SIDA en Afrique : Scénarios du Futur
Le rôle de la médecine traditionnelle dans le combat de l'Afrique contre le VIH/SIDA
Erick V. A. Gbodossou, MD
Virginia Davis Floyd, MD, M/H
Charles Ibnou Katy, MA
Auteurs :
• Erick V.A. Gbodossou, MD est le président de PROMETRA international (Dakar,
Sénégal), il est médecin et est en même temps un initié à la médecine traditionnelle
(Bénin)
• Virginia Davis Floyd, MD, MPH est une spécialiste des Savoirs Traditionnels à
Spelman College (Etats-Unis) et Directrice Exécutive de PROMETRA Etats-Unis
• Charles Ibnou Katy, MA est coordonnateur des services de recherche et des malades
au Centre Expérimental des Médecines Traditionnelles (Fatick, Sénégal)
Résumé : Les différentes voies par lesquelles les tradipraticiens doivent s’impliquer de
manière stratégique dans la lutte contre le SIDA en Afrique sont exposées. Mettant l’accent
sur le rôle prépondérant des guérisseurs traditionnels dans la prise en charge médicale et leur
influence dans la vie quotidienne des communautés africaines, les auteurs expliquent de façon
concrète les rôles que peuvent jouer les tradipraticiens et les organisations dans la recherche
scientifique, l'éducation et la prévention, le traitement, et l'élaboration des politiques pour le
SIDA. Actuellement sous utilisés et marginalisés, les auteurs interpellent la science et les
gouvernements internationaux pour qu’ils comprennent que sans une réelle implication des
tradipraticiens, la lutte contre le SIDA en Afrique est incomplète ou inefficace. Des
recommandations sont faites pour la légalisation et la reconnaissance de la médecine
traditionnelle, soutenir la recherche scientifique en médecine traditionnelle de qualité, assurer
la protection des droits de propriété intellectuelle, utiliser des thérapies traditionnelles
prouvées efficaces pour le SIDA, et accroître la collaboration entre la médecine traditionnelle
et la médecine moderne.
Mots clés : Médecine traditionnelle, médecine alternative complémentaire, accès à la santé,
intégration des médecines moderne et traditionnelle, la politique et le plaidoyer
Pendant que le monde continue d’observer les ravages faits par la pandémie du SIDA dans
tout le continent africain, nous nous rendons compte qu'une ressource de valeur à savoir la
médecine traditionnelle et ses tradipraticiens est sous utilisée. On dit souvent pour qu’un
message d'éducation soit compris de tous et pour que le comportement vis-à-vis de la santé
puisse être positivement modifié, il faut deux choses: le bon message et le bon messager. Pour
les millions de citoyens des pays en développement de par le monde, le bon messager reste le
tradipraticien. Si nous voulons avoir un impact significatif sur la trajectoire de la pandémie du
SIDA en Afrique, nous ne pourrons y arriver sans une participation significative des
tradipraticiens et des organisations de médecine traditionnelle.
Le Rôle de la Médecine Traditionnelle dans le Combat de l'Afrique contre le VHI/SIDA
Main d'oeuvre et Messagers
Les guérisseurs traditionnels sont la principale ressource en matière de main d'oeuvre dans le
domaine de la santé en Afrique. Les guérisseurs traditionnels sont souvent le seul recours
médical pour bon nombre de populations en Afrique. Dans beaucoup de cas, ils sont la source
préférée dans le domaine de la santé. On estime qu'entre 80% à 85% de la population
d’Afrique sub-Saharienne reçoivent son éducation sanitaire et ses soins médicaux des
tradipraticiens1. Les tradipraticiens dépassant de loin les médecins modernes, sont
culturellement acceptés et respectés, et universellement mieux situés. Les statistiques de
l’OMS/AFRO reprises dans ce tableau2 ci-dessous, indiquent la proportion de traipraticiens
par habitant ce qui met en exergue cette répartition de la main d'oeuvre.
