COURS : CONCEPTION ET ANALYSE DES SYSTEMES D'INFORMATION
Introduction
Un Système d'Information (SI) est un ensemble organisé de ressources (matérielles, logicielles, humaines et
organisationnelles) permettant de collecter, stocker, traiter et diffuser l'information. L’objectif principal d’un
SI est de fournir aux utilisateurs des informations pertinentes et fiables pour prendre des décisions
stratégiques et opérationnelles.
I. Concepts de base
1.1 Définition et Rôle du Système d'Information
Un Système est un ensemble d’éléments matériels ou immatériels (hommes, machines, méthodes, règles,
etc.) en interaction transformant par un processus des éléments (les entrées) en d’autres éléments (les
sorties)
Exemple: une chaudière transforme par combustion du charbon en chaleur.
Un système peut être contrôlé par un autre système dit système de pilotage.
On obtiendra plus ou moins de chaleur selon les réglages qu’on effectuera sur la chaudière. L’opérateur qui
effectue les réglages et contrôle le flux de charbon en entrée constitue un système de pilotage qui par ses
commandes au système physique (à la chaudière) cherche à satisfaire un objectif (un tel niveau de chaleur).
Un système physique ou (opérant) transforme un flux physique d’entrées (matières premières, flux
financiers …) en un flux physique de sorties (produit finis, flux financiers …).
Un système de gestion ou (pilotage) procède au pilotage (à la régulation et au contrôle ) du système
opérant en décidant du comportement de celui-ci en fonction des objectifs fixés.
Un Système d’information est défini comme le cœur de l’entreprise, il se trouve interface entre le système
opérant et le système de pilotage et fournit les réponses aux deux systèmes.
Système opérant :
Chargé de la production
répond à la finalité de l'entreprise
Système de pilotage :
dirige l'entreprise
cible les objectifs a une fonction d'arbitrage, d'allocations de ressources, de suivi de leurs
utilisations, d'adaptation du fonctionnement de l'entreprise à son environnement
Système d'information :
lien entre les deux systèmes
informe le S.P. des performances du S.O.
transmet au S.O. les instructions du S.P
Page 1 sur 15
Un Système d'Information est un dispositif permettant d'acquérir, de stocker, de traiter et de restituer
l'information au sein d'une organisation. Il a plusieurs fonctions essentielles :
Collecter des informations provenant :
d ’autres éléments du système
de l’environnement
Mémoriser des données :
base de données
Fichiers
Historique, Archivage
Traiter les données stockées :
traitements automatisables
aide à la prise de décision
Diffuser les informations aux différents acteurs concernés
1.2 Qualités d’une Bonne Information
Une information efficace doit posséder les caractéristiques suivantes :
Fiabilité : être exacte et vérifiée.
Pertinence : répondre aux besoins des utilisateurs.
Actualité : être à jour et en temps opportun.
Accessibilité : être facilement consultable et compréhensible.
Sécurité : être protégée contre les accès non autorisés.
1.3 Notion de Flux
Un flux d'information représente le cheminement des données entre les différents composants d'un
système, que ce soit entre des personnes, des machines ou des processus.
Types de flux
Flux entrants : Informations entrant dans le système depuis des sources externes (exemple :
commande client).
Page 2 sur 15
Flux sortants : Informations produites par le système et envoyées à l’extérieur (exemple : facture
envoyée).
Flux internes : Informations circulant entre les différents sous-systèmes internes (exemple :
validation d’une commande par différents services).
Caractéristiques d'un flux
Origine et destination : Identifie d’où provient le flux et à qui il est destiné.
Nature : Flux physique (documents papier) ou numérique (e-mails, fichiers).
Fréquence : Fréquence à laquelle les flux sont échangés (temps réel, périodique).
Exemple : Dans un système de gestion des commandes, un flux entrant peut être une demande de
commande d’un client, tandis qu’un flux sortant est la confirmation de commande.
