Cancer de la thyroïde
I. Introduction
Les tumeurs malignes thyroïdiennes sont rares, ils représentent 1% de tous les cancers et 10% des
prélèvements thyroïdiens examinés. La majorité des cas s’observent chez les adultes avec une nette
prédominance féminine. La plupart des cancers correspondent à des carcinomes qui sont bien
différenciés et dominés par le carcinome papillaire (75 à 80%).
La clinique et l’imagerie sont souvent insuffisantes pour distinguer un nodule thyroïdien bénin d’un
cancer.
La cytoponction à l’aiguille fine (CPAF) est actuellement le seul examen préopératoire qui permet de
sélectionner parmi les nodules thyroïdiens ceux qui sont malins ou suspects et qui doivent être
opérés.
Le diagnostic de malignité est confirmé par l’étude histologique de la pièce opératoire soit lors d’un
examen extemporané soit après fixation dans les cas difficiles.
Les cancers de la thyroïde sont de bon pronostic avec une mortalité faible.
II. Rappel anatomique et histologique
La glande thyroïde est une glande cervicale à sécrétion interne, annexée au conduit laryngo- trachéal.
Elle est constituée de deux lobes latéraux réunis par un isthme médian. Elle pèse 25 à 30 g. Le
parenchyme thyroïdien est entouré d’une capsule fibreuse qui se prolonge à l’intérieur de la glande
en la divisant en lobules
Histologiquement, la thyroïde est constituée de vésicules centrées d’une substance colloïde.
Ces vésicules sont tapissées par des cellules folliculaires ou thyréocytes qui sécrètent les hormones
thyroïdiennes et les cellules paravésiculaires ou cellules C claires qui sécrètent la calcitonine ; ces
dernières sont mises en évidence par l’étude immunohistochimique par l’anti calcitonine
III. Classification histologique des cancers de la thyroïde
-Carcinomes de souche vésiculaire :
• Carcinome papillaire ++++
• Carcinome vésiculaire +
• Carcinome peu différencié
• Carcinome indifférencié (anaplasique)
-Carcinomes des cellules C:
• Carcinome médullaire
-Autres tumeurs : Lymphomes ; Sarcomes; Métastases
Les principaux types histologiques des cancers de la thyroïde sont les
carcinomes de souche vésiculaire et les carcinomes des cellules C
Epidemio Clin Macro Histo Ext/ TTT/ Pc
*C’est le cancer Les CDD sont dominées par un nodule TDD : forme commune du carcinome papillaire -La tumeur peut s’étendre
thyroïdien le plus thyroïdien palpable, froid à la La tumeur est infiltrante, Il s’agit d’une prolifération localement vers le tissu péri-
fréquent (75-90%), il scintigraphie qui peut être associé à non encapsulée, dure de carcinomateuse faite de thyroïdien.
touche surtout la femme des adénopathies cervicales ou bien couleur blanchâtre papilles avec ou non des Ce carcinome est très
entre 20 et 50 ans et on peut avoir une adénopathie d’allure parfois calcifiée vésicules. lymphophile+++ et donne
touche également métastatique sans nodule palpable. Sa taille varie de L’axe des papilles est rapidement des métastases
l’enfant. quelques millimètres conjonctivo-vasculaire grêle et ganglionnaires.
*Facteurs favorisants : voir occuper toute la ramifié. Ces papilles sont L’extension par voie
– Radiations ionisantes glande. tapissées par des cellules hématogène est rare (5%)
++ (Hiroshima, Il existe des formes cubo-cylindriques qui surtout vers le poumon et le
Tchernobyl, radiothérapie multifocales et montrent les critères cerveau.
