Tests essentiels de la fibre optique
Tests essentiels de la fibre optique
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Chapitre 8
Tester la fibre optique
Une fois que tous les câbles à fibres optiques sont installés, épissés et terminés, ils doivent être testés. Pour chaque installation de câbles de
fibre optique, vous devez tester la continuité et la polarité, la perte d’insertion de bout en bout et résoudre tous les problèmes sur toutes les
fibres dans chaque câble. S’il s’agit d’un câble de réseau extérieur avec des épissures intermédiaires, il faudra probablement que vous
vérifiiez aussi les épissures individuelles avec un test OTDR, puisque c’est la seule façon de s’assurer que chaque épissure est bonne. Si
vous êtes l’utilisateur du réseau, vous pouvez également trouver intéressant de tester la puissance de l’émetteur et du récepteur, vu que la
puissance est la mesure qui vous indique si le système fonctionne correctement.
Le test est l’objet de la majorité des normes de l’industrie, car il est nécessaire de vérifier les spécifications des systèmes et des composants
de manière cohérente. Une liste des normes pour fibres optiques TIA et ISO se trouve sur le site de la FOA. La plupart de ces tests concerne
des tests de fabrication pour vérifier les performances des composants et ne sont pas pertinents pour des tests d’installation. Peut-être le test
le plus important est-il celui de la perte d’insertion d’une installation de câbles de fibre optique, réalisé avec une source de lumière et un
mesureur de puissance (LSPM) ou un équipement de test de perte optique (OLTS) ; ce test est requis par toutes les normes internationales
pour s’assurer que l’installation de câbles entre dans le cadre du bilan énergétique avant l’acceptation de l’installation.
Effectuer le test de composants à fibres optiques et des installations de câbles requiert la mise en œuvre de plusieurs tests et mesures ; les
tests les plus communs sont énumérés ci-dessous. Certains tests impliquent l’inspection et l’évaluation de l’installateur, comme l’inspection
visuelle ou le traçage, tandis que d’autres utilisent des instruments sophistiqués qui fournissent des mesures directes. La puissance optique,
nécessaire pour la mesure de la puissance de la source, de la puissance du récepteur et, lorsqu’elle est utilisée avec un test de la source, de
la perte ou de l’affaiblissement, est le paramètre le plus important, nécessaire pour presque tous les tests de fibre optique. Les mesures de
rétrodiffusion effectuées par un OTDR sont les deuxièmes mesures les plus importantes, en particulier pour tester les installations de réseaux
extérieurs et la résolution de problèmes. Les mesures des paramètres géométriques de la fibre et de la bande passante ou de la dispersion
sont essentielles pour les fabricants de fibres, mais ne s’appliquent pas au test sur le terrain. La recherche, détection et résolution de
problèmes (« troubleshooting ») sur les câbles et réseaux installés est requise dans chaque installation.
Inspection visuelle
Traçage visuel
La vérification de la continuité avec un traceur de fibre optique peut tracer le chemin d’une fibre d’un bout à l’autre à travers de nombreuses
connexions, vérifier la continuité, les bonnes connexions et la polarité d’un connecteur duplex. Un traceur de fibre visuel ressemble à une
lampe de poche ou à un instrument en forme de stylo avec une ampoule ou une source LED qui s’adapte à un connecteur de fibre optique.
Fixez la fibre à tester sur le traceur visuel et regardez l’autre extrémité de la fibre pour voir la lumière transmise à travers le cœur de la fibre.
S’il n’y a pas de lumière au bout, revenez aux connexions intermédiaires pour trouver la section du câble qui est en cause.
Un bon exemple de la façon dont un traceur visuel peut gagner du temps et de l’argent est de tester la fibre sur la bobine avant de l’installer pour vous assurer
qu’elle n’a pas été endommagée pendant le transport. Commencez par rechercher des signes visibles de dommages à la fibre sur la bobine (comme des câbles
fissurés ou cassés, des anomalies dans le câble, etc.). Au cours des tests, les traceurs visuels aident à identifier également la prochaine fibre à tester pour des
pertes avec l’équipement de test. Lors de la connexion des câbles à un cabinet de raccordements, utilisez le traceur visuel pour vous assurer que chaque
connexion est sur les deux bonnes fibres ! Afin de vous assurer que la bonne fibre est connectée entre l’émetteur et le récepteur, utilisez le traceur visuel à la
place de l’émetteur et votre œil à la place du récepteur pour vérifier la connexion. Suivez toutes les règles de sécurité pour les yeux lorsque vous travaillez
avec des traceurs visuels.
épissure prépolie. En minimisant visuellement la lumière perdue, vous pouvez obtenir des épissures de moindre perte. Aucune autre méthode
ne vous assure un rendement élevé pour ces connecteurs.
Le VFL requiert un avertissement sur la sécurité des yeux. Les VFL utilisent la lumière visible. Le niveau de puissance est élevé et vous ne
devriez pas la regarder directement. Vous verrez que c’est très inconfortable de regarder directement à la sortie d’une fibre illuminée par un
VFL, donc lors du traçage des fibres, regardez en direction du côté de la fibre pour voir si la lumière du VFL est présente.
Le grossissement pour l’observation de connecteurs peut être de 30 à 400 fois, mais il est préférable d’utiliser un grossissement moyen. Si le
grossissement est trop faible, des détails essentiels peuvent ne pas être visibles. Une inspection avec un très fort grossissement peut amener
l’observateur à être trop critique, rejetant de bons connecteurs. Les connecteurs multimodes doivent utiliser des grossissements de l’ordre de
100 - 200X et la fibre monomode peut utiliser un plus fort grossissement, jusqu’à 400X. Une meilleure solution est d’utiliser un grossissement
moyen, mais d’inspecter le connecteur de trois façons : observation directement à l’extrémité de la surface polie avec un éclairage coaxial ou
oblique, l’observation directement avec la lumière transmise à travers le cœur et une vision sous une observation en angle avec un éclairage
venant de l’angle opposé ou avec un éclairage très oblique.
