Rap CS2011 MP
Rap CS2011 MP
Filière
.
MP
2011
Table des matières
Avant-propos iii
Chiffres généraux vi
Rédaction 1–12
Mathématiques 1 1–17
Mathématiques 2 1–19
Physique 1–21
Informatique 1–33
Allemand 1–36
Anglais 1–40
Chinois 1–45
Espagnol 1–47
Italien 1–49
Portugais 1–51
Russe 1–54
Mathématiques 1 2–17
Mathématiques 2 2–21
Physique 2–29
Chimie 2–35
Allemand 2–45
Anglais 2–47
Arabe 2–51
Chinois 2–53
Espagnol 2–56
Italien 2–58
Portugais 2–59
Russe 2–61
Avant-propos
La session 2011 du concours Centrale-Supélec a connu une certaine stabilité quant au nombre de
candidats. Plus de 12 000 ont composé à l’écrit et plus de 5 000 ont été retenus pour participer aux
épreuves d’admission. Je tiens à remercier l’équipe du secrétariat du concours et l’ensemble des
superviseurs, des auteurs et des testeurs des sujets des différentes épreuves pour leur engagement
pour le concours Centrale-Supélec.
Malheureusement, malgré toutes les précautions prises, nous avons été contraints de reprogrammer
l’épreuve de Physique-Chimie dans la filière MP car les pages 4 et 5 n’étaient pas imprimées dans
quelques sujets. Cela a entrainé d’importantes perturbations dans un centre de composition qui ont
rompu l’égalité de traitement des candidats. Nous allons renforcer nos procédures afin de réduire
les risques que de telles erreurs se reproduisent et d’améliorer la gestion des incidents, toujours
possibles, lors d’épreuves écrites nationales réparties sur plus de quarante centres.
Malgré les multiples relectures, quelques coquilles, heureusement sans conséquence, n’ont pas été
détectées dans certains sujets. Je le regrette sincèrement et demanderai pour la session 2012 encore
plus de vigilance aux superviseurs des épreuves et aux auteurs et testeurs de sujets.
Nous avons innové cette année en publiant, dès la rentrée scolaire 2011, le rapport des épreuves
d’admissibilité de la session 2011. Cette initiative sera renouvelée dans la mesure où elle donne
satisfaction aux professeurs de CPGE.
Les épreuves d’admission se sont déroulées conformément à ce qui était attendu malgré une or-
ganisation qui devient de plus en plus complexe. Consigne est donnée au secrétariat afin que les
candidats « pluri admissibles » puissent passer leurs différents oraux dans de bonnes conditions.
Ce rapport a surtout pour objectifs de préciser les attentes du jury qui sont en fait celles des écoles
qui recrutent sur ce concours. La formation des ingénieurs doit prendre en compte la complexité de
notre environnement qui évolue de manière exponentielle. Le raisonnement « les CPGE permettent
d’implanter le système d’exploitation et les écoles installent les logiciels » n’est plus du tout d’ac-
tualité, et le dispositif CPGE–GE est de moins en moins découplé, d’autant plus que le nombre
de places (14 647) offerts aux filières MP, PC, PSI, PT et TSI n’est toujours pas complètement
pourvu (12 711 entrants) malgré la bonne tenue des effectifs en CPGE.
Ce constat nous conduit à faire évoluer les épreuves afin de mettre l’accent sur la capacité à
mobiliser des connaissances pour résoudre un problème contextualisé et moins sur l’évaluation de
savoirs académiques. Cette évolution inexorable va se poursuivre de manière progressive aussi bien
pour les épreuves d’admissibilité que pour celles d’admission. Il n’est pas interdit en effet de penser
que les épreuves d’admission puissent faire l’objet de réflexions aussi bien sur leur fond, leur forme
que leur nombre. Nous sommes en 2011 et la formation des ingénieurs doit évoluer en fonction de
l’évolution de leurs futures fonctions. Nous serons bien obligés de nous interroger sur la pertinence
de prendre en compte dans nos épreuves tous les outils qui sont à la disposition des ingénieurs
d’aujourd’hui.
C’est dans cet esprit que l’épreuve d’admissibilité de langue vivante va subir une évolution im-
portante lors de la session 2012. L’épreuve écrite, en vigueur jusqu’en 2011 au concours Centrale-
Supélec, a été définie il y a plus de 30 ans. À cette époque, les qualités linguistiques attendues d’un
ingénieur étaient d’une part qu’il puisse comprendre et traduire en français, pour ses équipes, une
documentation en provenance d’un fournisseur étranger, et d’autre part qu’il puisse présenter à
des partenaires étrangers, dans leur langue, un produit de son entreprise. Ce cahier des charges a
conduit à la mise en place de l’épreuve actuelle composée d’une version et d’un thème résumé. L’ac-
célération des échanges, la mondialisation et l’apparition d’entreprises réellement internationales
ont radicalement changé le contexte. De nos jours l’ingénieur doit être capable de communiquer
avec des correspondants de diverses origines et de travailler dans une langue qui n’est pas forcément
sa langue maternelle. Cela demande, d’une part, un certain nombre d’aptitudes qui ne sont pas
facilement détectées par l’épreuve actuelle, et rend, d’autre part, difficilement justifiable la réfé-
rence au français qui pour une bonne part transforme l’épreuve de langue vivante en une épreuve
de français. L’évolution de cette épreuve a été largement présentée et expliquée aux professeurs de
CPGE.
Le concours TSI va subir aussi une légère évolution avec la suppression de l’épreuve écrite de
Chimie et un alignement des coefficients (sans modification de l’équilibre entre disciplines). Mais
cette discipline sera évaluée dans une épreuve mixte Physique-Chimie, comme dans les filières MP
et PSI.
Cet avant-propos ne saurait occulter la polémique née après quelques propos publiés sur les réseaux
sociaux et relatifs aux notes obtenues par certains candidats lors de l’épreuve de Rédaction.
Nous avons répondu à tous les courriers clairement identifiés et dûment signés mais bien évidem-
ment ni aux informations ni à la lettre ouverte signées Les membres fondateurs du groupe Facebook
« Société de dénonciation de l’absurdité des notes de français à Centrale ». Le plus surprenant est
que certains organes de presse aient pu reprendre, sans aucune vérification, ces propos et affirma-
tions, pour ne pas dire diffamations.
Si les candidats devaient obtenir les mêmes notes à tous les concours, nous devrions être en droit
de nous interroger sur la pertinence d’organiser plusieurs concours, et ce dans un calendrier de
plus en plus contraint. Si les candidats devaient obtenir les mêmes notes qu’au cours de l’année
scolaire, il faudrait alors s’interroger sur l’opportunité d’organiser des concours.
Comparer des notes obtenues à un instant donné avec celles obtenues au cours de l’année, et qui
relèvent de l’évaluation formative, n’a pas beaucoup de sens, pour ne pas dire aucun sens.
Il n’est pas anormal d’imaginer que les notes puissent être différentes selon les concours dans la
mesure où ce ne sont peut-être pas les mêmes compétences qui sont évaluées. L’évaluation dans
l’épreuve de Rédaction au concours Centrale-Supélec est effectuée en respectant des critères précis
qui ont été établis afin de répondre aux demandes des directeurs des écoles qui recrutent sur ce
concours. C’est effectivement l’aval qui pilote l’amont. Ces critères n’ont rien de mystérieux, ils
sont explicités chaque année dans le rapport de jury. Pour résumer, au-delà d’une orthographe
correcte et d’un style intelligible, il est demandé aux candidats de reformuler les idées forces et le
discours argumentatif du texte à résumer puis de s’appuyer sur ce texte pour en analyser un extrait
à la lumière des œuvres du programme. En particulier, les rapports de jury successifs ne cessent
d’alerter les candidats sur le risque qu’ils encourent à plaquer un discours tout préparé sur le sujet
proposé, discours qui est rarement en rapport direct avec le sujet. Ce genre de copie, malgré une
orthographe et une expression française correctes, peut se voir gratifier d’une note extrêmement
basse. Il est important de signaler qu’à ce jour le format de l’épreuve n’est pas remis en cause par
les directeurs des écoles qui recrutent sur ce concours.
Il n’est pas anormal d’imaginer aussi que les notes puissent être différentes selon les concours
puisque la plage retenue n’est pas toujours la même. Au concours Centrale-Supélec, nous utilisons
toute la plage de 0 à 20, et une note, puisqu’elle s’appelle ainsi, correspond à une performance
relative par rapport à celles des autres candidats le jour de l’épreuve et non à la valeur intrinsèque
du candidat. Les notes très faibles ou très élevées ne désignent pas, en absolu, respectivement des
copies indigentes ou parfaites. Cela étant, il faut bien reconnaître que dans le cadre de la mobilité
européenne avec les crédits ECTS, l’affichage des notes mérite une réflexion de notre part.
Il nous semble donc important que tous ces éléments soient expliqués aux candidats, et nous
comptons sur les professeurs de CPGE pour le faire.
Pour conclure, j’espère que ce rapport sera très utile aux élèves de CPGE et à leurs professeurs.
Norbert Perrot
Président du jury
Chiffres généraux
Nombre de candidats par concours
Inscrits Adm. Classés Appelés Entrés
Centrale Lille 3426 947 858 849 80
IOGS étranger 96 30 28 28 —
Épreuves écrites
Filière MP
Épreuves écrites
Rédaction 1–12
Mathématiques 1 1–17
Mathématiques 2 1–19
Physique 1–21
Informatique 1–33
Allemand 1–36
Anglais 1–40
Chinois 1–45
Espagnol 1–47
Italien 1–49
Portugais 1–51
Russe 1–54
M moyenne
ET écart-type
Q1 premier quartile
Q2 médiane
Q3 troisième quartile
EI écart interquartile
Les histogrammes suivants donnent la répartition des notes des candidats présents. Chaque barre
verticale (sauf la première et la dernière), regroupe les copies ayant obtenu des notes dans un
intervalle d’un point. Ainsi la barre centrée sur 10 regroupe les notes > 9,5 et < 10,5. Les traits
continus (rouge) matérialisent les quartiles et le trait pointillé (bleu), la moyenne.
Mathématiques 1
587
519 512
493
384
375
315
267
219
178
149
140
112
71 70
54 50
33 39
26
16
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Mathématiques 2
567
519
473
448
409 406
307
236
223
212
150
122
109
83
65 63
46
34
26 19 24
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Physique
541
449
416 422
407
360
339
279
242
230
195
173
147
108
88
60 59
41
18 14 12
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Physique-Chimie
453
432
401
395
389
366
332
299
264
198 194
142
135
115
76
51 56
46
34 34
24
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Épreuve à option
466
454
420
384 383
355
334
289 292
245
187
178
136
103
95
68
57
36 38
17 22
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Informatique
145
132 132
123
113
111
101
89
87
71 70
50
42
38
25
17 18
13 13
6 5
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
S2I
334
322
273 275
270
232 233
202 203
174
128
117
94
70
65
51
39
23 25
17
11
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Rédaction
463
446
432 428
392
386
284
273
252
214
197 198
147
98
90
66
52
41 39
30 31
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Langue vivante
419 417
404 403
381
337
315
297
254 258
234
180
167
152
97
70 66
36 31
12 10
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Allemand
36
34
32
30
28
25
24
22
21
16 16
15
11
10
6 6 6
5
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Anglais
358
342 345
340
317
278 278
238
221 220
186
153
139
124
79
57
52
23 27
12 10
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Arabe
31
30 30
29
26
21 21
19
14
12 12
11 11
7 7
6 6
1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Chinois
5 5 5
4 4 4
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Espagnol
4 4 4
3 3 3 3
2 2
1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Italien
1 1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Portugais
1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Russe
2 2 2 2
1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Rédaction
La session 2011 s’est déroulée sans incident matériel. Le nombre des copies lacunaires et faibles, celui
des copies illisibles de fond comme de forme, ou présentées de façon irrecevable, est en diminution
significative. Le volume des copies inachevées aussi : ce constat est à mettre en relation avec la
réduction récente de 1500 à 1200 mots du texte à résumer. Quant aux nouvelles consignes du résumé
(« Distinguer chaque tranche de 50 mots par une barre verticale bien nette »), leur modification a
apporté plus de clarté, et sans doute fait gagner du temps aux candidats.
Le sujet 2011
Le sujet de cette année, conforme à la tradition du concours, portait sur un extrait de La Sagesse de
l’amour, ouvrage d’Alain Finkielkraut publié en 1984. L’auteur y traitait d’une question centrale
dans l’étude du programme 2010-2011 : quelle est l’origine du Mal ? La thèse développée, cepen-
dant, paraissait assez originale pour permettre d’évaluer aussi finement que possible les qualités des
candidats. Finkielkraut, s’inspirant des écrits du philosophe Emmanuel Lévinas, voit dans l’amour
du prochain un sentiment que la seule présence de l’Autre impose à mon moi, incapable de rester
indifférent à ce qu’elle sollicite : mon renoncement à une existence autonome, seulement soucieuse
d’elle-même, la prise en compte d’autrui et de ses intérêts au détriment des miens, l’acceptation
de cette responsabilité que je n’ai pas voulue et à laquelle je ne peux me dérober sans me sentir
coupable. Quand je me révolte contre cette dépossession de moi-même et dès que, regrettant la
quiétude égoïste de ma liberté primitive, je songe à la retrouver, le Mal, qui n’habitait pas ma
nature, peut naitre. L’amour d’autrui n’est donc pas réaction morale contre un Mal originel, mais
préalable nécessaire à l’apparition du Mal, quand je commence à refuser le fardeau imposé par
l’altruisme.
Le résumé
Le texte proposé cette année n’a que rarement pris de court les étudiants. Tout candidat sérieux
correctement préparé, ayant lu attentivement les œuvres au programme, pouvait en effet repérer
− la lecture rigoureuse mais rapide d’un texte d’idées écrit dans une langue précise, savante
parfois, mais toujours claire ;
− bref un excellent entrainement aux qualités requises quotidiennement par l’exercice du métier
d’ingénieur, précision, rapidité, rigueur, sureté dans le choix et la restitution de l’infor-
mation.
L’opinion à analyser puis synthétiser recélait suffisamment de nuances pour que le résumé pût
jouer pleinement son rôle discriminant. Les difficultés susceptibles de départager les candidats
étaient ici la progression linéaire du texte intégrant, derrière d’apparentes répétitions, des nuances
fines, la rareté relative de connecteurs et de mots indiquant les liaisons logiques, obligeant à expli-
citer sans les éluder ces enchainements, l’allusion à certains courants de pensée et la redéfinition
d’une notion biblique, qu’on ne pouvait bien comprendre sans posséder la culture minimale norma-
lement acquise au terme de deux ou trois années de CPGE, l’abondance de termes de sens voisin,
invitant à une reformulation plus synthétique et supposant un certain bagage lexical.
− les contresens, on en relève quatre principaux. L’« amour du prochain » était clairement à
prendre ici au sens objectif, non subjectif : on l’a au contraire entendu comme une passion
éprouvée par autrui et imposée au sujet, qui réagit contre cette « agression ». La séquence qui
clôt le premier paragraphe et s’achève ainsi « . . . de cet indésirable : le prochain ; d’où, en un mot,
le Mal. », a été interprétée de manière inattendue : « Le prochain incarne le Mal ». La formule
« cette réponse est tautologique : l’homme est violent parce que ses passions sont violentes »,
n’a pas été comprise elle non plus : au lieu de lire dans la seconde proposition une apposition
à « cette réponse », on y a vu un argument contredisant la première, et on en a attribué la
paternité à Finkielkraut. Enfin le début du dernier paragraphe, « la donnée primordiale du
rapport de l’homme avec l’autre homme n’est pas l’hostilité mais l’alliance », a été entendu
comme un impératif social catégorique et une leçon de vie collective : « l’homme devrait choisir
l’alliance plutôt que la violence ». De telles bévues font voir une expérience très insuffisante des
textes, et signalent des candidats qui ne lisent pas assez de pages argumentatives ;
− l’évitement des notions délicates comme l’affirmation dérangeante qui ouvrait le texte en suggé-
rant que l’homme n’aime pas son prochain naturellement, la notion laïcisée d’élection, la notion
d’« appel » judiciaire contre l’oppression de l’autre, le courant de pensée réaliste ;
− la répétition, dans les deux derniers paragraphes, d’éléments déjà reformulés précédemment, au
détriment de ceux qui affinent la thèse ;
− la mise à plat paratactique du texte et/ou le montage de citations, inadmissibles pour rendre
compte d’une page dont la progression argumentative révélait peu de surprises, ainsi que l’ab-
sence de liaisons claires et logiques ;
− l’usage redondant et ambigu de termes génériques qui voisinent mal dans un contexte appelant
la précision, et l’absence d’effort minimal dans la reformulation lexicale du texte ;
− et bien sûr les erreurs dans le décompte des mots, elles ont été moins nombreuses que d’habitude,
comme si la majorité des candidats avait compris que le total de mots est effectivement vérifié
pour chaque copie.
Le nombre de bons, voire d’excellents résumés, réduisant fermement le texte en quelques para-
graphes solidement reliés, et restituant la pensée de l’auteur de façon synthétique et précise dans
le respect de ses nuances, est significatif : l’épreuve était adaptée à son objectif.
La dissertation
Mais il semble aussi que beaucoup de candidats, faute de lire les rapports qui chaque année rappellent
les exigences du jury de Centrale-Supélec, se méprennent sur l’esprit de cette épreuve, et continuent
à traiter résumé et dissertation comme deux épreuves à part. C’est ainsi que dans trop de copies,
après un bon résumé, la dissertation trahit ce premier élan : au lieu d’une réflexion déjà nourrie des
concepts découverts et maitrisés dans le texte, on préfère développer un discours préconçu, énième
version d’un devoir déjà fait ou régurgitation mécanique d’un cours. Peu importent l’énoncé, les
termes exacts à considérer, le problème à résoudre. Or s’il est une conception de la disserta-
tion qui est refusée avec force dans ce concours, c’est celle qui en fait une promenade
littéraire parmi les œuvres au programme, au besoin prolongée de bifurcations et de
crochets divers dans les à-côtés du corpus. Il est probable que beaucoup de déconve-
nues, parfois même (disons-le tout net) de discordances avec les notes obtenues dans
d’autres concours, tiennent à la méconnaissance de cette consigne essentielle pour le
concours Centrale-Supélec : les connaissances acquises pendant l’année en français-
philosophie sont à instrumentaliser au service du problème posé, non à restituer à
l’occasion de celui-ci.
− Premier défaut : rares sont les candidats qui interrogent les termes-clés de la formule pro-
posée, et comprennent qu’il faut y voir autant de variables à paramétrer et à tester,
avant de pouvoir apprécier la validité d’un jugement. Trop partent de l’idée que le sens des mots
est clair, en tout cas univoque. Or dans le cas présent le mot « nature » n’était pas dépourvu
d’ambigüité : désignait-il une constitution « en l’homme » antérieure à l’entrée en société, et
prenait-il valeur pour l’espèce entière, comme dans la réflexion rousseauiste, ou renvoyait-il au
− Deuxième point d’achoppement : les exemples devraient servir non de vignettes déco-
ratives ou de références elliptiques, expédiées en quelques mots ou quelques lignes, mais de
preuves, indispensables à un exercice de démonstration. Ils devraient renvoyer à des pages
précises, non à des souvenirs de lecture, parfois même de cours. Mieux, ils devraient
éclairer cette page à la lumière de la notion étudiée, en tout cas manifester une réelle ap-
propriation des œuvres. C’est l’esprit même de l’épreuve : les œuvres s’éclairent de la
formule étudiée, et en retour la valident. En revanche le jury attend que l’on s’en tienne
aux œuvres du programme, et l’accumulation des références annexes ne saurait ici masquer ni
compenser l’indigence de l’argumentation.
Encore de telles erreurs affectent-elles la meilleure part des copies. Dans l’autre, le sujet n’est que
prétexte, vite expédié en introduction, à resservir une série de questions de cours : nombre de déve-
loppements se contentent ainsi de présenter la nature humaine comme bonne, puis mauvaise, pour
ensuite décliner un thème favori, tel le rôle de la liberté, ou de la volonté, ou de la responsabilité
individuelle dans le choix moral. Trop de copies ne se donnent même pas la peine de revenir en
conclusion au jugement de Finkielkraut, ni d’en dire le degré de validité par rapport aux trois
œuvres. Quant aux copies les plus mal notées techniquement, ce sont souvent celles qui montrent
aussi la connaissance la plus imparfaite des textes : la pensée de Rousseau est fréquemment cari-
caturée et trahie. On lui prête la préconisation du retour à l’état sauvage, l’imputation à la société
de toutes les formes de mal, le refus du lien social, pire, l’aspiration à retourner non pas vers une
forme première de souveraineté autarcique, mais vers l’animalité pure. Quant à la figure centrale
du roman de Giono, qui incarne toutes les formes du mal, elle est qualifiée de sainte, sans doute un
thème d’emprunt : le nombre de copies reflétant ainsi une approche des œuvres de seconde
main demeure beaucoup trop élevé, signalé notamment par certaines orthographes sous influence,
« Mac Beth » et autres « Mc Beth ».
Le maniement aisé de la langue demeure pour de nombreux candidats un bien à conquérir. Dès
le résumé, la capacité à s’exprimer clairement et avec précision creuse l’écart dans tous les do-
maines : la « barbarie » devient fréquemment « barbarisme », ou « barbarerie ». Le mot « aspira-
tion », mal compris, provoque des contresens, parfois surprenants. Les impropriétés lexicales (on dit
« substituer » pour « soustraire ») ou les confusions entre paronymes (on assimile « mystique » et
« mythique ») pullulent, interdisant souvent l’analyse notionnelle pertinente ou efficace. Si chez les
candidats s’esquisse depuis quelques années une prise de conscience des enjeux liés à l’usage de la
langue, elle demeure fort inégale, donc très discriminante : certains se laissent, par exemple,
aller à nommer les auteurs par leur prénom, y compris Finkielkraut ainsi promu en Alain, ou
utilisent le sigle « PFDV » pour désigner l’œuvre de Rousseau. Ils semblent ainsi se présenter au
concours sans la moindre idée de ses exigences élémentaires.
La définition des critères d’évaluation et du barème de correction, maintes fois rappelée dans les
rapports successifs, d’une part exclut, disons-le avec fermeté, tout impressionnisme dans
l’évaluation, d’autre part devrait prévenir dans les préparations contre toute confusion entre
examen de connaissances et épreuve de concours.
Le jury souhaite donc qu’un effort particulier porte dans les classes sur deux points principaux :
− l’épreuve de Centrale-Supélec doit être vue comme un tout. Il convient que les prépara-
tionnaires s’y exercent en prenant l’habitude de ne jamais commencer à en traiter une
partie avant de savoir ce qu’ils auront à faire dans l’autre. On ne devrait jamais
résumer le texte sans avoir lu le sujet de dissertation, ni se mettre à disserter sans
se préoccuper du texte. Cela supposerait peut-être de moins dissocier la pratique des
deux exercices ;
− la technique de la dissertation exige un travail de fond : lecture précise et analyse des termes
du sujet, vérification attentive du sens accordé par les élèves aux principales notions philoso-
phiques, étude davantage orientée sur la confrontation que sur l’analyse successive
des œuvres, souvent abordées par les candidats de façon trop descriptive, enfin régularité de
l’entrainement à l’écrit quelles que soient les contraintes du cadre horaire.
Mathématiques 1
Présentation du sujet
L’objet de ce problème était de donner une approximation
∑∞ de la somme des séries de Riemann
convergentes. Pour cela, on étudiait le reste Rn (α) = k=n 1/k α
Dans la première partie, on donnait une première approximation du reste. Cette méthode se géné-
ralisant mal, on utilisait dans la deuxième partie une formule de Taylor pour obtenir simplement
un développement asymptotique du reste. L’inconvénient de cette méthode est qu’elle ne donne
aucun contrôle de l’erreur.
Dans la dernière partie, on étudiait de manière assez précise le contrôle de cette erreur, pour
conclure que les formules sommatoires étudiées ne sont pas nécessairement convergentes.
Les connaissances nécessaires étant pour la plus grande partie du problème, au programme de
première année, la compétence et la maitrise ont pu être jugées.
Dans la Partie I, la question I.A.2 qui était une « question de cours », s’est révélée très classante.
La formule de Taylor avec reste intégral encore mal connue du tiers des candidats a permis, elle
aussi, de trier les candidats.
La partie II a été l’occasion dans la question II.A.1 de voir ceux qui font la différence entre condition
nécessaire et condition suffisante. Cette partie a très rarement été bien traitée.
La partie III, pourtant classique, a été, surtout dans la question A.1, mal comprise par les candi-
dats. L’énoncé demandait une existence et une unicité et plus de trois-quart des copies proposent
seulement une preuve d’unicité.
