Enseignante : Ihsane EL HASSANI
Semestre : 3
Elément du module : Comptabilité analytique
Ensemble : E06
Méthode des coûts variables: Direct costing simple
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La méthode des coûts variables : Direct costing simple
Si la méthode des coûts complets privilégie la distinction entre charges directes et
charges indirectes, la méthode des coûts partiels préfère celle entre charges variables
et charges fixes. Elle ne retient dans le calcul des coûts et coûts de revient qu’une
partie des charges.
1- Le coût variable : Direct costing simple
Le direct costing simple est un modèle de court terme qui permet de prendre des
décisions rapidement tout en négligeant l’impact des charges fixes, considérées
comme subies. Selon cette méthode, les charges fixes sont couvertes par la marge sur
coûts variables. Mais avec la croissance des charges de structures (fixes), le modèle
est devenu moins fiable. Cette méthode est intrinsèquement liée à la détermination du
seuil de rentabilité.
1-1 Les principes de base
Le plan comptable Marocain qui s’inspire du plan comptable Français, appelle cette
méthode : la méthode du coût variable et il l’a définit comme un « … coût constitué
seulement par les charges qui varient avec le volume d’activité de l’entreprise sans qu’il
y ait nécessairement exacte proportionnalité entre la variation des charges et la variation
du volume des produits obtenus ».
Le direct costing simple repose sur la distinction entre charges fixes et charges variables.
Il n’incorpore dans les coûts d’un produit que les charges variables et considère les
charges fixes (de production, de vente, d’administration…etc.) comme des frais de
période qui ne doivent pas être inclus dans le coût de revient.
Ce coût est composé de charges variables directes et indirectes.
a-Affectation des charges variables
Les charges directes comprennent généralement les consommations de matières
premières et la main d’œuvre directe. En général, ces charges sont variables et sont
affectées aux coûts variables.
b-Charges variables indirectes
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Les charges variables indirectes varient en fonction du niveau d’activité mais sont
communes à plusieurs produits. Elles nécessitent donc une répartition dont la qualité
dépend totalement du système d’information de gestion mis en place (fiches horaires,
compteurs…).
Exemples : Les frais de personnel liés à la rémunération des heures ouvriers pointées
sur une machine réalisant plusieurs produits, les charges d’énergie d’une machine
réalisant plusieurs produits, les consommations de carburant de véhicules transportant
plusieurs produits…
Ce type de coût est facilement utilisable pour l’analyse de la rentabilité à court terme
des différentes activités de l’entreprise.
C- L’évaluation des stocks de produits
Seules les charges variables directes et indirectes sont imputées aux coûts. Les stocks
de produits finis, intermédiaires et en-cours sont donc valorisés au coût variable de
production.
1-2 La marge sur coût variable
Cette marge est calculée au niveau de chaque activité élémentaire, elle s’obtient par
la différence entre le chiffre d’affaires généré par l’activité de l’entreprise et les charges
variables directement identifiables à cette activité.
La somme de ces marges élémentaires constitue la marge sur coût variable total.
1-3 Le compte de résultat analytique
Le compte de résultat analytique est conçu pour mettre en évidence les marges sur
coût variable, les charges fixes et le résultat courant. le résultat courant global est
obtenu en diminuant de la marge sur coût variable global les charges fixes communes.
Le schéma suivant illustre le mécanisme de la méthode.
Eléments Activité 1(*) Activité 2 Activité 3 Total
Chiffre d’affaires (CA) CA1 CA2 CA3
- Charges variables (CV) CV1 CV2 CV3
= Marge sur coût variable (M/CV) M/CV1 M/CV2 M/CV3
Somme des
M/CV
- Charges fixes (CF) - CF
= Résultat courant (RC) RC
Tableau du mécanisme du direct costing simple
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(*) Il peut s’agir des produits, familles de produits ou des centres de responsabilité.
Application
Une entreprise a produit et vendu au cours du mois de mars de l’année N, deux types de
produits : 1200 P1 et 800 P2. Le prix de vente unitaire est de 500 DH pour P1 et 190 DH
pour P2.
Les charges de la période sont les suivantes :
• Matières premières consommées : 500 kg à 120 DH/kg pour fabriquer P1;
400 kg à 120 DH/kg pour fabriquer P2.
• Main d’œuvre direct (Atelier 1) : 1500 heures à 60 DH/h pour fabriquer P1;
500 heures à 60 DH/h pour fabriquer P2.
• Tableau de répartition des charges indirectes se présente ainsi :
Atelier 1 Atelier 2
Total de répartition secondaire 200 000 150 000
Nature de l’unité d’œuvre HMOD* Heures machines
Nombre de l’unité d’œuvre (NUO) 2 000 1 000
Coût de l’unité d’œuvre (CUO) 100 150
* Heures de main d’œuvre direct
Dans l’atelier 2, il a été utilisé 750 heures machines pour fabriquer P1 et 250 heures
machines pour fabriquer P2.
Travail à faire :
1-Calculer les résultats de la période selon la méthode des coûts complets.
2-Calculer les résultats de la période selon la méthode des coûts variables sachant que :
• Les matières premières et la MOD sont des charges variables ;
• Les charges indirectes de l’Atelier 1 sont découpées en charges variables
d’un montant de 135 000 DH et charges fixes d’un montant de 65 000 DH ;
• Les charges indirectes de l’Atelier 2 sont supposées comme étant fixes.
Corrigé :
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1- Calcul des résultats de la période
* selon la méthode des coûts complets.
