La PARURE
La PARURE
Guy de Maupas
La Parure
et a u tr e s n o u v e lles à chute
E
L O G IE
N TH OL
AN
Guy de Maupassant
La Parure
et autres nouvelles à chute
Anthologie
LE DOSSIER
Cinq nouvelles réalistes
et satiriques à chute
L’ENQUÊTE
Employés et ouvriers
à Paris sous la IIIe République
Notes et dossier
Aubert Drolent
certifié de lettres modernes
OUVERTURE
Qui sont les personnages ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Quelles sont les histoires ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Qui est l’auteur ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Que se passe-t-il à l’époque ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Le Boulevard
des Italiens à Paris
en 1872.
LE DOSSIER
Cinq nouvelles réalistes et satiriques à chute
Repères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Parcours de l’œuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Textes et image . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
L’ENQUÊTE
Employés et ouvriers à Paris sous la IIIe République . . . . . . 86
À lire et à voir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
La Parure et autres nouvelles à chute
MATHILDE LOISEL
Jeune femme d’un milieu
modeste qui aspire à une vie
plus brillante.
MONSIEUR LOISEL
Mari de Mathilde, employé
sans ambition du ministère
de l’Instruction publique.
MADAME FORESTIER
Riche bourgeoise, amie
de Mathilde.
Le Parapluie
MME OREILLE
Bourgeoise parisienne, rentière,
elle est économe jusqu’à l’avarice
la plus sordide.
M. OREILLE
Bien que sa fortune lui permette
de vivre de ses rentes, sa femme
l’oblige à travailler comme
employé de bureau au ministère
de la Guerre, par économie.
4
OUVERTURE
Décoré !
M. SACREMENT
Rentier médiocre, il est obsédé par
une idée fixe, recevoir une décoration.
MME SACREMENT
Jeune, jolie et maline, elle est l’épouse
de M. Sacrement.
M. ROSSELIN
Député et décoré, il aide M. Sacrement dans
ses démarches.
La Question du latin
LE NARRATEUR
Écolier au moment des faits,
c’est un farceur qui aime inventer
des canulars.
LE PÈRE PIQUEDENT
ANGÈLE Pion dans un pensionnat, il est
Jeune et jolie ouvrière repasseuse. passionné de latin et l’apprend
à la perfection à ses élèves.
Mademoiselle Cocotte
MADEMOISELLE COCOTTE
Chienne trouvée, elle est toujours en
chaleur et possède des traits humains.
FRANÇOIS
Un cocher, François, recueille la chienne
et s’éprend d’affection pour elle.
LES NARRATEURS
Le narrateur et son ami médecin, ils ne
sont là que pour raconter l’histoire dont
ils sont les témoins.
5
La Parure et autres nouvelles à chute
L’action
6
OUVERTURE
Le but
D’abord écrites pour la presse,
ces nouvelles se devaient d’être
brèves et saisissantes pour tenir
en haleine le lecteur pressé
du journal. Ainsi, chacune aboutit
à une « chute » inattendue et
amène le lecteur à réinterpréter
les différents épisodes. Chaque
nouvelle est aussi l’occasion de
faire la satire d’un milieu, souvent
celui des employés et des petits
bourgeois de la IIIe République,
« Mademoiselle Cocotte » : un cocher,
Fançois, recueille une brave chienne errante
et de se moquer des vices humains
mais toujours en chaleur, elle attire tous les comme l’avarice ou l’hypocrisie.
chiens du quartier. Son maître lui ordonne L’écrivain se veut un peintre
de noyer la bête ou de quitter sa place. de la réalité et un moraliste.
7
La Parure et autres nouvelles à chute
• LA MALADIE ET LA MORT
À partir des années 1890, les troubles nerveux liés à la syphilis contractée
dans sa jeunesse, s’aggravent. Peu à peu, il sombre dans la folie, puis meurt
le 16 juillet 1893 dans la clinique où il est interné.
8
OUVERTURE
9
La Parure
et autres nouvelles à chute
La Parure. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Le Parapluie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Décoré ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
La Question du latin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Mademoiselle Cocotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
La Parure et autres nouvelles à chute
La Parure
V
1. Dot : biens qu’une femme apporte en se mariant. Mathilde est de rang modeste
2. Espérances : héritages possibles. mais sa grâce lui confère
3. Commis : employé subalterne. – comme à beaucoup de jeunes
4. Antichambre : pièce qui précède les pièces principales, filles – une sorte de noblesse
entrée ou vestibule.
naturelle.
