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DIRECTOR « EIES »
« Etude d’impact environnementale et sociale »
PRESENTE PAR :
Ir. MANDJUMBA NGWAHELE CHERUBIN
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INTRODUCTION
L’étude d’impact environnemental et social (EIES) est une évaluation systématique
des effets d’un projet, d’une activité ou d’une opération sur l’environnement et la
société. Elle est utilisée pour prévenir, atténuer et compenser les impacts négatifs,
tout en favorisant les bénéfices socio-environnementaux du projet.
Objectifs de la formation :
1. Comprendre les principes et les exigences de l’EIES.
2. Maîtriser les étapes d’une étude d’impact pour tous types de projets.
3. Identifier et analyser les impacts environnementaux et sociaux d’un projet.
4. Appliquer des actions correctives et préventives pour minimiser les effets
négatifs.
5. Présenter des exemples concrets d’application.
CHAP 1. INTRODUCTION A L’ÉTUDE D’IMPACT
ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL (EIES)
L’EIES est un outil de gestion qui permet d’identifier les effets négatifs et positifs
d’un projet sur l’environnement et la société. Elle permet d’intégrer les
préoccupations environnementales et sociales dans la planification des projets dès
le départ.
Les impacts peuvent être directs, indirects, cumulatifs, temporaires, ou permanents,
et concernent plusieurs domaines tels que :
L’environnement (air, eau, sol, biodiversité, etc.)
La société (emploi, conditions de travail, santé, sécurité, etc.)
L’économie (création d’emplois, investissement, etc.)
Les projets concernés peuvent être de nature variée : construction d’infrastructures
(ponts, routes, barrages), exploitation minière, projets agricoles, énergétiques, etc.
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CHAP II : OBJECTIFS DE L’EIES
L’objectif principal de l’EIES est de :
Prévenir les impacts négatifs sur l’environnement et la société.
Améliorer la prise de décision en matière de gestion environnementale et
sociale.
Assurer la conformité avec la réglementation locale et internationale* en
matière d’environnement et de droits humains.
Optimiser les bénéfices d’un projet pour la communauté et l’environnement.
CHAP III : LES ÉTAPES DE L’EIES
Une étude d’impact environnemental et social se déroule en plusieurs étapes claires
et structurées :
Étape 1 : Identification et planification du projet
Avant de réaliser l’EIES, il est essentiel de comprendre le contexte du projet, sa
localisation, et ses objectifs. Cette étape implique également la consultation des
parties prenantes pour comprendre leurs préoccupations.
Exemple :
Projet : Construction d’un barrage.
Identification des parties prenantes : communautés locales, autorités
locales, ONG, entreprises locales, etc.
Étape 2 : Définition des termes de référence (TDR)
Les TDR définissent les objectifs, la portée et la méthodologie de l’EIES. Ils
incluent les domaines à étudier, les types de données nécessaires, et les personnes
qui réaliseront l’étude.
Exemple :
Portée : L’impact sur la biodiversité, la qualité de l’eau, les populations
locales.
Méthodologie : Recueillir des données à travers des observations sur le
terrain, des consultations publiques, des enquêtes auprès des populations.
Étape 3 : Collecte de données de base
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Il est essentiel de recueillir des données de base sur l’environnement et la société
avant la mise en œuvre du projet. Cela inclut la qualité de l’air, de l’eau, la
biodiversité, ainsi que les conditions sociales et économiques de la région.
Exemple :
Pour un projet minier, il faut mesurer la qualité de l’eau dans les rivières
avoisinantes, le niveau de pollution atmosphérique, les conditions de vie des
communautés locales, etc.
Étape 4 : Évaluation des impacts environnementaux et sociaux
Une fois les données collectées, on analyse les impacts directs, indirects, et
cumulatifs du projet sur l’environnement et la société. Cela peut inclure l’analyse des
effets sur les écosystèmes, les émissions de gaz à effet de serre, les perturbations
des communautés locales, etc.
Exemple :
Impact environnemental : L’exploitation d’une mine pourrait entraîner la
déforestation et la pollution des cours d’eau.
Impact social : L’afflux de travailleurs migrants peut augmenter la pression
sur les services locaux de santé, d’éducation et d’eau potable.
Étape 5 : Proposition de mesures d’atténuation et de compensation
Pour chaque impact identifié, des mesures d’atténuation et de compensation doivent
être proposées. L’objectif est de réduire, réparer ou compenser les effets négatifs du
projet.
Exemple :
Mesures d’atténuation : Pour limiter la déforestation, reforester les zones
adjacentes et protéger les zones sensibles.
Compensation : Fournir des services de santé améliorés ou compenser la
perte d’accès à des terres agricoles par la mise en place de programmes de
soutien aux agriculteurs locaux.
