une méthode efficace de lutte antivt
vectorielle, notamment pendant les épidémt
mies de paludisme et dans les situations d’urgence. L’OMS recommande aux pays de
choisir des insecticides en fonction des besoins locaux. Au moins dix pays africains
recourent à la pulvérisation à l’intérieur des habitations dans le cadre de leurs efforts
de lutte antipaludique.
Entre les années 70 et 80, le paludisme a été relativement bien maîtrisé dans
une grande partie de l’Afrique de l’Est, où l’on pouvait se procurer facilement des
médicaments bon marché comme la chloroquine et la sulfadoxine-pyriméthamine.
Aujourd’hui, un traitement efficace et bon marché contre le paludisme au moyen
d’un seul médicament – appelé monothérapie – ne suffit plus dans la plupart des
pays d’Afrique en raison de la résistance au médicament. La chloroquine, l’amodiaqt
quine et la sulfadoxine-pyriméthamine sont encore efficaces contre la maladie dans
certaines régions du monde, mais généralement pas en Afrique. Cela ne laisse à
beaucoup de pays d’autre choix que d’acheter des médicaments plus efficaces mais
également beaucoup plus chers (voir l’Encadré 3.5).
52 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Aucune résistance aux associations comportant de l’artémisinine n’a été signalt
lée à ce jour, mais de nombreux pays africains ne peuvent tout simplement pas payer
le coût de US $2 par adulte pour un traitement par l’artéméther-luméfantrine, la seule
association fixe comportant de l’artémisinine figurant actuellement sur la liste OMS
des médicaments essentiels. Un essai mené récemment à Mbarara, en Ouganda, a
montré que l’administration sans supervision d’artéméther-luméfantrine était aussi
Encadré 3.5
Le traitement du paludisme en Ethiopie
Comme beaucoup de pays de la Région africaine, l’Ethiopie a du nord de l’Ethiopie, se rappelle que, jusqu’en 2004, avant que les
mal à soigner le paludisme en raison de la résistance de plus en pouvoirs publics n’approuvent l’artéméther-luméfantrine comme
plus grande du parasite aux médicaments classiques. La pratiqm traitement de première intention, le personnel soignant adminm
que récente montre les avantages des nouvelles associations nistrait deux médicaments – la sulfadoxine pyriméthamine et la
médicamenteuses par rapport aux anciens médicaments, même chloroquine – aux cas suspectés de paludisme à falciparum en
si elles sont actuellement plus chères. sachant que ces médicaments étaient inefficaces. L’artéméther-
Quand l’Ethiopie a adopté l’artéméther-luméfantrine comme luméfantrine appartient à une classe de médicaments appelés
traitement antipaludique de première intention, l’effet a été spectm ACT, ou associations médicamenteuses comportant de l’artémism
taculaire dans le district reculé de Kafta Humera Wereda. « Les sinine, qui sont actuellement les seuls antipaludiques auxquels
gens en avaient assez de toujours recommencer à prendre des le parasite n’est pas résistant. Mais le prix du traitement, US
médicaments qui ne faisaient plus d’effet », se souvient Seyoum $0,60 pour un enfant et US $2 pour un adulte, est dix fois supérm
Dejene, médecin éthiopien qui exerce dans le district. « Les gens rieur à celui des anciens médicaments.
aiment le Coartem : ils disent que c’est un ‘médicament miracle’ », D’après Jo Mesure, le changement de médicaments a eu
rapporte-t il au sujet d’une marque d’artéméther-luméfantrine. des effets immédiats et spectaculaires, comme le confirme Manm
Chaque année, d’août à novembre, plus de 100 000 travm nica Balasegaram, qui a réalisé une étude pour le compte de
vailleurs itinérants viennent faire les moissons à Kafta Humera MSF afin d’orienter les responsables de la politique pharmaceutm
Wereda, qui compte 65 000 habitants en temps normal. Cette tique nationale éthiopienne : « Avant qu’on commence le projet,
période tombe au plus fort de la saison du paludisme, qui commm le personnel soignant citait le cas de malades qui avaient suivi
mence à la fin des sept à huit traitements de SP (sulfadoxine-pyriméthamine) sans
pluies, en septembre. aucun résultat. ».
De nombreux travailleurs
venus des hautes terres,
où le paludisme n’est
pas endémique, n’ont pas
d’immunité naturelle contre
la maladie. Ils dorment dehors
sans aucune protection contre
les moustiques et ont difficilemm
ment accès aux services de santé,
de sorte que beaucoup d’entre eux
tombent malades. La présence de
tant de travailleurs migrants peut
déclencher une épidémie, car ils
sont plus sensibles à la maladie que
la population locale.
Manica Balasegaram
En 2003, l’Ethiopie a été frappée
par une épidémie de paludisme qui a
fait environ 45 000 victimes à cause
de la résistance du parasite aux ancm
ciens médicaments antipaludiques. Jo
Mesure, ex-coordonnateur médical de Un agent de santé donne de l’artéméther-luméfantrine à
Médecins sans Frontières (MSF) dans le un patient atteint de paludisme à Kafta Humera Woreda.
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 53
efficace que le traitement sous observation directe, offrant ainsi un certain espoir
de généralisation possible du traitement dans une région où le manque d’agents de
santé qualifiés est souvent un frein aux efforts de santé publique. La pharmacorésistt
tance et le changement de la politique pharmaceutique (Figure 3.6) dans environ 18
pays d’un seul coup en 2004 ont entraîné une augmentation brutale de la demande
mondiale d’artémisinine, et des initiatives sont en cours pour accroître l’offre. Ainsi,
des agriculteurs de la République-Unie de Tanzanie ont commencé à cultiver l’arbustt
te d’où est tirée l’artémisinine. L’ingrédient actif est extrait et les comprimés fabriqués
à l’étranger avant d’être réexpédiés en République-Unie de Tanzanie et dans d’autres
pays africains. L’idée est, à terme, de produire localement les comprimés pour répondt
dre à la demande intérieure.
Une autre source de préoccupation en ce qui concerne la lutte antipaludique
est la qualité et la réglementation des médicaments. Certains pays d’Afrique sont en
train d’améliorer leur réglementation pharmaceutique pour l’adapter à l’utilisation des
nouveaux antipaludéens et répondre aux normes internationales. Les pays travaillent
également sur les politiques des prix, car des médicaments chers pourraient être revt
vendus dans la rue ou contrefaits. Lorsque la valeur marchande dans la rue est élevée,
la mortalité augmente de toute façon. En effet, lorsque certains malades ne terminent
pas leur traitement, les parasites deviennent résistants et l’accumulation ou la revente
de médicaments encourage un usage incorrect. Les gens achètent sans se méfier des
médicaments contrefaits parce qu’ils peuvt
Fig 3.6 vent être meilleur marché.
Changement de politique médicamenteuse antipaludique et mise en œuvre Dans les zones où le paludisme sévit
dans la Région africaine : situation en juillet 2005 à l’état endémique, la fièvre est souvent
imputée au paludisme et les malades prennt
nent des antipaludéens sans que le mal ait
été correctement diagnostiqué. Il est donc
essentiel de trouver le juste équilibre entre
un accès rapide aux médicaments et un diagt
gnostic précis, ce qui est difficile lorsque les
pays n’ont pas suffisamment d’agents de
santé qualifiés dans les communautés où la
charge de morbidité est la plus élevée.
Le traitement préventif intermittent
– sous forme de deux ou trois doses de sulft
Pays ayant adopté et mettant en œuvre fadoxine-pyriméthamine pendant la grosst
la politique des ACT* sesse – réduit l’anémie maternelle et le risqt
que d’insuffisance pondérale à la naissance.
Pays ayant adopté mais ne mettant pas
Le traitement préventif intermittent chez la
en œuvre la politique des ACT
femme enceinte est appliqué au Kenya, au
Pays mettant en œuvre d’autres politiques Malawi, en Ouganda, en République-Unie
Pays ne faisant pas partie de la Région de Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe.
africaine de l’OMS Les moustiquaires imprégnées d’insectt
ticide, le traitement préventif intermittent
pendant la grossesse et les associations
comportant de l’artémisinine pour les inft
* Associations thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT).
fections diagnostiquées reviennent, d’après
18 pays de la Région africaine ont modifié leur politique médicamenteuse antipaludique pour passer aux ACT
le Bureau régional OMS de l’Afrique, de US
Source : Base de données de l’Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Afrique, Brazzaville. $2 à 8 par personne et par an, selon que
l’une ou plusieurs de ces mesures simples
54 Rapport sur la santé dans la Région africaine
de lutte antipaludique sont appliquées. Dans de nombreux pays africains, certaines
personnes n’ont pas les moyens de payer autant pour le traitement d’une seule malt
ladie parmi les nombreux problèmes de santé dont elles souffrent ; c’est pourquoi
il faut subventionner le traitement si l’on veut progresser. Selon le World malaria
report 2005, moins de 5 % de la population à risque et seulement 3 % des enfants de
moins de cinq ans dormaient à l’abri d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide.
La couverture des femmes enceintes par le traitement préventif intermittent est
faible dans la Région, le nombre de personnes recevant des antipaludéens efficaces
dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes reste également peu élevé et
l’augmentation de la pharmacorésistance n’arrange rien. Au total, 33 des 42 pays
d’endémie de la Région ont adopté les associations comportant de l’artémisinine
comme traitement de première intention, mais seuls neuf de ces pays appliquent
actuellement de telles politiques thérapeutiques.
Maladies susceptibles de causer des épidémies
Au cours des vingt dernières années, l’Afrique a vu réapparaître des maladies susceptt
tibles de causer des épidémies ainsi que de nouvelles maladies, qui exigent toutes
une réaction rapide et appropriée. Les pays de la Région africaine ont commencé
à mettre en œuvre des réseaux de surveillance intégrée de la maladie et de riposte
(IDSR), une étape majeure pour faire face aux flambées de maladies telles que le
Au cours des 20 dernières
choléra, la méningite, la fièvre de Lassa, la fièvre jaune, l’hépatite E, la dysenterie,
la peste, le paludisme et la leptospirose, qui peuvent déclencher des épidémies. Ces
années, l’Afrique a vu
réseaux de surveillance ont permis d’améliorer la notification épidémiologique et la
détection des flambées épidémiques, ainsi que la confirmation biologique, l’analyse
réapparaître des maladies
des données et l’utilisation des informations.
Trente-neuf des 46 Etats Membres ont mis au point des directives pour la survt
susceptibles de causer des
veillance intégrée des maladies et la riposte. Une étude menée en 2004 et portant
sur 15 pays de la Région a montré que 82 % des districts en moyenne présentaient
épidémies ainsi que de
des rapports épidémiologiques en temps voulu et que 50 % d’entre eux signalaient
les flambées épidémiques suspectées dans un délai de deux jours. Ces premières
nouvelles maladies, qui
constatations traduisent des progrès significatifs.
Le Bureau régional OMS de l’Afrique aide les pays à mettre en place et à renforcer
exigent toutes une réaction
ces systèmes. Une base de données régionale complète pour les maladies transmisst
sibles a été mise sur pied et, à la fin de 2004, 26 pays présentaient dans les délais
rapide et appropriée.
requis des rapports mensuels de surveillance épidémiologique. L’OMS a établi un
réseau de riposte rapide composé de 54 experts afin de fournir un appui technique
aux pays en cas de flambée ou d’épidémie. Des stocks d’urgence de médicaments,
de vaccins, de matériel et de réactifs ont aussi été mis à la disposition des pays en
ayant besoin.
L’OMS a, au cours des dernières années, contribué à la mise en place d’un réseau
de laboratoires nationaux de santé publique dans les Etats Membres afin d’améliorer
l’étude des flambées épidémiques dans chaque pays et leur notification auprès de
la base de données épidémiologiques centrale de la Région. En 2004, toutes les
flambées importantes de la Région ont été confirmées par l’intermédiaire de ce rést
seau régional de laboratoires de santé publique. L’OMS a également contribué à la
formation d’agents chargés dans les Etats Membres de gérer les systèmes de survt
veillance intégrée des maladies et de riposte. Le principal défi à relever à l’avenir sera
d’étendre ces systèmes à chaque district dans chaque Etat Membre, et de veiller à la
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 55
fourniture en temps voulu de l’analyse des données et à l’utilisation des données
de surveillance, en tant qu’outils essentiels à des interventions efficaces dans le
domaine de la santé. Un autre défi consistera à inciter les autorités et les partenaires
au niveau national à maintenir leur engagement de consacrer des ressources et un
financement suffisants à ces systèmes.
Maladies négligées
Les maladies négligées – comme la maladie du sommeil, la leishmaniose viscérale et
l’ulcère de Buruli – continuent à prélever un lourd tribut sur la Région africaine mais
ne sont plus perçues dans les pays développés comme des maladies contre lesquelles
il est besoin de lutter. La recherche et le développement de médicaments contre ces
maladies ne progressent plus et pourtant elles ont encore des effets considérables sur
le développement humain dans la Région et ont même gagné du terrain, tandis que
les efforts se concentraient sur d’autres maladies.
Améliorer la visibilité des maladies négligées est la première étape avant de les
traiter. Il est indispensable de mieux sensibiliser l’opinion à ces maladies et à leurs efft
fets dévastateurs dans la Région alors que l’on parvient au stade final de l’éradication
de la poliomyélite, objectif qui a été largement médiatisé. L’initiative Médicaments
contre les maladies négligées a été lancée en 2003 pour promouvoir la mise au point
de médicaments contre, notamment, la maladie du sommeil, qui touche 500 000
Améliorer la visibilité des personnes dans 36 pays d’Afrique, mais pour laquelle le seul médicament efficace
est extrêmement toxique et doit être administré par voie intraveineuse. L’ulcère de
maladies négligées est la Buruli n’attire pas non plus de fonds suffisants pour pouvoir être combattu, et c’est
pourtant l’infection mycobactérienne la plus courante après la tuberculose et la lèpre.
première étape avant de Selon l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli, des cas ont été observés dans
30 pays du monde, dont 17 dans la Région africaine. On peut recourir au traitement
les traiter. chirurgical, mais il a été démontré récemment que les médicaments utilisés pour traitt
ter d’autres maladies mycobactériennes comme la lèpre et la tuberculose pouvaient
avoir des effets sur les ulcères. D’après l’initiative Médicaments contre les maladies
négligées, sur 1450 nouveaux médicaments arrivés sur le marché mondial depuis
les années 70, 13 seulement visent des maladies qui touchent principalement les
pauvres sous les tropiques, et l’Afrique pour une grande part.
56 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Conclusion : l’exemple des succès passés
Les exemples de succès dans la lutte contre des maladies comme la variole, la lèpre,
la poliomyélite, la dracunculose et l’onchocercose montrent que l’énorme charge des
maladies infectieuses en Afrique peut être réduite en utilisant mieux et en appliquant
plus largement les connaissances et les techniques actuelles. Une volonté politique
alliée à un soutien financier sont les conditions indispensables à la généralisation de
méthodes de lutte éprouvées propres à chaque maladie. Une lutte efficace contre les
maladies est tout à fait faisable moyennant un savant dosage de lutte environnementt
tale, de chimiothérapie de masse, de vaccination, de dépistage des cas, de traitement
et de prévention. En ce qui concerne le VIH/SIDA, les progrès ont été importants et
l’accès aux antirétroviraux s’est amélioré. Au premier semestre de 2005, la plupart des
pays africains ont fait savoir que la demande d’antirétroviraux dépassait leurs capacitt
tés et souligné qu’il était urgent d’accroître les ressources et le soutien technique pour
maintenir la dynamique et élargir l’accès au traitement.
Les interventions doivent être mises en œuvre à grande échelle et dépasser les
niveaux de couverture critiques ; elles doivent par ailleurs être maintenues dans la
durée pour avoir un impact. Une recherche et un développement qui conduiraient
à la mise au point d’un vaccin contre le paludisme et le VIH et d’un vaccin plus
efficace contre la tuberculose permettraient d’éviter une grande partie des décès liés
aux maladies infectieuses dans la Région africaine et de progresser sur la voie de
l’OMD 6 (voir l’Encadré 3.6). Il faut aider davantage la recherche et le développemt
ment, et renforcer les capacités en matière de santé publique. La Banque mondiale
estime qu’il faudrait multiplier par dix les niveaux d’aide actuelle pour combler le
déficit de financement de US $25-40 par personne et par an jugés nécessaires pour
les dépenses de base de santé publique dans les pays africains à faible revenu. Dans
l’intervalle, il est impératif d’utiliser davantage les solutions existantes : de mieux
distribuer les moustiquaires imprégnées d’insecticide ; de maintenir un niveau élevé
de couverture vaccinale systématique par les vaccins recommandés ; d’utiliser à bon
escient les médicaments efficaces contre le paludisme ; de proposer le dépistage
universel du VIH ; de prévenir la transmission mère enfant ; et de maintenir une
prévention ciblée du VIH dans les groupes à haut risque et vulnérables tels que les
professionnels du sexe.
OMS
Les maladies infectieuses en Afrique Chapitre 3 57
Enfin, une collaboration accrue s’impose pour améliorer l’approvisionnemt
ment en eau et les approvisionnements alimentaires et promouvoir des pratiqt
ques sexuelles à moindre risque. Cet effort conjugué contribuera plus que toute
intervention spécifiquement dirigée contre une maladie à rapprocher la Région
africaine des objectifs du Millénaire pour le développement. ■
Encadré 3.6
L’OMD 6 : VIH/SIDA, paludisme et autres maladies
Le sixième OMD consiste, en ce qui concerne le VIH/SIDA – première femmes enceintes de 15 à 24 ans dans huit pays en 2003-2004. D’après
cause de morbidité et de mortalité dans la Région africaine –, à stopper la Banque mondiale, l’épidémie a régulièrement progressé en Afrique
la propagation du virus et à commencer à inverser la tendance d’ici subsaharienne, la prévalence passant d’un peu moins de 3 % en 1990
2015. Les progrès accomplis sur la voie de la réalisation de cet objectif – point de référence pour mesurer les progrès accomplis sur la voie
se mesurent au taux de prévalence du VIH parmi les femmes enceintes de la réalisation des OMD – à un peu plus de 7 % en 2000. En 2005,
âgées de 15 à 24 ans, au taux d’utilisation du préservatif et au nombre la prévalence du VIH chez les adultes de 15 à 49 ans était estimée à
d’enfants orphelins du SIDA. En ce qui concerne le paludisme, la 5,8 %. Ce chiffre plus bas pour la Région africaine s’explique en partie
tuberculose et d’autres grandes maladies infectieuses, l’objectif 6 par un élargissement de la surveillance dans les zones rurales où la
consiste aussi à stopper leur propagation et à inverser la tendance d’ici prévalence est plus faible. Rien n’indique clairement que la prévalence
2015. Les progrès se mesurent au taux de prévalence du paludisme et du VIH diminue en Afrique australe, où certains pays continuent
au taux de mortalité lié à cette maladie, ainsi qu’à la proportion de la d’enregistrer des taux exceptionnellement élevés.
population des zones d’endémie qui utilise des moyens de prévention L’une des plus grandes difficultés pour mesurer les progrès
et de traitement efficaces. Pour la tuberculose, les progrès se mesurent accomplis en vue de réduire la charge du paludisme est le manque de
au taux de prévalence et au taux de mortalité, ainsi qu’à la proportion données. En Afrique, la plupart des paludéens sont soignés à domicile.
de cas détectés et soignés selon la stratégie DOTS. Le nombre de cas signalés par les pays n’est donc pas une indication
C’est l’Afrique australe qui est la plus durement frappée par fiable de la prévalence. Il faut recueillir des données plus exactes pour
l’épidémie de VIH/SIDA : la prévalence y dépassait 15 % chez les mesurer les progrès de la lutte antipaludique.
Incidence de la tuberculose* (taux) par Région de l’OMS Estimations et fourchettes pour la prévalence du VIH chez
l’adulte (de 15 à 49 ans) en 2005 par Région de l’OMS
Pacifique occidental 2004
1990 Pacifique occidental 0.1% [<0.2%]
Asie du Sud-Est
Europe Asie du Sud-Est 0.7% [0.5% - 1.2%]
Méditerranée orientale
Europe 0.5% [0.3% - 0.7%]
Amériques
Méditerranée orientale 0.2% [0.1% - 0.3%]
Afrique
Amériques 0.6% [0.5% - 1.1%]
0 100 200 300 400
Afrique 5.8% [5.1% - 6.5%]
* Les estimations de l’incidence des cas de tuberculose à frottis positif
incluent les porteurs du VIH. Pour toutes les années, les estimations
font l’objet de nouveaux calculs au fur et à mesure que de nouvelles 0 1 2 3 4 5 6 7
informations sont disponibles et que les techniques sont affinées, de sorte %
qu’elles peuvent différer de celles publiées antérieurement. Voir les notes
explicatives en page 149 pour plus de précisions. Les données peuvent être Les chiffres entre crochets représentent la fourchette des estimations.
téléchargées à l’adresse suivante : www.who.int/tb. Source : ONUSIDA/OMS, mai 2006.
Source : WHO report 2006 Global tuberculosis control – surveillance, planning,
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58 Rapport sur la santé dans la Région africaine
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60 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Chapitre 4
Chapitre 4
Messages clefs
Les maladies non transmissibles et les traumatismes constituent un probb
blème de santé publique de plus en plus grave dans la Région africaine
Les pays africains ne consacrent pas des ressources suffisantes à
la lutte contre les maladies non transmissibles
Les donateurs et les instituts de recherche négligent le fardeau de plus
en plus lourd des maladies non transmissibles et des traumatismes
Les facteurs de risque pour les maladies non transmissibles et les maladb
dies chroniques sont en augmentation dans de nombreux pays africains
Solutions
Les gouvernements africains doivent agir vite afin d’éviter les erreurs
des pays riches et industrialisés
Il faut étendre les solutions clefs, peu coûteuses, en particulier la
prévention et la promotion de la santé, à l’ensemble de la population
La législation peut améliorer les soins en santé mentale et la lutte
contre les maladies non transmissibles
Tous les ministères et les organisations non gouvernementales
doivent travailler ensemble pour assurer une approche globale du
problème
Les maladies non
transmissibles en Afrique
Une nouvelle menace
L
es maladies non transmissibles telles que l’accident vasculaire cérébral, le diabète,
le cancer et les cardiopathies, généralement considérées comme des maladies
de l’Occident, sont de plus en plus courantes dans toute la Région africaine.
Les traumatismes sont aussi devenus un problème de santé publique important. On
consacre pourtant peu d’attention et de ressources à ces affections chroniques et aux
traumatismes, souvent relégués au second plan par d’autres affections qui, comme
l’infection à VIH/SIDA, font les gros titres (voir la Figure 4.1).
En réalité, on recense maintenant deux fois plus de décès par maladie cardio-
vasculaire dans les pays en développement que dans les pays développés. En Afrique
du Sud, les maladies non transmissibles venaient en tête des causes de mortalité en
2000, avec 37 % des décès et 21 % des années de vie perdues à la suite d’un décès
prématuré (voir le Tableau 4.1).
En outre, les complications – en particulier l’accident vasculaire cérébral et les
insuffisances cardiaques et rénales – ainsi que certaines formes de cancer, comme le
cancer du col de l’utérus, surviennent à un âge plus précoce et sont plus fréquentes
dans la Région que dans les pays développés. L’âge moyen auquel se produisent les
décès par maladie cardio-vasculaire étant inférieur de 10 ans au moins dans les pays
à faible revenu par rapport aux pays développés, les adultes sont frappés pendant
leurs années les plus productives.
Le double fardeau qui pèse sur l’Afrique
Un double fardeau pèse lourdement sur les systèmes de santé de la Région
africaine : à la mortalité et à la morbidité élevées que provoquent les maladies
transmissibles s’ajoute la fréquence de plus en plus grande des maladies non
transmissibles, au nombre desquelles les maladies mentales et les traumatismes.
Les systèmes de santé conçus pour dispenser des soins aigus et ponctuels dans
Les maladies non transmissibles en Afrique 63
certains pays sont mal adaptés et n’ont pas les ressources nécessaires pour soigner
les maladies chroniques.
Les maladies non transmissibles les plus fréquentes sont associées à un petit
nombre de facteurs de risque courants et modifiables : hypertension, hypercholestér-
rolémie, tabagisme, consommation excessive d’alcool, apport insuffisant de fruits et
de légumes, surcharge pondérale, obésité ou sédentarité. De fait, 75 % à 85 % des
nouveaux cas de cardiopathies coronariennes peuvent être imputés à ces facteurs de
risque qui, liés à l’urbanisation et à la mondialisation, deviennent de plus en plus
importants dans la Région africaine. A mesure que les habitants des villages viennent
s’installer en ville, le régime traditionnel riche en fruits et légumes est progressivem-
ment remplacé par une alimentation riche en calories provenant de graisses animales
et pauvre en glucides complexes.
Ce changement d’alimentation s’accompagne d’une diminution de l’activité
physique due à l’abandon de l’agriculture traditionnelle pour des travaux sédentaires.
Commercialisés dans le monde entier, le tabac, l’alcool et les aliments à forte teneur
en graisses, en sucre et en sel sont consommés dans toute la Région sauf dans les
zones les plus reculées.
Fig 4.1
Charge des maladies non transmissibles et des traumatismes, en DALY* par cause dans la Région africaine de l’OMS, estimations pour 2001
Les maladies non transmissibles et les traumatismes ont représenté 27 % de la charge totale de morbidité dans la Région africaine de
l’OMS en 2001
Traumatismes intentionnels Traumatismes non intentionnels
Affections de la cavité buccale
Maladies de la peau
Diabète sucré
Troubles nutritionnels et endocriniens
Maladies ostéomusculaires Affections neuropsychiatriques
Maladies de l’appareil uro-génital
Anomalies congénitales
Maladies des organes
des sens
Maladies de l’appareil Maladies cardio-vasculaires
digestif
Traumatismes
Néoplasmes
Affections des voies
Maladies non transmissibles respiratoires
Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2002 : Réduire les risques et promouvoir une vie saine. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2002.
* Disability-adjusted life years : années de vie ajustées sur l’incapacité.
64 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Une enquête réalisée en Algérie en 2003 illustre l’ampleur du problème : sur
4000 personnes sondées en milieu urbain et en milieu rural, 12,8 % fumaient tous
les jours, 5,1 % buvaient de l’alcool, 55,8 % consommaient moins de cinq portions
de fruits et de légumes par jour, 25,6 % ne faisaient presque pas d’exercice physique,
16,4 % étaient obèses, 29,1 % avaient de l’hypertension, 2,9 % souffraient d’hyperg-
glycémie et 36,5 % d’hypercholestérolémie.
D’autres enquêtes réalisées au Cameroun, en Erythrée, au Mozambique et en
République du Congo donnent des résultats analogues, bien que la consommation
d’alcool soit beaucoup plus élevée dans ces pays.
L’aspect méconnu de la morbidité en Afrique
Maladies cardio-vasculaires
D’après le Rapport sur la santé dans le monde publié en 2001, les maladies cardio-
vasculaires représentaient à elles seules 9,2 % de la mortalité totale en Afrique en
2000, contre 8,15 % en 1990. Plus de 20 millions de personnes souffrent d’hypertens-
sion dans la Région africaine ; la prévalence est comprise entre 25 % et 35 % chez les
adultes de 25 à 64 ans, et la tendance s’accentue nettement avec le temps.
En règle générale, les citadins sont plus exposés au risque de maladies cardio-
vasculaires que les ruraux. Il ressort d’une étude réalisée sur plus d’un millier d’homm-
mes et de femmes au Ghana que la prévalence de l’hypertension est de 33 % dans
les villages semi-urbains et de 24 % en milieu rural. Le dépistage, le traitement et les
moyens de lutte s’avèrent médiocres d’une manière générale, mais particulièrement
insuffisants dans les zones rurales.
Si elle n’est pas traitée, l’hypertension accroît le risque d’accident vasculaire
cérébral et de maladies cardio-vasculaires. Quinze millions de personnes par an dans
le monde font un accident vasculaire cérébral ; 5 millions en meurent et 5 autres
millions restent handicapées à vie. La Région africaine est l’une des plus durement
touchées par cette pathologie. A titre d’exemple, les taux de mortalité par accident
vasculaire cérébral sont 10 fois plus élevés en République-Unie de Tanzanie qu’au
Royaume-Uni. On attribue cette forte incidence au fait que l’hypertension n’est pas
traitée. Le vieillissement des populations de la Région risque, par ailleurs, d’entraîn-
ner une forte augmentation de l’incidence de l’accident vasculaire cérébral dans les
années à venir.
Obésité et dénutrition : le paradoxe africain
L’Afrique est un vaste continent où coexistent l’extrême pauvreté et la plus grande
OMS/H. Anenden
richesse. La dénutrition reste le plus important des facteurs sous-jacents respons-
sables de la forte mortalité infanto-juvénile dans la Région. D’après les enquêtes
démographiques et sanitaires publiées pendant la décennie 1988-1999, la prévalence
du faible poids de naissance s’échelonnait entre 11 % et 52 % en Afrique subsahar-
rienne. De 30 % à 40 % des enfants présentaient un retard de croissance dû à une Le risque cancéreux menace tous
les jeunes fumeurs de la Région.
dénutrition chronique et 10 % souffraient d’émaciation en raison d’une dénutrition
aiguë. La moitié des enfants de moins de cinq ans avaient une carence en fer et un
quart une carence en vitamine A. Entre 4 % et 40 % des femmes en âge de procréer
présentaient un déficit pondéral. C’est chez les personnes déplacées, y compris les
réfugiés, que la dénutrition de l’adulte était la plus fréquente.
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 65
Les enquêtes effectuées au Nigéria montrent que la situation dans ce pays ne
s’améliore guère. En 1990, 43 % des enfants de moins de cinq ans avaient un retard
Tableau 4.1 de croissance ou étaient petits pour leur âge. D’après la même étude effectuée en
Les 20 premières causes de mortalité en 2003, 38 % des enfants présentaient un retard de croissance, 19 % un retard grave,
Afrique du Sud près d’un enfant sur dix était émacié, près d’un sur trois avait un déficit pondéral et
9 % un déficit grave.
Nombre de La dénutrition dans la petite enfance peut être un facteur de risque de maladie
Causes distinctes Rang
décès non transmissible à l’âge adulte, surtout si elle s’accompagne d’un changement de
mode de vie tel qu’une grande consommation de sucres, de graisses et une diminut-
VIH/SIDA 155 859 1
tion de l’activité physique. L’obésité augmente de façon alarmante dans la Région
Cardiopathie ischémiquea a
32 919 2 africaine depuis le début des années 90. De plus en plus répandu, le régime aliment-
Homicide/violence 32 485 3 taire riche en graisses saturées, en sucre et en sel et pauvre en fruits et légumes fait
que, dans certains pays comme l’Afrique du Sud et le Kenya, les enfants ont un
Accident vasculaire cérébral 32 114 4 surpoids mais sont atteints de malnutrition, car ils absorbent trop de calories et pas
Tuberculose 29 553 5 assez de nutriments pour devenir des adultes bien portants.
D’après une enquête effectuée en Afrique du Sud en 1998, 29 % des hommes
Infections des voies et 56 % des femmes avaient un surpoids. Près d’un homme sur 10 et de 3 femmes
22 097 6
respiratoires inférieures
sur 10 étaient obèses et, d’une manière générale, la surcharge pondérale devenait de
Accidents de la route 18 446 7 plus en plus fréquente avec l’âge. Le risque d’obésité était plus grand en milieu urbain
qu’en milieu rural. La proportion de femmes âgées de 45 à 64 ans ayant un indice de
Maladies diarrhéiques 15 910 8
masse corporelle (IMC) supérieur à 30 atteignait 46 %.
Cardiopathie hypertensive 14 233 9 L’obésité est un important facteur de risque de diabète de type 2, lequel gagne
Diabète sucré 13 157 10
rapidement du terrain dans la Région. Dans les pays africains plus nantis, comme
Maurice et les Seychelles, près du quart des personnes d’âge mûr sont touchées.
POC b
12 473 11
Faible poids de naissance 11 876 12 Cancer
Néphrite/néphrose 7 225 13 Parmi les maladies non transmissibles, le cancer est la deuxième cause majeure de
Cancer de la trachée/des morbidité et de mortalité. Le tabagisme est à lui seul le plus important facteur causal :
7 173 14 il est à l’origine d’environ 30 % de tous les cancers dans les pays développés et d’un
bronches/du poumon
nombre croissant de cas dans les pays en développement. Il provoque 90 % des
Asthme 6 987 15
cancers du poumon et est un facteur de risque majeur d’au moins 11 autres types de
Suicide 6 370 16 cancer ; il est responsable aussi de cardiopathies, d’accidents vasculaires cérébraux
et de maladies pulmonaires chroniques tels la bronchite et l’emphysème. En 2000,
Septicémie 6 047 17
200 000 personnes sont mortes de causes liées au tabac en Afrique et la prévalence
Cancer de l’œsophage 5 803 18 du tabagisme était de 29 % chez les hommes et de 7 % chez les femmes. Il ressort
Cirrhose du foie 5 672 19
de l’enquête mondiale sur les jeunes et le tabac que la proportion de fumeurs chez
les 13-15 ans va de 13 % au Kenya à 33 % en Ouganda.
Malnutrition protéino- Les facteurs alimentaires sont à l’origine de 20 % environ des cancers dans les
5 511 20
énergétique pays en développement. Le surpoids ou l’obésité sont d’importants facteurs de risque
Source : South African Health Survey 2000.
de cancer, notamment de l’estomac, du côlon, du sein, de l’utérus et du rein. Une
a
Les italiques indiquent les maladies non transmissibles. alimentation riche en fruits et légumes peut prévenir divers types de cancer, tandis
b
Pneumopathie obstructive chronique. qu’une grande consommation de viande rouge ou de viande en conserve accroît le
risque cancéreux. La consommation régulière d’aliments très salés double le risque
de cancer de l’estomac.
Certains cancers sont liés à des maladies infectieuses. Si l’on prévenait et dép-
pistait suffisamment tôt ces maladies, les cancers qui leur sont associés ne se dév-
velopperaient pas. Par exemple, le cancer primitif du foie est l’une des trois plus
grandes causes de décès par cancer dans la majeure partie de l’Afrique, de l’Asie et
du bassin du Pacifique, mais il est relativement rare en Occident. Le principal facteur
66 Rapport sur la santé dans la Région africaine
de risque est l’infection par le virus de l’hépatite B ou C. L’exposition à l’aflatoxine,
substance toxique présente dans les cacahuètes, le blé, le soja, l’arachide, le maïs et
le riz moisis, est elle aussi un facteur de risque. Les personnes qui consomment ces
aliments contaminés pendant une durée prolongée risquent davantage de développ-
per un cancer du foie. Ce problème est plus courant en Afrique et en Asie que dans
d’autres parties du monde.
Le papillomavirus humain provoque le cancer du col de l’utérus et, avec près
de 239 000 décès par an dans le monde, vient au cinquième rang des causes de
mortalité cancéreuse chez la femme. L’Afrique enregistre chaque année quelque
68 000 cas de cancer du col. Ce cancer se prête particulièrement bien à une action
de santé publique car, contrairement à ce qui se passe pour la plupart des cancers, le
dépistage des lésions précancéreuses et leur traitement avant qu’elles n’évoluent en
cancer sont d’un bon rapport coût/efficacité. Ce sont généralement les trentenaires Les conflits armés sont
et les quadragénaires qui présentent les lésions les plus dangereuses et les femmes
de 40 à 60 ans qui développent un cancer quand les lésions ne sont pas traitées. Les fréquents en Afrique et
pays qui ont un service performant de dépistage du cancer du col peuvent obtenir
des résultats spectaculaires en termes de traitement et de prévention. C’est ainsi que entraînent une mortalité
le taux d’incidence du cancer du col standardisé sur l’âge n’est que de 7,7 cas pour
100 000 femmes en Amérique du Nord contre 68,6 cas pour 100 000 en République- et une morbidité
Unie de Tanzanie.
importantes.
Traumatismes, violence et incapacités
Même dans les pays qui
Les traumatismes sont une cause majeure de décès et d’incapacités dans la Rég-
gion africaine, en particulier chez les 5-29 ans. Trois des cinq premières causes ne sont pas en proie à un
de mortalité dans cette tranche d’âge sont liées aux traumatismes. Les conflits
armés sont fréquents en Afrique et entraînent une mortalité et une morbidité conflit armé, les blessures
importantes. La Région africaine a été le théâtre de cinq des dix conflits les plus
graves qui ont eu lieu dans le monde au cours des années 90. Au nombre de par balles et d’autres
morts et de blessés au combat, il faut ajouter les conséquences sanitaires du
déplacement des populations, l’effondrement des services sanitaires et sociaux formes de violence
et le risque accru de contagion. Même dans les pays qui ne sont pas en proie à
un conflit armé, les blessures par balles et d’autres formes de violence interpers- interpersonnelle pouvant
sonnelle pouvant engendrer une incapacité physique font beaucoup de victimes.
Une telle situation rend la réadaptation particulièrement difficile et contribue à engendrer une incapacité
la pauvreté des communautés touchées (voir l’Encadré 4.1). La noyade est une
cause importante de décès chez les enfants. Les brûlures sont elles aussi courant- physique font beaucoup de
tes, en particulier chez les épileptiques, qui, lors d’une crise, se brûlent souvent
sur les fourneaux domestiques. Les soins prodigués aux blessés sont insuffisants victimes.
et tous ces traumatismes engendreraient moins de décès et d’incapacités graves
si les services de traumatologie et de réadaptation étaient plus développés (voir
le Tableau 4.2).
Le nombre de morts sur les routes est de 40 % plus élevé dans la Région
africaine que dans les pays à revenu faible ou moyen et de 50 % supérieur à la
moyenne mondiale. L’épidémie de traumatismes dus aux accidents de la route ne
fait que commencer dans les pays en développement et menace de croître de façon
exponentielle avec l’augmentation rapide du nombre de véhicules. Certains pays,
comme l’Algérie, le Bénin, le Kenya et le Rwanda, prennent des mesures pour limit-
ter le nombre d’accidents dont sont victimes les piétons, les cyclistes et les passagers
des transports publics (voir l’Encadré 4.2).
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 67
Encadré 4.1
Réadaptation des victimes de mines terrestres en Angola
« J’ai cru que ma vie était finie. Je voulais mourir », se souvient généralement situés dans les villes et les centres provinciaux, de
Jose Antonio quand il évoque le jour où il a marché sur une sorte que les habitants de zones rurales n’y ont pas accès. Ceux
mine antipersonnel alors qu’il combattait en première ligne qui, comme Jose, bénéficient des rares services existants
pendant la guerre civile en Angola. Il a eu presque toute la peuvent mener une vie productive. Mais l’absence de
jambe gauche arrachée par l’explosion. services de soutien post-traumatique et de programmes
Après avoir été amputé au-dessus du genou, Jose s’est d’apprentissage de l’autonomie fonctionnelle fait obstacle
Karen Iley
installé à Luanda, la capitale de l’Angola, pour y être mieux à la réinsertion sociale des victimes de mines terrestb
soigné. C’est là qu’il a entendu parler du centre de réadaptatb tres. Beaucoup d’amputés pensent qu’ils n’ont pas
tion pour amputés, le Centro Neves Bendinha, dirigé par les d’autre issue que de mendier dans la rue.
autorités sanitaires de la province avec le soutien du Comité « La réadaptation physique n’est qu’une
international de la Croix-Rouge (CICR). pièce du puzzle. L’aide aux victimes de mines
« J’ai eu beaucoup de chance », dit ce père de sept terrestres est beaucoup plus complexe »,
enfants alors qu’il teste sa nouvelle prothèse sur une aire de estime Tracy Brown, représentant local de
sable et monte et descend les escaliers avec agilité. « Je suis la Viet Nam Veterans of America Foundatb
resté anxieux pendant des années après l’accident. Je sursautb tion (VVAF), organisation non gouvernemb
tais au moindre bruit fort et j’avais peur de sortir de chez moi. mentale qui dirige des programmes de
Mais ma femme m’a persuadé de reprendre le travail. Notre famb réadaptation des victimes de mines
mille s’agrandissait et on dépendait tous beaucoup trop d’elle. terrestres dans l’est de l’Angola.
Puisque je pouvais marcher, il n’y avait aucune raison pour que D’après lui, le soutien post-traumatb
je ne travaille pas. C’est le courage qui me manquait. » tique et l’apprentissage de l’autonomie fonctionnellb
Aujourd’hui peintre en carrosserie, Jose estime que c’est le sont indispensables à la réinsertion sociale, car
grâce au travail qu’il ne s’apitoie plus sur son sort. « Bien sûr, ils donnent accès à la formation et à l’empb
je ne peux plus faire tout ce que je faisais avant, mais je suis ploi. Mais ils coûtent cher. Les
vivant, j’ai un travail qui fait que je me sens utile et j’ai une matériaux et le montage
femme intelligente qui m’a fait comprendre qu’il n’y avait pas d’un membre artificiel coûtb
que moi et ma jambe dans la vie », dit-il en riant. tent déjà entre US $300 et
On estime que 6 millions de mines terrestres – héritage US $800 en moyenne, mais
du conflit qui a ravagé le pays pendant 27 ans – sont disséminb il faut compter quelque US
nées sur le territoire angolais. Elles continuent à mutiler et, $2000 quand on ajoute les
d’après l’UNICEF, un Angolais sur 415 est infirme. services de réadaptation
Lorsqu’ils existent, les services de réadaptation sont post-traumatique.
Jose Antonio teste sa nouvelle
jambe au centre Neves Bendinha.
En Ouganda, le taux annuel de létalité des accidents de la circulation – 160
décès pour 10 000 véhicules – est l’un des plus élevés de la Région. Les collisions
sur la route coûtent à l’économie ougandaise environ US $101 millions par an, soit
2,3 % du produit national brut. Elles pèsent lourdement sur l’économie nationale et
régionale, mais aussi sur les ménages : d’après une étude réalisée au Kenya, plus de
75 % des morts sur les routes sont de jeunes adultes, actifs sur le plan économique,
et les plus exposés au risque d’accident mortel sont les piétons et les conducteurs de
deux-roues motorisés qui représentent 80 % des décès.
Le nombre de morts n’est que la partie émergée de l’iceberg : chaque année, entre
20 et 50 millions de personnes dans le monde sont blessées ou restent handicapées à
la suite d’un accident de la circulation. Les piétons et les conducteurs de deux-roues
motorisés, qui appartiennent généralement aux classes les plus modestes, sont les
plus exposés aux risques de traumatisme et d’accident mortel sur les routes.
68 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Tableau 4.2
Principales causes de mortalité dans la Région africaine, 2002
Rang 0–4 ans 5–14 ans 15–29 ans Tous âges
Infections des voies
1 Paludisme VIH/SIDA VIH/SIDA
respiratoires inférieures
Infections des voies
2 VIH/SIDA Tuberculose Paludisme
respiratoires inférieures
Infections des voies respiratoires
3 Maladies diarrhéiques Accidents de la route Violence
inférieures
Infections des voies
4 Affections périnatales Rougeole Maladies diarrhéiques
respiratoires inférieures
5 VIH/SIDA Trypanosomiase Accidents de la route Affections périnatales
6 Rougeole Incendies Fait de guerre Maladie cérébrovasculaire
7 Coqueluche Noyades Hémorragie maternelle Tuberculose
Malnutrition
8 Tuberculose Avortement Cardiopathie ischémique
protéino-énergétique
9 Tétanos Paludisme Paludisme Rougeole
10 Anomalies congénitales Violence Septicémie maternelle Accidents de la route
11 Syphilis Méningite Troubles tensionnels Violence
12 Tuberculose Empoisonnements Noyades Coqueluche
13 Incendies Chutes Dystocie Pneumopathie obstructive chronique
Infections des voies
14 Accidents de la route Syphilis Malnutrition protéino-énergétique
respiratoires supérieures
15 Carence en vitamine A Hépatite B Lésions auto-infligées Néphrite et néphrose
16 Anémie Epilepsie Trypanosomiase Syphilis
Malnutrition
17 Noyades Epilepsie Fait de guerre
protéino-énergétique
18 Empoisonnements Lymphomes, myélome multiple Empoisonnements Tétanos
19 Troubles endocriniens Anémie Maladie cérébrovasculaire Diabète sucré
20 Méningite Leishmaniose Cardiopathie rhumatismale Noyades
Source : Global Burden of Disease 2002.
L’alcool joue un rôle important dans les accidents de la route. Il ressort d’une
étude réalisée en Afrique du Sud que 29 % environ des conducteurs blessés et plus
de 47 % des conducteurs morts dans un accident avaient bu. Une étude ultérieure a
révélé que plus de 52 % des patients admis en traumatologie à la suite d’un accident
de la route avaient un taux excessif d’alcool dans le sang.
Cécité
Les principales causes de cécité dans la Région sont la cataracte, le trachome, le
glaucome, l’onchocercose et la cécité infantile. Actuellement de 9 millions environ,
le nombre de personnes aveugles en Afrique subsaharienne pourrait atteindre 15
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 69
Encadré 4.2
millions d’ici 2020 si l’on ne prend pas des mesures.
Rendre les routes plus sûres au Rwanda Quelque 80 % des causes de cécité sont évitables.
Liliane Uwamahoro peut encore marcher, mais seulement avec des béquilles. Elle est En Afrique subsaharienne, la première cause
l’un des six passagers à avoir survécu à l’accident d’un taxi public à Kigali, la capitale de cécité est la cataracte, qui représente près de 50
du Rwanda, en 2002. Liliane a perdu la jambe droite et porte une prothèse. Huit passb % des cas de cécité dans cette partie de l’Afrique.
sagers sont morts dans l’accident. Elle se plaint de douleurs dans la jambe gauche et Le trachome est la cause infectieuse de cécité la
ne peut toujours pas se faire à l’idée d’avoir une jambe en moins. Liliane a arrêté ses plus répandue dans le monde ; il est endémique
études depuis trois ans et a passé la première année à l’hôpital. Sa famille s’est cotisb dans 48 pays, dont la plupart sont situés en
sée pour payer son traitement. Elle a l’intention de retourner à l’université cette année,
Afrique. L’Alliance pour l’élimination mondiale
mais ce ne sera pas facile. « Je suis obligée de tout faire lentement », déplore-t-elle.
Dans la Région africaine, le nombre de morts sur les routes est de 40 % plus du trachome d’ici l’an 2020 (GET 2020) a adopté
élevé que dans tous les autres pays à faible ou moyen revenu et de 50 % supérieur à la la stratégie « CHANCE » (chirurgie des paupières
moyenne mondiale. Comme de plus en plus de pays africains, le Rwanda, qui compte 8 (CH), antibiothérapie (A), nettoyage du visage (N)
millions d’habitants, prend des mesures contre cette mortalité élevée. Le porte parole et changements environnementaux (CE)), pour
de la police, Tony Kuramba, constate que le nombre d’accidents de la circulation a atteindre cet objectif, mais la plupart des pays ne
atteint des records en 2002 et 2003. « Nous faisions déjà beaucoup, mais nous avons sont pas encore parvenus à mettre en œuvre cette
réalisé qu’il fallait redoubler d’efforts pour imposer une discipline sur les routes. »
stratégie à grande échelle.
La police rwandaise a lancé une campagne publique d’information en 2003. Elle a
demandé aux syndicats de transporteurs routiers de s’assurer que leur personnel conduisait Afin de parvenir à lutter durablement contre le
prudemment et est intervenue dans les médias pour faire comprendre que les automobilistb trachome et à l’éliminer, l’ensemble des quatre comp-
tes et les piétons devaient respecter le code de la route. Dans le cadre de cette campagne, posantes de la stratégie CHANCE doit être appliqué
la sécurité routière a été inscrite au programme des écoles primaires et secondaires. conjointement. De même, il faut mettre en place
L’année suivante, informe Tony Kuramba, 324 personnes furent tuées sur les les trois éléments essentiels de l’initiative mondiale
routes, soit près d’un quart de moins que l’année précédente, et le nombre de blessés pour l’élimination de la cécité évitable, à savoir les
a diminué de 10 % pour s’établir à 3310. « Mais nous sommes conscients que plus de
interventions de lutte contre la maladie, le développ-
3000 vies sacrifiées sur les routes, c’est encore beaucoup », commente-t-il.
Aux termes de la législation adoptée depuis, les passagers qui ne portent pas leur pement des ressources humaines et le renforcement
ceinture de sécurité et les personnes qui circulent sans casque à motocyclette ou en des infrastructures, en s’appuyant sur la participat-
vélomoteur encourent une amende de US $10, soit un cinquième du salaire mensuel d’un tion communautaire, qui est essentielle.
fonctionnaire rwandais. Les effectifs de la police de la route ont été doublés dans la capitb A la suite du lancement, en 1999, de l’initiative
tale afin de sanctionner la conduite en état d’ivresse et la conduite dangereuse, les excès mondiale, VISION 2020 : Le droit à la vue, par l’OMS
de vitesse et autres infractions comme la conduite d’un véhicule présentant des défauts et des partenaires clés, plusieurs pays de la Région
mécaniques. Des postes de police ont été créés dans les provinces rurales pour surveiller
ont redoublé d’efforts pour prévenir et soigner la
les grands axes qui mènent à Kigali, où la plupart des accidents se produisent.
cécité. L’objectif était d’éliminer la cécité évitable
dans le monde d’ici l’an 2020. Cependant, au début
de 2005, seuls 22 des 46 Etats Membres de l’Afrique
avaient adopté l’initiative mondiale VISION 2020,
en signant la Déclaration mondiale de soutien, et
seuls 15 pays de la Région avaient mis sur pied un
comité national pour la prévention de la cécité.
Problèmes de santé mentale
Les problèmes de santé mentale gagnent du terrain
partout dans la Région africaine, du fait, entre autres,
OMS/P. Virot
des conflits et des situations d’après-conflit.
En 2002, les troubles mentaux représentaient 5 %
de la charge totale de morbidité dans la Région. De
plus, malgré le poids des maladies physiques, ils
Les accidents de la route risquent d’augmenter de étaient à l’origine de 19 % de toutes les incapacités
façon exponentielle dans les pays en développement recensées en Afrique. La dépression est un problème
vu l’augmentation rapide du nombre de véhicules. d’une ampleur particulière et représente 5 % de
toutes les incapacités.
70 Rapport sur la santé dans la Région africaine
La progression des troubles mentaux et neurologiques est liée, outre aux conflits,
à la forte prévalence de maladies transmissibles comme la méningite, la cysticercose,
la maladie du sommeil (trypanosomiase) et l’infection à VIH/SIDA. Vient s’ajouter
l’effondrement des valeurs et des structures familiales traditionnelles : les jeunes et
les adultes sont mal préparés aux difficultés de la vie et plus tentés par l’alcool et les
drogues illicites. D’ailleurs, l’un des grands défis dans la Région aujourd’hui est de
réduire la consommation de ces substances.
La pauvreté, aggravée par des conditions socio-économiques difficiles, peut
conduire à l’isolement et à la solitude et, partant, à la dépression, en particulier
chez les personnes vulnérables. La dépression et les troubles psychotiques aigus
sont devenus plus fréquents chez les adolescents, les adultes et les personnes
âgées. Faute d’un diagnostic précoce et de soins appropriés, ces affections peuvent
devenir chroniques.
Malheureusement, la Région africaine n’a pas assez de ressources humaines et
financières pour assumer la charge des troubles
mentaux (voir le Tableau 4.3). Les professionn-
nels de la santé mentale y sont moins nombreux
que dans les autres Régions de l’OMS. Ainsi, le
nombre moyen de psychiatres pour 100 000 hab-
bitants n’est que de 0,04.
Il en va de même pour les lits psychiatriq-
ques, le nombre médian de lits pour 10 000 hab-
bitants étant de 0,34. En outre, seulement 56 %
des pays africains ont des établissements de
santé mentale de type communautaire et seuls
37 % des pays de la Région ont des programmes
de santé mentale pour les enfants, et 15 % seul-
lement pour les personnes âgées.
L’accès aux soins de santé mentale est égal-
lement limité par leur coût. Dans 18 pays de la
Région, le mode le plus courant de financement
du traitement repose sur les paiements directs et
seulement 20 pays versent des pensions d’inval-
Laurence Layani
lidité. Il en résulte que la plupart des personnes
atteintes de troubles mentaux dans la Région
africaine ne bénéficient d’aucun traitement méd-
dical alors qu’il existe des thérapies efficaces
pour de nombreuses affections. Les enfants en bonne santé ont plus de chances de
l’être aussi à l’âge adulte.
Maladies génétiques
Les maladies génétiques les plus répandues en Afrique sont celles qui modifient la
sensibilité au paludisme. Il s’agit principalement de la drépanocytose, de la thalass-
sémie, de l’elliptocytose et de la carence en glucose-6-phosphate déshydrogénase
(G6PD). La drépanocytose cause de grandes souffrances, entraîne un absentéisme
fréquent à l’école et des décès prématurés chez les enfants. Même si la maladie reste
incurable pour le moment, on peut faire beaucoup pour prévenir et soigner ses sympt-
tômes. Malheureusement, la majorité des enfants touchés dans la Région ne bénéfic-
cient pas toujours des interventions les plus élémentaires telles que l’administration
d’apports liquidiens intraveineux et d’antalgiques.
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 71
Tableau 4.3
Ressources de santé mentale dans certains pays de la Région africaine
Ressources Afrique du Sud Angola Cameroun Ethiopie Mali
Politique de santé mentale Oui Non Oui Oui Oui
Politique de lutte contre les toxicomanies Oui Oui Oui Non Oui
Part du budget global de la santé spécialement destinée à la santé mentale Non Non
2,7 % 0,1% 0,02%
indiquée indiquée
Traitement des troubles mentaux graves au niveau des soins de santé primaires Oui Non Non Oui Oui
Nombre de lits psychiatriques pour 10 000 habitants 4,5 0,13 0,08 0,07 0,2
Nombre de psychiatres pour 100 000 habitants 1,2 0,07 0,03 0,02 0,06
Source : Projet Atlas : projet du Département Santé mentale et toxicomanies, OMS, Genève.
On pourrait faire bien plus en Afrique pour dépister ces anomalies génétiques
chez l’enfant, prévenir les complications de la maladie grave, informer les familles des
patients et donner des conseils de planification familiale aux adultes touchés.
