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Partie 1 : Qu’est-ce que la sociologie ?

Sociologie
= Démarche de connaissance scientifique des phénomènes sociaux
= Étude de la vie sociale, des groupes et des sociétés

- Niveau macro : au travers des interactions sociales, les individus développent des relations
interpersonnelles
- Niveau méso : à travers des relations, les individus formes des groupes

 Pierre Bourdieu : Qu’est-ce que la sociologie ?


- Sociologue essaye d’établir des lois/régularités, des manières d’être et d’en définir des
principes. S’intéresse à ce qu’il se passe de manière régulière dans le monde qui nous
entoure – il observe les contemporains pour voir ce qui revient de manière régulière  on
observe des déterminismes sociaux derrière ces régularités
- Sociologie = sport de combat contre les idées reçues  cherche à déconstruire les préjugés
et à révéler les mécanises cachés qui structurent la société pour se défendre pour un monde
plus juste
- Déterminisme social = des choses qui se font naturellement mais Bourdieu ne veut pas
l’accepter comme une chose naturelle, il y a des alternatives possibles
- Concepts clés : régularités, actions/comportements, déterminismes sociaux, évidences,
sociologie = sport de combat

 Sociologie = la connaissance scientifique des phénomènes sociaux (comporte 3 notions…)

La connaissance
Cette démarche passe par 3 étapes :
1. Décrire une réalité : chercher à définir ce qu’on observe
2. Mettre en relations : souligner les éléments qui entretiennent les apsects de cette réalité
3. Expliquer l’observation

La connaissance scientifique
 La sociologie est une science
- Bruno Latour : « un fait scientifique est un énoncé qui a passé avec succès les tests qui
tendent à nier son existence »
o Science : sceptique : le scientifique est celui qui dans sa démarche de connaissance
jamais rien n’est pris comme acquis. Il va mettre en place des méthodes rigoureuses
pour mettre en défi les évidences. LA science n’est pas définie par la certitude.
 >< La sociologie étudie des faits/relations vérifiables
- Ce n’est pas l’objet qui définit une science mais le point de vue, outil et intention
- Le point de vue pris pour représenter une réalité varie

 La sociologie est une science humaine et sociale


- Science humaine : étudie les comportements humains
- Science sociale : s’intéresse aux interactions de l’être humain avec d’autres groupes sociaux
Les phénomènes sociaux (le point de vue de la sociologie)
Le sociologue s’intéresse à un objet d’étude, il le décrit et l’analyse. C’est son point de vue sur les
phénomènes qui fait la spécificité de la sociologie en tant que science.

Les phénomènes sociaux recouvrent 2 pôles de tension : Actions sociales  faits sociaux
Avec l’héritage de 2 fondateurs : Max Weber  Émile Durkheim

 Il n’existe pas d’actions sociales sans faits sociaux et il n’existe pas de faits sociaux sans actions
sociales

 Les actions sociales : Weber


- Microsociologie (atomistique) : il utilise la porte d’entrée de l’infiniment petit  L’individu
- Activité = quand et pour autant que ceux qui agissent lui communiquent un sens subjectif
- Activités sociales = toute action humaine (individuelle ou collective) qui prend sens dans le
fait que les humains vivent ensemble et tiennent compte de l’existence d’autrui pour agir ;
on utilise les comportements des autres pour banaliser les nôtres.
Les relations sociales sont interdépendantes, elles sont réciproques. Avant d’agir on va
réfléchir – on tient compte de l’existence des autres. L’existence d’autrui n’implique pas
nécessairement la nécessité d’être face ) face.
- Sociologie compréhensive = comprendre le sens des actions des individus car ils s’inscrivent
dans des interactions sociales

 Selon Weber, les acitons sociales sont compréhensibles lorsqu’on les place dans un monde de
relations sociales

- Classement des comportements sociaux (basé sur leur source)


o Action rationnelle en finalité : les individus poursuivent des objectifs et vont agir
après avoir imaginé la réponse comportementale des autres. Ils vont poser les
actions adéquates pour atteindre des objectifs
o Action rationnelle en valeur : repose sur la croyance de la valeur intrinsèque et
inconditionnelle indépendamment de son résultat. Pas de recherche particulière de
résultat mais défendre des convictions fondamentales. On va pondérer ces valeurs
pour que ce choix soit rationnel
o Action affective : repose sur des sentiments, passions ou émotions actuelles. Cela se
fait dans l’immédiateté – débordé d’émotions et nous poussent à agir, pas rationnel
o Actions traditionnelles : repose sur la coutume, action qu’on va poser car elle rentre
dans nos traditions, pas de réflexion pour la poser (pas rationnel)

 Faits sociaux : Durkheim


- La société n’est pas réductible à la somme d’individus
- Macrosociologie (holistique) : utilise la porte d’entrée des faits sociaux, du « tout ». les
individus se relient les uns aux autres, des constellations apparaissent et font naître des
forces.
- Les faits sociaux = toute manière d’agir, de penser, de sentir, qui est extérieure à l’individu et
qui est dotée d’un pouvoir de coercition en vertu duquel il s’impose aux individus
En s’associant, les individus font naître une force extérieure à eux. L’association de 2
individus fait naître quelque chose de nouveau qui prend une vie propre et indépendante des
2 individus qui va les surplomber et obtenir un pouvoir de contrainte
 Les contraintes collective sont intériorisées et devenues inconscientes
- Les faits sociaux passent par des instances de socialisation
- Homogamie sociale = le fait d’être attiré par un partenaire du même milieu socio-
économique que nous – on est influencé par notre milieu social  Pas de liberté totale pour
nos choix amoureux
S’impose par effet de nombre et de durée :
o Si une manière d’agir, de penser, de sentir, est partagé par un grand nombre
d’individus, il a plus d’influence sur la vie des individus
o Les faits sociaux sont préexistants, ils sont là avant la naissance. On intègre les faits
pendant l’enfance, il s’agit également de traditions

 Articulations entre faits sociaux et actions sociales


- Weber tente de comprendre la société à travers les actions individuelles
- Durkheim tente de comprendre la société à travers les cadres qui contraignent les individus
 Tous deux ont apporté de la nuance à leurs études et ont essayé de l’étudier de différentes façons
 Les actions sociales sont vidées de sens si les individus ne se comprennent pas entre eux. Mes
individus ne peuvent pas se comprendre sans se référer collectivement à un même ensemble de
significations qui leur préexiste et qui leur est extérieur