De nombreux résultats ayant été donnés dans l’énoncé, les correcteurs ont été très attentifs aux
justifications données. « Par produit de Cauchy » ne constitue pas une preuve.
La partie IV a rarement été abordée. Seule une poignée de candidats a réussi à donner une réponse
correcte à la question IV.B.2.
I.A.2 On a lu très souvent que la fonction x 7→ 1/xα est décroissante sur R∗+ quel que soit
∑α ∈ R,
∞
qu’une suite majorée et minorée par deux suites convergentes converge. On lit très souvent n=p un
avant la preuve de l’existence d’une telle somme.
I.B.2 Rappelons qu’un théorème s’énonce avec des hypothèses. Rares sont ceux qui donnent des
conditions d’application du théorème de Taylor avec reste intégral. Signalons qu’une affirmation
non justifiée, même juste, n’est pas une preuve. Des candidats ont ainsi affirmé, sans l’ombre d’une
justification, que la fonction t 7→ (k + 1 − t)2 /tα+2 était décroissante.
II Rappelons que le produit (de Cauchy) de séries convergentes n’est, en général, pas une série
convergente.
∑ n
Les
∑ correcteurs se sont interrogés sur la dénomination de série télescopique. Les séries (−1) et
1/ (n(n + 1)) en sont-elles ? Ils préfèreraient l’expression, « par télescopage » pour exprimer
n>1
∑n+p
que la somme finie k=n (uk+1 − uk ) est égale à un+p+1 − un .
Rappelons qu’il ne sert à rien de majorer le module de la somme partielle d’une série à termes
complexes pour prouver la convergence de la série.
∑p+1 ∑∞
Pour de nombreux candidats i=2 1/i! < i=0 1/i! = e0 = 1. Nous laissons aux futurs candidats
le soin de trouver le nombre d’erreurs et/ou maladresses figurant dans ces relations.
III Disons seulement que le propos « par produit de Cauchy » ne peut constituer une démonstra-
tion.
− Éviter : ainsi, par récurrence immédiate, par identification, par analogie, série croissante, série
positive, série majorée, l’intégrale converge en +∞, les noms de théorèmes dont on n’est pas
sûr, tels que Taylor Young à la place de Taylor-polynômes, Taylor Lagrange à la place de Taylor
avec reste intégral,. . .
− Alors que le « théorème d’encadrement » est clair, éviter les dénominations enfantines, telles
que théorème des gendarmes, du squezze, du pincement, de l’étau,. . .
Les trois derniers conseils peuvent paraitre superficiels, mais ils contribuent à ne pas « braquer »
le correcteur avant la lecture de votre copie.
Conclusions
En conclusion, nous dirons que, malgré ses nombreuses questions abordables par les étudiants de
MPSI, cette épreuve a permis de classer correctement les étudiants sérieux.
Mathématiques 2
Présentation du sujet
Le problème propose l’étude de certaines propriétés de la matrice de Hilbert Hn . Les parties I et
II ont un caractère préliminaire. Dans I, on établit le critère de Sylvester-Jacobi (caractérisation
des matrices symétriques définies positives par la stricte positivité des mineurs principaux).
Dans II, on introduit les polynômes de Legendre relatifs au segment [0, 1], afin d’obtenir une base
de l’espace des polynômes réels échelonnée en degré et orthogonale pour le produit scalaire intégral
canonique. La matrice Hn est introduite au début de la partie III. La sous-partie III.A est consacrée
au calcul du déterminant de Hn et à quelques conséquences, tandis que III.B relie l’inverse de Hn à
un problème de projection orthogonale. Le but essentiel de la partie IV est de prouver que l’inverse
de Hn est à coefficients entiers.
Chaque partie du problème a ainsi été abordée, avec plus ou moins de bonheur, par un nombre
significatif de candidats. Le résultat final est contrasté. Beaucoup de copies sont faibles. Une part
importante de travaux témoigne d’une compréhension convenable des questions (et donc de qualités
scientifiques) mais souffre d’une argumentation souvent approximative ou de lacunes techniques.
Le sujet a également mis en évidence un lot raisonnable de bons et très bons candidats.
Partie I
Cette partie demandait une bonne compréhension des liens entre matrices symétriques, endomor-
phismes autoadjoints et formes quadratiques. Elle a été souvent mal réussie, faute en général d’une
étude suffisamment approfondie du cours afférent. Les questions I.A.1 et I.A.2, conséquences im-
médiates du théorème spectral, n’ont pas eu le succès qu’on pouvait escompter. La question I.B.1,
un peu plus délicate, pouvait être traitée élégamment en utilisant la forme bilinéaire canonique-
ment attachée à une matrice symétrique, ou par un petit calcul matriciel équivalent quant au
fond ; beaucoup de candidats ont affirmé que le spectre de A(i) est contenu dans celui de A, ce
qui est manifestement faux en général. Les questions I.B.3.a et I.C ont eu peu de succès. Certains
candidats y ont remplacé A par une matrice diagonale qui lui est orthogonalement semblable, sans
se rendre compte que, ce faisant, ils changeaient de base. Enfin, la procédure demandée dans la
question I.D, pourtant relativement élémentaire, n’a été écrite correctement que dans fort peu de
copies.
Partie II
Beaucoup de candidats ont abordé cette partie simple. Si le fond est souvent à peu près compris,
la rédaction laisse à désirer dans de nombreuses copies. Citons en vrac :
− en II.B, calcul très maladroit de la dérivée n-ième en 1, immédiat par étude locale ;
− en II.E, l’unicité est mal comprise, ce qui témoigne d’un certain manque de vision géométrique.
Partie III
La calculatrice facilitait les calculs d’inverses de III.A.1 ; rappelons aux candidats que son utilisation
est encouragée. Quelle que soit la méthode choisie, les résultats devaient être présentés sous une
forme simplifiée.
La relation de récurrence de III.A.2, non triviale, a été abordée dans d’assez nombreuses copies ;
les justifications sont cependant souvent trop elliptiques.
Partie IV
Les premières questions de IV.A et IV.B étaient simples et ont été assez fréquemment abordées.
La fin de IV.B n’a concerné qu’une poignée de très bons candidats.
Conclusions
Les correcteurs rappellent en premier lieu que la maitrise d’un corpus mathématique se mesure
aussi bien sur des questions théoriques (qui nécessitent une compréhension réelle du cours, démons-
trations comprises) que sur des aspects plus pratiques (capacité à mener efficacement et rapidement
des calculs simples). La réussite aux épreuves de mathématiques passe par cette double capacité.
Quelques remarques formelles pour terminer. Cette année encore, beaucoup trop de copies sont
peu lisibles, mal présentées et/ou mal rédigées. Ces défauts sont systématiquement sanctionnés. Il
est indispensable de rédiger avec clarté et concision et de mettre en évidence les résultats obtenus.
Physique
Présentation du sujet
Ce problème est consacré au Laser de forte puissance. Cette technique utilise des matériaux ampli-
ficateurs qui imposent des contraintes fortes sur la puissance des impulsions lumineuses. Il est alors
nécessaire d’augmenter la durée de l’impulsion Laser dans un premier temps. Par ailleurs, l’énorme
densité énergétique présente dans ces faisceaux lumineux impulsionnels risque d’endommager les
surfaces métalliques lors des réflexions. Le problème se propose d’analyser ces deux aspects en deux
parties totalement indépendantes.
La technique d’étirement temporel de l’impulsion lumineuse repose sur une paire de réseaux de
diffraction par réflexion. L’étude de ces réseaux est au centre de la première partie du problème
en allant progressivement de la diffraction par un miroir plan au réseau à échelettes qui concentre
la lumière dans un ordre dispersif. L’étirement temporel est ensuite abordé en partant du cas
simple d’une onde monochromatique vers un modèle plus réaliste d’impulsion analysée en termes
de décomposition de Fourier.
La seconde partie aborde dans un premier temps l’étude de la conductivité dynamique d’un métal
dans le cadre du modèle de Drude. Pour une pulsation nettement inférieure à la pulsation plasma
du métal, une structure d’onde évanescente apparait. Dans ce contexte, les électrons libres peuvent
atteindre des vitesses élevées lors de la réflexion métallique. La fin de la seconde partie cherche à
évaluer la possibilité de destruction du dépôt métallique par ionisation lors de l’interaction lumière-
matière.
− 38% des points des candidats ont été obtenus dans la partie I.A et I.B ;
− 34% ont été obtenus dans la partie II.A. Cette partie a été traitée dans sa quasi-intégralité dans
un nombre significatif de copies. Sans difficulté majeure, les premières questions ont limité le
nombre de très mauvaises copies ;
− 9% ont été obtenus dans la partie II.B et II.C. Ces dernières questions n’ont concerné que les
meilleurs candidats.
Ce sujet a été sélectif car la moyenne des 25% meilleures copies était nettement supérieure au
double de la moyenne des autres candidats.
L’amélioration de la qualité de la présentation des copies est manifeste. Ceci ne fait que confirmer
une tendance amorcée depuis plusieurs années. Il n’en est malheureusement pas de même en ce qui
concerne la qualité de l’expression française. L’orthographe reste toujours aussi fantaisiste dans de
nombreuses copies.
I.C : Étirement temporel d’une impulsion Laser avec une paire de réseaux
Cette sous-partie était totalement indépendante des précédentes. La relation caractéristique des
réseaux de diffraction par réflexion donnée à ce niveau de l’énoncé permettait de corriger le cas
échéant les erreurs de signe dans le déphasage dans les parties I.A et B.
Le calcul de la différence de marche pour une onde monochromatique a souvent été couronné de
succès par une analyse judicieuse de la figure 6. Le calcul était simple en prenant comme origine
des abscisses le projeté orthogonal de B sur le rayon incident. Des relations trigonométriques de
base suffisaient pour établir la relation donnant le décalage temporel à la question 1.C.2.b. Il fallait
néanmoins prendre garde au nombre de chiffres significatifs des données dans le calcul numérique
qui en découlait. L’ordre de grandeur obtenu était cohérent avec la valeur indiquée par l’énoncé
quelques lignes plus loin.
Dans les copies ayant abordé cette fin de partie, le calcul de la décomposition de Fourier de l’im-
pulsion en créneau était correct dans l’ensemble. Mais la représentation graphique du module était
souvent fantaisiste : axes non indiqués, module négatif, fréquence négative. . . L’analyse physique
de l’étirement temporel de l’impulsion par la paire de réseaux a été rarement totalement pertinente.
Cette seconde partie du problème s’articulait en deux blocs de difficulté très contrastée. La propa-
gation d’une onde électromagnétique dans un métal ne présentait pas de difficulté particulière. Les
bonnes copies ont traité la quasi-totalité des questions. Par contre l’analyse de la réflexion métal-
lique et de l’ionisation susceptible de se produire se présentait sous la forme de questions beaucoup
moins guidées nécessitant souvent une estimation même grossière des paramètres physiques per-
tinents. Comme on pouvait le prévoir, ces deux dernières sous-parties ont largement permis aux
meilleurs candidats de montrer leur esprit d’initiative et leur bonne compréhension physique du
phénomène abordé.
Le poids a été spontanément négligé à juste titre dans l’inventaire des forces par l’ensemble des
candidats. Les ions positifs sont liés au réseau cristallin. Leur contribution au vecteur densité de
courant était donc négligeable. Vu l’analogie avec un plasma, on pouvait admettre l’argument
d’un fort différentiel de masse ion/électron. Un nombre non négligeable de candidats a pourtant
proposé une charge ionique très différente de celle de l’électron ou encore une grosse différence dans
la concentration particulaire.
Les applications numériques avec le bon nombre de chiffres significatifs devaient être menées avec
soin. Les simplifications proposées dans le texte devaient être justifiées quantitativement. La dé-
croissance de l’amplitude de l’onde évanescente a été souvent bien abordée. On peut néanmoins
regretter que l’application numérique finale (souvent correcte) de cette sous-partie n’ait pas été
suffisamment exploitée. Il était pertinent de comparer la distance caractéristique à l’épaisseur d’un
dépôt métallique de l’ordre du micron. Mais il était aussi judicieux de la relier à la taille d’un
atome d’or. La décroissance de l’onde est sensible sur une distance de l’ordre de quelques centaines
de couches atomiques. à cette échelle, les concepts de densité surfacique de charge ou de courant
perdent leur sens. Pour bien aborder la sous-partie suivante, il fallait comprendre que le champ
électromagnétique était continu à l’échelle où l’on se place.
La structure des ondes réfléchie et transmise découlait des relations de continuité des champs
électriques et magnétiques à l’interface vide-métal. Ces relations ont souvent été mal écrites avec
deux types d’erreurs récurrentes. La première revenait à annuler la somme des trois champs sur le
dioptre métallique. La seconde remplaçait un ordre spatial (de part et d’autre du dioptre) par une
chronologie (avant et après l’arrivée sur le dioptre). L’onde incidente devenait alors la somme des
ondes réfléchies et transmises. Ce constat doit interpeller les enseignants vu la fréquence élevée de
ces erreurs.
Il s’agissait de déterminer les ordres de grandeur de la puissance transportée par l’impulsion Laser
de forte intensité. En dépit du caractère ouvert des questions, le jury a eu la satisfaction de constater
que les meilleurs candidats étaient capables de mobiliser les qualités requises pour aborder de telles
situations.
De même, une exploitation quantitative d’un graphe comme celui de la figure 3 ne peut pas dé-
boucher sur un résultat numérique à 3 chiffres pour les grandeurs a et b.
Il est toujours judicieux de passer un résultat final au crible d’un contrôle d’homogénéité dimension-
nelle. Mais il est aussi important d’indiquer la bonne unité du système international. Par exemple,
cela n’avait pas beaucoup de sens de donner la grandeur τ de la question II.A.1.d en S · C−2 · kg · m2
alors qu’il s’agit manifestement d’un temps caractéristique à exprimer en secondes.
Dans ce sujet de longueur raisonnable, les candidats avaient le temps de soigner la rédaction de
leur copie. Les conseils habituels prennent d’autant plus leur sens. Ce sont autant de pistes pour
améliorer significativement la qualité de votre prestation :
− faire des schémas clairs et lisibles. Donner l’allure d’un graphe n’autorise pas à oublier de
documenter les axes et de faire apparaitre des points pertinents ;
− falsifier un raisonnement ou un calcul pour parvenir à un résultat donné dans l’énoncé fait
courir le risque de placer le correcteur dans une attitude de suspicion portant sur l’ensemble de
la copie.
Conclusions
En se limitant à deux problématiques clairement délimitées, la longueur de ce problème est restée
très raisonnable. Ce sujet a permis une très bonne dispersion des notes en permettant aux meilleurs
étudiants de pratiquement terminer l’épreuve dans le temps imparti. Le caractère très progressif de
l’énoncé a néanmoins donné la possibilité aux candidats plus faibles d’aborder le début de chaque
partie dans de bonnes conditions. Par ailleurs, ce problème mettait l’accent sur la précision plus
ou moins importante des données numériques pour s’approcher davantage des conditions présentes
dans l’industrie ou dans la recherche. De nombreuses questions ouvertes demandaient aux candidats
de mobiliser leur esprit d’initiative. En conclusion, le jury a vivement apprécié le grand nombre de
bonnes copies, ce qui prouve que nos meilleurs étudiants savent largement dépasser le cadre strict
du cours pour réaliser une synthèse pertinente d’une situation physique.
Physique – Chimie
Présentation du sujet
Le sujet s’articule majoritairement autour de l’argent sous différents aspects en quatre parties
indépendantes :
− Partie II, les propriétés de l’argent en solution aqueuse intervenant dans le dosage des chlo-
rures, l’étude de son diagramme potentiel-pH en milieu cyanuré et son dépôt par électrolyse ;
− Partie IV, étude d’un réseau de Bragg et son utilisation dans une transmission par fibre
optique.
Chimie
I.A.1–3 Il est surprenant de constater qu’un bon nombre de candidats ne sait pas trouver la
structure électronique de l’argent. Sa position dans la classification périodique ne peut alors être
validée. La définition d’isotope et le rôle des électrons de valence sont bien connus. La définition
précise de la notion d’électron de valence est rarement maitrisée.
I.A.4–6 Une faute de signe dans l’équation différentielle de cinétique du premier ordre décrédibilise
les applications numériques parfois justes quand même. Les applications numériques qui excédent
4 chiffres significatifs ont été invalidées et ce d’ailleurs pour l’ensemble de l’épreuve. Une autre
précaution consiste également à toujours proposer une expression littérale avant une application
numérique, le jury pourra alors la valider même si l’application numérique est fausse.
I.B Les définitions des approximations d’Ellingham sont bien connues, ne pas oublier « standard »
quand même. Une erreur sur le sens de l’écriture des réactions d’oxydations est irrécupérable dans
cette partie. Quelques confusions avec les écritures en solutions aqueuses.
L’affinité chimique sous une pression en oxygène de 0,2 bar n’est presque jamais utilisée. Aucun
candidat n’a été gêné par l’inversion, dans l’énoncé, des températures de fusion du plomb et de
son oxyde.
II.A.3 Une exploitation des données ou sa propre culture du diagramme du fer permettait de
répondre au choix du milieu basique.
II.A.2, 4 Alors que les étapes du dosage sont généralement comprises, très peu de candidats
ont réussi les questions 4 et 5 ; pourtant une simple connaissance de la définition des constantes
de complexation et de précipitation associée à la lecture précise de l’énoncé suffisait. Seul un
commentaire de la précision du dosage basé sur la comparaison de concentrations a été accepté.
II.B.2, 3 Le calcul de constante par combinaison des quotients réactionnels est d’une inefficacité
redoutable et expose un gros manque d’habitude dans la matière.
II.B.2, 9 Seules les réactions ou les demi-réactions faisant apparaitre les espèces majoritaires
comme il est demandé dans l’énoncé ne sont validées.
II.B.6–8 L’activité d’un solide vaut 1. Et une inversion de l’argument du log dans la loi de Nernst
en dit long.
II.B.9 On ne voit pas comment AgO peut intervenir dans un bilan dans ce contexte.
II.C.1 Simple calcul de l’avancement de l’action d’une base sur l’eau et pourtant très peu de
bonnes réponses.
II.C.2, 3 Très peu de bonnes réponses à ces questions de base sur une électrolyse.
II.C.5–6 La lecture de l’énoncé donne beaucoup d’informations concernant les réactions à écrire.
Physique
III.A.3 Les arguments sur la réflexion des ondes sur les conducteurs ou sur le principe d’Huygens-
Fresnel ne correspondent pas au contexte.
III.A.5 Très peu de candidats utilisent la question précédente pour argumenter en termes d’inter-
férences constructives.
III.A.6 Un long calcul démontrant la fonction réseau est hors programme et hors sujet.
III-A-6, 8, 9 Il est attendu des arguments géométriques sur les différences de marches conduisant
encore à des interférences constructives ou destructives, applicables à des ondes multiples.
III.A.7 De nombreux arguments erronés basés sur la confusion entre lumière visible et lumière
blanche, sans se soucier des échelles de longueur.
III.B Seuls ceux qui ont réussi à raisonner simplement et justement sur la partie précédente ont
réussi à faire cette partie.
III.B.3, 4 Proposer des calculs sur la base d’une structure au hasard n’est pas scientifique.
IV.C Une bonne lecture de l’énoncé doublée d’une simple compréhension de la propagation dans un
milieu d’indice donné permet de répondre à l’ensemble des questions ; ceux qui ont su se concentrer
sur cette partie et répondre par des arguments simples et précis ont été récompensés.
IV.D Totalement indépendante, là encore il s’agissait simplement de bien respecter l’énoncé ; ceux
qui ont tenté d’appliquer des relations de passage n’ont pu aboutir.
Sciences Industrielles
Présentation du sujet
Le sous-marin autonome d’inspection ALISTAR 3000, développé par la société ECA, a servi de
support à l’épreuve de S2I filière MP session 2011.
Le recours à un drone sous-marin s’impose pour les tâches d’inspection sur les champs pétrolifères
Offshore qui peuvent se trouver jusqu’à une profondeur de 3000 m. Dans le cas particulier d’une
inspection de pipeline, il doit être capable, en toute autonomie, de localiser puis de suivre le tracé
de ce dernier sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Pour l’étude proposée, le profil d’une mission type de ce sous-marin se décomposait par l’enchai-
nement temporel de cinq phases distinctes :
1. une phase de pesée et de préparation du sous-marin afin d’assurer une position stable à la
profondeur du pipeline à inspecter, mise à l’eau ;
2. une phase de descente afin de rejoindre le point de départ de son travail d’inspection ;
L’objectif du sujet était de valider l’aptitude de l’AUV (Autonomus Underwater Vehicle) à remplir
une mission type en autonomie. La problématique principale étant l’utilisation optimale de l’énergie
embarquée.
Le sujet s’appuyait sur une démarche cohérente partant de l’appropriation des données du cahier
des charges du client, la mise en place de modélisations, la validation des modèles et des études
de solutions pour finalement revenir à la validation des performances au regard des impératifs du
client.
Les commentaires et conseils s’adressent bien évidemment aux futurs candidats mais, une nouvelle
fois, le jury demande aux collègues de CPGE d’insister auprès de leurs étudiants sur ses attentes.
Le jury tient à rappeler, avec une grande insistance, que les réponses données ne peuvent se limiter
à de simples affirmations. Les réponses sans argumentation ne sont pas prises en compte.
Dans la rédaction d’une réponse, la démarche retenue doit apparaitre de façon explicite et ordon-
née. Les hypothèses simplificatrices doivent être clairement indiquées et justifiées. Les unités des
différentes grandeurs doivent être systématiquement indiquées.
Ces questions avaient pour objectif de déterminer, en fonction des conditions de plongée, la valeur
du lest à ajouter au sous-marin afin d’obtenir une flottabilité nulle à 3000 m.
Une lecture attentive des données a permis à un grand nombre de candidats de donner une ré-
ponse appropriée. La quasi-totalité des candidats a posé les hypothèses nécessaires à l’exploitation
des courbes données. On peut toutefois reprocher, pour certains, le manque de rigueur dans les
applications numériques et l’absence d’unité dans les résultats.
Cette partie avait pour objectif de déterminer et de valider les niveaux des critères du cahier
des charges associées à la fonction « Maitriser le comportement lors de la phase de plongée sans
propulseur », en particulier le temps de descente de l’AUV sans utilisation du système de propulsion.
Une lecture attentive du texte de présentation a permis à un grand nombre de candidats d’expliquer
le principe de fonctionnement du Système Actif de Réglage de la Flottabilité et de l’Assiette
(SARFA) sans l’utilisation des propulseurs. Toutefois, certains, par manque de bon sens physique,
ont donné des réponses incohérentes, oubliant notamment le rôle de la vessie externe permettant
de modifier la stabilité et ne citant que le rôle des vessies internes qui permettent de changer l’angle
d’assiette et qui n’intervenait absolument pas pour faire plonger le sous-marin.
Le choix de la méthode était laissé à l’initiative du candidat. La grande majorité a compris qu’il
fallait étudier l’équilibre de l’ALISTAR, mais un trop grand nombre a échoué par manque de rigueur
dans la mise en place du problème. Système isolé non défini, inventaire des actions mécaniques
incomplet, théorème retenu non précisé … etc. Trop rares sont les candidats distinguant équilibre
et stabilité. La position du centre de gravité en dessous du centre de poussée pour maintenir la
stabilité n’est que très rarement évoquée, et trop de candidats suggèrent de confondre le centre de
poussée et le centre de gravité. Il est rappelé que l’obtention d’un résultat ne saurait suffire, encore
faut-il le contextualiser pour apporter une réponse complète et cohérente.
Cet ensemble de questions avait pour but de construire un modèle représentatif du comportement
dynamique de l’AUV qui, après simulation numérique, permettrait de valider l’apport du SARFA
en phase de plongée et d’affiner les valeurs de réglage.
À la grande surprise du jury, un trop grand nombre de candidats se révèle incapable de calculer une
accélération : ce calcul n’était certes pas explicitement demandé, mais constituait un intermédiaire
incontournable pour la détermination de la résultante dynamique galiléenne. Trop de réponses
Le système étudié étant à trois degrés de liberté, le questionnement guidait le candidat dans la
conduite d’une méthode de recherche d’une des équations du mouvement. Par la suite, le candidat
était invité, par analogie, à rechercher les deux autres équations. Un très grand nombre de candidats
s’est approprié la méthode sans difficulté, mais beaucoup se sont limités à une suite de calculs sans
aucune justification. Pour préciser les théorèmes généraux de la dynamique employés, les candidats
font appel à un vocabulaire exotique. Il est rappelé que la démarche d’isolement doit être précisée.
