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Introduction à la bactériologie générale

Le document traite de la bactériologie, en particulier de la classification et des caractéristiques des micro-organismes, notamment des bactéries et des virus. Il décrit les différences entre les règnes animaux, végétaux et les protistes, ainsi que les modes de nutrition des micro-organismes. Enfin, il aborde la structure cellulaire des bactéries et leur classification en fonction de divers critères morphologiques et biochimiques.

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Introduction à la bactériologie générale

Le document traite de la bactériologie, en particulier de la classification et des caractéristiques des micro-organismes, notamment des bactéries et des virus. Il décrit les différences entre les règnes animaux, végétaux et les protistes, ainsi que les modes de nutrition des micro-organismes. Enfin, il aborde la structure cellulaire des bactéries et leur classification en fonction de divers critères morphologiques et biochimiques.

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PARTIE 1

BACTERIOLOGIE:

1. BACTERIOLOGIE GENERALE

0
1.1. BACTERIOLOGIE GENERALE

Chapitre I : LE MONDE MICROBIEN


La microbiologie est l'étude des micro-organismes ou microbes.
Sous ces mots nous groupons tous les êtres pour l'étude desquels
le microscope est indispensable : il s'agit des animaux, des plantes
unis et pluricellulaires et d'autres micro-organismes sans position
nette dans nos classifications actuelles.
Avant l'invention du microscope par le Hollandais Antony van
Leeuwenhoek (1632-1723) les êtres vivants étaient répartis en deux
grands règnes : les règnes animaux et végétaux. Les animaux se
distinguent des végétaux par les traits suivants :

Tableau 1.
Animaux Végétaux
Présence de chlorophylle 0 +

Photosynthèse 0 +
Paroi cellulaire distincte et 0 +
rigide
Hydrate de carbone de Glycogène Amidon
réserves

Nutrition Holozoïque Holophytique

Pouvoir de synthèse Faible Elevé

A côté de ces deux règnes, il existe des êtres vivants qu'Antony


van Leeuwenhoek avait appelés "Animalcules" mais qui taxonomi-
quement n'appartenaient ni au monde des animaux, ni au monde
des végétaux : c'est le monde des Protistes.
Les bactéries sont typiquement des micro-organismes unicel-
lulaires de taille microscopique (0,5-1 mu de large) ou ultramicros-

1
copique. Elles possèdent un appareil nucléaire peu différencié et gé-
néralement difficile à mettre en évidence. Elles sont immobiles ou
mobiles au moyen de cils. En général elles ne possèdent pas de chlo-
rophylle.
La cellule individuelle peut revêtir l'une des formes suivantes :
sphérique ou ovoïde, (cocci), cylindrique (bacilles), hélicoïdales (spi-
rochètes).
Quelques espèces bactériennes forment des endospores. La re-
production est asexuée par simple fission binaire transversale.
A cause de la mobilité de certaines d'entre elles, les bactéries
ont été classées dans le règne animal (animalcules de van Leeuwen-
hoek 1723). Puis le botaniste Cohn, (1872) les a transférées parmi
les plantes, car les bactéries tout comme les plantes synthétisent la
matière vivante à partir de composés très simples, souvent exclusi-
vement les minéraux tels que NH3, CO3, NO3.
Contrairement à la presque totalité des animaux qui se nour-
rissent en ingérant des particules solides (vie holozoïque), les
plantes et les bactéries prennent leur nourriture par diffusion sous
une forme dissoute (vie holophytique).
Mais à la différence des plantes, les bactéries présentent une
organisation très simple : elles sont unicellulaires (ou rarement plu-
ricellulaire) et ne possèdent jamais de tissus différenciés. C'est ainsi
que Haeckel (en 1866) créa, à côté des règnes animaux et végétaux,
le règne des Protistes qui comprend :

1) Protistes supérieurs : algues, protozoaires, champignons


2) Protistes inférieurs : bactéries (schizomycètes) et algues
bleues.

- Les Protistes supérieurs sont des "eucariotes" c'est-à-dire des orga-


nismes pourvus d'un "vrai" noyau, un noyau entouré d'une mem-
brane nucléaire et possédant de nombreux chromosomes. La struc-
ture de leur cellule est analogue à celle des animaux et des plantes.
Certains protozoaires (p.ex. amibes, trypanosomes etc...) qui jouent
un rôle considérable dans la pathologie tropicale seront étudiés au
cours de Protozoologie. D'autres protistes supérieurs pathogènes
2
pour l'homme sont les champignons qui seront traités dans la My-
cologie médicale.

- Les Protistes inférieurs sont dits "procaryotes" c'est-à-dire des or-


ganismes possédant un noyau dépourvu de membrane limitante,
mais porteur de matériel génétique : une pièce d'ADN dans le cyto-
plasme.
Cependant, tous les microbes ne sont pas des Protistes.
Les virus constituent un groupe à part, suivant les caractères
différentiels que voici :

Tableau 2 : Différences entre bactéries et virus.

Protistes Virus
(bactéries)
Types d'acides ADN et ARN ADN ou ARN
nucléiques
Enzymes de Présents Absents
biosynthèse
Reproduction Par scissiparité Par réplication de
l'acide nucléique
Degré de Intracellulaire Intracellulaire
parasitisme Facultatif Obligatoire

Les micro-organismes peuvent être classés en différents


groupes selon la façon dont ils se procurent de l'énergie et de la
nourriture.

1) Micro-organismes autotrophes : ce sont ceux qui peuvent


élaborer leurs propres constituants organiques tout en étant indé-
pendants d'une source extérieure de matière organique. Leur nour-
riture est constituée de substances minérales simples (CO2, H2O,
NO3 ...). L'énergie nécessaire à la synthèse de leurs constituants
complexes peut être obtenue de deux manières:

3
a) par photosynthèse au moyen de chlorophylle : ce sont des
photoautotrophes.
b) par oxydation des substances minérales : H2S, S, CH4,
NH3 : ce sont des chimio-autotrophes.
Le sol contient un grand nombre de micro-organismes chi-
mioautotrophes qui jouent un rôle primordial dans la fertilité du sol
: phénomène de putréfaction (proteines), de fermentation (hydrates
de carbone) et de conversion de l'azote atmosphérique en composés
azotés utilisés par les plantes pour la synthèse des protéines de
leurs constituants organiques.

2) Micro-organismes hétérotrophes : tous les animaux et la


plupart des bactéries mènent une vie hétérotrophe. D'après la
source de la matière organique, on distingue :

1. Les saprophites qui tirent leur nourriture organique


des végétaux et des animaux morts ou en décomposition.
2. Les parasites qui vivent normalement en association
intime avec un organisme vivant d'une autre espèce : l'hôte, dont ils
tirent leur nourriture. Ces microorganismes peuvent être soit des
parasites obligatoires (p.e. le bacille de Hansen) parce qu'incapables
de se multiplier dans un milieu artificiel, soit des parasites faculta-
tifs (B. abortus) parce que capables de mener dans certaines circon-
stances une vie saprophyte.

Ce parasitisme peut revêtir plusieurs formes :

1. Le commensalisme : le commensal vit aux dépens


de l'hôte, mais sans porter atteinte à sa santé, c'est le cas des coli-
bacilles qui habitent l'intestin de l'homme.
2. La symbiose : le parasite et l'hôte retirent de leur
association un avantage mutuel : c'est le cas de certaines souches
de colibacilles intestinaux productrices de quantités appréciables
de biotine, vitamine K, acide pantothénique, pyridoxine et vitamine
B12.

4
3. La pathogénicité : un parasite est pathogène quand
son parasitisme détermine normalement chez son hôte des symp-
tômes de maladie.
Retenons bien que le diagnostic bactériologique est sou-
vent un diagnostic différentiel entre un microorganisme pathogène
et un saprophyte ou commensal tels que :

1. le bacille du charbon et B. subtilis


2. le bacille diphtérique et les pseudodiphtériques
3. le bacille tuberculeux et les pseudo-tuberculeux.
Il est intéressant de noter également que le terme virulence
a pratiquement la même signification que celui de pathogénicité,
c'est-à-dire le pouvoir de pénétrer dans un organisme et d'y pro-
duire une maladie. Le mot virulence implique toutefois une notion
de degré. Un microbe sera appelé très virulent, si son introduction
chez l'hôte en nombre réduit provoque déjà des symptômes de mal-
adie.
La pathogénicité est due au :

1) Pouvoir toxigène ou toxicité : c'est leur pouvoir de


produire des substances toxiques pour l'hôte, appelés toxines. Ces
toxines peuvent être secrétées par le micro-organisme dans le mi-
lieu ambiant (exotoxines) ou bien elles sont liées à l'intégrité
structurale de la bactérie et seulement libérées lors de son auto-
lyse (endotoxines).
En outre certaines bactéries produisent des enzymes qui
sans être directement toxiques, facilitent le processus infecieux
p.ex. la collagénase, la coagulase, l'hyaluronidase.

2) Pouvoir invasif : c'est le pouvoir de certaines bac-


téries d'entrer dans le sang et les tissus de leur hôte, de s'y multi-
plier et d'essaimer dans tout l'organisme parasité. Le pouvoir
invasif est un phénomène très mal compris.
Signalons seulement que dans certaines espèces le pouvoir
invasif est lié à la présence d'une capsule polysaccharidique qui pro-
tège les bactéries contre la phagocytose.

5
Le pouvoir invasif et le pouvoir toxique sont très inégale-
ment répartis parmi les bactéries :
Le bacille pesteux et le bacille du charbon ont un pouvoir
invasif remarquable et tuent leur hôte sans produire la moindre to-
xine. De l'autre côté de l'échelle se trouvent les bacilles de la diph-
térie et du tétanos qui se multiplient in situ mais dont la diffusion
des toxines peut entraîner la mort. A mi-chemin se trouvent le sta-
phylocoque et le streptocoque dont le pouvoir invasif et la toxicité
varient d'une souche à l'autre.

6
Chapitre II : CLASSIFICATION DES BACTERIES
L'intérêt clinique et épidémiologique de la bactériologie ré-
side dans l'identification de la souche bactérienne. Cette identifica-
tion se base sur les caractères morphologiques, culturaux (milieu
de culture et température optimale de croissance), biochimiques
(chaînes enzymatiques etc...), antigéniques (sérologie), sur la sensi-
bilité aux antibiotiques (antibiogramme) et à des bactériophages (ly-
sotypie)...
L'ensemble de ces critères permet donc de classer les bac-
téries dans telle ou telle espèce. Les souches bactériennes qui pré-
sentent de légères différences par rapport à l'espèce-type sont dites
variétés, biotypes, sérotypes, lysotypes etc...
Les espèces apparentées sont rangées dans un même
genre; les genres dans une même famille; les familles semblables
dans un même ordre etc... Les bactéries sont souvent désignées par
deux noms latins, l'un représentant le genre (majuscule) et l'autre
l'espèce (minuscule).

P.e. - Streptococcus pneumoniae, agent de la pneumonie lobaire et


des méningites sporadiques.

- Mycobacterium tuberculosis, agent de la tuberculose.

Suivant l'ensemble des caractères décrits ci-dessus, les bactéries peu-


vent être rangées comme suit :

1) Les Coccis
2) Les Entérobactéries
3) Les Parvo-bactéries
4) Les Pseudomonas
5) Les Vibrions
6) Les bacilles aérobies sporulés
7) Les bacilles anaérobies stricts
8) Les Mycobactéries
9) Les Spirochètes
10) Les Rickettsies
7
11) Les mycoplasmes.

Chapitre III : CYTOLOGIE DES BACTERIES


Comme nous le disions plus haut, la cellule bactérienne est
une cellule procaryote qui se distingue de la cellule eucaryote par le
fait qu'elle n'a pas de membrane limitante, pas de mitose, pas de
réticulum endoplasmique, pas de mitochondries.
Cependant, il y a des ressemblances et des analogies qui per-
mettent d'étudier cette cellule selon le schéma classique utilisé en
cytologie animale, ou végétale, c'est-à-dire nous étudierons succes-
sivement le noyau, le cytoplasme, les membranes etc...

Figure1 : Composition de la cellule bactérienne.

A. Le noyau bactérien
Il s'agit d'un simple nucléoplasme : noyau dépourvu de mem-
brane limitante, mais porteur de matériel génétique. Au microscope
ordinaire, il est difficile de déterminer la limite entre le noyau et le
cytoplasme car celui-ci est aussi basophile que le noyau. Toutefois,
il peut être mis en évidence par l'une des techniques suivantes :

8
1) Microscopie à contrastes de phases
2) Microscopie électronique sur coupe ultra-fines de corps
bactériens : la région nucléaire est constituée d'un unique
filament (chromosome) qui est pélotonné sur lui-même.
3) Coloration spéciale du noyau :

a. Par la méthode de Feulgen qui est spécifique pour


l'acide désoxyribonucléique (ADN) propre à la substance nucléaire.
L'acide ribonucléique ARN, propre au cytoplasme est Feulgen néga-
tive. La réaction de Feulgen consiste en une hydrolyse acide suivie
d'une coloration spécifique du groupement aldéhyde.
L'hydrolyse libère, dans l'ADN la molécule de désoxyri-
bose qui prend alors la configuration aldéhyde;

b. par la méthode de Piechaud : coloration du noyau


par l'éosinate d'azur de méthylène sans hydrolyse préalable.
4) Destruction sélective de l’ARN cytoplasmique soit par la
ribonucléase soit par HCl 1 N chauffé à 60°C suivie de la
coloration par le Giemsa (méthode de Robinow). Le noyau
est rattaché à la membrane cytoplasmique par les méso-
somes.

B. Le cytoplasme bactérien
1. Microscope optique : peu de renseignements, pas de
mouvement intracytoplasmique; présence des inclusions,
réserves de carbone, de phosphates.
2. Microscope électronique : sur coupe ultra-fines : grains
intracytoplasmiques représentant les ribosomes qui sont
groupés en amas appelé : polyribosomes, siège de syn-
thèses protéiques.
C. La membrane cytoplasmique
1. Mise en évidence par plasmolyse : en mettant la bactérie
dans une solution hypertonique; l'eau sort de la cellule
qui se rétracte. Le cytoplasme se décolle de la paroi et
apparaît entouré d'une membrane plus réfringente.
- par coloration
9
- par microscopie électronique;

2. Mésosomes : ce sont des invaginations de la membrane


cytoplasmique;

3. Rôle de la membrane cytoplasmique :


- rôle de perméabilité sélective
- siège de nombreux enzymes : cytochromes, en-
zymes du cycle de Krebs.

D. Paroi des bactéries


C'est le squelette externe qui sert à contenir la forte pression
osmotique intra-cytoplasmique qui permet à la bactérie de résister
à la lyse osmotique en milieu isotonique ou hypotonique. C'est la
paroi qui détermine également la forme de la cellule bactérienne qui
peut être :

1. Sphérique :
- coques en grapes p.e. le staphylocoque

- coques en chaînette p.e. le streptocoque

- coques lancéolés : p.e. le pneumocoque

- diplocoque en grain de café p. e. le gonocoque

10
2. Bacillaire : gros bacille : p.e. E. coli

Bacille flexueux : p.e. le Bacille de Koch.

3. Spiralée : en virgule p.e. le vibrion

en spirale p.e. le tréponéme pâle

La paroi est mise en évidence par certaines colorations telle


que celle de Gram qui permet de diviser les bactéries en deux
groupes distincts : les bactéries à Gram positif sont colorées en vio-
let et les bactéries à Gram négatif qui sont colorées en rouge.
Le colorant est constitué de :
1. violet de gentiane
2. Lugol
3. Alcool-acétone
4. Fuchsine de Ziehl dilué 1/10.
La paroi qui représente 20-35 % du poids sec d'une bactérie
est rigide, ductile c'est-à-dire peut être étirée sans se rompre et élas-
tique. Sa composition chimique est très complexe. Grosso modo, elle
peut être définie comme suit :
a) Chez les bactéries à Gram positif : p.e. le Staphylocoque.

11
L'élément le plus important est une énorme macro-molécule
qui constitue un filet autour de la cellule bactérienne : c'est le gly-
copeptide dont l'ossature est formée de 2 sucres qui s'alternent de
façon régulière : l'acétyl-glycosamine et l'acide N-acétyl muramique
réliées entre eux par des ponts glucosidiques (1-4). Au radical car-
boxylique de l'acide N-Acétyl muramique s'attache une chaîne d'a-
cides aminés, un tétrapeptide constitué de L-ala-d-glu, L-lys et d'-
ala.
Des ponts de pentaglycine relient les tétrapeptides de diffé-
rentes chaînes. Des acides téichoïques sont associés aux glycopep-
tides. Il n'y a pas de lipides.
b) Chez les bactéries à Gram négatif : p.e. E. coli
La paroi des bactéries à Gram négatif est composée de glyco-
peptide en quantité réduite, mais surtout de lipopolysaccha-
rides et des protéines. Le complexe glucido-lipido-polypeptidi-
que constitue l'antigène O des bactéries à gram négatif. Il n'y
a pas d'acide teichoïque.

E. La Capsule bactérienne
Certaines bactéries - p.e.Streptococcus pneumoniae et Klebsiel-
la pneumoniae - peuvent présenter une couche externe de nature
polysaccharidique appelée "capsule". Les bactéries encapsulées for-
ment des colonies mucoïdes. En cas de mutation, (perte de capsules)
les colonies deviennent rugueuses. La capsule peut être mise en
évidence par la coloration à "l'encre de Chine" qui la fait apparaître
en négatif ou après imprégnation argentique.
La capsule diminue la sensibilité de la cellule bactérienne à la
phagocytose et aux bactériophages qui doivent s'attacher aux récep-
teurs cytoplasmiques afin d'inoculer leur matériel génétique.

F. Les cils ou flagelles


Les cils ou flagelles sont des organes locomoteurs de certaines
bactéries mobiles. Ils mesurent 6-20 microns de long pour un dia-
mètre de 10-20 milimicrons. Ils sont mis en évidence par la micro-
scopie à contraste de phase ou par une coloration spéciale (après
imprégnation argentique).
12
Les flagelles sont des protéines (flagelline), de PM = 30.000 et
sont fortement antigéniques (antigène H). Le flagelle naît d'un cor-
puscule basal situé dans le cytoplasme. La répartition des flagelles
sur le corps bactérien peut être :
- du type monotriche : un seul flagelle à l'une des extrémi-
tés du corps bactérien
- un type lophotriche : en cas d'une touffe de cils à l'un des
pôles bactériens
- du type péritriche : en cas de ciliature périphérique nom-
breuse.

Figure 2 : Différents types de ciliature bactérienne.

G. Les pili ou fimbriae.


Il existe deux sortes de pili (pilus = poils) :
- les pili communs - courts (0,3-1 microns) et nombreux (100-
200 par cellule)
Ces pili ne jouent aucun rôle dans la mobilité bactérienne
mais, sont à l'origine des propriétés hémagglutinantes de cer-
taines bactéries.

13
- les pili sexuels - longs (20 microns) et se terminant par un
bouton peu nombreux (1-4 par cellule).
Ces pili jouent un rôle dans les phénomènes de conjugaison et
de transmission des facteurs de résistances extra-chromoso-
miques.
H.La spore bactérienne.
La spore ou endospore est un corpuscule réfringent qui se forme
à l'intérieur de certaines bactéries appartenant aux genres Bacillus et
Clostridium, dans certaines conditions de l'environnement.
La forme, le diamètre et la localisation des spores peuvent être
caractéristiques d'une espèce bactérienne bien déterminée. Ainsi
d'après leur localisation, on distingue :
- le genre clostridium dont les spores sont en position pa-
racentrale déformante;
- le genre plectridium dont les spores sont en position ter-
minale déformante;
- le genre bacillus dont les spores sont en position centrale
non déformante.
La spore a une double paroi imperméable aux colorants. Le
contenu de la spore ne se colore donc pas; sa formation est précédée
par une condensation locale de matériel nucléaire. Ses enveloppes
sont de nature protéique.
La spore a toujours été considérée comme une forme de résis-
tance qui apparaît dans des circonstances défavorables. En réalité
la spore se forme dans les cultures longtemps avant l'épuisement
des substances nutritives. Par contre, il est vrai qu'elle résiste à des
températures allant de 80° à 100° et à des substances chimiques
parce qu'elle se trouve à l'état de déshydratation et possède une pa-
roi imperméable. Elle est détruite à 120°C.
La spore joue un rôle épidémiologique considérable dans la
transmission du tétanos, du charbon etc... La germination des
spores survient dès qu'elles rencontrent un milieu favorable, c'est-
à-dire contenant des acides aminés (L-alamine), des hydrates de
carbone et un précurseur d'acide nucléique.

14
Chapitre IV : GENETIQUE BACTERIENNE

VARIATIONS BACTERIENNES
Selon l'ancienne conception du pléomorphisme ou polymor-
phisme (Mageli, 1849), les microorganismes étaient si variables
qu'ils passaient d'une espèce à l'autre. Les travaux de Koch et de
Pasteur ont fait admettre la stabilité des espèces bactériennes. Cette
stabilité n'est pourtant pas absolue.
Nous constatons en effet que les bactéries sont soumises à une
variabilité considérable. L'analyse de ces variations a montré
qu'elles peuvent être classées en deux groupes : les variations phé-
notypiques et les variations génotypiques.

1. Les variations phénotypiques ou non-génétiques


Par phénotype on comprend l'ensemble des propriétés physio-
logiques et morphologiques d'un organisme. Les variations phéno-
typiques sont des variations non héréditaires, dues à des modifica-
tions du milieu extérieur. Cette adaptation à diverses conditions ex-
térieures intéresse l'ensemble d'une population bactérienne ayant le
même génotype. Ces variations sont progressives et disparaissent
avec ou peu de temps après la modification du milieu. Elles ne sont
jamais permanentes. Elles sont donc réversibles, instables et non
héréditaires.
Exemples de variations phénotypiques
1. Les salmonella possèdent généralement des flagelles,
déterminés par le génotype. La culture en milieu phé-
niqué donne un développement sans flagelles. Après re-
piquage en milieu non-phéniqué, les flagelles réapar-
raissent.
2. Un groupe bien étudié des modifications phénotypiques
est celui des adaptations enzymatiques. L'équipement
enzymatique des bactéries comportent deux sortes
d'enzymes :

15
a. Enzymes constitutifs : ce sont ceux qui sont tou-
jours élaborés p.e. l'oxidase chez les pseudomonas
b. Enzymes adaptatifs : ce sont ceux qui sont produits
en réponse spécifique à la présence du substrat ou
une autre substance inductrice dans le milieu de cul-
ture : p.e. penicillanose de B. cereus qui produit cet
enzyme seulement après contact avec la pénicilline. Si
on enlève la pénicilline, ce pouvoir se perd en quel-
ques générations

2. Les variations génotypiques


Le génotype est l'ensemble des déterminants héréditaires d'un
organisme. Ces déterminants sont constitués par des unités qu'on
appelle "gènes" et qui sont rangées linéairement sur les chromo-
somes. Le génotype est relativement constant et est transmis comme
information au cours des générations successives. Le génotype dé-
termine à son tour les limites de la variation phénotypique. Le gé-
notype n'est pourtant pas immuable. Il y a deux types de méca-
nismes qui peuvent conduire à des variations du génotype
: les mutations et les transferts de gène.
A l'inverse des variations phénotypiques, les variations géno-
typiques sont héréditaires, et stables, elles sont brusques dans leur
apparition et n'affectent que quelques rares individus au sein d'une
population donnée. En principes elles sont spontanées et indépen-
dantes des changements du milieu.

A. Variations génotypiques par mutations


La mutation est une modification génotypique brusque due au
gain, à la perte ou à la modification d'un gène. L'individu qui a subi
une mutation s'appelle mutant. Une propriété acquise par mutation
peut être perdue par mutation réverse ou "back-mutation", c'est-à-
dire une mutation de retour vers la souche initiale.
La fréquence de mutations est la proportion de mutants dans
une population bactérienne donnée. Elle se situe entre 10-5 et 10-10

16
avec une moyenne de 10-8 (un mutant sur cent millions de descen-
dants).
La reproduction rapide des bactéries permet la production d'un
grand nombre de mutants en peu de temps (plusieurs milliers dans
un ml de culture liquide). On peut donc dire qu'en réalité, une cul-
ture "pure" d'une bactérie n'existe pas.
La fréquence de mutation dans une population bactérienne
donnée dépend surtout du taux de mutation c'est-à-dire la probabi-
lité d'apparition de la mutation dans l'intervalle de temps compris
entre deux divisions.
Le taux de mutation est souvent défini comme suit :

M
a=
N1 - N0

- a = étant le taux de mutation ;


- N0= le nombre de germes au temps 0 ;
- N1= l'accroissement du nombre de bactéries au bout de 2 gé-
nérations ;
- M = le nombre de mutations survenues entre N0 et N1.

D'ordinaire, une mutation se produit sur un caractère uni-


que. Deux mutations portant sur deux caractères indépendants
dans une même cellule sont plutôt rares, pour la bonne raison que
chacun des caractères a une probabilité de mutation de 10-8 et par
conséquent la probabilité de mutation des deux caractères simulta-
nément est de 10-16.

Agents Mutagènes
Bien que la mutation soit en principe un événement spontané,
la fréquence des mutations peut être augmentée par certains agents
mutagènes, tels que les Rayons X, les Rayons ultra-violets, H2O2,
moutarde azotée, la MnCl2.
L'action de ces agents n'est pas spécifique. En général ils font
augmenter la fréquence de toutes les mutations spontanées. Mais

17
souvent de tels agents mutagènes ne sont pas la cause de mutation,
mais ne font que sélectionner des mutants spontanés qui pré-exis-
taient à l'action de ces agents.
Ceci a été démontré par Lederberg en utilisant des cultures par
réplique sur le velours :

Figure 3 : Production de mutants résistants à la


Streptomycine.

Cette figure illustre le schéma de la méthode de Lederberg pour


étudier les mutants bactériens résistants à la streptomycine. Les
boîtes de Pétri 1, 2,3 et 4 ainsi que les tubes A, B, et C sont dépour-
vus de streptomycine tandis que les boîtes 1S, 2S, 3S et 4S contien-
nent de la streptomycine. La boîte 1 est massivement ensemencée
avec une souche bactérienne. Un disque de velours stérile est appli-
qué sur la surface de la gélose ensemencée et puis appuyé sur la
gélose de la boîte 1S contenant de la streptomycine, réalisant ainsi
un ensemencement tel que les colonies qui poussent seront dispo-
sées de la même manière que les colonies initiales de façon s'il y a

18
une colonie résistante à la streptomycine sur la boîte 1S, on puisse
repérer facilement son emplacement sur la boîte 1. Une zone de
celle-ci est prélevée et ensemencée dans le bouillon A dépourvu de
stréptomycine pour permettre la pullulation de ce mutant et obtenir
ainsi un clone de bactéries résistantes à la streptomycine.
A partir du tube A, on ensemence la boîte 2 qui donne quelque
colonie repiquée sur la boîte 2S qui résistent à la streptomycine et
ainsi de suite... L'ensemencement de la boîte 3 est fait de sorte à
permettre le développement de colonies isolées. Au bout d'un certain
nombre de passages, on obtient un clone de bactéries résistantes à
la streptomycine. La mutation que nous avons observée c'est-à-dire
la streptorésistance, était donc spontanée et préexistait à tout
contact avec cet antibiotique. On peut donc conclure que toutes les
mutations bactériennes sont spontanées et qu'elles ne sont jamais
induites par l'agent sélectif au moyen duquel on les met en évidence.

Quelques exemples de mutations :

- Résistance aux agents chimiothérapeutiques


Depuis qu'Enrlich a découvert l'arséno-résistance des trypa-
nosomes, la notion de résistance aux sulfamidés et aux antibioti-
ques est devenue familière. A priori elle pourrait être due à deux
mécanismes :
a) Adaptation progressive et simultanée de toute la popu-
lation. Cette forme phénotypique de résistance, si elle
intervient est en tout cas négligeable.
b) Mutation de quelques individus suivie de sélection.
L'expérimentation a montré que ce dernier mécanisme
est souvent en cause. Depuis que des bactéries existent,
elles donnent naissance à des rares mutants résistants
aux antibiotiques.

Toutefois comme la vitalité de ces mutants n'est pas supérieure à


celle de la souche parentale sensible, leur fréquence est toujours
restée insignifiante. L'introduction des antibiotiques n'a pas stimulé

19
la fréquence des mutations, mais, en supprimant les germes sen-
sibles elle a permis la multiplication illimitée des résistants. Cet
exemple illustre parfaitement la conception darwinienne de l'évolu-
tion.

Ce mécanisme de résistance acquise ne s'applique pas aux


antiseptiques comme le formol et l'acide phénique, mais seulement
aux agents chimiothérapeutiques. Ces derniers ont une action cy-
totoxique sélective, p.e. en bloquant une chaîne enzymatique chez
le microbe et pas chez son hôte.

- Gain d'une fonction enzymatique


L'exemple classique est le B. commutabile (Massini, 1907).
Quand on ensemence ce colibacille sur une boîte de Pétri contenant
un milieu à base de lactose et du rouge neutre comme indicateur de
pH (acide = rouge), on remarque d'abord que toutes les colonies sont
incolores. Après quelques jours apparaissent sur quelques colonies
des papilles rouges, qui repiquées sur une autre boîte, donnent di-
rectement des colonies rouges. Nous assistons donc à la mutation
d'un colibacille qui ne fermente pas le lactose en mutant lactose +
E.coli l- + milieu lactosé ---> E.coli 1± ---> E.coli 1+.

- Perte de fonction enzymatique


Parfois la mutation se reflète par la perte du pouvoir de fabri-
quer un métabolite essentiel qui devient ainsi un facteur de crois-
sance. La souche parentale est le type prototrophe, la souche dé-
ficiente s'appelle auxotrophe. Les mutants auxotrophes sont utiles
pour le dosage des facteurs de croissance (dosage microbiologique
de vitamines, d'acides aminés, au moyen de lactobacilles).

- Dissociation en phases: variation S – R


Une culture homogène peut parfois donner lieu à deux sortes
de colonies : types S (smooth) et type R (rough). En français on parle
de type lisse et type rugueux. Les colonies lisses ont un bord régu-
lier, et une surface lisse et bombée. Les colonies rugueuses sont des
colonies plates, à bord irrégulier et surface mate. Dans la nature on
20
rencontre presque toujours la forme S, tandis que la forme R tend à
apparaître dans les cultures. On explique la variation S - R par une
mutation qui provoque une altération de la surface bactérienne.
Cette altération entraîne à son tour une différence dans la morpho-
logie des colonies, une perte de la virulence, une perte des antigènes
superficiels spécifiques, etc...
La dissociation s'opère surtout dans le sens S-R, et est favori-
sée par la culture en milieu liquide, le vieillissement des cultures et
la présence d'un antisérum anti-phse S. Le retour de R à S est diffi-
cile à obtenir : culture en présence de sérum anti-R ou passages sur
animaux de laboratoire.

B. Variations génotypiques par transferts des gènes


La transmission des caractères héréditaires peut se réaliser
par échange de matériel génétique d'une cellule donatrice à une cel-
lule réceptrice de génotype différent.
Ce transfert peut être assuré par divers mécanismes dont les
mieux connus sont : la transformation, la conjugaison, la conver-
sion lysogénique et la transduction.
En général, ce transfert n'intéresse qu'une partie du matériel
génétique du donneur et non la totalité du chromosome de la bacté-
rie donatrice, sauf dans le cas de transfert chromosomique lors
d'une conjugaison entre deux bactéries.
1. La transformation
Lors de la transformation, des fragments de l'acide désoxyribo-
nucléique d'une bactérie donatrice sont incorporés dans le génome
d'une bactérie réceptrice génotypiquement différente. Ce phéno-
mène a été découvert par Griffith en 1928 chez le pneumocoque
dans une expérience qui s'était déroulée comme suit :

Figure 5 : Transfert du materiel génétique par transformation.

21
Une souris infectée
avec le pneumocoque S1 (encapsulé) meurt en quelques jours. De
ses poumons, on peut isoler des pneumocoques S1. Si par contre,
on injecte des pneumocoques S1 tués par la chaleur, la souris ne
meurt pas. De même l'injection des pneumocoques R1 (non encap-
sulés) n'a aucun effet létal.

Cependant le mélange du pneumocoque R1 avec le pneumoco-


que S1 tué par la chaleur, est capable de tuer la souris chez laquelle
on peut isoler les pneumocoques S1. Il y a eu donc un transfert du
matériel du germe tué S1 à la bactérie vivante R1 qui devient ainsi
capable de former une capsule, condition sine qua non de sa viru-
lence.
Le principe transformant a été identifié : c'est de l'ADN contenu
dans les extraits bactériens.

Un fragment de l'ADN s'incorpore dans le génome de la bactérie


réceptrice en état de compétence et lui apporte ainsi des caractères
nouveaux. L'ADN nouvellement introduit remplace un fragment du
chromosome de la bactérie réceptrice par crossing over. Certains cas
de résistance aux antibiotiques peuvent s'expliquer par ce méca-
nisme.