1.4 Notion de Données
Les données représentent les informations brutes qui circulent dans le système. Elles peuvent être
collectées, enregistrées, transformées et utilisées pour répondre aux besoins d'une organisation.
Types de données
Données structurées : Organisées sous forme de tableaux ou bases de données (exemple : liste des
clients).
Données non structurées : Informations non organisées comme les images, vidéos ou documents
textuels.
Métadonnées : Données sur les données (exemple : date de création d’un fichier).
Propriétés des données
Qualité : Les données doivent être précises, complètes et fiables.
Confidentialité : Elles doivent être protégées contre tout accès non autorisé.
Disponibilité : Elles doivent être accessibles en temps voulu.
Exemple : Dans un système bancaire, les données peuvent inclure les informations des clients (nom,
adresse) et les transactions effectuées.
1.5 Notion de Traitement
Le traitement correspond aux opérations effectuées sur les données pour les transformer en informations
exploitables. Cela inclut les calculs, les analyses et les mises en forme.
Types de traitements
Traitements automatiques : Réalisés par des logiciels sans intervention humaine (exemple :
génération de rapports).
Traitements manuels : Effectués directement par des utilisateurs (exemple : saisie de données).
Page 3 sur 15
Traitements mixtes : Combinaison d’actions humaines et automatisées.
Caractéristiques d’un traitement
Entrées : Données nécessaires pour effectuer le traitement.
Sorties : Informations générées à partir du traitement.
Processus : Ensemble d’étapes ou d’algorithmes appliqués sur les données.
Exemple : Dans un système de paie, le traitement inclut le calcul des salaires à partir des heures travaillées
et des taux horaires.
1.6 Intégration des flux, données et traitements
Un système d’information efficace repose sur une intégration harmonieuse des flux, des données et des
traitements pour offrir des résultats pertinents. Voici comment ces éléments interagissent :
Les flux assurent la circulation des données entre les différents composants.
Les données sont collectées via les flux, puis stockées pour traitement.
Les traitements transforment ces données en informations utiles à la prise de décision.
Exemple : Dans une entreprise de commerce électronique :
1. Un client passe une commande (flux entrant).
2. Les informations sur la commande (données) sont enregistrées.
3. Un traitement vérifie la disponibilité des produits et calcule les frais de livraison.
II. Analyse des Besoins et Cahier des Charges
L’analyse des besoins est une étape cruciale dans tout projet de système d’information (SI). Elle vise à
comprendre les attentes des parties prenantes, identifier les problèmes à résoudre, et définir les
fonctionnalités attendues pour concevoir un système adapté.
2.1 Étapes de l’Analyse des Besoins
a) Identification des Parties Prenantes
Définir les utilisateurs : Qui utilisera le système (utilisateurs finaux, administrateurs, managers, etc.) ?
Impliquer les décideurs : Quelles sont les attentes des responsables de l’organisation ?
Prendre en compte les partenaires externes : Si nécessaire, intégrer les fournisseurs, clients, ou
autres entités externes.
b) Collecte des Besoins
1. Entretiens : Discuter avec les utilisateurs pour comprendre leurs besoins.
2. Ateliers collaboratifs : Réunir les différentes parties pour brainstormer.
Page 4 sur 15
3. Questionnaires et enquêtes : Pour recueillir des données à grande échelle.
4. Observation : Analyser les processus existants pour détecter les inefficacités.
5. Analyse documentaire : Examiner les documents existants (procédures, rapports, etc.).
c) Analyse et Priorisation des Besoins
Besoins fonctionnels : Ce que le système doit faire (ex. : gestion des stocks, traitement des
commandes).
Besoins non fonctionnels : Qualité attendue du système (ex. : sécurité, performance, accessibilité).