cervicale) bilatérales dans 20% des nucléaires du carcinome - TTT : thyroïdectomie totale
– Excès en apport iodé cas. papillaire. avec curage ganglionnaire
Carcinome papillaire
– ATCD familiaux (formes Les noyaux caractéristiques cervical suivis d’une IRA
familiales 3 à 5%) du carcinome papillaire sont: thérapie
– Facteurs hormonaux – Clarification (en verre -Pc excellent avec une survie
dépoli) globale à 10 ans > 90%
– Chevauchements -Facteurs de mauvais pronostic
– Incisure longitudinale (grain : Âge > 40 ans, Sexe masculin,
de café) Grande taille tumorale,
– Inclusion cytoplasmique Extension extra-thyroïdienne,
intra-nucléaire Variante à ₵ hautes et à ₵
Le stroma est fibreux cylindriques
d’abondance variable avec
présence de calcosphérites
dans 50% des cas
- Variantes histologiques :
Microcarcinome papillaire (< 1
cm), CP sclérosant diffus, CP
de forme vésiculaire, CP à
cellules oncocytaires, CP à
cellules haute, CP à cellules
cylindriques
-C’est une tumeur Principale CDD : nodule thyroïdien Il s’agit d’un nodule -La tumeur est d’architecture -Ext : se fait essentiellement par
épithéliale maligne palpable, froid à la scintigraphie. isolé, ferme, beige ou microvésiculaire avec de rares voie hématogène vers le
CV à invasion minime
d’architecture Une métastase révélatrice, osseuse blanc rosé, ce nodule est travées. poumon et l’os.
vésiculaire, sans papille (fracture pathologique, découverte bien circonscrit entouré -Les cellules tumorales L’extension par voie
et dont les cellules radiologique fortuite) d’une capsule épaisse montrent des atypies et des lymphatique est rare
tumorales ne présentent ou pulmonaire n’est pas rare. mitoses. -TTT : thyroïdectomie totale
Carcinome vésiculaire
pas les noyaux *Les signes d’invasion : avec cures d’Iode radioactif. -La
caractéristiques du - invasion capsulaire complète survie à 10 ans est de 90% pour
carcinome papillaire. - invasion vasculaire le carcinome vésiculaire à
-C’est la 2ème tumeur La tumeur est mal -La tumeur est franchement invasion minime et de 45%
thyroïdienne maligne (5 à limitée et montre un infiltrante, les cellules pour le carcinome vésiculaire
CV largement invasif
20%). envahissement du tissu tumorales montrent des largement invasif.
-Elle touche le sujet de péri-thyroïdien atypies avec de nombreuses
plus de 40 ans avec une mitoses.
prédominance féminine. -Les images d’embols
-Le principal facteur vasculaires sont très
favorisant est la carence nombreuses.
en iode.
-Il représente 5% des La tumeur se présente comme une Il s’agit d’une tumeur La tumeur montre une -L’extension loco-régionale est
cancers thyroïdiens, il volumineuse masse cervicale volumineuse, architecture diffuse en rapide, se fait vers le tissu
Carcinome anaplasique
touche la femme âgée de antérieure de croissance rapide avec envahissant le tissu péri- nappes. Les cellules tumorales périthyroïdien et les organes de
plus de 60 ans avec un des signes de compression. thyroïdien, de couleur sont de formes variables avec voisinage.
SR= 1⁄4. La CPAF a un grand intérêt diagnostic grisâtre avec des foyers des atypies nucléaires -Les métastases sont
-Il est fréquent dans les pour éliminer le diagnostic d’un d’hémorragie et de marquées et de nombreuses fréquentes, souvent présentes
zones d’endémie de lymphome. nécrose. mitoses. au moment du diagnostic (os,
goitre. La nécrose tumorale et les poumon, foie, cerveau).
-Il résulte d’une images d’emboles vasculaires
transformation d’un sont fréquentes.
carcinome vésiculaire ou
papillaire.
