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Honneur - Wikipédia

L'honneur est une notion complexe et subjective, liée à la valeur morale que l'on s'attribue ou que l'on reconnaît aux autres, et se manifeste par des actes dignes et conformes aux normes sociales. Il est également associé à des distinctions et des récompenses, comme la Légion d'honneur en France, et peut être influencé par des facteurs culturels et historiques. En droit, l'honneur est pris en compte dans des contextes tels que la diffamation et les atteintes à la réputation, et il peut également être lié à des comportements violents dans certaines cultures.

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Honneur - Wikipédia

L'honneur est une notion complexe et subjective, liée à la valeur morale que l'on s'attribue ou que l'on reconnaît aux autres, et se manifeste par des actes dignes et conformes aux normes sociales. Il est également associé à des distinctions et des récompenses, comme la Légion d'honneur en France, et peut être influencé par des facteurs culturels et historiques. En droit, l'honneur est pris en compte dans des contextes tels que la diffamation et les atteintes à la réputation, et il peut également être lié à des comportements violents dans certaines cultures.

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Honneur

grand respect et d'admiration honnêteté équité ou intégrité dans ses croyances et ses actions normes morales
élevées éloges

Pour les articles homonymes, voir Honneur (homonymie).

Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2019).

Cet article sur la sociologie doit être recyclé (avril 2019).

Définitions

L'honneur est une notion complexe et subjective, qui renvoie à la valeur morale que l'on s'attribue
ou que l'on reconnait aux autres.

L'honneur est un sentiment d'estime et de considération porté à un individu ayant une conduite
digne, méritante, conforme à un certain nombre de normes d'un groupe ou d'une société1. C'est
un lien entre une personne et un groupe social qui lui donne son identité2 et lui confère le
respect.

L'honneur est donc lié à des principes, des devoirs, des engagements, des vertus ou encore à la
réputation. Elle est donc une notion riche et diverse, qui varie selon les époques, les cultures, les
situations, et les individus.

L'honneur se gagne par des actes admirés par la collectivité. En ce sens, l'honneur est un attribut
collectif, comme la vertu est un attribut individuel.

Lorsque des institutions reconnaissent par un acte public l'importance pour elles d'une personne,
cela s'appelle conférer des honneurs. Il y a le tableau d'honneur avec le portrait de l'employé du
mois ; les États donnent des décorations, dont en France la principale est la Légion d'honneur.
L'appétit des gens pour ces distinctions les amène parfois à manquer leur but. Des candidats
avides utilisent pour les obtenir, des moyens opposés aux valeurs qui soutiennent l'institution. La
réaction à cette conséquence de l'institutionnalisation de l'honneur amène d'autres personnes à
mettre leur honneur à refuser les honneurs.

Origines

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Comment faire ?
L'honneur procède

« Du lat. class. honos, honoris, masc. « honneur rendu aux dieux,


décerné à qqn, marque de considération; charge, magistrature, fonction
publique »; à l'époque médiév., honor désigne surtout la charge
octroyée par le roi au comte, au duc, aux officiers royaux3. »

L'honneur est une marque de vénération, de considération attachée elle aussi à la vertu et au
mérite. Consécutivement, l'honneur est donc une forme d'estime dont on jouit après le combat
comme une récompense.

Déclinaisons de la notion d'honneur

Dans le cadre de cette filiation sémantique, l'honneur semble être à l'origine un concept social,
patrimonial et moral positif, qui se décline de la manière suivante :

Bien accordé par un suzerain à ses hommes. C'est une récompense, un butin patrimonial qui
est plus ou moins synonyme de fief. Le terme reste en usage pour l'Angleterre où Guillaume le
Conquérant avait pris soin à ne pas laisser s'établir des principautés. L'un des plus importants,
l'honneur de Richmond passera à la famille ducale de Bretagne mettant les ducs bretons dans
une situation difficile lors de la guerre de Cent Ans. On connaît aussi l'honneur de Leicester
qu'a possédé un temps la famille de Grandmesnil.