Charges P1 P2
Qté CU VAL Qté CU VAL
Charges directes
Mat premières 500 120 60000 400 120 48000
MOD 1500 60 90000 500 60 30000
Charges
indirectes
Atelier 1 1500 100 150 000 500 100 50000
Atelier 2 750 150 112 500 250 150 37500
Coût de revient 1200 343,75 412 500 800 206,875 165500
Chiffre d’affaires 1200 500 600 000 800 190 152000
Résultat 1200 +187500 800 -13 500
analytique
Remarque
D’après cette application, on constate que le produit P1 dégage un bénéfice de 187 500
DH et le produit P2 dégage une perte de 13 500 DH. Ce dernier nuit à la profitabilité de
l’entreprise puisque le résultat global est de 174 000 DH (187500 – 13500).
Dans une logique de profitabilité, on peut suggérer l’arrêt de la fabrication de P2 pour
augmenter le bénéfice global de l’entreprise à 187500 DH.
2- Calcul des résultats de la période
* Selon la méthode des coûts variables
Le total des charges indirectes de l’Atelier 1= 200 000 DH
Atelier 1
CV CF
TRS 135 000 65 000
Nat de l’UO HMOD
NUO 2 000
CUO 67,5
Charges variables de P1= Mat 1ères+ MOD + Charges variables indirectes de l’Atelier 1.
Charges variables indirectes de l’Atelier 1 = 1500 x 67,5 = 101250 DH.
Charges variables de P1 = 60000 + 90000 + 101250 = 251 250 DH.
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Charges variables de P2= Mat 1ères + MOD + Charges variables indirectes de l’Atelier 1.
Charges variables indirectes de l’Atelier 1 = 500 x 67,5 = 33750 DH.
Charges variable de P2 = 48000 +30000 + 33750 = 111 750 DH.
Charges fixes = Charges fixes de l’Atelier 1 + Charges fixes de l’Atelier2.
Charges fixes = 65000 + 150000 = 215 000 DH.
P1 P2 Total
Chiffre d’affaires 600 000 152 000
Charges variables 251 250 111 750
M/CV 348 750 40 250 389 000
Charges fixes 215 000
Résultat courant 174 000
Comme pour la méthode des coûts complets, le résultat global obtenu est de 174 000
DH. IL est intéressant d’analyser la contribution de chacun des produits à la couverture
des charges fixes.
L’examen des marges sur coûts variables montre que le produit P1 génère une forte
contribution à la couverture des charges fixes : 348 750 DH contre 40 250 DH de P2.
Si on suggère d’éliminer le produit P2 non profitable par la méthode des coûts complets,
le résultat global de l’entreprise devient alors de :
M/CV 348 750
CF 215 000
Résultat 133 750
Remarque
Le résultat global de l’entreprise a diminué du montant de la marge sur coût variable de
P2, soit 40 250 DH.
Conclusion :
La méthode des coûts variables montre que l’entreprise n’a pas intérêt à éliminer le
produit P2 pour sa performance en termes de profitabilité.
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Pour améliorer le résultat de P2, l’entreprise peut opter pour trois solutions possibles:
* Soit augmenter le chiffre d’affaires de P2 par le développement de ses parts de marché
ou par l’augmentation de son prix de vente unitaire HT.
* Soit maîtriser l’évolution de ses charges variables par la recherche de meilleures
conditions d’achat ou par la rationalisation de la gestion de la main d’œuvre directe.
* ou freiner l’évolution de ses charges fixes. Mais, cette solution trouve ses limites dans
la mesure où les charges fixes sont dépendantes de la structure de l’entreprise.
2- Les avantages de la méthode
Cette méthode présente plusieurs avantages :
- La méthode est précise et plus fiable que la méthode des coûts complets. Pour cette
méthode, le problème de la répartition et de l’imputation des charges fixes ne se pose
pas (les charges variables directes sont parfaitement affectables aux coûts de produits,
pour ce qui est des charges variables indirectes il faut un traitement préalable, mais le
degré de précision peut être satisfaisant surtout si leur montant n’est pas signifiant).
- Elle permet de mieux mesurer l’efficacité des centres de responsabilité. En effet, les
charges fixes sont souvent définies et décidées par la direction générale. Elles ne relèvent
pas donc de la responsabilité des niveaux hiérarchiques inférieurs qui ont un pouvoir
d’action sur les charges variables.
- les charges fixes isolées peuvent être surveillées plus efficacement que si elles sont
réparties entre les coûts des différents produits, de manière arbitraire.
- la méthode permet de juger la profitabilité globale des produits fabriqués ou vendus
puisque, à partir du moment où la marge globale sur coût variable est supérieure aux
charges fixes, cela signifie que l’entreprise commence à réaliser des bénéfices.
- Elle présente l’avantage de pouvoir recourir à la sous-traitance tant que la capacité de
production de l’entreprise n’est pas saturée. En effet, les charges fixes ne sont pas
tributaires du recours ou non à la sous-traitance mais seules les charges variables
évoluent proportionnellement au volume d’activité. Les responsables de l’entreprise
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peuvent décider de sous-traiter tant que le coût de la sous-traitance est inférieur au coût
variable de la production de l’entreprise.
- Elle permet de choisir également s’il faut ou non fabriquer plus de produits dans certains
cas puisque le coût variable constitue le prix minimum à appliquer pour des séries
marginales.
3-Les limites de la méthode
La distinction entre charges variables et charges fixes n’est pas toujours facile.
L’analyse de la variabilité des charges demeure intéressante pour les entreprises ayant
peu de charges fixes et beaucoup de charges variables. Or, par suite des évolutions
économiques et sociales, les charges fixes notamment indirectes sont de plus en plus
importantes.