-Il s’agit d’une tumeur -CDD = celles du carcinome papillaire. Il s’agit d’un nodule non • Architecture (trabéculaire ou -Ext : peut se faire localement
neuroendocrine qui -Les symptômes sont liés à des encapsulé, ferme, blanc- diffuse) : travées, cordons, vers le tissu mou péri
représente 5 à 10% des sécrétions endocrines : jaunâtre de taille qui nappes, vésicules +/- papilles thyroïdien, par voie
cancers thyroïdiens. *Flush syndrome (rougeur, sueur, varie de 2 à 3 cm ; • ₵ tumorales : polyédriques, lymphatique vers les ganglions
-Il prend naissance des tremblement) ou syndrome carcinoïde Ce nodule est situé au plasmocytoïdes, fusiformes cervicaux et par voie
cellules parafolliculaires. (sérotonine) niveau de la jonction 1/3 • Atypies nucléaires : légères hématogène donnant des
ou marquées métastases au niveau du
-Devant tout carcinome *Diarrhée liquidienne (VIP) supérieur et 1/3 moyen
• Stroma : cloisons poumon, du foie et de l’os)
médullaire une enquête *Syndrome de Cushing (ACTH) des lobes thyroïdiens. conjonctivo-vasculaires, tissu -TTT : thyroïdectomie totale
familiale doit être Dans les formes fibro-hyalin, calcifications, avec curage ganglionnaire
familiales les nodules
Carcinome médullaire
entamée et un conseil dépôts amyloïdes ++ (80%, -La tumeur est considérée de
génétique doit se faire. sont multiples et procalcitonine, RC+) bon pronostic si la tumeur est
*2 formes : bilatéraux -IHC : Calcitonine + ACE +, localisée et l’âge est < 30 ans
-Sporadique (80%) : 50 chromogranine + -Le pronostic est défavorable si
ans, F>M : âge > 30 ans, Tm étendue,
-Familiale (20%) : TAD, 20 Sexe masculin
ans, F=M :
• Isolé
• NEM type IIa (CM,
phéochromocytome,
hyperplasie ou adénome
PTH)
• NEM type IIb (CM,
phéochromocytome,
névromes du tube
digestif)
*Tumeurs malignes non épithéliales : Lymphomes primitifs
-Ils représentent 2% des cancers de la thyroïde, se développant sur un terrain de thyroïdite de Hashimoto. Ces lymphomes touchent les femmes plus que les hommes ; l’âge
de survenue est la 6éme décade.
-Cliniquement ils se traduisent par un syndrome de compression d’installation rapide
-La CPAF trouve tout son intérêt pour différencier entre un carcinome et un lymphome pour commencer le traitement.
-Le lymphome B diffus à grandes cellules et le lymphome MALT sont les deux types les plus fréquents.
-Le pronostic dépend du stade de la maladie.
Cancer du nasopharynx
I. Introduction
Le nasopharynx est essentiellement le siège de carcinomes et plus rarement de lymphomes.
Les carcinomes nasopharyngés se caractérisent par une répartition géographique particulière ; le Sud
de la Chine et l’Asie du Sud-Est sont les régions véritablement endémiques.
L’OMS classe ces carcinomes en :
- Carcinome épidermoïde kératinisant
- Carcinome épidermoïde non kératinisant (différencié et indifférencié).
- Le carcinome épidermoïde non kératinisant indifférencié survient chez les sujets jeunes, est lié à
l’EBV et il est radiosensible.
Une ou plusieurs adénopathies cervicales constitue la circonstance de découverte la plus fréquente.
Le diagnostic est établi par l’examen anatomopathologique d’une biopsie du cavum.
II. Rappel anatomique et histologique
Le rhinopharynx est situé en arrière des choanes, au contact de la base du crâne et en avant des
premières vertèbres. La paroi latérale est le lieu d’abouchement de la trompe d’Eustache près de
laquelle s’observe la fossette de Rosen Müller.
Le drainage lymphatique se fait à tous les niveaux du cou en suivant la veine jugulaire et le nerf spinal
accessoire.
La muqueuse est bordée par un épithélium variable : de type respiratoire ou malpighien non
kératinisé. Le chorion renferme des glandes séro-muqueuses et par places une population lymphoïde
abondante
III. Epidémiologie
1. Répartition géographique
Le carcinome nasopharyngé se caractérise par une répartition géographique et raciale particulières.
