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Sélectionner Ses Actions

Le choix des actions est difficile et la majorité des investisseurs, qu'ils soient particuliers ou fonds d'investissement, sous-performent les indices boursiers. Une minorité d'actions génère la majorité des performances, rendant la diversification complexe et le suivi des marchés essentiel. Pour réussir à long terme, il est conseillé d'adopter des méthodes passives et de rester investi malgré les défis.

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Sélectionner Ses Actions

Le choix des actions est difficile et la majorité des investisseurs, qu'ils soient particuliers ou fonds d'investissement, sous-performent les indices boursiers. Une minorité d'actions génère la majorité des performances, rendant la diversification complexe et le suivi des marchés essentiel. Pour réussir à long terme, il est conseillé d'adopter des méthodes passives et de rester investi malgré les défis.

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Sélectionner ses actions

« Sélectionner ses actions est un jeu perdant. »


John Bogle

Dans toutes les méthodes présentées précédemment, le choix des actions


détenues est central. Ces stratégies sont basées sur l’analyse fondamentale de
sociétés ou sur l’analyse technique afin d’anticiper les variations des cours
de Bourse.
Peu d’investisseurs mesurent la difficulté de choisir une action qui battra
l’indice de référence dans les années à venir. Une étude18 menée entre 1983
et 2006 sur l’indice Russell 3000 montre que seules 36 % des 8 000 actions
qui ont un jour été présentes dans le Russell 3000 ont surperformé l’indice.
L’indice Russell 3000 est composé des 3 000 plus grandes sociétés cotées en
Bourse aux États-Unis. Le graphique ci-dessous montre que les entreprises
qui ont sous-performé le Russell 3000 (en noir) sont plus nombreuses que
celles qui ont réussi à le battre (en gris).
Une étude semblable sur le S&P 500 affiche des résultats encore pires : en
20 ans, seules 22 % des actions ont surperformé le S&P 500 (décembre 2000
à décembre 2020)19.
Toujours selon la première étude, la performance moyenne des 8 000
entreprises qui ont composé l’indice a été de -1,06 % par an sur la période
étudiée. Pourtant l’indice dans sa globalité a eu une performance positive !
Alors comment est-ce possible ?
La réponse vient du fait que la majorité de la performance vient d’une
minorité de sociétés. Si par malchance, vous aviez choisi les 75 % d’actions
les moins performantes, vous auriez eu une performance nulle. Ainsi, seules
25 % des actions sont responsables de la performance positive du
Russell 3000.
Une étude similaire20 sur 26 168 entreprises américaines entre 1926 et
2019 a été mise à jour en 2020. Elle montre que 42,17 % des actions ont eu
un rendement positif au cours de leur vie et que seulement 83 sociétés (soit
0,317 % du total) sont à l’origine de 50 % de la création de richesse sur les
marchés financiers. Parmi elles, cinq sociétés permettent d’expliquer
11,88 % des gains depuis 1926.

Le mode de calcul des indices boursiers explique également comment ces


grands indices boursiers obtiennent des performances positives. En effet, ils
sont souvent construits par capitalisation. Cela signifie que les entreprises
sont pondérées dans l’indice selon leur valorisation boursière
(capitalisation). Ainsi, si une action obtient de belles performances en
Bourse, sa valorisation va augmenter et son poids dans l’indice également.
Cela explique pourquoi aujourd’hui Microsoft est la 1ère pondération du
S&P 500. Au contraire, si une société rencontre des difficultés et que son
cours de Bourse baisse, son poids dans l’indice sera réduit. Les sociétés pas
assez performantes sont aussi remplacées dans l’indice par d’autres sociétés
avec une meilleure dynamique.
Le début d’année 2023 illustre parfaitement ce phénomène. Le S&P 7,
composé des sept plus importantes entreprises du S&P 500 ont eu une
performance de +53 % en 6 mois, contre +11 % pour le S&P 500 et une
performance nulle pour les 493 autres entreprises composant le S&P 500.
Ainsi, la performance de +11 % du S&P 500 sur les 6 premiers mois est
uniquement expliquée par les sept plus grandes entreprises de l’indice.
Ensemble, les 493 actions restantes n’ont généré aucune performance en
6 mois. Voici la performance du S&P 7, du S&P 500 et du S&P 493 sur 2023
au 27 décembre 2023 selon une étude de JP Morgan21. On constate toujours
que la majorité de la performance vient d’une minorité d’actions.