5. Torchère : lampe portant une flamme vive.
12
LA PARURE
100 Il reprit :
– Tu mettras des fleurs naturelles. C’est très chic en cette saison-
ci. Pour dix francs tu auras deux ou trois roses magnifiques.
Elle n’était point convaincue.
– Non… il n’y a rien de plus humiliant que d’avoir l’air pauvre
105 au milieu de femmes riches.
Mais son mari s’écria :
– Que tu es bête ! Va trouver ton amie Mme Forestier et
demande-lui de te prêter des bijoux. Tu es bien assez liée avec
elle pour faire cela.
110 Elle poussa un cri de joie.
– C’est vrai. Je n’y avais point pensé.
Le lendemain, elle se rendit chez son amie et lui conta sa
détresse. Mme Forestier alla vers son armoire à glace, prit un
large coffret, l’apporta, l’ouvrit, et dit à Mme Loisel :
115 – Choisis, ma chère.
Elle vit d’abord des bracelets, puis un collier de perles, puis
une croix vénitienne, or et pierreries, d’un admirable travail. Elle
essayait les parures devant la glace, hésitait, ne pouvait se décider
à les quitter, à les rendre. Elle demandait toujours :
120 – Tu n’as plus rien d’autre ?
– Mais si. Cherche. Je ne sais pas ce qui peut te plaire.
Tout à coup elle découvrit, dans une boîte de satin noir, une
superbe rivière1 de diamants ; et son cœur se mit à battre d’un
désir immodéré. Ses mains tremblaient en la prenant. Elle l’atta-
125 cha autour de sa gorge, sur sa robe montante, et demeura en
extase devant elle-même.
Puis, elle demanda, hésitante, pleine d’angoisse :
– Peux-tu me prêter cela, rien que cela ?
1. Fiacre : voiture à cheval qui faisait office de taxi à l’époque. Ce passage rappelle la fin
de Cendrillon, le conte
de Perrault : une fois le bal
fini, la réalité reprend
ses droits, ce que symbolisent
les vêtements pauvres.
17
La Parure et autres nouvelles à chute
1. Coupé : voiture à cheval moins confortable que le fiacre. Le choix de cette rue est
2. Noctambule : qui aime sortir la nuit. sûrement symbolique…
18
LA PARURE
Que serait-il arrivé si elle n’avait point perdu cette parure ? Qui
sait ? qui sait ? Comme la vie est singulière, changeante ! Comme
il faut peu de chose pour vous perdre ou vous sauver !•
270 Or, un dimanche, comme elle était allée faire un tour aux
Champs-Élysées pour se délasser des besognes de la semaine, elle
aperçut tout à coup une femme qui promenait un enfant. C’était
Mme Forestier, toujours jeune, toujours belle, toujours séduisante.
Mme Loisel se sentit émue. Allait-elle lui parler ? Oui, certes.
275 Et maintenant qu’elle avait payé, elle lui dirait tout. Pourquoi pas ?
Elle s’approcha.
– Bonjour, Jeanne.
L’autre ne la reconnaissait point, s’étonnant d’être appelée
ainsi familièrement par cette bourgeoise.
280 Elle balbutia :
– Mais… Madame !… Je ne sais… Vous devez vous tromper.
– Non. Je suis Mathilde Loisel.
Son amie poussa un cri.
– Oh !… ma pauvre Mathilde, comme tu es changée !…
285 – Oui, j’ai eu des jours bien durs, depuis que je ne t’ai vue ; et
bien des misères… et cela à cause de toi !…
– De moi… Comment ça ?
– Tu te rappelles bien cette rivière de diamants que tu m’as
prêtée pour aller à la fête du Ministère.
290 – Oui. Eh bien ?
– Eh bien, je l’ai perdue.
– Comment ! puisque tu me l’as rapportée.
– Je t’en ai rapporté une autre toute pareille. Et voilà dix ans
que nous la payons. Tu comprends que ça n’était pas aisé pour
Cette phrase est l’une des morales possibles de l’histoire.
22
LA PARURE
295 nous, qui n’avions rien… Enfin c’est fini, et je suis rudement
contente.
Mme Forestier s’était arrêtée.
– Tu dis que tu as acheté une rivière de diamants pour rempla-
cer la mienne ?
300 – Oui. Tu ne t’en étais pas aperçue, hein ! Elles étaient bien
pareilles.
Et elle souriait d’une joie orgueilleuse et naïve.