On distingue trois types de région à risque :
- Les régions à haut risque : elles sont principalement le sud de la chine et l’Asie du sud-est ;
également en Alaska (incidence =20-30/100000 habitants). En chine le carcinome nasopharyngé
représente 18 % de tous les cancers.
- Les régions à risque intermédiaires : le nord-est de l’Afrique (incidence=5- 7/100000 habitants).
- Les régions à risque faible : Europe, Japon, Amérique du nord (incidence=0.1- 0.2/100000)
2. Age
Dans les pays à haut risque, la fréquence croit à partir de l’âge de 30 ans avec un pic de fréquence
entre 40 et 60 ans.
Dans les pays à risque intermédiaire, on distingue une distribution bimodale avec deux pics de
fréquence, entre 15 et 25 ans et entre 60 et 70 ans.
3. Sexe
Il existe une prédominance masculine avec un SR=2-3
4. Etiologie
Trois facteurs principaux sont incriminés dans la genèse du carcinome nasopharyngé
a. Epstein- Barr Virus (EBV)
La relation entre l’EBV et le carcinome non kératinisant différencié et indifférencié existe quel que soit
la région géographique.
La présence de cette relation est double :
• Mise en évidence dans le tissu tumoral, du génome de l’EBV (par hybridation in situ ou PCR :
détection de l’ADN ou l’ARN dans 75 et 100% des cas)
• Le profil sérologique des patients atteints de carcinome nasopharyngé montre un taux élevé
d’anticorps IgA (contre la capside virale) et IgG (contre early antigen qui est une protéine impliquée
dans le cycle précédant la réplication de l’ADN) ; Une sérologie positive contre l’EBV est présente chez
90% des patients atteints de carcinome nasopharyngé non kératinisant.
b. Susceptibilité génétique
Elle explique la répartition géographique.
Il existe une relation entre certains groupes HLA et le carcinome nasopharyngé (HLA –A2,
B17...).
c. Facteurs environnementaux
Les nitrosamines sont incriminées dans la genèse de ce cancer. On les trouve à des taux élevés dans
les poissons séchés et salés.
IV. Clinique et paraclinique
1. Circonstance de découverte
Le carcinome nasopharyngé peut être asymptomatique ou se manifeste par des signes discrets et non
spécifiques ce qui explique le retard du diagnostic.
La CDD la plus fréquente (40%) est la découverte d’une ou plusieurs adénopathies cervicales uni ou
bilatérales, indolores, le plus souvent haut situés (jugulo-carotidien ou spinal).
Le carcinome nasopharyngé peut se manifester par :
- Signes rhinologiques : obstruction nasale, épistaxis
- Signes en rapport avec une obstruction des trompes d’Eustache : otite moyenne séreuse, otalgies...
- Signes en rapport avec un envahissement des nerfs crâniens : céphalées, diplopie, algie faciale,
trismus...
2. Examen
L’examen par le nasofibroscope permet de visualiser la tumeur et surtout de réaliser des biopsies.
L’examen a pour but également d’apprécier l’extension de la tumeur par la recherche d’adénopathie
cervicale, otoscopie, examen de l’oropharynx, examen des nerfs crâniens.
3. Radiologie
La TDM et l’IRM du cavum et de la base du crâne permettent d’apprécier le volume tumoral, la
localisation et de faire un bilan d’extension locorégional.
Au terme du bilan d’extension, une stadification TNM est réalisée.
V. Anatomie pathologique
Le diagnostic se fait sur biopsie du cavum ou sur examen d’une adénopathie cervicale isolée.
1. Macroscopie
A l’endoscopie on peut voir :
• Une tumeur ulcéro-bourgeonnante ou infiltrante
• Une muqueuse normale, alors que l’infiltration tumorale est déjà étendue au- delà du cavum
(adénopathie tumorale) ceci incite à faire une biopsie à l’aveugle puisque la 1ère biopsie est positive
dans 70% des cas.
• La localisation la plus fréquente : la paroi latérale du cavum (fossette de Rosen
Müller).
