Articles Compilés II
Articles Compilés II
Selon la Bible, l’Église est à la fois universelle et locale. L’Église universelle est composée de
tous ceux qui, depuis le début de l’histoire humaine jusqu’à la fin, ont été (ou seront) rachetés
par le sang de Christ, et sont déjà rassemblés et inscrits au ciel (Hé 12.23). Nous serons un
jour rassemblés autour du trône de Dieu ; nous serons issus de toute tribu, de toute langue, de
tout peuple, et de toute nation (Ap 5.9). Pour Dieu, qui voit la fin depuis le commencement
(És 46.10), cette Église est toujours présente devant ses yeux. L’auteur de l’épître aux
Hébreux semble le suggérer lorsqu’il dit aux chrétiens hébreux qu’ils sont issus «de
l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux» (Hé 12.23). L’apôtre Paul semble aussi
faire allusion à cette constante réalité :
… Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant
et en la lavant par l’eau de la Parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans
tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable (Ép 5.25-27).
Cela n’a de sens que s’il s’agit de tous les croyants de tous les âges. À tout moment, une
partie de ce nombre est ici sur terre en attente de sa glorification et l’autre partie est déjà
arrivée au ciel. Dans la littérature chrétienne, la première est appelée «l’Église militante», la
seconde est «l’Église triomphante». Des termes merveilleux, à mon sens !
L’Église militante, étant la somme totale des chrétiens sur terre, grandit au fil du temps. Les
chiffres diminuent parfois dans certaines parties du monde en raison de la persécution ou de la
vanité. Il arrive que la dureté de cœur croissante à l’égard de l’Évangile balaye toute une zone
géographique. Lorsque les chrétiens plus âgés meurent et que très peu de jeunes sont
convertis, le nombre de chrétiens dans cette région diminue et l’Église militante tend à se
restreindre.
Pourtant, d’une manière générale, l’Église militante n’a cessé de croître dans le monde au fil
des ans. La raison principale n’est autre que ses efforts d’évangélisation et de mission. Dans
les endroits les plus dangereux qui soient pour les chrétiens, en particulier dans les zones
soumises à des régimes tyranniques, l’Église militante a parfois disparu. En fait, les croyants
sont simplement entrés «dans la clandestinité» (voir 1 R 19.18). Ils sont toujours là, mais pour
préserver leur vie, ils ne se rencontrent plus publiquement. Cependant, une fois que la
situation change et que la liberté de religion est garantie, l’Église militante réapparait et le
monde est étonné de découvrir qu’elle s’est considérablement développée dans la
clandestinité.
soient baptisés et fassent partie de ces corps visibles et localisés (où ils apprendront ce que
cela signifie de lui appartenir). Dans la déclaration que nous appelons «le Grand Mandat»,
Jésus a dit :
Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des
disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer
tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du
monde (Mt 28.18-20).
Comme le montre ce passage, le baptême marque la confession publique par laquelle une
personne devient membre de l’Église locale et s’en remet à l’instruction des dirigeants de
l’Église.
Tout chrétien devrait appartenir à une Église locale. Ce n’est pas facultatif. C’est dans l’Église
locale que l’on est censé être instruit, ce qui a déjà été souligné. C’est aussi dans l’Église
locale que l’on fait principalement l’expérience de la richesse de la communion chrétienne
avec d’autres croyants. Tout ce que l’on a appris sur ekklesia et le corps de Christ est
expérimenté de manière très concrète dans le contexte de l’Église locale. Les chrétiens
apprennent à vivre avec d’autres croyants dans l’Église locale, malgré l’émergence de sérieux
désaccords et différends personnels de temps à autre. C’est dans l’Église locale qu’on fait
l’apprentissage du service mutuel et collectif en vue d’étendre le royaume de Dieu en fonction
des dons que Dieu nous a donnés. Chaque chrétien devrait devenir un membre actif d’une
Église locale. Je le répète, ce n’est pas facultatif
Cet article est adapté du livre : « Le dessein de Dieu pour l’Église » de Conrad Mbewe
Parler des tressaillements de joie et de délices exquis de la crainte de Dieu est plutôt
surprenant. Pourtant, les Écritures révèlent clairement que, de la même manière que la crainte
de Dieu définit le véritable amour pour Dieu, elle définit aussi le véritable bonheur que l’on
trouve en Dieu. Tout comme Christ prenait plaisir dans la crainte de l’Éternel, elle doit aussi
être une chose agréable pour les croyants, car il s’agit de prendre plaisir à sa gloire
terriblement agréable.
Un Dieu heureux
Le Dieu vivant n’est pas modérément heureux, mais terriblement heureux, et quand nous
ressentons cette crainte, nous entrons dans la joie de notre Maître. « Bénis » ou « heureux »,
comme Dieu, « est l’homme qui est continuellement dans la crainte ! » (Pr 28.14, voir aussi
És 66.5.) C’est ainsi que Néhémie prie : « Ah ! Seigneur, que ton oreille soit attentive à la
prière de ton serviteur, et à la prière de tes serviteurs qui veulent craindre ton nom ! (Né 1.11.)
Ceux qui servent « l’Éternel avec crainte » vont se « [réjouir] avec tremblement » (Ps 2.11),
tout comme les deux femmes qui avaient entendu parler de la résurrection de Jésus et qui
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s’étaient précipitées vers son tombeau « avec crainte et une grande joie » (Mt 28.8). Ceux qui
voient la gloire de Dieu, en particulier au travers de la puissance de ce qu’il met en œuvre
pour le salut, voient qu’il est « redoutable, et digne de louanges, opérant des prodiges » (Ex
15.11, BDS). C’est pour cette raison que nous trouvons )פחדphd) dans Ésaïe 60.5 : « Tu le
verras alors, tu brilleras de joie, ton cœur tressaillira et se dilatera. » Ce verset décrit une
émotion joyeuse à un point tel que le cœur palpite de plaisir. Charles Spurgeon dit que les
croyants adorent et vénèrent le Dieu vivant « avec une crainte tendre et joyeuse, qui nous
terrasse et nous élève très haut, car jamais nous ne nous sentons aussi proches du précieux
trône du ciel que lorsque notre esprit s’abandonne en adorant Celui qu’il ne voit pas, mais
dans la réelle présence duquel il tremble, dans un plaisir sacré ».
Parce que cette crainte trouve un plaisir sincère en Dieu lui-même, elle commence à ressentir
un véritable plaisir à marcher dans ses voies. L’homme « qui craint le Seigneur » sera celui «
qui trouve un grand plaisir à ses commandements » (Ps 112.1). Et en même temps, Dieu prend
plaisir en ceux qui ressentent ce plaisir tremblant et délicieux en lui.
Ce n’est pas dans la vigueur du cheval qu’il se complaît, ce n’est pas dans les jambes de
l’homme qu’il met son plaisir ; l’Éternel aime ceux qui le craignent, ceux qui espèrent en sa
bonté (Ps 147.10,11).
Car mon peuple a commis un double péché : ils m’ont abandonné, moi qui suis une source
d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées (Jé 2.13)
Mais qu’est-ce que cela signifie d’abandonner la fontaine d’eau vive ? Le Seigneur poursuit
en expliquant :
Tu sauras et tu verras que c’est une chose mauvaise et amère d’abandonner l’Éternel, ton
Dieu, et de n’avoir de moi aucune crainte, dit le Seigneur, l’Éternel des armées (Jé 2.19).
Craindre le Seigneur, c’est prendre plaisir en lui et boire son eau douce. C’est la raison ultime
pour laquelle il doit être craint : « il est redoutable par-dessus tous les autres Dieu » (Ps 96.4).
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Cette juste crainte de Dieu n’est donc pas un mode mineur, l’envers lugubre de la joie
appropriée en Dieu. Il n’y a aucune t »nsion entre cette crainte et la joie. Cette « crainte de
Dieu », avec les tremblements qui l’accompagnent, est une façon de parler de l’intensité
absolue du bonheur que les saints éprouvent en Dieu. En d’autres termes, le thème biblique de
la crainte de Dieu nous aide à comprendre quelle sorte de joie convient le mieux aux croyants.
Un amour émerveillé
Notre désir pour Dieu et le plaisir que nous trouvons en lui ne sont pas censés être tièdes.
Puisque notre amour pour Dieu est un amour tremblant et émerveillé, notre joie en Dieu, dans
sa forme la plus pure, est une joie tremblante et émerveillée – oui, une joie remplie de crainte.
Car l’objet de notre joie est extrêmement et terriblement merveilleux. Nous sommes faits pour
nous réjouir et trembler devant Dieu, pour l’aimer et prendre plaisir en lui, avec l’intensité qui
convient. Et y a-t-il quelque chose qui convienne davantage à son infinie magnificence que le
fait que nous nous réjouissons en lui bien plus que nos êtres fragiles peuvent le supporter ?
Que nous y trouvions un plaisir qui nous submerge et qui nous fait trembler ? Normalement,
notre joie en Dieu est froide et ternie, mais quand nous travaillons à notre salut « avec crainte
et tremblement » (Ph 2.12), nous devenons terriblement heureux, comme notre Dieu.
Cet extraordinaire jumelage de la joie et de la crainte peut être bien observé lorsque deux
déclarations sages et célèbres sont réunies. L’une dit : « C’est là ce que doit faire tout homme.
» L’autre parle du « but principal de la vie de l’homme », mais les deux concernent la même
chose : le but pour lequel nous avons été créés. La première affirmation est tirée du livre de
l’Ecclésiaste, au moment où le prédicateur conclut son argumentation : « Écoutons la fin du
discours : Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit faire tout homme
» (Ec 12.15). La seconde affirmation est la première réponse tirée du Petit Catéchisme de
Westminster qui nous dit : « Le but principal de la vie de l’homme est de glorifier Dieu et de
trouver en lui son bonheur éternel. » Devrions-nous craindre Dieu et garder ses
commandements ou devrions-nous glorifier Dieu et prendre plaisir en lui éternellement ? Il
n’y a là aucune contradiction, car les deux décrivent la même réalité. Ceux qui craignent Dieu
le glorifient, comme ceux qui chantent le chant victorieux dans Apocalypse 15.4 : « Qui ne
craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? »
Mais, ce n’est pas tout : quand le prédicateur nous recommande de craindre Dieu, il nous
invite précisément à ce que le Catéchisme de Westminster appelle le but principal de la vie de
l’homme, c’est-à-dire de prendre délicieusement plaisir en Dieu en lui rendant gloire.
serez choqué par son niveau d’ignorance. Des mots comme expiation, rédemption,
propitiation et substitution ne signifient pas grand-chose pour lui.