Le principe fondamental de la dynamique conduit à une écriture sous forme d’une égalité de deux
torseurs d’où on tire deux théorèmes : le théorème de la résultante dynamique et le théorème du
moment dynamique et il est fondamental d’indiquer précisément la ou les équation(s) utilisée(s).
À la question 8, les prestations des candidats, qui ont commencé par bien poser le problème et
présenter la méthode avant d’effectuer les calculs, ont été valorisées. À l’inverse les longs calculs
effectués sans méthode ont été pénalisés.
La dernière question faisait appel à une synthèse des résultats sous la forme d’une vérification des
niveaux des critères du cahier des charges. Cette question a donné lieu à d’excellentes prestations.
À l’inverse, un trop grand nombre de candidats conclut à la validation d’un critère sans rappeler
le niveau du critère étudié. Notamment, à la question 9, beaucoup de candidats ont confondu la
vitesse verticale et la vitesse w donnée, qui n’était pas verticale. Le jury rappelle qu’on ne peut se
contenter de répondre « oui, le critère est validé » mais que l’argumentation est essentielle et que
sa qualité est bien évidemment évaluée.
Cette partie permettait d’établir le modèle global de la commande asservie en vitesse lors de la phase
d’inspection et de valider les niveaux des critères du cahier des charges associées à la fonction «
Maitriser la vitesse de suivi du pipeline par l’AUV ».
Une lecture attentive du texte permettait de mettre en évidence les hypothèses simplificatrices.
Cette question classique a été assez bien traitée.
À la grande surprise du jury, une grande majorité de candidats ne sait pas exprimer un glisseur en
un point de son axe central. Le jury invite les futurs candidats à s’approprier les concepts par une
réflexion de bon sens sur les actions mécaniques. L’outil mathématique est incontournable et doit
être maitrisé, mais il ne peut suffire à la compréhension des phénomènes physiques contextualisés.
Cette partie permettait de valider les performances du système de commande en vitesse de l’AUV
assurant une qualité satisfaisante de l’image du pipeline en mode d’inspection.
Quelques candidats ont compris la logique du sujet et ont effectué d’excellentes prestations. Ce-
pendant, beaucoup de candidats n’étudient pas les performances en boucle fermée, mais concluent
sur la boucle ouverte, ce qui n’a aucun sens. Notons aussi une confusion fréquente entre l’intérêt
d’un correcteur intégrateur et celui d’un correcteur à action dérivée.
Cette dernière partie invitait à valider les critères de performance associés à la fonction « Avoir
une autonomie suffisante ».
Placée en fin de sujet, cette partie a été assez peu abordée. Toutefois, la dernière question assez
ouverte a donné lieu à d’excellentes prestations.
Conclusions
La préparation de cette épreuve de sciences industrielles pour l’ingénieur ne s’improvise pas. Elle est
destinée à valider d’autres compétences que celles évaluées par les autres disciplines en s’appuyant
sur des réalisations industrielles qu’il faut appréhender dans leur complexité. Cette préparation doit
donc s’articuler autour de l’analyse et de la mise en œuvre de démarches de résolution rigoureuses
s’appuyant sur des supports réels contextualisés.
Informatique
Présentation du sujet
Ce sujet était constitué de deux problèmes complètement indépendants.
Le premier était issu d’un article de Karp, Miller et Rosenberg (1972). Les candidats devaient
étudier un algorithme cherchant le plus grand facteur répété dans un mot. Ils devaient mettre en
œuvre les qualités habituelles que nous cherchons à évaluer : comprendre un algorithme dont on
présente les grandes lignes, préciser certains points, analyser les performances et programmer ledit
algorithme.
Le second traitait une question très proche du cours, puisqu’il s’agissait de prouver que tout
langage reconnaissable (par automate fini) est rationnel (le résultat est au programme mais pas sa
preuve). Les candidats devaient prouver une maitrise raisonnable dans la manipulation des langages
rationnels puis des automates.
Dans le second problème, les copies montrent un spectre assez large de qualités et défauts, comme
tous les ans, mais avec une petite amélioration sur le traitement du lemme de l’étoile.
Signalons tout d’abord un point de vocabulaire : le terme « sous-mot » utilisé dans le problème était
à prendre au sens usuel de « facteur » (lettres contiguës). Le vocabulaire n’est pas complètement
fixé dans la littérature, mais « sous-mot » désigne majoritairement « mot constitué d’une suite
extraite de lettres ». Quelques candidats ont signalé ce point. Sur les 1455 copies corrigées, nous
n’avons pas vu le moindre contre-sens à ce sujet, mais bien entendu quelques candidats ont pu être
troublés et perdre quelques minutes, nous en sommes navrés.
Nous avons choisi de faire programmer les fonctions permettant de manipuler des piles (pour
faire ensuite des manipulations de piles et non de listes). Malheureusement, ces questions restent
filtrantes : de trop nombreux candidats n’ont aucune idée de la façon de manipuler des objets d’un
type enregistrement ; de nombreux candidats sont incapables de programmer la fonction depile,
et beaucoup encore oublient de donner les types des fonctions programmées : en début d’épreuve,
c’est réellement pénalisant (surtout pour ces questions autour de piles, où le type porte beaucoup
d’informations sur ce que la fonction est censée faire).
Pour les questions I.C.2-3-4, une simple lecture de l’énoncé devrait permettre d’éviter des erreurs
grossières d’analyse : les algorithmes linéaires sans structure annexe avaient peu de chance d’être
justes au vu de l’ensemble des trois questions. Nous savons qu’il est parfois difficile pour un candidat
de prendre du recul sur l’épreuve, mais il est de notre devoir de leur rappeler de le faire !
Pour le calcul de la classe Ea+b à l’aide de Ea (partie I.D), une vision d’ensemble était nécessaire
pour aborder les premières questions : puisqu’il s’agit de stocker les classes d’équivalences dans un
tableau de piles, il était intéressant de noter que le nombre de classes ne pouvait que diminuer de
Ea à Ea+b . Nous avons tout de même compté juste les réponses à la question I.D.1 qui donnait pour
majorant b − a + 1. Nous sommes favorablement impressionnés par l’attitude qu’ont eu beaucoup
de candidats sur cette partie I.D : comprendre la façon dont on pouvait constituer les piles pour
s’assurer à la fois de la Ea équivalence de (d, e) et (d+b, e+b) n’allait pas de soi, mais a été comprise
par plus de candidats que ce que nous envisagions. Ils ont été payés en retour ; particulièrement
ceux ayant fait l’effort de programmer le résultat de leur analyse.
Alors même que la dernière question de ce premier problème est abordée dans une proportion
importante de copies, nous sommes un peu surpris de voir que les approches dichotomiques sont
finalement assez rarement évoquées, et encore plus rarement décrites précisément ! Les versions
incrémentales depuis 2q−1 (ou décrémentale depuis 2q − 1) n’étaient guère satisfaisantes !
Langages et automates
Le fait que tout langage reconnaissable est rationnel est au programme, mais pas sa preuve, même
si celle-ci est présentée dans beaucoup de classes. La preuve qui était proposée ici (du moins,
qu’on pouvait déduire des outils mis en place), était suffisamment détaillée pour ne pas avantager
outrageusement les candidats l’ayant déjà rencontrée.
Dans un premier temps, il s’agissait de manipuler des ensembles, parties, bijections : nous sommes
un peu surpris des difficultés terribles qu’éprouvent plus de 10% des candidats avec ces notions qu’ils
manipulent pourtant depuis le début de leur classe préparatoire, à défaut de les avoir rencontrées
avant : il semble difficile de suivre avec profit un cours de mathématiques ou informatique post-bac
avec de telles lacunes. . .
Pour le caractère irrationnel de LP (question II.A.4), le lemme de l’étoile a été plutôt moins
malmené que les années précédentes (et là, il était vraiment, sinon indispensable, très bien venu).
Les énoncés « élaborés » où on choisit le facteur de longueur n (le nombre d’états) dans lequel on
trouvera l’étoile est bien entendu plus puissante que la version élémentaire. . . mais en pratique,
elle conduit beaucoup de candidats à tout mélanger et penser finalement qu’ils peuvent choisir
eux-mêmes la position précise de l’étoile. Nous pensons que l’énoncé élémentaire est largement
suffisant : si la preuve de cet énoncé est comprise, le candidat peut sans aucun mal l’adapter lui
même si le besoin s’en fait sentir.
Dans les dernières questions, on calculait le langage associé à un automate en résolvant un système
linéaire via le lemme d’Arden. Une approche classique consiste à définir comme on l’imagine des
langages Lq associés aux différents états de l’automate, prouver qu’ils vérifient un système d’é-
quations et en déduire les valeurs de ces langages (sens « unicité » d’Arden) puis du langage de
l’automate. Mais ici, les Xq étaient introduits comme des (les) solutions du système d’équations.
Si de nombreux candidats ont affirmé que Xq1 était le langage de l’automate, aucun ne l’a prou-
vé soigneusement avec un raisonnement du type : « les langages associés aux états vérifient telles
équations ; dans la question précédente, on a trouvé une solution, mais il y en une seule solution,
donc on connait finalement les langages associés aux états, puis à l’automate ». À ce sujet, les
calculs sont souvent faits correctement à la question II.B.7, mais le raisonnement mené (plus ou
moins implicitement) est « si les Xq sont solutions, alors on a telles équations, donc on a telles
autres équations. . . donc les Xq valent ceci ; on a donc trouvé une solution ». Il serait important que
les candidats réfléchissent au problème que pose ce type de raisonnement sur une problématique
pourtant essentielle : nécessaire/suffisant ; existence/unicité. . .
Conclusions
Cette année encore, une bonne connaissance du cours, une pratique raisonnable de la program-
mation et des capacités d’analyse acquises dans le cours d’informatique (mais aussi dans d’autres
disciplines) ont permis à une proportion notable de candidats de produire de bonnes copies.
Nous encourageons les futurs candidats à produire les mêmes efforts. En complément des aspects
théoriques développés en cours, un travail sérieux pendant les séances devant ordinateurs leur
permettra pendant leur courte préparation d’acquérir une bonne partie des qualités qui leur fera
réussir les épreuves d’informatique aux concours. . . mais aussi et surtout d’avoir un socle théorique
et pratique en informatique qui leur sera bien utile dans leurs futures études et le métier qui suivra.
Allemand
Présentation du sujet
Version
L’extrait d’article de Die Zeit évoquant un inventeur est-allemand et la place qu’occupaient les in-
ventions en RDA ne pouvait pas déstabiliser les candidats alors que l’on fêtait en 2010 les vingt ans
de réunification allemande. Il ne se contentait cependant pas de vérifier des connaissances basiques
sur ce sujet (distinction et traduction de „die BRD“ et „die DDR“, signification historique du 3
octobre 1990 et du 3 octobre 2010, „am Brandenburger Tor“, „Planwirtschaft“), mais valorisait
surtout les candidats ayant approfondi les champs lexicaux — en principe familiers à des candi-
dats scientifiques — de la recherche et de l’ingénierie („Erfinder“, „Fabrikhalle“, „Erfindungen“,
„Ingenieurgeist“, „zum Patent anmelden“, „Patentantrag“, „Spitzentechnologie“, „mitentwickelt“,
etc.) tout en maitrisant plus généralement une grande variété de tournures idiomatiques (parmi
lesquelles des verbes à rection : „reden von“, „an etwas beteiligt sein“, „setzen in“, „sich interes-
sieren für“, etc.). Sur ce dernier point, un simple bachotage ciblé ne fait pas illusion, car seule
une pratique régulière et variée de la langue tout au long des deux années de préparation permet
d’atteindre cette maitrise générale de la langue.
On insistera ici sur le fait qu’il n’y avait cette année encore ni piège lexical ni terme rare, ce qui doit
encourager les candidats à un enrichissement régulier et approfondi des champs lexicaux, toujours
« payant ».
Le texte proposé à la traduction en français présentait en outre différents niveaux temporels (avant
le 3 octobre 1990, après la réunification, le témoignage actuel de l’inventeur, l’échéance à venir du
31 octobre 2010) et donnait l’occasion aux candidats méthodiquement entrainés de se livrer à
une réflexion sur l’emploi des temps en français et en allemand. Les choix opérés à cet égard
permettaient en outre aux correcteurs de valoriser les capacités d’analyse des étudiants, et ont fait
l’objet de bonifications.
Le sujet de version comportait malheureusement quatre coquilles dans le texte lui-même et une
autre dans le nom du journal d’où provenait l’article, résultant soit d’interversions de lettres soit
d’ajouts ou d’omissions d’une voyelle ou d’une consonne au moment de la saisie. Afin qu’aucun
candidat ne soit pénalisé et que le jury puisse évaluer les candidats avec le plus parfait souci
d’équité, il a été décidé de neutraliser les passages concernés, à savoir le segment allant de „und
für die Schwierigkeiten“ à „in die globalisierte Wirtschft hinüberzutreten“, ainsi que les groupes
nominaux „die welgrößte Skihalle“ et „Zuffall“ (les erreurs figurent ici en gras). Ces erreurs dans le
sujet, aussi désolantes soient-elles, n’ont donc en aucun cas porté préjudice aux candidats ni influé
d’une quelconque manière sur le classement.
Contraction
L’article du quotidien Le Monde « Les citoyens à la base de l’innovation », d’une actualité bru-
lante, offrait la possibilité de valoriser les capacités de synthèse propres à l’exercice (formuler un
défi à relever, exprimer la notion de changement, passer d’une échelle locale à une échelle globale,
des sphères du pouvoir au niveau des citoyens, illustrer par un exemple concret comme la ville de
Totnes, restituer des données statistiques et chronologiques, définir des objectifs et des recomman-
dations, structurer un propos comme celui d’Obama, comparer). Il mobilisait en outre le champ
lexical de la société (avec les notions de « citoyens », « dirigeants », « experts », « vivre ensemble »,
« pouvoir », « institution », « écouter », « habitants », « se regrouper », « autonomie », « partagés »,
« centralisée », « égalité », « diversité », etc.). Cette année encore, l’objectif était de valoriser la
maitrise dans la langue étrangère tant des termes abstraits que du registre concret (se nourrir, se
loger, vieillir, etc.). Il faut ici rappeler que la synthèse n’implique pas forcément de renoncer au
registre concret.
Version
Sur le plan lexical, des termes courants ont malheureusement posé problème à de nombreux can-
didats, dont certains présentent des lacunes surprenantes : „redet von“, „toll“, „wach“, „unterstüt-
zen“ (souvent confondu avec „geschützt“), „ein paar Stunden“, „Geheimwaffe“ (« l’arme fatale » !),
„der Herbst“, „das Jubiläum“, „der Geist“, „das Kapitel“ (confondu avec „Kapital“). En outre la
méconnaissance de l’agencement des mots composés a conduit à des contresens fréquents, notam-
ment sur : „Ingenieurgeist“ (l’esprit d’ingénierie n’est pas la même chose que l’esprit/l’âme des
ingénieurs), „Patentantrag“, „Kältemaschinen“, „Geheimwaffe“.
Les modalisateurs semblent insuffisamment maitrisés du plus grand nombre. On rappellera que ce
registre est stratégique non seulement pour la compréhension de la langue étrangère mais aussi pour
structurer et nuancer l’expression. Ont posé problème des adverbes simples comme „auch“, „doch“,
„erst“, mais aussi „selten“ (alors que „meistens“ semble mieux connu), ou encore „ausgerechnet“.
La structure antéposée „allen Klischees zum Trotz“ a posé des problèmes à une majorité des
candidats, faisant du segment concerné le passage le plus mal compris de l’ensemble des candidats.
La majeure partie d’entre eux connaissaient visiblement le sens de „Trotz“ et de „Klischees“ et
aurait pu au terme d’une réflexion plus méthodique saisir la structure de ce passage.
Sur le plan morpho-syntaxique, on déplore la mauvaise identification des modes Konjunktiv II („er
könnte darauf stolz sein“) et les difficultés à restituer le discours rapporté et le Konjunktiv I („die
ihn unterstützt hätten et es scheint, als habe er alles richtig gemacht“).
Le complément du nom au génitif est trop souvent mal identifié. Ainsi „im Kampf der Systeme“
a-t-il pu être traduit par « le combat contre le système » au lieu de « la lutte que se livraient les
systèmes / les blocs ».
Cette année tout particulièrement, les correcteurs ont perçu un relâchement sur l’opposition sin-
gulier/pluriel („von seinen Chefs“, „Erfindungen“, „die letzte davon“, „in ihre Erfinder“, „die
Kältemaschinen“, „die Geheimwaffe“) et appellent à davantage de vigilance sur ce point.
Enfin il s’agissait cette année encore de prendre le temps d’analyser des structures qui, sans être
familières, sont courantes et facilement transposables, comme : „es ist Zufall, dass“, „dafür, dass“,
„es scheint heute, als habe er“, „erst wenn“.
Contraction
Ont été sanctionnés les résumés se réfugiant dans une langue généraliste et creuse („Probleme
lösen“, „eine Lösung finden“, „neue Ideen haben“, „es gibt neue Probleme“, etc.) qui ne saurait
masquer l’insuffisance du lexique. Ce sont en général les mêmes copies qui ont versé dans la répé-
tition des mêmes idées sans pouvoir rendre compte de l’ensemble de l’article.
− la prise de conscience par Obama et les exigences qu’il formule (la priorité aux résultats no-
tamment) ;
− les raisons invoquées par le journaliste pour expliquer l’« exception française » (diversité, éga-
lité).
− une erreur fréquente a consisté à ne pas voir la relation entre les paragraphes 4 et 5 et à penser
que le paragraphe 5 concerne le monde entier alors qu’il s’agit encore de la ville de Totnes ;
L’enchainement ordonné très clairement proposé par le texte n’a souvent pu être restitué, faute
d’outils adéquats. Quelques adverbes et autres liaisons auraient ici pourtant permis une structu-
ration minimum efficace : „zwar/aber“, „nämlich“, „dagegen“, „deshalb“, „allerdings“, etc.
Enfin nombre de candidats ont eu du mal à exprimer les notions suivantes incontournables, tandis
que ceux qui s’étaient bien préparés n’ont eu aucun mal à les repérer et à les restituer en allemand :
citoyens, prendre conscience de, prendre une mesure, changer, combattre, créer, participer à (sou-
vent confondu avec contribuer à), monnaie commune, jardins partagés, écouter/tenir compte de
ce que dit X, devoir („müssen“ ou „sollen“ ?), Obama est l’un des hommes politiques qui, exiger,
donner la priorité à, avoir une vision, une conception, égalité, diversité,. . .Comme on le voit, il ne
s’agit pas seulement de manier des concepts sous forme de substantifs mais aussi de passer par les
groupes verbaux adéquats pour exprimer des actions et des états.
Parmi les trop nombreuses fautes de morphologie et de syntaxe, on retiendra les erreurs sur les noms
de pays et les habitants („Frankreich“/„die Franzosen“, „die Vereinigten Staaten“/„die Amerika-
ner“), les comparatifs et superlatifs („die besten Ideen“), la traduction abusive du « de » français
par un génitif („die Stadt Totnes“).
On mettra également en garde les étudiants contre les confusions lexicales reposant sur de l’ap-
proximation phonétique („der Staat“ confondu avec „die Stadt“) ou sur une erreur de dérivation
(„Gründung“ pour „Grundlage“, „Lebensmittel“ pour „Lebensweise“, „Verfassung“ pour „Auffas-
sung“).
Quelques points de grammaire semblent moins bien maitrisés et doivent prioritairement être revus
comme :
− l’emploi des auxiliaires („haben“, „sein“, mais surtout „werden“ si important et pourtant tel-
lement malmené, les modaux, etc.) ;
− le génitif qui semble poser problème au plus grand nombre tant en compréhension qu’en ex-
pression ;
Ce doit être un motif d’encouragement pour les candidats de constater que l’analyse syntaxique
au cours de l’année de préparation et l’étude systématique de champs lexicaux sont payants. On
ajoutera à ce message optimiste la nécessité de concentrer ses efforts en matière de lexique sur
le groupe verbal, ce qui pourrait être le point de départ d’une réflexion sur la façon de concevoir
l’expression dans sa langue maternelle.
Ce travail lexical aura pour soin d’anticiper la nécessité d’exprimer de plusieurs façons différentes
une même notion, afin de se soumettre avec efficacité aux exigences de la synthèse et de la refor-
mulation.
Soulignons que l’esprit du concours est de permettre aux candidats de disposer d’un temps de
composition généreux, qui autorise des stratégies importantes comme l’analyse approfondie, la
réflexion sur la langue et bien sûr la relecture.
Anglais
Version
Présentation du sujet
La version de cette année était tirée d’un article de The Independent du 14 novembre 2010 par Sara
Maitland et parlait du silence en insistant sur ses bienfaits, notre rapport au silence, la vénération
que de nombreux hommes et femmes de lettres ont éprouvée à son égard, notre fascination pour
les religions basées sur la méditation silencieuse et le fait qu’il permet à l’homme de découvrir son
être intérieur. Quelques citations émaillaient cet extrait et apportaient une touche un peu plus
littéraire à cet article.
Ce texte contenant peu de difficultés d’ordre lexical et grammatical, après une première lecture
les candidats devaient être en mesure de comprendre l’essentiel des idées et pouvaient ensuite
s’attacher à en fournir une restitution précise et néanmoins élégante.
Analyse et commentaires
Nous avons constaté que les candidats avaient généralement bien compris cet article, mis à part
quelques citations qui sont restées assez obscures pour la plupart d’entre eux, et nous en avons
d’ailleurs tenu compte dans notre barème. La mise en français n’a pas fait apparaitre de très
grosses difficultés car une traduction assez proche du texte original était souvent acceptable, et
a de ce fait été acceptée. Quelquefois le mot à mot était possible, voire inévitable, quelquefois il
était maladroit. Le titre, par exemple, pouvait être traduit mot à mot. Par contre, un calque de
l’anglais pouvait aboutir à une structure grammaticalement fausse en français : par exemple, “we
agree with Carlyle that” ne pouvait pas devenir « nous sommes d’accord avec Carlyle que ».
Le plus délicat était de trouver le juste milieu entre le calque et la dérive du sens. Nous avons
apprécié et valorisé les traductions élégantes qui gardaient fidèlement les idées du texte mais aussi
apportaient un peu de fluidité et de légèreté à l’expression en français tout en utilisant un niveau
de langue adapté.
Une maladresse très répandue a été d’accumuler les membres de phrases en oubliant de respecter
les structures des verbes, les accords sujet/verbe . . . ce qui modifiait le sens des phrases ou donnait
une traduction très confuse où le candidat et le correcteur perdaient pied.
Par exemple il était important d’être très vigilant lors de la lecture afin de bien respecter dans la
traduction les deux parallélismes “we give full assent to Kafka’s claim that” // “and to Woolf’s
assertion that”, puis “we agree with Carlyle that” // “and with Keats that”.
Il est regrettable de constater qu’un des défauts très répandus chez les candidats est non pas de
traduire le texte qui leur est soumis mais de l’interpréter. En effet, bon nombre d’entre eux ont
réécrit certains passages, surtout les citations, en les adaptant à leur façon de s’exprimer, passant
à un registre tout à fait différent et peu adapté à la langue de Keats ou de Carlyle. Par exemple,
au début de la version, le segment de phrase “a strange love-hate relationship” a donné lieu à des
traductions d’un niveau de langue inapproprié comme « une relation je t’aime, moi non plus »,
« un amour vache », « une relation de chien-chat ». . .
Les candidats devraient prendre le temps de lire le texte tel qu’il est écrit, sans trop se hâter
afin d’éviter les erreurs de compréhension qui leur coutent toujours beaucoup de points. Ainsi la
deuxième phrase du texte : “We believe we admire and honour it” a été traduite dans bon nombre
de copies par : « Nous y croyons, nous l’admirons, nous l’honorons » et cela simplement parce que
les candidats ont lu trop vite le texte.
Un manque d’attention amène des erreurs de traductions telles que la phrase en perd tout son
sens : notamment les confusions entre “hideous” et “hidden” dans le passage “hideous, distorted
and emaciated maniacs”, “underlie” et “underline” dans “What underlies this whole strand of
thought”, ou encore “to lie” et “a lie” dans “under all speech lies a silence”.
On est en droit de penser qu’un étudiant de deuxième année a entendu parler des poètes roman-
tiques (et pas « romains » ou « romantistes ») ainsi que de Kafka. S’il sait en plus que Woolf est une
dame et Carlyle et Keats sont des messieurs, c’est encore mieux. Sinon, il convient d’être prudent
dans l’usage des pronoms (et la traduction des citations).
La maitrise de la langue française par les candidats se révèle chaque année plus inquiétante : les er-
reurs grammaticales de base (accords sujet/verbe, conjugaison fantaisiste, accords adjectif/nom. . .)
abondent et nuisent à la bonne compréhension de la traduction, ainsi par exemple l’accord des cinq
verbes “lower blood pressure”, “reduce stress”, “improve concentration”, “aid digestion” et “im-
prove memory” avec leur sujet.