Priorisation : Utiliser des outils comme la matrice MoSCoW (Must Have, Should Have, Could Have,
Won’t Have).
d) Validation des Besoins
Obtenir l’accord des parties prenantes sur les besoins identifiés pour éviter des malentendus ou des
modifications coûteuses à l’avenir.
2.2 Conception du Cahier des Charges
Le cahier des charges est un document formel décrivant de manière détaillée les attentes et les
spécifications d’un système d’information. Il sert de base à la réalisation du projet.
a) Structure Type d’un Cahier des Charges
a) Introduction
o Objectifs du projet.
o Contexte et problématique.
o Périmètre du projet.
b) Description des Besoins
o Besoins fonctionnels : Détailler les fonctionnalités principales et secondaires.
o Besoins non fonctionnels : Exigences de performance, compatibilité, sécurité, etc.
c) Architecture et Contraintes Techniques
o Plateformes et technologies préférées.
o Contraintes liées au matériel ou aux logiciels existants.
d) Délais et Livrables
o Planning global du projet.
o Étapes clés et jalons importants.
e) Critères de Validation
Page 5 sur 15
o Indicateurs de performance (KPIs).
o Scénarios de test pour valider les fonctionnalités.
f) Budget Prévisionnel
o Estimation des coûts (développement, maintenance, etc.).
Bonnes Pratiques pour la Rédaction
Clarté et concision : Éviter les ambiguïtés et les termes techniques complexes.
Structure logique : Suivre une progression claire dans le document.
Illustrations : Utiliser des diagrammes (ex. : cas d’utilisation, diagrammes de flux).
Versioning : Numéroter les versions pour suivre les modifications.
Cas Pratique : Gestion des Stocks
1. Contexte : Une entreprise a des difficultés à suivre ses stocks en temps réel.
2. Besoins identifiés :
o Gestion des entrées et sorties de stock.
o Notifications automatiques en cas de rupture.
o Tableau de bord pour suivre les tendances.
3. Cahier des charges :
o Intégrer une application mobile.
o Temps de réponse maximal : 2 secondes.
o Compatibilité avec le système existant.
III. Les Systèmes d'Information Automatisés (SIA)
Définition
Un Système d'Information Automatisé (SIA) est un ensemble organisé de ressources humaines, logicielles,
matérielles et de procédures destinées à collecter, traiter, stocker, diffuser et utiliser les informations de
manière automatique pour soutenir les activités et la prise de décision dans une organisation.
Objectifs des SIA
Automatiser les tâches répétitives ou complexes.
Améliorer l'efficacité et la précision des processus.
Réduire les erreurs humaines.
Page 6 sur 15
Fournir des outils d'aide à la décision pour les gestionnaires.
Exemples d'applications de SIA
Gestion des ressources humaines : suivi des congés et des fiches de paie.
Gestion de la relation client (CRM).
Systèmes ERP pour l'intégration des processus d'entreprise.
Suivi logistique et gestion des stocks.
Composantes d'un SIA
1. Les données
Les données constituent le fondement d'un SIA. Elles peuvent être de différents types :
Données structurées : Tables de bases de données relationnelles.
Données non structurées : Images, vidéos, documents textuels.
Données en temps réel : Données issues de capteurs ou de dispositifs IoT.
2. Les logiciels
Les logiciels sont les outils qui permettent de traiter et d'analyser les données.
Logiciels applicatifs : ERP, CRM, outils d'analyse de données.
Systèmes de gestion de bases de données (SGBD) : Oracle, MySQL, PostgreSQL.
Logiciels d'automatisation : RPA (Robotic Process Automation).
3. Le matériel
Serveurs : Stockage et traitement centralisé des données.
Ordinateurs et terminaux : Points d'accès aux SIA.
Réseaux : Communication entre les différents composants.
4. Les utilisateurs
Utilisateurs finaux : Employés ou clients qui interagissent avec le système.
Administrateurs : Chargés de la maintenance et de la gestion du système.
