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Introduction À La Psychologie L1 - 2020

Le document présente une introduction à la psychologie, en abordant son évolution historique, ses différentes branches telles que la psychologie clinique, cognitive et sociale, ainsi que les méthodes de recherche et d'évaluation. La psychologie est définie comme l'étude des comportements humains et des processus mentaux, avec une distinction entre le normal et le pathologique. Les outils d'évaluation, comme les entretiens et les tests, sont essentiels pour comprendre les conduites individuelles et de groupe.

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Introduction À La Psychologie L1 - 2020

Le document présente une introduction à la psychologie, en abordant son évolution historique, ses différentes branches telles que la psychologie clinique, cognitive et sociale, ainsi que les méthodes de recherche et d'évaluation. La psychologie est définie comme l'étude des comportements humains et des processus mentaux, avec une distinction entre le normal et le pathologique. Les outils d'évaluation, comme les entretiens et les tests, sont essentiels pour comprendre les conduites individuelles et de groupe.

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PSYCHOLOGIE GENERALE EN L1 DE SOCIOLOGIE 2012-2013

Chapitre I : Introduction à la psychologie


La psychologie est un domaine de connaissance qui a subit de profondes
transformations au cours de l’histoire de la pensée humaine. Plusieurs périodes historiques
essentielles peuvent être distinguées durant lesquelles l’objet même de la psychologie fut
différent.
I – La connaissance de l’âme
Crée par Melanchthon, le mot « psychologie » n’apparaît vraiment qu’au XVIIIe s. Il
est introduit par le philosophe allemand Wolff pour désigner l’étude des manifestations de
l’âme par opposition au terme « métaphysique » qui comprend l’étude des comportements
essentiels de l’âme. Jusqu'à Wolff l’étude des manifestations de l’âme, de la pensée, de la
mémoire etc. était confondue avec l’étude de la nature de l’âme dont faisait partie, par
exemple, la réflexion sur l’immoralité.
En conséquence, la psychologie pendant cette longue période historique comporte
deux caractéristiques essentielles : elle est subjective et elle ne concerne que l’homme, pas
l’animal.
 Psychologie subjective : le chercheur édifie son savoir essentiellement par une
introspection, c’est – à – dire, en observant ses propres états d’âmes. Il n’y a pas de
preuve fondée sur des faits observables. Cette façon de procéder peut conduire à de
grossières erreurs.
 Psychologie de l’homme : elle ne concerne pas l’animal, puisque l’âme est l’apanage
de l’homme.

II – La science du comportement
Conventionnellement, les débuts de la psychologie scientifique ou « psychologie
expérimentale » sont datés de la fondation du 1 er laboratoire de psychologie, en 1879 par
Wundt à Leipzig (Allemagne). Les débuts de la psychologie scientifique sont plus tôt
caractérisés par un objectif de mesure qui se situe dans le sillage des laboratoires de
physiologie et de physique. Mais la coupure avec la philosophie n’apparaît pas aussitôt.
Les changements radicaux qui fondent conceptuellement la psychologie scientifique
seront provoqués par l’américain John Watson dans les années 1920 et apparaît même comme
une conséquence des idées darwiniennes. Le principe est d’étudier l’homme avec les mêmes
1
méthodes objectives que celles utilisées pour étudier l’animal qui ne peut s’observer lui –
même, ce qui consacre la naissance du mouvement behavioriste qui va dominer et influencer
systématiquement toute la psychologie scientifique jusqu’ à la fin des années 1950.
L’observation objective par définition suppose un accord entre plusieurs observateurs et
ne peut s’appliquer que sur deux sortes de variable vérifiables.
 Les variables de situation : les stimuli ;
 Les variables de comportement : les réponses.

III – La psychologie cognitive


L’informatique va créer un nouveau mode de pensée chez les chercheurs de plus en
plus nombreux, surtout à partir des années 1960. Dans cette perspective, les mécanismes
psychologiques sont conçus comme des systèmes traitement de l’information, les
informations physiques « sons et lumières, par exemple sont transformées et codés » au
niveau des organes sensorielles avant d’être synthétisées en objet mentaux (mots et images,
par exemple), l’étude des représentations mentales de la connaissance est ainsi réhabilitée
contre le Behaviorisme stricte qui l’avait écarté. Cette nouvelle psychologie prend le nom de
psychologie cognitive, d’après le mot latin « cogito » qui signifie ‘’penser’’, se représenter
par l’esprit’’

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Chapitre II : le champ de la psychologie