Statistiquement, en sélectionnant une action, on a une faible probabilité


qu’elle fasse partie des actions qui vont surperformer les indices à long
terme.
En choisissant soi-même ses actions, il est difficile d’être correctement
diversifié. Si l’on possède peu d’actions en portefeuille et que l’une d’entre
elles chute fortement, cela aura un fort impact négatif sur la performance.
Pour éviter ce problème, on peut être tenté de se diversifier en
investissant sur des entreprises de différents secteurs d’activité, de
différentes tailles et de plusieurs pays. Une large diversification (si elle est
correctement mise en place) permet en théorie de réduire les risques.
Cependant, avoir un portefeuille correctement diversifié demande de suivre
une multitude de sociétés, d’avoir des connaissances dans plusieurs secteurs
et de suivre l’actualité de plusieurs pays. C’est donc une tâche complexe de
réussir à suivre un nombre aussi large de sociétés afin d’être correctement
diversifié.

Résumé :

– Sélectionner des actions performantes est statistiquement difficile.


– La diversification est intéressante pour gérer son niveau de risque.
– La majorité de la performance d’un indice vient d’une minorité de
sociétés.
– Être diversifié demande un important travail de suivi.
Une majorité de perdants
« Je n’essaie pas d’être plus intelligent que les autres. L’idée que je
pourrais voir ce que personne d’autre ne peut voir est une illusion. »
Daniel Kahneman

– Investisseurs
particuliers

La majorité des investisseurs particuliers gagne peu d’argent en


investissant en Bourse. Une étude venant des États-Unis et réalisée par la
société JP Morgan22 en 2022 montre que les investisseurs particuliers sous-
performent les indices boursiers sur le long terme. Entre 2002 et 2021, un
investisseur particulier a réalisé en moyenne une performance de 3,6 % par
an. C’est largement inférieur à la progression moyenne des actions
américaines (9,5 %) ou à l’évolution des prix de l’immobilier (4,2 %) sur la
même période.
En France, les chiffres sont aussi catastrophiques quand on regarde la
performance des contrats d’Assurance vie, des investissements en général et
plus largement de la gestion de l’épargne.
– Traders
particuliers

Contrairement à de nombreux domaines, lorsque l’on investit en Bourse,


gagner en expérience ne garantit pas une hausse de la performance. C’est ce
que confirme l’étude de l’AMF citée précédemment (cf. note de bas de page
n° 12). Lorsque l’on s’intéresse aux traders particuliers actifs sur chacune
des 4 années de l’étude, on constate que leur performance moyenne ne
s’améliore pas au cours des années et qu’elle empire même. Plus les années
passent, plus le nombre d’investisseurs perdants augmente et plus leur perte
est élevée. Selon cette étude, il n’y a pas (ou très peu) d’effet
d’apprentissage. La Bourse ne fait donc pas de cadeaux, même à ceux qui
investissent depuis plusieurs années.

Nombre de Part de clients Résultat


Période
clients perdants moyen
Uniquement 2009 1881 82,51 % -4 989 €
De 2009 à 2010 1881 85,49 % -10 183 €
De 2009 à 2011 1881 85,06 % -16 386 €
De 2009 à 2012 1881 87,56 % -26 745 €
Ces mauvais résultats expliquent certainement pourquoi 60 % des traders
abandonnent au bout d’un mois de trading23. Après 5 ans, seuls 7 % des
traders sont encore actifs sur les marchés financiers.