5. Les procédures
Les procédures décrivent les règles et les étapes à suivre pour utiliser le SIA.
Fonctionnement d'un SIA
1. Collecte des données
Sources internes : Formulaires, saisies manuelles, capteurs.
Page 7 sur 15
Sources externes : APIs, services tiers, enquêtes en ligne.
2. Traitement des données
Nettoyage et validation des données.
Transformation en informations exploitables (rapports, tableaux de bord).
3. Stockage des données
Bases de données relationnelles (SQL) ou non relationnelles (NoSQL).
Solutions cloud pour un accès distant.
4. Diffusion des informations
Envoi d’alertes ou de notifications.
Accès à des portails web ou mobiles.
Intégration avec d’autres systèmes via des APIs.
5. Prise de décision
Utilisation des tableaux de bord.
Outils d’aide à la décision basés sur l’analyse des données.
Avantages des SIA
1. Gain de productivité
Automatisation des processus récurrents.
Réduction du temps nécessaire pour les tâches administratives.
2. Amélioration de la précision
Diminution des erreurs humaines.
Contrôles automatisés pour vérifier les données.
3. Accès rapide à l’information
Centralisation des données.
Requêtes instantanées pour extraire les informations.
4. Flexibilité et évolutivité
Adaptation aux besoins changeants de l’organisation.
Ajout de nouveaux modules ou services.
Exemples d'utilisation des SIA
1. Secteur de la santé
Page 8 sur 15
Gestion des dossiers médicaux électroniques (DME).
Systèmes d’aide au diagnostic basés sur l’intelligence artificielle.
2. Secteur bancaire
Traitement automatisé des transactions.
Détection des fraudes par analyse de données.
3. Secteur de la logistique
Suivi des expéditions et des stocks en temps réel.
Optimisation des itinéraires de livraison.
IV. La Méthode MERISE et la conception d'un Système d'Information (SI)
Qu'est-ce que MERISE ?
La méthode MERISE est une méthodologie française de conception, de gestion et de mise en œuvre des
systèmes d'information. Développée dans les années 1970, elle repose sur des principes structurés pour
garantir une approche rigoureuse et efficace de la gestion des données et des processus dans une
organisation.
Objectif principal : Aider les concepteurs à passer d'une analyse des besoins métiers à une solution
technique réaliste.
Utilité : Structurer les étapes de conception pour réduire les incohérences et garantir une meilleure
compréhension des besoins.
Public cible : Chefs de projet, analystes, développeurs et tout acteur impliqué dans la création ou
l'amélioration d'un SI.
Pourquoi utiliser MERISE ?
Clarité des concepts : MERISE sépare les différents aspects conceptuels, logiques et physiques.
Gestion des flux d'information : Elle adopte une vision globale et intègre des processus
organisationnels.
Standardisation : Fournit des modèles standards pour faciliter la communication entre les parties
prenantes.
Efficacité : Favorise une transition fluide entre les phases d'analyse, de conception et de mise en
œuvre.
A. Les concepts fondamentaux de MERISE
1. Approche systémique
Page 9 sur 15
L'approche systémique dans MERISE consiste à analyser un système d'information comme un ensemble de
composants interconnectés. Cette vision inclut les flux d'information, les acteurs, les ressources matérielles
et logicielles.
Exemple : Dans une entreprise de gestion de commandes, le système doit coordonner les
informations des clients, produits, fournisseurs et entrepôts.
2. Cycle de vie d'un système d'information
Le cycle de vie MERISE comprend les étapes suivantes :
Étude préalable :
o Identification des besoins stratégiques.
o Évaluation de la faisabilité.
o Livrables : Rapport de faisabilité, étude d'opportunité.
Étude détaillée :
o Analyse approfondie des besoins.
o Modélisation conceptuelle des données et des traitements.
Conception technique :
o Transformation des modèles conceptuels en modèles exploitables.
o Choix des solutions technologiques.