Étape 6 : Consultation des parties prenantes
Il est impératif de consulter les parties prenantes tout au long du processus. Cela
inclut des réunions avec les communautés locales, les autorités gouvernementales,
les ONG, etc., pour obtenir des retours sur les préoccupations et les
recommandations.
Exemple :
Organiser des réunions publiques pour informer les habitants des
zones concernées sur les impacts du projet et recueillir leurs opinions
et préoccupations.
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Étape 7 : Rédaction du rapport d’EIES
Le rapport doit présenter de manière claire et détaillée les résultats de l’étude, y
compris les impacts identifiés, les mesures proposées, et les conclusions. Il doit
aussi inclure une *évaluation des alternatives* possibles pour minimiser les impacts
négatifs.
Exemple : Le rapport pourrait conclure qu’il existe une alternative au projet
initial qui réduirait considérablement les impacts environnementaux tout en
ayant des avantages socio-économiques similaires.
Étape 8 : Soumission à l’autorité compétente et approbation
Le rapport final de l’EIES doit être soumis aux autorités compétentes pour
approbation. L’autorité évalue l’EIES et peut demander des ajustements ou des
améliorations.
Exemple : L’Agence nationale de l’environnement examine l’étude, et si elle
est conforme aux normes, elle donne son approbation. Sinon, des
ajustements sont demandés.
Étape 9 : Suivi et gestion des impacts
Une fois le projet lancé, un *suivi* est effectué pour s’assurer que les mesures
d’atténuation sont mises en place et que les impacts sont gérés efficacement.
Exemple : Mise en place de programmes de surveillance de la qualité de l’eau
pour s’assurer que les niveaux de pollution ne dépassent pas les seuils
acceptables.
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CHAP IV : LES DOCUMENTS CLES DANS UNE ETUDE D’IMPACT
Voici quelques documents clés dans le cadre de l’EIES :
Termes de référence : définition des objectifs et de la méthodologie de
l’EIES.
Rapport d’EIES : analyse des impacts et des mesures d’atténuation
proposées.
Plan de gestion environnementale et sociale : document détaillant les
actions à mener pour minimiser les impacts.
Plan de suivi et de surveillance : stratégie de suivi post-implantation.
CHAP V. ILLUSTRATION D’EIES
Exemple 1 : Projet de construction d’une autoroute
Impact environnemental : pollution de l’air et des eaux due à la construction,
déforestation.
Mesures d’atténuation : installation de filtres à poussière, gestion des eaux
de ruissellement, reboisement.
Impact social : perturbation de la vie des communautés locales.
Mesures d’atténuation : consultation des parties prenantes, compensation
des terres agricoles, création d’emplois locaux.
Exemple 2 : Projet minier
Impact environnemental : déforestation, contamination des cours d’eau,
perte de biodiversité.
Mesures d’atténuation : construction de bassins de rétention pour les eaux
usées, reforestation, surveillance de la faune et de la flore.
Impact social : pression sur les services de santé, de l’eau et de l’éducation.
Mesures d’atténuation : construction d’infrastructures sociales, formation
des populations locales.
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CHAP VI : ETAPE ET PROCEDURES D’ELABORATION D’UN
RAPPORT EIES
Un rapport d’étude d’impact environnemental et social (EIES) est un document clé dans le
processus d’évaluation des impacts d’un projet sur l’environnement et les communautés. Ce
rapport aide à identifier, évaluer et atténuer les effets négatifs potentiels du projet avant sa
mise en œuvre.
Voici les éléments essentiels que doit contenir un rapport d’étude d’impact
environnemental et social :
1. Introduction
- Contexte du projet : Présentation du projet, de son objectif, des principales activités et
des raisons de sa mise en œuvre.
- Objectifs de l’étude : Définition des objectifs de l’EIES, qui peuvent inclure l’identification
et l’évaluation des impacts environnementaux et sociaux du projet.
- Méthodologie utilisée : Description de la méthodologie d’évaluation des impacts
(méthodes qualitatives et quantitatives, outils utilisés, etc.).
- Cadre juridique et réglementaire : Identification des normes et réglementations
environnementales et sociales locales, nationales et internationales qui s’appliquent au
projet.
2. Description du projet
- Nature du projet : Détail des activités prévues, des objectifs du projet, des technologies
utilisées, des ressources nécessaires (énergie, eau, matières premières), et des
infrastructures concernées (routes, bâtiments, installations).
- Localisation : Carte et description du site du projet, incluant des informations sur
l’emplacement géographique, les caractéristiques du site et les alentours (infrastructures
existantes, zones sensibles).
- Durée du projet : Phase de construction, d’exploitation et de fermeture (si applicable).
- Bénéficiaires et parties prenantes : Identification des principales parties prenantes
(communautés locales, autorités, groupes vulnérables).
3. Description de l’environnement existant
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- Environnement physique : Présentation des caractéristiques environnementales
actuelles du site (géologie, hydrologie, climat, air, bruit, qualité de l’eau, sol, biodiversité).