L’observation directe permet de voir la fibre et le trou de la férule, de déterminer si le trou de la férule est de la taille appropriée, si la fibre est
centrée dans le trou et si une quantité appropriée d’adhésif a été appliquée. Seules les plus grandes rayures peuvent être visibles de cette
façon, cependant. Ajouter de la lumière transmise à travers le cœur rendra visibles les fissures dans l’extrémité de la fibre, provoquées par la
pression ou la chaleur pendant le processus de polissage.
Observer l’extrémité du connecteur sous un certain angle, tout en illuminant du côté opposé à peu près avec le même angle ou utiliser un
éclairage à un angle restreint et regarder directement permettra une meilleure inspection de la qualité du polissage et des rayures possibles.
L’effet d’ombre de l’observation ou de l’éclairage angulaire améliore le contraste des rayures sur la surface du verre, lisse comme un miroir.
Il faut être prudent dans l’inspection des connecteurs, cependant. La tendance est d’être parfois trop critique, surtout à fort grossissement.
Seuls les défauts sur le cœur de fibre sont généralement considérés comme un problème. Des éclats de verre autour de l’extérieur de la gaine
ne sont pas rares et n’auront aucun effet sur la capacité du connecteur à coupler la lumière dans le cœur des fibres multimodes. De même, les
Puissance optique
Pratiquement toutes les mesures effectuées sur la fibre optique se réfèrent à la puissance optique. La sortie d’un émetteur ou l’entrée d’un
récepteur sont des mesures « absolues » de puissance optique, c’est-à-dire que vous mesurez la valeur réelle de la puissance. La perte est
une mesure de puissance « relative », c’est-à-dire la différence entre la puissance couplée dans un composant, comme un câble, une
épissure ou un connecteur, et la puissance qui est transmise à travers celui-ci. Cette différence de niveau de puissance avant et après le
composant est ce que nous appelons la perte optique et elle définit la performance d’un câble, connecteur, épissure ou autre composant.
Les résultats des tests réalisés sur des réseaux à fibres optiques sont toujours affichés sur un appareil. Les mesures de puissance sont
exprimées en « dB », l’unité de mesure de la puissance et des pertes dans la fibre optique. La perte optique est mesurée en « dB », tandis
que la puissance optique est mesurée en « dBm ». La perte est un nombre négatif (comme -3,2 dB), tout comme le sont de nombreuses
mesures de puissance. Les mesures en dB peuvent parfois être source de confusion.
Dans les premiers temps de la fibre optique, la puissance de sortie de la source était généralement mesurée en milliwatts, une échelle linéaire,
et la perte était mesurée en dB ou décibels, une échelle logarithmique. Au fil des ans, toutes les mesures ont migré vers le dB pour plus de
commodité, ce qui cause beaucoup de confusion. Les mesures de perte sont généralement effectuées en dB puisque le dB est un rapport de
deux niveaux de puissance, dont l’un est considéré comme la valeur de référence. Le dB est une échelle logarithmique où 10 dB
correspondent à un rapport de 10 fois. L’équation réelle utilisée pour calculer les dB est
Ainsi, 10 dB est un rapport de 10 fois (soit 10 fois plus que ou un dixième de), 20 dB est un rapport de 100, 30 dB est un rapport de 1’000, etc.
Lorsque les deux puissances optiques comparées sont égales, dB = 0, une valeur pratique qui est facile à retenir. Si la puissance mesurée est
supérieure à la puissance de référence, dB sera un nombre positif, mais si elle est inférieure à la puissance de référence, dB sera négatif.
Ainsi les mesures de pertes sont généralement exprimées par un nombre négatif.
Les mesures de puissance optique comme la sortie d’un émetteur ou à l’entrée d’un récepteur sont exprimées en unités de dBm. Le « m » de
dBm se réfère à une puissance de référence de 1 milliwatt. Ainsi, une source d’un niveau de 0 dBm de puissance a une puissance de 1
milliwatt. De la même manière, -10 dBm est 0,1 milliwatt et +10 dBm est 10 milliwatts.
Pour mesurer la perte dans un système de fibre optique, on effectue deux mesures de la puissance, une mesure de référence avant le
composant que nous testons et une mesure de perte après que la lumière a passé à travers le composant. Puisque nous mesurons la perte, la
puissance mesurée sera inférieure à la puissance de référence, de sorte que le rapport de la puissance mesurée à la puissance de référence
est inférieur à 1 et le log est négatif, ce qui fait de dB un nombre négatif. Lorsque on définit la valeur de référence, le mesureur indique « 0
dB » parce que la valeur de référence qu’on définit et la valeur que l’appareil mesure est la même. Ensuite, lorsque l’on mesure la perte, la
puissance mesurée est inférieure, de sorte que le mesureur indique « - 3,0 dB », par exemple, si la puissance testée est la moitié de la valeur
de référence. Bien que les appareils mesurent un nombre négatif pour la perte, par convention la perte est exprimée comme un nombre
positif : on dit que la perte est de 3,0 dB lorsque le mesureur affiche - 3,0 dB.
