ÉCOLE POLYTECHNIQUE
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE INDUSTRIELLES
CONCOURS D’ADMISSION 2006 FILIÈRE PC
COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES
***
Première partie
1. Pour ` = 2, on constate que les séquences a = (1, 1) et b = (1, −1) vérifient l’unique condition de
corrélation a0 a1 + b0 b1 = 0 donc 2 appartient à L.
Supposons que 3 appartienne à L et soient a = (a0 , a1 , a2 ) et b = (b0 , b1 , b2 ) deux séquences de longueur 3
complémentaires. On remarque que les conditions de corrélation sont insensibles à un changement de signe
simultané de tous les ai (ou de tous les bi ) et qu’on peut donc supposer a0 = b0 = 1. Les deux conditions à
vérifier sont alors (
a1 (1 + a2 ) + b1 (1 + b2 ) = 0
a2 + b2 = 0
Il reste 1 + a2 + ε(1 − a2 ) = 0 avec ε ∈ {−1, 1} (en reportant b2 = −a2 et en simplifiant par a1 ) ce qui est
impossible si ε = 1 et incompatible avec a2 ∈ {−1, 1} si ε = −1. Donc 3 n’appartient pas à L.
2 appartient à L et 3 n’appartient pas à L.
2. Remarque préliminaire : Si p et q sont deux entiers relatifs tels que p ≤ q et λp , . . . , λq des réels avec
q
X
λp λq 6= 0, la fonction f définie sur ]0, +∞[ par x 7→ λk xk est équivalente en 0+ à λp xp et en +∞ à λq xq .
k=p
En particulier elle est bornée sur ]0, +∞[ si et seulement si p = q = 0, c’est à dire si et seulement si elle est
constante.
2.a) Notons `1 (resp. `2 ) la longueur de la séquence a (resp. b). On a :
1 −1
`X 1 −1
`X 1 −1
`X min(`1 −k−1,`1 −1)
X
Pa (x)Pa (x−1 ) = aj xj ai x−i = xk ai ai+k
j=0 i=0 k=−`1 +1 i=max(−k,0)
a0 a`1 −1
et en particulier Pa (x)Pa (x−1 ) ∼ et Pa (x)Pa (x−1 ) ∼ a0 a`1 −1 x`1 −1 .
0+x`1 −1 +∞
−1 ∼ b0 b`2 −1
Des calculs analogues montrent que Pb (x)Pb (x ) + `2 −1 et Pb (x)Pb (x−1 ) ∼ b0 b`2 −1 x`2 −1 . On voit alors
0 x +∞
que la fonction φa,b : x 7→ Pa (x)Pa (x−1 ) + Pb (x)Pb (x−1 ) ne peut pas être bornée sur ]0, +∞[ si `1 6= `2 .
Si a et b ne sont pas de même longueur, la fonction x 7→ Pa (x)Pa (x−1 ) + Pb (x)Pb (x−1 ) n’est pas bornée sur ]0, +∞[.
Supposons désormais a et b de même longueur `. On a donc :
min(`−kj−1,`−1)
`−1 `−1 `−1 `−k−1
!
X X X X X
φa,b (x) = xj (ai ai+k + bi bi+k ) = (a2i +b2i )+ (xk +x−k ) (ai ai+k + bi bi+k )
k=−`+1 i=max(−k,0) i=0 k=1 i=0
1
et d’après la remarque préliminaire cette fonction est constante si et seulement si :
`−k−1
X
∀k ∈ [[1, ` − 1]], (ai ai+k + bi bi+k ) = 0
i=0
ce qui est exactement la définition de la propriété : hh a et b forment une paire complémentaire ii. La valeur
`−1
X
de la constante est alors (a2i + b2i ) = 2`.
i=0
Les séquences a et b de même longueur ` forment une paire complémentaire si et seulement
si la fonction φa,b est constante. Cette constante vaut alors 2`.