La psychologie contemporaine est extrêmement vaste ; c’est pourquoi, les


spécialisations sont nécessaires comme dans les autres sciences voisines.
On envisager le champ de la psychologie structuré en deux grands axes, soit 4 principaux
pôles spécifiques.
Le 1er axe qui paraît sous tendre les grands secteurs de la psychologie qui concerne des
faits spécifiquement psychologiques, correspondant à deux grands domaines bien différenciés
par la méthode et les objets : le normal et le pathologique.
- Le Normal : concerne l’étude des mécanismes généraux du comportement, c’est le
grand domaine de la psychologie générale et expérimentale. Parmi les grands thèmes
traditionnels de recherche, certains correspondent bien à la psychologie générale, dans la
mesure où, l’on est capable de mettre en évidence des structures ou des mécanismes de
fonctionnement assez généraux.
- A l’opposé du normal, le pathologie concerne les maladies et troubles psychologiques.
La psychologie pathologique se trouve soit qualifiée par sa méthode qui est clinique, et l’on
emploi alors le concept de psychologie clinique. La méthode clinique permet d’appréhender
le sujet dans sa globalité et comme la combinaison unique de multiples causes. Mais le sens
du terme clinique est double. Dans le sens thérapeutique, le psychologue a une approche
personnalisée de son malade. Il doit faire appel à toutes ses connaissances pour obtenir une
compréhension globale et unique de l’individu. L’approche clinique est alors pleinement
justifiée. En revanche, en tant que méthode scientifique, l’approche clinique ne peut être
généralisée dans tous les cas sans susciter des erreurs.
- Le biologique et le social : Le deuxième axe concerne les influences de deux aspects
indissociables du comportement d’une part du le psychologique et d’autre part du social, c'est-
à-dire les interactions entre l’homme et les groupes.
Au pôle biologique correspond le domaine immense des neurosciences où sont étudiées les
bases du comportement, étude essentielle puisque conformément à une conception
matérialiste et plus spécifiquement à la théorie de l’évolution (Darwin) il ne peut y avoir de
mécanismes psychologiques sans cerveau et système nerveux.
Sur le plan social, l’homme est un animal grégaire, il ne peut vivre qu’en groupe et en un
sens, toute la psychologie est sociale. La psychologie de l’homme seul, serait une psychologie
sans langage, sans temps. La psychologie sociale, au sens stricte, est la prise en compte du
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social, en particulier, les groupes : interactions inter individuelles, phénomène de leadership
ou de soumission à l’autorité, d’influence d’un groupe sur l’individu.
I- La diversité de la Psychologie
Par delà la diversité de ses objets, la psychologie se réfère à la démarche scientifique
pour comprendre les comportements humains. Il y a des liens étroits entre pratique et
recherche.
La psychologie étudie les conduites observables des individus ainsi que les processus
cognitifs, affectifs et sociaux qui permettent d’expliquer ces conduites.
Certains psychologues s’intéressent aux processus cognitifs qui contribuent à la
formation et à l’utilisation des représentations mentales, c’est le domaine de la psychologie
cognitive ;
Les psychologues cliniciens et les psychologues pathologiques privilégient l’étude
de l’affectivité (les émotions) et de l’organisation psychique individuelle, normale et
pathologique.
La psychologie du développement marque les déroulements de la vie humaine et
l’étude de leurs causes.
La psychologie sociale s’intéresse aux représentations et au comportement individuel
en référence au contexte social dans lequel ils apparaissent.
NB : Etymologiquement psychologie (du grec ‘’psycho’’ = âme et logos=discours), signifie
étude de l’âme qui caractérise l’être humain.
Pour employer une terminologie plus moderne que celle des philosophes grecs, on
peut dire que la psychologie est la science du psychisme humain c’est – à – dire ce qui
concerne l’esprit et la pensée.
Le terme psychisme permet de regrouper les principaux objets de la psychologie : la
cognition et l’affectivité.
- La cognition concerne la perception, l’intelligence, la mémoire, le langage,
l’apprentissage, l’attention, etc. ;
- Le domaine de l’affectivité concerne les besoins, les désirs, les motivations, les
émotions, les pulsions, les modes de la relation à autrui, etc. ;

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II- Les Principales spécialisations en psychologie
La présentation des principales spécialités de la psycho permet d’avoir un certain apperçu de
la diversité des objets d’étude de cette discipline.
a) La Psychologie Clinique
Elle cherche à comprendre et expliquer le fonctionnement psychique humain et ses
troubles. Elle étudie de façon approfondie les cas individuels aussi bien dans le registre du
normal que du pathologique. Elle utilise fondamentalement la méthode clinique.
b) La Psychologie Pathologique
Elle correspond à l’étude des maladies et des troubles de fonctionnement de la
personnalité avec des visées diagnostiques et thérapeutiques.
c) La Psychologie du Développement
Elle a pour objet l’origine, l’évolution (changement marquant un progrès) et
l’involution (changement marquant une détérioration) de l’être humain dans ses aspects
cognitifs et affectifs.
d) La Psychologie Sociale
Elle s’intéresse à la perception que l’individu a de son environnement social, aux
relations interindividuels et aux relations intergroupes. Elle tient compte à la fois des
processus individuels (perception – mémoire etc.) et de l’insertion sociale des individus (statut
du groupe d’appartenance – valeurs – normes etc.)
e) La Psychologie Cognitive
Elle étudie les grandes fonctions psychologiques de l’être humain : perception –
mémoire – apprentissage – langage etc. Elle cherche à en dégager les lois générales. Elle
utilise le plus souvent la méthode expérimentale.
f) La Psychologie Différentielle
Elle a pour objectif de décrire et d’expliquer les différences de conduites entre les
individus et entre les groupes en analysant les caractéristiques qui leur sont propres.
g) La Psychophysiologie
Elle a pour objet l’étude des relations entre phénomènes biologiques et psychologiques
appliquée aux fonctions mentales et aux comportements.

Chapitre III : Méthodes et procédures d’évaluations en psychologie


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1) Les Méthodes de recherche en psychologie
On peut ordonner les différents méthodes de la psychologie sur un continu allant des
méthodes quantitatives, dont les résultats sont reproductibles, aux méthodes quantitatives,
basées sur l’étude de ces individuels.
- Le but d’une recherche consiste à mettre en évidence un phénomène ou à tester des
hypothèses relatives aux variables dont il dépend. Ces hypothèses découlent soit de
l’accumulation d’observations préalables, soit de théories et modèles préexistants.
- La méthode utilisée doit être approuvée par la communauté scientifique et respecter
les règles de déontologie. On peut ordonner les méthodes disponibles sur un continu allant de
celles qui permettent de recueillir des observations quantitatives (temps de réactions,
fréquences de réponses, etc..) et reproductibles (un autre chercheur menant la même étude
arriverait aux mêmes conclusions), aux démarches quantitatives centrées sur les conduites des
individus considérés dans leur singularité.
a) La méthode expérimentale
Le chercheur compare les conséquences prévisibles de son hypothèse à des
observations quantitatives spécialement recueillies à cette fin. Pour cela, il manipule les
variables étudiées en créant des situations totalement reproductibles.
b) La méthode clinique :
Basée principalement à l’entretien, elle est centrée sur l’étude approfondie des
cas individuels. La convergence des observations effectuées par un même chercheur, la
comparaison des études effectuées par différents chercheurs et leur confrontation avec une
théorie permettent de tester des hypothèses et d’en générer de nouvelles. Cependant, compte
tenu de la singularité de chaque individu, les résultats auxquels elle conduit ne sont pas
strictement reproductibles
c) Les méthodes comparatives
Ces méthodes partagent avec l’expérimentation sur objectif de quantification et de
reproductibilité. Cependant, les variables dont non étudie le rôle existent indépendamment de
l’intervention du chercheur.