2. La conjugaison

22
Il y a conjugaison lorsqu'il y a union entre deux bactéries de
sexe différent suivie du passage de la bactérie mâle à la bactérie
femelle, soit d'un fragment du chromosome, soit d'éléments généti-
ques autonomes appelés plasmides.

Ce phénomène a été mis en évidence par Ledrberg et Tatum en


1946 chez des mutants d'Escherichia coli ayant des besoins diffé-
rents en facteurs de croissance.

L'expérience de ces auteurs est résumée dans la figure


suivante:

Figure 6 : Transfert du matériel génétique par conjugaison

Le mutant 1 était incapable de synthétiser la théonine et la


leucine : le mutant 2 en était capable mais pas pour la théonine et
la leucine.
Mais si ces deux mutants sont mis en contact (24h à 37°C)
dans un milieu riche en ces facteurs de croissance, puis répliqués
sur un milieu carencé en ces facteurs, on obtient des recombinants
génétiques n'ayant plus d'exigence en ces facteurs de croissance et

23
donc possédant le génotype A+ B+ C+ D+. De tels germes n'appa-
raissent que s'il y a contact entre les bactéries, car les mutants en-
semencés directement sur milieu solide ne poussent pas.
Lors de cette union, il se produit souvent un passage d'élé-
ments génétiques autonomes et extra-chromosomiques appelés
plasmides.
Les plasmides sont d'habitudes libres dans le cytoplasme. Par-
fois ils s'accolent au chromosome et se répliquent avec lui.
Des plasmides qui peuvent exister sous les deux états, c'est-à-dire
libres dans le cytoplasme ou intégrés dans le chromosome bactérien
sont appelés épisomes. C'est le cas du facteur F qui, comme nous
le verrons ci-après, est libre chez les bactéries F+ et intégré dans le
chromosome des bactéries Hfr.

Exemple de transfert de plasmides par conjugaison :


1). Transfert du facteur de fertilité F+
Il existe dans le phénomène de conjugaison une certaine pola-
rité comparable à la différenciation en sexes. Certaines souches ne
se recombinent jamais entre elles. Ce sont les souches "réceptor".
D'autres souches se recombinent avec les souches réceptrices (F-)
ou rarement entre elles : ces cellules donatrices (F+) sont des cel-
lules mâles : au cours de la recombinaison, une bactérie F+ et une
bactérie F- subissent la conjugaison.
Une partie du génome F+ migre vers la cellule réceptrice et y
prend la place de la fraction homologue.
Le facteur F (de fertilité) ou facteur sexuel est une particule de l'ADN
qui se transmet de cellule en cellule par contact, c'est-à-dire d'une
cellule mâle F+ à une cellule femelle F-.
La bactérie femelle F- qui reçoit le caractère mâle F+, devient de ce
fait une bactérie mâle.
Le facteur F+ est un épisome, il est situé soit dans le cyto-
plasme soit intégré dans le chromosome. La fréquence de transmis-
sion de ce facteur de fertilité est très élevée; après contact en milieu
liquide d'une souche F+ et d'une F-, 50 % de souches F- deviennent
F+.

24
Cette fréquence est bien plus grande lorsqu'il s'agit de mutants
dits à "Haute fréquence de recombinaison" ou Hfr. Cependant,
le recombinant issu du croisement Hfr x F- ne possède pas de fac-
teur F+, c'est-à-dire que le Hfr ne transmet pas le facteur F+, alors
que le croisement F+ x F- donne un recombinant contenant le carac-
tère F+.

Ce fait paradoxal s'explique comme suit :

1°). Dans le cas du croisement F+ x F-, le facteur F+ est


situé dans le cytoplasme, près du pili F (site replicateur).
Lors de la conjugaison, le facteur F+ se réplique seul, et une
double hélice néoformée glisse dans le pili et se fixe dans le
cytoplasme de la cellule femelle.
2°). Dans le cas du croisement Hfr x F-, le facteur F+ est
intégré dans le chromosome bactérien. Celui-ci donne l'im-
pression d'être linéaire à cause de la rupture au niveau de
l'insertion du facteur F+.
Lors de la réplication du chromosome, le gène F+ ne passera
qu'exceptionnellement, parce qu'il se trouve dans la partie terminale
du chromosome devenu linéaire. Il n'y a que les premiers gènes ré-
pliqués qui seront transmis à la cellule femelle.
Le nombre de gènes transférés sera fonction du temps de
contact entre deux bactéries en conjugaison. Ainsi donc le facteur F
étant terminal, ne passera qu'en cas d'une longue exposition.
Croisement entre une cellule Hfr et une cellule F-. Le facteur F est
intégré dans le chromosome.

2). Transfert de la pénicillinase chez le staphylocoque


Certaines souches de staphylocoques possèdent des plasmides
qui dirigent la synthèse d'une enzyme, la pénicillinase qui rend la
pénicilline inactive.
Ces plasmides ne sont pas intégrés dans le chromosome et ne se
confèrent pas par conjugaison. Ils se transmettent de cellules à cel-
lules par l'intermédiaire des phages.

25
3). Le facteur R de résistance aux antibiotiques
Certaines bactéries sont porteuses de plasmides appelés "fac-
teur de résistance R" qui déterminent la résistance à tel ou tel anti-
biotique. Ainsi lorsqu'une bactérie pourvue du facteur R entre en
contact avec une bactérie sensible, il se produit un transfert de ré-
sistance à un ou plusieurs antibiotiques. Le facteur R est cytoplas-
mique et comparable au facteur F; son transfert se fait soit par
conjugaison, soit par transduction.
Ainsi qu'il sera décrit plus loin, il existe au moins trois méca-
nismes génétiques qui sont à la base de la résistance bactérienne
aux antibiotiques : la mutation, la recombinaison et l'acquisition
d'un plasmide de résistance.
- Résistance acquise par mutation : il existe toujours de mu-
tants dans une population bactérienne qui deviennent résis-
tants à un antibiotique donné. Cette résistance est indépen-
dante d'un contact préalable avec l'antibiotique. Celui-ci
contribue uniquement à sélectionner les mutants.
- Un mutant devenu résistant, transmet son caractère à d'autres
bactéries d'une population par les mécanismes de transforma-
tion, de transduction (dont il sera question ci-dessous) ou de
conjugaison.
S'il y a recombinaison entre deux bactéries chacune résistante
à un antibiotique, on aura une troisième bactérie résistante
aux deux antibiotiques. Dans la nature, le transfert de gènes
chromosomiques par les mécanismes de transfor-
mation, de transduction ou de conjugaison surviennent à un
taux très bas.
- Résistance acquise par plasmides ou épisomes.
Chez les bactéries Gram négatives : 60-90 % des gènes de ré-
sistance sont transmis par acquisition de plasmides de résis-
tance. Le transfert des plasmides se fait par conjugaison et
peut atteindre en quelques temps un grand nombre de bacté-
ries au sein d'une population donnée.

26
3. La transduction
La transduction est un transfert d'un fragment du chro-
mosome d'une bactérie à une autre bactérie par l'intermédiaire d'un
phage.
Le bactériophage qui s'est développé dans une bactérie, a in-
corporé dans son génome une fraction d'un ADN de cette bactérie.
Lors d'une infection d'une nouvelle bactérie réceptrice génotypique-
ment différente, il inocule le fragment de l'ADN bactérien incorporé
qui, soit s'intègre dans le chromosome de la bactérie réceptrice, soit
reste seulement accolé à celui-ci.
Le phage qui infecte une bactérie sécrète une nucléase qui
fragmente l'ADN bactérien. Un fragment du chromosome entre dans
la capside du phage. N'importe quel gène bactérien fragmenté peut
donc s'incorporer dans le phage. Mais ce fragment de l'ADN
transféré peut connaître deux destinés :

- Transduction complète : le fragment transféré est intégré


dans le chromosome et veille à la transmission des carac-
tères transcrits à toute la descendance.
- Transduction abortive: le gène transduit n'est pas incorporé
dans le chromosome de la cellule réceptrice, mais y est jux-
taposé. Ce gène ne sera pas répliqué lors de la division cel-
lulaire, mais sera transmis de la cellule mère à l'une des
cellules filles.

4. La conversion lysogénique

Figure 7 : Relation Phage-bactérie : Cycle d'évolution d'un bactério-


phage tempéré.

27
La modification du génome d'une bactérie peut résulter de l'in-
tégration d'un prophage dans son chromosome c'est-à-dire par
conversion lysogénique (voir figure).
En effet, les bactéries peuvent être infectées par un groupe par-
ticulier de virus appelés "bactériophages".
Ceux-ci sont en général spécifiques d'une espèce bactérienne
déterminée.
Après adsorption sur des récepteurs spécifiques situés sur la
membrane bactérienne, le phage inocule son matériel génétique
constitué par l'acide nucléique. Celui-ci peut, soit se répliquer dans
la bactérie qui subira de ce fait une lyse libérant ainsi de nouveaux
phages infectieux (Cycle lytique), soit se transformer à l'état de pro-
phage, en s'incorporant dans le chromosome bactérien (Cycle lyso-
génique) sans pour autant détruire la cellule hôte. Un tel bactério-
phage ou prophage se réplique synchroniquement avec le chromo-
some de son hôte pendant des générations. Mais de temps à autre,
le prophage est réactivé, se réplique et détruit la bactérie hôte.

28
Cycle normal : la bactérie non-infectée se multiplie en augmentant
de taille et en se divisant ensuite en 2 cellules
filles (multiplication par fission binaire transver-
sale).

Phase lytique : la bactérie est infectée : le phage s'adsorbe sur la


membrane bactérienne pour :
- soit proliférer, former des phages mûrs et dé-
truire la bactérie hôte (Cycle lytique) : ce phage
est dit virulent.
- soit s'intégrer dans le chromosome bactérien et
constituer la phase lysogénique: le phage est
dit tempéré.

Phase lysogénique : le matériel génétique inoculé ne se réplique


pas de façon indépendante, mais s'intègre dans le chromosome hôte
et se réplique avec lui de manière synchrone à chaque génération
cellulaire. Le chromosome viral ainsi intégré s'appelle prophage, et
les bactéries porteuses de ces prophages sont dites lysogènes. Sont
appelés phages tempérés les virus capables d'induire une lysogénie.
Quand le phage d'une bactérie lysogène s'intègre dans le chromo-
some d'une autre bactérie, en lui apportant de nouveaux caractères
propres à la bactérie lysogène, on parle de conversion lysogénique.

Ce phénomène de conversion lysogénique a été observé chez


plusieurs bactéries :

- Salmonella : les salmonella 3,15 sont lysogènes. Lorsque


leurs phages s'intègrent dans le chromosome des salmo-
nella dont l'antigène somatique est 3,10, on obtient par
conversion lysogénique de nouvelles salmonella dont l'an-
tigène somatique et 3,15.
- Corynebacterium diphteriae : le C. diphteriae non-toxi-
gène peut devenir toxigène par conversion lysogénique à la
suite de l'intégration dans leur chromosome d'un phage en

29
provenance d'une bactérie toxigène. La production de to-
xine chez le bacille diphtérique dépend donc de la présence
d'un prophage (conversion lysogénique).

Il ne faut cependant pas confondre le phénomène de transduction


avec celui de conversion lysogénique. Dans le dernier cas, le nou-
veau caractère est induit par le seul génome viral. En outre, la fré-
quence de la conversion est très élevée : toute bactérie (100 %) qui
héberge un prophage est convertie.

Chapitre V : PHYSIOLOGIE BACTERIENNE

La bactérie est capable d’exécuter divers réactions


biochimiques impliquées dans la production d’énergie (métabolisme
énergétique) et dans la synthèse de constituants cellulaires
(métabolisme de synthèse)
1. Réactions cataboliques de la chimiosynthèse.
Les bactéries hétérotrophes obtiennent leur énergie par
l’oxydation d’une nourriture organique extérieur (chimiosynthèse)
cette dégradation consiste à une série de réaction enzymatique dans

30
laquelle on peut distinguer quatre phase : digestion, pénétration,
préparation à l’oxydation.
a) Digestion
La plupart d’aliments organique sont trop volumineux
pour pouvoir pénétrer dans bactérie pour atteindre le lieu
d’oxydation. Ils doivent d’abord subir une digestion c’est-à-dire
être fragmentés en très petits morceaux. Ce travail est accompli
par des exo-enzymes. La digestion consiste donc en hydrolyse
sous l’influence des exo-enzymes, de large molécule en molécule
plus petites capables de pénétrer dans la cellule bactérienne.
1) Digestion des protéines
Elle consiste dans l’hydrolyse des chaine =s de
polypeptides catalysée par divers enzymes protéases, la peptidase
fixe une molécule d’eau sur la liaison peptidique et sépare deux
acides aminés. Ces derniers peuvent entrer dans a cellule.
2) Digestion des hydrates de carbone
La digestion des polysaccharides se fait en plusieurs
étapes : p.e. digestion de l’amidon.
3) Digestion de graisses
Elle se fait sous l’influence des lipases. Les glycérides sont
des esters de glycérol et de 3 molécules d’acide gras. La
glycéridase (qui est une estérase) hydrolyse la glycéride en
glycérol et acides gras.
4) Digestion des acides nucléiques
Dans la cellule les acides nucléique sont liés à des
protéines basiques, formant ainsi des nucléoprotéines. Les acides
nucléiques sont de hauts polymères de nucléotides. Le nucléotide
est un ester phosphorique de nucléoside. On appelle nucléoside la
combinaison d’une base purines ou pyrimidique avec un ose.

b) Pénétration
Les produits de la digestion c’est-à-dire les petites
molécules obtenues par l’hydrolyse enzymatique de larges
molécules telles que les protéines, les hydrates de carbone et les
lipides, pénètrent dans la cellule bactérienne par deux mécanismes
possibles :
31
- Diffusion passive : les molécules diffusent au travers de la
membrane cellulaire jusqu’au moment où les concentrations
internes et externes soient égales. Ce modèle diffusion et
trop lente pour permettre le déroulement d’un métabolisme
normal

- Diffusion facilité : certaines bactérie ont une membrane


dotée d’un système qui catalyse la diffusion d’un type de
molécules déterminées et qui accélère ainsi l’obtention d’un
équilibre entre les concentrations élevées des aliments ce
sont des perméases qui catalysent leur entrée. Le nombre
de perméases d’une bactérie correspond à la complexité de
ses éléments nutritifs.

c) Préparation à l’oxydation

La bactérie ne possède pas toujours un enzyme permettant


l’oxydation directe des substances simples entrant dans la cellule.
Cette substance doit alors être préparée par série de réaction non
oxydatives qui aboutissent à un substrat oxydable. La réaction
préparatoire peut être une décarboxylation, une désamination,
une déshydratation, une phosphorylation, etc…
La phosphorylation est d’une grande importance. Elle
consiste dans la fixation enzymatique d’un groupement
phosphate. La liaison phosphate permet alors la mise en réserve
d’énergie libre.
d) Oxydation proprement dite

Seule l’oxydation des composés phosphorylés peut fournir de


l’énergie biologiquement utilisable.
Un exemple d’oxydation d’un produit organique est l’oxydation
du glucose. Celle-ci peut aboutir à deux voies oxydative et voie
fermentaire.

a) Voies oxydative : le glucose est dégradé en pyruvate qui est


transformé en acétyl CoA. Celui-ci aboutira, au travers du

32
cycle de krebs, à la formation des molécules de CO2 et H2O. la
perte d’hydrogène s’accompagne de libération d’électrons.
Comme ceux-ci ne peuvent pas subsister à l’état libre dans la
cellule, ils seront transportés par des molécules spécialisées à
des accepteurs d’électrons.
- Si l’accepteur fins est l’oxygène, le phénomène est
appelé respiration et la bactérie est dite aérobie. La
fixation de l’hydrogène sur l’oxygène aboutit souvent
à la formation de peroxyde d’hydrogène (H2O2) qui est
toxique pour la bactérie.
La plupart des bactéries aérobies possèdent un
enzyme : catalase qui active décomposition H2O2 en
H2O et O2. Les bactéries anaérobies ne supportent
l’O2 parce qu’elles sont dépourvues de catalase.
b) Voies fermentation dans ce cas, l’accepteur final est
organique : p.e. le Pyruvate produit par la dégradation du
glucose, est l’accepteur d’hydrogène ; son hydrolyse aboutit à
la formation des produits acides tels que CO2, l’alcool et l’acide
lactique. L’énergie obtenue sera forcément moins importante
que lors de l’oxydation. Les réactions aboutissant à l’oxydation
n’exigent pas d’oxygène.
Dans la bactérie, les oxydo-réductions ne se font pas
généralement pas par transition direct d’hydrogène à
l’accepteur final. Ce transfère se fait généralement en plusieurs
étapes. Chaque étape est activée par un enzyme dont la
coenzyme fixe transitoirement l’hydrogène pour le passé
ensuite à l’autre accepteur. Apoenzyme et coenzyme forment
ensemble un système transmetteur d’électrons. Les enzymes
responsables de s’appellent déshydrogénase et oxydase. Les
premiers activent le transfert d’atome d’hydrogène tandis que
les deuxièmes activent l’oxygène moléculaire. Les oxydases
n’interviennent pas chez les microbes anaérobies
Notons cependant que la division en bactérie aérobie et
anaérobie n’est pas absolue, car certaines bactéries peuvent
présenter les deux types de respiration.
a) Bactéries aérobie stricte

33
Elles exigent la présence de l’oxygène pour leur
développement. p.e Pseudomonas aeroginosa possède
une oxydase.
b) Bactéries aérobie anaérobie facultative
Elles sont oxydatives, mais restent capables de ses
développer en absence d’oxygène. P.e E. coli
c) Bactéries anaérobie stricte
Leur métabolisme principal est fermentaire, mais
peuvent supporter l’oxygène. P.e clostridium tétanie
Pratiquement on peut mettre en évidence les différents types
respiratoires (épreuve de Hugh et Leifson)

a) Métabolisme oxydatif :
Epreuve du contact avec l’oxygène. Des bactéries sont cultivées à
l’aide d’un fil droit piqué dans un milieu de culture solide contenue
dans un tube suffisamment long et étroit. Selon le niveau du
développement du germe on peut conclure :
1. Il s’agit d’une bactérie aérobie stricte si présence de colonie
uniquement à la partie supérieur du tube où la teneur en
oxygène est maximale
2. Il s’agit d’une bactérie aérobie anaérobie facultative ou
anaérobie aérobie tolérante. S’il y a développement tout le long
du tube.
3. Il s’agit d’une bactérie anaérobie stricte, s’il n y a des colonies
que dans le fond du tube, loin du contact avec l’oxygène.

b) Métabolisme fermentaire :
Epreuve d’oxydation-fermentation de Hugh et Liefson. Dans une
série de deux tubes, donc l’un est ouvert et l’autre est dit fermé par
une couche de vaseline, on inocule les bactéries à étudier par piqure
centrale.
2. croissance des bactéries
a) Technique d’Etude
Quand on met un nombre réduit des bactéries d’une espèce donnée
dans un milieu de culture liquide approprié, ce nombre s’accroit
par une succession de fissions binaires. Toutefois la courbe,
34
représentant la croissance totale en fonction du temps n’est pas
purement exponentielle.
En effet, les bactéries sont influencées par des modifications du
milieu, épuisement des aliments, accumulation de déchets toxique,
modification du pH, etc…
L’influence de ces facteurs extérieurs donne à la courbe de
croissance de bactéries une allure assez typique. Le courbe de
croissance et la multiplication bactérienne, se font par fission
binaire transversale conformément aux conditions physico-
chimique suivantes :
- Température idéale : la plupart de bactéries se développent
à la température de 37°c, elles sont dites mésophiles. Le
gonocoque pousse mieux à 36°c certaines se développent à
des températures très élevées : bactérie thermophile (40°c)
ou très basses : bactéries cryophiles (4°c) ;

- Le pH : Le pH optimal est compris entre 7,0 et 7,5. Certaines


bactéries préfèrent des milieux très alcalins pH8 : p.e. Vibrio
et Pseudomonas. Par contre le Lactobacillus pousse mieux
dans les milieux acides (pH<4) ;

- Pression partielle en oxygène : certaines bactéries sont


aérobies et d’autres anaérobies comme décrites ci-dessus.
Pour suivre la croissance des bactéries on peut mesurer trois
grandeurs différentes. Dans les trois cas, l’allure générale de la
courbe sera identique.
1. Nombre total des bactéries. Il est obtenu par comptage direct
au microscope. Dans cette méthode, on compte aussi bien les
bactéries vivantes que les bactéries mortes.
2. Nombre des bactéries viable. Ces méthodes sont basées sur
le fait que chaque bactérie viable transplantée dans un milieu frais,
est capable, soit de donner lieu à une colonie (milieu solide), soit
d’assurer un nouveau développement (milieu liquide devient
trouble)
a) Enumération des colonies sur boites de pétri. Une quantité
précise de la culture ou d’une dilution de la culture est étalée à
35
la surface du milieu ou mélangée avec le milieu. Apres
inoculation, on dénombre les colonies.
b) Méthodes des dilutions. Des dilutions croissantes de la culture
sont ajoutées à des tubes c’un milieu liquide .On détermine la
dernière dilution qui est capable de provoque un
développement .Les calculs se basent alors sur la supposition
que cette dilution contenait une seule bactérie
3. Mesure de la quantité totale de protoplasme. Les mesures
précédentes ne tiennent pas compte des modifications
morphologiques des bactéries au cours des cycles de croissance.
Pendant les phases de croissance active les bactéries individuelles
sont plus longues et multi nucléés, tandis que vers la fin du cycle,
la bactérie devient plus courte et uninuclée.
La mesure de la densité d’une culture comporte une grande marge
d’erreur :
a) Centrifugation d’une culture en capillaire gradué (à comparer
avec la mesure de l’hématocrite en hématologie).
b) Détermination du poids sec.
c) Détermination de l’azote.
d) Turbidimétrie avec un instrument optique (néphélométre de
Mac-Farland) de photo électrique

b) cinétique de croissance
La courbe que représente le nombre de bactéries viable (exprime en
log2) en fonction de temps peut être sous divisée en plusieurs
phases :
1. Phase de latence ou lag-time (en anglais). Le nombre de
bactéries reste égal ou diminue même légèrement. Cette phase
correspond au temps mis par la bactérie à élaborer certains
métabolites essentiels ou certains enzymes adaptatifs (voir
plus loin). La phase de latence diminue ou disparait si on
ensemence des bactéries jeunes dans le même milieu de
culture et si on enrichit l’atmosphère en CO2

36
2. Phase de croissance accélérée. Le rythme de multiplication
augmente.

3. Phase logarithmique ou exponentielle. Les germes se


reproduisent à une vitesse constante : la fission binaire fait
doubler leur nombre après un temps qui est spécifique pour
chaque espèce dans un milieu donné : le temps de
génération. Durant cette phase, on obtient une relation
linéaire entre log (base 2) du nombre viable et le temps.
L’inclinaison de la courbe dépend du temps de génération. Il
est de 15 à 30 minutes pour le colibacille et de plusieurs
heures pour le bacille de koch. L’accroissement du nombre des
cellules est fonction du temps.
Le milieu de culture contient un indicateur de pH (rouge de phénol)
après inclinaison on aura les réponses suivantes :
- En cas des bactéries fermentatives : présence d’acides (virage
au jaune) dans les deux tubes, comme produits terminaux de
la fermentation. Culture abondante dans les deux tubes.
- En cas des bactéries oxydatives : très peut de formation
d’acide, à la partie supérieur du tube ouvert où l’on observe
une culture peu abondante. Le tube fermé ne présente pas de
développement.
Donc les bactéries aérobies strictes sont oxydative et les bactéries
anaérobies aérobies tolérantes ou anaérobies strictes sont toujours
fermentatives.
4. Phase de croissance ralentie, le rythme de multiplication
diminue
5. phase stationnaire. La croissance globale est de 0 la
multiplication éventuelle contrebalancée par la mort des
bactéries âgées.
6. phase de déclin. Le nombre de bactérie viable diminue, elle
peut même atteindre 0. P.e une culture de Pseudomonas peut
devenir stérile en 72 h (intervention d’autolysine)
- Epuisement facteur nutritif
- Accumulation produits toxiques
- Equilibre défavorable pH+

37
Au cours de la croissance active, les bactéries ne sont pas seulement
plus longues, elles sont aussi plus colorable (plus riches en R.N.A)
et plus sensibles à certains effets nocifs p.e la pénicilline.

Chapitre VI : AGENTS ANTIBACTERIENS

38
Les désinfectants et les antibiotiques sont des substances
idéales pour lutter contre les infections.

I. DESINFECTANTS ET ANTISEPTIQUES
1. Définition : Ce sont des substances chimiques pourvues de
différentes activités antibactériennes peu sélectives et présentant
une toxicité aussi bien pour la cellule bactérienne que pour la cellule
hôte.
De ce fait, il convient de faire la distinction entre :

a) désinfectant : très toxique, germicide et bactéricide servant


à désinfecter l'environnement et le matériel inerte.
b) antiseptique : substance qui inhibe la croissance bactérienne
in vitro et in vivo. Elle est peu toxique et sert à désinfecter l'en-
vironnement. Elle peut être utilisée localement sur la matière
vivante. L'action de désinfectants et d'antiseptiques dépend de
leur concentration et du temps de leur exposition.
2. Nature chimique
1) Alcool : p.e. alcool éthylique à 70 % est bactéricide en 1-2
min. mais peu efficace à une concentration moins ou plus
élevée.
Usage : désinfection de la peau.

2) Aldéhyde : formaldéhyde à 1-10 % est bactéricide en 1-6


h.
Usage : désinfection des instruments.

3) Acide : très caustique et susceptible d'entraîner une des-


truction tissulaire.
- Acide benzoïque à 0,1 % préservatif de viandes
- Acide borique à 5 % pour désinfecter les lésions cutanées
- Acide salicylique utilisé comme anti-fongique
- Acide nalidixique : antiseptique urinaire contre les bactéries
Gram négatifs sauf pseudomonas.
4) Halogène

39
- Iode : teinture d'iode : germicide en 1 min. spores en 15
mn. et sert à désinfecter la peau avant la ponction vei-
neuse et dans la préparation cutanée pré-opératoire.
- Chlore : sert à désinfecter l'eau (Halozone USP = chlora-
mine tabl. 4 mg soit 4-8 mg/l stérilisent l'eau en 15-60
min.) et à désinfecter des plaies : (solution d'hypochlorite
de Na : 0,5 % NaOCl ou solution de Dakin).

5) Agents oxydants
- Permanganate de potassium dilution 1 : 10,000.

6) Métaux lourds
- Mercure : les ions mercuriques précipitent les protéines
et inhibent les enzymes sulphydryl tant bactériennes que
cellulaires.
- Argent : les ions précipitent les protéines cellulaires.
Usage : Nitrate d'argent à 1 % pour le Crédé : instillation
ophtalmique chez le Nouveau-né pour prévenir la
conjonctivite gonococcique. Mais le produit est parfois
irritant pour la conjonctive.

7) Divers
- Phénols à 1-2 % agit par dénaturation protéique. Le com-
posé le plus utilisé est l'héxachlorophène qui est
incorporé dans le savon déodorant et antiseptique. Le sa-
von à hexachlorophène réduit l'odeur corporelle en pré-
venant la décomposition par des bactéries de la peau des
matières organiques des glandes apocrines.
- Nitrofuranes : Nitrofurantoïne ou furandantine est un
antiseptique urinaire per os, qui est actif sur les bactéries
Gram positif et Gram négatif sauf Proteus et Pseudomo-
nas.

En pratique, il est vivement recommandé de respecter la ter-


minologie usuelle suivante:

40
1) Désinfection : décontamination microbienne par des pro-
cédés soit physiques (Rx, UV) soit chimique (produits dés-
infectants).
2) Stérilisation : procédé de désinfection entraînant une des-
truction totale des microorganismes dans un milieu donné.

3) Stérilité : absence totale de microorganismes dans un mi-


lieu donné.

4) Antisepsie : méthode de lutte ou de prévention des infec-


tions par destruction systématique des germes en cause par
des produits dits antiseptiques.

5) Asepsie : méthode de prévention des infections par diffé-


rents procédés empêchant l'introduction des bactéries dans
un milieu stérile.

II. LES ANTIBIOTIQUES

1. Définition : Les antibiotiques se définissent actuellement comme


étant des substances d'origine biologique ou chimique ayant une
activité antibactérienne spécifique. Ils agissent à des doses modé-
rées sur une étape indispensable du métabolisme bactérien ou au
niveau de l'équilibre physico-chimique.

2. Classification
Les antibiotiques utilisés en pratique médicale sont classés en
8 familles selon leur formule chimique et leur site d'action.
2.1. Famille des beta-lactamines
2.2. Famille des aminosides
2.3. Famille des cyclines
2.4. Famille des macrolides
2.5. Famille des peptides
2.6. Famille des sulfamides
2.7. Famille des phenicols

41
2.8. Famille des quinolones.
2.1. BETA-LACTAMINES
Sources : cette famille est constituée de plusieurs antibiotiques ex-
traits de champignons ou synthétisés au laboratoire.

Structure chimique : la structure chimique de base est représentée


par le noyau beta-lactam. Lorsque le cycle thiazolidine se greffe sur
ce noyau, on obtient la pénicilline. Mais si c'est le cycle dihydrothia-
zine qui s'y greffe, on obtient une céphalosporine.

Principaux représentants
Cette famille comprend deux groupes d'antibiotiques :
- le groupe pénicilline qui possède le cycle thiazolidine ;
- le groupe céphalosporine qui possède le cycle dihydro-
thiazine.

A. PENICILLINES
Ce groupe est constitué de 4 sous-groupes : Pénicilline G, Am-
picilline, Carbénicilline et Méthicilline.

a) Sous-groupe de la Pénicilline G

42
Source : la Pénicilline G est produite par fermentation d'un champ-
ignon, Penicillium notatum ou Penicillium chrysogenum.
La Pénicilline G est le produit naturel à partir duquel, grâce à des
procédés physico-chimiques, on isole l'acide 6-aminopénicillanique
(6 APA) sur lequel seront greffés divers radicaux et chaînes latérales
pour donner naissance à des produits semi-synthétiques.

Structure chimique :

Principaux représentants :
- Pénicilline G (Benzyl pénicilline)
- Procaïne pénicilline : Pénicilline retard
- Pénicilline V : pénicilline orale, résistante à l'acidité gastrique.

Spectre d'activité : cocci à Gram positif et à Gram négatif et ba-


cilles à Gram positif.
Mode d'action : inhibition de la synthèse de la paroi bactérienne.
Résistance acquise : par la production de la beta lactamase qui
hydrolyse le noyau beta-lactam.
Toxicité : allergie du type urticaire parfois choc anaphylactique.

Applications cliniques
1. Benzyl pénicilline (pénicilline G) agit sur :
- Staphylocoques non producteur de beta-lactamase.
- Streptocoques : infections cutanées, endocardite.
- Méningocoque : méningite cérébrospinale.
- Pneumocoque : méningite à pneumocoque.
Dose adulte : 600 mg toutes les 6h I.M. 24 g/j en 4 prises
toues les 6 heures I.V.

43
Dose Nouveau-né : 15-20 mg/kg toutes les 12h I.V.

N.B. : On peut freiner l'excrétion rénale de la Pénicilline G en


ajoutant 500 mg-l g de Probenicid per os avec chaque
dose de Pénicilline.

2. Procaïne Pénicilline
Le mélange de Pénicilline G avec une suspension crystalline de
procaïne ralentit l'absorption de la Pénicilline injectée en I.M.
Indications cliniques : lorsqu'on veut éviter de donner des injec-
tions fréquentes à un malade.
- traitement de la syphilis, de la gonorrhée.
- prophylaxie de la gangrène gazeuse.
Il ne faut jamais administrer la procaïne pénicilline en I.V. à cause
du risque de blocage des capillaires pulmonaires par les cristaux.
Dosage :
- Syphilis : 1,2 g/j pour 10-21 jours
- Gonococcie : 2,4 g en dose unique chez l'homme, 4,8 g en
dose unique chez la femme.

3. Phénoxyméthyl Pénicilline (Pénicilline V)

Pénicilline résistante à l'acidité gastrique. Seulement environ


25 % de produit est absorbé par le tube digestif (biodisponibilité).
De ce fait, la Pénicilline V n'est pas indiquée pour traiter des infec-
tions sévères. L'absorption est meilleure à jeu.