Proportion des tradipraticiens par Habitant
tradipraticiens Médecins Moderne
Le Zimbabwe 1:600 1:6250
Le Swaziland 1:100 1:10000
Le Ghana 1:200 1:20000
L'Ouganda 1:700 1:25000
La Tanzanie 1:400 1:33000
Le Mozambique 1:200 1:50000
Les guérisseurs traditionnels sont des membres respectés de la communauté jouant une
fonction multidisciplinaire. Ils sont d’une importance capitale dans les domaines de la santé,
de la gouvernance, des conflits familiaux, mariage/ divorce, la sexualité/ l’infertilité et la
pédiatrie. Ils sont bien informés des normes culturelles (souvent, ils sont les médiateurs des
comportements en société), de la langue et des traditions locales, faisant d’eux un canal idéal
pour la transmission d’information nouvelle et positive. Leur conseil est recherché, cru et
appliqué par les membres de la Communauté. Leur nombre et répartition géographique
facilitent l'accès ce qui n'est pas toujours le cas des médecins et des dispensaires. Leur rôle
dans des domaines non médicaux fournit une éducation intermédiaire dans beaucoup de
communautés. Leur influence sur les décideurs et chefs religieux renforce leur impact.
Il est tout à fait logique que si on veut communiquer un message de santé aux populations des
pays en développement, on devra passer par le messager en qui les populations ont confiance
et respectent. Si on veut influencer sur les comportements en matière de santé, il est plus
logique de chercher l’appui de ceux qui disposent d’une grande influence – là aussi, il s’agit
des guérisseurs traditionnels Africains. Si on veut fournir des services aux patients, il nous
faudra utiliser les fournisseurs les plus proches de la communauté et pouvant avoir un impact
réel sur la maladie. Les guérisseurs traditionnels qui sont soutenus et formés de manière
scientifique, sont d’excellents agents en Information, Education et Communication (IEC).
Organisés et bien formés, ils sont une main d’œuvre sanitaire très importante et une ressource
de consultation.
1
Organisation Mondiale de la Santé Stratégie de Médecine Traditionnelle 2002 – 2005
PROMETRA – Etudes sue les Connaissances, Attitudes et Pratiques (CAP), Dakar, Sénégal 1996 – 2000
ONUSIDA, Collaboration avec la Médecine Traditionnelle dans la Prévention et le traitement du SIDA en
Afrique sub- Saharien : Revue de la Littérature, Collection sur les Meilleures Pratiques Juin 2000
2
Organisation Mondiale de la Santé, Bureau Régional Afrique, Programme de la Médecine Traditionnelle,
« Mise en application de la Stratégie Régionale pour la Promotion de la Médecine Traditionnelle dans les
Systèmes de Santé »
L'Environnement Juridique
La médecine traditionnelle demeure illégale dans beaucoup de pays africains, ceci malgré le
fait que la majorité des populations africaines utilise les services de cette dernière ; ce qui est
surprenant. L’enquête réalisée par l’Organisation Mondiale de la Santé en 2001 sur le statut
juridique de la médecine traditionnelle et complémentaire/ alternative indique que sur 44
nations Africaines enquêtées, 61% dispose de statut juridique concernant la médecine
traditionnelle3. Cependant, même avec le statut juridique en place, des politiques nationales ne
sont pas toujours mises en application. Le mandat souvent de certification ou d'autorisation
est assigné à une autorité gouvernementale locale sans uniformité nationale. Dix-sept nations
ont des conseils locaux et nationaux pour s’occuper de la médecine traditionnelle. Des degrés
variables d’implication dans le système de santé national sont énumérés. Aucune nation
africaine enquêtée ne prend en charge ou ne rembourse les soins en matière de médecine
traditionnelle.