Ainsi, la grâce n’est qu’un autre mot pour parler de la miséricorde et de l’amour. Comment le
chrétien moyen est-il alors censé offrir son corps comme sacrifice vivant à Dieu, comme un
acte raisonnable d’adoration, alors qu’il ignore à ce point les richesses insondables de Christ ?
Les sermons populaires actuels sont des discours de motivation. Ils sont basés sur des
principes mondains qui promettent aux gens des avantages terrestres s’ils prononcent les bons
mots ou font ce qu’il convient de faire. Les foules sont galvanisées, mais la croissance dans la
sainteté n’est pas leur souci principal. Ils recherchent du divertissement et des trésors
terrestres. Les fidèles vont et viennent. Plusieurs sont déçus, parce que les principes qu’on
leur enseigne ne fonctionnent pas pour eux ; ils partent donc sur la pointe des pieds. D’autres
arrivent, les remplacent, espérant à leur tour que la magie des formules opèrera pour eux. Tout
comme les passagers de la voiture en fil de fer, ils tiennent la chemise de la personne devant
eux, mais tout repose sur un effort humain. Or, ce n’est pas le christianisme de la Bible. Ce
n’est pas l’Église telle que Dieu l’a conçue.
Cet article est adapté du livre : « Le dessein de Dieu pour l’Église » de Conrad Mbewe
Quand nous sommes enfants, nous aimons les histoires. Nous nous couchons dans notre lit, ou
nous nous pelotonnons sur les genoux de nos parents, tandis que la voix de notre mère ou de
notre père nous entraîne dans des mondes fictifs. Nous explorons l’univers de Max et les
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Maximonstres. Nous tirons notre chapeau avec Babar, et nous apprenons des leçons de vie
dans La toile de Charlotte.
Puis nous vieillissons. Mais, espérons-le, pas trop vieux pour traverser les armoires et entrer
dans Narnia, ou creuser nos trous de cinq par cinq avec Stanley Yelnats (dans Le passage), ou
vivre dedans avec Le Hobbit. Nous pourrions nous imaginer voir des couleurs pour la
première fois avec Le passeur ou nous envoler sur un Nimbus 2000 avec le garçon portant une
cicatrice en forme de foudre. Nous, les humains, sommes des créatures d’histoires.
En tant que tels, nous sommes nés avec une compétence unique : la capacité de détecter les
fausses notes dans un récit. Comme la mauvaise clef frappée sur un piano. Les petits disent à
leur père : « Ce n’est pas comme ça que ça doit se passer ! » Mais malheureusement,
beaucoup entendent l’histoire de Dieu, et émettent la même protestation à la lecture de ce
chapitre qui couvre l’éternité.
Raconter l’histoire d’un Dieu qui inflige une punition implacable aux gens parce qu’ils n’ont
pas fait ou dit ou cru les bonnes choses dans une brève fenêtre de temps appelée vie n’est pas
une très bonne histoire. (Love Wins, 110 ; trad. L’amour est vainqueur)
Pour Bell et compagnie, l’absence d’un « et ils vécurent heureux » pour tous – ou même pour
la plupart – n’a rien de réjouissant. Même l’anéantissement, à leurs yeux, semble être une
meilleure fin. Un Dieu qui punirait les humains pour l’éternité est dévastateur, écrasant,
insupportable, traumatisant, terrifiant, cruel, mauvais, insoutenable, inacceptable, affreux,
inaimable. Écoutez Bell, ce »ieu est un être qu’aucune quantité de bonne musique ou de café
ne peut couvrir.
Le défi n’est donc pas de simplement prouver l’existence de l’enfer à partir de son exégèse,
mais de montrer pourquoi l’histoire de Dieu est meilleure que celle que nous aurions écrite –
car c’est le cas. Nous devons essayer de raisonner avec le cœur, car Jésus nous a enseigné une
vérité extraordinaire lorsqu’il a exposé que l’esprit comprendra mal ce que le cœur déteste : «
Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez pas écouter ma
parole. » (Jean 8.43) Il en est de même pour beaucoup Aujourd’hui lorsqu’il s’agit de l’enfer.
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La façon dont Paul a considéré la perte de ses proches et dont Jésus a déploré l’incrédulité
d’Israël nous enseigne que nous ne devons pas mettre de côté notre amour pour les perdus
lorsque nous discutons de la perte éternelle qui est une punition appropriée pour leur péché.
Considérez quatre vérités.
La haine de Dieu, l’impatience, les désirs impurs, la cupidité, la calomnie, la méchanceté, tout
se précipitera. Le mal qui s’est manifesté en germe sur la terre grandira pour devenir des
forêts. La lumière de la grâce commune s’éteindra d’elle, et elle sera livrée aux ténèbres
qu’elle a tant aimées (Jean 3.19). Sa pleine dépravation, maintenant exposée, fera frémir les
saints qui se sont le plus occupés d’elle sur terre. Le péché, pleinement intronisé,
déshumanise.
Nous pouvons voir l’impiété mûrir au cours de notre propre vie. Le petit Adolf, endormi dans
son berceau, devient Hitler. Jézabel jette ses poupées pour tuer les prophètes. Mais cela n’est
pas comparable au changement que l’on peut observer lorsque les cœurs s’endurcissent
complètement et qu’ils sont confrontés au Maître qu’ils détestent. Dieu a réduit notre durée de
vie pour empêcher un tel mûrissement (Genèse 6.3). Si les citoyens du ciel sont à leur plus
haut degré de chute sur terre, les citoyens de l’enfer sont à leur plus haut degré d’humanité.
Jean jette un rayon de lumière sur les tourmentés dans le livre de l’Apocalypse. Ces créatures
continueront à haïr Dieu, à maudire le nom de notre Seigneur, à blasphémer le Saint-Esprit
qui habite éternellement en nous – même dans la douleur du jugement.
Le quatrième ange versa sa coupe sur le soleil et il lui fut donné de brûler les hommes par son
feu. Les hommes furent brûlés par une grande chaleur et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui
a autorité sur ces fléaux, ils ne changèrent pas d’attitude pour lui rendre gloire.
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Le cinquième ange versa sa coupe sur le trône de la bête et son royaume fut plongé dans les
ténèbres. Les hommes se mordaient la langue de douleur, et ils blasphémèrent le Dieu du ciel
à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, ils ne se repentirent pas de leurs actes.
Bien qu’ils se mordent la langue de douleur, ils la remuent encore pour maudire notre Dieu. «
Des horreurs immortelles », les a justement appelées C.S. Lewis. Préférant être brûlés que
sauvés, ils partageront le sort de leur père, le diable. Quelle amitié les enfants de la lumière
partageront-ils avec ces créatures lorsque les uns et les autres seront vus tels qu’ils seront
vraiment ?
Que dire si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec
une grande patience des vases de colère tout prêts pour la perdition ? Et que dire s’il a voulu
faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de compassion qu’il a d’avance
préparés pour la gloire ? Ainsi il nous a appelés non seulement d’entre les Juifs, mais encore
d’entre les non-Juifs. (Romains 9.22-24).
L’enfer, comme toute la création, raconte la gloire de Dieu. Bell dit que ce n’est pas le cas ;
Dieu dit que c’est très certainement le cas. Le Tout-Puissant n’en est pas gêné. La juste
vengeance de Dieu contre ceux qui ont échangé sa gloire et l’ont rejeté pendant toute une vie
ne sera pas menée en cachette. Il montre sa colère et fait connaître sa puissance. Pourquoi ?
Afin de communiquer à ses enfants la pleine richesse de sa gloire.
Contrairement à la façon dont nous pourrions écrire l’histoire de la rédemption, l’étang de feu
nous réchauffe en nous rappelant que notre Dieu est puissant, justement sévère, et
abondamment miséricordieux envers les siens. Le paradis ne sera pas le paradis, dans le plan
parfait de Dieu, sans le rappel de la juste condamnation de Dieu – même au-delà, exposant
éternellement les cicatrices de Christ. Nous serons dégrisés. Nous serons stupéfaits. Nous
serons reconnaissants de la miséricorde de Dieu à notre égard.
Les non rachetés détestent cela. Ils commencent déjà à grincer des dents. Partant de l’homme
comme fin de toutes choses, ils ne laisseront pas à Dieu le droit de sa déité : « J’aurai pitié de
qui j’ai pitié, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion. » (Romains 9.15) Ils montrent
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combien la créature peut être présomptueuse lorsqu’elle dit à Dieu qu’il doit sauver tous les
hommes ; lorsqu’ils sont choqués – non pas que Dieu ait pitié de quelqu’un, mais qu’il ne
fasse pas preuve de miséricorde par son sang pour tous.
Lorsque Paul, l’apôtre qui a éprouvé une angoisse incessante pour ses semblables non sauvés
(Romains 9.1-3) et qui a œuvré pour leur salut (Romains 10.1-4), a considéré le refus de la
créature à l’amour de son Seigneur qui assume l’enfer, il a dit : « Si quelqu’un n’aime pas le
Seigneur [Jésus-Christ], qu’il soit maudit ! Maranatha ! » (1 Corinthiens 16.22) En d’autres
termes, lorsqu’il a considéré la proposition refusée de Jésus Christ – qui ne s’est pas contenté
de s’agenouiller pour demander, mais s’est abaissé jusqu’à la tombe – il a dit qu’il convenait
qu’un tel individu soit maudit.
Le Roi de gloire a-t-il voyagé du trône céleste à une étable pour animaux jusqu’à la fosse à
ordures qu’est la croix pour s’immerger sous le feu de la colère de Dieu – pour être rejeté par
des fourmis qui lui préfèrent leurs désirs impurs, leurs appétits et leur moi ? Quel doit être le
résultat quand un monde fait défiler le Roi de gloire pour des vies de pornographie et de
programmes sportifs ? L’enfer. Dieu appelle les anges : « Ciel, sois-en consterné, sois-en
horrifié, atterré ! . . . Ils m’ont abandonné, moi [et maintenant mon Fils aussi] qui suis une
source d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas
l’eau. » (Jérémie 2.12-13) L’Hadès témoigne que préférer quoi que ce soit à Christ – pas
l’enfer lui-même – est une horreur éternelle.
même nous demander pourquoi il en est ainsi. Parce que nous savons qu’il est juste que les
méchants soient punis. Mais nous n’aimons pas le fait que nous – et ceux que nous aimons –
soyons par nature les méchants du récit.
Les auteurs de l’Ancien et du Nouveau Testament exaltent quelque chose de particulier à nos
oreilles modernes : Dieu, l’homme de guerre, massacrant ses ennemis. L’homme moderne,
fait davantage à l’image de l’humanisme séculaire que du Saint d’Israël, se demande, en
chantant la noyade par Dieu de l’armée de Pharaon dans la mer – comment est-ce possible ?