Actes de distinction : (rendre les honneurs à...) les honneurs militaires ou les honneurs
funèbres, Dame d'honneur ; les diplômes ou Prix d'honneur ; les médailles d'honneur et la
décoration de la Légion d'honneur ; les titres décernés Honoris Causa ou à titre honoraire ; être
fait citoyen d'honneur d'une ville ; passer sous une haie d'honneur ; faire l'honneur de sa maison
à quelqu'un signifie lui faire honneur. Par extension, rentrent dans cette catégorie toutes les
distinctions qui font honneur à quelqu'un (décorations, coupes, titres honorifiques ou de
noblesse, trophées artistiques, etc.), ainsi que le fait de mettre en lumière ou à l'affiche (mettre
à l'honneur) une personne, un événement, un fait, une chose, un métier, une catégorie
(générationnelle, sociale...), un comportement (le civisme, par exemple), un territoire, etc.

Dignité, fierté, loyauté, éthique d'un individu, ou d'un groupe : une déclaration sur l'honneur ;
donner sa parole d'honneur ; piquer d'honneur revient à persuader quelqu'un que son honneur
est en cause ; prendre tout au point d'honneur équivaut à de l'extrême susceptibilité quant à
l'honneur ; engager son honneur ou celui du groupe auquel on appartient (l'honneur d'un officier
ou de l'Armée) ; honneur national ; tomber au champ d'honneur ; fors l'honneur (François Ier) ;
mettre un point d'honneur à, code d'honneur... La radicalisation du sens de l'honneur amène le
sentiment individuel revanchard, selon la perception des circonstances historiques ou, tout au
contraire le sentiment mortifère de honte en cas d'échec, d'erreur ou de faute déshonorante
(mutilation du petit doigt chez les Yakuza et suicide rituel des japonais par hara-kiri). Vendre
son honneur signifie accepter faire quelque chose de déshonorant en échange d'une
contrepartie quelconque. Tout au contraire, la banalisation de la notion d'honneur amène à
considérer une conduite, un comportement honorable, même lorsqu'il se réalise hors du
champ traditionnel de l'honneur, ou qu'il se réalise dans l'abstention (voir ci-dessous).

Vertu d'une femme en rapport avec ses mœurs, la perte de sa virginité ou des relations en
dehors du mariage, même consenties : ravir son honneur signifie la violer et lui avoir fait perdre
sa qualité de jeune fille honorable, même si cette dernière était complice ; rendre l'honneur à
une femme signifie l'épouser pour réparer l'offense, avant que ne soit connue l'éventuelle
perspective d'enfantement. Aujourd'hui une telle réaction perdure en France dans certaines
couches de la société, dès lors qu'un heureux événement s'annonce. Défendre jalousement son
honneur signifie protéger sa vertu. Dans certaines sociétés traditionnelles, les atteintes à la
vertu d'une femme peuvent provoquer des crimes d'honneur à l'encontre de celle-ci et (ou) de
l'homme ayant porté atteinte à son honneur, ayant enfreint le code d'honneur de ladite société.

Formules de politesse plus ou moins convenues et solennelles : J'ai l'honneur de..., Faire
honneur à..., Votre honneur (lorsque l'on s'adresse à un juge anglo-saxon).

Certaines figures de cartes à jouer, les plus hautes, à certains jeux : les honneurs au bridge (et
au Whist dont il dérive), sont As, Roi, Dame, Valet et, comme dans la noblesse qu'ils incarnent,
un petit parvenu récemment anobli, le 10 dans le Bridge moderne. Au Mhing dérivé du Mah-
Jong, les honneurs sont les vents et les dragons.

De manière dérivée (honorable) :

Caractère acceptable, mais plus banal, d'un individu, d'un comportement ou d'un résultat : ce
comportement est honorable (digne ou seulement, il s'est bien acquitté d'une tache, il s'en est
tiré honorablement, cette tâche est à son honneur...). Cela peut se réaliser dans l'action, dans le
comportement et la conduite, voire dans l'abnégation ou l'abstention (ne pas s'abaisser, se
déshonorer à faire telle chose, avoir le courage de ne pas réagir, ou de supporter, etc). Cela
peut se projeter sur la banalisation des critères de la réputation ; cette personne est honorable
(bonne réputation ou seulement, ne fait pas parler d'elle, ne pose pas de problème, est bien
intégrée). On qualifie aussi un résultat ou une défaite d'honorable, notamment lorsque l'on
pouvait craindre un moins bon résultat (sauver l'honneur).

