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Analyse du roman "Les soleils des indépendances"

Le roman 'Les soleils des indépendances' d'Ahmadou Kourouma illustre la désillusion des Africains face aux promesses non tenues des indépendances, mettant en lumière la crise sociale au sein du groupe malinké. À travers le personnage de Fama, l'auteur dépeint la misère, la stérilité et les abus de pouvoir qui caractérisent cette période. L'œuvre, riche en éléments autobiographiques et historiques, critique la corruption et l'autoritarisme des nouveaux dirigeants africains.

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Analyse du roman "Les soleils des indépendances"

Le roman 'Les soleils des indépendances' d'Ahmadou Kourouma illustre la désillusion des Africains face aux promesses non tenues des indépendances, mettant en lumière la crise sociale au sein du groupe malinké. À travers le personnage de Fama, l'auteur dépeint la misère, la stérilité et les abus de pouvoir qui caractérisent cette période. L'œuvre, riche en éléments autobiographiques et historiques, critique la corruption et l'autoritarisme des nouveaux dirigeants africains.

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INTRODUCTION

Le roman <<Les soleils des indépendances >> s’inscrit dans la mouvance de ceux parus après
les indépendances et qui portent le nom de roman de la 3e génération. En effet, il tire ce nom
du fait qu’ils occupent la troisième place au niveau de la périodisation du roman négro-
africain d’expression française. En fait, 1960 correspond à la date d’accession aux
indépendances de plusieurs États Africains parmi lesquels le Sénégal.
Sur le plan littéraire, cette époque était marquée par une diminution considérable de la
production romanesque car certains auteurs appelés à briguer des fonctions politiques
(President, Ministre etc. …) avaient tournés le dos à l’écriture.
La vérité, c’était que les populations africaines avaient fondées désormais leurs espoirs en ces
nouveaux dirigeants africains qui ont hérités du pouvoir après le départ du colon.
Cependant elles seront condamnées à prendre encore leur mal en patience ; leur espoir va vite
s’effriter puisque ces derniers vont se comporter en véritable despote abusant ainsi de leurs
autorités. Face à cette situation, les autorités vont éprouver la nécessité de prendre leurs
plumes pour dénoncer le caractère arbitraire et autoritaire du pouvoir basé sur le détournement
des deniers publiques, la corruption, le mensonge, la violence, le népotisme et tant d’autres
fléaux.
<< Les soleils des indépendances >> est l’illustration parfaite de la crise sociale qui affecte le
groupe malinké.
Les malinkés détenaient un pouvoir politique et économique de tout le Horodougou jusqu’à
l’arrivée des français.
Le roman présente des éléments autobiographiques ; Kourouma un prince malinké s’est
inspiré sur lui-même pour créer le personnage de Fama. Les éléments de la réalité sont
présents dans le texte, et il s’y ajoute des éléments historiques.

I- PRÉSENTATION DE L’AUTEUR
1-Biographie
Né au Nord de la Côte d’Ivoire Ahmadou KOUROUMA est un écrivain d’origine malinké.
Elevé par son oncle, il suit des études à Bamako au Mali.
De 1950 à 1954, il est << tirailleur >> sénégalais en Indochine avant de rejoindre la métropole
pour poursuivre des études de mathématique.
En 1960, lors de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il reviendra dans son pays natal où il
entreprendra la rédaction de son roman << Les soleils des indépendances >> qu’il a publié à
Montréal au Canada en 1968 et aux Editions du seuil à Paris en 1970. Il meurt en Décembre
2003.

2-Bibliographie
Après <<Les soleils des indépendances >> dont la publication fut refusée en France, car la
langue française y est corrompue par les tournures, les insuffisances du parle nègre, on
attendra près de vingt ans pour voir la publication en 1990 de Monnè, Outrage et défis à
l’édition du seuil où il peint la période coloniale. En 1999, va paraître << Le vote des bêtes
sauvages >> qui dénonce les dictateurs africains et en 2000 <<Allah n’est pas obligé >> où il
parle des guerres civiles qui ont donné naissance à des enfants soldats. Kourouma est aussi
l’auteur d’une pièce de théâtre <<Tognantigui>> en 1972.

II- ÉTUDE DE L’ŒUVRE


1-Structure et composition de l’œuvre
Les soleils des indépendances est une œuvre de 195 pages divisée en trois parties. Chaque
partie est divisée en plusieurs chapitres. La première partie comporte quatre chapitres et
débute de la page 9 à la page 80. La deuxième partie comporte 5 chapitres et commence de la
page 81 à la page 150. La troisième et la dernière partie comporte deux chapitres et
commence de la page 151 à la page 195. L’articulation de l’ensemble est assurée par les
retours en arrière, les ellipses et les anticipations ponctués de vrais âges.