(Exode 15). Nos ancêtres spirituels ont célébré la sainteté de Dieu, sa puissance et son amour
pour sauver son peuple de ses ennemis – alors que les Égyptiens le jugeaient peu aimable.
Mais est-ce cruel ? Insensible ? Ne pourrons-nous pas profiter du paradis alors que des
personnes que nous connaissions sont en enfer ? Le Livre de Dieu, ainsi que les contes de fées
et les grandes épopées, nous enseignent que la mort des méchants se trouve dans les romances
et les comédies, et non dans les tragédies. Un jour, le lac de feu sera rempli, le chef de guerre
maléfique et tous ses sbires seront vaincus, et nous célébrerons la victoire de notre Roi sur
ceux qui ont maudit le nom de son Fils et dévoré son peuple.
Lorsque nous considérons l’histoire de l’éternité, nous devons faire taire cette protestation
charnelle qui jette Dieu sur le banc des accusés pour qu’il se défende devant nos sensibilités
émotives. Il est le potier, nous sommes l’argile. Il est parfaitement sage ; nous sommes tous
fous, sans lui. Il est le Juge du monde ; il fera sûrement ce qui est juste. Et ce qui est juste,
c’est aussi l’enfer, c’est-à-dire l’expulsion de Sauron et de ses orcs dans les ténèbres du Mont
Destin. Ce faisant, il communique à son peuple toute l’étendue de sa puissance et de sa gloire,
toute la beauté de son Fils, et l’harmonie parfaite de son dessein et de son plan – dont les
rachetés ne détecteront pas une seule fausse note.
Cet article est une traduction de l’article anglais «What Does Hell Say About God ?» du
ministère Desiring God par Timothée Davi.
Croyant qu’Arius était parti du mauvais endroit pour construire sa définition fondamentale de
Dieu, le jeune contemporain d’Arius, Athanase, a répondu avec une affirmation si importante
qu’elle allait faire écho à travers les siècles : « Il est plus pieux et plus précis de faire
référence à Dieu en parlant du Fils et de l’appeler Père, que de le nommer sur la base seule de
ses œuvres et de l’appeler non engendré . » En d’autres termes, la bonne manière de penser à
Dieu n’est pas de le voir tout d’abord comme le Créateur (« le nommer sur la seule base de
ses œuvres »). Car si l’identité principale de Dieu est celle du Créateur, alors il a besoin d’une
création sur laquelle régner pour être celui qu’il est. Mais Dieu existait avant toute éternité,
avant qu’il ne crée, il existait en étant totalement suffisant en lui-même, et il ne dépendait de
rien pour être qui il est. Il n’est pas un Dieu qui a besoin de quoi que ce soit (Ac 17.25). Il a la
vie en lui-même (Jn 5.26). Il est a se (de lui-même).
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Et puisque c’est ainsi, argumente Athanase, nous ne pouvons pas connaître réellement qui est
Dieu en lui-même si on ne le voit que comme Créateur. Nous devons porter attention à la
manière dont il s’est révélé, et il s’est révélé à travers son Fils, en faisant connaître cette
révélation à travers toutes les Écritures. Notre définition la plus fondamentale de qui est Dieu
vient du Fils qui le révèle. Et quand nous partons du Fils et de sa Parole, nous découvrons que
la première (mais pas la seule) chose qu’il faut dire au sujet de Dieu est, comme le
commencement du crédo de la Nicée : « Nous croyons en un Dieu, le Père. » Au travers du
Fils, nous voyons, au-delà de la création, l’identité éternelle et essentielle de Dieu. C’est
comme si, à travers Christ, nous entrons par la porte de devant dans la maison de Dieu pour
voir qui il est au-delà de ce qu’il fait.
Quand Jésus s’est mis à prier dans le jardin de Gethsémané, la tristesse et les angoisses ont
envahi son esprit. Il agonisait. Sa douloureuse passion, qui constituait le point central de sa
vocation divine, son appel, était presque à son apogée. Dieu n’a jamais appelé qui que ce soit
à souffrir davantage que son Fils unique.
Notre Sauveur était un Homme de douleur. Il nous a précédés dans le territoire inconnu de
l’affliction et de la mort. Il est allé là où personne n’est appelé à aller. Son Père lui a donné
une coupe à boire qui ne touchera jamais nos lèvres. Dieu ne nous demandera pas de vivre
quoi que ce soit de comparable aux angoisses que Christ a prises sur lui. Où que Dieu nous
appelle à aller, quoi qu’il nous demande de supporter, nous serons encore très loin de vivre ce
que Jésus a vécu.
Depuis le début de son ministère, Jésus était conscient de la mission qui lui incombait. Il se
savait condamné à mort. Sa « maladie » était en phase terminale. Sur la croix, le Père lui a
infligé non pas une, mais toutes les maladies en phase terminale. Bien entendu, cela ne veut
pas dire que Jésus ait reçu un rapport de biopsie positif ni qu’un médecin lui ait diagnostiqué
une lèpre à un stade avancé. Il est allé à la mort sans présenter de symptômes d’une
quelconque maladie connue. En réalité, la douleur cumulative de toutes les maladies lui a été
infligée. Il a porté dans son corps les ravages de tous les maux, de toutes les maladies et de
toutes les souffrances de l’humanité.
Il a supporté sa souffrance afin de racheter son peuple. Ceux qu’il a rachetés ne sont pas
délivrés pour autant de toute souffrance et de tout malheur. En effet, comme nous le verrons,
nous, son peuple, sommes appelés à avoir part à ses souffrances.
Cet article est adapté du livre : « Surpris par la souffrance » de R.C. Sproul
Lorsque Augustin a analysé le caractère pécheur de l’être humain, il a remarqué que Dieu
avait créé Adam et Ève posse peccare, ce qui signifie qu’ils avaient la capacité de pécher ;
peccare signifie « pécher ». Quelque chose de pur est appelé « impeccable » et un péché
insignifiant est parfois qualifié de « peccadille ». Ces deux mots proviennent du latin peccare.
Augustin a dit qu’Adam et Ève n’avaient pas été créés pécheurs, mais qu’ils avaient le
pouvoir de pécher. Nous savons que c’était vrai parce qu’ils ont bel et bien péché. Ils n’ont
pas réalisé l’impossible ; ils ont fait ce qu’ils avaient de toute évidence le pouvoir de faire.
Cependant, dit Augustin, Adam et Ève ont également été créés posse non peccare, ce qui
signifie qu’ils avaient la capacité de ne pas pécher. Dieu leur a donné le commandement de ne
pas manger du fruit de l’arbre défendu et ils avaient la capacité morale d’obéir à Dieu. Ils
avaient donc à la fois la capacité de pécher et celle de ne pas pécher.
Augustin a expliqué qu’à la chute, la race humaine a perdu le posse non peccare et notre
position est devenue non posse non peccare, ce qui signifie que nous n’avons plus la capacité
de ne pas pécher. En d’autres termes, le pouvoir du péché est si profondément enraciné dans
le cœur et l’âme des mortels qu’il nous est impossible de ne pas pécher. Nous sommes
tellement pécheurs par nature que nous ne rencontrerons jamais quelqu’un qui ne pèche pas ;
la seule personne qui ait jamais accompli une vie sans péché fut Jésus-Christ. Notre incapacité
à ne pas pécher s’appelle « l’incapacité morale des êtres humains ».
Cela ne signifie pas que nous ne pouvons rien faire qui soit extérieurement conforme à la loi
de Dieu. Nous pouvons accidentellement garder la loi. À titre d’illustration, imaginez un
homme qui aime conduire sa voiture à 90 km/h. Sa voiture fonctionne bien à cette vitesse et il
se sent en sécurité et à l’aise même si d’autres sur l’autoroute le dépassent à 100 ou 110 km/h.
Un jour, un policier l’arrête pour faire l’éloge de sa prudence et l’homme reçoit un prix pour
sa conduite. Il continue son chemin et retourne sur l’autoroute ; finalement, il se rend dans
une zone scolaire où la limite de vitesse est fixée à 30 km/h, mais il continue de rouler à 90
km/h, car c’est la vitesse à laquelle il aime conduire. Son désir n’a jamais été d’obéir à la loi :
qu’il l’ait fait n’était qu’une circonstance fortuite, que les théologiens appellent la « vertu
civique ».
Nous obéissons parfois à la loi de Dieu simplement parce qu’elle sert nos intérêts personnels.
Nous pourrions ne pas voler parce que nous avons constaté que le crime ne paye pas. Nous
pourrions accomplir des gestes nobles pour être applaudis des hommes, parce que nous nous
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portons candidats pour une élection, ou pour tout autre motif, mais l’homme déchu n’a aucune
motivation d’obéir à la loi par pur amour pour Dieu. Jésus a dit : « Tu aimeras le Seigneur, ton
Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus
grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain
comme toi-même » (Mt 22.37-39). Martin Luther disait que la plus grande transgression est la
violation du plus grand commandement, mais nous ne pensons pas en ces termes. Personne
n’aime Dieu parfaitement, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée.
C’est aussi pourquoi nous commettons des erreurs théologiques. Nous attribuons nos
mauvaises interprétations à la Bible elle-même, affirmant qu’elle est trop difficile à
comprendre ou ambiguë. Pourtant, Dieu n’est pas l’auteur de la confusion. En réalité, Dieu
s’est révélé clairement, mais nous venons au texte avec des préjugés qui interfèrent avec la
lumière de la Parole de Dieu. Il y a beaucoup de choses enseignées dans les Écritures que
nous ne voulons tout simplement pas entendre, trouvant donc des moyens de déformer la
Bible afin d’échapper au jugement qu’elle porte à notre conscience.
En essayant d’interpréter les Écritures, nous commettons parfois une prétendue erreur
innocente. Cela peut arriver lorsque nous utilisons une traduction défectueuse ou lorsque nous
ne maîtrisons pas suffisamment la structure de la grammaire grecque ou hébraïque. Pourtant,
si nous aimions Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos pensées, notre
maîtrise de sa Parole ne serait-elle pas différente ? Nous passons tellement de temps à remplir
notre esprit d’autres choses que la connaissance de sa Parole. Nous sommes paresseux et nous
ne sommes pas diligents dans notre quête de sa vérité. De telles choses contribuent aux
déformations que nous créons.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
Paul a écrit dans Romains : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (3.23). Le
mot grec traduit par « péché » est hamartia. Étymologiquement, ce mot vient de la sphère du
tir à l’arc, en particulier lorsqu’un archer a raté le centre de sa cible. Cependant, le sens
biblique va plus loin que cela, car « rater le centre de la cible » pourrait impliquer que la faute
n’est que mineure. La vérité est que la règle de la justice, le centre de la cible, est la loi de
Dieu et nous n’en sommes même pas près. Notre échec total à respecter le standard de justice
de Dieu est la définition même du péché.
la nature même d’une transgression : franchir une ligne ou dépasser une limite définie par la
loi. Là est le sens positif d’une transgression. En revanche, le manque de conformité attire
l’attention sur l’échec ou l’incapacité de faire ce que la loi exige.