Prise en compte de l'honneur en Droit

L'atteinte à l'honneur d'une femme, au sens décrit plus haut, se retrouve aujourd'hui dans les
notions juridiques de viol ou de harcèlement sexuel, donc seulement lorsque l'atteinte est
subie, et se résout par une peine correctionnelle ou criminelle en matière pénale. En cette
matière, il est moins question d'honneur aujourd'hui que d'atteinte à la dignité et à l'intégrité de
la femme, ou d'un homme, bien que ce sentiment d'atteinte à l'honneur perdure culturellement
dans l'entourage familial de certaines victimes féminines.

La vendetta, c'est-à-dire le fait de se faire justice soi-même notamment pour venger une
offense à l'honneur ou une dette d'honneur (meurtre, atteintes physiques ou patrimoniales) est
courant dans les populations ayant gardé une tradition culturelle forte et extensive de
l'honneur, à laquelle le droit ne répond pas (ou pas assez). Par exemple, en Afghanistan où un
père ne saurait se soustraire à sa parole de donner sa fille à marier4. Toutefois, dans les
sociétés modernes (pays occidentaux notamment), les actes auxquels cette vengeance donne
lieu sont sanctionnés à hauteur de l'infraction commise, généralement sans considération
pour le motif, selon, sur le plan pénal ou sur le plan civil (atteintes patrimoniales et dommages-
intérêts).

L'atteinte à l'honneur national a fait, ou fait encore parfois l'objet d'une incrimination pénale
(Andorre, Bulgarie, Espagne, Italie) 5 mais c'est généralement à travers l'atteinte aux symboles
nationaux (drapeau, Chef de l’État, hymne national, etc.) que cette notion est appréhendée par
le droit, comme c'est le cas en France. En droit international, hormis les agressions
caractérisées, les actes et les déclarations qui peuvent être considérées comme une atteinte à
l'honneur national ne font plus l'objet d'un état de belligérance, comme par le passé.
Aujourd'hui, elles se résolvent sur le terrain diplomatique et se traduisent par une demande
d'excuses ou, à défaut, par diverses mesures de rétorsion (rappel d'ambassadeur, ou au
contraire expulsion de diplomates étrangers, sanctions économiques, etc.).

Le duel était de coutume pour laver son honneur


après tout comportement jugé comme un affront

Système juridique français

Les affaires d'honneur, notamment l'atteinte à la réputation d'une personne ou les dettes
d'honneur (pécuniaires) se résolvaient souvent par le passé par le duel qui, pourtant interdit
sous Louis XIII, continua en pratique jusqu'au début du xxe siècle, « comme supplément obligé
des lois qui ne connaissent pas des offenses à l'honneur » dira Chateaubriand6. Afin de ne pas
encourir de peine criminelle, il s'achevait généralement dès la première goutte de sang versée.
Toutefois, avant la Révolution, les maréchaux de France formaient un tribunal chargé de traiter
les affaires d'honneur entre gentilshommes ou officiers, ce qui était censé prévenir les duels.
Ils avaient des déléguée en province (rapporteurs du point d'honneur)7,8. La prise en compte
de cette atteinte à la réputation se retrouve aujourd'hui dans la notion juridique de diffamation
et se résout par l'octroi de dommages-intérêts en matière civile.

La déclaration sur l'honneur est aujourd'hui admise comme suffisante dans un certain nombre
de procédures administratives (déclaration de concubinage, déclaration de situation aux
organismes sociaux ou assurances, publication des bans, etc.) et se retrouve, en quelque
sorte, devant un tribunal lorsque l'on y prête serment.

