Exposé de Français :
Les Soleils des independances
d'Amadou Kourouma
Réalisé par :
* EL Hadji Moussa DIOUF
* Rokhaya Sita DIOUF
* Marie Suzanne Fatou DOUMBIA
* Marieme DRAME
* Ndeye Arame HANNE
* Mariama MBENGUE
* Therese Nguignane NDIONE
TERMINALE S2 GROUPE 2
1
PLAN
INTRODUCTION
I-PRESENTATION DE L'AUTEUR
1-Biographie
2-Bibliographie
II-RESUME DE L'OEUVRE
III-ETUDE DES PERSONNAGES
1-Personnages principaux
2-Personnages secondaires
IV-ETUDE DE L'ESPACE ET DU TEMPS
1-L'espace
2-Le temps
V-LE STYLE
VI-ETUDE THEMATIQUE
Conclusion
2
Introduction
Les soleils des indépendances est un roman historique majeur de la littérature
africaine, écrite dans un contexte où de nombreux pays africains venaient
d’obtenir leur indépendance. A travers une narration complexe et une critique
incisive Ahmadou Kourouma offre une vision réaliste et provocante de l’ère
post-coloniale, tout en mettant en lumière les défis auxquelles les sociétés
africaines ont dû faire face. Dans la suite de cette expose, il s’agira d’étudier
plus en profondeur ce roman.
I-Présentation de l’auteur
1-Biographie
Né le 24 Novembre 1957 au Nord de la Côte D’ivoire à Boundiali Ahmadou
Kourouma est un écrivain d’origine Malinké, une ethnie présente dans différents
pays d’Afrique de l’Ouest. Son nom signifie <<guerrier<<. Ne dans une famille
princière musulmane de l’ethnie Malinké, il a passé une partie de son enfant en
Guinée. A l’âge de 7ans, il est pris en charge par son oncle qui le fait entrer à
l’école primaire rurale. En 1947, il est reçu au concours d’entrée à l’école
technique supérieur de Bamako. En 1949, il est arrêté comme meneur de grève
3
et envoyé en Côte D’ivoire. On lui supprime son sursis et il est enrôlé dans le
corps des tirailleurs sénégalais pour un service de trois ans. Il est dégradé
quelques mois plus tard, et il se rend en France pour continuer ses études en
19551. C’est à Lyon que son intérêt pour la littérature et l’art d’écrire se précise.
Dès son retour dans son pays natale, il entreprend la rédaction du roman qui
deviendra Les Soleils des independances et il meurt à Lyon le 11 Décembre
2003 .
2-Bibliographie
Les œuvres d’Ahmadou Kourouma couvrent un large éventail de genres
littéraires, reflétant sa polyvalence et son engagement envers la narration
africaine.
Dans le domaine du théâtre, il a produit Tougnatigui ou le Diseur de verite ,
une pièce qui a été reprise en 1996 et éditée en 1998 chez Acoria .
En ce qui concerne ses romans, Kourouma est surtout connu pour Les Soleils
des indépendances publié en 1968 qui a été suivi par une série d’autres œuvres
influentes, notamment Monné, outraages et defis (1990), En attendant le vote
des betes sauvages (1994), Allah n’est pas obligé (2000), Quand on refuse on
dit non (2004), tous publiés chez Seuil.
Parallèlement à ses contributions en littérature adultes, Kourouma a également
écrit plusieurs livres pour enfant. Parmi eux, Yacouba, chasseur africain (1998
), Les griot, homme de parole (2000), Le chasseur, héros africain (2000),
Le forgeron, homme de savoir (2000), Prince, suzerain actif (2000), tous
témoignant de son talent pour captiver un jeune public tout en transmettant des
valeurs culturelles importantes.