Mme Forestier, fort émue, lui prit les deux mains.
– Oh ! ma pauvre Mathilde ! Mais la mienne était fausse. Elle
305 valait au plus cinq cents francs !…
Mme Loisel rencontre Mme Forestier sur les Champs-Élysées, illustration de Jeanniot pour
les Œuvres Complètes de Guy de Maupassant, parues aux éditions Ollendorff en 1906.
23
Le Bon Marché à Paris en 1887.
62
LE DOSSIER
La Parure
et autres nouvelles à chute
Cinq nouvelles réalistes
et satiriques à chute
REPÈRES
Qu’est-ce qu’une nouvelle ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Qu’appelle-t-on le réalisme ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Qu’est-ce qu’une œuvre satirique ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
PARCOURS DE L’ŒUVRE
Étape 1 : Lire l’incipit d’une nouvelle (La Parure) . . . . . . . . . . . 68
Étape 2 : Analyser la composition et la chute
d’une nouvelle (La Parure) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
Étape 3 : Étudier le réalisme d’une nouvelle (Le Parapluie) . . . 72
Étape 4 : Mettre en évidence la satire sociale (Décoré !) . . . . . 74
Étape 5 : Faire apparaître la variété des registres utilisés
dans une même nouvelle (La Question du latin) . . . . . 76
Étape 6 : Étudier un récit enchâssé (Mademoiselle Cocotte) . . . 78
Étape 7 : Exploiter les informations de l’enquête . . . . . . . . . . 80
TEXTES ET IMAGE
Le bal, providence ou catastrophe ? : groupement de documents . . 82
63
La Parure et autres nouvelles à chute
• L’ORIGINE DE LA NOUVELLE
La littérature regorge d’histoires courtes : fables, moralités, apologues,
fabliaux, cependant c’est le Decameron (vers 1353) de Boccace qui est consi-
déré comme l’origine de la nouvelle. Dans ce livre, dix jeunes gens, réunis
pendant dix jours à la campagne pour fuir la peste, se racontent tour à tour
une histoire. Au bout des dix jours il y a donc cent histoires courtes, qui nar-
rent des événements présentés comme s’étant réellement passés, il y a peu
de temps et non loin de l’endroit où se trouvent les narrateurs. Après le suc-
cès du Decameron, ce modèle sera repris dans toute l’Europe.
Nouvelle ou conte ?
Le conte est un récit bref qui se déroule dans un monde merveilleux, c’est-à-dire
magique, non rationnel, dont l’action est située dans un lointain passé et en un pays
imaginaire. Le récit débouche sur une morale. Malgré ces différences avec la nouvelle,
les auteurs du XIXe siècle emploient presque indifféremment l’une ou autre dénomina-
tion pour leurs œuvres, sans doute pour faire comprendre qu’elles ont, comme le conte,
une dimension morale.
64
REPÈRES
• PEU DE PERSONNAGES
Dans une nouvelle, le nombre de personnages est toujours réduit et leur psy-
chologie n’est pas fouillée. Ils incarnent des « types sociaux ».
L’héroïne de La Parure est une « déclassée », c’est-
à-dire qu’elle occupe une position inférieure à
ses origines. Les personnages du Parapluie
sont des caricatures de petits employés de
bureau. Le personnage de Décoré ! est un
exemple de mari cocu. Dans chacune de
ces nouvelles, comme dans les autres du
recueil, on notera qu’il n’y a jamais plus
de trois personnages.
La Parure de Guy de Maupassant
publiée dans La Vie Populaire en 1885,
illustration d’Édouard Zier.
65
La Parure et autres nouvelles à chute
Qu’appelle-t-on le réalisme ?
Le réalisme est un mouvement littéraire et une forme d’écriture
qui se donnent pour objectif de représenter le réel tel qu’il est,
comme si la littérature était un miroir dans lequel se reflèterait
le monde, selon la formule de Stendhal.
• LES ÉCRIVAINS RÉALISTES
Romanciers ou nouvellistes, les écrivains Dans Le Rouge et le Noir
réalistes les p
plus importants sont Balzac (1830), Stendhal écrit
(1799-1850), Stendhal (1783-1842), Flaubert cette formule qui résume
(1821-1880). Le réalisme se poursuit avec le le réalisme : « Un roman est
naturalisme représenté par Zola (1840-1902) un miroir qui se promène
sur une grande route. »
et Maupassant (1850-1893).
