Notes Socio
Notes Socio
Sociologie
= Démarche de connaissance scientifique des phénomènes sociaux
= Étude de la vie sociale, des groupes et des sociétés
- Niveau macro : au travers des interactions sociales, les individus développent des relations
interpersonnelles
- Niveau méso : à travers des relations, les individus formes des groupes
La connaissance
Cette démarche passe par 3 étapes :
1. Décrire une réalité : chercher à définir ce qu’on observe
2. Mettre en relations : souligner les éléments qui entretiennent les apsects de cette réalité
3. Expliquer l’observation
La connaissance scientifique
La sociologie est une science
- Bruno Latour : « un fait scientifique est un énoncé qui a passé avec succès les tests qui
tendent à nier son existence »
o Science : sceptique : le scientifique est celui qui dans sa démarche de connaissance
jamais rien n’est pris comme acquis. Il va mettre en place des méthodes rigoureuses
pour mettre en défi les évidences. LA science n’est pas définie par la certitude.
>< La sociologie étudie des faits/relations vérifiables
- Ce n’est pas l’objet qui définit une science mais le point de vue, outil et intention
- Le point de vue pris pour représenter une réalité varie
Les phénomènes sociaux recouvrent 2 pôles de tension : Actions sociales faits sociaux
Avec l’héritage de 2 fondateurs : Max Weber Émile Durkheim
Il n’existe pas d’actions sociales sans faits sociaux et il n’existe pas de faits sociaux sans actions
sociales
Selon Weber, les acitons sociales sont compréhensibles lorsqu’on les place dans un monde de
relations sociales
- Les actions sociales font exister les faits sociaux Pas de fait social sans action sociale
Pas d’action sociale sans fait social
- Les effets de l’action sociale sur le fait social peuvent être conscients et sera qualifié de
mouvement social ou bien involontaire
- Raymond Boudon : effet pervers des actions sociales individuelles associées le fait de
vouloir échapper à tout prix à la fatalité, crée en fait cette fatalité
o S’est intéresse à l’échec de la démocratisation scolaire : la volonté de réduire les
inégalités sociales à travers un accès plus large à l’éducation, a produit en fait l’effet
inverse. En poussant massivement les jeunes vers des diplômes prestigieux pour
accéder à un confort de vie supérieur à celui de leurs parents, les inégalités sociales
sont simplement déplacées vers le haut. Multiplier les diplômes les dévalorise. Sur le
marché du travail, pour un emploi similaire, on prendra le meilleur diplôme -> la
valeur des diplômes décroit
Articulation étroite entre les actions sociales et les faits sociaux
o La sociologie c’est de s’intéresser autant aux pièces individuelles qu’au puzzle dans
son entièreté et la coordination des pièces
Méthode sociologique
Durkheim est l’un des premiers à avoir écrit un livre sur les règes de la méthode sociologie. Il
comporte 4 règles essentielles :
Ne dit rien de la nature des sociaux en soi, mais précise la façon de les observer
Drôle d’affirmation car :
- Les faits sociaux concernent des êtres humains : il ne s’agit ici pas de retirer toute forme
d’humanité aux humains en les considérant comme des choses
- Il existe des faits sociaux qui sont intériorisés par les individus : il ne s’agit pas de faire croire
que les la sociologie ne s’intéresse pas à ces faits de conscience
- Considérer les faits sociaux comme des choses = les appréhender avec une objectivité
scientifique plutôt qu’à travers nos impressions subjectives. Les faits sociaux ont une réalité
propre, extérieure à nous, qui doit être observée et analysée de manière distanciée. Il faut se
détacher de nos prénotions pour éviter une sociologie spontanée basée sur une simple
perception intuitive. La démarche sociologique vise à adopter une attitude intellectuelle qui
refuse le subjectivisme et cherche à objectiver les faits sociaux afin de les comprendre
scientifiquement
Le concept de normalité
Le concept de normalité selon Durkheim diffère du jugement moral ou normatif. Pour lui, un fait
social est considéré comme normal s’il se produit régulièrement dans la majorité des sociétés
similaires à un stade donné de leur développement. Cela inclut des phénomènes comme le crime, qui
bien que jugé immoral dans le sens commun, est perçu comme un fait social normal car il existe dans
toutes les sociétés.
Il ne considère pas que le crime soit acceptable mais il souligne simplement le fait que ce soit un
phénomène inévitable dans toute société. Le crime est normal d’un point de vue sociologique.
La cause d’un fait social doit être recherchée dans d’autres faits sociaux
Durkheim soutient que pour comprendre un fait social, il faut chercher sa cause dans d’autres faits
sociaux Dans l’analyse sociologique, les explications pertinentes doivent être issues d’éléments
eux-mêmes de nature sociale (influence des institutions, normes sociales, inégalités plutôt
qu’économique, psychologique, géographique)
Cette approche est spécifique à la sociologie >< Sciences humains qui peuvent se concentrer sur des
facteurs non-sociaux Durkheim admet que d’autres facteurs externes (psychologiques ou
biologique) peuvent aussi avoir un impact, mais leur analyse relève de disciplines différentes.
