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Introduction aux Roches Exogènes

Le document traite des roches exogènes, ou sédimentaires, qui se forment par l'accumulation et la compaction de sédiments à la surface de la Terre. Il décrit les différents types de roches sédimentaires (clastiques, chimiques, organiques), leurs processus de formation, ainsi que leur importance géologique et économique. Les chapitres détaillent également les processus d'érosion, de transport, de dépôt et de lithification des sédiments.

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Introduction aux Roches Exogènes

Le document traite des roches exogènes, ou sédimentaires, qui se forment par l'accumulation et la compaction de sédiments à la surface de la Terre. Il décrit les différents types de roches sédimentaires (clastiques, chimiques, organiques), leurs processus de formation, ainsi que leur importance géologique et économique. Les chapitres détaillent également les processus d'érosion, de transport, de dépôt et de lithification des sédiments.

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LICENCE 3

GEOLOGIE MINE

2024-2025

ROCHES EXOGENES

Prof MONDE Sylvain


CHAPITRE 1: INTRODUCTION AUX ROCHES SEDIMENTAIRES

Les roches exogènes, aussi appelées roches sédimentaires, se forment à la surface


de la Terre par l'accumulation et la compaction des sédiments. Voici un aperçu
détaillé des principaux concepts couverts dans un cours sur les roches exogènes.

 DEFINITIONS DES ROCHES SEDIMENTAIRES : Types de roches


sédimentaires (clastiques, chimiques, organiques)

Roches Sédimentaires:

 Les roches sédimentaires se forment par l'accumulation et la compaction de


particules de sédiments à la surface de la Terre. Elles représentent environ
75% de la surface terrestre.

Processus de formation:

 Ces roches résultent du dépôt de matériel érodé, transporté par l'eau, le vent,
ou la glace, et ensuite compacté et cimenté au fil du temps.

TYPES PRINCIPAUX:

1. Roches Clastiques ou détritiques: Formées à partir de fragments de


roches préexistantes (clastes). Exemples: grès, conglomérats.
2. Roches Chimiques: Formées par la précipitation de minéraux dissous dans
l'eau. Exemples: calcaire, dolomite, évaporites comme le gypse.
3. Roches Organiques: Formées à partir de restes organiques de plantes et
d'animaux. Exemples: charbon, pétrole, chert biogénique.

Les roches sédimentaires sont des archives précieuses de l'histoire géologique,


préservant des indices sur les environnements passés et les conditions climatiques.

 Classification des Roches Sédimentaires: Types de roches sédimentaires


(clastiques, chimiques, organiques)

Les roches sédimentaires se classent en trois grandes catégories en fonction de


leur formation et de leur composition:

1. Roches Clastiques:
o Définition: Formées à partir de fragments (clastes) de roches
préexistantes.
o Exemples:
 Grès: Composé principalement de grains de sable cimentés.
 Conglomérats: Contiennent des fragments de roches plus
gros, souvent arrondis, cimentés ensemble.
2. Roches Chimiques:
o Définition: Formées par la précipitation de minéraux dissous dans
l'eau.
o Exemples:
 Calcaire: Formé principalement de carbonate de calcium,
souvent précipité à partir de solutions marines.
 Dolomite: Similaire au calcaire mais contient du magnésium.
 Évaporites: Roches comme le gypse et le sel gemme, formées
par l'évaporation de l'eau.
3. Roches Organiques:
o Définition: Formées à partir de matières organiques, principalement
de restes de plantes et d'animaux.
o Exemples:
 Charbon ou houille: Formé à partir de restes végétaux
accumulés dans des marécages et soumis à des pressions et
températures élevées.
 Pétrole: Formé à partir de matières organiques décomposées
dans des bassins sédimentaires.
 Chert Biogénique: Formé à partir de restes d'organismes
microscopiques comme les diatomées (Diatomites) ou
radiolaires.

Ces catégories aident à comprendre les conditions de formation et les


environnements de dépôt des roches sédimentaires, offrant des indices précieux
sur l'histoire géologique de la Terre.

 IMPORTANCE GEOLOGIQUE ET ÉCONOMIQUE DES ROCHES


SEDIMENTAIRES: Réservoirs de pétrole, gaz, charbon, eau

Importance Géologique

1. Enregistrement de l'Histoire de la Terre: Les roches sédimentaires


contiennent des fossiles et des structures sédimentaires qui enregistrent les
changements environnementaux, climatiques et biologiques au fil du
temps.
2. Études Stratigraphiques: Utilisées pour comprendre la séquence des
événements géologiques et corréler les couches de roches à travers
différentes régions.
3. Réservoirs de Ressources Naturelles: Beaucoup de ressources comme
l'eau souterraine, le pétrole, le gaz naturel et les minéraux économiques se
trouvent dans les roches sédimentaires.
4. Indicateurs de Changements Environnementaux: Les variations dans
les types de roches et leurs compositions peuvent indiquer des changements
passés dans le climat, le niveau de la mer et l'activité volcanique.
Importance Économique

1. Sources d'Énergie: Roches réservoirs pour le pétrole et le gaz naturel, qui


sont des sources d'énergie primaires. Le charbon, une roche sédimentaire
organique, est également une source importante de combustible.
2. Matériaux de Construction: Roches sédimentaires comme le grès, le
calcaire et le schiste sont couramment utilisées dans la construction de
bâtiments et d'infrastructures.
3. Minéraux Économiques: Certaines roches sédimentaires contiennent des
dépôts importants de minéraux tels que l'uranium, le phosphate, et les
métaux précieux, qui sont essentiels pour diverses industries.
4. Agriculture: Les sols dérivés de roches sédimentaires peuvent être très
fertiles, soutenant l'agriculture et contribuant à la sécurité alimentaire.