2. Histologie
Classification des carcinomes nasopharyngés (OMS 2017)
Elle distingue :
• Carcinome épidermoïde kératinisant
• Carcinome épidermoïde non kératinisant : différencié et indifférencié
Epidémio Histo
Carcinome 25% des -kératinisation plus ou moins associée à des ponts ’union
épidermoïde carcinomes intercellulaires
kératinisant nasopharyngés, -Il peut être bien, moyennement ou peu différencié
il survient On trouve souvent un stroma desmoplastique.
après l’âge de
40 ans et il
n’est pas lié à
l’EBV.
Carcinome 12% des -proche de celui du carcinome urothélial de la vessie
épidermoïde carcinomes - Il est formé par des travées anastomosées de cellules à cytoplasme
non kératinisant nasopharyngés bien délimité avec focalement des ponts d’union intercellulaires.
différencié (le plus rare)
Carcinome C’est le type -Les cellules tumorales sont agencées en massif syncitiaux
épidermoïde histologique le -Ces cellules sont très cohésives avec un cytoplasme mal défini
non kératinisant plus fréquent éosinophile peu abondant et des noyaux vésiculeux clairs munis d’un
indifférencié (60%). nucléole proéminent.
anciennement Il est le sous -Les mitoses sont nombreuses parfois anormales.
appelé UCNT type le plus -Il n’y a pas de kératinisation.
fréquent chez -Le stroma est riche en lymphocytes et plasmocytes. Les lymphocytes
l’enfant pénètrent dans les amas cellulaires
-DD : lymphome.
-IHC : les cellules tumorales sont cytokératine + , et anti LMP1 + (en
rapport avec l’EBV) .
-Hybridation in situ et PCR : génome de l’EBV trouvé dans 75 et 100%
des cas.
VI. Traitement et pronostic
-La radiothérapie constitue le traitement de choix. Le pronostic dépend du stade, de l’âge, du sexe, du
type histologique et statut ganglionnaire.
-Une tumeur est de bon pronostic : bas stade, jeune âge, sexe féminin.
-Une tumeur est de mauvais pronostic : haut stade, âge avancé, sexe masculin.
-Les métastases sont fréquentes pour le carcinome indifférencié (80 -90% des cas) et souvent
bilatérales.
-Le carcinome kératinisant est moins métastatique mais il a un stade plus avancé le plus souvent.
-La survie à 5 ans est de 20 à 40% des carcinomes kératinisants et de 65% des carcinomes non
kératinisants.
Cancer du larynx
I. Introduction :
Le cancer du larynx est un cancer fréquent ; de diagnostic encore trop souvent tardif.
Ce cancer survient chez l’homme ayant une intoxication alcoolo-tabagique.
Le diagnostic doit être suspecté chez un patient à risque qui présente une dysphonie persistante.
Le diagnostic est confirmé par l’endoscopie avec biopsie.
95% des cancers du larynx sont des carcinomes épidermoïdes.
Le traitement est fonction de l’extension de la tumeur et est essentiellement chirurgical.
Le rôle du pathologiste est de faire le diagnostic positif de la tumeur et de préciser son stade sur les
pièces opératoires.
II. Rappel anatomique et histologique :
1. Anatomie :
Le larynx est un endroit cartilagineux ouvert en haut dans le pharynx et en bas dans la trachée.
Les limites du larynx sont :
- En haut : le bord supérieur de l’épiglotte
- En bas : la limite inférieure du cartilage cricoïde
- En avant : l’épiglotte, le cartilage thyroïde et le cartilage cricoïde
- En arrière : la commissure postérieure, l’arythénoïde, le cartilage cricoïde
- Latéralement : les replis aryépiglottiques
Le larynx est divisé en 3 compartiments (étages) :
- Sus glottique : s’étend de l’épiglotte à une ligne horizontale passant par l’apex des ventricules. Il
comprend l’épiglotte, le repli ary-épiglottique et les fausses cordes vocales
- Glottique : s’étend des ventricules à 0.5 à 1 cm en dessous des vraies cordes vocales. Il comprend les
vraies cordes vocales, les commissures antérieures et postérieures.