Certains mots français semblent totalement inconnus (comment expliquer autrement la traduc-
tion de “emaciated” par « émancipés » ou « émincés » ?). L’orthographe d’usage est trop souvent
malmenée et conduit à certains barbarismes qui se sont trouvés dans beaucoup de copies comme
“distorted. . . maniacs” traduit par « des maniacs distordus » ou encore “within the Christian tra-
dition” traduit par « la tradition christianique » ou « christianniste ».
Ce manque de maitrise des deux langues n’a pas seulement des conséquences négatives pour l’exer-
cice de traduction qui est essentiellement académique, mais nuit également à l’expression claire et
correcte de ses propres idées dans sa langue et dans la langue étudiée, ce qui se révélera indispen-
sable au futur ingénieur lors de la rédaction d’un rapport par exemple.
Nous ne pouvons que recommander aux candidats de prendre le temps de lire différents ouvrages et
articles, en anglais et en français, pendant ces deux années de préparation afin d’élargir considéra-
blement leurs connaissances en matière de vocabulaire, de structures. . . et leur maitrise de ces deux
langues, tant en compréhension des textes dans ce qu’ils peuvent avoir de plus subtil qu’en correc-
tion et en élégance dans leur propre expression. Ces conseils s’appliquent également au nouveau
type d’épreuve qui sera proposé l’an prochain et qui fera appel à des qualités de compréhension,
d’analyse et de synthèse de différents documents.
Contraction croisée
Présentation du sujet
Le texte proposé cette année, pour le « dernier cru » de l’exercice de la contraction croisée, était un
article publié dans Le Monde du 2 octobre 2010, signé par le professeur Philippe Durance (coauteur
de Créativité et innovation dans les territoires, La Documentation française, 2010). Le titre (« Les
citoyens sont à la base de l’innovation ») indiquait clairement quel était le sujet. Le contenu pouvait
se résumer en trois étapes.
1. Notre époque est confrontée à des nombreux défis, qui requièrent une mobilisation générale,
non seulement des gouvernements et des experts, mais aussi de « la base », car quantité de
solutions nouvelles sont inventées et mises en œuvre à ce niveau.
2. Le changement ne peut pas venir uniquement d’en-haut, car les citoyens innovent sans attendre.
Un cas exemplaire est la petite ville de Totnes en Angleterre, où les habitants s’efforcent d’adap-
ter leur mode de vie face aux problèmes de changement climatique, de ressources énergétiques
et alimentaires, de santé et d’emploi.
3. Le président Obama est conscient que son gouvernement a besoin d’aide. Il a créé un bureau
chargé de recenser et faire connaitre les innovations locales. En France aussi, on ferait bien de
miser sur la riche diversité des initiatives.
Cette problématique présentait l’intérêt de mêler à des sujets d’actualité qui devaient être familiers
(la mondialisation, l’écologie, la technocratie, etc.) et à des notions typiquement anglo-saxonnes
(par exemple la « résilience », la « communauté locale ») des clichés plus « hexagonaux » (« la
société », le « vivre ensemble », etc.) dont la traduction littérale n’avait guère de sens.
Compétences évaluées
Résumer cet article exigeait, comme toujours, de synthétiser les énoncés qui s’y trouvaient, sans
qu’il soit possible de se contenter de traduire certaines phrases censées être représentatives. Il
fallait également respecter les équilibres, c’est-à-dire ne négliger aucun des points importants, les
aborder dans le même ordre que le document de départ afin de reproduire sa structuration et
ne pas consacrer proportionnellement trop de mots à la reformulation de certaines idées ou à la
mention de faits les illustrant, ce qui entrainait forcément des lacunes et des distorsions. Il fallait
encore veiller à marquer l’enchainement logique des idées.
Il importait d’autre part de présenter ce résumé dans un anglais aussi lisible et précis que possible,
en évitant le piège des calques du français, mais aussi la tentation de « caser » des expressions
toutes faites et un peu passe-partout ou bien de « recycler » des termes glanés dans la version
(comme “wellspring”), dont la pertinence risquait fort de n’être pas évidente dans le contexte.
Ces deux compétences (pour la contraction à proprement parler et au niveau linguistique) étaient
bien sûr interdépendantes : quelle que soit la qualité de la compréhension et de la conception du
« message », une maitrise insuffisante de l’expression ne pouvait que nuire à l’exactitude et même
à l’intelligibilité.
Il convenait enfin de suivre les consignes : ne pas oublier de donner un titre, rester dans la fourchette
prescrite pour le nombre total de mots utilisés et l’indiquer clairement.
Si les candidats, dans leur très grande majorité, n’ont apparemment pas eu de peine à se plier aux
instructions formelles, les résumés proposés d’une part et d’autre part les compétences mises en
œuvre en anglais ont permis d’utiliser pratiquement toute la gamme des notes, dans la perspective
d’un classement, donc d’une évaluation comparative des prestations et non d’une cotation théorique
des compétences.
Du côté du résumé, pour donner le ton général en ouverture, la traduction mot à mot du titre en
français donnait en anglais un énoncé peu intelligible, alors que des solutions judicieuses (du genre
“Yes, citizens can innovate”, en s’inspirant du slogan de la campagne de Barack Obama en 2008)
ont opportunément été proposées.
Par ailleurs, il était assurément fâcheux de ne pas citer la ville de Totnes ou de ne pas la localiser au
minimum et il était délicat de condenser en quelques mots les diverses initiatives qui y ont été prises.
Certains candidats y sont bien parvenus en définissant succinctement les domaines où des solutions
nouvelles étaient mises en œuvre. D’autres en revanche n’ont mentionné que certaines expériences
ou ont laissé croire que celles-ci étaient menées par un tiers de la population mondiale (et non
de cette agglomération). D’autres encore ont apparemment cru que la créativité des habitants
de Totnes visait à réaliser une autarcie radicale, alors que le texte n’évoquait qu’« une certaine
autonomie ».
La politique américaine en matière d’« innovation sociale » n’était pas si facile à présenter briève-
ment de manière adéquate et cohérente. Il en allait de même pour la situation française (l’articula-
tion entre souci d’égalité et dynamique « centralisée et descendante », donc hiérarchique, n’allant
guère de soi).
La thèse principale de l’article (à savoir que le changement ne peut pas venir exclusivement d’« en-
haut ») a été généralement bien comprise, mais souvent formulée de façon pour le moins mal-
adroite. Parler de « la société » (lorsqu’il s’agit de « l’écouter » ou pour assurer qu’elle « change
par elle-même et pour elle-même ») peut en effet être considéré comme trahissant des « gallicismes
culturels » dont la transposition mot à mot en anglais laissait perplexe, tandis que peu de candidats
se sont avérés connaitre des équivalents usuels de ce que l’on nomme chez nous « la base » ou « le
terrain » ou savoir que l’expression « les couloirs du pouvoir » pouvait (à la différence d’autres) se
traduire littéralement dans la langue sinon de Shakespeare au moins de C.P. Snow.
Sans s’égarer forcément dans des interprétations faussées de l’article du Monde, nombre de copies
n’ont pu être que pénalisées par de redoutables approximations dans le lexique et la syntaxe.
On doit ainsi déplorer des confusions entre “experience” et “experiment”, “little” et “small”, “city”
et “town”, “it” et “this”, “hear” et “listen”, “money” et “currency”, “desk” ou “office” et “bureau”
ou “agency”, “global” et “overall” ou “general”, “to stop to do” et “to stop doing something”. . .
L’orthographe a aussi laissé à désirer dans “example”, “government”, “independence”, “resources”,
“necessarily”, “strength”, “another” et même “Barack”. . . Des problèmes sont également apparus
trop fréquemment pour construire les compléments de “solution”, “to participate”, “to search” ou
pour traduire « homme politique », « la technique », « le changement » et « en même temps ».
Quantité d’erreurs ont encore été relevées dans les genres (“society” n’est pas un nom féminin !)
et les nombres (notamment pour les conjugaisons, avec le fameux “s” à la troisième personne du
singulier au présent simple), ainsi que dans l’emploi de l’article défini (normalement omis devant
les noms indénombrables, comme “society” pour traduire « la société ») et du génitif (“the best
citizens’ ideas” signifie « les idées des meilleurs citoyens », ce qui n’était — peut-on espérer — pas
ce que l’on voulait dire. . .).
La discrimination propre à l’anglais entre le preterit et le present perfect n’a enfin pas toujours —
loin de là — été utilisée à bon escient (dans la deuxième partie), de même que (dans la première) la
différence entre les formes simple et « progressive » au présent, tout ceci en fonction des éventuels
compléments temporels et (dans le second cas) du sens des verbes.
Ce catalogue de fautes somme toute habituelles ne s’est toutefois trouvé presque au complet que
dans un tout petit nombre de copies. Il convient de reconnaitre que, dans une proportion appré-
ciable, les candidats se sont efforcés de proposer des contractions intelligentes et dans l’ensemble
fidèles, rédigées dans un anglais lisible, même si tout n’y était pas parfait, et y ont parfois réussi
de manière agréable.
Il est clair que la fréquentation régulière de la presse britannique et/ou américaine fournissait des
connaissances et un vocabulaire propres à identifier, reformuler et organiser en anglais les notions
présentée dans l’article de Philippe Durance. Ces compétences peuvent être systématisées en classe
par l’étude des grands sujets de l’actualité et leur exploitation peut être améliorée par la pratique
d’exercices oraux et écrits. Une consolidation de la maitrise des structures morphologiques propres
à l’anglais par rapport au français sera également utile, de même que l’acquisition d’expressions
marquant les enchainements.
Ces suggestions demeurent valables bien que la contraction croisée doive être remplacée à partir
de la session 2012 du concours, car la nouvelle épreuve, qui a déjà été présentée et testée, fait
appel à des savoirs et des savoir-faire (capacités d’analyse et de synthèse, efficacité et sureté dans
l’expression) qui ne sont pas si différents, même s’il ne s’agira pas d’aligner des résumés successifs
de divers documents et si une organisation thématique et transversale sera plutôt attendue.
Chinois
Présentation du sujet
L’épreuve écrite de chinois comporte deux parties : la traduction du chinois en français et le résumé
du texte français en 150 caractères chinois à 10% près. La version française était, cette année, « Les
citoyens sont à la base de l’innovation », un extrait d’un article de Philippe Durance (Le Monde,
26 Octobre 2010) et le texte chinois, 海外华人父母的“空巢”生活 provenait du journal chinois
Quotidien du Peuple (édition d’outre-mer) (人民日报海外版) du 9 septembre 2010 et présenté sous
deux formes : en caractères simplifiés et complexes.
Il semble que les deux textes étaient bien adaptés à nos candidats puisque nous avons eu le plaisir
de corriger des copies montrant une bonne maitrise de la langue.
Les candidats 2011, comme les années présentes, se partageaient en deux catégories :
− Ceux qui, ayant un bon niveau de français, manquent de vocabulaire en chinois et ne maitrisent
pas toujours la structure du résumé.
− Ceux qui, ayant un excellent niveau de chinois et étant capables de montrer la richesse de leur
vocabulaire et de leur structure grammaticale dans le résumé, ont des difficultés de traduction
par manque de connaissance de la langue française. Ainsi, certains candidats, bloqués par des
mots clefs, ont mal compris le texte à résumer.
Nous avions rencontré un problème sérieux l’année précédente lors de la correction des épreuves
écrites, le « mot » n’était pas très bien défini et nous avait menés vers des situations confuses. Cette
année, la consigne était claire « résumer en 150 caractères chinois » au lieu de « 120 mots ».
La texte chinois à traduire en français était proposé en caractères simplifiés et en caractères com-
plexes. La traduction doit montrer au correcteur non seulement la connaissance spécifique du
vocabulaire mais aussi, la capacité de comprendre le contenu, même si le vocabulaire n’est pas
toujours connu.
Dans cette épreuve, quelques candidats ne semblent pas savoir ce que l’on attend d’eux. Ils pos-
sèdent un vocabulaire très limité d’où leurs difficultés de compréhension et de traduction du texte.
Conclusions
Il s’avère, lors de cette épreuve, qu’un manque de niveau réel en chinois et en français peut avoir
des conséquences désastreuses, mais, qu’avec un vocabulaire suffisant, une compréhension fine, un
résumé correct, les candidats devraient avoir en main les ingrédients pour obtenir de bons résultats.
Espagnol
Version
Présentation du sujet
D’une longueur semblable au sujet de l’an dernier (515 mots), l’article de presse choisi pour la
version 2011 a pour auteur le romancier et académicien espagnol Javier Marías, qui –– avec son
acrimonie habituelle — critique la banalisation du contenu des médias, mais surtout la honte et
l’amertume que suscite chez lui le comportement de ses compatriotes et dirigeants. Bien que le titre
soit assez explicite, « Me estallará la cara », l’ignorance des mots d’usage courant, cara et surtout
vergüenza a conduit un certain nombre de candidats à des contresens dès les premières lignes de
l’article. La grande majorité, en revanche, a bien saisi le sens global du texte proposé, mais d’une
manière générale la qualité de la langue française laisse beaucoup à désirer.
Lexique
La quasi totalité du texte est d’un registre lexical courant. À signaler que le mot vergüenza traverse
le texte avec des synonymes tels que sonrojo et rubor en las mejillas, qui font référence à la couleur
rouge ou métaphoriquement à la chaleur (bochorno). L’ignorance de mejillas a conduit parfois à
des traductions plus ou moins bizarres.
Des mots un peu plus littéraires (sandeces) ont un synonyme (relativement) usuel un peu plus loin,
majaderías. Le contexte permet de trouver une traduction ne serait-ce qu’approximative.
Certaines locutions habituelles ont été mal rendues. Signalons la culpa es suya. . ., quizás la culpa
sea mía. . ., ou cumplir años, assimilé à cumpleaños ou encore a este paso. . ., al paso que vamos, se
da por descontada. . ., no tiene más remedio que. . .
Morphologie et syntaxe
Les candidats ont trouvé des difficultés sur les point suivants :
− La préposition por : se da por descontada, por las mismas fechas, por ahí, por educado a la
antigua. Employée avec un infinitif : por no saber adaptarse, por no soportar la contemplación. . .
− Une mauvaise connaissance de l’emploi des pronoms dans « si lo es de éstos, o sea, si los que
le ha tocado vivir en su edad madura son particularmente grotescos » a conduit à des contresens
dans beaucoup de copies.
La phrase « En un pueblo aragonés la plaza va a llenarse por primera vez. . . » n’a pas été comprise à
cause de l’expression familière « cargarse a alguien », de l’ignorance des mots « mozos » et « plaza »
et sans doute du discrédit croissant de la corrida. En revanche, la popularité du sport a transformé
le chanteur d’opéra Plácido Domingo en joueur de football, le Théâtre Royal de Madrid en stade
(du « Real de Madrid », bien entendu) et le patio de butacas en gradins. La note en bas de page
prétendait aider les candidats afin qu’ils perçoivent la réaction ridicule d’un public supposé bien
élevé assistant à un récital dans le Théâtre Royal à Madrid. Même si les candidats n’avaient aucune
obligation de connaitre les anciennes vedettes du bel canto, telles que Plácido Domingo, le verbe
actuar dans un théâtre empêchait toute confusion avec le football.
Dans le même paragraphe, l’ignorance des mots courants disfrazarse, le diminutif vejete, derribar,
et les deprimentes carnes, devenues assez souvent « viandes faisandées (ou avariées) », ont conduit
à des absurdités.
Thème-contraction
Présentation du sujet
Le thème proposé, tiré du journal Le Monde, « Les citoyens sont à la base de l’innovation » présen-
tait une structure claire en opposant les pouvoirs centralisés aux initiatives locales dans la gestion
des projets innovants. Le texte a été bien rendu par la plupart des candidats.
Les notes inférieures à la moyenne pénalisent la langue et des fautes plus ou moins élémentaires :
− Ignorance de vocabulaire.
− Ser et estar ainsi que des calques : ser/estar al origen, a la base. . ., traer/llevar respuestas,
traer una solución, etc.
Italien
Version
Présentation du sujet
La version de cette année est tirée de l’article “Il collasso ecologico” publié dans le quotidien Il
Corriere della Sera le 15 aout 2010.
Dans ce texte Giovanni SARTORI, politologue, journaliste et éditorialiste au Corriere della Sera
souligne le fait que de nombreux gouvernements, notamment celui de l’Italie, n’affrontent pas
sérieusement la question écologique dans laquelle il voit un véritable effondrement et dénonce la
politique de l’autruche des gouvernants.
Dans l’ensemble le texte proposé a été bien compris par les candidats.
Certaines copies sont très bonnes et manifestent un niveau satisfaisant de culture générale et
d’expression française et italienne.
Certains candidats ont rencontré des difficultés lexicales pourtant constituées par des mots courants
tels que le date, i dati, le date di scadenza.
Cette année nous constatons que certains candidats n’ont pas accordé une attention suffisante à
l’orthographe en français.
Lors du prochain concours les épreuves de version et de contraction seront remplacées par une
épreuve de synthèse rédigée en italien.
Nous conseillons aux candidats de faire preuve de rigueur et de précision dans l’expression et rap-
pelons que la réussite aux épreuves écrites et orales repose sur un travail de préparation consistant
en une lecture régulière de livres et de quotidiens italiens, une écoute attentive des radios et té-
lévisions italiennes et une connaissance approfondie de la grammaire et de la syntaxe acquise par
une fréquentation des cours confortée, quand cela est possible, par un séjour prolongé en Italie.
Les candidats tireront le meilleur profit d’une lecture attentive des rapports du jury sur les épreuves
des années antérieures.
Conclusions
Les performances des candidats sont satisfaisantes et le niveau général est, dans l’ensemble, sauf
exception, convenable.
Contraction
Présentation du sujet
Le texte intitulé « Les citoyens sont à la base de l’innovation » a trait au mouvement d’innovation
sociale et aux enjeux dont il est porteur.
Les candidats, sauf exception, sont parvenus à restituer le sens du texte de façon satisfaisante.
Les candidats doivent accorder une attention particulière au suivi régulier de l’actualité italienne
et internationale, et notamment aux grands phénomènes de société contemporains qui constituent
des gisements de sujets.
Il est du plus grand intérêt que les candidats se familiarisent avec le vocabulaire portant sur ces
différents domaines.
Conclusions
Portugais
Présentation du sujet
L’article proposé, « No centro do Rio, com o poeta que votou nulo e depois se zangou », composé de
404 mots, adapté d’un article publié dans le journal portugais Público le 29 octobre 2010, portait
sur les élections présidentielles au Brésil, et plus particulièrement sur l’attitude du poète Carlito
de Azevedo qui explique comment, s’étant abstenu au premier tour, il a fini par voter pour Dilma.
Il compare ainsi les deux candidats, Dilma Rousseff et José Serra, et commente notamment la
manière dont Dilma a été traitée, et par les sites internets, et par son rival. C’est aussi pour le
poète l’occasion de nous livrer sa vision du Brésil, non préparé, selon lui, à la croissance économique
que connait le pays.
Les champs lexicaux de la sphère politique et économique étaient donc privilégiés, mais ne présen-
taient pas de difficulté particulière ; les trois expressions qui ont donné lieu au plus grand nombre
de fautes sont é uma inutilidade anular (« il est inutile de voter blanc ») perder para uma mulher
(« perdre face à une femme », et non « pour une femme ») et a gente faz uma frente popular (a
gente devait être rendu par la tournure impersonnelle « on »).
L’épreuve de contraction croisée a été bien réussie, les notes s’échelonnant de 08/20 à 17/20, et la
plupart des candidats ont obtenu entre 12 et 15. La note la plus basse reflète l’absence de maitrise
des règles de cet exercice : en effet, le candidat a procédé à un résumé trop général, alors que le
texte de base décrivait un contexte et des exemples précis auxquels il fallait un tant soit peu faire
allusion.
Version
Comme dans toute épreuve de version, il faut veiller à respecter le sens du texte et à soigner la
mise en français. Ci-dessous les fautes les plus fréquemment relevées :
Contresens
− opções que vão além disso traduit par « des résultats qui ne vont pas plus loin que ça », alors
que cela voulait dire justement l’inverse.
− tudo o que li na internet convencendo-me a não votar na Dilma (« tout ce que j’ai lu sur internet
et qui m’a convaincu de ne pas voter pour Dilma ») traduit par « . . .et qui m’a convaincu de
voter pour Dilma ».
Barbarismes
− « a *coalité » pour colidiu (qui signifiait : « s’est heurté à », « a été confronté à »).
Construction
− attention à l’usage des prépositions, qui diffère souvent d’une langue à l’autre : si on trouve en
portugais satisfeito com, convencer alguém a fazer alguma coisa, contribuir para il faut dire en
français « satisfait de », « convaincre quelqu’un de faire qqch », « contribuer à ».
− zangar-se com a été traduit soit par « se fâcher avec », qui signifie « se brouiller avec qq’un »,
soit par « se fâcher contre », qui signifie « se mettre en colère contre qqu’un ». C’était cette
dernière construction qu’il fallait ici employer.
− il faut dire « s’offrir/se donner/se payer le luxe d’être anarchiste » (construction transitive) et
non « se donner au luxe de. . . »
− « je doute que Serra parle/ parlerait de la sorte. . . » alors qu’il fallait écrire « eût parlé ».
Grammaire
− « que *c’est-il passé » au lieu de « que s’est-il passé » ; « s’est *mit en colère » au lieu de « s’est
mis en colère » ; « les personnes qui *créées » au lieu de « créent » ; « les choses que j’ai lues »
(les participes passés ont été souvent mal accordés)
− « Lula et Dilma ne sont pas *pareil » (au lieu de « pareils ») ; des choses *telle qu’une vidéo
(au lieu de « telles qu’une »)
Impropriétés
Faux sens
− que interessa realmente traduit par « ce qui est réellement intéressant » ou « ce qui intéresse
vraiment », alors que cela voulait dire « ce qui est réellement essentiel/important ».
Maladresses
− « représente rester avec l’option la plus rentable » (dire plutôt « garder l’option la plus ren-
table »).
− « la manière irrespectueuse avec laquelle elle est traitée » (il faut dire « dont elle est traitée »).
Orthographe
− inutile
− prenaient
− possibilités
À ces fautes s’ajoutent celles qui résultent d’une lecture trop rapide du texte de départ, d’une
relecture trop imprécise : leitor traduit par « auteur » au lieu de « lecteur » ; « la moitié de ce
que consomme » pour o que consome um americano médio (qui signifie : « ce que consomme un
Américain moyen ») ; Dilma qui devient « Dima ». . .
Cette liste de fautes, non exhaustive, montre clairement qu’une révision des bases grammaticales
s’impose pour une bonne partie des candidats, tout comme une relecture attentive de la traduction.
Nous ne saurions également que trop recommander de lire tout au long de l’année la presse française
et la presse en langue portugaise.
Contraction
La plupart des candidats maitrisent bien l’exercice : ils ont fait preuve d’un bon esprit de synthèse
et ont veillé à construire le résumé de manière cohérente, en allant du général au particulier. C’est
la maitrise de la langue portugaise qui a le plus souvent fait perdre des points. Nous rappelons, par
exemple, que « citoyens » se dit cidadãos ; que « gouvernements » se dit governos ; que « cerveaux »
se dit cérebros ; que la construction para que exige le subjonctif ; que « l’incapacité à faire qqch »
se traduit par incapacidade de fazer alg. coisa.
Attention aux hispanismes récurrents : on trouve en au lieu de em, más au lieu de mais. . . ; conseguir
se construit sans préposition.
Conclusions
Plus que la compréhension de la langue portugaise, c’est la maitrise de la langue française qui s’est
révélée être parfois insuffisante dans l’épreuve de version. Quant à la contraction croisée, l’esprit
de synthèse, la reformulation des arguments et la correction de la langue sont les compétences-clés
requises. Dans les deux cas, de bonnes bases grammaticales et lexicales sont donc indispensables,
et ne peuvent être acquises qu’au cours d’un entrainement régulier et sérieux.
Russe
Version
Le texte proposé était un article de journal sur un phénomène de société, qui ne devait pas poser
beaucoup de problèmes de compréhension. Rappelons encore que la version est un exercice de mise
en français qui doit évidemment rendre le sens du texte original sans le trahir, mais qui doit aussi
montrer l’aptitude du candidat à transposer les realia d’un pays à l’autre et les tournures d’une
langue à l’autre.
De très rares candidats n’ont pas bien compris le texte, et les contre-sens ou non-sens ont dû être
sanctionnés. À l’inverse d’autres candidats n’ont rencontré aucune difficulté pour la compréhension,
mais n’ont pas su rendre un texte en français correct, enchainant les fautes d’orthographe avec les
solécismes et les mal-dits avec les lourdeurs de style.