Réalisation et mise en œuvre :
o Développement, tests et déploiement.
3. Les niveaux d’abstraction
MERISE s'appuie sur trois niveaux distincts pour structurer les travaux :
Niveau conceptuel :
o Indépendant des contraintes technologiques.
o Représente les besoins métiers.
Niveau logique :
o Traduction du conceptuel vers un modèle précis (adapté au SGBD).
o Ajout des règles de normalisation.
Niveau physique :
o Implémentation réelle sur des bases de données ou autres infrastructures.
B. La modélisation des données avec MERISE
Page 10 sur 15
1. Le Modèle Conceptuel de Données (MCD)
Définition
Le MCD est une représentation graphique qui permet de modéliser les données nécessaires à un système
d'information. Il met en évidence les entités, leurs attributs et les relations entre elles.
Composants principaux
Entités : Représentent des objets ou concepts (exemple : Client, Produit). Une entité est représenté
par un rectangle.
Attributs : Caractéristiques des entités (exemple : nom, adresse).
Association : Liens entre entités (exemple : une commande est passée par un client). Elle est
représenté par un ovale.
Cardinalités : Indiquent les contraintes quantitatives entre les entités (exemple : un client peut
passer plusieurs commandes).
Objectifs
Clarifier les besoins en termes de données.
Garantir une compréhension commune entre les acteurs du projet.
Exemple pratique : Gestion d'une bibliothèque
Entités : Livre, Auteur, Lecteur.
Relations : Écrit (Auteur-Livre), Emprunte (Lecteur-Livre).
Attributs : Livre (ISBN, Titre), Auteur (Nom, Prénom).
2. Le Modèle Conceptuel des Traitements (MCT)
Définition
Le MCT décrit les processus à réaliser dans le système d'information. Il présente les flux d'informations et
les traitements associés, indépendamment de tout aspect technique.
Composants principaux
Processus : Ensemble d'actions qui transforment les données en informations utiles.
Flux d'information : Échanges entre les processus.
Page 11 sur 15
Acteurs : Rôles impliqués dans les processus (utilisateurs, services).
Objectifs
Identifier les traitements critiques du système.
Modéliser les interactions entre données et processus.
Exemple pratique : Gestion des commandes
1. Le client passe une commande.
2. Le système vérifie la disponibilité des produits.
3. Le service logistique prépare l'expédition.
3. Le Modèle Organisationnel des Traitements (MOT)
Définition
Le MOT spécifie l'organisation des traitements en identifiant les acteurs responsables et les ressources
utilisées.
Composants principaux
Rôles : Responsabilités assignées à chaque acteur (exemple : Gestionnaire des stocks).
Ressources : Outils et infrastructures nécessaires aux traitements (exemple : ERP, base de données).
Objectifs
Définir clairement les responsabilités.
Assurer une coordination efficace entre les différents acteurs.
Exemple pratique : Gestion d'un événement
Rôles : Organisateur (planification), Participant (inscription).
Ressources : Logiciel de gestion des inscriptions, salle de conférence.
4. Le Modèle Logique des Données (MLD)
Définition
Le MLD est une traduction du MCD qui tient compte des contraintes des bases de données relationnelles. Il
présente les tables, les colonnes et les relations entre elles.
Composants principaux
Tables : Représentation des entités et des relations.
Colonnes : Attributs des entités transformés en champs de table.
Clés primaires (PK) : Identifiants uniques pour chaque table.
Clés étrangères (FK) : Liens entre les tables.
Page 12 sur 15
Objectifs
Préparer la mise en œuvre technique dans un SGBD.
Optimiser la structure des données pour les traitements.
Exemple pratique : Gestion d'une bibliothèque
Table Livre : ISBN (PK), Titre, Année.
Table Auteur : IDAuteur (PK), Nom, Prénom.
Table Emprunt : IDEmprunt (PK), DateEmprunt, ISBN (FK).