• L’ESTHÉTIQUE RÉALISTE
L’écrivain réaliste choisit des personnages et des situations ordinaires, pris
dans le réel, contrairement par exemple aux héros de tragédies ou d’épopées.
Dans les dialogues, il s’attache à reproduire le plus fidèlement possible la
manière de parler des personnages, comme le fait Maupassant avec le cocher
de Mademoiselle Cocotte. Le narrateur reste neutre. Il ne porte pas de juge-
ments explicites sur ses personnages mais fait en sorte que la description,
les adjectifs fassent naître une idée du personnage.
Souvent, l’écrivain réaliste s’appuie sur une importante documentation. Il se
veut un analyste de la société et prétend suivre une démarche scientifique.
D’abord réaliste, Maupassant prend ses distances avec ces théories et affirme
que le romancier réaliste reste un artiste qui interprète le monde.
66
REPÈRES
• DU GENRE AU REGISTRE
La satire est pratiquée comme un genre indépendant Dans les Lettres persanes,
jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Par la suite, les écri- Montesquieu insère
vains recourent aux procédés de la satire pour de nombreuses satires.
dénoncer les défauts en les rendant ridicules.
• RÉALISME ET SATIRE
Le réalisme participe de la satire sociale dans la mesure où, montrant le
monde tel qu’il est, il en rend visible les défauts, contrairement à la littérature
épique qui va s’attacher à mettre en avant la Ulysse dans L’Odyssée
dimension exemplaire de ce dont elle parle. d’Homère est ainsi un héros
parfait et sans défauts.
67
La Parure et autres nouvelles à chute
As-tu bien lu ?
1 Mathilde est née :
dans une famille d’employés dans une famille noble à la campagne
2 Quel événement survient dans sa vie ?
elle hérite elle prend un riche amant
elle est invitée à une réception
3 Pourquoi Mathilde refuse-t-elle d’aller à la réception ?
4 Que propose alors son mari ?
5 Quel nouvel obstacle se dresse devant-elle ? Quelle solution lui propose
alors son mari ?
Un incipit efficace
6 Complète le tableau suivant en indiquant les lignes.
Résumé Lignes
Présentation du personnage principal Une jeune femme insatisfaite
Événement déclencheur
Premier obstacle/solution
Deuxième obstacle/solution
68
PA R C O U R S D E L’ Œ U V R E
La langue et le style
17 Des lignes 13 à 15, quelle est la figure de style employée
par Maupassant ? Quel est le rôle de cette figure ?
18 Dans les phrases suivantes, quels sont le temps et la valeur du verbe ?
« Les femmes n’ont point de caste ni de race. – Leur finesse native,
leur instinct d’élégance, leur souplesse d’esprit sont leur seule hiérarchie,
et font des filles du peuple les égales des plus grandes dames. »
Faire le bilan
19 Complète le bilan avec les mots suivants : pauvre, enjeux, riche, beauté,
invitation, une parure, injustice, attributs, personnages, une robe.
Le rôle de l’incipit est de présenter les . . . . . . . . et les . . . . . . . . du récit.
Maupassant commence sa nouvelle par la présentation de Mathilde
Loisel, une jeune femme . . . . . . . . rongée par le désir d’être . . . . . . . . .
Le narrateur insiste sur l’ . . . . . . . . de la situation de la jeune femme qui
mériterait mieux en raison de sa . . . . . . . . . . Son mari, en lui offrant une
. . . . . . . . à une soirée mondaine lui donne alors l’occasion de réaliser
son rêve le temps de la fête. Mais elle doit se procurer les . . . . . . . .
de la richesse : . . . . . . . . et . . . . . . . . . Tous les éléments sont en place
pour que l’on aille vers une fin heureuse ou au contraire catastrophique.
À toi de jouer
20 Imagine un début de récit dans lequel un personnage est invité à un bal.
Rédige son portrait en indiquant que ce bal va changer sa vie.
69
La Parure et autres nouvelles à chute
As-tu bien lu ?
1 À quel milieu social appartient l’héroïne ?
2 L’Héroïne rêve :
d’être aventurière de vivre à la campagne d’une vie brillante
3 Que lui rapporte son mari un soir ?
un jambon un fusil de chasse une invitation
4 Pour quelles raisons successives refuse-t-elle d’abord d’y aller ?
Que perd-elle en revenant de cette soirée ?
70
PA R C O U R S D E L’ Œ U V R E
La langue et le style
17 Lignes 18 à 37 : quel verbe est répété quatre fois en début de phrase ?
Comment appelle-t-on cette figure de rhétorique ? Que suggère-t-elle ?