Indications : Toute infection bénigne due au staphylocoque et aux


streptocoques sensibles à la pénicilline G.
- Pharyngite, sinusite, otite moyenne streptococcique ;
- Infections cutanées à streptocoque ;
- Prophylaxie des pharyngites streptococciques chez les su-
jets ayant fait un rhumatisme articulaire aigu (RAA).
-
Dosage :

44
- Adultes : 250-500 mg toutes les 6 heures 30 minutes au
moinsavant le repas ;
- Enfants : 62,5-250 mg toutes les 6 heures.

b) Sous-groupe de l'Ampicilline
Source : Pénicilline semi-synthétique et résistante à l'acidité
gastrique.*

Structure chimique

Spectre d'activité : étendue aux coccis et bacilles à Gram positif et


négatif. Mais elle est dépourvue d'action sur les bactéries produc-
trices de beta-lactamase. L'ampicilline est légèrement moins active
que la benzylpénicilline contre le streptocoque pyogène et le pneu-
mocoque. Elle est active vis-à-vis de S. faecalis et d'H. influenzae.

Principaux représentants :
- Ampicilline
- Amoxycilline

Application cliniques :
- Bronchites
- Pneumonie bactérienne
- Infections urinaires

Dosage adulte : 1-2 gellules de 250 mg toutes les 8 h.

c) Sous-groupe de la carbénicilline

45
Source : la carbenicilline est un antibiotique semi-synthétique sen-
sible à l'acidité gastrique.

Structure chimique

Spectre d'activité : large y compris une activité anti Pseudomo-


nas.

Principaux représentants :
- Carbenicilline (pyopen)
- Ticarcilline (deux fois plus active que la carbenicilline)

d) Sous-groupe de la méthicilline

Source : C'est un antibiotique semi-synthétique, résistant à l'acidité


gastrique

Principaux représentants :
- méthicilline
- cloxacilline (thérapie parentérale)
- Flucloxacilline (thérapie orale).

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Spectre d'activité : Il est comparable à celui de la pénicilline G,
mais elle est active sur le staphylocoque producteur de la beta-lac-
tamase (pénicillinase).

Toxicité : allergie du type urticaire


Indications cliniques :
- Souches de staphylocoques résistantes à la pénicilline.
- Dosage : Flucloxacilline :
- adulte : oral/I.V. : 250 mg-1 g toutes les 6 h. I.M. : 250
mg toutes les 6 h.
- enfant oral/I.M. /I.V. : 1/4 à 1/2 dose adulte.

B. CEPHALOSPORINES

1. Céphalosporine C.
Source : la céphalosporine C est produite par fermentation d'un
champignon : céphalosporium-
Structure chimique

Spectre d'activité :
- cocci Gram positif et négatif
- bacille Gram positif et négatif

Membres
2. Dérivés sémi-synthétiques :

Ils sont répartis en 3 catégories :


a) Céphalosporines de première génération dont le spectre d'acti-
vité est comparable à celui de la céphalosporine C, mais légè-
rement amélioré. C'est le cas de:

a. céfadroxyl (Duracef)
b. céfazoline

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b) Céphalosporine de deuxième génération : dont le spectre d'ac-
tivité est plus large, particulièrement contre le bacille à Gram
négatif. P.e. Cefamandol.

c) Céphalosporines de troisième génération sont résistantes à la


beta-lactamase et particulièrement actives sur certains ba-
cilles à Gram négatif. P.e. Céfotaxime (Claforan).

2.2. AMINOSIDES

La famille des aminosides comprend un groupe étendu d'antibio-


tiques caractérisés par une mauvaise absorption intestinale et une ex-
crétion rénale lente. Les aminosides peuvent se répartir en 2 groupes.

1) Groupe streptomycine

Source : la streptomycine a été extraite de culture de strepto-


mycés griseus en 1944 par Schatz, Bugie et Waksman.
Structure chimique :

Prin-
cipaux représentants :
- streptomycine (sulfate, R- CHO) qui est soluble dans
l'eau et insoluble dans l'alcool.
- dihydrostreptomycine (R - CH2OH)

Spectre d'activité :
48
La streptomycine est très active vis-à-vis des mycobacteries,
des batonnets Gram négatifs et des staphilocoques. Les streptoco-
ques et les pneumocoques sont relativement résistants.
Mode d'action : La streptomycine est un antibiotique bactéri-
cide. Elle agit par interférence avec la synthèse des protéines bacté-
riennes, plus précisément, elle agit au niveau des ribosomes cellu-
laires les rendant incapables d'exécuter le message codé par le gé-
nome de la cellule bactérienne.
Résistance acquise
Les bacilles de Koch et d'autres espèces de bactéries dévelop-
pent une résistance après passage en milieu contenant de la strep-
tomycine.
Cette résistance résulte d'une sélection naturelle des germes
strepto-résistants (qui préexistaient au contact avec la streptomy-
cine) dont les ribosomes étaient moins sensibles.
Toxicité.
- atteinte du nerf VIII, surtout après un long traite-
ment.
- hypersensibilité : rash, fièvre etc...
- agranulocytose.
-
Applications cliniques.
La streptomycine est avant tout utilisée dans le traitement de
la tuberculose, où elle est combinée à d'autres tuberculostatiques
pour éviter l'émergence des souches résistantes.
La combinaison streptomycine-pénicilline est synergique et utile
dans le traitement de l'endocardite.
Dosage :
- adulte
- enfant

2. Groupe néomycine
Les antibiotiques du groupe néomycine se subdivise en 2
catégories : Néomycine et Gentamicine.

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a) Le complexe néomycine :

Source : la néomycine a été extraite de Streptomyces fradiae (Waks-


man et Lecbevalier, 1949).

Structure chimique

Principaux représentants
- Kanamycine qui est extraite de Streptomycès kanamy-
cetiens (Umezawa et coll. 1957),
- Amikacine qui est un dérivé semi-synthétique de la Ka-
namycine,
- Framycétine quiest extraite de Streptomyces lavendu-
lae (Decaris, 1947). Paromomycine qui est isolé de
Streptomyces rimosus (Coffey et coll. 1959).

Spectre d'activité antibactérienne :


L'action des antibiotiques du groupe néomycine est bactericide.
Elle s'étend aux coques Gram positifs (Staphylocoques) et aux en-
térobacteries. Les mycobactéries sont également très sensibles,
mais seule la kanamycine peut être utilisée en thérapeutique anti-
tuberculeuse.

Résistance acquise :
Elle s'installe de façon lente et après un traitement de longue du-
rée. Cette résistance est croisée : les germes devenus résistants à
la néomycine le sont également vis-à-vis de la kanamycine, la fra-
mycétine et la paramomycine et vice-versa.
En principe, les bactéries devenues résistantes aux différents
antibiotiques du groupe néomycine résistent également à l'action
bactéricide de la streptomycine; mais la résistance induite par
cette dernière a peu d'influence sur les antibiotiques du groupe
néomycine.

50
Toxicité.
Tous les antibiotiques du groupe néomycine sont ototoxiques et né-
phrotoxiques. Seules la kanamycine peut être utilisée par voie pa-
rentérale, les autres étant administrés par voie locale ou orale.

Applications cliniques.
La néomycine est un médicament de choix, par application
locale, dans les infections superficielles dues à des staphylocoques
ou à des entérobactéries. L'émergence de souches résistantes est
évitée en associant la néomycine à la bacitracine ou à la polymy-
xine. (polymyxine).
Cette dernière association est très active vis-à-vis de Pseudo-
monas aéruginosa. Le traitement des porteurs sains des staphy-
locoques par la néomycine-bacitracine est très efficace.
La prise orale de néomycine est recommandée comme anti-
septique pré-opératoire en cas de chirurgie abdominale ou en cas
de défaillance hépatique.
La kanamycétine per os est indiquée comme antiseptique
pré-opératoire ou en cas de défaillance hépatique. La kanamycine
i.m. peut être utilisée dans le traitement de la tuberculose et
d'autres germes sensibles.
La framycétine est indiquée dans le traitement des infections
superficielles et des porteurs sains des staphylocoques.
La paromomycine se caractérise avant tout par son activité
contre l'Entamoeba histolytica. Comme la néomycine, la paramo-
mycine peut être utilisée pour supprimer la flore intestinale avant
une opération abdominale.
L'amikacine, à cause de son coût élevé, doit être réservé pour
le traitement des infections par des germes résistants à la genta-
mycine et tobramycine.

b) Le complexe gentamicine

Source : la gentamicine a été isolée de micro-monospora purpurea.

51
Structure chimique :

Principaux représentants
- Gentamicine
- Tobramycine

Spectre d'activité
Le complexe gentamicine est doué d'un large spectre d'activité
bactéricide vis-à-vis de la plupart des bacilles Gram négatifs y com-
pris les pseudomonas.
La gentamicine est active contre le staphylocoque; mais il faut
lui préférer les antibiotiques généralement mieux indiqués dans les
infections staphilocoques. Elle est inefficace contre les streptoco-
ques et les anaerobies.

Mode d'action.
La gentamicine agit comme les autres aminosides.
Résistance acquise.
Il n'existe pas de résistance croisée entre le gentamicine et les autres
aminosides (streptomycine, néomycine, kanamycine).

Toxicité.
La gentamicine est néphrotoxique et ototoxique.
Applications cliniques.

La gentamicine est l'antibiotique de choix dans les infections à pseu-


domonas.
- Infections urinaires à pseudomonas ou autres germes
résistants à d'autres antibiotiques.
- Méningites et septicémie à pseudomonas.
- Brûlures infectées par le pseudomonas.

52
Mais parfois il faut rechercher synergique d'une combinaison
d'aminoside avec une beta-lactamine anti-pseudomonadale, surtout
pour certains sites d'infection où la concentration bactéricide tissu-
laire ne peut être atteinte : par exemple endocardite à bacilles Gram
négatifs.
Dans ce cas, il ne faut pas mélanger dans une même séringue la
carbénicilline et la gentamicine, au risque d'inactiver cette dernière.
La tobramycine plus active que la gentamicine contre le pseudomo-
nas, mais moins active contre les autres bacilles Gram négatifs.
Dosage : gentamicine : adulte : 3-7,5 mg/Kg/24 h I.M./I/V/ enfant
: 3 mg.Kg.12h.
2.3. TETRACYCLINES

Origine : la famille des tétracyclines comprend plusieurs antibioti-


ques extraits des champignons. Certains sont synthétisés chimique-
ment.
Structure chimique

Principaux représentants
- auréomycine (chlortétracycline) est la première tétracycline qui
a été décrite en 1948. Elle est extraite de streptomyces aureo-
faciens. Les radicaux R sont les suivants : R1 = Cl; R2 = CH3;
R3 = H.
- terramycine (oxytétracycline) qui est isolée de S. rimosus
(1950). Ses radicaux sont : R1 = H; R2 = CH3; R3 = OH.

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- tétracycline (1953) qui est obtenue par déhalogénation de la
chlortétracycline ou à partir de certaines souches de strepto-
myces.
Spectre d'activité antibactérienne
Elles ont un spectre d'activité très large : coques Gram positif
et négatifs, batonnets Gram positifs et négatifs. Elles ont une forte
activité vis-à-vis des mycoplasmes, rickettsies et chlamydias.

Toxicité
- perturbation de la flore intestinale donnant lieu à une flore de
substitution constituée de :
o candida albicans (stomatite, pharyngite, prurit anal,
diarrhée)
o proteus et pseudomonas résistant (diarrhée)
o staphylococcus aureus (diarrhée)
- coloration des dents et interférence avec le développement os-
seux : à proscrire chez les enfants et les femmes enceintes.
- hépathotoxicité (jaunisse, urémie) en fortes doses par I.V. chez
les femmes enceintes.

Indications cliniques
- Infections respiratoires à pneumocoques
- Uréthrites non spécifiques et infections à chlamydia
- Rickettsioses
- Choléra
Doses chez l'adulte : 250-500 mg toutes les 6 h. p.o.
100-200 mg toutes les 6 h. I.M.
500 mg toutes les 12 h. par infusion lente.

Doses chez l'enfant : à éviter chez les enfants de moins de 12 ans


à cause de leur accumulation dans les dents et les os.
N.B. Autres tétracyclines
- Minocyclines (mynocine)
- Doxycyclines : tétracyclines à action prolongée, peu
toxique. Elle est prescrite dans les infections du tractus génital
(gonorrhée et chlamydia). Le produit coûte cher.

54
2.4. MACROLIDES

Source : extraits de divers champignons du genre streptomyces.

Structure :

Ce sont des antibioti-


ques pourvus d'un noyau macrocyclique, le lactone, auquel s'atta-
chent des sucres.

Principaux représentants
- Erythromycine isolée en 1952 d'une souche de streto-
myces erythreus.
- Oléandomycine isolée en 1954 d'une souche de strepto-
myces antibioticus.
- Spiramycine (Rovamycine) extraite en 1954 d'une souche
de streptomyces ambofaciens.
- Lincomycine (Lincocin)
- Clindamycine (Dalacin).

Spectre d'activité
Spectre comparable à celui de la pénicilline : médicament de
choix contre les pneumocoques et les streptocoques du groupe A.
Les gonocoques et les haemophilus sont également très sensibles,
ainsi que les rickettsis.

Mode d'action

55
L'action des macrolides est bactériostatique à faible dose mais
bactéricide à forte dose. IIs sont bactériostatique à faible concen-
tration et bactéricide à forte concentration. Ils agissent par inhibi-
tion de la synthèse des protéines.

Résistance acquise
Les bactéries (staphylocoque, enterocoques) développent faci-
lement une résistance vis-à-vis de l'erythromycine.
Par exemple, le S. aureus devient 500 fois plus résistant à l'é-
rythromycine après 3-12 subcultures en présence de cet antibioti-
que. Cette résistance est croisée entre l'erythromycine d'un germe
dans un milieu contenant des concentrations croissantes d'antibio-
tiques.
Cependant il n'y a pas de résistance croisée in vivo.

Toxicité
- Troubles hépatiques (ictère)
- Troubles digestifs (nausées, vomissements)
L'erythromycine est sans doute l'AB le moins nocif qui existe.
Application cliniques

1) Erythromycine : traitement des septicémies à staphylocoque,


des pharyngites streptococciques, des sincesistes etc. chez
des sujets allergiques à la pénicilline.
- Dose adulte : 250-500 mg toutes les 6 h per os.
- Dose enfant : 125-250 mg toues les 6 h per os.
2) Clindamycine (Dalacin) est un dérivé de lincomycine, mais
plus active que cette dernière. Le dalacin est très actif contre
le Staphylocoque, le Streptocoque et une assez bonne activi-
té contre les anaérobies. Traitement des infections pro-
fondes à staphylocoques (ostéomyélite, pneumonie) et des in-
fections anaérobies. Mais pour ces dernières, on lui préfère
le metronidazole à cause du risque de colite associée à cet ...
due au C. difficile.

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2.5. PEPTIDES

Source : La plupart d'antibiotiques peptidiques proviennent des


bactéries du genre bacillus. Toutefois, seul un petit nombre par ces
médicaments trouve une application clinique.
Principaux représentants et spectre d'activité
1.Gramicidine : isolée de Bacillus brevis, est active vis-à-vis de
pneumocoque et de streptocoque beta hémolytique mais ina-
ctive contre les bacilles Gram négatif. A cause de sa haute
toxicité hépatique et rénale, la gramicidine n'a jamais été uti-
lisée de façon systématique en médecine.
2.Bacitracine : un antibiotique très toxique pour le rein. Elle
est utilisée surtout pour différencier le streptocoque beta
hémolytique du groupe A (qui est sensible) d'autres strep-
tocoques beta hémolytiques non du groupe A (très résis-
tants).
3.Polymyxines : isolées de Bacillus polymyxa. Elles possèdent
une activité sélective vis-à-vis des bacilles Gram négatifs. Il
existe plusieurs types (A, B, C, D, E) de Polymyxines. Les
plus utilisées sont les polymyxines B, connue sous le nom
de polymyxine, et la polymyxine E, connue sous le nom de
colistine.
L'absorption intestinale de ces antibiotiques est très pauvre. En
outre, en présence de sérum, ils perdent 50 % de leur activité. Ces
substances sont néphrotoxiques.

2.6. SULFAMIDES

Source : Synthèse chimique

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Structure chimique :

Le sulfamidé est un analogue d'un facteur de croissance : l'acide


para-aminobenzoïque qui intervient dans le métabolisme de l'acide
folique.
Principaux représentants
1. Sulfa très soluble : sulfadiazine comprimés 500 mg
2. Sulfa retard : madribon comprimé 500 mg
3. Co-trimoxazole (trimethroprime-sulfamethoxazole ou Bac-
tri) Co 400 mg
4. Sulfone
Spectre d'activité : très large sur les bactéries à Gram positif
(streptocoque et pneumocoque) et à Gram négatif (gonocoque) et en-
terobactéries (infections urinaires).
Résistance acquise
La résistance in vitro s'obtient de façon lente chez la plupart
des germes. Mais in vivo, surtout avec le gonocoque, elle survient
tôt après le traitement.
Toxicité
Les sulfamidés sont bien absorbés par le tube digestif. Rash,
cristallurie, dyscrasie sanguine et anémie hémolytique sont les prin-
cipaux effets secondaires.

Mode d'action
Compétition avec l'acide para-aminobenzoïque.

Applications cliniques
Sulfadiazine : traitement de la méningite à meningocoque en com-
binaison avec la pénicilline. Les sulfa se lient peu aux protéines, ce
qui facilite son entrée dansle LCR.

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Co-trimoxazole :
1. infections urinaires (germes sensibles)
2. infections respiratoires
3. sinusite et otite moyenne
4. gonorrhée en cas d'allergie à la pénicilline
5. salmonella invasive
Dose adulte : 2 x 2 comprimés de 480 mg
Dose enfant : 1/2 de la dose adulte (suspension ou comprimé)

Contre-indication : femme enceinte et enfant de moins de 6 mois.

2.7. CHLORAMPHENICOL

Origine : le chloramphenicol ou chloromycétine a été extrait d'acti-


nomyces indépendamment par Burkholder (1947) et par Carter et
coll. (1948).
Actuellement il est produit par synthèse chimique à partir de
p-nitro-acetophenone.

Structure chimique:

Principaux représentants
1. chloramphenicol (chloromycétine ou tifomycine) V.O.
2. thiamphenicol, V.O., I.M., I.V.

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Spectre d'activité antibactérienne
L'activité du chloramphanicol s'étend des bactéries Gram po-
sitifs aux bactéries Gram négatifs. Les rickttsies et les chlamydias
sont également sensibles. Néanmoins les coccis Gram positif sont
moins sensibles au chloramphenicol qu'aux antibiotiques tels que
pénicillines et tétracyclines.
Le chloramphenicol reste le médicament de choix dans le trai-
tement de la fièvre typhoïde et des méningites à H. influenzae.
Son activité est bactériostatisque.

Mode d'action
Il agit par inhibition de la synthèse protéique.

Résistance acquise
- par mutation
- par production de l'acétylase sous influence d'un gène plasmi-
dique.
Toxicité
- Aplasie médulaire pouvant entraîner une anémie aplastique,
sauf pourl e thiamphenicol.
- Troubles digestifs à la suite de la suppression de la flore normale
du tube digestif et de son remplacement par une flore de substi-
tution (candida albicns...) : nausées, vomissements - diarrhée.
Applications cliniques.
Le chloramphenicol ne devra pas être prescrit dans les infections
banales. Il est un antibiotique de choix dans :
- Méningites causées par les coliformes et par H. influenzae, à
cause de sa grande diffusion dans le LCR.
- Fièvre typhoïde, car le chloramphénicol pénètre bien dans les
cellules (S. typhi est un parasite intracellulaire). Les formes
moins sévères de F. typhoïde peuvent être traitées par d'autres
antibiotiques tel que le Co-trimoxazole.
- Usage locale (collyre) dans les conjonctivites purulentes.
Dosage :
- adulte : p.o. : 5000 mg 6 h avant les repas
I.M./I.V. : 50-100 mg.kg.j. en 4 prises

60
- enfant : Nouveau-né : 25 mg/kg/j. toutes les 6-12 h.
- enfant à terme : 25-50 mg/kg/j. en 4 prises I.M./I.V.
6 mois-5 ans : 50-100 mg/kg/j. en 4 prises I.M.
Collyre : 2 gouttes toutes les 3 heures.

2.8. QUINOLONES

Source : il s'agit de plusieurs groupes d'antibiotiques obtenus par


synthèse chimique.

Structure de base : un cycle pyridone beta-carboxylique avec une


fonction cetone en 4 et un radical carboxylique en 3.

A l'intérieur du cycle pyridone-carboxylique, on distingue quatre


noyaux hétérocycliques, selon le nombre et la position des atomes
d'azote : le noyau quinoline (représenté par l'acide oxolinique) le
noyau naphtyridine (acide nalidixique) le noyau cinnoline (cinoxa-
cine) et le noyau pyridopyrimidine (acide pipémique).

Principaux représentants

1. Acide nalidixique : (négram) c'est une 1-8 naphtyridine, décou-


verte en 1962 par Lesher et coll.

Structure chimique :

61
Spectre d'activité : activité antimicrobienne peu prononcée.
Il est prescrit dans les infections urinaires dues à des bacilles Gram
négatifs. Mais il a tendance à sélectionner des résistances chromo-
somiques au cours du traitement.

2. Acide oxolinique (urotrate) : fut découvert en 1967.

Structure chimique : il possède un noyau quinoline avec un atome


d'azote en position 1.

Spectre d'activité.

3. Norfloxacine : C'est une fluoroquinolone décrite en 1978. C'est


un dérivé de 4 quinolones, apparentées à l'acide malidixique par
sa structure.
Structure chimique : elle est obtenue par adjonction d'un atome
de fluor et d'un noyau piperazine à la structure de base de quino-
lones.

62
Spectre d'activité : très large pour traiter les infections à
- Enterobacter Spp.
- Pseudomonas aeruginosa
- Proteus indole positif
- Enterrocoque et staphylocoque à coagulose négative
- Shigela dysenteriae polyrésistante.
Vu sa concentration urinaire élevée, la norfloxacine est particulière-
ment indiquée dans le traitement d'infections urinaires résistantes
à d'autres antibiotiques.

MODES D'ACTION DES ANTIBIOTIQUES

Il existe au moins 4 sites d'action des antibiotiques sur la cel-


lule bactérienne : la paroi bactérienne, la membrane Cytoplasmique,
les ribosomes et les acides nucléiques. Grosso modo, les méca-
nismes d'action sont les mêmes qu'il s'agisse des germes Gram po-
sitifs ou des germes Gram négatifs. Mais la différence d'activité peut
être due uniquement à une différence anatomique entre ces deux
groupes de bactéries.

1. Paroi bactérienne
La composition de la paroi des bactéries Gram positives est
différente de celle des bactéries Gram négatives. Chez les coccis
Gram positifs (staphylocoque) l'élément essentiel est le glycopeptide
(mycopeptide) qui confère la rigidité à la paroi. Il représente 60 % de
la paroi contre 10 % chez les bacilles Gram négatifs. Les lipopoly-
saccharides et les lipoprotéines constituent, l'élément principal de
la paroi des bacilles Gram négatifs.
En outre, seule la paroi des coccis Gram positifs est entourée d'une
fine couche de ribonucleate de magnesium. Une autre différence,
c'est que la pression osmotique intra-cytoplasmique des coccis
Gram positifs est supérieure (10-20 atm) à celle des bacilles Gram
négatifs (5-10 atm) Fig.

63
Les antibiotiques de la famille des beta-lactamines agissent par in-
hibition de la synthèse de la paroi bactérienne, plus précisément par
interférence avec la synthèse du glycopeptide pariétal.
La synthèse de la paroi bactérienne en présence de la pénicilline,
s'arrête, alors que la synthèse de ses protéines continue et le volume
du gtoplasme augmente. En outre, l'enzyme auto-lytique (acetylmu-
ramidase) continue à éroder la paroi bactérienne qui devient finale-
ment défective. Et comme, la pression osmotique est plus élevée que
la pression environnante, la cellule sera lysée avant la formulation
d'une paroi complète.
Les différences anatomiques relevées ci-dessus, expliquent les faits
suivants :

1. sous l'effet de la forte pression osmotique, les bactéries


Gram positives dont la paroi est lésée par les beta-lactamines et
sous l'effet de l'enzyme, auto-lytique (acétylmuramidate) vont
éclater, libérant ainsi leur cytoplasme (plasmolyse). Les beta-lac-
tamiens ont une activité bactéricide.

2. les glycopeptides n'étant pas un élément essentiel de


la paroi des bacilles Gram négatifs, les beta-lactamines n'entraî-
nent pas d'effets notables d'autant plus que la pression osmoti-
que est faible.

64
3. la pénicilline G est inactive contre les bacilles Gram
négatifs parce qu'elle ne peut pas traverser la couche des lipopo-
lysaccharides de leur paroi alors que celle-ci est perméable à l'am-
picilline.

4. les polymyscines sont inactives sur les Gram positifs


parce qu'elles ne peuvent pas traverser la couche ribonucleate
de magnesium qui entoure leur paroi.

2. Membrane cytoplasmique.

La membrane Cytoplasmi-
que des bactéries est constituée
de 3 couches : une couche lipidi-
que centrale, entourée de E
couches protéiques.
Les antibiotiques peptidi-
ques (polymyscines) agissent sur
la membrane cytoplasmique. La
polymyscine possède une extré-
mité liposoluble et une extrémité hydrosoluble. L'extrémité liposo-
luble s'attace à la couche lipidique, tandis que lextrémité hydroso-
luble s'attache à la couche protéique, entraînant ainsi lecleavage des
couches et la rupture de la membrane cytoplasmique qui perd de ce
fait ses fonctions. La polymyscine a un effet bactéricide direct et agit
comme un désinfectant, en présence d'une cellule bactérienne mé-
taboliquement active ou inactive.

3. Ribosomes.
Plusieurs antibiotiques agissent par perturbation de la syn-
thèse des protéines au niveau des ribosomes .

65
Il s'agit de :
3.1. Aminosides: Streptomycine, Kanamycine, Gentamicine.
Ils interfèrent avec la fonction de l’ARNm en entraînant une
mauvaise lecture du message au niveau de la subunité 30 S du
ribosome. Le résultat final est la production de "fausses pro-
téines" qui finissent par tuer la bactérie. La synthèse des pro-
téines, n'est pas pour autant arrêtée; mais il s'agit de protéines
non fonctionnelles. De ce fait, les aminosides sont bactéricides.
3.2. Cyclines : tétracyclines, chlortétracyclines.
Elles bloquent l'attachement de l’ ARN de transfer à la sub-
unité 50S du ribosome; d'où aucun acide aminé ne parvient à
l’ARNm et par conséquent il n'y a pas de production de polypep-
tides.
3.3. Phénicolés : chloramphénicol, thiamphénicol...
Ils agissent en empêchant le contact de l’ARNm avec la sub-
unité 30S du ribosome de sorte qu'aucun acide aminé ne peut être
sélectionné pour la synthèse des protéines. Il va de soi que le vo-
lume cytoplasmique ne s'accroît pas et qu'il n'y a pas de synthèse
de l'enzyme auto-lysante.
Les cyclines et les phénicolés ne produisent aucun dom-
mage irréversible à la cellule bactérienne. De ce fait, elles sont
dites bactériostatiques, car s'ils sont retirés, les bactéries récu-
pèrent la synthèse normale de leurs protéines.

66
3.4. Macrolides : érythromycine...
Ils agissent en empêchant la formation de la chaîne des
acides aminés au niveau du tRNA.

4. Acides nucléiques.
Les quinolones (acide nalidixique) agissent par inhibition de
la synthèse de l'acide désoxyribonucléique (ADN), tandis que la
rifampicine sur celle de l'acide ribonucléique (ARN).
5. Compétition :
Les sulfamidés agissent par analogie structurale avec l'acide
para-aminobenzoique, constituant essentiel dans le métabolisme
de l'acide folique.

RESISTANCE BACTERIENNE AUX ANTIBIOTIQUES

Les antibiotiques ne seront actifs que lorsque le germe patho-


gène se trouve en présence d'une concentration suffisante d'antibio-
tique. Cette quantité minimale capable d'inhiber la croissance bac-
térienne est appelée concentration minimale inhibitrice (C.M.I.).
Elle s'exprime en mcg/ml. La détermination de la C.M.I. se fait par
les méthodes de dilution ou de diffusion. Pour observer un résultat
thérapeutique, il faut que le taux sanguin ou tissulaire de l'antibio-
tique soit au moins égale à la C.M.I. Si par contre la C.M.I. est su-
périeure au taux sanguin de l'antibiotique, la bactérie pathogène ne
sera pas affectée par cet antibiotique et sera considérée comme ré-
sistante. L'augmentation significative de la C.M.I. est donc une
preuve que la souche bactérienne en cause est inaccessible à l'anti-
biotique.
Une bactérie acquiert une résistance aux antibiotiques par deux mé-
canismes de base :

67
A. Résistance chromosomique
La cible d'un antibiotique peut être une enzyme. Celle-ci peut
être modifiée par mutation; ce qui fait perre à l'antibiotique son ef-
ficacité contre la bactérie : ce phénomène se traduira par une éléva-
tion significative de la C.M.I. Cette mutation est spontanée, stable
et transmissible à la descendance. Elle est le fait du hasard et indé-
pendante de l'antibiotique qui ne joue que le rôle de l'agent sélecteur
en éliminant les bactéries sensibles dans une population bacté-
rienne donnée.
En clinique, la résistance chromosomique est souvent une
monorésistance et représente à peine 10-20 % de résistances bac-
tériennes rencontrées. Elle se traduit par l'apparition d'une rechute
succédant à un effet initial favorable de l'antibiothérapie alors que
la bactérie en cours reste identique.

B. Résistance extra-chromosomique
En 1955, au cours d'une dysentérie bacillaire au Japon, il fut
isolé une souche de shigella résistante à trois antibiotiques (strep-
tomycine, tétracycline et sulfa). L'année suivante, les germes isolés
des malades présentaient le même profil en plus de la résistance au
chloramphenicol.
Chose curieuse, chez un même malade, on pouvait isoler une
shigella et une E. coli présentant le même profil de résistance. Si on
mélange une souche d'E. Coli multirésistante avec une souche de
shigella sensible, celle-ci devient multirésistante.
Il s'agit donc d'une résistance transférable par des éléments d’ADN
extra-chromosomiques appelés plasmides, capables de transférer
en bloc cette multirésistance. Environ 20 % du matériel génétique
sont situés en dehors du chromosome chez les entérobactéries et
les staphylocoques.
Ce type de résistance se propage d'une bactérie à une autre soit par
conjugaison soit par transduction.
La transduction est observée essentiellement chez le staphilocoque
et aboutit à une résistance limitée à un ou deux antibiotiques.

68
La multirésistance clinique des entérobactéries est due à des fac-
teurs de résistance transférable par conjugaison, appelés facteurs
R. Ceux-ci contiennent les gènes caractéristiques d'une ou de plu-
sieurs résistances vis-à-vis de nombreux agents antibactériens.

Conséquences cliniques
L'ensemble de connaissances développées sur le mode d'action
des antibiotiques et les mécanismes de résistance bactérienne per-
met de mieux poser les indications pour l'association des antibioti-
ques en clinique.
Pour prévenir le développement de la résistance à certains antibio-
tiques, on recourt souvent à une association de deux ou plusieurs
antibiotiques. Par exemple l'association Isoniazide + ethambutol +
Rifampicine pour traiter la tuberculose. Une autre indication fré-
quente de l'association, est la recherche de la synergie entre deux
antibiotiques.
Ici, la règle établie par Jawetz en 1952 reste encore valable :
1. Deux antibiotiques bactériostatiques réagissent pour pro-
duire un effet additif
2. Un antibiotique bactériostatique et un antibiotique bac-
téricide ensemble peuvent être antagonistes.
3. Deux antibiotiques bactéricides associés sont synergi-
ques.

69
BACTERIOLOGIE SPECIALE

INTRODUCTION

La microbiologie est une discipline qui étudie les micro-


organismes (les bactéries, champignons, algues…) Taille de la
bactérie est 0.5 à 1µm de diamètre. (Le pouvoir séparateur de l'œil
humain est de 100 µm)
Dans cette partie nous étudierons les principales bactéries pour au-
tant qu'elles aient un intérêt médical pour la compréhension de la
pathologie infectieuse humaine.

Outre les microbes reconnus comme agents pathogènes, nous


attachons de plus en plus d'importance à des parasites commen-
saux et même à des saprophytes banaux dont le pouvoir invasif oc-
casionnel ne cesse d'accroître depuis l'emploi excessif des antibioti-
ques.

Dans l'étude des bactéries nous ne suivrons pas rigoureuse-


ment un ordre taxonomique donné, mais nous donnerons un aper-
çu succinct de la classification moderne des bactéries après les le-
çons de bactériologie spéciale. Nous adopterons le plus possible la
nomenclature de Bergey (1957) mais nous citerons également les
noms sous lesquels certaines bactéries continuent à être désignées
par les cliniciens.