2.b) Soient a et b deux séquences de même longueur `. Comme pour tout entier i ∈ [[0, ` − 1]] les éléments
`−1
X
ai et bi valent ±1, la différence ai − bi vaut −2, 0 ou 2 et en tous cas elle est paire. La somme (ai − bi )
i=0
est donc paire, or c’est précisément Pa (1) − Pb (1). Soit k l’entier tel que Pb (1) = Pa (1) + 2k.
2 2 2 2
On calcule 2` = φa,b (1) = Pa (1) + Pb (1) = 2 Pa (1) + 4kPa (1) + 4k 2 = 2 Pa (1) + 2kPa (1) + 2k 2
2
soit ` = Pa (1) + k + k 2 qui est bien la somme de deux carrés d’entiers.
Tout élément de L peut s’écrire comme somme de deux carrés d’entiers.
2.c) Soit n2 un carré d’entier. L’entier n est pair ou impair, donc de la forme 2k ou 2k + 1. On voit que n2
est de la forme 4k 2 ou 4k 2 + 4k + 1, donc de la forme 4m ou 4m + 1. On en déduit que la somme de deux
carrés d’entier est d’une des formes 4p + 4q, 4p + (4q + 1) ou (4p + 1) + (4q + 1), et que le reste de la division
par quatre de la somme de deux carrés d’entiers ne peut valoir que 0, 1 ou 2. Un entier de la forme 4r + 3
ne peut pas s’écrire comme somme de deux carrés d’entiers, donc d’après 2.b) n’est pas dans L.
Le complémentaire dans N de L contient tous les entiers dont
le reste dans la division par 4 est 3. Il est en particulier infini.
1
3.a) On calcule U (x)U (x−1 ) + V (x)V (x−1 ) = φa,b (x). Cette fonction est donc constante si et seulement
2
si φa,b l’est. La question 2.a) permet de conclure.
La fonction x 7→ U (x)U (x−1 ) + V (x)V (x−1 )
est constante si et seulement si les séquences
a et b forment une paire complémentaire.
(
U (x) = x5 + x3 − x2 + x + 1
3.b) Pour les valeurs proposées des séquences a et b on a et on calcule
V (x) = x9 + x8 − x7 − x6 − x4
sans problème U (x)U (x−1 ) + V (x)V (x−1 ) = 10.
(
a = (1, 1, −1, 1, −1, 1, −1, −1, 1, 1)
Les séquences forment une paire complémentaire.
b = (1, 1, −1, 1, 1, 1, 1, 1, −1, −1)
2
4. Soit v une séquence de longueur 2m − 1. Notons k le nombre de coordonnées de v égales à −1. Comme
les autres sont égales à 1 on voit que v0 + v1 + · · · + v2m−1 = (2m − k) × 1 + k × −1 = 2(m − k) et que
v0 v1 · · · v2m−1 = 12m−k (−1)k = (−1)k . Avec ces notations :
(i) s’écrit hh 4 divise 2(m − k) ii soit hh 2 divise (m − k) ii.
(ii) s’écrit hh k a la même parité que m ii.
(iii) s’écrit hh (−1)k = (−1)m ii.
Les assertions (i), (ii) et (iii) sont équivalentes.
5.a) Soit j ∈ [[1, ` − 1]]. Considérons la séquence v = (a0 aj , . . . , a`−1−j a`−1 , b0 bj , . . . , b`−1−j b`−1 ) qui est
2m−1
X
de longueur 2m avec m = ` − j. La complémentarité de la paire a, b implique justement que vk = 0.
k=0
2m−1
Y m−1
Y
D’après la question 4. ceci implique vk = (−1)m soit vk vk+m = (−1)`−j . Comme d’autre part
k=0 k=0
vk vk+m = ak ak+j bk bk+j = xk xk+j le résultat s’écrit bien :
`−1−j
Y
xk xk+j = (−1)`−j .
k=0
5.b) Raisonnons par récurrence. Soit Hr l’assertion hh xr x`−1−r = −1 ii pour un entier r ∈ [[0, ` − 1]].