18 Relève des paroles du mari. Que révèlent-elles sur sa personnalité ?
Faire le bilan
19 Complète le texte avec les mots suivants : renversement inattendu,
beauté, nouvelle, situation, l’issue, condition médiocre, invitation, faux,
riche parure, bijou, chute, renversement.
Dans une . . . . . . . . . . . . . à chute, le narrateur crée une . . . . . . . . . . . . .
dont . . . . . . . . . . . . . semble évidente mais qui va se terminer
par un . . . . . . . . . . . . .. Ainsi, dans La Parure, une . . . . . . . . . . . . .
semble d’abord réparer l’injustice de la . . . . . . . . . . . de Mathilde. Mais
pour s’y rendre, elle doit emprunter une . . . . . . . . . . . . . à une amie.
La fête est un succès et Mathilde triomphe par sa . . . . . . . . . . . . .. Mais,
en rentrant, elle perd le . . . . . . . . . . . . .. Ce premier . . . . . . . . . . . . . effraie
le lecteur et ruine le couple. Dix ans plus tard, alors qu’elle a remboursé
le bijou, son amie lui apprend que le bijou était . . . . . . . . . . . . ..
Cette . . . . . . . . . . . . . plonge le lecteur dans la stupeur.
À toi de jouer
20 Imagine la suite de cette nouvelle.
71
La Parure et autres nouvelles à chute
As-tu bien lu ?
1 Mme Oreille est :
économe
gourmande
prodigue
2 M. Oreille est-il obligé d’être employé ?
7 À quel moment nous fait-il pénétrer dans les pensées de Mme Oreille ?
Relève ce passage et montre que le narrateur adopte ici un point de vue
narratif omniscient. Justifie ta réponse par un relevé précis du texte.
8 À quelle époque se déroule cette nouvelle ? Relève plusieurs indices qui
t’aident à répondre.
9 Où est située l’action ? Relève un indice qui te permet de l’affirmer.
72
PA R C O U R S D E L’ Œ U V R E
La langue et le style
14 Dans la phrase : « Mais elle trépignait de fureur, (…) où pleuvent
les balles. » (l. 72 à 74), quelle est la figure de rhétorique employée ?
Que donne-t-elle comme indication sur l’atmosphère du ménage ?
15 « faire danser l’anse du panier » (l. 3-4), « riflard » (l. 36) : à quel registre
appartiennent ces expressions ? Recherche trois autres expressions
du même registre. En quoi son utilisation est-elle caractéristique
du réalisme ?
Faire le bilan
16 En t’appuyant sur la narration, l’époque et le lieu du récit, le choix
des personnages et le langage employé, explique en quoi cette courte
nouvelle est caractéristique du genre réaliste.
À toi de jouer
17 « Pendant deux ans, il vint au bureau avec le même parapluie rapiécé
ce qui donnait à rire à ses collègues ». Imagine un portrait comique
et moqueur de M. Oreille par l’un de ses collègues.
73
La Parure et autres nouvelles à chute
As-tu bien lu ?
1 M. Sacrement est :
rentier fonctionnaire militaire
2 M. Sacrement a-t-il fait des études ?
3 Dans les rues, M. Sacrement compte :
les chapeaux les fiacres les hommes décorés
4 Quel est le rôle du député Rosselin ?
Le thème de l’adultère
6 Que fait le député Rosselin pour aider M. Sacrement à obtenir
une décoration ? Quelle est son intention réelle en faisant cela ?
À quel moment peut-on le comprendre ?
7 Remets dans l’ordre les actions de Jeanne, la femme de M. Sacrement,
à son retour.
Elle traverse plusieurs fois sa chambre en courant.
Elle demanda : « C’est bien toi, Alexandre? »
Elle lui arrache le Paletot décoré des mains.
Elle lui ouvre et dit : « Oh ! quelle terreur ! quelle surprise, quelle joie ! »
Elle saute du lit et parle seule.
Elle court à son cabinet de toilette, l’ouvre et le referme.
8 Lors du retour inopiné de M. Sacrement (l. 145 à 184), comment Jeanne
explique-t-elle son comportement ? Comment le lecteur le comprend-il ?
9 Comment Jeanne explique-t-elle la présence du paletot décoré ?
Que comprend le lecteur ?
10 Peut-on penser que M. Sacrement n’est pas tout à fait dupe
de sa femme ? Justifie ton point de vue par deux arguments.