De la même manière, les théologiens font une distinction entre les péchés de commission et
les péchés d’omission. Nous commettons un péché de commission lorsque nous faisons
quelque chose que nous ne sommes pas autorisés à faire et nous commettons un péché
d’omission lorsque nous ne faisons pas ce que nous avons la responsabilité de faire. À cet
égard, le péché a à la fois une dimension négative et une autre positive. Ces dimensions
peuvent être liées aux spéculations théologiques historiques et philosophiques sur la nature
même du mal. On dit que le mal est le talon d’Achille du judéo-christianisme, parce qu’il
soulève des questions particulièrement difficiles : comment un Dieu tout à fait juste et bon
peut-il créer un monde qui est maintenant déchu ? Dieu a-t-il causé le péché ? À partir de là,
plusieurs se demandent si quelque chose ne va pas avec Dieu lui-même, puisqu’il y a
manifestement quelque chose qui ne va pas dans le monde qu’il a créé.
Privatio et negatio
Les philosophes et les théologiens ont utilisé deux mots latins pour définir la nature du mal :
privatio, duquel nous tirons le mot français privation, ainsi que negatio, duquel nous tirons le
mot négation. Par ces termes, le péché est défini principalement dans des catégories négatives.
Une privation est un manque de quelque chose. Dans notre état déchu actuel, nous sommes
privés de sainteté et de droiture. Nous sommes nés dans un état corrompu sans la justice
originelle qu’Adam et Ève possédaient. De même, le mal est la négation du bien. La Bible
parle du mal et du péché en utilisant des termes tels qu’impiété et injustice, de sorte que le
péché est défini par rapport à la norme positive selon laquelle il est mesuré. Nous ne pouvons
pas comprendre l’impiété avant d’avoir une compréhension de la piété ; nous ne pouvons pas
comprendre l’injustice avant d’avoir une compréhension claire de la justice. Le terme
antéchrist n’a pas de sens sans que nous comprenions d’abord le sens du terme Christ. Il y a
donc un sens dans lequel le mal dépend de l’existence antérieure du bien pour sa définition
même. Le mal est comme une sangsue, un parasite qui dépend de son hôte pour vivre. C’est
pourquoi nous ne pouvons parler du problème du mal sans d’abord affirmer l’existence du
bien.
Nous ne devons jamais conclure que le péché est une illusion : le péché est réel. Le péché est
mystérieux, mais il existe une réalité du mal à laquelle nous participons, il ne nous envahit pas
simplement de l’extérieur. C’est une chose dans laquelle nous sommes profondément,
intimement et personnellement impliqués dans nos cœurs et nos âmes.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
15
Il existe une catégorie d’études appelée « théologie naturelle ». La révélation naturelle (ou
générale) et la théologie naturelle ne sont pas identiques. La révélation naturelle est quelque
chose que Dieu fait, alors que la théologie naturelle est ce que les humains font avec la
révélation naturelle. Depuis un certain temps déjà, il existe une controverse chez les
théologiens se demandant si nous pouvons parvenir à une véritable connaissance de Dieu au
moyen de la nature, c’est-à-dire si la théologie naturelle est une entreprise fructueuse. Certains
s’opposent vigoureusement à l’idée que l’homme ait la capacité de connaître quoi que ce soit
sur Dieu sans être sauvé. Paul dit dans 1 Corinthiens 2.14 que l’homme naturel ne connaît pas
et ne peut connaître Dieu, il semble donc que l’apôtre exclut la possibilité que nous puissions
obtenir une connaissance de Dieu par la nature sans que l’Esprit Saint nous éclaire. Cependant
dans Romains 1, qui est le texte scripturaire classique en matière de théologie naturelle,
l’apôtre dit que nous acquérons la connaissance de Dieu par la nature.
Les atomistes prétendent que Paul croyait une chose quand il a écrit Romains et quelque
chose de différent quand il a écrit 1 Corinthiens. En d’autres termes, ils disent que Dieu,
parlant par Paul, a changé d’avis. D’autres disent que les différences indiquées par 1
Corinthiens 2 et Romains 1 sont un exemple clair d’une contradiction dans la Bible. Toutefois,
le verbe « savoir », en grec et en hébreu, est utilisé de différentes manières. Il existe des
connaissances que nous appelons « connaissances cognitives », indiquant une prise de
conscience intellectuelle de quelque chose, puis des connaissances personnelles et intimes. À
titre d’illustration, lorsque la Bible parle d’un homme qui « connaît » sa femme, le verbe «
connaître » indique la relation humaine la plus intime entre un homme et une femme. De
même, Paul écrit aux Corinthiens à propos d’un discernement spirituel des choses de Dieu en
disant que, dans notre condition déchue, nous n’avons pas ce »discernement spirituel. Il écrit
ici à propos d’une connaissance qui dépasse la simple connaissance intellectuelle.
Dans Romains 1, Paul écrit : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute
injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive » (v. 18). Paul se soucie ici
de démontrer pourquoi il est nécessaire que nous soyons sauvés. Il amène le monde entier
devant le tribunal de Dieu pour démontrer que tous ont besoin de l’Évangile parce que tous
ont été déclarés coupables – non pas pour avoir rejeté Jésus, dont beaucoup n’avaient jamais
entendu parler, mais pour avoir rejeté Dieu le Père, qui s’était révélé clairement à tous les
êtres humains. En tant que pécheurs, c’est notre nature de réprimer cette vérité dans l’injustice
(d’autres traductions disent « retenir », « empêcher » ou « étouffer »). Paul dit que Dieu est
fâché de ce que les êtres humains font de sa révélation.
Paul poursuit : « Ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux » (v. 19). Le mot
grec traduit par « manifeste » est phaneros ; en latin, c’est manifestum, d’où on obtient le mot
manifeste, signifiant ce qui est clair. L’idée est que Dieu n’a pas planté des indices ésotériques
autour du monde afin que l’homme ait besoin d’un gourou pour expliquer que Dieu existe ;
plutôt, la révélation qu’il fait de lui-même est manifestum – elle est claire. Paul ajoute : «
16
[Les] perfections invisibles de Dieu […] se voient comme à l’œil nu, depuis la création du
monde » (v. 20a). Cela peut sembler être une déclaration contradictoire : comment peut-on
voir ce qui est invisible ? Pourtant, il n’y a pas de contradiction. Nous voyons clairement,
mais pas directement. Nous ne voyons pas le Dieu invisible, mais nous voyons le monde
visible et cela nous apporte la révélation de Dieu. Le caractère invisible de Dieu se révèle à
travers des choses visibles.
L’homme n’a aucune excuse pour négliger la révélation de Dieu : « [Les] perfections
invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la
création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables » (v.
20). Ceux qui refusent de venir à Dieu tentent d’excuser leur refus en prétendant que Dieu n’a
pas réussi à fournir une preuve suffisante de son existence, mais Paul efface cette excuse dans
Romains avec une dure réalité : « Ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et
ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans
intelligence a été plongé dans les ténèbres » (v. 21). La Bible dit clairement que la révélation
que Dieu fait de lui-même dans la nature nous fournit une connaissance vraie et claire de son
caractère.
Nous devons également noter la distinction entre la révélation générale directe et l’indirecte.
Ces termes, directe et indirecte, ont à voir avec la fonction ou l’utilisation de quelque chose
qui se situe entre deux points. Dieu est transcendant et nous sommes sur la terre. Le médiateur
de la révélation de Dieu est la nature ; en d’autres termes, la nature est le moyen de révélation,
tout comme un journal ou une émission de télévision est un moyen de communication. C’est
pourquoi de tels moyens de communication sont collectivement appelés des « médias ». De la
même manière, le principal moyen pour la révélation générale est la nature.
Révélation générale directe est le terme utilisé pour décrire une autre façon dont Dieu se
révèle à nous. Dans Romains 2.15, Paul dit que la loi de Dieu a été écrite dans nos cœurs, ce
que Jean Calvin a appelé le sensus divinitatis, ou sens du divin. C’est une conscience de Dieu
qu’il a lui-même implantée dans l’âme de l’homme et cette conscience se manifeste à notre
attention et dans notre connaissance de la loi de Dieu. Nous ne glanons pas cette connaissance
à travers un médium ; elle vient plutôt directement de Dieu à nous, ce qui explique pourquoi
une telle révélation est appelée « directe ».
La puissance et la divinité éternelles de Dieu sont clairement révélées au monde entier par la
révélation générale. Notre suppression pécheresse de cette révélation n’efface pas la
connaissance de Dieu qu’il nous a donnée par la nature et dans nos cœurs.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
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Le bouleversement cosmique qui résulta du péché d’Adam et Ève peut se résumer à une
aliénation ou à un éloignement. Les deux mots sont importants pour la compréhension
biblique du salut, car le salut est articulé dans les Écritures en termes de réconciliation. La
réconciliation n’est nécessaire que lorsqu’il y a éloignement ou aliénation. Plusieurs des
premiers chapitres de l’Ancien Testament décrivent les racines historiques de cette aliénation.
Il nous est premièrement démontré qu’il y a un éloignement entre l’homme et la nature, après
la chute. Le péché n’est pas simplement un problème humain ; il a bouleversé tout le cosmos :
« Nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de
l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement, mais nous aussi, qui avons les prémices de
l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps
» (Ro 8.22,23). Dieu a donné à Adam et Ève la domination sur la création. Ainsi quand ils
sont tombés, leur corruption a tout affecté dans les limites de leur domaine. Lorsque Dieu a
placé sa malédiction sur Adam et Ève après la chute, cette malédiction a touché même le sol ;
le monde est devenu résistant aux mains de l’humanité déchue.
Finalement, nous voyons l’aliénation de l’homme avec lui-même. Les gens d’aujourd’hui se
concentrent beaucoup sur l’estime de soi et la dignité humaine, à tel point que les écoles
limitent les mesures punitives contre les actes répréhensibles afin d’éviter de blesser l’égo
fragile des enfants. Cela est allé à l’extrême ; derrière le mouvement d’estime de soi, il y a
une prise de conscience que l’homme a un problème avec cette même estime. La raison pour
cela est le péché : à la chute, nous nous sommes isolés non seulement de Dieu et des autres
personnes, mais aussi de nous-mêmes. Il n’est pas rare d’entendre les gens déclarer : « Je me
déteste. » Cette attitude sous-tend le fait que nous ne pouvons pas nier complètement la
méchanceté qui habite l’humanité tout entière.