Affections de la cavité buccale
Plusieurs affections graves de la cavité buccale sévissent dans la Région africaine,
dont le noma, le cancer de la bouche, les manifestations bucco-dentaires associées à
l’infection à VIH/SIDA et les traumatismes maxillo-faciaux. Dans de nombreux pays
africains, les caries dentaires et les maladies parodontales sont de plus en
plus fréquentes compte tenu du changement de régime alimentaire et de la
consommation croissante de sucre, de l’augmentation du tabagisme et de
la forte prévalence des manifestations bucco-dentaires du VIH/SIDA. Dans
la plupart des pays africains, l’accès aux services de santé bucco-dentaires
est limité et ou bien les problèmes de ce type ne sont pas soignés, ou bien
les dents sont arrachées du fait de la douleur ou de la gêne occasionnée.
La perte de dents et l’altération des fonctions bucco-dentaires sont donc
des problèmes qui vont certainement augmenter. Le cancer de la cavité
buccale est étroitement lié au tabagisme et à la consommation excessive
d’alcool. Sa prévalence est particulièrement élevée chez les hommes. Sel-
Laurence Layani
lon les estimations de l’OMS, les cancers de la cavité buccale et du phar-
rynx représentent, par leur fréquence, la dixième cause majeure de cancer
au niveau mondial.
Une bonne hygiène bucco-dentaire Comme beaucoup de ces affections ont les mêmes facteurs de risque
est précieuse tout au long de la vie. modifiables que les maladies cardio-vasculaires, le diabète et le cancer, les
programmes de santé bucco-dentaire de la Région ont mis au point une
approche commune.
Le noma, affection gangréneuse qui détruit les tissus mous et les tissus durs de la
bouche et de la face, a été baptisé « le visage de la pauvreté », car il touche les habitants
des zones les plus pauvres de l’Afrique. Il frappe principalement les enfants de moins
72 Rapport sur la santé dans la Région africaine
de six ans, 70 % à 90 % des cas sont mortels, les survivants étant défigurés à vie et inc-
capables de s’alimenter, de parler ou de respirer normalement. Environ 140 000 enfants
contractent le noma chaque année, pour la plupart dans la région du Sahel. La cause
exacte reste inconnue bien qu’on la suppose d’origine bactérienne. La conjugaison de
plusieurs facteurs a été mise en lumière : malnutrition, système immunitaire affaibli,
mauvaise hygiène dentaire et infection par plusieurs bactéries. Si le noma est décelé
suffisamment tôt, une antibiothérapie et un soutien nutritionnel peuvent enrayer sa
progression. Toutefois, il faut privilégier la prévention plutôt que le traitement.
Actions menées face aux problèmes
Les pouvoirs publics, les donateurs et les instituts de recherche de la Région africaine
ont hélas négligé la charge de plus en plus lourde des maladies non transmissibles,
dont les causes sont pourtant en grande partie évitables. A contrario, les maladies
cardio-vasculaires reculent désormais dans les pays industrialisés, grâce essentiellem-
L’une des mesures les plus
ment à l’efficacité de la prévention primaire et, dans une moindre mesure, au traitem-
ment. Bon nombre de stratégies qui ont fait leurs preuves dans les pays riches peuv-
efficaces que les pouvoirs
vent cependant être tout aussi efficaces dans les pays moins nantis. A cet égard, les
ministres de la santé de la Région ont adopté plusieurs stratégies pour lutter contre
publics peuvent prendre
les maladies non transmissibles, telles que celles sur la santé mentale en 1999, les
maladies non transmissibles en 2000 et la promotion de la santé en 2001.
est de mettre un frein à
la commercialisation du
Législation et commercialisation tabac, de l’alcool ainsi
L’une des mesures les plus efficaces que les pouvoirs publics peuvent prendre est de
mettre un frein à la commercialisation du tabac, de l’alcool ainsi que des aliments ric- que des aliments riches
ches en sel, en sucre et en graisses. La façon dont on est parvenu ces dernières années
à contenir quelque peu l’industrie du tabac montre ce qu’il est possible de faire. en sel, en sucre et en
L’Afrique du Sud, par exemple, a l’une des législations antitabac les plus strictes
du monde et, de ce fait, la prévalence du tabagisme diminue dans la plupart des graisses. La façon dont on
groupes de la population sud-africaine. En 1994, l’Etat a imposé une taxe de 50 %
sur le prix de vente des produits du tabac. Conjuguée à une augmentation globale est parvenu ces dernières
des prix, cette mesure a fait doubler le prix des produits du tabac en l’espace d’une
décennie. En même temps que d’autres interventions antitabac, l’augmentation des années à contenir quelque
taxes a contribué à un recul de 33 % de la consommation. D’après une enquête
effectuée en octobre 1996, 34 % des adultes sud-africains fumaient. En 1998, après peu l’industrie du tabac
l’entrée en vigueur de la loi sur les produits du tabac, seulement 24 % des adultes
déclaraient fumer. Fait important, il y a moins d’enfants qui commencent à fumer. montre ce qu’il est possible
Alors qu’en 1999, 18,5 % des écoliers fumaient des cigarettes pour la première fois
avant l’âge de 10 ans, cette proportion était tombée à 16,2 % en 2002. de faire.
La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac a été signée par 39 des
46 Etats Membres de la Région africaine. Au début de 2006, 23 d’entre eux l’avaient
ratifiée. Il faut maintenant que tous adoptent une législation antitabac adaptée.
Les interventions les plus efficaces allient les taxes, l’interdiction de la publicité
sous toutes ses formes et l’information sur les dangers du tabagisme pour la santé.
Toutes ces stratégies peuvent être à la fois efficaces et économiques dans la Région.
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 73
Législation en matière de santé mentale
Avec le concours de l’OMS, le Ghana est en train d’élaborer une nouvelle loi sur la
santé mentale qui devrait servir de modèle aux pays africains. L’idée est de dispenser
des soins de santé mentale de grande qualité en protégeant les groupes vulnérables
et les droits des malades mentaux (voir l’Encadré 4.3). Les dispositions de la loi
réglementent également l’activité des guérisseurs, à qui les personnes atteintes de
troubles mentaux s’adressent souvent.
Promotion d’une alimentation et d’un mode
de vie sains
L’Etat doit intervenir au niveau de la population pour réglementer la commercialis-
sation des aliments qui nuisent à la santé et promouvoir un mode de vie sain. Le
programme national pour un mode de vie sain appliqué à Maurice entre 1987 et 1992
est une réussite exemplaire. Il s’agissait, par une vaste campagne dans les médias,
par la promotion de la santé des communautés et, ce qui est plus important encore
sans doute, par la législation, de remplacer l’huile de palme – riche en acides gras
saturés – utilisée pour cuire les aliments par de l’huile de soja. Au bout de cinq ans,
la prévalence de l’hypertension chez les hommes était passée de 15 % à 12,1 % et
la cholestérolémie moyenne de la population, de 5,5 mmol/l à 4,7 mmol/l. On a
constaté également une plus grande fréquence des activités sportives ainsi qu’un
recul du tabagisme et de la consommation d’alcool.
Encadré 4.3
Nouveau projet de loi ghanéen sur la santé mentale
Agé de 67 ans, M. A. a passé 40 ans, soit plus de la moitié de son Santé mentale et abus de substances psychoactives et le Bureau
existence, à l’hôpital psychiatrique d’Accra. « Nous avons beaucoup de régional OMS de l’Afrique, les camps de ce type devront être agréés
pensionnaires comme lui que les familles refusent de reprendre avec et supervisés par un comité de travail dirigé par un psychiatre. Les
elles », constate Ethel Lartey, Directeur adjoint des services infirmiers. droits de l’homme devront être respectés et, si possible, les malades
« Cet endroit, c’est maintenant chez eux. » resteront intégrés à la communauté tout en étant soignés dans des
Alors que les pays industrialisés sont passés des soins de santé unités psychiatriques rattachées aux hôpitaux généraux. Cette loi,
mentale en institution à une approche thérapeutique au sein de la qui remplace celle de 1972, devrait être promulguée dans les deux
communauté, beaucoup de pays en développement maintiennent prochaines années. Elle est soutenue par les médecins, le personnel
encore les malades mentaux en institution. Abandonnés par leur famb infirmier et les guérisseurs et pourrait servir de modèle aux autres
mille et stigmatisés par la société, les patients comme M. A. ne sont pays africains qui souhaitent adopter une législation progressiste qui
pourtant pas les plus à plaindre. Les services psychiatriques étant respecte les droits de l’homme reconnus au niveau international.
rares, les Ghanéens qui souffrent de dépression, de traumatismes, Le Dr Samuel Allotey, psychiatre responsable de l’hôpital
de schizophrénie ou des effets de l’abus de substances cherchent de Pantang, situé en dehors de la capitale, explique que la loi en
souvent secours auprès de praticiens religieux ou traditionnels qui vigueur ne couvre que les soins en institution : « La loi en vigueur ne
exercent sans aucun contrôle. prévoit pas de programmes psychiatriques communautaires. Elle ne
Dans un camp tenu par une association religieuse au Ghana, tient pas compte des guérisseurs traditionnels et spirituels et ne met
certains patients sont enchaînés. Au bout de quatre jours, Mlle B., pas l’accent sur les droits des malades mentaux ». Le Dr Allotey, un
âgée de 17 ans, n’a toujours pas commencé son traitement avec des 16 psychiatres que compte ce pays de 20 millions d’habitants,
« le Prophète ». En attendant, sa sœur a recours à des méthodes de précise que la nouvelle loi prévoira également un conseil consultatif
coercition brutales pour l’empêcher de se dénuder. national en santé mentale et des comités d’inspection qui exerceront
Aux termes de la nouvelle loi sur la santé mentale que le Ghana une surveillance et prendront des mesures réglementaires afin de
est en train d’élaborer en consultation avec le Département de l’OMS faire respecter les droits des patients.
74 Rapport sur la santé dans la Région africaine
En ce qui concerne la consommation d’alcool et ses nombreuses conséquences
néfastes sur la santé publique, la stratégie régionale pour la santé mentale 2000-2010
et les résolutions adoptées par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2005 – not-
tamment la résolution WHA58.26 sur les problèmes de santé publique provoqués
par l’usage nocif de l’alcool – montrent la voie à suivre aux gouvernements pour
qu’ils prennent des mesures appropriées.
Publiée en 2004, la Stratégie mondiale de l’OMS pour l’alimentation, l’exercice
physique et la santé oriente elle aussi les pouvoirs publics.
A l’évidence, l’une des mesures à prendre est de réglementer la quantité de sel
et de sucre dans les aliments, en particulier ceux qui sont commercialisés auprès des
jeunes. Un meilleur étiquetage des aliments a lui aussi des effets bénéfiques.
C’est ainsi que, pour promouvoir les habitudes alimentaires bonnes pour la sant-
té, la Nigerian Heart Foundation a récemment entrepris d’apposer un logo spécial sur
Laurence Layani
les aliments sans danger pour le cœur. Autre stratégie importante : l’enrichissement
des aliments de base en micronutriments tels que la vitamine A.
Programmes peu coûteux de prise en charge Les fruits et légumes sont indb
En plus d’intervenir au niveau de la population, il faut concevoir des stratégies pour dispensables pour une bonne
les sujets à haut risque, par exemple instaurer un système de rappel des diabétiques alimentation.
et des hypertendus. C’est chose possible même dans les endroits où il y a peu de
ressources, comme dans les zones rurales d’Afrique du Sud, où un programme de
prise en charge de l’hypertension, du diabète, de l’asthme et de l’épilepsie par le pers-
sonnel infirmier a été mis en place dans le système des soins de santé primaires pour
environ 200 000 habitants au total. Ce programme prévoit l’utilisation de fiches et de
registres thérapeutiques tenus par les dispensaires, des protocoles de diagnostic et de Encadré 4.4
prise en charge, des services de soutien à la prise en charge par le patient lui-même Réinsertion des épileptiques
et un suivi régulier par un infirmier ou une infirmière du dispensaire. Grâce à ce prog-
gramme, le personnel infirmier a pu prendre en charge efficacement la majorité des au Togo
patients : 68 % des hypertendus, 82 % des diabétiques et 84 % des asthmatiques. Dans le district de Sotoba, dans le nord
du Togo, beaucoup d’efforts ont été faits
pour éviter que les épileptiques ne soient
Une collaboration plus étroite marginalisés. La méthode de réadaptation
adoptée est un exemple de bonne pratique
La collaboration entre les gouvernements et les organisations non gouvernementales de collaboration intersectorielle pour
est cruciale. Une campagne mondiale contre l’épilepsie, initiative prise ensemble la réinsertion sociale des épileptiques.
par l’OMS et de grandes organisations non gouvernementales pour sensibiliser L’Association togolaise contre l’Epilepsie,
l’opinion et mettre en place des programmes nationaux de lutte contre cette maladie, des agents communautaires et des
est actuellement menée dans plusieurs pays, au nombre desquels la République du membres du programme national de santé
Congo, le Sénégal et le Zimbabwe. L’approche communautaire adoptée au Togo pour mentale ont mis sur pied un programme
de soins essentiels dans le district grâce
la réadaptation des épileptiques est elle aussi intéressante (voir l’Encadré 4.4).
auquel les malades, qui, pour la plupart,
vivaient dans la rue, ont pu bénéficier d’un
Tradipraticiens traitement médicamenteux et de soins
psychosociaux ; un soutien a par ailleurs été
Dans le débat sur la médecine conventionnelle et la médecine traditionnelle, on apporté à leur famille. Dix-huit mois après
considère souvent que ces deux disciplines s’excluent mutuellement. Or, dans le le début du programme, 35 adultes ont pu
domaine de la santé mentale, de nombreuses communautés africaines et même réintégrer la société. Quelque 180 enfants et
adolescents ont été suivis et environ 60 %
certains spécialistes apprécient que les patients soient soignés à la fois par des
d’entre eux n’avaient plus de crises.
thérapeutes conventionnels et des tradipraticiens. Les ressources en santé mentale
sont limitées et beaucoup d’Africains n’ont guère d’autre solution que de consulter
des guérisseurs.
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 75
En général, les tradipraticiens sont très respectés, car ils partagent les croyances et
les idées des membres de leur communauté quant aux soins de santé. Les guérisseurs
africains sont souvent les premiers soignants auxquels s’adressent les personnes démun-
nies. Ils peuvent faire participer leurs patients à des rituels qui les aideront à combattre
la peur et la dépression. Il arrive cependant que les personnes souffrant de troubles
mentaux soient traitées avec cruauté et maltraitées physiquement par ces praticiens.
Il faut faire plus d’études sur les effets potentiellement nocifs des pratiques tradit-
tionnelles en matière de santé mentale et comparer ces approches à d’autres comme
la psychothérapie. Dans plusieurs pays africains, les tradipraticiens peuvent s’inscrire
officiellement auprès des autorités. L’Encadré 4.3 explique qu’au Ghana, par exemple,
un projet de loi sur la santé mentale élaboré en 2005 obligera bientôt les guérisseurs
à s’enregistrer officiellement.
Les problèmes
La pénurie de ressources
Il faut faire plus Le financement est un problème crucial. Tant d’impératifs urgents comme le VIH/
SIDA et la tuberculose absorbent les modestes budgets santé des Etats Membres de
d’études sur les effets la Région africaine qu’on comprend sans mal que les maladies non transmissibles
soient négligées. Mais les pouvoirs publics auraient à leur disposition une nouvelle
potentiellement nocifs des source de fonds s’ils prélevaient une taxe spéciale sur les produits du tabac et consac-
craient ce revenu fiscal à des programmes de prévention de la maladie. En Afrique
pratiques traditionnelles du Sud, par exemple, les recettes publiques provenant des taxes sur le tabac ont plus
que doublé ces 10 dernières années.
en matière de santé Toutes les interventions ne sont pas coûteuses. C’est ainsi que l’administration
d’aspirine aux personnes souffrant de douleurs thoraciques pourrait éviter un quart
mentale et comparer des décès par crise cardiaque et présente un meilleur rapport coût/efficacité au niveau
des populations que des interventions comme la revascularisation. Pourtant, l’aspir-
ces approches à d’autres rine, quoique indiquée, est très peu utilisée. Il ressort d’une étude sur les diabétiques
en République-Unie de Tanzanie que 71,9 % ont de l’hypertension (tension systol-
comme la psychothérapie. lique ≥140 mmHg ou tension diastolique ≥90 mmHg) et que 12,2 % sont obèses.
Tous les autres patients présentent au moins un trouble contre lequel l’aspirine est
indiquée, mais seulement 39 % d’entre eux en prennent régulièrement.
Le manque d’infrastructures est une entrave dans de nombreuses parties de
la Région africaine. Dans bien des endroits, les soins sont généralement dispensés
par un personnel infirmier qui travaille dans des dispensaires isolés où il y a peu de
médicaments et de matériel. Il existe des hôpitaux de premier ordre équipés d’un
matériel de pointe – la première greffe du cœur a eu lieu en Afrique du Sud – mais,
en général, seuls quelques nantis y ont accès. Il faut impérativement entreprendre
des recherches pour déterminer ce qu’il est possible de faire avec peu de ressources.
Il est par exemple coûteux de mettre sur pied un service classique de dépistage du
cancer du col de l’utérus. En revanche, l’examen visuel au moyen d’acide acétique ou
76 Rapport sur la santé dans la Région africaine
de lugol pour mettre en évidence les lésions précancéreuses du col est une technique
de dépistage prometteuse et économique.
Trois centres ont été créés en Angola, en Guinée et en République-Unie de Tanz-
zanie pour comparer différentes méthodes de dépistage et de traitement des lésions
précancéreuses du col. Depuis, un programme de dépistage a été instauré dans 14
pays. Plus de 25 000 femmes ont ainsi pu se faire dépister et bénéficier d’un traitem-
ment efficace contre les lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus au
cours des cinq dernières années.
La méconnaissance de la situation et une
détermination insuffisante
La méconnaissance de la situation est un gros problème. De nombreux dirigeants
politiques de la Région africaine ne sont pas pleinement conscients, par exemple, de
l’ampleur et de la gravité des accidents de la route et que la sécurité routière est une
question de santé publique. Une série d’interventions permet de réduire le nombre
et la gravité des accidents de la circulation : adoption et application de
lois sur les limitations de vitesse et le port de la ceinture de sécurité,
port obligatoire du casque pour les cyclistes et les motocyclistes, taux
maximum autorisé d’alcool dans le sang et contrôle de l’alcoolémie, etc.
L’aménagement de ralentisseurs et de bandes rugueuses pour ralentir la
circulation aux endroits où se produisent souvent des accidents a donné
de très bons résultats au Ghana, où le taux de létalité pour 10 000 véhic-
cules est 30 à 40 fois plus élevé que dans les pays à haut revenu. Pendant
les 16 mois (janvier 2000-avril 2001) qu’il a fallu pour mettre en place
ces dispositifs, le nombre d’accidents de la route a diminué de 35 %, le
nombre de morts de 55 % et le nombre de blessés graves de 76 %.
L’OMS a pris plusieurs initiatives pour sensibiliser l’opinion, au nomb-
bre desquelles la Stratégie de lutte contre les maladies non transmissibles
Laurence Layani
dans la Région africaine, adoptée par le Comité régional OMS de l’Afriq-
que en septembre 2000, qui, en montrant que la charge des maladies
non transmissibles est déjà importante et continue de croître, tend à
inciter les pouvoirs publics à agir. Le port obligatoire du casque réduit la mortalité.
Le manque de données
Le manque de données sur les maladies non transmissibles en Afrique et l’absence de
systèmes de surveillance sont des difficultés importantes. Les systèmes de surveillance
sont essentiels pour fournir aux programmes de prévention et de lutte les informations
dont ils ont besoin. Appliquée en Algérie, au Cameroun, en Erythrée et en République
du Congo, la méthode de surveillance STEPS, fondée sur les facteurs de risque, s’avère
faisable et financièrement abordable. Six autres pays ont reçu un soutien technique et
financier pour réaliser des enquêtes STEPS en 2005 (voir le Tableau 4.4).
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 77
Tableau 4.4
Approche par étapes de la lutte contre les maladies non transmissibles
Approche axée sur les individus à haut
Approches axées sur la population
risque
Niveau de
Niveau national Niveau communautaire
ressources
Etape 1 : Ratification de la Convention-cadre de Les plans d’aménagement local prévoient Adoption et application à tous les
base l’OMS pour la lutte antitabac. la mise à disposition et l’entretien de niveaux des soins de santé de
sites accessibles et sans danger pour directives sur la prise en charge
Adoption et application d’une faire de l’exercice physique (parcs et des maladies non transmissibles
législation conforme aux éléments zones piétonnes, par exemple). qui sont adaptées au contexte.
de la Convention-cadre.
Les projets communautaires de Approvisionnement durable en
Elaboration et approbation au niveau promotion de la santé prévoient des médicaments appropriés, abordables
interministériel d’une politique nationale mesures participatives contre et accessibles contre les maladies
en matière de nutrition et d’exercice les facteurs environnementaux non transmissibles prioritaires.
physique conforme à la stratégie qui prédisposent aux maladies non
mondiale ; action multisectorielle de transmissibles : sédentarité, alimentation Système pour l’application rigoureuse
longue durée pour réduire l’apport de déséquilibrée, tabagisme, alcoolisme, etc. et homogène des directives cliniques
graisses et de sel (en privilégiant, au et pour le contrôle des services
besoin, le sel iodé) et promouvoir la Dans différents contextes (villages, écoles cliniques assurés.
consommation de fruits et légumes. et lieux de travail), mise en œuvre de
programmes énergiques de promotion Système opérationnel de rappel des
Evaluation de l’influence de la de la santé axés sur les maladies non diabétiques et des hypertendus.
politique publique sur la santé (par transmissibles.
exemple : transports, urbanisation,
fiscalité et pollution).
Etape 2 : La législation antitabac prévoit une Programmes bien conçus et de longue Systèmes de prévention sélective
base élargie augmentation progressive des taxes durée pour promouvoir : axés sur les populations à haut
sur le tabac, et une part des recettes risque, en fonction du taux absolu
fiscales est consacrée à la promotion ! l’abstinence tabagique, par exemple de risque.
de la santé. lieux publics et événements sportifs non
fumeurs ;
Adoption et application d’une législation
sur les normes alimentaires qui prévoit ! une alimentation saine, par exemple à
l’étiquetage nutritionnel. base d’aliments peu coûteux à faible
teneur en graisses, de fruits et légumes
Programmes nationaux frais ;
(contre-publicité) bien conçus et
de longue durée pour promouvoir ! l’exercice physique, par exemple les
l’abstinence tabagique. activités professionnelles et les loisirs
qui font « bouger ».
Etape 3 : Adoption de critères nationaux pour Centres de loisirs et de remise en Mise en œuvre de programmes de
niveau optimal réguler la commercialisation d’aliments forme à usage communautaire. dépistage, de dépistage opportuniste
peu sains auprès des enfants. et de prise en charge.
Développement du potentiel de Appui aux groupes d’entraide entre
recherche en santé des pays par personnes qui veulent cesser de fumer
l’incitation à faire des études sur les et perdre du poids.
maladies non transmissibles.
Mise en œuvre d’interventions
diagnostiques et thérapeutiques
appropriées.
Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2003. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2003.
78 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Conclusion : l’Afrique peut tirer parti de l’expérience
acquise par d’autres
Malgré tous les obstacles, les gouvernements de la Région africaine ont une occasion
unique d’adopter et de mettre en œuvre des politiques audacieuses qui pourront
avoir d’importantes retombées pour la santé. Les plus grands progrès seraient réalisés
dans certains des pays les plus pauvres, où il est peut-être possible de gagner 10 ann-
nées de vie en bonne santé pour un coût relativement faible. Pour obtenir ce résultat, Malgré tous les obstacles,
les pouvoirs publics doivent cesser de se concentrer principalement sur la minorité
des personnes à haut risque et prendre des mesures préventives applicables à l’ens- les gouvernements de la
semble de la population. Il faut une stratégie publique cohérente qui repose sur la
législation, la réglementation, la protection des droits de l’homme et l’éducation du Région africaine ont une
public. Il est indispensable que les différents ministères comme ceux de la santé, des
transports et de l’éducation travaillent ensemble pour mettre en œuvre des intervent- occasion unique d’adopter
tions cohérentes. Il convient en outre d’encourager et de développer la collaboration
entre les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les médias et et de mettre en œuvre des
d’autres acteurs encore. Le Rapport sur la santé dans le monde, 2003 recommandait
un cadre par étapes pour prévenir et combattre les maladies non transmissibles. Rien politiques audacieuses
qu’en augmentant les taxes sur le tabac, en légiférant pour limiter la concentration
de sel dans les aliments et en s’attachant à mieux promouvoir la santé et la sécurité qui pourront avoir
sanitaire, on peut obtenir des résultats spectaculaires. Beaucoup de pays développés
mesurent seulement maintenant l’intérêt des stratégies de promotion de la santé d’importantes retombées
telles que la lutte antitabac. Les pays africains peuvent tirer les enseignements des
erreurs faites par les pays développés et agir avant que l’« épidémie » de maladies non pour la santé.
transmissibles ne prenne trop d’ampleur pour être maîtrisée. ■
Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 79
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Les maladies non transmissibles en Afrique Chapitre 4 81
Chapitre 5
Chapitre 5
Messages clefs
Une urbanisation rapide engendre de graves risques pour la santé liés à
l’environnement
L’ampleur de la pauvreté limite la capacité à faire face aux problèmes liés à
l’environnement
L’insuffisance de l’accès à une eau saine et à l’assainissement expose les
populations aux maladies
Les situations d’urgence entraînent une détérioration de l’environnement et
de la santé des personnes touchées
Solutions
Il faut appliquer à plus grande échelle les solutions durables et peu
coûteuses pour l’eau et l’assainissement
Les pays et les organisations internationales doivent travailler plus
étroitement ensemble pour prévenir et résoudre les conflits
Il faut promouvoir la sécurité sanitaire des aliments et l’éducation à
l’hygiène
Il faut favoriser une coopération plus étroite entre les ministères et d’autres
secteurs pour rendre l’environnement plus sain
La santé et
l’environnement en Afrique
Les risques pour la santé liés à l’environnement
en Afrique
L
es habitants de la Région africaine doivent faire face à plusieurs risques pour la
santé liés à l’environnement. Un peu partout dans la Région, on observe des
niveaux élevés de pollution de l’air – pollution atmosphérique mais aussi de l’air
à l’intérieur des habitations –, des approvisionnements en eau peu sûrs, des moyens
d’assainissement insuffisants et le manque d’hygiène dans la préparation des aliments.
L’urbanisation rapide a fait que des millions de personnes vivent dans des zones de
peuplement spontané sans avoir accès aux services les plus élémentaires – dans un
environnement qui favorise les maladies, le stress et la violence. Dans certaines parties
de la Région, ces menaces environnementales quotidiennes sont encore exacerbées
par les conflits armés et les catastrophes naturelles qui, outre leurs effets directs, ont
des répercussions sur l’environnement bien au-delà de la zone directement touchée.
L’un des principaux facteurs qui déterminent les conditions environnementales et la
morbidité est l’énorme problème, qui paraît insoluble, de la pauvreté. La pauvreté limite
en effet l’aptitude des gens à éviter les facteurs environnementaux qui nuisent à la santé.
L’urbanisation peut être synonyme d’une plus grande richesse mais aussi de davant-
tage de pollution et peut s’accompagner de facteurs de risque environnementaux différ-
rents de ceux auxquels sont confrontés les habitants des communautés rurales. Il faut
fournir aux habitants des zones qui se sont urbanisées rapidement et de façon anarc-
chique des réseaux d’assainissement et d’approvisionnement en eau saine, ainsi que
des systèmes de santé qui fonctionnent, comprenant des programmes de vaccination
et d’éducation sanitaire efficaces. Il faut aussi installer des réseaux électriques pour leur
permettre de remplacer leurs foyers ouverts. Mais, pour tout cela, il faut de l’argent.
Il existe par ailleurs dans la Région africaine un certain nombre de nouveaux
risques sanitaires liés à l’environnement, à savoir la dégradation de l’écosystème et
les changements climatiques, qui sont susceptibles d’accroître encore l’impact des
La santé et l’environnement en Afrique 85
risques actuels, par exemple les risques liés au manque d’eau, aux écosystèmes de
production alimentaire ou les changements du tableau de la morbidité (paludisme,
par exemple). Les efforts déployés au niveau mondial pour atteindre les objectifs du
Millénaire pour le développement (OMD) – en particulier l’objectif 1 qui est de réd-
duire de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté – pourraient
contribuer à améliorer le niveau de vie dans la Région africaine. L’OMS et d’autres
institutions s’emploient à rendre l’environnement dans les pays africains plus sain et
à réduire les facteurs qui prédisposent les habitants à la pauvreté.
Les défis environnementaux
Eau et assainissement
L’accès à une eau sûre et des réseaux d’assainissement adéquats sont des éléments ess-
sentiels de la salubrité de l’environnement (voir la Figure 5.1). Sans eau potable, qu’elle
soit destinée à la boisson ou à la préparation des aliments, les populations sont exposées
à tout un éventail de maladies d’origine hydrique dont le
choléra, la typhoïde et d’autres infections diarrhéiques, et à
Fig. 5.1 des parasites comme le ver de Guinée ou les schistosomes.
Couverture de l’assainissement dans la Région africaine D’après les données du Programme commun UNICEF/
OMS de surveillance de l’approvisionnement en eau et de
l’assainissement, le pourcentage de la population de l’Afriq-
que subsaharienne alimentée en eau saine était de 58 %
en 2002, seule la région du Pacifique étant encore plus mal
Pourcentage de la popp desservie parmi les régions en développement. La couvert-
pulation utilisant des ture reste médiocre malgré un effort mondial concerté qui
moyens d’assainissemp a porté pendant deux décennies sur l’eau de boisson :
ment améliorés*
Moins de 50% dans un premier temps de 1981 à 1990, puis à partir de
50–75% 2005. Les efforts mondiaux ont permis d’approvisionner
91–100% en eau plus d’un milliard de personnes et de parvenir à une
Pays n’appartenant pas à couverture mondiale par l’eau de boisson de 83 %. Mais si
la Région africaine l’accès à une eau saine s’est amélioré, la couverture par les
Source : D’après Atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement en matière d’eau
réseaux d’assainissement reste faible. Cinquante-huit pour
potable et d’assainissement : évaluation des progrès à mi-parcours. Genève, Organisation cent seulement de la population mondiale a accès à des
mondiale de la Santé : New York ; UNICEF ; 2004, Fig. 7, p. 12. moyens d’assainissement adéquats, mais c’est en Afrique
* Aucun pays de la Région africaine ne figure dans la catégorie 76-90 %.
subsaharienne que l’on trouve le pourcentage le plus bas,
tout juste 36 %. Ces chiffres témoignent de l’insuffisance
de la portée des programmes d’approvisionnement en eau
et d’assainissement : ils doivent atteindre beaucoup plus de gens.
Des centaines de milliers d’Africains, en particulier des enfants, meurent chaque
année de maladies provoquées par des micro-organismes, certaines substances chimiq-
ques présentes dans l’eau ou des maladies dues au manque d’assainissement. La méd-
diocrité de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement entraîne également toute
une série de maladies sinon mortelles du moins débilitantes, ainsi que des problèmes
graves de dégradation de l’environnement qui rendent celui-ci moins salubre encore.
Toutefois, de grands progrès ont été faits au cours des dix dernières années avec
la mise en place de solutions peu coûteuses et de dispositifs durables gérés par la comm-
munauté, comme l’initiative PHAST (Participation à l’amélioration de l’hygiène et de
l’environnement), le concept d’assainissement écologique et l’initiative AFRIQUE 2000
86 Rapport sur la santé dans la Région africaine
pour améliorer l’approvisionnement en eau et la couverture par les réseaux d’assainiss-
sement en Afrique. L’initiative PHAST prévoit la participation des communautés, ce qui
fait que les projets ont plus de chances d’être maintenus et poursuivis à l’avenir.
La gestion des déchets solides et liquides est un autre problème d’hygiène de Tableau 5.1
l’environnement dans la Région africaine. La mise en décharge sauvage favorise la Mortalité et DALY attribuables à la
récupération, la présence de vermine et de vecteurs de maladies. Par ailleurs, de pollution par la fumée de combustibles
nombreuses communautés s’installent sur le site d’anciennes décharges, s’exposant solides à l’intérieur des habitations,
ainsi à des risques toxiques ou à des brûlures par suite d’explosions de gaz accumulé, Région africaine, 2000
ainsi qu’à des risques d’infections dus à la présence de déchets médicaux dans les
ordures. La collecte des ordures laisse beaucoup à désirer dans les zones urbaines. DALY* Mortalité
Les déchets déversés dans les collecteurs d’eaux pluviales, les ruisseaux, les lagunes
Attribuables 12 318 000 392 000
et autres voies navigables créent également des problèmes écologiques graves qui
peuvent se transformer en catastrophes. Pourcentage 3,4 3,5
du total dans
la Région
Pollution et déchets industriels
* Voir le glossaire pour l’explication du sigle DALY.
La pollution de l’air est l’un des problèmes environnementaux les plus graves dans Source : Rapport sur la santé dans le monde, 2002.
la Région africaine. C’est une menace d’importance pour la santé publique, surtout
dans les zones urbaines (voir le Tableau 5.1). A mesure que les villes se développent,
davantage de véhicules, d’industries, d’habitations et de centrales électriques contrib-
buent à la charge de pollution.
Les enfants sont plus sensibles aux effets
préjudiciables de la pollution de l’air à l’extérieur
comme à l’intérieur des habitations que les adultes.
La pollution de l’air à l’intérieur des habitations a
un impact direct sur la santé. La plupart des habit-
tants des zones rurales, des zones de peuplement
spontané et des bidonvilles de la Région africaine
continuent d’utiliser des combustibles traditionnels
comme les résidus végétaux ou le bois pour la cuis-
sine et le chauffage. Ces combustibles de mauvaise
qualité – alliés à l’inefficacité des réchauds et à une
mauvaise ventilation – engendrent des niveaux élev-
vés de polluants à l’intérieur des habitations, souv-
vent plusieurs fois supérieurs aux taux de pollution
de l’air à l’extérieur. La pollution de l’air des villes
contribue à des maladies comme le cancer du poum-
Corbis/E Kashi
mon, les cardiopathies, l’asthme et la bronchite.
Certes, les villes se heurtent à de nombreux
problèmes environnementaux, mais les zones rur-
rales ont aussi leurs problèmes : l’évacuation des Les enfants jouent sur les
déchets y est encore plus aléatoire que dans les zones urbaines, et il est établi que la oléoducs à Okrika, au Nigéria.
pollution de l’air à l’intérieur des cases traditionnelles en pisé provoque des infections
respiratoires aiguës. Toutefois, au cours des dernières années, certaines communaut-
tés rurales ont trouvé des solutions novatrices, telles que l’installation de hottes à
fumée au Kenya (voir l’Encadré 5.1).
La pollution chimique est également une source environnementale d’atteintes
à la santé dans la Région africaine. L’exposition à certains produits chimiques peut
entraîner des effets allant de l’intoxication aiguë à des anomalies congénitales et à
des cancers. Les pratiques dangereuses dans l’agriculture ou l’utilisation en santé
La santé et l’environnement en Afrique Chapitre 5 87
Encadré 5.1
Des hottes à fumée pour améliorer la qualité de l’air au Kenya
Happiness Lemuliet, 37 ans, est ravie du nouvel extracteur à être jusqu’à 100 fois supérieurs aux niveaux acceptés au plan
fumée qui a été installé dans sa case traditionnelle. « Cette international », estime le Dr Jacob Kithinji, consultant auprès
hotte a changé ma vie », déclare cette mère de six enfants du projet ITDG et conférencier au Département de Chimie de
qui vit dans la communauté masaï de Kajiado, district rural l’Université de Nairobi. « Dans l’ouest du Kenya, où les cases
proche de la capitale kényenne, Nairobi. « Mes enfants peuvent sont circulaires avec un toit de paille, les niveaux de particules
maintenant faire leurs devoirs le soir sans attraper de rhume ou sont généralement près de 20 fois plus élevés que les normes
tousser comme c’était le cas auparavant. » internationales –, ce qui représente des taux très dangereux. »
La hotte élimine au moins 80 % de la fumée à l’intérieur de « Les enfants vivant dans des habitations mal ventilées
la pièce, faisant véritablement chuter les risques pour la santé, ont beaucoup de mal à s’acquitter des tâches domestiques et
selon l’Intermediate Technology Development Group (ITDG), de leur travail scolaire », déclare Justin Nyaga, administrateur
l’organisation non gouvernementale qui l’a mise au point. kényan du programme de l’ITDG concernant la fumée à l’intér-
A Kajiado, où 25 habitations ont déjà été équipées dans rieur des habitations. « Ces enfants souffrent souvent de toux,
le cadre du projet pilote, le système d’extraction de fumée d’infections des voies respiratoires supérieures et d’irritations
consiste en une base de cheminée, une hotte à fumée et un des yeux. » « A Kajiado, les hottes à fumée ont donné de bons
tuyau d’évacuation. La hotte elle-même est constituée d’une résultats », constate M. Nyaga. « Les habitations sont plus prop-
simple feuille de métal installée au-dessus du feu, et qui attire pres et les enfants peuvent plus facilement faire leurs devoirs. »
la fumée vers la cheminée. Elle est facilement démontable et « L’intervention doit être fondée sur la participation à tous
transportable à dos d’animal et coûte de US $20 à US $70. La égards », poursuit-il. « Elle doit tenir compte de la culture et de
communauté masaï a été étroitement associée à la mise en la conception des cases, des sensibilités locales, des ressourc-
place des systèmes de ventilation puisque les hottes, les bases ces disponibles et de la base de connaissances traditionnelles,
et les conduits de cheminées ont été fabriqués localement au ainsi que du caractère durable et du rapport coût/efficacité. »
moyen de vieux bidons, de ferraille et de résidus de fourmilières.
L’adaptabilité et le bas prix sont des éléments essentiels
dans les communautés où plus de la moitié des gens ont un
revenu inférieur à US $1 par jour et utilisent des combustibles
tirés de la biomasse – en particulier le bois de chauffe, le
charbon, de la bouse séchée et des déchets végétaux – pour se
chauffer et faire cuire les aliments. Dans les zones urbaines, le
coût croissant du bois conduit des gens à faire brûler du plast-
Practical Action : N. Bruce
tique qui dégage des sous produits encore plus dangereux. Il
en résulte que l’environnement à l’intérieur des habitations est
souvent fortement pollué. La conception des cases traditionn-
nelles, telles que les abris masaï fabriqués avec de la boue et
de la bouse et sans fenêtres, complique encore le problème en
raison du manque de ventilation.
« Les recherches que nous avons effectuées à Kajiado
montrent que les niveaux de particules présents dans l’environn- Une femme masaï cuisine sous une
nement à l’intérieur d’une case traditionnelle masaï peuvent hotte à fumée à Kajiado, au Kenya.
publique de certaines substances chimiques ont de graves répercussions sur la santé.
L’utilisation du DDT est un problème particulier. Interdit dans la plupart des régions
du monde en raison de sa persistance dans le sol longtemps après son application
et de sa capacité de dissémination sur des grandes distances, ce pesticide est
encore utilisé dans certaines régions d’Afrique en l’absence d’autres solutions moins
coûteuses car c’est un moyen de lutte antivectorielle efficace. Le DDT n’est utilisé
en Afrique qu’à certains moments de l’année lorsque les moustiques sont nombreux
ou pour la lutte antivectorielle dans des cas exceptionnels. Par exemple, lorsqu’une
population de réfugiés arrive dans une zone d’endémie palustre, l’emploi du DDT est
parfois nécessaire pour protéger les réfugiés qui, venant d’une zone où le paludisme
n’est pas endémique, sont particulièrement vulnérables à la maladie.
L’accumulation de déchets chimiques est également en train de devenir un
problème sérieux, auquel les communautés sont confrontées à mesure que la
88 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Encadré 5.2
croissance urbaine rapproche les zones résidentielles des
usines chimiques auparavant isolées et que des villes
S’attaquer aux montagnes de déchets à Lagos
se construisent sur d’anciennes décharges. Les effets à Taofeek Raheem gagne sa vie en ramassant les ordures ménagères à Lag-
long terme de l’exposition à de nouveaux composés tels gos. Il remplit son chariot d’ordures qu’il ramasse contre paiement et qu’il
que les polychlorobiphényles, des pesticides puissants, trie ensuite dans l’espoir de trouver quelque chose à vendre.
des accélérateurs et des plastifiants n’ont pas encore Une fois qu’il a terminé, il transporte les déchets vers une décharge
été pleinement étudiés ou mesurés. Outre les déchets autorisée. Taofeek est officiellement chargé de transporter les ordures
vers la décharge, mais le problème, c’est que de nombreux chiffonniers
industriels, les déchets médicaux provenant des centres
ne sont pas enregistrés et qu’ils déversent illégalement des déchets dans
de soins posent aussi problème et représentent un risque la ville. Lagos doit éliminer plus de 10 000 tonnes de déchets solides par
pour la santé, étant donné qu’il est fréquent que ces déchets jour. La population de la ville est passée de 5,7 millions en 1991 à 15
soient contaminés par des agents infectieux, tels que le millions selon les estimations en 2005. De nombreux nouveaux arrivants,
VIH et le virus de l’hépatite B. Pour améliorer la situation, souvent des jeunes non qualifiés comme Taofeek, trouvent un abri dans la
on s’est efforcé de promouvoir l’utilisation d’incinérateurs rue et un moyen de subsistance dans les décharges.
peu coûteux ainsi que d’autres techniques. Au cours de cette expansion rapide, les responsables municipaux
ont expérimenté toutes les méthodes imaginables pour débarrasser les
De nombreux pays de la Région africaine n’ont pas
rues des montagnes d’immondices qui rétrécissent le passage aussi bien
encore adopté de réglementation sur les concentrations de sur les trottoirs que sur la chaussée, y compris en faisant appel au secteur
plomb dans les carburants destinés aux véhicules automob- privé, aux administrateurs des routes et à l’enregistrement des transport-
biles. Dans les zones urbaines, en particulier, les émissions teurs d’ordures de quartier comme Taofeek.
de plomb par les véhicules à essence ainsi que les émiss- Gbolahan Sulaiman, porte-parole de l’Autorité de gestion des déc-
sions industrielles des fonderies et des usines de recyclage chets de Lagos, déclare que les décharges sauvages sont une complicat-
de batteries contribuent à la mauvaise qualité de l’air. tion de plus : « Il revient plus cher d’évacuer des déchets en vrac que des
ordures emballées. ». Sulaiman rejette sur les récupérateurs illégaux la
faute du déversement d’ordures dans le lagon, sur la bande de terre située
Urbanisation au milieu de la route et sur le bord des autoroutes.
Malgré plusieurs stratégies pour résoudre ce problème, des mont-
Essentiellement rurale il y a encore vingt ans, l’Afrique tagnes de déchets continuent de joncher les rues, les places publiques,
est devenue une région en voie d’urbanisation rapide les marchés et les arrêts de bus, le bord ou le milieu des routes devenant
et sa population est en train de devenir principalement des décharges communales sauvages dans la plupart des quartiers. Dans
urbaine. Le taux moyen annuel de croissance urbaine de nombreuses zones, une épaisse fumée émanant de ces tas d’ordures
stagne en permanence sur les zones avoisinantes.
est de 3,6 %, soit un tiers de plus qu’en Asie et plus de
Le Professeur Jide Alo, spécialiste de l’environnement à l’Université
deux tiers de plus qu’en Amérique latine. Actuellement, de Lagos, déclare que l’Autorité de gestion des déchets est véritablement
37 % des Africains vivent dans des villes, mais, d’ici débordée par le volume d’ordures produit par la ville. Il pense que le prob-
2030, ce pourcentage devrait atteindre 53 %. blème subsistera tant que le concept écologique du « pollueur payeur » ne
L’expansion rapide des villes se caractérise souvent sera pas effectivement appliqué et que les divers organismes s’occupant
par la prolifération des taudis, l’insuffisance des services du ramassage des ordures n’auront pas plus de moyens financiers.
d’approvisionnement en eau et d’assainissement et des
problèmes d’eaux usées. A l’heure actuelle, 72 % des
habitants des villes d’Afrique subsaharienne vivent dans
des taudis. Le manque de services efficaces d’évacuat-
tion des déchets est en train de devenir un problème
majeur. Lagos, la plus grande ville d’Afrique, avec une
population estimée à 15 millions d’habitants, s’efforce
de lutter contre les décharges illégales, mais les résultats
sont mitigés (voir l’Encadré 5.2).
AP Photo/G. Osodi
Les zones de peuplement spontané en milieu urb-
bain, dépourvues de réseaux d’assainissement, d’add-
duction d’eau, de moyens de transport ou de services
de santé, constituent des environnements très malsains.
Les microbes s’y multiplient et des épidémies de malad- Un récupérateur d’ordures à
dies infectieuses s’y produisent. Le surpeuplement qui Lagos, au Nigéria.
accompagne toujours l’urbanisation rapide contribue à
La santé et l’environnement en Afrique Chapitre 5 89
divers problèmes sociaux et comportementaux, y compris l’éclatement des familles,
l’augmentation du nombre des sans-abri, la criminalité, la violence, la toxicomanie et
les abus sexuels, chacun de ces problèmes entraînant ses propres risques sanitaires.
Le Bureau régional OMS de l’Afrique s’efforce, avec un certain nombre de pays, de
combattre les conséquences négatives de l’urbanisation sur l’environnement dans le
cadre du projet « villes-santé ». Jusqu’ici, le Cameroun, l’Ethiopie, le Kenya, le Mozamb-
bique, la Namibie, le Niger, la République centrafricaine, la République du Congo, le
Togo, la Zambie et le Zimbabwe ont élaboré des plans pour améliorer l’environnement
de leurs villes en s’attaquant aux problèmes de l’eau et de l’assainissement, des déc-
charges sauvages et du manque d’hygiène dans la manipulation des aliments.
La sécurité sanitaire des aliments
La transition, dans toute la Région africaine, d’une population essentiellement rurale
à une population en grande partie installée dans des zones de peuplement urbain
spontané a entraîné un changement fondamental des habitudes alimentaires. Alors
qu’en milieu rural les aliments sont généralement préparés et servis à la maison, les
Le manque de habitants pauvres des villes n’ont souvent ni les installations ni la place pour stocker et
préparer leurs aliments, ni le temps ou les ressources nécessaires pour se procurer les
précautions dans ingrédients et les préparer correctement. Aussi le recours aux vendeurs de nourriture
dans la rue et la consommation d’aliments tout prêts sont-ils montés en flèche.
la manipulation et Dans la plupart des pays en développement, les conditions d’hygiène dans
lesquelles les vendeurs d’aliments bon marché prêts à consommer préparent ces
la préparation des aliments sont généralement très médiocres (voir l’Encadré 5.3). Ils n’ont souvent ni
eau courante, ni toilettes, ni possibilité de laver, et beaucoup ne se lavent pas les mains
principales denrées et ne désinfectent pas les surfaces utilisées ; ils ne protègent généralement pas les
aliments des insectes et rares sont ceux qui disposent d’installations réfrigérées. Le
alimentaires est un manque d’hygiène dans la préparation des aliments favorise la transmission de micro-
organismes, y compris Campylobacter spp., Salmonella spp., Escherichia coli (E. coli)
sujet de préoccupation et le virus de l’hépatite A. Les pratiques telles que l’utilisation des mêmes instruments
pour couper tous les produits, l’usage commun de certains ustensiles avec d’autres
à la fois dans les vendeurs et l’utilisation de la même eau tant pour laver les ingrédients que pour laver la
vaisselle ajoutent encore au risque de contamination des aliments.
communautés Le manque de moyens de réfrigération et de conservation augmente l’incidence
des intoxications alimentaires. La contamination par des pesticides, des mycotoxines
urbaines et rurales, en ou d’autres toxines présentes naturellement dans les aliments, des substances chimiq-
ques industrielles et des métaux lourds est un problème constant, de même que l’util-
particulier lorsque des lisation des antibiotiques dans l’élevage, qui comporte le risque de transfert de pathog-
gènes résistant aux antibiotiques. L’utilisation de boues d’égout et de fumier comme
modes traditionnels de engrais dans l’agriculture est également une source de contamination alimentaire.
Le manque de précautions dans la manipulation et la préparation des principales
préparation des aliments, denrées alimentaires est un sujet de préoccupation à la fois dans les communautés urb-
baines et rurales, en particulier lorsque des modes traditionnels de préparation des alim-
tels que la fermentation, ments, tels que la fermentation, sont utilisés. Ainsi, le konzo, une maladie qui engendre
la paralysie, est présent dans l’Afrique rurale où il résulte d’une préparation insuffisante
sont utilisés. du manioc, denrée de base dans de nombreux pays africains. La sécurité de certains des
produits reçus au titre de l’aide alimentaire est aussi un sujet d’inquiétude.
En raison de la nature non structurée et fragmentée d’une grande partie de la
chaîne alimentaire dans la Région, il est difficile d’assurer la sécurité sanitaire des
aliments. Les flambées de maladies sont souvent déjà bien avancées lorsqu’elles sont
90 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Encadré 5.3
Pour que les aliments vendus dans la rue au Ghana soient plus sûrs
Les vendeurs d’aliments dans la rue sont importants dans la transmission de micro-organismes comme Campylobacter spp.,
Région africaine. Ils nourrissent ainsi des millions de personnes Salmonella spp., E. coli et le virus de l’hépatite A.
chaque jour. Mais des études menées au Ghana montrent que Il existe des programmes pour apprendre aux personnes
les aliments vendus dans la rue sont souvent préparés dans qui manipulent des aliments et aux consommateurs les bonnes
de mauvaises conditions d’hygiène, ce qui est préoccupant du pratiques et les règles d’hygiène personnelle. Le Ghana a
point de vue des risques pour la santé. adopté l’approche analyse des risques maîtrise des points crit-
Setorwu, âgé de neuf ans, prend son petit déjeuner à la mais- tiques (HACCP), un système établi au niveau international, qui
son avant de partir à l’école. Pour le déjeuner, ses parents lui donn- prévoit à quels points de la chaîne alimentaire la contamination
nent 2000 cedis (US $0,25) pour s’acheter à manger auprès d’un pourrait survenir pour l’éviter.
vendeur des rues. Son père, Christian, fonctionnaire, ne prend Mais si le Ghana est doté d’une réglementation en matière
pas son petit déjeuner à la maison. Le seul repas qu’il prend à la de sécurité sanitaire des aliments et a adopté le système HACCP,
maison en semaine est le dîner. Aussi bien Setorwu que son père les fonctionnaires de ce pays estiment qu’ils ne sont pas appliq-
fréquentent donc les vendeurs des rues. De nombreux Ghanéens, qués avec suffisamment de rigueur. Une enquête menée parmi
comme eux, achètent ainsi leur repas dans la rue. les vendeurs de rue à Accra, la capitale, montre qu’ils sont 18 %
Ces vendeurs jouent un rôle important puisqu’ils fourn- à associer la diarrhée à des germes, mais qu’aucun ne savait que
nissent parfois jusqu’à trois repas par jour aux écoliers, aux les mains sales sont un facteur de risque de diarrhée.
ouvriers, aux familles, aux voyageurs, aux migrants et aux
commerçants itinérants au Ghana. On les trouve partout : au coin
de la rue, où la nourriture est vendue sur des tables, ou bien au
porte-à-porte, les femmes transportant alors la nourriture dans
des paniers placés sur leur tête, ou encore dans les petits bars
locaux connus sous le nom de « chop bars ». Les vendeurs
des rues se rendent également sur les lieux de travail
ou les chantiers de construction où ils sont très
populaires, car ils font crédit à leurs clients. Ils
vendent des boissons comme du thé ou du café,
mais aussi des bouillies de céréales ou des repas
plus substantiels.
Mais les autorités sanitaires ghanéennes mettent en garde
depuis un certain temps déjà contre le risque que présentent
certains aliments vendus dans la rue et appellent à contrôler dav-
vantage les ingrédients utilisés pour la préparation de ces
aliments et la façon dont ils sont
OMS/P. Virot
manipulés, préparés et conserv-
vés. Les mauvaises pratiques
en matière de manipulation
des aliments favorisent la
Les vendeurs de rue se servent souv-
vent d’un matériel très rudimentaire.
portées à l’attention des autorités sanitaires. En 2004, au Kenya, par exemple, une
flambée d’aflatoxicose aiguë due à la consommation de maïs contaminé a entraîné
317 cas notifiés et 125 décès. Des systèmes de surveillance et de suivi efficaces
pourraient permettre d’éviter la morbidité et la mortalité élevées associées à ce type
de flambée. Au cours de cette même flambée, les moyens de laboratoire ont été
renforcés pour déceler les aflatoxines et autres mycotoxines dans les aliments, et des
enquêtes ont été effectuées pour recenser les facteurs prédisposants et évaluer l’amp-
pleur du problème. Les tests de laboratoire ont permis de retirer le maïs contaminé
de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et des foyers, de le détruire et de le
remplacer par des aliments sains.
La santé et l’environnement en Afrique Chapitre 5 91
Situations d’urgence
La Région africaine continue d’être durement frappée par des catastrophes dues à
l’homme ou naturelles. En janvier 2006, sur les 46 pays victimes de catastrophes
que l’unité OMS Interventions sanitaires en cas de crise recensait dans le monde,
25 étaient situés dans la Région africaine. En 2006, l’Afrique australe et la Corne de
l’Afrique ont été confrontées au « triple fléau » de la pénurie alimentaire, de l’augm-
mentation de la prévalence du VIH/SIDA et des catastrophes naturelles, tandis que la
région des Grands Lacs et l’Afrique occidentale se sont heurtées à des situations d’urg-
gence humanitaire complexes. L’impact sur l’environnement des pays touchés par
ces crises – et dans une certaine mesure sur celui de leurs voisins – est immense.
Les populations civiles sont sans doute celles qui souffrent le plus des affections
causées par des maladies transmissibles, des maladies chroniques non traitées, une
mauvaise santé génésique ou de la violence lorsque la règle de droit n’existe plus. En
outre, il ne faut pas oublier les crises ou les situations d’urgence qui se mettent en
place lentement et insidieusement – telles que celles causées par le VIH/SIDA – et
peuvent avoir des conséquences profondes et à long terme sur la société.