Les roches sédimentaires jouent donc un rôle crucial non seulement dans notre
compréhension géologique de la Terre, mais aussi dans l'économie globale par le
biais de leurs diverses applications.
CHAPITRE 2: PROCESSUS DE FORMATION

 Érosion et Transport: Processus physiques et chimiques d'altération des


roches mères

ÉROSION ET TRANSPORT

L’érosion et le transport des sédiments sont les premières étapes cruciales dans la
formation des roches sédimentaires. Voici comment cela fonctionne :

Érosion

 Définition: Processus par lequel les matériaux de la surface terrestre sont


usés et décomposés par des agents naturels tels que l'eau, le vent, la glace
et les processus biologiques.
 Types:
o Érosion Hydrique: Caused by the movement of water in rivers,
streams, and rainfall.
o Érosion Éolienne: Caused by wind, especially in arid and semi-arid
regions.
o Érosion Glaciaire: Caused by glaciers, which grind down rock
surfaces as they move.
o Érosion Biologique: Caused by living organisms, such as plant roots
breaking down rocks.

Transport

 Définition: Mouvement des particules érodées d'un endroit à un autre par


des agents de transport.
 Agents de Transport:
o Eau: Transports sédiments par les cours d'eau, rivières et océans,
formant des dépôts fluviaux, deltaïques et marins.
o Vent: Transporte les particules fines sur de longues distances,
formant des dunes et des loess.
o Glace: Les glaciers transportent les sédiments incorporés dans la
glace, créant des moraines et des dépôts glaciaires.
o Gravité: Les mouvements de masse tels que les glissements de
terrain et les coulées de débris transportent les matériaux en pente.
o Climat : Gelifraction et la dilatation thermique différentielle

Ces processus d'érosion et de transport sont essentiels pour la formation de


sédiments qui, une fois déposés et lithifiés, deviennent des roches sédimentaires.
 DEPOT DES SEDIMENTS: Modes de transport (eau, vent, glace) et
environnements de dépôt (rivières, lacs, océans, déserts)

Dépôt des Sédiments

Le dépôt des sédiments est une étape clé dans la formation des roches
sédimentaires. Voici comment ce processus se déroule :

ENVIRONNEMENTS DE DEPOT:

 Les sédiments peuvent être déposés dans divers environnements, chacun


ayant ses caractéristiques propres :
o Rivières et Cours d'Eau: Déposition de sédiments par le courant,
formant des lits de sable, de graviers et de boue.
o Deltaïques: Déposition à l'embouchure des rivières, formant des
deltas riches en nutriments.
o Lacustres: Dépôts de sédiments fins dans les lacs, créant des
couches de boue et de silts.
o Marins: Déposition dans les océans et mers, formant des sédiments
marins riches en fossiles.
o Désertiques: Dépôts de sable transporté par le vent, formant des
dunes.

Processus de Dépôt:

 Sédimentation Gravitaire : Les particules plus lourdes se déposent en


premier sous l'effet de la gravité, formant des stratifications.
 Floculation: Les particules fines s'agglomèrent et se déposent ensemble,
souvent en milieux marins.
 Turbidites: Les courants de turbidité transportent des sédiments dans les
eaux profondes, créant des dépôts caractérisés par des séquences
granulométriques décroissantes.

Facteurs Influant le Dépôt :

 Vitesse de Transport: Les sédiments se déposent lorsque la vitesse de


l'agent de transport (eau, vent, glace) diminue.
 Taille des Particules: Les particules plus grandes se déposent plus
rapidement que les plus petites.
 Topographie: Les dépressions et bassins favorisent l'accumulation des
sédiments.
 Conditions Climatiques: Les variations saisonnières et climatiques
influent sur les taux de dépôt.
Les sédiments déposés peuvent former des couches distinctes, chacune
représentant une période de dépôt différente, et offrant ainsi une archive précieuse
des environnements passés.

 Lithification: Processus de compaction et cimentation des sédiments pour


former des roches solides

Lithification ou Diagénèse

La lithification est le processus par lequel les sédiments se transforment en roches


sédimentaires solides. Voici les étapes clés de ce processus :

1. Compaction

 Définition: Les sédiments sont pressés ensemble sous le poids des couches
supérieures.
 Effet: Réduction de l'espace poreux entre les particules, augmentant la
densité du sédiment.

2. Cimentation

 Définition: Les minéraux dissous dans l'eau précipitent et lient les


particules de sédiments ensemble.
 Types de Ciment:
o Calcite: Fréquemment trouvée dans les grès et les conglomérats.
o Silice: Apporte une dureté supplémentaire aux roches comme le
quartzite.
o Hématite: Peut donner une couleur rouge aux roches sédimentaires.

3. Recristallisation

 Définition: Les minéraux originaux des sédiments changent de forme ou


de composition sans fondre.
 Effet: Renforcement de la cohésion entre les grains, donnant une roche plus
stable et résistante.

4. Métasomatose

Résultat

La lithification produit des roches sédimentaires solides à partir de sédiments


meubles, contribuant ainsi à la formation des structures géologiques que nous
observons à la surface de la Terre.
CHAPITRE 3: TYPES DE ROCHES SEDIMENTAIRES

 Roches Clastiques: Formées à partir de fragments de roches (grès,


conglomérats, argile)

Roches Clastiques

Les roches clastiques se forment à partir de fragments (ou clastes) de roches


préexistantes qui ont été transportés, déposés et lithifiés. Voici les principaux
types de roches clastiques :

1. Grès
o Composition: Principalement constitué de grains de sable (0,0625 à
2 mm), souvent de quartz sont liés par un ciment.
o Formation: Déposés dans des environnements variés comme les
plages, les dunes, et les lits de rivières.
o Utilisation: Matériaux de construction et réservoirs naturels de
pétrole et de gaz.
2. Conglomérats
o Composition: Contiennent des fragments de roches plus gros (>2
mm), souvent arrondis, cimentés ensemble.
o Formation: Déposés dans des environnements à fort courant comme
les rivières et les plages de galets.
o Utilisation: Matériaux de construction décoratifs.
3. Argiles
o Composition: Formés à partir de particules très fines comme l'argile,
avec des grains inférieurs à 0,0625 mm.
o Formation: Déposés dans des environnements calmes comme les
lacs et les fonds marins.
o Utilisation: Source de pétrole et de gaz (schistes bitumineux) et
matières premières pour la fabrication de briques et de céramiques.