Aussi a-t-il été tenu compte positivement de l’élégance du style et négativement des maladresses,
lourdeurs ou inexactitudes. Des textes ont pu être bien compris mais très maladroitement traduits :
par exemple, «полугодие» sera mieux rendu en français par « semestre » que par « moitié d’année »,
«работодатель» par « employeur » que par « donneur d’emploi », «учителя» gagnait à être traduit
par « professeurs » ou « enseignants » et non par « instituteurs », qui réduit le sens et la portée
générale de la phrase. De même on peut parler de la « sortie de crise de la Russie » et non de la
« sortie de la Russie hors de la crise ». Enfin, les termes historiques doivent être rendus par leur
équivalent communément utilisé, ici «застой» ne pouvait être traduit que par « stagnation ».
Nous ne multiplierons pas plus les exemples, mais les candidats doivent savoir que le niveau est
élevé et que la sélection se fait aussi sur ces critères.
« Sur le marché du travail, l’intelligence n’a plus la cote. Les garçons de café
battent à nouveau les ingénieurs.
En URSS, un serveur travaillant dans le pire débit de boissons gagnait déjà beaucoup plus
qu’un ingénieur ou un professeur.
Visiblement, c’est parce que la sortie de crise en Russie passe par une brusque augmenta-
tion du nombre des bars, et simultanément par un « gel » — si ce n’est une réduction —
des emplois dans les secteurs de l’éducation, du bâtiment ou de la production. Du reste, la
victoire des barmans sur les ingénieurs nous oblige à nous souvenir des années de la stag-
nation soviétique ; en effet, l’état du marché du travail reflète toujours exactement l’état de
l’économie. . .
L’ingénieur ou le pédagogue ressentent bien que leur profession est de moins en moins
demandée. C’est pourquoi les gens ne conseillent plus à leurs enfants de faire des études
d’ingénieur, . . . alors que du haut des tribunes officielles, on déclare que le pays a besoin de
spécialistes qualifiés (. . .)
Ce que ressentent les gens est bien reflété par les statistiques : l’indice de confiance des
Russes dans leur lendemain baisse (-4% de mai à aout). Pour comparaison, dans la zone
euro, cet indice a progressé de 6% pendant la même période. . . . La seule chose qui rassure
est que nos concitoyens ne se ruent pas sur le métier de barman, alors qu’on les y incite.
Mais ils essaient de se battre pour une place d’architecte ou d’ingénieur, même si le salaire
est moindre. Cela montre que le désir naturel des gens de se réaliser selon ses capacités et
d’atteindre une réussite professionnelle n’a pas encore définitivement disparu.
Contraction
Le texte commun à toutes les langues ne posait pas de problème spécifique pour un résumé en russe ;
le lexique courant et thématique classique ne nécessitant pas la connaissance d’un vocabulaire
particulier.
La technique du résumé semble connue des candidats et cette année, il n’y a pas eu de « commen-
taires » de textes. C’est essentiellement l’organisation des idées et le niveau de maitrise du russe qui
ont départagé les candidats : on exige du candidat qu’il puisse mettre en évidence l’articulation du
texte (exposé, arguments, illustrations), qu’il puisse utiliser un lexique approprié et qu’il connaisse
la grammaire (déclinaison, conjugaison, régime des verbes), les règles élémentaires de syntaxe et
de ponctuation, l’ordre des mots.
Il faut peut-être insister cette année sur la nécessité d’une bonne orthographe du russe. Les quelques
devoirs qui comportaient vraiment beaucoup de fautes (il fallait parfois lire à voix haute pour
comprendre), ont été ainsi pénalisés.
La nouvelle épreuve sera plus axée sur la maitrise du russe et la capacité de synthétiser des docu-
ments. Que les candidats n’oublient pas que l’épreuve de langue russe nécessitera toujours d’être
au courant des problèmes de la société contemporaine russe — dans tous ses aspects et domaines
— et que, pour la préparer avec profit, ils doivent lire non seulement la presse russe, mais aussi la
presse française et les articles qui sont consacrés à la Russie.
Épreuves orales
Filière MP
Épreuves orales
Mathématiques 1 2–17
Mathématiques 2 2–21
Physique 2–29
Chimie 2–35
Allemand 2–45
Anglais 2–47
Arabe 2–51
Chinois 2–53
Espagnol 2–56
Italien 2–58
Portugais 2–59
Russe 2–61
Les histogrammes suivants donnent la répartition des notes des candidats présents. Les traits
continus (rouge) matérialisent les quartiles et le trait pointillé (bleu), la moyenne.
TIPE
88
69 70
56
49
46
41
31
28
17 16
12
10
7
2 3
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Mathématiques 1
167
164
135
127 128
113 113
108 108
104
97
86
80
68
64
47
39
31
13
8
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Mathématiques 2
187
178 180
152
142 140
134
131
105
87
73
65
58
51
35 37
32
12
5
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Physique 1
180
168
160
148 149
136
128
120
116
105
96
86
58
52
40
24
21
14
6
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Physique 2
214
186
170
162 162
140
133
115
108
94
82
69
60
44
24
20
11
8
3
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Chimie
158 160
156
136
127
122 124
119
111
107
97
94
70
67
40 39
29
25
13
1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
190
181
171
157 159
153
146
128
114
81
67
57
45
40
30
24
17
13
3 5
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Langue vivante 1
160
155 156 155
145
125
114
109 109
102
99
74
68
56
51
39
35
25
11
5
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Allemand
24
21 21
19
17
15
12
11
9 9
8
3 3
2
1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Anglais
137
132
130
128
126
112
99
93 94
85
75
71
50 50
35 34
25 26
11
5
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Arabe
10
6 6
3 3 3
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Chinois
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Espagnol
1 1 1 1 1 1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Italien
1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Russe
1 1 1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Langue vivante 2
100
94
74
63
54
35 35
31 31
29
19
17 16
10
8 8
6 5
2 3
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Allemand
24
22
18
13
9
8
6
5 5
4
3 3
2 2
1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Anglais
27
25
17 17
13
12 12
10
8
7
6 6
5
4
1 1 1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Arabe
2 2 2
1 1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Chinois
1 1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Danois
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Espagnol
45
42
36
33
24
15 15 15
13
10
8
6 6
4
2 2 2
1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Hongrois
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Italien
3 3
2 2
1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Japonais
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Polonais
2 2
1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Russe
2 2
1 1 1 1
.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Mathématiques 1
Présentation de l’épreuve
Elle porte sur la totalité du programme de mathématiques des classes de MPSI et de MP. Les
sujets posés utilisent l’ensemble des connaissances au programme tout en respectant le cadre de ce
dernier.
Les calculatrices sont autorisées.
L’épreuve consiste, à travers un voire deux exercices, avec des questions de difficulté progressive,
à tester les capacités de raisonnement, de réactivité et de communication du candidat et à vérifier
sa maitrise des théorèmes fondamentaux du programme. Il n’existe pas de points marginaux dans
le programme.
Après une préparation personnelle d’une demi-heure, le candidat expose les résultats qu’il a trouvés.
L’examinateur intervient pour évaluer au mieux le candidat c’est-à-dire soit pour le dépanner, soit
pour le corriger, soit pour vérifier les connaissances, soit pour approfondir une question. . .
Le jury tient à privilégier les capacités du candidat à raisonner et non ses connaissances encyclo-
pédiques. Le jury renouvelle de manière importante ses exercices chaque année et au sein d’une
même session il est inutile de chercher à bachoter les exercices donnés les jours précédents. Dans
le même esprit, le jury retirera au fur et à mesure de sa liste les grands classiques du moment. Il
est en effet surprenant de voir certains candidats capables de résoudre des exercices difficiles, mais
qui n’en ont pas compris la preuve ou qui montrent par ailleurs des lacunes considérables dès que
l’on pose d’autres questions. Par contre un candidat qui a eu du mal à commencer son exercice
mais qui montre une grande réactivité aux remarques de l’interrogateur et des bases solides peut
obtenir au final une note tout à fait honorable.
De même, le jury peut tout à fait comprendre qu’un candidat avec le stress écrive une erreur plus ou
moins grossière, par contre, il attend que celui-ci s’en rende compte par lui-même. Un candidat qui
sur la base de résultats complètement incohérents ou de calculs faux parvient au résultat attendu
(coute que coute) est fortement sanctionné.
Résultats globaux
Le jury a pu constater une importante disparité de niveau parmi les candidats. Environ 25%
(note supérieure à 15) des candidats ont montré des connaissances et une réactivité solides en
mathématiques. À l’inverse, 25% (note inférieure à 8) ont montré une grande fragilité dans leur
raisonnement et des lacunes importantes dans les connaissances.
Les 50% restant se répartissent de manière assez homogène entre ces deux extrêmes.
Analyse détaillée
Logique
Les problèmes les plus graves sont ceux liés à la logique élémentaire et au raisonnement. Ils touchent
peu de candidats de manière importante, mais la confusion entre conditions nécessaires et condi-
tions suffisantes (qui s’avère souvent plutôt un problème de langage que de compréhension) lors
d’invocation de théorèmes du programme n’est pas une rareté.
L’écriture claire de la propriété lors d’une récurrence non triviale est indispensable : la récurrence
peut ne pas marcher si elle est mal posée (le problème essentiel étant de savoir ce qui est fixé hors
de l’hypothèse de récurrence, et comment quantifier les paramètres apparaissant dans l’hypothèse).
Le jury a eu bien des surprises à ce propos par exemple pour démontrer que si on se donne une
famille quelconque d’endomorphismes diagonalisables commutant deux à deux alors il existe une
base commune de diagonalisation.
Géométrie
La géométrie, différentielle ou non, pose toujours trop de problèmes. Rappelons que l’on pose
toujours quelques études d’arcs par exemple. Ces études devraient être plutôt faciles et garantir une
note honorable, mais s’avèrent en fait moins bien traitées que des problèmes plus théoriques. Notons
une n-ième fois que, parmi d’autres choses, il faut savoir calculer une courbure et l’interpréter.
La notion de convexité d’une partie, le lieu des barycentres à coefficients positifs, le calcul de poids,
sont trop peu connus.
Analyse
On constate une grande méconnaissance de la définition des fonctions C k par morceaux, l’erreur
consistant évidemment à oublier les hypothèses de prolongements C k .
Le résultat bien utile disant que si f est dérivable sur ]a, b], continue en a, et que f 0 converge
en a, alors f est dérivable en a a posé bien des soucis. Au passage, rappelons que ce n’est pas
un théorème de « prolongement » de la dérivée comme certains le disent. Les théorèmes généraux
de seconde année (séries numériques, de fonctions, de Fourier, entières, intégrabilité, intégrales à
paramètres, etc. . .) sont eux assez bien connus.
Mais il faut avant toute chose regarder ce que donnerait l’application de ces théorèmes avant de
chercher à en vérifier les hypothèses. Ainsi, chercher une domination pour appliquer le théorème
de convergence dominée avant d’avoir vérifier la convergence simple, et que la limite simple est
intégrable, est une absurdité. Mais cela a été vu. . .
Bien des erreurs ont été commises dans diverses formules (Taylor avec reste intégral, produit scalaire
avec les coefficients de Fourier,. . .) : il est indispensable que les candidats n’étant pas certains d’une
formule soient à même de la retrouver (produit scalaire formel pour Fourier, test pour n = 0, n = 1
pour Taylor, IPP si nécessaire,. . .).
Algèbre linéaire
Les résultats concernant la réduction sont assez bien connus (bien qu’on ait encore des « f dia-
gonalisable ssi χf est scindé à racines simples », etc. . .), mais l’usage de polynômes annulateurs
autres que le polynôme caractéristique ou le polynôme minimal est encore trop rare.
Algèbre générale
Conclusions
Le niveau global des candidats est satisfaisant. L’épreuve permet de bien distinguer les candidats
et complète utilement l’écrit. Le jury invite fortement les futurs candidats à prendre l’habitude de
s’interroger sur leur raisonnement et sur les résultats qu’ils viennent d’obtenir. Une démonstration
n’est pas nécessairement l’élément le plus important. Comprendre ce que l’on a fait et quelle peut en
être l’utilité est au moins aussi important. Par exemple, si un exercice invite le candidat à construire
une fonction logarithme sur les matrices, et donc que certaines propriétés doivent naturellement
être vérifiées, il semble raisonnable d’attendre du candidat qu’il s’en rende compte tout seul. À
l’opposé, l’apprentissage par cœur de la résolution d’un maximum d’exercices n’est pas le meilleur
moyen de réussir.
Conseils
Un bon oral est un oral où s’engage une discussion avec l’examinateur (sur les questions difficiles).
À ce titre, on conseille au candidat :
− de ne pas s’affoler s’il n’arrive pas à résoudre une question (surtout sur la fin du sujet) ;
− de proposer des méthodes de résolution (même s’il n’est pas certain qu’elles aboutissent) ;
Le jury déconseille :
Le temps imparti est court. Il est courant que la totalité de l’exercice ne soit pas traitée. Ce n’est
pas grave.
Le jury préfère voir un candidat résoudre une partie de l’exercice, citant les bons arguments et
détaillant son raisonnement plutôt qu’un candidat qui bâcle la résolution et fait semblant d’avoir
tout traité : l’expérience montre qu’alors de nombreux passages délicats et nécessitant des argu-
ments de rigueur passent à la trappe, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’impression laissée à
l’examinateur.
− Le but d’une épreuve orale est de permettre à l’examinateur de juger des connaissances et de
diverses capacités du candidat, pas impérativement de finir l’exercice donné. Un candidat peut
très bien avoir une bonne note sans finir ledit exercice.
− Une planche peut parfois comporter deux parties indépendantes. Les parties doivent être traitées
dans l’ordre. Il se peut très bien que la deuxième partie ne soit pas abordée. Il ne sera nullement
accepté qu’un candidat traite une deuxième partie sans avoir convenablement traité la première
partie.
− Il se peut très bien que l’examinateur, pour diverses raisons, abandonne l’exercice donné et
bifurque sur d’autres sujets. Cela ne présage nullement d’une mauvaise note. Il peut s’agir
plutôt de donner ses chances à un candidat qui cale visiblement sur un certain sujet.
− En début de présentation le candidat dira à l’examinateur ce qu’il a traité. Celui-ci lui dira quoi
présenter, et décidera de l’ordre de traitement des points non traités en donnant d’éventuelles
indications.
− Le temps est limité. Quand l’examinateur dit que c’est fini. . . c’est fini. Inutile d’essayer de
grappiller quelques minutes pour finir quelque chose.
− Le candidat n’utilisera que les brouillons fournis, et les rendra à l’examinateur, avec le sujet,
en fin de passage.
Mathématiques 2
Présentation de l’épreuve
Les candidats sont désormais bien au fait de la forme de l’épreuve : après une demi-heure de prépa-
ration avec accès libre au logiciel Maple ou Mathematica, la seconde demi-heure d’Oral est partagée
entre l’étude des résultats obtenus sur l’ordinateur et la résolution des questions mathématiques au
tableau. Elle comporte un exercice unique de mathématiques, plus ou moins long (ce qui ne préjuge
en rien de sa difficulté). Une des questions, placée généralement en début d’exercice, est à traiter
obligatoirement avec le logiciel, son objectif étant par exemple de suggérer une conjecture, ou de
se faire une idée sur un exemple des résultats démontrés dans la suite de l’exercice. L’utilisation de
l’ordinateur pour d’autres questions (pour un calcul auxiliaire sur lequel on peut gagner du temps
pour avancer sur les questions théoriques, par exemple la visualisation du graphe d’une fonction,
un calcul de coefficients de Fourier, une base de l’image d’une application linéaire. . .) est laissée à
l’appréciation du candidat, l’examinateur pouvant bien sûr dans ce cas demander éventuellement
une preuve explicite ; mais qui appréciera en général cette marque d’autonomie.
Rappelons que si cette épreuve est d’abord une épreuve de mathématiques, savoir utiliser le lo-
giciel (il faut connaitre les commandes usuelles qui reviennent systématiquement, sans qu’aucune
dextérité particulière ne soit exigée. . .) est indispensable et participe largement à l’établissement
de la note finale.
Il est donc vivement conseillé d’avoir abordé substantiellement pendant la préparation, la ou les
questions dans laquelle le logiciel est imposé, en particulier si cela doit permettre de formuler
une conjecture utile pour l’exercice. Une résolution même satisfaisante des questions strictement
mathématiques n’assurera pas, à elle seule, une bonne note, loin s’en faut, s’il s’est avéré que le
candidat échoue avec l’utilisation du logiciel, a fortiori s’il montre qu’il trébuche sur les commandes
les plus usuelles : cela ne s’apprend pas en regardant fébrilement des pages d’aide en ligne le jour
de l’épreuve, mais par un côtoiement régulier du logiciel tout au long de l’année. . .
Attention à ne pas mal interpréter ce qui vient d’être dit : le jury est bien conscient qu’il n’est
pas question de connaitre les subtilités des innombrables commandes proposées par le logiciel, et
l’usage de l’aide en ligne est tout à fait naturel en cours d’épreuve bien sûr, surtout dès qu’il s’agit
de commandes évoluées utilisant de nombreux paramètres !
Étant une épreuve orale, il importe aussi d’insister sur la nécessité de savoir prendre la parole,
d’écouter et de réagir aux indications de l’examinateur qui n’est pas là pour tendre des pièges mais
pour voir la réactivité du candidat en panne d’idée, de savoir gérer le tableau sans le couvrir de
calculs ou d’énoncés qui peuvent aussi bien être exprimés de vive voix. . .
Savoir distinguer fonctions et expressions, savoir créer et manipuler les séquences, listes et en-
sembles. . . Le recours à ces objets est constant, et ne pas savoir les construire ou les reconnaitre
est un handicap difficilement surmontable. Un candidat qui, dès le départ, ne sait pas fabriquer
une fonction ou une séquence (situation hélas encore trop vue cette année), aura beau se réfugier
derrière le camouflage de l’écriture d’une procédure (cf ci-dessous), il échouera à obtenir le moindre
résultat.
Il est souvent demandé d’afficher des « séquences » de résultats numériques (les 20 premiers termes
d’une suite récurrente, la valeur du déterminant d’une matrice A (n) pour n de 2 à 10, le tracé
des 10 premières fonctions d’une suite (fn ). . .) : l’usage des commandes seq (Maple) / Table
(Mathematica) est pratique et doit être un réflexe.
Avec une fonction ou une expression, il est attendu que le candidat sache évaluer cet objet. Il faut
trop souvent proposer de faire une substitution pour évaluer une expression !
Nous conseillons par exemple de s’entrainer à écrire le code pour calculer les 10 premiers termes
d’une suite de fonctions construite par récurrence : par exemple avec une forme intégrale, un schéma
du type suivant :
∫ b
f0 = f et pour n ∈ N : fn+1 (x) = fn (t) φ (x, t) dt
a
ce qui n’est pas sans quelques pièges de programmation, mais est évidemment souvent rencontré
dans les exercices.
Il est parfois demandé explicitement d’écrire une procédure (toujours courte et simple) parce que
l’objet créé sera manipulé dans d’autres questions au cours de l’épreuve. Mais hors cette situation,
il faut savoir que c’est rarement une nécessité. Pourtant beaucoup de candidats se réfugient par un
réflexe qui semble incontournable, dans l’usage immodéré de procédures en cascade ce qui conduit,
force est de le constater, à un château branlant qui ne produit aucun résultat au final. . . alors
qu’une l’écriture d’une simple boucle, d’une fonction avec des commandes données directement
par le logiciel conduit immédiatement au résultat (exemple extrême mais rencontré : écrire une
procédure pour créer la fonction « factorielle »). De la même façon que le candidat a perdu trop
de temps à écrire ses procédures pendant la préparation, on perd de nouveau trop de temps lors
de la partie orale de l’épreuve à rechercher les erreurs de programmation et on doit souvent passer
à la suite des questions proposées.
Les candidats qui souhaitent écrire des procédures récursives, souvent très bien adaptées en effet,
doivent savoir maitriser leur syntaxe.
En résumé, cette épreuve n’est pas une épreuve d’algorithmique et de programmation, mais d’uti-
lisation d’un logiciel de calcul formel.
Il faut savoir que les commandes de « résolution » s’appliquent à des équations (différentielles)
scalaires ou des systèmes d’équations (différentielles) scalaires. Ainsi en algèbre linéaire, si on
apprécie que beaucoup de candidats savent désormais entrer une matrice avec une fonction défi-
nissante des coefficients, trop espèrent par exemple qu’en demandant : solve(AX − XA = 0, X),
le logiciel permettra de déterminer toutes les matrices qui commutent avec la matrice A.
Une autre nécessité après l’usage d’une commande solve / NSolve, ou dsolve / DSolve est de
savoir affecter les résultats à l’objet inconnu (un polynôme, une matrice. . . dont le logiciel aura
justement obtenu les coefficients, ou la solution d’une équation différentielle) car on veut pouvoir
manipuler cette solution pour la suite de l’exercice.
Il faut aussi bien lire l’énoncé et ne pas demander un résultat exact quand on demande des valeurs
approchées (fsolve / NSolve), savoir préciser un intervalle de résolution, être vigilant si le logiciel
renvoie une seule valeur pour ne pas affirmer catégoriquement que l’équation proposée n’admet
qu’une seule solution.
Pour un exercice étudiant une équation différentielle, il est rare d’espérer obtenir (dans les exercices
proposés) la solution demandée avec les fonctions usuelles du programme ; l’usage des commandes
dsolve(. . ., numeric) / NDSolve permet d’obtenir des valeurs numériques de la solution recher-
chée, ou de faire un tracé (cf ci-dessous).
Tracés
Il faut savoir tracer des objets (courbes ou surfaces) paramétrés ou définis implicitement ; savoir
superposer plusieurs graphes de même « nature » ou de natures différentes.
Pour les équations différentielles, il est indispensable de savoir tracer une solution avec conditions
initiales (par exemple avec Maple, en choisissant entre les commandes DEplot (de DEtools), ou
odeplot si on a utilisé un dsolve(. . ., numeric)).
Notons en géométrie que l’idée de pouvoir mener des calculs techniques, bien pratiques avec le logi-
ciel, par exemple pour déterminer l’intersection de deux droites, ou d’une droite et d’une conique,
rebute la plupart des candidats qui préfèrent mener les calculs « à la main ».
Nous reproduisons comme les années passées, et pour faciliter la bonne préparation à cette épreuve,
une liste placée en annexe, des « savoir-faire » qui sont régulièrement utilisés, et dont on attend
que les commandes usuelles nécessaires pour leur mise en œuvre soient connues.
En algèbre et géométrie
Plusieurs exercices sont proposés chaque année en arithmétique sur Z, Z/nZ. La notion de groupe
cyclique, la détermination des inversibles de l’anneau Z/nZ ne sont pas toujours bien connues.
Signalons une opportunité du logiciel de calcul formel, valable aussi pour l’arithmétique dans
K[X], de donner un « couple de Bézout » sans mettre en œuvre l’algorithme d’Euclide.
L’algèbre linéaire est naturellement abordée par le point de vue « matriciel » avec le logiciel de
calcul formel. Par contre il est en général nécessaire de passer au point de vue « vectoriel » avec les
applications linéaires pour aborder les questions théoriques. Cela éviterait d’entendre trop souvent
la formulation : « dans la nouvelle base, la matrice A s’écrit. . . ». À une demande de précision sur
les formules de changement de bases, on reçoit souvent une réponse erronée.
Dans la « formule de la comatrice », beaucoup ne voient qu’un outil pour expliciter une matrice
inverse, mais en oublient la validité générale, ainsi que le caractère permutable d’une matrice carrée
et de la transposée de sa comatrice (justement oublié car on ne pense qu’au cas inversible ?).
Si le « théorème de décomposition des noyaux » est désormais assez bien repéré, l’usage des restric-
tions à des sous-espaces stables n’est pas assez naturel ; et les justifications de stabilité sont souvent
laborieuses ; il n’est pas inutile de disposer dans sa tête d’une liste de résultats élémentaires du
cours concernant les sous-espaces stables.
Le cas des suites récurrentes reste de façon surprenante et comme les années précédentes, délicat,
même pour une récurrence usuelle un+1 = f (un ) dans R. Outre qu’une visualisation schématique,
au tableau, du comportement dans ce cas usuel n’est pas naturelle, la lecture de résultats suggérés
par le logiciel n’est pas bien exploitée : monotonie, deviner une majoration facile de un . . . La
recherche et la manipulation d’équivalents ou de développements asymptotiques est laborieuse. On
a vu apparaitre l’idée inquiétante qu’un résultat asymptotique se traduit par une « égalité à partir
1 1
d’un certain rang » (égalité sans terme o) : autrement dit, un ∼ √ s’écrit un = √ !