II- Les outils dévaluation en psychologie


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Le psychologue dispose d’outils permettant de décrire et de comprendre les conduites
d’un individu ou d’un groupe. Sa formation lui permet de donner un sens à l’ensemble des
données obtenues à l’aide de procédures d’évaluation diverses
L’examen psychologique : suivent le contexte (consultation pour difficultés scolaires
ou psychiques, orientation, embauche, etc…) Le psychologue peut faire l’inventaire des
aptitudes intellectuelles, dans des fonctionnements, des motivations et intérêts, etc. de
l’individu. L’examen psychologique permet d’évaluer son mode de fonctionnement.
Le psychologue utilise un ensemble de techniques : l’entretien clinique, les tests
d’intelligence et de personnalité, les questionnaires d’intérêts et de motivations, l’observation
des réactions du sujet. Il est formé à effectuer la synthèse de l’ensemble des éléments
d’informations obtenus avec ces différentes techniques.
Il est ainsi formé à utiliser ces outils très différents tant au niveau de leur construction
que de leur mise en œuvre. Il choisit en fonction du type d’évaluation, d’utiliser un ou
plusieurs outils parmi les suivants :
a) L’entretien
L’entretien est directif si le psychologue pose, dans un ordre déterminé, des questions
ouvertes à son interlocuteur. L’introduction aux thèmes sur lesquels porte l’échange est régi
pas un canevas rigide et structuré.
Il est non directif si le psychologue se contente d’introduire le thème général de
l’entretien et si l’interviewé est libre d’organiser sa réponse. Dans l’entretien semi directif, il y
a un guide d’entretien, mais l’ordre dans lequel les thèmes sont abordés est libre. Toutefois, si
l’interviewé n’aborde pas un thème, le psychologue le lui propose.
b) Les Tests
Un test est une épreuve standardisée qui permet de comparer le comportement d’un
sujet avec celui d’autres individus, placés dans le même situation. La standardisation est
rigoureuse : les consignes et les épreuves doivent être appliquées de la même manière par tous
les utilisateurs. Ce n’est qu’à cette condition que l’on peut situer la performance du sujet par
rapport à l’échantillon de référence.
On distingue plusieurs types de tests mais tous doivent avoir les mêmes qualités :
-être fidèles (donner le même résultat lors de passations successives)
-sensibles (permettre de bien discriminer les individus)
-et valides (mettre en évidence convenablement ce que le test est supposé d’évaluer)
c) Les Questionnaires ou inventaires
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Ils ont pour but de recueillir des informations relatives aux attitudes, opinions,
motivations, caractéristiques personnelles, connaissances de celui qui y répond.
Le questionnaire/inventaires peuvent comprendre des questions ouvertes (le sujet est
libre d’organiser sa réponse) ou fermées (le sujet doit choisir une réponse parmi celles qui lui
sont proposées).
d) L’observation
L’observation implique de faire l’inventaire du répertoire comportemental, de
construire une grille d’observation déterminant les conduites utiles à observer, leurs règles
d’enregistrement et de codage, et puis d’appliquer la grille à la population étudiée.
L’observation peut être utilisée de deux façons par le psychologue :
- soit, au cours de la réalisation d’un entretien ou d’un test pour donner tout leur sens aux
réponses fournies par le sujet et comprendre selon quelles modalités il établit une relation
avec le psychologue.
- soit, en tant que méthode de recueil des données conduisant à nue description fixe des
conduites du sujet.

Exemples de domaines d’application/utilisation des outils d’évaluation

1. Le Bilan de compétences professionnelles


Le bilan de compétences a pour objectif d’aider l’individu à réfléchir à propos de lui
– même. Il permet d’analyser les compétences professionnelles et personnelles afin de définir
un sujet professionnel et de formation.
Le psychologue aide le sujet à faire le point de ce qu’il sait faire et pourrait faire,
analyse avec celui les représentations qu’il a de lui – même en s’appuyant sur certaines des
données du bilan psychologue.

2. L’évaluation du fonctionnement des groupes


Les travaux de la psychologie sociale donnent au psychologue une grille d’analyse et
d’observation des différents types de comportements des individus dans les groupes, par
exemple
- la sociométrie permet de mettre en évidence les affinités et antipathies ressentis à l’égard
des autres membres du groupe ;

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- l’analyse des différents types de leadership montre leur incidence sur les inter recherches et
le niveau de performance individuelle ou collective.
Grace aux résultats obtenus, il est possible d’optimiser les formes d’organisation des relations
humaines.
3. Les enquêtes.
Les enquêtes permettent d’étudier les attitudes des opinions préjugés et représentations
que tout individu ou groupe d’individus est susceptible d’avoir à propos d’un objet social.
A l’aide de techniques quantitatives (entretiens individuels ou de groupe) et ou quantitatives
(questionnaires, sondage) il est possible d’analyser les évolutions sociales.
A l’heure actuelle se développe, l’étude des représentations sociales, savoirs
socialement élaborés et partagés par des groupes en fonction des normes et valeurs qui leur
sont propres.
L’enquête consiste à comparer des données verbales recueillies par questionnaire ou
entretien auprès de différents groupes d’individus (échantillons), choisis en fonction des
variables retenues par l’étude.
L’analyse de contenu permet de décrire et d’interpréter des matériaux verbaux. Elle
peut ainsi concerner des idées politiques ou des manuels scolaires par exemple.
L’observation analyse des comportements reproduisant dans des conditions spontanées
(observer les rites de séparation sur un) aménagées (observer les intersections mère –enfant
dans une situation créée à cet effet).