Objectifs du cours
- Acquérir des connaissances de base sur les micro-
organismes (Bactéries, fungi et virus) et les maladies dont ils
sont responsables.
- Connaître les principaux critères bactériologiques conduisant
à l’identification de la bactérie
- Connaître leur capacité à développer des résistances aux
antibiotiques

70
Afin de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des
pathologies infectieuses humaines.

Rappel des notions

Suivant la morphologie de la paroi bactérienne, on peut


être distingué

1) Les bactéries sphériques : coques ou cocci se regroupant en :


amas (grappe), diplo, chaînette…

2) les bactéries bacillaires (en batonnet)

3) les bactéries spiralées (en virgule ex : Vibrio ; en spirale ex :


Treponema.

La paroi bactérienne est mise évidence par certaines


colorations telles que la coloration de Gram qui permet de distinguer
le groupe de bactéries à Gram positif (colorées en violet) et le groupe
de bactéries à Gram négatif (colorées en rouge ou en rose).

71
2.BACTERIOLOGIE SPECIALE

72
Chapitre I : LES COCCIS A GRAM POSITIF.

Sous ce vocable on comprend des coques à Gram positif géné-


ralement immobiles et non sporulés dont les divisions successives
aboutissent à la formation de grappes ou de chaînettes à Gram
positif.
Les Coccis à Gram positif se répartissent en deux groupes : les
Staphilocoques et les Streptocoques.

A. Genre Staphylococcus
Le genre Staphylococcus compend trois espèces dont les
caractères différenciels sont repris dans le tableau ci-dessous

Parmi les 27 espèces du genre actuellement répertoriées, les


principales sont Staphyloccus aureus, S.epidermidis et
S.saprophyticus. L'espèce S.aureus sera prise comme type de
description.

- S.aureus

- S.epidermidis

- S.saprophyticus
- S.haemolyticus

- S.lugdunensis

Habitat et épidémiologie.
Le staphylococoque est un parasite de l’homme et de certains
animaux. On le retrouve sur la peau, dans l’intestin et dans le
pharynx. Trente à 60% de sujets normaux sont porteurs nasaux de
staphylococcus aureus. L’infection est généralement endogène (auto-
infection), sauf en milieu hospitalier où la transmission est assurée par
des porteurs sains et par des objets contaminés.

73
Pouvoir Pathogène
Il est important de distinguer S. aureus des Staphylococcus à
coagulase négatif (SCN).

S. aureurs ou staphycoque doré a un potentiel de pathogénicité très


important et est résponsable aussi bien d’infections communautaires
que nosocomiales. Par opposition, les SCN sont en règle générale des
bactéries opportunistes essentiellement responsables d’infections
nosocomiales.

1. S. aureurs
Le pouvoir pathogène de cette espèce est lié à l’expression de
facteurs de virulence. On distingue :

2) Les protéines de surface (adhésines) qui permettent la


colonisation de l’hôte : Plus d’une dizaine d’adhésines ont été
identifiées, les mieux caractérisées sont : La proteine A ; La
protéine de liaison au collagène de type I, II et IV ; La
protéine de liaison à la fibronectine ; Les protéines de
liaison au fibrinogène: Clumping factor et

3) Des facteurs qui conduisent au développement et à l’extension


de l’infection : La coagulase ; hémolysines Alpha, beta et
Delta ; leucocidines (ex : de Panton et Valentine) ;
staphylokinase, protéases, élastase et la hyaluronidase.

4) Des toxines spécifiques responsables de syndromes


toxiniques. Il s’agit des entérotoxines, des exfoliatines A, B et
D, et de la TSST-1 (Toxic Shock Syndrome Toxin 1).

Par ailleurs, toutes ces toxines par leur activité superantigénique


jouent probablement un rôle dans les maladies auto-immunes du
fait de leur capacité à induire une activation de lymphocytes auto-
réactifs (dirigés contre les antigènes du soi).
Il est responsable d’infections suppuratives superficielles et
profondes ainsi que de syndromes liés à l’action de toxines.

74
Les infections suppuratives loco-régionales :

- infections cutanéo-muqueuse: furoncle, anthrax, panaris,


impetigo, cellulite, sinusite, otites etc… Il s’agit le plus souvent
d’auto-infestations.

- Ces infections se compliquent parfois par extension loco-


régionale de l’infection, ou par diffusion hématogène de la
bactérie. S. aureus peut alors être responsable de septicémies,
d’endocardites, de pneumopathie, d’ostéomyélites, d’arthrites,
de méningites ou d’infection urinaire.

Les infections non suppuratives d’origine toxinique :

- enterites post-antibiotiques et toxi-infections alimentaires.

- Choc toxique staphylococcique chez les femmes en période de


menstruation utilisant le tampon hygiénique (ex : tympax). Il
est provoqué par la diffusion dans l’organisme de la toxine de
(TSST-1) et/ou des entérotoxines d’une certaine souche de S.
aureus. La mortalité est de l’ordre de 10 %.

- syndromes cutanés staphylococciques (ex : syndrome de la


peau ébouillantée chez les jeunes enfants). Ce syndrome est
appelé syndrome de Ritter chez les nouveaux-nés. Il est
provoqué par la diffusion d’exfoliatines. Le foyer inititial peut
être ORL, conjonctival ou cutané. Il peut aussi se rencontrer
chez l’adulte immunodéprimé
.
2. Staphylocoques à coagulase négative (SCN)

La majorité des staphylocoques à coagulase négative sont des


bactéries opportunistes essentiellement responsables d’infections
nosocomiales. Trois facteurs favorisent ces infections :
75
l’immunodépression, la présence de cathéters veineux ou de
matériaux prothétiques, la multirésistance des SCN aux
antibiotiques.

S.epidermidis ou staphylocoque blanc est généralement


considéré comme un saprophite de la peau. Mais son rôle pathogène
est de plus en plus mis en évidence comme l’espèce la plus
fréquemment isolée en milieu hospitalier.
Il peut provoquer les infections chez les sujets porteurs de
matériel étranger (cathéter intra-vasculaires, prothèses ostéo-
articulaires, boîtiers de stimulation cardiaque, valves de dérivation
du liquide céphalo-rachidien…). Il est aussi responsable de
septicémies notamment dans les services d’oncologie et de
néonatologie, de péritonites chez les patients en dialyse péritonéale,
d’endocardites surtout chez les sujets porteurs de prothèse
valvulaire cardiaque, d’infections sur valve de dérivation du liquide
céphalo-rachidien. Plus rarement, cette espèce est responsable
d’infections sur prothèse orthopédique, de cystites et de
pyélonéphrites.

S.haemolyticus est la seconde espèce responsable d’infections


humaines, en particulier de suppurations, d’infections urinaires et
de septicémies.
Au sein des SCN, deux espèces sont responsables d’infections
communautaires : S.saprophiticus et S.lugdunensis

S.saprophiticus n’est pas un saprophite comme son nom le


dit ; mais un parasite potentiellement pathogène, notament dans les
infections urinaires basses (les cistites) chez les jeunes femmes. Il
se distingue de S.epidermidis par sa capacité d’acidifier le mannitol
et par sa résistance à la novobiocine.

S.lugdunensis est responsable d’infections cutanées et


d’endocardites infectieuses.

76
Diagnostic bactériologique.

Le diagnostic se fera à partir de divers produits pathologiques


tels que le pus, les urines, le sang etc…à partir desquels on fera les
examents suivants :

1. Coloration de Gram: Coques gram positif en grappes.


2. Milieux d’isolement: les réactions suivantes sont observées sur les
milieux usuels :
- gélose au sang: il faut reléver la présense ou l’absence
d’hémolyse et de pigment (colonies jaunes ou blanches).
- Faire la catalase: le staphilocoque est catalase positive.
- gélose mannitol salt agar (MSA): relèver la fermentation
(jaune) ou non du mannitol.
3. Test de pathogénicité par :
- La recherche de la coagulase sur plasma de lapin.
- La recherche de la Dnase sur gélose à la Dnase.
- La sensibilité à la novobiocine sur milieux de Mueller
Hinton sur lequel on dépose un disque contenant 5 µg de
l’antibiotique.

Tableau: caractères différenciels des staphylococcus

S.aureus S.epidermidis S.haemolyticus S.saprophyticus

Pigments Doré Blanc Blanc/Jaune Blanc/Jaune


Coagulase + 0/+ 0 0
Dnase + 0 0 0
Mannitol + 0 0/+ +
Novobiocine S S S R

4. Identifcation moléculaire : par PCR

77
Traitement:

La prophylaxie repose sur l’application des mesures


d’antisepsie et d’hygiène individuelle (traitement des lésions
pouvant représenter une porte d’entrée à des infections plus graves)
et collective (lutte contre les infections dans les hôpitaux…).

La pénicilline est l’antibiotique de choix. Mais de plus en plus en


milieu hospitalier et extra-hospitalier on isole des souches
productrices de beta-lactamases qui inactivent la pénicilline.
En outre des souches hospitalières présentent parfois une
résistance interne aux beta-lactamines telles que la méticilline et
oxacilline (MRSA)
Le meilleur choix de l’antibiotique sera donc dicté par
l’antibiogramme.

B. GENRE STREPTOCOCCUS.

Le streptocoque a été décrit par Billroth en 1874 dans


l'érysipèle, puis par L.Pasteur dans le sang, les lochies et les veines
péri-utérines en cas de fièvre puerpérale.
Les streptocoques ont été d'abord classés en fonction de
l'aspect de l'hémolyse autour des colonies sur gélose au sang de
cheval (Schottmüller, 1903) :

1. S.alfa-hémolytique : hémolyse verte (S.viridans).


2. S.beta-hémolytique : hémolyse claire.
3. S.gamma-hémolytique : absence d'hémolyse.

Plus tard, Lancefield a introduit une classification plus


scientifique basée sur les antigènes de la paroi. Ainsi les
streptocoques se répartissent en quatre groupes :

1. Streptocoques du groupe A ou Sreptococcus pyogenes


2. Streptocoque du groupe B ou S.agalactiae.
3. Streptocoques du groupe D (Enterocoques)
78
4. Pneumocoques (Streptococcus pneumoniae)

1. STREPTOCOQUES DU GROUPE A : STREPTOCOCCUS


PYOGENES

C’est le groupe de loin le plus important en pathologie


humaine. Il est responsable de plus de 90% des infections à
streptocoques hémolytiques.
Habitat et épidémiologie
A l’encontre des autres streptocoques qui sont très ubiquitaires,
le groupe A est un parasite presque exclusif de l’homme. Il possède un
grand pouvoir invasif. La contagion est souvent exogène et se fait à
partir de malades cliniques ou subcliniques ou à partir de porteur de
germes. La transmission est directe (surtout flüggienne) ou indirecte
par les poussières d’hôpital, le linge etc…

Pouvoir pathogène

La voie d’entrée est généralement respiratoire.

1. Amygdalite ou pharyngite, éventuellement avec extension


aux régions voisines : otite, sinusite, méningite, laryngite,
trachéite, bronchite, (bronche) pneumonie (post-influenza),
pleurésie, adénite, angine de Ludwig.
2. Impétigo, érysipèle, infection des plaies (ombilicale),
lymphangite, adénite
3. Trombophlébite, septicémies avec localisation secondaires
(arthrite), fièvre puerpérale
4. Scarlatine : ici le rôle de streptocoques pyogènes est exclusif.
C’est une toxi-infection avec localisation souvent rhino-
pharyngée, due à certains streptocoques producteurs de toxine
érythrogène, responsable de l’enanthème et de l’exanthème.
La scarlatine confère une immunié anti-toxique qui se traduit

79
par la négativation de la réaction de Dick (injection i.d. de
toxine érythrogène).
5. Séquelles post-streptococciques tardives. Elles surviennent
en moyenne 3 semaines après une infection même bénigne, au
moment où l’infection primitive est guérie et souvent stérilisée.
Ces complications sont dues à l’élaboration d’auto-anticorps
ou d’un état d’auto-allergie, suite aux altérations tissulaires
provoquées par les toxines de la primo-infection (Cavelti,
1945). Ce mécanisme serait responsable de la néphrite post-
streptococcique et du rhumatisme articulaire aigu (R.A.A). Le
R.A.A. s’accompagne presque toujours d’une élévation dans le
sérum d’Ac. Anti-streptolysine O; les rechutes coïncident
généralement avec une nouvelle infection à streptocoques, et
les sulfamides et la pénicilline préventives diminuent la
fréquence des rechutes.

Facteurs de virulence
Streptococcus pyogenes sont dotés d’une capsule et de
protéine M qui les protègent de la phogocytose par les macrophages.
L’acide téichoïque favorise l’adhérence du germe aux cellules oro-
pharyngées. Les toxines érythrogènes A et C sont pyrogènes et
responsables de l’éruption cutanée de la scarlatine. La streptolysine
O, une hémolysine, inhibe le chimiotactisme des polynucléaires
neutrophiles. Elle est immunogène et induit des anticorps anti-
streptolysine O <<ASLO>> utilisés en diagnostic biologique.
Enfin, les enzymes comme la hyaluronidase et la streptokinase
facilitent la diffusion du germe dans le tissu.

Diagnostic biologique
Direct : produit pathologique : pus, urines, frottis de gorge etc
- Examen direct après coloration de Gram : coque gram positif
en chaînettes
- Culture sur gélose au sang : colonies beta hémolytiques,
catalase négative, sensible à la bacitracine
- Identification : streptocoque beta hémolytique du groupe A

80
Indirect : dosage des anti-streptolysines O (ASLO). Un titre
d’anticorps > 200 UI/ml est significatif.
Traitement
a) Préventif : chez les les sujets présentant du rhumatisme, on
évite les rechutes (réinfections) par la
chimioprophylaxie : sulfamides ou pénicilline per os,
pénicilline-benzathine en injection
b) Curatif : tous sont sensibles à des doses très faibles de
pénicilline, qui est l’antibiotique de choix. Les
sulfamides sont seulement bactériostatiques et
n’éliminent pas tous les germes (création de porteurs
de germes convalescents).

2. STREPTOCOQUES DU GROUPE B : STREPTOCOCCUS


AGALACTIAE

Streptococcus agalactiae est responsable d’infections


néonatales.

Habitat et épidémiologie
C’est un parasite des bovidés. On le retrouve au niveau rectal
et vaginal chez la femme enceinte (portage vaginal et intestinal)

Pouvoir pathogène
Streptococcus agalactiae (agalactiae = absence de lait) est
responsable de mammite et d’avortement chez les bovidés. Il
provoque des septicémies néonatales avec détresses respiratoires et
des méningites. L’invasivité des souches est due à la présence d’une
capsule.

Diagnostic biologique
- Prélèvements : LCR, sang, liquide amniotique
- Coloration de Gram : coques en chaînettes à Gram positif
- Culture sur gélose au sang : colonies beta hémolytique,
catalase négative

81
Traitement
Les souches sont sensibles à la pénicilline G et à l’amoxicilline,
mais souvent résistantes aux macrolides et aux tétracyclines.
2. STREPTOCOQUES DU GROUPE D DE LANCEFIELD
Ce groupe comprend les streptococcus bovis et les
Enterococcus.

3.1. STREPTOCOCCUS BOVIS


Ils font partie de la flore normale de l’intestin de l’homme. Ils
sont responsables de cholécystites, de péritonites et d’endocardites
subaiguës. Ils sont sensibles à la pénicilline G. Ils sont à distinguer
des Enterocoques auxquels ils sont souvent associés dans les
suppurations intestinales.

3.2. ENTEROCOCCUS

Habitat et épidémiologie :

Ce sont des commensaux de l’intestin humain et animal. Ils


sont très peu invasifs. On peut les trouver dans l’eau, où on les
considère comme témoin de contamination d’origine fécale.

Pouvoir pathogène.
On les trouve assez souvent dans les infections urinaires et
exceptionnellement dans l’endocardite lente.

Diagnostic biologique
- Prélèvements divers (urines, sang).
- Examen microscopique après la coloration de Gram :
diplocoques ovoïdes ou en courtes chaînettes.
- Culture : Les enterocoques se cultivent sur les milieux
ordinaires. Généralement ils sont non-hémolytiques. Les
entérocoques sont résistants à certains facteurs hostiles :
haute température, haute salinité, pH acide, présence de bile,

82
de tellurite. Selon l’ensemble des caractères de culture, on
distingue 3 espèces dont S. faecalis est la plus commune.
Thérapie : L’entérocoque est généralement peu sensible à la
pénicilline. Dans l’endocardite lente, on associe la
streptomycine à des doses massives de pénicilline.

4. STREPTOCOCCUS PNEUMONIAE

Le pneumocoque a été isolé par Pasteur en 1881 du sang d’un


lapin auquel on avait injecté la salive d’un enfant rabique. Une
meilleure description est due à Fränkel et Weichselbaum (1884) qui
montrent déjà son rôle dans la pneumonie.

Habitat et épidémiologie
Parasite obligatoire du rhino-pharynx de l’homme et rarement de
certains animaux (rat, cobaye, singe). Plus de la moitié des individus
sains sont porteurs de pneumocoques. Il existe un très grand nombre
de types sérologiques de pneumocoques et les types trouvés chez les
porteurs sains ne sont généralement pas ceux qui causent les
pneumonies. La pneumonie est en principe une affection endogène
chez un sujet porteur d’un type de pneumocoque virulent et non-
immun vis-à-vis de ce type. Si le nombre de porteurs d’un type virulent
est élevé, on peut assister à des épidémies de pneumonie. Dans ce cas
la contagion devient en grande partie exogène et est assurée par les
porteurs de germes (gouttelettes de Flügge).

Pouvoir pathogène
Les localisations ORL (Otites et Sinusites) sont souvent les
portes d’entrée pour les infections plus graves telles que :
1. Pneumonies franches lobaires aiguës : elles s’accompagnent de
fièvre, de point de côté thoracique et de signe de condensation
pulmonaire. Souvent le pneumocoque intervient comme agent
de surinfections pulmonaires post-virales. La pneumonie fait
généralement suite à un refroidissement qui correspond à une

83
virose respiratoire. La pneumonie à pneumocoque s’accompagne
dans 25% des cas d’une bactériemie et peut se compliquer
d’empyème.
2. Méningite :S. pneumoniae est le 2è agent de méningite chez les
enfants à Kinshasa. Elle est primitive ou secondaire à un foyer
ORL. Le pronostic est sévère et la mortalité élevée (>30%)
3. Autres infections : S. pneumoniae peut être la cause de
péritonite, d’endocardite et de conjonctivite.
Facteur de virulence
Comme on voit, le pouvoir pathogène du pneumocoque dépend
en partie de la bactérie (virulence) et en partie de l’hôte (terrain
fragilisé).
Le pouvoir pathogène de S. pneumoniae s’explique par
plusieurs mécanismes :

- La présence d’une capsule : la souche (S) encapsulée tue la


sourie, a souche R non encapsulée ne tue pas la souris. La
capsule protège la bactérie de l’opsonisation et inhibe donc la
phagocytose
- La pneumolysine par son effet cytotoxique détruite les cellules
épithéleoles et endothéluels bronchiques
- La protéine A de surface joue un rôle par son activité anti-
phagocytaire
- L’autolysine tue le pneumocoque et libère ainsi les facteurs de
virulence du germe.

Les infections à pneumocoques sont plus fréquentes et plus


graves chez des sujets immunodéprimés (SIDA) ou fragilisés
(vieillards, diabétiques etc).

Diagnostic biologique

Direct :
- Produits pathologiques : suppuration, sang (Hémoculture)
LCR, liquide pleural etc.

84
- Examen direct après coloration de Gram : diplocoques Gram
positif, lancéolés entourés d’un halo clair (capsule).
- Culture sur gélose au sang : colonies alfa-hémolytiques
sensibles à l’optochine. Il existe de nombreux streptocoques
commensaux de la bouche dits « streptococcus viridans » qui
sont aussi hémolytiques, mais résistants à l’optochine.

Indirect :

Recherche des antigènes solubles par agglutination au latex


sensibilités par des anticorps spécifiques.

Produits Méthodes de
Pathologie pathologiques diagnostic
Coloration Culture Agglutination
Gram Latex
Méningite LCR Coques Gélose au Slidex positif
à Gram + sang
lancéolés Hémolyse
alfa
Optochine +
Septicémie Sang Hémoculture Slidex positif
Pneumonie Crachat Coques Gélose au Slidex positif
Liquide à Gram sang
pleural. positif Hémolyse
lancéolés alfa
Optochine +

Traitement

Préventif:
le vaccin antipneumococcique est constitué d’un mélange de
polysaccharides capsulaires purifiés de sérotypes très fréquents.
Il est habituellement prescrit aux personnes à haut risque :
85
- Personnes âgées (>60 ans)
- Adultes immunocompétents porteurs d’affections
débilitantes (diabète, affections cardiaques…
- Patients immunodéprimés (SIDA, transplantation
cardiaque) malheureusement les enfants (<2 ans) ne
répondent pas à ce type de vaccin. Un vaccin conjugué
est en cours d’essai clinique.

Curatif :
Pendant des dizaines d’années, les pneumocoques ont été
extrêmement sensibles à la pénicilline. Mais de plus en plus on
décrit l’apparition de souches de sensibilité réduite. Les premières
souches ont apparu en 1967 en Australie. Dix ans plus tard, en
Afrique du Sud, on signale l’existence d’infections sévères
provoquées par des pneumocoques résistants à la pénicilline et
également multirésistants au chloramphénicol, à la tétracycline, au
co-trimoxazole et à l’érythromycine.
En République Démocratique du Congo, la pénicilline G
bactéricide à la dose de 1 à 2 millions d’unités toutes les 4 à 6 heures
reste encore l’antibiotique de choix.Si la souche a une résistance
partielle, les cépholosporines de 3è génération sont le premier choix.

86
Chapitre II : LES COCCIS A GRAM NEGATIF
Nous limiterons notre étude aux germes du genre Neisseria qui
comprend deux pathogènes : N. gonorrhoeae, agent de la
blénnorragie et N. méningitidis, agent de la méningite cérébro-
spinale. Ce sont des diplocoques Gram négatifs, tous parasites.

A. NEISSERIA GONORRHOEAE

Décrit en 1879 par Neisser comme agent de la gonorrhée,


maladie vénérienne la plus répandue. Actuellement dans le monde,
le nombre de cas de gonococcie augmente alors que la sensibilité du
germe aux antibiotiques diminue. Il diffère du méningocoque par
l'absence d'utilisation du maltose, l'absence d'alpha-glutamyl-
transférase et par sa constitution antigénique.

Habitat et épidémiologie :
Parasite obligatoire, strictement humain. Il existe de porteurs sains.
La transmission interhumaine se fait par contact direct ; généralement
par contact vénérien. Il faut noter deux exceptions : l’ophtalmie du
nouveau-né (infection acquise lors du passage dans le canal génital
maternel) et la vulvo-vaginite des jeunes filles qui est souvent transmise
par des objets de toilette contaminés. La symptomatologie nulle ou faible
de la femme facilite la dispersion de l’infection.

Pouvoir pathogène :
Le gonocoque est l’agent de la blennorragie « chaude pisse ».
- Chez l’homme : le gonocoque provoque une urétrite
antérieure aiguë avec un écoulement urétral de pus jaune
verdâtre ; brûlure ou picontement lors de la miction. L’urétrite
peut se compliquer avec comme conséquences lointaines une
sténose méthrale et voire une stérilité. Dans 10% des cas
l’infection est asymptomatique chez l’homme.

- Chez la femme : l’infection est souvent pauci symptomatique.


Elle débute comme une uréthro-cervicite avec une infection

87
éventuelle des glandes de Bartholin (une bartholinite) et de
Skène avec des pertes vaginales abondantes accompagnées de
douleurs du bas-ventre et de brûlures ou de picotements au
moment d’uriner. L'infection peut s'étendre et provoquer une
salpingite (avec risque d'oblitération secondaire et de stérilité),
une pelvi-péritonite.
- Les localisations extragénitales (pharyngées, anales et
oculaires), les bactériémies, et les localisations à distance sont
similaires à celles qui s'observent chez l'homme.
- La blennorragie reste souvent muette. Le meilleur signe de la
gonococcie chez la femme est l’uréthrite de l’homme (son
partenaire sexuel).
- Dans les deux sexes : on peut rencontrer exceptionnellement
des localisations extragénitales (pharyngées, anales et
oculaires), les bactériémies, arthrites, synovites, endocardites
et méningites. La rectite et la pharyngite gonococciques sont
de plus en plus fréquentes en cas de rapports sexuels par voie
oro-anale.
- Chez le nouveau-né : l'ophtalmie purulente est acquise au
moment de la traversée de la filière génitale lorsque la mère est
infectée et non traitée.

Facteurs de virulence
Les fimbriae de la paroi des gonocoques favorisent
l’attachement de ceux-ci aux épithaliums des muqueuses et
s’opposent à la phagocytose. N. gonorrhoeae possède aussi des
antigènes protéiques de surface ( Ag A proteases) qui s’opposent
ainsi à l'action bactéricide des IgA sécrétoires.

Diagnostic biologique
Le Diagnostic biologique de la gonococcie est tributaire de la
qualité de prélèvement. Celui-ci doit se faire avent tout traitement
ou après un arrêté ( 1 semaine) du traitement dans les cas
chroniques. Le prélèvement se fera de préférence au laboratoire car
le germe est très fragile. A défaut, on utilisera un milieu de

88
transport. Il est conseillé d’utiliser l’écouvillon d’alginote de calcium
ou de Dacron.

1. Prélèvements et examen microscopique direct

En cas de gonococcie aiguë :


- Chez l’homme : examen microscopique direct après la
coloration de Gram sur pus uréthral avant la première miction
(goutte matinale » on recherche des diplocoques à Gram négatif
intra ou extra leucocytaires.
- Chez la femme : il faut faire de multiples prélèvements
notamment au niveau du méat urinaire, de l’endocol, de la
marge anale et des glandes de Bartholin.

En cas de gonococcie chronique :

- Chez l’homme : l’écoulement est souvent mineur et voie


intermittente. Il convient de procéder à un massage
prostatique et examiner le liquide de massage prostatique.
- -Chez la femme : faire des prélèvements à l’orifice du col
utérin, avant et après les règles
2. Culture

La culture est indispensable dans les formes chroniques et


dans les infections gonococciques chez la femme où il y a
généralement une abondante flore associée. L’isolement se fait sur
un milieu enrichi de sang (hémoglobine) supplémentaire en facteurs
de croissance (isovitalex) et en antibiotiques (vancomycine,
colimycine et reystatine) appelé Milieu de Thayer Martin. Le
gonocoque est un aérobie, mais il pousse mieux dans un
atmosphère humide contenant 5-10% de C02. On peut le cultiver
dans une boîte de Pétri qu’on place dans un bocal fermé dans lequel
on allume une bougie « Candle ju). La bougie s’éteint lorsque
l’oxygène est consumé. C’est-à-dire en présence de C02 (5-10%). La
température optimale de croissance est de 36°. Les cultures sont
tuées à 41°C.

89
Traitement
La pénicilline G était l’antibiotique de choix il y a quelques années.
Mais depuis 1979, la fréquence des souches N. gonorrhoeae
productrices de pénicillinase est en augmentation régulière dans le
monde.

a)Traitement préventif :
- Installation de nitrate d’argent à 1% ou de gouttes
d’antibiotiques dans la conjonctive oculaire du nouvea-
né (Technique de Grédé).
- Emploi de pénicilline retard chez des prostitués ou en cas
de contact vénérien suspect
- La maîtrise sexuelle : hygiène sexuelle et responsabilité à
l'égard des partenaires, prévention mécanique
(préservatifs), éducation sexuelle.

b) Traitement curatif:
Un bon traitement doit être efficace, économique et de courte
durée. Dans les cas non compliqués, une dose unique de
pénicilline benzathine (Extencilline) représentant 1,2 millions
d’unités, donne de très bons résultats.

Devant l'augmentation constante du pourcentage de souches


résistantes à la pénicilline, il est préférable d'utiliser une
céphalosporine de 3ème génération (ceftriaxone 500 mg en injection
IM) ou une fluoroquinolone (norfloxacine, 800 mg per os, ou
rosoxacine, 300 mg per os) ou la spectinomycine (2 g en injection
IM).

B. NEISSERIA MENINGITIDIS (meningococcus)

Isolé du L.C.R. par Wichselbaum (Vienne, 1887) et décrit


d’abord sous le nom Diplococcus intracellularis. Il est responsable
de méningite aiguë (méningite cérébro-spinale = MCS) et de
septicémies sévères.
Habitat et épidémiologie :

90
N. meningitidis est parasite strictement humain. Il est un
commensal du rhino-pharynx. On estime qu’entre 10 et 20% des
gens sont porteurs de Neisseria meningitidis en temps normal. Mais
ce taux peut être plus élevé en cas d’épidémie. Dans l’éclosion d’une
méningococcie interviennent des facteurs microbiens et des facteurs
de terrain.

Facteurs de terrain :
Pendant la saison sèche, entre décembre et juin, les vents
chargés de poussières, les nuits froides et les infections des voies
respiratoires supérieures (infections virales) se conjuguent pour
endommager la muqueuse rhinopharyngienne, augmentant ainsi le
risque de méningococcie. Par ailleurs, la transmission de Neisseria
meningitidis est favorisée par la promiscuité (les recrues militaire et
les mineurs) et les grands déplacements de population (les
pèlerinages et les marchés traditionnels régionaux). Dans cette
éventualité la contagion peut être endogène : c’est le cas dans les
ménigites sporadiques.

Facteurs microbiens :
En cas d’épidémies on voit une augmentation du nombre de
porteurs de souches virulentes appartenant aux sérogroupes A. La

91
contagion exogène prédomine, surtout à partir des porteurs de
germes.

La transmission bactérienne s’opère de personne à personne


par des gouttelettes de sécrétions respiratoires ou pharyngées
(goutelette des flügges).

En Afrique sub-Saharienne dans « la ceinture de la méningite »


qui s’étend du Sénégal à l’Ouest à l’Ethiopie à l’Est, que l'on
enregistre les taux les plus élevés de prévalence de cette maladie
(voir carte).

Dans certains pays situés dans cette ceinture tels que le


Burkina Faso, le Ghana, le Mali, le Soudan et le Chad, les épidémies
surviennent en saison sèche.
Depuis quelques décénnies, la maladie a tendance à s’étendre
en dehors de ces territoires traditionnellement affectés pour frapper
certains pays comme le Burundi, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda,
la Zambie et la République Centrafricaine. Quelques flambées ont
été observées en RDC (à Kinsangani en 2010).

Il existe une douzaine de groupes sérologiques de


méningocoques. Ce sont les sérogroupes A, B, C, D, E29, X, W135,
Y, Z…Les sérogroupes A, B, et C sont les plus épidémiogènes. La
répartition géographique et le potentiel épidémique varient d’un
sérogroupe à l’autre. Le méningocoque du sérogroupe A est
responsable d’environ 80 à 85% des cas dans la ceinture
méningitique ainsi que le sérogroupe C, le sérogroupe B prédomine
en Europe et en Amérique du Nord et du Sud. Depuis quelques
décénnies on observe des flambées épidémiques causées par le
méningocoque W135 en relation avec le pélérinage à la Mecque. Les
autres sérogroupes sont rarement impliquées dans les épidémies.

On dispose de vaccins anti-méningococciques polyosidiques


pour lutter contre cette maladie: un vaccin anti-méningococcique
conjugué A, des vaccins conjugués C, des vaccins quadrivalents A,

92
C, Y et W135 conjugué, et des vaccins anti-méningococciques
polyosidiques.

Pouvoir pathogène :

La méningococcie humaine évolue schématiquement en trois


étapes dont les deux premières peuvent passer inaperçues : rhino-
pharyngites, stade septicémique et complications
métastatiques.Parfois le stade septicémique domine le tableau
clinique.C’est la forme fulminante ou Syndrome de Waterhouse-
Friderichsen caractérisé par un choc infectieux et un purpura
extensif dû à la coagulopathie de consommation (voir photo)

La localisation métastatique la plus fréquente est la méningite

Cérébro-spinale ou méningite épidémique.Le malade présente


des céphalées, des vomissements, raideur de la nuque et purpura
pétéchial.

93
Facteurs de virulence :
Grâce aux fimbriae, N.meningitidis s’attache aux cellules
orpharyngées. Il est doté d’une capsule polyosidique qui le protège
de l’action bactéricide du complément et de la phagocytose. En outre
le méningocoque possède une IgA protéase capable de cliver les IgA
secrétoires et par conséquent d’échapper à l’immunité locale des
muqueuses. Son endotoxine entraîne une réaction exagérée de la
réponse des cytokines pro-inflammatoires.

Diagnostic biologique

Direct :
- Trans-isolate est le milieu de transport le mieux approprié
en cas d’expédition des échantillons dans un laboratoire
mieux équipé.
- L’examen microscopique après coloration de Gram réalisée
sur un frottis de LCR : diplocoques en grains de café (se
regardant par leurs faces aplaties), à Gram négatif, intra ou
extra-cellulaires.
- L’isolement du germe à partir du LCR ensemencé sans
retard (N. meningitidis est fragile et sensible au froid et à la
dessication) sur des milieux enrichis (gélose chocolat,
gélose de Mueller Hinton).
- L’isolement peut se faire également à partir du sang :
l’hémoculture est positive dans 25 à 50% des cas au début
de la maladie.Les colonies de méningocoques sont
reconnaissables par leur morphologie, à leur réaction à
l’oxydase (positive) et à la fermentation des glucides
(glucose et maltose).

