Installations Électriques Monophasées
Installations Électriques Monophasées
monophasées
Objectifs spécifiques
• Identifier une forme d’onde sinusoïdale • Reconnaitre les montages série et
et mesurer ses caractéristiques parallèle des éléments
• Déterminer les paramètres des tensions • Déterminer la nature (résistive,
et courants sinusoïdaux inductive ou capacitive) d’une charge
• Analyser mathématiquement une onde électrique.
sinusoïdale • .
• Appliquer la loi d’Ohm dans les circuits • Distinguer une source d’une charge.
alimentés en courant alternatif.
• Appliquer les lois de Kirchhoff
• Déterminer les impédances
équivalentes
Vocabulaire
• Circuit série et parallèle • Réactance
• Valeur moyenne • Impédance
• Valeur efficace • Impédance complexe
• Résistance
La source électrique
Les sources sont aussi appelées des générateurs et elles transforment toute autre forme d’énergie (chaleur, vent, soleil,
énergie potentielle de l’eau, etc.) en énergie électrique. On distinguera une source de tension d’une source de courant.
• Une source de tension (idéale) est un dipôle actif présentant entre ses bornes une tension indépendante du
courant débité. On utilisera tout au long du cours, la lettre 𝑣 pour désigner une tension variable et la lettre 𝑉 pour
une tension constante. Ainsi 𝑣(𝑡) représentera la valeur instantanée d’une tension variable. L’unité de la tension
est le volt (V).
• Une source de courant (idéale) est un dipôle actif débitant un courant électrique 𝑖 indépendant de la tension 𝑣
apparaissant à ses bornes. Le courant est symbolisé par la lettre 𝑖 pour un courant variable et 𝐼 pour un courant
constant. L’unité du courant est l’ampère (A).
On rappelle également les symboles ci-dessous pour les sources de tension et de courant.
Source de tension sinusoïdale Source de courant sinusoïdale
Figure 2. 1. Symboles utilisés dans ce cours pour les sources de tension et de courant monophasé
Note : vous pourriez retrouver d’autres symboles différents de ceux de la figure dans d’autres manuels. Tout au long de la
session, nous supposeront pour les analyses des sources idéales.
𝑣(𝑡)
𝑖(𝑡)
𝑣(𝑡)
Cela signifie ainsi que dans les circuits à courant alternatif, une tension sinusoïdale produira un courant sinusoïdal.
• D’autres avantages de la source sinusoïdale sont les suivantes :
✓ Elles produisent moins d’interférence sur les lignes téléphoniques.
✓ Le rendement est meilleur dans les machines à courant alternatif (moins de pertes).
✓ Le couple est plus régulier durant le démarrage (chapitre 6).
Lorsque la phase à l’origine 𝜃 est nulle, on dit que la grandeur sinusoïdale est prise comme origine
des phases.
𝑣(𝑡)
𝑖(𝑡) = ; 𝑣(𝑡) = 𝑉max cos(𝜔𝑡 + 𝜃𝑣 )
𝑅
v(t) R
𝑉max
𝑉max 𝐼 =
⇒ 𝑖(𝑡) = cos (𝜔𝑡 + 𝜃⏟𝑣 ) ⇒ { max 𝑅
⏟ 𝑅
𝜃𝑖 𝜃𝑖 = 𝜃𝑣
𝐼 max
Figure 2. 8. Résistance pure alimentée par une tension
⇒ 𝜑𝑅 = 0 ⇒ 𝐹𝑃𝑅 = 1 (2.11)
sinusoïdale
Remarque : pour une charge purement résistive, la tension et le courant sont en phase et le facteur de puissance
vaut 1.