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Chapitre IV : la psychologie développementale
Elle étudie le développement et le comportement humain de la naissance à la
vieillesse. Elle s’efforce d’identifier clairement et de décrire en différentes phases les
conduites caractéristiques de la petite enfance, l’enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte et
de la vieillesse Il convient de distinguer les trois domaines que sont la psychologie
développementale, la psychologie de l’enfant et la psychologie génétique.
La psychologie du développement
Elle considère le développement comme l’histoire des changements dans la conduite
d’un individu. Elle a pour objectif l’analyse des mécanismes de ces changements et permet la
réunification des savoirs offerts par la psychologie de l’enfant et la méthode de la psychologie
génétique.
La psychologie de l’enfant
Elle vise à appréhender l’enfant dans sa globalité. Elle se trouve donc au croisement
de différents champs d’étude, du registre social et du psychologique. Elle peut être envisagée
comme une pratique et une théorie.
Une pratique
Sous l’angle d’une pratique, la psychologie de l’enfant a pour objet d’étude l’enfant
dans son milieu, dans ses comportements propres (premier réflexion à la naissance) et dans
ses interactions avec les éléments du monde extérieur (étude des relations mère –enfant). On
parle alors qu’une psychologie appliquée. Elle possède ses méthodes et ses propres outils
comme l’examen psychologique de l’enfant.
Une théorie
Sous l’angle d’une théorie, elle devient la recherche fondamentale sur l’enfant, dont
l’étendue des connaissances tout particulièrement chez le nourrisson est actuellement en
pleine expansion. Cette recherche s’effectue généralement en laboratoire auprès d’enfants
accompagnés de leurs parents ou à travers l’étude de films familiaux à des fin d’analyse
rétrospective (cas des études sur l’autisme, par exemple)
La psychologie génétique
Ce mode d’investigation ne se contente pas de décrire les traits typiques du
comportement à tel âge, mais essaie d’en expliquer la genèse. Il met en évidence le comment
et le pourquoi des modifications successives du comportement au cours de la vie d’un être
humain. La psychologie génétique induit donc un morcellement dans l’appréhension de

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l’enfant, car elle s’applique à différents niveaux : le développement moteur, intellectuel et
affectif.
I- Les caractéristiques de la psychologie du développement
L’étude du développement psychologique concerne les transformations qui affectent
l’être humain de sa conception à sa mort. L’objectif est de décrire et d’expliquer les
modifications améliorations et détériorations des différentes capacités humaines.
Evolution et Involution
Le développement est décrit soit en terme d’évolution, c’est – à – dire de
transformations progressives, soit en terme d’involution, c’est – à – dire des modifications
régressives d’une fonction par exemple, on étudie les progrès de la mémorisation chez
l’enfant et la diminution des performances mnémoniques avec le vieillissement.
Actuellement la psychologie du développement s’intéresse à tous les âges de la vie et
non aux seuls périodes de l’enfance et de l’adolescence, attractives en raison de leurs
transformations rapides et manifestes.
L’enfant avant 6 ans, longtemps décrit comme incompétent à communiquer, est
maintenant considéré comme pouvant établir et maintenir des relations et des interactions non
seulement avec les adultes mais aussi avec ses pairs.
L’étude de l’enfant d’âge scolaire (6-12 ans) et de l’adolescence (12-18 ans) est
tournée vers la socialisation et les difficultés d’insertion sociale et scolaire.
L’entrée dans l’âge adulte, la maturité et le vieillissement sont des périodes qui ont des
modes spécifiques de fonctionnement psychique. Plusieurs crises sont susceptibles
d’apparaître pendant l’âge adulte.
L’allongement de la durée de la vie conduit à distinguer au moins deux grandes
périodes dans le vieillissement, celle marquée par des changements sociaux comme la retraite
et celle où dominent les changements physiques peuvent conduire par exemple à une
diminution de l’autonomie

II – Les aspects du développement humain


a) Le développement sensoriel et moteur
Les modalités sensorielles : vision, audition, toucher, affection et goût permettent à
l’individu de recevoir des informations du monde extérieur : ces sens sont fonctionnels dés la
fin de la vie intra – utérine chez l’individu normal et évolueront sous l’effet de la maturation.

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Le développement moteur permet la maitrise de l’environnement et l’autonomie des
déplacements chez le bébé, les deux aspects essentiels en sont la posture qui permet le
contrôle des positions du corps dans l’espèce et l’acquisition de la marche ainsi que la
préhension des objets avec la main.
b) Le développement cognitif
L’organisation et la structuration des connaissances acquises à propos de
l’environnement sont à mettre en relation avec les caractéristiques des stimuli perçus par
l’individu, les progrès cognitifs procèdent des actions mentales exercées sur eux
c) La construction du sentiment d’identité personnelle
Les étapes successives de la différentiation permettent à l’être humain de se concevoir
comme un individu distinct d’autrui mais ayant cependant certaines ressemblances avec
lui.
Le sentiment d’identité personnelle est formé par les représentations qu’un sujet a de son
individualité. Le sentiment d’identité personnelle dépend de la construction de
l’organisation psychique nécessaire pour passer d’un état de dépendance caractéristique
du nouveau – né à un état d’indépendance propre à l’adulte. Ce passage est fonction des
relations nécessaires avec les membres du groupe familial puis des autres systèmes
relationnels.
d) Le développement social et socialisation
Le développement social concerne tous les modes d’échanges, de relations,
d’interactions avec autrui et les formes de communication qui s’y apportent
On parle de socialisation lorsque le sujet apprend les modes de communication
propres au milieu d’appartenance et les normes et les systèmes de valeurs qui lui permettent le
contrôle et la régulation de ses conduites
III – Les Théories fondatrices
Les grandes théories de la psychologie du développement ont pour objectif de décrire et
d’expliquer l’adaptation de l’être humain à son milieu de vie, physique et social.
a) Les approches globales du développement
A. Gesell a décrit, pour chaque âge, les acquisitions nouvelles que tout enfant réalise, afin
de montrer qu’elles sont mises en œuvre selon un programme génétiquement déterminé et que
la maturation est essentielle au développement.