L'octroi de la Légion d'honneur fait l'objet d'un décret du Président de la République. Cette
décoration a la préséance sur toutes les autres. Elle donne le droit, à la descendance féminine
du titulaire (jusqu'au troisième degré), de bénéficier d'une scolarité à la Maison d'éducation de
la Légion d'honneur. La radiation de l'Ordre peut intervenir en cas d'atteinte à l'honneur ou à la
dignité. Elle est automatique, parce que considérée comme telle, en cas de déchéance de la
nationalité française ou de condamnation à une peine d'emprisonnement d'un an ou plus, pour
crime 9. Cas de Maurice Papon qui, bien que s'étant vu retirer cette décoration, a été enterré
avec celle-ci 10.

Un enfant, selon le Code civil, « doit honneur et respect à ses pères et mères ». Le Code civil
français reprend ainsi l'un des dix commandements judéo-chrétiens. Ledit code précise que
cette obligation pèse sur l'enfant « à tout âge »11. Toutefois, en pratique, ce n'est que d'une
manière indirecte qu'est sanctionnée cette obligation à l'honneur, notamment, par l'obligation
pesant sur les enfants de prendre en charge les obsèques de leurs parents, même en cas de
refus de la succession de ces derniers ; la déclinaison la plus concrète de l'obligation d'honorer
ses parents étant formalisée dans un autre article du Code civil relatif à l'obligation alimentaire
due aux ascendants par les enfants 12. Les enfants sont donc invités, en quelque sorte, à
mettre un point d'honneur à assurer à leurs parents la réciprocité des obligations d'entretien et
d'éducation qui pesaient sur leurs ascendants à leur profit 13.

Différents corps d'agents publics et d'auxiliaires de justice doivent répondre de leurs


manquements à l'honneur (entre autres). Ainsi les avocats s'exposent à des sanctions
disciplinaires (par exemple une suspension), selon le code disciplinaire et la déontologie qui
régissent leur profession 14. Tel est aussi le cas des magistrats qui manquent à l'honneur de
leur charge ou à l'honneur de la justice 15. De même que pour tout agent public dont les
manquements à la probité, aux bonnes mœurs ou à l'honneur peuvent être constitutifs d'une
faute professionnelle [réf. nécessaire].

Maurice Cusson fait de l'honneur le motif essentiel de l'homicide16. Il établit ainsi un lien entre
la perte du sens de l'honneur au long de l'histoire et la baisse du taux d'homicide17.
La notion d'honneur

Il s'agit à la fois d'une notion sociologique et culturelle, contingente :

de la sensibilité individuelle et/ou collective (familiale ou sociétale) ;

de la morale et des mœurs d'une époque donnée ;

des circonstances.

Les origines de l'honneur relient cette notion à la victoire sur le champ de bataille [réf. nécessaire].

Durant l'Antiquité, la défaite était cruelle et le vainqueur pouvait humilier l'adversaire. « Væ


victis ! » 18. Les vaincus, en perdant le contrôle sur leur destin, perdaient, avec tous leurs biens y
compris les plus précieux, leur honneur dans l'humiliation. Au besoin, le suicide permettait
d'échapper à l'ennemi et au déshonneur. Cassius et Brutus se suicidèrent après leurs défaites
contre les triumvirs. Dans la société romaine, le pouvoir sur les choses et les gens était exercé
par les hommes. Aussi l'honneur, associé au pouvoir sur soi et ses dépendants, épouse, enfants,
esclaves, est-il, comme la vertu (de vir, homme), une qualité virile. Cependant, une femme
exerçant le pouvoir, la reine d'Égypte, Cléopâtre, préfère-t-elle aussi, dans des circonstances
semblables, mourir plutôt que d'être exhibée comme vaincue dans le triomphe d'Auguste.

Au Moyen Âge, les chevaliers se souciaient plus de l'honneur de leur lignée que du sort de la
bataille, c'est-à-dire de se comporter avec bravoure et panache que de se comporter de manière
efficiente 19.

À l'époque moderne, l'honneur reste attaché au devoir patriotique et au sacrifice pour la nation
qui seront exaltés pour soutenir l'effort de guerre lors des grands conflits.