Les roches clastiques sont des archives précieuses de l'histoire géologique, offrant
des indices sur les environnements passés et les processus de dépôt.

 Roches Chimiques: Formées par précipitation chimique (calcaire,


dolomite, évaporites)

Roches Chimiques

Les roches chimiques se forment par la précipitation de minéraux dissous dans


l'eau. Voici quelques types principaux de roches chimiques et leurs
caractéristiques :
1. Calcaire
o Composition: Principalement formé de carbonate de calcium
(CaCO₃).
o Formation: Précipitation chimique dans des environnements marins
peu profonds ou par l'accumulation de squelettes calcaires
d'organismes marins.
o Utilisation: Matériaux de construction, production de ciment,
amendement agricole.
2. Dolomite
o Composition: Formé de carbonate de calcium et de magnésium
(CaMg(CO₃)₂).
o Formation: Par modification (dolomitisation) du calcaire lorsque les
eaux riches en magnésium infiltrent les sédiments calcaires.
o Utilisation: Matériaux de construction, production de magnésium.
3. Évaporites
o Types: Gypse (CaSO₄·2H₂O), Halite (NaCl), et Sylvite (KCl).
o Formation: Par l'évaporation de l'eau dans des bassins fermés,
laissant derrière des dépôts de minéraux solubles.
o Utilisation: Gypse pour la production de plâtre, halite comme sel de
table et industriel, sylvite comme engrais.

Ces roches chimiques nous offrent des informations précieuses sur les
environnements de dépôt passés, tels que les mers peu profondes et les bassins
évaporitiques.

 Roches Organiques: Formées à partir de matières organiques (charbon,


pétrole)

Roches Organiques

Les roches organiques se forment à partir de la décomposition et de l'accumulation


de matières organiques provenant de plantes et d'animaux. Voici quelques types
principaux de roches organiques et leurs caractéristiques :

1. Charbon
o Composition: Formé principalement de carbone, résultat de la
décomposition de matière végétale.
o Formation: Accumulation de restes végétaux dans des
environnements marécageux, suivie de la compaction et de la
carbonisation sur des millions d'années.
o Types: Tourbe, lignite, houille, anthracite (en fonction du degré de
carbonisation).
o Utilisation: Source majeure de combustible fossile pour la
production d'énergie.
2. Pétrole
o Composition: Mélange complexe d'hydrocarbures liquides.
o Formation: Décomposition de matières organiques marines dans
des bassins sédimentaires, suivie de la maturation sous l'effet de la
chaleur et de la pression.
o Utilisation: Carburants, matières premières pour la pétrochimie
(plastiques, produits chimiques).
3. Gaz Naturel
o Composition: Principalement composé de méthane (CH₄).
o Formation: Similaire au pétrole, formé par la décomposition et la
maturation de matières organiques.
o Utilisation: Source d'énergie propre pour le chauffage, la cuisson, et
la production d'électricité.
4. Chert Biogénique
o Composition: Formé principalement de silice (SiO₂).
o Formation: Accumulation de restes d'organismes microscopiques
comme les diatomées et les radiolaires, suivie de la lithification.
o Utilisation: Utilisé comme matériau abrasif et dans certaines
applications industrielles.

Ces roches organiques jouent un rôle crucial dans notre économie moderne en tant
que sources d'énergie et de matières premières.
Chapitre 4: Structures et Textures Sédimentaires

STRUCTURES SEDIMENTAIRES (Stratification, lits, croisements,


laminations)

Les structures sédimentaires sont des caractéristiques visibles dans les roches
sédimentaires qui nous donnent des indices sur les processus de dépôt et les
paléoenvironnements. Voici quelques-unes les plus importantes :

1. Stratification:
o Description: Les roches sédimentaires se déposent en couches
horizontales appelées strates.
o Signification: Chaque strate représente une période de dépôt
distincte, souvent avec des caractéristiques uniques.
2. Lits Croisés (Cross-Bedding):
o Description: Structures internes inclinées dans les strates, formées
par des courants d'eau ou de vent.
o Signification: Indiquent la direction du courant et les conditions
dynamiques de dépôt.
3. Ondulations (Ripple Marks):
o Description: Crêtes ondulées à la surface des couches sédimentaires,
formées par l'action de l'eau ou du vent.
o Signification: Révèlent l'orientation du flux et les environnements
de faible énergie.
4. Fentes de Dessiccation (Mud Cracks):
o Description: Fissures polygonales dans des couches de boue séchée,
souvent remplies par des sédiments ultérieurs.
o Signification: Indiquent des cycles de mouillage et de séchage,
typiques des environnements intermittents comme les plaines
inondables.
5. Stratifications Gradées (Graded Bedding):
o Description: Couches où la taille des grains décroît de la base vers
le sommet.
o Signification: Formées par des courants de turbidité sous-marins,
indiquant des flux de sédiments en suspension.