 Pas d’actions sociales sans faits sociaux


Pour se faire comprendre en termes de valeurs il faut s’adresser à des personnes qui partagent les
mêmes valeurs que soi.
Il nous faut puiser dans une bibliothèque de sens partagé par un grand nombre de gens et qui nous
préexiste pour nous permettre d’effectuer des actions sociales cohérentes et significatives par
rapport à autrui

 Pas de faits sociaux sans actions sociales


Le fait social dans lequel nous vivons aujourd’hui est issu d’une action sociale. Ce sont nos actions
sociales quotidiennes qui reproduisent ou transforment les faits sociaux, sinon on serait en perpétuel
recommencement de nos actions

- Les actions sociales font exister les faits sociaux  Pas de fait social sans action sociale 
Pas d’action sociale sans fait social
- Les effets de l’action sociale sur le fait social peuvent être conscients et sera qualifié de
mouvement social ou bien involontaire

- Raymond Boudon : effet pervers des actions sociales individuelles associées  le fait de
vouloir échapper à tout prix à la fatalité, crée en fait cette fatalité
o S’est intéresse à l’échec de la démocratisation scolaire : la volonté de réduire les
inégalités sociales à travers un accès plus large à l’éducation, a produit en fait l’effet
inverse. En poussant massivement les jeunes vers des diplômes prestigieux pour
accéder à un confort de vie supérieur à celui de leurs parents, les inégalités sociales
sont simplement déplacées vers le haut. Multiplier les diplômes les dévalorise. Sur le
marché du travail, pour un emploi similaire, on prendra le meilleur diplôme -> la
valeur des diplômes décroit
 Articulation étroite entre les actions sociales et les faits sociaux
o La sociologie c’est de s’intéresser autant aux pièces individuelles qu’au puzzle dans
son entièreté et la coordination des pièces

 La notion de configuration (Norbert Elias)


Les individus s’inscrivent dans des relations d’interdépendance avec les autres. Ils dépendent et
tiennent compte les uns des autres
 La configuration c’est une situation spatio-temporelle concrète d’interdépendance associant des
structures sociales et psychiques.

Méthode sociologique
Durkheim est l’un des premiers à avoir écrit un livre sur les règes de la méthode sociologie. Il
comporte 4 règles essentielles :

1. Les faits sociaux doivent être considérés comme des choses


On doit s’efforcer de regarder les faits sociaux comme des choses.

 Ne dit rien de la nature des sociaux en soi, mais précise la façon de les observer
 Drôle d’affirmation car :
- Les faits sociaux concernent des êtres humains : il ne s’agit ici pas de retirer toute forme
d’humanité aux humains en les considérant comme des choses
- Il existe des faits sociaux qui sont intériorisés par les individus : il ne s’agit pas de faire croire
que les la sociologie ne s’intéresse pas à ces faits de conscience

- Considérer les faits sociaux comme des choses = les appréhender avec une objectivité
scientifique plutôt qu’à travers nos impressions subjectives. Les faits sociaux ont une réalité
propre, extérieure à nous, qui doit être observée et analysée de manière distanciée. Il faut se
détacher de nos prénotions pour éviter une sociologie spontanée basée sur une simple
perception intuitive. La démarche sociologique vise à adopter une attitude intellectuelle qui
refuse le subjectivisme et cherche à objectiver les faits sociaux afin de les comprendre
scientifiquement

- Subjectivité de Durkheim : désigne l’ensemble des perceptions personnelles, des opinions et


des impressions subjectives que les individus ont sur les faits sociaux = leur point de vue
personnel influencé par leur propre expérience. Pour lui, cette subjectivité est un obstacle à
l’étude scientifique des faits sociaux
Nous sommes tous des êtres sociaux et nous faisons tous de la sociologie sauvage (partielle
car elle est située et partiale car ne présente pas de stéréotypes)
o Ce risque de subjectivisme est un souci pour le sociologue, qui en tant que
scientifique doit tendre vers une forme d’objectivité
o Le sociologue est un être social comme tous les humains et pourrait donc être tenté
de se satisfaire de son vécu personnel et des propres expériences de la société pour
en déduire une théorie globale du social.
Décalage vers l’ethnocentrisme

 Nécessité de produire des concepts


Les mots du langage courant qui véhiculent le sens commun peuvent aussi être empreint d’a priori,
de stéréotypes, d’idées reçues peu favorables à une approche plus objective. Pour s’éloigner de ces
prénotions, la sociologie va produire des concepts
- Matière première du sociologue = parole recueillie dans le « monde profane »

 Le concept de normalité
Le concept de normalité selon Durkheim diffère du jugement moral ou normatif. Pour lui, un fait
social est considéré comme normal s’il se produit régulièrement dans la majorité des sociétés
similaires à un stade donné de leur développement. Cela inclut des phénomènes comme le crime, qui
bien que jugé immoral dans le sens commun, est perçu comme un fait social normal car il existe dans
toutes les sociétés.
Il ne considère pas que le crime soit acceptable mais il souligne simplement le fait que ce soit un
phénomène inévitable dans toute société. Le crime est normal d’un point de vue sociologique.

 La double herméneutique (la science du sens)


Les idées circule entre le monde scientifique et le monde social, elles sont adoptées par la société,
impactant les comportements et reviennent dans le monde scientifique pour être étudiées à
nouveau et évoluer.
- En sociologie, la discipline est profondément ancrée dans la réalité sociale, participant à un
processus d’interprétation constant et complexe, lié à l’herméneutique. Les sociologues ne
se contentent pas d’observer des faits sociaux passifs mais interagissent avec ces acteurs
sociaux qui interprètent activement leur propre réalité. Lorsque ces acteurs témoignent, ils
partagent leurs propres perceptions et interprétations de leur vécu. Le rôle du sociologue est
alors d’interpréter ces interprétations et de les traduire en concepts scientifiques.
Ce processus est cyclique : une fois les recherches sociologiques publiées, les concepts
développés sont réinjectés dans le champ social. Les acteurs sociaux s’approprient ces
nouveaux concepts et les réinterprètent, en changeant parfois leur sens initial.
 Interaction continue entre la sociologie et la société. Les concepts sociologiques une fois
diffusés peuvent finir par sembler banals. Mais plus profondément, ces concepts peuvent
modifier les pratiques sociales et les réalités mêmes qu’ils étudient.  Cycle d’influence
mutuelle, où la sociologie nourrit la société tout en étant, à son tour, transformée par les
interprétations et les usages sociaux
 La règle de la totalité
Un fait social ne peut être compris si on le considère comme une entité isolée. Il faut prendre en
considération toutes les relations significatives, il faut le replacer dans un contexte qui lui donne du
sens (décrire, mettre en relations, expliquer)
Toutes les relations significatives sont à prendre en considération. Elles forment un tout. Les
éléments de cette totalité qui intéressent le sociologue ne sont pas de n’importe quelle nature, il
s’agit d’autres faits sociaux.