Les instruments qui mesurent en dB peuvent être soit des mesureurs de puissance optique, soit des équipements de test de perte optique
(OLTS). Le mesureur de puissance optique lit habituellement en dBm pour les mesures de puissance ou en dB par rapport à une valeur de
référence définie par l’utilisateur pour la perte. Alors que la plupart des mesureurs de puissance a des gammes de +3 à -50 dBm, la plupart
des sources est dans le spectre de +10 à -10 dBm pour les lasers et de -10 à -20 dBm pour les diodes électroluminescentes (LED). Seuls les
lasers utilisés dans la TVCA ou les systèmes téléphoniques longue distance ont des puissances suffisamment élevées pour être vraiment
dangereuses, jusqu’à +20 dBm ; cela correspond à 100 milliwatts ou un dixième de watt.
Il est important de se rappeler que le dB sert à mesurer la perte et le dBm sert à mesurer la puissance et que plus un nombre est négatif, plus
la perte est élevée. Déterminez votre référence zéro avant de mesurer la perte et vérifiez-la de temps en temps tout en faisant des mesures.
Beaucoup d’attention a été accordée à l’élaboration de normes de transfert pour les mesures de puissance de la fibre optique. Le NIST des
USA, à Boulder (Colorado) et les organismes de normalisation de la plupart des autres pays ont travaillé pour fournir de bonnes normes à
partir desquelles travailler. Nous pouvons maintenant assurer la traçabilité de nos étalonnages ; cependant les erreurs dans la prise de
mesures ne peuvent pas être ignorées. Même lorsque les mesureurs de puissance de fibre optique sont calibrés dans le cadre des
spécifications, l’incertitude de la mesure peut aller jusqu’à +/- 5% (environ 0,2 dB) par rapport aux normes. Comprendre les erreurs de
mesureurs de puissance et leurs causes probables assurera un point de vue réaliste sur les mesures de puissance de la fibre optique.
La première source d’erreur est de couplage optique. La lumière de la fibre se diffuse en expansion en un cône. Il est important que le
détecteur s’adapte à la géométrie de la fibre de manière à assurer que toute la lumière provenant de la fibre frappe le détecteur, sinon la
mesure sera inférieure à la valeur réelle. Mais chaque fois que la lumière passe à travers une interface verre-air, telle que la fenêtre sur le
détecteur, une petite quantité de lumière est réfléchie et perdue. Enfin, la propreté des surfaces optiques impliquées peut causer de
l’absorption et de la diffusion. La somme totale de ces erreurs potentielles sera fonction du type de connecteur, de la longueur d’onde, de la
taille et de l’ouverture numérique (NA) de la fibre.
Au-delà des erreurs de couplage, il y a les erreurs liées à l’étalonnage de la longueur d’onde. Les détecteurs à semi-conducteurs utilisés dans
les instruments de fibres optiques (et les systèmes aussi) ont une sensibilité qui dépend de la longueur d’onde. Etant donné que la longueur
d’onde réelle de la source est rarement connue, il existe une erreur associée à la sensibilité spectrale du détecteur. Par convention de
l’industrie, les trois longueurs d’onde cardinales (850, 1300 et 1550 nm) sont utilisées pour toutes les mesures de puissance, et non la
longueur d’onde exacte de la source.
Une autre source d’erreur existe pour des mesures de hauts et bas niveaux. À des niveaux élevés, la puissance optique peut surcharger et
saturer le détecteur, induisant une erreur dans la mesure. A bas niveau, le bruit inhérent au détecteur s’ajoute au signal et devient une erreur.
Si le signal est 10 dB au-dessus du plancher de bruit (10 fois le bruit), l’erreur de décalage est de 10% ou 0,4 dB.
Les instruments qui ont des lectures avec une résolution de 0,01 dB ne sont généralement appropriés que pour des mesures, en laboratoire,
de très faibles pertes d’appareils ou de changements causés par des fluctuations environnementales. Dans le laboratoire, une résolution de
0,01 dB peut être extrêmement utile, car on mesure souvent des pertes de connecteurs ou d’épissures qui sont de moins de 0,1 dB ou des
changements dans la perte liés à un stress environnemental qui sont en dessous de 0,1 dB. La stabilité des sources et le stress physique sur
les câbles limite l’incertitude de mesure à environ 0,02 à 0,05 dB par jour, mais la résolution de 0,01 dB peut être utile dans la détermination
de petits changements dans les performances des composants.
Les mesures de terrain ont une plus grande incertitude, car plus de composants sont évalués à la fois et les pertes sont plus élevées.
Pratiquement, les mesures sont meilleures lorsque la résolution de l’appareil est limitée à 0,1 dB. Les lectures seront plus susceptibles d’être
stables à la lecture et plus représentatives de l’incertitude de mesure.
Mesurer la puissance requiert un appareil de mesure de puissance avec un adaptateur qui corresponde au connecteur de fibre optique sur le
câble à tester, et si vous souhaitez tester un émetteur, un câble de fibre optique reconnu comme bon (de la bonne taille de fibre, puisque la
puissance couplée est fonction de la taille du cœur de la fibre) et d’un peu d’aide de l’électronique du réseau pour activer l’émetteur. Rappelez-
vous que quand vous mesurez la puissance, l’appareil doit être réglé sur les bonnes longueur d’onde et unité (généralement dBm, parfois
microwatts, mais jamais « dB » - c’est une unité de puissance relative utilisée seulement pour tester la perte). Reportez-vous aux instructions
fournies avec l’équipement de test pour les instructions d’installation et de mesure.
Pour mesurer la puissance, fixez le mesureur au câble attaché à la source qui a la sortie que vous voulez mesurer. Cela peut être au niveau
du récepteur pour mesurer la puissance au récepteur, ou en utilisant un cordon de raccordement (« patchcord ») ou câble de référence de test
(testé et reconnu comme bon) qui est attaché à l’émetteur pour mesurer la puissance de sortie. Allumez l’émetteur / la source et donnez-lui
quelques minutes pour se stabiliser. Réglez le mesureur de puissance sur la longueur d’onde correspondante et notez la puissance que le
mesureur détecte. Comparez-la à la puissance spécifiée pour le système et assurez-vous qu’elle est suffisante mais pas trop élevée.