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Karl Marx considérait que l’un des plus gros problèmes de la race humaine était l’aliénation
du travail. Bien que Marx ait eu tort sur beaucoup de choses, il était ici sur une bonne piste
alors que douleur et luttes de toutes sortes accompagnent chaque vocation. Nous pouvons
trouver les racines de cela dans le jardin d’Éden, où la malédiction de Dieu est tombée sur le
travail de l’homme. Nous savons que le travail lui-même n’était pas une malédiction, car
l’homme a été mis au travail avant la chute. De plus, Dieu travaille et il trouve réalisation et
bénédiction dans son travail, ce qui était l’intention initiale pour nous. Pourtant, à cause de la
chute, le péché est présent sur les lieux de travail.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
La formule de la Trinité est paradoxale, mais elle n’est nullement contradictoire. La loi de la
non-contradiction stipule qu’une chose ne peut pas être ce qu’elle est et ne pas être ce qu’elle
est en même temps et dans la même relation. Par exemple, je peux être père et fils en même
temps, mais pas dans la même relation.
La formulation historique est que Dieu est un en essence et trois en personne ; il est un dans
un sens et trois dans un autre sens. Pour violer la loi de la non-contradiction, il faudrait dire
que Dieu est un en essence et en même temps trois en essence, ou que Dieu est un en
personne et en même temps trois en personne. Par conséquent, lorsque nous examinons les
catégories formelles de la pensée rationnelle, nous constatons objectivement que la formule de
la Trinité n’est pas contradictoire.
L’Église a intensément lutté avec cela au cours des quatre premiers siècles afin d’être fidèle à
l’enseignement clair des Écritures selon lequel Dieu est un, et aussi que le Père, le Fils et le
Saint-Esprit sont tous trois divins. Résoudre cette contradiction apparente n’était pas une
mince affaire. À première vue, il semble que la communauté chrétienne confessait sa foi en
trois dieux, ce qui aurait violé le principe du monothéisme si profondément enraciné dans
l’Ancien Testament.
Comme je l’ai dit plus haut cependant, le concept de la Trinité est paradoxal, mais non
contradictoire. Le mot paradoxe est basé à la fois sur un préfixe grec et sur une racine
grecque. Le préfixe para- signifie « aux côtés de ». Lorsque nous faisons référence au
ministère paraecclésial, aux services paramédicaux ou aux parajuristes, nous pensons aux
organisations et personnes qui travaillent aux côtés d’autres personnes.
De la même manière, une parabole était quelque chose que Jésus donnait à côté de son
enseignement pour illustrer un point. La racine du mot paradoxe provient du mot grec dokeo,
qui signifie « sembler », « penser » ou « apparaître ». Le mot paradoxe fait donc référence à
19
quelque chose qui, placé à côté de quelque chose d’autre, semble contradictoire jusqu’à ce
qu’un examen plus approfondi révèle qu’il n’en est rien.
La formule chrétienne de la Trinité – Dieu est une essence en trois personnes – peut sembler
contradictoire, car nous sommes habitués à voir un seul être comme une seule personne. Nous
ne pouvons concevoir comment un être pourrait être contenu dans trois personnes tout en
restant un seul être. En ce sens, la doctrine de la Trinité dans cette formulation est
mystérieuse ; il est confondant de penser à un être qui est absolument un dans son essence et
pourtant trois en personne.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
Il existe une catégorie d’études appelée « théologie naturelle ». La révélation naturelle (ou
générale) et la théologie naturelle ne sont pas identiques. La révélation naturelle est quelque
chose que Dieu fait, alors que la théologie naturelle est ce que les humains font avec la
révélation naturelle. Depuis un certain temps déjà, il existe une controverse chez les
théologiens se demandant si nous pouvons parvenir à une véritable connaissance de Dieu au
moyen de la nature, c’est-à-dire si la théologie naturelle est une entreprise fructueuse. Certains
s’opposent vigoureusement à l’idée que l’homme ait la capacité de connaître quoi que ce soit
sur Dieu sans être sauvé. Paul dit dans 1 Corinthiens 2.14 que l’homme naturel ne connaît pas
et ne peut connaître Dieu, il semble donc que l’apôtre exclut la possibilité que nous puissions
obtenir une connaissance de Dieu par la nature sans que l’Esprit Saint nous éclaire. Cependant
dans Romains 1, qui est le texte scripturaire classique en matière de théologie naturelle,
l’apôtre dit que nous acquérons la connaissance de Dieu par la nature.
Les atomistes prétendent que Paul croyait une chose quand il a écrit Romains et quelque
chose de différent quand il a écrit 1 Corinthiens. En d’autres termes, ils disent que Dieu,
parlant par Paul, a changé d’avis. D’autres disent que les différences indiquées par 1
Corinthiens 2 et Romains 1 sont un exemple clair d’une contradiction dans la Bible. Toutefois,
le verbe « savoir », en grec et en hébreu, est utilisé de différentes manières. Il existe des
connaissances que nous appelons « connaissances cognitives », indiquant une prise de
conscience intellectuelle de quelque chose, puis des connaissances personnelles et intimes. À
titre d’illustration, lorsque la Bible parle d’un homme qui « connaît » sa femme, le verbe «
connaître » indique la relation humaine la plus intime entre un homme et une femme. De
même, Paul écrit aux Corinthiens à propos d’un discernement spirituel des choses de Dieu en
disant que, dans notre condition déchue, nous n’avons pas ce »discernement spirituel. Il écrit
ici à propos d’une connaissance qui dépasse la simple connaissance intellectuelle.
Dans Romains 1, Paul écrit : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute
injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive » (v. 18). Paul se soucie ici
de démontrer pourquoi il est nécessaire que nous soyons sauvés. Il amène le monde entier
20
devant le tribunal de Dieu pour démontrer que tous ont besoin de l’Évangile parce que tous
ont été déclarés coupables – non pas pour avoir rejeté Jésus, dont beaucoup n’avaient jamais
entendu parler, mais pour avoir rejeté Dieu le Père, qui s’était révélé clairement à tous les
êtres humains. En tant que pécheurs, c’est notre nature de réprimer cette vérité dans l’injustice
(d’autres traductions disent « retenir », « empêcher » ou « étouffer »). Paul dit que Dieu est
fâché de ce que les êtres humains font de sa révélation.
Paul poursuit : « Ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux » (v. 19). Le mot
grec traduit par « manifeste » est phaneros ; en latin, c’est manifestum, d’où on obtient le mot
manifeste, signifiant ce qui est clair. L’idée est que Dieu n’a pas planté des indices ésotériques
autour du monde afin que l’homme ait besoin d’un gourou pour expliquer que Dieu existe ;
plutôt, la révélation qu’il fait de lui-même est manifestum – elle est claire. Paul ajoute : «
[Les] perfections invisibles de Dieu […] se voient comme à l’œil nu, depuis la création du
monde » (v. 20a). Cela peut sembler être une déclaration contradictoire : comment peut-on
voir ce qui est invisible ? Pourtant, il n’y a pas de contradiction. Nous voyons clairement,
mais pas directement. Nous ne voyons pas le Dieu invisible, mais nous voyons le monde
visible et cela nous apporte la révélation de Dieu. Le caractère invisible de Dieu se révèle à
travers des choses visibles.
L’homme n’a aucune excuse pour négliger la révélation de Dieu : « [Les] perfections
invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la
création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables » (v.
20). Ceux qui refusent de venir à Dieu tentent d’excuser leur refus en prétendant que Dieu n’a
pas réussi à fournir une preuve suffisante de son existence, mais Paul efface cette excuse dans
Romains avec une dure réalité : « Ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et
ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans
intelligence a été plongé dans les ténèbres » (v. 21). La Bible dit clairement que la révélation
que Dieu fait de lui-même dans la nature nous fournit une connaissance vraie et claire de son
caractère.
Nous devons également noter la distinction entre la révélation générale directe et l’indirecte.
Ces termes, directe et indirecte, ont à voir avec la fonction ou l’utilisation de quelque chose
qui se situe entre deux points. Dieu est transcendant et nous sommes sur la terre. Le médiateur
de la révélation de Dieu est la nature ; en d’autres termes, la nature est le moyen de révélation,
tout comme un journal ou une émission de télévision est un moyen de communication. C’est
pourquoi de tels moyens de communication sont collectivement appelés des « médias ». De la
même manière, le principal moyen pour la révélation générale est la nature.
Révélation générale directe est le terme utilisé pour décrire une autre façon dont Dieu se
révèle à nous. Dans Romains 2.15, Paul dit que la loi de Dieu a été écrite dans nos cœurs, ce
que Jean Calvin a appelé le sensus divinitatis, ou sens du divin. C’est une conscience de Dieu
21
qu’il a lui-même implantée dans l’âme de l’homme et cette conscience se manifeste à notre
attention et dans notre connaissance de la loi de Dieu. Nous ne glanons pas cette connaissance
à travers un médium ; elle vient plutôt directement de Dieu à nous, ce qui explique pourquoi
une telle révélation est appelée « directe ».
La puissance et la divinité éternelles de Dieu sont clairement révélées au monde entier par la
révélation générale. Notre suppression pécheresse de cette révélation n’efface pas la
connaissance de Dieu qu’il nous a donnée par la nature et dans nos cœurs.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
Le récit de la création raconte les six jours au cours desquels Dieu a formé divers éléments de
l’univers. À la fin de cette période, on nous dit :
Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur
les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les
reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu,
il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez,
remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du
ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre (Ge 1.26‑28).
Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui valorise davantage les œufs de tortue de mer
que l’embryon humain. Nous donnons plus de dignité aux baleines qu’à l’humanité, ce qui est
un renversement de l’ordre de la création. L’homme seul fut créé à l’image de Dieu ; en un
sens, Dieu a créé l’homme et la femme comme ses vices-régents, ses dirigeants adjoints pour
toute la création. C’est le statut que Dieu a accordé à l’humanité ; c’est ce que les Écritures
veulent dire quand elles nous disent que l’homme et la femme ont été créés imago Dei, à
l’image de Dieu.
Quelle est cette dimension distinctive de l’être humain qui le rend différent de tous les autres
membres du règne animal ? Historiquement, il y a eu de nombreuses tentatives pour localiser
les caractéristiques distinctives de l’image de Dieu. Nous lisons dans Genèse 1.26 : « Puis
Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » Deux mots distincts
sont utilisés ici : image et ressemblance. L’Église catholique romaine a déclaré que la Bible
décrit ici non pas une caractéristique spécifique de l’être humain, mais deux, de sorte qu’il
existe une différence entre l’image et la ressemblance. Les théologiens catholiques romains
disent que l’image fait référence à certains aspects que nous avons en commun avec Dieu tels
que la rationalité et la volonté, alors que la ressemblance correspond à une droiture originelle
qui fut ajoutée à la nature humaine lors de la création.