Le sociologue doit se concentrer sur les dimensions sociales et peut si nécessaire collaborer avec des
spécialistes d’autres domaines pour offrir une perspective plus complète dans une approche
interdisciplinaire.
Approches empiriques : pour mener ses recherches, le sociologue dispose de 2 grands ensembles
d’outils :
- Méthodes quantitatives : données mesurables (comme des statistiques)
o Les méthodes quantitatives en sociologie reposent sur les statistiques pour dégager
des lois à partir d’un échantillon représentatif. Un échantillon bien construit est plus
fiable qu’un grand mal conçu. La taille de l’échantillon améliore la précision des
résultats : plus il est grand, plus les écarts avec la réalité sont réduits. Cependant il
faut être prudent avec les statistiques car leur apparente rigueur peut être
trompeuse si la méthodologie est biaisée.
- Méthodes qualitatives : explorent plus en profondeur les expériences et les interprétations
des individus concernant la violence
- Outils réflexifs
La construction sociologique du savoir se situe à l’intersection entre ces 2 pôles : l’empirisme pour
observer la réalité et la théorie pour lui donner du sens
Méthodes quantitatives
Permettent d’analyser des comportements, des opinions…En fonction de leurs régularités que l’on
peut déduire du recueil de données mathématiquement mesurables.
- Construction et représentativité
Un échantillon est valide seulement s’il est représentatif de la diversité de la population
totale après seulement intervient le critère de la taille
- Interprétation :
o Source des chiffres : il faut être attentif aux sources des chiffres que l’on exploite
o Contextualisation : se méfier des interprétations erronées ou hâtées
Méthodes qualitatives
Permettent de recueillir des données fines qui visent à découvrir la nature plus profonde de ce que
l’on étudie évaluer la qualité – elle se concentrent sur la compréhension de la nature des
phénomènes étudiés, plutôt que sur leur quantité ou fréquence. Elles incluent principalement 2
outils :
- Observation : observer une réalité de manière passive ou active avec une grille d’observation
préétablie. Les notes recueillies servent ensuite à l’analyse sociologique
- Entretien sociologique : recueillir des témoignages, de manière individuelle ou collective,
selon un cadre plus ou moins structuré (questions ouvertes ou fermées). Les données sont
ensuite analysées à partir de synthèses ou de retranscriptions intégrales
Elles sont essentielles pour les études à petite échelle et pour contextualiser une analyse. Elles
permettent de comprendre le sens que les individus attribuent à leurs actions. La saturation (seuil de
saturation) des informations, lorsque les données supplémentaires n’apportent plus d’éléments
nouveaux, est un critère clé de c-validité des résultats.
- Le seuil de saturation repose sur l’expérience du chercheur, c’est le moment où il sent qu’il
n’obtient plus de nouvelles données
Réflexivité
Permet au sociologue de se prendre lui-même comme objet d’analyse, afin d’élucider son propre
rapport aux phénomènes qu’il étudie.
- Cela implique de reconnaitre que « connaître, c’est d’abord se connaître soi-même », afin
d’éviter le subjectivisme et projeter ses propres expériences dans l’analyse. Le chercheur doit
clarifier son rapport à l’objet étudie, se demander pourquoi il privilégie certaines questions
et en quoi sa position sociale ou histoire personnelle influencent ses perspectives. Cet effort
de réflexivité est un travail scientifique. Il faut objectiver son parcours personnel et
professionnel pour mieux comprendre ses influences sur l’analyse
- Elle porte aussi sur les outils de connaissance : le sociologue doit être conscient des
avantages, mais aussi des limites de ses méthodes. Il doit reconnaître que son intervention
peut influer sur la réalité qu’il étudie. Les analyses produites par les sociologues ne sont pas
neutres : elles sont réinjectées dans la société et peuvent participer à sa transformation
La réflexivité est un outil méthodologique fondamental. Le sociologue doit appliquer à lui-même
les mêmes méthodes qu’il utilise pour étudier les phénomènes sociaux, afin de comprendre son
propre impact sur l’objet d’étude et par extension, sur la société dans son ensemble
Montesquieu est vu comme précurseur de la sociologie. Il étudie les systèmes d’organisation sociale,
montrant que les sociétés sont régies par trois types d’institutions : la coutume, la religion et la loi. Il
observe qu’en l’absence de lois fortes, la coutume ou la religion prend le relais. Raymond Aron le
considère comme le premier sociologue pour son approche plus systématique et scientifique.