L'honneur est d'abord une valeur collective. Il s'attache à la lignée, à la tribu, à la nation. Ainsi,
l'honneur perdu d'une femme, c'est-à-dire le fait pour elle d'avoir des relations sexuelles avec un
homme qui n'y a pas été intégré (ou à la lignée duquel elle n'a pas été intégrée) est d'abord celui
de la lignée. Celle-ci repose sur l'idée que les hommes se perpétuent par le sang dans des
femmes, considérées à peu près comme un vase où se développe la semence. Pour que la lignée
se poursuive, il faut que la filiation ne puisse être mise en doute [réf. nécessaire]. La virginité d'une
femme, sa sexualité ne lui appartiennent pas. C'est un mécanisme de clan, une affaire familiale.
C'est l'honneur de la famille, au premier rang duquel se trouve le père, puis le mari, que de
protéger la femme de toutes relations hors cadre ou de toutes tentations. Aujourd'hui encore,
bien que sous une forme souvent atténuée, se perpétue cette idée que la famille est éclaboussée
par la conduite d'une femme, comme elle l'est d'ailleurs par celle des hommes qui manquent à la
probité, à la parole donnée, et par ses membres affligés d'une difformité physique, et qu'elle doit
donc se plier à certains codes comportementaux et vestimentaires dans ses relations avec les
hommes, sous peine de mettre en cause l'honneur de son clan [réf. nécessaire].

Ces aspects guerriers et claniques expliquent en partie la survivance de certains codes


d'honneur, notamment au nord ou au sud de la Méditerranée, chez des peuples repliés sur leurs
valeurs familiales, leur territoire et leur tradition de résistance face aux invasions multiples qu'ils
ont connues. On pense à la vendetta, à l'omertà et au machisme qui caractérisent le code
d'honneur en Sicile et en Corse, ou le kanoun très strict en Albanie et en Kabylie. Mais ces
origines guerrières, qui permettaient d'obtenir un fief, une ville, un territoire, et donc un titre, que
l'on transmettait à sa descendance avec les valeurs viriles qui en étaient la source, expliquent
aussi qu'en Occident, l'honneur fut d’abord associé au fait d'être bien né (sous-entendu, issu de
cette noblesse guerrière) et d’être ainsi capable, dans l'action, d'une grandeur pouvant dépasser
les exigences du strict devoir ou de la stricte utilité. C'est ce qui a fondé les valeurs de la
noblesse patriarcale (toutes origines progressivement confondues) pendant quelques siècles.

L'honneur dans la littérature

Platon souligne que le Thumos (l'une des trois parties de l'âme) « est en réalité le siège du
courage, du sentiment de dignité, de fierté, d'honneur ».

Rabelais donne dans Gargantua (1532) une définition de l'honneur : « Les gens libères, bien
néz, bien instruictz, conversans en compaignies honnestes, ont par nature un instinct et
aiguillon qui tousjours les poulse à faictz vertueux et retire de vice, lequel ils nommoient
honneur. » (Gargantua, LVII.)

William Shakespeare fait dire à Falstaff dans sa pièce Henry IV (première partie) que
« l'honneur peut-il remettre un jambe? Non. Un bras? Non. M'ôter la douleur d'une blessure?
Non. Qu'est-ce que l'honneur? un mot. Et qu'est-ce que ce mot, l'honneur? Ce qu'est l'honneur :
du vent. Un joli appoint vraiment ! Et à qui profite-t-il? Celui qui mourut mercredi, le sent-il?
Non. L'entend-il? Non. L'honneur est donc une chose insensible? Oui, pour les morts. Mais ne
saurait-il vivre avec les vivants? Non. Pourquoi? C'est que la médisance ne souffrira jamais. A
ce compte, je ne veux point d'honneur, l'honneur est un pur écusson funèbre : et ainsi finit mon
catéchisme »

Jean de La Fontaine illustre dans sa fable Le Lièvre et la Tortue comment l'honneur peut être
dévoyé par l'orgueil ; « Elle [la Tortue] se hâte avec lenteur, Lui cependant méprise une telle
victoire, Tient la gageure à peu de gloire, Croit qu'il y va de son honneur, De partir tard ».