+∞ n +∞ n
Intégration
L’importance de la convergence normale pour assurer une convergence uniforme est mal mise en
valeur, et les majorations sont imprécises, la faute classique étant d’obtenir un équivalent du terme
général un (x) qui par bonheur fait disparaitre le paramètre x et permet, croit-on, de conclure !
Avec les séries de Fourier, les hypothèses précises des théorèmes sont trop mal acquises. L’usage
du logiciel pour un calcul de coefficients de Fourier est classique et pourtant rarement satisfaisant ;
par exemple, trop de candidats ne cherchent pas à simplifier les cos (nπ) ou sin (nπ) renvoyés et
n’hésitent pas à les conserver au tableau. . . et ne savent d’ailleurs pas comment simplifier cela avec
le logiciel !
Pour les séries entières, l’énoncé demande souvent l’aide du logiciel pour avoir une idée de l’ordre de
grandeur des coefficients (an ), ou (an /n!), mais rares sont pourtant ceux qui tirent une conclusion
satisfaisante de l’observation du calcul approché de termes de ces suites !
L’affirmation qu’une série entière converge uniformément sur le disque ouvert de convergence résiste
au fil des années. . .
Équations différentielles
Il semble pour les candidats, que le cas des équations différentielles linéaires soit trop simple pour
mériter aucune justification ; même si l’énoncé ne pose pas de question explicite, on attend que le
choix de l’intervalle de résolution, la dimension de l’espace des solutions soient indiqués directement
en abordant ces questions.
Calcul différentiel
Même pour les candidats qui connaissent la définition de la différentielle en un point, son usage, le
lien avec la matrice jacobienne ne sont pas bien perçus. Pour les questions d’extrémas, dans le cas
de 2 variables, la signification du « rt − s2 » est parfois mystérieuse, et la formule de Taylor-Young
souvent erronée. Le jeu des arguments de topologie et de calcul différentiel est rarement utilisé sans
une aide explicite de l’examinateur.
Géométrie différentielle
L’écriture d’une équation de tangente ou de normale à une courbe plane est parfois une question
périlleuse. L’étude d’une courbe paramétrée définie par une fonction complexe t 7→ z (t) désarçonne
certains candidats au lieu de les aider, qui préfèrent se rassurer avec les parties réelle et imaginaire
x(t), y(t), et ne voient pas l’intérêt de manipuler module-argument pour obtenir les fonctions
angulaires utiles à l’étude métrique ! Pour une surface définie par une équation cartésienne, le rôle
du vecteur gradient est parfois méconnu.
Conclusions
Cette liste de remarques ne doit pas cacher un bilan général de l’épreuve qui est globalement
satisfaisant et de nombreuses prestations brillantes ont mérité une note supérieure ou égale à 18 !
Elle vise à encourager les étudiants à mieux se préparer à cette épreuve, en particulier à l’usage
du logiciel de calcul formel, dont l’apprentissage doit se faire tout au long des deux ou trois années
de classe préparatoire ; ce n’est pas avec un survol rapide des commandes apprises quelques jours
avant l’oral du Concours qu’on pourra réussir cette épreuve, mais par une pratique régulière du
calcul formel.
Une liste d’exercices posés cette année est disponible sur le site du Concours.
− savoir calculer le quotient, le reste dans une division euclidienne dans Z, dans Q [X]� ; savoir
travailler « modulo n » ;
− savoir factoriser (dans Q [X] et éventuellement dans une extension simple suggérée par l’énoncé),
développer, ordonner un polynôme ;
− savoir obtenir tous les coefficients, ou des coefficients précis d’un polynôme ;
− savoir déterminer les racines d’une équation (algébrique ou non) de façon exacte, de façon
approchée ;
− savoir déterminer une valeur approchée d’une racine localisée dans un intervalle ;
− savoir décomposer une fraction rationnelle en éléments simples dans Q (X) (éventuellement
dans une extension simple de Q suggérée par l’énoncé).
Calcul matriciel
− savoir construire une matrice dont les coefficients sont donnés par une formule fonction du
couple (i, j), et dont la taille peut être variable (il ne peut être question de se limiter à savoir
entrer une matrice 3x3 par ses neuf coefficients) ;
− savoir calculer des produits matriciels, créer une matrice diagonale et a fortiori la matrice
identité, former la transposée ;
− savoir calculer le rang, le noyau ou l’image (en obtenant une base de ces sous-espaces) ;
− savoir calculer le polynôme caractéristique d’une matrice carrée, ses valeurs propres, ses vecteurs
propres ;
− savoir résoudre une équation d’inconnue matricielle (après l’avoir transformée en un ensemble
d’équations scalaires d’inconnues les coefficients) ;
− savoir composer des fonctions (ou des opérateurs), calculer des dérivées d’ordre supérieur à un ;
− savoir calculer un développement limité, savoir extraire la partie régulière d’un tel développe-
ment ;
− savoir calculer une intégrale de façon exacte, de façon approchée, faire un changement de
variable ou une intégration par parties ;
− comprendre pourquoi le logiciel n’affiche pas toujours une limite explicite, ou le résultat d’un
calcul d’intégrale, par manque d’information sur la nature d’un paramètre introduit : savoir
préciser à quelle partie de R il appartient (entier, réel positif. . .).
− savoir expliciter les premiers termes (de façon exacte ou approchée) d’une suite numérique, ou
d’une suite de fonctions, en particulier lorsqu’elle est définie par récurrence ;
− savoir visualiser sur un même schéma les premiers termes d’une suite de fonctions.
Équations différentielles
− savoir résoudre une équation différentielle, un système d’équations différentielles, avec ou sans
conditions initiales ;
− savoir tracer directement le graphe d’une solution obtenue par résolution numérique.
Graphisme
On a déjà évoqué le tracé de fonctions d’une variable réelle, de solutions d’une équation différen-
tielle :
− savoir tracer une courbe du plan, définie par un paramétrage, ou en coordonnées polaires, ou
par une équation cartésienne (de façon implicite) ;
− savoir tracer une surface définie par un paramétrage, ou par une équation cartésienne ;
− savoir visualiser un ensemble de points, sous forme d’une ligne polygonale ou non.
Physique
Présentations des épreuves
Physique I, Physique II
Chaque candidat admissible aux oraux du concours passe deux épreuves orales, dites Physique
I (sans support informatique) et Physique II (avec support informatique). Le programme des
interrogations est constitué de la réunion des programmes officiels des classes préparatoires MPSI
et MP dans leur intégralité, y compris la rubrique « Travaux Pratiques - connaissances et savoir-
faire exigibles ».
Chacune de ces deux épreuves débute par la remise au candidat d’un sujet comportant un exercice
(au maximum un recto au format A4) et éventuellement, pour l’épreuve de Physique II seulement,
d’un logiciel associé. Il peut s’agir, selon le cas, d’un logiciel de simulation (tracé de courbes,
simulation d’expériences, etc.) ou d’une feuille de calcul formel (proposée en fonction des indications
du candidat qui a, lors de son inscription, indiqué le logiciel utilisé en cours d’année).
L’organisation de l’oral est telle que les deux exercices proposés à un même candidat lors des deux
épreuves de Physique ne portent pas sur la même partie du programme, quel que soit l’ordre dans
lequel les deux épreuves sont passées.
Chaque épreuve orale dure en totalité une heure. Le sujet une fois remis au candidat, celui-ci dispose
de 25 minutes (environ) pour sa préparation. Pendant celle-ci, il peut disposer de sa calculatrice
et, en Physique II, d’un logiciel de calcul formel.
Quelques généralités
L’objectif de l’épreuve orale est l’évaluation du candidat, selon les critères fixés par les écoles. La
résolution plus ou moins complète du sujet proposé en début d’épreuve n’est donc une condition ni
nécessaire, ni suffisante à l’obtention d’une bonne note ! Le jury évalue l’ensemble de la prestation
de chaque candidat (quels que soient l’exercice à traiter et l’interrogateur qui l’évalue), sur la base
des critères détaillés dans la suite de ce rapport.
Les notes attribuées à l’issue d’une épreuve orale de Physique peuvent s’étendre de 0 à 20 ; près
de la moitié des candidats reçoit effectivement des notes significativement hautes (15 et plus) ou
basses (9 ou moins) : le jury entend ainsi valoriser les bonnes prestations (combinant qualités de
forme et de fond, cf. ci-dessous) mais aussi sanctionner des candidats mal préparés ou proposant
une prestation terne ou confuse.
Pour résumer les exigences du jury, les conditions de la réussite sont de bien gérer la prestation
orale : une bonne préparation suivie d’une présentation dynamique et bien organisée valorisent
les qualités du candidat.
Faute d’avoir rempli cette condition, il n’est pas possible d’obtenir une très bonne note. Le bon
déroulement de l’oral est pratiquement impossible pour ceux qui ne remplissent pas la première,
et ils obtiennent alors logiquement une note faible ou très faible.
La phase de préparation n’est pas évaluée en tant que telle. Le candidat dispose, pendant cette
période, de brouillons qu’il peut ensuite utiliser au tableau ; ceux-ci sont détruits à l’issue de
l’épreuve par l’examinateur qui n’en prend pas connaissance. L’épreuve orale n’est pas une
répétition de l’écrit et il semble au jury que certains candidats perdent leur temps de préparation
en tentant de rédiger, dans l’ordre, des réponses formalisées aux questions de l’énoncé.
Qu’il nous soit permis de proposer ici quelques conseils aux étudiants candidats à la prochaine
session du concours pour cette phase de préparation :
1. lire le sujet en entier pour déterminer les buts de l’exercice proposé, les thèmes abordés, les
liens avec le programme, etc. ;
2. lorsque le sujet comporte une partie informatique (Physique II), prendre connaissance des
simulations et/ou de la feuille de calcul formel pour dégager le lien avec les questions posées
dans le sujet ;
4. mettre en évidence les paramètres pertinents et faire un récapitulatif des méthodes (équa-
tions) à proposer pour la résolution de chaque étape ;
5. préparer enfin une présentation cohérente, incluant en particulier une présentation initiale
de l’épreuve.
Dès qu’il passe au tableau, le candidat doit, de sa propre initiative, proposer une présentation du
sujet traité. Sans paraphrase, le jury attend ici une reformulation concise (une ou deux minutes
peut-être) de l’énoncé, accompagnée par exemple d’un schéma clair et précis (qui pourrait servir
de référence tout au long de l’oral), d’un rappel des hypothèses proposées par l’énoncé ou par le
candidat lui-même, et de leurs conséquences.
Trop de candidats débutent sans aucune introduction (« C’est un exercice d’optique, j’ai commencé
par la première question »), souvent en écrivant au tableau des formules dont le jury ne connait ni
l’origine ni les conditions d’emploi (« J’ai appliqué l’équation de la chaleur »).
Au contraire, si une bonne introduction précède l’exposé lui-même, l’examinateur sait tout de suite
sous quel angle le candidat a envisagé de traiter le thème proposé et ce qu’il a fait (ou pas) pendant
la préparation. Chacun est ainsi à même de jouer au mieux son rôle dans la suite de l’épreuve :
l’examinateur est prêt à valoriser le travail du candidat et, si nécessaire, à le guider ou l’assister ;
le candidat peut alors entamer le dialogue nécessaire au bon déroulement de la suite de l’épreuve.
Autonomie et dynamisme
L’étudiant doit prendre l’initiative du dialogue qui s’établit nécessairement entre lui et l’examina-
teur, dès que ce dialogue est utile (il est inutile d’attendre une intervention systématique à chaque
ligne de calcul, ni un acquiescement à chaque résultat). Le temps de l’oral appartient au candi-
dat. Se tromper ou faire fausse route n’est pas grave si le candidat explique pourquoi il s’en rend
compte et comment il rectifie.
Le jury attend du candidat de la combativité sans excès de précipitation, de la réflexion plutôt que
des réflexes. Ainsi, il est normal de ne pas savoir résoudre n’importe quelle équation différentielle
mais considérer qu’un angle θ est « faible » lorsque les conditions initiales (explicites) ou la valeur
finale (évidente) sont par exemple θ = π/2 est mauvais signe : quand les automatismes remplacent
la réflexion, l’oral peut être sanctionné par une note très faible. . . même si l’exercice est résolu « un
peu par hasard ». A contrario, un candidat qui reste longuement silencieux, visiblement désemparé
devant son tableau, y perd son temps : il vaut mieux expliquer le problème rencontré, proposer
une idée et, surtout, savoir écouter et réagir.
Écoute et réactivité
Rares sont les candidats qui ne rencontrent pas, à un moment ou un autre de l’épreuve, un moment
de doute. C’est bien sûr dans ces moments que le dialogue avec l’examinateur devient essentiel.
Les remarques ou les questions posées aux candidats ont en général pour but de faire apparaitre
une erreur importante, ou de vérifier un point mal précisé. Le candidat doit tirer profit de ces
interventions pour rebondir.
Le jury attend au contraire du candidat une analyse de ses erreurs ou contradictions, moyennant
quoi il peut fournir au candidat l’indication ou la méthode qui lui permettra de reprendre son
parcours dans la résolution du sujet traité.
Rappelons ici qu’une question de Physique ne saurait se résumer à un calcul. La phrase « j’ai
obtenu cette formule » ne conclut rien, et le jury attend encore que le candidat, régulièrement
et spontanément, propose les applications numériques et les commentaires associés à son
résultat, par exemple :
− vraisemblance des résultats intermédiaires (signe, homogénéité, analyse d’un cas particu-
lier, lien avec d’autres résultats connus) ;
− pertinence du paramétrage (si une puissance dissipée dans un système de freinage par induc-
tion varie
/ en fonction du champ magnétique, de la vitesse de rotation et de la conductivité en
B 2 ω 2 γ, ce n’est sans doute pas par hasard) ;
− tracé d’une représentation graphique (avec des axes nommés et une insistance sur les parties
significatives du tracé) ;
− discussion des ordres de grandeur, avec si possible des références connues (certaines valeurs
numériques ne peuvent pas être ignorées d’un(e) futur(e) ingénieur(e)).
En général
La confusion entre énergie et puissance (que ces grandeurs soient totales, massiques, volumiques,
surfaciques) est fréquente.
Le régime sinusoïdal forcé ne se rencontre pas qu’en électricité ; l’utilisation des notations com-
plexes est alors, étrangement, beaucoup moins spontanée pour l’étude de transferts thermiques,
d’oscillations mécaniques ou de phénomènes d’induction.
En Physique II, l’emploi de l’ordinateur semble déplaire à certains, qui se pénalisent eux-mêmes.
Rappelons ici qu’aucune compétence informatique spécifique n’est évaluée au cours de cet oral, qui
reste une épreuve de Physique. Toutefois, on ne fait pas de Physique sans calcul, sans lecture du
sujet et écriture des solutions et… sans ordinateur, de plus en plus !
Électricité
L’étude d’un réseau électrique en régime harmonique ou transitoire doit être précédée d’une ana-
lyse fréquentielle qualitative en basses et hautes fréquences, ne serait-ce que pour repérer ensuite
d’éventuelles erreurs de calcul.
L’étude des réseaux linéaires amène à résoudre des équations linéaires ; l’analyse préalable des
symétries ou la recherche d’un nombre minimal de paramètres pertinents évite l’introduction de
notations superflues et l’inflation du nombre d’inconnues. De même, un choix précoce de notations
canoniques ou judicieuses (x = RCω par exemple) simplifie le travail du candidat. . . et celui de
l’examinateur.
Le tracé d’un diagramme de BODE n’est pas un but « en soi » ; il n’a d’intérêt que si le candidat s’en
sert (rôle d’un filtre, utilisation combinée à la décomposition d’une entrée périodique, etc.). Notons
ici que le calcul explicite des coefficients de Fourier d’un signal n’est pas forcément indispensable :
le jury préfèrera suivre une discussion argumentée sur le rôle de filtre, la valeur moyenne ou les
harmoniques essentiels, plutôt que des calculs d’intégrales plus ou moins bien menés.
Enfin, les termes de libre, transitoire ou forcé remplacent agréablement et utilement, s’ils sont
pertinents, ceux issus d’une analyse mathématique sans aspect concret (solution particulière ou
équation homogène par exemple). Le jury a parfois été surpris par les candidats qui semblent
découvrir le lien (au prix du changement de notation r ↔ iω) entre équation caractéristique du
régime transitoire et dénominateur de la fonction de transfert. Ce lien permet pourtant de détecter
des erreurs de calcul en signalant clairement des instabilités.
Le théorème de MILLMAN ou la loi des nœuds en termes de potentiels sont les outils quasi-
universels de ce domaine d’étude. . . lorsqu’ils sont connus convenablement et employés à bon
escient.
Électromagnétisme et ondes
Dans l’étude des problèmes d’induction, l’oubli de l’orientation préalable du ou des contours, mais
aussi l’absence de schéma électrique équivalent entrainent souvent une mise en équation erronée
ou non justifiée (la relation e = R i n’est pas une « loi universelle »). Une analyse qualitative des
phénomènes mis en jeu, préalable à la mise en équations, est attendue.
Mécanique
Le manque de rigueur dans l’algébrisation (paramétrage cinématique) est à la fois très préjudiciable
et souvent facilement repérable car il amène à des solutions non physiques. Le jury attend alors du
candidat, à défaut de trouver la source de l’erreur, qu’il en détecte au moins la présence par une
analyse critique du résultat.
Les actions de contact sont source de difficultés. Ainsi, le préjugé selon lequel « un fil transmet le
poids de l’objet qui lui est attaché » semble bien ancré dans l’idée de beaucoup ; de même, la force
de réaction d’un support horizontal ne compense pas forcément le poids. Les lois du frottement sec
(COULOMB-AMONTON) sont mal connues de certains.
L’étude d’un système dynamique doit débuter par un bilan des actions mécaniques, et fonction du
référentiel d’étude. L’oubli des réactions d’axe (par exemple, pour l’étude d’une rotation autour
d’un axe) est alors une erreur grave de conséquences. Rappelons que le caractère en général non
connu des actions de contact condamne tout espoir de résolution complète d’un tel problème par
le seul théorème de la résultante cinétique.
Enfin, rappelons aux candidats l’intérêt des méthodes énergétiques qui offrent souvent les
avantages combinés d’une économie de calcul, d’un résultat tout intégré et d’une analyse phy-
sique simplifiée. . . le prix à payer étant la justification du caractère conservatif du système étudié
(clairement défini) dans le référentiel choisi (bien précisé).
Optique
La description des figures observées, qu’elles soient simulées ou calculées, exige un vocabulaire
précis. « On voit des franges » ne suffit pas, mais il n’est pas utile de parler très longuement pour
les décrire : quelle est leur forme (rectiligne, circulaire, etc.), leur orientation ou leur disposition,
sont-elles équidistantes (et dans ce cas quel est l’interfrange) sont les questions à traiter. La notion
adaptée est ici celle de l’ordre d’interférence, entier ou demi-entier par exemple.
Il n’est en général pas nécessaire, tant pour les questions de diffraction que d’interférence, d’établir
explicitement l’expression de l’éclairement : la dimension des taches, les conditions de brouillage,
etc., gagnent à être calculées simplement.
Dans tous les cas, les calculs de différence de marche doivent être justifiés. L’emploi du théorème
de MALUS et DUPIN et la notion de surface d’onde (qui ne sont pas toutes des plans) est souvent
l’outil privilégié de ce calcul.
Les propriétés de l’interféromètre de MICHELSON sont bien connues de la plupart des candidats,
à l’exception toutefois, pour certains, du calcul classique du rayon des anneaux observés en lame
d’air.
Les candidats ne doivent pas être surpris d’être interrogés sur les conditions pratiques d’obtention
de figures d’interférence : conditions (et longueur) de cohérence, réalisation pratique d’une source
cohérente à l’infini, etc.
Thermodynamique
Dans ce domaine plus qu’ailleurs règne l’imprécision. Qu’est-ce qu’un bilan thermique ? S’agit-
il du premier principe ? À quel système l’applique-t-on ? Trop d’exercices de Thermodynamique
commencent ainsi dans le vague, voire par une équation parachutée que le candidat ne sait pas
justifier.
Les changements d’état d’un corps pur font partie intégrante du programme de Physique ; ils
posent pourtant toujours autant de soucis aux candidats, que ce soit pour expliciter les principes
thermodynamiques (a-t-on vraiment dH = C dT lors d’une ébullition isobare ?) ou pour simplement
décrire les évolutions possibles, sur la base des diagrammes d’équilibre p(V ) ou p(T ).
L’emploi de la notion de résistance thermique pour les régimes thermiques stationnaires ou quasi-
stationnaires est une bonne idée à double titre : elle simplifie la mise en équations et rend plus
simple la discussion physique qui suit la résolution du problème. A contrario, les candidats qui
ignorent cette notion sont justement doublement pénalisés.
Conclusions
À la lecture de ce rapport, le futur candidat aura compris que le jury privilégie la maitrise (connais-
sances et savoir-faire) des notions principales du programme, la mise en évidence des phénomènes
physiques mis en jeu, le dynamisme et la réactivité des candidats face à une situation imprévue
(variante, demande d’analogies, question supplémentaire. . .). Les examinateurs récompensent les
candidats combatifs, qui font ces efforts de dialogue et d’écoute qui valorisent des connaissances
solides.
Chimie
Présentation de l’épreuve
Les sujets proposés sont de longueur et de difficulté semblables mais portent bien évidemment sur
des domaines différents les uns des autres. Ainsi, les examinateurs interrogent sur l’ensemble du
programme des deux années de classes préparatoires.
Concernant le déroulement de l’épreuve, les examinateurs tiennent à rappeler que la calculatrice est
indispensable, mais des logiciels de calcul formel sont à la disposition des candidats sans toutefois
que leur utilisation soit obligatoire dans un quelconque sujet. De nombreux sujets proposent aussi
l’utilisation du logiciel graph2D, dont la connaissance préalable n’est pas nécessaire. En effet,
chaque candidat se voit expliquer les quelques outils de ce logiciel, dont il devra se servir pour
compléter ou exploiter un fichier graph2D préalablement ouvert par l’examinateur (tracé à partir
d’un tableau de valeur ou complément d’un diagramme).
Les candidats disposent d’environ 30 minutes de préparation pour un exercice, qui utilise assez
souvent l’outil informatique. L’interrogation dure également entre vingt-cinq et trente minutes et
porte dans un premier temps sur l’exercice préparé puis sur un autre exercice — plus court — sans
préparation. Les deux exercices abordent toujours des points différents du programme.
Le jury constate cette année que les énoncés sont parfois lus de manière superficielle. Certains
candidats ne lisent pas les phrases jusqu’au bout, se privant ainsi de précisions indispensables à la
position correcte du problème. Le jury ne saurait trop conseiller aux futurs candidats de prendre
le temps nécessaire à la lecture intégrale de l’énoncé et de ses données avant de se lancer dans la
proposition d’une réponse. Il est par ailleurs inutile de recopier des parties de l’énoncé (mécanisme
par exemple,. . .) car l’examinateur a aussi le sujet sous les yeux.
Le jury tient particulièrement cette année à faire remarquer que les applications numériques font
partie intégrante de la réponse attendue à une question et permettent la plupart du temps la
poursuite de l’exercice en apportant des réponses préliminaires aux questions suivantes. Celles-
ci doivent donc être impérativement effectuées pendant le temps de préparation pour faciliter la
compréhension des phénomènes étudiés dans la suite du sujet. Il est donc inutile de demander à
l’examinateur s’il « désire que l’on fasse les applications ». Il s’agit de calculer juste et en prenant
garde aux unités. Les élèves n’ayant pas fait les applications numériques pendant la préparation,
perdent en général beaucoup de temps lors de la présentation orale et n’ont alors généralement
pas le temps d’aborder les parties plus intéressantes. En effet avoir fait préalablement les applica-
tions numériques permet de proposer le résultat, assorti de quelques explications sur la démarche,
directement à l’examinateur et si cela convient à celui-ci de passer rapidement aux parties moins
techniques et plus intéressantes du point de vue chimique. Il est par exemple dommage de voir
les candidats faire les applications numériques relatives à un diagramme potentiel pH pendant la
présentation et de ne pas aborder la partie exploitation du diagramme.
Les quelques questions de TP n’ont pas beaucoup de succès auprès des candidats qui ne connaissent
pas toujours les éléments de verrerie permettant de mesurer des volumes avec précision (burette,
pipette jaugée, fiole jaugée), ni les électrodes utilisées en pHmétrie, conductimétrie ou potentiomé-
trie.
Par ailleurs, le jury trouve que, assez souvent, les candidats ne sont pas suffisamment combatifs et
attendent que l’examinateur les pousse à avancer plus vite ou à passer à la question suivante. Nous
rappelons donc que le temps est limité et que la note est aussi fonction du nombre de questions
abordées.