L'OMS classifie la collaboration entre la santé nationale et les systèmes traditionnels de
médecine soit comme étant intégrateur, inclusif ou tolérant. Aucune nation africaine
n'exemplifie un système intégrateur ; deux (le Ghana et le Nigéria) sont classés comme
inclusifs ; la majorité adopte la description des systèmes tolérants. Dans cette catégorie le
système national de santé est basé entièrement sur la médecine allopathique, mais un certain
nombre de pratiques en MT/MAC sont tolérées par la loi. Comme legs de la longue histoire
et restes de la colonisation européenne, les lois désuètes demeurent sur les livres proscrivant
la pratique de la médecine traditionnelle. Ces lois sont souvent négligées et la pratique de la
médecine traditionnelle est acceptée et tolérée dans tout le continent. La pression de la
médecine occidentale organisée aide également à mettre sur la touche la médecine
traditionnelle, la confinant hors des discussions politiques et spécifiquement hors des plans
stratégiques nationaux de santé et des systèmes officiels.
Le plan stratégique quinquennal de l'Organisation Mondiale de la Santé sur la Médecine
Traditionnelle (MT) et la Médecine Alternative Complémentaire (MAC)4 a avancé une série
de recommandations pour ses 196 Etats membres. La reconnaissance et la légalisation
officielle de la médecine traditionnelle par les gouvernements nationaux, et son incorporation
dans les systèmes nationaux de santé représentent les principales recommandations du
rapport. Les besoins prioritaires pour accroître la disponibilité et l'accessibilité des MT/MAC
soulignés par l’ OMS incluent :
• L’identification des thérapies et des produits des MT/MAC les plus sûres et les plus
efficaces
• La recherche de traitement sûr et efficace des MT/CAM pour les maladies qui
représentent un fléau en particulier pour les populations les plus démunies.
• La reconnaissance du rôle des praticiens de la MT dans les soins de santé des pays en
développement
• L’optimisation et la revalorisation des praticiens de la MT dans les pays en
développement
• La protection et la préservation des connaissances endogènes en MT
• La Culture durable des plantes médicinales
3
Rapport de l’OMS : Statut Juridique de la Médecine Traditionnelle et Complémentaire/ Médecine Alternative :
Revue Mondiale, 2001
4
OMS Stratégie de la Médecine Traditionnelle 2002 - 2005
Tout au long de la décennie passée, beaucoup d'organisations et d’agences gouvernementales
ont réclamé une collaboration plus étroite entre la médecine traditionnelle et celle dite
moderne5. Récemment l'Union Africaine a déclaré la période 2001 – 2010 comme la
Décennie de la Médecine Traditionnelle Africaine. La médecine traditionnelle est énumérée
comme une stratégie importante dans le NEPAD – Nouveau Partenariat pour le
Développement de l'Afrique6. Cependant, La reconnaissance et la légalisation officielle de la
médecine traditionnelle continue de prendre forme petit à petit dans les systèmes législatifs
des nations africaines.
Organisations Africaines de la Médecine Traditionnelle
PROMETRA international - l'Association pour la Promotion de la Médecine Traditionnelle7 (
[Link] ) est une ONG internationale sise à Dakar, Sénégal, dont le but est de
préserver la médecine traditionnelle africaine et la science endogène par la recherche,
l'éducation, le plaidoyer et la pratique. PROMETRA international a vingt et une (21)
antennes à travers l'Afrique, l'Europe, les Caraïbes et les Etats-Unis. Toutes les antennes sont
officiellement reconnues par leurs gouvernements, et toutes les antennes (excepté les Etats-
Unis) sont associées à des organisations de tradipraticiens. PROMETRA conduit la recherche
scientifique, abrite des conférences internationales, édite un journal bilingue trimestriel
intitulé "médecine Verte" et coordonne un large réseau continental des organisations oeuvrant
pour la promotion de la médecine traditionnelle africaine. PROMETRA a initié des
partenariats internationaux avec des institutions académiques en Afrique, aux Etats-Unis, et
en Europe.