 La cause d’un fait social doit être recherchée dans d’autres faits sociaux
Durkheim soutient que pour comprendre un fait social, il faut chercher sa cause dans d’autres faits
sociaux  Dans l’analyse sociologique, les explications pertinentes doivent être issues d’éléments
eux-mêmes de nature sociale (influence des institutions, normes sociales, inégalités plutôt
qu’économique, psychologique, géographique)
Cette approche est spécifique à la sociologie >< Sciences humains qui peuvent se concentrer sur des
facteurs non-sociaux  Durkheim admet que d’autres facteurs externes (psychologiques ou
biologique) peuvent aussi avoir un impact, mais leur analyse relève de disciplines différentes.
Le sociologue doit se concentrer sur les dimensions sociales et peut si nécessaire collaborer avec des
spécialistes d’autres domaines pour offrir une perspective plus complète dans une approche
interdisciplinaire.

 La règle de construction du fait


La méthode sociologique repose sur une tension constante entre empirisme et théorie.
- Théorie sociologique propose des modèles rationnels pour comprendre la réalité, basés sur
des concepts, des typologies et des hypothèses.
- Empirisme stipule que toute connaissance provient de l’expérience sensible, mais à lui seul, il
ne suffit pas
Si on se limitait à l’empirisme, l’analyse sociologique se réduirait à une simple description des faits
sans apporter d’explication profonde. Il est nécessaire d’établir des liens explicatifs et de dégager des
modèles théoriques pour comprendre les phénomènes observés. D’un autre côté, une théorie
sociologique qui n’est pas basée sur des faits empiriques serait une pure spéculation

Approches empiriques : pour mener ses recherches, le sociologue dispose de 2 grands ensembles
d’outils :
- Méthodes quantitatives : données mesurables (comme des statistiques)
o Les méthodes quantitatives en sociologie reposent sur les statistiques pour dégager
des lois à partir d’un échantillon représentatif. Un échantillon bien construit est plus
fiable qu’un grand mal conçu. La taille de l’échantillon améliore la précision des
résultats : plus il est grand, plus les écarts avec la réalité sont réduits. Cependant il
faut être prudent avec les statistiques car leur apparente rigueur peut être
trompeuse si la méthodologie est biaisée.
- Méthodes qualitatives : explorent plus en profondeur les expériences et les interprétations
des individus concernant la violence
- Outils réflexifs

 La construction sociologique du savoir se situe à l’intersection entre ces 2 pôles : l’empirisme pour
observer la réalité et la théorie pour lui donner du sens

 Méthodes quantitatives
Permettent d’analyser des comportements, des opinions…En fonction de leurs régularités que l’on
peut déduire du recueil de données mathématiquement mesurables.

- Construction et représentativité
Un échantillon est valide seulement s’il est représentatif de la diversité de la population
totale après seulement intervient le critère de la taille
- Interprétation :
o Source des chiffres : il faut être attentif aux sources des chiffres que l’on exploite
o Contextualisation : se méfier des interprétations erronées ou hâtées

 Méthodes qualitatives
Permettent de recueillir des données fines qui visent à découvrir la nature plus profonde de ce que
l’on étudie  évaluer la qualité – elle se concentrent sur la compréhension de la nature des
phénomènes étudiés, plutôt que sur leur quantité ou fréquence. Elles incluent principalement 2
outils :
- Observation : observer une réalité de manière passive ou active avec une grille d’observation
préétablie. Les notes recueillies servent ensuite à l’analyse sociologique
- Entretien sociologique : recueillir des témoignages, de manière individuelle ou collective,
selon un cadre plus ou moins structuré (questions ouvertes ou fermées). Les données sont
ensuite analysées à partir de synthèses ou de retranscriptions intégrales

Elles sont essentielles pour les études à petite échelle et pour contextualiser une analyse. Elles
permettent de comprendre le sens que les individus attribuent à leurs actions. La saturation (seuil de
saturation) des informations, lorsque les données supplémentaires n’apportent plus d’éléments
nouveaux, est un critère clé de c-validité des résultats.
- Le seuil de saturation repose sur l’expérience du chercheur, c’est le moment où il sent qu’il
n’obtient plus de nouvelles données

 Réflexivité
Permet au sociologue de se prendre lui-même comme objet d’analyse, afin d’élucider son propre
rapport aux phénomènes qu’il étudie.

- Cela implique de reconnaitre que « connaître, c’est d’abord se connaître soi-même », afin
d’éviter le subjectivisme et projeter ses propres expériences dans l’analyse. Le chercheur doit
clarifier son rapport à l’objet étudie, se demander pourquoi il privilégie certaines questions
et en quoi sa position sociale ou histoire personnelle influencent ses perspectives. Cet effort
de réflexivité est un travail scientifique. Il faut objectiver son parcours personnel et
professionnel pour mieux comprendre ses influences sur l’analyse
- Elle porte aussi sur les outils de connaissance : le sociologue doit être conscient des
avantages, mais aussi des limites de ses méthodes. Il doit reconnaître que son intervention
peut influer sur la réalité qu’il étudie. Les analyses produites par les sociologues ne sont pas
neutres : elles sont réinjectées dans la société et peuvent participer à sa transformation
 La réflexivité est un outil méthodologique fondamental. Le sociologue doit appliquer à lui-même
les mêmes méthodes qu’il utilise pour étudier les phénomènes sociaux, afin de comprendre son
propre impact sur l’objet d’étude et par extension, sur la société dans son ensemble

Les fondations de la sociologie


Contexte historique d’émergence de la sociologie
Des penseurs comme Platon, Aristote, Ibn Khaldoun ou Rousseau ont longuement réfléchi aux
structures politiques, sociales et culturelles. Cependant, ces auteurs sont principalement des
philosophes ou des historiens de la société, pas encore des sociologues au sens moderne.