Montesquieu voit dans l'honneur, le ressort « qui borne la puissance » dans les États
monarchistes et modérés. L'honneur « règne, comme un monarque, sur le prince et le petit
peuple ». (De l’esprit des lois, III, X.).
Voltaire souligne que l'honneur ne serait pas seulement l'affaire des honnêtes gens : « Je
conçois bien qu'un scélérat, associé à d'autres scélérats, cèle d'abord ses complices ; les
brigands s'en font un point d'honneur ; car il y a ce que l'on appelle de l'honneur jusque dans le
crime. » (Dissertation sur la mort d'Henri IV.)

Chamfort évoque ironiquement l'évolution moderne de la notion d'honneur : « Pour ne parler


que de morale, on sent combien ce mot, l'honneur, renferme d'idées complexes et
métaphysiques. Notre siècle en a senti les inconvénients ; et, pour ramener tout au simple,
pour prévenir tout abus de mots, il a établi que l'honneur restait dans son intégrité à tout
homme qui n'avait point été repris de justice. » (Maximes et Pensées, Philosophie et morale,
XLII.)

Arthur Schopenhauer aborde assez longuement la notion d'honneur dans son ouvrage
Aphorismes sur la sagesse dans la vie (chap. 4) : « L’honneur est, objectivement, l’opinion qu’ont
les autres de notre valeur, et, subjectivement, la crainte que nous inspire cette opinion. En cette
dernière qualité, il a souvent une action très salutaire, quoique nullement fondée en morale
pure, sur l’homme d’honneur. […] L’honneur a, dans un certain sens, un caractère négatif, par
opposition à la gloire dont le caractère est positif, car l’honneur n’est pas cette opinion qui
porte sur certaines qualités spéciales, n’appartenant qu’à un seul individu ; mais c’est celle qui
porte sur des qualités d’ordinaire présupposées, que cet individu est tenu de posséder
également. L’honneur se contente donc d’attester que ce sujet ne fait pas exception, tant que
la gloire affirme qu’il en est une. La gloire doit donc s’acquérir ; l’honneur au contraire n’a
besoin que de ne pas se perdre 20. »

Simone Weil décrit l'honneur comme un moteur de l'âme : « L'honneur est un besoin vital de
l'âme humaine. Le respect dû à chaque être humain comme tel, même s'il est effectivement
accordé, ne suffit pas à satisfaire ce besoin ; car il est identique pour tous et immuable ; au lieu
que l'honneur a rapport à un être humain considéré, non pas simplement comme tel, mais
dans son entourage social. Ce besoin est pleinement satisfait, si chacune des collectivités
dont un être humain est membre lui offre une part à une tradition de grandeur enfermée dans
son passé et publiquement reconnue au-dehors. » (L'Enracinement.)

Bibliographie

Marie Gautheron, L'honneur. Image de soi ou don de soi : un idéal équivoque, Collection Morales,
Autrement (Paris), 1991, 231 p. (ISBN 2-86260-316-3)

Marie-Luce Gélard, Le pilier de la tente. Rituels et représentations de l’honneur chez les Aït
Khebbach (Tafilalt), Paris, Maison des sciences de l’homme, 2003

Philippe d'Iribarne, La logique de l'honneur. Gestion des entreprises et traditions nationales, (Le
Seuil, 1989) Collection Essais, Poche, 1993
Pierre Lafargue, L'honneur se porte moins bien que la livrée, William Blake & Co. Edit, 1994

Florence Weber, L'honneur des jardiniers. Les potagers dans la France du xxe siècle, Belin, coll.
« socio-histoire », Paris, 1998, 287 p.