PROMETRA est une ONG unique parce qu'elle coordonne un grand réseau d’organisations
certifiées en médecine traditionnelle qui touche littéralement des milliers de personnes à
travers le monde. Ces personnes sont sensibilisées et influencées par leurs tradipraticiens au
moment de la prise de décision médicale individuelle et de celle de leur famille. Elles sont
touchées dans les moments de maladie, joie, douleur, accouchement, décisions matrimoniales
et résolution de conflit. Pour s'assurer que cette grande, influente main d'oeuvre de santé est
suffisamment bien informée sur les méthodes d'infection par le VIH et pour diminuer des
incidents du charlatanisme et des pratiques nuisibles, PROMETRA8 fournit la formation en
utilisant la méthode FAPEG et celle éducative9. Le bureau régional de l’OMS pour l'Afrique
(AFRO) développe également des modules de formation, des guides et des modèles de
protocoles qui visent à augmenter la qualité d'intervention des tradipraticiens10.
PROMETRA n'est pas une organisation de guérisseurs traditionnels. Il existe beaucoup
d’organisations de médecine traditionnelle bien structurées et reconnues officiellement partout
en Afrique. Malango, l'association des guérisseurs traditionnels de la région de Sine au
5
Green, Edward : Guérisseurs Endogènes et l’Etat Africain : Guérisseurs endogènes du Mozambique et de
l’Afrique du Sud, 1996
Organisation Mondiale de la Santé
Agence Américaine pour le Développement International (USAID)
6
NEPAD – Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
7
PROMETRA International , BP 6134 Etoile, Sénégal Tel: ( 221) 832 28 50 FAX : (221) 832 57 49
9
PROMETRA International, Méthode FAPEG Formation d’Auto- Perfection des Guérisseurs, Edition
METRAF, Mai 2000
10
AFRO a reçu un soutien de l’ Agence Canadienne de Développement International (ACDI) – environ 6, 5
million de Dollars pour un Projet d’Education de 5ans (Février 2005)
Sénégal regroupe 550 guérisseurs certifiés. L'association nationale des guérisseurs
traditionnels du Zimbabwe (ZINATHA) a été fondée en 1980 et compte 55.000 adhérents. Le
collectif des praticiens modernes et traditionnels contre le SIDA (THÊTA) en Ouganda
regroupe les praticiens traditionnels et modernes. Des guérisseurs traditionnels sont organisés
en degrés divers dans toutes les nations africaines.
La Recherche Scientifique en Médecine Traditionnelle
Le rôle de la médecine traditionnelle englobe plus que la prévention dans la lutte contre
VIH/SIDA. Son rôle dans le traitement du VIH/SIDA est également important à comprendre.
Il est impératif que la recherche scientifique soit conduite pour l'efficacité des thérapies de la
médecine traditionnelle africaine. Cette recherche validera les croyances de longue date et les
résultats positifs empiriques qui sont connus un peu partout en Afrique. Couplé à la protection
appropriée des droits de la propriété intellectuelle, cette recherche fournira la réponse
importante à cette vieille équation à savoir "si la médecine traditionnelle africaine marche" ?
Cette recherche permettra également d’éliminer le degré inacceptable de charlatanisme qui
existe partout en Afrique et perpétuée sous le couvert de la pratique de la médecine
traditionnelle.
Bien que les principes de la recherche scientifique occidentale ne soient pas facilement
applicables à toutes les formes de médecines traditionnelles africaines telles que la divination
et la thérapie de la transe, elles sont appropriées pour mesurer l'efficacité des plantes
médicinales africaines. L'industrie pharmaceutique occidentale ne trouve aucun intérêt à
soutenir la recherche de médicaments à base de plantes médicinales au coût réduit car les
résultats positifs freineraient le marché lucratif que constituent pour eux les médicaments anti-
rétroviraux – en particulier si ces médicaments à base de plantes médicinales étaient
accessibles aux marchés Européens et Américains. En attendant que la médecine
traditionnelle soit respectée et protégée, il est clair que les compagnies pharmaceutiques ne
seront pas les associés ou collaborateurs de confiance des organisations de la médecine
traditionnelle. L'aide financière pour cette importante recherche doit venir des gouvernements,
des fondations et des donateurs bilatéraux.