Inductance
i(t) 𝑉max
⇒ 𝑖(𝑡) = sin(𝜔𝑡 + 𝜃𝑣 )
⏟𝐿𝜔
𝐼max
L
𝜋
v(t) Rappel : sin(𝛼) = cos (𝛼 − 2 )
𝐸max
𝑉max 𝜋 𝐼max =
⇒ 𝑖(𝑡) = cos (𝜔𝑡 + 𝜃𝑣 − ) ⇒ { 𝐿𝜔
⏟𝐿𝜔 ⏟ 2 𝜋
Figure 2. 9. Inductance pure en régime sinusoïdale 𝜃𝑖 = 𝜃 𝑣−
𝐼max 𝜃𝑖 2
1 𝜋
𝑖(𝑡) = ∫ 𝑣(𝑢)𝑑𝑢 ; 𝑣(𝑡) = 𝑉max cos(𝜔𝑡 + 𝜃𝑣 ) ⇒ 𝜑𝐿 = ⇒ 𝐹𝑃𝐿 = 0 retard (2.12)
𝐿 2
𝝅
Remarque : pour une charge purement inductive, le courant est en retard de 𝟐 sur la tension et le facteur de puissance
est nulle.
Condensateur
i(t) 𝑑𝑣(𝑡)
𝑖(𝑡) = 𝐶 ; 𝑣(𝑡) = 𝑉max cos(𝜔𝑡 + 𝜃𝑣 )
𝑑𝑡
⏟ max sin(𝜔𝑡 + 𝜃𝑣 )
⇒ 𝑖(𝑡) = − 𝐶𝜔𝑉
v(t) C
𝐼max
𝜋
Rappel : −sin(𝛼) = sin(𝛼 + 𝜋) ; sin(𝛼) = cos (𝛼 − 2 )
1
𝑋 = 𝑋moy = ∫ 𝑥(𝑡) 𝑑𝑡 (2.14)
𝑇 𝑇
Dans le cadre du cours, il sera adopté la notation 𝑋moy. Pour une grandeur sinusoïdale, on aura :
1 𝑋max
𝑥(𝑡) = 𝑋max cos(𝜔𝑡 + 𝜃) ⇒ 𝑋moy = ∫ [𝑋max cos(𝜔𝑡 + 𝜃)] 𝑑𝑡 = [sin(𝜔𝑡 + 𝜃)]𝑇0
𝑇 𝑇 𝑇𝜔
𝑋max 2𝜋 𝑋max
⇒ 𝑋moy = (sin ( (𝑇) + 𝜃) − sin(𝜃)) = (sin(2𝜋 + 𝜃) − sin(𝜃))
⏟
𝑇𝜔 𝑇 𝑇𝜔 𝟎
1
𝑋 = 𝑋eff = √ ∫ 𝑥 2 (𝑡) 𝑑𝑡 (2.15)
𝑇 𝑇
Ainsi :
1 1 1 cos(2𝜔𝑡 + 2𝜃)
𝑥(𝑡) = 𝑋max cos(𝜔𝑡 + 𝜃) ⇒ 𝑋 = √ ∫ [𝑋max cos(𝜔𝑡 + 𝜃)]2 𝑑𝑡 = 𝑋max √ ∫ ( + ) 𝑑𝑡
𝑇 𝑇 𝑇 𝑇 2 2
1+cos(2𝛼)
Rappel : cos 2 (𝛼) = . Ainsi
2
1 1 1 1 𝑋max
𝑋 = 𝑋max ∫ 𝑑𝑡 + ∫ cos(2𝜔𝑡 + 2𝜃)𝑑𝑡 = 𝑋max √ ⇒ 𝑋= (2.16)
𝑇 2 2 2 √2
𝑇 ⏟
√ ( 0 )
Ainsi la valeur efficace d’une grandeur sinusoïdale est égale à son amplitude (valeur crête) divisée par √𝟐.