74
PA R C O U R S D E L’ Œ U V R E
Faire le bilan
19 Explique en quoi cette nouvelle est une satire grinçante des décorations
et de ceux qui se piquent d’en obtenir. Dans ton argumentation tu
expliqueras en quoi elle est critique, puis en quoi elle est comique.
À toi de jouer
20 Le député Rosselin raconte l’histoire que tu viens de lire, mais
de son point de vue et en insistant sur la naïveté du mari. Écris son récit.
21 Fais une recherche sur la Légion d’honneur. Comment se présente-t-elle ?
Quand, par qui et dans quel but a-t-elle été créée ?
75
La Parure et autres nouvelles à chute
As-tu bien lu ?
1 Le père Piquedent est :
surveillant professeur de latin épicier
2 Comment le narrateur fait-il la connaissance du père Piquedent ?
3 Que font le père Piquedent et le narrateur lors de leur rencontre ?
ils échangent des confidences du latin du sport
4 Pourquoi le narrateur organise-t-il une rencontre entre son professeur
et la jeune blanchisseuse ?
5 En quoi la chute est-elle heureuse ?
Une péripétie
Une fin heureuse
La langue et le style
15 « les travailleuses du trottoir » et « les fainéants de la pension » (l. 125-
126) : quelle est la figure de rhétorique employée dans ces expressions ?
Montre qu’elles s’opposent l’une à l’autre et indique le jugement que
cette phrase suggère sur l’enseignement.
16 « elle était vraiment gentille, bien que pâlotte, et gracieuse, bien
que d’allure un peu faubourienne. » (l. 215-217) : donne la nature
et la fonction des groupes soulignés. Qu’ajoutent-ils à la description ?
Faire le bilan
17 Montre que, dans cette nouvelle, Maupassant emploie différents
procédés humoristiques, dont certains empruntés au théâtre, pour
amuser son lecteur, mais aussi pour faire la satire de l’enseignement.
À toi de jouer
18 Rédige la lettre d’amour de Piquedent (l. 179 à 183).
77
La Parure et autres nouvelles à chute
As-tu bien lu ?
1 Où commence la nouvelle ?
dans un hôpital
dans une gare
dans un salon
2 Quel est le métier de François ?
3 Mademoiselle Cocotte est :
une femme
une jument
une chienne
4 Pourquoi François ne peut-il garder Mademoiselle Cocotte ?
5 Que fait Mademoiselle Cocotte lorsqu’on la perd ?
Un récit enchâssé
6 Lignes 1 à 10 : à quelle personne le récit est-il raconté ? Et ensuite ?
7 Quel personnage est présent dans les deux récits ?
8 Qui raconte l’histoire de François et Mademoiselle Cocotte ?
9 Mets en place le schéma du récit enchâssé en complétant ce tableau.
78
PA R C O U R S D E L’ Œ U V R E
Faire le bilan
18 En t’appuyant sur tes réponses aux questions précédentes, montre
ce qu’est un récit enchâssé et en quoi il produit un puissant effet
de réalité.
À toi de jouer
19 Le narrateur du récit cadre reprend la parole à la fin de l’histoire
pour en proposer une interprétation et une morale au lecteur.
Rédige cette conclusion de la nouvelle.
20 À ton tour, raconte une histoire faisant intervenir un animal en créant
un système de récit enchâssé. Par exemple, tu te mets en scène
te promenant avec un ami, vous rencontrez un personnage et ton ami
raconte son histoire.
79
La Parure et autres nouvelles à chute
As-tu bien lu ?
1 Quelle nouvelle met en scène la jeune épouse d’un employé insatisfaite
de sa vie médiocre ?
2 Quel objet symbolise les petits moyens des employés et leur aspiration
à la dignité bourgeoise dans l’une des nouvelles ?
3 Qui a peint l’un des premiers tableaux représentant des ouvriers urbains ?
Caricature et littérature
11 Regarde la caricature du sous sous-chef de bureau (p. 90).
a. Quel animal est-il choisi ?
b. Quelle indication cela donne-t-il sur le caractère du personnage ?
12 Pourquoi peut-on dire que cette caricature est une satire de la hiérarchie
qui règne dans les bureaux ?
13 Avec quel personnage du « Parapluie » pourrais-tu comparer
cette image ? Justifie ta réponse par au moins deux arguments.
14 Regarde la caricature p. 91.
a. Comment sont montrés les employés à travers cette caricature ?
b. Cherche un passage dans « Le Parapluie » qui montre que le travail
n’est pas au centre des préoccupations des employés de bureau ?