22
Au cours de l’histoire, il y eut des tentatives d’identifier ces similitudes. L’opinion la plus
populaire a été que l’image se trouve dans notre rationalité, notre volonté et nos affections. On
dit que nous sommes rationnels d’une manière semblable à Dieu ; en d’autres termes, Dieu a
un esprit et nous avons des esprits. Pendant des siècles, les gens ont supposé que les animaux
agissaient uniquement par instinct et non par décision consciente. Cependant, selon les
réactions des animaux de diverses manières, il semble bien que les animaux prennent des
décisions conscientes. Donc, pour la plupart, l’idée que la rationalité soit limitée à l’homme et
que l’instinct définisse les animaux a changé. Les gens disent maintenant que ce qui distingue
les êtres humains est notre capacité avancée de raisonnement. Dieu a la connaissance et il a un
raisonnement complexe ; nous avons des esprits et un pouvoir de contemplation unique dans
le monde animal.
De plus, nous avons la faculté de choisir et nous sommes des créatures volitives. Pour être une
créature morale, il faut avoir un esprit et une volonté, tout comme Dieu. Nous ne citons pas
23
des souris à procès et nous ne parlons pas d’un sens de moralité éthiquement développé chez
nos chiens, mais nous tenons les êtres humains responsables des choix qu’ils font. Les
humains sont des agents moraux, ce sont des créatures volitives. Dieu donna aux êtres
humains la directive d’être saints comme il est saint et de refléter sa justice. Nous ne
pourrions pas faire cela si nous n’étions pas des créatures rationnelles et morales ou si nous
n’avions pas le sens du sentiment ou de l’affection. Historiquement, l’Église a donc considéré
que ces caractéristiques que l’on retrouve à la fois en Dieu et chez les êtres humains
constituent l’essence de l’image.
Barth a contesté cette idée en se basant sur le fait que notre création en tant que porteurs
d’image était à la fois « masculine et féminine ». Dans la Genèse, le mot homme est utilisé
génériquement et il inclut à la fois l’homme et la femme, de sorte que tous les êtres humains
participent à porter l’image de Dieu. Barth a fait valoir que « homme et femme » n’est pas une
analogie d’être, mais une analogie de relation. Tout comme Dieu a des relations
interpersonnelles en lui-même dans la Trinité, notre particularité est notre capacité d’avoir des
relations interpersonnelles entre nous. Il est certes vrai que nous pouvons avoir des relations
interpersonnelles, mais il en va de même pour les animaux. Si c’était le seul point de
l’analogie, nous serions incapables d’avoir une relation avec Dieu puisqu’il n’y aurait aucun
moyen de communiquer avec lui.
Parmi toutes les créatures du monde, les êtres humains se voient attribuer une responsabilité
unique à laquelle correspond une capacité. Une partie de l’unicité de la race humaine réside
dans la mission que nous avons reçue de Dieu d’être ses représentants auprès du reste de la
création, afin de refléter le caractère même de Dieu. Cela devient clair lorsque nous repensons
au livre de la Genèse à partir de l’image du Nouveau Testament du Christ lui-même, le second
Adam, en qui nous voyons l’accomplissement parfait de ce que signifie « être créé à l’image
de Dieu ». L’auteur d’Hébreux nous dit que le Christ est « le reflet de sa gloire et l’empreinte
de sa personne » (Hé 1.3). Dans la parfaite obéissance du Christ, nous v »yons
l’accomplissement du mandat humain de refléter la sainteté et la justice de Dieu. Je suis
convaincu que ce que nous trouvons dans l’image est une capacité unique à refléter le
caractère de Dieu de sorte que le reste du monde puisse regarder les humains et dire : « Cela
nous donne une idée de ce à quoi Dieu ressemble. »
Malheureusement, lorsque le monde nous regarde il ne voit pas grand-chose de ce à quoi Dieu
ressemble ; c’est pour cette raison que « la création tout entière soupire et souffre les douleurs
de l’enfantement », dans l’attente de la rédemption de Dieu (Ro 8.22). L’image de Dieu en
l’homme a été tellement ternie par la chute que la question persiste : l’image de Dieu en
l’homme a-t-elle été effacée par la chute, de sorte que nous ne sommes plus porteurs de cette
image ? Le christianisme orthodoxe insiste sur le fait que même si l’image de Dieu a été
brouillée, elle n’a pas été détruite. Même les humains pécheurs sont des êtres créés à l’image
de Dieu, un fait qui conduit à la nécessité de distinguer entre l’image de Dieu au sens étroit ou
formel et l’image de Dieu au sens large ou matériel. Même si nous sommes déchus, nous
pouvons penser. Nos esprits ont été infectés par le péché, mais nous avons toujours des esprits
24
et nous pouvons toujours raisonner. Nous raisonnons fallacieusement, mais nous avons cette
capacité ; nous avons une volonté et nous avons la capacité de faire des choix. De même, nous
avons des affections. Par conséquent, l’image de Dieu reste dans les êtres humains.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
Nous avons ici un indice sur la nature des anges et sur leur vocation : ils sont des êtres créés et
ils sont des esprits exerçant un ministère spirituel. Ils n’ont pas de corps physique ou, du
moins, leur substance est plus éthérée que la chair humaine. Lorsque la Bible utilise le terme «
esprit », elle ne parle pas nécessairement de ce qui est totalement non physique ; le mot est
utilisé pour des choses telles que la fumée et le vent, qui ont des particules physiques, mais
manquent tellement de densité qu’elles peuvent être appelées à juste titre « esprit ».
Néanmoins, les anges sont des créatures ; les anges et les démons sont des êtres créés. Ils ne
sont pas égaux à Dieu.
La première tâche des anges est d’être ministres. Les Écritures nous montrent de différentes
manières que les anges œuvrent comme ministres. Premièrement, certains anges sont créés
spécifiquement dans le but de servir en présence immédiate de Dieu. Nous trouvons un
exemple de cela dans la prophétie d’Ésaïe :
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de
sa robe remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun
six ailes ; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds,et deux dont
ils se servaient pour voler. Ils criaient l’un à l’autre, et disaient : Saint, saint, saint est l’Éternel
des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! (És 6.1-3.)
L’une des fonctions des anges est de faire partie de la cour céleste. L’armée céleste comprend
des anges et des archanges, ce qui indique une hiérarchie, un ordre d’autorité dans le monde
angélique. Les séraphins exercent leur ministère dans la présence immédiate de Dieu, qu’ils
sont ainsi aptes à contempler quotidiennement.
Une autre fonction du ministère des anges est de servir de messagers. En effet, le mot grec
angelos signifie « messager ». L’ange Gabriel a été envoyé pour annoncer la naissance de
Jean-Baptiste, puis à Marie pour annoncer la naissance de Jésus. Des anges dans les champs à
l’extérieur de Bethléem ont annoncé : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la
terre parmi les hommes qu’il agrée » (Lu 2.14).
De plus, des anges ont servi Jésus après qu’il eut enduré quarante jours de tentation de Satan
dans le désert. L’une des tentations que Satan a présentées à Jésus était de sauter du sommet
du temple parce qu’il lui avait été promis que des anges le porteraient (Mt 4.6). Satan a défié
Jésus à propos des soins angéliques qui lui avaient été promis, mais Jésus n’a pas succombé à
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cette tentation. Immédiatement après que Jésus eut réussi à contrecarrer la tentation de Satan,
on nous dit que les anges sont apparus et l’ont servi (v. 11).
Lorsque Jésus a été arrêté, il a affirmé qu’il avait l’autorité pour faire appel à des légions
d’anges qui pourraient venir le secourir (Mt 26.53), ce qui rappelle ce qui est arrivé à Élisée à
Dothan, lorsque des chars de feu sont venus lui porter secours. Les anges de Dothan étaient
invisibles à l’œil nu, c’est pourquoi Élisée a prié pour son serviteur : « Éternel, ouvre ses
yeux, pour qu’il voie » (2 R 6.17).
Pour la plupart, les anges sont invisibles, mais ils peuvent devenir visibles, comme ils l’ont
fait de temps à autre pendant le ministère terrestre de Jésus. La résurrection de Jésus a été
annoncée par les anges au tombeau et son ascension a été annoncée par la présence d’anges.
De plus, on nous dit que lorsque le Christ reviendra, il viendra avec ses anges dans la gloire
(Mc 8.38). Nous trouvons donc, tout au long des Écritures, des anges servant les saints de
Dieu, mais Jésus particulièrement.
Ailleurs, on nous dit : « N’oubliez pas l’hospitalité ; car en l’exerçant, quelques-uns ont logé
des anges, sans le savoir » (Hé 13.2). Dans l’Ancien Testament, les anges apparaissaient
parfois sous la forme d’hommes et ils n’étaient pas immédiatement reconnus comme des
visiteurs du royaume des anges ou comme des messagers de Dieu. Les anges continuent,
même de nos jours, à servir les saints dans des moments de grand danger.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
Que dit la Bible à propos de la direction de Dieu ? Elle dit que si nous reconnaissons Dieu
dans toutes nos voies, il aplanira nos sentiers (Pr 3.5,6). Les Écritures nous encouragent à
apprendre la volonté de Dieu pour nos vies et nous le faisons en concentrant notre attention
non sur la volonté décrétive de Dieu, mais sur sa volonté préceptive. Si vous voulez connaître
la volonté de Dieu pour votre vie, la Bible vous dit : « Ce que Dieu veut, c’est votre
sanctification » (1 Th 4,3). Ainsi, lorsque les gens se demandent s’ils doivent travailler à
Cleveland ou à San Francisco, ou épouser Jane ou Martha, ils devraient étudier de près la
volonté préceptive de Dieu. Ils devraient étudier la loi de Dieu pour apprendre les principes
selon lesquels ils doivent vivre jour après jour.
Le psalmiste écrit : « Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui
ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,
mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit ! » (Ps 1.1,2.)
Le bonheur de l’homme pieux réside dans la volonté préceptive de Dieu et celui qui y est ainsi
concentré sera comme « un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa
saison » (v. 3). Il n’en est pas ainsi, cependant, pour les impies, qui « sont comme la paille que
le vent dissipe » (v. 4).
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Si vous voulez savoir quel emploi choisir, vous devez maîtriser ces principes. Ce faisant, vous
découvrirez que c’est la volonté de Dieu que vous fassiez une analyse sobre de vos dons et de
vos talents. Ensuite, vous devez déterminer si un emploi particulier correspond à vos dons ; si
ce n’est pas le cas, vous ne devriez pas l’accepter. Dans ce cas, la volonté de Dieu est que
vous cherchiez un emploi différent. La volonté de Dieu est aussi de faire correspondre votre
vocation – votre appel – avec une opportunité d’emploi, ce qui nécessite beaucoup plus de
travail que d’utiliser une planche Ouija. Cela signifie appliquer la loi de Dieu à toutes les
choses de la vie.