En ce qui concerne la santé, les effets directs de la guerre, des conflits civils,
des inondations, des sécheresses, de la famine et des maladies infectieuses sont
dramatiques. Ces facteurs affaiblissent les capacités de résilience des personnes et
des systèmes de santé, et ils prennent rapidement une ampleur accrue lorsque les
abris, l’eau, les aliments, la sécurité, l’assainissement et les moyens de lutte contre
les maladies font défaut. Ce sont les maladies courantes qui, en situation de crise,
Encadré 5.4
Guérir les sociétés après un conflit en guérissant les esprits
La santé mentale est souvent négligée là où les besoins sont être la priorité numéro un, alors qu’elle est malheureusement
les plus grands. Le Libéria connaît une période relativement totalement négligée. ».
pacifique. Les anciens combattants se sont rencontrés face à La prévalence des troubles mentaux courants légers et
face autour d’une table de discussion et des élections ont eu modérés dans une population générale quelconque est de
lieu. Les psychiatres estiment que les donateurs internationaux 10 %, alors que celle des problèmes de santé mentale graves
ont du mal à comprendre que le réétablissement d’un système comme les psychoses ou la dépression sévère est généralem-
de santé mentale dans un pays comme le Libéria est d’une ment de 2-3 % dans une population donnée, mais peut passer
importance décisive et contribue à la stabilité de la société et à à 3-4 % après une catastrophe. Pour les populations traumat-
son développement social et économique. tisées qui ont vécu un conflit, les besoins de santé mentale
Consultant à l’OMS, le psychiatre danois Søren Buus sont encore supérieurs. Lorsqu’il est arrivé au Libéria en 2004,
Jensen a évalué les besoins de santé mentale après le conflit le consultant a déclaré qu’« aucun patient n’était soigné » et
en Sierra Leone, puis la situation au Libéria voisin. Il estime le seul hôpital psychiatrique du pays avait été détruit depuis
qu’il aurait pu résumer son rapport sur le Libéria en quatre longtemps. Il fait valoir que si les personnes souffrant de troub-
mots : « Besoins : immenses. Ressources : nulles ». Il estime bles mentaux dans les sociétés fragiles ne sont pas soignées,
que les personnes souffrant de troubles mentaux sont parmi les il y a peu d’espoir de mettre un terme au cycle de violence qui
membres les plus marginalisés de la société et que leur prodig- compromet le développement économique et social.
guer des soins ne relève pas uniquement de la santé publique, « Il ne faut pas beaucoup de patients psychotiques pour
mais aussi des droits de l’homme. « Ils entendent des voix dans terroriser un village. Si nous ne faisons rien, il n’y a aucune
leur tête, mais aucune voix ne s’exprime en leur nom », poursuit chance de créer un environnement propice où la justice et la
Buus Jensen. démocratie pourront voir le jour. On nous plaint beaucoup,
En Sierra Leone, le seul psychiatre du pays, le Dr Edward mais nous ne recevons pas d’argent. Nous ne pouvons verser
Nahim, en convient : « La Sierra Leone est un pays à faible aucun salaire, nous ne pouvons pas mettre en place de projet
revenu qui a connu un conflit et où la santé mentale devrait pilote pour montrer ce qu’il serait possible de faire. »
92 Rapport sur la santé dans la Région africaine
deviennent plus dangereuses et constituent la principale menace pour la santé. Dans
ces situations, les plus vulnérables sont ceux qui souffrent et meurent les premiers.
Les maladies courantes qu’il est possible d’éviter et de traiter comme la diarrhée, le
paludisme, la rougeole, la malnutrition et les infections des voies respiratoires font beauc-
coup plus de morts, tandis que les maladies comme la méningite et le choléra peuvent
rapidement donner lieu à des épidémies, encore aggravées par la malnutrition endémique
et le mauvais fonctionnement des systèmes de santé. Les situations qui déclenchent des
épidémies sont dues essentiellement aux effets secondaires et non aux effets primaires
de la catastrophe, à l’exception des inondations qui sont à l’origine d’une augmentation
des maladies transportées par l’eau et par les vecteurs. Les catastrophes peuvent causer
la rupture des canalisations d’eau et des systèmes d’évacuation des eaux usées ou l’interr-
ruption de l’approvisionnement en électricité requis pour le pompage de l’eau.
En outre, dans les situations consécutives à un conflit, il faut des soins spécialis-
sés adaptés aux problèmes de santé mentale (voir l’Encadré 5.4).
Les mouvements de populations soudains et de grande ampleur entre les pays et à
l’intérieur de ceux-ci créent souvent des situations d’urgence. En privant les gens de leurs
moyens de subsistance tout en les obligeant à dépenser plus, les situations d’urgence imp-
posent souvent des conditions d’existence précaires. Les maladies épidémiques comme
le choléra peuvent facilement prendre trop d’ampleur pour que les services de santé qui
manquent déjà de moyens puissent faire face, entraînant ainsi un besoin d’aide urgent.
Le temps que les gens passent dans des abris temporaires sans assistance déterm-
mine en grande partie le risque de transmission de maladies. Le séjour prolongé de
nombreux réfugiés dans des abris temporaires où ne leur sont fournis qu’un minimum
de services essentiels est le type même de situation où des flambées de maladies infect-
tieuses risquent de se produire. En République démocratique du Congo, on estime à 3,3
millions de personnes le nombre de décès dus à la guerre qui a sévi entre 1998 et 2002
selon une étude menée par le Comité international de Secours (IRC) sur la mortalité
dans la République démocratique du Congo. Le conflit, qualifié de « première guerre
mondiale » de l’Afrique du fait que six nations
au moins étaient impliquées, s’est caractérisé par
une extrême violence, des déplacements massifs
de populations, de très nombreux viols et un eff-
fondrement des services de santé publique. Le
désastre humanitaire qu’il a engendré est sans
précédent au cours des dernières décennies.
Il est fréquent que les crises se caractéris-
sent par un grand nombre de violences sexuell-
les à l’encontre des femmes et des jeunes enf-
fants. En 2004, l’OMS a publié, avec le HCR,
des lignes directrices à l’intention des agents
de santé sur les meilleures pratiques pour les
soins et le traitement à dispenser aux victimes
HCR/H. Caux
de violences sexuelles. L’OMS a mené, de 2004
à décembre 2005, des projets au Libéria et en
République démocratique du Congo, afin de
faire face aux effets sanitaires et psychologiq- A Bahai, au Tchad, une famille
ques de la violence sexuelle. Ceux-ci ont permis d’apporter une formation spécialisée de réfugiés emporte ses biens
aux agents de santé et des fournitures médicales, et de mettre en place des centres pour les mettre à l’abri de
de conseil. Dans le cadre des projets, des orientations ont été données aux législat- l’inondation causée par les
teurs sur la rédaction de la législation sur la violence sexuelle et une formation a été premières fortes pluies.
La santé et l’environnement en Afrique Chapitre 5 93
dispensée aux responsables de la santé au niveau communautaire pour lutter contre
la violence sexuelle.
Après deux décennies de conflits dans le nord de l’Ouganda, le nombre de pers-
sonnes déplacées a atteint 2 millions. Une étude portant sur les personnes déplacées
à l’intérieur du pays dans trois districts du nord de l’Ouganda a montré qu’au cours
des six premiers mois de 2005, le surcroît de mortalité cumulée atteignait 25 694
personnes. Le paludisme et le VIH/SIDA étaient les deux principales causes de décès
signalées par les personnes faisant l’objet de l’étude, tandis que la violence venait en
troisième position. Le taux brut de mortalité ainsi que la mortalité chez les enfants de
moins de cinq ans dans deux des districts étaient quatre fois supérieurs aux niveaux
globaux dans les zones de l’Afrique subsaharienne qui n’étaient pas en crise.
Des milliers de fermiers ont perdu leurs récoltes lorsque, d’avril à décembre 2004,
des criquets ont envahi l’Afrique de l’Ouest, conduisant à des pénuries alimentaires
dans toute la région. Dans certaines parties de pays tels que le Burkina Faso, le Mali,
la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad, le prix des denrées alimentaires – en
Les efforts résolus particulier du millet – a doublé.
L’histoire récente de l’Angola montre également les liens qui existent entre les
entrepris pour améliorer situations de crise et les flambées de maladies infectieuses. En avril 1999, l’Angola
a souffert de l’une des flambées de poliomyélite les plus importantes qui aient jam-
l’environnement dans mais été enregistrées en Afrique. Celle-ci est survenue après 30 ans de guerre et de
destruction des services de santé, de déplacements massifs des populations qui ont
la Région africaine sont engendré la surpopulation, des conditions d’hygiène médiocres et un approvisionnem-
ment en eau inapproprié – les conditions idéales pour la propagation du poliovirus.
souvent compromis par la En mars 2005, une flambée de fièvre hémorragique de Marburg a causé 329 morts en
Angola : il s’agissait là de la flambée la plus meurtrière de fièvre de Marburg jamais
nature des problèmes sous- constatée. Il n’y a ni traitement ni vaccin pour cette maladie, et ni la source de la
flambée ni le réservoir du virus n’ont été identifiés à ce jour.
jacents, dont la pauvreté L’OMS et les autres agences de l’ONU ont de nombreux rôles à jouer lors des
crises. L’un de ceux-ci est d’évaluer les programmes de protection sociale antérieurs
n’est pas le moindre. La et actuels qui s’adressent aux personnes vulnérables. Un autre de ces rôles est de
soutenir les pays dans la phase de relèvement. L’OMS fournit ce type de soutien à
tâche est considérable, l’Angola, au Burundi, à la Côte d’Ivoire, à l’Erythrée, à l’Ethiopie, au Libéria, au Moz-
zambique, au Niger, à la République centrafricaine, à la République démocratique du
mais certaines solutions Congo et aux pays d’Afrique australe, entre autres. Ce type d’assistance représente
un changement dans les priorités : après avoir sauvé des vies, il faut restaurer les
testées et éprouvées activités de subsistance. L’expérience démontre qu’il est possible de transformer un
désastre en une occasion d’améliorer le secteur de la santé.
donnent de bons résultats
et devraient être plus Lutter contre la pauvreté et les risques liés à
largement appliquées. l’environnement
Réduire la pauvreté
Les efforts résolus entrepris pour améliorer l’environnement dans la Région africaine
sont souvent compromis par la nature des problèmes sous-jacents, dont la pauvreté
n’est pas le moindre. La tâche est considérable, mais certaines solutions testées et
éprouvées donnent de bons résultats et devraient être plus largement appliquées.
Ainsi, la stratégie de l’OMS sur la pauvreté et la santé dans la Région africaine est
94 Rapport sur la santé dans la Région africaine
une initiative dont l’idée principale est que la santé est vitale pour la réduction de la
pauvreté, la croissance économique et le développement humain. La stratégie vise à
promouvoir une réforme du système de santé qui fournisse aux personnes défavoris-
sées un accès aux services de santé de base, et à orienter les secteurs autres que la
santé sur la manière de tenir compte des questions de santé dans leurs politiques et
pratiques. La stratégie cherche aussi à modifier l’orientation des systèmes de santé en
préférant à la prédominance de l’approche curative une approche davantage orientée
sur la prévention et la promotion de la santé.
Prévention et gestion des conflits
Les situations d’urgence liées à des conflits qui ont été si répandues dans la Région
africaine entraînent des problèmes multiformes pour l’environnement. Comme pour
la pauvreté, elles ne peuvent être réglées que pacifiquement ou par une action import-
tante et soutenue au niveau international.
Il faudrait pour cela mieux gérer les recettes de l’Etat provenant des ressources
naturelles, mieux utiliser l’aide pour s’attaquer aux causes des conflits, appliquer les
La clef d’une riposte
accords internationaux sur la manière de contrôler les ressources qui alimentent ou
financent les hostilités et contrôler le trafic des armes légères.
efficace aux situations
Grâce à des moyens efficaces d’alerte précoce, de médiation et de maintien
de la paix, les organisations internationales et les organisations africaines peuvent
d’urgence dans la Région
aider à prévenir et à résoudre les conflits lorsque les tensions ne peuvent être gérées
au niveau national. La coordination et le financement du maintien de la paix et du
consiste à améliorer
développement après un conflit doivent être améliorés pour éviter que les Etats qui
émergent d’un conflit violent n’y retombent.
la coordination et
La stratégie de secours d’urgence et d’aide humanitaire du Bureau régional de
l’Afrique invite instamment les Etats Membres à développer ou à renforcer leur capac-
l’appui technique entre
cité de gestion des situations d’urgence. Les méthodes recommandées sont axées sur
les pays ou régions vulnérables et mettent l’accent sur la prévention, la préparation et
les populations et les
la capacité à agir, et la création de moyens. D’autres méthodes passent par la format-
tion de personnels et le renforcement des capacités institutionnelles, y compris les
gouvernements recevant
systèmes d’alerte précoce et l’allocation de ressources appropriées pour créer, lorsq-
qu’il n’existe pas encore, un fonds national pour les situations d’urgence. Les pays
l’aide ainsi qu’entre les
sont également invités à intégrer les programmes et les activités de secours d’urgence
et d’aide humanitaire dans leurs plans nationaux de développement sanitaire. Ils sont
organisations qui la
par ailleurs encouragés à renforcer la participation communautaire à la préparation
aux situations d’urgence et à l’action, et à recenser, classer et cartographier les risq-
fournissent.
ques de situations d’urgence. Des secours efficaces et bien préparés peuvent changer
du tout au tout la pire des crises. Grâce à cette stratégie, plusieurs pays ont amélioré
leur capacité à se préparer et à réagir aux situations d’urgence.
Dans les situations d’urgence, qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine, le
manque de ressources et de préparation rend de nombreux gouvernements de la Région
incapables d’atténuer l’impact sur l’environnement sanitaire. Les organisations humanit-
taires sont souvent amenées à entreprendre et à administrer des interventions sanitaires
en situation d’urgence. Mais le fait de devoir compter sur une aide extérieure retarde inév-
vitablement l’arrivée des secours et augmente le risque pour les populations touchées.
Au même titre que d’autres institutions, l’OMS a également réagi en intervenant
davantage en amont et en aidant les pays à se préparer aux conséquences sanitaires
d’une situation d’urgence et à mettre en place des systèmes permettant d’atténuer
aussi rapidement que possible les problèmes de santé provoqués par les crises.
La santé et l’environnement en Afrique Chapitre 5 95
La stratégie de l’OMS pour les opérations d’urgence et l’action humanitaire,
adoptée en 1997, pour la Région africaine comporte une série de mesures que les
pays peuvent prendre pour être mieux préparés aux situations d’urgence. L’OMS aide
les Etats Membres à évaluer les risques sanitaires et la vulnérabilité, à développer les
moyens techniques d’intervention et à améliorer la coordination pendant les crises.
Elle a mis au point un ensemble minimal d’interventions sanitaires pour les situations
d’urgence, des guides pratiques et d’autres outils de soutien technique. L’OMS aide
également les pays à reconstruire les systèmes de santé détruits à la suite d’une cat-
tastrophe naturelle ou d’un conflit armé.
La clé d’une riposte efficace aux situations d’urgence dans la Région africaine
consiste à améliorer la coordination et l’appui technique entre les populations et les
gouvernements recevant l’aide ainsi qu’entre les organisations qui la fournissent. Les
crises telles que la famine en Erythrée et en Ethiopie et les conflits au Libéria, en Rép-
publique centrafricaine, en République démocratique du Congo et dans d’autres pays
d’Afrique de l’Ouest ont eu des répercussions sur l’environnement qui sont allées bien
au-delà des frontières d’un seul pays. Une action concertée des gouvernements de la
Région et des institutions internationales est déterminante pour limiter cet impact.
Des solutions peu coûteuses et durables : l’eau et
l’assainissement
Des progrès ont été faits dans le domaine crucial de l’eau et de l’assainissement, même
s’ils ont été plus lents qu’espéré. Au cours des dix dernières années, des solutions peu
coûteuses et des méthodes durables de gestion communautaire ont été mises en place
pour résoudre ce problème vital. La décentralisation des responsabilités et le fait de val-
loriser l’adhésion de la communauté en lui laissant le choix des niveaux de prestation
se sont avérés particulièrement efficaces pour améliorer l’accès à une eau saine.
Les programmes de gestion communautaire dirigés par l’OMS et d’autres instit-
tutions ont donné des résultats, notamment
des programmes utilisant l’initiative PHAST,
une approche modulée suivant la demande
pour l’eau et l’assainissement ainsi que des
projets d’assainissement écologique. Le prog-
gramme AFRIQUE 2000 pour l’eau et l’assain-
nissement a aussi galvanisé les efforts visant
à développer les approvisionnements en eau
saine et à améliorer l’assainissement dans la
Région africaine.
Plusieurs pays de la Région africaine
ont adopté l’approche « cadres de vie sains »
de l’OMS qui s’attache à rendre les villes,
les écoles, les villages et les marchés aliment-
taires plus sains et qui repose sur l’idée que
la santé dépend d’un environnement prop-
pice tout autant que de services sanitaires
Laurence Layani
satisfaisants. En adoptant cette approche,
ces pays s’attaquent pour la première fois à
des problèmes urbains complexes, et cela de
façon globale.
L’eau douce est une ressource précieuse.
96 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Les outils et les compétences nécessaires pour gérer des programmes d’un bon
rapport coût/efficacité qui améliorent l’approvisionnement en eau et l’assainissement
sont donc désormais disponibles et, plus ces outils seront connus, plus les résultats
seront tangibles, créant un environnement plus sain.
Un exemple de solution écologique au problème d’approvisionnement en eau et du
type de réflexion créative qui permet de résoudre les problèmes dans ce domaine est la
pompe-manège grâce à laquelle des enfants peuvent pomper de l’eau tout en jouant.
Les approvisionnements en eau sont parfois contaminés. La gestion de l’env-
vironnement est également un moyen de lutter contre ces maladies véhiculées par
l’eau. Ainsi, les agents de santé publique du Malawi luttent contre les populations
de mollusques porteurs de schistosomes dans les rivières et les lacs afin de réduire la
transmission de la schistosomiase (voir l’Encadré 5.5).
Encadré 5.5
Lutte environnementale contre la schistosomiase au Malawi
Près de 85 % des 200 millions de personnes dans le monde qui, dans 28 villages de la péninsule de Nankumba, et qui a rédigé
selon les estimations, souffrent de schistosomiase et des 600 des documents de conférence en 1998 et 1999, dit que le projet
millions de personnes exposées à la maladie vivent en Afrique. était « novateur dans sa mise en œuvre, car c’était un projet san-
Un effort considérable est fait aujourd’hui aux niveaux national nitaire intégré dans un projet de conservation de la biodiversité
et international sur le continent africain pour lutter contre les du lac Malawi ».
ravages qu’elle provoque. Après la réduction de l’aide danoise au Malawi en 2001,
L’essentiel de cet effort consiste à repérer les malades et à les scientifiques expliquent qu’aucune évaluation complète
les traiter, mais, au Malawi, des recherches prometteuses sont n’a pu être effectuée. La recherche liait la transmission du
conduites en vue de maîtriser les populations de mollusques qui schistosome et le nombre de mollusques au déclin de la pop-
transmettent le parasite responsable de la schistosomiase chez pulation d’un poisson molluscophage : le fameux cichlide du
l’homme, connue également sous le nom de bilharziose. lac Malawi.
Samuel Jemu, coordonnateur du Programme national de Le Dr Madsen estime que, même si un plus grand nomb-
lutte contre les bilharzies, estime que la lutte environnementale bre de poissons est synonyme d’une diminution du nombre de
est aussi importante que l’identification, le traitement, la nutrit- mollusques, cela ne résoudra pas entièrement le problème de
tion et l’assainissement pour s’attaquer aux schistosomes et à la schistosomiase au Malawi ni ailleurs. Lorsque les fonds sont
d’autres parasites intestinaux. limités et que l’on dispose de médicaments économiques, il est
Ses équipes cherchent en priorité à repérer ce qu’elles plus judicieux de commencer par traiter les gens. « Toutefois, je
appellent les « points chauds d’infection ». Il s’agit d’environnem- pense qu’une fois la prévalence réduite, il faudra engager une
ments riches en mollusques où ceux-ci émettent des parasites lutte environnementale contre la maladie », conclut-il.
dans l’eau, lesquels sont ensuite transmis aux personnes qui
puisent de l’eau, se lavent, pêchent ou jouent dans l’eau.
« Nous examinons l’habitat et voyons s’il est favorable
aux mollusques », explique M. Jemu. « Nous nous efforçons de
mobiliser les communautés de ces régions pour nous assurer
qu’elles déblaient bien les voies d’eau. L’eau peut alors circul-
ler un peu plus rapidement, ce qui évite la transmission. Nous
construisons également des passerelles de façon à ce que les
gens aient moins de contacts avec l’eau. »
OMS/TDR/A. Crump
Par le passé, on utilisait des pesticides pour maîtriser les
populations de mollusques, mais cette pratique a été abandonn-
née en raison de ses conséquences écologiques désastreuses,
précise le Dr Henry Madsen, spécialiste des mollusques de
l’Institut de Recherche et de Développement sanitaires du DBL
(Laboratoire danois de la Bilharziose). Nombreux sont ceux qui, contraints
Peter Furu, Conseiller principal à l’Institut, qui a participé d’utiliser une eau infestée de mollusques,
à la mise en place et à l’évaluation des programmes d’essais risquent de contracter la schistosomiase.
La santé et l’environnement en Afrique Chapitre 5 97
Rendre les aliments plus sûrs : une responsabilité
partagée
Améliorer la conservation et la préparation des aliments permet de réduire les risques
pour la santé dus à la contamination des aliments. On a obtenu de bons résultats
en ciblant localement les usages en matière d’hygiène, en surveillant le niveau d’hyg-
giène et de transmission des maladies et en éduquant les personnes chargées de la
manipulation des aliments.
Grâce à la stratégie intégrée de surveillance des maladies élaborée par le Bureau
régional OMS de l’Afrique en 1999, tous les pays de la Région fournissent désorm-
mais des données sur le choléra, la typhoïde et les infections dues à Salmonella
spp., Shigella spp. et d’autres micro-organismes. L’un des principaux obstacles tient
à l’absence de personnel technique bien formé, mais l’on s’efforce d’y remédier. La
formation de ce personnel à la surveillance des maladies d’origine alimentaire et à la
surveillance microbiologique a été entreprise depuis 2002 dans dix pays francophon-
nes. Il est projeté de l’étendre à l’avenir à l’ensemble des autres pays de la Région.
Dans les pays francophones de la Région africaine, un projet – qui découle des
ateliers mondiaux Salm-Surv, programme de surveillance international des salmonell-
les mis en place en 2000 – est également en cours pour contrôler la résistance aux
antibiotiques de Salmonella hadar. Parmi les autres activités de recherche figure le
suivi microbiologique des aliments, de la production à la consommation, ainsi que
des produits alimentaires importés tels que les préparations pour nourrissons.
Le Bénin et la République du Congo ont travaillé pour renforcer la surveillance
et le suivi microbiologique des aliments. Le système mondial de surveillance de l’env-
vironnement/programme de surveillance et d’évaluation de la contamination des
produits alimentaires (GEMS/FOOD) a été mis en place dans près de dix pays afric-
cains francophones dans le cadre du troisième atelier international sur les études de
l’alimentation totale (Total Diet Study) qui s’est tenu en mai 2004. Un projet portant
Encadré 5.6
Atteindre l’OMD 7 concernant l’eau et l’assainissement
L’une des cibles de l’OMD 7, qui concerne principalement le dével-
loppement durable, consiste à réduire de moitié d’ici 2015 le nombre Pourcentage de la population qui n’a
de personnes n’ayant pas accès de façon durable à une eau de boiss- pas accès à des sources d’eau améliorr
son saine et à des moyens d’assainissement de base. Cette cible rées, Afrique subsaharienne
suppose que 75 % de la population ait accès à une source d’eau
Référence
meilleure. En Afrique subsaharienne, cette proportion n’est passée 50
que de 49 % à 58 % entre 1990 et 2002, c’est-à-dire que l’on est loin Données les plus
40 récentes
des progrès nécessaires pour atteindre la cible en 2015. Objectif
Dans le domaine de l’assainissement, la cible est une couverture 30
de 66 % par des services améliorés d’ici 2015, mais l’Afrique subsah- 20 Diminution nécessaire
harienne est encore plus en retard. De 32 % en 1990, la couverture 10 pour atteindre l’objectif
n’était passée qu’à 36 % en 2002. Pour que les délais soient respectés, 0
elle aurait dû atteindre 49 % à cette date. Certains pays font cepend- 1990 2002 2015
dant exception comme le Cameroun, où la couverture, qui n’était que
Source : Programme commun OMS/UNICEF de
de 21 % en 1990, a atteint 48 % en 2002 ; le Sénégal, où la couverture surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’ass-
est passée de 35 % à 52 % ; et le Ghana, où elle est passée de 43 % à sainissement – Water for life: make it happen, 2005.
58 %, mais les progrès sont généralement beaucoup trop lents.
98 Rapport sur la santé dans la Région africaine
sur les contaminants chimiques dans l’alimentation, sous la forme d’une étude de
l’alimentation totale – il s’agit des sources primaires d’information sur les niveaux de
divers contaminants chimiques et nutriments présents dans le régime alimentaire –,
est prévu au Cameroun.
L’incidence croissante des maladies d’origine alimentaire et l’émergence de nouv-
velles menaces microbiennes pour la chaîne alimentaire ont incité le Comité régional
de l’OMS à faire de la sécurité sanitaire des aliments un domaine d’action prioritaire
en 2003. La création du fonds fiduciaire du Codex Alimentarius la même année a
permis à de nombreux pays de la Région de s’engager à appliquer les normes intern-
nationales de sécurité sanitaire des aliments.
Dans la résolution sur la salubrité des aliments adoptée par le Comité régional de
l’Afrique en 2003, les Etats Membres sont appelés à élaborer ou à mettre à jour les pol-
litiques et la législation relatives à la salubrité des aliments, sur la base d’une évaluat-
tion scientifique et de la prévention des facteurs de risque tout au long de la chaîne
alimentaire. L’idée est d’aligner la réglementation en matière de sécurité sanitaire des Dans la résolution sur
aliments sur les normes et directives alimentaires internationales, y compris celles
établies par la Commission du Codex Alimentarius. Au titre de la résolution de 2003, la salubrité des aliments
les Etats Membres sont également encouragés à intégrer les questions de sécurité
sanitaire des aliments dans les programmes d’études depuis l’enseignement primaire adoptée par le Comité
jusqu’à l’enseignement supérieur ; à intégrer la composante éducation et information
en matière de sécurité sanitaire des aliments dans les programmes de formation des régional de l’Afrique en
personnes appelées à manipuler des aliments à tous les niveaux – consommateurs,
producteurs et agriculteurs ; à fournir aux laboratoires fonctionnels des ressources 2003, les Etats Membres
suffisantes dans le cadre de leurs systèmes de surveillance nationale ; et à assurer
coordination et maillage aux niveaux national, sous-régional et régional. sont appelés à élaborer
Le Botswana, le Ghana et la République-Unie de Tanzanie ont adopté l’approche
analyse des risques-maîtrise des points critiques (HACCP), système de gestion de la ou à mettre à jour les
sécurité sanitaire des aliments établi au niveau international. Ce système anticipe les
points de la chaîne alimentaire où la contamination pourrait survenir et favorise les politiques et la législation
contrôles volontaires pour l’éviter.
Des activités sont également en cours au Burkina Faso, en Guinée-Bissau et au relatives à la salubrité des
Kenya pour évaluer la qualité et la sécurité sanitaire des aliments vendus dans la rue,
enseigner aux manipulateurs d’aliments et aux consommateurs les bonnes techniq- aliments.
ques de manipulation et les règles d’hygiène personnelle, et former des inspecteurs
au contrôle des aliments. Le concept de marchés alimentaires sains a été appliqué
dans un certain nombre de pays, notamment au Mozambique, en République du
Congo et en République-Unie de Tanzanie, afin d’améliorer la sécurité sanitaire des
aliments vendus sur les marchés. L’affiche de l’OMS, intitulée « Cinq clés pour des
aliments plus sûrs » et visant à garantir la sécurité sanitaire des aliments dans chaque
foyer, est utilisée au Botswana, au Mozambique et en République du Congo pour
former les écoliers à l’hygiène alimentaire.
La santé et l’environnement en Afrique Chapitre 5 99
Conclusion : suivre les progrès
Les populations de la Région africaine sont confrontées à toute une série de risq-
ques sanitaires, dont un grand nombre ont leur origine dans l’environnement, qu’il
s’agisse des niveaux élevés de pollution de l’air, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur
des habitations, de l’insalubrité des approvisionnements en eau, de l’insuffisance de
l’assainissement ou des aliments préparés sans respecter les conditions d’hygiène
dans la plupart des communautés de la Région. Celle-ci se caractérise aussi par la
disparité des résultats en matière de santé. Les conséquences sont la pauvreté, des
moyens de transport médiocres, des logements inadaptés, un accès insuffisant aux
services, en particulier à une eau saine et aux réseaux d’assainissement (voir l’Encad-
dré 5.6) et le stress qui résulte de conditions sociales et environnementales médioc-
cres. Les situations d’urgence, qu’elles soient dues à l’homme ou à des catastrophes
naturelles, se traduisent fréquemment par d’énormes déplacements de populations,
qui à leur tour sont susceptibles d’entraîner une détérioration des conditions de vie
et de l’environnement immédiat.
L’OMS a travaillé avec ses partenaires dans la Région africaine pour améliorer la
Les Etats Membres, santé des populations en appliquant des solutions testées et éprouvées. Par exemple,
l’initiative PHAST a été mise en œuvre pour résoudre les problèmes d’approvisionn-
l’OMS et leurs partenaires nement en eau et d’assainissement. En adoptant l’approche pour des cadres de vie
sains, on fait beaucoup pour améliorer l’assainissement dans les villes et la sécurité
devraient travailler en sanitaire des aliments sur les marchés alimentaires. L’amélioration de l’hygiène dans
l’industrie alimentaire a été obtenue dans une large mesure grâce à la mise en place
plus étroite collaboration de l’approche HACCP, tandis que l’initiative « Cinq clés pour des aliments plus sûrs »
de l’OMS contribue à l’éducation du consommateur et a été particulièrement utile
pour appliquer ces pour former les écoliers.
L’OMS a mis en place un certain nombre de stratégies dans la Région africaine
méthodes éprouvées et pour aider les Etats Membres à rendre leur environnement plus sain. Ainsi, la stratég-
gie 2002 de l’OMS sur l’environnement et la santé met l’accent sur l’élaboration et la
ces connaissances afin de mise en œuvre de politiques liées à l’environnement dans le secteur de la santé. La
stratégie s’efforce aussi d’encourager les communautés à prendre conscience du lien
rendre l’environnement crucial qui existe entre l’environnement et la santé, et à mieux le connaître.
On peut citer les autres stratégies suivantes : Pauvreté et santé : une stratég-
plus salubre et de réduire gie pour la Région africaine ; Microeconomics and Health: the Way Forward in
the African Region (Microéconomie et santé : comment progresser dans la Région
le fardeau de la morbidité africaine) ; la stratégie pour les opérations d’urgence et l’action humanitaire dans la
Région africaine ; ainsi que d’autres stratégies sur la sécurité sanitaire des aliments et
due à l’environnement la santé au travail. Elles fournissent toutes des lignes directrices claires sur la manière
de soulager la pauvreté et de réduire la contamination de l’environnement.
dans la Région africaine. Ces stratégies tirent parti d’une mine de connaissances sur les moyens de perm-
mettre aux pauvres d’accéder aux aliments et aux soins de santé dont ils ont besoin.
On sait comment assurer la sécurité sanitaire des aliments à tous les stades, du
producteur au consommateur, et assurer la sécurité sur le lieu de travail. On connaît
aussi des méthodes de prévention et de gestion des situations d’urgence. Les Etats
Membres, l’OMS et leurs partenaires devraient travailler en plus étroite collaboration
pour appliquer ces méthodes éprouvées et ces connaissances afin de rendre l’envir-
ronnement plus salubre et de réduire le fardeau de la morbidité due à l’environnement
dans la Région africaine. ■
100 Rapport sur la santé dans la Région africaine
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102 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Chapitre 6
Chapitre 6
Messages clefs
La prestation des soins est entravée par la pénurie d’agents de santé et
une infrastructure inadaptée
Les frais de soins directs entraînent les populations dans le cercle
vicieux de la pauvreté et de la mauvaise santé
Des informations sanitaires de meilleure qualité sont nécessaires pour
évaluer quelles sont les bonnes mesures de santé publique à prendre
Dans certaines parties de la Région, la moitié de la population n’a pas
accès aux médicaments
Solutions
Les gouvernements africains et leurs partenaires doivent allouer davantt
tage de fonds aux systèmes de santé
Il faut subventionner les soins et mettre en place des systèmes de sécurt
rité sociale
Une approche sectorielle permettrait une coordination efficace des resst
sources intérieures et extérieures
Des systèmes de santé solides seraient un instrument efficace pour
dispenser l’ensemble des soins de base
Les systèmes de santé nationaux
— Le grand défi pour la
santé publique en Afrique
L
a plupart des pays de la Région africaine ont mené à bien des réformes du
secteur de la santé pour améliorer la prestation des services de santé. Malgré
ces efforts, dans de nombreux pays de la Région, les systèmes de santé sont
déficients et fonctionnent mal. La principale contrainte qui pèse sur les gouvernemm
ments tient à la pénurie de ressources financières et humaines. Aussi les autorités
se félicitent-elles du soutien de la communauté internationale et des efforts qu’elle
déploie pour lutter contre les maladies et soulager les souffrances. Certains de ces
programmes « verticaux », axés sur une maladie, fournis et financés par des donm
nateurs extérieurs, ont eu des résultats spectaculaires ; ils ont par exemple permis
d’éradiquer la variole et de réaliser des progrès dans la lutte contre la poliomyélite,
la dracunculose, l’onchocercose et la rougeole. Toutefois, les programmes verticaux
tendent à négliger une importante cause sous-jacente de morbidité : la faiblesse des
systèmes de santé (voir l’Encadré 6.1). Ce chapitre traite du grand défi pour la santé
publique en Afrique, à savoir renforcer ces systèmes de santé qui sont déficients et
fonctionnent mal.
Les gens tombent malades et meurent souvent parce qu’il n’existe pas de systèmm
mes de prévention ou de lutte ou, s’il existe de tels systèmes, parce qu’ils fonctionnent
mal. Certains jugent prohibitif le coût de la mise en place d’un système de santé en
Afrique. Une expérience pionnière en République-Unie de Tanzanie a toutefois prouvé
le contraire, à savoir qu’il est possible de renforcer les systèmes de santé à moindres
frais, et d’améliorer ainsi la santé des populations de façon spectaculaire. Encore faut-il
voir si ces améliorations peuvent être maintenues dans les deux districts tanzaniens
où l’expérience a été menée et si la même approche peut être appliquée avec succès
dans d’autres districts de Tanzanie ou dans d’autres pays de la Région. L’expérience
prouve toutefois qu’une amélioration de la qualité des prestations des systèmes de
santé peut conduire à des progrès dans la lutte contre les maladies.
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 105
Edifier et renforcer les systèmes de santé
Dans les pays où un grand nombre des éléments fondamentaux d’un système de
santé – agents de santé qualifiés, information et savoir, fonds, infrastructure, ainsi
que médicaments essentiels et matériel médical – font défaut ou sont limités, les
perspectives peuvent être sombres
Bon nombre des habitants de la Région africaine, notamment ceux des zones ruralm
les, doivent souvent faire de longs trajets pour obtenir des soins élémentaires. Arrivés à
l’hôpital ou au dispensaire, il se peut qu’ils ne soient soignés que s’ils ont de quoi payer.
C’est pourquoi beaucoup, faute de moyens, se passent de traitement et que, pour les
autres, de telles dépenses peuvent être exorbitantes, tandis que la qualité des services
sera limitée. Dans l’un ou l’autre cas, les gens sont menacés d’appauvrissement, que
ce soit parce qu’ils sont atteints d’une maladie incapacitante, ou parce que ces dépensm
ses sont au-dessus de leurs moyens. Certains pays, dont le
Ghana, le Kenya, le Nigéria et la Zambie, mettent en place
Encadré 6.1
des systèmes nationaux d’assurance maladie pour aider les
Qu’est-ce qu’un système de santé ? populations à faire face à leurs dépenses de santé.
Une solution durable à ces problèmes, courants dans
Par système de santé, on entend l’ensemble des acteurs, des la Région africaine, est la poursuite de la réforme du secteur
organisations, des institutions et des ressources dont le but
premier est d’améliorer la santé. Les systèmes de santé ont
de la santé, moyennant des financements accrus et une
plusieurs objectifs, dont le principal est de promouvoir, de utilisation plus efficace des fonds associés à une meilleure
restaurer ou d’entretenir la santé, mais ils doivent aussi être gestion des affaires publiques et à un accès élargi aux intervm
aptes à répondre aux attentes légitimes de la population et ventions d’un coût abordable qui sont connues pour leur
être financièrement équitables. efficacité. Un élément clé de cette réforme consiste à établir
Le degré de réalisation de ces objectifs dépend de la des districts sanitaires qui seront à la base de la prestation
mesure dans laquelle les systèmes parviennent à s’acquitter
des services de santé. Une fois établis en tant que tels, ces
de quatre fonctions vitales. La première, la prestation
des services, consiste à dispenser des services de santé districts doivent être pleinement opérationnels dans toute
individuels ou non ; la deuxième, la production de ressources, la Région de façon à assurer la prestation de services de
signifie investir dans les personnes, les infrastructures et le soins essentiels aux populations, de manière appropriée et
matériel ; la troisième, le financement, consiste à collecter, efficace, et moyennant un coût abordable.
mettre en commun et attribuer les recettes qui serviront
à l’achat des services ; et la quatrième, l’administration
générale, permet d’assurer un contrôle et de donner des Prestations de santé publiques et
orientations, dans l’optique de la santé.
Quand ces quatre éléments fonctionnent bien ensemble, privées
la population a tendance à être en meilleure santé et à vivre En Afrique, le secteur privé joue un rôle important dans la
plus longtemps. A l’inverse, quand ces fonctions de base ne
prestation des soins de santé. Cela tient en partie à l’incapm
sont pas assurées, la morbidité et la mortalité augmentent.
Les systèmes de santé aident à faire en sorte que les pacité des gouvernements à assurer des soins de santé de
services de santé répondent de façon équitable et durable base à une population qui, en l’absence de soins subventm
aux besoins sanitaires. tionnés par l’Etat, n’a d’autre choix que de chercher d’autres
solutions. Les prestataires privés complètent le secteur pubm
blic, intervenant là où l’Etat n’assure pas les services essentm
tiels. Mais l’absence de réglementation qui caractérise le secteur privé peut être cause
de discrimination à l’encontre des personnes qui n’ont pas les moyens de payer pour
ces services. Le secteur privé inclut également des organisations non gouvernementm
tales et caritatives qui dispensent des soins gratuits ou subventionnés. Dans certains
pays, le secteur privé assure une part significative des soins de santé disponibles,
qu’ils soient subventionnés ou payants.
Vu la circulation des biens et des services médicaux entre les prestataires pubm
blics, commerciaux, philanthropiques, traditionnels et informels, la distinction entre
106 Rapport sur la santé dans la Région africaine
secteurs privé et public est de plus en plus floue. Certains médecins font payer des
services qui devraient être gratuits dans le secteur public. Des médicaments et du
matériel médical achetés pour des hôpitaux publics sont vendus au marché noir.
Certains agents de santé sont si mal rémunérés qu’ils ont deux emplois, l’un dans le
secteur privé et l’autre dans le secteur public, pour gagner leur vie. Les deux secteurs
cependant sont indispensables. Le secteur privé tend à être davantage ouvert à la
concurrence, à la flexibilité et à l’innovation, tandis que le secteur public est chargé
de veiller à un accès plus équitable aux soins de santé essentiels.
Développer les systèmes de santé
Développer les systèmes de santé consiste à accroître les ressources humaines, améliorer
les infrastructures et la formation, et s’employer par tous les moyens à étendre les servm
vices de santé de qualité. Aucune Région n’a autant besoin de
renforcer ses systèmes de santé que l’Afrique. La seule solution
cohérente, vu l’ampleur des problèmes de santé publique qui
se posent dans la Région africaine, est l’amélioration des systèmm
mes de santé. En l’absence de systèmes de santé fonctionnels,
le VIH/SIDA s’est implanté et propagé rapidement au point de
constituer l’un des plus graves problèmes de santé publique
de tous les temps. Aujourd’hui, la pandémie de VIH/SIDA a
annulé les gains durement acquis en termes d’espérance de vie.
Ce recul est révélateur de l’impuissance des systèmes de santé
face à l’énorme fardeau que représente la pandémie.
Il existe des interventions efficaces et d’un coût abordable
pour faire échec aux maladies qui coûtent la vie aux populatm
OMS/E. Miller
tions africaines, mais les effectifs du secteur de la santé ont tellm
lement diminué – en partie du fait de la pandémie de VIH/SIDA
– qu’il ne reste souvent personne pour les mettre en œuvre. La
prestation des soins dans la Région est souvent fragmentaire, certaines interventions Consultations dans un grand centre
éprouvées et testées pouvant être mises en œuvre gratuitement dans le cadre de petits VIH/SIDA de Gaborone, au Botswana,
pour l’obtention du traitement
projets limités à un dispensaire ou un hôpital. Il conviendrait dans un premier temps
antirétroviral (TARV).
d’étendre ces projets au niveau du district et, en définitive, à l’ensemble du pays. Il est
toutefois plus facile de parler de ces mesures de renforcement que de les appliquer.
Les efforts visant à aider les pays de la Région africaine à atteindre les objectifs
du Millénaire pour le développement (OMD) liés à la santé se sont multipliés. Il s’agit
notamment de l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » dont l’objectif est de fournir un
traitement contre le VIH/SIDA, du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculm
lose et le paludisme, et du plan d’urgence pour la lutte contre le SIDA du Président
des Etats-Unis d’Amérique. Le défi est de rassembler suffisamment de fonds pour que
les pays puissent édifier et renforcer leurs systèmes de santé qui seront l’instrument
non seulement du combat contre le VIH/SIDA, mais aussi des efforts de lutte et de
traitement contre toutes les maladies.
Programmes verticaux
Quel que soit l’angle de mesure du fonctionnement des systèmes de santé – taux de
vaccination, accouchements en présence de personnel qualifié, malnutrition, mortalm
lité de la mère et de l’enfant –, la Région africaine est en mauvaise posture. Le défi à
relever consiste à élargir l’accès aux services de santé de base et leur portée, bien que
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 107
Encadré 6.2
Prestation de soins dans les communautés isolées
Depuis 11 ans, le train médical Phelophepa parcourt l’Afrique du local qui relève du Ministère de la Santé, généralement un infirmt
Lauren Beukes
Sud pour soigner et éduquer les communautés. mier ou une infirmière exerçant dans le secteur.
Il s’arrête généralement dans des campagnes isolées où A ce jour, le personnel du train a soigné 500 000 personnes,
la gare n’a souvent pas de quai et où l’hôpital le plus proche se et en a examiné et informé 800 000 autres.
trouve à 100 km. Environ 42 % des 44,8 millions de Sud-Africains Chaque année, le train s’arrête une semaine à l’une de
vivent dans des zones rurales de la sorte. ses 36 destinations dans quatre des neuf provinces du
Mais le train Phelophepa, qui signifie « bonne santé » en pays. Le Directeur de l’équipe, Lillian Cingo, dit que, par
langues sesotho et setswana, dessert aussi des villes telles que son travail de pédagogie, l’équipe espère aussi laisser
Malmesbury dans la province du Cap oriental, où beaucoup d’habitt quelque chose d’utile à la communauté pour qu’à son
tants sont trop pauvres pour payer les services de santé existants. retour certains n’aient plus besoin de ses services.
La foule se presse pour se faire soigner. Plusieurs mois à l’avance, l’équipe de promott
« Je travaille jusqu’à 8 heures du soir à peu près, mais parft tion du Phelophepa entretient des contacts étroits
fois il reste encore des gens à examiner. Certains dorment sur le avec les communautés pour connaître leurs besoins
quai parce qu’ils ne veulent pas perdre leur place. Ça fait mal au et recenser les patients qui ne peuvent acquitter les
cœur de voir ça », témoigne Emma Rapoo, une optométriste de 27 honoraires (entre US $0,50 et 1).
ans qui fait partie de l’équipe soignante du train, principalement La planification et la coordination sont
composée d’étudiants en dernière année de médecine ou qui entt indispensables au bon fonctionnement
tament une spécialisation. du projet. Les frais de fonctt
Créé en 1994, le Phelophepa était à l’origine un dispensaire tionnement se montent à environ
de soins oculaires. Le train compte maintenant 16 wagons où ont US $4 millions par an ; 60 % sont
été aménagés un centre de soins primaires, une clinique dentaire, pris en charge par la Fondation
des services de conseil et une unité d’information. Les soins sont Transnet, et le reste par des entrept
cependant limités aux infections et maladies qui peuvent être prises et autres donateurs privés.
soignées sur place. Si un patient présente des symptômes d’une Les organisateurs ont l’intention
maladie grave qui, comme le paludisme, le cancer, l’infection à de mettre un deuxième train sur
VIH/SIDA ou la tuberculose, nécessite un traitement prolongé, il les rails dans les deux ans qui
est orienté vers le dispensaire ou l’hôpital le plus proche. viennent et réunissent à cette fin
L’équipe du train cherche toutefois à répondre à ces besoins une somme de US $6 millions. Le
en enseignant à des bénévoles des communautés visitées à prodigt rêve du Dr Cingo serait que le train
guer des soins à domicile, par exemple la stratégie DOTS contre la desserve toute l’Afrique. Pour plus
tuberculose ou les soins élémentaires aux malades du SIDA. Les d’informations, consulter le site :
bénévoles sont ensuite placés sous l’autorité d’un coordonnateur http://www.mhc.org.za/.
A Grahamstown, en Afrique du Sud, Weziwe Rholowa a
suivi pendant cinq jours un stage de formation aux soins
de santé de base animé par le personnel du Phelophepa.
des efforts aient été faits à cet égard (voir l’Encadré 6.2). Des programmes spécifiques
s’attachant à des conditions sanitaires particulières ont été mis en œuvre sous forme de
programmes « verticaux », axés sur une seule maladie, avec plus ou moins de succès.
Ces programmes sont généralement focalisés sur une maladie ou un groupe cibm
ble. Quel que soit leur niveau de réussite, on ne peut attendre qu’ils s’attellent à l’ensm
semble des besoins de santé de la population. Cette approche « verticale » des soins
de santé publique peut nuire, par exemple, à la prestation de soins plus complets
aux communautés isolées. L’absence de coordination entre les programmes verticaux
peut s’accompagner de doubles emplois, du débauchage de personnels qualifiés des
programmes de soins essentiels, et de services éphémères et à court terme.
108 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Des programmes axés sur un domaine ou une maladie, comme le VIH/SIDA ou
le paludisme, ne peuvent évidemment pas fournir la gamme complète des services
de santé de base dont les gens ont besoin.
Les programmes axés sur une seule maladie ont en outre l’inconvénient de ne
pas s’inscrire dans la durée. Lorsqu’ils cessent de fonctionner, les bénéficiaires n’ont
souvent d’autre possibilité que de s’en remettre pour les mêmes soins à leur système
de santé local qui, dans l’intervalle, a pu encore se dégrader. Si de nombreux Africm
cains sont privés de tous soins de santé fiables, c’est parce que les systèmes de santé
n’ont pas été mis en place ni renforcés et que seuls des programmes verticaux ont été
adoptés, sans qu’il y ait une coordination de ces programmes.
Approche sectorielle
Une approche sectorielle peut être un moyen de mieux coordonner le financement
des programmes de soins de santé par les donateurs, les gouvernements et les autres
bailleurs de fonds. Ce type d’approche signifie que tous les bailleurs de fonds impm
portants soutiennent une politique et une stratégie communes qui s’appliquent à
l’ensemble du secteur de santé, c’est-à-dire qui soient sectorielles. Cette approche
permet aux gouvernements de convenir de politiques de santé et de plans stratégiqm
ques, ainsi que de la destination des fonds, avec les donateurs et les autres partenm
naires du développement. En adoptant une approche sectorielle, ceux ci s’engagent
à s’en remettre davantage aux systèmes de gestion financière et de responsabilité Beaucoup reste à faire
nationaux. Le Ghana, le Mozambique, l’Ouganda, la République-Unie de Tanzanie
et la Zambie sont quelques-uns des pays de la Région africaine qui ont adopté une dans une grande partie
approche sectorielle au cours des dernières années.
L’identification des principaux obstacles au renforcement des systèmes de santé de la Région pour
était considérée comme un élément essentiel lorsque les OMD ont été formulés. La
situation de départ du fonctionnement des systèmes de santé dans la Région africaine,
développer les politiques
en 1990, donne la mesure du chemin qui reste à parcourir pour atteindre ces objectifs.
En 1998, les pays de la Région africaine ont convenu d’examiner leurs politiques
nationales de santé, une
et leurs stratégies nationales de santé, et de suivre leurs progrès sur la voie de la réalm
lisation de l’objectif de la santé pour tous. Cet engagement, énoncé dans une résolutm
étape indispensable avant
tion du Comité régional, couvre toutes les facettes des systèmes de santé : depuis les
d’adopter une approche
services de district, les hôpitaux, la recherche en santé et les systèmes d’information
jusqu’au financement, aux technologies essentielles, à la sécurité transfusionnelle, sectorielle.
aux médicaments essentiels et remèdes traditionnels, et aux ressources humaines. La
résolution porte aussi sur certains objectifs destinés à focaliser davantage les systèmm
mes de santé des districts sur la communauté, et à dispenser un ensemble essentiel
de soins ainsi qu’à élargir l’accès à ces soins.
Presque tous les pays de la Région africaine ont adopté des approches différm
rentes pour développer leur politique de santé nationale. Ils ne sont que quelques-
uns toutefois à avoir récemment renforcé ou revu ces politiques, avec le soutien de
l’OMS, pour consolider leurs services de soins, accroître leur efficacité et en étendre
la couverture. Le Burundi, la République centrafricaine, la Mauritanie, le Gabon et la
République-Unie de Tanzanie ont ainsi effectué ce type d’examens en 2004.
Beaucoup reste à faire dans une grande partie de la Région pour développer les
politiques nationales de santé, une étape indispensable avant d’adopter une approcm
che sectorielle. En 2004, l’OMS a augmenté ses effectifs dans la Région pour aider
les pays à étendre et à renforcer leurs systèmes de santé. Le Bureau régional OMS de
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 109
l’Afrique a également élaboré des directives pour aider les Etats Membres à formuler
leurs propres politiques nationales de santé et leurs projets de développement.
De nombreux pays, toutefois, se heurtent aux entraves majeures à l’amélioration
des services de santé offerts à la population que sont la rotation rapide des personnes
aux postes clés, le manque de continuité des politiques, la pénurie de ressources, la
mauvaise gestion des ressources disponibles ou une mise en œuvre peu satisfaisante.
Systèmes d’information sanitaire
Pour élaborer une politique de santé propre à répondre aux besoins de la population
de leur pays, les gouvernements doivent disposer de données fiables sur son état
de santé. Ces données sont essentielles pour planifier les programmes de santé
publique et suivre et évaluer les progrès accomplis. En outre, les données sur la
santé de la population peuvent servir à établir si la charge de morbidité a évolué
et s’il y a lieu de procéder à des ajustements dans l’allocation des ressources. Une
telle approche permet aux gouvernements de mieux s’expliquer sur les dépenses de
santé du secteur public.
Ce type de système fournit, en temps opportun, des informations de base concernm
nant un certain nombre de facteurs : le nombre de décès et les causes de ceux-ci ;
les principales causes de morbidité ; qui soigne les malades ; combien de personnes
ont accès aux soins ; ce qu’ils coûtent ; quels sont les résultats des traitements ; et
où la couverture évolue. L’enregistrement des patients, la tenue de dossiers médicaux
et l’utilisation de systèmes de rendez-vous permettent non seulement de prendre
en charge chaque patient, mais également aux autorités sanitaires de constituer des
données pouvant être rassemblées et utilisées pour l’établissement des priorités.
Au cours des dix dernières années, malgré des ressources limitées, l’Erythrée, la
Gambie, le Niger et la République-Unie de Tanzanie ont réussi à se doter de systèmm
mes d’information, d’indicateurs de santé nationaux et de
Fig. 6.1 formulaires pour la collecte intégrée de données. Certains
pays de la Région africaine ont également créé et tenu des
Types d’enquêtes réalisées auprès des ménages dans la Région africaine bases de données faciles à utiliser qui sont des modèles
d’efficacité pour la collecte des données sanitaires, depuis
le niveau des soins primaires jusqu’à celui du Ministère de
la Santé. Les efforts déployés dans la Région pour utiliser
efficacement les technologies de l’information se heurtent
néanmoins à la pénurie de matériel informatique, à l’insuffm
fisance des branchements à l’Internet, au mauvais entretien
des systèmes, à l’absence de sources d’énergie durable et au
manque de personnel qualifié. En outre, les définitions, les
Pays extérieurs à la Région africaine
MICS** et DHS*+ (12 pays) sources et les méthodes de collecte des données diffèrent
MICS** (11 pays) souvent selon les pays, ce qui rend difficiles les comparaism
DHS*+ (14 pays) sons internationales. Toutefois, les méthodes unifiées permm
Pas d’enquête récente/pas mettant de fournir de meilleures données sanitaires concernm
d’informations (9 pays)
nant la population, qui pourront être traduites en données
* DHS = Enquêtes démographiques et sanitaires factuelles ou en connaissances en vue de l’élaboration des
** MICS = Enquêtes en grappes à indicateurs politiques, sont de plus en plus largement soutenues. Il
multiples
s’agit par exemple des enquêtes en grappes à indicateurs
DHS+ : voir le glossaire.
Source : Bureau régional OMS de l’Afrique.
multiples (MICS) ou des enquêtes démographiques et sanitm
taires (DHS) (voir la Figure 6.1).
110 Rapport sur la santé dans la Région africaine
La plupart des pays de la Région africaine ne disposent pas d’un système d’infm
formation sanitaire capable de recueillir, stocker, analyser, utiliser et diffuser ce type
de données.
C’est pourquoi les gouvernements et les organisations mondiales doivent recourm
rir, à la place, à d’autres méthodes, telles que les modèles mathématiques pour prévoir
les tendances possibles ou les scénarios les plus plausibles à partir d’estimations ou
d’extrapolations. Ces méthodes constituent parfois la seule source d’informations,
mais ce n’est pas là, à l’évidence, une solution satisfaisante. Faute d’informations
fiables, les fonds peuvent être alloués à mauvais escient et les donateurs peuvent
décider de ne pas renouveler leur aide malgré des besoins persistants.