Trop peu de candidats proposent des schémas de Lewis plausibles pour les édifices polyatomiques,
par manque de méthode. Les charges formelles sont omises ou mal positionnées et rarement justi-
fiées correctement en raison d’une confusion avec la règle de l’octet (dont le domaine d’application
est méconnu). Rares sont les candidats utilisant une méthode efficace et certains ne semblent
même pas savoir comment déterminer le nombre d’électrons qu’ils doivent placer : peu savent
que ce sont les électrons de valence, et tous les électrons de valence, qui doivent être considérés.
La connaissance de l’existence de l’hypervalence ne semble pas généralisée. Même des structures
simples posent problème avec oubli ou excès de doublets non liants. Par ailleurs, les géométries
élémentaires de la théorie VSEPR sont mal connues, en particulier les valeurs théoriques des angles
de valence (comment pouvoir alors discuter de déformations éventuelles ?).
Les règles permettant l’obtention de la configuration électronique d’un atome dans son état fonda-
mental ne sont pas toujours énoncées correctement et l’obtention de cette configuration électronique
s’avère quelquefois laborieuse. On rappelle que le « tableau » permettant de retrouver l’ordre des
sous-couches est un moyen mnémotechnique et non une règle en soi. L’utilisation et l’exploitation
de la classification périodique sont en général mal maitrisées et l’évolution des propriétés au sein
de ce tableau n’est pas connue.
Les questions portant sur la description et l’étude géométrique de structures cristallines au pro-
gramme sont assez bien traitées cette année. Néanmoins, le jury regrette l’extrême pauvreté du
vocabulaire des candidats en matière de géométrie. Ainsi « centre » et « milieu » sont confondus,
les sommets d’un cube sont appelés « coins » ou « angles » et la notion de figure inscrite est la
plupart du temps ignorée.
Dans le cas d’une structure CFC, les sites tétraédriques et les sites octaédriques sont parfois
confondus. L’étude portant sur l’habitabilité de ces sites pose problème à nombre de candidats,
notamment ceux qui positionnent de façon imprécise les sites tétraédriques.
Concernant l’étude d’un cristal ionique, certains candidats considèrent à tort une non interpéné-
tration anion-cation et un contact anion-anion.
On peut toutefois noter que les exercices de cristallographie nous semblent mieux abordés que les
années précédentes.
Cinétique
La plupart des candidats a du mal à définir simplement ce qu’est un acte élémentaire, la molécula-
rité et à faire la différence entre un intermédiaire réactionnel et un état de transition ou complexe
activé. La différence entre mécanisme par stades ou mécanisme en chaine n’est pas connue. On a
souvent du mal à obtenir les trois phases caractéristiques, qui finalement justifient l’appellation
mécanisme en chaine. Certains candidats éprouvent de grandes difficultés à exprimer les vitesses
des différentes étapes d’un mécanisme ; certains se demandent quel est l’ordre d’une étape élémen-
taire et d’autres font intervenir les produits (en lieu et place des réactifs) dans l’expression de cette
vitesse. On constate même parfois un manque de rigueur concernant les définitions de vitesse de
réaction, de vitesse de formation et de vitesse de disparition. Dans les lois cinétiques, ce sont les
concentrations qui interviennent et non les activités. En effet, de très nombreux candidats semblent
croire qu’une concentration ne peut pas être définie en phase gazeuse.
Les conditions de l’application de l’A.E.Q.S. (ou principe de Bodenstein) sont méconnues ; les
candidats considèrent souvent qu’on peut appliquer cette approximation à tous les intermédiaires
réactionnels. La notion de « pré-équilibre rapide » est mal assimilée. On peut toutefois noter une
amélioration dans le traitement des mécanismes réactionnels.
La cinétique formelle est en général mieux maitrisée, mais l’intégration d’équations différentielles
simples (en particulier à variables séparables) prend souvent beaucoup de temps, conduit parfois à
des résultats aberrants ou semble même parfois impossible à réaliser. La méthode de dégénérescence
de l’ordre n’est pas toujours connue.
Solutions aqueuses
Les candidats présentent souvent d’importantes difficultés sur les aspects les plus élémentaires :
domaines de prédominance acido-basiques en fonction du pH, définitions du Ka et du Ks, critère
de précipitation, définitions d’acidité ou de basicité au sens de Bronsted. On déplore ainsi de
nombreuses confusions entre les particules échangées, par exemple entre couples redox et acide-base
de l’eau : les couples de l’eau intervenant dans le diagramme E-pH de l’eau sont souvent erronés ou
les domaines mal attribués. Les calculs de degrés d’oxydation sont parfois bien laborieux, surtout
dans le cas d’espèces présentes dans des cristaux ioniques, et ces calculs concernent un élément dans
un édifice chimique et non le degré d’oxydation de l’édifice chimique. Certains candidats font figurer
des « électrons » dans les équations-bilan d’oxydoréduction et la grande majorité des candidats
essaie « d’équilibrer » des équations-bilan sans avoir recours aux demi-équations électroniques. La
loi de Nernst est souvent mal formulée (faute de signe fréquente, mélange ln, lg, application à partir
de demi-équations électroniques équilibrées avec des ions hydroxydes). Le calcul des constantes
d’équilibre d’oxydoréduction fait en général perdre un temps énorme aux candidats, qui pourraient
très bien appliquer une formule apprise tout en étant capable de la justifier, si la demande en est
faite, par l’une des deux méthodes possibles. La lecture et l’exploitation des diagrammes E-pH
sont parfois délicates (prévision des réactions de dismutation en particulier, réaction avec l’eau. . .).
Peu de candidats ont conscience que, du fait de la définition du potentiel standard, équilibrer
une demi-équation électronique avec des ions hydroxydes conduit à une relation de Nernst fausse.
L’écriture de la demi-équation électronique du couple H+ (aq)/H2 est souvent problématique car
l’eau « disparait ». Dans l’étude des diagrammes E-pH, beaucoup trop de candidats estiment que
le potentiel standard d’un couple se retrouve systématiquement par lecture du potentiel à pH = 0.
L’interprétation des courbes de dosage est toujours aussi laborieuse. Lors des titrages acido-
basiques, le candidat doit savoir interpréter les différentes parties de la courbe pH-métrique, et
notamment avoir conscience qu’une réaction de dosage ne se déroule pas dans une plage de volume
se situant de part et d’autre du saut de pH correspondant.
Il est par ailleurs dommage de voir que des candidats restent bloqués car ils ne savent pas ce qu’est
la soude.
Enfin, les candidats font rarement preuve de méthode lors de l’étude de piles ou d’électrolyses. La
notion de pile de concentration semble peu ou mal maitrisée.
Thermodynamique
Équilibres chimiques
Un manque de rigueur induit des erreurs dans les formules de base du cours (expression de G
en fonction des quantités de matière et des potentiels chimiques par exemple, faute de signe dans
l’expression de G en fonction de H et S ou dans le relation de Van’t Hoff . . .). Une grande confusion
règne entre grandeurs et grandeurs standard, entre variation de fonction d’état et grandeur de
réaction. Considérer l’homogénéité des formules devrait pourtant permettre au candidat de corriger
beaucoup d’erreurs. Cette année encore, on rencontre des confusions inacceptables et lourdes de
conséquences entre K ◦ , constante d’équilibre, et Q, quotient de réaction ou entre X, ∆X, ∆r X
et ∆r X◦ où X est une fonction d’état extensive du système. Ainsi, les candidats confondent les
grandeurs associées à un système (G par exemple) et celles associées à une équation-bilan (∆r G
par exemple) et la teneur même de la notion de fonction d’état n’est pas assimilée. C’est pourquoi
le calcul de la température de flamme adiabatique est non maitrisé par une majorité de candidats.
Le jury tient à faire remarquer que la thermodynamique est la même en physique et en chimie et
que par exemple un ∆H en physique n’est pas l’équivalent d’un ∆r H en chimie. On déplore une
méconnaissance quasi-totale des réactions de formation et des notions d’état standard ou d’état de
référence, et lorsque celles-ci sont connues, les candidats font rarement attention à l’état physique
des espèces. Les dimensions des grandeurs de réaction sont souvent erronées (J au lieu de [Link]−1
par exemple pour ∆r H). Dans les lois d’équilibre en phase gazeuse, beaucoup de candidats veulent
à tout prix utiliser Pi = xi P et se mettent à tourner en rond alors qu’à volume connu fixe, il vaut
mieux penser à utiliser la loi des gaz parfaits pour le calcul des pressions partielles. Par ailleurs les
fautes d’application numériques dues à des erreurs d’unités des grandeurs intervenant dans la loi
des gaz parfaits sont extrêmement fréquentes. Il nous semble donc important de ne pas omettre p◦
dans les expressions littérales de Q.
Peu de candidats ont recours à l’affinité chimique comme critère d’évolution d’un système chimique
et l’expression de cette dernière est souvent fausse, une confusion fréquente est celle de A et ∆r G◦ .
La notion d’équilibre chimique n’est pas assimilée et la notion de rupture de l’équilibre est peu
connue. Pour un système hétérogène, les examinateurs rappellent que l’état final n’est pas forcément
siège d’un équilibre chimique (au sens de coexistence de réactifs et de produits).
L’approximation d’Ellingham est généralement correctement énoncée par la plupart des candidats,
la précision d’un intervalle de température dans lequel aucun changement d’état n’est observé
étant parfois omise. Les diagrammes d’Ellingham sont souvent mal compris : ils ne se résument
pas à un simple tracé de ∆r G◦ en fonction de T et l’attribution des domaines, lorsqu’elle est
correcte, n’est pas ou mal justifiée. Peu de candidats sont capables pour justifier l’attribution
des domaines de donner la grandeur –RT ln Q correspondant à l’axe des ordonnées. De même
peu de candidats ont compris pourquoi le coefficient stoechiométrique associé à O2 était le même
pour toutes les équations-bilan représentées. En outre, il est rappelé que l’oxydoréduction des
diagrammes d’Ellingham s’effectue en phase sèche et que chercher à équilibrer une réaction de
formation d’oxyde avec des molécules d’eau, des ions oxonium et des électrons traduit un manque
de cohérence dans les raisonnements.
Diagrammes binaires
Cette année encore, la définition mathématique des courbes de rosée et d’ébullition est méconnue.
Il nous semble particulièrement important pour les candidats de savoir que ces courbes donnent la
pression ou la température de changement d’état en fonction d’une fraction molaire ou massique
d’un composé dans l’une ou l’autre phase envisagée. En ne sachant pas définir ces courbes ou en
utilisant des définitions erronées des fractions molaires, certains candidats montrent que l’intérêt
même des diagrammes binaires leur a échappé. L’interprétation du diagramme avec hétéroazéotrope
est souvent problématique et on note d’ailleurs une confusion fréquente entre diagrammes binaires
avec azéotrope et diagrammes binaires de deux composés totalement non miscibles en phase liquide.
Le traitement des binaires avec miscibilité nulle à l’état liquide laisse à désirer ne serait-ce que pour
décrire la nature des phases dans les différents domaines. Certains candidats semblent même parfois
n’en avoir jamais vu. La formulation de la règle ou théorème des moments est cette année, plutôt
bien abordée, par ceux qui savent à quoi correspond un diagramme binaire. Il est rappelé que la loi
de Raoult est hors programme et qu’elle n’est absolument pas utile pour répondre aux questions
posées par le jury. Son utilisation (mauvaise) est aux risques et périls du candidat.
Conclusions
Les examinateurs tiennent à souligner qu’ils ont eu le plaisir d’assister à certaines prestations
brillantes et félicitent les candidats qui ont su analyser les problèmes posés, organiser clairement
leurs connaissances et répondre correctement à la plupart des questions posées faisant ainsi état
de l’étendue de leurs compétences et de leur aptitude à communiquer. L’oral permet de noter la
réactivité, le dynamisme et la présentation orale des candidats.
Les examinateurs conseillent aux futurs candidats de systématiquement chercher à analyser rigou-
reusement et méthodiquement les problèmes posés et de faire preuve d’esprit critique par rapport
aux relations et résultats qu’ils présentent (ordres de grandeur, homogénéité des formules, équi-
librage des équations bilan, « sens et bon sens chimique ». . .). Cela leur permettra bien souvent
de déceler une erreur indigne de leur niveau réel. Les examinateurs encouragent donc les futurs
candidats à travailler les bases de la chimie jusqu’à leur assimilation complète et rigoureuse. La
rigueur scientifique, la précision du vocabulaire et la modestie intellectuelle permettront au futur
candidat sérieux, dynamique et motivé de réussir l’épreuve de chimie.
− Comprendre
− Analyser
− Valider
Le candidat doit être capable d’identifier les sources d’erreurs, d’estimer l’incertitude sur une
mesure unique ou sur une série de mesures, de présenter les résultats finaux sous une forme
cohérente avec le niveau de précision adéquat.
− Communiquer
Le candidat doit être à même d’expliquer, de présenter et de commenter sous forme écrite et
orale l’expérimentation conduite et les résultats obtenus. Il doit pouvoir formuler des conclusions
et savoir faire preuve d’écoute.
Quelques consignes et explications sur le déroulement de l’épreuve et sur le matériel sont données
par les examinateurs avant (voire pendant) l’épreuve.
Depuis le concours 2010, les présentations orales sont toutes placées pendant la durée de l’épreuve
et suivant le même format : deux appels à l’examinateur pendant lesquels le candidat doit répondre
en quelques minutes à une question posée dans le texte, qui demande en général la synthèse d’une
partie de son travail.
Depuis cette année, une synthèse écrite de l’ensemble du travail est demandée en conclusion du
compte-rendu : le candidat est invité à garder un peu de temps en fin d’épreuve pour mettre en
perspective l’ensemble de son travail.
On note depuis plusieurs années une tendance à progresser de plus en plus lentement. Dans cette
filière, de nombreux candidats se révèlent très mal à l’aise avec l’instrumentation et très peu
autonomes.
La qualité des présentations orales est dans l’ensemble meilleure que l’an passé. Celle de la synthèse
écrite est en revanche assez médiocre.
− des présentations orales parfois mal préparées, confuses et manquant d’esprit de synthèse ;
− un manque d’esprit critique quant aux résultats obtenus ou mesurés, surtout lorsque les candi-
dats utilisent des fonctions évoluées de la calculatrice ou de l’oscilloscope ;
− un manque de recul par rapport au sujet ; trop de candidats répondent aux questions les unes
après les autres sans avoir une vision globale de leur travail ;
− une synthèse écrite absente ou se limitant trop souvent à un simple résumé de quelques lignes.
Attitude
Des erreurs pourraient être souvent évitées si les candidats prenaient le temps de lire complètement
le sujet et les questions posées, et s’ils appliquaient avec plus de rigueur le protocole expérimental
suggéré. On ne saurait trop insister sur la nécessité de prendre du recul en se forçant à réfléchir et
à saisir la finalité de l’étude.
Connaissances théoriques
Des points inquiétants apparus ces dernières années sont toujours d’actualité. Ainsi beaucoup trop
de candidats ont des lacunes importantes concernant les bases des circuits électriques.
En revanche on peut noter avec satisfaction une bonne connaissance des montages classiques à
amplificateurs opérationnels.
Aspects pratiques
On note en général une bonne maitrise de l’oscilloscope numérique, mais qui est souvent employé
comme instrument à tout mesurer (à la place du voltmètre par exemple), ce qui conduit parfois à des
réactions surprenantes (utilisation massive de la touche d’auto-configuration, le candidat passant
ensuite un temps important à replacer l’oscilloscope dans une configuration convenable). Nombre
de candidats en attendent des fonctions évoluées (calcul automatique de valeur max, de valeur
moyenne,. . .), néanmoins la synchronisation reste parfois mal connue ou mal maitrisée. Beaucoup
de candidats aimeraient que l’appareil mesure aussi les déphasages et ne pensent pas toujours soit
à passer en mode X-Y, soit à utiliser les marqueurs temporels. On relève encore quelques erreurs
de choix entre les positions AC et DC.
Parmi les erreurs les plus fréquentes, on peut toujours noter le non-raccordement à la masse (ou
le raccordement en deux endroits différents), la non-vérification du fonctionnement linéaire d’un
montage (choix de signaux d’amplitude inadaptée), parfois la confusion entre fréquence et pulsation,
entre tension crête et crête à crête,. . .
Beaucoup de candidats ne savent pas mener une étude expérimentale et se contentent d’observations
passives de phénomènes qu’ils n’ont pas l’idée de caractériser en faisant des mesures : par exemple
le candidat « voit » une sinusoïde, mais n’a pas l’idée d’en mesurer l’amplitude ni la fréquence.
Sur les parties d’optique, trop de candidats ne savent pas reconnaitre une lentille divergente d’une
lentille convergente. Les termes utilisés sont souvent approximatifs et il y a souvent confusion
entre les différents instruments (lunette, viseur, collimateur,. . .). Beaucoup de candidats ne diffé-
rencient pas « polarisation » de « polarisation rectiligne », pas plus qu’ils ne connaissent le terme
de « minimum de déviation » par exemple.
Globalement, il convient de rappeler aux élèves que toute utilisation d’un appareil de mesure,
même et surtout s’il s’agit d’un instrument évolué, doit s’accompagner d’un regard critique sur les
résultats fournis.
Obtenir des prédéterminations et des résultats expérimentaux incohérents ne semble pas perturber
un certain nombre de candidats. D’autres au contraire n’hésitent pas à déformer les phénomènes
observés pour les faire coïncider avec des prédéterminations erronées.
Quelques courbes manquent encore de définition d’échelle ou utilisent des échelles inadaptées.
L’usage du papier à échelle semi-logarithmique est connu par presque tous les candidats mais trop
de candidats annoncent comme « asymptote à -20dB/décade » une droite de pente différente, qu’ils
ont tracée en se contentant de « coller » au mieux aux points de mesure. Dans d’autres cas, les
candidats ne pensent pas toujours à essayer de se ramener au tracé d’une droite pour démontrer
une loi physique.
Il est important de reporter dans le compte-rendu les résultats bruts de mesures pour permettre
de savoir, en cas d’erreur ou d’impossibilité d’exploitation des résultats, si ce sont les mesures
qui sont fausses ou leur exploitation qui pose problème ; fournir les équations et leurs solutions
sous forme littérale, et pas seulement des résultats numériques (même et surtout quand on utilise
une calculatrice perfectionnée) permet une analyse de l’influence des paramètres. On relève aussi
souvent, dans le compte-rendu comme sur les courbes, l’absence d’unités ou des erreurs sur celles-
ci. Parfois une erreur sur l’unité choisie (pourtant souvent précisée dans l’énoncé) implique une
déviation importante sur les résultats (passage de degrés Celcius en Kelvin par exemple).
Même si des initiatives sont toujours bienvenues, il convient de ne pas pousser l’étude théorique
trop au-delà de ce qui est demandé.
On note cette année encore une augmentation sensible de l’utilisation de l’ordinateur (tableur ou
logiciel de traitement des données mis à disposition dans certains cas) pour le traitement et la
présentation des résultats.
Rédaction
Un travail expérimental, même de grande qualité, est sans valeur s’il n’est pas suivi d’une commu-
nication écrite soignée, destinée à transmettre les résultats sous forme synthétique et structurée ;
le compte-rendu doit jouer ce rôle, or sa rédaction est trop souvent négligée : certains rapports
sont très mal écrits (fautes de grammaire et d’orthographe, texte illisible, tracés à main levée
très négligés), certaines courbes ou résultats sont fournis sans même une phrase de renvoi dans
le compte-rendu ou avec un bref commentaire à même la feuille ; les hypothèses et conditions ex-
périmentales ne sont pas toujours précisées et certains candidats ne pensent pas à confronter les
résultats théoriques et expérimentaux quand ce n’est pas explicitement demandé. Il faut rappeler
aux candidats qu’ils doivent rendre compte de leur travail tant à l’écrit qu’à l’oral et que cette
compétence est un point important évalué dans cette épreuve.
Le compte-rendu doit être succinct mais synthétique et soigné : inutile de recopier l’énoncé, bien
décrire le protocole de mesure lorsqu’il n’est pas donné, tracer les courbes demandées avec des
échelles bien choisies, mettre en évidence les principaux résultats, ne pas oublier de rédiger la
partie interprétation avec confrontation aux prédéterminations théoriques, qui permet de juger la
maitrise avec laquelle le candidat a mené l’expérimentation et le recul qu’il a su prendre vis-à-vis
des résultats. Et bien sûr garder un peu de temps pour rédiger la synthèse écrite.
Présentations orales
Insérées depuis 2010 en cours d’épreuve, elles ont été dans l’ensemble mieux préparées que l’an
dernier, avec un meilleur effort de synthèse ; a contrario trop de candidats se contentent encore
de quelques banalités ou d’un simple énoncé des résultats obtenus sans mise en perspective. Il
convient d’insister sur la nécessité de bien préparer ces présentations, qui devraient permettre au
candidat de montrer en quelques minutes ses capacités d’analyse et de synthèse et qui comptent
pour environ 10% de la note finale.
On a pu remarquer que ces présentations apportent parfois une aide aux candidats qui se rendent
compte à ce moment des erreurs commises. Mais dans tous les cas l’attitude de l’examinateur
ne doit pas être interprétée de façon erronée : le candidat ne doit pas attendre de sa part une
validation de son travail.
Synthèse écrite
Demandée cette année pour la première fois, elle a été abordée par une petite moitié de candi-
dats (alors qu’il n’est en général pas nécessaire d’avoir effectué toutes les expérimentations pour
tirer quelques conclusions) ; si quelques synthèses comportent des analyses assez poussées, trop
de candidats se sont contentés de résumer leur travail sans fournir un réel effort de synthèse ou
d’interprétation, en écrivant quelques lignes assez banales pendant les dernières minutes. Il est
vrai qu’il s’agit d’un exercice difficile abordé en fin d’épreuve. Il convient d’y consacrer suffisam-
ment de temps pour permettre le recul nécessaire à une analyse pertinente, cette synthèse étant
complémentaire des présentations orales et comptant elle aussi pour environ 10% de la note finale.
Conclusions
L’épreuve de TP de Physique requiert de la part des candidats des efforts d’analyse et de synthèse,
une attitude critique, une bonne organisation et une bonne gestion de leur temps, à répartir entre la
conduite des mesures et une présentation soignée, orale et écrite, de la démarche et des résultats.
Il convient donc de préparer les candidats dans ce sens, certes en développant leurs capacités
expérimentales mais aussi en insistant sur la nécessité de faire preuve de rigueur, d’autonomie et
de recul par rapport au sujet, sans oublier de soigner la communication orale et écrite.
Allemand
Présentation des sujets
L’épreuve orale d’allemand prend appui sur des extraits récents de la presse germanophone, quoti-
diens et/ou hebdomadaires („Süddeutsche Zeitung“, „Die Welt“, „Frankfurter Rundschau“, „Ber-
liner Zeitung“, „Der Spiegel“, „Die Zeit“). Les sujets évoqués dans ces documents ont trait aux
grands thèmes d’actualité (effets économiques de la mondialisation, aspects caractéristiques de la
société allemande, rôle et importance des nouveaux moyens de communication. . .).La préparation
de l’épreuve dure 40 minutes. Les candidats choisissent eux-mêmes un texte et doivent ensuite
organiser leur temps pour réaliser les 3 exercices que le jury attend d’eux en 20 minutes maximum,
à savoir :
− un commentaire personnel, dans lequel ils exprimeront un avis sur le sujet et/ou apporteront
un autre éclairage sur la question traitée.
Cette présentation par le candidat est complétée par un court échange avec le jury qui peut revenir
sur un des aspects du texte ou aller dans le sens d’une digression plus libre. C’est au cours de cet
échange que le jury évaluera plus précisément l’aptitude du candidat à s’exprimer spontanément
en allemand. Il faut remarquer que la disparition de l’exercice de traduction à partir de la session
2011 a eu pour conséquence de consacrer plus de temps à la discussion et permet aux candidats
de développer davantage un authentique échange.
La lecture
Attention à ne pas lire trop lentement et à soigner la prononciation et l’intonation. Trop de can-
didats en LV2 ont été surpris à la lecture par les données chiffrées, trahissant là des lacunes dans
leur préparation.