La perte optique est le principal paramètre de performance de la plupart des composants de fibres optiques. Pour les fibres, c’est la perte par
unité de longueur ou coefficient d’affaiblissement. Pour les connecteurs, c’est la perte de connexion lorsqu’ils sont joints à un autre
connecteur. Pour les câbles, c’est la perte totale des composants du câble, y compris les connecteurs, les fibres, les épissures et des autres
composants sur le parcours du câble à tester. Nous allons utiliser les câbles pour illustrer la perte d’insertion, avant d’envisager d’autres
composants.
La perte d’un câble est la différence entre la puissance couplée au câble à l’extrémité de l’émetteur et ce qui sort à l’extrémité du récepteur. Le
test de perte requiert qu’on mesure la quantité totale de puissance optique perdue dans un câble (y compris l’atténuation ou affaiblissement de
la fibre, la perte des connecteurs et la perte des épissures) avec une source de lumière à fibre optique et un mesureur de puissance (LSPM)
ou un équipement de test de perte optique (OLTS). Le test de perte est effectué aux longueurs d’onde appropriées pour la fibre et son
utilisation. La fibre multimode est généralement testée à 850 nm et éventuellement à 1300 nm avec des sources LED. La fibre monomode est
testée à 1310 nm et éventuellement à 1550 nm avec des sources laser.
La plupart des tests de perte est effectuée sur des faisceaux de câbles, soit des cordons de raccordement ou des ensembles de câbles
installés. Mais les fabricants de fibre testent la perte de toutes les fibres pour calculer leur coefficient d’atténuation. Les fabricants de
connecteur testent de nombreux connecteurs pour obtenir une valeur moyenne de perte du connecteur lorsqu’il est terminé sur la fibre.
D’autres fabricants de composants testent également la perte de leurs composants afin de vérifier leur performance.
La mesure de la perte d’insertion est réalisée par l’accouplement du câble à tester sur des câbles de référence bien connus avec une
puissance de lancement calibrée qui devient la référence de perte « 0 dB ». Pourquoi avez-vous besoin de câbles de référence pour mesurer
la perte ? Le test avec des câbles de référence sur chaque extrémité simule une installation de câbles avec des cordons de raccordement la
connectant à l’équipement de transmission. Vous avez besoin d’un câble pour mesurer la puissance de sortie de la source pour l’étalonnage
de la référence de perte « 0 dB ».
En outre, afin de mesurer la perte des connecteurs à l’extrémité d’un câble, vous devez les accoupler à un connecteur similaire et reconnu
comme bon. C’est un point important, souvent mal compris. Quand on dit « perte de connecteur », on désigne en fait la « perte de
connexion » - la perte d’une paire jointe de connecteurs. Ainsi, le test des connecteurs nécessite leur accouplement à des connecteurs de
référence qui doivent être des connecteurs de haute qualité eux-mêmes afin de ne pas nuire à la perte mesurée lors de l’accouplement à un
connecteur inconnu.
En plus d’un mesureur de puissance, vous avez besoin d’une source de test (source de lumière) pour mesurer la perte. La source de test
devrait être compatible avec le type de fibre à tester (généralement une LED pour multimode ou laser pour monomode et la longueur d’onde
(850, 1300, 1550 nm) qui sera utilisée sur le câble de fibre optique que vous testez. Si vous testez à certaines normes, vous devrez peut-être
ajouter certains conditionnements de modes, comme un enroulage sur mandrin (« mandel wrap »), pour vous mettre en adéquation aux
conditions de lancement standard.
affecter le type de mode de réglage de référence utilisé pour les tests de perte.
Les facteurs liés à la source affectant la précision des mesures sont : la stabilité de la puissance de sortie et la distribution modale lancée dans
une fibre multimode. La stabilité de la source est essentiellement un facteur du circuit électronique dans la source. Les normes de l’industrie
ont des exigences sur la sortie modale des sources de test pour la fibre multimode qui sont importantes pour les fabricants des sources de
test. Diverses normes exigeaient des brouilleurs de mode, des filtres et des dénudeurs (« strippers ») pour ajuster la répartition modale dans la
fibre et s’approcher ainsi des conditions réelles d’exploitation. Aujourd’hui, la plupart des normes requièrent que les sources soient en
adéquation aux exigences de sorties et qu’un filtre de mode de type enroulage sur mandrin soit utilisé dans les tests. Les effets de la
distribution de puissance de mode sur les mesures multimode sont couverts dans le chapitre sur la fibre optique.
Câbles de référence
Les tests de perte requièrent un ou deux câbles de référence, en fonction du test réalisé, et les adaptateurs d’accouplement appropriés pour
les connecteurs. Les câbles de référence sont typiquement de 1 à 2 mètres de long, avec des fibres et des connecteurs correspondant aux
câbles à tester. La précision de la mesure dépendra de la qualité des câbles de référence, car ils seront accouplés au câble à tester. La qualité
et la propreté des connecteurs sur les câbles de lancement et de réception sont deux des facteurs les plus importants dans la précision des
mesures de perte. Testez toujours les câbles de référence par le cordon de raccordement (« patchcord ») ou la méthode à deux extrémités
(« double-ended method ») montrée ci-dessous pour vous assurer qu’ils sont en bon état avant de commencer à tester d’autres câbles.