Ces structures sédimentaires nous aident à reconstituer les processus géologiques


passés et à comprendre les environnements dans lesquels ces roches se sont
formées.
TEXTURES SEDIMENTAIRES (Granulométrie, tri, rondeur des grains)

Les textures sédimentaires se réfèrent aux caractéristiques physiques des


particules qui composent une roche sédimentaire. Voici quelques-unes des
principales textures sédimentaires et leur importance :

1. Granulométrie:
o Description: La taille des grains de sédiment, allant des argiles
(<0,0039 mm) aux graviers (>2 mm).
o Interprétation : Indique l'énergie de l'environnement de dépôt
(courants forts transportent des grains plus gros).
2. Forme et l’état de la surface :
o Description de la forme: La mesure de l'angularité des grains, de
anguleux à bien arrondis.
o Signification: Les grains arrondis ont généralement été transportés
sur de longues distances, tandis que les grains anguleux n'ont pas été
transportés loin.
o Description état de la surface Lisse ou rugueux ou mât.
o Signification: Milieu de transport.
o
3. Tri:
o Description: La distribution de la taille des grains dans une roche.
Bien triée signifie que les grains sont de taille uniforme, tandis que
mal triée indique une grande variété de tailles.
o Signification: Les environnements de dépôt tranquilles produisent
des sédiments bien triés, tandis que les environnements de dépôt
turbulents produisent des sédiments mal triés.
4. Porosité:
o Description: La proportion d'espace vide dans une roche.
o Signification: Les roches avec une haute porosité peuvent contenir
des fluides comme l'eau, le pétrole et le gaz.
5. Texture de Surface:
o Description: Caractéristiques telles que les marques de percussion,
les stries et les rides à la surface des grains.
o Signification: Les marques de percussion indiquent un transport par
les rivières, les stries peuvent indiquer un transport glaciaire, et les
rides indiquent des mouvements de sédiments par le vent ou l'eau.

Ces textures nous fournissent des indices précieux sur les processus de transport
et de dépôt, ainsi que sur les conditions environnementales passées.
Chapitre 5: Environnements Sédimentaires

Les environnements sédimentaires sont les lieux où les sédiments se déposent et


se lithifient pour former des roches sédimentaires. Voici les principaux :

Milieux Continentaux

 Fluvial: Dépôts le long des rivières, comprenant des graviers, des sables et
des argiles. Les structures typiques incluent les lits croisés et les canaux.
 Lacustre: Dépôts dans les lacs, souvent constitués de sédiments fins
comme les argiles et les silts, avec des varves (couches annuelles).
 Désertique: Dépôts éoliens dans les environnements arides, formant des
dunes de sable et des loess (poussières fines).

Milieux de Transition

 Deltaïque: Dépôts à l'embouchure des rivières, où les sédiments forment


des deltas avec des lits croisés, des marais, et des chenaux.
 Estuarien: Dépôts d’estuaires, zones de mélange entre les eaux douces et
salées, comprenant des sables et des silts riches en matière organique.
 Littoral: Dépôts côtiers soumis à l'influence des marées et des vagues, avec
des plages de sable, des dunes et des barres sableuses.

Milieux Marins

 Plateau Continental: Dépôts sur le plateau continental, près des côtes,


comprenant des sables et des limons riches en fossiles.
 Talus Continental: Zones plus profondes avec des courants de turbidité
déposant des sédiments gradés et des turbidites.
 Bassin Profond: Dépôts dans les bassins océaniques profonds, souvent
constitués de boues argileuses et de sédiments biologiques comme les
radiolaires et les diatomées.

Milieux Continentaux : Fluvial, lacustre, désertique

Les milieux continentaux sont des environnements où les sédiments se déposent


et se lithifient pour former des roches sédimentaires. Voici des exemples :

1. Milieux Fluviaux

 Caractéristiques: Dépôts le long des rivières et des cours d'eau.


 Sédiments: Graviers, sables, boues.
 Structures Typiques: Lits croisés, canaux, terrasses alluviales.
 Exemple: Vallée du Mississippi aux États-Unis.
2. Milieux Lacustres

 Caractéristiques: Dépôts dans les lacs.


 Sédiments: Argiles, limons, carbonates.
 Structures Typiques: Couches laminées, varves (couches annuelles).
 Exemple: Grands Lacs en Amérique du Nord.

3. Milieux Désertiques

 Caractéristiques: Dépôts éoliens dans des environnements arides.


 Sédiments: Sables, loess.
 Structures Typiques: Dunes, stratifications croisées, loess.
 Exemple: Désert du Sahara.

Ces environnements continentaux offrent une diversité de conditions de dépôt qui


influencent les caractéristiques des roches sédimentaires formées, chacune
racontant une histoire unique sur les processus terrestres.

 Milieux de Transition: Deltaïque, estuarien, littoral

Les milieux de transition sont des zones où les environnements terrestres et marins
se rencontrent, créant des conditions uniques pour le dépôt des sédiments. Voici
quelques exemples de ces milieux :

1. Milieux Deltaïques

 Caractéristiques: Formés à l'embouchure des rivières où elles se jettent


dans un plan d'eau plus vaste.
 Sédiments: Sables, silts, argiles.
 Structures Typiques: Canaux distributaires, barres de sable, marais.
 Exemple: Delta du Nil en Égypte.

2. Milieux Estuariens

 Caractéristiques: Zones de mélange entre l'eau douce des rivières et l'eau


salée des océans.
 Sédiments: Sables, silts, boues riches en matière organique.
 Structures Typiques: Stratifications gradées, rides de courant, chenaux de
marée.
 Exemple: Estuaire de la Tamise au Royaume-Uni.

3. Milieux Littoraux

 Caractéristiques: Zones côtières influencées par les marées et les vagues.


 Sédiments: Sables, graviers, coquillages.
 Structures Typiques: Plages, dunes, barres sableuses.
 Exemple: Côte atlantique de la France.

