Chapitre I Cours de charpente métallique
Généralités :
1 Les constructions métalliques
On entend par construction métallique un assemblage de pièces en métal.
La partie qui sert comme support à cette construction est appelée charpente
Le premier ouvrage construit en acier fut un arc de 30 m de portée réalisé en Angleterre entre 1777 et 1779
1780-1820 : on a réalisé un grand nombre de ponts en utilisant la fonte
Au début de 1840 le fer forgé a remplacé la fonte et on a réalisé le premier pont important, au pays de Galles
Aux environs de 1870 les premiers profilés en forme de I ont été réalisés
Jusqu’à 1993, la conception et le calcul des constructions métalliques étaient régis par différentes
réglementations :
• Les règles de calcul des constructions en acier, dites règles CM 66.
• Le titre V du fascicule 61 du cahier des prescriptions communes.
• Les normes NF.
• L’additif 80
Depuis 1993, une nouvelle réglementation européenne est entrée en vigueur et impose, en remplacement de
ces divers et précédents textes, un code unique : l’Eurocode 3.
1.1 Avantages de la construction métallique :
* Résistance mécanique: - résistance élevée à la traction permettant des portées et hauteurs importantes;
-possibilité d’adaptation plastique pour une plus grande sécurité ;
* Industrialisation totale : préfabrication d’un bâtiment en atelier et montage sur chantier ;
* Transport aisé grâce au poids peu élevé ;
*Possibilité de modification et de recyclage d’un bâtiment.
1
Chapitre I Cours de charpente métallique
1.2 Inconvénients
* Prix élevé (concurrentiel avec le béton armé pour les grandes portées) ;
* Mauvaise tenue au feu ce qui implique des mesures de protection onéreuses ;
*Entretien régulier du à la corrosion du métal.
La charpente métallique est généralement constituée de :
2
Chapitre I Cours de charpente métallique
Structures à toitures en treillis :
1.3 Définitions
Aiguille : Tige ou barre travaillant à la traction et supportant en son centre le tirant de certaines fermes.
Appentis : Toiture à une seule pente adossée à un mur ou à un bâtiment par son bord supérieur (faîtage)
et dont le bord inférieur est soutenu par une sablière ou des poteaux. Arbalétrier : Membrure supérieure de la
poutre triangulée appelée ferme qui, dans un comble, supporte les pannes et les autres éléments de la
toiture.
Arêtier : Pièce de charpente placée sous l’arête (intersection de 2 versants) et sur laquelle
s’assemblent les autres éléments de la charpente.
Auvent : Partie de la toiture d’une halle débordant largement à l’extérieur de la ligne des poteaux
supports.
Brisure : Changement de direction affectant une barre dans un système de construction quelconque.
Chéneau : Canal disposé en bas de pente des toitures et servant à recueillir les eaux de pluie et à les diriger
vers les tuyaux de descente.
Comble : Partie supérieure (faîte) d’un bâtiment. Volume situé sous les versants de la toiture.
Croupe : Versant de toiture permettant de renvoyer les eaux sur les chéneaux ou les gouttières
implantées sur toute la périphérie d’un bâtiment.
Contreventements : Dispositif assurant la stabilité d’un bâtiment, d’une ossature et s’opposant à la
déformation, au déversement ou au renversement des constructions sous l’action de forces horizontales.
Diagonale : Barre placée en diagonale dans les panneaux d’une poutre en treillis ou d’une construction
triangulée en général.
3
Chapitre I Cours de charpente métallique
Echantignolle : Sorte d’équerre en fer plat plié servant à assujettir une panne sur un arbalétrier.
Empannons : Pièce destinée à diviser en plusieurs portées intermédiaires l’intervalle entre 2 fermes, de
manière à réduire la section des pannes.
Entrait : Membrure inférieure d’une ferme dans un comble à deux ou plusieurs pentes.
Faîtage : Arête longitudinale formée au sommet d’une toiture par la rencontre des 2 versants.
Ferme : Poutre généralement triangulée, dont la membrure supérieure, à simple ou double inclinaison,
règle la pente d’une toiture. Avec les pannes qu’elle supporte, la ferme constitue le principal de l’ossature
des combles d’un édifice.