En réponse aux insuffisances des systèmes d’information sanitaire nationaux
dans la Région africaine, les initiatives mondiales telles que le Réseau de métrologie
sanitaire ont entrepris d’aider les pays à améliorer et harmoniser leurs systèmes d’informm
mation sanitaire, y compris la qualité des registres de l’état civil qui sont une condition
préalable importante à un usage plus apte à répondre aux besoins et plus approprié
des ressources des systèmes de santé. En avril 2006, 25 pays de la Région africaine
avaient formulé des demandes pour obtenir des fonds ainsi qu’une aide dans le cadre
du Réseau de métrologie sanitaire, et 19 de ces demandes avaient été approuvées.
Registres de l’état civil
L’enregistrement des naissances et des décès est l’élémm Fig 6.2
ment décisif qui permet d’évaluer l’état de santé d’une
Couverture de l’enregistrement des décès : données relatives à la
population ; pourtant, pour la grande majorité des popm
mortalité (à partir de 1995), par cause, dont dispose l’OMS
pulations d’Afrique, ces événements essentiels ne sont
pas enregistrés. Ainsi, moins de 10 % des décès sont
enregistrés dans la Région africaine et, même lorsqu’ils
le sont, les causes ne sont pas imputées de manière
fiable ou ne sont pas données du tout. Compte tenu de
cette faible couverture et de la nécessité pour les décidm
deurs de travailler sur la base de causes de décès présumm
mées, les marges d’erreurs peuvent être importantes.
Un petit nombre seulement des 46 pays de la Régm
gion africaine de l’OMS disposent, sous une forme ou
une autre, de données d’état civil et un seul pays dispm
pose de données d’état civil à jour et complètes, alors
que les autres ne disposent que de données incomplètm
tes – voire d’aucune donnée de mortalité depuis 1990 Pays extérieurs à la Région
– et que certains d’entre eux n’ont jamais publié ce africaine
type de données (voir la Figure 6.2). 100
Il existe toutefois d’autres méthodes que l’enregistremm <50
ment des données d’état civil. L’autopsie verbale consistm Aucune information
te à rapporter les circonstances du décès en interrogeant
la famille ou d’autres personnes qui sont proches du
défunt, mais ne sont pas qualifiées médicalement. L’enrm Source : Mathers CD, Ma Fat D, Inoue M, Rao C, Lopez AD. Recensement des décès et des
registrement de données recueillies sur des échantillons causes de décès : une évaluation de l’état des données relatives aux causes de décès dans le
de populations est une autre méthode dont l’objectif est monde. Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé, 2005 ; 83 : 171-177 (résumé en français).
de saisir les causes de mortalité pour une portion définie
de la population. De même, la surveillance démographique sentinelle consiste à surveiller
les faits d’état civil présentant un intérêt chez un groupe représentatif.
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 111
Obtenir des chiffres exacts
Pour évaluer le bon fonctionnement d’un système de santé, il importe que les systm
tèmes d’information sanitaire obtiennent des données fiables. Certaines données
– la couverture vaccinale, la fréquentation des installations de soins, et la couverture
des soins prénatals – peuvent être générées par les systèmes d’information sanitaire
systématiques. Pour obtenir d’autres données, en particulier celles portant sur des
indicateurs à long terme comme la mortalité maternelle et infantile, l’espérance de
vie et les taux de fécondité d’un groupe donné, il faudra peut-être recourir à d’autres
sources, parmi lesquelles figurent les recensements
de population et les enquêtes démographiques et sanm
nitaires. Ces chiffres sont cependant peu sensibles
aux changements à court terme survenant dans la
prestation des services de santé, et pas suffisamment
spécifiques pour distinguer entre les effets d’un changm
gement de politique et d’autres facteurs tels que des
troubles civils ou des catastrophes naturelles, qui se
produisent couramment dans la Région africaine.
Par ailleurs, l’effet d’une intervention spécifiquement
dirigée contre une maladie et visant à prévenir et à
lutter contre celle-ci ne peut être établi que si des
données fiables démontrent les changements intervm
venus dans l’incidence de la maladie en question. La
collecte de données fiables sur l’incidence suppose
toutefois l’existence de capacités de recherche et/
ou de systèmes de notification opérationnels, mais
ceux-ci sont parmi les premiers à pâtir du déclin d’un
HCR/H. Caux
système de santé.
Il est fréquent que la qualité des données ne fassm
se pas l’objet d’une attention suffisante alors qu’elle
est essentielle pour que des informations fiables
Réfugiés soudanais ayant fui le Darfour. soient tirées de ces données. Il existe diverses méthodes pour vérifier la qualité des
A Iridimi, dans l’est du Tchad, une données, notamment les enquêtes de satisfaction auprès des patients/clients des
femme et son fils attendent sous un abri
établissements de santé, les visites d’encadrement et les enquêtes dans la communm
d’être hébergés dans une tente du camp.
nauté. Les données obtenues à partir de ces enquêtes permettent les recoupements
et la validation des données obtenues de manière systématique, qu’elles pourront en
outre venir compléter.
Certains pays de la Région ont mis au point des outils pour suivre les principaux
indicateurs de résultats des systèmes de santé. En Afrique du Sud, l’organisation non
gouvernementale Health Systems Trust a établi un baromètre sanitaire de district. Cet
instrument vise à comparer les données sanitaires des 53 districts du pays et à rendre
les informations accessibles au public, améliorant ainsi la transparence et la responsm
sabilisation. Il montre quelle est la qualité des prestations des districts les uns par
rapport aux autres et par comparaison à la moyenne de la province et à la moyenne
nationale. Il est conçu pour aider les gestionnaires à faire apparaître les lacunes et les
insuffisances dans la collecte des données, de manière à ce qu’ils puissent améliorer
la qualité des indicateurs sanitaires qu’ils utilisent pour la prise de décision.
Malgré les efforts qu’ont fait certains pays pour renforcer leurs systèmes d’informm
mation nationaux, il reste encore beaucoup à faire. L’OMS et ses partenaires apportm
tent leur soutien aux Etats Membres de la Région africaine pour la mise en œuvre
112 Rapport sur la santé dans la Région africaine
d’interventions prioritaires visant à renforcer les systèmes d’information sanitaire
nationaux. L’OMS a aidé le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et la Zambie à dresser
l’inventaire de leurs établissements de santé, de leurs ressources humaines et des intm
terventions sanitaires – en les reportant sur des cartes selon une méthode équivalant
à cartographier les services disponibles. A partir de ces cartes montrant la couverture
des services de santé et indiquant clairement les établissements et le personnel existm
tants, les ressources manquantes sont plus faciles à repérer.
Médicaments essentiels
Dans certaines parties de la Région africaine, plus de la moitié de la population est
privée de médicaments essentiels et ne peut donc pas bénéficier des traitements
éprouvés contre les maladies courantes.
Trente pays de la Région ont désormais une politique pharmaceutique nationale
(Figure 6.3), incluant la médecine traditionnelle. Ces politiques ont été élaborées
avec l’aide de l’OMS pour assurer un accès plus
équitable à des médicaments de qualité, à des Fig 6.3
prix abordables, et promouvoir l’usage rationnel Etats Membres dotés d’une politique de santé nationale officielle, Région
de ceux-ci. Il s’agit là d’une avancée encouragm africaine de l’OMS
geante par rapport à 1991 où trois pays seulemm 35
ment en étaient dotés. La pleine mise en œuvre 30 30 30
de ces politiques est toutefois entravée par de 26
25
Nombre
nombreux facteurs tels que la pénurie de personnm 21
20 16
nel qualifié, le manque de ressources, l’absence
15 11
de planification et de gestion, et les conflits et 10
la pauvreté. Ces facteurs jouent un rôle clé dans 3 5
5
l’amélioration à long terme du secteur pharmacm 0 1 1 1
0
ceutique dans les pays de la Région africaine. 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005
Les médicaments constituent, après les salm Source : OMS/AFRO/EDM
laires, le deuxième poste budgétaire pour la santé
dans les pays de la Région africaine. Pourtant, les
ressources allouées par les gouvernements à l’approvisionnement en médicaments
sont insuffisantes pour subvenir aux besoins de l’ensemble de la population. Il est
indispensable d’améliorer l’efficacité du système d’approvisionnement en médicamm
ments en rationalisant les choix et les achats, en veillant à l’efficacité de la distributm
tion et à l’utilisation rationnelle des médicaments. En outre, les prix des nouveaux
médicaments contre la plupart des maladies existantes – VIH/SIDA, tuberculose et
paludisme – sont souvent élevés.
Améliorer l’accès
Aux termes de la stratégie pharmaceutique de l’OMS, l’accès équitable aux médicamm
ments essentiels suppose que plusieurs conditions soient réunies : sélection et usage
rationnels, prix abordables, financement adéquat et durable, et systèmes d’approvism
sionnement fiables.
Plusieurs pays de la Région africaine ont, avec l’aide de l’OMS, mené des enqm
quêtes sur les prix des médicaments en 2004. Les enquêtes effectuées en Afrique du
Sud, en Algérie, en Ethiopie, au Ghana, au Kenya, au Mali, au Nigéria, en Ouganda,
au Tchad, en République-Unie de Tanzanie et au Zimbabwe ont permis de constater
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 113
que les prix de médicaments similaires varient considérablement et sont souvent
excessifs. Dans de nombreux pays de la Région, les prix des médicaments échappent
à la réglementation ; même dans les pays qui disposent d’une politique de fixation
des prix des médicaments, celle-ci n’est pas toujours respectée.
Faute de médicaments de qualité à des prix abordables, les gens de la Région
utilisent à leur insu des médicaments bon marché contrefaits ou de mauvaise qualité.
La vente de produits pharmaceutiques dans la rue est illégale dans tous les pays de la
Région, mais une pratique courante dans la plupart d’entre eux, et ces médicaments
sont fréquemment des produits contrefaits. Dans la plupart des cas, ils sont plus
nocifs que l’absence de remèdes. Seuls quatre des pays de la Région ont un dispositif
complet de réglementation pharmaceutique. Le contrôle de la qualité des médicamm
ments couramment utilisés permet de repérer les insuffisances de ces
dispositifs. Une enquête faite par l’OMS en 2002 a, par exemple, montm
tré que la chloroquine et l’association sulfadoxine-pyriméthamine utilism
sées pour le traitement du paludisme au Gabon, au Ghana, au Kenya,
au Mali, au Mozambique et au Zimbabwe, d’après les tests d’usage,
étaient de mauvaise qualité. Les échantillons de rifampicine et d’isonm
niazide, médicaments essentiels pour le traitement de la tuberculose,
recueillis en Ethiopie, au Ghana, en Ouganda, en République-Unie de
Tanzanie, au Rwanda, au Sénégal et au Tchad en 2004 et soumis à des
tests, étaient eux aussi de mauvaise qualité.
La production locale de médicaments traditionnels est une solm
lution à la pénurie de médicaments essentiels, à condition toutefois
que la preuve soit établie de l’innocuité et de l’efficacité de ces médm
dicaments. Le meilleur exemple est celui des dérivés de l’artémisinine
Pam Chepki
contre le paludisme. L’armoise (Artemisia annua) a été importée en
1990 de Chine en République-Unie de Tanzanie où elle est désormais
cultivée et commercialisée. L’Institut national de la Recherche médicale
A Arusha, en République-Unie de Tanzanie, de Tanzanie a démontré qu’au lieu d’exporter la plante en Europe pour transformatm
la famille Leserian soigne ses précieux tion, puis de réimporter les médicaments contenant de l’artémisinine à US $6-7 la
plants d’armoise (voir l’Encadré 6.3).
dose, on peut en ramener le prix à US $2 la dose en les fabricant localement (voir
l’Encadré 6.3).
Certains pays d’Afrique, pour fournir durablement des médicaments moins chers
qui répondent aux besoins de santé publique, s’efforcent d’encourager l’innovation
dans le domaine des médicaments traditionnels. Pour cela, ils doivent cependant se
doter d’un potentiel de recherche et développement, créer des banques de gènes et
établir un système de protection par des brevets. En Afrique du Sud, par exemple, des
chercheurs travaillent sur un vaccin anti-VIH répondant spécifiquement aux besoins
du pays, à savoir un vaccin contre le sous-type C du virus, responsable de plus de
90 % des infections à VIH en Afrique australe. La plupart des travaux de recherche
en cours portent sur un vaccin contre le sous-type B du virus, souche dominante aux
Etats-Unis et en Europe.
L’OMS a élaboré un certain nombre de politiques et de normes destinées à aider
les Etats Membres à résoudre les problèmes de sécurité et de qualité, d’approvisionnm
nement, de gestion et d’utilisation rationnelle des médicaments essentiels. Le commm
merce illicite des produits pharmaceutiques doit être combattu et les pharmaciens
doivent être libres de vendre des médicaments génériques, qui sont moins chers que
les médicaments originaux sous brevet. Les Etats Membres devraient collaborer pour
fabriquer des médicaments essentiels d’un prix abordable dans la Région et négocier
autant que possible des achats en nombre pour réduire les coûts.
114 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Encadré 6.3
Les agriculteurs tanzaniens cultivent eux-mêmes l’Artemisia annua
La culture de l’armoise annuelle (Artemisia annua) en Républiqt mentale du nom de TechnoServe et de l’entreprise African Artemisia
que-Unie de Tanzanie, première étape pour élargir l’accès aux médict Ltd pour produire cette plante localement.
caments antipaludiques, présente aussi des avantages économiques. « Nous aidons les agriculteurs à cultiver, récolter et vendre leur récolte.
Les agriculteurs d’Arusha disent en effet que la culture de l’armoise Nous espérons qu’en produisant de l’artémisinine en Afrique orientale,
est plus rentable que celle des légumes et que, grâce à elle, leur nivt nous aidons à trouver une solution africaine à un problème africain »,
veau de vie va augmenter. déclare Michael Baddeley, Directeur du projet de TechnoServe.
Joseph Leserian se procure des semis d’armoise dans une pépint Pionnier des 300 paysans qui produisent aujourd’hui de
nière et les plante sur son terrain en veillant à ne pas en abîmer les ract l’armoise à Arusha, Joseph Leserian a commencé à cultiver la plante
cines. Cet homme de 64 ans espère que ces pousses lui rapporteront en février 2004. Sur trois quarts d’hectare, dans son exploitation d’une
davantage que ses légumes. Il vit à Arusha, région pauvre proche du superficie de deux hectares au total, poussent maintenant des buissons
plus haut sommet d’Afrique, le Mont Kilimandjaro, dans une modeste d’armoise touffus et bien entretenus. Plein d’optimisme, il raconte
cabane à laquelle on accède par une route en terre cahoteuse. qu’il a abandonné la culture des tomates et des pommes de terre
Il y a peu encore, l’armoise annuelle était cultivée principalemt pour cultiver de l’armoise après avoir été convaincu que ce nouveau
ment en Chine et au Viet Nam. Cette plante contient de l’artémisint créneau allait changer sa vie. Il fait valoir que l’armoise demande moins
nine, qui est le principe actif des antipaludiques les plus efficaces d’entretien que les légumes et se vend plus facilement. « On avait du
aujourd’hui. L’Afrique a cruellement besoin de ces médicaments, les mal à vendre nos légumes alors que pour l’armoise, le marché est tout
ACT (associations médicamenteuses comportant de l’artémisinine), trouvé. » La société African Artemisia Ltd achètera la récolte et en
parce que le parasite du paludisme est devenu résistant aux substt extraira l’artémisinine qu’elle vendra aux laboratoires pharmaceutiques
tances dont se composent les traitements antipaludiques classiques, internationaux. Les producteurs seront payés au poids et en fonction de
notamment la chloroquine. Mais du fait de la pénurie d’artémisinine la qualité de la récolte : Tsh500 (US $0,5) par kilogramme de feuilles,
dans le monde, les pays ne peuvent pas tous se procurer des ACT en plus une prime si la teneur en artémisinine est supérieure à la normale.
quantités suffisantes. C’est là qu’interviennent les exploitants comme Le rendement devrait être de deux tonnes d’armoise par hectare.
Joseph. L’armoise pousse bien sur le sol tanzanien et la production « Une fois que j’aurai vendu la récolte et que je me serai lancé
locale d’artémisinine est un créneau commercial porteur. L’OMS coordt dans d’autres projets, ma famille aura un meilleur niveau de vie »,
donne actuellement les activités d’une organisation non gouvernemt anticipe Joseph.
La sécurité transfusionnelle
Assurer la sécurité des approvisionnements en sang est l’un des grands défis pour les
systèmes de santé en Afrique. Les transfusions sanguines sauvent de nombreuses
vies chaque année, mais de nombreuses personnes peuvent aussi mourir en cas de
pénurie ou de contamination du sang. Les femmes et les enfants sont particulièremm
ment affectés : les femmes reçoivent une transfusion en cas d’hémorragie au cours
de la grossesse ou de l’accouchement, et les enfants ont fréquemment besoin de
transfusions, car ils sont sujets à une anémie potentiellement mortelle à la suite de
problèmes, hélas courants, tels que la malnutrition et le paludisme. Mieux vaut peut-
être une pénurie de sang qu’une transfusion de sang contaminé, car le risque d’infm
fection par le VIH/SIDA ou le virus de l’hépatite B ou C et de décès à long terme des
suites de la maladie peut être supérieur à celui de mourir rapidement d’une anémie.
En 1994, le Comité régional OMS de l’Afrique a noté avec inquiétude que 10
seulement des 46 Etats Membres pouvaient garantir la sécurité des transfusions dans
leurs hôpitaux. Les pays ont été instamment priés d’adopter des politiques relatives
à la sécurité du sang et d’améliorer les services hospitaliers de transfusion. En 1999,
pourtant, 14 pays seulement avaient une politique de transfusion sanguine, d’ailleurs
pas toujours rigoureusement appliquée. Des pratiques peu méthodiques faisaient
courir des risques potentiellement mortels à de nombreux patients et personnels de
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 115
santé. Les autres pays de la Région se sont dotés depuis d’une politique nationale
de sécurité transfusionnelle, mais, faute de moyens financiers, d’une infrastructure
appropriée et de personnel qualifié, la mise en œuvre a été lente.
Au problème de la gestion des banques de sang et des conditions dans lesquelles
sont réalisées les transfusions s’ajoute celui de l’origine du sang. Les donneurs volontm
taires habituels non rémunérés, les moins susceptibles d’être porteurs du VIH ou des
virus de l’hépatite, sont la source la plus sûre. Le sang étant en quantité insuffisante,
les patients sont priés de trouver un membre de leur famille qui leur donnera son sang
ou une autre personne dont le sang compensera les unités prélevées sur les stocks restm
treints de l’hôpital. Un petit nombre de pays font état de dons de sang rémunérés.
En 1999, ce n’est qu’en Afrique du Sud, au Botswana, en Côte d’Ivoire, en
Namibie, au Rwanda et au Zimbabwe que la totalité des dons de sang provenaient
de donneurs volontaires non rémunérés. Quatre pays supplémentaires – Bénin, Burm
rundi, Swaziland et Togo – ont indiqué recourir exclusivement à cette source. En
2002, la moitié seulement des dons de sang dans la Région africaine étaient non
rémunérés et l’on comptait 44 % de dons intrafamiliaux ou de compensation et 4 %
de dons rémunérés. Il est toutefois souvent difficile d’évaluer la part des dons en
principe intrafamiliaux ou de compensation qui ont en réalité été achetés. Dans les
premières années de l’épidémie de VIH/SIDA, certains cas pédiatriqm
ques de VIH/SIDA étaient dus à des transfusions de sang contaminé.
Les programmes de dons de sang bien organisés en Afrique du Sud,
en Côte d’Ivoire et au Zimbabwe ont montré qu’il existe des donnm
neurs de sang non contaminés ne demandant aucune rémunération,
même dans les régions à forte prévalence de VIH.
La première mesure, pour s’assurer de la sécurité du sang,
consiste à bien choisir les donneurs, la deuxième étant le contrôle du
sang. Malgré les progrès réalisés dans le dépistage du VIH – 99,9 %
des dons de sang font l’objet d’un dépistage contre 75 % en 1999 –,
moins de 60 % des dons de sang dans la Région africaine sont actm
tuellement testés à la recherche spécifique des quatre principales infm
fections transmissibles par la transfusion (VIH, hépatites virales B et
OMS
C, et syphilis). Un contrôle fiable du sang est impossible sans réactifs
de qualité et nécessaires d’épreuve, sans personnel convenablement
Les donneurs de sang non formé et qualifié, et sans assurance de la qualité régulière. Vingt pays de la Région
contaminés apportent une africaine sont encore aux prises avec des approvisionnements irréguliers ou incompm
contribution vitale. plets en réactifs et nécessaires d’épreuve, ce qui fait que les patients reçoivent des
transfusions de sang potentiellement infecté. Ceci est doublement tragique lorsque
des patients qui auraient pu survivre sans transfusion en reçoivent une, et meurent
d’une infection transmise par ce sang dont ils n’avaient pas besoin.
Malgré les cours de l’OMS – 200 agents de gestion de la qualité ont été formés entm
tre 2000 et 2003 –, seuls 12 pays se sont dotés de systèmes nationaux complets d’assm
surance de la qualité du sang et 15 de systèmes partiels. Douze pays de la Région n’ont
actuellement aucun système d’assurance de la qualité des transfusions sanguines.
Assurer la sécurité des approvisionnements en sang est un exercice long et coûtm
teux, mais les pays de la Région africaine améliorent progressivement leurs pratiques
transfusionnelles. Des fonds supplémentaires sont nécessaires pour former du persm
sonnel, édifier et équiper des services de transfusion, acheter des réactifs et mettre
en œuvre des programmes d’assurance de la qualité. Les patients qui en ont besoin
devraient bénéficier d’un accès équitable à du sang non contaminé et le VIH ne
devrait pas être transmis par des transfusions sanguines. Il est en outre important de
116 Rapport sur la santé dans la Région africaine
s’assurer du bien-fondé des indications médicales des transfusions pour que les patm
tients ne soient transfusés qu’en l’absence de traitement de substitution possible.
Ressources humaines : un continent en crise
Des experts des ressources humaines pour la santé réunis à Addis Abeba (Ethiopie)
en janvier 2002 ont inscrit la crise des personnels de santé dans la Région africaine à
l’ordre du jour international. Les délégués présents à la réunion ont cité des chiffres
alarmants : en Namibie, par exemple, la moitié des médecins sont étrangers et le
taux de vacance des postes de médecins dans le secteur public en 1998 était estimé
à 43 % au Ghana et à 36 % au Malawi. Au Lesotho, pour la même année, le taux de
vacance des postes d’infirmiers dans le secteur public s’établissait à 48 %. Il a aussi
été fait état de l’absence de tout recrutement de personnel de santé dans le secteur
public depuis 15 ans au Cameroun, tandis que le Ghana, la Zambie et le Zimbabwe
ont estimé avoir perdu chaque année 15 à 40 % de leurs fonctionnaires. Cela témoigm
gne de l’instabilité des personnels de santé et des efforts que doivent faire certains
pays pour pourvoir des postes vacants (voir l’Encadré 6.4).
Le manque grandissant de personnels de santé dont souffre toute la Région – on
parle de la crise des ressources humaines pour la santé en Afrique – a de nombreuses
causes. Une charge de morbidité élevée signifie qu’il faut un plus grand nombre de
soignants pour prendre soin des malades. La perte de nombreux personnels de santé
du fait des décès, des migrations ou de mauvaises conditions de service est un autre Récemment encore, peu
facteur. Les ressources humaines chargées des politiques et de la planification dans
le domaine de la santé n’ont pas été en mesure de faire face à l’augmentation des d’attention était accordée
demandes de prestations de services, tandis que les infrastructures des systèmes de
santé qui étaient fragiles ou en mauvais état n’ont pas pu s’adapter à la croissance à la rémunération, au
de la population. La pandémie dévastatrice de VIH/SIDA a fait des ravages considérm
rables chez les soignants de nombreux pays d’Afrique et a rendu les conditions de déploiement et à la
travail plus intolérables dans le secteur de la santé. Auparavant déjà, les ressources
humaines du secteur de la santé – clé de voûte d’un système de santé performant formation continue du
– étaient terriblement négligées. Récemment encore, peu d’attention était accordée
à la rémunération, au déploiement et à la formation continue du personnel de santé personnel de santé en
en Afrique. Pour attirer davantage l’attention sur ce problème, l’OMS a consacré le
Rapport sur la santé dans le monde, 2006 et la Journée mondiale de la Santé 2006 à Afrique.
cette question. La prise de conscience aux niveaux national et mondial n’est que le
premier pas vers la solution du problème.
Une enquête de l’OMS publiée en 2004 sur les tendances en Afrique du Sud,
au Cameroun, au Ghana, en Ouganda, au Sénégal et au Zimbabwe, pour la période
1991-2000, a établi que, malgré l’augmentation du nombre absolu de professionnels
de la santé, la densité médicale globale avait diminué. A l’intérieur des pays, les
personnels de santé quittent les zones rurales pour les zones urbaines et le secteur
public pour le secteur privé, et ils quittent leur pays à la recherche de conditions de
travail plus propices, de meilleurs salaires, de possibilités de formation et d’une plus
grande reconnaissance. Il est difficile de recueillir des données fiables sur l’ampleur
de ces migrations.
Toutefois, les autorités des pays développés disposent de données sur le persm
sonnel soignant enregistré pour travailler dans leur pays. Même si cette information
est inévitablement partiale, elle donne un aperçu du personnel soignant formé à
l’étranger travaillant dans les pays développés. Le Tableau 6.1 indique le nombre
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 117
Encadré 6.4
L’exode du personnel de santé malawien
Le manque de plus en plus criant de médecins et de personnel infirmier dans certaines
parties de la Région africaine fait qu’il est très difficile de faire face à la lourde charge de
morbidité, en particulier dans les pays à forte prévalence du VIH/SIDA. Le Malawi est l’un
des pays les plus durement touchés de la Région. On dit souvent qu’il y a plus de médecins
malawiens dans la ville anglaise de Manchester que dans tout le Malawi. Mais d’autres
éléments que cette constatation anecdotique confirment l’exode.
« Nous manquons cruellement de personnel infirmier. Un service a besoin de 10 à 12
infirmières. Actuellement, nous en avons environ 5 pour un service qui accueille 70 à 80
patients », déplore Fannie Kachale, Chef du personnel infirmier à l’hôpital central de Kamuzu,
l’un des plus grands hôpitaux publics du Malawi. L’hôpital de Lilongwe, la capitale, n’avait
que 188 infirmières en mars 2005 alors qu’il lui en faudrait 532. Plus de la moitié des postes
d’infirmières sont vacants. Beaucoup sont parties exercer dans le secteur privé ou au Royaume-
Uni, où elles sont mieux rémunérées et où les conditions de travail sont meilleures.
A l’hôpital central de Kamuzu, les conditions de travail sont déplorables et le personnel,
qui partage son temps entre cet établissement et un autre hôpital, a bien du mal à faire
face. Les services sont tellement bondés qu’il y a des patients jusque sur la galerie, la
plupart d’entre eux ayant à leurs côtés des parents qui aident à les soigner. Ils souffrent de
maladies graves, notamment de tuberculose et de pneumonie, souvent liées au VIH/SIDA.
Le Directeur de l’hôpital, le Dr Damson Kathyola, souligne que la pénurie de personnel
infirmier est « une crise qui, si on ne fait rien, pourrait provoquer l’effondrement de tout
le système de soins de santé malawien ». Les organismes d’aide au développement ont
commencé à réagir. Le Department for International Development du Royaume-Uni a
doublé son aide au Malawi en 2005 et débloqué US $176 millions (£100 millions) pour
les six prochaines années. Un peu plus de la moitié de cette somme sera consacrée aux
ressources humaines pour la santé.
Il ne s’agit pas seulement de former deux fois plus de personnel infirmier et de
médecins qu’actuellement, mais de leur offrir de meilleurs salaires quand ils commencent
à exercer et de les inciter à rester dans le pays. L’aide reçue permettra également de
rémunérer des infirmières et des médecins venus d’autres pays pour pallier le manque
d’effectifs, le temps de former du personnel malawien.
Panos/ G Pirozzi
Une infirmière conseille les mères sur les soins à prodigt
guer à leur enfant dans un dispensaire rural du Malawi.
118 Rapport sur la santé dans la Région africaine
de médecins et d’infirmières venant de pays africains qui travaillent dans les pays
développés. Ils représentent plus de 30 % de la population médicale de leur pays
d’origine. Des estimations approximatives peuvent aussi être faites sur la base du
nombre des demandes de certificats de bonne conduite aux organismes chargés de
la délivrance des permis, et d’après le nombre des médecins étrangers employés pour
pallier le manque d’effectifs et le nombre de postes vacants.
Tableau 6.1
Nombre d’agents de santé ayant quitté 16 pays africains pour l’étranger, 1993-2002
Pays Nombre officiel d’agents Principales destinations
de santé ayant migré
Burundi 127 Belgique, Bénin, France, Rwanda
Canada, Etats-Unis d’Amérique, France, Namibie,
Cameroun 82 République centrafricaine, Royaume-Uni, Sénégal
République centrafricaine 176 Cameroun, Côte d’Ivoire, France, Sénégal
Côte d’Ivoire 641 Canada, France
Canada, Côte d’Ivoire, Etats-Unis
République démocratique du Congo 337 d’Amérique, France, Sénégal, Zambie
Gabon 128 Canada, France
Gambie 233 Etats-Unis d’Amérique, Royaume-Uni
Afrique du Sud, Arabie saoudite, Etats-Unis d’Amérique,
Ghana 1169 Gabon, Royaume Uni
Arabie saoudite, Etats-Unis d’Amérique, Royaume-Uni,
Kenya 1734 Zambie
Madagascar 341 France, Zambie
Malawi 484 Etats-Unis d’Amérique, Royaume-Uni
Cameroun, Canada, Côte d’Ivoire, Etats-Unis
Mali 93 d’Amérique, France, Zambie
Etats-Unis d’Amérique, France, Gambie, Kenya, Namibie,
Nigéria 213 Royaume-Uni, Zambie
Sao Tomé-et-Principe 103 Gabon, Namibie, Portugal
Botswana, Comores, Emirats arabes unis, Etats-Unis
République-Unie de Tanzanie 446 d’Amérique, Guinée équatoriale, Kenya,
Mauritanie, Namibie, Royaume-Uni, Zimbabwe
Zambie 974 Botswana, Etats-Unis d’Amérique, Royaume-Uni
Total 7281
Source : Survey on migration of health workers in the African Region, Brazzaville : Bureau régional OMS de l’Afrique, 2003.
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 119
Il est important de développer les hôpitaux pour compléter les autres niveaux du
système de santé, et améliorer l’orientation-recours tout en veillant à ce que les plus défavm
vorisés aient accès aux services. Les hôpitaux doivent également accroître leur rôle dans
la prestation des soins médicaux en assurant davantage de formations spécialisées et
promouvoir la recherche sur les systèmes d’information et l’utilisation de ces systèmes.
Moyens de pallier le manque d’effectifs
Pour remédier à la pénurie croissante de personnels soignants, certains pays expérimm
mentent des modèles dans le cadre desquels certaines tâches jadis réservées à des
personnels hautement spécialisés sont confiées à des personnels moins qualifiés, qui
bénéficieront de conseils et d’un encadrement approfondis. Le Botswana a essayé d’assm
socier les familles et d’autres membres de la communauté à la prestation des soins aux
L’OMS et ses partenaires, personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le cadre d’un projet de soins communautaires
à domicile (voir l’Encadré 6.5). De même, l’Ouganda a innové en formant des personnm
en étroite collaboration nels de santé à un traitement simplifié du VIH/SIDA (voir l’Encadré 6.6).
Comme l’Ouganda, la province du Cap oriental en Afrique du Sud a adopté des
avec des Etats Membres lignes directrices simplifiées pour dispenser un traitement antirétroviral (ARV) aux
personnes vivant avec le VIH/SIDA. Les chercheurs ont demandé au Gouvernement
de la Région africaine, d’étendre cette approche au reste du pays en confiant à un plus grand nombre d’infm
firmiers de plus grandes responsabilités pour qu’ils puissent dispenser le traitement
cherchent les moyens de antirétroviral, effectuer le dépistage des patients VIH-positifs afin de déterminer s’ils
peuvent bénéficier du traitement, et assurer le suivi de l’observance du traitement par
motiver et fidéliser leurs les patients. Ils font valoir que, s’il bénéficie de conseils et d’un encadrement appropm
priés, le personnel infirmier peut prescrire les médicaments antirétroviraux.
personnels de santé. Dans les districts ruraux de Tanzanie, les médecins assistants exercent fréquemmm
ment les fonctions de médecins, et ceux qui disposent d’une formation spécialisée sont
chargés de disciplines cliniques telles que l’anesthésie et l’ophtalmologie lorsqu’aucun
spécialiste n’est disponible dans ces disciplines. A Zanzibar, une île de l’océan Indien où
la pénurie de médecins est encore plus grave, et sur le territoire continental de la Répubm
blique-Unie de Tanzanie, les médecins assistants font office de médecins de district.
Pour faire face à cette crise grandissante des personnels de santé en Afrique, les
efforts internationaux progressent. L’Assemblée mondiale de la Santé a adopté une
résolution sur la migration internationale du personnel de santé en 2004, et le Forum
de haut niveau sur les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé
a également reconnu, lors d’une réunion tenue en 2004, que le personnel de santé
était indispensable à la réalisation de ces objectifs.
L’OMS et ses partenaires, en étroite collaboration avec des Etats Membres de
la Région africaine, cherchent les moyens de motiver et fidéliser leurs personnels de
santé. L’OMS a aidé les pays à concevoir et mettre en œuvre des stratégies visant à
motiver et à retenir leurs personnels avec le soutien des partenaires du développemm
ment, dans le cadre des programmes nationaux de santé de ces pays. Ce soutien
prévoit le développement de la formation – en particulier des cadres intermédiaires
– afin de pourvoir les postes vacants. Diverses méthodes, parmi lesquelles figurent la
formation à distance et l’éducation médicale permanente, peuvent également contribm
buer à une meilleure couverture des besoins en personnel médical.
Les pays ont essayé différents moyens pour empêcher l’exode des personnels de
santé. On peut ainsi permettre aux personnels soignants d’exercer dans le secteur
privé tout en travaillant dans le secteur public, augmenter les salaires et améliorer les
conditions de travail. On peut aussi conserver les certificats des diplômés jusqu’à ce
120 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Encadré 6.5
Soins communautaires à domicile au Botswana
Banyefudi Sampora ne tarit pas d’éloges sur le programme de ne. Le Département a également créé des centres d’accueil des
soins communautaires à domicile grâce auquel elle a appris à patients pour relayer les soignants à domicile et leur permettre de
soigner sa fille malade à la maison et qui s’avère une arme effict se consacrer aussi à leur vie personnelle. Sampora a un potager
cace contre le VIH/SIDA au Botswana. et vend ses légumes pour subvenir aux besoins de la famille.
« Ces gens ont été comme une seconde mère pour ma fille, Le Directeur, le Dr Esther Seloilwe, explique que le village a
elle mange bien et obtient des médicaments », dit la grand-mère été choisi parce qu’il est sous-développé malgré la proximité de
de 68 ans au sujet des agents de santé communautaires qui rendt la capitale. Il y a un poste de santé tenu par une infirmière, mais
dent visite à Sampora et à sa famille tous les mois. pas de ligne téléphonique, si bien qu’il est très difficile de faire
Sampora s’occupe de sa fille VIH-positive depuis 2002 dans hospitaliser les patients.
sa maison du village de Mmopane, situé à 20 km au nord-ouest « La structure familiale botswanaise est idéale pour ce
de Gaborone, capitale du Botswana. Elle est la seule à gagner sa type de programme car notre culture prescrit aux familles
vie car sa fille est trop malade pour travailler. Elle doit aussi s’occt d’aider et de soigner les malades et les mourants », explique
cuper des quatre enfants de sa fille qui vont encore à l’école. Seloilwe. « Les soins à domicile sont dans notre tradition depuis
Sampora a appris des notions de base sur le VIH/SIDA. longtemps, il s’agissait juste pour nous de mettre l’accent sur
Les agents de santé communautaires lui ont expliqué comment les soins aux personnes vivant avec le VIH/SIDA. »
soigner sa fille, éviter la contamination d’autres membres de la
famille par le virus et vérifier que la malade prend ses médicamt
ments tous les jours. Ils remettent tous les mois à chaque foyer
un paquet contenant des fournitures médicales de base et des
vivres. Si sa fille contracte une infection, la famille doit se rendre
au poste de santé du village, distant de 2 km.
Le Botswana a l’un des systèmes de santé les plus développt
pés d’Afrique. Mais suite à la propagation rapide du VIH/SIDA
ces dix dernières années, le système est aujourd’hui débordé.
Les soins communautaires à domicile permettent d’économiser
des ressources rares et de soigner les malades dans le confort
Panos/G Pirozzi
que leur offre leur domicile.
Le village de 5000 habitants a été sélectionné en 2002 par
le Département de Soins infirmiers et obstétricaux de l’Université
du Botswana, qui est un centre collaborateur de l’OMS, dans le
but de mettre au point des matériels didactiques sur les soins Une éducatrice itinérante instruit une
communautaires à domicile pour le reste de l’Afrique anglophont famille sur le VIH/SIDA.
qu’ils soient de retour dans leur pays d’origine, ou permettre aux communautés, dans
les systèmes décentralisés, de recruter directement leurs personnels soignants et de
les rémunérer. Tout en reconnaissant le droit des personnes à émigrer, les gouvernm
nements peuvent aussi veiller à leurs intérêts mutuels, moyennant notamment des
échanges bilatéraux de spécialistes.
Financement de la santé
En 2003, les dépenses de santé des pays africains ont représenté en moyenne 5 %
de leur produit intérieur brut (PIB), 51 % de ces dépenses étant des dépenses publiqm
ques. La part moyenne des dépenses de santé publiques financée par des ressources
extérieures est de 26 %, avec de larges variations d’un pays à l’autre, puisqu’elle peut
aller de moins de 1 % (en Algérie) à plus de 75 % (au Rwanda). Les dépenses de
santé du secteur privé (des ménages, des organisations non gouvernementales, des
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 121
Encadré 6.6
L’Ouganda pionnier des soins simplifiés aux malades du SIDA
Peu de pays de la Région africaine ont les moyens d’offrir comme nistration du traitement contre le VIH/SIDA, mais aussi pour les
le font ordinairement les pays industrialisés ce qui se fait de mieux soins de base en général. « Si l’on ne trouve pas une solution nouvt
en matière de soins chroniques VIH/SIDA. Le Botswana, l’un des velle pour remédier au manque de qualifications du personnel,
pays les plus riches de la Région, a cependant opté pour cette on ne pourra jamais assurer les services de santé même les plus
approche standard et, fin 2004, était le seul pays africain à avoir élémentaires, encore moins le traitement antirétroviral (TARV). »
atteint une couverture thérapeutique de 50 %, conformément à La prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent et
l’objectif fixé. Mais l’Ouganda espère qu’une nouvelle méthode de l’adulte (PCIMAA) est un modèle de prestation de services de
simplifiée d’administration du traitement contre le VIH/SIDA santé qui repose sur des directives et des matériels pédagogiques
l’aidera à remédier au manque de liquidités et à la pénurie de perst simples. Elle fait appel au personnel infirmier, à des agents de
sonnel pour faire aussi bien que le Botswana. L’Ouganda a entrept santé non professionnels et, en ce qui concerne les soins chroniqt
pris pour le moment de fournir le traitement à un tiers des personnt ques dont ont besoin les VIH-positifs et les malades du SIDA, aux
nes qui en ont besoin et espère que la nouvelle façon de procéder patients eux-mêmes, qui aident à former le personnel soignant.
l’aidera à étendre la couverture dans les années qui viennent. Cette formule s’inspire d’exemples de réussite en Afrique,
L’idée est d’apprendre au personnel infirmier à accomplir en Amérique latine et en Ex-Union soviétique, où, dans les zont
certains actes effectués par les médecins, et à des non-professt nes pauvres, les parents des malades, leurs amis ou encore des
sionnels et des agents communautaires certaines des tâches bénévoles de la communauté ont été formés pour aider à admint
normalement dévolues au personnel infirmier. Les patients nistrer le traitement antituberculeux.
prennent deux fois par jour des comprimés combinés au lieu de Elle a notamment pour principe les soins communautaires
plusieurs médicaments différents. Dans la mesure où c’est un à domicile – qui ont déjà fait leurs preuves au Botswana (voir
médecin qui pose le diagnostic ou confirme celui d’un infirmier l’Encadré 6.5) – pour désengorger les établissements de santé.
ou d’une infirmière et qui rédige l’ordonnance, d’autres que lui En cas de complications, le personnel infirmier et autres agents
peuvent se charger de conseiller le malade et de vérifier qu’il de santé qui rendent visite aux patients à domicile peuvent les
prend bien ses médicaments. orienter vers un médecin ou un établissement de santé.
« Du moment qu’on peut faire un diagnostic juste, que les En Ouganda, plus de 1400 agents de santé dans tout le
services de conseil sont bons et que le patient observe le traitemt pays ont terminé la formation aux soins VIH. L’Ethiopie, la provt
ment, je ne vois pas pourquoi le niveau de qualification serait un vince sud-africaine du Cap oriental, le Swaziland et la Zambie
problème », estime Elizabeth Madraa, responsable du Programmt ont eux aussi commencé à enseigner cette méthode simplifiée
me ougandais de lutte contre le SIDA, ajoutant que le protocole au personnel soignant. Si les résultats sont bons, d’autres pays
thérapeutique simplifié est important non seulement pour l’admint à faible revenu pourraient s’inspirer de ce modèle.
entreprises privées, des assurances) représentaient en moyenne 49 % de l’ensemble
des dépenses de santé, les ménages s’acquittant de la plus grosse part (80 %). La
Figure 6.4 indique que la répartition des dépenses pour lutter contre le paludisme au
Ghana illustre la disproportion du fardeau qui pèse sur les ménages.
La Commission Macroéconomie et Santé de l’OMS a estimé qu’un montant minm
nimum de US $34 par personne et par an était nécessaire pour fournir un ensemble
essentiel d’interventions de santé publique afin d’atteindre à la fois les objectifs du
Millénaire pour le développement dans ce domaine et les cibles qui ont été fixées
par le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Aussi les
gouvernements des 35 Etats Membres qui dépensent actuellement moins de US $34
par habitant pour la santé chaque année devront ils accroître leurs crédits budgétaires
afin d’atteindre les dépenses de santé minimales recommandées (Figure 6.5).
A Abuja, les chefs d’Etat des pays africains se sont engagés à consacrer au moins
15 % de leurs budgets annuels au secteur de la santé. Fin 2003, un seul pays avait
dépensé 15 % ou plus de son budget national pour la santé, en tenant compte des
dépenses financées par des ressources extérieures. Les 45 autres Etats Membres de la
Région africaine devront prendre des mesures appropriées pour honorer cet engagemm
ment pris par leurs chefs d’Etat.
122 Rapport sur la santé dans la Région africaine
En octobre 2005, lors de la session de la Conférence des ministres africains de la
santé qui s’est tenue au Botswana, les chefs d’Etat africains ont à nouveau confirmé,
dans la Déclaration de Gaborone, cet engagement de consacrer 15 % de leurs budgm
gets nationaux à la santé.
L’OMS a conçu une méthode appelée « Comptes nationaux de la santé », qui
permet à 23 des 46 Etats Membres de la Région qui l’ont déjà utilisée de suivre leurs dépm
penses de santé. Ce système peut également être utilisé pour analyser les flux financiers
au sein des systèmes nationaux de santé afin de déterminer si les fonds sont appropriés
ou insuffisants. Les autorités sanitaires peuvent l’utiliser pour attribuer les financements
de manière plus efficace pour obtenir des systèmes de santé plus performants.
Aide financière
L’aide financière a représenté, en moyenne, 16 % de l’ensemble des dépenses de
santé dans la Région africaine en 2003. Dans la Déclaration de Maputo, les chefs
d’Etat africains ont appelé les pays donateurs à honorer leur engagement de consacm
crer 0,7 % de leur produit national brut à titre d’aide officielle aux pays en développemm
ment afin d’améliorer le financement de la santé et du développement.
Il y a peu de coordination entre les bailleurs de
fonds internationaux, qui tentent à focaliser leur attm Fig 6.4
tention sur différentes maladies de manière empirique. Coût total de la morbidité palustre, Ghana, 2002
Ils peuvent, par exemple, insister sur l’utilisation de
Coût indirect pour les Coût direct pour le Ministère
médicaments différents. Les donateurs peuvent aussi ménages de la Santé
exiger des méthodes de livraison différentes. Ils ne US $23,89 millions US $7,75 millions
tiennent pas toujours leurs engagements et fournissm
15%
sent parfois les fonds à court terme. La Commission
du Royaume-Uni pour l’Afrique a demandé aux partm 48%
37%
tenaires du développement dans le domaine de la
santé d’harmoniser et de coordonner leur soutien en
fonction des politiques nationales de santé et des progm
grammes stratégiques des pays bénéficiaires afin que Coût direct pour les ménages
l’aide soit plus efficace. US $18,41 millions
Source : OMS/AFRO.
Quand l’aide est inefficace, les donateurs sont
parfois aussi fautifs que les bénéficiaires eux-mêmes.
Nombreux sont ceux qui souhaitent – comme c’est aussi le cas de la Commission
pour l’Afrique – que les pays donateurs adoptent un nouveau mode de financement,
mais tous ne sont pas d’accord sur les modalités.
Dans l’idéal, tous les donateurs devraient observer un seul accord rédigé par le
gouvernement de chaque pays bénéficiaire et ils devraient être juridiquement tenus
de verser les sommes promises. Ils devraient s’engager à assurer une aide à plus long
terme pour permettre aux gouvernements africains de mieux planifier l’utilisation de
ces ressources. L’adoption d’une approche intersectorielle visant à rationaliser les
efforts de tous les secteurs concernés est l’un des moyens utilisés par les gouvernemm
ments de la Région pour commencer à améliorer la coordination des fonds extérieurs
et nationaux destinés à la santé.
La santé est déterminée par un certain nombre de facteurs qui ne sont pas directemm
ment sous l’influence du secteur de la santé, tels que l’eau, l’assainissement et d’autres
facteurs liés à l’environnement comme la disponibilité de produits alimentaires, l’éducm
cation, l’environnement politique et social. Il est possible de tenir compte de ces
déterminants sociaux de la santé en renforçant la collaboration intersectorielle.
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 123
Fig 6.5
Dépenses publiques de santé par habitant (US $), Région africaine
de l’OMS, 2003
Seychelles 382
Participation financière des usagers
Botswana 135 La participation financière demandée aux usagers par les
Gabon 130 établissements publics équivaut généralement à près de
Afrique du Sud 114 5 % de l’ensemble des dépenses publiques régulières de
Maurice 105 santé. Toutefois, une analyse menée en République-Unie
de Tanzanie a montré que l’abolition de toute redevance
Namibie 101
pour les soins de santé primaires ne coûterait que US $13
Algérie 71
millions par an. Les pays riches devraient aider les pays
Guinée équatoriale 65 pauvres à supporter les pertes financières découlant d’une
Swaziland 61 instauration de la gratuité des soins de base jusqu’à ce
Cap-Vert 57 que les gouvernements africains aient les moyens d’assumm
Sao Tomé-et-Principe 29 mer eux-mêmes ces coûts. Les soins essentiels devraient
Lesotho 25 être subventionnés pour les couches les plus pauvres de la
Angola 22 société. Les redevances pourraient être entièrement prises
Zimbabwe 14 en charge par d’autres méthodes de financement, mais de
Mauritanie 13 nombreux prestataires préfèrent imposer une redevance
minimale, symbolique, afin de garantir que les services
Congo 12
sont appréciés et ne sont pas utilisés inutilement.
Sénégal 12
Il existe de nombreux systèmes de protection socm
Cameroun 11 ciale tels que les systèmes de sécurité sociale, l’assurance
Zambie 11 sur la base de contributions volontaires, les transferts
Bénin 9 de liquidités aux soignants, les systèmes de pension et
Burkina Faso 9 les subventions pour la garde d’enfants. Ces systèmes
Mali 9 peuvent être d’un grand secours pour de nombreux habitm
Côte d’Ivoire 8 tants, en particulier les plus vulnérables : les personnes
Gambie 8 âgées, les jeunes et les personnes handicapées.
Kenya 8
Tchad 7 Eléments d’appréciation pour
Mozambique 7 l’attribution des ressources
République-Unie de Tanzanie 7
Comores 6 Une fois que les gouvernements ont collecté et centralm
lisé, à partir de diverses sources, leurs maigres recettes
Nigéria 6
publiques, les responsables politiques doivent décider
République centrafricaine 5
comment attribuer ces ressources pour acheter les servicm
Ghana 5 ces de santé. Il est fréquent qu’ils prennent ces décisions
Madagascar 5 alors qu’ils ne disposent que de très peu d’éléments d’appm
Malawi 5 préciation pour guider leur choix parmi les nombreuses
Niger 5 interventions de santé publique possibles. Cette absence
Ouganda 5 d’éléments d’appréciation se traduit parfois par la décism
Erythrée 4 sion d’investir dans des interventions coûteuses dont peu
Guinée 4 de personnes bénéficieront, plutôt que dans des intervm
Guinée-Bissau 4 ventions d’un coût modeste profitables à un plus grand
Libéria 4 nombre. Pour aider les pays à établir des priorités, l’OMS
mène un projet appelé CHOICE (Choosing Interventions
Sierra Leone 4
that are Cost Effective – Choisir des interventions d’un
Togo 4
bon rapport coût/efficacité). Elle a rassemblé des bases
Ethiopie 3 de données, que l’on peut trouver à l’adresse suivante :
Rwanda 3 http://www.who.int/choice/links/related_links/en/index.
Burundi 1 html, et qui donnent des éléments d’appréciation sur le
République démocratique du Congo 1
0 100 200 300 400
Source : OMS, Rapport sur la santé dans le monde, 2006.
124 Rapport sur la santé dans la Région africaine
rapport coût/efficacité de plus de 500 interventions de santé publique destinées à
apporter une réponse à des problèmes divers : l’eau impropre à la consommation,
les drogues engendrant la dépendance, la santé génésique, la malnutrition, le paludm
disme, la tuberculose, les maladies maternelles et néonatales, la carence en fer, les
injections à risque, les troubles mentaux et la cécité. Des informations portant sur
200 interventions relatives aux maladies cardio-vasculaires et au cancer seront ajoutm
tées à ces bases de données.
Une fois que les ressources ont été allouées pour payer divers services de santé,
il est important de suivre l’efficacité de l’utilisation de ces ressources. En outre, de
plus en plus d’éléments montrent que, dans la Région africaine, les hôpitaux et les
centres de soins sont en mesure de soigner davantage de patients, pour peu que les
ressources dont ils disposent soient mieux gérées. Puisque les hôpitaux et les dispm
pensaires absorbent une part importante des budgets réguliers et des budgets pour
le développement des ministères de la santé, il faut faire preuve de vigilance dans le
suivi et l’utilisation de ces ressources.
Conclusion : les systèmes de santé – clé d’un Il n’y a pas une solution
meilleur état de santé universelle. Chaque
Les pays de la Région africaine doivent étendre et renforcer leurs systèmes de santé
pour pouvoir dispenser un large éventail de services de soins essentiels à leur populm système doit être adapté
lation. Il n’y a pas une solution universelle. Chaque système doit être adapté aux besm
soins du pays, de la région et de la communauté – rurale ou urbaine, riche ou pauvre. aux besoins du pays,
Les services assurés doivent répondre aux principaux besoins de la santé publique et
leur prestation doit être efficace et responsable. Il est indispensable et urgent d’établir de la région et de la
des systèmes responsables et transparents pour suivre et évaluer les dépenses de santé
ainsi que l’évolution de leur répartition entre sources publiques et sources privées. Cet communauté – rurale ou
objectif est l’un des grands défis de santé publique que doit relever l’Afrique.
Le bon fonctionnement des systèmes de santé suppose réunis plusieurs élémm urbaine.
ments clés : des ressources humaines et des infrastructures satisfaisantes, des donnm
nées fiables concernant les besoins au plan de la santé publique et des systèmes de
financement de la santé. Les gouvernements, en travaillant en collaboration avec
tous leurs partenaires, doivent faire des efforts délibérés pour édifier et renforcer les
systèmes de santé afin qu’ils soient plus aptes à réagir face aux besoins de santé
publique et plus efficaces. Il est aussi important que les gouvernements, dans la
Région africaine comme ailleurs, soient associés plus étroitement aux recherches sur
les problèmes de santé qui affectent le plus leur population et s’engagent dans la
recherche de solutions durables à ces problèmes.
Compte tenu du rôle significatif joué par le secteur privé et la société civile dans
la prestation des services de santé, il est impératif que les gouvernements renforcent
leur collaboration avec ceux-ci et créent également l’environnement réglementaire
et juridique approprié, qui permettra au secteur privé et à la société civile de remplir
efficacement ce rôle.
Ainsi que nous l’avons vu, l’édification, le renforcement et l’amélioration des
interventions des systèmes de santé sont des étapes déterminantes sur la voie de
la réalisation de l’objectif des soins de santé équitables, dans l’esprit de la Déclarm
ration d’Alma-Ata de 1978 sur les soins de santé primaires pour atteindre l’objectif
de la santé pour tous. De nombreux gouvernements africains reconnaissent, avec
Les systèmes de santé nationaux Chapitre 6 125
les bailleurs de fonds internationaux, que la Région a peu de chances de réaliser les
OMD liés à la santé si elle n’est pas en mesure de mettre en place et de gérer efficacm
cement de tels systèmes. Les systèmes de santé renferment un immense potentiel
encore inexploité de contribution au développement économique et social.
Le défi consiste à mieux sensibiliser les gouvernements au fait que la santé a
un rôle crucial à jouer dans le développement social et économique de leur pays. La
santé doit être mieux placée sur la liste des priorités des pays de la Région et les dirigm
geants de ces pays doivent élaborer des politiques et des stratégies visant à renforcer
leurs systèmes de santé. Cela passe par l’allocation de ressources suffisantes pour assm
surer le fonctionnement efficace de ces systèmes de santé et leur viabilité à l’avenir.
Pour les gouvernements de la Région comme pour les bailleurs de fonds, il faut
que les systèmes de santé figurent en tête des priorités de développement national et
international. Cela est essentiel pour instaurer des soins de santé primaires intégrés
au niveau du district et renforcer l’infrastructure globale en matière de santé publique.