Les groupes de normalisation n’ont pas été en mesure de préciser avec succès la qualité des câbles de référence en termes de composants à
tolérance réduite comme la fibre et les connecteurs. Les normes qui exigent des câbles de test de qualité de référence spéciaux précisent
maintenant qu’il doit s’agir de câbles avec des connexions à faible perte. La meilleure recommandation pour la qualification de câbles de
référence est de choisir des câbles à faible perte, testés avec la méthode à une extrémité selon la norme de test de câble FOTP -171, comme
décrit ci-dessous.
Seuls les adaptateurs d’accouplement de haute qualité devraient être utilisés pour les tests, car ils sont également un facteur de perte. Les
adaptateurs bon marché ont généralement des manchons d’accouplement en plastique pour aligner les férules de connecteurs qui s’usent
rapidement, ce qui entraîne une forte perte, même avec de bons connecteurs. Utilisez uniquement des adaptateurs d’accouplement avec des
manchons d’accouplement en métal ou de préférence en céramique et qui sont spécifiés pour les connecteurs multimode et monomode.
Tester la perte
Il existe deux méthodes qui sont utilisées pour mesurer la perte d’insertion avec une source de lumière et un mesureur de puissance, un « test
du cordon de raccordement » (« patchcord test »), aussi appelé « perte à une extrémité » (« single-ended loss ») par la norme TIA FOTP-171,
et un « test de câbles installés » ou « perte à deux extrémités » (« double-ended loss ») par la norme TIA OFSTP-14 (multimode) et OFSTP-7
(monomode). La différence entre ces deux tests est que les tests de perte à une extrémité utilisent seulement un câble de lancement et ne
testent que le connecteur fixé au câble de lancement plus la fibre optique et tout autre composant dans le câble. Les tests à une extrémité
sont principalement utilisés pour tester les cordons de raccordement ou les câbles courts puisqu’ils permettent de tester chaque connecteur
individuellement.
Les tests de perte à deux extrémités utilisent un câble de lancement et un câble de réception connecté au mesureur et mesurent la perte des
connecteurs aux deux extrémités du câble testé.
Les tests à une extrémité sont généralement utilisés sur les cordons de raccordement pour permettre de tester les connecteurs
individuellement à chaque extrémité d’un câble court pour s’assurer que les deux sont bons et permettre de trouver quel connecteur pourrait
être mauvais s’il y a un problème. Le test à deux extrémités est utilisé avec des câbles installés pour s’assurer que l’installation des câbles a
été bien faite et comparer les résultats des tests aux calculs du budget de pertes.
La perte à une extrémité est mesurée par l’accouplement du câble que vous voulez tester au câble de lancement de référence ; on mesure
ensuite la puissance de sortie à l’autre extrémité avec le mesureur. Lorsque vous faites cela, vous ne mesurez que la perte du connecteur
accouplé au câble de lancement et la perte de toute fibre, épissure ou connecteurs sur le câble que vous testez. Puisque vous dirigez le
connecteur sur l’extrémité du câble vers un détecteur sur le mesureur de puissance au lieu de l’accoupler à un autre connecteur, il n’a
effectivement pas de perte, de sorte qu’il n’est pas inclus dans la mesure. Cette méthode est décrite dans FOTP-171 et est représentée dans
le dessin. Un avantage de ce test est que vous pouvez résoudre des problèmes de câbles pour trouver un mauvais connecteur puisque vous
pouvez inverser le câble pour tester les connecteurs sur chaque extrémité individuellement. Lorsque la perte est élevée, le mauvais
connecteur est couplé au câble de référence.
Dans un test à deux extrémités, vous branchez le câble à tester entre deux câbles de référence, l’un attaché à la source et l’autre au
mesureur. De cette façon, vous mesurer les pertes des connecteurs à chaque extrémité, plus la perte de tout le câble, y compris les
connecteurs et épissures, entre les deux. C’est la méthode spécifiée dans OFSTP-14 (pour le multimode ; le test monomode est OFSTP-7) et
c’est le test standard pour la perte dans un ensemble de câbles installés.
Référence à un câble
La plupart des connecteurs de fibres optiques est construite de telle sorte que la fibre est maintenue dans une férule en saillie ; c’est ce qu’on
appelle un connecteur de type « plug ». Deux connecteurs « plug » sont accouplés à l’aide d’un adaptateur d’accouplement qui tient les
férules dans l’alignement et leur permet de se rencontrer au centre. Si des connecteurs comme ceux-ci sont testés et si l’équipement de test
possède des interfaces qui correspondent à ces connecteurs, la référence à un seul câble (OFSTP-14 Méthode B) peut être utilisée. Cette
méthode est la méthode la plus simple et généralement considérée comme la méthode de choix, étant donné qu’aucune connexion n’est
incluse lors de la définition de la référence 0 dB.
Après le réglage de la référence, le câble de lancement est détaché du mesureur, mais pas la source. Le câble de lancement de référence ne
doit jamais être retiré de la source après que la référence a été définie, et ce pour assurer que la puissance de lancement reste constante. Le
câble de réception est attaché au mesureur, puis les deux câbles de référence sont fixés au câble à tester. La lecture de la perte inclura les
deux connexions au câble testé et la perte de la fibre et de tout autre composant le long du câble lui-même.
Si l’équipement de test dispose d’une interface pour un autre type de connecteur, de sorte que les connecteurs des câbles à tester ne peuvent
pas être attachés aux instruments, une méthode de référence à deux câbles (OFSTP-14 Méthode A) peut être utilisée. Les câbles de
référence doivent être des câbles hybrides avec des connecteurs sur une extrémité pour faire correspondre les interfaces des instruments et
sur l’autre extrémité pour s’accoupler aux connecteurs sur le câble à tester. La référence 0 dB est définie en fixant les deux câbles de
référence aux instruments et en reliant les autres extrémités avec un adaptateur d’accouplement. Après le réglage de la référence, les deux
câbles sont déconnectés au milieu et le câble à tester inséré entre les deux.