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H. Wallon a souligné comment le milieu social prend le relais du milieu biologique et
constitue un facteur clé du développement car la construction de la personne se fait par
l’interaction avec autrui.
b) Piaget et la théorie constructiviste de l’intelligence
Cet auteur a montré la spécificité de la pensée de l’enfant à chaque étape de son
développement et comment l’intelligence se construit par les actions exercées par le sujet sur
l’environnement. Il décrit les trois grands stades du développement de l’intelligence chez
l’enfant qui sont les suivants :
 l’intelligence sensorimotrice (de la naissance à 24 mois) : son développement repose
sur un ensemble d’acquisitions et de coordinations rendues possibles grâce au
développement moteur et sensoriel de l’enfant.
 la pensée pré – opératoire et opératoire (de 2 à 11/12 ans) : vers 2 ans, l’enfant
devient capable d’évoquer des objets ou des événements absents au moyen de signes
et de symboles mais sa pensée reste sous l’emprise de la perception qui l’empêche de
coordonner entre elles deux machines successives (pensée intrusive). A partir de 5-6
ans, l’enfant devient capable d’articuler et de coordonner entre elles différentes
représentations et la réversibilité caractérise le stade opératoire.
 la pensée formelle (de 11-12 ans à 14-16 ans) : à partir de cet âge, l’adolescent peut
raisonner sur toutes les hypothèses possibles, indépendamment des données observées
et utilise donc un raisonnement hypothético – déductif.
Selon J. Piaget deux processus sous – tendent cette construction de l’intelligence :
- l’assimilation qui consiste en l’intégration d’éléments nouveaux de connaissance dans
la structure mentale de l’individu ;
- l’accommodation qui est l’activité par laquelle la structure actuelle du sujet se modifie,
en permettant son adaptation à l’environnement.
c) Psychanalyse et développement.
Les successeurs de S. Freud ont observé directement des enfants et ont contribué à
faire évoluer la théorie psychanalytique dans ses perspectives développementales : on doit en
particulier à R .Spitz des travaux relatifs à la relation mère – enfant et aux effets de la
privation des soins maternels.
d) Attachement et développement des liens sociaux.
J. Bowlby, se référant à la psychologie animale, défend la thèse selon laquelle le
besoin de contact social est primaire chez l’être humain. L’évolution ultérieure des relations
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sociales dépend de la manière dont ce besoin a été satisfait et a permis l’établissement d’un
lien privilégié, plus ou moins sécurisant, avec la mère ou son substitut.
e) L’approche psychosociale
L. S. Vygotski montre que tout apprentissage est d’abord réalisé en relation avec
autrui puis se reconstruit au niveau individuel : le langage est un facteur déterminant du
développement cognitif.
Pour J. Bruner le rôle de la culture est fondamental. Il montre la nature et les effets
des interactions adulte – enfant : en particulier les types d’aide que les adultes sont
susceptibles d’apporter à l’enfant en fonction de l’âge.

IV – Comment expliquer le développement humain


Les changements apparaissant aux différents âges de la vie peuvent être expliqués par
les facteurs liés à la maturation, à l’hérédité ou à l’environnement.
a) La maturation, condition nécessaire du développement.
Le développement psychologique est comparable au développement physique dans la
mesure om il s’explique par la maturation de l’organisme et tout particulièrement celle de son
système nerveux central qui permet l’actualisation des potentialités inscrites dans le
patrimoine génétique de chaque individu.
 Pour le développement moteur de l’enfant, l’environnement intervient peu : par
exemple la marche est commandée par la maturation des centres nerveux, sans que
l’exercice n’accélère l’âge d’apparition de ce comportement.
 Pour d’autres conduites, la maturation doit être considérée en tant que condition
nécessaire mais non suffisante du développement, par exemple, en ce qui concerne les
apprentissages cognitifs et linguistiques où sont également sont déterminant les
influences du milieu physique et social.
b) L’être humain est programmé pour apprendre et communiquer.
Le point de vue innéiste met l’accent sur le fait que l’enfant humain naît programmé
pour apprendre des choses particulières de façon particulière. Ainsi toute explication du
développement doit considérer l’état initial d’une capacité qui a atteint un stade fonctionnel
mais qui n’a pas encore été modifiée par les stimulations en provenance de l’environnement.
L’éthologie humaine conçoit tout comportement y compris social comme une forme
d’adaptation de l’organisme à son milieu. Par exemple, il y a chez le nouveau – né des

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conduites préformés qui lui permettent d’établir et de maintenir des liens avec les personnes
de son entourage (pleurs, cris, mimiques, vocalisations)
c) La diversité des influences du milieu
L’enfant peut connaître les objets grâce aux activités perceptives et à l’action qu’il
exerce sur eux. Pour Jean Piaget il y a développement de l’intelligence par l’intermédiaire des
actions que le sujet exerce sur le milieu extérieur.
Les influences sociales sont celles que les personnes qui interagissent avec l’enfant et
qui contribuent activement à sa socialisation en lui fournissant des indications verbales, des
stimulations, des renforcements. Les personnes de l’entourage peuvent être également des
référents, c’est – à – dire des figures d’identification et des modèles à imiter.
Les réalités socio-économiques et culturelles influencent fortement le développement.
La méthode de comparaison des vrais et faux jumeaux permet de mieux comprendre la part
des facteurs héréditaires et des facteurs du milieu.