Montesquieu est vu comme précurseur de la sociologie. Il étudie les systèmes d’organisation sociale,
montrant que les sociétés sont régies par trois types d’institutions : la coutume, la religion et la loi. Il
observe qu’en l’absence de lois fortes, la coutume ou la religion prend le relais. Raymond Aron le
considère comme le premier sociologue pour son approche plus systématique et scientifique.

La sociologie proprement dite naît qu’au 19e siècle. Époque marquée par des transformations
profondes : les révolutions politiques, la révolution industrielle et l’apparition de la « question
sociale »  Créent (avec le développement des sciences naturelles) un terreau favorable pour une
approche scientifique de l’étude des sociétés  création de la sociologie

1. (R)évolution des idées


 Évolution de la philosophie sociale et politique
- Conjonction de 3 révolutions :
o Dans l’AR, Dieu était au centre de la compréhension du monde et de l’organisation
politique
o Rationalisme de Descartes : nouvelle manière de concevoir l’homme, en le plaçant
au centre comme siège de la rationalité. Cela a fait réduire l’influence de la religion
dans la société. L’organisation sociale se fonde de plus en plus sur la raison.
Phénomène appelé sécularisation = laïcisation progressive des sociétés occidentales
o Une métaphysique sociale émerge articulée autour de concepts comme le contrat
social, la liberté, la responsabilité, l’égalité et la fraternité. Ces idées, qui puisent
leurs racines dans la redécouverte des philosophes grecs à la renaissance (XVIe
siècle) se sont développés au cours des siècles suivants. L’âge classique (XVIIe siècle)
a été marqué par des penseurs comme Descartes, Grotius et Hobbes, le siècle des
lumières (XVIIIe siècle) a vu l’amplification de ces idées à travers des auteurs comme
Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Kant, Adam Smith et Bentham.

 ces évolutions philosophiques ont fourni un cadre théorique qui a soutenu les grandes révolutions
politiques de l’époque moderne

 Développement des sciences et des techniques


Le développement d’une pensée rationnelle a entraîné une évolution significative des sciences
naturelles et de leurs applications techniques dans divers domaines comme la physique, la chimie, la
biologie et la médecine.

- Développement des maths et des probas : depuis Blaise Pascal (XVIIe siècle), les maths ont
progressé, soutenant à la fois la physique et des innovations dans les assurances et les
systèmes de sécurité sociale, en raison de l’utilisation des probabilités pour gérer les risques.
- Développement de la physique : l’invention de l’énergie vapeur a marqué un tournant
majeur. Elle a permis à l’humanité de produire de l’énergie de manière indépendante de la
nature, ce qui a été déterminant pour la révolution industrielle en permettant de nouvelles
formes de production
- Développement de la médecine :
o Les scientifiques ont commencé à concevoir l’organisme humain comme un
ensemble d’organes interdépendants, chacun avec une fonction spécifique
o Claude Bernard a introduit la notion d’homéostasie : l’organisme maintient un
équilibre et que la maladie représente une rupture de cet équilibre à laquelle le
corps cherche à remédier
o Recherches approfondies sur la cellule, vue comme l’unité fondamentale de la vue,
ont montré que chaque cellule a sa propre individualité tout en restant liée au
fonctionnement global de l’organisme
- Théories de l’évolution : les travaux de Lamarck, Von Baër, Darwin et Wallace sur l’évolution
des espèces ont montré que celles-ci s’adaptent à leur environnement à travers des
mécanismes de sélection naturelles  Nouvelle compréhension de la biologie

Ces progrès scientifiques et techniques ont alimenté des transformations économiques et sociales,
favorisant l’émergence de la révolution industrielle et la modernisation de la société.

2. Révolutions politiques et questions de stabilité


Révolutions politiques des XVII et XVIII siècles ont marqué des tournants majeurs en renversant
l’ordre traditionnel au nom d’idéaux tels que la liberté, l’égalité et la souveraineté populaire.
Cependant ces événements ont plongé l’Europe dans une période d’instabilité politique durable à
partir de la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe.
 Nombreux conflits  Questions de stabilité

3. Révolution industrielle et question sociale


La RI transforme l’économie et le travail créant un prolétariat soumis à des conditions de vie très
difficiles. La misère des ouvriers, concentrée dans des quartiers industriels, devient visible et
provoque des mouvements sociaux et des émeutes  Question sociale émerge comme un enjeu
majeur, exigeant des réponses pour éviter des crises politiques et sociales

4. Deux crises, deux questionnements et la sociologie comme perspective de réponse


Au 19e siècle, 2 crises majeurs marquent la société
- La recherche de stabilité politique après les révolutions
- La réponse à la question sociale causée par l’industrialisation
 Poussent des intellectuels à chercher des solutions rationnelles, au-delà de la religion ou de la
métaphysique. Ils envisagent la création d’une science de la société pour mieux comprendre et
maitriser son fonctionnement.

 L’influence de la physique : la physique sociale


Penseurs comme Quételet développent la physique sociale, utilisant des enquêtes et des stats pour
analyser les conditions de vie des ouvriers. Outil rationnel.

 L’influence de la biologie (et de la médecine) : la sociologie


Comte et Spencer sont influencés par la biologie. Ils comparent la société à un organisme vivant, avec
des organes sociaux interdépendants. Cette approche « organiciste » vise à traiter les pathologies
sociales comme des maladies à soigner, une idée centrale dans l’émergence de la sociologie.