`−1−(`−1)
Y
La propriété précédente appliquée pour j = ` − 1 s’écrit xk xk+`−1 = (−1)`−(`−1) soit
k=0
x0 x`−1 = −1 c’est-à-dire H0 .
r−1
Y
Soit r ∈ [[0, ` − 1]]. Supposons établie Hk pour k ∈ [[0, r − 1]] ; on a donc xk x`−1−k = (−1)r .
k=0
r
Y
r+1
D’autre part la question a) pour j = ` − 1 − r fournit xk xk+`−1−r = (−1) que l’on peut réécrire
k=0
r
Y r
Y r
Y r
Y r
Y
(−1)r+1 = xk xs+`−1−r = xk x`−1−k (avec k = r − s) = xk x`−1−k . La confrontation
k=0 s=0 k=0 k=0 k=0
des deux résultats donne xr x`−1−r = −1 c’est-à-dire Hr .
Par récurrence on a bien établi la propriété : ∀j ∈ [[0, ` − 1]], xj x`−1−j = −1.
5.c) Soit ` = 2m + 1 un entier impair supérieur à 2. S’il existait une paire complémentaire a, b de longueur
` on aurait avec les notations précédentes pour j = m : x2m = −1 ce qui est exclu.
Tout élément ` de L supérieur à 2 est pair.
3
Deuxième partie
6.a) Les formules fournissent sans difficulté :
P1 = X + 1, Q1 = −X + 1, P2 = −X 3 + X 2 + X + 1 et Q2 = X 3 − X 2 + X + 1.
6.b)
( Posons un = Pn (1) et vn = Qn (1). Appliquées pour X = 1, les formules de récurrence deviennent
un+1 = un + vn un+1 un 1 1
ou = A avec A = . La matrice A vérifie A2 = 2I2 donc
vn+1 = un − vn vn+1 vn 1 −1
2k k 2k+1 k un n u0 n 1
A = 2 I2 et A = 2 A. En utilisant =A =A on obtient :
vn v0 1
Pour tout entier naturel k, P2k (1) = 2k , P2k+1 (1) = 2k+1 , Q2k (1) = 2k et Q2k+1 (1) = 0.
0 0
un+1 un
Posant u0n = Pn (−1) et vn0 = Qn (−1), on a encore 0 = A , mais seulement à partir de n = 1.
0 0 vn+1 vn0
un u1 0
En utilisant = An−1 = An−1 on obtient cette fois :
vn0 v10 2
Pour tout entier naturel k, P2k+1 (−1) = 0 et Q2k+1 (−1) = 2k+1 .
P0 (−1) = Q0 (−1) = 1.
Pour tout entier naturel k au moins égal à 1, P2k (−1) = 2k , et Q2k (−1) = −2k .
7. Raisonnons par récurrence. Soit Hn l’assertion hh Pn et Qn sont des polynômes séquentiels de degré
2n − 1 ii.
P0 = Q0 = 1 montre que H0 est vraie.
Soit n ∈ N . Supposons Hn établie : Pn et Qn sont des polynômes de degré 2n − 1 dont tous
n
les coefficients sont dans( {−1, 1} et donc X 2 Qn est un polynôme de degré 2n+1 − 1 dans lequel
nul pour k ∈ [[0, 2n − 1]]
le coefficient de X k est . On en déduit immédiatement que
dans {−1, 1} pour k ∈ [[2n , 2n+1 − 1]]
n n
Pn + X 2 Qn et Pn − X 2 Qn sont séquentiels de degré 2n+1 − 1 soit Hn+1 .
Les polynômes Pn et Qn sont séquentiels de même degré.
On sait d’après la première partie que deux polynômes P et Q séquentiels de même degré forment une
paire complémentaire si et seulement si la fonction x 7→ P (x)P (x−1 ) + Q(x)Q(x−1 ) est constante. Or
le
calcul (facile) montre que Pn+1 (x)Pn+1 (x−1 ) + Qn+1 (x)Qn+1 (x−1 ) = 2 Pn (x)Pn (x−1 ) + Qn (x)Qn (x−1 ) et
comme P0 (x)P0 (x−1 ) + Q0 (x)Q0 (x−1 ) = 2 on voit que Pn (x)Pn (x−1 ) + Qn (x)Qn (x−1 ) = 2n+1 . On conclut
par récurrence.