Quand il s’agit de décider qui épouser, regardez tout ce que les Écritures disent concernant la
bénédiction de Dieu sur le mariage. Cela étant fait, vous découvrirez peut-être qu’il existe
plusieurs candidats répondant aux exigences bibliques. Alors, qui épouserez-vous ? La
réponse à cette question est simple : la personne que vous voulez épouser. Tant que la
personne que vous choisissez s’inscrit dans les paramètres de la volonté préceptive de Dieu,
vous avez la liberté d’agir à votre guise et vous n’avez pas besoin de perdre du sommeil en
vous demandant si vous êtes en dehors de la volonté cachée ou décrétive de Dieu.
Premièrement, vous ne pouvez pas être en dehors de la volonté décrétive de Dieu.
Deuxièmement, votre seule façon de connaître la volonté cachée de Dieu pour vous
aujourd’hui est d’attendre à demain où elle sera claire, puisque vous pourrez faire un retour
sur le passé et savoir que tout ce qui est arrivé dans le passé est le résultat de la volonté cachée
de Dieu. En d’autres termes, nous ne connaissons la volonté cachée de Dieu qu’après coup.
Nous voulons généralement connaître la volonté de Dieu en matière d’avenir alors que dans
les Écritures, l’accent est mis sur la volonté de Dieu pour nous dans le présent et cela est en
lien avec ses commandements.
Les « choses secrètes » appartiennent à Dieu, pas à nous. Les « choses secrètes » ne nous
concernent pas, car elles ne sont pas notre propriété, elles sont la sienne. Toutefois, Dieu a pris
certains des plans secrets de sa pensée et en a retiré le secret. De telles choses nous
appartiennent, il a enlevé le voile. C’est ce que nous appelons la révélation. Une révélation est
une divulgation de ce qui était auparavant caché.
La connaissance qui nous appartient par le biais de la révélation appartient à Dieu, mais Dieu
nous l’a donnée ; c’est ce que Moïse disait dans Deutéronome 29.29. Les choses secrètes
appartiennent à Dieu, mais ce qu’il a révélé nous appartient, non seulement à nous, mais à nos
enfants. Dieu s’est plu à nous révéler certaines choses et nous avons la bénédiction
indescriptible de partager ces choses avec nos enfants et avec les autres. La priorité de
transmettre cette connaissance à nos enfants est l’un des accents dans Deutéronome. La
volonté révélée de Dieu est donnée dans et par sa volonté préceptive et cette révélation est
donnée pour que nous puissions être obéissants.
Comme je l’ai dit plus tôt, beaucoup de gens me demandent comment ils peuvent connaître la
volonté de Dieu pour leur vie, mais il est rare que quelqu’u » me demande comment connaître
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la loi de Dieu. Les gens ne le demandent pas parce qu’ils savent comment comprendre la loi
de Dieu : ils la trouvent dans la Bible. Ils peuvent étudier la loi de Dieu afin de la connaître.
La question la plus difficile est de savoir comment accomplir la loi de Dieu. Certains sont
préoccupés par cela, mais ils ne sont pas nombreux. La plupart des gens qui s’informent sur la
volonté de Dieu cherchent à connaître le futur, qui est fermé. Si vous voulez connaître la
volonté de Dieu en matière de ce que Dieu autorise, ce qui lui plaît et ce pour quoi il vous
bénira, la réponse se trouve dans sa volonté préceptive, la loi, qui est claire.
Une des valeurs principales de la loi de l’Ancien Testament pour le chrétien du Nouveau
Testament est qu’elle révèle le caractère de Dieu et ce qui lui est agréable. Nous pouvons
étudier la loi de l’Ancien Testament lorsque nous essayons de découvrir ce qui plaît à Dieu et,
même si certaines de ces lois ne sont pas reprises dans le Nouveau Testament, le dévoilement
du caractère de Dieu est là et nous y avons une lampe pour nos pieds et une lumière pour
notre sentier (Ps 119.105). Si nous cherchons notre chemin et tâtonnons dans les ténèbres
alors que nous cherchons à connaître la volonté de Dieu pour nos vies, nous avons besoin
d’une lampe pour nous indiquer où aller, une lumière pour nous montrer le chemin pour nos
pieds : on les trouve dans la volonté préceptive de Dieu. La volonté de Dieu est que nous
obéissions à chaque mot qui sort de sa bouche.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
Les réformateurs, Martin Luther en particulier, ont parlé de la différence entre le Deus
absconditus et le Deus revelatus. Il y a des limites à notre connaissance de Dieu ; nous
n’avons pas une connaissance approfondie de lui. Dieu ne nous a pas révélé tout ce qui
pourrait êt »e connu de lui ou de ses intentions pour le monde ; une grande partie de tout cela
n’est pas révélée. Ce secret de la part de Dieu s’appelle le Deus absconditus, ce que Dieu nous
a caché. En même temps, nous ne sommes pas totalement dans le noir pour chercher à tâtons
une compréhension de Dieu. Ce n’est pas comme si Dieu s’était enfui et avait omis de révéler
quoi que ce soit sur lui-même. Au contraire, il y a aussi ce que Luther a appelé le Deus
revelatus, cette partie de Dieu qu’il a révélée. Ce principe est révélé dans Deutéronome 29.29.
« Les choses cachées » fait référence à ce que nous appelons « la volonté secrète » de Dieu.
Un aspect de la volonté de Dieu est sa volonté décrétive, qui fait référence au fait que Dieu
accomplit souverainement tout ce qu’il veut. Parfois, cela est appelé la volonté absolue de
Dieu, la volonté souveraine de Dieu ou la volonté efficace de Dieu. Lorsque Dieu décrète
souverainement que quelque chose doit arriver, cela doit en effet arriver. Une autre façon d’en
parler est le « conseil déterminé » de Dieu. Un exemple de cela est la crucifixion : quand Dieu
a décrété que le Christ devait mourir sur la croix à Jérusalem à un moment précis de l’histoire,
cela devait se produire à cet endroit et à cette époque. Cela s’est passé par le conseil
déterminé ou la volonté de Dieu. C’était irrésistible, cela devait arriver. De même, lorsque
Dieu a appelé le monde à l’existence, cela est arrivé.
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Il y a aussi la volonté préceptive de Dieu. Alors que nous ne pouvons pas résister à la volonté
décrétive de Dieu, non seulement nous pouvons résister à sa volonté préceptive, mais nous y
résistons continuellement. La volonté préceptive de Dieu est en lien avec sa loi, ses
commandements. Par exemple, le premier commandement, « tu n’auras pas d’autres dieux
devant ma face » (Ex 20.3), fait partie de la volonté préceptive de Dieu.
Quand les gens me demandent comment ils peuvent connaître la volonté de Dieu pour leur
vie, je leur demande de quelle volonté ils parlent : la volonté cachée, décrétive de Dieu ou sa
volonté préceptive. S’ils parlent de la volonté cachée de Dieu, ils doivent comprendre qu’elle
est cachée. La plupart de ceux qui posent la question ont du mal à savoir quoi faire dans des
situations particulières. Quand on me questionne sur la volonté de Dieu dans de tels cas, je
réponds que je ne peux pas lire la pensée de Dieu. Cependant, je peux lire la Parole de Dieu
qui me donne sa volonté révélée ; apprendre et me conformer à cette volonté est une tâche qui
suffira ma vie durant. Je peux aider les gens pour cela, mais pas pour la connaissance de sa
volonté cachée. Jean Calvin disait que lorsque Dieu « ferme sa bouche sainte, arrêtons-nous
également, afin de ne pas aller plus loin[1] ». Si nous traduisions cela dans la nomenclature
moderne, nous dirions : « La volonté cachée de Dieu ne nous regarde pas. » C’est pourquoi
elle est cachée.
Désirer savoir ce que Dieu veut que vous fassiez est en effet une vertu. Il a un plan secret pour
votre vie qui ne vous regarde absolument pas, mais il peut vous guider et diriger vos sentiers.
Il n’y a donc rien de mal à rechercher l’illumination du Saint-Esprit ou la direction de Dieu
dans nos vies ; c’est généralement ce qui préoccupe les gens qui s’interrogent sur la volonté
de Dieu. Cependant, nous avons tendance à avoir un désir impie de connaître l’avenir ; nous
voulons connaître la fin dès le commencement, ce qui en fait n’est pas notre affaire. C’est
l’affaire de Dieu, c’est pourquoi ses avertissements dans les Écritures sont si sévères contre
ceux qui tentent de découvrir l’avenir par des moyens illicites tels que des planches Ouija, des
diseuses de bonne aventure et des cartes de tarot. Ces choses sont interdites pour les chrétiens.
Cet article est adapté du livre : Nous sommes tous des théologiens – R. C. Sproul
À une certaine époque, ma femme travaillait dans une école de filles atteintes de handicaps
mentaux. Quel endroit ! Bien qu’elle ne l’ait pas su à l’époque, avant qu’on lui propose le
poste, tout le personnel avait démissionné l’été précédent. Tel était l’état où en étaient les
choses ! Il y eut de nombreux incidents, tant humoristiques que sérieux, et il fallut beaucoup
prier pour arriver à gagner un contrôle sur ces jeunes filles.
Une des choses les plus remarquables était l’incapacité de ces jeunes filles à pouvoir
supporter la moindre critique. Si on leur indiquait comme fausse la moindre addition dans leur
cahier de mathématiques, une explosion de colère se produisait immédiatement. Ou bien la
jeune fille en question arrachait la page du cahier pour essayer de faire croire qu’il n’y avait
jamais eu d’erreur. Ou encore, dans un accès de rage, elle jetait le cahier par la fenêtre de la
classe. Ces filles ne pouvaient absolument pas supporter la moindre critique. Elles étaient
émotionnellement immatures.
Je ne veux pas dire par là que tout chrétien enflé d’orgueil devrait se sentir la liberté
d’attaquer verbalement ses responsables et ses pasteurs à la première occasion venue. Jésus
dit avec netteté qu’il nous faut exercer une prudence extrême avant de critiquer les autres :
«Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car, on vous jugera du jugement dont
vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez» (Matthieu 7 :1,2).