Indirect :

- Détection des antigènes solubles (polysaccharides


capsulaires) par le test d’agglutination au latex sensibilisé
par des anticorps monoclonaux dirigés contre les polyosides

94
de groupes.Ces antigènes peuvent également être détectés
par le test ELISA.

Le LCR est habituellement trouble ou purulent, mais parfois


il peut être clair. La numération des globules blancs>1000
éléments/mm3, le dosage des protéines>0 ; 80g/l au lieu de
<à,60g/l sont aussi des tests d’orientation.
Traitement :

Préventif :
Les mesures prophylactiques autour d'un cas concernent
l'entourage (cas « contact ») et doivent être très rapidemennt
instituées. Il comprend :
- La chimiothéraprohylaxie par la rifampicine, la spiramycine
ou la ciprofloxacine
- Il existe des vaccins à base des polysaccharides capsulaires
des sérogroupes A, C, Y et W135. Le polyoside du sérogroupe
B est peu immunogène. Pour l’Afrique, on utilise soit le
vaccin bivalent A-C, soit le quadrivalent A-C-Y-W135.
Malheureusement ces vaccins ne protègent pas les
nourrissons et les jeunes enfants. Les indications de
vaccination sont : les jeunes recrues militaires, l’entourage
proche d’un cas sporadique de maladie méningococcique et
une population exposée à une épidémie de méningite
cérébro-spinale.

Curatif :
L’idéal est d’utiliser des médicaments qui diffusent
facilement dans les espaces méningés.Le chloramphenicol huileux
est l’antibiotique de choix.

95
Chapitre III : LES BACILLES A GRAM NEGATIF AEROBIES
Ce chapitre comprend des bacilles à Gram négatif (BGN) aérobies.
Il s’agit de : enterobactéries, les bactéries en forme de virgule
(Vibrions), les coco-bacilles (Haemophilus) et les bactéries aérobies
strictes nonfermentantes.

A. LES ENTEROBACTERIES

Généralités
Ce sont des bacilles à Gram négatif, droits, immobiles ou mobiles
par ciliature péritriche, aéro-anaérobies facultatifs, fermentant le
glucose, oxydase négatif, catalase négatif et réduisant le nitrate en
nitrite.

Caractères culturaux

L’ensemble de ces bactéries pousse facilement sur les milieux


ordinaires (ex : la gélose au sang, Mac Conkey (mileu sélectif). La
température optimale de croissance est généralement de 35 à 37°C à
l’exception des Yersinia (30 à 37°C), certaines ne poussent pas à 37°C.

Caractères antigéniques
Les entébactéries possèdent plusieurs types d’Antigène (Ag)
différents :
- Ag O, antigène de paroi (sommatique) constitué de
lipopolyssacharides (LPS)
- Ag H, antigène flagellaire (bactéries mobiles)
- Ag K, antigène capsulaire (certaines bactéries telles que
Klebsiella, certaines douches d’Escherichia coli, Shigella et
Salmonella « antigène Vi »)
- Ag d’adhésines (pili, fimbriae).

96
A.1. ESCHERICHIA COLI
Le genre Escherichia comprend 5 espèces avec comme espèce
type: E.coli, généralement connu sous le nom de « collibacille ».

Habitat et épidémiologie
E. coli est un commensal du tube digestif de l’homme et des
animaux. C’est le germe dominant (80%) de la flore intestinale
aérobie de l’adulte. Sa présence dans l’environnement est un bon
indicateur de pollution fécale d’origine humaine ou animale. Les
infections extra-intestinales sont d’origine endogène, tandisque les
infections intestinales sont acquises par contact direct (mains sales)
ou indirect (eau et nourritures contaminées).

Pouvoir pathogène.
E.coli est responsable d’infections extra-intestinales :
infections urinaires (premier germe), infections néonatales,
septicémies et méningites.

Certains biotypes (pathovars) sont responsables d’infections


intestinales :
1) E.coli enteropathogène (ECEP), responsables d’épidémies de
gastro-entérites infantiles survenant chez les enfants de
moins de trois ans en collectivité (école gardienne,
Pédiatrie).En République démocratique du Congo, les
sérotypes les plus fréquents sont : O111K4, O55K5, O25K15,
O26K6 et O126K16.
La diarrhée est du type sécrétoire (acqueuse). La bactérie agit
par production d’une cytotoxine et par adhérence aux
entérocytes.

2) E.coli entero-invasif (ECEI), provoquent des syndromes


dysenteriformes semblables aux shigelloses. Ils envahissent
les cellules épithéliales du gros intestin causant des
ulcérations.

97
3) E.coli entero-toxigène (ECET), responsables de la diarrhée du
voyageur et de la diarrhée acqueu se chez les enfants dans les
pays en dévelopement par production des entérotoxines
thermostables (ST) et thermolabile (LT) et des facteurs
d’adhésion aux entérocytes.

4) E.coli entéro-hémorragique (ECEH), responsable d’épidémies


de diarrhée sanglante d’origine alimentaire pouvant se
compliquer de syndrome hémolytique et urémique (SHU) chez
l’enfant par production d’une puissante cytotoxine (shiga
toxine).
Les EHEC appartiennent au sérotype O157.

5) E.coli entéro-aggrégatifs (ECEA), responsables de diarrhées


chroniques dans le pays en voie de développement.

6) E.coli à adhésion diffuse (ECAD) qui serait responsables de


diarrhées acqueuses chez l’enfant.

Diagnostic biologique.
Les principaux caractères biochimiques du genre Escherichia
sont :
- Fermentation des sucres (glucose et lactose)
- Réduction de Nitrate
- Métabolisme du tryptophane en indole (Indole positif)
- Le test ONPG consiste à rechercher la présence deß-
galactosidase (+).

Hormis les sérotypes des ECEP et des ECEH dont la recherche


peut être faite en routine pour les souches isolées de coproculture
chez les enfants de moins de 3 ans, la détection des autress biotypes
enteropathogènes reste du domaine des laboratoires spécialisés.
L’identification de ces souches est actuellement réalisée par biologie
moléculaire (PCR).

98
Traitement.
Les antibiotiques ne sont pas indiqués dans les infections
intestinales à E.coli enteropathogènes (EPEC) que l’on traite par la
réhydratation orale.

Dans les infections extra-intestinales :


On prescrit les antibiotiques réservés aux bacilles à Gram
négatif (ampicilline, tétracycline). Cependant on assiste de plus en
plus à des souches productrices des pénicillinases,
cephalosporinase, bêta-lactamases à spectre étendu surtout en
mileiu hospitalier. Donc l’anbiothérapie devrait être dictée par
l’antibiogramme.

A.2. SHIGELLA
Le genre Shigella comprend 4 groupes :
 Groupe A : Shigella dysenteriae avec 15 sérotypes
(S.dysenteriae1= bacille de shiga)
 Groupe B : Shigella flexneri avec 6 sérotypes.
 Groupe C : Shigella boydii avec 20 sérotypes.
 Groupe D : Shigella sonnei avec un seul sérotype.

Habitat et épidémiologie
Ce sont des parasites obligatoires de l’intestin de l’homme. On
peut les trouver dans l’environnement (eau), mais ils ne s’y
multiplient pas. La voie de transmission est oro-fécale et le plus
souvent la contagion est directe de personne à personne. La
transmission par l’eau et la nourriture est aussi fréquente. En cas
d’hygiène fécale défectueuse, les mouches peuvent jouer le rôle de
vecteur.Il existe de nombreux porteurs sains.

Pouvoir pathogène.
Ce sont des agents de la dysenterie bacillaire (shigellose)
d’intensité variable allant de la dysenterie grave avec selles muco-
sanguinolents à la diarrhée banales. En générale la forme la plus
grave est due au bacille de Shiga qui agit par la production d’une
99
toxine, la shigatoxine.Celle-ci a un effet neurotoxique (paralysie liée
à des troubles vasculaires cérébraux), un effet entérotoxique (fuite
d’eau et d’électrolytes) et une action cytotoxique sur les cellules
Vero.

Diagnostic biologique
Les germes du genre shigella se reconnaissent par leurs
réactions biochimiques négatives.
Mac Conkey : colonies incolores (lactose négatives)

Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose+), gaz(0), pas de noircissement
(H2S 0) et pente rouge (Lactose 0).
2. MIU : mobilité (0), Indole (0) et Uréase(0).
3. Citrate : vert(0)

Le diagnostic biochimique d’une shigella doit être confirmé par


l’épreuve d’agglutination sur lame à l’aide d’un antisérum
spécifique.
Il est utile de retenir les réactions présomptives suivantes :
 Pour S.sonnei : fermentation du mannitol en eau peptonée
d’Andrade et réaction positive en ONPG (ortho-nitro-phényl-
galactoside).
 Pour S.dysenteriae : mannitol (0), indole (0) et ONPG+.
 Pour S.flexneri, il existe un biotype mannitol négatif produisant
du gaz, mais indole négatif appelé : Shigella flexneri new castle.
Il existe un autre biotype mannitol négatif de S.flexneri 4a
connu sous le nom de S.flexneri rabaulensis.Il est toujours
indole +.

Traitement.
Les souches de Shigella sont de plus en plus résistantes aux
antibiotiques. Les antibiotiques de choix pour un traitement
empirique sont le cotrimoxazole et l’acide nalidixique. Les souches
de Shigella dysenteriae isolées en RDC sont devenues résistantes à

100
ces deux antibiotiques, mais restent encore sensibles aux nouvelles
fluoroquinolones (norfloxacine, ciprofloxacine et ofloxacine).

A3. SALMONELLA
Suivant la taxonomie moderne basée sur l’homologie de l’ADN
(acide désoxyribonucléique), le genre salmonella comprend deux
espèces dénommées salmonella enterica et bongorii. L’espèce
enterica est subdivisée en 6 sous-espèces présentant des caractères
biochimiques différents comme l’indiquent les données du tableau
suivant :

Tableau. Principaux caractères différentiels des six sous-


espèces de Salmonella (enterica (I), salamae (II), arizonae (IIIa),
diarizonae (IIIb), houtenae (IV) et indica (V)). Chacune de ces sous-
espèces se divise en sérovars définis par les antigènes O (LPS), H
(flagelle) et Vi (capsule).

Tests Sous-espèces de Salmonella.


I II IIIa IIIb IV V VI
ONPG 0 0/+ + + 0 + +/ 0
Gélatin 0 + + + + 0 +
e
Malona 0 + + + 0 0 0
te
Dulcitol + + 0 0 0 + +/0
Salicine 0 0 0 0 + 0 0
Sorbitol + + + + + + 0

La sous-espèce Salmonella enterica subsp. enterica représente


la très grande majorité des souches isolées chez l’homme et les
animaux à sang chaud. Les autres sous-espèces sont rencontrées
principalement chez les animaux à sang froid.
Les noms des anciennes espèces selon Kauffmann ne sont plus
traités comme des noms latins mais sont conservés comme
désignation de sérotype pour la sous-espèce enterica. Pour les
101
autres sous-espèces, les sérotypes sont désignés par leur formule
antigénique. Ainsi, Salmonella typhi devient Salmonella enterica
sous-espèce enterica sérotype Typhi, ou tout simplement Salmonella
Typhi (juxtaposition du nom du sérotype à celui du genre
Salmonella). En outre, contrairement au nom d’espèce, le nom de
sérotype n’est pas écrit en italique et commence par une majuscule,
par exemple : S.sér. Thyphimurium et S. ser.Enteritidis.

Habitat et épidémiologie
Ce sont des parasites obligatoires de l’intestin de l’homme et
des animaux.
Classiquement, on peut distinguer deux groupes de Salmonella :
- Ceux qui sont strictement humain (S.Typhi, Paratyphi A, B
et C)
- Ceux qui sont retrouvés chez l’homme et les animaux avec
plus de 2500 sérotypes dont les plus rencontrés S.
Typhimurium et Enteritidis

Salmonella strictement humain affectent principalement les jeunes


adultes et grands enfants (le groupe d’âge le plus touché est celui de
8-13 ans). Il existe 1-5 % de porteurs sains.
Salmonella Non Typhi (SNT) touchent principalement les enfants de
moins de cinq ans avec paludisme grave et/ou anémie, la
drépanocytose et les personnes immunodéprimées (infection à HIV
et malnutrition).

La transmission de Salmonella Typhi est directe de personne à


personne à partir de malades et de porteurs sains (S.Typhi) ou
indirecte à partir des aliments (eau de surface et lait) contaminés.
A l’instar des pays industrialisés- où la transmission des SNT est
liée aux animaux, les volailles ainsi que leurs produits dérivés (lait,
œufs…), le réservoir ainsi que les voies de transmission des SNT
restent non élucidés en Afrique Sub-Saharienne. Cependant, la
transmission de personne à personne et la transmission zoonotique
sont les deux hypothèses émises.

102
Pouvoir pathogène
Fièvres entériques : la forme la plus grave est la fièvre typhoide,
causée par S.Typhi et la forme la moins grave est la fièvre
paratyphoide causée par S.Paratyphi A (Asie, Amérique du Sud et
Afrique du Nord, B (Europe) et C (Afrique Centrale).
SNT sont souvent responsable de toxi-infections et de gastro-
entérite dans les pays développés.
En Afrique sub-Saharienne, SNT sont le plus souvent
responsables des infections invasives (septicémie, méningite,
ostéite…) chez les enfants de moins de cinq ans et les adultes HIV
(+). Des bactériémies récidivantes à Salmonella non-typhi sont
souvent la première manifestation du SIDA en Afrique.

Diagnostic biologique

Direct
L’hémoculture est le moyen essentiel de diagnostic de la FT et
des bactériémies à SNT. Elle est positive à 90 % des FT débutantes,
non traitées. Ce pourcentage de positivité diminue ensuite au cours
de l’évolution de la maladie.
La coproculture permet le diagnostic des formes digestives de
salmonelloses mais aussi de la FT. Dans ce dernier cas, elle est peu
sensible en début de maladie du fait de la faible excrétion des
Salmonella dans les selles. La coproculture est néanmoins la seule
méthode permettant le dépistage des porteurs sains.
D’autres cultures sont possibles, notamment dans les
infections à Salmonella extra-digestives : myéloculture, cultures
d’urines, de pus, de bile et de LCR.
Coproculture : MacConkey et gélose SS : colonies claires (lactose 0).
Milieu d’enrichement est le bouillon de Sélenite
Milieux d’identification : Kligler : culot jaune (glucose+), gaz (+/0),
H2S (+/0) et pente rouge (lactose0). Citrate (+/0). MIU : mobilité (+),
Indole (0) et Urease(0).
Notons bien que S.Typhi est toujours agazogène et citrate
négatif. S.Paratyphi A est aussi citrate négatif et se présente souvent
sous l’aspect d’un « paracoli aérogène) sur Kligler.

103
Le diagnostic biochimique de Salmonella doit être confirmé par
le sérotypage à l’aide de sérums anti-sérum polyvalents A-G et
monovalents.
Les réactions biochimiques de Salmonella sont données dans
le tableau ci-dessous :
S.Paratyp S.Paratyp S.Paratyphi C S.Typhi
hi A hi B
Distribution Amérique Europe Afrique Cosmopolit
géographiqu Sud centrale/Oue e
e Afrique st
Nord
Glucose + (gaz)* + (gaz+) + (gaz+) + (gaz 0)
H2S 0/+ + + 0/+
Citrate 0 + + 0
Malonate 0 0 0 0
Gélatinase 0 0 0 0
Lysine 0 + 0 0
décarb.
ONPG 0 0 0 0
Serum anti- 0 0 + +
Vi
* aspect de paracoli aérogène.

Indirect
Ce diagnostic consiste en la recherche des anticorps dirigés contre
les constituants de Salmonella. Il s’agit du sérodiagnostic de Widal et
Félix. Il se fait par agglutination avec différentes suspensions
antigéniques O et H de Salmonella Typhi, Paratyphi A, B et C.

Cette méthode n’est pas un bon moyen diagnostic, mais elle


donne seulement un élément d’orientation. En effet, son
interprétation est difficile et délicate en raison de communautés
antigéniques avec d’autres bactéries et des réactions croisées avec
d’autres pathologies telles que le paludisme…
En RDC, les études récentes ont montré que le test de Widal
est mal exécuté : plus de 80% pratiquent le test sur lame et sur un
104
seul échantillon de sérum à la place de deux (précoce et tardif entre
10-14 jours après le début de la maladie) ; presque la moitié de
cliniciens (Dr et infirmier) pouvaient indiquer le test de Widal pour
le diagnostic de portage chronique de la fièvre typhoide, voire pour
suivre un cas de FT sous traitement…
Traitement.
L’usage des antibiotiques n’a pas d’effets sur les gastro-
entérites à Salmonella non Typhi. Par contre les antibiotiques sont
indiqués dans les salmonelloses invasives. Malheureusement les
salmonella non-Typhi sont de plus en plus résistantes à plusieurs
antibiotiques à la fois. Les études récentes en RDC ont rapporté à
peu près 30% et 15% de souches de S.Typhi isolées entre 2007 à
2011 étaient multi-résistantes à la fois vis-à-vis de l’ampicilline,
chloramphénicol et co-trimoxazole et de sensibilité diminuée à la
ciprofloxacine respectivement. Cependant le taux de la résistance de
SNT aux antibiotiques de première ligne (ampicilline,
chloramphénicole et co-trimoxazole) variait entre 81-100%. Un
pourcent de SNT (S. Typhimurium) était producteur de bêta
lactamase à spectre élargi.

La ciprofloxacine et le ceftriaxone restent les antibiotiques de


choix pour traitement des salmonelloses invasives.

A4. CITROBACTER

Le genre Citrobacter contient trois espèeces : C.freundii,


C.diversus et C.amalonaticus.

Habitat et épidémiologie.
Citrobacter est un saprophyte de l’environnement (eau, sol) et
un parasite occasionnel du tube digestif.

Pouvoir pathogène.

105
Citrobacter est agent d’infections opportunistes : infections
urinaires et respiratoires en milieu hospitalier. La méningite
néonatale en est la pathologie la plus sévère.

Diagnostic bactériologique.
Milieu d’isolement : MacConkey : colonies claires (lactose 0).
Milieux d’identification :

1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (+), noircisement (H2S


+/0) et pente rouge (lactose0) ou jaune (lactose +).
2. Citrate : bleu (+)
3. MIU : mobilité (+), Indole (+/0), Uréase (0).
En outre, Citrobacter dégage une légère odeur aromatique en
culture sur Kligler.

Traitement.
L’association céphalosporine (3èmegénération) et aminosides
est l’antibiothérapie de choix en cas de méningite à Citrobacter.

A.5. EDWARDSIELLA
Le genre Edwarsiella comprend une seule espèce pathogène
pour l’homme : E.tarda.

Habitat et épidémiologie.
E.tarda est commensal de l’intestin de nombreux poissons
d’eau douce des zones tropicales. Environ 57% de poissons du fleuve
Congo sont infectés. L’homme s’infecte par contact avec des
poissons contaminés ou après consommation d’eau souillée.

Pouvoir pathogène.
Les infections humaines à Edwardsiella sont sporadiques :
 Infections intestinales : diarrhée et entérocolites.
 Infections extra-intestinales : infections urinaires et
méningites.

106
Diagnostic bactériologique.
Milieu d’isolement : MacConkey : colonies claires (lactose 0).
Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (+), noircisement (H2S +)
et pente rouge (lactose0).
2. Citrate : vert (0)
3. MIU : Mobilité (+), Indole (+), Uréase (0).

Traitement.
Plus de 90% de souches sont naturellement résistantes à la
colistine. Les autres antibiotiques sont actifs tels que : ampicilline,
tétracycline, chloraphenicol et bactrim.

A.6. KLEBSIELLA.
Le genre Klebsiella est constitué de quatre espèces :
K.pneumoniae, K.oxytoca, K.ozaenae et K.rhinoscleromatis.

Habitat et épidémiologie.
Ce sont des saprophites de l’environnement (eau, matières
végétales en décomposition) et parasites commensaux facultatifs du
tube digestif et des voies respiratoires de l’homme. Les infections
humaines sont endogènes et ne sont donc pas contagieuses.

Pouvoir pathogène
- K.pneumoniae et K.oxytoca sont responsables d’infections
urinaires et d’infections nosocomiales.
- K.ozaenae est associée à l’ozène (rhinite atrophique avec catarrhe
fétide).
- K.rhinoscleromatis est associé au rhinosclérome, un
épaississement chondroide des muqueuses labio-glosso-
pharyngées.

107
Diagnostic bactériologique.
La culture de Klebsiella se caractérise par l’absence de mobilité
et par l’aspect muqueux des colonies (bactéries encapsulées).

Milieu d’isolement : MacConkey : grosses colonies rouges (lactose+).


Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (+), pas de noircisement
(H2S 0) et pente jaune/rouge (lactose+/0).
2. Citrate : bleu (+)
3. MIU : Mobilité (0), Indole (0/+), Uréase (+/0).

Traitement.
Les Klebsiella produisent une beta-lactamase qui inactive
l’ampicilline mais pas les céphalosporines. L’antibiogramme est
indispensable. Les antibiotiques de choix sont : chloramphenicol,
co-trimoxazole et tétracyclines.

A.7. ENTEROBACTER.

Il existe 13 espèces d’Enterobacter dont 5 sont cliniquement


importantes.Il s’agit de :
1. E.cloacae.
2. E.sakazakii.
3. E.aerogenes.
4. E .gergoviae.
5. E.agglomerans.

E.cloacae est l’espèce la plus fréquente en pathologie


infectieuse suivie d’E.aerogenes et d’E.agglomerans.

Habitat et épidémiologie.
Enterobacter sont de saprophytes de l’environnement (eau, sol
et égoûts) et un commensal de l’intestin de l’homme.

108
Pouvoir pathogène.
Ce sont des agents d’infections opportunistes d’origine
nosocomiale : infections urinaires endogènes ou exogènes,
infections de plaies de decubitus, de brûlures et opératoires.

Diagnostic bactériologique.
Les Enterobacter se distinguent des Klebsiella par le fait qu’ils
sont mobiles et possèdent une ODC.

Traitement.
Ce sont des germes naturellement résistants aux
aminopenicillines et aux céphalosporines de 1ère génération
(céfazoline)

Les antibiotiques de choix sont : aminoglycosides pour les


infections générales et le cotrimoxazoles pour les infections
urinaires.

A.8. SERRATIA
Le genre Serratia comprend six espèces : S. marcescens, S. li-
quefaciens, S. rubidaea, S. odorifera, S. ficaria.
S. marcescens est l'espèce la plus importante en médecine,
suivie de loin par S. liquefaciens.

Habitat et épidémiologie
C'est un saprophyte ubiquitaire répandu dans le sol, dans
l'eau et à la surface des végétaux.
S. marcescens a été isolé en 1823 par l'Italien Bizio à partir
d'un aliment avéré qui avait une coloration rouge. Plus tard ce
germe a été appelé bacterium prodigiosum, à cause de la production
d'un pigment rouge (prodigiosine) : celui-ci serait à l'origine de l'ap-
parition jadis miraculeuse des "pains sanglants" et des "hosties san-
glantes". Cette teinte rouge a été également observée sur des expec-
toratios (simulant une hémoptysie) et sur des selles d'enfants (syn-
dromes des couches rouges).

109
S. marcescens est le germe hospitalier le plus répandu. Il est
introduit par la nourriture et l'eau et se transmet par les mains du
personnel, par des solutions et par de l'équipement contaminé : so-
lutions de perfusion, cathéters intraveineux ou urinaires etc.

Pouvoir pathogène.
S. marcescens est un germe opportuniste dont le comporte-
ment s'adapte aux circonstances inhérentes à l'environnement hos-
pitalier. Il est une cause importante d'infections hospitalières dont :
- infections urinaires
- bactériémie
- méningite (ponction lombaire, neurochirurgie)
- ostéomyélite (orthopédie).

Diagnostic biologique.
Le genre Serratia a toutes les caractéristiques des Enterobac-
teries dont il se distingue par la production d'une DNase et par sa
résistance à la colistine.

Milieu d'isolement : MacConkey : colonies incolores.


Milieu d'identification : Kliger - culot jaune (sans gaz) ;- pente
rouge.Citrate : bleu
MIU : mobilité + ; indole 0 ; urease 0.
Environ 20 % de souches produisent un pigment rouge.

Traitement
Ce sont les germes les plus résistantes parmi les entérobacté-
ries : une résistance naturelle vis-à-vis de l'ampicilline et des cépha-
losporines de 1ère génération. Le chloramphenicol et le bactrim sont
parfois actifs. D'où la nécessité d'un antibiogramme.

110
A.9. PROTEUS

Le genre Proteus comprend deux espèces : P.vulgaris, une espèce


peu fréquente et P.mirabilis, espèce la plus fréquente.

Habitat et épidémiologie.
Les Proteus sont des saprophytes de l’environnement : eau de
rivières, matière organique en décomposition.On les retrouve aussi
dans les sellesmais en nombre réduit.Les infections humaines sont
essentiellement endogènes.

Pouvoir pathogène
Proteus sont responsables d’infections urinaires.Le diabète, les
anomalies de l’appareil urinaire et l’usage des antibiotiques à large
spectre en sont les causes prédisposantes.

Diagnostic bactériologique.
Milieu d’isolement : MacConkey : colonies claires (lactose 0).
Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (+/0), noircisement
(H2S +) et pente rouge (lactose0).
2. Citrate : bleu (+/ 0)
3. MIU : Mobilité (+), Indole (+/0), Uréase (+).

Les cultures de Proteus se caractérisent par leur


développement en vagues successives (swarming) sur gélose au sang
et par une odeur putride caractéristique.

Traitement.
Tous les proteus sont résistants à la colistine. Les antibiotiques
de choix sont :
1. pour les infections urinaires : cotrimoxazole et
quinolonnes.
2. pour les infections générales sévères :
aminoglycosides et céphalosporines de 3ème génération.

111
A.10. PROVIDENCIA
Le genre Providencia comprend trois espèces :
1. P.rettgeri.
2. P.stuartii.
3. P.alcalifaciens.
Habitat et épidémiologie
Il s’agit de bactéries commensales du tube digestif. Leur
transmission est souvent d’origine nosocomiale.

Pouvoir pathogène
Providencia est un pathogène nosocomial dont les facteurs
prédisposants sont les sondes urinaires à demeure et
l’antibiothérapie à large spectre. Les infections urinaires peuvent se
compliquer de bactériémies.

Diagnostic bactériologique
Milieu d’isolement : MacConkey : colonies claires (lactose 0).
Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (+/0), pas de
noircisement (H2S 0) et pente rouge (lactose 0).
2. Citrate : bleu (+)
3. MIU : Mobilité (+), Indole (+/0), Uréase (+/0).

Traitement
Les antibiotiques de choix sont :
1. pour les infections urinaires : cotrimoxazole et acide
nalidixique.
2. pour les infections générales sévères : association
céfotaxime et gentamicine.

112
A11. MORGANELLA
Le genre Morganella comprend une seule espèce : Morganella
morganii.

Habitat et épidémiologie.
M.morganii est un commensal rare du tube digestif de l’homme
et des animaux. Il est fréquent dans les selles diarrhéiques sans qu’il
soit considéré comme un germe enteropathogène.
Pouvoir pathogène.

M.morganii cause des infections opportunisteschez des


patients hospitalisés : infections urinaires et rarement des
bactériémies à point de départ cutané (plaies opératoires infectées).

Diagnostic bactériologique.

Milieu d’isolement : MacConkey : colonies claires (lactose 0).


Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (trace/0), pas de
noircisement (H2S 0) et pente rouge (lactose0).
2. Citrate : vert (0)
3. MIU : Mobilité (+), Indole ( +), Uréase (+).
4. Désaminase de la phénylalanine (+).

Traitement

Les antibiotiques de choix sont :


1. pour les infections urinaires : cotrimoxazole et acide
nalidixique.
2. pour les infections générales sévères : association
céfotaxime et gentamicine.

113
A.12. LE GENRE YERSINIA.
Le genre Yersinia comprend deux espèces pathogènes :
Yersinia enterocolitica et Yersinia pestis

12.1. Yersinia enterocolitica

Habitat et épidémiologie
Y.enterocolitica est un parasite enteropathogène de l’intestin de
l’homme et de certains animaux (porc).

Pouvoir pathogène
Y.enterocolitica est responsable de diarrhées de type invasif
d’origne alimentaire (viande de porc, lait). Elle peut causer des abcès
profonds (foie) ou des septicémies.

Diagnostic bactériologique

Milieu d’isolement : MacConkey : colonies petites et incolores


(Lactose 0). Les colonies sont mieux visibles après 24h
supplémentaires à la température du laboratoire
.
Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (trace/0), pas de
noircisement (H2S 0) et pente rouge (lactose0).
2. Citrate : vert (0)
3. MIU : Mobilité (0 à 37°C et + à 22°C), Indole (0), Uréase
(+).

Les caractères biochimiques d’orientation sont :


1. Uréase +, ce qui exclut une Shigella.
2. Phénylalanine désaminase 0, ce qui exclut le Proteus.
3. ONPG +
4. Citrate (0), gélatinase (0), malonate (0).
Le diagnostic biochimique sera confirmé par l’agglutination
avec des antiserums spécifiques de type.

114
Traitement
L’antibiotique de choix est le cotrimoxazole. Y.enterocolitica
produit une beta-lactamase qui inactive l’ampicilline.

12.2. YERSINIA PESTIS

Ce bacille a été découvert par le Suisse Alexandre Yersin en


1894 à Hong-Kong, dans le bubon d’un malade atteint de la peste.
Y pestis est une enterobactérie

Habitat et épidémiologie
En 1897, l’épidémiologiste Français P.L. Simond démontra à
Bombay que la peste est une maladie des rats qui se transmet de
rat à rat par leurs puces, mais qui peut occasionnellement se
transmettre à l’homme également par la piqûre de la puce du rat
(voir figure).

Le reservoir naturel de la contagion est constitué par les


rongeurs domestiques et sauvages (Arvicanthis niloticus, Mastomys
natalensis, Rattus rattus et Gerbillus gerbillus). La transmission de
rat à rat et accidentellement de rat à l’homme se fait par la piqûre
d’une puce du genre Xynopsylla (cheopis et brasiliensis). La
transmission interhumaine est possible par les sécrétions broncho-

115
pulmonaire ou aérosols (goutellettes de flûgges). Cette bactérie peut
être utilisée dans le biotéorisme. Le bacille pestueux peut persister
plusieurs années dans le sol sans perdre sa virulence.

Quelques foyers de peste sont signalés en Afrique : le


Madagascar, l’Afrique du Sud, la RDC (Ituri, Bunia), la Lybie, la
Mauritanie…
Plus tard, on a constaté que dans certains foyers d’autres
rongeurs peuvent jouer un rôle dans l’épidémiologie (peste
sylvatique).
En cas de peste pneumonique ; la transmission se fait
d’homme à homme et est du type flüggien. La peste est une zoonose
typique.
Les réservoirs de la peste en Afrique :

- Foyer de l’Afrique australe : (Afrique du sud, Lesoto, Namibie


et Zimbabwe) c’est Rattus rattus et Mastomys natalensis
- Foyer de l’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Mozambique et
Madagascar) : Arvicanthis niloticus, Mastomys natalensis et
Rattus rattus. Les vecteurs principaux sont : Xenopsylla
cheopis, et Xenopsylla brasiliensis.
- Foyer de l’Afrique centrale : (R.D. Congo, Blukwa et Lac
Edouard) Angola et Guinée Equatoriale, R. rattus, M.
natalensis, Lemniscomys striatus et A. abyssinicus. Le vecteur
principal est Xenopsylla brasiliensis.

Figure: Distribution mondiale des Rattus rattus (selon OMS),


réservoirs de la peste.

116
- Foyer de l’Afrique du Nord-Ouest (Mauritanie-ouest) rongeurs
du désert (Gerbillus gerbillus) et G.nanus. Le vecteur est
Xenopsylla ramesis.
- Foyer de l’Afrique du Nord (Lybie) : G. gerbillus et Meriones
shawi. Le vecteur sont : Xenopsylla ramesis, Xenopsylla
cheopis et Xenopsylla taractes.

Pouvoir pathogène
Chez l’homme, le bacille de la peste est obligatoirement
pathogène et on ne trouve donc pas de porteurs sains. Il existe deux
grands tableaux cliniques de la maladie humaine.
a) la peste bubonique : c’est la forme la plus fréquente. La puce
qui s’est nourrie sur un rat avec septicémie pesteuse, contient
des bacilles de la peste qui se multiplient dans son
proventricule. Chez certaines espèces de puces, dites blocables,
cette multiplication entraîne une obstruction du canal
alimentaire. Poussée par la faim la puce piquant un autre
animal ou un homme elle tâche de débloquer l’estomac, ce qui
donne des régurgitations de bacilles infectants qui vont souiller
la piqure.