Auguste Comte
Dès 1825, il présente sa loi des 3 états dans son cours de philosophie positive, qui décrit l’évolution
de l’esprit humain à travers 3 phases :
1. État théologie : phénomènes sont expliqués par des agents surnaturels ou transcendants
(magie ou religions). Étape par laquelle nous passons tous (enfance)
2. État métaphysique : explications reposent sur des entités abstraites, des causes ultimes ou
des grands principes philosophiques (liberté ou justice). En sortant par la 1 e phase (ado)
3. État positif ou scientifique : phénomènes expliqués par l’observation et la formulation de lois
de fonctionnement, sans recourir aux causes surnaturelles ou abstraites. En sortant l-de la 2 e
phase (Adulte)

Pour Comte, l’AR représente l’âge théologique, tandis que les révolutions politiques du XVIII siècle
symbolisent l’âge métaphysique, marqué par des idées comme la liberté et l’égalité. Cependant cette
période est marquée par l’instabilité politique et la question sociale indiquant que l’âge
métaphysique n’est pas en mesure de fournir la stabilité souhaitée.
 Passage vers un âge positif ou scientifique pour réformer la société et introduire la stabilité, il est
nécessaire de dépasser les idéaux philosophiques et de découvrir les lois scientifiques qui régissent le
fonctionnement social par une observation méthodique.

 La classification des sciences


Il élabore une classification des sciences, les organisant selon la complexité des matières qu’elles
étudient, allant des plus abstraites aux plus concrètes et vivantes :
1. Maths
2. Physique
3. Chimie
4. Biologie
5. Comte instaure une science nouvelle : la sociologie

Avec l’émergence des crises politiques et de questions sociales, un nouvel objet d’étude plus
complexe fait surface, traditionnellement abordé par la philosophie politique. Comte visa à faire
passer l’étude des phénomènes sociaux de l’état métaphysique à l’état positif.
Il considère la sociologie comme nouvelle science capable d’analyser ces phénomènes sociaux, il
considère qu’elle représente un degré de complexité supérieur car les phénomènes sociaux
constituent la matière la plus complexe à étudier.

 Élaborer une nouvelle science sociologique en s’inspirant de la démarche synthétique de la


biologie
Pour lui, la sociologie s’inspire des sciences naturelles, déjà établies en tant que sciences positives. A
la base, il envisageait de nommer cette nouvelle discipline « physique sociale » mais a opté pour
sociologie pour 2 raisons :
- Distinguer sa démarche de celle d’Adolphe Quételet qui avait déjà utilisé le terme physique
sociale
- S’inspirer de la biologie : l’étude des phénomènes sociaux serait plus enrichie par l’approche
biologique qui analyse les organismes vivants dans leur totalité

Comte considère que la biologie est une science synthétique tandis que les sciences inorganiques
sont analytiques. Cette idée de la primauté du tout sur les parties (idée selon laquelle un organe ne
peut être compris qu’en relation avec l’ensemble de l’organisme) doit être appliquée à la sociologie :
un phénomène social particulier ne peut être compris en dehors de l’ensemble du système social

La sociologie a tout pour s’inspirer de la biologie et non de la physique car elle a une approche
synthétique. On peut même parler de sociologues organicistes (établissant une analogie entre la
société et les organismes vivants).

 La dimension politique : le pouvoir spirituel du sociologue


Il introduit une dimension politique majeure dans son œuvre en attribuant à la sociologie un rôle
fondamental dans la réforme et la gestion de la société de manière scientifique et positiviste. Selon
lui, comprendre les phénomènes sociaux permet de les anticiper et donc de mieux maitriser le scurs
de l’histoire humaine  « voir pour prévoir est l’essence de l’esprit positif, basé sur la constance des
lois naturelles

Il s’inspire de la théorie des Deux glaives de Saint-Augustin, qui différencie 2 types de pouvoir dans
toute société :
1. Pouvoir temporel : fondé sur la force matérielle (richesse, institutions, armée…)
2. Pouvoir spirituel : repose sur la force des idées et des sentiments. Il a une double fonction :
légitimer et modérer le pouvoir temporel

Dans l’AR, l’église jouait ce rôle spirituel en légitimant le pouvoir du roi, tout en rappelant les limites
morales et religieuses de son autorité. Pour Comte, dans une société positiviste, ce rôle serait dévolu
aux sciences et en particulier à la sociologie. Les experts et savants remplaceront les prêtres, non
seulement pour renforcer l’autorité des dirigeants industriels, mais aussi pour les modérer et limiter
leur pouvoir, les rappelant à leur responsabilité sociale.

Comte pousse plus loin ce paradoxe en concevant la sociologie comme non seulement une nouvelle
science mais également comme une nouvelle religion, conférant aux sociologues un pouvoir spirituel
dans la société positive.
 La sociologie, une nouvelle religion ? Le sociologue, grand prêtre et prophète de la Grande
Humanité
Dans sa vision de la sociologie, Comte imagine une réforme profonde non seulement de
l’organisation sociale mais aussi de la manière de penser des hommes. Il croit que l’évolution
historique, selon sa loi des 3 états, mènera naturellement la société à l’âge positif, où les individus
comprendront scientifiquement l’ordre social et s’y conformeront. Cette vision fait du sociologue une
sorte de prophète ou grand prêtre, instruisant les esprits et guidant la société vers cette nouvelle ère.

1854 : Comte formalise cette idée en publiant le système de politique positiviste où il institue la
religion de l’humanité. Même si le positivisme n’a pas véritablement remplacé les religions
traditionnelles, son influence perdure, notamment à travers la technocratie.
- Technocratie : système où les décisions politiques sont confiées à des experts, s’appuie sur
l’idée que le savoir scientifique est supérieur au débat public.

Herbert Spencer
- Spencer est un sociologue organiciste

 Analogies entre organisme social et organisme vivant


1875 : publie Principes de sociologie, selon lui, les organismes sont constitués d’organes qui assurent
une fonction essentielle à la survie

 Évolution par la complexification


Il applique la loi de complexification à l’évolution des sociétés. Tout comme les espèces biologiques
évoluent du simple au complexe, Spencer soutient que les sociétés suivent un processus similaire.

- Evolution des sociétés :


1. Sociétés simples : sociétés homogènes, avec peu de différenciation entre les individus,
maintenues par une coercition exercée par une caste militaire dominante
2. Croissance et division du travail : la division du travail augmente  Spécialisation et
différenciation des individus (comme Durkheim)
3. Modernité : plus hétérogènes et complexes – cette complexité ne renforce pas la
régulation politique et militaire mais la spécialisation et l’interdépendance des individus
les poussent à collaborer  Autorégulation naturelle

- Types de sociétés :
o Sociétés militaires : sociétés moins évoluées sont basées sur la coercition et le
pouvoir militaire
o Sociétés industrielles : sociétés modernes plus évoluées, sont orientées vers
l’industrie, avec un accent sur la distribution et le soutien
o Sociétés mixtes : certaines sociétés, bien qu’industrialisées, conservent des traites
correctifs et militaires
 Cette évolution n’est pas linéaire ; les sociétés évoluent à des rythmes différents, expliquant la
coexistence de nations à différents stades de développement à une même époque
 La dimension politique : contre l’intervention de l’État
 Éviter que les lois humaines pervertissent les lois naturelles de l’évolution, en particulier la
sélection naturelle

Il défend un modèle de moindre état, profondément libéral. Il critique l’intervention erratique,


affirmant que les lois humaines perturbent les lois naturelles d’autorégulation et d’évolution des
sociétés. Selon lui, le législateur devrait plutôt supprimer des lois que d’en créer.