Ces milieux de transition jouent un rôle crucial dans la déposition des sédiments
et fournissent des habitats riches en biodiversité. Ils sont également sensibles aux
changements environnementaux et climatiques.

 Milieux Marins: Plateau continental, talus continental, bassin profond

Les milieux marins sont des environnements où les sédiments se déposent dans
des bassins océaniques. Voici quelques exemples de ces milieux :

1. Plateau Continental

 Caractéristiques: Zone située à proximité des côtes, avec des eaux peu
profondes.
 Sédiments: Sables, limons, boues riches en matière organique.
 Structures Typiques: Stratifications horizontales, bioturbation (traces
d'organismes fouisseurs).
 Exemple: Plateau continental du Golfe du Mexique.

2. Talus Continental

 Caractéristiques: Pente abrupte entre le plateau continental et le fond


océanique.
 Sédiments: Dépôts de turbidites, boues, graviers.
 Structures Typiques: Stratifications gradées, couches de turbidites.
 Exemple: Talus continental de la côte ouest de l'Amérique du Nord.

3. Bassin Profond

 Caractéristiques: Zones les plus profondes des océans, loin des influences
côtières.
 Sédiments: Boues argileuses, ooze calcaire (dépôts de micro-organismes
comme les foraminifères), ooze siliceuse (dépôts de diatomées et
radiolaires).
 Structures Typiques: Dépôts laminés, absence de bioturbation due à la
faible biodiversité.
 Exemple: Abysses de l'océan Pacifique.

Ces milieux marins offrent une diversité de conditions de dépôt qui influencent
les caractéristiques des roches sédimentaires formées et fournissent des
informations précieuses sur les environnements océaniques passés.
Chapitre 6: Analyse et Interprétation des Roches Sédimentaires

 TECHNIQUES D'ÉCHANTILLONNAGE ET D'ANALYSE:


Carottage, observation en lames minces, analyse granulométrique

1. Carottage
o Description: Prélever des carottes de sédiments à l'aide de carottiers
pour obtenir des échantillons continus.
o Utilisation: Analyse de la stratigraphie, composition et propriétés
physiques des sédiments.
2. Observation en Lames Minces
o Description: Préparation de sections minces de roches pour analyse
microscopique.
o Utilisation: Identification des minéraux, textures et structures
microscopiques.
3. Analyse Granulométrique
o Description: Mesurer et classer la taille des grains dans un
échantillon de sédiments.
o Utilisation: Détermination des processus de transport et des
environnements de dépôt.
4. Diffraction des Rayons X (XRD)
o Description: Utiliser les rayons X pour identifier les phases
minérales présentes dans un échantillon.
o Utilisation: Analyse minéralogique détaillée.
5. Spectroscopie Infrarouge (FTIR)
o Description: Utilisation de la spectroscopie infrarouge pour
identifier les liaisons chimiques dans les minéraux.
o Objet: Détermination de la composition chimique des échantillons.
6. Microscopie Électronique à Balayage (MEB)
o Description: Utiliser un microscope électronique pour obtenir des
images détaillées de la surface des échantillons.
o Utilisation: Étude des textures de surface et des structures fines.

Ces techniques permettent une analyse approfondie des roches sédimentaires,


fournissant des informations précieuses sur leur formation et leurs
environnements de dépôt.

 Interprétation des Milieux de Dépôt: Utilisation des structures et textures


pour reconstituer les environnements passés

Structures et Textures des Roches Sédimentaires

L'analyse des structures et des textures dans les roches sédimentaires permet de
reconstituer les environnements de dépôt passés. Voici des indices typiques :
1. Stratification et Lits Croisés
o Indication: Dépôts fluviaux, deltaïques, littoraux ou éoliens.
o Caractéristiques: Couches inclinées ou croisées, indiquant le sens
des courants ou des vents.
2. Ondulations (Ripple Marks)
o Indication: Environnements marins peu profonds, fluviaux ou
lacustres.
o Caractéristiques: Crêtes et creux réguliers à la surface des
sédiments, causés par l'action de l'eau ou du vent.
3. Fentes de Dessiccation (Mud Cracks)
o Indication: Dépôts intermittents soumis à des cycles de mouillage et
de séchage.
o Caractéristiques: Fissures polygonales dans les couches de boue
séchée, souvent remplies par des sédiments ultérieurs.
4. Stratifications Gradées
o Indication: Dépôts de courants de turbidité sous-marins ou flux de
débris.
o Caractéristiques: Couches où la taille des grains décroît de la base
vers le sommet, indiquant un déclin de l'énergie du courant.
5. Textures Granulométriques
o Indication: L'énergie de l'environnement de dépôt (courant fort ou
faible).
o Caractéristiques: La taille et le tri des grains indiquent les
conditions de transport et de dépôt.

Fossiles

 Fossiles Marins: Indiquent des environnements marins ou côtiers.


 Fossiles de Plantes: Indiquent des environnements terrestres ou deltaïques.

Exemple d'Interprétation:

 Un grès avec des stratifications croisées et des ondulations pourrait indiquer


un ancien environnement fluvial ou littoral avec des courants ou des vents
actifs.

Grâce à l'analyse des structures, textures et fossiles, les géologues peuvent


reconstituer les environnements de dépôt passés et les processus qui ont façonné
les paysages anciens.
CHAPITRE 7 : MODELISATION DES PROCESSUS
SEDIMENTAIRES
I - 1 Principaux mécanismes de transport

Transport et dépôts sont gouvernés par des lois de l'hydrodynamisme ou de


l’aérodynamisme. Et ce sont des physiciens qui ont étudié les mécanismes de
transport et de dépôt des sédiments dans le milieu aqueux.

La sédimentation est la chute de matière solide dans un liquide. Mais comme nous
l'avons déjà vu, les géologues comprennent par ce terme le dépôt de matière lié à
des agents dynamiques tels que l'eau, le vent, la glace et la gravité.