2-Résumé de l’œuvre
Dans la capitale, vivait Fama, un citadin marié à Salimata. Dans cette ville, il ne vivait que de
la misère. Il n'avait que de mépris envers tous les habitants de la ville. Il ne se posait que des
questions sur sa propre vie : pauvreté, manque d'enfant, sale ville, sa vie de musulman... Lors
de l'enterrement d'Ibrahima Koné, Fama avait insulté et injurié tous les Malinkés qui étaient à
la cérémonie. Tous le haïssaient. Il avait fini par quitter les lieux. Maintenant seul face à son
destin, il ne voit que la mort tourner autour de lui. Il aurait pu être l'héritier direct de tout le
Horodougou mais voilà que les Indépendances viennent gâter tout. Il est alors contraint à
s'appesantir sur son sort.
Selon lui, les Indépendances n'ont rien apporté pour lui. Il aurait préféré être colonisé, piétiné
par les colonisateurs mieux que voir les « singes des indépendances » profiter de tout.
Entretemps, à la maison, Fama rencontre tout le problème du monde. Il soupçonne sa femme
de stérilité. Comment faire ? Il est vrai que l'on n'a jamais vu Allah s'apitoyer sur le malheur
d'un homme. Un sort reste un sort. Peu de temps après Fama rentrait chez les siens pour peut-
être espérer le statut de chef. Malheureusement, il sera contrarié. Au retour en ville, il
emmenait avec lui Mariam, une femme qu'il trouva à Horodougou. Et c'est là que commençait
sa ruine : emprisonnement puis maladie. À la suite de sa liberté, il s'était jeté aux caïmans vu
qu'il ne pourrait ou du moins. n'avait pas de raison de vivre.
III- ÉTUDE DES PERSONNAGES
1-Personnage principal

Fama : Il est le héros du récit. Il est très grand et très noir. Il a les dents blanches
et les gestes d'un prince. Bien qu'il soit réduit à rien, il reste toutefois fidèle aux traditions de
sa tribu et continue à porter les costumes d'antan. En malinké, son nom signifie « roi » ou «
chef ». Il est le dernier et légitime descendant du prince de Horodougou. Il est devenu un
mendiant, un « charognard » comme on le dit, lui qui était élevé dans la richesse. La stérilité
de sa femme Salimata met fin à son espoir d'avoir un héritier. Ce vieil homme solitaire et
déchu va invoquer la mort qui viendra le trouver dans la dignité.

2-Personnages secondaires

SALIMATA: elle est une femme sans limite dans la bonté du cœur. Elle a des dents
régulières, très blanches et une peau d'ébène. Elle provoque le désir. Le fait que son mari ait
une autre femme sous son toit la rend hystérique. Les années passées n'ont en rien affaiblie
son charme et sa beauté. Elle reste toujours la femme droite, courageuse et belle.
Sa vie fut bouleversée par son excision et son viol. Et même, elle a failli être violée une
deuxième fois par un autre marabout, Abdoulaye.
Déçue par la vie, elle quittera son mari, sachant qu'elle ne pouvait apporte la paix a celui-ci.

TIECOURA : c'est lui le féticheur dans la case duquel Salimata, évanouit suite à la douleur
de l'excision, sera violée. Tiecoura est un marabout féticheur, a l'air effrayant répugnant et
sauvage. Il restera dans l'imaginaire de Salimata. Aussi refusera-t-elle son premier mari à
cause de lui: « baffi puait un Tiecoura séjourné et réchauffé ».Son regard ressemble à celui du
buffle noir de savane et ses cheveux tressées sont chargées d'amulette et hantée par une nuée
de mouche qui provoque la nausée et l'horreur. Il a le nez élargi, avec des narines séparées par
des rigoles profondes. Il porte des boucles d'oreille de cuivre et un cou collé à l'épaule par des
carcans de sortilège. Ses lèvres sont ramassées, boudeuses et sa démarche est peu assurée.

ABDOULAYE : c'est un marabout renommé, « longtemps avant de le voir Salimata avait


entendu parler du marabout sorcier Hadji
Abdoulaye ». Il essayera d'abuser de Salimata, et reçu d'elle un coup qu'il n'oubliera jamais.