Les expressions d’une tension sinusoïdale et d’un courant sinusoïdal peuvent être réécrites comme suit :
𝑣(𝑡) = 𝑉√2 cos(𝜔𝑡 + 𝜃𝑢 )
{ (2.17)
𝑖(𝑡) = 𝐼√2 cos(𝜔𝑡 + 𝜃𝑖 )
Les phaseurs
Révision sur les vecteurs et nombres complexes
Vecteur dans un plan
Axe des
ordonnées
𝑿(𝑎 𝑏) 𝑨
𝑏 = 𝑋 sin 𝜃
≡ 𝑋⃗(𝑎 𝑏)
ሬ⃗𝟐
𝒆 𝜽
𝑍 = √𝑎2 + 𝑏 2
{ 𝑏
𝑍 = 𝒁 = 𝑎 + 𝑗𝑏 = 𝑍 cos 𝜃 + 𝑗𝑍 sin 𝜃 = [𝑍 𝜃] = 𝑍∠𝜃 ⇒ 𝜃 = arctan ( ) ; 𝑗 2 = −1 (2.22)
𝑎
𝑎 = 𝑍 cos 𝜃
{ { 𝑏 = 𝑍 sin 𝜃
Vocabulaire
▪ 𝑎 = ℛ𝑒 (𝑍) : partie réelle de 𝑍 ▪ 𝒁 = 𝑍 = 𝑎 + 𝑗𝑏 : forme cartésienne ou
Définition du phaseur
Soit donné un signal électrique 𝑥(𝑡) = 𝑋𝑚 cos(𝜔𝑡 + 𝜃). Ce signal est la partie réelle du complexe : 𝑋𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝜃) . Ainsi
on a :
𝑥(𝑡) = ℛ𝑒 (𝑋𝑚 𝑒 𝑗(𝜔𝑡+𝜃) ) = ℛ𝑒 (𝑋eff √2𝑒 𝑗𝜔𝑡 𝑒 𝑗𝜃 ) (2.25)
Considérons alors deux signaux électriques 𝑥1 (𝑡) et 𝑥2 (𝑡) de même fréquence 𝒇 et donc définies comme suit :
𝑥1 (𝑡) = 𝑋max1 cos(𝜔𝑡 + 𝜃1 ) 𝑥1 (𝑡) = ℛ𝑒 (𝑋eff1 √𝟐𝒆𝒋𝝎𝒕 𝑒 𝑗𝜃1 )
{ ⇒{ (2.26)
𝑥2 (𝑡) = 𝑋max2 cos(𝜔𝑡 + 𝜃2 ) 𝑥2 (𝑡) = ℛ𝑒 (𝑋eff √𝟐𝒆𝒋𝝎𝒕 𝑒 𝑗𝜃2 )
2
On constate que le terme √𝟐𝒆𝒋𝝎𝒕 est commun aux deux signaux électriques. Ainsi avec une référence angulaire, la valeur
efficace de chaque signal et sa phase à l’origine suffisent pour le caractériser. On appelle alors phaseurs des signaux 𝑥1 (𝑡)
et 𝑥2 (𝑡) les formes complexes respectives suivantes :
𝑋1 = 𝑋eff1 𝑒 𝑗𝜃1 = 𝑋eff1 ∠𝜃1 = [𝑋eff1 𝜃1 ]
{ (2.27)
𝑋2 = 𝑋eff2 𝑒 𝑗𝜃2 = 𝑋eff2 ∠𝜃2 = [𝑋eff2 𝜃2 ]
Tous les courants et tensions d’un circuit linéaire en régime sinusoïdal permanent varient également sinusoïdalement avec
la même pulsation 𝜔. Ainsi, on aura :
𝑣(𝑡) = 𝑉√2 cos(𝜔𝑡 + 𝜃𝑣 ) 𝑉 = 𝑉𝑒 𝑗𝜃𝑒 = 𝑉∠𝜃𝑣
{ ⇒{ (2.28)
𝑖(𝑡) = 𝐼√2 cos(𝜔𝑡 + 𝜃𝑖 ) 𝐼 = 𝐼𝑒 𝑗𝜃𝑖 = 𝐼∠𝜃𝑖
Les grandeurs temporelles sinusoïdales peuvent être exprimées avec des grandeurs complexes (phaseurs); l’intérêt d’une
telle manipulation résidant dans le fait que les nombres complexes sont plus faciles à manipuler que les fonctions
trigonométriques.
Exemple d’application 2-2
Déterminez les phaseurs des tensions suivantes :
𝜋
a. 𝑣1 (𝑡) = 5 cos (50 𝑡 + 3 )
phaseur : 𝑉2 = 3∠0 = 2
𝜋
c. 𝑣3 (𝑡) est un signal en créneaux d’amplitude 2 , de fréquence 100 𝐻𝑧 et de phase 2 : on ne lui associe pas de
phaseur étant donné que les phaseurs sont réservés aux grandeurs sinusoïdales.
Impédances complexes
Définition
L’impédance complexe notée 𝑍 d’un dipôle en régime permanent sinusoïdal est le quotient du phaseur de la tension par
celui du courant.