II- Résumé de l’œuvre
1 : Fama un prince déchu
Le vent des indépendances n'a épargné personne encore moi Fama, prince
malinké même du fait de son statut : dernier descendant et chef traditionnel de
Doumbouya du horodougou. Habitué à l'opulence, les indépendances lui ont
légué pour cette héritage l'indigence et le malheur, une carte d'identité et celle
du parti unique. Bien qu’il se soit donner corps et âme pour celle-ci Fama fut
oublier dans le partage de pouvoir et voir ses anciens compagnons partir investir
son cousin Lancina comme roi. Il se ruine et se confirme dans la misère comme
un '' charognard " qui cherche sa pitance dans les cérémonies. Mieux le prince
4
commence a chuté de son piédestal pour devenir prince mendiant. Partie vivre
avec sa femme Salimata loin du village de ses aïeux Fama en quête d’aumône,
se verra obligé d'arpenter différents funérailles afin d'assurer son quotidien. Bien
qu'incapable de lui donner une progéniture pour perpétuer la ligne de
Doumbouya, salut Martin ça donnera au petit commerce afin de faire vivre son
ménage. Excisée puis violée dans sa jeunesse par le marabout féticheur
Tiecoura, elle gardera à jamais le souvenir atroce de ces moments où elle a
souffert.
2-Retour au village de Togobala
Quelques temps après, à la mort de son cousin Lancina, femme devait le
succéder sur le trône de la capitale de Nikitaï, Togobala. Son retour lui fait
découvrir son histoire, la gloire de sa ligne et de son insignifiant héritage, pour
une dynastie naguère, prospère et respectée. Il hésite à prendre les rênes d'un
pouvoir presque en lambeaux et retourne en ville avec Mariam comme seconde
épouse. Sa maison devient dès lors un enfer à cause des empoignades entre
Mariam et Salimata la première.
3-L’arrestation et la mort de Fama
Accusé de complot visant à assassiner le président et de renverser le régime, il
fut arrêter et enfermé avant d'être jugé. Fama sera condamné pendant 20 ans. Il
est libéré vieilli et déçu. C'est dans la dignité d'un homme libre que s'éteignit,
avec Fama, toute une dynastie et son histoire.
III-Etude des personnages
1-Personnages principaux
Fama : IL est le héros du récit. Il a les dents blanches et les gestes d'un prince.
Bien qu'il soit réduit à rien, il reste toutefois fidèle aux traditions de sa tribu et
continue à porter les costumes d'antan. En malinké, son nom signifie roi ou chef.
Il est le dernier et légitime descendant du prince de Horodougou. Il est devenu
un mendiant un charognard comme on le dit, lui qui était élevé dans la richesse.
La stérilité de sa femme Salimata mais fin à son espoir d'avoir un héritier. Ce
vieil homme solitaire et déchu va invoquer la mort qui viendra le trouver dans la
dignité.
Salimata : Salimata est une femme sans limite dans la bonté du cœur. Elle a les
dents régulières, très blanche et une peau d'ébène. Elle provoque le désir point le
fait que son mari est une autre femme sous son toit la rend hystérique. Les
5
années passées non en rien affaibli son charme et sa beauté. Elle reste toujours la
femme droite, pure, courageuse belle. Sa vie fut bouleversée par son excision et
son viol et même elle failli être violée une deuxième fois par un autre marabout
Abdoulaye. Déçu par la vie elle quittera son mari sachant qu'elle ne pouvait
apporter la paix à celui-ci.
Mariam : elle n'apparaît pas beaucoup dans le texte. Elle est souvent évoquée par
les autres personnages. Inconsciente, irresponsable et agissant surtout par réflexe
au début, et ça fait de plus en plus et provoque même ouvertement Fama
oubliant le deuil. Seconde épouse elle est la cause de l'hystérie de Salimata. Elle
est belle, ensorcelante, la femme parfaite pour le reste des jours d'un homme.