Après une incubation de 6 jours commencent des symptômes


généraux suivis de l’apparition d’adénite douloureuse (bubon)
localisée d’après l’endroit de la piqûre : inguinale, axillaire,
cervicale. Si la maladie évolue favorablement, le bubon devient
fluctuant et la ponction du bubon donne un pus lié jaune

117
verdâtre. D’habitude ces bubons ne s’ouvrent pas spontanément.
La peste s’accompagne généralement d’une septicémie qui peut
parfois constituer tout le tableau clinique.

b) La peste pulmonaire : Elle est caractérisée par des crachats


mousseux, teintés de sang et riches en bacilles. Le premier cas
d’une épidémie de pneumonie pesteuse est constitué par un
sujet atteint de peste bubonique qui a fait une localisation
métastastique pulmonaire (peste pneumonique secondaire).

Diagnostic biologique

Diagnostic direct : Il est basé sur la démonstration de


Y. pestis.
- le prélèvemenet est constitué de : pus, sang,
expectorations
- A la coloration de Gram : bacilles à Gram négatif ; on le
recherche de préférence avec la coloration de Wayson.
- Culture sur milieu Mac Conkey et surtout sur milieu
sélectif CIN (Cefsulodine, irgasan, novobiocine). La T°
optimale est de 25-28°C et après 48h d’incubation.
Les caractères biochimiques importants sont : immobile
à 22°C comme à 37°C, urease négatif, ONPG positif

1. Chez l’homme : le bubon est ponctionné à la seringue et le


bacille pesteux recherché par examen du frottis coloré ou par
culture à 28°. Dans les formes septicémiques on pratique
l’hémoculture. Dans la forme pneumonique l’examen direct
des expectorations doit être confirmé par la culture. Dans ce
cas, et en général, chaque fois qu’il y a présence d’une flore
associée (prélèvement sur cadavre) la friction du produit sur
la peau rasée du cobaye est indiquée.
2. Chez le rongeur : pour des études épidémiologiques on
mélange les moëlles fémorales rarement putréfiées de
plusieurs rongeurs et on injecte ou on frictionne à un cobaye.

118
3. Chez la puce : on broye une série de puces dans de l’eau
physiologique et on injecte au cobaye. La culture pure de Y.
pestis doit finalement être vérifiée par :

a. L’agglutination avec un sérum spécifique


b. La maladie expériementale chez le cobaye
Diagnostic indirect : il est basé sur des tests immunologiques sur
bandelettes et sur des méthodes de biologie moléculaire (PCR).

Thérapie
1. Preventif
- La lutte contre les rats et la désinsectisation
- La chimioprophylaxie par les cyclines, streptomycine
des sujets contacts d’un cas de peste pulmonaire.

2. Traitement curatif :
- Yesinia pestis est naturellement résistante aux beta-
lactamines
- -La streptomycine, les tétracyclines et chloramphénicol,
au triméthoprime-sulfaméthoxale sont efficaces. Le
traitement par antibiotiques peut donner lieu à une
réaction du type Herxheimer.

B. LES BACILLES EN FORME DE VIRGULE

La famille des Vibrionaceae comprend trois genres :


1. Genre vibrio.
2. Genre Aeromonas.
3. Genre Plesiomonas.

Tous les germes de cette famille fermentent le glucose et


donnent une réaction d’oxydase positive.

119
B.1. Vibrio.
Le genre vibrio comprend 34 espèces dont 12 sont impliquées
en pathologie humaines.Vibrio cholerae sérogroupe O1 a été jusque
récemment la seule cause de cholera épidémique ou
pandémique.Depuis 1993, V.cholerae dit O139 a été reconnu
comme un autre agent de choléra épidémique.

V.cholerae O1 contient deux biovars :


1. V.cholereae classique avec trois sérotypes (Inaba, Ogawa et
Hikojima).
2. V.cholerae El Tor avec trois sérotypes (Inaba, Ogawa et
Hikojima).

Habitat et épidémiologie.

C’est un parasite enteropathogène de l’homme. Fragile dans


l’eau de rivière, il peut survivre plus longtemps dans les eaux salées
et dans certains aliments (lait, poissons).
L’homme malade ou porteus sains sont les principaux
réservoirs de vibrions cholériques. La transmission se fait par
contact direct avec un porteur sain, un malade ou un cadavre, ou
encore par contact indirect (transmission hydrique).

Pouvoir pathogène.
V.cholerae est l’agent du cholera : diarrhée profuse caractérisée
par des selles afécales (liquides claires) avec des flocons blanchâtres
(aspect « eau de riz » et sans odeur.

Diagnostic bactériologique.
Milieux d’isolement :
1. MacConkey : colonies incolores (lactose 0).
2. TCBS : colonies jaunes.

Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (0), pas de
noircisement (H2S 0) et pente rouge (lactose0).

120
2. Citrate : bleu (+)
3. MIU : Mobilité (+), Indole (+), Uréase (0).
Tests complémentaires d’orientation : Oxydase (+) et sensibilité
in vitro au composé vibriostatique 0/129 (150 μg).
Les tests biochimiques seront confirmés par le test
d’agglutination sur lame à l’aide des antiserums polyvalents et
monospécifiques.

Traitement
La réhydratation orale est la thérapie de base. Les
antibiotiques de choix sont le cotrimoxazole et la tétracycline.

B.2. Aeromonas
Ce genre contient 4 espèces dont trois sont pathogènes pour
l’homme :
1. A.hydrophila.
2. A.caviae.
3. A.sobria.
4. A.salmonicida (poisson).

Habitat et épidémiologie.
Saprophytes des eaux douces et saumâtres.L’homme s’infecte
en contact avec l’eau.
Pouvoir pathogène.
Infection des plaies en contact avec l’eau ; infections
opportunistes (infections urinaires, septicémies, abcès chez le
diabétique et le cirrhotique. Aeromonas peut causer des diarrhées
aqueuses ou sanguinolentes.

Diagnostic bactériologique.
Milieu d’isolement :
1. MacConkey : colonies incolores (lactose 0).
2. TCBS : colonies vertes.

Milieux d’identification :

121
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (+), pas de
noircisement (H2S 0) et pente rouge (lactose0).
2. Citrate : bleu (+)
3. MIU : Mobilité (+/0), Indole (+), Uréase (0).
Tests complémentaires d’orientation : Oxydase (+) et résistance
au composé vibriostatique O/129.

Les caractères différentiels des trois espèces d’Aéromonas


d’intérêt médical sont consignés dans le tableau ci-dessous :

A.hydrophila A.caviae A.sobria


Glucose avec gaz + 0 +
Hydrolyse esculine + + 0
Lysine + 0 +
décarboxylase.
Arabinose + + 0
Hémolyse + 0 +
Voges-Proskauer + 0 Variable

Traitement.
Aéromonas est résistante à l’ampicilline. Le cotrimoxazole est
l’antibiotique de choix.

B.3. Plesiomonas.
Il y a une seule espèce de Plesiomonas : P.shigeloides.

Habitat et épidémiologie.
Plesiomonas fait partie de la flore normale du poisson d’eau
douce.On la trouve rarement dans l’intestin de l’homme sain.

Pouvoir pathogène.
C’est un agent de diarrhée aqueuse par production d’une
enterotoxine thermostable.

122
Diagnostic bactériologique
Milieu d’isolement :
1. MacConkey : colonies incolores (lactose 0).
2. TCBS : colonies vertes.
Milieux d’identification :
1. Kligler : culot jaune (glucose +), gaz (0), pas de
noircisement (H2S 0) et pente rouge (lactose0).
2. Citrate : bleu (0)
3. MIU : Mobilité (+/0), Indole (+), Uréase (0).

Tests complémentaires d’orientation : Oxydase (+) et résistance


au composé vibriostatique O/129. L’aspect est donc celui de
Shigella, mais oxydase (+) Dnase (0) et gélatinase (0).

Traitement.
Les antibiotiques utilisés généralement contre les bacilles à
Gram négatifs sont actifs contre Plesiomonas.

B.4. CAMPYLOBACTER.

Le genre Campylobacter est proche des vibrio:

Ce sont des germes en virgule, oxydase+, très mobiles par ci-


liature polaire.
Mais Campylobacter ont:
1. un métabolisme respiratoire micro-aérophile: ils poussent
mieux en atmosphère contenant 5% d'oxygène, 10% de
CO2 et 85% d'azote.
2. un G + C% d'ADN compris entre 30 et 38% alors que ce
rapport pour le vibrio est de 40 à 52%.
3. Des formes particulières en S ou en hélice.
Les deux espèces de campylobacter pathogènes pour l'homme
sont : C.jejuni et C.coli.

123
Habitat et épidémiologie
Ces deux Campylobacter sont des commensaux du tube
digestif des volailles, porcs, chiens et chats. C.jejuni est fréquent
chez les volailles tandisque C.coli chez le porc.Le germe survie
difficilement dans le milieu extérieur.L'homme s'infecte par inges-
tion d'aliments ou boissons contaminés par les excrètas de ces ani-
maux.

Pouvoir pathogène
C.jejuni et C.coli sont responsables de diarrhées fébriles avec
des selles accompagnées de sang et de mucus. Les enfants sont les
plus atteints. La Campylobactériose est rare à Kinshasa, mais
fréquent à l'Est du pays.

Physiopathogénie
Campylobacter est un germe invasif: il traverse le mucus in-
testinal et pénètre dans les entérocytes. D'où la présence de sang et
de leucocytes dans les selles des malades. La bactérie est invasive
et secrète une enterotoxine.

Diagnostic biologique
Il se fait par coproculture en atmosphère microaérophile sur
un milieu sélectif: gélose columbia additionnée de 5% de sang et
contenant un mélange d'antibiotiques inhibiteurs de la coproflore
tels que: bacitracine, novobiocine, cycloheximide, cefazoline et co-
listine (milieu de Butzler).
C.jejuni se développe mieux à 42°C, l’autre espèce à 37°C.
Les Campylobacter n'hydrolysent pas les sucres, mais ils sont
tous oxydase+, catalase+ et uréase+.

Traitement
L'entérite à campylobacter se guérit spontanément. L'érythro-
mycine est l'antibiotique de choix si l'on veut accélérer la guérison.

124
B.5. HELICOBACTER PYLORI
C’est un bacille à Gram négatif, de forme spiralée. Il est
responsable de gastrites. Il est impliqué dans l’étiologie d’ulcères
gastro-duodénaux et de cancers gastriques

Habitat et epidémiologie

H. Pylori habite sur le mucus de l’estomac de l’homme où il


persiste durant des années.
La transmission est oro-fécale et commence dès l’enfance.

Pouvoir pathogène

.H.Pylori est responsable de gastrite qui peut évoluer en ulcère


duodénal, ulcère gastrique et en cancer gastrique. Des facteurs
associés, encore mal définis, sont cependant nécessaires pour le
développement d’ulcère duodénal sous l’influence d’H. Pylori. Les
sujets infectés par H.Pylori ont 10 fois plus de risque de developper
un ulcère. En outre, l’éradication de H. Pylori sous traitement, fait
baisser sensiblement le taux de rechutes chez les sujets infectés.

Facteurs de virulence
Par ses adhésions, H. Pylori s’attache à la muqueuse gastrique.
Sa forme spiralée, et ses flagelles lui permettent de se déplacer dans
le mucus gastrique.
En outre, H. Pylori est très riche en uréase, source
d’ammoniac. Celui-ci joue, un rôle de tampom qui le protège de
l’acidité gastrique et possède également des propriétés cytologiques.
Diagnostic biologique

Le Diagnostic biologique direct est basé sur :


L’examen anatomo-pathologique des biopsies gastriques
obtenues par fibroscopie montre la présence des bacilles dans la
muqueuse gastrique.

125
L’isolement de la bactérie après la mise en culture (milieu
spécial) d’une biopsie placée dans un milieu de transport spécial.
Ceci permet d’étudier la sensibilité du germe aux antibiotiques.

Le Diagnostic biologique indirect est basé sur :


- La recherche de l’uréase sur une biopsie. Ce test est rapide
(30 minutes) et a une sensibilité de 80%. Il existe des tests
commerciaux pour la détection de l’uréase sur des biopsies.
- Le test respiratoire à l’urée marquée au carbone 13C. Il a une
sensibilité et une spécificité de 95% et permet après la fin d’un
traitement de vérifier l’éradication du germe sans pratiquer
l’endoscopie. Le malade absorbe de l’urée enrichie en 13C.
Celui-ci est hydrolysé par l’uréase de l’H.pylori. Par la
spectrométrie de masse on détecte le CO2 marqué expiré par
le malade.
- Le test ELISA pour détecter les IgG anti-H.pylori dans le
sérum du malade reste cependant le test le plus utilisé en
clinique.

Traitement

Le traitement de l’ulcère duodénal à H. Pylori se fait par une


trithérapie associant le bissmeth (anti-sécretoire), l’amoxicilline et le
métronidazole.

C. LES COCCO-BACILLES
Ce groupe comprend les bactéries du genre GENRE HAEMO-
PHILUS.
Le genre Haeomophilus est composé de fins coco-bacilles
gram-négatifs, immobiles, asporulés, pléomorphes et parasites de
l'homme et des animaux. Ils exigent pour leur développement aéro-
bie, la présence de sang ou d'hémoglobine : ils sont hémoglobino-
philes.
Leur croissance est impossible sur un milieu de culture défi-
cient pour les deux facteurs de croissance suivants :

126
1. Facteur X, thermostable. Il correspond à l'hémine, qui inter-
vient dans la synthèse des enzymes respiratoires contenant
du fer (catalase et cytochrome). Le facteur X est présent dans
le globule rouge.
2. Facteur V, thermolabile. Il correspond au nicotinamide adé-
nine dinucléotide (NAD), substance présente dans l'extrait de
levure et produite par certaines bactéries tel que le staphy-
locoque. Le facteur V (Vitamines) entre dans la constitution
du DPN et du TPN qui sont des co-enzymes de déshydrogé-
nases.
Les principales espèces humaines d'Haemophilus se distin-
guent entre elles en fonction de leurs exigences en facteurs X et V
et d'après l'hémolyse bêta sur gélose au sang.

Espèces Exigences en facteurs Hémolyse beta


X V
H.influenzae + + +
H.haemolyticus 0 + +
H.parainfluenzae 0 + +
H. parahaemolyticus 0 + +
H.ducreyi + 0 +
H.aegyptius + + +
H.aphrophilus 0 0 +

C.1. HAEMOPHILUS INFLUENZAE


H. influenzae ou bacille de Pfeiffer fut isolé du naso-pharynx
par Pfeiffer au cours de la pandémie de grippe en 1892 et considéré
d'abord comme agent causal de la grippe, ce qui s'est avéré faux
dans la suite.
Habitat et épidémiologie.
Parasite obligatoire de l'homme. Il vit en commensal dans les
voies respiratoires supérieures. Il possède un faible pouvoir invasif.

127
Il se transmet par voie flüggienne. Toutefois la plupart des porteurs
sains n’hébergent que les bacilles non encapsulés avirulents.

Pouvoir pathogène
H. influenzae est un germe d'infection secondaire qui compli-
que certaines viroses respiratoires (influenza). Plus rarement il pro-
voque des infections pyogènes primitives : il faut citer la méningite
(la forme la plus fréquente chez les enfants), l'otite moyenne, l'amyg-
dalite, la laryngotrachéite, l'endocadite, l'arthrite et la conjonctivite.

Facteurs de virulence
H.influenzae produit une IgA proteaseextracellulaire qui clive
les immunoglobulines A locales. La capsule protège le germe de la
destruction par les macrophages et le complément.Il existe six types
capsulaires d’H ; influenzae: a, b, c, d, e, et f. Le type b étant le plus
répandu dans les cas de méningite.

Diagnostic biologique

Diagnostic direct se base sur l’aspect des bacilles après


l’examen direct après coloration de Gram : petits batonnets très fins
et polymorphes.Ce germe se colore assez mal ; il faut prolonger
d'une dizaine de minutes la coloration à la fuchsine diluée. Seules
les souches virulentes sont encapsulées.
La présence dans un L.C.R. trouble, de bâtonnets gram néga-
tifs polymorphes et immobiles est pratiquement toujours due à H.
influenzae (excepté la méningite du nouveau-né souvent causée par
des entérobactéries).
Le milieu de culture doit contenir les facteurs V et X. La gélose
au sang cuit est supérieure à la gélose au sang frais. En effet, le
sang contient un facteur inhibant thermolabile. Les colonies ont
l'aspect en "gouttes de rosée" et poussent tardivement (48 heures).
La culture est aérobie avec optimum à 37°C. Généralement
H.influenzae est non-hémolytique. On peut démontrer le phéno-
mène de « satellitisme » qui facilite le diagnostic biologique.Ce

128
diagnostic biologique présomptif se confirme par la détermination
sérologique au moyen d'un sérum H.influenzae anti-b.

Diagnostic indirect se base sur la détection des antigènes


solubles par le test d’agglutination au latex.

Traitement
- Préventif : il existe un vaccin fait à base dee
antigènes capsulaires.
- Curatif : H.influenzae est sensible aux amino-
pénicillines et aux céphalosporines.

C.2. HAEMOPHILUS AEGYPTIUS. BACILLE DE WEEKS

Ce bacille appelé également bacille de Weeks ou H.conjonctivi-


tis provoque une conjonctivite aiguë, contagieuse et parfois épidé-
mique, très fréquente dans les pays chauds mais existant aussi en
Europe. Au point de vue culturel ce bacille est pratiquement identi-
que au bacille de Pfeiffer. Certains concluent à l'identité des deux
microbes; parmi les facteurs différentiels il y en a pourtant un qui
justifie leur séparation : le bacille de Weeks n'est jamais encapsulé.

C3. HAEMOPHILUS DUCREYI

Découvert en 1890 par Ducrey comme agent causal du


chancre mou.
Habitat, épidémiologie et pouvoir pathogène.
Le bacille de Ducrey est un parasite strictement humain et
obligatoirement pathogène et se transmet par contact vénérien. La
lésion spécifique est un ulcère parfois multiple, douloureux et pu-
rulent, non induré et à bords décollés, souvent accompagné d'adé-
nite inguinale. Cette dernière peut passer à la suppuration. L'affec-
tion est en recrudescence depuis un certain temps.

129
Morphologie : dans les produits pathologiques et surtout dans
les cultures liquides, il forme des chaînettes parallèles de fins bâ-
tonnets Gram négatif.

Caractères des cultures


Il est déficient en facteur X, mais pas en facteur V (absence
de satellitisme). Sur gélose au sang de lapin il forme de petites colo-
nies qui glissent devant le fil de prélèvement.

Diagnostic biologique
Diagnostic de laboratoire à l'aide de techniques classiques est
difficile. Néamoins, on peut faire un prélèvement sous les bords ou
au fond de l'ulcère après avoir enlevé la sérosité purulente. Colorer
avec insistance le frottis mince. Dans les exsudats, les bactéries ont
une disposition typique en chaîne de bicyclette. L'examen direct est
rarement suffisant. Ensemencer le produit de raclage sur des tubes
de gélose au sang frais de lapin.
La mise en évidence de l'ADN du germe par PCR représente le
standard diagnostique actuel.

Thérapie
Chimiothérapie : sulfamides, streptomycine et tétracycline.

D. LES BACILLES NON FERMENTANTS.

Il s'agit de bacilles qui ne fermentent pas les glucides (glucose


et lactose non fermentés) et qui se développent rapidement sur les
milieux ordinaires. Ils sont aérobies stricts. La production de leur
énergie ne fait pas intervenir la fermentation.
Ces germes sont des saprophytes libres vivant dans le sol et
les eaux. Quelques espèces sont phytopathogènes. D'autres sont pa-
rasites et mêmes pathogènes occasionnels de l'homme et des ani-
maux. Chez l'homme sain, on peut les rencontrer en petit nombre
dans les matières fécales, mais on peut les trouver en culture pure
ou mixte dans les suppurations les plus diverses.

130
Leur importance en pathologie humaine semble s'accentuer
depuis l'emploi à large échelle des antibiotiques auxquels ces
germes sont souvent resistants.
Les principales caractéristiques des bactéries non fermentaires
d'intérêt médical sont reprises dans le tableau ci-dessous :

Pseudomon Burkholde Stenotrophomo Acinetobact


as ria nas er
1. Morpholo- bacille bacille bacille cocobacille
gie
2. Oxydase + + 0 0
3. Mobilité + + 0 0
4. Pigment Vert/bleu jaune 0 0
5. Indole 0 + 0 0

D.1. LE GENRE PSEUDOMONAS

L'espèce la plus répandue du genre Pseudomonas est P. aeru-


ginosa ou bacille pyocyanique. Il a été isolé en 1882 par Gessard du
pus d'un pansement coloré en bleu (bacille du pus bleu).
Bacille à Gram négatif, oxydase positif, catalase positf,
généralement mobile par ciliature polaire lophotriche ou
monotriche, à croissance peu exigeante, donnant des colonies
souvent pigmentées (vert/bleu).

Habitat et épidémiologie
C'est bactérie largement répandue dans l’environnement (sol
et eau). Elle peut se retrouver en flore de transit sur la peau et les
muqueuses chez l'homme. P. aeruginosa est le prototype des
germes des infections hospitalières ou nosocomiales.
Les bactéries sont véhiculées par le personnel hospitalier à
partir d'un malade infecté.

131
Pouvoir pathogène
C'est un microbe d'infections secondaires des plaies, surtout
des brûlures, des abcès, des cystites. On le trouve en culture abon-
dante dans un grand nombre d'otites externes et dans certains cas
de diarrhée. Chez des immunodéprimés, elle peut provoquer des
diverses infections cutanées et viscérales voire de septicémie.

Facteurs de virulence
Le bacille pyocyanique est porteur de plusieurs facteurs de vi-
rulence : protéines et substances toxiques dont une hémolysine
thermo-stable, des exo-enzymes et des toxines protéiques.

1. Hémolysine thermostable : un glycolipide hémolytique non


enzymatique et non antigénique thermostable et relativement
peu toxique.

2. Exo-enzymes

- enzymes protéolytiques à action synergique : élastase, pro-


tease alcaline, collagénase, caséinase
- lécithinase qui hydrolyse la lécithine. Elle produit une réac-
tin inflammatoire limitée, oedemateuse, érythémateuse.
- Exotoxine A, létale qui agit par inhibition de la synthèse des
protéines.
- Exo-enzymes S qui a une activité ADP-ribosyltransférase.

3. Toxines

P. aeruginosa élabore une enterotoxine dont la nature est en-


core mal connue. Elle provoque une accumulation hydrique dans
l'anse ligaturée de lapin et pourrait être à l'origine d'entérocolite à
B. pyocyanique.

Diagnostic biologique

Le matériel à examiner est souvent constitué par un écouvillon


de pus…
132
La coloration de Gram montre des bacilles à Gram négatif.
L'isolement se fait sur milieu de MacConkey donnant des colo-
nies incolores (Lactose 0). On peut observer 3 types de colonies :
- colonies la (= large) : isolés, larges, centre bombé et contour
irrégulier donnant l'aspect d'un oeuf sur le plat (Fried eggs).
- colonies Sm (= small) : petites, bombées, contour circulaire
régulier
- colonies M (= muqueuse) : bombées, opaques, visqueuses.
La température optimale de croissance se situe entre 30-35°C.
La culture dégage une odeur aromatique.

La présence de pigments oriente le diagnostic biologique :

1. Pyoverdine : pigment jaune-vert fluorescent, soluble dans


l'eau, insoluble dans le chloroforme, synthétisé par le
pseudomonas du groupe fluorescent. C'est un sidérophore
qui en se complexant avec les ions Fe+++ permet de capter
le fer extra-cellulaire.
2. Pyocyanine : pigment bleu-vert, soluble dans l'eau et le chlo-
roforme. Seule l'espèce P. aeruginosa est capable de le pro-
duire.
Le pyocyanine a une action bactériostatique sur les bactéries
à Gram positif. C'est aussi un indicateur de pH : en solution à pH3
= rouge et en milieu neutre ou alcalin = bleu.
L'identification complète se fait par une série de réactions bio-
chimiques.
- milieu de Kligler : culot rouge, pente rouge, H2S négatif,
Gaz négatif.
- Citrate : bleu
- MIU : mobilité +, Indole 0, Uréase 0
L'oxydase est très positive.

Bref, l'ensemble de réactions (mobilité, oxydase, non-fermen-


tant et réaction oxydative du glucose), suffit à poser le diagnostic
biologique de Pseudomonas.

133
Traitement
Les antibiotiques habituellement actifs sur les bâtonnets Gram
négatifs n'ont qu'une action faible sur le bacille pyocyanique. Un
antibiogramme est donc indispensable. Les antibiotiques de choix
sont la colimycine, la gentamicine et la carbénicilline.

D.2. BURKHOLDERIA

On distingue plus d’une vingtaine d’espèces. Cependant 3


espèces sont connues pour leurs pathogènicités vis-à-vis de l'homme
et ou d'autres animaux : cepacia (pathogène opportuniste),
pseudomallei (agent causal de la melioïdose) et mallei (agent de la
morve chez l’animal).

Habitat et épidémiologie
C'est un germe saprophyte de l’environnemen (sol, l'eau et
plantes) qui peut survivre en milieu humide et source d’infections à
l’hôpital (sauf mallei). De par leurs résistances aux antibiotiques et les
taux de mortalité qu'elles engendrent, les espèces (Burkholderia mallei
et Burkholderia pseudomallei) peuvent être classées parmi les armes
biologiques potentielles.

Pouvoir pathogène

Burkholderia cepacia est un agent pathogène opportuniste pour


l'homme provoquant le plus souvent des pneumonies chez les patients
immunodéprimés ou atteints de mucoviscidose. Elle peut être à
l’origine notamment de septicémies sur cathéters, d’nfections
pulmonaires chez des patients ventilés.

Burkholderia pseudomallei est agent de la mélioïdose, maladie


suppurative à symptomatologie polymorphe pouvant se présenter
sous forme de septicémies mortelles, de formes viscérales localisés
134
(pulmonaire, abdominales…) et cutanées. La transmission peut se
faire après contact cutanée ou par inhalation.

Diagnostic biologique

- B. cepacia cultive sur milieux usuels à 30°C en 48 heures


d’incubation.
L’identification biochimique sera réalisée à l’aide d’une
galérie API 20 NE.
- B. pseudomallei cultive sur gélose au sang à 37°C en 18
heures d’incubation ou 48 heures pour
- B.mallei. On observe des colonies d’aspect blancâtre
devenant crème à orangé, a’aspect ruqueux.
- B. mallei cultive sur gélose au sang à 37°C en 48 heures
d’incubation : colonies rondes et translucides puis
opaque à centre brunâtre.

La confiramtion de l’identification est nécessaire par PCR.

Voir le tableau ci-dessus.

Traitement
Grande résistance aux antibiotiques. Antibiotiques de choix :
Chloramphénicol et Bactrim.

D3. Stenotrophomonas maltophilia


C'est un saprophyte ubiquitaire dans la nature. Il est très ré-
pandu dans l'environnement hospitalier et est à l’origine de
nombreuses infections nosocomiales (2è en fréquence parmi les non
fermentants). Elle est responsable de septicémies, d’infections
pulmonaires, d’infections urinaires etc.
Les caractéristiques d’identification sont les suivantes :
bacilles mobiles, oxydase négatif, la lysine décaboxylase (LDC) +,

135
gélatinase +, Esculine +, urease – et indole-. Il produit un pigment
brun.
Les souches isolées sont souvent multirésistantes et sont
résistantes à l’imipénème. Il est sensible au chloramphenicol et co-
trimoxazole.

D.4. LE GENRE ACINETOBACTER


Ce sont des coco-bacilles aérobies strictes non pigmenté,
immobiles et oxydase négatif. Acinetobacter principalement espèce
baumannii est responsable de près de 10% des infections
nosocomiales, notamment les infections urinaires et les méningites.
Cette epèce peut provoquer des épidémies en milieu hospitalier.
A.baumannii est capacité d’acquérir facilement de nombreux
gènes de résistance aux aminosides, bête lactamines,
chloramphénicol, sulfamides, tétracyclines etc.

D.5. LE GENRE BORDETELLA


Le germe Bordetella comprend trois espèces :
1. B. pertussis
2. B. parapertussis
3. B. bronchiseptica

Notre étude se limitera à la première espèce.


Les Bordetella sont des cocobacilles à Gram négatif. Ils sont
aérobies stricts et ne fermentent aucun hydrate de carbone.

Habitat et épidémiologie
B. pertussis est également appelé bacille de Bordet-Gengou ou
bacille de la coqueluche.
B. pertussis n'a pas de réservoir connu. C'est un microbe obli-
gatoirement parasite de l'homme. Il est toujours pathogène et il n'e-
xiste donc pas de porteurs de germes, bien que la maladie, surtout
chez l'adulte, puisse être bénigne ou atypique.

136
La contamination se fait par voie aérienne. Le microbe se
trouve à l'état de pureté dans les exsudats épais expectorés au début
de la coqueluche, à la fin des quintes.
La maladie est cosmopolite et endémique avec des poussées
épidémiques. Le stade catarrhal qui précède les paraoxysmes
(quintes) est le plus contagieux.

Pouvoir pathogène
B. pertussis est l'agent de la coqueluche, maladie infectieuse
des voies respiratoires supérieures. La période d'incubation, est
d'une semaine, suivie par une période d'invasion marquée par un
catharre rhino-trachéo-bronchique.
La période d'état se caractérise par une toux paroxystique
(chant du coq).
La mort peut survenir par asphyxie, infections secondaires
intercurrentes ou par complications neurologiques.
La maladie naturelle confère généralement une solide immuni-
té. Ceci explique pourquoi les adultes ne font pas de coqueluche.

Facteurs de virulence
B. pertussis est pourvu de plusieurs facteurs de virulene.
- toxine pertussis qui est dermo-nécrotique.
- hémagglutinines qui permet l'attachement de B. pertussis
aux cellules épithéliales
- lipopolysaccharide qui a la propriété d'une endotoxine
- adénylate-cyclase, une enzyme extra-cellulaire avec une ac-
tion directe sur le métabolisme des polynucléaires et des
phagocytes.

Diagnostic biologique
L'isolement de B. pertussis se fait sur le milieu de Bordet-Gen-
gou constitué de
- infusion de pomme de terre
- glycérine
- peptone
- 27 % de sang de cheval ou de mouton
137
- Agar + 10 unités de pénicilline
Les colonies apparaissent au bout de 2 à 3 jours et ont l'aspect
de gouttelettes de mercure, entourées d'une zone d'hémolyse bêta.
Le Diagnostic biologique bactériologique est généralement
superflu dans le stade paroxysmal, mais peut être utile dans le stade
catarrhal ou dans des cas atypiques.
Au stade catarrhal la culture peut donner de 60 à 90 % de
résultats positifs. Ce chiffre tombe graduellement et après la 4e se-
maine du stade convulsif il n'est plus que de 7 %.
L'ensemencement peut se faire de deux manières :
- l'ensemencement de la toux ("cough-plate") : laisser tousser le
malade à la fin d'une quinte spontanée, sur une boîte de milieu
exposée à environ 10 cm de la bouche pendant 1/4 de minute.
- le prélèvement de mucus naso-pharyngé au moyen d'un
écouvillon monté sur un fil d'acier souple et introduit par
voie nasale jusqu'à la paroi postérieure du pharynx.
- L'immunofluorescence directe sur un frottis des mucosités
donne un résultat rapide.

Traitement
Prophylaxie : il existe un vaccin anticoquelucheux associé au
tétanos et à la diphtérie (DiTePer).
Traitement curatif :l'antibiothérapie est peu utile quand la co-
queluche est déjà déclarée, car les signes cliniques de la maladie
sont dûs plutôt à des facteurs toxiques qu'à la présence des bacté-
ries. Les antibiotiques de choix sont : chloramphénicol, tétracycline
et érythromycine.

138
Chapitre III : BACILLES A GRAM NEGATIF ANAEROBIES
STRICTES

Ce sont de bâtonnets à Gram négatif, anaérobies non sporulés,


très fragiles et difficiles à cultiver, qui vivent en parasites comensaux
des muqueuses de l'homme et des animaux.
Les deux genres les plus fréquents en pathologie humaine
sont : Bactéroïdes et Fusobacterium.

A. Le genre Bacteroïdes
Il s’agit de bacilles à Gram négatif ; non sporulés, anaérobies
stricts. B.fragilis est l’espèces-type

Habitat et épidémiologie
B. fragilis fait partie de la flore normale endogène de la bouche,
des tractus respiratoire, digestif et urogénital.
L’infection est d’origine endogène sur un terrain favorisant :
immunodéficience, diabète, perforation intestinale.