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Chapitre V : La Psychologie cognitive
La psychologie cognitive étudie les processus mentaux sous jacents à des activités
telles que la perception, l’apprentissage, la mémoire ou le langage. Elle utilise essentiellement
la méthode expérimentale.
Le terme ‘’cognition’’ désigne l’ensemble des activités et des processus qui se
rapportent à l’élaboration et à l’organisation des représentations mentales, ainsi qu’à leur
utilisation et à leur modification.
Ces représentations stockées en mémoire guident le traitement de l’information et
aident à l’action. Certaines d’entre elles sont transitoires, mettant en œuvre des traitements
spécifiques à une tâche. D’autres peuvent s’intégrer dans la mémoire à long terme sous forme
de connaissances, habiletés, croyances ou stéréotypes.
a) La perception
La perception nous permet de construire des représentations du monde environnement.
Elle imprègne des traitements complexes de l’information, du décodage sensoriel à la
formation d’images mentales. Ces images prennent sens à partir des caractéristiques des
stimulations et nos anticipations sur leur contenu.
Le monde qui nous entoure est composé de matière et d’énergie, dont les paramètres
caractéristiques sont la longueur d’onde, l’intensité, etc. Nos organes des sens nous permettent
de recevoir ces stimulations. Les modalités sensorielles nous renseignent sur des aspects
différents de ce monde, selon qu’il s’agit de sens de proximité (le toucher, le goût) ou à
distance (la vue, l’ouïe, l’odorat).
La perception nous permet de recevoir, de traiter puis d’interpréter les informations
physiques pour entrer en relation avec un monde qui doit être cohérent et intelligible. Nous
construisons donc sans nous rendre compte nue représentation mentale des objets qui nous
entourent.
b) La mémoire
La mémoire permet de coder des informations de les organiser, de les stocker et de les
récupérer au besoin. On distingue classiquement une mémoire de travail, temporaire qui
assure un premier traitement et une mémoire à long terme.
c) La mémoire de travail
Le terme « mémoire de travail » remplace actuellement celui de « mémoire à court
terme » pour décrire ce qui permet, par exemple, de mémoriser un numéro de téléphone le
temps d’aller le composer. Il s’agit d’un système qui maintient les informations (stockage
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temporaire à capacité limitée) peuvent qu’un certain travail cognitif s’effectue
compréhension, apprentissage, commande motrice.
Un processeur central commanderait la boucle articulatoire (répétition mentale du
mémoire perplexe) et le traitement des informations visuelles conduisant à une représentation
mentale des objets.
d) La mémoire à long terme
La mémoire déclarative correspond à tout ce qui est explicitement un souvenir, sous
forme verbale ou d’image. On distingue une mémoire épisodique, dans laquelle sont
consignés les événements autobiographiques et leur chronologie est une mémoire
sémantique correspondent au vocabulaire et aux règles linguistiques.
La mémoire non déclarative (ou procédure) concerne toutes les connaissances non
verbales que l’on utilise sans s’en rendre compte. Par exemple, certains patients amnésiques
sont capables d’actions impliquent de toute évidence de la mémoire, puisqu’ils peuvent
améliorer une performance d’une séance à l’autre, sans se souvenir pour autant de la séance
précédente.
e) L’intelligence
Actuellement, on considère que l’intelligence est la capacité à établir des relations, tout sur le
plan cognitif que social, et qu’elle doit être envisagée sur de multiples dimensions. Ainsi on
s’accorde à considérer que l’intelligence est pluridimensionnelle : un seul type de
caractéristique ne suffit pas pour rendre compte de sa diversité.
Ni la logique pure, ni la rapidité, ni l’étendue des savoirs ne constituent des indices
catégoriques. L’intelligence peut être définie comme la fonction d’établissement de relations.
C’est un système de structuration des connaissances, non la somme des connaissances.
Plus la complexité de ce qui est appréhendé augmente, plus le niveau de structuration est
élaboré, plus l’activité mise en œuvre requiert de l’intelligence.
Le terme d’intelligence géométrique a été utilisé pour contester qu’on limite
l’intelligence aux seules aptitudes intellectuelles, codées en bonnes et mauvaises réponses. La
plupart des tests dits d’intelligence mesurant cette capacité à raisonner de façon plus ou
moins abstraite et en dehors de tout contexte situationnel.
Pourtant l’intelligence sociale est tout aussi essentielle : l’intelligence s’exprime
également par l’adéquation des réponses avec les problèmes posés par l’environnement. Or
l’environnement humain est essentiellement social et les relations des hommes avec leurs
congénères impliquent des processus intelligents.
17
f) L’apprentissage
L’acquisition de nouvelles conduites ou connaissances se fait par l’intermédiaire de
mécanismes de conditionnement et d’apprentissage complexes mettant en jeu des
représentations symboliques.
Certains apprentissages sont de nature sociale. Il y a apprentissage lorsque, sous
l’effet d’interactions avec l’environnement, un organisme modifie systématiquement et
durablement sa conduite ou ses connaissances.
Certains de ces apprentissages concernent des conduites élémentaires, entièrement
sous la dépendance de stimuli présents dans l’environnement. D’autres concernent des
conduites complexes mettant en jeu la signification que l’individu attribue aux stimuli et qui
guide sa réponse.
g) Le langage
Les études en psycholinguistique décrivent les étapes de la perception et de la
production du langage, qu’il soit oral ou écrit. On commence à mettre en évidence les
mécanismes mentaux complexes impliqués dans la compréhension d’un énoncé.
La psycholinguiste, branche de la psychologie, étudie le sujet qui parle, écrit,
écoute ou lit pour comprendre les processus cognitifs sous – jacents à ces activités à la
différence des linguistes qui étudie la langue en elle-même et par elle-même. Les langues
sont des systèmes de signes vivants avec une histoire et une évolution. Le langage est la
fonction d’expression de la pensée, qui permet à tout homme de communiquer à l’aide de
signes particuliers, oraux ou graphiques.
Le langage sert à communiquer des affections, à modifier le comportement d’autrui
(ordres, demandes), à décrire une situation ou à argumenter des points de vue. On étudie
indépendamment ce qui sous entend le langage écrit et oral, ainsi que la perception (entendre)
et la production (parler). L’acquisition du langage fait également l’objet d’un grand
nombre de recherches.

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Chapitre VI- LA PSYCHOPATHOLOGIE

Elle correspond à l’étude des maladies mentales et des troubles et


dysfonctionnements de la personnalité avec des visées diagnostiques et thérapeutiques.
Les anciennes classifications psychiatriques ont évolué et il existe actuellement des approches
très différentes selon les conceptions de l’origine des troubles et de l’organisation
psychique. On ne décrit plus comme auparavant des « maladies mentales » bien distinguées,
séparant nettement les « fous » des autres.

La classification psychiatrique traditionnelle distingue :

- les névroses caractérisées par une souffrance psychique témoignant de conflits


internes et par des symptômes invalidants, sans rupture avec la réalité ;
- les psychoses dans lesquelles on relève des troubles majeurs de l’identité et une
altération du contact avec la réalité ;
- les personnalités pathologiques, dont certains comportements s’écartent de la norme
socialement admise.

La théorie psychanalytique décrit :

la structure névrotique, centrée sur une organisation autour du conflit œdipien, des
mécanismes de défense de type refoulement et un respect de la réalité ;

la structure psychotique caractérisée par une organisation plus archaïque et des


aménagements de la réalité.

Chaque individu s’organise selon l’une ou l’autre, sans être malade pour autant.
S’il l’est, sa pathologie suivra les lignes correspondant à sa structure.

Les psychopathologies elles-mêmes évoluent parallèlement aux modifications


sociales, culturelles et éducatives. Par exemple, la très classique hystérie de conversion, si
fréquente en Europe à la fin du XIX-em siècle, devient de plus en plus rare avec la libération
des conduites sexuelles.