Le mécanisme de déplacement d'une particule solide dans un fluide est exprimé


par l'équation de REYNOLDS d'où est dérivé le coefficient appelé nombre de
REYNOLDS : R = Vdþ / µ

R = nombre de REYNOLDS // V = vitesse de la particule

d = diamètre de la particule // þ = masse volumique

µ = viscosité dynamique du fluide en poise dans CGS

Le nombre de REYNOLDS distingue deux types d’écoulement :

- l'écoulement laminaire, correspondant à un R faible, les lignes d'écoulement sont


parallèles à la surface eau/sédiment.

- l'écoulement turbulent, pour R élevé (> 2.000 en milieu libre, c'est-à-dire dans
un canal ou un tuyau par opposition à milieu poreux, par exemple : aquifère, où
l'écoulement est turbulent pour R>5 ou quelques unités).
Dans ce dernier cas, l'écoulement en "vortex", tourbillons, donne au
particule une énergie ascensionnelle supérieure à l'énergie due à la loi de STOKES
qui est la loi de chute des particules, celle qui régit de dépôt.

V = d2(þ - þ')g

18µ

avec : d : diamètre des particules // v : vitesse de chute des particules

þ : densité des particules // þ': masse volumique du fluide // g : la gravité

Un autre coefficient est important en matière de dynamique des fluides,


c'est le nombre de FROUDE : c'est le rapport entre les forces nécessaires pour
arrêter le mouvement des particules et les forces de gravité (rapport de la force
d'inertie à l'accélération due à la gravité).

F U
g.D

D : profondeur du canal // U : vitesse moyenne du courant

g : accélération de la pesanteur
Le nombre de FROUDE de valeur 1 sépare deux types distincts
d'écoulement des fluides en milieu ouvert.

- écoulement supercritique F > 1

- écoulement infracritique F < 1

- écoulement critique F = 1

Les deux types d'écoulement donneront par exemple des structures


sédimentaires différentes sur un même fond sableux.

F >1 ----------> lit plan (plane bed)

F< 1 ----------> ride (ripple) sous l'action de la gravité

1- 1 Mouvement d'un grain dans un fluide

La vitesse du courant et la taille des particules constituent les paramètres qui


conditionnent la mise en mouvement et le transport relativement aux phénomènes
d'érosion et de sédimentation (fig. ).

La résistance remarquable des dépôts argileux et silteux fins à l'érosion et au


transport, par rapport aux dépôts sableux, résulte de leurs propriétés
électrolytiques (mise en flocons et agrégats) et augmente avec le degré de
cohésion. Lorsque le courant est suffisamment fort pour éroder un dépôt fin,
l'argile est détachée en paquets plutôt qu'en particules isolées.

Lorsque le seuil de mobilité est atteint, les particules peuvent présenter


trois modes principaux de transport, continus ou interrompus (fig. ): A=
suspension B= saltation ("bouncing") C= roulement

Le charriage ou roulement implique un contact continu entre le fond et


les particules déplacées par le fluide, et inclut les glissements parfois propres aux
éléments aplatis.
Dans la saltation, les grains quittent le fond brutalement, sous l'action
du courant, avec un angle important (>45°) puis retombent plus lentement et de
façon plus ou moins continue.

Les grains en suspension se déplacent en pleine eau souvent très au


dessus du fond, selon des trajectoires généralement longues et irrégulières. Le
maintien en suspension des grains, qui sont plus denses que l'eau, nécessite des
mouvements ascensionnels, provoqués par la turbulence du fluide et d'autant plus
intense que les particules sont plus grossières et de forme plus massives.

Pour une même vitesse de courant la granulométrie, c'est-à-dire la taille,


des particules transportées diminue de C -----> B -------> A.

Dans une rivière par exemple : - les galets roulent // - le sable se déplace
par bonds // - l'argile en suspension

Près du fond, les courants déterminent fréquemment des reprises


sédimentaires qui conduisent à une augmentation de la turbidité. C'est le cas de la
crème de vase et du bouchon vaseux, dans les estuaires marqués par une vidange
partielle lors du jusant. C'est également le cas en milieu océanique où la couche
néphéloïde de fond, entretenue par les remises en suspension de boues sous l'effet
de courants latéraux ou longitudinaux, peut présenter des concentrations
comparables à celles des eaux de surface à forte productivité planctonique.

La vitesse du courant détermine à la mise en mouvement d'une


particule. Cette vitesse est une fonction de variables contenues dans les équations
de FROUDE et de REYNOLDS. D'études empiriques, on a pu déduire un
graphique reliant la taille des grains à la vitesse du courant nécessaire à leur
érosion et à leur transport (fig. )
Les fonds cohésifs (argiles plus ou moins compactées) nécessitent une
vitesse plus grande pour être érodés. Ils sont d'autant plus cohésifs (au sens strict)
que les particules sont plus fines. (C'est l'effet HJULSTROM présentation de fins
laminae argileux dans les sédiments intertidaux par exemple).

1-2 Mouvement de flots de particules sédimentaires

Le transport en masse des particules peut revêtir divers aspects selon les
pentes, l'énergie disponible et surtout le type de liaison existant entre les grains,
leur matrice et le fluide porteur. La reprise d'un dépôt fin peu consolidé peut
d'abord s'effectuer sans dissociation notable des particules, par glissement
rotationnel au sein d'une masse pâteuse (slumping). Le sédiment est en grande
partie déformé, d'où la formation de plis et failles synsédimentaires. Mais il ne
perd que partiellement sa cohésion.