PROMETRA international mène une recherche scientifique sur l'efficacité des plantes
médicinales Africaines dans le domaine du VIH/SIDA, le diabète, l’hépatite virale, les
hémorroïdes et les dermatoses. Conduire une recherche scientifique qui réponde aux normes
internationales est une entreprise difficile, et coûteuse pour des groupes de tradipraticiens. Le
programme de développement et de conservation de la Biodiversité (BDCP) du Nigéria
conduit une recherche scientifique extensive pour le développement des plantes médicinales
utiles dans le traitement des maladies qui ravagent le continent africain, y compris le
VIH/SIDA11. Le Comité consultatif Africain pour la Recherche en Santé et le Développement
(AACHRD) a passé une résolution qui appelle à une recherche poussée dans la médecine
traditionnelle en Afrique et les activités courantes décrites de recherches. L'OMS affirme
qu’en Afrique, 21 sur les 46 pays disposent d’instituts pour effectuer des recherches dans la
11
Rapport de la Conférence Internationale sur le rôle de la Médecine Traditionnelle dans le VIH/SIDA et le
Paludisme, Programme de Développement et de Conservation de la Biodiversité, Lagos, Nigeria et le Centre
International pour le Développement de l’Ethnomédecine et du Médicament (CIDEM), Université du Nigeria,
Nsukka, Nigeria, Décembre 2000 – [Link]
médecine traditionnelle12. Cependant, la majorité des universités africaines, les écoles de
médecines et les instituts de recherches n'accordent pas une grande importance à la recherche
en médecine traditionnelle. Il existe quelques exceptions à cette généralisation avec de
nouveaux programmes mis sur pied et la recherche déjà entreprise13.
Des résultats positifs préliminaires de recherches sur l'efficacité des thérapies traditionnelles
africaines pour le VIH/SIDA ont été rapportés de diverses sources. PROMETRA a présenté
les résultats d'une étude d'observation clinique d’une cohorte de 62 patients lors de la XIV
conférence internationale sur le SIDA14. Des rapports provenant d'Afrique du Sud sur l'impact
positif du Sunderlandia ont été présentés. Une diminution des charges virales et une
augmentation du taux de CD4 ont été relevées dans de petits échantillons. La documentation
et les comptes personnels des personnes positives au VIH sont pleins des démonstrations de la
diminution des infections opportunistes et de l’amélioration de la qualité de vie. A la suite du
traitement à base de plantes médicinales, les patients ont affirmé avoir gagné du poids, leur
diarrhée diminuée et qu’ils étaient capables de reprendre leur travail. Ces petites études
fournissent le grand espoir pour l'usage des thérapies médecine de traditionnelle dans la
pandémie du SIDA en afrique.
Les avantages d'un médicament africain à base d’herbes dont l’efficacité a été
scientifiquement prouvée pour le traitement du VIH/SIDA seraient énormes. Avec les
substances qui sont disponibles au niveau de l’exploitation du système agricole de l'Afrique,
les coûts seraient bas et leur accès ainsi facilité. Les efforts d'assurer la conservation de nos
ressources forestières ainsi que des plantes médicinales doivent demeurer une priorité pendant
que nous abordons continuellement les questions multiples de la biodiversité. Les guérisseurs
traditionnels vivent et travaillent en harmonie avec les éléments végétaux, maritimes,
terrestres, éoliens ainsi qu’avec le feu - la protection du monde est au cœur de la formation.
La Banque Mondiale a soutenu financièrement la Zambie et le Ghana pour des projets de
conservation de la biodiversité15. Beaucoup plus d'appui, y compris celui de gouvernements à
grande échelle est nécessaire pour préserver les systèmes écologiques de l'Afrique.