Ces éléments vitaux du système de santé nécessitent un engagement politique à long
terme et des moyens financiers supplémentaires importants. Les acteurs concernés
doivent également accepter que les résultats soient lents mais solides. Les systèmes
de santé ainsi obtenus seront l’instrument qui fait si cruellement défaut pour la prestm
tation de tous les services de santé dont les populations ont besoin. ■
126 Rapport sur la santé dans la Région africaine
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128 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Annexe statistique
Statistiques sanitaires
Région africaine
Région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé
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Région africaine de l’OMS �������
�������
Pays n’appartenant pas à la Région africaine de l’OMS
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Le présent rapport concerne les 46 Etats Membres de la Région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), comme l’illustt
tre cette carte. Le Bureau régional OMS de l’Afrique est basé à Brazzaville (République du Congo). Toute référence à l’Afrique s’entend
du continent et des îles dans leur ensemble. Toute référence à « la Région africaine » ou « la Région » est à comprendre au sens de la
définition de l’OMS.
Il est important de noter que la Région africaine de l’OMS ne comprend pas tous les pays du continent africain et que la Région
elle-même ne se limite pas à l’ensemble de l’Afrique au sud du Sahara.
Note : La Banque mondiale divise le continent en deux régions : Afrique du Nord et Afrique subsaharienne, tandis que l’UNICEF le
divise en trois régions : Afrique de l’Est et Afrique australe, Afrique de l’Ouest et du Centre, et Moyen-Orient et Afrique du Nord.
130 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Introduction
L
es tableaux qui suivent contiennent certaines des statistiques les plus récentes depuis 1997
concernant les indicateurs sanitaires pour les 46 Etats Membres de la Région africaine. Tous
sont tirés des Statistiques sanitaires mondiales 2006. Les données rétrospectives concernant
certains des indicateurs sont par ailleurs tirées du Rapport sur la santé dans le monde, 2006 –
Travailler ensemble pour la santé. Les tableaux statistiques couvrent les catégories suivantes :
mortalité, morbidité, couverture des services de santé, facteurs de risque, système de santé, inégalité
en matière de santé, statistiques démographiques et socio-économiques.
Les Statistiques sanitaires mondiales 2006 contiennent une série plus étendue de statistiques
sur les 192 Etats Membres de l’OMS, axées en particulier sur l’équité dans les pays et entre eux. Elles
ont été rassemblées à partir des publications et des bases de données des programmes techniques
et des bureaux régionaux de l’OMS. Les indicateurs constituant la série de base ont été sélectionnés
en fonction de leur pertinence quant à la santé dans le monde, de la disponibilité et de la qualité
des données ainsi que de la précision et de la comparabilité des estimations. Les statistiques
servant à la détermination de ces indicateurs sont le fruit d’un processus interactif de collecte,
de compilation et d’évaluation de la qualité des données et d’estimation, auquel participent les
programmes techniques de l’OMS et les Etats Membres. Dans le cadre de ce processus, l’OMS
s’efforce d’optimiser l’accessibilité, la précision, la comparabilité et la transparence des statistiques
sanitaires des pays.
En plus des données nationales, cette publication présente des statistiques sur la distribution
dans les pays d’issues et d’interventions sanitaires sélectionnées, ces chiffres étant désagrégés selon
le sexe, l’âge, le cadre de vie urbain/rural, la richesse/le patrimoine et le niveau d’instruction. Ces
statistiques proviennent principalement de l’analyse des enquêtes auprès des ménages et n’existent
que pour un nombre limité de pays. Les pays devraient être plus nombreux à fournir des données
désagrégées dans les prochaines années.
La série d’indicateurs de base n’a pas la prétention de rendre compte de tous les aspects
pertinents de la santé, mais de donner une vision synthétique de la situation sanitaire et de l’état
des systèmes de santé des pays : 1) mortalité ; 2) morbidité ; 3) facteurs de risque ; 4) couverture
des interventions sanitaires sélectionnées ; 5) systèmes de santé ; 6) inégalités en matière de santé ;
et 7) caractéristiques démographiques et socio-économiques.
Sauf mention contraire, toutes les statistiques ont été approuvées en tant que chiffres officiels
de l’OMS après consultation des Etats Membres. Les chiffres publiés ici doivent cependant être
considérés comme les meilleures estimations selon l’OMS, et non comme les chiffres officiels des
Etats Membres.
La demande de données fiables, cohérentes et disponibles en temps utile sur les statistiques
sanitaires essentielles augmentant constamment, les utilisateurs de ces données doivent être
correctement informés des définitions, de la qualité et des limites des statistiques sanitaires.
Pour plus d’informations, nous renvoyons le lecteur au Système OMS d’information statistique
(WHOSIS) qu’il peut consulter à l’adresse suivante : http://www.who.int/whosis.
La santé des populations Annexe statistique 131
Etats Membres Populationa Indice synthétique Taux proportionnel de fertilité
Statistiques démographiques et socio-économiques nombre taux de
croissance annuel
en zone
urbaine
de féconditéa chez les adolescentsb
(000) (%) (%) (par femme)
(%) Année
2005 1995–2004 2005 2004
1 Afrique du Sud 47 432 1,2 58 2,8 ...
2 Algérie 32 854 1,4 60 2,5 ...
3 Angola 15 941 2,3 37 6,7 ...
4 Bénin 8 439 2,8 46 5,7 9,3 1999
5 Botswana 1 765 0,9 53 3,1 ...
6 Burkina Faso 13 228 2,7 19 6,6 10,1 2002
7 Burundi 7 548 1,7 11 6,8 ...
8 Cameroun 16 322 1,9 53 4,5 13,9 2003
9 Cap-Vert 507 2,1 58 3,6 ...
10 Comores 798 2,5 36 4,7 ...
11 Congo 3 999 2,9 54 6,3 ...
12 Côte d’Ivoire 18 154 1,9 46 4,9 12,3 1997
13 Erythrée 4 401 3,2 21 5,4 8,1 2000
14 Ethiopie 77 431 2,3 16 5,7 9,4 1998
15 Gabon 1 384 2,0 85 3,9 16,9 1998
16 Gambie 1 517 2,9 26 4,6 ...
17 Ghana 22 113 2,0 46 4,2 8,3 2002
18 Guinée 9 402 2,0 37 5,8 14,7 1997
19 Guinée-Bissau 1 586 2,6 36 7,1 ...
20 Guinée équatoriale 504 2,1 50 5,9 ...
21 Kenya 34 256 2,1 42 5,0 11,7 2002
22 Lesotho 1 795 0,6 18 3,5 ...
23 Libéria 3 283 4,2 48 6,8 ...
24 Madagascar 18 606 2,6 27 5,3 14,5 2002
25 Malawi 12 884 2,2 17 6,0 13,0 1998
26 Mali 13 518 2,6 34 6,8 13,7 2000
27 Maurice 1 245 0,9 44 2,0 9,6 2000
28 Mauritanie 3 069 2,6 64 5,7 8,9 1999
29 Mozambique 19 792 2,1 38 5,4 16,2 2002
30 Namibie 2 031 2,0 34 3,8 10,5 1999
31 Niger 13 957 3,1 23 7,8 14,5 1997
32 Nigéria 131 530 2,2 48 5,7 11,1 2002
33 Ouganda 28 816 2,9 12 7,1 13,6 1999
34 République centrafricaine 4 038 1,6 44 4,9 ...
35 République démocratique du Congo 57 549 2,2 33 6,7 ...
36 République-Unie de Tanzanie 38 329 2,0 38 4,9 12,2 1998
37 Rwanda 9 038 5,0 22 5,6 4,6 1999
38 Sao Tomé-et-Principe 157 1,8 38 3,9 ...
39 Sénégal 11 658 2,2 51 4,9 ...
40 Seychelles 81 0,6 50 2,1 ...
41 Sierra Leone 5 525 2,6 40 6,5 ...
42 Swaziland 1 032 0,8 24 3,8 ...
43 Tchad 9 749 3,0 26 6,7 14,7 2003
44 Togo 6 145 2,9 36 5,2 ...
45 Zambie 11 668 1,8 37 5,5 13,7 2000
46 Zimbabwe 13 010 0,9 36 3,4 13,3 1997
Région de l’OMS
Afrique 738 083 2,2 38 5,3 11,7
... Données non disponibles ou sans objet.
a
World Population Prospects: The 2004 Revision. Population database. Division de la Population, Département des Affaires économiques et sociales, Nations Unies
(http://esa.un.org/unpp).
b
Division de la Population, Département des Affaires économiques et sociales, Secrétariat de l’ONU.
c
Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) (http://gmr.uis.unesco.org/selectindicators.aspx).
132 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Taux Taux net de Produit Population vivant en dessous
d’alphabétisation scolarisation primaired national brut du seuil de pauvretéf
chez l’adultec par habitante
(%) Hommes (%) Femmes (%) (PPP $ int,) (% avec <$1
Année
2000–2004 1998–2004 2004 par jour)
82,4 89 89 10 960 10,7 2000
69,8 96 94 6 260 ...
66,8 66 57 2 030 ...
33,6 69 47 1 120 ...
78,9 79 83 8 920 ...
12,8 42 31 1 220 44,9 1998
58,9 62 52 660 54,6 1998
67,9 ... ... 2 090 17,1 2001
75,7 100 98 5 650 ...
56,2 59 50 1 840 ...
82,8 55 53 750 ...
48,1 67 54 1 390 10,8 2002
... 49 42 1 050 ...
41,5 55 47 810 23,0 1999-00
... 79 78 5 600 ...
... 79 78 1 900 59,3 1998
54,1 64 62 2 280 44,8 1998-99
... 73 58 2 130 ...
... 53 37 690 ...
84,2 91 78 7 400 ...
73,6 66 66 1 050 22,8 1997
81,4 83 89 3 210 ...
55,9 79 61 ... ...
70,6 78 79 830 61,0 2001
64,1 ... ... 620 41,7 1997-98
19,0 50 39 980 ...
84,3 96 98 11 870 ...
51,2 68 67 2 050 25,9 2000
46,5 58 53 1 160 ...
85,0 76 81 6 960 ...
14,4 45 31 830 ...
66,8 74 60 930 70,2 1997
68,9 ... ... 1 520 84,9 1999
48,6 ... ... 1 110 ...
65,3 ... ... 680 ...
69,4 83 81 660 ...
64,0 85 88 1 300 51,7 1999-00
... 100 94 ... ...
39,3 71 66 1 720 ...
91,9 100 99 15 590 ...
29,6 ... ... 790 ...
79,2 75 75 4 970 ...
25,5 72 49 1 420 ...
53,0 99 83 1 690 ...
67,9 69 68 890 63,7 1998
90,0 79 80 2 180 ...
60,1 70 63 2 074 44
d
Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) (http://www.uis.unesco.org/ev_fr.php ?ID=5187_201&ID2=DO_TOPIC).
e
Banque mondiale (http:(//siteresources.worldbank.org/DATASTATISTICS/Resources/GNIPC.pdf).
f
Banque mondiale (http://devdata.worldbank.org/wdi2005/Table2_5.htm).
La santé des populations Annexe statistique 133
Etats Membres Espérance de vie Espérance de vie Probabilité de décès Probabilité de Taux de Taux de Ratio de
Situation sanitaire : mortalité à la naissancea
(années)
en bonne santé
(EVBS)
à la naissanceb
pour 1000 personnes
entre 15 et 60 ansa
(taux de
décès (pour mortalité
1000 naissancc infantilec
ces vivantes) (pour 1000
mortalité
néonataled
(pour 1000
mortalité
maternelled
(pour
(années) mortalité adulte) avant l’âge de naissances naissances 100 000
5 ansa (taux vivantes) vivantes) naissances
de mortalité vivantes)
des moins de
5 ans)
Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hom. & fem. Hom. & fem. Hom. & fem. Femmes
2004 2004 2002 2002 2004 2004 2004 2004 2000 2000
1 Afrique du Sud 47 49 43 45 667 598 67 54 21 230
2 Algérie 69 72 60 62 153 124 40 35 20 140
3 Angola 38 42 32 35 591 504 260 154 54 1 700
4 Bénin 52 53 43 45 388 350 152 90 38 850
5 Botswana 40 40 36 35 786 770 116 75 40 100
6 Burkina Faso 47 48 35 36 472 410 192 97 36 1 000
7 Burundi 42 47 33 37 593 457 190 114 41 1 000
8 Cameroun 50 51 41 42 444 432 149 87 40 730
9 Cap-Vert 67 71 59 63 209 139 36 27 10 150
10 Comores 62 67 54 55 254 182 70 52 29 480
11 Congo 53 55 45 47 442 390 108 79 32 510
12 Côte d’Ivoire 41 47 38 41 585 500 194 118 65 690
13 Erythrée 58 62 49 51 345 281 82 52 25 630
14 Ethiopie 49 51 41 42 451 389 166 110 51 850
15 Gabon 55 59 50 53 411 344 91 59 31 420
16 Gambie 55 59 48 51 344 263 122 89 46 540
17 Ghana 56 58 49 50 349 319 112 68 27 540
18 Guinée 52 55 44 46 364 319 155 101 48 740
19 Guinée-Bissau 45 48 40 41 482 413 203 126 48 1 100
20 Guinée équatoriale 42 44 45 46 577 522 204 123 40 880
21 Kenya 51 50 44 45 477 502 120 78 29 1 000
22 Lesotho 39 44 30 33 845 728 82 55 28 550
23 Libéria 39 44 34 37 596 477 235 157 66 760
24 Madagascar 55 59 47 50 338 270 123 76 33 550
25 Malawi 41 41 35 35 663 638 175 109 40 1 800
26 Mali 44 47 37 38 490 414 219 121 55 1 200
27 Maurice 69 75 60 65 217 112 15 12 12 24
28 Mauritanie 55 60 43 46 325 246 125 78 70 1 000
29 Mozambique 44 46 36 38 627 549 152 102 48 1 000
30 Namibie 52 55 43 44 548 489 63 42 25 300
31 Niger 42 41 36 35 506 478 259 152 43 1 600
32 Nigéria 45 46 41 42 513 478 197 103 53 800
33 Ouganda 48 51 42 44 525 446 138 81 32 880
34 République centrafricaine 40 41 37 38 667 624 193 115 48 1 100
35 République démocratique du Congo 42 47 35 39 576 446 205 129 47 990
36 République-Unie de Tanzanie 47 49 40 41 551 524 126 78 43 1 500
37 Rwanda 44 47 36 40 518 435 203 118 45 1 400
38 Sao Tomé-et-Principe 57 60 54 55 301 236 118 75 38 ...
39 Sénégal 54 57 47 49 358 288 137 78 31 690
40 Seychelles 67 78 57 65 232 83 14 12 9 ...
41 Sierra Leone 37 40 27 30 579 497 283 165 56 2 000
42 Swaziland 36 39 33 35 823 741 156 102 38 370
43 Tchad 45 48 40 42 497 422 200 117 45 1 100
44 Togo 52 56 44 46 401 327 140 79 40 570
45 Zambie 40 40 35 35 683 656 182 104 40 750
46 Zimbabwe 37 34 34 33 857 849 129 78 33 1 100
Région de l’OMS
Afrique 47 49 40 42 519 465 167 100 43 910
... Données non disponibles ou sans objet.
a
Rapport sur la santé dans le monde, 2006 – Travailler ensemble pour la santé. Genève, Organisation mondiale de la santé, 2006 (http://www.who.int/whr/2006/annexes/fr/).
b
Rapport sur la santé dans le monde, 2004 – Changer le cours de l’histoire. Genève, Organisation mondiale de la santé, 2004 (http://www.who.int/whr/2004/fr/index.html).
c
i) WHO Mortality Database. Organisation mondiale de la santé (http://www.who.int/healthinfo/morttables/en/index.html) ;
ii) Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). La situation des enfants dans le monde, 2006. New York : UNICEF, 2005.
d
Rapport sur la santé dans le monde, 2005 – Donnons sa chance à chaque mère et à chaque enfant. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005
(http://www.who.int/whr/2005/fr/index.html).
e
Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA 2004 : quatrième rapport mondial. Genève, Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA
(http://www.unaids.org/bangkok2004/report_pdf.html).
f
La définition des cas comprend ici les décès par tuberculose (A15-A19, B90) selon la CIM-10. Source : Global tuberculosis control: surveillance, planning, financing. WHO report 2006.
Genève, Organisation mondiale de la Santé (WHO/HTM/TB/2006.362) (http://www.who.int/tb/publications/global_report).
134 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Taux de mortalité par cause Taux de mortalité par cause standardisé Années de vie perdues par Causes de décès parmi les enfants de moins de 5 ansj,l
(pour 100 000 personnes) selon l’âgeh,i (pour 100 000 personnes) grandes catégories de causesh,j (%) (%)
Causes néonatales
Maladies cardio-
transmissiblesk
transmissibles
transmissibles
Traumatismes
Traumatismes
Traumatismes
Maladies non
Maladies non
VIH-négatifsf
TB parmi les
diarrhéiques
VIH-positifsg
TB parmi les
Pneumonies
vasculaires
Paludisme
VIH/SIDAe
Rougeole
Maladies
Maladies
VIH/SIDA
Cancers
Autres
Hommes & femmes Hommes & femmes Hommes & femmes Hommes & femmes
2003 2004 2004 2002 2002 2002 2002 2002 2002 2002 2000 2000 2000 2000 2000 2000 2000 2000
789 56 78 808 410 154 120 77 15 8 35,1 57,1 0,8 0,0 0,0 0,9 5,0 1,1
<10 2 <1 598 314 103 85 50 30 20 48,0 0,0 11,9 0,9 0,5 13,7 5,0 20,0
140 25 7 982 486 179 231 84 8 8 22,2 2,2 19,1 4,8 8,3 24,8 1,4 17,2
73 14 2 852 432 154 116 82 10 8 25,0 2,2 17,1 5,3 27,2 21,1 2,1 0,0
1 863 37 58 653 338 124 72 93 4 3 40,3 53,8 1,1 0,1 0,0 1,4 3,3 0,0
234 38 16 901 459 162 149 87 7 7 18,3 4,0 18,8 3,4 20,3 23,3 1,5 10,4
355 59 33 843 439 146 301 81 7 12 23,3 8,0 18,2 3,0 8,4 22,8 1,8 14,6
311 19 12 848 436 150 118 81 11 8 24,8 7,2 17,3 4,1 22,8 21,5 2,2 0,0
... 35 1 692 356 127 39 51 37 12 25,9 3,7 12,2 4,4 4,3 13,3 3,5 32,6
... 7 <1 736 381 128 83 70 18 12 37,3 3,7 13,6 5,9 19,4 16,3 3,4 0,5
257 52 18 762 393 134 147 79 11 11 30,9 9,3 11,2 6,6 25,7 13,6 2,6 0,0
267 67 37 873 436 160 179 78 11 10 34,9 5,6 14,8 2,5 20,5 19,6 2,2 0,0
155 52 9 762 398 133 92 81 11 8 27,4 6,2 15,6 2,5 13,6 18,6 3,0 13,0
163 60 19 859 435 147 104 82 12 6 30,2 3,8 17,3 4,2 6,1 22,3 1,7 14,3
224 33 22 813 410 158 103 72 18 9 35,1 10,1 8,8 4,4 28,3 10,7 2,5 0,0
42 38 2 805 413 144 109 75 15 10 36,6 1,3 12,2 2,5 29,4 15,5 2,6 0,0
141 40 10 786 404 138 97 74 16 10 28,5 5,7 12,2 2,9 33,0 14,6 3,0 0,0
100 44 12 853 432 156 147 80 11 9 28,8 2,3 16,5 5,5 24,5 20,9 1,4 0,0
... 33 9 883 449 159 138 86 8 6 24,1 2,6 18,6 3,4 21,0 23,4 1,4 5,5
... 30 27 864 438 155 144 79 12 9 27,5 7,4 13,6 7,4 24,0 17,3 2,5 0,3
458 90 43 782 401 139 95 81 11 8 24,2 14,6 16,5 3,2 13,6 19,9 2,7 5,3
1 611 41 58 785 404 139 88 90 7 3 32,8 56,2 3,9 0,1 0,0 4,7 2,2 0,0
223 46 27 955 485 169 270 83 7 10 29,1 3,6 17,3 6,0 18,9 23,0 1,7 0,3
43 37 6 837 430 147 112 79 12 9 25,6 1,3 16,9 5,0 20,1 20,7 2,4 8,0
681 48 49 835 430 150 105 89 6 5 21,7 14,0 18,1 0,3 14,1 22,6 1,7 7,6
94 62 11 909 456 166 145 86 8 6 25,9 1,6 18,3 6,1 16,9 23,9 1,4 5,9
... 11 <1 701 434 79 42 11 75 13 66,0 0,0 1,2 0,0 0,0 3,9 5,2 23,6
17 57 3 884 451 158 138 79 12 9 39,4 0,3 16,2 1,7 12,2 22,3 1,9 5,9
577 62 67 720 371 124 66 91 7 2 29,0 12,9 16,5 0,3 18,9 21,2 1,0 0,1
806 44 41 754 385 146 93 83 10 6 38,5 53,0 2,5 0,1 0,0 3,0 3,0 0,0
37 31 3 916 456 169 163 87 7 6 16,7 0,6 19,8 7,3 14,3 25,1 1,4 14,8
246 56 27 889 452 157 132 83 10 7 26,1 5,0 15,7 6,3 24,1 20,1 1,9 0,8
290 71 22 824 422 146 154 84 8 8 23,6 7,7 17,2 3,0 23,1 21,1 2,2 2,1
584 55 58 863 445 154 146 84 9 7 27,2 12,4 14,7 6,5 18,5 18,7 2,0 0,0
184 57 21 909 465 161 273 82 7 11 25,7 3,7 18,1 4,7 16,9 23,1 1,6 6,3
433 47 31 847 435 151 115 85 8 6 26,9 9,3 16,8 1,3 22,7 21,1 2,0 0,0
251 69 33 831 425 150 126 85 8 7 21,7 5,0 18,5 1,6 4,6 23,2 1,8 23,7
... 28 <1 764 396 133 87 67 21 12 32,1 3,7 16,0 4,8 0,6 21,2 3,5 18,1
31 49 3 832 426 146 125 76 13 11 22,8 1,0 17,1 8,1 27,6 20,7 2,6 0,2
... 6 <1 657 336 131 69 16 64 21 27,2 0,0 0,0 0,0 0,0 10,1 12,3 50,3
... 92 13 1 017 515 181 250 86 6 8 21,9 1,3 19,7 5,3 12,4 25,5 1,2 12,7
1 643 93 176 732 364 162 72 91 5 4 26,8 47,0 9,6 0,2 0,2 11,8 3,8 0,5
197 60 22 869 443 156 131 85 8 7 24,0 4,1 18,1 7,0 22,3 22,8 1,8 0,1
171 77 21 831 427 147 117 79 12 9 29,0 5,8 13,8 6,6 25,3 17,1 2,5 0,0
788 70 68 700 359 122 58 92 6 2 22,9 16,1 17,5 1,2 19,4 21,8 1,0 0,1
1 322 62 89 685 347 122 103 90 7 4 28,1 40,6 12,1 2,9 0,2 14,7 1,2 0,3
313 53 28 800 404 144 133 59 10 8 26,2 6,8 16,6 4,3 17,5 21,1 1,9 5,6
g
Ces décès sont répertoriés sous la rubrique « SIDA compliqué de tuberculose comme affection opportuniste (B20.0) » selon la CIM-10. Ces cas sont déjà inventoriés parmi les décès liés
au VIH/SIDA (B20-B24). Source : Global tuberculosis control: surveillance, planning, financing. WHO report 2006. Genève, Organisation mondiale de la Santé (WHO/HTM/TB/2006.362)
(http://www.who.int/tb/publications/global_report).
h
Mortality and burden of diseases estimates for WHO Members States in 2002. Organisation mondiale de la Santé, décembre 2004
(http://www.who.int/entity/healthinfo/statistics/bodgbddeathdalyestimates.xls).
i
Les taux sont standardisés selon l’âge de la population type de l’OMS. Sources : Ahmad OB, Boschi Pinto C, Lopez AD, Murray CJL, Lozano R, Inoue M. Age standardization of rates: a new WHO
standard. GPE Discussion Paper Series: No.31. EIP/GPE/EBD. Organisation mondiale de la Santé, 2001 (http://www.who.int/whosis/discussion_papers).
j
Les chiffres étant arrondis, les totaux des proportions ne sont pas toujours égaux à 100 %.
k
« Maladies transmissibles » y compris les causes maternelles, les affections survenant en période périnatale et les carences.
l
Les causes néonatales incluent les diarrhées survenues pendant la période néonatale. Sources : i) Bryce J, Boschi Pinto C, Shibuya K, Black RE ; WHO Child Health Epidemiology Reference
Group. WHO estimates of the causes of death in children. Lancet, 2005; 365:1147-52 ; ii) WHO Mortality profiles (http://www.who.int/whosis/mort/profiles/en/).
La santé des populations Annexe statistique 135
Etats Membres Prévalence du VIH Prévalence de Incidence de Nombre de
Situation sanitaire : morbidité chez les adultes
(de 15 à 49 ans)a
la tuberculoseb
(pour 100 000
la tuberculoseb
(pour 100 000
cas confirmés
de polioc
(%) personnes) personnes)
Hommes & femmes Hommes & femmes Hommes & femmes Hommes & femmes
2003 2004 2004 2005
1 Afrique du Sud 21,5 670 718 0
2 Algérie 0,1 54 54 0
3 Angola 3,9 310 259 10
4 Bénin 1,9 142 87 0
5 Botswana 37,3 553 670 0
6 Burkina Faso 4,2 365 191 0
7 Burundi 6 564 343 0
8 Cameroun 6,9 227 179 1
9 Cap-Vert ... 314 172 0
10 Comores ... 95 46 0
11 Congo 4,9 464 377 0
12 Côte d’Ivoire 7 651 393 0
13 Erythrée 2,7 437 271 1
14 Ethiopie 4,4 533 353 22
15 Gabon 8,1 339 280 0
16 Gambie 1,2 329 233 0
17 Ghana 3,1 376 206 0
18 Guinée 3,2 410 240 0
19 Guinée-Bissau ... 306 199 0
20 Guinée équatoriale ... 322 239 0
21 Kenya 6,7 888 619 0
22 Lesotho 28,9 544 696 0
23 Libéria 5,9 447 310 0
24 Madagascar 1,7 351 218 4
25 Malawi 14,2 501 413 0
... Données non disponibles ou sans objet.
a
Rapport sur l’épidémie mondiale de SIDA 2004 : quatrième rapport mondial. Genève, Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA
(http://www.unaids.org/bangkok2004/report_pdf.html).
b
Toutes formes de tuberculose, y compris les cas parmi les personnes contaminées par le VIH. Source : Global tuberculosis control: surveillance, planning, financing. WHO report 2006.
Genève, Organisation mondiale de la Santé (WHO/HTM/TB/2006.362) (http://www.who.int/tb/publications/global_report).
c
Organisation mondiale de la Santé, Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite. Chiffres datés du 25 avril 2006
(http://www.who.int/immunization_monitoring/en/diseases/poliomyelitis/case_count.cfm).
136 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Etats Membres Prévalence du VIH Prévalence de Incidence de Nombre de
chez les adultes la tuberculoseb la tuberculoseb cas confirmés
(de 15 à 49 ans)a (pour 100 000 (pour 100 000 de polioc
(%) personnes) personnes)
Hommes & femmes Hommes & femmes Hommes & femmes Hommes & femmes
2003 2004 2004 2005
26 Mali 1,9 578 281 3
27 Maurice ... 135 64 0
28 Mauritanie 0,6 502 287 0
29 Mozambique 12,2 635 460 0
30 Namibie 21,3 586 717 0
31 Niger 1,2 288 157 10
32 Nigéria 5,4 531 290 801
33 Ouganda 4,1 646 402 0
34 République centrafricaine 13,5 549 322 0
35 République démocratique du Congo 4,2 551 366 0
36 République-Unie de Tanzanie 8,8 479 347 0
37 Rwanda 5,1 660 371 0
38 Sao Tomé-et-Principe ... 253 107 0
39 Sénégal 0,8 451 245 0
40 Seychelles ... 83 34 0
41 Sierra Leone ... 847 443 0
42 Swaziland 38,8 1120 1226 0
43 Tchad 4,8 566 279 2
44 Togo 4,1 718 355 0
45 Zambie 16,5 707 680 0
46 Zimbabwe 24,6 673 674 0
Région de l’OMS (mise à jour 2004)
Afrique 7.1 518 356 854
La santé des populations Annexe statistique 137
Etats Membres Année Probabilité de décès (pour 1000 naissances vivantes) avant l’âge de 5 ansa Proportion d’enfants de moins de 5 ans ayant un
Inégalités en matière de santé (taux de mortalité des moins de 5 ans)
Lieu de résidence Quintile de richesse Niveau d’instruction
retard de croissancea (%)
Lieu de résidence Quintile de richesse
de la mèreb
Ratio rural-urbain
Ratio rural urbain
Ratio le plus bas-
Ratio le plus bas-
Ratio le plus bas-
Le plus haut
Le plus haut
Le plus haut
le plus haut
le plus haut
le plus haut
Le plus bas
Le plus bas
Le plus bas
Urbain
Urbain
Rural
Rural
1 Afrique du Sud 1998 71,2 43,2 1,6 87,4 21,9 4,0 83,8 45,6 1,8 ... ... ... ... ... ...
2 Bénin 2001 175,5 133,6 1,3 198,2 93,1 2,1 174,5 80,8 2,2 33,4 24,2 1,4 35,4 18,2 1,9
3 Botswana 1988 55,2 55,3 1,0 ... ... ... 62,0 46,3 1,3 ... ... ... ... ... ...
4 Burkina Faso 2003 201,5 136,4 1,5 206,0 144,0 1,4 198,4 108,0 1,8 41,4 19,8 2,1 45,7 20,6 2,2
5 Burundi 1987 184,2 163,7 1,1 ... ... ... 191,2 80,7 2,4 48,6 27,1 1,8 ... ... ...
6 Cameroun 2004 168,8 119,3 1,4 189,0 88,0 2,1 185,7 93,3 2,0 38,2 23,1 1,7 40,9 12,3 3,3
7 Comores 1996 122,6 80,7 1,5 128,9 86,6 1,5 120,6 74,5 1,6 35,0 29,9 1,2 44,8 23,3 1,9
8 Côte d’Ivoire 1998-99 196,8 125,2 1,6 ... ... ... 192,7 79,4 2,4 28,6 18,3 1,6 ... ... ...
9 Erythrée 2002 117,1 86,1 1,4 100,0 65,0 1,5 120,6 58,5 2,1 42,6 27,8 1,5 44,8 17,6 2,5
10 Ethiopie 2000 192,5 148,6 1,3 159,2 147,1 1,1 197,4 89,2 2,2 52,3 41,6 1,3 52,9 43,2 1,2
11 Gabon 2000 99,9 88,4 1,1 93,1 55,4 1,7 112,0 87,1 1,3 29,0 17,4 1,7 32,8 11,5 2,9
12 Ghana 2003 118,3 92,7 1,3 128,0 88,0 1,5 124,9 84,5 1,5 34,0 19,9 1,7 41,8 13,2 3,2
13 Guinée 1999 210,6 148,7 1,4 229,9 133,0 1,7 203,8 104,2 2,0 29,4 18,2 1,6 32,4 15,7 2,1
14 Kenya 2003 116,9 93,5 1,3 149,0 91,0 1,6 126,5 62,9 2,0 32,0 23,8 1,3 38,1 19,2 2,0
15 Libéria 1986 239,7 217,8 1,1 ... ... ... 242,1 176,1 1,4 ... ... ... ... ... ...
16 Madagascar 2003-04 120,0 73,3 1,6 141,8 49,4 2,9 148,6 65,4 2,3 48,9 40,9 1,2 50,5 38,2 1,3
17 Malawi 2000 210,3 147,9 1,4 230,8 149,0 1,5 214,5 118,0 1,8 51,3 34,2 1,5 57,8 33,5 1,7
18 Mali 2001 253,2 184,6 1,4 247,8 148,1 1,7 246,9 89,6 2,8 42,1 23,2 1,8 44,8 19,7 2,3
19 Mauritanie 2000-01 96,2 110,7 0,9 98,1 78,5 1,2 110,5 85,5 1,3 37,9 30,2 1,3 38,7 23,4 1,7
20 Mozambique 2003 192,0 143,2 1,3 196,0 108,0 1,8 200,5 85,7 2,3 45,7 28,5 1,6 49,3 20,0 2,5
21 Namibie 2000 66,1 49,5 1,3 55,4 31,4 1,8 83,6 47,1 1,8 23,0 21,7 1,1 26,7 15,3 1,7
22 Niger 1998 327,4 178,1 1,8 281,8 183,7 1,5 314,0 129,6 2,4 43,0 31,2 1,4 41,9 32,3 1,3
23 Nigéria 2003 242,7 152,9 1,6 257,0 79,0 3,3 269,4 107,2 2,5 42,9 28,9 1,5 48,8 17,9 2,7
24 Ouganda 2000-01 163,8 100,5 1,6 191,8 106,4 1,8 186,9 93,0 2,0 39,9 26,5 1,5 43,3 25,1 1,7
25 République centrafricaine 1994-95 178,4 128,6 1,4 192,9 98,3 2,0 175,2 83,1 2,1 37,2 28,6 1,3 42,3 25,0 1,7
26 République-Unie de Tanzanie 1999 165,9 141,6 1,2 160,0 135,2 1,2 165,4 62,6 2,6 46,5 24,5 1,9 49,5 23,4 2,1
27 Rwanda 2000 216,2 141,3 1,5 246,4 154,1 1,6 232,7 116,7 2,0 44,9 27,8 1,6 49,4 26,9 1,8
28 Sénégal 1999 171,2 92,1 1,9 ... ... ... 159,9 80,1 2,0 ... ... ... ... ... ...
29 Soudan 1990 144,0 117,0 1,2 ... ... ... 151,9 84,3 1,8 ... ... ... ... ... ...
30 Tchad 2004 208,0 179,0 1,2 176,0 187,0 0,9 200,0 143,0 1,4 43,0 32,3 1,3 50,7 31,7 1,6
31 Togo 1998 157,4 101,3 1,6 167,7 97,0 1,7 159,1 82,5 1,9 23,9 14,8 1,6 29,0 11,0 2,6
32 Zambie 2001-02 182,3 140,0 1,3 191,7 92,4 2,1 197,8 121,1 1,6 51,1 37,1 1,4 54,1 31,6 1,7
33 Zimbabwe 1999 99,7 69,0 1,4 99,5 62,2 1,6 118,8 78,7 1,5 29,2 20,6 1,4 32,7 18,6 1,8
Les statistiques par sexe sont présentées ailleurs dans ce document.
... Données non disponibles ou sans objet.
a
Source: Enquêtes démographiques et sanitaires (DHS) (http://www.measuredhs.com).
b
Les niveaux d’instruction de la mère le plus bas et le plus haut correspondent respectivement à « aucune instruction » et à « niveau secondaire ou supérieur ».
c
Les données prennent en compte les naissances qui ont eu lieu pendant les trois années qui avaient précédé l’enquête, et non pas cinq années comme dans les autres cas.
138 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Accouchements assistés par du personnel de santé qualifiéa Couverture de la vaccination antirougeoleuse à un ana
(%) (%)
Niveau d’instruction Lieu de résidence Quintile de richesse Niveau d’instruction Lieu de résidence Quintile de richesse Niveau d’instruction
de la mèreb de la mèreb de la mèreb
Ratio le plus haut-
Ratio le plus haut-
Ratio le plus haut-
Ratio le plus haut-
Ratio urbain-rural
Ratio urbain-rural
Ratio le plus bas-
Le plus haut
Le plus haut
Le plus haut
Le plus haut
Le plus haut
le plus haut
Le plus bas
Le plus bas
Le plus bas
Le plus bas
Le plus bas
le plus bas
le plus bas
le plus bas
le plus bas
Urbain
Urbain
Rural
Rural
... ... ... 75,5 93,4 1,2 98,1 67,8 1,4 59,7 91,4 1,5 85,1 79,3 1,1 84,5 73,5 1,1 85,6 64,0 1,3
33,0 17,1 1,9 68,4 82,9 1,2 99,3 49,6 2,0 67,6 98,6 1,5 75,3 64,1 1,2 83,1 56,9 1,5 88,6 63,4 1,4
... ... ... 71,7 93,5 1,3 ... ... ... 53,6 96,6 1,8 65,4 69,9 0,9 ... ... ... 63,0 67,8 0,9
40,8 12,4 3,3 30,5 87,7 2,9 90,8 38,8 2,3 32,7 94,7 2,9 73,1 53,3 1,4 71,3 48,3 1,5 80,4 54,3 1,5
49,0 24,6 2,0 16,8 85,2 5,1 ... ... ... 15,6 75,7 4,9 51,1 47,8 1,1 ... ... ... 56,3 45,2 1,2
40,1 21,0 1,9 44,2 84,2 1,9 94,5 29,3 3,2 22,9 91,7 4,0 72,5 58,3 1,2 83,2 52,1 1,6 79,3 46,1 1,7
38,2 25,0 1,5c 43,1 78,9 1,8 84,8 26,2 3,2 40,8 82,9 2,0c 63,0 63,5 1,0 86,0 51,1 1,7 75,5 58,7 1,3
28,3 14,2 2,0 32,1 79,1 2,5 ... ... ... 37,9 83,6 2,2 82,0 58,8 1,4 ... ... ... 94,6 57,8 1,6
44,6 16,2 2,8 10,4 64,7 6,2 81,0 6,7 12,1 12,0 87,9 7,3 93,8 78,5 1,2 96,4 83,8 1,2 95,6 77,1 1,2
52,8 32,5 1,6 2,3 34,5 15,0 25,3 0,9 28,1 2,5 45,0 18,0 63,1 22,3 2,8 52,2 18,2 2,9 61,7 22,1 2,8
22,5 16,5 1,4 69,4 92,9 1,3 97,1 67,2 1,4 83,9 92,9 1,1 61,1 37,1 1,6 71,3 34,1 2,1 63,9 42,3 1,5
38,0 23,7 1,6 30,9 79,7 2,6 90,4 20,6 4,4 29,7 67,9 2,3 85,8 81,8 1,0 88,8 75,0 1,2 89,3 78,2 1,1
27,9 13,3 2,1 21,3 75,6 3,5 81,5 12,1 6,7 29,1 83,5 2,9 66,9 46,7 1,4 73,0 33,1 2,2 82,3 48,4 1,7
36,4 19,0 1,9 34,5 72,0 2,1 75,4 17,0 4,4 15,8 72,0 4,6 85,9 69,7 1,2 88,0 54,8 1,6 84,9 51,1 1,7
... ... ... 44,9 76,7 1,7 ... ... ... 49,3 86,6 1,8 30,2 28,0 1,1 ... ... ... 42,7 24,9 1,7
49,1 38,0 1,3 39,6 70,6 1,8 93,9 29,9 3,1 21,9 80,5 3,7 73,9 55,9 1,3 84,0 38,4 2,2 85,2 36,1 2,4
54,2 27,1 2,0 51,9 81,6 1,6 83,0 43,0 1,9 45,0 87,7 1,9 90,6 82,0 1,1 90,4 79,8 1,1 93,4 79,2 1,2
40,1 13,6 2,9 26,6 80,8 3,0 81,9 8,1 10,1 34,4 90,8 2,6 70,8 41,3 1,7 76,5 39,7 1,9 78,7 44,9 1,8
37,1 21,4 1,7 28,9 85,8 3,0 92,8 14,7 6,3 40,4 91,6 2,3 74,3 53,0 1,4 86,2 42,0 2,1 79,8 55,4 1,4
47,7 14,5 3,3 34,1 80,7 2,4 88,6 24,8 3,6 31,4 94,8 3,0 90,8 70,8 1,3 96,4 60,8 1,6 99,1 65,6 1,5
28,5 17,9 1,6 66,3 93,1 1,4 97,1 55,4 1,8 46,8 89,1 1,9 84,3 78,4 1,1 85,7 76,2 1,1 83,3 69,5 1,2
42,3 23,6 c 8,1 68,7 8,5 62,8 4,2 15,0 13,8 68,5 c 67,1 27,8 2,4 65,8 23,0 2,9 73,9 31,8 2,3
1,8 5,0
50,5 20,0 2,5 27,1 58,8 2,2 84,5 13,0 6,5 13,8 75,0 5,4 52,1 28,5 1,8 70,7 15,9 4,4 66,5 15,6 4,3
45,5 28,9 1,6 33,1 80,4 2,4 77,3 19,7 3,9 21,5 75,8 3,5 68,4 55,3 1,2 64,5 49,1 1,3 69,4 54,1 1,3
37,2 24,1 c 23,7 77,7 3,3 81,7 14,3 5,7 29,4 84,8 c 68,4 40,5 1,7 79,8 31,3 2,5 79,2 38,6 2,1
1,5 2,9
46,7 16,6 2,8 34,7 83,3 2,4 82,8 28,9 2,9 25,3 81,5 3,2 90,3 75,3 1,2 89,0 63,4 1,4 98,1 63,3 1,5
47,9 26,1 1,8 19,9 65,7 3,3 59,6 17,3 3,4 13,9 68,9 5,0 89,9 86,3 1,0 88,8 83,8 1,1 93,2 82,2 1,1
... ... ... 75,7 95,6 1,3 ... ... ... 78,5 97,1 1,2 78,7 58,1 1,4 ... ... ... 90,9 54,0 1,7
... ... ... 59,3 85,9 1,4 ... ... ... 52,6 95,5 1,8 69,9 56,3 1,2 ... ... ... 84,8 50,3 1,7
44,3 22,1 2,0 6,4 45,6 7,1 55,4 3,6 15,4 9,3 66,7 7,2 37,5 19,2 2,0 38,1 8,2 4,6 53,7 18,2 3,0
25,5 12,0 2,1c 39,8 86,4 2,2 91,2 25,1 3,6 36,7 86,8 2,4c 58,0 38,2 1,5 63,2 34,5 1,8 63,7 36,5 1,7
53,8 36,1 1,5 27,6 79,0 2,9 91,1 19,7 4,6 17,3 77,8 4,5 85,5 83,9 1,0 88,4 81,2 1,1 87,2 79,8 1,1
35,3 22,5 1,6 64,2 89,4 1,4 93,5 56,7 1,6 42,8 85,6 2,0 86,2 75,7 1,1 85,8 80,2 1,1 85,2 69,4 1,2
La santé des populations Annexe statistique 139
Etats Membres Enfants de moins de Enfants de moins Enfants de moins de Nouveau-nés présentant Obésité chez
Facteurs de risque 5 ans ayant un retard
de croissancea
de 5 ans ayant une
insuffisance pondéralea
5 ans ayant une
surcharge pondéralea
une insuffisance
pondérale à la naissance b
les adultes
(≥15)c
(%) Année (%) Année (%) Année (%) (%) Année
Garçons & filles
Garçons & filles Garçons & filles Garçons & filles Hommes Femmes
2000–02
1 Afrique du Sud 24,9 1999 11,5 1999 6,2 1999 15 9,4 30,1 1998
2 Algérie 19,1 2002 10,4 2002 10,1 2000 7 ... ...
3 Angola 45,2 2001 30,5 2001 ... 12 ... ...
4 Bénin 30,7 2001 22,9 2001 1,8 2001 16 ... 6,1 2001m
5 Botswana 23,1 2000 12,5 2000 6,9 2000 10 ... ...
6 Burkina Faso 38,8 2003 37,7 2003 2,9 2003 19 ... 2,4 2003m
7 Burundi 56,8 2000 45,1 2000 0,7 2000 16 ... ...
8 Cameroun 31,7 2004 18,1 2004 5,2 2004 11 ... 4,2 2004m
9 Cap-Vert ... ... ... 13 ... ...
10 Comores 42,3 2000 25,4 2000 13,6 2000 25 ... ...
11 Congo ... ... ... ... ... ...
12 Côte d’Ivoire 25,1 1998-99 21,2 1998-99 2,5 1998-99 17 ... 5,0 1998-99m
13 Erythrée 37,6 2002 39,6 2002 0,7 2002 21 ... 1,6 2002m
14 Ethiopie 51,5 2000 47,2 2000 1,2 2000 15 ... 0,3 2000m
15 Gabon 20,7 2000-01 11,9 2000-01 3,7 2000-01 14 ... ...
16 Gambie 19,2 2000 17,2 2000 1,5 2000 17 ... ...
17 Ghana 29,9 2003 22,1 2003 2,9 2003 11 ... 8,1 2003m
18 Guinée 26,1 1999 23,2 1999 2,7 1999 12 ... ...
19 Guinée-Bissau 30,5 2000 25,0 2000 3,3 2000 22 ... ...
20 Guinée équatoriale ... ... ... 13 ... ...
21 Kenya 30,3 2003 19,9 2003 3,7 2003 11 ... 6,3 2003m
22 Lesotho 46,1 2000 18,0 2000 12,1 2000 14 ... 16,2 2004m
23 Libéria 39,5 1999-00 26,5 1999-00 2,3 1999-00 ... ... ...
24 Madagascar 47,7 2003-04 41,9 2003-04 2,0 2003-04 14 ... 0,9 2003m
25 Malawi 49,0 2000 25,4 2000 4,3 2000 16 ... 2,1 2000m
26 Mali 38,2 2001 33,2 2001 1,5 2001 23 ... 3,7 2001m
37 Maurice ... ... ... 13 8,0 20,0 1998l
28 Mauritanie 34,5 2000-01 31,8 2000-01 ... ... ... 16,7 2000-01m
29 Mozambique 41,0 2003 23,7 2003 3,0 2003 14 ... 3,8 2003m
30 Namibie 23,6 2000 24,0 2000 2,2 2000 14 ... ...
31 Niger 39,7 2000 40,1 2000 0,8 2000 17 ... ...
32 Nigéria 38,3 2003 28,7 2003 3,6 2003 14 ... 5,8 2003m
33 Ouganda 39,1 2000-01 22,9 2000-01 2,6 2000-01 12 ... ...
34 République centrafricaine ... ... ... 14 ... ...
35 République démocratique du Congo 38,1 2001 31,0 2001 3,9 2001 12 ... ...
36 République-Unie de Tanzanie 43,8 1999 29,4 1999 1,7 1999 13 ... 4,4 2004-05m
37 Rwanda 42,6 2000 24,3 2000 4,0 2000 9 ... ...
38 Sao Tomé-et-Principe 28,9 2000 12,9 2000 ... ... ... ...
39 Sénégal 25,4 2000 22,7 2000 2,2 2000 18 ... ...
40 Seychelles ... ... ... ... ... ...
41 Sierra Leone 33,8 2000 27,2 2000 ... ... ... ...
42 Swaziland 30,2 2000 10,3 2000 ... 9 ... ...
43 Tchad 29,1 2000 28,0 2000 1,5 2000 17 ... ...
44 Togo 21,7 1998 25,1 1998 1,5 1998 15 ... ...
45 Zambie 46,8 2001-02 28,1 2001-02 3,0 2001-02 12 ... 3,0 2001-02m
46 Zimbabwe 26,5 1999 13,0 1999 7,0 1999 11 ... 7,5 1999m
Région de l’OMS
Afrique ... ... ... 14 ... ...
... Données non disponibles ou sans objet.
a
Global Database on Child Growth and Malnutrition. Organisation mondiale de la Santé
(http://www.who.int/nutgrowthdb/database/en/)
b
Low Birthweight: Country, regional and global estimates. Organisation mondiale de la Santé, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), New York, 2004
(http://www.who.int/reproductive-health/publications/low_birthweight/low_birthweight_estimates.pdf).
c
La comparabilité des données entre les pays peut être limitée en raison de différences concernant les définitions, les caractéristiques d’échantillonnage ou encore les années où les enquêtes
ont été menées. Source : WHO Global Database on Body Mass Index (BMI). Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/bmi).
d
Joint Monitoring Programme for Water Supply and Sanitation. Online database. Organisation mondiale de la Santé, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)
(http://www.wssinfo.org/en/wecome.html).
e
Programme on Household Energy and Health, Department for Public Health and Environment. Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/indoorair/en/).
f
Chez les adolescents, les données correspondent à la consommation de tabac (sous toutes ses formes), quotidienne ou occasionnelle, tandis que chez les adultes, elles correspondent seulem-
ment à la consommation de tabac à fumer, quotidienne ou occasionnelle. La comparabilité des données entre les pays peut être limitée en raison de différences concernant les définitions,
les caractéristiques d’échantillonnage ou encore les années où les enquêtes ont été menées.
140 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Accès à une source Accès à un Population utilisant Prévalence de la consommation actuelle de tabac (%)f Utilisation des préservatifs lors de
d’eau meilleured meilleur système des combustibles rapports sexuels à risques chez les
d’assainissementd solidese jeunes de 15 à 24 ansi (%)
(%) (%) (%) Adolescents (13-15)g Adultes (≥15)h
Urbain Rural Urbain Rural Urbain Rural Hommes &
Année Hommes Femmes Année Hommes Femmes Année
2002 2002 2002 2002 2003 2003 femmes
98 73 86 44 7 40 23,6 2002 37,0 11,2 2003 l
... ...
92 80 99 82 ... ... ... ... ... ... ...
70 40 56 16 ... ... ... ... ... ... ...
79 60 58 12 88 99 14,5 2003 ... ... 34 19 2001
100 90 57 25 ... ... 11,3 2001 ... ... 88 75 2000
82 44 45 5 91 100 ... 24,2 11,1 2003l 67 54 2003
90 78 47 35 98 100 ... ... ... ... ...
84 41 63 33 62 98 ... ... ... 57 46 2004
86 73 61 19 ... ... ... ... ... ... ...
90 96 38 15 46 90k ... 27,5 17,0 2003k,l ... ...
72 17 14 2 84 98k ... 16,5 1,7 2003k,l ... ...
98 74 61 23 63 95k ... 20,7 3,2 2003k,l ... ...
72 54 34 3 31 97 6,6 2006 ... ... ... ...
81 11 19 4 78 100 ... 7,3 0,6 2003l 30 17 2000
95 47 37 30 14 81 ... ... ... 48 33 2000
95 77 72 46 ... ... ... ... ... ... ...
93 68 74 46 75 96 11,7 2006 9,9 1,3 2003l 52 33 2003
78 38 25 6 ... ... ... ... ... ... ...
79 49 57 23 ... ... ... ... ... ... ...
45 42 60 46 ... ... ... ... ... ... ...
89 46 56 43 17 94 12,7 2001 27,2 1,9 2003l 47 25 2003
88 74 61 32 ... ... 20,3 2002 ... ... 53 53 2004
72 52 49 7 ... ... ... ... ... ... ...
75 34 49 27 ... ... ... ... ... 12 5 2003
96 62 66 42 90 99 ... 25,3 5,8 2003l 47 35 2004
76 35 59 38 99 100 ... 24,7 3,0 2003l 30 14 2001
100 100 100 99 0 2 13,2 2003 42,7 2,8 2003l ... ...
63 45 64 9 35 84 24,7 2001 29,6 4,7 2003l ... ...
76 24 51 14 ... ... ... ... ... 33 29 2003
98 72 66 14 24 84 25,8 2004 28,3 12,4 2003l 69 48 2000
80 36 43 4 95 98 18,4 2001 ... ... ... ...
72 49 48 30 ... ... ... ... 0,0 2003m,n 46 24 2003
87 52 53 39 85 99 ... 25,2 3,3 2001m 55 53 2004
93 61 47 12 ... ... ... ... ... ... ...
83 29 43 23 ... ... ... ... ... ... ...
92 62 54 41 ... ... ... ... ... 46 34 2004
92 69 56 38 98 100 ... ... ... 41 28 2004
89 73 32 20 ... ... ... ... ... ... ...
90 54 70 34 24 80 16,6 2002 24,1 1,9 2003l ... ...
100 75 ... 100 ... ... 28,9 2002 ... ... ... ...
75 46 53 30 ... ... ... ... ... ... ...
87 42 78 44 23 82 11,5 2001 15,1 3,2 2003l ... ...
40 32 30 0 95 98 ... 18,3 3,7 2003l 25 17 2004
80 36 71 15 ... ... 16,1 2002 ... ... ... ...
90 36 68 32 68 99 ... 23,3 5,7 2003l 42 33 2001
100 74 69 51 26 94 ... 26,2 3,1 2003l ... ...
84 45 58 28 ... ... ... ... ... ... ...
g
Global NCD InfoBase/Online Tool. Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/ncd_surveillance/infobase/en).
h
i) Global NCD InfoBase/Online Tool. Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/ncd_surveillance/infobase/en) ; ii) Ustun TB, Chatterji S, Mechbal A, Murray CJL, WHS Collaborating Groups. The World
Health Surveys in Health Systems Performance Assessment: Debates, Methods and Empiricism (eds. Murray CJL and Evans D), Organisation mondiale de la Santé, Genève, 2003 ; iii) Results from the World Health
Survey. Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/healthinfo/survey/en/).
i
Enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS) (http://childinfo.org) et Enquêtes démographiques et sanitaires (DHS) (http://www.measuredhs.com).
j
Données rapportées par les répondants.
k
L’échantillon n’est pas nécessairement représentatif du pays.
l
Limite d’âge inférieure au-dessus de 15 ans.
m
Limite d’âge supérieure à 50 ans.
n
Les cigarettes sont les seuls produits de tabac à fumer considérés.