II – 2 LA SEDIMENTATION EN MILIEUX AQUEUX

C'est le stade de dépôt. Elle peut être marine ou continentale. Elle peut
se faire à partir de particules détritiques ou à partir de solution et colloïde.
Au moment de se déposer les particules sédimentaires s'organisent sous
l'influence des forces hydrodynamiques ou aérodynamiques responsables de leur
transport jusqu'au lieu de sédimentation. Cette organisation se traduit souvent par
des structures d’autant plus variées que les forces en jeu sont diverses et
changeantes Cela explique que les structures sédimentaires les plus diversifiées et
nombreuses s'observent dans les milieux côtiers et sur les marges continentales.
Les sables quartzeux représentent, du fait de leur granularité moyenne, de leur
faible cohésion et de la dureté élevée de leurs grains, les matériaux les plus
propices à la fabrication et à la conservation des figures sédimentaires. Mais sont
communes également dans les séries bioclastiques calcaires, volcano-clastiques,
et même au sein de masses évaporitiques resédimentées ou de magmas
plutoniques fluides en cours de cristallisation. Les dépôts argileux ou caillouteux,
bien que moins favorables à l'expression des structures sédimentaires, en
présentent divers types souvent caractéristiques du mode de dépôt. Les dépôts fins
ne livrent parfois des structures nettes qu'à l'examen microscopique. Leur absence
effective traduit soit un dépôt particulaire par décantation, soit un dépôt gravitaire
en masse sous l'effet d'un courant violent, soit encore la disparition de structures
préexistant par bioturbation ou évolution diagénétique.

On distinguera dans le milieu aqueux, trois types de processus


sédimentaires :

- la sédimentation par des courants de traction

- la sédimentation par des courants de turbidité

- la sédimentation par suspension.

2 - 1 ) La sédimentation par courants de traction (charriage)

C'est l'un des processus les plus importants de transport et de dépôt des
sédiments. Les courants de traction, transportent les particules sédimentaires par
roulement et saltation sur le fond.
Les courants de traction sont unidirectionnels dans les rivières alors que dans les
estuaires, deltas ou en mer ouverte ils peuvent être bidirectionnels par l'action de
la marée, ou encore plus complexes. L'étude de ces courants et de leur résultante
dans le sédiment a été faite expérimentalement en canal dont le fond est tapissé
de sable.

Lorsque le courant est nul, le fond sableux reste plat. Si l'on augmente la vitesse
du courant, ce n'est qu'à partir d'une vitesse critique que les particules de sable
commenceront à rouler ou à acquérir des mouvements de saltation. Il se forme
alors à la surface du sable des rides centimétriques, si le courant continue à
augmenter les rides se transforment en dunes hydrauliques, qui se mesurent alors
en décimètres. Rides et dunes sont identiques dans leur forme, leur genèse et leur
structure interne.

Pendant la formation de ces structures sédimentaires, le nombre de FROUDE


reste inférieur à 1. Comme déjà vu, cette valeur sépare deux régimes d'écoulement
l'un infracritique, l'autre supercritique.

Le régime infracritique provoque la formation de laminations obliques provenant


de rides (ripples) ou de dunes (fig. ) Lorsque le courant augmente et que F devient
supérieur à 1, les dunes s'aplanissent et le fond devient plat, bien qu'ils s'effectuent
un transport et un dépôt. Les lits ou laminations s'organisent alors parallèlement à
la surface. C'est ce que l'on appelle le régime de lit plan. Si le nombre de
FROUDE augmente encore, il se forme alors ce que l'on nomme des antidunes,
à section plus ou moins symétrique et dont les laminations sont orientées à
l'inverse du courant.
Cette expérience montre donc la relation qui existe entre la vitesse du courant
aqueux, la morphologie du fond (bed form) et les structures sédimentaires.
L'expérience a montré aussi que si, les paramètres hydrologiques restant
constants, on fait varier la granulométrie du sédiment, le seuil de courant pour
lequel les structures du fond se modifient varie aussi.

Il est important de constater que les "ripples" sont absents pour un sédiment dont
le "diamètre de chute" (fonction inverse de la viscosité du fluide) est supérieur à
0,65 mm (fig.5). ceci correspond à un diamètre réel d'environ 0,50 mm.

Cette constatation est vérifiée dans les roches anciennes. La figure 5 montre la
relation qui existe entre la vitesse du courant, le diamètre des particules et les
structures sédimentaires. Ces expériences sont effectuées en canal et ces résultats
sont vérifiés dans des courants fluviaux unidirectionnel. Les courants marins sont
très variables en vitesse et direction malgré cela, les structures sédimentaires que
l'on rencontre dans ce milieu sont les mêmes, mais leurs relations avec les
paramètres hydrologiques sont plus complexes et moins bien connues.

C'est pourquoi certaines équipes de recherches s'intéressent particulièrement aux


structures sédimentaires dans les différents environnements dynamiques marins.

2 - 2) La sédimentation par les courants de turbidité

Ces courants sont encore appelés courants de densité. Ils sont générés par une
différence de densité dans les fluides (liquides ou gaz) qui peut provoquer des
mouvements afin que le fluide le plus dense vienne se placer sous le moins dense.

Cette différence de densité peut, dans le milieu marin, être due à des différences
de température ou de salinité et le plus souvent à des différences de teneur en
matière en suspension (turbidité). Dans ce cas les eaux turbides ont tendance à
s'écouler sur le fond. Ceux-ci sont constitués d'épaisses séquences de sable
granoclassés et d'argiles. Ce sont ces sables qui sont nommés turbidites.