- Sous glottique : s’étend de 0.5 à 1cm en dessous des vraies cordes vocales au bord inférieur du
cartilage cricoïde.
Le drainage lymphatique :
- Glotte : les lymphatiques sont rares.
- Pour l’étage sus glottique, le drainage se fait vers les ganglions cervicaux profonds supérieurs.
- Pour l’étage sous glottique, le drainage se fait vers les ganglions cervicaux profonds inférieurs et les
chaines récurrentielles.
2. Histologie :
La muqueuse laryngée est tapissée par un épithélium cylindrique cilié pseudostratifié de type
respiratoire au niveau de l’étage sus glottique, des fausses cordes vocales et des ventricules et par un
épithélium malpighien non kératinisé au niveau des vraies cordes vocales et de l’épiglotte.
Le chorion renferme des glandes séro-muqueuses au niveau des 2/3 inférieurs de l’épiglotte et des
ventricules.
Les cartilages thyroïde, cricoïde et arythénoïdes se calcifient et s’ossifient avec l’âge.
III. Epidémiologie :
Le cancer du larynx représente 1% de tous les cancers (2% pour l’homme et 0.5% pour les femmes). Il
est caractérisé par une prédominance masculine. L’âge de survenue est situé entre 50 et 70 ans.
Facteurs de risque :
- Tabagisme : C’est le principal facteur de risque de survenue du cancer du larynx. Le risque relatif
augmente quand l’âge de début du tabagisme est précoce, quand la durée du tabagisme est élevée et
que le nombre de cigarette/ jour est augmenté.
- Alcool : Un effet synergique entre le tabac et l’alcool est réel pour les cancers sus glottiques.
- Autres facteurs : Exposition prolongée au Nickel, asbéstose, irradiation, Human Papilloma Virus.
IV. Clinique et paraclinique :
1. Circonstances de découverte :
- Le symptôme le plus constant est la dysphonie qui se voit dans 95% des cas de cancer laryngé.
- Toute fois la dyspnée, la dysphagie, l’otalgie reflexe, les ADP cervicales métastatiques sont plus rares
et plus tardives.
2. Examen ORL:
- La laryngoscopie indirecte au miroir est souvent associée à la fibroscopie naso- laryngée. Cet
examen permet de visualiser la topographie de la lésion, l’aspect macroscopique, d’étudier la mobilité
laryngée de la corde vocale et de l’arythénoïde.
- La laryngoscopie directe permet d’effectuer les biopsies nécessaires au diagnostic.
3. Bilan d’extension :
- Scanner : permet d’apprécier l’extension locorégionale et de rechercher des adénopathies
cervicales.
- Panendoscopie : permet de rechercher une localisation associée au niveau des voies aérodigestives
supérieures.
- Fibroscopie bronchique et FOGD peuvent être réalisées
- Radio thorax : systématique à la recherche de métastase à distance.
V. Anatomie pathologique :
1. Macroscopie :
Nous recevons au laboratoire d’anatomie pathologique des biopsies et des pièces opératoires qui
correspondent à des laryngectomies totales ou partielles associées à des curages ganglionnaires.
Sur les pièces opératoires, il faut décrire :
- Le siège de la tumeur
- Son aspect macroscopique et sa taille
- Les structures atteintes (cartilage, thyroïde, tissu moues prélaryngés)
- Les marges d’exérèse.
Le cancer du larynx peut être : Bourgeonnant, infiltrant ou ulcéré comme il peut être ulcéro-
bourgeonnant.
-L’atteinte glottique est la plus fréquente (60-65% des cas) (Fig.1), suivie par ordre décroissant des
localisations : sus glottique (25-40%) et sous glottique (<5%) (Fig2). Il peut être étendu à 2 ou 3 étages
laryngés.
2.Histologie :
Le carcinome épidermoïde infiltrant représente 95% des cancers laryngés.
2.1. Lésions précancéreuses : dysplasie :
Les lésions précancéreuses se caractérisent par des anomalies cellulaires et architecturales.