La santé des populations Annexe statistique 141
Couverture des services de santé Etats Membres Couverture vaccinale à un ana Couverture des soins prénatalsb Accouchements
assistés par du
personnel de santé
Taux de couverture
contraceptived
qualifiéc
Au moins Au moins
Rougeole DTP3 HepB3
1 visite 4 visites
(%) (%) (%)
(%) (%) Année (%) Année (%) Année
2004 2004 2004
1 Afrique du Sud 81 93 92 89 72 1998 84 1998 56,3 1998
2 Algérie 81 86 81 79 ... 2000 92 2000 64,0 2000
3 Angola 64 59 ... ... ... 47 2000 6,2 2001
4 Bénin 85 83 89 88 61 2001 66 2001 18,6 2001
5 Botswana 90 97 79 99 97 2001 94 2000 40,4 2000
6 Burkina Faso 78 88 ... 72 18 2003 57k 2003 13,8 2003
7 Burundi 75 74 83 93 79 2001 25 2000 15,7 2000
8 Cameroun 64 73 ... 77 52 1998 62 2004 26,0 2004
9 Cap-Vert 69 75 68 ... 99 2001 89k 1998 52,9 1998
10 Comores 73 76 77 ... ... 62 2000 25,7 2000
11 Congo 65 67 ... ... ... ... ...
12 Côte d’Ivoire 49 50 50 84 35 1998-99 63 2000 15,0 1998-99
13 Erythrée 84 83 83 ... 49 2001 28 2002 8,0 2002
14 Ethiopie 71 80 ... 27 10 2000 6 2000 8,1 2000
15 Gabon 55 38 ... 94 63 2000 86 2000 32,7 2000
16 Gambie 90 92 90 92 ... 2000 55 2000 9,6 2000
17 Ghana 83 80 80 90 69 2003 47 2003 25,2 2003
18 Guinée 73 69 ... 74 48 1999 35 1999 6,2 1999
19 Guinée-Bissau 80 80 ... 89 62 2001 35 2000 7,6 2000
20 Guinée équatoriale 51 33 ... ... 37 2001 65 2000 ...
21 Kenya 73 73 73 88 52 2003 42 2003 39,3 2003
22 Lesotho 70 78 67 91 88 2001 55 2004 30,4 2000
23 Libéria 42 31 ... ... 84 2001 51 2000 ...
24 Madagascar 59 61 61 91 38 1997 51 2003-04 27,1 2003-04
25 Malawi 80 89 89 94 55 2000 61 2002 30,6 2000
26 Mali 75 76 73 53 30 2001 41 2001 8,1 2001
27 Maurice 98 98 98 ... ... 99 1998 ...
28 Mauritanie 64 70 ... 63 16 2000-01 57k 2001 8,0 2000-01
29 Mozambique 77 72 72 71 41 1997 48 2003 16,5 2003
30 Namibie 70 81 ... 85 69 2000 76 2000 43,9 2000
31 Niger 74 62 ... 39 11 1998 16 2000 14,0 2000
32 Nigéria 35 25 ... 61 47 2003 35 2003 12,6 2003
33 Ouganda 91 87 87 92 40 2000-01 39 2000 22,8 2000-01
34 République centrafricaine 35 40 ... ... ... 44 2000 27,9 2000
35 République démocratique du Congo 64 64 ... ... ... 61 2001 31,4 2001
36 République-Unie de Tanzanie 94 95 95 96 69 1999 46 2004-05 25,4 1999
37 Rwanda 84 89 89 93 10 2001 31 2000 13,2 2000
38 Sao Tomé-et-Principe 91 99 99 91 ... 2000 79 2000 29,3 2000
39 Sénégal 57 87 54 82 64 1999 58 2000 10,5 1999
40 Seychelles 99 99 99 ... ... ... ...
41 Sierra Leone 64 61 ... 82 68 2001 42 2000 4,3 2000
42 Swaziland 70 83 78 ... ... 70 2000 27,7 2000
43 Tchad 56 50 ... 51 13 1997 14 2004 7,9 2000
44 Togo 70 71 ... 78 46 1998 49 2000 25,7 2000
45 Zambie 84 80 ... 94 71 2001-02 43 2001-02 34,2 2001-02
46 Zimbabwe 80 85 85 82 64 1999 73 1999 53,5 1999
Région de l’OMS
Afrique 66 66 35 ... ... ... ...
... Données non disponibles ou sans objet.
a
WHO/UNICEF estimates of national coverage for year 2004 (chiffres datés de septembre 2005) (http://www.who.int/immunization_monitoring/routine/immunization_coverage/en/index4.html).
b
Rapport sur la santé dans le monde, 2005 – Donnons sa chance à chaque mère et à chaque enfant. Genève, Organisation mondiale de la santé, 2005 (http://www.who.int/whr/2005/fr/index.html).
c
WHO Database on Skilled Attendant at Delivery. Organisation mondiale de la Santé (http://www.who.int/reproductive-health/global_monitoring/data.html).
d
World Contraceptive Use 2005 database. Division de la Population, Département des Affaires économiques et sociales, Nations Unies.
e
World Malaria Report 2005. Genève, Organisation mondiale de la Santé, Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), 2005. Les chiffres du Cameroun et du Tchad ont été mis à jour.
f
Elargissement de l’accès au traitement antirétroviral dans le monde : rapport sur l’initiative « 3 millions d’ici 2005 » et au-delà. Genève, Organisation mondiale de la Santé, Programme commun
des Nations Unies sur le VIH/SIDA, mars 2006. Les données des pays à revenu élevé ont été rajoutées à la liste qui comprenait à l’origine 152 pays à revenu faible ou moyen. Cependant, les
moyennes régionales prennent seulement en compte les pays à revenu faible ou moyen (http://www.who.int/entity/hiv/fullreport_fr_highres.pdf).
142 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Proportion d’enfants Couverture Proportion Proportion Proportion d’enfants Proportion d’enfants Proportion d’enfants Proportion d’enfants Proportion
de moins de 5 ans thérapeutique de cas de de cas de de moins de de moins de 5 ans de moins de 5 ans âgés de 6 à 59 mois d’accouchements
dormant sous une antirétroviralef tuberculose tuberculose 5 ans présentant atteints de diarrhée présentant de la qui ont reçu un par césarienneb
moustiquaire détectés dans traités avec des symptômes recevant une TROi fièvre recevant une supplément en
imprégnée le cadre de succès dans d’IRA amenés en médication vitamine Aj
d’insecticidee la stratégie le cadre de la consultationi antipaludiquee
DOTSg stratégie DOTSh
(%) (%) (%) (%)
(%) Année (%) Année (%) Année (%) Année (%) Année
Déc. 2005 2004 Cohorte 2003 2002
... 21 83 67 73,9 1998 ... ... ... 16 1998
... 39 105 90 ... ... ... ... 6 2000
2,3 2001 6 94 68 ... ... 63,0 2001 87,5 ...
7,4 2001 33 82 81 35,1 2001 39,3 2001 60,4 2001 84,6 4 2001
... 85 67 77 ... ... ... ... ...
1,6 2003 24 18 66 35,9 2003 49,0 2003 49,6 2003 97,0 1 2003
1,3 2000 14 29 79 ... ... 31,3 2000 89,2 ...
0,9 2004 36 91 ... 36,6 2000 47,7 2004 53,1 2004 86,1 3 1998
... >75 ... ... ... ... ... ... 6 1998
9,3 2000 43 39 ... ... ... 62,7 2000 ... 5 1996
... ... 65 69 ... ... ... 85,6 ...
1,1 2000 80 38 72 ... ... 57,5 2000 ... 3 1998-99
4,2 2002 5 14 85 43,6 2002 38,2 2002 3,6 2002 51,1 2 1995
... 7 36 70 15,8 2000 34,9 2000 3,0 2000 ... 1 2000
... 23 81 34 47,7 2000 62,7 2000 ... 86,6 6 2000
14,7 2000 9 66 75 ... ... 55,2 2000 93,0 ...
3,5 2003 7 37 66 44,0 2003 39,6 2003 62,8 2003 98,6 4 2003
... 9 52 75 38,4 1999 ... ... 94,5 2 1999
7,4 2000 1 75 80 ... ... 58,4 2000 79,7 ...
0,7 2000 0 82 51 ... ... 48,6 2000 ... ...
4,6 2003 24 46 80 49,1 2003 34,2 2003 26,5 2003 91,4 4 2003
... 14 86 70 54,4 2004 32,1 2004 ... ... ...
... 3 58 73 ... ... ... 40,0 ...
0,2 2000 0 74 71 47,9 2003-04 34,9 2004 41,1 2004 95,0 1 1997
35,5 2004 20 40 73 26,7 2000 35,4 2000 31,6 2004 85,8 3 2000
... 31 19 65 35,6 2001 53,5 2001 37,6 2003 68,3 1 2001
... ... 33 87 ... ... ... ... ...
2,1 2003-04 40 43 58 40,7 2000-01 ... 33,4 2003-04 89,0 3 2000-01
... 9 46 76 55,4 2003 46,7 2003 ... ... 3 1997
... 71 88 63 53,1 2000 15,3 2000 14,4 2000 96,4 7 1992
1,0 2000 5 46 70 ... ... 48,1 2000 76,6 1 1998
1,2 2003 6 21 59 32,8 2003 20,4 2003 33,8 2003 79,0 2 2003
0,2 2000-01 51 43 68 66,5 2000-01 27,7 2000-01 ... 46,0 3 2000-01
1,5 2000 ... 4 59 ... ... 68,8 2000 ... 2 1994-95
0,7 2001 4 70 83 ... ... 45,4 2001 61,7 ...
2,1 1999 7 47 81 45,8 2003 36,3 2003 53,4 1999 94,2 3 1999
5,0 2000 39 29 67 15,5 2000 17,3 2000 12,6 2000 36,2 2 2000
22,8 2000 ... ... ... ... ... 61,2 2000 ... ...
1,7 2000 47 52 70 ... 48,3 1999 36,2 2000 82,7 2 1997
... ... 106 100 ... ... ... ... ...
1,5 2000 2 36 83 ... ... 60,7 2000 87,2 2 1997
0,1 2000 31 38 42 ... ... 25,5 2000 ... ...
0,6 2000 3 16 78 11,8 2004 27,8 2004 55,8 2004 85,3 1 1996-97
2,0 2000 27 17 63 ... ... 60,0 2000 95,0 2 1998
6,5 2001-02 26 54 75 69,1 2001-02 40,9 2000-02 51,9 2001-02 79,8 2 2001-02
... 8 42 66 49,0 1999 51,0 1999 ... 78,2 7 1999
... 17 48 72 ... ... ... ... ...
g
Le nombre de nouveaux cas à frottis positif notifiés à l’OMS divisé par le nombre estimé de nouveaux cas à frottis positif. Source : Global tuberculosis control: surveillance, planning, financing. WHO report 2006.
Genève, Organisation mondiale de la Santé (WHO/HTM/TB/2006.362).
h
Le pourcentage de nouveaux cas à frottis positif enregistrés pour traitement dans le cadre de la stratégie DOTS durant l’année 2003 qui ont été guéris (avec confirmation en laboratoire) ou qui ont achevé le traitem-
ment selon toute la durée prescrite. Source : Global tuberculosis control: surveillance, planning, financing. WHO report 2006. Genève, Organisation mondiale de la Santé (WHO/HTM/TB/2006.362).
i
Enquêtes démographiques et sanitaires (DHS). (http://www.measuredhs.com).
j
UNICEF Global Database on Vitamin A Supplementation Coverage. Fonds de Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) (http:www.childinfo.org/eddb/vita_a/framedb.htm).
k
Ces données ne correspondent pas exactement à la catégorie de « l’accoucheur qualifié » tel qu’il est défini dans le document Pour une grossesse à moindre risque : le rôle capital de l’accoucheur qualifié. Une
déclaration conjointe OMS, ICM, FIGO. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2005. Des informations supplémentaires se trouvent sur le site http://www.who.int/whosis.
La santé des populations Annexe statistique 143
Pays Ressources humaines pour la santéa
Agents de santé Médecins Personnel infirmier Sages-femmes Dentistes
pour 1000
pour 1000
pour 1000
pour 1000
Effectifs
Effectifs
Effectifs
Effectifs
Densité
Densité
Densité
Densité
Année
Année
Année
Année
1 Afrique du Sud 34 829 0,77 2004 184 459 4,08 2004 ... ... 5 995 0,13 2004
2 Algérie 35 368 1,13 2002 68 950 2,21 2002 799 0,03 2002 9 553 0,31 2002
3 Angola 881 0,08 1997 13 135 1,15 1997 492 0,04 1997 2 0,00 1997
4 Bénin 311 0,04 2004 5 789 0,84 2004 ... ... 12 0,00 2004
5 Botswana 715 0,40 2004 4 753 2,65 2004 ... ... 38 0,02 2004
6 Burkina Faso 789 0,06 2004 5 518 0,41 2004 1 732 0,13 2004 58 0,00 2004
7 Burundi 200 0,03 2004 1 348 0,19 2004 ... ... 14 0,00 2004
8 Cameroun 3 124 0,19 2004 26 042 1,60 2004 ... ... 147 0,01 2004
9 Cap-Vert 231 0,49 2004 410 0,87 2004 ... ... 11 0,02 2004
10 Comores 115 0,15 2004 588 0,74 2004 ... ... 29 0,04 2004
11 Congo 756 0,20 2004 3 672 0,96 2004 ... ... 12 0,00 2004
12 Côte d’Ivoire 2 081 0,12 2004 10 180 0,60 2004 ... ... 339 0,02 2004
13 Erythrée 215 0,05 2004 2 505 0,58 2004 ... ... 16 0,00 2004
14 Ethiopie 1 936 0,03 2003 14 893 0,21 2003 651 0,01 2003 93 0,00 2003
15 Gabon 395 0,29 2004 6 974 5,16 2004 ... ... 66 0,05 2004
16 Gambie 156 0,11 2003 1 719 1,21 2003 162 0,11 2003 43 0,03 2003
17 Ghana 3 240 0,15 2004 19 707 0,92 2004 ... ... 393 0,02 2004
18 Guinée 987 0,11 2004 4 757 0,55 2004 64 0,01 2004 60 0,01 2004
19 Guinée-Bissau 188 0,12 2004 1 037 0,67 2004 35 0,02 2004 22 0,01 2004
20 Guinée équatoriale 153 0,30 2004 228 0,45 2004 43 0,08 2004 15 0,03 2004
21 Kenya 4 506 0,14 2004 37 113 1,14 2004 ... ... 1 340 0,04 2004
22 Lesotho 89 0,05 2003 1 123 0,62 2003 ... ... 16 0,01 2003
23 Libéria 103 0,03 2004 613 0,18 2004 422 0,12 2004 13 0,00 2004
24 Madagascar 5 201 0,29 2004 5 661 0,32 2004 ... ... 410 0,02 2004
25 Malawi 266 0,02 2004 7 264 0,59 2004 ... ... ... ...
26 Mali 1 053 0,08 2004 6 538 0,49 2004 573 0,04 2004 84 0,01 2004
27 Maurice 1 303 1,06 2004 4 550 3,69 2004 54 0,04 2004 233 0,19 2004
28 Mauritanie 313 0,11 2004 1 893 0,64 2004 ... ... 64 0,02 2004
29 Mozambique 514 0,03 2004 3 954 0,21 2004 2 229 0,12 2004 159 0,01 2004
30 Namibie 598 0,30 2004 6 145 3,06 2004 ... ... 113 0,06 2004
31 Niger 377 0,03 2004 2 716 0,22 2004 21 0,00 2004 15 0,00 2004
32 Nigéria 34 923 0,28 2003 210 306 1,70 2003 ... ... 2 482 0,02 2003
33 Ouganda 2 209 0,08 2004 16 221 0,61 2004 3 104 0,12 2004 363 0,01 2004
34 République centrafricaine 331 0,08 2004 1 188 0,30 2004 519 0,13 2004 13 0,00 2004
35 République démocratique du Congo 5 827 0,11 2004 28 789 0,53 2004 ... ... 159 0,00 2004
36 République-Unie de Tanzanie 822 0,02 2002 13 292 0,37 2002 ... ... 267 0,01 2002
37 Rwanda 401 0,05 2004 3 593 0,42 2004 54 0,01 2004 21 0,00 2004
38 Sao Tomé-et-Principe 81 0,49 2004 256 1,55 2004 52 0,32 2004 11 0,07 2004
39 Sénégal 594 0,06 2004 3 287 0,32 2004 ... ... 97 0,01 2004
40 Seychelles 121 1,51 2004 634 7,93 2004 ... ... 94 1,17 2004
41 Sierra Leone 168 0,03 2004 1 841 0,36 2004 ... ... 5 0,00 2004
42 Swaziland 171 0,16 2004 6 828 6,30 2004 ... ... 32 0,03 2004
43 Tchad 345 0,04 2004 2 387 0,27 2004 112 0,01 2004 15 0,00 2004
44 Togo 225 0,04 2004 2 141 0,43 2004 5 0,00 2004 19 0,00 2004
45 Zambie 1 264 0,12 2004 19 014 1,74 2004 2 996 0,27 2004 491 0,04 2004
46 Zimbabwe 2 086 0,16 2004 9 357 0,72 2004 ... ... 310 0,02 2004
... Données non disponibles ou sans objet.
a
Rapport sur la santé dans le monde, 2006 – Travailler ensemble pour la santé. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2006 (http://www.who.int/whr/2006/annex/06_annex4_fr.pdf).
144 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Ressources humaines pour la santéa
Pharmaciens Agents de la santé Agents de santé Techniciens Autres agents Personnel sanitaire
publique et de communautaires de laboratoire de santé administratif et d’appui
l’environnement
pour 1000
pour 1000
pour 1000
pour 1000
pour 1000
pour 1000
Effectifs
Effectifs
Effectifs
Effectifs
Effectifs
Effectifs
Densité
Densité
Densité
Densité
Densité
Densité
Année
Année
Année
Année
Année
Année
12 521 0,28 2004 2 529 0,06 2004 9 160 0,20 2004 1 968 0,04 2004 40 526 0,90 2004 28 005 0,62 2004
6 333 0,20 2002 2 534 0,08 2002 1 062 0,03 2002 8 838 0,28 2002 5 088 0,16 2002 60 882 1,95 2002
24 0,00 1997 ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
11 0,00 2004 178 0,03 2004 88 0,01 2004 477 0,07 2004 128 0,02 2004 3 281 0,47 2004
333 0,19 2004 172 0,10 2004 ... ... 277 0,15 2004 ... ... 829 0,46 2004
343 0,03 2004 46 0,00 2004 1 291 0,10 2004 424 0,03 2004 975 0,07 2004 325 0,02 2004
76 0,01 2004 ... ... 657 0,09 2004 147 0,02 2004 1 186 0,17 2004 2 087 0,30 2004
700 0,04 2004 28 0,00 2004 ... ... 1 793 0,11 2004 16 0,00 2004 5 902 0,36 2004
43 0,09 2004 9 0,02 2004 65 0,14 2004 78 0,16 2004 42 0,09 2004 74 0,16 2004
41 0,05 2004 17 0,02 2004 41 0,05 2004 63 0,08 2004 9 0,01 2004 272 0,34 2004
99 0,03 2004 9 0,00 2004 124 0,03 2004 554 0,15 2004 957 0,25 2004 987 0,26 2004
1 015 0,06 2004 155 0,01 2004 ... ... 1 165 0,07 2004 172 0,01 2004 2 107 0,12 2004
107 0,02 2004 88 0,02 2004 ... ... 248 0,06 2004 56 0,01 2004 765 0,18 2004
1 343 0,02 2003 1 347 0,02 2003 18 652 0,26 2003 2 703 0,04 2003 7 354 0,10 2003 ... ...
63 0,05 2004 150 0,11 2004 ... ... 276 0,20 2004 1 0,00 2004 144 0,11 2004
48 0,03 2003 33 0,02 2003 968 0,68 2003 99 0,07 2003 3 0,00 2003 391 0,27 2003
1 388 0,06 2004 ... ... ... ... 899 0,04 2004 7 132 0,33 2004 19 151 0,90 2004
530 0,06 2004 135 0,02 2004 93 0,01 2004 268 0,03 2004 17 0,00 2004 511 0,06 2004
40 0,03 2004 13 0,01 2004 4 486 2,92 2004 230 0,15 2004 61 0,04 2004 38 0,02 2004
130 0,26 2004 18 0,04 2004 1 275 2,51 2004 75 0,15 2004 ... ... 74 0,15 2004
3 094 0,10 2004 6 496 0,20 2004 ... ... 7 000 0,22 2004 5 610 0,17 2004 1 797 0,06 2004
62 0,03 2003 55 0,03 2003 ... ... 146 0,08 2003 23 0,01 2003 18 0,01 2003
35 0,01 2004 150 0,04 2004 142 0,04 2004 218 0,06 2004 540 0,15 2004 518 0,15 2004
175 0,01 2004 130 0,01 2004 385 0,02 2004 172 0,01 2004 530 0,03 2004 6 036 0,34 2004
... ... 26 0,00 2004 ... ... 46 0,00 2004 707 0,06 2004 ... ...
351 0,03 2004 231 0,02 2004 1 295 0,10 2004 264 0,02 2004 377 0,03 2004 652 0,05 2004
1 428 1,16 2004 238 0,19 2004 236 0,19 2004 324 0,26 2004 134 0,11 2004 2 038 1,65 2004
81 0,03 2004 ... ... 429 0,14 2004 106 0,04 2004 48 0,02 2004 1 056 0,35 2004
618 0,03 2004 564 0,03 2004 ... ... 941 0,05 2004 1 633 0,09 2004 9 517 0,50 2004
288 0,14 2004 240 0,12 2004 ... ... 481 0,24 2004 597 0,30 2004 7 782 3,87 2004
20 0,00 2004 268 0,02 2004 ... ... 294 0,02 2004 213 0,02 2004 513 0,04 2004
6 344 0,05 2004 ... ... 115 761 0,91 2004 690 0,01 2004 1 220 0,01 2004 ... ...
688 0,03 2004 1 042 0,04 2004 ... ... 1 702 0,06 2004 3 617 0,14 2004 6 499 0,24 2004
17 0,00 2004 55 0,01 2004 211 0,05 2004 48 0,01 2004 367 0,09 2004 167 0,04 2004
1 200 0,02 2004 ... ... ... ... 512 0,01 2004 1 042 0,02 2004 15 013 0,28 2004
365 0,01 2002 1 831 0,05 2002 ... ... 1 520 0,04 2002 29 722 0,82 2002 689 0,02 2002
278 0,03 2004 101 0,01 2004 12 000 1,41 2004 39 0,00 2004 521 0,06 2004 1 419 0,17 2004
24 0,15 2004 19 0,12 2004 374 2,27 2004 51 0,31 2004 291 1,76 2004 288 1,75 2004
85 0,01 2004 705 0,07 2004 ... ... 66 0,01 2004 704 0,07 2004 564 0,05 2004
61 0,76 2004 77 0,96 2004 ... ... 59 0,74 2004 35 0,44 2004 ... ...
340 0,07 2004 136 0,03 2004 1 227 0,24 2004 ... ... ... ... 4 0,00 2004
70 0,06 2004 110 0,10 2004 4 700 4,34 2004 78 0,07 2004 551 0,51 2004 374 0,35 2004
37 0,00 2004 230 0,03 2004 268 0,03 2004 317 0,04 2004 153 0,02 2004 1 502 0,17 2004
134 0,03 2004 289 0,06 2004 475 0,09 2004 528 0,11 2004 397 0,08 2004 1 335 0,27 2004
1 039 0,10 2004 1 027 0,09 2004 ... ... 1 415 0,13 2004 3 330 0,30 2004 10 853 0,99 2004
883 0,07 2004 1 803 0,14 2004 ... ... 917 0,07 2004 743 0,06 2004 581 0,04 2004
La santé des populations Annexe statistique 145
Ratios de dépenses de santé, 1999–2003 Ces chiffres ont été calculés de manière à les rendre comparables ;a ils ne correspondent pas nécessairement aux statistiques officielles des Etats Membres, qui peuvent utiliser
d’autres méthodes.
Dépenses publiques générales Dépenses publiques générales
Total des dépenses de santé de santé en % du total des Dépenses privées de santé en % du de santé en % du total des
en % du PIB dépenses de santéb total des dépenses de santéb dépenses publiques
Etats Membres 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003
1 Afrique du Sud 8,7 8,1 8,4 8,4 8,4 41,1 42,4 41,2 40,6 38,6 58,9 57,6 58,8 59,4 61,4 10,7 10,9 11,2 11,6 10,2
2 Algérie 3,7 3,5 3,8 4,2 4,1 71,9 73,3 77,4 78,9 80,8 28,1 26,7 22,6 21,1 19,2 9 9 9,5 9,6 10
3 Angola 3,2 2,5 3,3 2,4 2,8 45,3 82,2 84,6 80,9 84,2 54,7 17,8 15,4 19,1 15,8 2,4 3,4 5,5 4,1 5,3
4 Bénin 4,8 4,7 5 4,7 4,4 43,8 44,5 46,9 43,5 43,1 56,2 55,5 53,1 56,5 56,9 11,1 10 9,8 8 9,8
5 Botswana 5,2 5,4 4,8 5,1 5,6 54,3 57,2 50,4 54 58,2 45,7 42,8 49,6 46 41,8 6,7 7,4 6 6,4 7,5
6 Burkina Faso 5,4 5,2 5 5,4 5,6 44 42,4 39,5 44,2 46,8 56 57,6 60,5 55,8 53,2 10 9,4 10,5 12,8 12,7
7 Burundi 3 3,1 3,1 3,1 3,1 19,9 17,9 21,6 21 23,3 80,1 82,1 78,4 79 76,7 2,8 2 2,2 2 2
8 Cameroun 4,9 4,4 4,5 4,6 4,2 24,4 28 27,6 27,6 28,9 75,6 72 72,4 72,4 71,1 7,2 9,6 8 8,4 8
9 Cap-Vert 4,5 4,6 5 5 4,6 73,9 73,5 75,8 75,1 73,2 26,1 26,5 24,2 24,9 26,8 9 9,6 12,4 11,1 11,1
10 Comores 3,2 2,7 2,3 2,9 2,7 60,8 54,9 47,7 58 54,1 39,2 45,1 52,3 42 45,9 10,5 9,5 5 6,4 6,4
11 Congo 2,4 1,8 2 1,9 2 63,8 66,5 67 66,9 64,2 36,2 33,5 33 33,1 35,8 4,9 4,8 4,2 3,7 4,3
12 Côte d’Ivoirec 5,1 4,7 3,9 3,8 3,6 17,4 19,8 18,3 31,6 27,6 82,6 80,2 81,7 68,4 72,4 4,5 5,2 4,3 6,2 5
13 Erythrée 3,8 4,5 4,6 4,5 4,4 70,3 66,9 59,2 50,9 45,5 29,7 33,1 40,8 49,1 54,5 2,9 4,4 4,6 3,9 4
14 Ethiopie 5,4 5,7 5,8 6 5,9 53 54,6 53,2 56,9 58,4 47 45,4 46,8 43,1 41,6 8,9 9,3 10,5 9,9 9,6
15 Gabon 4,5 4,2 4,2 4,4 4,4 68,4 73,1 73 69,8 66,6 31,6 26,9 27 30,2 33,4 10,9 13,9 9,9 10,7 12,8
16 Gambie 7 7,9 7,8 7,5 8,1 32,3 40,5 40,1 40,9 40 67,7 59,5 59,9 59,1 60 10 14,4 9,4 12 13,9
17 Ghana 5,5 5,4 4,8 4,7 4,5 35,3 35,3 28,8 30,5 31,8 64,7 64,7 71,2 69,5 68,2 7,8 6,8 4,2 5,4 5
18 Guinée 4,7 4,8 4,8 5,2 5,4 13,4 13,5 18,3 14,7 16,6 86,6 86,5 81,7 85,3 83,4 3,9 3,9 4,7 4,2 4,9
19 Guinée-Bissau 4,8 4,1 4,3 6,2 5,6 29,7 23,7 21,3 40,8 45,8 70,3 76,3 78,7 59,2 54,2 4,6 2,2 2,1 6,6 6,9
20 Guinée équatoriale 2,8 2 1,7 1,8 1,5 60,8 67,6 70,2 72,2 67,5 39,2 32,4 29,8 27,8 32,5 9,9 11 10,1 8,8 7
21 Kenya 4,6 4,3 4,2 4,5 4,3 41,1 46,5 42,8 44 38,7 58,9 53,5 57,2 56 61,3 4,1 11,1 8 9,2 7,2
22 Lesotho 5,4 5,8 5,6 6,5 5,2 80,9 82,6 82 83,1 79,7 19,1 17,4 18 16,9 20,3 9,1 9,7 10,1 10,9 9,5
23 Libéria 6,3 4,8 4,1 3,9 4,7 67,7 57,7 50,3 47,7 56,7 32,3 42,3 49,7 52,3 43,3 18,1 13 12,4 10,5 17,6
24 Madagascar 2,2 2,1 1,9 2,8 2,7 53,7 53 64,7 63 63,4 46,3 47 35,3 37 36,6 6,9 6,5 7 11,4 9,3
25 Malawi 9,8 8,6 10,5 9,4 9,3 36,9 30,2 45,2 34 35,2 63,1 69,8 54,8 66 64,8 12,2 7,5 11,7 9,1 9,1
26 Mali 4 4,7 4,3 4,5 4,8 42,9 49,5 50,1 52,6 57,4 57,1 50,5 49,9 47,4 42,6 6,6 8,5 8,2 9 9,2
27 Maurice 3,1 3,3 3,5 3,6 3,7 62 58,7 60,5 60,7 60,8 38 41,3 39,5 39,3 39,2 7,2 6,6 9 9,4 9,2
28 Mauritanie 2,7 2,5 2,9 3,9 4,2 64,2 63,3 67,9 74,2 76,8 35,8 36,7 32,1 25,8 23,2 8,6 6,5 6,8 9,2 14,3
29 Mozambique 4,7 5,5 4,8 5,1 4,7 63 67,8 66,2 67,6 61,7 37 32,2 33,8 32,4 38,3 12,1 12,9 10,7 11,5 10,9
30 Namibie 7 7 6,4 5,9 6,4 73,3 68,9 69,4 68,6 70 26,7 31,1 30,6 31,4 30 13,1 12,3 11,1 11 12,4
31 Niger 4,5 4,4 4,3 4,3 4,7 49,7 52,4 53,1 52,8 53 50,3 47,6 46,9 47,2 47 12,5 12,3 12 11,5 12,4
32 Nigéria 5,4 4,3 5,3 5 5 29,1 33,5 31,4 25,6 25,5 70,9 66,5 68,6 74,4 74,5 5,4 4,2 3,2 3,1 3,2
33 Ouganda 6,3 6,6 7,3 7,6 7,3 30,6 26,8 27,3 31,1 30,4 69,4 73,2 72,7 68,9 69,6 9,4 9 9,6 10,8 10,7
République
34 3,6 4 3,9 4 4 38 41,1 38,6 41,2 38,6 62 58,9 61,4 58,8 61,4 6,7 10 11,5 11,2 12,4
centrafricaine
République
35 démocratique du 3,2 3,7 3,1 3,3 4 7,7 5,3 6,8 13,1 18,3 92,3 94,7 93,2 86,9 81,7 2,6 2,6 4,7 4,2 5,4
Congo
République-Unie de
36 4,3 4,4 4,5 4,5 4,3 43,4 48,1 48,5 51,6 55,4 56,6 51,9 51,5 48,4 44,6 12,4 12,6 12,8 12,8 12,7
Tanzanie
37 Rwanda 4,6 4,3 4,1 4,2 3,7 47,7 34,6 38,8 47 43,5 52,3 65,4 61,2 53 56,5 9,9 8 7,7 10,2 7,2
Sao Tomé-et-
38 10 8,6 10,5 9 8,6 87,3 85,9 85,8 85 83,9 12,7 14,1 14,2 15 16,1 12,5 11,2 10,9 11,3 11,1
Principe
39 Sénégal 4,5 4,4 4,7 5 5,1 36,2 36,4 38,5 39,8 41,8 63,8 63,6 61,5 60,2 58,2 7,8 8,1 8 9,5 9,3
40 Seychelles 5,3 5,2 5,1 5,1 5,9 74,8 75 74,7 74,9 73,2 25,2 25 25,3 25,1 26,8 6,9 6,8 8,1 7 10,2
41 Sierra Leone 3,1 3,8 3,4 3,5 3,5 46,1 55,5 53,7 63,6 58,3 53,9 44,5 46,3 36,4 41,7 6,9 7,6 6,4 7,9 7,9
42 Swaziland 6,4 6,1 6 5,9 5,8 59 58,6 57,8 59,3 57,3 41 41,4 42,2 40,7 42,7 11,8 11,6 11,3 10,9 10,9
43 Tchad 6,1 6,7 6,8 6,3 6,5 33,6 42 40,9 35,5 39,9 66,4 58 59,1 64,5 60,1 11,9 13,1 13,8 9,4 10,5
44 Togod 5,4 4,6 5,4 4,9 5,6 40 29 25,2 18,7 24,8 60 71 74,8 81,3 75,2 12,4 7,5 8,6 6,9 9,3
45 Zambie 5,7 5,5 5,8 6 5,4 48,8 50,6 56,5 56,7 51,4 51,2 49,4 43,5 43,3 48,6 9,5 9,1 10,2 10,6 11,8
46 Zimbabwe 8,1 7,8 9,1 8,4 7,9 48,9 48,3 38,6 37,7 35,9 51,1 51,7 61,4 62,3 64,1 10 7,4 9,3 9,8 9,2
Gabon, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Libéria et Sao Tomé-et-Principe : les estimations relatives à ces pays doivent être prises avec prudence, car elles proviennent de sources limitées (en
majorité de macrodonnées librement accessibles).
Burkina Faso, Guinée, Maurice et Rwanda : on a utilisé, comme nouvelles bases pour les estimations, de nouveaux rapports sur les comptes nationaux de la santé, de nouvelles enquêtes ou des
consultations avec les pays.
a
Les sources et les méthodes sont indiquées dans les notes explicatives.
b
Dans certains cas, les chiffres ayant été arrondis, la somme des pourcentages des dépenses publiques générales et des dépenses privées au titre de la santé peut ne pas être égale à 100.
c
Cette série de données a été corrigée pour tenir compte du fait que les dépenses de sécurité sociale au titre de la santé ne figurent pas dans les données, car elles n’ont pas pu être confirmées
faute d’informations complètes.
d
Les données relatives à la recherche et au développement ainsi qu’à la formation en santé au Togo ont été corrigées pour les harmoniser avec celles obtenues par les méthodes utilisées dans
les Rapports sur la santé dans le monde.
La mention « n/d » signifie qu’il devrait y avoir une donnée, mais qu’on n’a pu en obtenir aucune estimation.
Le chiffre 0 signifie que l’on n’a pas connaissance du système auquel se rapporte l’entrée correspondante, ou que l’estimation correspond à une proportion du total inférieure à 0,04 %.
146 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Dépenses de santé financées par des Dépenses de sécurité sociale pour la
ressources extérieures en % des santé en % des dépenses publiques Paiements directs en % des Assurances privées par prépaiement
dépenses totales de santé générales de santé dépenses privées de santé en % des dépenses privées de santé
1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003
0,1 0,4 0,4 0,4 0,5 3,5 3,3 3,1 3,8 4,6 17,1 18,9 17,8 16,8 17,1 77,4 75,6 76,7 77,7 77,7
0,1 0,1 0,1 0 0 40,8 35,5 33,3 29,1 28,4 97 96,7 96 95,7 95,3 2,9 3,1 3,8 4,1 4,4
5,7 17,5 16,7 8,3 6,7 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 0 0 0 0 0
14,6 16,8 12,2 8,5 11,5 n/d n/d n/d n/d n/d 91 91 90,6 90,3 90,3 8,4 8,4 8,7 9 9
2,2 1,8 2,9 3,4 2,9 n/d n/d n/d n/d n/d 30,3 31,3 31,5 29,7 28,8 22,7 20,6 20 19,6 21,8
10,2 9,9 10,1 7 7,4 0,3 0,8 1,2 0,7 1 98,1 98,1 98,1 98,1 98,1 0,9 0,9 0,9 0,9 0,9
10,7 8 10,6 10,3 14,1 n/d n/d n/d n/d n/d 100 100 100 100 100 n/d n/d n/d n/d n/d
5,2 6 6,9 2,3 3,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 94,2 93,3 93,4 93,6 98,3 n/d n/d n/d n/d n/d
8,4 13,5 15,1 15,2 10 36,9 36,1 35,1 33,6 35,5 99,7 99,6 99,5 99,8 99,7 0,3 0,4 0,5 0,2 0,3
47,6 35,9 26,2 43 40,5 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 0 0 0 0 0
2,8 2,4 2,5 2,4 2,2 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 n/d n/d n/d n/d n/d
2,7 2,9 3,5 3,7 3,4 n/d n/d n/d n/d n/d 94 93,4 92,1 90,3 90,5 6 6,6 7,9 9,7 9,5
20,2 30,6 24,1 22,5 19,6 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 0 0 0 0 0
22,6 19,3 23,4 21,7 26 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 79,7 79,1 79,8 79,3 78,7 0,4 0,5 0,5 0,5 0,5
2,4 1 1,6 0,7 0,7 1,7 1,6 1,7 1,7 1,7 100 100 100 100 100 n/d n/d n/d n/d n/d
29,8 35,8 30,8 18,5 21,8 0 0 0 0 0 68,1 69,3 69,6 69,2 67 n/d n/d n/d n/d n/d
6,4 12,8 20,7 14,4 15,8 n/d n/d n/d n/d n/d 100 100 100 100 100 0 0 0 0 0
5,5 5,8 10,5 6,3 7,3 1,8 1,8 1,5 1,7 1,5 99,4 99,4 99,4 99,5 99,4 0 0 0 0 0
22,4 16 15,8 35,5 26,8 1,2 2,1 3 1,5 2,2 85,1 83,7 85,2 84,1 80,2 0 0 0 0 0
9,2 7,7 5,9 3,6 5,5 0 0 0 0 0 91,8 83,9 81,3 80,5 80,5 0 0 0 0 0
13,3 13,2 17,2 16,4 15,3 16,7 11,7 14,8 9,2 10 79,3 80,1 80,5 80 82,6 7,4 7,1 6,8 6,9 6
3,6 10,8 16,2 6,4 8,2 0 0 0 0 0 20 20 19,4 18,6 18,2 n/d n/d n/d n/d n/d
55,7 43,6 31,2 25,5 32,3 0 0 0 0 0 98,5 98,5 98,5 98,5 98,5 0 0 0 0 0
40,5 43,3 39,1 31,6 22 n/d n/d n/d n/d n/d 89,7 90,5 87,1 91,6 91,7 10,3 9,5 12,9 8,4 8,3
26,1 18,5 31 23 25,1 0 0 0 0 0 42,3 41,7 42 42,5 42,7 1,7 1,6 1,7 1,6 1,6
18,8 24,1 20,8 3,4 13,7 24 21,8 22,9 27,7 26 89,3 88,6 89,1 89,2 89,3 0 0 0 0 0
1,2 1,1 1,6 1,4 1 6,5 7,8 8,3 8,3 8,7 100 100 100 100 100 n/d n/d n/d n/d n/d
5,5 5,7 4,9 2,5 4,7 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 0 0 0 0 0
39,6 42,9 47,6 38,3 40,8 0 0 0 0 0 38,5 39 34,3 32 38,8 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5
2,4 3,8 4 4,3 5,3 1,2 1,8 2 2 1,9 21,3 18,2 20,1 20,4 19,2 74,7 77,3 75,1 74,9 76
28,6 46,6 23,1 22,7 32,8 2,6 2,8 2,6 2,4 2,2 88,9 88 88,2 88,8 89,2 6,4 7,4 7,3 7 7,2
13,8 16,2 5,6 6,1 5,3 0 0 0 0 0 94,8 92,7 91,4 90,4 91,2 3,4 5,1 6,5 6,7 6,7
27,6 28,3 27,4 29,1 28,5 0 0 0 0 0 61,5 56,7 51,8 51 52,8 0,2 0,1 0,2 0,2 0,2
20 20 15,4 13,4 2,9 n/d n/d n/d n/d n/d 95,1 95,5 95,5 95,5 95,3 n/d n/d n/d n/d n/d
6 4,9 6,6 12,7 15,1 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 n/d n/d n/d n/d n/d
29,3 32,1 34,1 29,6 21,9 0 0 5 3,2 2,6 83,5 83,6 83,8 83,5 81,1 4,5 4,5 4,5 4,7 5,4
43 48,9 38,2 46,9 54,5 5,1 6,8 8,3 9 9,8 41,4 35,6 39,2 43,8 41,7 3,8 5,6 6,5 7,5 7,1
59,9 62,5 62,9 74,9 56 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 0 0 0 0 0
12,6 14 19,2 10,3 15,4 19 19,2 18,8 16,6 15,8 96,7 96,6 96,5 95,4 95,3 2,1 2,2 2,2 3,3 3,4
1,3 0,6 0,4 0,5 2 5,3 5,2 5,1 4,8 3,3 62,5 61,8 62,5 62,5 62,5 0 0 0 0 0
8,8 11,8 14,8 5,8 15,5 0 0 0 0 0 100 100 100 100 100 0 0 0 0 0
10,3 5,5 5,2 5,1 5,5 0 0 0 0 0 40,9 42,4 41,8 41,7 42,4 18,6 18,9 20 20 19,6
29,1 36,6 33,8 17 11,8 n/d n/d n/d n/d n/d 96,7 96,5 96,6 96,5 96,3 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4
4,9 7,1 4,8 11,4 2,3 8,1 13,4 11,6 14,4 14,6 87 86,6 87,8 87,7 88 5,1 5,4 4,3 4,3 4,1
8,9 18,2 13,7 18,3 44,7 0 0 0 0 0 82 81,1 74,9 72,7 68,2 n/d n/d n/d n/d n/d
15,7 11,7 5,6 1,4 6,8 0 0 0 0 0 44,9 46,7 50,7 51,7 56,7 39,6 31,1 29 25,9 21
La santé des populations Annexe statistique 147
Dépenses de santé par habitant, 1999–2003 Ces chiffres ont été calculés de manière à les rendre comparables ;a ils ne correspondent pas nécessairement aux statistiques officielles des Etats Membres, qui peuvent utiliser
d’autres méthodes.
Total des dépenses de santé Dépenses publiques de santé par
par habitant au taux de change Total des dépenses de santé par habitant au taux de change moyen Dépenses publiques de santé par
moyen (US$) habitant en dollars internationaux (US$) habitant en dollars internationaux
Etats Membres 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003 1999 2000 2001 2002 2003
1 Afrique du Sud 257 236 216 198 295 595 579 626 649 669 105 100 89 80 114 244 245 258 263 258
2 Algérie 61 63 68 75 89 137 132 149 174 186 43 46 53 60 71 99 97 115 137 150
3 Angola 15 16 21 18 26 43 34 48 41 49 7 13 18 15 22 20 28 41 33 41
4 Bénin 16 15 16 16 20 34 34 38 37 36 7 7 7 7 9 15 15 18 16 16
5 Botswana 138 152 132 144 232 259 294 284 312 375 75 87 67 78 135 141 168 143 169 218
6 Burkina Faso 15 12 12 15 19 55 54 55 62 68 6 5 5 6 9 24 23 22 27 32
7 Burundi 4 3 3 3 3 14 14 15 15 15 1 1 1 1 1 3 3 3 3 4
8 Cameroun 31 29 29 32 37 62 58 62 66 64 8 8 8 9 11 15 16 17 18 19
9 Cap-Vert 61 55 61 66 78 148 163 186 193 185 45 41 46 50 57 110 119 141 145 135
10 Comores 11 8 7 10 11 30 25 21 27 25 6 4 3 6 6 18 14 10 16 14
11 Congo 17 17 16 16 19 25 20 23 22 23 11 11 10 11 12 16 13 15 15 15
12 Côte d’Ivoire 39 30 24 25 28 87 79 65 62 57 7 6 4 8 8 15 16 12 20 16
13 Erythrée 8 8 8 7 8 47 48 53 51 50 6 5 5 4 4 33 32 31 26 23
14 Ethiopie 5 5 5 5 5 17 19 21 21 20 3 3 3 3 3 9 10 11 12 12
15 Gabon 165 164 148 158 196 250 229 235 244 255 113 120 108 111 130 171 167 171 171 170
16 Gambie 24 25 23 20 21 76 88 92 84 96 8 10 9 8 8 24 36 37 34 38
17 Ghana 22 13 12 14 16 100 102 94 95 98 8 5 4 4 5 35 36 27 29 31
18 Guinée 20 18 17 19 22 74 76 81 90 95 3 2 3 3 4 10 10 15 13 16
19 Guinée-Bissau 8 6 6 9 9 45 38 38 49 45 2 2 1 4 4 13 9 8 20 21
20 Guinée équatoriale 46 54 67 85 96 125 106 152 193 179 28 37 47 61 65 76 72 107 139 121
21 Kenya 16 18 18 19 20 60 61 62 66 65 7 8 8 8 8 25 28 27 29 25
22 Lesotho 28 28 24 25 31 91 100 103 125 106 23 23 20 21 25 74 83 84 104 84
23 Libéria 10 8 7 7 6 26 23 21 20 17 6 5 3 3 4 18 13 10 10 10
24 Madagascarb 5 5 5 7 8 20 20 19 24 24 3 3 3 5 5 11 10 12 15 15
25 Malawi 16 13 15 15 13 47 41 48 44 46 6 4 7 5 5 17 12 22 15 16
26 Mali 11 11 11 12 16 27 32 32 35 39 5 5 5 6 9 11 16 16 18 22
27 Maurice 113 127 132 143 172 281 331 373 398 430 70 74 80 87 105 174 194 226 242 261
28 Mauritanie 10 9 10 14 17 32 32 38 53 59 7 6 7 10 13 21 20 26 39 46
29 Mozambique 11 12 10 11 12 34 40 39 45 45 7 8 6 7 7 21 27 26 30 28
30 Namibie 127 126 107 95 145 328 340 323 318 359 93 87 75 65 101 240 235 224 218 252
31 Niger 8 6 6 7 9 27 25 26 27 30 4 3 3 4 5 14 13 14 15 16
32 Nigéria 17 18 19 19 22 48 39 50 49 51 5 6 6 5 6 14 13 16 12 13
33 Ouganda 16 16 17 18 18 55 60 70 75 75 5 4 5 5 5 17 16 19 23 23
34 République centrafricaine 10 10 10 11 12 44 50 49 51 47 4 4 4 4 5 17 20 19 21 18
République démocratique
35 8 10 4 3 4 12 13 10 11 14 1 1 <1 <1 1 1 1 1 1 3
du Congo
République-Unie
36 11 12 12 12 12 23 25 27 28 29 5 6 6 6 7 10 12 13 15 16
de Tanzanie
37 Rwanda 11 10 8 9 7 33 32 31 35 32 5 3 3 4 3 16 11 12 17 14
38 Sao Tomé-et-Principe 34 29 35 31 34 94 84 107 95 93 30 25 30 26 29 82 72 92 81 78
39 Sénégal 21 18 20 23 29 44 45 51 55 58 8 7 8 9 12 16 16 19 22 24
40 Seychelles 431 405 403 456 522 548 555 535 554 599 322 304 301 342 382 410 417 400 415 439
41 Sierra Leone 5 5 6 7 7 19 24 25 32 34 2 3 3 4 4 9 13 13 21 20
42 Swaziland 87 83 73 68 107 305 302 308 315 324 51 48 42 40 61 180 177 178 187 185
43 Tchad 11 11 12 12 16 37 40 43 44 51 4 4 5 4 7 12 17 18 16 20
44 Togo 16 11 13 13 16 59 49 58 54 62 7 3 3 2 4 24 14 15 10 15
45 Zambie 17 17 19 20 21 45 46 51 53 51 8 9 11 11 11 22 23 29 30 26
46 Zimbabwe 36 44 65 132 40 185 168 184 161 132 17 21 25 50 14 91 81 71 61 47
a
Les sources et les méthodes sont indiquées dans les notes explicatives.
b
L’unité monétaire s’appelle désormais l’ariary. Elle vaut un cinquième du franc utilisé précédemment.
148 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Notes explicatives
On trouvera ci-après la définition des catégories de statistiques sanitaires qui figurent dans cette annexe statistique ainsi qu’une explication des
raisons pour lesquelles elles ont été retenues et des méthodes d’estimation utilisées.
1. Espérance de vie à la naissance
Justification : l’espérance de vie à la naissance révèle le niveau général de la mortalité dans une population. Cet indicateur fait la synthèse de la mort-
talité dans toutes les tranches d’âge, enfants, adolescents, adultes et personnes âgées.
Définition : âge qu’un nouveau-né peut atteindre en moyenne si les taux de mortalité actuels ne changent pas.
Méthodes d’estimation : l’OMS a mis au point un modèle de courbe de survie, d’après 1800 courbes obtenues à partir de registres d’état civil
jugés de bonne qualité. Pour les pays disposant d’un système d’état civil, on évalue l’exhaustivité de l’enregistrement des décès dans la population et
l’on ajuste les taux de mortalité en fonction du résultat. Lorsqu’on disposait de registres d’état civil pour 2003, ceux-ci ont été utilisés directement pour
construire la courbe de survie. Dans les pays où le système d’information fournit des séries chronologiques de courbes de survie annuelles, les paramèt-
tres ont été projetés à l’aide d’un modèle de régression pondéré, en accordant plus de poids aux années les plus récentes. Les valeurs projetées des deux
paramètres des courbes de survie ont été ensuite appliquées au logit modifié du modèle de courbe de survie, dans lequel les données nationales les
plus récentes fournissent la structure d’âge, afin de prédire une courbe de survie complète pour 2003. En cas d’insuffisance des sources pour les taux de
mortalité en fonction de l’âge, la courbe de survie est dérivée de l’estimation des taux de mortalité des moins de cinq ans et des taux de mortalité chez
l’adulte par application d’un modèle mondial (défini comme étant la moyenne des 1800 courbes de survie à l’aide d’un modèle de logit modifié).
2. Espérance de vie en bonne santé à la naissance (EVBS)
Justification : on emploie beaucoup de ressources à diminuer l’incidence, la durée et la gravité des maladies à l’origine d’une charge de morbidité
importante (mortalité exclue) et à réduire leur impact sur la vie des populations. Il est donc important de prendre en compte les issues fatales et non
fatales des problèmes de santé en utilisant une mesure récapitulative des niveaux moyens de santé de la population. L’espérance de vie en bonne
santé à la naissance totalise les espérances de vie dans les divers états de santé en les ajustant sur la répartition de la gravité, ce qui rend la valeur
sensible aux modifications dans le temps ou aux différences entre les pays dans la répartition de la gravité des états de santé.
Définition : nombre moyen d’années qu’une personne peut espérer vivre en « pleine santé », en tenant compte des années vécues dans un état
de santé qui n’est pas optimal à cause de maladies ou de traumatismes.
Méthodes d’estimation : comme il n’existe pas de données comparables pour tous les pays sur les états de santé, on a appliqué une stratégie
en quatre phases : les données de l’étude GBD sont utilisées pour estimer la prévalence ajustée sur la gravité en fonction de l’âge et du sexe dans tous
les pays. Les données de MCSS et de WHS sont utilisées pour faire une estimation indépendante de la prévalence ajustée sur la gravité en fonction de
l’âge et du sexe pour les pays de l’enquête. On calcule la prévalence pour tous les pays en se basant sur les estimations de GBD, MCSS et WHS. On
applique la méthode de Sullivan aux courbes de survie établies par l’OMS pour calculer l’espérance de vie en bonne santé dans les pays.
3. Probabilité de décès (pour 1000) entre 15 et 60 ans (taux de mortalité adulte)
Justification : dans les pays en développement, la charge des maladies non transmissibles augmente rapidement chez les adultes – tranche d’âge la
plus productive économiquement – en raison du vieillissement de la population et des transitions d’ordre sanitaire. Par conséquent, le taux de mort-
talité chez l’adulte devient un indicateur important pour suivre l’évolution des tendances de la mortalité dans une population.
Définition : probabilité pour une personne de 15 ans de mourir avant d’atteindre l’âge de 60 ans.
4. Table de mortalité (voir espérance de vie à la naissance)
Sources d’information : registres d’état civil ou échantillon : on utilise la mortalité par âge et par sexe pour calculer les taux spécifiques à chaque âge.
Recensement : mortalité (par âge et par sexe) sous forme de tableaux faits à partir des questions posées sur les décès qui se sont produits dans les
ménages interrogés au cours d’une certaine période antérieure au recensement (en général 12 mois). Recensement ou enquêtes : par des méthodes
directes ou indirectes, on arrive à obtenir le taux de mortalité chez l’adulte en se basant sur la survie des parents ou de la fratrie.
Méthodes d’estimation : on regroupe les données empiriques provenant de différentes sources pour obtenir le niveau et les tendances de la
mortalité chez l’adulte en ajustant une courbe sur les points de mortalité observés. Néanmoins, pour obtenir les meilleures estimations possibles,
il faut juger de la qualité et de la représentativité des données pour la population. Les statistiques récentes reposant sur les données disponibles
dans la plupart des pays sont des estimations ponctuelles datant d’au moins trois ou quatre ans. Il faut donc faire des projections pour obtenir des
estimations de la mortalité adulte valables pour l’année en cours. Lorsqu’il n’existe pas d’informations valables pour la mortalité en fonction de l’âge,
la courbe de survie est obtenue en suivant la méthode décrite pour l’espérance de vie à la naissance.
5. Probabilité de décès (pour 1000 naissances vivantes) avant l’âge de cinq ans (taux de mortalité des moins de cinq ans)
6. Probabilité de décès (pour 1000 naissances vivantes) avant l’âge d’un an (taux de mortalité infantile)
Justification : le taux de mortalité des moins de cinq ans et le taux de mortalité infantile comptent parmi les principaux indicateurs de la santé de
l’enfant et du développement en général dans un pays. Ce sont aussi des indicateurs des OMD.
Définition : le taux de mortalité des moins de cinq ans est la probabilité pour un enfant né au cours d’une année ou d’une période donnée de
mourir avant d’atteindre l’âge de cinq ans si, au cours de cette période, le taux de mortalité caractéristique de l’âge s’applique. Le taux de mortalité
infantile est la probabilité pour un enfant né au cours d’une année ou d’une période donnée de mourir avant d’atteindre l’âge d’un an si, au cours de
cette période, le taux de mortalité caractéristique de l’âge s’applique.
Méthodes d’estimation : on regroupe les données empiriques provenant de différentes sources pour obtenir le niveau et les tendances de la mortalité
des moins de cinq ans en ajustant une courbe sur les points de mortalité observés. Néanmoins, pour obtenir les meilleures estimations possibles, il faut
La santé des populations Annexe statistique 149
juger de la qualité et de la représentativité des données pour la population. Les statistiques récentes reposant sur les données disponibles dans la plupart
des pays sont des estimations ponctuelles datant d’au moins trois ou quatre ans. Il faut donc faire des projections pour obtenir des estimations de la
mortalité des moins de cinq ans valables pour l’année en cours. Celles-ci sont ensuite converties en taux de mortalité infantile correspondants à l’aide de
modèles de courbes de survie comme celui mis au point par l’OMS pour les pays qui ont des données d’état civil de bonne qualité ou de courbes de survie
du modèle Coale-Demeny pour les autres pays. On notera que la mortalité infantile calculée d’après enquêtes étant sujette à un biais de mémorisation, les
estimations sont établies à partir de la mortalité des moins de cinq ans, ce qui ajoute une étape au calcul des taux de mortalité infantile.
6. Taux de mortalité néonatale (pour 1000 naissances vivantes)
Justification : les décès néonatals représentent une grande proportion des décès d’enfants. On considère que la mortalité au cours de la période
néonatale est un bon indicateur de la santé des mères et des nouveau-nés ainsi que des soins dont ils bénéficient.