La vitesse d'un courant de turbidité dépend de plusieurs paramètres qui sont: la


différence de densité entre le fluide dense et le fluide ambiant (d2-d1), les forces
de cisaillement à ses limites inférieures et supérieures S1 et S2, son épaisseur h et
l'angle de la pente a, g étant l'accélération de la pesanteur

V = 2(d2-d1)g.h

d1

Ces mécanismes peuvent être constants ; c'est le cas d'une rivière turbide
débordant dans un lac; ou occasionnels; cas de glissement d'un sédiment liquide.
On connaît de nombreux cas de courants de turbidité actuels et le plus célèbre est
celui qui s'est produit à la suite d'un tremblement de terre sur le grand banc de
TERRE NEUVE en 1929. Par suite de la rupture de câbles téléphoniques, on a pu
étudier la propagation précise du courant de turbidité qui s'en suivit. On observe
au moment du séisme la rupture de câbles à proximité de l'épicentre et 1 heure
après celle d'un câble situé à 130 km du premier. Ce dernier a été arraché par le
courant boueux consécutif au séisme et qui s'est écoulé en suivant les chenaux du
fond à plus de 100 Km/h. Ce phénomène a affecté une surface de 280 000 Km2
sur 1 mètre d'épaisseur en moyenne.

Ces mécanismes contribuent à l’accumulation dans le domaine marin


profond d’importantes quantités de sédiments détritiques, souvent sableux (Deep
sea sands). ces dépôts constituent ce que l’on appelle des éventails détritiques
sous-marins ou encore “deep-sea-fan” dont l’épaisseur peut être considérable.

Les sables présentent le plus souvent un granoclassement vertical, une


matrice argileuse et contiennent des faunes déplacées, provenant du plateau
continental, ceci surtout dans les sables bioclastiques. Ils alternent avec des vases
ou sédiments fins à faunes pélagiques.
La structure interne des lits turbiditiques se présente selon un motif régulier : la
“séquence de BOUMA” (fig.).
La séquence idéale comporte cinq zones de A à E qui peuvent être interprétées en
termes de régime ou intensité de courant.

La base présente une surface d’érosion soulignée fréquemment par un


conglomérat de galets allochtones ou de galets d’argile provenant du remaniement
des lits pélagiques sous-jacents. Ceci indique une phase érosive de haute énergie
de courant. Elle est suivie par le dépôt de sable massif attribué à une sédimentation
de “régime supercritique” du type “antidune”, c’est l’unité A.

L’unité B correspondant à un régime de lit plan lui succède.

Elle-même est recouverte de C correspondant à un “régime


infracritique” fréquemment caractérisé par les laminations obliques de ripples.

D est une seconde zone à laminations planes de sédiments plus silteux.

E correspond au dépôt par suspension des vases pélagiques.

Cette séquence est rencontrée plus ou moins complète dans les fans actuels ou
fossiles. D’une façon générale, elle est de plus en plus tronquée par la base
lorsqu’on s’éloigne de la source des sédiments, et simultanément, la
granulométrie décroît et l’épaisseur des lits diminue.

On parle de turbidite proximale près de la source et distale dans les zones les
plus éloignées où ne sont représentés que les termes D et E de la séquence de
BOUMA. Plus loin encore on ne trouverait que des argiles pélagiques déposées
par simple décantation.

Il est relativement aisé de distinguer les dépôts par courant de turbidité de ceux
produits par les courants de traction.
2 - 3) Sédimentation par décantation à partir de suspension

Les sédiments les plus fins, argiles et parfois silts sont transportés en suspension.
Les roches argileuses déposées en suspension peuvent être interstratifiées avec
des turbidites ou des dépôts de traction.

Nous distingueront trois types de suspension:

- les turbidites distales peuvent être considérées comme des


suspensions. Il s’agit d’argiles et de silt à laminae. On les rencontre dans les
bassins marins profonds mais aussi dans les lacs.

Dans les lacs glaciaires, les suspensions donnent naissance aux varves qui se
rencontrent aussi dans d’autres environnements : en lagune ADJIN en Côte
d’Ivoire par exemple.

- un second type de suspension provient de ce que l’on nomme la “couche


néphéloïde” (découverte en 1963). Il s’agit de masses d’eau “turbides” dont la
teneur en matières en suspension n’excède pas 200 µg/l et qui, par conséquent, ne
sont pas suffisamment denses pour générer un courant de turbidité. Leur teneur
en suspension ne peut être plus élevée que celle de l’océan ambiant que parce que
ces masses sont animées d’une certaine vitesse (courant) et d’une certaine
turbulence.

En général, cette couche circule dans les océans au voisinage du fond, mais elle
peut parfois en être séparée et, dans certaines régions de l’océan mondial, on peut
rencontrer deux couches superposées circulant en sens inverse (fosse de Porto
Rico).

La couche néphéloïde circule donc en général sur le fond et, à l’interface


eau/sédiment se produit en permanence des déplacements particulaires
provoquant érosion et dépôt.
- Enfin le troisième type de dépôt en suspension, c’est celui où des eaux turbides
s’écoulent dans des “eaux claires”. C’est le cas de certaines rivières se déversant
en mer.

Exemple : cas de la lagune Ebrié en période de crue.

Dans ce cas la sédimentation est accélérée par le phénomène de floculation, c’est-


à-dire que les particules argileuses s’agglomèrent sous l’effet de forces
électrostatiques liées à la présence de sels et ces “flocons” chutent plus vite que
les particules élémentaires. Ce type de dépôt en suspension est celui qui alimente
les vasières des plateaux continentaux.

D’une façon générale donc, les dépôts de suspension sont fins, ils peuvent être
massifs ou laminés. Ce sont le plus souvent des argiles qui donneront naissance à
des argilites.

Les structures sédimentaires que l’on y rencontre sont des figures de glissement
(slump) lorsque ces dépôts se sont produits sur des pentes, ou souvent aussi des
traces de bioturbation comme c’est le cas dans les vasières de Côte d’Ivoire où ce
phénomène peut détruire totalement les laminations.
ILLUSTRATIONS

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