La lecture de la perte inclura les deux connexions vers le câble en test et la perte de la fibre et de tout autre composant dans le câble lui-
même moins la perte de la connexion entre les deux câbles de référence au moment de la définition de la référence. Ainsi, la perte mesurée
en utilisant la référence à deux câbles sera inférieure à celle de référence à un seul câble de par la connexion incluse lors de l’établissement
de la référence. L’incertitude de cette perte de connexion incluse dans la référence ajoute également à l’incertitude de la mesure de la perte
de tous les câbles testés de cette manière.
Certains connecteurs de fibres optiques sont des connecteurs de type « plug » et « jack » où l’un dispose d’une férule en saillie tandis que
l’autre a un « jack » ou réceptacle. Certains ont des repères d’alignement (une petite tige ou « pin ») qui sont d’un seul côté, comme le
connecteur MTP où les repères (la petite tige) sont utilisés sur le côté « jack ». Ils sont généralement utilisés avec des plugs sur les deux
extrémités des cordons de raccordement (« patchcords ») et les jacks ou réceptacles sur les câbles installés définitivement et terminés dans
des racks ou prises.
Ces deux types de connecteurs ne peuvent être accouplés qu’à un type de connecteur approprié, ce qui fait qu’il est difficile d’effectuer une
référence à un ou deux câbles. La solution est une référence à trois câble (OFSTP-14 Méthode C), où les câbles hybrides attachés aux
instruments pour les câbles de référence sont terminés en plugs et un troisième câble terminé en jacks est inséré entre les deux pour créer
une référence à 3 câbles. Après le réglage de la référence, les deux câbles de référence sont déconnectés du troisième câble au milieu et le
câble à tester inséré entre les deux à la place du câble de référence.
Comme précédemment, la lecture de la perte inclura les deux connexions vers le câble en cours de test et la perte de la fibre et d’autres
composants du câble lui-même moins la perte des deux connexions entre le troisième câble de référence et les deux câbles de référence lors
de la définition de la référence. Puisque le troisième câble est habituellement seulement une courte longueur de fibre avec des connexions sur
chaque extrémité, la perte de la fibre peut être ignorée. La perte mesurée en utilisant la référence à trois câbles sera inférieure à celle de la
référence à un seul câble de par les connexions incluses lors de la définition de la référence. L’incertitude de ces deux pertes de connexion
incluses dans la référence ajoute à l’incertitude de la mesure de la perte de tous les câbles testés de cette manière.
Bien que cette méthode à trois câbles ait la plus forte incertitude, elle est la seule méthode qui fonctionne pour tous les connecteurs et tous les
équipements de test. Par conséquent, elle est devenue la méthode préférée de plusieurs normes internationales.
La méthode la plus populaire et la méthode exigée par la norme TIA-568 est la méthode à un câble, la « méthode B » selon sa désignation
OFSTP-14.
- Pour chaque connecteur, considérer 0,3-0,5 dB de perte pour les connecteurs adhésifs/polissage, 0,75 pour les connecteurs prépoli/épissure
(0,75 max selon TIA-568)
- Pour chaque épissure, considérer 0,2 dB (0,3 max selon TIA-568)
- Pour la fibre multimode, la perte est d’environ 3 dB par km pour des sources de 850 nm, 1 dB par km pour 1300 nm. Cela se traduit à peu
près par une perte de 0,1 dB par 100 pieds à 850 nm, 0,1 dB par 300 pieds à 1300 nm.
- Pour la fibre monomode, la perte est d’environ 0,5 dB par km pour des sources de 1300 nm, 0,4 dB par km à 1550 nm. Cela se traduit à peu
près par une perte de 0,1 dB par 600 pieds à 1300 nm, 0,1 dB par 750 pieds à 1300 nm.
Donc, pour la perte d’une installation de câble, calculez la perte approximative comme suit :
(0,5 dB X # connecteurs) + (0,2 dB x # épissures) + perte de la fibre sur la longueur totale de câble
Les OTDR (réflectomètre optique temporel) sont des instruments de fibres optiques plus complexes qui peuvent prendre un instantané d’une
fibre, montrer l’emplacement des épissures, connecteurs, défauts, etc. Les OTDR sont des instruments de test puissants pour les installations
de câbles de fibre optique, si l’on comprend comment configurer correctement l’instrument pour le test et interpréter les résultats. Lorsqu’il est
utilisé par un opérateur compétent, l’OTDR peut localiser les défauts, mesurer la longueur du câble et vérifier la perte d’épissure. Dans
certaines limites, on peut également mesurer la perte d’un réseau de câbles. Le seul paramètre de fibre optique qu’il ne mesure pas est la
puissance optique à l’émetteur ou au récepteur. Il existe un grand nombre d’informations dans le tracé de l’OTDR, comme le montré le tracé
ci-dessous.
Les OTDR sont presque toujours utilisés sur les câbles de réseaux extérieurs pour vérifier la perte de chaque épissure et trouver des points de
stress causés par une installation. Ils sont aussi largement utilisés comme outils de dépannage en réseau extérieur, car ils peuvent identifier
les problèmes tels que la perte causée par le stress exercé sur un câble lors de l’installation. La plupart des ODTR n’ont pas la résolution de
distance pour une utilisation sur les câbles plus courts, typiques des réseaux locaux. Les OTDR sont disponibles dans des versions adaptées
aux systèmes de fibre optique standardisés, monomode ou multimode, aux longueurs d’onde appropriées. Pour utiliser un OTDR
correctement, il est nécessaire de comprendre comment cela fonctionne, comment régler l’appareil correctement et comment analyser des
tracés. Les OTDR offrent une option « auto-test », mais utiliser cette option sans comprendre l’OTDR et vérifier manuellement son travail
conduit souvent à des problèmes.
moyennage du signal, il est possible de faire des mesures sur des distances relativement longues. Étant donné qu’il est possible de calibrer la
vitesse de l’impulsion lors de son passage dans la fibre, l’OTDR peut mesurer le temps, calculer la position de l’impulsion dans la fibre et
effectuer une corrélation de ce qu’il voit dans la lumière rétrodiffusée avec un emplacement réel dans la fibre. Ainsi, on peut créer un
instantané de la fibre, un affichage à un point quelconque de la fibre.