- Conséquences sociales :
Il ne faut pas soutenir ceux qu’il considère comme des inadaptés sociaux, car cela contredit la
loi de la sélection naturelle. Seuls les plus aptes devraient survivre, tandis que les moins
aptes sont destinés à disparaître. Toute intervention pour aider les plus faibles affaiblirait
globalement l’espèce humaine  Dévoile la face sombre du darwinisme social qui a eu une
influence majeure sur les idéologies racistes et eugénistes du 20e siècle

Émile Durkheim
Le principe sociologique qu’il défend est que « le tout est plu que la somme des parties qui le
composent ». = le fait social ne peut pas être réduit à la simple addition des individus qui composent
une société. Il possède une autonomie propre et exerce une influence extérieure et contraignante
sur les individus

Pour clarifier ce qu’est un fait social, il introduit la notion de conscience collective qui reflète les
croyances, valeurs et normes partagées par une société et qui s’imposent aux individus

 Conscience collective
= l’ensemble des croyances et des sentiments partagés par la majorité des membres d’une société,
formant un système avec une vie propre.
- Il montre comment les normes et valeurs collectives s’imposent aux individus
- Illustre ce principe à travers l’étude du totémisme chez des tribus australiennes
o Pour lui, c’est dans l’effervescence collective que les individus accèdent à l’intuition
d’un monde sacré
o Ces moments de transe collective, où l’individu se sent dépossédé et transcendé par
des forces extérieures, renforcent la conscience de l’existence d’un pouvoir
supérieur
o Cette force est en réalité la manifestation de la conscience collective
o La religion est selon lui une transfiguration de cette conscience
o Les totems symbolisent la collectivité
o Cette dynamique se retrouve aussi dans des formes modernes et laïques de sacré
 Révolutions politiques génèrent un enthousiasme collectif similaire, donnant
naissance à des idées sacrées telles que la patrie, la liberté ou la raison,
souvent symbolisées par des drapeaux ou autres emblèmes nationaux

 Les formes de solidarité


Solidarité = forme de dépendance mutuelle entre les individus qui assure et maintient leur cohésion

Durkheim explore les changements fondamentaux dans les formes de solidarité qui caractérisent la
société du 19e siècle, marquée par l’industrialisation. Il soutient qu’une société existe avant tout
grâce à la solidarité qui relie ses membres, une forme de dépendance mutuelle assurant la cohésion
sociale.

- Solidarité mécanique :
o Sociétés traditionnelles
o Peu de mobilité  Interconnaissance entre les individus
o Grande conformité  Solidarité fondée sur la similitude
o La conscience collective est très forte

- Solidarité organique :
o Différenciation implique aussi une spécialisation des tâches  Interdépendance
entre les individus
o Nécessité de collaborer
o La différence et l’individualisme deviennent le fondement de la cohésion sociale
moderne

Avec l’industrialisation et l’augmentation de la densité matérielle et moral, la société évolue vers une
solidarité organique.
Même dans les sociétés modernes, marquées par une plus grande liberté individuelle, la conscience
collective demeure présente. L’individualisme qui semble relever d’une volonté personnelle est en
réalité un fait social. Il résulte de l’évolution des formes de solidarité, notamment la solidarité
organique, qui valorise la différence et l’autonomie  L’individualisme dans les sociétés modernes
est moins un choix personnel qu’une norme collective, imposée par la conscience collective qui incite
les individus à se percevoir comme autonomes et différenciés. Elle apporte la régulation.

 La conscience collective subsiste dans les sociétés traditionnelles mais se manifeste différemment
en favorisant la coopération entre individus spécialisés

 Les types de suicide


Il démontre que cet acte est un fait social. Il reconnaît l’existence de prédispositions psychologiques,
mais souligne que les facteurs sociaux jouent un rôle déterminant. Il existe des taux de suicide
constants dans certaines populations et des variations significatives entre différentes régions ou
catégories sociales  Suicide influence par des facteurs sociaux

- Durkheim construit son analyse sur 2 concepts clés :


o L’intégration = manière dont une société ou un groupe social unit ses membres
autour d’un idéal commun qui dépasse les intérêts individuels. Quand l’intégration
est réussie, les individus se sent liées à une cause collective, ce qui réduit le risque de
suicide
o La régulation = les limites imposées par la société aux désirs des individus. Selon lui,
les êtres humains ont des désirs illimités et la régulation sociale est nécessaire pour
encadrer ces aspiration, assurant un équilibre entre ce que les individus espèrent et
ce que la société peut leur offrir.

Il remarque que le suicide augmente dans les périodes où ces 2 dimensions sont soit insuffisantes
soit excessives  4 types principaux de suicide :

- Suicide altruiste : dans les sociétés où l’intégration sociale est excessive


o L’individu se sent tellement subordonné à la conscience collective qu’il considère sa
propre vie comme négligeable en comparaison des exigences du groupes
- Suicide égoïste : dans des contextes où l’intégration sociale est insuffisante
o L’individu se sent déconnecté de la société et de ses idéaux collectifs et donc
entraîne une solitude et un manque de soutien qui peuvent le pousser au suicide
- Suicide fataliste : dans des contextes où la régulation sociale est excessive
o L’individu est soumis à des règles tellement rigides et oppressives qu’il perd tout
sentiment de liberté ou de contrôle sur sa vie
- Suicide anomique : dans des contextes où la régulation sociale est insuffisante
o Les désirs de l’individu ne sont plus encadrés et il se retrouve dans un état
d’insatisfaction permanente.