Pouvoir pathogène
Ils prédominent dans les infections des voies digestive, génitale
et urinaire. Le point de départ est souvent une thrombophlébite
locale suppurée qui peut aboutir à une septicémie.

Facteur de virulence
B. fragilis possède une capsule polysaccharidique qui la rend
résistante à la phagocytose.
Diagnostic biologique
Le diagnostic biologique bactériologique se fait en anaérobiose
stricte.

Traitement
B.fragilis est résistant aux aminoglycosides, mais sensible au
chloramphénicol. Les antibiotiques de choix sont: l’association

139
clindamycine ou chloramphénicol et métronidazole car les infections
à anaerobies sont souvent polymicrobiennes).

B. Le genre fusobacterium
Il s’agit de commensaux non sporulés des cavités naturelles.
Ce sont des bacilles à extrémités effilées d’où leur aspect en fuseau
allongé.
Deux espèces sont importantes en bactériologie clinique : F.
nucleatum et F. necrophorum.

1) F. nucleatum
Habitat et épidémiologie
C’est une bactérie commensale de la cavité buccale et de
l’appareil respiratoire.
L’infection est endogène et peut être favorisée par un terrain
particulier.

Pouvoir pathogène
F. nucleatum est l’agent de l’angine de Vincent, caractérisée
par l’ulcération d’une seule amygdale recouverte d’un enduit
grisâtre pseudo-membraneux.
F. nucleatum peut aussi être à l’origine d’une pleurésie
purulente et d’abscès pulmonaire.

Diagnostic biologique
La coloration de Gram suffit à faire le diagnostic biologique de
l’angine de Vincent à partir d’un frottis de gorge : F. nucleatum se
présente en association avec un spirochète, Borrelia vincentii,
également commensal.
L’angine de Vincent est causée par l’association fuso-
spirillaire.
La culture en anaérobie émet une odeur caractéristique due à
la production d’une importante quantité de butyrate.

140
Traitement
F. nucleatum est sensible aux beta-lactamines et aux autres
antibiotiques à large spectre.

2) F. necrophorum
Il est aussi appelé : Sphaerophorus fundiliformis. C’est un
commensal de la bouche : il est responsable d’angine aigue
nécrotique suivie de septicémie. La pathologie liée à F. necrophorum
a presque disparu avec l’avenement de la pénicilline à laquelle il est
très sensible. La coloration de Gram montre des bacilles
polymorphes ; formes courtes sphéroide à centre clair, formes
longues filamenteuses avec des renflements en boudin (=fundulus)

Bactéries des vaginoses (vaginites non spécifiques)


Les vaginoses ou vaginites non spécifiques se caractérisent par
une leucorrhée nauséabonde due à d’autres agents que Candida,
Trichomonas, Neisseria gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis.
Les principales bactéries responsables de vaginoses sont :
- Gardnerella vaginalis
- Mobiluncus
- Anaerobies (bacteroides et peptostreptococcus)

Gardnerella vaginalis
G. Vaginalis est le nom actuel de l’agent des vaginites non
spécifiques jadis connues sous différents noms : Haemophilus
vaginalis, Corynebacterium vaginalis.

Habitat et épidémiologie
C’est un parasite des voies génitales de la femme en l’absence
de toute symptomatologie. Le taux de portage est fonction de
l’activité sexuelle chez la femme. La transmission se fait par voie
sexuelle.

Pouvoir pathogène
Le rôle de ce germe dans les vaginites non spécifiques a été
demontré en 1955 par Gardner et Dukes
141
Facteurs de virulence
G. vaginalis est certes pathogène en association avec une
bactérie anaerobie qui en favorise la prolifération. G. Vaginalis est
pathogène par des amines qu’il produit.
Diagnostic biologique
Le Diagnostic biologique d’une vaginose à G. vaginalis repose
sur les éléments suivants :
1) aspect clinique des leucorrhées nauséabondes de
consistance homogène et de couleur gris-jaunâtre
2) Odeur caractéristique de poisson pourri qui se dégage au
contact de quelques gouttes de KOH à 10% due à la
cadaverine et la putrescine.
3) pH de l’exsudat  4,5 en raison de la libération d’amines
4) Diminution ou disparition des lactobacilles
5) Absence de polynucléaires
6) Présence de « clue-cells » : cellules épitheliales vaginales
portant à leur surface de nombreux petits bacilles à Gram
variable.

La culture de G. Vaginalis est fastidieuse et n’est pas encore


entrée en routine. Elle se fait dans une atmosphère enrichie de 5%
de CO2 ou mieux en anaerobiose pendant 48h sur gélose au sang à
l’acide nalidixique.

Traitement
Métronidazole est le traitement de choix.

2. Mobiluncus
Ce sont des bacilles incurvés, mobiles, à flagelles subpolaires
jadis appelés vibrions anaérobies ou vibrio mulieris et Gram négatif.
Mobiluncus se retrouve en petite quantité chez des porteurs sains
sur des muqueuses des voies génitales et en grande quantité dans
les secrétions vaginales lors de vaginoses.

Traitement
Pénicilline, ampicilline et érythromycine.

142
Chapitre IV : LES BACILLES A GRAM POSITIF AEROBIES
Dans ce groupe, nous parlerons des germes
appartenant au genre Bacillus et au genre Corynebacterium.

1. BACILLUS
Le genre Bacillus comprend un seul
pathogène B. anthracis ou bacille du charbon et
plusieurs saprophytes de l’environnement : (B.
subtilis, B. Cereus et B. polymyxa)
Il s’agit de bacilles à Gram positif sporulés –
les spores de B. anthracis sont résistant à la
chaleur, aux radiations et à la dessication. Les
spores peuvent rester viables pendant au moins une dizaine
d’années à l’état sec. Elles peuvent résister à la fixation et à la
coloration d’un frottis.

Habitat et épidémiologie
Les Bacillus sont les bactéries de l’environnement (sol, eau, air,
plantes, etc…) et hôtes de passage dans l’intestin de l’homme.

Pouvoir Pathogène
Bacillus anthracis est l’agent du charbon, une zoonose. Chez
les animaux, la maladie frappe les herbivores : bovins, cheval,
chèvre. Le tableau clinique est généralement une septicémie aigüe
fatale. Le sang est noir et la rate est énorme, molle et noire.
Les animaux s’infectent par voie digestive en ingérant des
spores repandues dans le sol des paturages.
Selon Pasteur, les vers de terre géophages remontent à la
surface, les spores formées au niveau des cadavres d’animaux morts
de charbon et enterrés : « champs maudits »
Chez l’homme, la maladie a un caractère professionnel. Elle
frappe les fermiers, les vétérinaires et les bouchiers qui sont en
contact avec les animaux malades ou leurs cadavres.

143
Quand la voie d’entrée des spores est cutanée, la lesion est une
pustule maligne : rougeur locale centrée d’une vésicule qui se
transforme en escarre, noire (charbon).
En cas d’inhalation des spores, la forme clinique sera
pulmonaire.
Le charbon intestinal résulte de l’ingestion de viande
charboneuse.
Seul B. anthracis est pathogène. Sa virulence est due à la
présence d’une capsule qui s’oppose à la phagocytose et d’une
toxine. Les souches dépourvues de capsules ne sont pas
pathogènes.

B. Anthracis et bioterrorisme

Après l’horrible destruction des « Tours jumelles » à New York


le 11 septembre 2001 par deux avions Kamikazes, les spores du
bacille de charbon étaient utilisées comme arme biologique.Les
spores étaient envoyées par la poste dans des enveloppes.
Les destinataires des enveloppes se sont contaminés soit par
inhallation soit par voie cutanée.Cela avait provoqué une vague de
panique dans la population américaine, une véritable
désorganisation sociale.Plusieurs décès ont été enregistrés.

Diagnostic biologique
Le diagnostic direct se base sur l’isolement de la bactérie.
a) Chez l’homme, à partir de l’écouvillonage du liquide des
vésicules de la pustule en cas de charbon cutané.
L’hémoculture est pratiquée chez des sujets fébriles en cas de
charbon pulmonaire ou intestinal.
b) Chez l’animal, le diagnostic biologique est d’ordinaire post-
mortem. On évitera l’autopsie. L’isolement s’opère à partir d’un
fragment d’oreille ou d’un os entier dont la moelle garde la
bactérie viable pendant 8 jours. L’identification bactériologique
des cultures de B. anthracis est rendue difficile par l’existence
de bacilles saprophytes ressemblant fort au bacille du

144
charbon. On les appelle bacilles pseudo-anthracis ou bacilles
anthracoïdes. Le diagnostic biologique différentiel est basé sur
les caractères suivants :

B. B.
anthracis Pseudo-
anthracis
Mobilité 0 +
Capsule + 0
Letal pour + 0
cobaye
Hémolyse 0 +

A la coloration de Gram, ce sont des bâtonnets longs à bouts


carrés, à Gram positif à endospores centrales ne faisant pas saillie
à la surface du microbe. Dans les cultures, le bacille forme de
longues chaines disposées parallèlement.
Le diagnostic biologique direct se base sur les techniques
moléculaires (PCR)

Traitement
B. anthracis est toujours sensible à la pénicilline G mais B.
Cereus secrète une β-lactamase en présence de la pénicilline et des
céphalosporines. Néanmoins, les tétracyclines et les fluroquinolones
sont les lus actifs.

2. GENRE CORYNEBACTERIUM

Le genre Corynebacterium est constitué de bacilles à Gram


positif droits ou légèrement incurvés aux extremités effilées ou
renflées en massue à arrangement angulaire, groupés en palissades
ou en caractères chinois. Elles sont aérobies – anaérobies
facultatives.
Ce genre comprend une seule espèce pathogène pour l’homme,
Corynebacterium diphteriae, et une série de Corynebactéries
145
commensales (peau, muqueuses) appelées « pseudo-diphériques ou
diphtéroides » dont le rôle pathogène n’est pas toujours aisé à
établir.
L’intérêt certain de ces diphtéroïdes est le danger de les
confondre avec le vrai bacille diphtérique. Certaines de ces espèces
commensales sont anaérobies et peuvent être retrouvées dans des
suppurations polymicrobiennes.

1) CORYNEBACTERIUM DIPHTERIAE

Habitat et épidémiologie
C.diphteriae est un parasite obligé de l’homme capable de
survivre un temps limité dans le milieu extérieur.On le trouve au
niveau des lésions de malades atteints de diphtérie mais aussi dans
le rhinopharynx des porteurs sains et convalescents.Quand une
population générale est protégée par immunisation active, le
pourcentage des porteurs sains tend vers zéro.
Les porteurs de germes possèdent des antitoxines qui
neutralisent l’effet pathogène du bacille sans gêner son
développement dans le rhinopharynx.
La transmission se fait surtout par contact direct,
généralement du type flüggien.

Pouvoir pathogène
C.diphteriae est l’agent responsable d’angines et d’une toxi-
infection grave, la diphtérie. L’angine diphtérique s’accompagne
d’une prostration intense.
En accentuant la décoloration dans la technique de Gram, on
obtient une coloration fragmentaire avec quelques granulations
(surtout polaires) plus colorées que le reste du microbe.
La lésion pathognomonique est une fausse membrane mélange
de nécrose toxique et d’exsudat fibrineux qui peut provoquer une
obstruction des voies respiratoires (Croup).

146
Pendant la maladie, le germe reste sur place, mais son
exotoxine diffuse dans la circulation sanguine et provoque à
distance des lésions dégénératives des parenchymes : myocardite,
néphrite, paralysie du voile de palais et des muscles ciliaires.
En afrique, des ulcères phagédéniques et des plaies banales
des membres inférieurs contiennent parfois des corynebactéries
pathogènes qui suffisent à immuniser les sujets atteints même en
dehors de toute vaccination.

Facteurs de virulence
Le germe n’a ni capsule ni spore. Seules les souches toxiques
sont pathogènes. La secrétion de la toxine est liée à la présence d’un
prophage « ß » dans le chromosome bactérien (bactérie lysogène) et
cela dans un milieu déficient en fer. La toxine détruit l’épithélium
cellulaire, ce qui entraine une exsudation sérique et la formation de
coagulum fibrineux.D’où la formation d’une fausse membrane riche
en bacille, en polynucléaires et en cellules nécrosées.
La toxine diffuse dans les tissus et cause des lésions du
myocarde et la dégénerescence des nerfs craniens et périphériques.
La toxine est immunogène, une fois traitée au formol ou à la chaleur,
elle perd son pouvoir toxique, mais reste antigénique. C’est
l’anatoxine ou toxoïde utilisée comme vaccin.

Diagnostic biologique
Le diagnostic biologique de la diphtérie est une urgence
médicale. Il est basé sur :
- l’examen direct après coloration de Gram d’un frottis de la
fausse membrane montre des bacilles à Gram positif
morphologiquement compatibles avec C.diphteriae.
- L’isolement de la bactérie sur le milieu sélectif constitué de
gélose au sang cuit additionnée de tellurite de potasse. Sur ce
milieu, les bactéries donnent des colonies noires dont la
morphologie permet de distinguer trois types de bacilles
diphtériques. Ces types ont été baptisés d’après l’allure clinique
de la maladie qu’ils déterminent généralement.
a) type gravis détermine des épidémies graves

147
b) type intermedius détermine aussi des epidémies graves
c) type mitis est le plus fréquent et le plus bénin. Il détermine
la plupart des cas sporadiques.
- la toxicité des bactéries (virulence) isolées est confirmée in vitro
par le test d’Elek. On recherche une prescription en milieu
gelosé entre une antitoxine diphtérique et la toxine éventuelle
produite par la souche testée.

Traitement
Il existe un vaccin trivalent en associant les anatoxines
diphtériques et tetaniques à un vaccin pertussin (coqueluche), le
tout absorbé sur hydrate d’alumine. Le germe est sensible aux B-
lactamines et aux tétracyclines.

3. LES BACILLES DIPHTEROIDES

Parmi les espèces décrites, plusieurs sont bien connues :


- C.pseudodiphtérique ou B.de Hofmann, commensal
normal du rhinopharynx. Il est court et fusiforme et ne
montre que peu ou pas de granulations.
- C.acnes se rencontre dans les lésions d’acné, sans que
son rôle pathogène soit démontré.
- C.xerosis, habitant normal de la conjonctive.

Tous ces germes sont non toxigènes.

148
Chapitre V : LES BACILLES A GRAM POSITIF ANAEROBIES

A. Anaérobies et aérotolérantes

Genre Lactobacillus
Il s’agit de bacille à Gram positif, immobile, non sporulé
appartenant à la famille de Lactobacillaceae. Il existe plusieurs
espèces avec comme espèce type L. acidophilus.

Habitat et épidémiologie
Les lactobacilles font partie de la flore normale des humains et
des animaux. Chez les humains, les lactobacilles font partie de la
flore normale de la bouche, du tube digestif et de l’appareil génital
féminin. Quelques espèces de lactobacilles interviennent pour la
production de produits alimentaires fermentés comme le yaourt, le
fromage, le vin, le pain au levain…

Pouvoir pathogène
Les infections à Lactobacillus sont rares, mais peuvent
s’installer de manière opportuniste, en particulier chez les sujets
immunodéprimés.
L. acidophilus peut causer des caries dentaires.
Il est classé parmi les probiotiques c.à.d sa consommation
sous forme vivante soit capable d'exercer des effets bénéfiques sur
la santé de l'hôte et est utilisé en cette qualité dans des laits
fermentés en améliorant les propriétés de la microflore intestinale
de l'homme et comme anti-infectieux intestinal dans plusieurs
produits (Lactéol fort) permettant de réduire les symptômes de
l'intolérence au lactose (ballonnement, diarrhée…) chez 9 sur 10 des
enfants digérant mal le lactose.

Diagnostic bactériologique

Sa culture demande les facteurs de croissance suivants :


pantothénate de calcium, acide folique, niacine et riboflavine ;

149
croissant à 35-45 °C pour la plupart des souches; le pH optimum
de croissance se situant à 5,5 - 6,0.

Traitement :

Le traitement recommandé pour les infections généralisées est


une association de pénicilline et d’aminoglycoside. Les lactobacilles
présentent le plus souvent une résistance à la vancomycine ainsi
qu’une résistance variable aux céphalosporines et aux quinolones.

B. Anaérobies stricts

Il s'agit de bâtonnets droits Gram positifs, sporulés, générale-


ment mobiles par flagelles péritriches et strictement anaérobies. La
majorité de ces microbes (il existe une centaine d'espèces) sont des
saprophytes du sol.On peut en trouver dans les matières fécales de
l'homme et des animaux. Certains peuvent provoquer des infections
chez l'homme. La spore peut être paracentrale, subterminale ou
terminale. Le nom Clostridium veut dire "fuseau"; il se justifie par
le fait que la spore est plus large que le corps microbien.
Les anaérobies ne provoquent chez l'homme aucune maladie
contagieuse ou épidémique. Il s'agit de cas sporadiques ou de petits
foyers où la contagion ne joue aucun rôle. Selon leur habitat naturel
et leur voie d'entrée, on peut diviser les anaérobies potentiellement
pathogènes pour l'homme en deux grands groupes :

1. La flore exogène ou tellurique. Ce sont les Clostridium. Leur pé-


nétration dans l'organisme est toujours purement accdentelle :
- par effraction : plaie de guerre, accidents de circulation, plaie
médicale, avortement provoqué... Cliniquement, la pénétration
du bacille peut donner lieu à trois syndromes

 La gangrène gazeuse,
 Le tétanos,
 Une septicémie (post-abortum à C.perfrin-
gens).
150
- par ingestion: toxine botulinique.

2. La flore endogène ou flore de Veillon. Ce sont des commensaux,


parasites normaux des cavités naturelles : tube digestif, voies res-
piratoires, vagin. A cette flore appartiennent les Staphylocoques
et Streptocoques anaérobies, les Veillonella, les corynébactéries
anaérobies; certains spirochètes et un grand nombre de bâton-
nets Gram négatifs.
Une lésion locale des muqueuses ou une déficience des sécré-
tions donnent à cette flore l'occasion de déterminer des infections
locales (appendicite, amygdalite, abcès pulmonaire ...) qui peuvent
s'étendre aux organes voisins ou provoquer des septicémies avec
métastases lointaines.

1) CLOSTRIDIUM PERFRINGENS.

La gangrène gazeuse est une myonécrose, compliquant une


blessure ouverte, et due à la multiplication dans le tissu musculaire
endommagé de plusieurs espèces de Clostridium. C'est une compli-
cation pratiquement disparue des plaies de guerre et de la chirurgie
septique. Dans la gangrène gazeuse les Clostridium sont toujours
associés à des microorganismes aérobies banaux (coques, coli-
formes) dont le rôle n'est que secondaire.

Habitat et épidémiologie.

Ce sont des saprophytes telluriques pouvant également para-


siter le tube digestif de l'homme et des animaux.
La source de l'infection est généralement exogène (sol) mais
peut être endogène (plaie contaminée par le contenu intestinal). Ces
germes ne deviennent pathogènes qu'après introduction dans une
plaie qui réalise les conditions voulues d'anaérobiose : anfractuosi-
tés, ischémie, hématomes, corps étrangers.Ces germes ont en outre
besoin pour leur métabolisme de certains acides aminés qui se for-
ment dans les plaies par autolyse du tissu dévitalisé. Le nettoyage
chirurgical des plaies anfractueuses prévient donc la croissance des
Clostridium.
151
Pouvoir pathogène.
Les Clostridium de la gangrène gazeuse ont un pouvoir envais-
sant qui est responsable d'une cellulite et d'une myosite locale avec
oedème, nécrose, formation de gaz, odeur infecte. L'infection locale
s'accompagne de signes d'intoxication générale, qui souvent domi-
nent le tableau clinique (Toxi-infection). Suivant leur importance
dans la génèse de la gangrène gazeuse, les Clostridium peuvent être
réparties en deux groupes :
1. Espèces principales toxigènes.
a) C. perfringens (= C.welchii) est l'agent le plus fréquent de
gangrène gazeuse. Il se distingue des autres par son ab-
sence de mobilité, et par sa capacité de s'encapsuler. Il
existe six types antigéniques dont le type A est le type hu-
main. Chaque type est caractérisé par un spectre particu-
lier de toxines : la toxine alpha ou toxine létale a un effet
nécrotique et hémolytique; c'est une lécithinase. La toxine
kappa est une collagénase. En dehors de la gangrène ga-
zeuse C. perfringens est aussi responsable de septicémies
avec ictère hémolytique (post-partum et post-abortum),
d'intoxications alimentaires et d'une entérite nécrosante.
b) C. novyi (= C. oedematies).
c) C. septicum

2. Espèces secondaires. Sans pouvoir pathogène propre, mais


qui jouent un rôle adjuvant dans les infections mixtes, par
leur activité enzymatique, qui est surtout protéolytique. Le
plus important est C. sporogenes.

Diagnostic biologique
1. L'examen direct de l'exsudat sur un étalement coloré au
Gram, peut montrer la présence de grands bâtonnets Gram
positifs sporulés.
2. La culture en anaérobie permet l'isolement d'une ou plu-
sieurs clostridies qu'on identifiera par l'étude biochimique et

152
enzymatique. L'identification finale repose sur l'injection des
filtrats de cultures à une série de cobayes, chacun protégé
par un antisérum connu. Le seul survivant du lot indique
l'espèce ou le type du germe isolé (toxinotypie).

Thérapie

1. Préventive. Il n'existe pas de vaccin. Dans le cas d'une plaie


souillée on peut combiner le nettoyage chirurgical, l'admi-
nistration de sulfamides et antibiotiques (la pénicilline est
très active) et exceptionellement l'administration de sérum
anti-gangréneux polyvalent.
2. Curative. En cas de gangrène gazeuse déclarée, associer
sérothéraphie et chimiothérapie.

2) CLOSTRIDIUM BOTULINUM

Ce bacille a été découvert par le Belge Van Ermengen (1896).


A la suite d'un banquet à Ellezelles (Hainaut), trois convives mou-
rurent endéans les 8 jours, tandis que de nombreux autres mon-
traient des signes d'intoxication alimentaire. Toutes ces personnes
avaient consommé du jambon salé cru. Cette viande intoxiqua aussi
le chat. Le filtrat de culture d'un bâtonnet aérobie, isolé du jambon
incriminé, provoqua les mêmes symptômes.
La maladie était déjà connue avant la découverte du germe et
comme elle était souvent due à la consommation de boudin avarié,
les médecins allemands l'avaient baptisée du nom de botulisme (bo-
tulus = boudin).

Habitat et épidémiologie
Cl. botulinum est un saprophyte libre du sol qui se rencontre
parfois, sans donner des symptômes, dans le tube digestif animal.
Il est facilement transporté sur des aliments sous forme de spores
très résistantes (viande, légumes, fruits, fromages).D’après
l’individualité sérologique et chimique des toxines, on distingue 6

153
tyes de bacilles botuliques : A à F. Les cas humains sont dus aux
types A et B, rarement au type E (conserves de poissons).

Pouvoir pathogène
C. botulinum n'est pas pathogène, ni per os, ni par voie paren-
térale. Le botulisme n'est donc pas une maladie infectieuse. Il est
dû à l'ingestion d'aliments insuffisamment chauffés contenant l'e-
xotoxine de ce bacille. L'aliment en cause doit être souillé avec C.
botulinum mais doit réaliser en outre des conditions d'anaérobiose
stricte permettant son développement.
Des conditions favorables sont fournies par des conserves de
légumes et de fruits en bocaux. Souvent, la stérilisation est insuffi-
sante pour tuer les spores, et elles se transforment en formes végé-
tatives qui élaborent la toxine. Les mêmes conditions peuvent être
offertes dans la charcuterie, viande fumée, viande trop faiblement
salée, etc... Les aliments ont souvent un goût modifié et une odeur
de beurre rance. Souvent le chat ou les poules qui ont consommé
les restes de l'aliment toxique, montrent également des symptômes.
Chez l'homme l'incubation est de 24 heures à 3 jours et les
symptômes sont très typiques : vomissements, constipation, soif in-
tense, paralysies oculaires (diplopie) et des muscles de la dégluti-
tion. Il n'y a pas de fièvre. La mortalité très élevée est due à la para-
lysie respiratoire.
Le botulisme frappe aussi les animaux domestiques (volaille,
cheval, boeuf) qui s'intoxiquent en mangeant des fourrages avariés
ou des cadavres d'animaux.
La toxine botulique est une protéine détruite par le chauffage
à la température de 100°C pendant 10 minutes; elle résiste à l'aci-
dité gastrique. C'est la toxine la plus active connue; un mg de la
toxine cristalline contient 20-30 millions de doses létales pour la
souris. Moins d'un microgramme peut tuer un homme. La toxine
agit probablement au niveau des plaques neuro-musculaires de cer-
tains muscles.
D'après l'individualité sérologique et chimique des toxines on
distingue 6 types de bacilles botuliques : A à F. Les cas humains

154
sont dus aux types A et B, rarement au type E (conserves de pois-
sons).

Diagnostic biologique
Le diagnostic est avant tout clinique. Il peut être confirmé par
la mise en évidence de la toxine, parfois du bacille (bacille mobile à
spore subterminale), dans les aliments suspects. Le produit ou son
filtrat est injecté en i.p. à trois lots de souris dont les deux lots té-
moins sont protégés respectivement par l'antitoxine A et B. Le lot
des souris qui survivent indique le type de la toxine en cause.

Thérapie
- La vaccination par anatoxine est utile chez le bétail et chez
les chercheurs manipulant la toxine.
- La sérothérapie curative se réalise par voie i.v. au moyen
d'une antitoxine.

3) CLOSTRIDIUM TETANI

En 1955, Nicolaier prouva que l'inoculation s.c. de terre à l'a-


nimal provoque le tétanos, et qu'on trouve dans les lésions locales
un germe "en épingle", qui fut obtenu en culture pure par Kitasato.

Habitat et épidémiologie

Clostridium tetani est un saprophyte libre normalement pré-


sent dans la terre, surtout la terre cultivée, dans le fumier, dans le
tube digestif des animaux (surtout le cheval) et plus rarement de
l'homme. Certains le regardent comme un parasite obligatoire de
l'intestin, qui contamine le sol, où il persiste sous forme de spores.
Le pouvoir pathogène de ce germe pour l'homme et les animaux

155
(cheval) est en rapport avec l’introduction accidentelle par effraction,
dans l'organisme.
Le tétanos peut compliquer n'importe quel traumatisme, mais
surtout les plaies de guerre souillées de terre et de vêtements. Des
formes spéciales sont le tétanos ombilical (fréquent dans les tropi-
ques), le tétanos obstétrical (post-abortum).

Pouvoir pathogène
C.tetani n'a aucun pouvoir invasif. Introduit dans l'organisme,
il se multiplie sur place, mais seulement s’il trouve les conditions
requises d'anaérobiose : En absence d'anaérobiose, les spores peu-
vent rester longtemps dormantes dans la cicatrice et germer plus
tard, par exemple à l'occasion d'une contusion ou d'une interven-
tion. Le temps d'incubation est donc très variable : de 7 à 15 jours
en moyenne, mais parfois plusieurs années pour le soi-disant téta-
nos idiopathique.
Le tétanos est une toxi-infection (comparable à la diphtérie).
En se multipliant in loco, le bacille produit une exotoxine qui diffuse
par les nerfs moteurs et suit les cylindraxes pour atteindre les
centres moteurs, où elle augmente l'excitabilité réflexe. Certains au-
teurs admettent aussi une diffusion de la toxine par voie-lymphati-
co-sanguine.

Caractère des cultures


Pousse sur tous les milieux en anaérobiose. Optimum à 37°C.
En gélose profonde les colonies sont ouatées, en surface les colonies
ont une tendance à essaimer comme le Proteus.

Physiologie
Cultivé en bouillon glucosé, C. tetani produit une exotoxine
très active, qu'on obtient par filtration. Elle est thermolabile et dé-
truire par les enzymes digestifs. Cette toxine, de nature protéique, a
été purifiée et obtenue à l'état des cristaux. La toxine est hautement
active : un mg de toxine cristallisée contient plus de 6 millions de

156
doses létales pour la souris. La neurotoxine, aussi appelée tétanos-
pasmine, est spécifiquement absorbée par le tissu nerveux, mais
son mode d'action précis reste encore inconnu.
La toxine se transforme facilement en anatoxine (Ramon,
1923).
Composition antigénique. Il existe plusieurs types antigéni-
ques flagellaires, mais tous forment une toxine identique.
Résistance. Les spores sont très résistantes et résistent pen-
dant 8 minutes à l'ébullition. On les trouve dans la poussière, sur-
tout à la campagne.
Maladie expérimentale. Les petits animaux de laboratoire sont
très sensibles à la toxine tétanique. Les animaux à sang froid et les
oiseaux sont réfractaires, bien que leur sérum ne contienne aucune
antitoxine. Cette résistance naturelle résulte de l'incapacité des tis-
sus de fixer la toxine.

Diagnostic biologique
Le diagnostic du tétanos est essentiellement clinique. On peut
parfois isoler le bacille de l'exsudat de la plaie, mais la démonstra-
tion microscopique est difficile et insuffisante. L'identité de la cul-
ture doit être confirmée par une épreuve de toxicité : injecter le filtrat
de la culture à deux souris, dont une protégée par l'antitoxine.

Traitement :

1. Préventif
- En dehors de tout traumatisme. La vaccination est
à conseiller aux personnes exposées au tétanos du fait de leur
profession : militaires, paysans. Certains pays, comme le
France, ont étendu l'obligation de la vaccination à toute la po-
pulation. La vaccination comporte 3 injections d'anatoxine à 2
ou 3 semaines d'intervalle, à partir de l'âge de 3 mois. Des
doses de rappel sont nécesaires tous les 3 à 5 ans. On a géné-
ralement recours à un vaccin associé.
- En cas de traumatisme suspect.

157
- Chez les vaccinés qui ont reçu leur vaccin ou une
dose de rappel moins de cinq ans auparavant, un simple rap-
pel d'anatoxine suffira. Dans tous les autres cas on doit injec-
ter du sérum antitétanique par voie I.M. : 1.500 à 10.000 U.,
selon l'étendue et le degré de souillure de la plaie. Cette dose
peut être répétée après 8 jours si le danger d'éclat de tétanos
persiste. Chez un blessé non vacciné on peut combiner la sé-
rothérapie à la première dose d'anatoxine, à condition de faire
les injections à des endroits différents.
Clostridium tetani porte une spore ronde terminale ce qui lui
confère un aspect en épingle ou en baguette de tambour.

2. Curatif
Une fois le tétanos déclaré, la thérapie n'est plus effective
si une dose mortelle de toxine est déjà fixée sur le tissu ner-
veux. On administre l'antisérum à forte dose, par voie I.M., I.V.
et même I.R. (100.000 U.). La pénicilline est active contre le
bacille tétanique mais ne remplace pas la sérothérapie.

158
Chapitre VI : LES MYCOBACTERIES
Les Mycobactéries sont représentées par :
1. Le complexe Mycobacterium tuberculosis, lui-même
subdivisé en 3 espèces :
 M.tuberculosis (Bacille de Koch), agent cosmopolite de
la tuberculose humaine.
 M.africanum, agent de la tuberculose en Afrique de
l’Ouest.
 M.bovis, agent de la tuberculose bovine et humaine.Son
mutant, le bacille de Calmette et Guérin (BCG), sert de
souche vaccinale.
2. Mycobacterium leprae ou Bacille de Hansen, est l’agent de
la lèpre. Ce germe ne pousse pas sur les milieux
bactériologiques usuels.
3. Mycobactéries atypiques.
 M.ulcerans, responsable de l’ulcère de Buruli en
Afrique de l’Ouest et centrale.
 M.fortuitum, responsable des abcès post injection
M.avium intracellulare, responsable de la tuberculose aviaire
et agent d’infections opportunistes chez des personnes atteintes de
SIDA.
1. Mycobacterium tuberculosis.

Le bacille humain a été cultivé pour la première fois par Robert

MYCOBACTERIACEAE.

MYCOBACTERIUM MYCOBACTERIUM MYCOBACTERIUM


TUBERCULOSIS LEPRAE ATYPIQUES

M.tuberculosis M.ulcerans
(BK) (Ulcère Buruli)

M.africanum M.fortuitum
(Afr.Ouest) (Abcès/injection)

M.bovis M.avium intracellulare


(Ingestion) (Opportuniste)

Koch sur sérum coagulé (1882).C’est pourquoi il s’appelle bacille de


159
Koch(BK).L’infection humaine est provoquée par les mycobactéries
type humain et type bovin.

Habitat et épidémiologie

Les deux types de B.K. sont strictement parasitaires et ne se


mulptiplient pas dans la nature, où ils peuvent cependant survivre
assez longtemps.Le type humain se rencontre chez l’homme, le singe
en captivité et certains animaux domestiques (chat, chien).Le type
bovin se rencontre chez les bovins, l’homme, le cheval, les ovins et
les porcs.
Le germe est tué par la chaleur et la lumière solaire, mais peut
survivre longtemps dans les produits d’expectorations.Il est peu
sensible aux acides et bases dilués, mais rapidement tué par l’alcool
à 70°C.
Le type humain pénètre habituellement par le tractus
respiratoire et la transmission est flüggienne, moins souvent
indirecte par des poussières et des objets contaminés.
Le type bovin entre généralement par la voie digestive et le
transport est assuré par le lait bacillifère d’animaux atteints de
mammite tuberculeuse.
D’une façon générale, l’incidence de la tuberculose est en
recrudescence dans le monde à cause de la pandémie VIH.En outre
il y a en circulation des souches de BK multirésistantes- (qui
résistent à plusieurs antibiotiques dont la Rifampicine et
l’Isoniazide).