Etant donné que l’impulsion s’atténue dans la fibre au fur et à mesure de son passage et qu’elle subit des pertes aux connecteurs et
épissures, la quantité d’énergie dans l’impulsion de test diminue à mesure qu’elle passe le long de la fibre dans le réseau de câbles en cours
de test. Ainsi, la partie de la lumière rétrodiffusée sera réduite en conséquence, générant par la-même une image de la perte réelle se
produisant dans la fibre. Certains calculs sont nécessaires pour convertir ces informations en un affichage, étant donné que le processus se
produit deux fois, une fois à la sorties de l’OTDR et une autre fois sur le trajet de retour à la diffusion de l’impulsion de test.
Il y a beaucoup d’informations dans un affichage OTDR. La pente du tracé de la fibre montre le coefficient d’atténuation (ou affaiblissement) de
la fibre (perte par longueur) et est calibrée en dB/km par l’OTDR. La baisse du tracé de la fibre à un connecteur ou épissure permet de
mesurer la perte en dB. Le pic provoqué par la réflexion d’un connecteur ou d’une épissure mécanique peut également être mesuré. Alors que
certains utilisateurs de mesurent la perte d’un réseau de câbles à fibre optique de bout-en-bout avec un OTDR, cela nécessite un câble de
réception sur l’autre extrémité du câble à tester pour tester des connecteurs sur les deux extrémités et cela ne mesure pas de la même façon
qu’une source de lumière et un mesureur de puissance (ou l’émetteur et le récepteur du système) de sorte que le résultat pourrait ne pas être
corrélé avec la perte du système.
Notez la grande impulsion initiale sur le tracé de l’OTDR ci-dessus. Elle est causée par l’impulsion de forte puissance du test se reflétant sur le
connecteur de l’OTDR et surchargeant le récepteur de l’OTDR. Le rétablissement du récepteur provoque la « zone morte » à proximité de
l’OTDR. Pour éviter les problèmes causés par la zone morte, il est nécessaire de toujours utiliser un câble de test d’une longueur suffisante
lors des tests des câbles.
Les connecteurs et épissures sont appelés « événements » dans le jargon OTDR. Les deux devraient montrer une perte, mais les
connecteurs et épissures mécaniques montreront également un pic de réflexion afin que vous puissiez les distinguer des épissures par fusion.
En outre, la hauteur de ce pic indique le montant de la réflexion à l’événement, sauf si elle est si grande qu’elle sature le récepteur OTDR. Le
pic aura un sommet plat et une queue à l’autre bout, indiquant que le récepteur a été surchargé. La largeur du pic indique la résolution en
Réflectance
Pour mesurer la réflectance, l’OTDR mesure la quantité de lumière qui est renvoyée à la fois par la rétrodiffusion dans la fibre et réfléchie par
un connecteur ou une épissure. Le calcul de réflectance est un processus complexe qui fait intervenir le bruit de fond de l’OTDR, le niveau de
rétrodiffusion et de puissance dans le pic réfléchi. Comme toutes les mesures de rétrodiffusion, il y a une incertitude de mesure assez grande,
mais l’OTDR a l’avantage de montrer où se trouvent les événements réfléchissants afin qu’ils puissent être corrigées si nécessaire.
La plus grande source d’incertitude de mesure qui se produit lors du test avec un OTDR est une fonction du coefficient de rétrodiffusion des
fibres testées, la quantité de lumière de l’impulsion de test sortante qui est rétrodiffusée vers l’OTDR. La lumière rétrodiffusée utilisée pour la
mesure n’est pas une constante, mais une fonction de l’atténuation de la fibre et du diamètre du cœur de la fibre.
Si vous regardez deux fibres différentes épissées ou connectées ensemble dans un OTDR, la différence de rétrodiffusion de chaque fibre est
une source importante d’erreur. Si les deux fibres sont identiques, comme dans le cas de la réparation d’une fibre cassée par épissage, la
rétrodiffusion sera la même sur les deux côtés de l’articulation, de sorte que l’OTDR mesurera la perte réelle de l’épissure. Cependant, si les
fibres sont différentes, les coefficients de rétrodiffusion inégaux provoqueront qu’un pourcentage différent de la lumière sera renvoyé à
l’OTDR.
Si la première fibre a plus de diffusion (ou dispersion, qui s’affiche comme un affaiblissement) que celle qui se trouve après la connexion, le
pourcentage de lumière de l’impulsion de test de l’OTDR va baisser, de sorte que la perte mesurée sur l’OTDR comprendra la perte réelle plus
une erreur de perte provoquée par le niveau de rétrodiffusion plus faible, ce qui rend la perte affichée supérieure à ce qu’elle est en réalité. En
regardant dans l’autre direction, à partir d’une fibre de faible affaiblissement vers une fibre de haut affaiblissement, on trouvera que la
rétrodiffusion augmente, ce qui rend la mesure de perte inférieure à ce qu’elle est en réalité. En effet, si la variation de la rétrodiffusion est plus
grande que la perte de l’épissure, un gain apparaîtra, ce qui est une grande confusion pour les nouveaux utilisateurs d’OTDR.