 Le normal et le pathologique
Pour lui, le suicide est un phénomène normal car il est présent dans toutes les sociétés avec un taux
relativement constant

- Le suicide devient pathologique quand son taux augmente de façon anormale (surtout dans
les sociétés modernes, signe de crise sociale)
- Types de suicides en hausse : augmentation des suicides égoïstes et anomiques dans les
sociétés modernes (dû à une faible intégration et à un manque de régulation)

 Le crime et le droit
Pour lui, le crime est un phénomène normal dans toute société mais devient pathologique si son taux
varie fortement. AU 19e siècle, Durkheim voit l’anomie comme un facteur clé de la criminalité. Il
distingue 2 types de droit :
- Droit répressif = ce qui punit les fautes et crimes par des châtiments  trouve que ces
sanctions ne servent pas tant à dissuader qu’à réaffirmer la conscience collective lorsqu’elle
est transgressée. Le châtiment agit comme un rituel permettant à la société de rétablir son
équilibre moral et de renforcer la cohésion des valeurs partagées
- Droit restitutif/coopératif : vise à rétablir l’ordre après une faute en réorganisant la
coopération entre individus
 Réforme proposée par Durkheim : le socialisme
Face aux pathologies de la société moderne liées à un manque d’intégration et de régulation, il
propose des solutions. Il ne prône pas un retour à une solidarité mécanique mais estime que la
solidarité organique est une évolution positive. Rejette l’idée que la division du travail ou la religion
puissent résoudre ces problèmes et considère que la famille ne peut plus jouer un rôle de régulateur
aussi important qu’auparavant.
Il met en avant l’importance de l’éducation pour renforcer l’intégration en transmettant les valeurs
collectives (raison, liberté, responsabilité). Elle aide aussi à la régulation en apprenant aux individus à
maitriser leurs désirs. Dans le domaine économique, il propose la créations corporations (regroupant
employeurs, employés et l’état) afin de régulariser et moraliser la vie économique
 A influencé les premiers socialistes français avec l’organisation de l’école républicaine, des
syndicats et de la sécurité sociale

Karl Marx
- Sociologie de Marx : matérialiste, historique, dialectique

 Matérialisme = le développement et les transformations sociales ne sont pas déterminés par le


monde des idées ou l’Esprit mais par le monde matériel. Selon lui, c’est en étudiant le monde
matériel comme le système économique et les conditions de production que l’on peut
comprendre comment la société fonctionne, comment ses membres pensent et agissent.

Il ne nie pas l’importance des idées/sentiments/faits de conscience, il ne les considère pas purement
subjectives mais qu’ils sont aussi des faits sociaux collectifs.

Dans le cadre du matérialisme historique, il fait une distinction entre :


- L’infrastructure = base économique de la société, composée de forces productives et des
rapports sociaux de production
o Les forces de production doivent être mises en place par la force humaine, naissent
ensuite des rapports sociaux
- La superstructure = les formes politiques, juridiques et idéologiques qui sont le reflet de
l’infrastructure économique

C’est l’infrastructure qui détermine la superstructure. Les idées sont enracinées dans les conditions
matérielle et économiques de la société.

- Forces productives = les forces matérielles et les forces humaines. Ces forces sont organisées
par les rapports sociaux de production qui déterminent comment les tâches sont réparties et
comment les richesses et outils sont partagés dans la société.
- Les modes de production = la combinaison des forces productives et des rapports sociaux de
production à un moment donné de l’histoire. Chaque mode de production est spécifique à
l’état des techniques et des rapports sociaux de son époque  Détermine la forme des
institutions et des idées dominantes dans la société

 Matérialisme historique : la matière est en mouvement


« le propre de toute matière est le mouvement, la transformation »

= l’idée que la matière est toujours en mouvement. La stabilité n’est que temporaire car elle est
constamment en transformation. S’applique aussi aux phénomènes sociaux : les sociétés humaines
évoluent sous l’influence des conditions matérielles et économiques.
Pour Marx, comprendre les phénomènes sociaux exige de les replacer dans leur contexte historique.
Les structures sociales et les idées sont façonnées par les rapports de production, la manière dont les
ressources matérielles sont organisées et contrôlées à chaque époque. Le temps est essentiel à cette
analyse : les sociétés se transforment au fil des luttes entre les classes, déterminées par ces
conditions matérielles => matérialisme historique

 Matérialisme dialectique : le mouvement découle de la contradiction


« Le moteur du changement est le frottement, le conflit »

= l’idée que le mouvement et le changement dans la société résultent des contradictions internes aux
phénomènes. Chaque phénomène social est formé d’éléments opposés dont la tension provoque des
transformations. Il s’inspire de la dialectique hégelienne selon laquelle de la confrontation entre une
thèse et son antithèse émerge une synthèse.

Les sociétés évoluent en fonction des contradictions entre les classes sociales et les systèmes de
production.

L’évolution des sociétés est guidée par des conflits internes qui se résolvent temporairement avant
de céder la place à de nouvelles contradictions.

 Les contradictions du capitalisme


 Théorie de la plus-value
Dans le capitalisme, la force de travail humaine est une marchandise comme les autres. Sa valeur est
déterminée par les biens nécessaires à leur survie. Cependant, le capitaliste fait travailler les ouvriers
au-delà du temps nécessaire pour générer cette valeur ce qui crée une plus-value = le profit du
capitaliste. Cette plus-value est produite durant le temps de surtravail, où les ouvriers créent plus de
valeur que ce qu’ils reçoivent en salaire.

 Première contradiction ; la baisse tendancielle du taux de profit


Il observe que les capitalistes investissent de plus en plus dans des machines pour augmenter la
productivité. Cependant la plus-value est créée par le travail humain. Lorsque l’investissement en
machines surpasse celui en travail humain, le taux de profit diminue car moins de valeur est produite
par la force de travail. Première contradiction interne du capitalisme : à mesure que les capitalistes
cherchent à maximiser le profit par la mécanisation, ils réduisent leur propre source de profit.

 Seconde contradiction : le conflit de classes entre bourgeoisie et prolétariat


Le capitalisme produit une situation où les ouvriers reçoivent des salaires faibles, tandis que la
production augment pour maximiser les profits. Cela crée un écart entre la production des biens et le
pouvoir d’achat des travailleurs qui ne peuvent pas consommer ce qu’ils produisent. Ce déséquilibre
finit par mener des crises de surproductions où les marchandises ne trouvent pas preneur, réduisant
les opportunités de profit pour les capitalistes.