Les anomalies cellulaires sont représentées par des atypies cytonucléaires avec des noyaux
hyperchromatiques à contours irréguliers, avec un nucléole proéminent et une activité mitotique
élevée.
- Dysplasie légère se caractérise par des anomalies cellulaires et architecturales qui intéressent le 1/3
inférieur de l’épaisseur épithéliale
- Dysplasie modérée : les anomalies intéressent les 2/3 de l’épaisseur épithéliale.
- Dysplasie sévère : les anomalies dépassent les 2/3 de l’épaisseur épithéliale.
- CIS : les anomalies intéressent toute l’épaisseur de l’épithélium avec des atypies marquées et des
mitoses nombreuses. Ces anomalies sont retrouvées dans les couches superficielles.
*Macroscopie des dysplasies : zone localisée plane ou papillaire blanchâtre ou rougeâtre.
Le risque d’évolution vers le carcinome invasif augmente avec le degré de dysplasie. Il est de
6% pour la dysplasie légère, 23% pour la dysplasie modérée et 28% pour la dysplasie sévère.
2.2. Carcinome épidermoïde :
-Tumeur formée de massifs et de travées de cellules malpighiennes.
-Les cellules tumorales sont polyédriques, à cytoplasme abondant éosinophile, les cellules présentent
des atypies cytonucléaires de degrés variables et des mitoses.
-Le diagnostic de l’origine épidermoïde est basé sur la détection de kératine qui est isolée dans des
cellules dyskératosiques ou sous forme de globes cornés, et sur la présence de ponts d’union inter-
cellulaire
-Le stroma est inflammatoire.
-Le carcinome peut être kératinisant ou non kératinisant
-Selon le degré de ressemblance de la prolifération aux cellules malpighiennes, on distingue : le
carcinome épidermoïde bien, moyennement et peu différencié.
-On retrouve souvent des lésions de dysplasie et de CIS dans l’épithélium de surface.
-Il faut rechercher des images d’emboles vasculaires et d’engainement périnerveux ainsi qu’une
extension au muscle, cartilage thyroïde et tissu mou prélaryngé.
Histo TTT / Pc
Carcinome -très bien différencié Une hyperplasie papillomateuse de surface Traitement : c’est
épidermoïde - Au niveau du larynx, avec hyperkératose et parakératose. la chirurgie.
verruqueux il se localise le plus Des invaginations en profondeur de Le pronostic est
souvent au niveau de l’épithélium refoulant les tissus excellent si
la partie antérieure avoisinants. l’exérèse est
des vraies cordes La kératinisation est massive avec de rares complète
vocales. mitoses et des atypies légères
Carcinome à Se localise le plus -C’est une prolifération de cellules Le pronostic
cellules souvent au niveau de fusiformes pléomorphes avec de dépend du stade,
fusiformes l’étage glottique. nombreuses mitoses. Il peut s’y associer mais en général, il
des foyers de carcinome épidermoïde est mauvais
infiltrant typique et des lésions de CIS.
-Une étude IHC est parfois nécessaire au
diagnostic utilisant la cytokératine.
VI. Traitement et pronostic :
-Le traitement du cancer du larynx est basé sur la chirurgie (laryngectomie partielle ou totale) et/ou
une radiothérapie.
-Le pronostic dépend de la localisation de la tumeur, de son extension, et du statut ganglionnaire
(stadification TNM)
• Cancer glottique :
-Le diagnostic est précoce, la tumeur est souvent de petite taille, localisée et se prête au
traitement conservateur
-Le risque de métastase ganglionnaire est faible
-Ce cancer a le meilleur pronostic : La survie à 5 ans pour le stade T1 est de 82-96%
• Cancer sus glottique :
-Le diagnostic est souvent tardif
-La présence de métastases ganglionnaire est dans 30% des cas
-La survie à 5 ans (tous stades confondus) est de 65-75%
• Cancer sous glottique :
-Le diagnostic est le plus souvent tardif
-Les métastases ganglionnaires se font dans les chaines recurrentielles supérieures
-La survie à 5 ans est de 40%.