Je ne dis pas non plus que le responsable chrétien doive devenir la marionnette des membres
importants qui s’érigent en critiques, ni l’esclave des opinions des membres de leur église
(Galates 1 :10). Il rechercherait alors la faveur des hommes au lieu de servir Dieu. Toutefois,
personne ne possède l’infaillibilité, et tout le monde peut commettre des erreurs, même graves
parfois. Dans de tels cas, l’homme de foi mûr possède le discernement nécessaire pour faire la
part du vrai et du faux dans la critique.
Répondre positivement à la voix de Dieu à travers une critique constitue la marque d’un bon
responsable.
Par manque de temps, les apôtres commençaient à faire un gâchis de la distribution
quotidienne de nourriture dans l’église de Jérusalem, et ils répondirent avec maturité à cette
situation en nommant les sept «diacres» (Actes 6). Pierre ne faisait pas partie de ceux qui ne
font jamais d’erreurs. Lorsque Paul dut le reprendre à cause de sa conduite en présence des
judaïsants, il répondit avec maturité (Galates 2).
Paul enseigne clairement à Timothée qu’on ne doit pas critiquer les responsables à la légère.
Mais il reconnaît que la critique et la réprimande sont parfois nécessaires et doivent être prises
au sérieux : «Ne reçois point d’accusation contre un ancien, si ce n’est sur la déposition de
deux ou trois témoins. Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi
éprouvent de la crainte» (1 Timothée 5 :19,20). Les assemblées peuvent être trop promptes à
critiquer leurs responsables, et ces derniers trop lents à écouter. Nous avons tous besoin d’un
esprit d’amour et d’humilité pour respecter un juste équilibre, et cela en vue de l’avancement
de l’œuvre de Dieu.
Cet article est adapté du livre : « Où est l’honneur qui m’est dû ? » de John Benton
Beaucoup de chrétiens croient que leurs œuvres ne sont que des vêtements souillés. Après
tout, c’est ce qu’Ésaïe 64.5 semble dire : nos meilleures œuvres sont sales, sans valeur. Je
doute que ce soit vraiment ce qu’Ésaïe voulait dire. La « justice » qu’Ésaïe avait en tête fait
référence aux rituels superficiels du peuple d’Israël dont la foi n’était pas sincère et dont les
actes d’obéissance étaient faits à contrecœur. Dans Ésaïe 65.1-7, l’Éternel rejette leurs
sacrifices empreints de péchés. Ces sacrifices sont une insulte à Dieu, de la fumée dans ses
narines, tout comme le rituel « d’obéissance » dans Ésaïe 58 n’avait pas impressionné le
Seigneur, car le peuple écrasait les démunis. Leur « justice [était] comme un vêtement souillé
» (64.5) parce qu’elle était tout à fait injuste. Leur apparence était trompeuse, un écran de
fumée couvrait littéralement leur incrédulité et leur désobéissance.
Nous ne devrions toutefois pas penser que toute bonne œuvre est un vêtement souillé devant
Dieu. En effet, le verset qui précède, Ésaïe 64.4 dit : « Tu vas au-devant de celui qui pratique
avec joie la justice, de ceux qui marchent dans tes voies et se souviennent de toi. » Il n’est pas
impossible pour le peuple de Dieu de pratiquer des œuvres vertueuses qui plaisent à Dieu.
John Piper l’explique ainsi :
Parfois, les gens ne font pas attention à ce qu’ils disent, et méprisent ouvertement tout le bien
dont l’homme est capable, comme s’il n’y avait absolument rien qui puisse plaire à Dieu. Ils
citent souvent Ésaïe 64.5 qui déclare que notre justice est comme un vêtement souillé. Il est
vrai ― glorieusement vrai ― que nul, ni avant ni après la croix, ne serait accepté par un Dieu
impeccablement saint si la justice parfaite du Christ ne nous était pas imputée (Ro 5.19 ; 1 Co
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1.30 ; 2 Co 5.21). Toutefois, cela ne veut pas dire que Dieu ne produit pas chez les personnes
« justifiées » (avant et après la croix) une justice acquise qui n’est pas un « vêtement souillé ».
En effet, il le fait, et cette justice est précieuse et nécessaire aux yeux de Dieu, non pas pour
notre justification (qui dépend seulement de Christ), mais comme l’évidence que nous
sommes des enfants de Dieu réellement justifiés.
Il est risqué de ne tenir aucun compte du fait que la Bible exprime la possibilité et le devoir
d’être vertueux. Bien entendu, nos bonnes œuvres ne peuvent pas apaiser la colère de Dieu.
Nous avons besoin de la justice de Jésus. De plus, nous ne pouvons produire la vertu par nos
propres forces. Cependant, en tant que croyants nés de nouveau, il est possible de plaire à
Dieu par sa grâce. Ceux qui portent du fruit dans chacune de leurs œuvres et accroissent leurs
connaissances de Dieu lui sont agréables (Col 1.10). Offrir vos corps comme un sacrifice
vivant plaît à Dieu (Ro 12.1). Prendre soin de votre frère plaît à Dieu (14.18). Obéir à vos
parents plaît à Dieu (Col 3.20). Enseigner la Parole dans la vérité plaît à Dieu (1 Th 2.4). Prier
pour les autorités en place plaît à Dieu (1 Ti 2.1-3). Aider les membres de votre famille qui
sont dans le besoin plaît à Dieu (5.4). Donner avec générosité plaît à Dieu (Hé 13.16).
Observer ses commandements plaît à Dieu (1 Jn 3.22). Au fond, dès que vous faites confiance
à Dieu et que vous lui obéissez, vous lui plaisez.
Au fond, dès que vous faites confiance à Dieu et que vous lui obéissez, vous lui plaisez.
Nous avons tendance à croire que considérer tout ce que nous faisons comme moralement
douteux est un signe de sensibilité spirituelle. Ce n’est pas ce qu’exprime la Bible au sujet de
ce qui est vertueux. Ce type de résignation spirituelle ne dit pas la vérité à propos de Dieu. A.
W. Tozer a raison :
Même aujourd’hui, avec une mauvaise compréhension de Dieu, les bons chrétiens se vouent à
une vie de frustration. La vie chrétienne est considérée comme étant morne, sous le regard
d’un Père sévère qui a des attentes trop élevées et aucun pardon. Il est austère, grincheux,
totalement imprévisible et il est extrêmement difficile de lui plaire.
Cette description ne correspond absolument pas au Dieu de la Bible. Notre Dieu n’est pas un
capricieux marchand d’esclaves. Il n’est pas hypersensible ni enclin à se mettre en colère à la
moindre offense. Il est lent à la colère et riche en bonté (Ex 34.6). « Il n’est pas difficile de lui
plaire, nous rappelle Tozer, bien qu’il puisse être difficile de le satisfaire. »
Pourquoi imaginons-nous Dieu comme étant si froid à nos tentatives d’obéissance sincères ?
Après tout, il est notre Père céleste. Quel genre de père reçoit la carte que sa fille a fabriquée
pour son anniversaire et se plaint du choix des couleurs ? Quelle mère dit à son fils qui n’a pas
rangé les pots de peinture sur la bonne tablette après avoir fait de bon gré le ménage du
garage : « Ton travail ne vaut rien » ? Quel genre de parent soupire d’exaspération lorsque son
enfant tombe lors de son premier tour à vélo ? Aucune justice ne nous justifie devant Dieu si
ce n’est la justice de Christ. Cependant, les bonnes œuvres de ceux qui ont été rendus justes
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devant Dieu par la grâce seule au moyen de la foi et qui ont, par conséquent, été adoptés dans
la famille de Dieu, ne sont pas seulement dépourvues de souillure, elles sont extrêmement
douces, précieuses et agréables aux yeux de Dieu.
Cet article est adapté du livre : « La faille dans notre sainteté » par Kevin DeYoung
Quelqu’un m’a demandé : « Y-a-t-il des degrés de condamnation en enfer ? ». C’est une
bonne question ! Après tout, un dictateur responsable de la mort de milliers de personnes
subirait-il le même châtiment que le bon gars serviable et aimable qui a commis des péchés
considérés comme beaucoup moins graves ?
En (Luc 20.46-47) Jésus dit à ses disciples, concernant les religieux hypocrites : « …Ils seront
jugés plus sévèrement « :
« 46 Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans
les places publiques ; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les
premières places dans les festins ; 47 qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour
l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement ».
En (Mat 23.13-38) où Jésus parle durement aux dirigeants religieux, il est intéressant de
remarquer l’expression du verset 15 : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites !
Parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et, quand il l’est devenu,
vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous ».
En (Luc 10.13-14) Jésus précise : « 13 Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda !
Car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon,
il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. 14 C’est
pourquoi, au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous ».
Et en (Mat 10.15) Jésus affirme aussi : « Je vous le dis en vérité : au jour du jugement, le pays
de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville–là. »
De plus, je ne suis pas sans penser à cette parole terrifiante que Jésus a prononcée en (Marc
14.21) à propos de son ami Judas qui allait le trahir : « Le Fils de l’homme s’en va selon ce
qui est écrit de lui. Mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux
vaudrait pour cet homme qu’il ne soit pas né ». Cela ne laisse présager rien de bon pour le sort
éternel de Judas…
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Bref, l’observation de ces passages n’est pas une étude exhaustive, mais elle est assez
révélatrice et indique clairement que non seulement l’enfer existe, mais qu’il y aura aussi un
degré de condamnation différent pour chacun en fonction des fautes commises, car la notion
de jugement ici implique aussi un verdict, donc une condamnation. D’ailleurs il est intéressant
de constater comment (Luc 20.47) a été traduit dans les versions suivantes : Second Révisée
(Colombe 1978) : « …Ils subiront une condamnation particulièrement sévère » ; et Darby : «
…ceux-ci recevront une sentence plus sévère ». Dieu est parfaitement juste, alors il le sera
aussi dans son jugement et les sentences qu’il prononcera.
Mais bien qu’il soit intéressant de savoir qu’il y aura des degrés de condamnation en enfer, le
vrai souci est de s’assurer de ne pas y aller ! Et la Bible est claire, même si c’est pour le diable
et ses anges que l’enfer a été préparé (Matthieu 25.41), tous ceux qui auront rejeté Jésus-
Christ et le Salut qu’il offre y seront envoyés aussi ; autant le dictateur que le bon gars… car
c’est le péché qui nous y condamne : « Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don
gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 6.23).
L’apôtre Jean énonce aussi que : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit
pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de »ieu demeure sur lui ». (Jean 3.36)
Comme ces versets l’indiquent, c’est par Jésus-Christ qu’on obtient la vie éternelle et qu’on
évite ainsi la colère de Dieu qui plane déjà sur les incroyants et qui entraînera un châtiment
éternel (Matthieu 25.46).
Alors qu’en est-il pour toi ? Ton âme est-elle en sécurité avec Jésus, ou la colère de Dieu
demeure-t-elle sur toi ?
- Tony Bissonnette