Pouvoir pathogène.

Chez l’homme les types humain et bovin sont également


virulents, mais ils déterminent en principe des localisations
différentes. Le bacille bovin infectant par voie digestive, est surtout
responsable de tuberculose ganglionnaire cervicale et intestinnale.Il
prédomine encore dans les TBC ostéo-articulaires,méningées et
urinaires.Il se rencontre surtout chez l’enfant.La fréquence des

160
infections humaines à bacille bovin dépend des habitudes
alimentaires et de l’endémie bovine. En RDC la TBC bovine est peu
répandue et les contaminations humaines doivent être très rares.
Le bacille humain donne surtout la TBC pulmonaire.La primo-
infection n’aboutit généralement qu’à une infection latente qui après
résolution ou cicatrisation, laisse un état d’allergie accompagné d’un
certain dégré d’immunité à la surinfection( prémunition).D’autres
cas de primo-infections évoluent d’une façon aiguë.La tuberculose
post-primaire est duë au réveil d’une lésion latente(surinfection
endogène), mais le plus souvent à une ré-infection exogène.Chez
l’adulte allergique la maladie tend à devenir chronique, localisée et
proliférative.

Bref, la maladie tuberculeuse se présente sous deux formes :


1. Forme pulmonaire : c’est la forme la plus contagieuse et
la plus fréquente. La lésion principale est une caverne.
2. Forme extra-pulmonaire dont la tuberculose digestive
due au M.bovis, la tuberculose ostéo-articulaire (mal de
Pott) et la tuberculose ganglionnaire.

Diagnostic biologique.

Le diagnostic biologique de la tuberculose se base sur la


microscopie effectuée sur 3 prélèvements d’expectorations colorés
par la méthode de Ziehl-Neelsen. Les autres produits pathologiques
sont le suc gastrique ( tubage gastrique chez l’enfant) et le liquide
pleural et articulaire.
Les bacilles tuberculeux sont dits bacilles alcoolo-acido-
résistants (BAAR), c’est-à-dire, qu’une fois colorés en rouge par la
Fuchsine de Ziehl, ils résistent à l’action de l’alcool et des acides et
présentent une coloration rouge.
La culture des BK, bien que fort coûteuse en routine, se fait
sur le milieu à l’œuf coagulé de Loewenstein-Jensen. La croissance
de M.tuberculosis sur ce milieu est lente : les colonies sont visibles
entre 2 et 4 semaines.Néanmoins la culture est plus sensible que la

161
microscopie et permet de déterminer la sensiblité des germes aux
antibiotiques.

Traitement
On recourt habituellement aux antibiotiques suivants :
isoniazide, rifampicine, pyrazinamide, éthambutol et
streptomycine.Mais malheureusement, il y a émergence de souches
multirésistantes aux anti-tuberculeux (résistance à l’isoniazide et à
la rifampicine). D’où la necessité de recourir à l’antibiogramme des
souches isolées.

2. MYCOBACTERIUM LEPRAE

M.leprae ou BH, est l’agent causal de la lèpre, maladie


endémique en RDC et en voie d’élimination comme problème de
santé publique.

Habitat et épidémiologie
M.leprae est un parasite obligatoire de l’homme.L’homme
semble être le seul résevoir du germe.Celui-ci n’a jamais été mis en
culture in vitro.
La transmission de la lèpre se fait par contact direct entre
lèpreux et sujet sain.Chez les maldes les muqueuses nasales et
bucco-pharyngées sont riches en bacilles.

Pouvoir pathogène

La lèpre est une maladie chronique dont la période


d’incubation se situe entre 2 et 4 ans en moyenne. La maladie se
présente sous les formes suivantes :
1. lèpre tuberculoïde : c’est la forme bénigne avec des lésions
limiées et paucibacillaires.Les taches cutanées sont
insensibles, dépigmentées et atrophiques.

162
2. lèpre lépromateuse : c’est la forme maligne avec des lésions
extensives et multibacillaires.
3. Lèpre indéterminée : c’est une forme instable pouvant
évoluer vers l’une des deux formes précédentes.

Diagnostic biologique

Les produits pathologiques pouvant aider à établir le


Diagnostic biologique sont :
1. Biopsies des lésions cutanées : à la périphérie d’une lésion
et dans le lobule de l’oreille, on pratique une incision jusque dans
l’hypoderme. Les bords de la plaie sont raclés ; le tissu ainsi
obtenu est étalé et colorés selon la méthode de Ziehl-
Neelsen.Cette recherche est positive dans 100% des cas de lèpres
lèpromateuses et tuberculoïdes.
2. Mucus nasal : à l’aide des écouvillons de coton on enlève
les mucosités dans les deux narines.Puis avec un écouvillon neuf,
on frotte énergiquement les deux faces du septum. Le tampon est
essuyé sur la lame que l’on colore au Ziehl. Cette recherche est
positive dans 67% des cas de lèpre lèpromateuse et dans 9% de
lèpre tuberculoïde.
Les BH sont alcoolo-acido-résistants et se
présentent en « paquet de cigare » appelé « Globi » dans
lesquels il est souvent impossible de voir les bacilles
individuels.On trouve souvent des formes granuleuses
qui sont des bacilles dégénérés.

Traitement
En cas de lèpre multibacillaire, un traitement de 2 ans est
prescrit
- soit en prise journalière en autotraitement :Disulone 100mg
(1comprimé) etClofazimine 50mg( 1comprimé).
- Soit en prise mensuelle surveillée : Disulone 100mg,
Rifampicine 600mg (2 comprimés) et Clofazimine 300mg ( 3
comprimés).

163
En cas de lèpre paucibacillaire, on prescrit un traitement de 6
mois :
- Prise journalière en autotraitement : Disulone 100mg.
- Prise mensuelle surveillée : Disulone 100mg et Rifampicine
600mg.

3. MYCOBACTERIUM ULCERANS

C’est l’agent de l’ulcère de Buruli (UB), maladie infectieuse


caractérisée par de larges ulcérations à bords décollés.La maladie
est endémique au Bas-Congo et dans certains pays de l’Afrique de
l’Ouest (Bénin et Côte d’Ivoire).

Habitat et épidémiologie
M.ulcerans est un germe de l’environnement. Son réservoir n’a
pas encore été déterminé avec certitude.

Pouvoir pathogène
UB se manifeste sous diverses formes :
1. Formes actives par des lésions non ulcérées et des lésions
ulcérées. Les lésions ulcérées sont soit un nodule soit une lésion
oedémateuse soit une plaque croûteuse. Les lésions ulcérées
consistent en une ulcération plus ou moins étendue et sous-
minée, unique ou multiple, indolore et à bords décollés.

2. Formes cicatricielles : il s’agit d’une cicatrice atrophique avec des


séquelles invalidantes en cas de survenue au niveau d’une
articulation.
Ulcère de Buruli :Source : Dr Kibadi, CUK.

164
3. Formes mixtes : chez un malade, on peut observer les deux
formes précitées soit au même site soit à des endroits différents
du corps.

4. Formes osseuses : soit une ostéite métastatique après


dissémination par voie hématogène, soit une ostéite sous-jacente
à une lésion cutanée.

Diagnostic biologique
Microscopie directe après coloration de Ziehl-Neelsen.
Culture sur le milieu de Loewenstein-Jensen.
Diagnostic histopathologique.

Traitement
Selon les spécialistes, il faut associer la chirurgie ( larges
excisions , curetage et greffes cutanées) à l’antibiothérapie destinée
à combattre les germes de surinfection.

I. TREPONEMA PALLIDUM

Treponema pallidum est l’agent causal de la syphilis, maladie


sexuellement transmissible (MST). La bactérie n’est pas cultivable in
vitro et n’est pas colorable par la coloration de Gram.

165
TREPONEMA

TREPONEME PALLIDUM

T.pallidum subs.pallidum T.pallidum subs.pertenue. T.pallidum subs.endemicum T.pallidum subs.carateum


cosmopolite Afrique tropicale Région désertique Amérique centrale
Agent de la syphilis Agent du pian Agent du béjel Agent de la pinta.

Il existe plusieurs sous-types de Treponema pallidum : le sous-


type cosmopolite (T.pallidum, agent de la syphilis), le sous-type
pertenue, agent du pian, le sous-type endemicum, agent du bejel et
le sous-type carateum, agent de la pinta.

Habitat et épidémiologie
T. pallidum est un parasite pathogène strictement humain. La
transmission se fait par contact sexuel d’un sujet atteint de syphilis
primaire (chancre) ou de syphilis secondaire (roséole). La syphilis
tertiaire n’est pas contagieuse.
La syphilis se transmet également de la mère infectée à
l’enfant, à partir du 4ème mois de la grossesse jusqu’à
l’accouchement : c’est la syphilis congénitale.

Pouvoir pathogéne
La période d’incubation après un contact infectant est de 21
jours en moyenne. La dissémination à partir du point d’inoculation
se fait par voie lymphatique ( adénopathie satellite) et sanguine.
L’évolution de la maladie se fait en trois stades :

1. Syphilis primaire : un chancre ( ulcération) à base indurée et


indolore apparaît au point d’inoculation du tréponème. Cette
période dure 4-6 semaines.
2. Syphilis secondaire : c’est la période septicémique succédant
à la période primaire avec des manifestations polymorphes
au niveau de la muqueuse et de la peau ( roséole, papules,

166
alopécie). Cette période dure 1-2 ans. La guérison des lésions
est spontanée.

Alopecie en clairière Papules syphilitiques Papules syphilitiques


serpigineuses palmaires

source : Docteur Kakiese, CUK

3. Syphilis tertiaire : c’est la phase de l‘infection inapparente et


non contagieuse.

Les complications tardives de la syphilis ( après 4-30 ans)


sont : la neurosyphilis et l’atteinte du système cardio-vasculaire.
Diagnostic biologique
Le Diagnostic biologique direct : mise en évidence du
tréponème à partir d’un exsudat des lésions primaires ou
secondaires (roséole) examiné entre lame et lamelle au microscope
équipé d’un condensateur à fond noir.
Le Diagnostic biologique indirect est basé sur deux types de
sérologie :

1. Sérologie basée sur l’antigène cardiolipidique : celui-ci est un


haptène lipidique (un phospholipide) présent dans Treponema
pallidum et dans le tissu cardiaque des mammifères. Les
anticorps dirigés contre ce phospholipides ne sont pas
spécifiques de treponema pallidum et peuvent être détectés par
deux tests : le VDRL (Venereal Disease Research Laboratory)
dans lequel les Ag cardiolipidiques sont fixés sur des particules
de cholesterol et le RPR (Rapid Plasma Reagin) qui utilise les
particules de charbon comme …
167
2. Sérologie basée sur l’antigène tréponémique : il s’agit de
glycopeptides extraits de l’enveloppe externe du treponema
pallidum.Ces antigènes sont spécifiques des treponèmes
pathogènes.Les anticorps spécifiques de ces antigènes sont
détectés par le test TPHA (Treponema Pallidum
Hemagglutination Assay) qui est un test d’hémagglutination
passive.

L’interprétation des tests sérologiques pour la syphilis est


donnée dans le tableau ci-dessous.

VDRL TPHA Diagnostic biologique


Négatif Négatif Pas de syphilis
Positif Positif SyphIlis probable
Négatif Positif SyphilIs récente traitée ou
très ancienne.

Positif Négatif Confirmer le TPHA par


l’immunofluorecence.Si celle-ci est
négative, il s’agit d’un faux positif.

Traitement
Il n’existe pas de vaccin. Treponema pallidum est très sensible
à la pénicilline.

168
II. BORRELIA DUTTONII

B.duttonii est l’agent causal de la borreliose, une fièvre


récurrent africaine. La bactérie n’est pas cultivable sur milieu de
culture et n’est pas colorable par la coloration de Gram.

Habitat et épidémiologie

Il existe deux variétés de fièvre récurrente :

1. Fièvre récurrente cosmopolite qui est une maladie épidémique


transmise par les pous, Pediculus humanus, varietas corporis.
Le seul réservoir est l’homme. Le pou s’infecte en suçant le
sang d’un malade. L’infection humaine ne se fait pas par piqûre
du pou, mais par l’écrasement du pou infecté qui libère le
liquide coelomique.La voie d’entrée est la peua excoriée ou la
muqueuse oculaire qui est contaminée par les mains du sujet.
2. Fièvre récurrente africaine qui est une maldie endémique et
sporadique transmise par la tique Ornithodoros moubata ou
Kimputu en langue locale. La maladie est assez rare et se
rencontre au Bas-Congo, au Bandundu et au Kivu.

Le kimputu est une tique domestique, nocturne et xérophile


qui n’existe que dans les régions de savane et qui vit dans les
crevasses du sol et des murs des maisons en pisé. La tique s’infecte
en suçant le sang d’un malade et le borrelia infecte tout le corps de
la tique, y compris les ovaires. Chez la tique l’infection persiste
toute la vie et se transmet aux générations futures.
Les rongeurs sauvages constituent le réservoir. L’infection humaine
se fait par piqûre de la tique.

Pouvoir pathogène

La fièvre récurrente commence après une incubation de 3 à 10


jours par une fièvre brusque et des céphalées avec spirochètes dans

169
le sang. Après 3 à 10 jours sans fièvre, commence un nouvel accès
fébrile. Cette alternance peut se répéter jusqu’à une dizaine de fois.

Diagnostic biologique

Le Diagnostic biologique direct se fait par la goutte épaisse


colorée au Giemsa. Les borrelia sont également visibles au
microscope à fond noir.

Traitement
Le germe est très sensible à la pénicilline et aux tétracyclines.

170
Chapitre VIII : LES RICKETTSIALES

L‘ordre des Rickettsiales est constitué de microrganismes qui


à l'instar des virus sont des parasites intracellulaires obligatoires,
mais qui appartiennent au monde bactérien. En effet, comme les
bactéries, les rickettsiales :

- se divisent par fission binaire transversale,


- possèdent la plupart d'enzymes nécessaires à leur métabo-
lisme,
- possèdent une paroi cellulaire rigide composée de mucopep-
tides et d'acide muramique,
- sont sensibles à plusieurs antibiotiques à large spectre.

Les Rickettsiales sont donc des vraies bactéries. S'ils ont adop-
té le parasitisme intracellulaire strict, c'est sans doute à cause d'une
déficience importante dans la synthèse de certains substrats indis-
pensables à leur métabolisme énergétique.
L'ordre des Rickettsiales comporte deux familles qui présen-
tent un intérêt médical : les Rickettsiaceae et les Chlamydiaceae.

A. RICKETTSIES

Les Rickettsies pathogènes pour l'homme appartiennent à


deux genres :

- genre Rickettsia : non filtrable, agent des typhus.


- genre Coxiella : filtrable : un seul représentant : C. burnetti,
agent de la fièvre Q.

171
Caractères généraux

Morphologie.
Les Ricketsies sont des organismes de petite taille en forme de
bâtonnet, de coque ou d'éléments ovalaires très pléomorphes, et
dont le diamètre est compris entre 0,1 et 0,5 mμ. Ils sont Gram né-
gatifs mais prennent très mal les colorations ordinaires. On les co-
lore mieux avec le Giemsa ou avec des procédés spéciaux comme le
Macchiavello.

Culture
Les Rickettsies sont des parasites obligatoires; on ne les
connaît pas à l'état libre. Leur existence dépend entièrement
d'autres organismes vivants. On ne peut donc pas le cultiver sur les
milieux classiques, en l'absence de cellules vivantes. On les cultive
sur des cultures de tissus, sur oeuf embryonné ou sur animaux de
laboratoire (intestin de pou, testicule de cobaye, poumon de souris.
Contrairement aux virus, les Rickettsies, contiennent leurs propres
enzymes et ne puisent dans la cellule que le substrat.

Habitat
Les Rickettsies sont typiquement des parasites d'arthropodes,
chez lesquels elles vivent généralement dans ou à la surface des cel-
lules épithéliales de l'intestin. Certaines espèces sont des parasites
commensaux bien adaptés, d'autres sont pathogènes pour les ar-
thropodes. Au cours de l'évolution, certains arthropodes ont trans-
mis leurs rickettsies à l'hôte aux dépens duquel ils se nourrissent
habituellement. L'hôte ainsi infecté réagit par des manifestations
pathologiques mais à la longue il peut s'installer un état d'équilibre
(infection latente). Un bel exemple de l'évolution et adaptation des
rickettsies est l'histoire des "rickettsies" du typhus exanthématique.
Rickettsia typhi est un parasite de la puce du rat, transmis au rat
par l'acte hématophage. Ce parasitisme, très ancien chez le vecteur
de l'hôte, a créé un état de mutuelle tolérance. Mais quand la puce
du rat pique l'homme, il provoque chez son hôte occasionnel des
symptômes graves de typhus murin. Mais si le malade est en même

172
temps porteur de Pediculus, le pou peut aussi se contaminer de ric-
kettsies et les transmettre directement d'homme à homme; ainsi
s'est constituée une nouvelle relation hôte-parasite, mal supportée
par le pou, qui meurt de son infection et par l'homme qui souffre de
typhus épidémique. Suite à cette adaptation, R. typhi a acquis
d'autres caractères biologiques qui en font une nouvelle espèce : R.
prowazekii.

Résistance dans la nature


A la température de chambre, les rickettsies peuvent rester
viables pendant plusieurs mois dans les déjections déssèchées des
poux. L'agent de la fièvre Q. est particulièrement résistant et survit
même à la pasteurisation du lait.

Classification
Les rickettsies humaines peuvent être classées en tenant
compte du tableau clinique, du vecteur arthropode et des réactions
sérologiques.

RICKETTSIA PROWAZEKII
C'est l'agent du typhus épidémique ou exanthématique, aussi
appelé typhus à poux. C'est une maladie infectieuse aiguë caracté-
risée par de la température, une éruption maculaire et une mortalité
élevée.
Le nom de l'agent causal est donné en mémoire de deux méde-
cins qui sont morts en étudiant respectivement la fièvre pourprée
(Dr Ricketts) et le typhus exanthématique (von Prowazek).

Epidémiologie
Le typhus épidémique frappe des collectivités vivant en
contact étroit, dans des conditions sanitaires défectueuses
(prisons), surtout dans les régions froides. Plusieurs épidémies ont
été signalées au Ruanda et Burundi.

173
La maladie humaine n'est pas contagieuse. La transmission
est seulement possible par l'intermédiaire du pou : Pediculus hu-
manus (surtout variété corporis).
Le rôle du pou a été démontré en Afrique du Nord par Charles
Nicole (1909). Le pou s'infecte en absorbant au cours de la morsure
du sang humain contenant des rickettsies. Ces dernières se multi-
plient dans les cellules épithéliales de l'intestin qui éclatent et après
une semaine, les excréments du pou deviennent infectieux. Le pou
meurt de l'infection en une douzaine de jours mais entre temps il
peut avoir contaminé un autre homme. L'infection du pou n'est pas
héréditaire. L'homme s'infecte par les excreta d'un pou infecté; ces
derniers contaminent la plaie de la piqûre de l'insecte ou des lésions
de grattage, ou sont transportés par la main vers la conjonctive.
Dans d'autres cas l'infection se fait par inhalation de poussières
contaminées de déjections de pou desséchées.

Réservoir. Le seul réservoir est l'homme typhique et le pou atteint.

Pathogénie
Les rickettsies se multiplient électivement dans le cytoplasme
des cellules endothéliales des petits vaisseaux. Les cellules infectées
gonflent, créant ainsi des thromboses et des hémorragies avec ac-
cumulation de cellules inflammatoires autour des vaisseaux.

Diagnostic biologique

1. Isolement de l'agent causal. C'est une technique difficile et


dangereuse. Il faut inoculer le sang, prélevé au cours de la
période fébrile, à un cobaye mâle et noter la courbe thermi-
que. Puis il faut inoculer le broyat du cerveau du cobaye au
sac vitellin de l'oeuf incubé. Les rickettsies peuvent être co-
lorées dans des frottis de la membrane vitelline.

174
2. Réactions immunologiques.

a. Réactions de Weil-Félix : 90 % des patients atteints de


typhus épidémique agglutinent le Proteus OX19 à des
taux de 1/160 ou plus à partir de la deuxième semaine
de la maladie. Le titre atteint son maximum au cours
de la troisième semaine, pour tomber progressivement
par après.
Selon Castaneda (1934) la réaction est due à la com-
munauté d'une fraction antigénique de nature polyosi-
dique entre R. prowazekii et Proteus vulgaris du type
OX19. Ce dernier germe a été isolé par hasard des
urines d'un typhique par Weil et Félix.
Thérapie.
Le chloramphenicol et les tétracyclines sont les antibiotiques
de choix.

RICKETTSIA TYPHI

C'est l'agent du typhus endémique, typhus murin ou typhus à


puces. C'est une enzootie des rongeurs sauvages, occasionnellement
transmise à l'homme et causant chez lui un typhus d'allure bénigne
(zoonose).

Epidémiologie

Le typhus murin est une maladie cosmopolite bénigne du rat


et de la souris. Il ne décime pas les rongeurs. L'affection est trans-
mise de rongeur à rongeur par leurs ectoparasites : le pou et la puce.
Pour ces parasites le typhus n'est pas pathogène, et une fois infec-
tés, ils le restent toute la vie, sans transmettre la rickettsie.
L'homme s'infecte accidentellement par l'intermédiaire de la
puce du rat. La pénétration des rickettsies se fait comme dans le
typhus épidémique. La maladie n'est pas contagieuse.

175
En RDC le typhus murin est très répandu; R. typhi a été isolée
à partir de cas humains et à partir de rats (Jadin, 1940 à Mbanda-
ka).

Diagnostic biologique.

- Isolement de l'agent causal sur cultures cellulaires.


- Réactions de Weil-Félix. Le sérum des malades agglutine le
OX19 et parfois faiblement le
OX2 comme dans la forme épidémique.

Thérapie.
Le chloramphenicol et les tétracyclines sotn les antibiotiques
de choix.

RICKETTSIA TSUTSUGAMUSHI

C'est l'agent du typhus tropical, typhus des broussailles, qui


est en réalité un nom collectif pour désigner une série de fièvres
exanthématiques (fièvre, éruption, escarre et adénopathies).

Epidémiologie
R. tsutsugamushi est un parasite naturel de certains ron-
geurs sauvages, transmis entre rongeurs et de rongeurs à homme
par des larves de Trombicula. C'est un acarien libre à l'état adulte,
dont la larve peut s'infecter au cours de son seul repas sanguin dans
sa vie. L'infection passe à la progéniture et pourra passer ainsi à
l'hôte vertébré qui fournira l'unique repas sanguin.

Pouvoir pathogène
Le tableau clinique est caractérisé par l'apparition à l'endroit
de l'inoculation d'une escarre nécrotique noirâtre accompagnée
d'engorgement ganglionnaire.

Diagnostic biologique
- Isolement de la rickettsie sur lignées cellulaires.

176
- Réactions immunologiques par immunofluorescence
indirecte pour la détection des IgM spécifiques

Thérapie
Le chloramphenicol et les tétracyclines sont les antibiotiques
de choix.

R. CONORII
C'est l'agent d'un groupe de fièvres par morsures de tiques
dont le prototype est la fièvre boutonneuse du bassin méditerra-
néen. D'autres formes ont été décrites sous des noms différents
mais seraient dues au même agent ou à une rickettsie très voisine :
Kenya typhus, South AFrican tick-bite fever, etc... Des cas ont été
décrits en RDC, au Ruanda et au Burundi et le chien semble à l'o-
rigine des cas observés.

Epidémiologie
Le réservoir de la maladie est le chien :la rickettsie est trans-
mise à l'homme par la morsure de la tique du chien : Rhipicephalus
sanguineus. En Afrique du Sud ce sont plutôt des tiques de brousse
qui transmettent la maladie à l'homme à partir de rongeurs sau-
vages et domestiques. La maladie a en outre un réservoir important
dans les tiques mêmes chez lesquelles l'infection est héréditaire.
Pouvoir pathogène. La fièvre boutonneuse est une maladie bé-
nigne avec une éruption maculo-papuleuse généralisée et une
"tâche noire" au lieu de la morsure accompagnée d'adénite locale.

Diagnostic biologique
- Isolement de l'agent sur lignées cellulaires..
- Réactions immunologiques par immunofluorescence
indirecte.

Traitement
Le chloramphenicol et les tétracyclines sont les antibiotiques
de choix.

177
RICKETTSIA AKARI

C'est l'agent de la rickettsiose vésiculeuse ou "Rickettsialpox"


affection bénigne déjà décrite en Afrique Centrale (Bangui) et en
Afrique du Sud.

Epidémiologie
La rickettsiose vésiculeuse est une maladie à caractère plutôt
urbain, frappant parfois plusieurs personnes habitant le même bloc
de maisons. L'infection possède un réservoir dans la souris (Mus
musculata) et c'est un acarien ectoparasite de la souris, Alloderma-
nysus sanguineus, qui transmet la maladie à l'homme.

Pouvoir pathogène
La lésion d'inoculation est une papule rouge qui se transforme
en escarre. L'exanthème maculopapuleux subit la vésiculation et
fait penser à la varicelle. La multiplication de la rickettsie est intra-
nucléaire.

Diagnostic biologique
Isolement sur cultures cellulaires. La réaction de Weil-Félix est
négative.

Thérapie
Le chloramphenicol et les tétracyclines sont les antibiotiques
de choix.

COXIELLA BURNETTI

C'est l'agent de la Q. fever, (Q. vient de query = incertain) isolé


par Derick en 1937 en Australie. La rickettsie a été découverte in-
dépendamment aux Etats-Unis chez des tiques. Au cours de la der-
nière guerre mondiale on a constaté que des pneumonies atypiques
(grippe balkanique) chez les soldats étaient en réalité des cas de Q.

178
fever. Actuellement la maladie est pratiquement cosmopolite. Jadin
l'a décrite en RDC.

Epidémiologie
La maladie est une infection naturelle de plusieurs animaux
sauvages. Elle est transmise par des tiques qui peuvent aussi infec-
ter le grand et le petit bétail, qui fait une maladie bénigne. Les tiques
de ces animaux s'infectent à leur tour et leurs déjections, même
desséchées sont très riches en rickettsies.
L'homme s'infecte par contact direct avec les viandes ou le lait
infectés ou par inhalation de poussières infectées par les excréta de
tiques. C'est la seule rickettsiose où l'homme s'infecte sans inter-
vention directe d'un arthropode. La maladie a souvent un caractère
professionnel : travailleurs de ferme, laitiers, personnel d'abattoir.

Pouvoir pathogène
Maladie grippale sans exanthème caractérisée par une pneu-
monie atypique et une très faible mortalité.

Diagnostic biologique
Isolement sur culture cellulaire. Sérologie en
immunofluorescence indirecte. La réaction de Weil-Félix est
négative. Les anticorps apparaissent tardivement mais persistent
pendant des années.

Thérapie
Les tétracyclines diffusant dans les cellules, sont les
antibiotiques de choix.

B. CHLAMYDIA
Les chlamydia sont des bactéries intracellulaires obligatoires
de petite taille. La structure de leurs parois est celle des bactéries à
Gram négatif. Mais les chlamydia ne poussent pas sur les milieux
de culture bactérienne. Ils se multiplient uniquement dans des
cellules vivantes comme les virus.

179
On distingue trois espèces de chlamydia pathogènes pour
l’homme :
- Chlamydia trachomatis, agent d’uréthrites non
gonococciques et de trachome.
- Chlamydia pneumoniae, agent de pneumonie atypique.
- Chlamydia psittaci, agent d’infections aviaires,
accidentellement transmise à l’homme.

Habitat et épidémiologie
L’homme est le seul réservoir de Chlamydia trachomatis. La
bactérie se transmet par contact direct lors des relations sexuelles
(MST) soit par contact indirect par les mains et les linges souillés. Il
existe des porteurs sains de C. trachomatis.
Chlamydia pneumoniae est une bactérie exclusivement
humaine. La transmission interhumaine se fait par les sécrétions
respiratoires infectées.
Chlamydia psittaci a comme réservoir principal les oiseaux
d’agrément (perroquets et perruches) et domestiques (pigeons,
canards). L’homme s’infecte à partir de ces oiseaux.

Pouvoir pathogène
1. Chlamydia trachomatis.
Il est incriminé dans deux pathologies majeures :

a) Infections génitales : C. trachomatis est souvent à l’origine


d’uréthrites dites non gonococciques aussi bien chez
l’homme que chez la femme.
Chez l’homme, il s’agit d’une urétrite muco-purulente,
traînante qui peut se compliquer d’épididymite.
Chez la femme, la symptomatologie est souvent muette,
mais avec des conséquences désastreuses. L’infection
initiale est une cervicite limitée à l’endocol.
Non ou mal traitée, elle peut se compliquer de salpingite
aiguë ou chronique entraînant une stérilité tubaire et une
grossesse extra-utérine.
Il existe de porteurs sains de C. trachomatis.

180
b) Trachome et infections oculaires. Le trachome est une
kérato-conjonctivite, souvent épidémique, fréquente en
Afrique du Nord.

2. Chlamydia psitttaci.
C’est l’agent de l’ornithose-psittacose, une pneumonie
atypique pouvant entraîner une septicémie et une endocardite.

3. Chlamydia pneumoniae
Il cause des pneumonies interstitielles, bronchites,
sinusites et pharyngites.

Diagnostic biologique
 Diagnostic biologique direct

L’isolement du Chlamydia se fait sur des cultures cellulaires.


La chance d’isoler le chlamydia dépend beaucoup de la qualité du
prélèvement.

En cas d’urétrite :
- Chez l’homme, on fait un prélèvement endo-urétral à
l’aide d’un écouvillon enfoncé de 3-4 cm dans l’urètre.
- Chez la femme, on fait un prélèvement au niveau de
l’endocol, car les cellules vaginales ne sont pas
réceptrices au C. trachomatis.
En cas de conjonctivite : éliminer d’abord les exsudats purulents,
puis frotter vigoureusement les conjonctives avec un écouvillon.
En cas de pneumonie atypique, effectuer un écouvillonnage
rhinopharyngé postérieur ou nasopharyngé.
Les prélèvements doivent être transportés immédiatement au
laboratoire à 4°C (boîte frigorifique).

181
Diagnostic biologique indirect
Sur les mêmes types de prélèvements, on peut réaliser des
tests rapides de Diagnostic biologique tels que l’Elisa pour détecter
les antigènes de Chlamydia ou le PCR pour la détection du genome
bactérien.
L’immunofluorescence indirecte permet de détecter les IgM
spécifiques dans le sérum en phase aiguë.

Traitement
Les antibiotiques de choix sont les tétracyclines et les
macrolides.

182
Chapitre IX : LES MYCOPLASMES
Ce sont des bactéries de petite taille, dépourvues de paroi,
mais capables de se multiplier de façon autonome. Ils sont
responsables d’infections pulmonaires (mycoplasme pneumoniae) et
génitales (ureaplasma urealyticum, mycoplasma hominis et
mycoplasma genitalium)

Habitat et épidémiologie
Ce sont des bactéries ubiquitaires. Chez l’homme, ils ont une
grande affinité pour les muqueuses respiratoires et génitales. La
transmission se fait par voie aérienne ou sexuelle.

Pourvoir pathogène

- Mycoplasma pneumoniae :c’est un agent d’infections


respiratoires bénignes (trachéobronchites) et de pneumonie
atypique primitive.
- Mycoplasmes génitaux : il s’agit de M. hominis, M. genitalium
et d’Ureaplasma urealyticum qui provoquent des infections
génitales (urétrites chez l’homme, salpingites et abcès de la
glande de Bartholin chez la femme). Les mycoplasmes sont
donc responsables d’uretrites non-gonococciques au même
titre que les chlamydia.

Diagnostic biologique
Le Diagnostic biologique direct se réalise à partir des
prélèvements respiratoires et génitaux. Le diagnotic indirect est
basé sur le sero-diagnostic biologique, notamment
l’immunofluorescence.

Traitement
La croissance des mycoplasmes peut être inhibée par les
tétracyclines, le chloramphénicol et l’erythromycine.
Les antibiotiques agissant sur la paroi (les beta-lactamines) ne
sont pas actifs contre les mycoplasmes.

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