Bien que cette source d’erreur soit toujours présente, elle peut être pratiquement éliminée en effectuant des lectures dans les deux sens et en
faisant la moyenne des mesures ; de sorte que bien des OTDR ont cette méthode programmée dans leurs routines de mesure. C’est la seule
façon de tester la perte sur des épissures « in-line » et d’obtenir des résultats précis.
Autres tests
Les fabricants de composants de fibres optiques font de nombreux tests pour qualifier la conception de leurs composants, vérifier les
procédures de fabrication et tester les produits avant leur expédition aux clients. Sur les fibres, on teste : les dimensions (taille du cœur et de
la gaine, ovalité et concentricité), la performance (coefficient d’atténuation, bande passante ou dispersion), les caractéristiques physiques
(force, flexibilité, etc.) et la capacité à résister aux conditions environnementales (température, humidité et bien d’autres encore, y compris sur
de longues périodes de temps). Pour les câbles s’ajoutent des tests environnementaux encore plus stricts.
Les connecteurs et épissures sont testés en grandes séries pour déterminer les pertes moyennes attendues dans des installations normales.
Le pendant de ces tests sont, pour les câbles, les tests d’environnement, mais des tests pour des applications spéciales peuvent être ajoutés,
tels que des tests de résistance aux vibrations pour une utilisation sur les véhicules, navires et aéronefs. Les émetteurs-récepteurs, WDM,
amplificateurs à fibre et autres composants de fibre optique subissent des tests à la fois liés à la performance des fibres et à la performance
électrique. La plupart de ces tests ont été normalisés afin de permettre une comparaison équitable entre les produits de différents fabricants.
Il existe d’autres tests sur le terrain pour les installations de câbles qui sont de plus en plus fréquents sur les longs câbles monomodes : la
dispersion modale de polarisation (DMP) et la dispersion chromatique (DC). Ceux-ci deviennent importants pour de très longues distances à
des débits très élevés. Ils sont hautement spécialisés et nécessitent une instrumentation complexe, qui dépasse le cadre de ce livre.
Questions de révision
Vrai/Faux
Indiquez si l’affirmation est vraie ou fausse.
____ 1. Les câbles testés avec un OTDR ne requièrent pas d’être testés pour la perte d’insertion avec une source et un mesureur ou un
OLTS.
____ 2. Les connecteurs à chaque bout de l’installation de câbles ne devraient pas être pris en compte dans le calcul de la perte de l’installation de
câbles.
____ 3. L’ OTDR ne devrait jamais être utilisé sans un « câble de lancement », également appelé « suppresseur de pulsation ».
Choix multiple
Identifiez l’option qui complète le mieux l’affirmation ou répond à la question.
____ 4. La perte d’une installation de câble devrait être estimée durant la phase de __________.
A. Conception
B. Installation
C. Test
D. Recherche et solution des problèmes (« troubleshooting »)
____ 5. La méthode standard pour tester des câbles multimode installés est décrite dans __________.
A. FOTP-34
B. ISO 11801
C. FOTP-57
D. OFSTP-14
____ 6. Quel(s) instrument(s) de test est/sont utilisé(s) pour tester la perte d’insertion ?
A. OLTS (équipement de test de perte optique) ou LSPM (source de lumière et
mesureur de puissance)
B. VFL
C. OTDR (réflectomètre optique temporel)
____ 7. Les câbles de fibre optique multimode en verre à gradient d’indice sont testés avec des sources __________ à des longueurs d’onde de
__________ et __________.
A. LED, 650, 850 nm
B. LED, 850, 1300 nm
C. Laser, 980, 1400 nm
D. Laser, 1310, 1550 nm
____ 8. Quel type de sources est utilisé pour tester la fibre monomode ?
A. LED
B. VCSEL
C. Laser
____ 9. Combien de méthodes sont incluses dans les normes pour régler la référence « 0 dB » pour tester la perte ?
A. Une
B. Deux
C. Trois
D. Quatre
____ 10. Quelle méthode de référence est prescrite par la norme TIA 568 ?
A. La référence à un câble
B. La référence à deux câbles
C. La référence à trois câbles
D. N’importe quelle méthode, pourvu qu’elle soit documentée
____ 11. Les câbles de référence doivent coïncider avec le/la __________ du câble testé.
A. Taille et type de la fibre
B. Taille de la fibre et type de connecteur
C. Type de connecteur
Exercices de laboratoire
Mesurer la puissance optique avec un mesureur de puissance optique de fibre. Changer la longueur d’onde d’étalonnage à une autre longueur d’onde pour
voir la différence dans le calibrage.
Utilisez une source de lumière et un mesureur de puissance pour mesurer la perte d’un câble de fibre optique. Testez-le en utilisant chacune des méthodes
pour définir une référence de « 0 dB » et voyez de quelle manière les pertes changent. Déterminez les effets des enroulements de mandrin sur le câble de
lancement en testant une installation de câbles avec une source de lumière et un mesureur de puissance à l’aide d’un simple câble de référence de lancement,
puis en utilisant différents enroulements de mandrin.
Utilisez un OTDR pour apprendre comment le paramétrer et analyser les tracés. Mesurez l’affaiblissement (ou atténuation) de la fibre, la perte d’une épissure
ou d’un connecteur et la réflectance. Voyez comment la mesure change lorsque l’on mesure la perte avec les méthodes de deux points et LSA. Testez la
même installation de câbles avec une source de lumière et un mesureur de puissance et avec un OTDR en utilisant uniquement un câble de lancement puis à
la fois un câble de lancement et un câble de réception. En quoi la perte mesurée diffère-t-elle selon la méthode ?