Dans ses yeux vifs, on peut lire la tendresse et le tempérament. Elle est bien plus
belle et séduisante que Salimata. Malgré son caractère bien trempé, elle affiche
toujours un petit sourire. Mais avec Fama en ville, elle sera la première à le
délaisser et déserter ainsi de toit conjugal sans aucun remord. C'est une femme
très légère et <<elle ment comme une édentée, elle vole comme un Toto
trois...>> dit Diamourou.
2- Personnages secondaires
Tiecoura: c'est lui le féticheur dans la case duquelle Salimata, évanouie suite aux
douleurs de l'excision, sera violée. Tiecoura est un marabout féticheur, à a l'air
effrayant, et sauvage. Il restera dans l'imaginaire de Salimata. Aussi refusera à
tel son premier mari à cause de lui : <<Baffi puant un Tiecoura séjourné et
réchauffé>>. Son regard ressemble à celui du buffle noir de savane et ses
cheveux tressés sont chargés d'omelette et hantée par une nuée de mouches qui
provoquent la nausée et l'horreur.
Abdoulaye : c'était un marabout renommé, <<longtemps avant de le voir, salut
Martin avait entendu parler du marabout sorcier Hadji Abdoulaye>>. Il essaiera
d'abuser de cette dernière, et reçut d'elle en coup qu'il n'oubliera pas.
Balla : le vieil affranchi aveugle, est un homme gros et gras. II porte toujours des
vêtements de chasseur et son pas est hésitant. Des essaims de mouches tournent
autour de son visage boursoufle, jusque dans le creux des yeux et des oreilles.
Ses cheveux tressés et chargés de gris-gris lui donnent un air grotesque qui
n'enlève rien à la crainte qui émane de lui. Il se compare lui-même à un vieux
chien ou à une hyène solitaire. C'est le personnage le plus attaché aux traditions
et à l'histoire de son peuple. D'ailleurs c'est lui qui interprète les songes, prédit
6
l'avenir et indique les dispositions à prendre dans certaines circonstances. Aussi,
avertit-il Fama s'il venait de rentrer à la république.
Diamourou : Le griot est l'un des rares personnages à s'adapter aux finesses des
indépendances. II partage avec Balla, une longue expérience dans le village.
IV-Etude de l’espace et du temps
1. L’ESPACE
L’espace dans le roman est essentiellement symbolique et contrasté, entre
tradition et modernité, village et ville, Nord et Sud.
a. Horodougou (le village natal)
C’est l’espace rural et traditionnel, enraciné dans les coutumes mandingues.
C’est là que Fama (le héros) incarne encore un certain prestige en tant que
descendant de chef. Il représente la mémoire, les ancêtres, la religion, et le
respect des coutumes.
b. La ville de la capitale (non nommée)
C’est un espace moderne et chaotique, marqué par l’injustice, la corruption et la
perte des repères. Fama y est marginalisé, il n’y a plus de place pour
l’aristocratie traditionnelle.
La ville reflète l’échec des indépendances, avec un pouvoir politique dictatorial
et déconnecté du peuple.
c. Autres espaces secondaires
Les lieux religieux : mosquée, lieux de sacrifices, montrent la dimension
spirituelle et religieuse.
Les espaces carcéraux : la prison, où Fama finit, symbolise le piège politique et
social.
2. LE TEMPS
Le roman fonctionne sur une temporalité non linéaire, avec des retours en arrière
et des analepses, ce qui crée une profondeur historique et identitaire.
a. Le temps du récit
7
Le récit se déroule après l’indépendance de l’Afrique noire (probablement la
Côte d’Ivoire, bien que non citée).
C’est un temps de désillusion : l’indépendance n’a pas amené le progrès espéré,
mais plutôt la répression.
b. Le temps de la mémoire
Kourouma évoque souvent le temps précolonial, glorieux pour la famille de
Fama.
Puis le temps colonial, avec ses contradictions, mais aussi son ordre.
Le roman confronte trois temps : précolonial, colonial et postcolonial, pour
souligner la perte de repères.
c. Le temps cyclique africain
Contrairement au temps linéaire occidental, Kourouma utilise une conception
africaine du temps, cyclique, rythmée par les saisons, les rituels, les ancêtres.