𝑉 en volts (𝑉)
𝑉
𝑍= {𝐼 en ampères (𝐴) (2.29)
𝐼
𝑍 en ohms (Ω)
En posant :
𝑉 = 𝑉∠𝜃𝑣 𝑉∠𝜃𝑣 𝑉
{ ⇒𝑍= = ∠𝜃𝑣 − 𝜃𝑖 (2.30)
𝐼 = 𝐼∠𝜃𝑖 𝐼∠𝜃𝑖 𝐼
Remarques
𝑉
𝑍= ∠⏟
𝜃𝑣 − 𝜃𝑖 = 𝑍∠𝜑 (2.31)
⏟
𝐼
𝜑
𝑍
𝑅 = 𝑍 cos 𝜑 𝑍 = √𝑅 2 + 𝑋 2
{ ; { 𝑋 (2.36)
𝑋 = 𝑍 sin 𝜑 𝜑 = arctan ( )
𝑅
Les équations peuvent être établies à partir du triangle ci-dessous appelé triangle des impédances.
Dipôle inductif
Z
X>0
phi>0
R
R
phi<0
Z X<0
Dipôle capacitif
Un ensemble
v(t) de composants
linéaires
Impédances équivalentes
La méthode est la même que le calcul de la résistance équivalente.
• L’impédance complexe d’un dipôle constitué par la mise en série de plusieurs impédances est égale à la somme
(complexe) de celles-ci.
Z1 Z2 Z3 Zn
B
A
A Zeq B
Z=A+jB
• L’impédance complexe d’un dipôle constitué par la mise en parallèle de plusieurs impédances est égale à la
l’inverse de la somme des inverses de celles-ci.
A A
Zn Z1 Z2 Z3
Zeq
Z=A+jB
Z=A+jB
Z=A+jB
Z=A+jB
Z=A+jB
B B
10Ω 15mH
A C B
340µF
Figure 2. 16. Figure pour l’exemple d’application 4
Solution de l’exemple 2-5
𝑋𝐿 = 𝐿𝜔 = 15 × 10−3 × 377 = 5,655 Ω
𝑓 = 60 𝐻𝑧 ⇒ 𝜔 = 377 rad⁄s ⇒ { 1 1
𝑋𝐶 = − =− = −7,8 Ω
𝐶𝜔 340 × 10−6 × 377
• Les composants L et R sont en série et cet ensemble peut être remplacé par une impédance équivalente 𝑍𝑒𝑞1
définie comme suit :
𝑍𝑒𝑞1 = 𝑍𝑅 + 𝑍𝐿 = 𝑅 + 𝑗𝑋𝐿 = 10 + 𝑗5,655 Ω = 11,5∠29,5° Ω
𝑉 = 𝑉∠𝜃𝑣 𝑉∠𝜃𝑣 𝜋
⇒{ 𝑉 𝜋 ⇒ 𝑍𝐿 = 𝑉 ⇒ 𝑍𝐿 = 𝐿𝜔∠ = 𝑗𝐿𝜔 = 𝐽𝑋𝐿 ; 𝑋𝐿 = 𝐿𝜔 (2.41)
𝐼𝐿 = ∠𝜃 𝑣 − 𝜋 2
∠𝜃 −
𝐿𝜔 2 𝐿𝜔 𝑣 2
Note : la tension est prise comme origine des phases dans cette dernière formule.
Étape 4 : Expression temporelle du courant :
𝑖(𝑡) = 𝐼√2 cos(𝜔𝑡 − 𝜑) (2.47)
Courant dans un circuit RLC série
i(t)
v(t) L
v(t)
R L
C
1 1
1 1 1 2 +
𝑋𝐶 𝑋𝐿
⇒ 𝐼 = 𝑉 √ 2 + ( + ) ∠ arctan (− ) (2.52)
𝑅 𝑋𝐶 𝑋𝐿 1
𝑅
( )
❑ Expression temporelle du courant
1 1 1 2 𝑅 𝑅
𝑖(𝑡) = 𝑉 √ 2
+ ( + ) √𝟐 cos (𝝎𝒕 − arctan ( + )) (2.53)
𝑅 𝑋𝐶 𝑋𝐿 𝑋𝐶 𝑋𝐿