Définition : nombre de décès pendant les 28 premiers jours de vie pour 1000 naissances vivantes au cours d’une année ou d’une période donn-
née. On peut subdiviser les décès néonatals en deux catégories : les décès néonatals précoces, survenant pendant les sept premiers jours de vie, et
les décès néonatals tardifs, survenant après le septième jour, mais avant 28 jours révolus.
7. Ratio de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes)
Justification : les complications pendant la grossesse ou l’accouchement sont une cause majeure de décès et d’incapacités chez les femmes en âge
de procréer dans les pays en développement. Le ratio de mortalité maternelle représente le risque associé à chaque grossesse, c’est-à-dire le risque
obstétrical. C’est aussi un indicateur des OMD, associé à l’objectif 5 – améliorer la santé maternelle.
Définition : nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes au cours d’une période donnée, généralement un an.
Méthodes d’estimation : il est difficile de mesurer précisément la mortalité maternelle, sauf quand il existe un système d’enregistrement
complet des décès et de leurs causes. Si ce n’est pas le cas, il faut avoir recours aux recensements ou aux enquêtes. Les données qui proviennent
des dossiers des services de santé posent problème quand de nombreux accouchements ont lieu en dehors de l’hôpital. En effet, ces données sont
biaisées et il est difficile de déterminer l’ampleur et l’orientation de ces biais. Les enquêtes sur la mortalité des femmes en âge de procréer (RAMOS :
Reproductive-age mortality studies) font une triangulation de diverses sources de données sur les décès de femmes en âge de procréer, y compris les
registres et l’autopsie verbale. Comme elles font appel à de multiples sources d’information, on considère que ces enquêtes constituent le meilleur
moyen d’estimer la mortalité maternelle. Les estimations découlant d’enquêtes auprès des ménages reposent souvent sur des informations recueillies
rétrospectivement sur le décès des sœurs des enquêtés au cours d’une période moyenne de 12 ans et elles sont sujettes à des intervalles de confiance
importants. Dans les pays où il n’existe aucune donnée valable sur la mortalité maternelle, des modèles statistiques sont appliqués. Les estimations
mondiales et régionales de la mortalité maternelle sont établies tous les cinq ans à l’aide d’un modèle de régression.
8. Taux estimatif d’adultes (15 ans et plus) morts du VIH/SIDA (pour 1000)
9. Taux estimatif des enfants de moins de 15 ans morts du VIH/SIDA (pour 1000)
Justification : le taux de mortalité des adultes et des enfants de moins de 15 ans est un bon indicateur de l’impact de l’épidémie de VIH/SIDA et de
l’impact des interventions dans un pays, notamment de la généralisation du traitement et de la prévention de la transmission mère-enfant.
Définition : la mortalité estimative due au VIH/SIDA est le nombre d’adultes et d’enfants morts pendant une année déterminée obtenu par
modélisation des données de surveillance du VIH à l’aide d’outils standard appropriés.
Méthodes d’estimation : on fait la synthèse des données empiriques de différentes sources de surveillance du VIH pour obtenir des estimations
du taux de mortalité et de sa tendance chez l’adulte et chez l’enfant en utilisant des méthodes et des outils standard adaptés à l’ampleur de l’épidém-
mie. Toutefois, pour obtenir les meilleures estimations possibles, il faut juger de la qualité des données et de leur représentativité de la population.
L’ONUSIDA/OMS fournissent des estimations par pays tous les deux ans.
9. Mortalité due à la tuberculose
Justification : la prévalence et la mortalité sont des indicateurs directs de la charge de la tuberculose. Elles indiquent le nombre de personnes qui
souffrent de la maladie à un moment donné et le nombre de personnes qui en meurent chaque année. En outre, elles reflètent rapidement les progrès
de la lutte contre la maladie, car un traitement efficace et précoce raccourcit la durée moyenne de la pathologie (et diminue de ce fait la prévalence)
et réduit le risque de décès (et par conséquent la mortalité).
Définition : nombre estimatif de décès dus à la tuberculose pendant une période donnée. Exprimé dans cette base de données en nombre de décès
pour 100 000 habitants par an. Comprend les décès dus à toutes les formes de tuberculose et les décès par tuberculose chez les sujets VIH-positifs.
Méthodes d’estimation : les estimations de l’incidence et de la prévalence de la tuberculose ainsi que de la mortalité dont elle est la cause
découlent d’un processus consultatif et analytique au sein de l’OMS et sont publiées tous les ans. Les méthodes employées pour estimer les taux de
mortalité due à la tuberculose sont expliquées en détail ailleurs. Les estimations de la mortalité tuberculeuse par pays découlent le plus souvent des
estimations de l’incidence, associées à un taux de létalité supposé. On suppose que le taux de létalité varie selon que les cas ont un frottis positif ou
non, qu’ils sont traités dans le cadre d’un programme DOTS ou non ou ne sont pas traités du tout et qu’ils sont ou non porteurs du VIH.
10. Taux de mortalité par cause standardisés selon l’âge (pour 100 000 personnes)
Justification : le nombre de décès pour 100 000 habitants dépend de la distribution de la population par âge. Deux populations ayant les mêmes taux
de mortalité par âge pour une cause de décès auront des taux de mortalité globale différents si leurs distributions par âge sont différentes. Les taux de
mortalité standardisés selon l’âge éliminent les différences de distribution de la population par âge car ils consistent à appliquer les taux de mortalité
par âge observés pour chaque population à une population type.
Définition : le taux de mortalité standardisé selon l’âge est une moyenne pondérée des taux de mortalité par âge pour 100 000 personnes, le
coefficient de pondération étant la proportion de personnes dans la tranche d’âge correspondante de la population type de l’OMS.
11. Années de vie perdues par grandes catégories de causes (pourcentage du total)
Justification : les années de vie perdues tiennent compte de l’âge auquel survient le décès en donnant plus de poids aux décès précoces et moins de
poids aux décès tardifs. Calculé en pourcentage du total, cet indicateur mesure les années de vie perdues pour une cause déterminée par rapport au
total d’années de vie perdues dans une population du fait de la mortalité précoce.
150 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Définition : pour calculer les années de vie perdues, on multiplie le nombre de décès par l’espérance de vie normale à l’âge auquel le décès
survient. L’espérance de vie normale utilisée pour ce calcul à chaque âge est la même pour la mortalité dans toutes les régions du monde et que celle
utilisée pour calculer les années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY). En outre, comme pour les DALY, on procède à une actualisation de 3 % et on
utilise des coefficients de pondération différents selon l’âge, qui donnent moins de poids aux années vécues à un âge plus précoce ou plus avancé.
Avec des coefficients de pondération différents selon l’âge et une actualisation de 3 %, un décès infantile correspond à 33 années de vie perdues et
un décès survenant entre cinq et vingt ans à 36 années de vie perdues environ.
12. Années de vie ajustées sur l’incapacité ou DALY
La DALY, unité qui mesure un écart, élargit la notion d’années potentielles de vie perdues par mortalité prématurée pour y inclure les années de vie en
bonne santé perdues en raison d’un mauvais état de santé ou d’une incapacité (1). Les DALY calculées pour une maladie ou une affection sont la somme
des années de vie perdues du fait des décès prématurés survenus dans la population et des années perdues pour cause d’incapacité pour les cas incidents
de la maladie ou de l’affection en question.
Méthodes d’estimation : des tables de mortalité indiquant les taux de mortalité toutes causes confondues par âge et par sexe pour les 192 Etats
Membres de l’OMS ont été établies pour 2002 à partir des décès enregistrés, des systèmes d’enregistrement par échantillons (Inde, Chine) et des
données sur la mortalité de l’enfant et de l’adulte obtenues par recensement et par enquête. La distribution des causes de décès a été établie à partir
des décès enregistrés dans 107 pays et des données issues d’études épidémiologiques en population, des registres de maladies et des systèmes de
déclaration pour certaines causes de décès. Les causes de décès concernant les populations pour lesquelles le système d’enregistrement des décès ne
fournit pas de données exploitables ont été estimées à l’aide de modèles sur les causes de décès et de données issues d’études épidémiologiques en
population, de registres de maladies et de systèmes de déclaration pour 21 causes de décès spécifiques.
13. Causes de mortalité parmi les enfants de moins de cinq ans (pourcentage)
Justification : l’OMD 4 consiste à réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, la mortalité des moins de cinq ans. Les initiatives en faveur de la survie
de l’enfant n’aboutiront que si elles reposent sur des informations suffisamment justes concernant les causes de décès des enfants. Ce type d’inform-
mation est nécessaire pour déterminer les interventions prioritaires, planifier leur mise en œuvre, déterminer l’efficacité des interventions visant une
maladie en particulier et évaluer les tendances de la charge de la maladie au regard des objectifs nationaux et internationaux.
Définition : la ou les causes du décès telles qu’elles figurent sur le certificat de décès établi par un médecin dans les pays ayant des registres d’état civil.
La cause sous-jacente de décès est en cours d’analyse. Dans les pays où les registres d’état civil sont incomplets ou inexistants, les causes de décès sont
celles déclarées comme telles dans les études épidémiologiques pour lesquelles on établit la cause du décès à l’aide d’algorithmes d’autopsie verbale.
Méthodes d’estimation : on a examiné les données sur les causes de décès tirées des registres d’état civil afin de déterminer si elles étaient comp-
plètes. Les données complètes et représentatives au niveau national ont ensuite été regroupées par codes CIM en catégories de causes et l’on a calculé
la part qu’elles représentent dans la mortalité totale des moins de cinq ans. Pour les pays dont les données sont incomplètes, voire inexistantes, la
distribution des décès par cause a été estimée en deux étapes. On a d’abord utilisé un modèle statistique pour classer les décès dans l’une des trois
grandes catégories de causes suivantes : maladies transmissibles, maladies non transmissibles, traumatismes et causes extérieures.
On a ensuite tenu compte des estimations de la mortalité des moins de cinq ans par cause du groupe de référence pour l’épidémiologie de la
santé de l’enfant (CHERG), des programmes techniques de l’OMS et du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) pour
attribuer les décès à des causes spécifiques. Le CHERG et l’OMS ont utilisé plusieurs méthodes, y compris des modèles de mortalité proportionnelle
et d’histoire naturelle des maladies, pour établir des estimations de la mortalité par cause au niveau des pays. Tous les groupes de travail du CHERG
ont mis au point des méthodes comparables et normalisées pour établir des estimations à partir des bases de données.
14. Prévalence du VIH chez les adultes (15-49 ans)
Justification : le VIH et le SIDA posent désormais un problème majeur de santé publique dans de nombreux pays et il est crucial de surveiller l’évol-
lution de l’épidémie et l’impact des interventions. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) comme la Session extraordinaire de
l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA ont fixé des objectifs de réduction de la prévalence.
Définition : pourcentage de personnes contaminées par le VIH chez les 15-49 ans.
Méthodes d’estimation : on utilise les données sur la prévalence du VIH qui émanent des sites sentinelles des systèmes de surveillance, pouvant
comprendre des enquêtes nationales en population avec dépistage du VIH, pour estimer la prévalence à l’aide d’outils et de méthodes d’estimation stand-
dardisés mis au point par l’ONUSIDA et l’OMS, en collaboration avec le groupe de référence de l’ONUSIDA sur les estimations, les modélisations et les
projections. On n’utilise pas les mêmes outils pour estimer la prévalence du VIH selon que l’épidémie est généralisée ou limitée (ou de faible niveau).
15. Incidence de la tuberculose
Justification : l’incidence (cas qui se produisent pendant une période donnée) donne une indication de la charge de la tuberculose dans une population
et de l’ampleur de la tâche que doivent accomplir les programmes nationaux de lutte antituberculeuse. Elle peut changer à la suite de changements dans
la transmission (fréquence à laquelle les gens contractent M. tuberculosis, le bacille qui cause la tuberculose) ou de changements de la fréquence à
laquelle les porteurs du bacille développent la maladie (du fait d’un changement d’état nutritionnel ou de la contamination par le VIH). La tuberculose
pouvant se développer chez des sujets contaminés de nombreuses années auparavant, la lutte antituberculeuse a un effet moins rapide sur l’incidence
que sur la prévalence ou la mortalité. La cible 8 de l’objectif du Millénaire pour le développement 6 consiste notamment à avoir maîtrisé la tuberculose
et commencé à inverser la tendance actuelle d’ici 2015. L’OMS estime qu’en 2004, l’incidence de la tuberculose par personne était stable ou orientée à la
baisse dans cinq des six Régions de l’OMS, mais qu’elle augmentait à l’échelle mondiale au rythme de 0,6 % par an. L’exception était la Région africaine,
où il semble que l’incidence continue d’augmenter, mais de moins en moins rapidement chaque année. La stratégie Halte à la tuberculose, appliquée
conformément au plan mondial halte à la tuberculose 2006-2015, devrait permettre d’inverser la tendance à la hausse dans le monde d’ici 2015.
Définition : nombre estimatif de cas de tuberculose survenant pendant une période donnée (exprimé en taux par personne). Toutes les formes
de tuberculose sont prises en compte ainsi que les cas de co-infection tuberculose-VIH.
Méthodes d’estimation : les estimations de l’incidence et de la prévalence de la tuberculose ainsi que de la mortalité dont elle est la cause
découlent d’un processus consultatif et analytique au sein de l’OMS et sont publiées tous les ans. Les estimations de l’incidence pour chaque pays
sont calculées selon une ou plusieurs des quatre méthodes suivantes, en fonction des données disponibles :
1. incidence = notification des cas / proportion de cas dépistés
2. incidence = prévalence / durée de la pathologie
La santé des populations Annexe statistique 151
3. incidence = risque annuel d’infection x coefficient de Styblo
4. incidence = décès / proportion de cas incidents qui meurent.
16. Prévalence de la tuberculose
Justification : la prévalence et la mortalité sont des indicateurs directs de la charge de la tuberculose. Elles indiquent le nombre de personnes qui souffrent de
la maladie à un moment donné et le nombre de personnes qui en meurent chaque année. En outre, elles reflètent rapidement les progrès de la lutte contre la
maladie, car un traitement efficace et précoce raccourcit la durée moyenne de la pathologie (et diminue de ce fait la prévalence) et réduit le risque de décès
(et par conséquent la mortalité). L’objectif du Millénaire pour le développement 6 consiste à « combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies » (y
compris la tuberculose). Il est assorti de la cible 8 « d’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres maladies, et avoir commencé à inverser la tendance
actuelle » et de l’indicateur 23 des OMD « taux de prévalence de la tuberculose et taux de mortalité lié à cette maladie ». Le partenariat Halte à la tubercul-
lose a approuvé les cibles connexes consistant à réduire, d’ici 2015, la prévalence et la mortalité par personne de 50 % par rapport à 1990. Il existe peu de
données fiables pour déterminer la prévalence de la tuberculose et la mortalité liée à cette maladie, en particulier pour 1990, l’année de référence. Il semble
toutefois, d’après les meilleures estimations dont on dispose aujourd’hui, que l’application du plan mondial halte à la tuberculose 2006-2015 permettra de
diviser par deux, d’ici 2015, les taux de prévalence et de mortalité dans le monde et dans la plupart des Régions, sauf en Afrique et en Europe orientale.
Définition : nombre de cas de tuberculose (toutes formes confondues) dans une population à un moment donné (appelée parfois « prévalence
ponctuelle »), exprimé dans cette base de données comme le nombre de cas pour 100 000 personnes.
Méthodes d’estimation : les estimations de l’incidence et de la prévalence de la tuberculose ainsi que de la mortalité dont elle est la cause
découlent d’un processus consultatif et analytique au sein de l’OMS et sont publiées tous les ans. Les méthodes employées pour estimer les taux de
prévalence de la tuberculose et de mortalité liée à cette maladie sont expliquées en détail ailleurs. Les estimations de la prévalence de la tuberculose
par pays découlent le plus souvent des estimations de l’incidence (voir le point 15, Incidence de la tuberculose), associées à la durée supposée de
la pathologie. On suppose que la durée de la maladie varie selon que les cas ont un frottis positif ou non, qu’ils sont traités dans le cadre d’un prog-
gramme DOTS ou non ou ne sont pas traités du tout et qu’ils sont ou non porteurs du VIH.
17. Nombre de cas de poliomyélite
Justification : en 1988, l’Assemblée mondiale de la Santé a appelé à éradiquer la poliomyélite dans le monde. On utilise le nombre de cas de poliomyélite pour
suivre les progrès vers ce but et orienter les stratégies. Les pays mettent en œuvre des stratégies qui complètent la vaccination systématique, par exemple des
journées nationales de vaccination et des campagnes locales, ou des opérations de ratissage plus ciblées, suivant le nombre de cas de poliomyélite.
Définition : cas présumés de poliomyélite (paralysie flasque aiguë – PFA, autres pathologies paralytiques et contacts avec des cas de poliomyél-
lite) confirmés en laboratoire ou compatibles avec l’infection par le poliovirus.
Méthodes d’estimation : les estimations du nombre de cas de poliomyélite se fondent exclusivement sur les données brutes de la surveillance.
18. Proportion d’enfants d’un an ayant reçu :
une dose de vaccin antirougeoleux (%)
trois doses de vaccin antidiphtérique, antitétanique et anticoquelucheux (DTC3) (%)
trois doses de vaccin anti-hépatite B (HepB3) (%)
Justification : on utilise les estimations de la couverture vaccinale pour contrôler les services de vaccination et pour guider les efforts d’éradicat-
tion ou d’élimination des maladies. La couverture vaccinale est un bon indicateur des performances du système de santé.
Définition : la couverture de la vaccination antirougeoleuse est le pourcentage d’enfants d’un an ayant reçu au moins une dose de vaccin antirougeol-
leux, seul ou associé, pendant une année donnée. Lorsque les pays recommandent cette vaccination chez les enfants âgés de plus de 12 mois, l’indicateur
est la proportion d’enfants de moins de 24 mois ayant reçu au moins une dose du vaccin antirougeoleux, seul ou associé. La couverture du DTC3 est le
pourcentage d’enfants d’un an ayant reçu trois doses du vaccin associé antidiphtérique, antitétanique et anticoquelucheux au cours d’une année donnée.
La couverture du HepB3 est le pourcentage d’enfants d’un an ayant reçu trois doses du vaccin anti-hépatite B au cours d’une année donnée.
Méthodes d’estimation : l’OMS et l’UNICEF se fient aux rapports des pays, aux enquêtes auprès des ménages et à d’autres sources, comme
certains travaux de recherche. Les deux organisations ont mis au point une procédure d’examen et des méthodes d’estimation communes. Les estim-
mations provisoires sont examinées par des experts des pays concernés et d’ailleurs avant d’être définitivement arrêtées.
19. Couverture des soins prénatals (%)
Justification : la couverture des soins prénatals est un indicateur de l’accès aux services de santé et de leur utilisation pendant la grossesse.
Définition : pourcentage de femmes ayant eu recours à des soins prénatals prodigués par un personnel qualifié pour des motifs liés à la grossesse
au moins une fois au cours de celle-ci, parmi toutes les femmes ayant accouché d’un enfant vivant au cours d’une période donnée.
Méthodes d’estimation : on utilise les données empiriques d’enquêtes auprès des ménages. Au niveau mondial, les données des établissements
de santé ne sont pas utilisées.
20. Accouchements assistés par du personnel de santé qualifié (%)
Justification : toute femme enceinte devrait avoir accès à des soins qualifiés durant la grossesse et à l’accouchement afin que soient dépistées et prises
en charge d’éventuelles complications. De plus, vu qu’il est difficile de mesurer avec précision la mortalité maternelle et le ratio de mortalité maternelle
d’après modèle, ces estimations ne permettent pas de suivre les tendances à court terme. On utilise pour cela un indicateur indirect, la proportion
d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifié.
Définition : pourcentage de naissances vivantes en présence d’un personnel de santé qualifié au cours d’une période donnée.
Méthodes d’estimation : on utilise les données empiriques d’enquêtes auprès des ménages. Au niveau mondial, les données des établissements
de santé ne sont pas utilisées.
21. Taux de couverture contraceptive (%)
Justification : le taux de couverture contraceptive renseigne sur la santé, la population, le développement et l’autonomisation des femmes. C’est aussi
une mesure indirecte de l’accès aux services de santé génésique essentiels pour réaliser nombre des objectifs du Millénaire pour le développement
(OMD), notamment ceux qui concernent la mortalité de l’enfant, la santé de la mère, le VIH/SIDA et les différences entre hommes et femmes.
152 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Définition : le taux de couverture contraceptive correspond à la proportion de femmes en âge de procréer qui utilisent (ou dont le partenaire
utilise) une méthode de contraception à un moment donné.
Méthodes d’estimation : données empiriques uniquement.
22. Proportion d’enfants de moins de cinq ans dormant sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide (%)
Justification : dans les zones de transmission intense du paludisme, la morbidité et la mortalité palustres se concentrent chez les jeunes enfants. Il est
prouvé que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour les enfants de moins de cinq ans réduit considérablement l’incidence du palud-
disme, l’anémie due à cette maladie et la mortalité toutes causes dans cette tranche d’âge. La lutte antivectorielle au moyen des moustiquaires imprégnées
d’insecticide est l’une des quatre stratégies de l’initiative Faire reculer le paludisme. Cette statistique fait aussi partie de la liste des indicateurs des OMD.
Définition : pourcentage d’enfants de moins de cinq ans vivant dans une zone d’endémie palustre ayant dormi sous une moustiquaire imprég-
gnée d’insecticide la nuit précédente. Par moustiquaire imprégnée d’insecticide, on entend une moustiquaire traitée au cours des 12 derniers mois ou
une moustiquaire à imprégnation durable.
Méthodes d’estimation : données empiriques uniquement.
23. Proportion de personnes à un stade avancé de l’infection à VIH recevant une association d’antirétroviraux (ARV) (%)
Justification : à mesure que l’épidémie de VIH progresse, un nombre croissant de personnes arrivent à des stades avancés de l’infection. On a montré
que les traitements par des associations d’antirétroviraux réduisaient la mortalité chez ces personnes et l’on s’efforce de rendre ces médicaments plus
abordables, même dans les pays en développement. Cet indicateur permet de mesurer les progrès réalisés dans la mise à disposition du traitement
antirétroviral à toute personne souffrant d’une infection à VIH à un stade avancé.
Définition : pourcentage de personnes recevant un traitement antirétroviral conforme au protocole thérapeutique approuvé au niveau national
(ou conforme aux normes OMS/Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA) parmi l’ensemble (nombre estimatif) des malades à un
stade avancé de l’infection à VIH.
Méthodes d’estimation : pour l’estimation de la couverture, on obtient le dénominateur à partir de modèles donnant aussi des estimations sur
la prévalence, l’incidence du VIH et la mortalité dont il est la cause. On estime que le nombre d’adultes à un stade avancé de l’infection est égal au
double du nombre de cas de SIDA pour l’année en cours. On calcule le nombre total d’adultes ayant besoin d’un traitement ARV en additionnant le
nombre d’adultes ayant besoin de ce traitement pour l’année en cours et le nombre d’adultes traités l’année précédente et qui sont encore en vie.
24. Tuberculose : proportion de cas détectés dans le cadre de la stratégie DOTS
Justification : la proportion estimative de nouveaux cas à frottis positif détectés (diagnostiqués et déclarés à l’OMS) dans le cadre des programmes DOTS
indique dans quelle mesure les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose permettent de repérer les malades et de diagnostiquer la maladie.
Méthodes d’estimation : les estimations de l’incidence découlent d’un processus consultatif et analytique au sein de l’OMS et sont publiées
tous les ans. On calcule le taux de détection des nouveaux cas à frottis positif dans le cadre de la stratégie DOTS en divisant le nombre de nouveaux
cas à frottis positif déclarés à l’OMS par le nombre estimatif des cas incidents à frottis positif pour la même année.
25. Tuberculose : succès du traitement DOTS
Justification : le succès du traitement est un indicateur de la performance des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose. Outre qu’il présente des
avantages évidents pour le malade, un traitement efficace des cas infectieux de tuberculose est indispensable pour empêcher l’infection de se propager. Le
dépistage et le traitement d’une forte proportion de cas de tuberculose ont un effet immédiat sur la prévalence de la maladie et sur la mortalité dont elle est
la cause. Parce qu’il réduit la transmission, un bon traitement de la majorité des cas influe aussi, au bout de quelque temps, sur l’incidence de la maladie.
Définition : proportion de nouveaux cas de tuberculose à frottis positif enregistrés sous DOTS pendant une année donnée qui ont achevé le
traitement avec succès, preuve bactériologique à l’appui (« guérison ») ou non (« traitement achevé »). A la fin du traitement, on indique pour chaque
patient l’issue du traitement parmi six catégories qui s’excluent mutuellement : guérison ; traitement achevé ; décès ; échec thérapeutique ; abandon ;
transfert ailleurs, issue inconnue. Les cas classés dans ces différentes catégories, auxquels il faut ajouter les éventuels cas supplémentaires enregistrés
pour traitement mais pour lesquels l’issue n’est pas indiquée, représentent 100 % des cas enregistrés.
26. Enfants de moins de cinq ans présentant une infection respiratoire aiguë (IRA) et de la fièvre amenés en consultation
Justification : les infections respiratoires sont à l’origine de près de 20 % des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde. Le nombre des
moins de cinq ans présentés à un prestateur de soins qualifié est un indicateur important à la fois de la couverture des interventions et de la propens-
sion à consulter, et il donne des indications très utiles sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des stratégies et la réalisation des objectifs du
Millénaire pour le développement (OMD) qui concernent la survie de l’enfant.
Définition : proportion d’enfants de 0 à 59 mois supposés souffrir de pneumonie au cours des deux dernières semaines et amenés en consult-
tation à un prestateur de soins qualifié.
Méthodes d’estimation : données empiriques.
27. Proportion d’enfants de moins de cinq ans atteints de diarrhée recevant une TRO
Justification : les maladies diarrhéiques restent une cause importante de mortalité chez les moins de cinq ans et sont à l’origine de 1,8 million de décès
d’enfants dans le monde malgré les progrès réalisés dans leur prise en charge et l’efficacité indéniable de la thérapie par réhydratation orale (TRO). Par
conséquent, la couverture de cette intervention à la fois très efficace et économique donne une indication cruciale sur les progrès accomplis dans la
mise en œuvre des stratégies et la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui concernent la survie de l’enfant.
Définition : proportion d’enfants de 0 à 59 mois atteints de diarrhée au cours des deux dernières semaines et qui ont reçu des sels de réhydrat-
tation orale ou une solution équivalente préparée à domicile.
Méthodes d’estimation : données empiriques.
28. Proportion d’enfants de moins de cinq ans présentant de la fièvre recevant une médication antipaludique (%)
Justification : l’administration sans retard d’un traitement antipaludique efficace aux enfants fiévreux dans les zones où il y a un risque de paludisme
est une intervention capitale pour réduire la mortalité. Figurant parmi les indicateurs de l’OMD 6, le traitement efficace contre le paludisme est
La santé des populations Annexe statistique 153
aussi considéré par l’OMS, l’UNICEF et la Banque mondiale comme l’une des quatre grandes interventions pour réduire la charge du paludisme en
Afrique : i) utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide ; ii) accès rapide à des traitements efficaces administrés à domicile ou à proximité du
domicile ; iii) administration de médicaments antipaludiques aux femmes enceintes asymptomatiques dans les zones où la transmission est stable ; et
iv) amélioration des moyens de prévision, de prévention et de riposte afin de réagir rapidement et efficacement aux épidémies. Dans les zones d’Afrique
subsaharienne où la transmission du paludisme est stable, il est indispensable de garantir un accès rapide au traitement. Pour cela, les médicaments
doivent être disponibles au niveau des ménages ou des communautés et, pour les cas compliqués, le transport doit être assuré jusqu’à l’établissement
équipé le plus proche. Des stocks de médicaments de réserve, des moyens de transport et des services hospitaliers sont nécessaires pour prendre
correctement en charge les cas de paludisme et éviter qu’un accès de paludisme ne dégénère en un paludisme compliqué hautement mortel.
Définition : pourcentage de la population des enfants de moins de cinq ans atteints de fièvre dans les zones où il y a un risque de paludisme à
qui sont administrés des médicaments antipaludiques efficaces.
Méthodes d’estimation : pour la prévention, l’indicateur est le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui reçoivent des antipaludiques
efficaces lors d’un épisode de fièvre. Les informations sont directement obtenues par enquête auprès des ménages. Les valeurs empiriques sont direct-
tement enregistrées et on ne fait pas d’autres estimations.
29. Proportion d’enfants âgés de 6 à 59 mois qui ont reçu un supplément en vitamine A
Justification : la supplémentation en vitamine A est considérée comme une intervention d’une importance capitale pour la survie de l’enfant, et son
impact sur la mortalité de l’enfant n’est plus à démontrer. Il est par conséquent très utile de connaître la proportion d’enfants ayant pris de la vitamine
A au cours des six derniers mois pour suivre l’évolution de la couverture des interventions dans la mise en œuvre des stratégies et la réalisation des
objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui concernent la survie de l’enfant.
Définition : proportion d’enfants de 6 à 59 mois qui ont pris un supplément en vitamine A fortement dosé au cours des six derniers mois.
Méthodes d’estimation : données empiriques.
30. Accouchements par césarienne (%)
Justification : le taux d’accouchements par césarienne est une indication de l’accès aux services de santé et de leur utilisation au moment de
l’accouchement.
Définition : pourcentage d’accouchements par césarienne parmi toutes les naissances vivantes pendant une période donnée.
Méthodes d’estimation : données empiriques provenant d’enquêtes auprès des ménages.
31. Proportion d’enfants de moins de cinq ans
- ayant un retard de croissance (%)
- ayant une insuffisance pondérale (%)
- ayant une surcharge pondérale (%)
Justification : ces trois indicateurs mesurent la croissance des jeunes enfants. Celle-ci est reconnue au niveau international comme un indicateur
de santé publique important pour contrôler l’état nutritionnel et l’état de santé des populations. De plus, les enfants ayant un retard de croissance dû
à des problèmes d’alimentation et/ou des infections récurrentes ont plus de risques de tomber malades et de décéder.
Définition : le pourcentage d’enfants ayant un retard de croissance indique la proportion d’enfants de moins de cinq ans ayant une taille pour
leur âge inférieure de plus de deux écarts types à la médiane de référence du National Center for Health Statistics (NCHS)/OMS. Le pourcentage
d’enfants ayant une insuffisance pondérale indique la proportion d’enfants de moins de cinq ans ayant un poids pour leur âge inférieur de plus de
deux écarts types à la médiane de référence NCHS/OMS. Le pourcentage d’enfants ayant une surcharge pondérale indique la proportion d’enfants de
moins de cinq ans ayant un poids pour leur âge supérieur de plus de deux écarts types à la médiane de référence NCHS/OMS.
Méthodes d’estimation : on utilise des valeurs empiriques. Plusieurs pays ne disposent que de données limitées pour les années les plus récentes
et les estimations actuelles sont établies au moyen de modèles permettant de faire des projections à partir des tendances passées.
32. Proportion de nouveau-nés présentant une insuffisance pondérale à la naissance (%)
Justification : la proportion de nouveau-nés présentant une insuffisance pondérale à la naissance est un indicateur de certains problèmes de santé
publique : malnutrition prolongée et mauvaise santé de la mère, insuffisance des soins maternels. Au niveau individuel, le faible poids de naissance
est un facteur important de prévision de la santé et de la survie de l’enfant.
Définition : pourcentage d’enfants nés vivants pesant moins de 2500 g à la naissance au cours d’une période donnée. On peut définir deux
subdivisions : le très faible poids de naissance (poids inférieur à 1500 g) et l’extrêmement faible poids de naissance (poids inférieur à 1000 g).
Méthodes d’estimation : quand les services de santé fournissent des données fiables et que le taux de couverture est élevé, on calcule le pourc-
centage de nouveau-nés de faible poids. Quand on utilise des données d’enquêtes auprès des ménages, on procède à différents ajustements selon le
type d’information dont on dispose (poids précis ou évaluation subjective par la mère).
33. Obésité chez les adultes (15 ans et plus) (%)
Justification : la prévalence de la surcharge pondérale et de l’obésité chez l’adulte augmente dans le monde entier. Les adultes obèses (IMC = 30,0 kg/m2)
sont exposés à un risque accru d’effets indésirables sur le métabolisme, comme l’hypertension, l’augmentation du taux de cholestérol et de triglyc-
cérides ou la résistance à l’insuline. Il en résulte que l’augmentation de l’IMC entraîne une augmentation exponentielle du risque de maladies non
transmissibles, comme les coronaropathies, les accidents ischémiques ou le diabète de type 2. L’augmentation de l’IMC est également associée à un
accroissement du risque de cancer.
Définition : pourcentage d’adultes classés comme étant obèses (IMC = 30,0 kg/m2) parmi l’ensemble de la population adulte (15 ans et plus).
Méthodes d’estimation : on est en train d’établir les estimations et elles seront publiées au deuxième semestre de 2006. Seules des enquêtes
représentatives au niveau national ayant consisté soit à recueillir des données anthropométriques, soit à demander aux sujets interviewés leur taille et
leur poids (la plupart du temps dans les pays à haut revenu) ont été incluses dans les Statistiques sanitaires mondiales 2006.
154 Rapport sur la santé dans la Région africaine
34. Population ayant un accès à :
- une source d’eau meilleure (%)
- un meilleur système d’assainissement (%)
Justification : l’accès à l’eau potable et à un meilleur système d’assainissement est un besoin fondamental et un droit vital pour la dignité et
la santé de tout être humain. Les avantages économiques et sanitaires d’un meilleur approvisionnement en eau pour les ménages et les individus
(notamment les enfants) sont attestés. Ces deux indicateurs permettent de mesurer les progrès dans la réalisation des OMD.
Définition : pourcentage de la population ayant accès à une eau de boisson meilleure au cours d’une année donnée. Pourcentage de la populat-
tion ayant accès à un système d’assainissement meilleur au cours d’une année donnée.
Méthodes d’estimation : analyse des résultats d’enquêtes et régression linéaire des points. On actualise les estimations de la couverture tous
les deux ans.
35. Population utilisant des combustibles solides (%)
Justification : on associe au pourcentage de la population utilisant des combustibles solides une part de la mortalité due à la pneumonie et à d’autres
infections aiguës des voies respiratoires basses chez l’enfant ainsi qu’aux bronchopneumopathies chroniques obstructives et au cancer du poumon
(utilisation de charbon) chez l’adulte. C’est aussi un indicateur des objectifs du Millénaire pour le développement.
Définition : pourcentage de la population utilisant des combustibles solides.
Méthodes d’estimation : on utilise les résultats des enquêtes et des recensements tels quels. On part de l’hypothèse que dans tout pays dont
le revenu national brut (RNB) par habitant dépasse US $10 500, la population tout entière ne cuisine plus en utilisant des combustibles solides.
Pour les pays à faible ou moyen revenu dont le RNB par habitant est inférieur à US $10 500 et, pour lesquels on ne dispose pas de données sur
l’utilisation de combustible solide par les ménages, on fait appel à un modèle de régression basé sur le RNB, le pourcentage que représente la
population rurale et l’appartenance ou non à la Région de la Méditerranée orientale pour calculer l’indicateur.
36. Prévalence de la consommation actuelle de tabac parmi les adolescents (de 13 à 15 ans)
Justification : le risque de maladie chronique commence dès l’enfance et le tabagisme perdure à l’âge adulte. Le tabac est un produit qui engendre
une dépendance et quand les nombreux sujets qui commencent à fumer à l’adolescence prennent conscience du risque pour leur santé, ils ont du
mal à ne plus consommer de tabac.
Définition : prévalence de la consommation de tabac (tabac à fumer, à chiquer ou à priser) plus d’une fois dans les 30 jours précédant l’enquête,
chez l’adolescent de 13 à 15 ans.
37. Prévalence de la consommation actuelle (quotidienne ou occasionnelle) de tabac à fumer parmi les adultes (15 ans
et plus) (%)
Justification : la prévalence de la consommation actuelle de tabac à fumer parmi les adultes est une importante mesure de la charge sanitaire et écon-
nomique du tabagisme et sert de repère pour évaluer l’efficacité des programmes de lutte antitabac dans le temps. L’idéal serait un indicateur général
de la consommation de tabac à fumer et autres produits du tabac, mais l’insuffisance des données oblige à s’en tenir au tabac fumé. Le tabagisme
occasionnel est un facteur de risque important de maladie liée au tabac et est donc pris en compte au même titre que le tabagisme quotidien.
Définition : prévalence de la consommation actuelle de tabac à fumer (cigarettes, cigares, pipes et autres produits du tabac à fumer). La consomm-
mation actuelle comprend à la fois la consommation quotidienne et occasionnelle.
Méthodes d’estimation : données empiriques uniquement.
38. Utilisation des préservatifs lors de rapports sexuels à risque chez les jeunes de 15 à 24 ans (%)
Justification : l’utilisation régulière et correcte des préservatifs avec des partenaires occasionnels diminue beaucoup le risque de transmission du VIH par
voie sexuelle.
Définition : pourcentage de jeunes de 15 à 24 ans déclarant avoir utilisé un préservatif au cours du dernier rapport sexuel avec un partenaire
occasionnel parmi tous ceux ayant déclaré avoir eu des rapports avec des partenaires occasionnels au cours des 12 derniers mois.
Méthodes d’estimation : données empiriques uniquement. On demande aux sujets interrogés, âgés de 15 à 24 ans, s’ils ont commencé à avoir
des rapports sexuels. On demande ensuite à ceux qui ont une activité sexuelle et qui ont eu des rapports avec des partenaires occasionnels au cours
des 12 derniers mois combien de partenaires ils ont eu et s’ils ont utilisé un préservatif lors du dernier rapport avec un partenaire occasionnel.
39. Nombre de :
- médecins pour 1000 habitants
- personnel infirmier pour 1000 habitants
- sages-femmes pour 1000 habitants
- dentistes pour 1000 habitants
- pharmaciens pour 1000 habitants
- agents de la santé publique et de l’environnement pour 1000 habitants
- agents de santé communautaires pour 1000 habitants
- personnels de laboratoire pour 1000 habitants
- autres agents de santé pour 1000 habitants
- personnel sanitaire administratif et d’appui pour 1000 habitants
Justification : la disponibilité et la composition des ressources humaines dans le domaine de la santé est un indicateur important de la solidité
du système de santé. Il n’y a pas de consensus au sujet du nombre optimal d’agents de santé pour une population, mais de nombreux éléments
La santé des populations Annexe statistique 155
attestent une corrélation positive entre les effectifs et la qualité de leur travail d’une part, et la couverture vaccinale, l’élargissement des soins primaires
et la survie de la mère et de l’enfant d’autre part.
Définition :
Médecins : généralistes et spécialistes.
Personnels infirmiers : personnels infirmiers qualifiés, infirmières auxiliaires et infirmières à formation courte ; autres personnels infirmiers
tels que les infirmières dentaires et les infirmières de soins de santé primaires.
Sages-femmes : sages-femmes qualifiées, sages-femmes auxiliaires et sages-femmes à formation courte. Les accoucheuses traditionnelles sont
classées dans la catégorie des agents de santé communautaires.
Dentistes : dentistes, assistants et techniciens dentaires.
Pharmaciens : pharmaciens, pharmaciens assistants, préparateurs en pharmacie et techniciens divers.
Personnels de laboratoire : scientifiques, assistants, techniciens de laboratoire et techniciens en radiologie.
Agents de la santé publique et de l’environnement : fonctionnaires des services de l’environnement et de la santé publique, spécialistes
de l’assainissement, hygiénistes, techniciens de l’environnement et de la santé publique, fonctionnaires sanitaires de district, techniciens du palud-
disme, inspecteurs des viandes, personnel cadre de la santé publique et professions assimilées.
Agents de santé communautaires : tradipraticiens, guérisseurs religieux, agents d’éducation pour la santé assistants ou communautaires,
fonctionnaires de la santé communautaire, agents de santé familiale, visiteuses médicales (« lady health visitors »), agents de vulgarisation
sanitaire, sages-femmes communautaires, prestateurs de soins individualisés en institution et accoucheuses traditionnelles.
Autres agents de santé : nombreuses professions telles que diététiciens et nutritionnistes, assistants médicaux, ergothérapeutes, opérateurs
de matériel médical et dentaire, optométristes et opticiens, physiothérapeutes, podologues, ingénieurs prothésistes et orthésistes, psycholog-
gues, inhalothérapeutes, orthophonistes, stagiaires médicaux et internes.
Personnel sanitaire administratif et d’appui : administrateurs et gestionnaires, statisticiens, juristes, comptables, secrétaires médicales,
jardiniers, informaticiens, ambulanciers, nettoyeurs et buandiers, ingénieurs et techniciens du bâtiment, personnel administratif qualifié et
personnel général d’appui.
Méthodes d’estimation : aucune méthode n’a été mise au point.
40. Total des dépenses de santé en pourcentage du PIB
41. Dépenses publiques générales de santé en pourcentage du total des dépenses publiques
42. Total des dépenses de santé par habitant en dollars internationaux
Justification : le financement joue un rôle crucial dans les systèmes de santé. Les comptes nationaux de la santé fournissent un vaste ensemble d’indic-
cateurs d’après les informations sur les dépenses recueillies selon un système reconnu au niveau international. Ils représentent la synthèse des flux de
financement et de dépenses enregistrés pendant le fonctionnement d’un système de santé, depuis l’origine du financement jusqu’à la distribution des
fonds entre les différents prestateurs et les différentes fonctions du système de santé et la distribution des prestations en fonction des caractéristiques
géographiques, démographiques, socio-économiques et épidémiologiques.
Définition : total des dépenses de santé en pourcentage du produit intérieur brut (PIB).
Pourcentage du total des dépenses publiques consacré à la santé.
Total des dépenses de santé par habitant en dollars internationaux.
Sources d’information et méthodes d’estimation : seulement 95 pays ont rendu compte de façon complète de leurs comptes nationaux de la santé
ou communiqué le montant de leurs dépenses de santé à l’OCDE. On a eu recours à des techniques standard d’estimation comptable et d’extrapolation
pour obtenir des séries chronologiques. Les principales références internationales utilisées sont les statistiques sur les finances publiques et les statistiq-
ques financières internationales du Fonds monétaire international (FMI) ; les données sanitaires et les statistiques internationales sur le développement
de l’OCDE ; et les statistiques des Nations Unies sur les comptes nationaux. Au nombre des sources nationales figurent : les rapports sur les comptes
nationaux de la santé, les rapports sur les dépenses publiques, les annuaires statistiques et autres périodiques, les documents budgétaires, les rapports
sur les comptes nationaux, les statistiques sur des sites Web officiels, les rapports des banques centrales, les rapports d’organisations non gouvernem-
mentales, les études universitaires, les rapports et renseignements fournis par les ministères et les instituts centraux de statistique.
43. Dépenses publiques générales de santé en pourcentage du total des dépenses de santé
44. Dépenses publiques générales de santé en pourcentage du total des dépenses publiques
45. Dépenses de santé financées par des ressources extérieures en pourcentage des dépenses totales de santé
46. Dépenses de sécurité sociale pour la santé en pourcentage des dépenses publiques générales de santé
47. Paiements directs en pourcentage des dépenses privées de santé
48. Assurances privées par prépaiement en pourcentage des dépenses privées de santé
49. Total des dépenses de santé par habitant au taux de change moyen (US $)
50. Dépenses publiques de santé par habitant au taux de change moyen (US $)
51. Dépenses publiques de santé par habitant en dollars internationaux
Justification : le financement joue un rôle crucial dans les systèmes de santé. Les comptes nationaux de la santé fournissent un vaste ensemble d’indic-
cateurs d’après les informations sur les dépenses recueillies selon un système reconnu au niveau international. Ils représentent la synthèse des flux de
financement et de dépenses enregistrés pendant le fonctionnement d’un système de santé, depuis l’origine du financement jusqu’à la distribution des
fonds entre les différents prestateurs et les différentes fonctions du système de santé et la distribution des prestations en fonction des caractéristiques
géographiques, démographiques, socio-économiques et épidémiologiques.
156 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Définition : indicateurs clés pour lesquels il existe des données :
Total des dépenses de santé en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), et dépenses de santé par habitant en dollars américains et en dollars
internationaux.
Distribution des secteurs public et privé dans le financement de la santé et leurs principales composantes, par exemple :
- étendue de la sécurité sociale et de l’assurance privée
- charge des paiements directs pour les ménages
- part des ressources extérieures dans le financement de la santé.
Termes associés :
Le produit intérieur brut (PIB) est la valeur de tous les biens et services fournis dans un pays par des résidents ou des non-résidents. Cela corr-
respond au total des dépenses (de consommation et d’investissement) des agents économiques privés et publics au cours de l’année de référence.
Les dépenses publiques générales incluent les dépenses consolidées directes et indirectes, telles que subventions et versements, y compris
les dépenses en capital, de l’Etat à tous les échelons administratifs, des organismes de sécurité sociale, d’organismes autonomes et autres fonds
extrabudgétaires.
Le total des dépenses de santé est la somme des dépenses publiques générales de santé et des dépenses privées pour la santé pendant une
année donnée, calculée dans la devise du pays aux prix du moment. Elles comprennent les dotations destinées à maintenir, à restaurer ou à améliorer
l’état de santé de la population. Elles sont effectuées en liquide ou en nature.
Les dépenses publiques générales de santé représentent la somme des dépenses effectuées par les pouvoirs publics en vue de l’achat de
services de santé et de biens. Elles comprennent les dépenses de santé faites par l’Etat à tous les échelons administratifs, par les organismes de sécur-
rité sociale et les dépenses directes par des organismes para-étatiques ou des entreprises publiques. Les dépenses au titre de la santé comprennent la
consommation finale, les subventions aux producteurs et les versements aux ménages (principalement les remboursements de factures médicales ou
pharmaceutiques). Elles comprennent à la fois les dépenses de fonctionnement et d’investissement (y compris les transferts de capitaux) engagées au
cours de l’année. Outre des fonds nationaux, elles englobent des ressources extérieures (principalement des subventions attribuées par le truchement
des pouvoirs publics ou des prêts attribués par la voie du budget national).
Les dépenses de sécurité sociale pour la santé comprennent les sommes affectées à l’achat de biens et de services par les régimes d’ass-
surance obligatoire gérés par l’Etat. Les systèmes de sécurité sociale obligatoire gérés par l’Etat qui ne s’appliquent qu’à des groupes particuliers de la
population, comme par exemple les employés du secteur public, sont également pris en compte.
Les dépenses de santé financées par des ressources extérieures regroupent toutes les subventions et tous les prêts en liquide ou en
nature destinés à des biens ou des services de santé, qu’ils passent par le canal de l’administration publique ou d’organismes privés.
Les dépenses de santé privées sont définies comme la somme des dépenses de santé correspondant aux entités et rubriques suivantes :
Systèmes de prépaiement et de répartition des risques : dépenses des régimes d’assurance privée et des régimes d’assurance sociale privée
(pour lesquels l’Etat n’a aucun contrôle sur les taux de cotisation et les prestateurs participants mais donne quelques orientations générales) ;
Dépenses de santé des entreprises : dépenses d’entreprises privées concernant des soins médicaux et des services destinés à améliorer la
santé autres que les cotisations à un régime de sécurité sociale ou autres systèmes de prépaiement ;
Institutions sans but lucratif axées principalement sur les services aux ménages : dépenses des entités dont le statut leur interdit d’être une
source de profit pour les unités qui les créent, les gèrent ou les financent. Ces ressources englobent des fonds provenant de sources internes et externes ;
Dépenses directes des ménages : honoraires et autres versements en espèces reçus par des praticiens de la santé et des fournisseurs de prod-
duits pharmaceutiques, d’appareillages thérapeutiques et d’autres biens et services. Elles comprennent, d’une part, les sommes versées directement
par les ménages à des prestateurs publics ou privés de services de santé, à des institutions sans but lucratif et, d’autre part, les participations aux
coûts, franchises, tickets modérateurs et rémunérations à l’acte non remboursables.
Taux de change : nombre moyen pendant une année ou nombre en fin d’année d’unités de la devise nécessaires pour le change dans le
système bancaire.
Dollars internationaux : calculés en divisant la devise locale par l’estimation de la parité des pouvoirs d’achat (PPA) par rapport au dollar
américain, c’est-à-dire que c’est une mesure qui atténue les différences de niveau des prix d’un pays à l’autre.
Sources d’information et méthodes d’estimation : une centaine de pays ont rendu compte de façon complète de leurs comptes nationaux de
la santé ou communiqué le montant de leurs dépenses de santé à l’OCDE. On a eu recours à des techniques standard d’estimation comptable et
d’extrapolation pour obtenir des séries chronologiques (1998-2004). Les projets d’actualisation ont été soumis aux ministères de la santé, qui ont fait
des commentaires et apporté des informations supplémentaires.
Pour en savoir plus sur les sources et les méthodes, consulter le site www.who.int/nha.
52. Couverture de l’enregistrement des décès par le système de registre d’état civil
Justification : l’information sanitaire est un élément essentiel des systèmes de santé. L’enregistrement des naissances et des décès, avec la cause du
décès, sur les registres d’état civil est un élément important du système d’information sanitaire d’un pays.
Définition : pourcentage du nombre total de décès « recensés » par les services d’état civil.
Méthodes d’estimation : on estime le nombre des décès attendus par âge et par sexe à partir des tables de mortalité et de multiples sources. Les
nombres déclarés sont comparés aux chiffres attendus par âge et par sexe pour obtenir une estimation de la couverture par les services d’état civil.
53. Nombre de lits d’hôpitaux pour 10 000 habitants
Justification : la prestation des services est un élément important des systèmes de santé. Pour connaître la disponibilité, l’accessibilité et la répartition
des services de santé, il faut avoir recours à une gamme d’indicateurs ou à un indicateur composite. Actuellement, la majorité des pays ne dispose pas
de ce genre d’informations. La densité des lits d’hôpitaux est l’un des rares indicateurs disponibles sur les éléments de la prestation des services.
Définition : nombre de lits d’hôpitaux pour 10 000 habitants.
Méthodes d’estimation : données empiriques uniquement avec ajustement éventuel pour la sous-notification (établissements privés manquants).
La santé des populations Annexe statistique 157
Glossaire
Glossaire des termes utilisés dans le Rapport sur la santé dans la Région africaine
Accident vasculaire cérébral: trouble aigu Artéméther-luméfantrine: association Campylobacter : bactérie qui peut
et subit de la circulation du sang dans le cervv médicamenteuse contenant de l’artémisinine provoquer une gastro-entérite aiguë se
veau dû à d’importantes lésions vasculaires tellv utilisée pour traiter le paludisme. manifestant par une diarrhée subite, des
les qu’une hémorragie, une thrombose ou une Ascaride: vers cylindrique de l’ordre des Némv douleurs musculaires et articulaires et des
embolie. L’atteinte des fonctions cérébrales matodes ; genre le plus souvent responsable maux de tête.
dépend du siège et de l’étendue des lésions. de l’infestation chez l’homme, qui se produit Cancer: nom donné à tous les types de
Accoucheuses traditionnelles: femmes par ingestion d’œufs du parasite présents tumeurs malignes qui, généralement, envahv
généralement sans instruction scolaire qui dans le sol contaminé. L’infestation provoque hissent les tissus environnants, provoquent
exercent les fonctions de sages-femmes ; des atteintes pulmonaires dues à la migration des métastases dans des parties éloignées
assistent les femmes pendant le travail et des larves à travers le poumon ainsi que des de leur lieu d’origine, récidivent après ablatv
l’accouchement. coliques intestinales dues à la présence d’une tion et entraînent la mort si elles ne sont pas
Aflatoxine: métabolite toxique de certains quantité importante de vers adultes dans correctement traitées.
champignons ; peut provoquer une maladie l’intestin, avec un risque de complications Cardiopathie: nom générique des affections
chez les êtres humains et les animaux (volvulus, occlusion intestinale, invagination). du muscle, des vaisseaux ou de l’enveloppe
qui mangent des cacahuètes ou d’autres Associations médicamenteuses du cœur (ischémie, infarctus du myocarde,
aliments contaminés par ces champignons ; comportant de l’artémisinine (ACT): angine de poitrine, arythmie, hypertension,
après une longue exposition, intervient dans médicaments utilisés dans le traitement du insuffisance cardiaque).
l’étiologie de l’hépatite aiguë et du cancer du paludisme et dont l’un des principes actifs
Cercle vicieux de la pauvreté: [souvent]
foie chez l’homme. est extrait de la plante Artemisia annua
extrême pauvreté généralisée et persistante
Agents de santé: personnel qualifié qui (armoise annuelle ou Qinghao).
dont il est très difficile de sortir sans une
joue un rôle reconnu dans la prestation des Autopsie verbale: récit, généralement par aide extérieure.
soins de santé. quelqu’un sans formation médicale, des
Chimioprophylaxie: emploi préventif de
Alcoolémie: quantité d’alcool dans le sang événements qui ont entouré la mort d’une
médicaments dans le but d’empêcher l’apparv
généralement mesurée en milligrammes par personne ; permet de déterminer la cause
rition d’une maladie.
décilitre (mg/dl). du décès lorsque l’autopsie classique n’est
pas praticable. Chloroquine: médicament utilisé dans le
Allergie tuberculinique: on parle d’allergie
traitement du paludisme.
tuberculinique lorsque l’injection sous- Bactérie: micro-organisme unicellulaire qui
cutanée de 5 mg de tuberculine (test à la se multiplie généralement par division cellulv Choléra: infection intestinale aiguë due à
tuberculine) provoque une réaction inflammatv laire et qui est plus petit que les parasites et Vibrio cholerae ; se manifeste sous forme
toire au point d’injection chez les personnes plus gros que les virus. d’épidémies et cause une diarrhée liquide
contaminées par la tuberculose. Le résultat Bandes rugueuses: série de rainures ou profuse, une déshydratation et un collapsus.
est négatif chez les personnes saines. d’éléments surélevés aménagés sur les routv Contagieux: transmissible par contage.