– Fonds d’investissement

Comme nous l’avons vu dans la section consacrée aux fonds


d’investissement, très peu de fonds arrivent à battre le marché. Sur le long
terme, ils sont moins de 10 % à y parvenir sur un horizon de 10 années.
Pourtant ces fonds emploient les meilleurs ingénieurs, les meilleurs
analystes financiers, et ont accès aux meilleurs outils existants. Le plus
célèbre de ces outils est le terminal Bloomberg. Pour 24 000 $ par an et par
utilisateur, vous avez accès à des contacts, des informations et des actualités
exclusives. C’est un incroyable système de réseautage, car tous les
utilisateurs du terminal peuvent se contacter directement via une messagerie
directe et ont accès aux numéros de téléphone portable des dirigeants de
nombreuses sociétés cotées en Bourse. Ils disposent d’informations très
précises. Par exemple, si une catastrophe naturelle frappe une région, les
utilisateurs Bloomberg peuvent suivre l’avancée de la catastrophe en temps
réel. Cela leur permet de savoir si l’usine d’une entreprise dans laquelle ils
ont investi sera touchée.
Avec toutes ces ressources humaines et techniques, les fonds
d’investissement et les grandes banques ont un avantage compétitif sur la
majorité des investisseurs particuliers.
Cependant, les fonds ont aussi des contraintes que les investisseurs
particuliers n’ont pas. Un fonds d’investissement n’est pas aussi agile qu’un
particulier dans ses mouvements car il gère d’importantes sommes d’argent
et doit toujours rester en partie investi sur les marchés financiers.

Résumé :
– Que ce soient les investisseurs particuliers, les traders particuliers
ou encore les fonds d’investissement, aucun ne parvient à
surperformer les indices boursiers.
– Il semblerait qu’il n’y ait pas d’effet d’apprentissage notable.
– Les avantages compétitifs des fonds d’investissement ne permettent
pas de surperformer les indices boursiers même s’ils ont quelques
contraintes supplémentaires.
Le découragement face à des méthodes complexes
« […] le jeu défensif est la clé et, encore une fois, il faut demeurer dans
la course le plus longtemps possible. »
Paul Tudor Jones

La plupart des investisseurs particuliers investissent en Bourse quelques


mois ou quelques années au plus. Au bout d’un moment, soit ils ont perdu
trop d’argent, soit ils n’ont plus eu la motivation ni le courage d’y passer
plus de temps. Cet abandon précoce les empêchera de profiter pleinement
des possibilités de gain sur le long terme grâce aux intérêts composés.
Si vous n’êtes pas passionnés par la Bourse ou que vous n’êtes pas prêts à
y consacrer une partie de votre temps libre, il est primordial de vous orienter
vers des méthodes passives pour rester dans la course le plus longtemps
possible. Même si aujourd’hui vous avez du temps libre et que vous êtes
passionnés par la Bourse, il peut être judicieux d’investir une partie de votre
argent selon une méthode passive. Ainsi, vous serez prêts pour le jour où
vous n’aurez plus la même passion, la même envie ou moins de temps libre à
consacrer à l’investissement en Bourse.
J’ai pu constater autour de moi que la plupart de ceux qui commencent à
investir en Bourse optent pour des méthodes actives telles que le Day
Trading ou le Swing Trading. Après seulement quelques mois
d’investissement actif, la plupart d’entre eux abandonnent car l’apprentissage
leur demande beaucoup plus d’efforts ou du temps qu’ils ne sont prêts à y
consacrer. Seuls les plus passionnés continuent à investir en Bourse malgré
les difficultés rencontrées.

Résumé :

– Survivre dans le temps est nécessaire pour profiter des probabilités


positives de hausse de la Bourse à long terme.
– Investir dans la durée de manière active requiert une certaine
passion.

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