MARIAM : Elle n'apparait pas beaucoup dans le texte. Elle est souvent évoquée par les
autres personnages. Inconsciente, irresponsable et agissant surtout par reflexe au début, elle
s'affirme de plus en plus et provoque même ouvertement Fama oubliant le deuil. Seconde
épouse de Fama elle est la cause de l'hystérie de Salimata. Elle est belle, ensorcelante, la
femme parfaite pour le reste des jours d'un homme.
Dans ces yeux vifs on peut lire la tendresse et le tempérament. Elle est bien plus belle et
séduisante que Salimata. Malgré son caractère trempé, elle affiche toujours un petit sourire.
Mais avec Fama en ville, elle sera la première a la délaissé et déserte ainsi le toit conjugal
sans aucun remord. C'est une femme très légère et « elle ment comme une édentée, elle vole
comme un toto », dit Diamourou.
BALLA : le Vieux affranchit aveugle, est un homme gros et gras. Il porte toujours des
vêtements de chasseurs et son pas est hésitant. Des essaims de mouches tournent autour de
son visage boursouflé, jusque dans le creux des yeux et des oreilles. Ces cheveux tresses et
chargées de gris-gris lui donne un air grotesque qui n'enlève rien à la crainte qui émane de lui.
Il se compare lui-même à un vieux chien ou à une hyène solitaire. C'est le personnage le plus
attache aux traditions et à l'histoire de son peuple. D'ailleurs c'est lui qui interprète les songes,
prédit l'avenir et indique les dispositions à prendre dans certaines circonstances. Aussi,
avertit-il Fama s'il venait de rentrer à la république.

DIAMOUROU: le griot est l'un des rares personnages à s'adapter aux finesses des
indépendances. Il partage avec Balla, une longue expérience dans le village.

IV- ÉTUDE THÉMATIQUE DE L’ŒUVRE

1-Thème principal

Espoir et désespoirs de l'Afrique au lendemain des Indépendances :


En réalité, les Indépendances n'ont rien rapporté à l'Afrique. Ahmadou Kourouma,
bien courant de la situation, a dessiné un profil-miroir pour porter lumière sur le problème des
Indépendances en Afrique. À travers Fama, l'on se plonge dans la réalité du récit. Les jours
qui suivaient les Indépendances ressemblaient dans toute leur splendeur à la misère
proprement qualifiée. D'un point de vue politique, la République des Ébènes connait un grand
désordre.

2- Thèmes secondaires

La misère : La misère est ce phénomène qui a secoué toute la société de la République des
Ébènes dès que les Africains se sont emparés du pouvoir. Tous les rangs de la société en sont
touchés.
La stérilité : La stérilité, est une cause naturelle ou créée par soi-même ? La
réponse ne se trouvera pas dans ce récit. Ce qui laisse à croire que la stérilité de Salimata,
évoquée pour décrire la misère conjugale de Fama et de Salimata, reste une fatalité pour
Fama. Pour Fama, la stérilité supposée de Salimata est la cause de ses maux.
L'excision : c'est l'épreuve douloureuse et délicate qui est à la base de toutes les souffrances
de Salimata. Dans sa description, le narrateur relate à la fois les questions, les significations,
l'atmosphère et la personnalité de celle qui opère sans oublier les chants traditionnels et les
lamentations des exciseuses.
Le style : Kourouma a donné à son récit une vigueur et un relief saisissant.
Tandis que les uns criaient au scandale, d'autres étaient séduits par l'originalité du français de
l'auteur. En effet il a volontairement tordu le cou à la langue française pour mieux ressortir ses
idées. C'est ce qui explique la prédominance d'expressions typiquement Malinké dans l'œuvre.
Et le nombre de métaphore, d'images et formules purement du Malinké confèrent au roman sa
couleur locale et son originalité.
V- ESPACE ET TEMPS
1-Espace
Le cadre spatial se limite à la République des Ébènes, Horodougou, la ville blanche (des
Blancs), le quartier des Nègres, le marché, la Mosquée des Dioulas, le cimetière.

2-Temps

Le temps correspond au lendemain des Indépendances en Afrique. L'auteur va le préciser à


travers le passage suivant : « Les Indépendances et le parti unique ont destitué, honni et réduit
le cousin Lacina à quelque chose qui ne vaut pas plus que les chiures d'un charognard ». (Page
23)

IV- PORTÉE DE L’ŒUVRE

En ce qui nous concerne, nous constatons qu'il y a des parties dans l'œuvre qui nous ont plu.
Par exemple, le courage, la sagesse de Salimata face aux coups de la vie.
Aussi, à travers ce roman nous avons eu accès au mode de vie des Malinkés.
Cependant, d'autres en ont été difficiles à digérer.
Tout d'abord, nous avons le mauvais comportement de Fama en vers ses ancêtres.
Ensuite, le rejet de Fama et les moqueries des autres femmes en vers Salimata à cause de sa
stérilité. Enfin, il ya aussi le viol de Salimata qui a totalement bouleversé sa vie.

CONCLUSION

Dans ce roman aux allures tragiques (s'ouvrant sur une scène de funérailles et clôt par la
disparition du héros), on pourra lire l'image d'une Afrique meurtrie, marquée par une période
de transition qui fut pour beaucoup une époque de déception. L'Afrique y est jointe sous les
traits d'une résistance aux agressions de la dictature, avec de grave désordre engendrée par
l'époque des indépendances. Mais l'essor est loin d'être jeté. Et comme Salimata qui refuse la
résignation, l'Afrique doit relever le défi d'une réelle indépendance.

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