Des psychopathologies spécifiques de certaines cultures témoignent de l’interaction


existant entre les aspects individuels et sociaux. L’effet des uns sur les autres est très
probablement réciproque, ce qui empêche de mettre en évidence une cause simple

1. Les troubles de l’anxiété


L’angoisse est une sensation douloureuse de peur diffuse, sans objet précis. Des
manifestations passagères d’angoisse sont le lot de tout un chacun, et correspondent à des
réactions plus ou moins adéquates aux difficultés de la vie.

L’angoisse s’accompagne fréquemment de manifestations somatiques telles que


palpitations, gêne respiratoire, boule dans la gorge, creux à l’estomac et parfois même de
sueurs, tremblements, troubles urinaires ou digestifs.

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Une angoisse est considérée comme pathologique lorsqu’elle conduit à des restrictions
trop importantes dans la vie de tous les jours (aspect quantitatif), lorsque le vécu douloureux
devient insupportable, ou lorsque l’état d’angoisse se chronicise. La subjectivité de la
frontière entre normal et pathologique rend l’appréciation difficile, du fait d’une tolérance à
son égard très variable d’un individu à l’autre.

L’angoisse est un signal d’alarme témoignant d’un conflit interne ou avec le monde
extérieur, une réponse à une situation vécue comme dangereuse. Des manifestations
d’angoisse sont présentes dans toutes les pathologies mentales, à divers degrés. On décrit
des angoisses névrotiques (angoisses organisées et associées à des symptômes structurés
autour d’un fonctionnement névrotique), et

des angoisses psychotiques (angoisses déstructurées, envahissantes, instables et débordant


complètement le sujet).

2. Les troubles de l’humeur

Les troubles de l’humeur se manifestent soit sur un versant dépressif, soit sur un
versant maniaque. Ils peuvent être consécutifs à des évènements traumatiques réels ou
s’intégrer dans une pathologie névrotique ou psychotique.

 Les états dépressifs


On parle d’état dépressifs lorsque l’on observe un ou plusieurs des symptômes
suivant : une humeur dépressive, caractérisée par une tonalité affective négative et
pessimiste ; une perte de l’élan vital, marquée par un désintérêt progressif ; une
baisse des capacités intellectuelles, de l’attention et de la mémoire ; des sentiments de
culpabilité, des idées de morts ou de suicide ; des troubles du sommeil (insomnies ou
hypersomnies) et de l’alimentation (anorexie ou boulimie).

Ces symptômes peuvent être présents dans beaucoup de pathologies mentales, avec
des retentissements variables :

Les névroses peuvent contenir des éléments dépressifs, parfois au premier plan, avec
un sentiment de n’être pas à la hauteur, de ne pas se sentir digne d’être aimé, une
autodépréciation.

Les psychoses peuvent également contenir des éléments dépressifs. Un facteur réel,
parfois important, parfois anodin, peut aussi déclencher un mouvement régressif de repli
complet sur soi. Des thèmes délirants d’autoaccusation, de honte peuvent apparaître.

On rencontre également des états dépressifs réactionnels, à la suite d’un


traumatisme réel (deuil, accident, etc.). Ils sont caractérisés par leur aspect transitoire
(même s’ils peuvent parfois durer plusieurs mois). Ce moment est nécessaire pour
élaborer la perte ou le choc, et correspond à une période de reconstruction.

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 Les états maniaques
A l’autre extrémité, on parle d’ « états maniaques » quand on peut relever une
exaltation de l’humeur, une excitation psychique et motrice ; une hyperactivité
débordante, incessante et décousue, une multiplication de passages à l’acte (achats
inconsidérés, agitation, projets insensés, etc.) ; une fuite des idées, une logorrhée
(discours fleuve), des coq-à-l’âne, une distractibilité ; une augmentation de l’estime
de soi et des idées de grandeur ; une diminution du besoin de dormir, voire des
insomnies totales pendant plusieurs jours sans impressions de fatigue.

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LA PSYCHANALYSE FREUDIENNE

A la suite de S. Freud, la psychanalyse s’est développée dans le monde entier. Elle


constitue aujourd’hui à la fois un modèle théorique et un procédé thérapeutique. Pour la
définir, Freud écrit en 1922 : « La psychanalyse est le nom : 1° d’un procédé pour
l’investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles autrement ; 2° d’une
méthode fondée sur cette investigation pour le traitement de désordres névrotiques ; 3°
d’une série de conceptions psychologiques acquises par ce moyen et qui s’accroissent
ensemble pour former une nouvelle discipline scientifique ».

1. La métapsychologie freudienne

Freud a successivement élaboré différents modèles théoriques du fonctionnement


psychique dont l’ensemble constitue la métapsychologie, qui intègre, selon l’angle
considéré, les points de vue topique, dynamique et économique.

 Point de vue topique : le mot « topique » renvoie à une description de type


géographique (de topos, « lieu », en grec) de l’appareil psychique. Cette
représentation spatiale permet de différencier des systèmes ayant des fonctions
propres et des positions particulières les unes par rapport aux autres.
Freud a successivement élaboré deux topiques, la première (1900) supposant
trois systèmes psychiques (inconscient, préconscient et conscient), et la
deuxième (1920) postulant trois instances (ça, moi, et surmoi). Ces deux
modèles ne s’excluent pas mais se complètent mutuellement : en effet, la
référence à l’inconscient a toujours été centrale chez Freud, même après
l’élaboration de la deuxième topique.
 Point de vue dynamique : l’appareil psychique est composé de forces, les
pulsions, qui entrent en conflit les unes avec les autres. Des représentations
inconscientes vont lutter contre le refoulement, et arriveront donc à la
conscience sous forme modifiée, acceptable par la censure et correspondant à
des compromis. C’est ce qui se produit dans les rêves, dont on peut traduire le
contenu en remontant aux sources des modifications.
Les pulsions ont été considérées dans une perspective dualiste par Freud,
qui a d’abord opposé pulsion sexuelle et pulsion d’autoconservation, puis
pulsion de vie et pulsion de mort. Les pulsions ont leur source dans le corps
et exercent une poussée pour atteindre leur but par l’intermédiaire d’un objet
sur lequel elles se fixent. Cet objet peut être une personne ou un objet
partiel, réel ou fantasmatique.