Gousset : Pièce de tôle plane, sur laquelle viennent s’assembler plusieurs barres convergentes.
Lattis : Pièce métallique, généralement en cornière, fixée sur les chevrons parallèlement au
faîtage et supportant une rangée de tuiles.
Montant : Toute barre, entrant dans la composition d’une charpente métallique en treillis et joignant
les membrures dans une direction perpendiculaire à l’une au moins de ces membrures.
Nœud : Point où concourent deux ou plusieurs barres d’une ossature en assemblage commun.
Panne : Poutre reliant les fermes dans un comble et reportant sur celles-ci les charge et surcharges
transmises directement par les éléments de la couverture.
Planchers : sont des aires horizontales destinés à séparer les étages d’une construction
Poinçon : Montant central d’une ferme en treillis à 2 pentes.
Poteau : Elément vertical d’une ossature collectant les charges et surcharges des poutres qui s’y
attachent et reportant sur l’infrastructure ou les fondations de la construction.
Sablière : Panne située à la partie basse d’un versant de toiture près du chéneau.
Solivage : Ensemble de solives composant l’ossature d’un plancher.
Toiture : Partie supérieure d’un bâtiment. Ensemble de tous les éléments qui ont pour fonction de
supporter la couverture.
Versant : Plan incliné d’une toiture.
4
Chapitre I Cours de charpente métallique
2 Matériaux et essais
2.1 L’acier
L’acier est essentiellement une combinaison de fer et de carbone. On ne le retrouve pas à l’état naturel ;
il résulte d’une transformation de matière première tirée du sol. Les conditions matérielles de cette
transformation entraîne dans sa composition la présence, en très faibles proportions, d’autres éléments
(phosphore, souffre) considérés comme impuretés. Suivant la qualité de l’acier que l’on veut obtenir, il
est possible d’abaisser le pourcentage de ces impuretés au cours de l’élaboration.
Mais l’acier peut également contenir d’autres éléments (silicium, manganèse, chrome, Nikel,
tungstène…) introduits volontairement en vue de modifier sa composition chimique et par suite ses
caractéristiques physiques et mécaniques.
Les éléments additionnés permettent d’obtenir des qualités différentes classées sous forme de « nuance
».
2.2 Les procédés d’élaboration de l’acier
2.2.1 Des matières premières à l’acier liquide :
Les matières essentielles entrant dans la composition de l’acier sont les minerais de fer, le coke et la
ferraille.
2.2.2 De l’acier liquide aux demi-produits :
A la fin de l’opération d’élaboration de l’acier, par quelque procédé que ce soit, les scories sont
déversées dans une cuve et l’acier est recueilli à l’état liquide dans une poche garnie de réfractaire.
A partir de ce stade, la mise en forme en vue du laminage final peut se faire suivant deux schémas
différents: la coulée continue et la coulée en lingots.
5
Chapitre I Cours de charpente métallique
Figure : les procédés d’élaboration de l’acier
6
Chapitre I Cours de charpente métallique
Pour les formes carrées, ces produits prennent les noms de bloom ou billette suivant que la dimension
est plus grande ou plus petite que 120 mm ; le nom de brame pour les formes rectangulaires
d’épaisseur supérieure à 50 mm
Figure : les demi-produits (Bloom, Billette et Brame)
2.2.3 Des demi-produits aux produits sidérurgiques :
Les formes des produits sidérurgiques finis laminés à chaud sont classées suivant deux familles :
- les produits plats : plaque (épaisse), tôle (mince), feuille ou bobine ;
- les produit longs, comprennent les profils de petites sections : rond, carré, rectangle, trapèze,
T, L, U, tube (sans soudure) ; les profils lourds : poutrelle (I,H), palplanche, rail, fil machine..
Leurs dimensions et caractéristiques sont normalisées et répertoriées sur catalogues.