C. Normalisation et Formes Normales
1 Définition de la Normalisation
La normalisation est un processus visant à organiser les données dans une base de données afin de
minimiser la redondance et d'améliorer l'intégrité des données. Elle est réalisée à travers plusieurs formes
normales (FN).
2 Les Différentes Formes Normales
a) Première Forme Normale (1FN) :
o Suppression des groupes de valeurs répétées.
o Chaque colonne doit contenir une seule valeur atomique.
o Ex : Une table avec plusieurs adresses pour un client doit être divisée en une table client et
une table adresse.
b) Deuxième Forme Normale (2FN) :
o Être en 1FN.
o Tous les attributs doivent dépendre entièrement de la clé primaire (pas de dépendance
partielle).
o Ex : Une table commande contenant à la fois des infos sur le client et la commande doit être
séparée en deux tables.
c) Troisième Forme Normale (3FN) :
o Être en 2FN.
o Élimination des dépendances transitives (les attributs non-clés ne doivent dépendre que de
la clé primaire).
o Ex : Une table produit avec un champ catégorie qui contient le nom de la catégorie doit être
séparée en une table catégorie.
Page 13 sur 15
d) Forme Normale de Boyce-Codd (FNBC) :
o Être en 3FN.
o Toutes les dépendances fonctionnelles sont basées sur des super-clés.
Ces formes normales garantissent une structure optimale et évitent les anomalies de mise à jour, insertion
et suppression.
D. Passage du MCD au MLD
Le passage du MCD au MLD consiste à transformer les entités, attributs et relations définis dans le MCD en
une structure de tables relationnelles prête à être implantée dans un SGBD.
Étapes principales
1. Transformation des entités en tables :
o Chaque entité du MCD devient une table.
o Les attributs de l'entité deviennent les colonnes de la table.
o La clé primaire est choisie parmi les attributs de l'entité (souvent un identifiant unique).
2. Transformation des relations en tables ou contraintes :
o Pour une relation 1-N : La clé primaire de l'entité à cardinalité 1 devient une clé étrangère
dans la table de l'entité à cardinalité N.
o Pour une relation N-N : Une nouvelle table est créée pour modéliser la relation. Cette table
contient les clés primaires des deux entités comme clés étrangères (et souvent comme clé
primaire composite).
3. Normalisation :
o Vérifier que les tables respectent les formes normales (1NF, 2NF, 3NF) pour éviter les
redondances et anomalies.
4. Ajout des contraintes d’intégrité :
o Contraintes d’unicité (clé primaire).
o Contraintes de référentialité (clés étrangères).
Exemple pratique : Gestion d'une bibliothèque
MCD :
o Entités : Livre (ISBN, Titre), Auteur (IDAuteur, Nom), Lecteur (IDLecteur, Nom).
o Relations :
Écrit (Auteur-Livre, cardinalité 1-N).
Emprunte (Lecteur-Livre, cardinalité N-N).
Page 14 sur 15
MLD :
o Table Livre : ISBN (PK), Titre.
o Table Auteur : IDAuteur (PK), Nom.
o Table Lecteur : IDLecteur (PK), Nom.
o Table Écrit : IDAuteur (FK), ISBN (FK).
o Table Emprunt : IDLecteur (FK), ISBN (FK), DateEmprunt.
Conseils pratiques
Analyser minutieusement les cardinalités dans le MCD pour éviter les erreurs de modélisation.
Simplifier les noms des attributs et des tables pour une meilleure lisibilité.
Intégration des modèles
Les différents modèles (MCD, MCT, MOT, MLD) s'intègrent pour fournir une vue complète du système
d'information :
Le MCD identifie les données essentielles.
Le MCT décrit les processus liés à ces données.
Le MOT précise les acteurs et ressources impliqués.
Le MLD traduit ces modèles dans une structure exploitable par un SGBD.
Page 15 sur 15