Faire le bilan
15 Rédige un paragraphe dans lequel tu exposeras que peinture
et littérature réalistes apportent un nouveau sujet et de nouveaux
personnages : les ouvriers et les employés.
À toi de jouer
16 Choisis une des images de l’enquête et fais-en la critique en évaluant
sa capacité à donner une image fidèle de la réalité de l’époque.
17 Imagine que tu es peintre. Explique quel sujet (objet, scène ou
personnage) tu choisirais de peindre aujourd’hui pour faire comprendre
notre époque. Tu justifieras ton choix par au moins deux arguments.
81
La Parure et autres nouvelles à chute
82
T E X T E S E T I M AG E
– … Neuf, dix, onze, cria Mme Kampf avec désespoir en levant au ciel ses bras pleins
de diamants ; mais qu’est-ce qu’il y a ? Mais qu’est-ce qui est arrivé, mon doux Jésus ?
Alfred rentrait avec Isabelle ; ils se regardèrent tous les trois sans parler.
Mme Kampf rit nerveusement :
– C’est un peu étrange, n’est-il pas vrai ? Pourvu qu’il ne soit rien arrivé…
– Oh ! ma chère petite, à moins d’un tremblement de terre, dit Mlle Isabelle
d’un ton de triomphe.
Mais Mme Kampf ne se rendait pas encore. Elle dit, en jouant avec ses perles,
mais la voix enrouée d’angoisse :
– Oh ! ça ne veut rien dire ; figurez-vous l’autre jour, j’étais chez mon amie,
la comtesse de Brunelleschi : les premiers invités ont commencé à venir à
minuit moins le quart. Ainsi…
– C’est bien ennuyeux pour la maîtresse de maison, bien énervant, murmura
Mlle Isabelle avec douceur.
– Oh ! c’est… c’est une habitude à prendre, n’est-ce pas ?
À cet instant, un coup de sonnette retentit. Alfred et Rosine se ruèrent vers
la porte.
– Jouez, cria Rosine aux musiciens.
Ils attaquèrent un blues avec vigueur. Personne ne venait. Rosine n’y put tenir
davantage. Elle appela :
– Georges, Georges, on a sonné, vous n’avez pas entendu ?
– Ce sont les glaces qu’on apporte de chez Rey1.
1. Rey : glacier parisien célèbre.
83
La Parure et autres nouvelles à chute
84
T E X T E S E T I M AG E
As-tu bien lu ?
1 Document 1 : que demande Cendrillon à sa marraine pour aller au bal ?
Qui l’accueille à l’entrée du bal ?
2 Document 2 : pourquoi Rosine est-elle inquiète ? Qui rit aux éclats ?
Que fait Rosine à la fin du texte ?
Lire l’image
11 Relève trois procédés employés par Gustave Doré pour attirer
l’attention sur Cendrillon. Tu t’intéresseras à la composition de l’image,
à l’utilisation de la lumière, aux regards et positions des personnages.
12 Qu’est-ce qui permet d’identifier Cendrillon, le roi, la reine, le prince ?
13 Cette image pourrait-elle convenir pour illustrer La Parure ? Donne deux
arguments positifs et deux arguments négatifs.
85
La deuxième moitié du XIXe siècle est marquée
par l’urbanisation, l’industrialisation
et le développement de l’administration d’État
et privée. Une nouvelle catégorie sociale apparaît :
les employés. Sans être riches, ils n’ont cependant
plus le mode de vie des ouvriers. Les écrivains
s’emparent d’eux, les peintres aussi, qu’ils soient
réalistes, comme Manet, ou impressionnistes,
comme Monet ou Caillebotte, et nous montrent
un nouveau monde à travers eux.
L’ E N Q U Ê T E
Employés et ouvriers
à Paris sous
la IIIe République
1 Qui sont les ouvriers et les employés ? . . . . . . . . . . . . . 88
2 Employés au travail : la caricature . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3 Une nouvelle ville pour les employés . . . . . . . . . . . . . . . 92
4 De nouvelles distractions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
L’ENQUÊTE EN 4 ÉTAPES 87
Qui sont les ouvriers
1 et les employés ?
Au cours du XIXe siècle, la France paysanne devient plus urbaine
sous l’effet de l’exode rural et de l’industrialisation. Le nombre
d’ouvriers et d’employés augmente considérablement. Ils
deviennent aussi le sujet de nombreuses peintures, nouvelles et
romans. Mais qui sont-ils ?