Pour tout entier naturel n les polynômes Pn et Qn forment une paire complémentaire.
Tout entier de la forme 2k pour k ∈ N est donc dans l’ensemble L.
n
8. Raisonnons par récurrence. Soit Hn l’assertion hh Qn (z) = (−1)n z 2 −1
Pn (−z −1 ) pour tout z ∈ C∗ ii.
H0 s’écrit 1=1, ce qui est vrai.
4
n
Soit n ∈ N. Supposons établie Hn ; on a donc ∀z ∈ C∗ , Qn (z) = (−1)n z 2 −1 Pn (−z −1 ). En
n
remplaçant z par −z −1 dans Hn on a aussi ∀z ∈ C∗ , Pn (z) = (−1)n+1 z 2 −1 Qn (−z −1 ). On peut alors
écrire :
n
∀z ∈ C∗ , Qn+1 (z) = Pn (z) − z 2 Qn (z)
n n n
−1
= (−1)n+1 z 2 Qn (−z −1 ) − z 2 (−1)n z 2 −1 Pn (−z −1 )
n+1
n
= (−1)n+1 z 2 −1 Pn (−z −1 ) + z −2 Qn (−z −1 )
n+1
n
= (−1)n+1 z 2 −1 Pn (−z −1 ) + (−z −1 )2 Qn (−z −1 )
n+1
= (−1)n+1 z 2 −1
Pn+1 (−z −1 ) c’est-à-dire Hn+1 .
n
Par récurrence on a montré : ∀n ∈ N, ∀z ∈ C∗ , Qn (z) = (−1)n z 2 −1
Pn (−z −1 ).
ti
9.a) Soit z une racine de T . Notons M = maxi∈[[0,d−1]] . On cherche à montrer la relation |z| ≤ 1 + M .
td
Remarquons déjà que si |z| ≤ 1 c’est trivial. Supposons maintenant |z| > 1. On peut écrire la relation
td−1 d−1 t0 td−1 d−1 t0 |z|d − 1 |z|d
T (z) = 0 sous la forme z d = − z −· · ·− d’où |z|d ≤ z +· · ·+ ≤M ≤M
td td td td |z| − 1 |z| − 1
M
d’où 1 ≤ c’est-à-dire :
|z| − 1
|z| ≤ 1 + M .
9.b) Soit n un entier naturel non nul. Les polynômes Pn et Qn relèvent de l’analyse précédente avec
ti
d = 2n − 1 et tous les rapports sont égaux à 1 en module, donc M = 1. Ainsi toute racine de Pn ou de
td
Qn est majorée par 2 en module. Mais si z est une racine de Pn (resp de Qn ) elle est non nulle et la formule
1
établie en 8. montre que −z −1 est racine de Qn (resp de Pn ) donc que −z −1 ≤ 2 soit |z| ≥ ·
2
|z|d − 1 |z|d
La majoration de M par M si |z| > 1 est en fait stricte, on peut conclure plus précisément :
|z| − 1 |z| − 1
1
toute racine de Pn Qn vérifie < |z| < 2.
2
10.a) On a vu en 7. que le polynôme Pn+1 a les mêmes coefficients que le polynôme Pn pour les termes de
degré inférieur ou égal à 2n − 1. Par récurrence il en va de même de tous les Pk pour k ≥ n. Si l’on note up
le coefficient de X p commun à tous les polynômes Pk pour k ≥ log2 (p + 1) on a :
n
2X −1
∀n ∈ N, Pn (z) = up z p .
p=0
Étant donné que tous les up valent 1 ou − 1,
∞
X
le rayon de convergence de la série entière S(z) = up z p vaut 1.
p=0
5
∞
1 X
10.b) Soit z = ρ eiθ un zéro de S avec ρ < . On peut écrire 0 = S(z) = 1 + up z p et par conséquent
2 p=1
∞ ∞
X X ρ
1 = | − 1| = up z p ≤ |up |ρp = donc 1 ≤ 2ρ ce qui est contradictoire.
p=1 p=1
1−ρ
1
S n’a pas de zéro dans le disque ouvert de rayon centré à l’origine.
2