Le passé et le présent sont imbriqués, et les événements prennent un sens
spirituel autant que politique.
V-Le style
En pliant la langue française aux exigences de la pensée et des structures
linguistiques des Malinkés, Kourouma a donné à son récit une vigueur et un
relief saisissant. Tandis que les uns criaient au scandale, d'autres étaient séduits
par l'originalité de l'auteur. Dès lors, il devient adéquat de comparer le récit dans
l'univers malinké : « Je n'arrivai pas à exprimer Fama de l'intérieur et c'est alors
que j'ai essayé de le trouver dans le style malinké.
Je réfléchissais en Malinké, je me mettais dans la peau de Fama pour présenter
la chose », dit Ahmadou Kourouma. En effet, l'auteur a volontairement tordu le
cou à la langue française pour mieux ressortir ses idées.
VI- Etude thématique
a. La ville et le village
La description de la ville laisse transparaître la volonté d'opposer
symboliquement la condition des Noirs et celle des Blancs. D'un côté
8
nous avons l'opulence des bâtiments en bétons, de l'autre la pauvreté
des cases. Le village de Togobala constitue pour Fama le lieu des
survivances des coutumes et des traditions, le lieu du souvenir et du
retour aux sources. Mais durant cette période des indépendances, le
village n'offre pas d'espoir ni de perspective, aussi Fama préféra
retourner en ville.
b. La stérilité
La stérilité est brossée dans le texte à travers le couple Sali-mata-Fama, mais
cette idée dépasse le couple et s'étend à la tribu, au pays, au monde malinké. Elle
symbolise l'improductivité et l'incapacité à assurer la relève et la conservation
d'une certaine espèce.
C. Les traditions et les croyances
La nuit est présentée comme chargée de mystère, et les hommes sont attentifs
aux comportements des animaux.
La mort est considérée comme un passage dans l'invisible. Les exigences
morales sont aussi évoquées à l'humanisme, la paternité, la solidarité,
l'hospitalité mais aussi le devoir de procréer qui concerne aussi bien l'homme
que la femme.
d. La religion
La religion musulmane et les pratiques animistes se côtoient, se chevauchent
quand il s'agit de conjurer un mauvais sort ou de demander une faveur à Dieu ou
aux puissances occultes de l'au-delà. C'est ce qui explique la présence de Balla
et de Tiécoura à côté des pieux Diamourou et Fama. La synthèse est quand bien
même réalisée par Fama.
e. L'excision
L'épreuve délicate et douloureuse est à la base de toutes les souffrances de
Salimata. Dans sa description, le narrateur relate à la fois les questions, les
significations, l'atmosphère et la personnalité de celle qui opère sans oublier les
chants traditionnels et les lamentations des exciseuses.
f. Les indépendances
Le roman dit la déception des malinkés qui se retrouvent par des prestiges
politiques perdues à cause de la colonisation. C'est ainsi l'apparition d'une
9
nouvelle classe politique qui rejette la classe politique traditionnelle. C'est le
régime des fils d'esclaves.
g. La bâtardise
L'idée de bâtardise parcourt tout le roman, on la retrouve dans le délire final de
Fama comme dernière insulte. Elle prend cette signification variée qui se ramène
à l'idée d'authenticité et de légitimité que Fama porte en lui. D'ailleurs, selon son
aigri (mécontent) qui ne comprend pas que les choses soient finies et qu'elles ne
reviendront plus
Conclusion
Les soleils des indépendances est un roman tragique et engagé. Ahmadou
Kourouma y dénonce l'échec des indépendances africaines. À travers le destin
de Fama, l'auteur montre que les peuples africains sont passés d'une domination
coloniale à une autre forme d'oppression sous les nouveaux dirigeants. C'est une
œuvre riche, pleine d'enseignements, qui reste d'actualité.
10