Figure : le laminage à chaud
7
Chapitre I Cours de charpente métallique
2.3 Principaux produits utilisés comme éléments de structure
2.3.1 Produits laminés à chaud
Figure : gamme de profils laminés courants
8
Chapitre I Cours de charpente métallique
Figure : produits longs formés à froid Exemples de sections transversales
Figure : produits plats formés à froid
9
Chapitre I Cours de charpente métallique
Figure; produits dérivés
Figure : profils reconstitués soudés
10
Chapitre I Cours de charpente métallique
2.2 Essais :
2.2.1 Essai de traction :
Il s’agit de l’essai fondamental qui fournit les grandeurs caractéristiques directement exploitables
dans les calculs de dimensionnement.
La limite d’élasticité fy à partir de laquelle les allongements ε% deviennent permanents
(déformation irréversible).
La contrainte de rupture à la traction fu .
Le module d’élasticité longitudinale de l’acier E = 210 000 MPa
Le module d’élasticité transversale de l’acier G ≈ 81 000 MPa
Le coefficient de poisson ʋ =0.3
Figure : diagrammes types d’allongement des aciers de construction métallique
2.2.2 Essai de flexion par choc (essai de résilience) :
Cet essai a pour objectif de mesurer l’énergie absorbée par une éprouvette bi-appuyée, comportant une
entaille médiane en V, lors de sa rupture en flexion sous le choc d’un mouton-pendule. Cette énergie
caractérise la ductilité de l’acier et sa sensibilité à la rupture fragile en fonction de la température.
Energie de rupture = m g (h0 – h)
11
Chapitre I Cours de charpente métallique
Figure : principe de l’essai de flexion par choc
2.2.3 Essais de dureté :
Les essais de dureté consistent à mesurer la pénétration d’un outil conventionnel dans la pièce à tester
sous une charge prédéterminée.
2.2.4 Essai de pliage :
Cet essai permet d’apprécier qualitativement la ductilité d’un acier et l’aptitude au formage à froid par
pliage des tôles ou barres constituées de ce matériau.
3 Critères de choix des aciers en construction métallique
3.1 Choix de la nuance :
Il s’agit essentiellement, à travers ce choix, de fixer le niveau de la limite d’élasticité, appelée à servir de
référence dans la conduite des calculs de dimensionnement. Le plus souvent, on recherche le niveau le
plus élevé possible puisque la réduction de poids qui en résulte permet :
Une économie directe sur les coûts de matière,
Une mise en œuvre plus aisée en atelier,
Une amélioration des conditions de transport et de montage.
Il va de soi que des facteurs limitatifs importants interviennent dans l’augmentation des caractéristiques
mécaniques. Très fréquemment, le respect des critères de déformation régit le dimensionnement des
ossatures métalliques et non le niveau de contrainte. De plus, l’augmentation de flexibilité de la
structure qui accompagne celle des contraintes conduit à aggraver les effets dynamiques éventuels,
12
Chapitre I Cours de charpente métallique
comme ceux dus au vent, et rend aussi plus pénalisants les critères de résistance des éléments soumis
aux différents phénomènes d’instabilité
Les aciers normalisés sont définis par la norme EN 10025 , dans cette norme , on retrouve :
la nuance des aciers qui est en fonction des caractéristiques mécaniques : la limite d’élasticité
garantie fy, l’allongement à la rupture εR , la limite de rupture fu
la qualité des aciers : risques de rupture fragile (résilience)
Des valeurs nominales de la résistance limite d’élasticité fy et celles de la résistance à la traction fu pour
trois nuances d’aciers courantes sont données dans le tableau suivant :
Epaisseur t en mm
Nuance d’acier t ≤ 40 mm 40 mm ˂ t ≤ 100 mm
fy (N/mm2) fu (N/mm2) fy (N/mm2) fu (N/mm2)
S 235 235 360 215 340
S 275 275 430 255 410
S 355 355 510 355 490
Tableau : valeurs nominales de fy et de fu
3.2 Choix de la qualité :
Pour une structure donnée, le choix d’une qualité d’acier doit faire intervenir différents paramètres :
La température minimale de service de l’ouvrage,
L’épaisseur maximale des pièces constitutives de la structure,
La nuance d’acier prévue,
Le niveau des contraintes de traction subies par la structure,
La nature des sollicitations du point de vue de leur vitesse d’application,…
13