Un autre avantage important de la production de plantes médicinales Africaines sera l'impact
positif sur l’économique et le développement communautaire des peuples d’Afrique. Sous la
protection des droits de propriété intellectuelle, les communautés indigènes et les
organisations de médecine traditionnelle pourront protéger le savoir transmis de génération en
génération et obtenir leur remboursement légitime à la communauté. Une première dans la
protection des droits de propriété intellectuelle pour Organisation Non Gouvernementale a été
écrit par PROMETRA International, guide pratique – la Protection des Droits de Propriété
Intellectuelle : L'information pour les Organisations Non Gouvernementales16. Sans
12
Document Préparatoire pour le 21eme Session du Comité consultatif Africain pour le Recherche en Santé et le
Développement (AACHRD), Port Louis, Ile Maurice, Avril 2002
13
Université du Swaziland, Symposium sur la Médecine Traditionnelle et les Plantes Indigènes & Le Rôle de la
Médecine Traditionnelle dans la Santé, Octobre 1999
Unit de Recherche Sud Africain de la Médecine Traditionnelle en Collaboration avec le Comité Sud Africain
pour la Recherche Médical et l’Université de Western Cape
OMS Afrique en Collaboration avec les Centres de Médecine Traditionnelle – Mali, Ghana, Madagascar
14
PROMETRA International, « Efficacité des Plantes Médicinales Africaines (METRAFAIDS) dans le
Traitement du VIH Positive sur les Populations Africaines – Rapport sur une Etude d’Observation Clinique »,
Barcelone 2002
15
Initiatives des Connaissances Endogènes en Afrique sub- Sahara – Notes CE, « Connaissances Endogènes et
VIH/SIDA : Ghana et Zambie, N° 30, Mars 2001
16
PROMETRA International, Protection des Droits de Propriété Intellectuelle, Guide Pratique, 2002 Edition
METRAF
protection des droits de propriété intellectuelle, le savoir traditionnel des scientifiques
africains et des guérisseurs traditionnels peut être volé à tout moment, détourné et enveloppé
dans le secret.
Recommandations
Il est évident que l’implication des guérisseurs traditionnels et des organisations de médecine
traditionnelle est impérative dans la stratégie Africaine pour la prévention et le traitement du
VIH/SIDA. La médecine occidentale ne peut à elle seule prévenir, résoudre ou traiter les
différents aspects de cette maladie. La médecine traditionnelle africaine est une partie
importante d'une solution africaine pour cette pandémie africaine. En fait, elle fait partie de la
réponse complète à la pandémie générale du VIH/SIDA.
Les auteurs qui se sont exprimés au nom des 21 représentations de PROMETRA à travers
l’Afrique, les Caraïbes, l’Europe et les Etats Unis ont fait les recommandations suivantes pour
la considération et l'action immédiate :
• La médecine traditionnelle doit être officiellement reconnue et légalisée par touts les Etats
Africains
• La médecine traditionnelle doit devenir une composante officielle du système national de
santé des Etats Africaines
• La protection de droits de propriété intellectuelle doit être étendue à la médecine
traditionnelle africaine, à la science endogène et aux pratiques culturelles
• Développer la production de la médecine traditionnelle comme une stratégie de
développement économique pour l'Afrique
• Appuyer la recherche scientifique dans des thérapies de médecine traditionnelles, surtout
pour le VIH/SIDA
• Accroître la formation des tradipraticiens en agents d'Information, d'Education et de
Communication (IEC)
• Booster la collaboration officielle entre les systèmes de médecines traditionnelle et
moderne
L'exécution de ces étapes importantes aura un impact positif énorme sur notre capacité en tant
que continent africain, d'améliorer la santé et le bien-être de notre population. Nous ne
pouvons plus ignorer et ne pas prendre en considération le rôle que la médecine traditionnelle
et la science endogène peuvent et doivent jouer dans la lutte contre la pandémie du
VIH/SIDA. Le prix de l'échec est trop grand. Il faut agir maintenant.