 Troisième contradiction : le conflit de classes entre bourgeoisie et prolétariat


Marx décrit la lutte entre les classes sociales comme étant la contradiction sociologique
fondamentale du capitalisme. D’une part, la bourgeoisie, propriétaire des moyens de production et
d’autre part, le prolétariat qui n’a que sa force de production à offrir. Marx prédit que cette des
classes conduire à la révolution prolétarienne où le prolétariat prendre conscience de sa condition, se
constituera en une classe pour soi et renversera l’ordre capitaliste

- Théorie des classes sociales : définies en fonction de l’activité économique et des modes de
vie associés. 3 définitions de la classe :
o Classe en soi = groupe qui partage objectivement les mêmes conditions économiques
mais qui ne se perçoit pas comme une classe unie
o Classe pour soi = groupe qui prend conscience de son exploitation commune mais
qui s’organise pour défendre ses intérêts collectifs
o Aliénation : dans le capitalisme, les ouvriers sont dépossédés de leur propre travail,
de ses fruits et de la maitrise des outils de production –> sentiment d’aliénation ;de
plus, la superstructure contrôlée par la bourgeoisie sert à maintenir cette domination
et empêche les ouvriers de prendre conscience de leur exploitation

 La praxis : lien entre théorie et pratique


Pour Marx la praxis = l’articulation essentielle entre théorie pratique – une théorie n’a de valeur que
si elle se concrétise dans la réalité. Il considère que la pratique sociale nourrit la théorie et vice versa.
La théorie ne se valide qu’à travers son application pratique, notamment dans le cadre de la lutte des
classes et la révolution prolétarienne, qui devraient selon lui abolir les rapports d’exploitation et
aboutir à une société sans classes.
Cependant, Marx s’est trompé sur la fin inévitable du capitalisme. Ce dernier a prouvé une grande
capacité d’adaptation et les régimes communistes ont souvent conduit à des formes de totalitarisme
étatique, éloignées de son idéal.
Malgré ces erreurs, la pensée de Marx reste cruciale en sociologie surtout pour analyser les
contradictions du capitalisme actuel. Des penseurs comme Weber soulignent que l’économie ne doit
pas toujours être l’élément clé pour comprendre la société, privilégiant l’étude des faits de
conscience et de la culture.

Max Weber
Pour lui, la sociologie, tout comme l’histoire, la science politique, l’économie et le droit, fait partie
des sciences de la culture. Elles étudient des phénomènes complexes et subjectifs, liés à la culture et
à la signification que les individus donnent à leurs actions, ce qui les éloigne des méthodes objectives
et universelles des sciences naturelles
La sociologie ne doit pas chercher à imiter les sciences naturelles mais développer des méthodes
propres aux sciences de la culture, centrées sur la compréhension des actions humaines et la
signification qu’elles revêtent dans leur contexte culturel.

 Sociologie compréhensive
Se concentre sur l’individu et ses actions sociales. Contrairement à Durkheim ou Marx, Weber affirme
que les structures collective n’existent que par l’action des individus. Les acitons sociales sont
porteuses de signification et prennent en compte autrui, ce qui leur confère du sens. La sociologie
doit donc comprendre ces actions et leurs motivations.
Il distingue 4 types d’actions sociales :
- Affective : guidée par les émotions
- Traditionnelle : fondée sur les coutumes
- Rationnelle en valeur : motivée par des croyances
- Rationnelle en finalité : orientée vers des objectifs précis

 Sciences et subjectivité :
Dans les sciences de la culture, Weber reconnaît la présence d’une part de subjectivité dans les
actions sociales mais il insiste sur la nécessité d’une approche scientifique
- Sens des actions ; Weber distingue 3 dimensions dans les actions sociales
o Sens visé subjectivement : lié aux expériences personnelles des individus
o Significations culturelles : partagées au sein d’un groupe, permettant une
compréhension commune des actions, reviennent de manière très régulière
o Sens fonctionnel : participation à la reproduction ou transformation de la culture
- Neutralité axiologique : weber prône une neutralité dans l’analyse des valeurs. Le sociologue
ne doit pas porter de jugements de valeurs pendant la recherche mais uniqueemnt après
dans le cadre de recommandations politiques ou normatives
o Axiologie = sciences des valeurs, dans ces sciences, le sociologue doit s’obliger à
rester neutre. Il doit analyser des valeurs mais il ne peut pas poser des jugmeents de
valeurs sur les valeurs qu’il observe

 L’idéal type
= Méthode d’analyse par Weber pour rendre intelligible un phénomène social

- Etapes de construction d’un idéal type :


1. Sélection des traits pertinents : Weber identifie les caractéristiques les plus marquantes
du phénomène étudié
2. Accentuation des traits : les caractéristiques sont poussées à l’extrême pour obtenir un
modèle clair et distinct
3. Articulation en un tableau cohérent : les traits sont organisés de manière cohérente pour
former une image complète et compréhensible du phénomène

- Caractéristiques de l’idéal type


o Type ideal ne signifie pas modèle à suivre mais construction conceptuelle, éloignée
d’un jugmeent de valeur
o Il s’agit d’une fiction intellectuelle : rarement observable dans la réalité sous sa
forme pure
o Proche de la réalité : en simplifiant et idéalisant certains traits, il aide à comprendre
les phénomènes réels, en permettant des comparaisons et analyses
- Application pratique : Weber utilise cette méthode dans un de ces livres où il crée un id éal
type de l’entrepreneur capitaliste influencé par l’éthique protestante, pour comprendre
l’émergence du capitalisme moderne

 L’éthique protestance du capitalisme (1904)


L’analyse de Weber dans ce livre pose une perspective novatrice sur le rôle de la religion dans le
développement du capitalisme et de la modernité, en opposition aux théories contemporaines qui
voyaient la religion comme un freib a cette évoluton wzver constarz qe sabs ceerainet ezfuioib lzs
protestacne-bt déteiennent une prioirution plus élevée de richesses et d’unfluence économeique.
Se questionne sur l’influence potentielle des valeurs religieuses sur les ocportements et orientations
économqiues des individus

- Rationalisation et désenchantement
La rationalisation se manifeste par le processus de désenchantemeent où la religion et la magie
cessent d’être une réponse autom

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