Notes et références

1. « Honneur » (http://www.cnrtl.fr/definition/academie9/Honneur) [archive], dans le

Dictionnaire de l'Académie française, sur Centre national de ressources textuelles et lexicales

2. Hobbes, Léviathan (1651), ch. X.

3. Trésor de la langue française, article « Honneur ».

4. Tel que ce vieux fdp qui en échange d'avoir reçu une jeune fille comme épouse lors de son
veuvage a promis dès qu'elle avait 5 ans de donner sa fille à marier en échange. L'ONG,
aidée des autorités locales, ne réussira pas à faire changer d'avis le père menacé de mort
s'il ne rembourse pas sa dette d'honneur, et qui se sent déshonoré que d'autres s'occupent
de cette histoire qui obligera l'enfant à quitter l'école (Nassima, une vie confisquée, Envoyé
spécial, France 2, 31 décembre 2008)

5. Art. 79 du Code Pénal d'Andorre ; art. 88 du Code Pénal 1951 de Bulgarie ; art. 5 du Code
Pénal d'Espagne ; art. 291 du Code Pénal 1930 d'Italie

6. Mémoires d'outre-tombe, t. VI, p. 280

7. Louis Larrieu, « Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Les Duels. Tribunal des


maréchaux. Lieutenant des maréchaux », Service historique de la Défense (lire en ligne) (htt
p://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/04histoire/dossierdushd/histoiregendarmeri
e/larrieu/16p1chapit4.htm) [archive]

8. Ls Cahier toulousain - Origine de la juridiction du point d'honneur (http://lecahiertoulousain.f


ree.fr/Folio/point_dhonneur.html) [archive]

9. Articles R90 et R91 du Règlement de l'Ordre national de la Légion d'honneur

10. À cet égard, les autorités publiques ont laissé se dérouler la cérémonie selon les vœux des
partisans du défunt « http://www.liberation.fr/actualite/societe/236528.FR.php?rss=true (ht
tp://www.liberation.fr/actualite/societe/236528.FR.php?rss=true) »(Archive.org (https://web.archi
ve.org/web/*/http://www.liberation.fr/actualite/societe/236528.FR.php?rss=true) • Wikiwix (https://archive.wikiwix.com/c

ache/?url=http://www.liberation.fr/actualite/societe/236528.FR.php?rss=true) • Archive.is (https://archive.is/http://www.li

beration.fr/actualite/societe/236528.FR.php?rss=true) • Google (https://webcache.googleusercontent.com/search?hl=fr&

q=cache:http://www.liberation.fr/actualite/societe/236528.FR.php?rss=true) • Que faire ?)

11. Article 371 du Code civil français

12. Article 205 du Code civil français


13. Article 371-2 du Code civil français

14. Article 138 du décret du 27 novembre 1991 qui vient en complément des dispositions de la
loi du 31 décembre 1971 (art. 3)

15. Article 43 de l'ordonnance no 58-1270 du 22 décembre 1958

16. Maurice Cusson, Les homicides - Criminologie historique de la violence et de la non-violence,


Éditions Hurtubise inc., 2015, 256 p.

17. Laurent Lemasson, « Tu ne tueras point », Revue française de criminologie et de droit pénal,
vol. 5,‎octobre 2015 (lire en ligne (http://www.rfcdp.fr/numeros/numero-5-octobre-2015) [archive])

18. Tite-Live V, 48

19. À la bataille de Waterloo, alors que la situation était désespérée, le Maréchal Ney repartit à
l'attaque, à pied, en s'écriant : « Venez voir comment meurt un maréchal de France ! ». Et,
effectivement, tous les témoins dirent qu'il cherchait la mort, mais que la mort ne voulut pas
de lui.

20. Arthur Schopenhauer (trad. J.-A. Cantacuzène), Aphorismes sur la sagesse dans la vie, Paris,
Librairie Germer Baillière et Cie, 1880 (lire sur Wikisource)p. 78 et 82.

Articles connexes

Crime d'honneur

Culture de l'honneur

Estime de soi
[Lequel ?]
Honorariat

Bras d'honneur

Doigt d'honneur

Droit à l'honneur

Ordre honorifique

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Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Den Store Danske


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Différentes définitions de l'honneur selon l'Ordre des Templiers [1] (http://nonnobisdominenon


nobissednominituodagloriam.unblog.fr/2006/09/12/lhonneur/) [archive]

L'honneur et la chose honorable. Bulletin réflexif ; Institut québécois d'éthique appliquée ; [2] (ht
tp://www.ethique.net/news/bulletins/Honneur_honorable.pdf) [archive]

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