 Point de vue économique : pour Freud, le fonctionnement psychique utilise


de l’énergie, dont il a étudié l’aspect quantitatif. Cette énergie est
normalement mobile et peut se déplacer au gré des investissements. Elle
peut au contraire être mobilisée, par exemple, par un mécanisme de défense
trop rigide ou inadapté. La source de l’énergie est interne (pulsions) ou
externe (provenant d’excitation du monde extérieur).
L’énergie peut être directement évacué vers l’extérieur, par une activité de
décharge comme un comportement impulsif par exemple (processus

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primaires). Lorsqu’il y a une médiatisation par des représentations, dans le
cas d’activité de pensée, par exemple, l’énergie est liée à ces représentations
(processus secondaires).

2. Les stades infantiles d’organisation de la libido

D’abord mis en évidence au travers de cures psychanalytiques d’adultes, les stades


d’organisation de la libido (stade oral, stade anal,, stade phallique) ont été ensuite
observés dans le développement de l’enfant. Ces stades constituent les étapes de
l’organisation progressive du psychisme.

Pour la psychanalyse, la sexualité est présente dès l’enfance et se transforme


progressivement par la maturation et les modifications des relations aux autres.

La libido est pour Freud l’énergie correspondant aux pulsions « qui ont à faire avec
tout ce que l’on peut comprendre sous le terme d’amour ( ….) C’est la manifestation
dynamique dans la vie psychique de la pulsion sexuelle ». Elle est donc à la base de tout
mouvement psychique qui va dans le sens de la vie, dépassant largement ce qui
concerne la sexualité génitale.

Le développement libidinal de l’enfant est caractérisé par une succession de stades,


chacun définis par la localisation de la zone érogène prévalente (endroit du corps plus
sensible aux excitations), et par un mode de relation aux autres.

 Stade oral : chez le nourrisson, la bouche est investie comme zone érogène,
lieu du plaisir procuré par la satisfaction des besoins alimentaires. La relation à
la mère s’organise autour de manger/être mangé, dans une dimension
primitive d’incorporation.
 Stade sadique anal : la possibilité de maîtriser ses sphincters et les activités de
rétention/expulsion amène au déplacement de la zone érogène prévalente vers
l’anus. La relation à la mère va s’organiser autour du jeu de donner/retenir ses
excréments, amenant une signification symbolique de ce « cadeau ».
 Stade phallique : la zone érogène prévalente se déplace vers les zones
génitales (activités masturbatoires). C’est également le moment de la
reconnaissance de la différence des sexes, sur le mode de « j’en ai un/je n’en
ai pas ». Le phallus représente le pénis, pour le garçon comme pour la fille,
dans une dimension symbolique beaucoup plus large que l’organe anatomique
lui-même. Survient alors le complexe d’Œdipe, qui se traduit
schématiquement par l’amour du parent de sexe opposé la haine du parent de
même sexe considéré comme rival.
Après le complexe d’Œdipe, l’enfant entre en période de latence, qui correspond
à la scolarité primaire. Une partie de l’énergie libidinale, désexualisée, se déplace vers
la curiosité intellectuelle et vers les autres enfants (amitiés).

A la puberté, correspondant à une maturité sexuelle physiologique, émergent des


pulsions génitales. L’adolescence provoque la réactivation du conflit œdipien, qui se
traduit souvent par une période d’hostilité et d’opposition aux parents.

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L’organisation génitale adulte se construit au décours de l’adolescence, par le
déplacement de l’investissement libidinal le plus souvent vers un partenaire de sexe
opposé et de même génération, et l’acceptation de la possibilité de maternité/paternité.

3. Les mécanismes de défense

La notion de mécanisme de défense a été élaborée dans la théorie psychanalytique


pour décrire l’activité du moi qui tente de résoudre les conflits qui l’opposent aux pulsions. Le
concept a été introduit par Feud (1894) pour définir les activités protectrices mises en œuvre
pour se protéger d’affects déplaisants consécutifs à des excitations. Les mécanismes de
défense protègent également contre tout ce qui peut engendrer de l’angoisse, que ce soit
d’origine interne ou externe.

Anna Freud et tous les tenant de l’ego psychology ont insisté sur la fonction adaptative
des mécanismes de défense : ils permettent au moi, qui les met en œuvre, de concilier les
poussées pulsionnelles et les exigences du monde extérieur.

 Le refoulement : va maintenir ou repousser dans l’inconscient des représentations


inacceptables par le moi.
 La formation réactionnelle : induit une attitude opposée au désir inconscient. Par
exemple, certaines personnes développent une tendance marquée à l’ordre par réaction
à un désir anal de se complaire dans le désordre.
 La projection de désirs ou de sentiments inconscients que le sujet refuse de
reconnaître en lui, et qu’il attribut à autrui. Par exemple, le sentiment d’être agressé
peut correspondre à un désir, refoulé car inacceptable, d’être l’agresseur.
 La sublimation : permet l’utilisation d’énergie sexuelle (libido) à des fins non
sexuelles valorisées, comme les activités intellectuelle, artistiques ou spirituelles.

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Références bibliographiques : quelques œuvres psychologiques

1) Histoire de la psychologie, Maurice Reuchlin, Que sais-je ?


2) Les théories psychanalytiques du groupe, René Kaës…..
3) La Psycho – Technique, Guy Palmade
4) La Guerre Psychologique, Maurice Mégret
5) Les critiques de la psychanalyse, Renée Bouveresse – Quilliot et Roland Quilliot
6) La psychologie sociale, Jean Maisonneuve
7) La psychologie du langage, Michel Mascata et Jacques Wittwer
8) Les méthodes en psychologie, Maurice Reuchlin
9) La psychologie expérimentale, Paul Fraise
10) La psychopathologie expérimentale, Henri Baruk
11) La psychiatrie de l’enfant, Didier –J. Duché
12) La psycho – physiologie humaine, Jean Delay
13) Les méthodes quantitatives en psychologie, Paris, Pu7, 1962, 2 e édition, 1975,
méthodes d’analyse factorielle à l’usage des psychologues, Paris, Pu7
14) La psychologie différentielle, Paris, Pu7, 1969, 8em éd, 2001
15) Psychologie, Paris, Pu7, 1977, 15e éd, 2002.
16) De Maurice Reuchlin. (13à15 sont du même auteur)

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