- Environnement biologique : Identification des écosystèmes, de la faune et de la flore
locales, ainsi que des espèces protégées ou menacées présentes dans la zone d’étude.
- Environnement humain et social : Description des conditions sociales et économiques
des communautés locales, y compris la démographie, l’occupation des sols, les
infrastructures sociales (écoles, hôpitaux, accès à l’eau potable, etc.).
4. Identification et évaluation des impacts environnementaux et
sociaux
- Impacts sur l’environnement:
1. Air : Effets sur la qualité de l’air, émissions de gaz à effet de serre,
poussières, odeurs.
2. Eau : Impact sur les ressources en eau (consommation, pollution,
changement de débit ou de qualité).
3. Biodiversité : Impact sur les écosystèmes, les espèces animales et
végétales, les habitats naturels.
4. Sol : Érosion, pollution du sol, dégradation des terres.
5. Bruit : Niveaux sonores pendant la construction et l’exploitation.
6. Climat : Effets sur les conditions climatiques locales et la gestion des risques
naturels (inondations, sécheresse).
- Impacts sociaux :
1. Emploi et économie locale : Effets sur la création d’emplois, l’économie
locale, les revenus des ménages, l’accès à de nouveaux marchés.
2. Droits de l’homme et équité : Risques pour les droits des populations
locales, réinstallation, et impact sur les groupes vulnérables.
3. Santé publique : Impacts sur la santé des travailleurs et des communautés
locales, gestion des risques sanitaires.
4. Culture et patrimoine : Impacts sur les coutumes locales, le patrimoine
culturel et les sites historiques.
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5. Mesures d’atténuation et de gestion des impacts
- Plan de gestion environnementale et sociale: Propositions de mesures pour réduire,
prévenir ou compenser les impacts négatifs sur l’environnement et la société. Cela peut
inclure :
o La réduction des émissions et de la consommation d’eau et d’énergie.
o La gestion des déchets et la protection de la biodiversité.
o La mise en place d’un programme de réinstallation et de compensation
des communautés affectées.
o Des mesures sanitaires et de sécurité pour les travailleurs et les
communautés locales.
- Plan de suivi et de contrôle : Développement de mécanismes de suivi pour
s’assurer que les mesures d’atténuation sont effectivement mises en place et
fonctionnent, ainsi que la conformité aux réglementations.
6. Consultation des parties prenantes
- Identification des parties prenantes : Qui sont les parties prenantes
principales (communautés locales, autorités, ONG, etc.) ?
- Consultations menées : Résumé des consultations et des dialogues engagés avec les
parties prenantes tout au long de l’étude.
- Prise en compte des préoccupations des parties prenantes : Comment les
préoccupations soulevées ont été prises en compte dans le projet et l’EIES.
7. Conclusion et recommandations
- Résumé des impacts principaux : Identification des impacts majeurs et leur évaluation.
- Conclusion sur la viabilité du projet : Évaluation de la faisabilité du projet en tenant
compte des impacts et des mesures d’atténuation proposées.
- Recommandations : Conseils sur les ajustements nécessaires pour réduire les impacts
négatifs, la nécessité d’une surveillance continue ou de l’adoption de nouvelles pratiques de
gestion.
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8. Annexes
Les annexes peuvent inclure :
- Cartes et plans du site du projet et de l’environnement immédiat.
- Données techniques détaillant les études environnementales et sociales (résultats de tests,
analyses, etc.).
- Liste des parties prenantes consultées et des résumés des commentaires reçus.
- Références légales et réglementaires utilisées pour l’évaluation de l’impact.
- Documentation sur les consultations publiques et sur les mesures prises pour répondre
aux préoccupations exprimées.
Un rapport d’étude d’impact environnemental et social est un document essentiel qui
permet d’identifier et de gérer les risques associés à un projet avant son lancement. Il doit
être structuré de manière à couvrir les aspects environnementaux et sociaux dans une
approche intégrée et fournir des recommandations pour minimiser les effets négatifs. Une
bonne étude d’impact est la clé pour garantir la durabilité et la responsabilité sociale des
projets, tout en respectant les normes environnementales et sociales.
Conclusion
L’EIES est un processus essentiel pour assurer le succès durable d’un projet en
prévenant les risques environnementaux et sociaux. Elle nécessite une planification
rigoureuse, une consultation des parties prenantes, et une évaluation continue des
impacts. Grâce à cette approche, les entreprises peuvent non seulement répondre
aux exigences réglementaires, mais aussi contribuer positivement à la société et à
l’environnement tout en réduisant les risques à long terme.
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Merci de votre attention
presenté par :
Ir. MANDJUMBA NGWAHELE chérubin
Ingénieur en télécommunication et réseaux.
Consultant, formateur, expert-manager et auditeur QHSE/HSE/SST
Lead implémenter des normes ISO
Tel: +243837170924 – 892100385
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