Compte-rendu et commentaire
Tout d’abord le jury encore une fois insiste sur la nécessité de proscrire la paraphrase qui prend
trop souvent la place du compte-rendu attendu. Les candidats doivent résumer le texte de façon
claire et structurée et, dans un deuxième temps, ils doivent développer un commentaire personnel
sur le sujet, structuré là aussi et si possible argumenté (c’est-à-dire avec des connaissances et des
idées). De façon générale, le compte-rendu ne doit pas se limiter à un résumé en deux minutes et le
commentaire à une simple piste qui se perd rapidement dans les sables. Un nombre heureusement
restreint de candidats a estimé avoir bien travaillé en s’arrêtant au bout de cinq ou six minutes,
pensant peut-être qu’il revenait au jury de les aider à masquer leur manque d’autonomie. Ce genre
de stratégie est naturellement pénalisé. Néanmoins le jury se réjouit que de nombreux candidats
aient réussi à exprimer un point de vue personnel sur le sujet évoqué et aient fait preuve de leur
connaissance de l’actualité et des réalités allemandes. Quant à la langue, le jury souhaite que
les candidats s’expriment dans un allemand clair, précis, riche et authentique, débarrassé de ces
formules creuses et lourdes qui séduisent énormément les candidats mais servent surtout à masquer
des lacunes.
Faut-il rappeler que le jury est particulièrement sensible aux fautes de grammaire les plus criantes
(conjugaison, genre des mots, déclinaisons, syntaxe, emploi de « zu », régime des verbes de modalité
et prépositionnels) mais s’interroge aussi sur la pauvreté du lexique de certains candidats, en
particulier en LV2.
Conclusions
Malgré quelques prestations médiocres le jury se réjouit de constater que l’allemand des candidats
a été globalement d’un bon, voire d’un très bon niveau. La connaissance à la fois de la langue et
de la culture germanique progresse et c’est un fait positif.
Les futurs candidats ayant encore des difficultés sont incités à redoubler d’efforts pour réussir
avantageusement cette épreuve qui est à la portée de tous. En langue, comme en toute autre
matière, le travail et le sérieux de la préparation sont payants et on ne peut qu’encourager les
futurs candidats à s’y consacrer avec ardeur.
Anglais
Présentation de l’épreuve
Le candidat doit choisir parmi une dizaine de textes proposés par l’examinateur celui sur lequel il
désire être interrogé. L’épreuve comporte :
− un compte-rendu du texte ;
− un commentaire de texte ;
− la lecture d’un extrait du texte (environ 100 mots) choisi (et commenté) par le candidat ;
− une discussion avec l’examinateur sur les thèmes abordés par le texte.
Il est capital de bien connaitre le format de l’épreuve. À partir de cette année, les candidats doivent
notamment savoir que l’exercice de version qui était en vigueur les années précédentes n’est plus
d’actualité. Par ailleurs, le jury s’attend à ce que les candidats maitrisent la méthodologie du
compte-rendu ainsi que du commentaire, et soient entrainés à la lecture, sachant que ces exercices
ne s’improvisent pas mais se travaillent de façon très régulière.
Le compte-rendu requiert une lecture attentive du texte sélectionné, ainsi que la perception et
la reformulation des idées majeures à restituer. On ne saurait répéter suffisamment à quel point
cet exercice permet à l’examinateur de savoir si les candidats ont été capables de distinguer les
axes principaux avec logique et concision : un bon compte-rendu parvient à trier les informations,
à n’en conserver que celles qui constituent l’ossature de l’article, en insistant sur ses articulations
(mises en valeur par des transitions et des mots de liaison), et sur sa spécificité.
Trop de candidats se contentent de réutiliser les expressions qui figurent dans le document. Il leur
faut donc à tout prix éviter le « copier-coller », qui plagie des passages du sujet, et qui ne permet
pas de montrer une bonne compréhension des éléments et de leur logique. De même, survoler le
texte en ayant recours exclusivement au titre et/ou sous-titre, ou décrire de manière fastidieuse ce
que fait le journaliste, n’assurent pas que le support a été bien compris. Un compte-rendu réussi,
et ils sont nombreux, demande que le candidat sache restituer l’essence de l’article avec clarté, en
s’appropriant les points importants et suivant un cheminement logique (plutôt que linéaire). Si le
texte s’y prête, la nature du document (éditorial, commentaire, critique), le ton et le style sont à
mentionner pour éclairer un point de vue (exploité ensuite en commentaire).
Le compte-rendu ne doit pas excéder cinq minutes, afin de permettre un commentaire d’une dizaine
de minutes. Les candidats doivent donc s’habituer à « calibrer » leur propos pour respecter ce
format.
Le commentaire suppose une problématique, un questionnement sur les enjeux suggérés par le
texte, et l’apport de ce que chaque candidat peut puiser, afin d’argumenter, dans ce qu’il a vu, lu,
et travaillé en deux ou trois années de CPGE.
Un plan se dégage dans un commentaire (il n’est nullement question d’une discussion à bâtons
rompus), et doit être annoncé de façon claire et complète avant de commencer le détail du com-
mentaire. Il est important de présenter explicitement les étapes du raisonnement pour que le jury
puisse suivre la pensée sans difficulté.
Si les candidats peuvent naturellement puiser dans ce qu’ils ont déjà vu, il serait très malvenu de
faire un commentaire plaqué (au prétexte que la thématique ressemble de près ou de loin à des
sujets d’actualité travaillés en CPGE), ou d’impérativement restituer, quel que soit l’article, tout
ou partie de ce qui a été vu en cours. Aucun candidat ne peut, par nature, proposer un commentaire
identique à celui d’un autre candidat.
En revanche, il importe de pouvoir mobiliser ses connaissances, pour fournir des exemples concrets,
précis (et non des anecdotes) qui, une fois analysés en détail, permettront de faire progresser
l’argumentation.
Les meilleurs candidats savent pertinemment puiser dans toutes les matières, dans tous les supports
dont ils disposent durant leur scolarité, en adaptant avec subtilité ce qui peut alimenter leur
réflexion.
Car c’est bien de réflexion qu’il s’agit, ce à quoi les candidats sont préparés en classes préparatoires,
et ce dont ils feront montre lors de leurs entretiens ultérieurs.
Le commentaire doit s’achever sur une vraie conclusion, qui n’est pas un vague résumé des ar-
guments développés, ni une deuxième annonce du plan (signe à ce stade que la pensée tourne en
rond), mais un bilan concis qui tente d’apporter une réponse à la problématique posée en amont,
et permet une ouverture.
La lecture d’un passage laissé au choix des candidats suppose une bonne préparation (pour éviter
de buter sur les mots), et exige d’être située et justifiée. Il convient d’indiquer brièvement au jury
où se situe l’extrait considéré, et de justifier rapidement le choix du passage. Loin d’être une annexe
de son exposé (rejetée au début ou à la fin), cet exercice doit au contraire être intégré à son contenu,
dans une perspective d’argumentation. Le candidat peut choisir le moment qui lui convient pour
l’insertion de cette lecture.
Ensuite seulement commence la discussion, dont l’objectif n’est certainement pas de déstabiliser
les candidats, mais de les aider à poursuivre leur réflexion, ou de les conduire à préciser un point
par eux mentionné. Si l’examinateur ne laisse pas sortir un candidat avant le temps imparti, il
serait bienvenu de ne pas se contenter d’apporter des réponses laconiques, mais de montrer que
l’on souhaite mettre toutes les chances de son côté. Lorsqu’un examinateur pose une question, il
faut savoir écouter (ou entendre) les pistes suggérées.
La qualité de la langue, qui permet aux bons candidats d’exprimer et de nuancer leur pensée,
suppose d’abandonner les formules (si peu magiques) toutes faites, mais de veiller à la correction
syntaxique et à la concision lexicale. Elle est renforcée par les compétences de communica-
tion dont fait preuve le candidat, et dont l’importance mérite d’être soulignée : le ton doit être
dynamique et convaincant, l’intonation variée, le débit fluide et articulé. Être calme, regarder l’in-
terlocuteur (et non fixer son brouillon), se montrer réactif constituent autant de qualités largement
récompensées.
À raison de deux colles mensuelles, les élèves de CPGE scientifiques peuvent apprendre la prise de
parole, et peu à peu ne conserver que l’épure de leurs notes afin de faire de leur oral un exercice
vivant.
En ce qui concerne la phonétique, le jury souhaite attirer l’attention des candidats sur les points
suivants :
− accents toniques déplacés sur la dernière syllabe des mots (ex : politics, employer, development,
Britain) ;
− réduction des voyelles non accentuées : il convient de prononcer un « schwa » [ə] dans des termes
tels que about, allow, behaviour ;
− réalisation du digraphe <th>, sous ses deux formes this ou the d’une part, et thing ou thesis
d’autre part ;
− prononciation de la consonne <h> lorsqu’elle est matérialisée graphiquement hand, harm, hun-
ger ;
− production de [h] intrusifs dans des termes ne comportant pas graphiquement cette lettre and
(et non hand), arm (et non harm).
Sur le plan syntaxique, le candidat veillera en tout premier lieu à conserver une certaine cohérence
dans les temps employés (il s’agit, tout au long de son discours, de ne pas osciller entre présent et
prétérit notamment).
Par ailleurs, le jury relève deux grandes sources de confusions possibles : l’emploi du prétérit et
celui de la forme dite de present perfect en HAVE + participe passé ; l’emploi du présent simple et
celui de la forme en BE + ING.
Rappelons en outre que les verbes irréguliers de l’anglais sont à connaitre parfaitement. Les can-
didats doivent savoir que l’adjectif ou le groupe adjectival se positionnent avant le nom.
Le jury rappelle les règles élémentaires suivantes : présence impérative d’un –s à la troisième
personne du singulier au présent simple ; présence impérative d’un –s pour former le pluriel, sauf
dans les cas de substantifs irréguliers (men, women, children).
Concernant le groupe nominal, il convient de faire suivre le quantifieur every, contrairement à all,
d’un verbe au singulier et non au pluriel.
Sur le plan lexical, soulignons en outre l’importance d’éviter les barbarismes, et notamment ceux
qui s’inspirent du français. Il faut ainsi bannir *to product,*reputated, *controlate, *evolute au
profit de to produce, famous, control, evolve.
Arabe
Déroulement de l’épreuve
L’épreuve de langue arabe se déroule de la manière suivante :
Compétences évaluées
Il est attendu du candidat qu’il puisse mener un exposé d’une durée au moins égale à la moitié du
temps de passage (idéalement, de 10 à 15 minutes). Cet exposé est l’occasion de vérifier un certain
nombre de compétences propres à la conduite d’un oral de concours :
− établir une distance avec le document, éventuellement en proposer une lecture critique ;
− mettre son érudition personnelle et sa culture des grands enjeux de l’actualité contemporaine
au service de l’exposé.
L’entretien permet, le cas échéant, de vérifier des informations non abordées dans le cadre de
l’exposé, souvent d’affiner, de compléter ou d’approfondir un point préalablement abordé par le
candidat.
Documents proposés
Deux documents sont systématiquement proposés lorsque le candidat se présente pour son oral,
parmi lesquels un choix est demandé au bout de quelques secondes de réflexion. Il s’agit toujours
d’articles de presse provenant de divers titres en langue arabe publiés, pour la plupart d’entre eux,
durant l’année en cours.
Les articles de presse peuvent couvrir un grand nombre de champs et de centres d’intérêts propres à
vérifier l’interaction du candidat avec des problématiques contemporaines voire d’actualité. Celle-
ci ne saurait se limiter à la seule actualité du monde arabe, et il est demandé aux candidats
de s’informer de manière régulière sur l’ensemble des événements, tendances, discussions qui font
débat dans la presse internationale. À titre d’exemple, pour la session 2011, les articles ont porté
sur les points suivants :
− les problèmes économiques et financiers de l’euro et les différentes crises financières ; etc.
Le nombre de candidats qui se sont présentés sans connaitre les modalités de l’épreuve est en très
nette baisse.
Conclusions
Cette épreuve a pour but à la fois d’évaluer les compétences d’un candidat à réagir à un article
de l’actualité contemporaine et à en tirer un exposé rigoureusement construit. C’est également
l’occasion d’évaluer l’expression en langue arabe standard de réalités modernes propres à nourrir
la réflexion de tout esprit éveillé et concerné par la marche du monde.
Chinois
Présentation du sujet
En général, dix textes sont proposés à chaque candidat. Les articles proviennent de journaux chinois
tels que Europe Weekly (欧洲联合周报), Nouvelles d’Europe (欧洲时报) et le Quotidien du Peuple
(人民日报海外版), publiés dans les six mois qui précèdent l’épreuve.
Parmi les textes proposés par l’examinateur, le candidat a le droit de choisir librement celui sur
lequel il désire être interrogé, il est totalement libre d’organiser sa préparation à sa guise. La phase
de préparation est de 40 minutes (y compris le temps consacré à l’accueil du candidat) et la phase
d’interrogation de 20 minutes environ. Avant la préparation, le candidat devra émarger la feuille
de passage.
L’épreuve comporte la lecture d’un extrait du texte, un résumé du texte et un commentaire suivi
d’une conversation sur le sujet et hors sujet.
Les modalités de l’épreuve de langue vivante obligatoire et de langue vivante facultative sont
identiques.
− les candidats, originaires de Chine ou de Taiwan, ont le BAC chinois et ont suivi 2 années
de classes préparatoires en France. Ils ont donc un excellent niveau de chinois, de bonnes
connaissances du monde francophone, une richesse de vocabulaire et une approche des structures
grammaticales satisfaisantes. Ils savent développer pleinement leurs idées ;
− la deuxième catégorie est constituée de candidats de LV2 issus de Chine, bien préparés à l’é-
preuve, capables de démontrer une compréhension globale du texte et de bien construire le
commentaire, mais dont le niveau de lecture et d’expression en langue chinoise reste parfois
limité ;
− enfin, quelques candidats d’origine française possèdent un vocabulaire trop restreint pour com-
prendre suffisamment le texte. Ils peinent à en faire une lecture correcte et à en maitriser le sens.
La discussion n’est pas abordée dans de bonnes conditions et devient dans ce cas impossible.
Le déroulement de l’oral suit généralement l’ordre que nous avons indiqué ci-dessus. Toutefois,
l’examinateur peut tolérer les changements souhaités par le candidat, ce qui ne gène en rien ni le
déroulement de l’épreuve ni les appréciations de valeur.
Le choix du texte est très important : pour faire valoir ses points forts, le candidat retiendra donc
de préférence un texte dont le sujet et le contenu lui sont familiers. Les sujets qui ont été le plus
choisis cette année sont : « Développement de nouvelles technologies, quel rapport avec notre vie
future ? », « Le robot vous sert le café », « “Le syndrome de la princesse et du prince” doit attirer
notre attention » et « Pandas, le symbole de la paix ».
Cependant, quelques candidats sélectionnent des thèmes dont ils ne maitrisent pas suffisamment
le vocabulaire spécifique. D’autres ne disposent pas des informations nécessaires pour aborder
aisément leur commentaire. Le candidat peut changer de texte pendant sa préparation mais ne
bénéficie d’aucun temps supplémentaire.
Le chinois est une langue qui comprend des tons différents. Une erreur de ton peut impliquer une
différence de sens. Le candidat doit donc prononcer correctement les quatre tons chinois, faire
attention au rythme des phrases et bien distinguer les consonnes aspirées et non-aspirées (ex :
b—p, z—c), les voyelles nasales pré-linguales et post-linguales (an—ang, en—eng), etc.
Il est important que les candidats prennent le temps de préparer leur commentaire. Le résumé du
texte est malheureusement souvent trop long. Faute de temps, il serait préférable qu’il soit bref. En
effet, certains candidats ignorent qu’ils doivent commenter le texte, que l’analyse et l’avis personnel
sont essentiels pour l’examinateur. Pour obtenir un bon résultat, il doit faire une critique sensée
du texte en évitant les idées « passe-partout » ; le choix du vocabulaire adapté est lui aussi très
important.
La conversation porte sur le texte étudié ou le commentaire du candidat. Les questions pourront
appeler une réponse courte ou, au contraire, développer un point précis. La discussion démarre
évidemment sur le texte mais peut déboucher sur une conversation plus générale et élargir le sujet.
Cette année, nous avons constaté que quelques candidats n’ont pas bien compris ce qu’on attendait
d’eux. L’appréciation est différente selon qu’il s’agit d’une LV1 ou d’une LV2, mais ces deux niveaux
d’évaluation sont identiques pour tous les candidats, qu’ils soient de vrais Chinois, des Français
originaires du pays de cette langue, ou tout simplement des Français. Il ne faut pas confondre ou
comparer le niveau demandé pour l’épreuve de chinois au bac et au concours d’entrée dans les
Grandes Écoles.
Conclusions
Au final, nous estimons qu’un entrainement en laboratoire et des lectures régulières peut permettre
d’acquérir un vocabulaire suffisant et de se familiariser avec de nombreux sujets. Associés à une
compréhension fine et à une certaine capacité d’analyse, ces facteurs de réussite devraient être à
la portée de tous ceux qui aspirent aux Grandes Écoles. Cependant, un réel manque de niveau en
chinois peut avoir des conséquences désastreuses au cours de ces épreuves.
Espagnol
Présentation du sujet
L’épreuve orale d’espagnol a pour support des nombreux extraits de la presse hispanique : es-
pagnole, nationale ou régionale (El País, La Vanguardia, El Norte de Castilla, Público, El Per-
iódico) et latino-américaine (El Mercurio, La Tercera (Chile), La Nación (Costa Rica), Clarín
(Argentina). . . ). Tous les articles sont parus dans l’année en cours et font référence à des questions
d’actualité (économiques, effets de la crise dans la société espagnole, les nationalismes, rôle des
nouveaux médias, etc).
Il est demandé au candidat la compréhension d’un texte journalistique et d’en faire un compte-
rendu synthétique ainsi qu’un commentaire personnel. Un entretien avec l’examinateur clôt l’é-
preuve et permet d’évaluer de manière précise la compréhension orale et l’expression spontanée en
espagnol du candidat.
Certains candidats démontrent un niveau linguistique faible et l’examinateur, malgré tous ses
efforts, est parfois dans l’impossibilité de comprendre quoi que ce soit. D’autres passent quarante
minutes à piocher quelques phrases du texte pour les répéter. Signalons toutefois la bonne et très
bonne qualité de nombreuses prestations.
La lecture d’un fragment du texte fait partie de l’épreuve. Elle n’est pas anodine et démontre bien
si le candidat sait ce qu’il est en train de lire. On attend de lui qu’il soigne la prononciation et l’in-
tonation, mais également qu’il fasse attention aux données chiffrées, parfois oubliées (pourcentages,
dates, quantités).
En ce qui concerne l’expression orale, le candidat fait assez souvent une énumération (plus ou moins
réussie) au fil du texte. Les paraphrases sont aussi nombreuses. Certains se limitent à faire une
lecture (plus ou moins désordonnée) de quelques phrases. Tout cela est, bien entendu, pénalisant.
Quant au commentaire, précisons encore que le point de vue personnel doit être bien structuré et
argumenté, et éviter l’énoncé d’une suite d’exemples ou d’anecdotes qui n’ont qu’un rapport plus
ou moins lointain avec le sujet traité.
Pour finir, signalons encore cette année dans bon nombre de cas, des fautes élémentaires de morpho-
logie (genres inventifs, accords fantaisistes, diphtongaisons, conjugaison), sans parler du manque
de maîtrise de la phrase complexe. L’ignorance d’un lexique élémentaire est également à déplorer.
Une connaissance des règles morphologiques et syntaxiques est une condition préalable à toute
prestation. Quant au lexique, il faut recommander à nouveau la lecture assidue de la presse hispa-
nophone, pratiquement toute accessible par Internet.
Italien
Présentation du sujet
Les textes proposés aux candidats étaient extraits de La Repubblica, il Corriere della Sera, L’es-
presso.
Ils traitaient de divers sujets d’actualité portant sur des thèmes tels que le rôle des femmes dans
la destinée des hommes illustres, l’association slowfood, les énergies renouvelables, les enfants et la
lecture, les nouvelles technologies et l’avenir du livre, le risque de dépendance des jeunes à internet
et aux réseaux sociaux, la conservation du patrimoine historique. . .
Certains candidats n’ont pas obtenu de points supplémentaires car ils n’ont pas fait preuve d’un
esprit critique suffisant et n’ont pas approfondi leur analyse. Mais dans l’ensemble les candidats
avaient une bonne maitrise des sujets choisis et ont très bien présenté et analysé les textes ce qui
dénote un réel travail de documentation personnelle.
On insiste à nouveau sur le fait, qu’en italien, on ne met pas de préposition devant l’infinitif dans
des expressions comme : “è possibile”, “è difficile”, “è facile”, “è un peccato”. . ., que “qualche” est
invariable et toujours suivi du singulier et qu’on dit “provare a”.
Les candidats doivent se préparer sérieusement à l’épreuve orale en effectuant un travail de docu-
mentation à même de leur procurer une bonne connaissance des principaux faits de société italiens
en lisant régulièrement la presse écrite, en écoutant la radio, en regardant des films et des émissions
télévisées et en s’entrainant à la lecture à voix haute.
Conclusions
Dans l’ensemble le niveau des candidats est très satisfaisant et nombreux sont ceux qui font preuve
d’une bonne connaissance de leur environnement social, économique, scientifique, politique et cultu-
rel.
Du point de vue de la méthode nous rappelons que les candidats ne doivent pas lire un texte
entièrement rédigé mais privilégier le dialogue car il s’agit avant tout d’une épreuve orale.
Portugais
Présentation du sujet
La dizaine d’articles proposés, tirés de la presse portugaise et brésilienne, portait sur des questions
d’actualité et des sujets de société :
− les médicaments génériques au Portugal, dont la mise sur le marché est empêchée par l’action
en justice de certains laboratoires ;
− les pays dans le monde où il est le plus dangereux d’être une femme ;
− la natalité au Portugal.
La compréhension des idées principales et du point de vue de l’auteur, ainsi que l’esprit de synthèse
et le regard critique étaient les principales compétences évaluées.
Les quatre candidats qui ont passé l’épreuve orale de portugais ont fait preuve d’une grande aisance
et d’une bonne maitrise des règles de cet exercice, en présentant et en commentant l’article d’une
manière tout à fait satisfaisante. Ils ont procédé à l’analyse pertinente du texte choisi et l’ont
commenté d’une manière personnelle, bien argumentée et souvent convaincante, en répondant aux
questions qui leur ont été posées et en rendant compte d’une bonne connaissance de l’actualité
internationale et de ses enjeux.
− para que fiquem, têm medo que não haja dinheiro, fazer com que haja manifestações (ne pas
oublier le subjonctif) ;
Conclusions
Les règles de cette épreuve orale ont été bien comprises et respectées. Si la maîtrise des bases
lexicales, syntaxiques et grammaticales s’est révélée parfois fragile, elle est, bien sûr, essentielle
pour la clarté des idées exprimées, et ne peut être acquise qu’au cours d’un entraînement régulier.
Cependant, la réaction des candidats à un texte sur un sujet d’actualité est tout aussi importante,
et doit permettre de mettre en valeur à la fois leur spontanéité et leur esprit critique.
Russe
Nous tenons à souligner le sérieux des candidats qui se sont présentés. Tous connaissent les moda-
lités de l’épreuve, savent ce qu’ils avaient à faire, et leur prestation a été plus qu’honorable.
Les candidats choisissent un texte parmi la dizaine qui leur est proposée. Les articles ont eu pour
thème :
− les initiatives gouvernementales pour aider les petites entreprises russes à se développer ;
− la canicule à Moscou ;
Les thèmes proposés étaient variés et chaque candidat a pu choisir un sujet en toute connaissance
de cause, et donc sur lequel il devait se sentir à l’aise.
L’épreuve commence par une présentation de l’article, et la lecture d’un extrait du texte, continue
par un résumé/commentaire du texte et se termine par une conversation sur un thème lié à l’article,
avec un échange de questions et réponses entre l’examinateur et le candidat.
L’évaluation porte sur des critères de langue, sur la capacité du candidat à dégager les idées
principales de l’article et à les commenter et enfin sur sa capacité à réagir aux interventions de
l’examinateur et à mener une conversation « naturelle » en russe.
Phonétique — c’est-à-dire , tout ce qui est prononciation, accent, fluidité de la parole, aisance à
s’exprimer. La lecture a été notamment évaluée sur la capacité à faire comprendre le texte lu sans
devoir lire le texte.
Richesse du lexique — soit le candidat fait un réemploi minimal du vocabulaire du texte, soit
il peut l’utiliser de manière pertinente et variée avec son propre lexique
L’évaluation prend également en compte le fonds et le contenu de ce qui est dit par le candidat. Il
ne s’agit pas dans le résumé/commentaire de relire certains passages ou de lire ceux qui ne l’ont
pas encore été. Il faut essayer d’organiser le commentaire en fonction des thèmes abordés dans
l’article, ou des arguments et des exemples cités.
Enfin l’évaluation des réactions du candidat aux questions et aux interruptions de l’examinateur est
également importante. Le candidat se doit de réagir comme au cours d’une conversation normale
et l’aptitude à changer de sujet, à moduler ses affirmations ou à répondre du tac au tac a été notée
positivement.