• LES EMPLOYÉS de parquet, 1875, huile sur toile, 102 x 147 cm,
Paris, Musée d’Orsay.
Cette catégorie est aussi en plein
essor au XIXe siècle. Le terme recouvre • UNE CATÉGORIE MAL À L’AISE
d’abord toute une foule de petits et Les employés se distinguent de la
moyens fonctionnaires, immortalisés classe ouvrière car ils se livrent à
par Balzac dans Les Employés, puis des tâches intellectuelles. De même,
par Maupassant, qui a lui-même été ils portent redingote et chapeau
employé dans un ministère. Puis il melon. Ils aspirent à s’élever dans
s’étend aux employés administra- la classe bourgeoise, dont ils ont les
tifs des grandes compagnies pri- attributs visibles, mais ils restent
vées1. L’augmentation du nombre cantonnés dans des tâches subal-
des employés s’explique par celle ternes et reçoivent des traitements
des fonctions de l’État qui intervient très faibles.
dans de nouveaux domaines (édu- À l’image des personnages de La
cation, postes, colonies, etc.). Ainsi, Parure, ils ne sont pas pauvres, mais
entre 1869 et 1899, le budget du minis- ils mènent une existence médiocre
tère de l’Instruction publique passe tout en côtoyant la bourgeoisie.
de 27 à 209 millions. Sur la même Toujours entre deux mondes, ils sont
période le nombre de fonctionnaires rongés par la frustration et la peur
double, passant de 217 000 à 416 000. de tomber dans la misère.
89
Employés au travail :
2 la caricature
Le plus clair du travail des employés au XIXe siècle consiste en
l’écriture et en la copie d’actes administratifs.
À cette époque, les moyens de reproduction mécanique des
documents n’existent pas encore…
Un travail de scribe
L’employé est assis à son bureau
et traite des « papiers » ou
des documents.
• UNE ORGANISATION
AUTORITAIRE ET HIÉRARCHISÉE
L’administration est extrême-
ment hiérarchisée : chacun a un
grade et un rôle précis, et cha-
cun travaille sous les ordres d’un
supérieur hiérarchique direct
qui a une autorité entière sur
ses subordonnés. Le document
ci-contre le montre de manière
plaisante en caricaturant le
chef en chien patibulaire et ter-
rifiant. On note que le person-
nage est désigné comme « sous
sous-chef », façon plaisante de
moquer la multitude d’échelons Un employé de bureau représenté en bouledogue,
caricature de Lucien Métivet parue
hiérarchiques. dans L’Assiette au Beurre du 30 novembre 1901.
90
L’ E N Q U Ê T E
Balzac,
Les
Employés
« Aujourd’hui, Messieurs,
servir l’État, ce n’est plus
servir le prince qui savait
punir et récompenser !
Aujourd’hui, l’État, c’est tout
le monde. Or, tout le monde
ne s’inquiète de personne.
Personne ne s’intéresse
à personne. Un employé vit
entre ces deux négations ! »
91
Une nouvelle ville
3 pour les employés
Les peintres, réalistes et impressionnistes, vont s’attacher à
représenter la ville moderne, la ville hausmannienne, milieu
« naturel » des employés, sans gommer sa dimension indus-
trielle et laborieuse.
Gustave Caillebotte (1848-1894), Une rue de Paris par temps de pluie, 1877, esquisse, Paris, Musée Marmottan.
92
L’ E N Q U Ê T E
93
4 De nouvelles distractions
Là où la noblesse pratiquait la chasse et l’équitation, les employés
eux, se rendent aux spectacles et se livrent aux joies du canotage
ou de la promenade à la campagne le dimanche, en banlieue
parisienne. Les peintres représentent ces moments de détente.
• THÉÂTRE ET CAFÉ-CONCERT
Édouard Manet (1832-1883), Un bar aux Folies Bergères, 1882, huile sur toile, 96 x 130 cm, Londres, Courtaud Institute Gallery.
94
L’ E N Q U Ê T E
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Maupassant
La Parure
et autres
nouvelles à chute
« Que serait-il arrivé si elle n’avait point perdu
cette parure ? Qui sait ? qui sait ? Comme la vie
est singulière, changeante ! Comme il faut peu
de chose pour vous perdre ou vous sauver ! »
G. de Maupassant, La Parure
49 8548 7
ISBN 978-2-218-94879-4
www.editions-hatier.fr
2,90 €
Illustration : Eva Chatelain
Conception couverture : cedricramadier.com