Amodiaquine: médicament utilisé dans le tes pour inciter les automobilistes à ralentir. Corruption: altération par rapport à un état
traitement du paludisme. Brevet: permis officiel délivré par les autorités premier jugé meilleur, notamment dans un
Anémie: concentration insuffisante en qui confère à une personne ou à une entrepv sens moral, par exemple la pratique des
globules rouges ou en hémoglobine qu’ils prise le droit exclusif de fabriquer et de vendre pots-de-vin.
contiennent ; provoque pâleur, essoufflemv un article donné pendant une certaine période. Cysticercose: maladie causée par le dévelv
ment, palpitations et léthargie. Bronchite: inflammation des bronches. loppement de cysticerques (larves de ténias)
Ankylostome: vers hématophage qui Campagne de ratissage: dans le cadre des dans l’organisme.
parasite l’intestin et provoque principalement programmes de vaccination, lorsqu’un cas DALY: année de vie ajustée sur l’incapacité ;
une anémie. est dépisté, on entreprend une action concertv unité de mesure de la charge de morbidité
Antirétroviraux: médicaments utilisés tée pour vacciner en un laps de temps très qui correspond à la somme des années de vie
dans le traitement de l’infection à VIH ; ils court tous les sujets sensibles se trouvant perdues du fait des décès prématurés et des
empêchent le virus de se répliquer. dans le voisinage immédiat du cas. incapacités dans la population.
158 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Démographie: étude de la population, en Drépanocytose: anémie hémolytique Hépatite: atteinte inflammatoire du foie,
ce qui concerne plus particulièrement les chronique caractérisée par la forme de généralement due à un virus ou à des agents
naissances, les décès et la santé. faucille que prennent les globules rouges du toxiques, dont l’alcool et les drogues. Le
Dépistage: recherche systématique, fait de la présence d’hémoglobine S. Maladie virus de l’hépatite A se transmet par contact
au moyen d’un test ou par enquête, des héréditaire homozygote. avec les selles ou le sang, le plus souvent
individus qui sont suffisamment exposés à un Droits de douane: taxe ou redevance par l’ingestion d’aliments contaminés. Le
trouble donné sans pourtant avoir consulté perçue sur une catégorie particulière de virus de l’hépatite B est présent dans le
pour ses symptômes pour tirer profit de marchandises importées ou exportées. sang, le sperme, les sécrétions vaginales
recherches plus poussées ou d’une action et la salive ; les symptômes apparaissent
Emacié: extrêmement amaigri et affaibli ;
préventive directe. après une période d’incubation qui peut durer
se dit en particulier d’un enfant dont le poids
jusqu’à six mois, ou les porteurs restent
Développement durable: utilisation de est inférieur d’au moins 2 écarts types au
asymptomatiques. Ce virus est l’une des
ressources naturelles pour l’activité humaine poids moyen pour l’âge.
principales causes d’hépatopathie chronique,
dans une mesure et selon des méthodes Emphysème: dilatation des cavités aériennv de cirrhose et de cancer du foie. Il existe
qui n’entraînent ni leur épuisement ni leur nes distales qui provoque des difficultés un vaccin efficace. Le virus de l’hépatite C
dégradation définitive. respiratoires. se transmet principalement par transfusion
DHS: enquêtes démographiques et sanitaires Epidémie: importante multiplication des cas sanguine et peut provoquer une cirrhose, une
réalisées auprès des ménages par Opinion d’une maladie ou d’un phénomène pathologiqv insuffisance rénale et un cancer du foie.
Research Corporation (ORC Macro) sur de que donné dans une collectivité ou une région. Hotte à fumée: cadre métallique qui, dans
vastes échantillons représentatifs de la popv un système d’évacuation passive, dirige la
Epilepsie: trouble chronique caractérisé par
pulation d’un pays (généralement entre 5000 fumée d’un foyer ouvert vers une cheminée
des crises dues à des décharges excessives
et 30 000 ménages) et qui fournissent des ou une autre sortie.
des neurones cérébraux.
données sur la population féminine, la santé
et les indicateurs nutritionnels des femmes. Escherichia coli (E. coli): genre bactérien Hypertension: tension artérielle dépassant
normalement présent dans les intestins qui invariablement 160 mm Hg (systolique) et 95
DHS+: enquêtes démographiques et sanitairv mm Hg (diastolique).
peut provoquer des infections urinaires et
res réalisées aussi auprès des hommes.
des diarrhées, en particulier chez les enfants Incidence: nombre de cas de maladies qui
Données d’état civil: données tirées et les voyageurs. ont commencé ou de personnes qui sont tombv
des registres d’état civil, obtenues par bées malades pendant une période donnée
Famine: grave pénurie généralisée de
recensement ou calculées par estimation dans une population donnée ; nombre d’événv
nourriture généralement due à l’explosion
indirecte, qui renseignent sur la fréquence nements nouveaux, tels les nouveaux cas
démographique ou à de mauvaises récoltes.
des principaux événements de l’existence d’une maladie, dans une population donnée
(naissance, décès, mort fœtale, mariage, Gel microbicide: gel qui détruit les microbv
pendant une période donnée.
divorce, annulation de mariage, séparation bes ; destiné à être appliqué dans le vagin ou
le rectum pour faire barrière aux infections Indicateurs de performance: les trois indv
de corps et de biens, adoption, légitimation
sexuellement transmissibles. dicateurs utilisés pour évaluer la surveillance
et reconnaissance).
de la poliomyélite doivent être atteints pour
DOTS: stratégie de lutte contre la tubercv Gestion des affaires publiques: gestion
qu’une région puisse être déclarée exempte
culose qui se compose de cinq éléments des affaires d’un pays sur les plans politique,
de poliomyélite:
– diagnostic par examen microscopique économique et administratif ; mécanismv
mes complexes, processus, relations et 1. Chaque année, déclaration d’au moins un
de grande qualité, engagement politique,
institutions grâce auxquels les citoyens font cas de paralysie flasque aiguë qui n’est pas
approvisionnement garanti en médicaments,
valoir leurs intérêts, exercent leurs droits, dû à la poliomyélite pour 100 000 habitants
traitement sous observation directe, suivi et
s’acquittent de leurs obligations et concilient de moins de 15 ans.
compte rendu systématiques.
leurs différences. 2. Recueil d’échantillons de selles adéquats
Dracunculose: infestation par le ver de
Gestion du savoir: application d’une série pour au moins 80 % des cas déclarés de
Guinée (Dracunculus medinensis), filaire
de principes, d’outils et de pratiques qui paralysie flasque aiguë.
de l’ordre des Nématodes qui pénètre dans
l’organisme par ingestion d’eau contenant permettent d’acquérir, partager, exploiter 3. Analyse par des laboratoires agréés par
un crustacé du genre Cyclops (puces d’eau) et appliquer le savoir nécessaire à une plus l’OMS de tous les échantillons recueillis en
parasité par la larve du ver. On peut prévenir grande efficacité et à la création de valeur. cas de paralysie flasque aiguë.
l’infestation humaine en filtrant l’eau de Graisse saturée: acide gras dont la chaîne Indice de masse corporelle: rapport du
boisson, en évitant que les personnes atteintv carbonée ne comprend pas de liaison double poids (en kg) d’un individu au carré de sa
tes ne trempent les pieds dans l’eau ou en ou triple entre les atomes de carbone. Ce taille. Un indice inférieur à 18,5 indique une
luttant contre le vecteur au moyen d’insecticv type de graisse est le principal facteur insuffisance pondérale, un indice de 20 à 25
cides qui tuent les puces d’eau. alimentaire d’hypercholestérolémie. un poids normal, un indice de 25,0 à 29,9 un
La santé des populations Glossaire 159
surpoids, plus de 30 l’obésité et plus de 40 Maladies d’origine alimentaire: infectv mouche (simulie) qui se reproduit sur les
une très grande obésité. tions ou réactions toxiques consécutives à la cailloux des rivières à courant rapide.
Infection respiratoire aiguë: infection des consommation d’aliments contaminés. Paludisme: maladie parasitaire due à
poumons ou des voies respiratoires, généralv Malnutrition: divers troubles résultant d’un un protozoaire, le Plasmodium, inoculé à
lement d’origine virale ou bactérienne. apport alimentaire insuffisant, d’un régime l’homme par la piqûre de femelles de moustv
Infrastructure: services et équipements permv déséquilibré (manque de protéines ou de tiques appartenant au genre Anophele ; les
manents tels que les routes, les voies ferrées, vitamines) ou d’une incapacité à assimiler les principaux symptômes sont la fièvre et
les ponts, les usines et les écoles dont un nutriments que contiennent les aliments. l’anémie.
pays a besoin pour fonctionner correctement. Médicaments essentiels: médicaments Pandémie: forme d’épidémie très étendue.
Insecticide: toute substance naturelle ou considérés par le Comité OMS d’experts de Papillomavirus humain: certains types de
artificielle utilisée pour tuer les insectes. la Sélection et de l’Utilisation des Médicv papillomavirus causent des verrues cutanées
caments essentiels comme indispensables et génitales chez l’homme (verrues vulgaires
Isoniazide: médicament utilisé dans le
pour répondre aux besoins sanitaires de base et condylomes acuminés), d’autres causent
traitement de la tuberculose.
d’une population. une néoplasie intra-épithéliale du col de
Ivermectine: médicament utilisé pour
Médicaments génériques: médicaments l’utérus ; ils sont responsables d’environ
atténuer les complications et la transmission
qui ne sont pas protégés par une marque ou 80 % des cancers du col et des cancers
des filarioses.
qui sont vendus sans marque ; dénomination anogénitaux et laryngés.
Larvicide: composé toxique qui tue les commune. Paralysie flasque aiguë: déficit de la
larves d’insectes (l’état larvaire précède le MICS: enquêtes en grappes à indicateurs force musculaire (hypotonie) avec abolition
stade adulte et constitue déjà une forme de multiples ; enquêtes auprès des ménages des réflexes ; peut être due à une maladie
vie indépendante). conçues par l’UNICEF pour recueillir des infectieuse, généralement d’origine virale,
La santé pour tous: le principe de faire accédv informations sur les femmes et les enfants et qui se manifeste par de la fièvre, des doulv
der tous les habitants du monde à un niveau mesurer les progrès accomplis sur la voie de leurs et des symptômes gastro-intestinaux ;
de santé qui leur permette de mener une vie la réalisation des objectifs fixés au Sommet provoquée notamment par le poliovirus.
socialement et économiquement productive. mondial pour les enfants. Parasite: plante ou animal qui vit aux
Lutte antivectorielle: lutte contre tout animal Morbidité: état de maladie ; somme des dépens d’un autre organisme vivant, à la
(généralement un arthropode – moustique, maladies dues à un agent ou à un phénomv surface ou à l’intérieur de celui-ci.
puce, mouche, tique) capable de transmettre mène particulier. Pauvreté: la pauvreté est un état de
un agent infectieux d’un hôte à un autre. Moustiquaires imprégnées d’insecticid- dénuement qui exclut tout bien-être. Outre
Macroéconomie: étude de l’économie à de: tulle trempé dans une solution chimique le manque d’argent et les privations, elle se
grande échelle, par exemple à l’échelle de qui tue les insectes qui se posent à sa caractérise par un mauvais état de santé, un
tout un pays, en tenant compte du commerce, surface ; généralement utilisées pour se protv mauvais état nutritionnel, un faible niveau
du revenu national, du taux de production, du téger pendant la nuit contre les moustiques d’instruction, la précarité des relations socialv
taux de change et de la politique financière. qui transmettent le paludisme. les, l’insécurité, le manque d’estime de soi et
Maladie à transmission vectorielle: Mycobactéries: micro-organismes acido- l’impuissance. Définie par la Banque mondiale
maladie transmise par un animal, par exemple alcoolorésistants de forme allongée, à comme un revenu inférieur à US $1 par jour.
un insecte. Cet hôte intermédiaire, qui généralv Gram positif, dont fait partie le bacille de la Pesticide: composé utilisé pour détruire les
lement ne contracte pas la maladie, transmet tuberculose. nuisibles de toutes sortes ; au nombre des
l’agent pathogène d’un organisme à un autre, Noma: grave infection gangréneuse des pesticides figurent les fongicides, les herbicidv
par exemple de l’animal à l’être humain. tissus de la cavité buccale et de la face qui des, les insecticides, les rodenticides, etc.
Maladie infectieuse: maladie résultant touche généralement les personnes débilitv Philanthropique: qui agit par bienveillance
de la transmission d’un agent pathogène ou tées et les enfants malnutris ; le pronostic envers l’humanité.
de ses substances toxiques d’une personne, est très mauvais. Pneumocystis jiroveci: micro-organisme
d’un animal contaminé ou d’un réservoir à un Obésité: état caractérisé par un excès responsable d’une forme de pneumonie chez
hôte sensible. de poids dangereux pour la santé ; chez les personnes débilitées.
Maladie non transmissible: maladie qui l’adulte, indice de masse corporelle égal ou Poliomyélite: maladie virale aiguë qui se
ne se transmet pas et qui n’est pas d’origine supérieur à 30. caractérise cliniquement par de la fièvre, des
infectieuse. Onchocercose: également connue sous le maux de gorge, des céphalées et des vomissv
Maladies cardio-vasculaires: maladies nom de cécité des rivières ; infestation par sements, souvent accompagnés d’une raideur
du cœur et des vaisseaux sanguins (accident des filaires qui siègent et se reproduisent de la nuque et du dos ; le virus peut se fixer
vasculaire cérébral, hypertension, crise dans des nodules sous-cutanés ; peut évoluer sur le système nerveux central et provoquer
cardiaque, etc.). vers la cécité ; transmise par la piqûre d’une une méningite, la destruction des cellules des
160 Rapport sur la santé dans la Région africaine
cornes antérieures de la moelle épinière et Schistosomiase: toute affection parasitaire nées. Se prévient et se traite facilement aux
une paralysie. Il existe un vaccin efficace. due aux douves du sang (schistosomes). La premiers stades par pénicillinothérapie.
Prévalence: nombre de cas de maladie enregv contamination se fait par contact avec de Système de protection sociale: disposv
gistré à un moment donné en un lieu donné. l’eau infestée. Il existe trois grandes formes sitif prévoyant le versement d’une somme
de schistosomiase – urinaire, intestinale d’argent en cas de maladie, d’accident ou
Prévalence de la contraception: proportv
et hépatosplénique – selon l’espèce de de décès, en particulier aux personnes trop
tion des rapports sexuels pendant lesquels
schistosomes incriminée, mais elles résultent pauvres pour s’acquitter d’une prime d’assurv
sont utilisés des moyens de contraception ou
principalement d’une réaction aux œufs rance individuelle.
de protection contre les infections sexuellemv
ment transmissibles. déposés dans les tissus.
Système de santé: ensemble des personnv
Prise en charge: traitement individuel du Schizophrénie: trouble mental généralemv nes, des institutions et des ressources qui
malade, par opposition aux approches axées ment chronique qui perturbe le fonctionnemv ont pour but d’améliorer l’état de santé de
sur l’ensemble de la population. ment et se manifeste par des symptômes la population en l’aidant à se soigner et à se
psychotiques tels qu’une altération de la prémunir contre la maladie.
Psychose: tout trouble mental caractérisé
pensée, de la perception, des sentiments et Taux de fécondité: nombre de naissances
par un délire et/ou des hallucinations prédv
du comportement. vivantes en un an divisé par le nombre de
dominantes qui compromettent l’aptitude à
faire face aux impératifs de la vie courante. Shigella: bactéries généralement à l’origine femmes en âge de procréer.
de la dysenterie, laquelle se caractérise par Taux de mortalité: rapport entre le nombre
Réduction de la pauvreté: mesures – en
une diarrhée sanguinolente, des coliques des décès en un an et le chiffre, au milieu
général politiques et programmes macro-
et de la fièvre ; se transmettent par voie de l’année, de la population où ils se sont
économiques, structurels et sociaux d’un pays
féco-orale, par des aliments ou des objets produits.
– destinées à favoriser la croissance économiqv
contaminés, les mouches en étant les vectv
que, faire reculer la pauvreté et rendre l’aide Taux de mortalité de l’enfant: probabilité
teurs mécaniques.
financière extérieure moins indispensable. Les (pour 1000 naissances vivantes) qu’un enfant
documents de stratégie pour la réduction de Soins prénatals: soins dispensés aux femmv né pendant une année donnée meure avant
la pauvreté, établis par les pouvoirs publics à mes enceintes (conseils relatifs à la nutrition, l’âge de cinq ans.
l’issue d’un processus participatif auquel sont à l’hygiène, au statut sérologique pour le
Taux de mortalité néonatale: nombre
associés la société civile et les partenaires du VIH, à la préparation à l’accouchement, aux
d’enfants morts dans les 27 premiers jours
développement, dont la Banque mondiale et soins et à l’alimentation du nouveau-né ;
de la vie pour 1000 naissances vivantes
le Fonds monétaire international (FMI), sont dépistage et traitement des affections telles
pendant une période déterminée.
actuellement les principaux instruments de que l’anémie, la malnutrition, la tuberculose,
lutte contre la pauvreté dans de nombreux le paludisme, l’hypertension et le diabète). Ténia: vers de l’ordre des Cestodes qui parv
pays à bas revenu. rasite l’intestin ; l’homme est le plus souvent
STEPS: approche par étapes de la
parasité par Taenia solium (contamination
Ressources humaines: ensemble des surveillance. Méthode standard simple de
par l’ingestion de viande de porc insuffisammv
personnes qui constituent la main d’œuvre. collecte, d’analyse et de diffusion des donnv
ment cuite) ou Taenia saginata (contaminv
Restrictions au commerce: législation nées sur les facteurs de risque de maladies
nation par l’ingestion de viande de bœuf
limitant le volume et le type des échanges non transmissibles (www.who.int/ncd_survv
insuffisamment cuite) ; seul le premier cause
commerciaux d’un pays. veillance/steps/riskfactor/en).
une cysticercose humaine. Peu de symptômv
Retard de croissance: dans le sens strict, Sulfadoxine-pyriméthamine: sulfamide mes indiquent avec certitude la présence de
on parle de retard de croissance quand, en retard utilisé en association avec la pyrimétv vers adultes dans les intestins.
raison d’une malnutrition chronique, la taille thamine pour faire baisser le taux de rechute Tétanos: maladie infectieuse aiguë due à
d’un enfant est inférieure d’au moins 2 écarts du paludisme. la toxine sécrétée par le bacille Clostridium
types à la taille moyenne pour l’âge. Surpoids: indice de masse corporelle égal tetani, qui pénètre dans l’organisme lors du
Rifampicine: médicament utilisé dans le ou supérieur à 25 chez l’adulte. contact d’une plaie avec le sol contaminé ; se
traitement de la tuberculose. Surveillance active: méthode de manifeste par des contractures musculaires
Rougeole: fièvre éruptive contagieuse d’origv surveillance qui fait appel aux services de et des spasmes ; la paralysie des muscles
gine virale qui se manifeste par un coryza et un proximité pour repérer les cas qui seraient respiratoires entraîne le décès par asphyxie.
catarrhe ; la période d’incubation est de deux omis par un système de dépistage et de Il existe un vaccin efficace.
semaines environ. Il existe un vaccin efficace. notification passif. Thérapie par réhydratation orale: mélv
Salmonella ou salmonelles: bactéries Syphilis: maladie générale contagieuse lange d’eau, de sel et de sucre utilisé contre
en forme de bâtonnet, tels notamment les qui peut toucher tous les organes et dont la déshydratation.
bacilles de la fièvre typhoïde et paratyphoïde, l’agent pathogène est Treponema pallidum. Traitement préventif intermittent:
qui provoquent une diarrhée violente et Se caractérise par trois stades cliniques et administration de médicaments à intervalles
douloureuse. une latence asymptomatique de plusieurs annv réguliers à une population à risque dans une
La santé des populations Glossaire 161
zone d’endémie (que les sujets visés soient Ulcère de Buruli: ulcère cutané avec VIH/SIDA: le virus de l’immunodéficience
déjà contaminés ou non) afin d’éviter les nécrose étendue du tissu graisseux sous- humaine (VIH) est l’agent étiologique, le
effets les plus graves de la maladie. cutané dû à l’infection par Mycobacterium syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA)
Trypanosomiase: en Afrique, maladie ulcerans ; tire son nom du district de est la maladie qu’il cause. Maladie mortelle
infectieuse mortelle causée par Trypanosoma Buruli en Ouganda, où il a été décrit pour la et incurable chez l’homme qui comprend
brucei gambiense ou T. brucei rhodesiense et première fois. tout un ensemble d’infections et de cancers
transmise par la piqûre de la mouche tsé-tsé ; Urbanisation: transformation d’un lieu rural relativement spécifiques résultant de la
également appelée maladie du sommeil. qui lui donne le caractère d’une ville. destruction sélective d’une partie du système
Tuberculose: maladie infectieuse due à Urgence humanitaire: situation qui immunitaire par le virus.
Mycobacterium tuberculosis, qui se transmet menace gravement la vie ou la qualité de vie Virus: agent infectieux de très petite taille
par inhalation, ingestion ou inoculation et d’un groupe de population. qui ne peut se multiplier qu’au sein des
qui, initialement, atteint le plus souvent les Vaccin: toute préparation administrée dans cellules vivantes qu’il parasite.
poumons, même si des granulomes peuvent le but de prévenir, atténuer ou traiter une Vitamine A (supplémentation en):
se former dans n’importe quel organe. maladie infectieuse en stimulant la formation doses de la substance organique normalv
Tuberculose polypharmacorésistante: d’anticorps contre certains agents pathogènv lement présente en très petites quantités
maladie provoquée par les souches de M. nes ou certaines toxines. dans les aliments naturels, administrées
tuberculosis résistantes à la rifampicine et à Vaccination par le BCG (bacille Calm- dans le but de traiter ou de prévenir une
l’isoniazide, indépendamment de leur résistv mette-Guérin): inoculation cutanée d’une carence présentant un risque de cécité
tance à d’autres antituberculeux classiques. suspension contenant une souche atténuée nocturne, de xérophtalmie, de dermatose,
Typhoïde: fièvre éruptive causée par Salmonn de Mycobacterium tuberculosis dans le but de vulnérabilité à l’infection et de retard
nella typhi. de prévenir la tuberculose. de croissance.
Bibliographie:
Chalmer’s Dictionary. Larousse. 1995.
Dorland’s Illustrated Medical Dictionary 24th ed. W.B. Philadelphia and London: Saunders Company, Philadelphia and London; 1965.
Last JM (editor). A dictionary of epidemiology. 2nd ed. Oxford: Oxford University Press; 1988.
Obésité: prévention et prise en charge de l’épidémie mondiale, OMS. Série de Rapports techniques 894. Genève: Organisation mondiale de la
Santé, 2000.
Organisation mondiale de la Santé. Glossaire de la promotion de la santé whqlibdoc.who.int/hq/1998/WHO_HPR_HEP_98.1.pdf
Statistiques sanitaires mondiales 2006. Genève: Organisation mondiale de la Santé, 2006.
Rapport sur la santé dans le monde 2001 — La santé mentale: nouvelle conception, nouveaux espoirs. Genève: Organisation mondiale de la
Santé, 2001.
162 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Index
•
Les pages qui renvoient aux figures, tableaux et encadrés sont indiquées en italiques et celles qui renvoient à l’annexe statistique (pages 129-148)
en gras. Tous les pays de la Région africaine de l’OMS étant cités dans les annexes, il n’en n’est pas fait mention dans l’index. Les définitions des
catégories statistiques employées dans l’annexe se trouvent dans les « notes explicatives » (pages 149-157) et les définitions et explications des
termes employés tout au long du rapport dans le « glossaire » (pages 158-162).
A
accidents de la route, décès 67-68
adolescentes enceintes 22
affections de la cavité buccale 72-73
aflatoxines 91
politique de santé mentale 72
poliomyélite 94
années de vie perdues
maladies non transmissibles 135
Afrique du Sud maladies transmissibles 135
baromètre sanitaire de district 112 traumatismes 135
causes de décès 66 artéméther-Iuméfantrine 53, 54
crise des personnels de santé 117 Artemisia annua, culture 11, 54, 114, 115
dépenses publiques de santé par habitant 124 association médicamenteuse comportant de l’artémisinine 53, 54, 53-54
inventaires des établissements de santé 113 aspirine 76
loi sur les produits du tabac 73 assainissement 86-87
Massive Effort Campaign 50 amélioration 86
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 Ateliers mondiaux Salm-Surv 98
B
mortalité maternelle et infantile 17
politique de santé mentale 72
prévalence de la tuberculose 48
prévalence du VIH 45 BCG (bacille Calmette-Guérin) vaccination, tuberculose 50
proTEST, Initiative 50 Bénin
Projet «villes-santé» 90 dépenses publiques de santé par habitant 124
sécurité transfusionnelle 115-117 prévention des accidents de la route 67-68
soins de santé, communautés isolées 108 salubrité des aliments 98
tuberculose/co-infection par le VIH 50 sécurité transfusionnelle 115-117
VIH/SIDA 23 bilharziose voir schistosomiase
Afrique subsaharienne Botswana
cécité, augmentation des cas 69-70 dépenses publiques de santé par habitant 124
croissance économique 5, 6 hygiène alimentaire, écoliers 99
mortalité maternelle 19 mortalité maternelle et infantile 17, 27
paludisme 38 prévalence de la tuberculose 48
source d’eau, amélioration 98 salubrité des aliments, surveillance 99
VIH/SIDA 58 sécurité transfusionnelle 115-117
voir aussi les différents pays soins de santé à domicile 121
aide financière 123 VIH/SIDA 23
Algérie brûlures 67
dépenses publiques de santé par habitant 124 Burkina Faso
facteurs de risque des maladies 65 criquets, perte des récoltes 94
financement de la santé, ressources extérieures 121-123 dépenses publiques de santé par habitant 124
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 salubrité des aliments, surveillance 99
méthode de surveillance STEPS, maladies non transmissibles 77, 78 VIH/SIDA, traitement de première intention 47
prévention des accidents de la route 67-68 Burundi
alimentation saine 78, 74-75 Association nationale de Soutien aux Séropositifs (ANSS) 46
allaitement 24 dépenses publiques de santé par habitant 124
Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination 27-30 examen des soins de santé 109
Alliance pour l’élimination du trachome d’ici l’an 2020 (GET 2020) 69-70 migration des agents de santé 119
amodiaquine 52 pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94
analyse des risques maîtrise des points critiques (HACCP) 91, 99, 100, prévalence du VIH 45
Angola réduction de la pauvreté 6
dépenses publiques de santé par habitant 124 Réseau Burundais des Personnes vivant avec le VIH/SIDA 46
dépistage du cancer du col 77 sécurité transfusionnelle 115-117
mines terrestres, réadaptation des victimes 68 Société burundaise des Femmes contre le SIDA en Afrique 46
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94 VIH/SIDA, traitement de première intention 47
La santé des populations Index 163
C
Cameroun
amélioration de l’assainissement 98
contamination des aliments, recherche 99
crise des personnels de santé 117
déchets industriels 87-89
voir aussi pollution
Déclaration d’Abuja 8, 51, 122
Déclaration de Gaborone 123
dénutrition 65-66
dépenses publiques de santé par habitant 124 dépenses publiques de santé par habitant 124
Méthode de surveillance STEPS, maladies non transmissibles 77 développement économique
migration des agents de santé 119 investissement dans la santé 6-7, 7, 8
politique de santé mentale 72 maladies infectieuses 37-38
Projet «villes-santé» 90 VIH/SIDA 7
réduction de la pauvreté 6 diabète sucré, type-2 66
VIH/SIDA, antirétroviraux 47 diarrhée
cancer(s) enfants (de moins de 5 ans)
de la cavité buccale 72-73 mortalité 135
des poumons 66 thérapie par réhydratation orale (TRO) 143
du col de l’utérus 67, 77 données fiables 112-113
du côlon 66 DOTS, stratégie de lutte contre la tuberculose 49
du foie 66-67 dracunculose 40, 41, 57
du pharynx 72 drépanocytose 71-72
taux de mortalité par cause standardisée selon l’âge 135 droit à la vue 70
Cap-Vert dysenterie 55
E
dépenses publiques de santé par habitant 124
carence
en fer 65
en vitamine A 29, 65 eau et assainissement 86-87
cataracte 69 accès à un meilleur système d’assainissement 141
cécité 69-70 accès à des sources d’eau meilleures 141
des rivières (onchocercose) 42-43, 57 initiative AFRIQUE 2000 86
chloroquine 52, 53, 114 décennies sur l’eau de boisson 86
choléra 55 OMD 7 : eau et assainissement 98
Commission du Royaume-Uni pour l’Afrique 9, 123 participation à l’amélioration de l’hygiène et de l’environnement (PHAST) 86
Comores solutions durables 96-97
dépenses publiques de santé par habitant 124 enfants,
Conférence internationale des Nations Unies sur la cécité 69
population et le développement (1994) 24 diarrhée 135, 143
conflits infection respiratoire aiguë 143
prévention et gestion 95-96 insuffisance pondérale 140
santé génésique 22 à la naissance 140
Congo malades xviii, 28, 26-30
décès dus à la guerre 93 moustiquaires imprégnées d’insecticide, utilisation par les enfants 143
dépenses publiques de santé par habitant 124 OMD 4 : santé de l’enfant 18
hygiène alimentaire, écoliers 99 retard de croissance 138-139, 140
marchés alimentaires sains 99 surcharge pondérale 140
Méthode de surveillance STEPS, maladies non transmissibles 77, 78 traitement du paludisme 143
migration des agents de santé 119 vitamine A, supplément 143
prévalence de la tuberculose 48 voir aussi mortalité
Projet «villes-santé» 90 enquête mondiale sur les jeunes et le tabac 66
salubrité des aliments 99 enquêtes
violence sexuelle 93 démographiques et sanitaires (DHS) 110
Consommation excessive d’alcool 69, 72, 75 en grappe à indicateurs multiples (MICS) 110
Contraceptifs épidémies 55-56, 93
couverture contraceptive 142 épilepsie, réinsertion des épileptiques 75
utilisation des préservatifs chez les jeunes (15-24 ans) 141 Erythrée
Côte d’Ivoire dépenses publiques de santé par habitant 124
dépenses publiques de santé par habitant 124
famine 96
étude de l’ONUSIDA 48
Méthode de surveillance STEPS, maladies non transmissibles 77, 78
migration des agents de santé 119
paludisme, efficacité des moustiquaires imprégnées d’insecticide 52
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94
sécurité transfusionnelle 115-117
systèmes d’information sanitaire 110
criquets, perte des récoltes 94
D
espérance de vie
à la naissance 134
en bonne santé (EVBS) 134
DDT 87-88 et VIH/SIDA xix
décennies sur l’eau de boisson 86
164 Rapport sur la santé dans la Région africaine
homme vs femmes 4 Guinée
Ethiopie dépenses publiques de santé par habitant 124
famine 96 dépistage du cancer du col 77
dépenses publiques de santé par habitant 124 Guinée-Bissau
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 dépenses publiques de santé par habitant 124
paludisme, traitement 53 salubrité des aliments, surveillance 99
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94 Guinée équatoriale
politique de santé mentale 72 dépenses publiques de santé par habitant 124
prévalence de la tuberculose 48 réduction de la pauvreté 6
H
Projet «villes-santé» 90
tuberculose, qualité des médicaments 114
VIH/SIDA, traitement de première intention 47
F
Haemophilus influenzae type B, vaccin 29
hépatite B
et cancer du foie 67
fièvre sécurité transfusionnelle 115-117
de Lassa 55 vaccin 29
jaune 55 hépatite C
vaccin 29 et cancer du foie 67
fièvres hémorragiques 39 sécurité transfusionnelle 115-117
filariose Iymphatique 39 hépatite E 55
financement de la santé 5, 121-125 huile de soja 74
aide financière 123 hypertension 65
I
attribution des ressources 124-125
dépenses de sécurité sociale 147
dépenses privées 147 infection respiratoire aiguë (IRA)
investissement et développement économique 7, 6-7 enfants de moins de 5 ans 143
OMS-CHOICE 124-125 Initiative «3 millions d’ici 2015» 45
participation financière des usagers 124, Initiative Afrique 2000 86, 96-97
ressources extérieures 121-123 Initiative de l’OMS Pour une grossesse à moindre risque (1999) 24, 32
statistiques des dépenses 146-148 Initiative Médicaments contre les maladies négligées (2003) 56
Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme 46
G
Initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli 56
Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (1988) 43
Initiative pour accélérer l’accès aux médicaments (2000) 47
Gabon Initiative pour la maternité sans risque 17, 24
dépenses publiques de santé par habitant 124 Intermediate Technology Development Group (ITDG) 88
isoniazide 50, 114
J
examen des soins de santé 109
migration des agents de santé 119
paludisme, qualité des médicaments 114
Gambie Journée mondiale de la Santé 2005 17
dépenses publiques de santé par habitant 124
maladies génétiques 71-72
K
migration des agents de santé 119
systèmes d’information sanitaire 110
Ghana
amélioration de l’assainissement 98 Kenya
approche sectorielle 109 accidents de la route, prévention 67-68
crise des personnels de santé 117 dépenses publiques de santé par habitant 124
dépenses publiques de santé par habitant 124 Initiative pour la Maternité sans risque 17, 24
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 inventaires des données sanitaires 113
migration des agents de santé 119 médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114
paludisme migration des agents de santé 119
paludisme, efficacité des moustiquaires imprégnées d’insecticide 52
qualité des médicaments 114
prévention de la pollution de l’air à l’intérieur des habitations 88
coûts des soins de santé 123
prévalence de la tuberculose 48
praticiens traditionnels, contrôle 74
Projet « villes-santé » 90
réduction de la pauvreté 6
salubrité des aliments, surveillance 99
salubrité des aliments 91
système d’assurance maladie 106
L
surveillance 99
santé mentale, législation 74
systèmes d’assurance maladie 106
tuberculose, qualité des médicaments 114 législation sur les normes alimentaires 74-75, 78
glaucome 69 leishmaniose viscérale 56
guerre et conflits civils 92-94 lèpre 40, 41-42, 57
La santé des populations Index 165
leptospirose 55 paludisme, qualité des médicaments 114
Lesotho politique de santé mentale 72
crise des personnels de santé 117 prévalence du VIH 45
dépenses publiques de santé par habitant 124 santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant 30
mortalité des moins de 5 ans 20 VIH/SIDA, traitement de première intention 47
prévalence de la tuberculose 48 maternité
Libéria adolescentes enceintes 22
dépenses publiques de santé par habitant 124 mortalité 17-19, 18, 19, 21-22
famine 96 OMD 5 : santé maternelle 19
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94 santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant 30, 31
situation d’après conflit et santé mentale 92 Maurice
violence sexuelle 93 dépenses publiques de santé par habitant 124
lutte contre les maladies diabète sucré, type-2 66
affections de la cavité buccale 72-73 mode de vie sain 74
drépanocytose 71-72 santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant 30, 31
épidémies 55-56, 93 santé génésique, indicateurs 11
maladies Mauritanie
cardio-vasculaires 65, 76 criquets, perte des récoltes 94
chroniques 4 dépenses publiques de santé par habitant 12
génétiques 71-72 financement des soins périnatals 32
infectieuses 38-43 soins de santé
négligées 56 examen 109
non transmissibles 63-79 VIH/SIDA, traitement de première intention 47
M
médicaments essentiels
améliorer l’accès 113-114
Madagascar politiques nationales 113
dépenses publiques de santé par habitant 124 prix 113-114
migration des agents de santé 119 méningite 55
maladie du sommeil 56 mines terrestres, réadaptation des victimes 68
maladies mode de vie
cardio-vasculaires 65, 76 changement 74-75, 78
taux de mortalité par cause standardisée selon l’âge 135 obésité et dénutrition 65-66, 76
chroniques 4 tabous en matière de nutrition 19
infectieuses mortalité
et développement économique 37-38 causes, selon l’âge 69
stratégies de lutte 38-43 moins de 1 an 134
négligées 56 moins de 5 ans 134, 135, 138
non transmissibles 63-79 suivant la cause
années de vie perdues 135 collecte des données 111
facteurs de risque 64 infantile 26, 48, 134, 135
méthode de surveillance STEPS 77, 78 maternelle 17-19, 18, 19, 21-22, 134
mortalité 135 moins de 5 ans 17-18, 18, 20, 21, 26, 134
nouvelle menace 64, 63-65 néonatale 19, 19-20, 134, 135.
taux par cause standardisée selon l’âge 135 taux 8
vs transmissibles 5 tuberculose, parmi les VIH-négatifs 135
taux de mortalité 8 tuberculose, parmi les VIH-positifs 135
transmissibles, années de vie perdues 135 VIH/SIDA 135
voir aussi les différentes maladies taux de mortalité des adultes (15-60 ans) 134
Malawi taux standardisé selon l’âge
crise des personnels de santé 117, 118 cancer 135
dépenses publiques de santé par habitant 124 maladies cardio-vasculaires 135
lutte contre la schistosomiase 39, 97 maladies non transmissibles 135
migration des agents de santé 119 traumatismes 135
mortalité des moins de 5 ans 20 moustiquaires imprégnées d’insecticide
prévalence de la tuberculose 48 efficacité 51-52
Mali utilisées par des enfants (moins de 5 ans) 143
criquets, perte des récoltes 94 Mozambique
dépenses publiques de santé par habitant 124 hygiène alimentaire, écoliers 99
fièvre hémorragique, virus Marburg 39, 94 dépenses publiques de santé par habitant 124
financement des soins de santé maternels 32 marchés alimentaires sains 99
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 mortalité des moins de 5 ans 20
migration des agents de santé 119 paludisme, qualité des médicaments 114
mouvements de population 93-94 pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94
166 Rapport sur la santé dans la Région africaine
prévalence de la tuberculose 48 Organisation mondiale du Commerce xvii
Projet «villes-santé» 90 Ouganda
soins de santé, approche sectorielle 109 accidents de la circulation routière 68
mutilations génitales féminines 19, 24 crise des personnels de santé 117, 120
mycotoxines 90-91 dépenses publiques de santé par habitant 124
N
jeunes fumeurs 66
inventaires des établissements de santé 113
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114
naissances personnes déplacées 94
accoucheuses 27, 139, 142 prévalence de la tuberculose 48
par césarienne 143 réduction de la pauvreté 6
Namibie santé de la mère et du nouveau-né 30
crise des personnels de santé 117 SIDA, soins simplifiés 122
dépenses publiques de santé par habitant 124 soins de santé, approche sectorielle 109
mortalité des moins de 5 ans 20 tuberculose, qualité des médicaments 114
P
prévalence de la tuberculose 48
Projet «villes-santé» 90
sécurité transfusionnelle 115-117
Niger paludisme 7, 38, 51-55
criquets, perte des récoltes 94 Artemisia annua 11
dépenses publiques de santé par habitant 124 changement de politique médicamenteuse 54
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94 coûts des soins de santé 123
prévalence du VIH 45 Déclaration d’Abuja 51
Projet «villes-santé» 90 Massive Effort Campaign, Afrique du Sud 50
systèmes d’information sanitaire 110 mortalité, enfants (de moins de 5 ans) 135
Nigéria moustiquaires imprégnées d’insecticide
dépenses publiques de santé par habitant 124 efficacité 52, 51-52
éradication de la dracunculose 40 utilisées par des enfants (moins de 5 ans) 143
éradication de la lèpre 40 OMD 6 : VIH/SIDA, paludisme et autres maladies 38, 58
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 prévalence 51
migration des agents de santé 119 prix du traitement 53, 54, 55, 57
ordures ménagères 89 pulvérisation d’insecticide 52
prévalence de la tuberculose 48 qualité des médicaments 114
promouvoir de bonnes habitudes alimentaires 75 résistance aux médicaments 52-53
réduction de la pauvreté 6 traitement du paludisme , enfants de moins de 5 ans 143
système d’assurance maladie 106 papillomavirus humain 67
noma 72-73 paralysie flasque aiguë 43
Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) 9, 122 Partenariat mondial pour le développement : OMD 8 10
noyades 67 Partenariat pour une maternité sans risque et la santé
O
du nouveau-né (2005) 24
Participation à l’amélioration de l’hygiène et de
l’environnement (PHAST) 86, 96-97, 100
obésité 65-66, 76 pauvreté
adultes (plus de 15 ans) 140 et mauvaise santé xviii, 3-4
vs dénutrition 65-66 OMD 1 : pauvreté 6, 85-86
objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) 5, 10 population vivant en dessous du seuil de 133
OMD 1 : pauvreté 6, 85-86 réduction 94-95
OMD 4 : santé de l’enfant 18 peste 55
OMD 5 : santé maternelle 19 pesticides 90
OMD 6 : VIH/SIDA, paludisme et autres maladies 38, 58 planification familiale 26
OMD 7 : eau et assainissement 98 pneumonie
OMD 8 : partenariat mondial pour le développement 10 mortalité, enfants (de moins de 5 ans) 135
OMS Pneumocystis jiroveci 47-48
Commission Macroéconomie et Santé 5, 122 poliomyélite (polio) 41,43,57,94
Projet CHOICE 124-125 cas confirmés 136-137
Région africaine Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (1988) 43
introduction xvii-xix réseau régional des laboratoires de la poliomyélite de la Région africaine 43
Etats Membres xix, 130 pollution 87-89
voir aussi initiatives mondiales chimique 87-89
onchocercose 42-43, 57, 69 de l’air à l’intérieur des habitations 87, 87
Programme africain de lutte contre l’onchocercose (1995) 42 polychlorobiphényles 89
Programme de lutte contre l’onchocercose (1974) 42 populations 132
ordures ménagères 89 pouvoir d’achat, par Région 5
Organisation de l’Unité africaine (OUA) 9
La santé des populations Index 167
prise en charge intégrée des maladies de l’adolescent vaccination 29-30, 139
et de l’adulte (PCIMAA) 47 Rwanda
prise en charge intégrée des maladies de l’enfant dépenses publiques de santé par habitant 124
(PCIME) 17, 26-27 financement de la santé, ressources extérieures 121-123
produit intérieur brut (PIB) 3-4 inventaires des établissements de santé 113
produit national brut, par habitant 133 prévention des accidents de la route 67-68, 70
programme sur la prévention de la transmission du VIH sécurité transfusionnelle 115-117
de la mère à l’enfant (2002) 25 tuberculose, qualité des médicaments 114
S
programmes verticaux, systèmes des soins de santé 107-109
ProTEST, Initiative 50
R
Salmonella 90-91, 98
salubrité des aliments 90-91, 98-99
Rapport sur la santé dans le monde santé mentale 70-71, 72
2001 : La santé mentale : nouvelle conception, nouveaux espoirs 65 législation 74-76
2002 : Réduire les risques et promouvoir une vie saine 81 Sao Tome et Principe
2003 : Façonner l’avenir 79 dépenses publiques de santé par habitant 124
2004 : Changer le cours de l’histoire 81 migration des agents de santé 119
2005 : Donnons sa chance à chaque mère et à chaque enfant 17, 18 schistosomiase 39, 97
2006 : Travailler ensemble pour la santé 117 Programme national de lutte contre les bilharzies, Malawi 97
registres de l’état civil 111 scolarisation primaire 133
repositionnement de la planification familiale 26 sécurité transfusionnelle 115-117
République centrafricaine sel, réglementer la quantité de sel dans les aliments 75
dépenses publiques de santé par habitant 124 Sénégal
examen des soins de santé 109 amélioration de l’assainissement 98
famine 96 criquets, perte des récoltes 94
migration des agents de santé 119 crise des personnels de santé 117
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94 dépenses publiques de santé par habitant 124
Projet «villes-santé» 90 tuberculose, qualité des médicaments 114
République démocratique du Congo VIH/SIDA, traitement de première intention 47
famine 96 Seychelles
pays en phase de relèvement, soutien de l’OMS 94 dépenses publiques de santé par habitant 124
République du Congo voir Congo diabète sucré, type-2 66
République-Unie de Tanzanie santé de la mère et du nouveau-né 30
Artemisia annua, culture 11, 54, 114, 115 SIDA voir VIH/SIDA
accident vasculaire cérébral 65 Sierra Leone
coûts des systèmes de santé 105 dépenses publiques de santé par habitant 124
dépenses publiques de santé par habitant 124 prévalence de la tuberculose 48
dépistage du cancer du col de l’utérus 77 réduction de la pauvreté 6
diabète 76 situation d’après conflit et santé mentale 92
marchés alimentaires sains 99 situations d’urgence 92-94
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 Société burundaise des Femmes contre le SIDA en Afrique 46
migration des agents de santé 119, 120 soins de santé
prévalence de la tuberculose 48 agents de santé
projet tanzanien pour les interventions essentielles accoucheuses 144
en matière de santé 11, 28 agents de la santé publique et de l’environnement 145
salubrité des aliments, surveillance 99 communautaires 145
soins de santé dentistes 144
approche sectorielle 109 médecins 144
examen 109 migration 119
systèmes d’information sanitaire 110 personnel infirmier 144
tuberculose, qualité des médicaments 114 personnel sanitaire, administratif et d’appui 145
Réseau Burundais des Personnes vivant avec le VIH/SIDA 46 pharmaciens 145
réseau de métrologie sanitaire 111 techniciens de laboratoire 145
réseau régional des laboratoires de la poliomyélite de la Région africaine 43 approche sectorielle 109-110
ressources humaines 117-121 communautés isolées 108
voir aussi agents de santé coûts 3, 105
ressources médicales 53, 54, 55, 57, 76-77 développement 107
revenu, par jour 5 enquête auprès des ménages 110
rifampicine 114 et VIH/SIDA 107
risques pour la santé liés à l’environnement 85-86 fiabilité des données 112-113
rougeole main d’œuvre 12
mortalité, enfants (de moins de 5 ans) 135 participation communautaire 30-31, 121
168 Rapport sur la santé dans la Région africaine
programmes verticaux 107-109 mortalité, enfants (de moins de 5 ans) 135
public vs privé 106-107 mortels 67-68
registres d’état civil 111 taux de mortalité par cause standardisée selon l’âge 135
sensibilisation de l’opinion 77 triméthoprime-sulfaméthoxazole 48
systèmes de santé 105-126 tuberculose 38, 48-51
avenir 125-126 BCG, vaccination 50
définition 106 co-infection par le VIH 48-49, 50
faiblesse 23, 105 détection des cas 38, 143
soins prénatals 20-21, 27, 142 diagnostic 49
solutions durables, eau et assainissement 96-97 incidence, Région OMS 58, 136
Sommet du G8, 2005 10 Massive Effort Campaign, Afrique du Sud 50
Statistiques sanitaires mondiales 2006 131 prévalence 136
statistiques sur les dépenses de santé 146-147 ProTEST, Initiative 50
Stratégie mondiale de l’OMS pour l’alimentation, qualité des médicaments 114
l’exercice physique et la santé 75 souches polypharmacorésistantes 50
Stratégie mondiale pour l’alimentation du stratégie DOTS 49, 108, 143
U
nourrisson et du jeune enfant 27
stratégie pharmaceutique 113-114
Stratégie régionale de lutte contre la lèpre 41-42
sucre, quantités dans les aliments 75 ulcère de Buruli 56
sulfadoxine-pyriméthamine 52-54, 53, 114 urbanisation 89-90
surveillance intégrée de la maladie et de riposte (IDSR) 55 utilisation de combustibles solides 141
utilisation des préservatifs chez les jeunes (15-24 ans) 141
V
Swaziland
dépenses publiques de santé par habitant 124
prévalence de la tuberculose 48
sécurité transfusionnelle 115-117 vaccin antidiphtérique-antitétanique-anticoquelucheux (DTC3) 27, 29
syphilis vaccination 27-29
sécurité transfusionnelle 115-117 couverture 29, 142
Système mondial de surveillance et d’évaluation de la DTC3 29
contamination des produits alimentaires (GEMS/FOOD) 98-99 fièvre jaune 29
Systèmes Haemophilus influenzae type B 29
d’assurance maladie 106 hépatite B 29
d’information sanitaires 110
T
rougeole 29
variole 57
vecteurs, insectes 38-39, 42
tabac maladies infectieuses 39,42
commercialisation 73, 78 VIH/SIDA xviii,7, 23, 38, 44-48
usage du 66, 72, 141 Association nationale de Soutien aux Séropositifs (ANSS) 46
tabagisme 66, 72-73 centres de connaissance régionaux 47
tabous en matière de nutrition 19 chez les jeunes 45
Tanzanie voir République-Unie de Tanzanie et les ressources du système de santé 107
taux d’alphabétisation chez l’adulte 133 et tuberculose 48-49, 50
taux de fécondité 26, 132 incidence, Régions OMS 58
adolescent 132 Initiative «3 millions d’ici 2005» 45, 107
Tchad Initiative pour accélérer l’accès aux médicaments (2000) 47
criquets, perte des récoltes 94 Massive Effort Campaign, Afrique du Sud 50
dépenses publiques de santé par habitant 124 mortalité, enfants (de moins de 5 ans) 135
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114 mortalité infantile 48
soins prénatals 23 OMD 6: VIH/SIDA, paludisme et autres maladies 38, 58
tuberculose, qualité des médicaments 114 Pneumocystis jiroveci, pneumonie à 47-48
thérapie antirétrovirale (TARV) 45, 50, 143 prévalence 44-45, 136-137
Initiative pour accélérer l’accès aux médicaments (2000) 47 prix 47, 46-47
prix 47, 46-47 sécurité transfusionnelle 115-117
thérapie par réhydratation orale, diarrhée 143 soins simplifiés aux malades du SIDA 122
Togo soutien psychosocial aux mères séropositives 25
dépenses publiques de santé par habitant 124 taux de mortalité 135
Projet «villes-santé» 90 thérapie antirétrovirale (TARV) 45, 46-47
réinsertion des épileptiques 75 transmission mère-enfant 25, 48
sécurité transfusionnelle 115-117 viol 22, 44, 93
trachome 69-70 violence 67-68
tradipraticiens 75-76 sexuelle 22, 44, 93
traumatismes virus Ebola 39
années de vie perdues 135 VISION 2020 70
La santé des populations Index 169
Z
Zambie
dépenses publiques de santé par habitant 124
émigration des agents de santé 119
soins de santé, approche sectorielle 109
VIH/SIDA, traitement de première intention 47
Zimbabwe
crise des personnels de santé 117
dépenses publiques de santé par habitant 124
médicaments essentiels, enquête sur les prix 113-114
paludisme, qualité des médicaments 114
Projet «villes-santé» 90
sécurité transfusionnelle 115-117
service prénatal 23
VIH/SIDA 23, 25
170 Rapport sur la santé dans la Région africaine
Catalogage à la source: Bibliothèque de l’OMS
Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional de l’Afrique.
La santé des populations : le rapport sur la santé dans la Région africaine / Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Afrique.
1.Santé publique. 2.Développement. 3.Délivrance soins. 4.Etat sanitaire. 5.Afrique. I.Titre.
ISBN 92 9 031103 7 (NLM classification: WA 541.HA1)
ISBN 978 92 9 031103 4
© Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Afrique, 2006
Tous droits réservés. Il est possible de se procurer les publications de l’Organisation mondiale de la Santé auprès des Editions de l’OMS,
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Le présent rapport a été établi par une équipe du Bureau régional de l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sous la direction générale du
Dr Luis G. Sambo et du Dr Paul-Samson Lusamba. L’équipe a été coordonnée par les Docteurs Derege Kebede, Amidou Baba-Moussa et Doyin Oluwole ;
elle était composée des Docteurs Rufaro Chatora, Alimata J. Diarra-Nama, Antoine Kabore, Chris Mwikisa et James Mwanzia. Les personnes suivantes ont
également collaboré à l’établissement du rapport : les Docteurs Djamila Cabral, Colette Dehlot, Abayneh Desta, Antonio Filipe Jr, Joses Muthuri Kirigia, Allel
Louazani, Magda Robalo, Moeti Matshidiso, Patience Mensah, Fidelis Morfaw, Seipati Mothebesoane-Anoh, Tigest Ketsela, Benjamin Nganda, Dosithée Ngo
Bebe, Louis H. Ouedraogo, Martins Ovberedjo, Thebe A. Pule, Edoh Soumbey-Alley, Thomas Sukwa, Prosper Tumusiime et Rui Gama Vaz. L’équipe tient
à remercier de leur concours les membres du personnel du Bureau régional OMS de l’Afrique dont les noms suivent : Thérèse Agossou, Sam Ajibola, Doris
Durao, Wenceslas H. Kouvividila, Jennifer Nyoni, Jean Y. Ramde et Khoko Soumahoro.
L’élaboration et la mise en forme rédactionnelle du rapport ont été assurées par l’équipe du Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé : Saba
Amdeselassie, Diane d’Arcis, Fiona Fleck, Laragh Gollogly, Sophie Guetaneh Aguettant, Gael Kernen, Hooman Momen, Brenda Morris, Ian G. Neil, Kaylene
Selleck, Ramesh Shademani.
Les journalistes dont les noms suivent ont fourni des documents : Mawusi Afele (Ghana), Arthur Asiimwe (Rwanda), Judith Basutuma (Burundi),
Lauren Beukes (Afrique du Sud), Richard Brass (Royaume-Uni), Pam Chepki (République-Unie de Tanzanie), Phil Dickie (Suisse), Anil Gundooa (Maurice),
Karen Iley (Angola), Pushpa Jamieson (Malawi), Douglas Kimani (Kenya), Pelekelo Liswaniso (Zambie), Peter Masebu (Sénégal), Rodrick Mukumbira
(Botswana), Helen Nyambura (République-Unie de Tanzanie), Paul Okunlola (Nigéria), Abiodun Raufu (Nigéria), Tsitsi Singizi (Zimbabwe), Sarah Venis
(Ethiopie), Charles Wendo (Ouganda), Jacqui Wise (Afrique du Sud).
L’équipe tient à remercier les membres du personnel de l’OMS dont les noms suivent : Samira Aboubaker, James Bartram, Robert Beaglehole, Michel
Beusenberg, Zoe Brillantes, Jose Carlos Martines, Carlos Corvalan, Timothy Evans, Michelle Funk, Maria Guraiib, Mie Inoue, Doris Ma Fat, Elizabeth Mason,
Colin Mathers, Zoe Matthews, Jane McElligott, Chandika Indikadahena, Quazi Monirul Islam, Federico Montero, Tunga Namjilsuren, Ariel Pablos-Mendez,
Gilles Poumerol, Thomson Prentice, Shekhar Saxena, Kenji Shibuya, Laura Sminkey, Nadia Soleman, Tessa Tan-Torres, Michel Thieren, Phyllida Travis, Colin
Tutuitonga, Nathalie Van de Maele, Mark van Ommeren, Jelka Zupan.
Elle tient également à remercier Don de Savigny et Kamran Abbasi de leur concours.
La traduction en français a été assurée par le Service de traduction du Siège de l’Organisation mondiale de la Santé.
Imprimé en Suisse.
Pour plus d’informations sur cette publication, veuillez vous adresser à :
OMS – Bureau régional de l’Afrique
Brazzaville/République du Congo