La sociologie proprement dite naît qu’au 19e siècle. Époque marquée par des transformations
profondes : les révolutions politiques, la révolution industrielle et l’apparition de la « question
sociale » Créent (avec le développement des sciences naturelles) un terreau favorable pour une
approche scientifique de l’étude des sociétés création de la sociologie
ces évolutions philosophiques ont fourni un cadre théorique qui a soutenu les grandes révolutions
politiques de l’époque moderne
- Développement des maths et des probas : depuis Blaise Pascal (XVIIe siècle), les maths ont
progressé, soutenant à la fois la physique et des innovations dans les assurances et les
systèmes de sécurité sociale, en raison de l’utilisation des probabilités pour gérer les risques.
- Développement de la physique : l’invention de l’énergie vapeur a marqué un tournant
majeur. Elle a permis à l’humanité de produire de l’énergie de manière indépendante de la
nature, ce qui a été déterminant pour la révolution industrielle en permettant de nouvelles
formes de production
- Développement de la médecine :
o Les scientifiques ont commencé à concevoir l’organisme humain comme un
ensemble d’organes interdépendants, chacun avec une fonction spécifique
o Claude Bernard a introduit la notion d’homéostasie : l’organisme maintient un
équilibre et que la maladie représente une rupture de cet équilibre à laquelle le
corps cherche à remédier
o Recherches approfondies sur la cellule, vue comme l’unité fondamentale de la vue,
ont montré que chaque cellule a sa propre individualité tout en restant liée au
fonctionnement global de l’organisme
- Théories de l’évolution : les travaux de Lamarck, Von Baër, Darwin et Wallace sur l’évolution
des espèces ont montré que celles-ci s’adaptent à leur environnement à travers des
mécanismes de sélection naturelles Nouvelle compréhension de la biologie
Ces progrès scientifiques et techniques ont alimenté des transformations économiques et sociales,
favorisant l’émergence de la révolution industrielle et la modernisation de la société.
Auguste Comte
Dès 1825, il présente sa loi des 3 états dans son cours de philosophie positive, qui décrit l’évolution
de l’esprit humain à travers 3 phases :
1. État théologie : phénomènes sont expliqués par des agents surnaturels ou transcendants
(magie ou religions). Étape par laquelle nous passons tous (enfance)
2. État métaphysique : explications reposent sur des entités abstraites, des causes ultimes ou
des grands principes philosophiques (liberté ou justice). En sortant par la 1 e phase (ado)
3. État positif ou scientifique : phénomènes expliqués par l’observation et la formulation de lois
de fonctionnement, sans recourir aux causes surnaturelles ou abstraites. En sortant l-de la 2 e
phase (Adulte)
Pour Comte, l’AR représente l’âge théologique, tandis que les révolutions politiques du XVIII siècle
symbolisent l’âge métaphysique, marqué par des idées comme la liberté et l’égalité. Cependant cette
période est marquée par l’instabilité politique et la question sociale indiquant que l’âge
métaphysique n’est pas en mesure de fournir la stabilité souhaitée.
Passage vers un âge positif ou scientifique pour réformer la société et introduire la stabilité, il est
nécessaire de dépasser les idéaux philosophiques et de découvrir les lois scientifiques qui régissent le
fonctionnement social par une observation méthodique.
Avec l’émergence des crises politiques et de questions sociales, un nouvel objet d’étude plus
complexe fait surface, traditionnellement abordé par la philosophie politique. Comte visa à faire
passer l’étude des phénomènes sociaux de l’état métaphysique à l’état positif.
Il considère la sociologie comme nouvelle science capable d’analyser ces phénomènes sociaux, il
considère qu’elle représente un degré de complexité supérieur car les phénomènes sociaux
constituent la matière la plus complexe à étudier.
Comte considère que la biologie est une science synthétique tandis que les sciences inorganiques
sont analytiques. Cette idée de la primauté du tout sur les parties (idée selon laquelle un organe ne
peut être compris qu’en relation avec l’ensemble de l’organisme) doit être appliquée à la sociologie :
un phénomène social particulier ne peut être compris en dehors de l’ensemble du système social
La sociologie a tout pour s’inspirer de la biologie et non de la physique car elle a une approche
synthétique. On peut même parler de sociologues organicistes (établissant une analogie entre la
société et les organismes vivants).
Il s’inspire de la théorie des Deux glaives de Saint-Augustin, qui différencie 2 types de pouvoir dans
toute société :
1. Pouvoir temporel : fondé sur la force matérielle (richesse, institutions, armée…)
2. Pouvoir spirituel : repose sur la force des idées et des sentiments. Il a une double fonction :
légitimer et modérer le pouvoir temporel
Dans l’AR, l’église jouait ce rôle spirituel en légitimant le pouvoir du roi, tout en rappelant les limites
morales et religieuses de son autorité. Pour Comte, dans une société positiviste, ce rôle serait dévolu
aux sciences et en particulier à la sociologie. Les experts et savants remplaceront les prêtres, non
seulement pour renforcer l’autorité des dirigeants industriels, mais aussi pour les modérer et limiter
leur pouvoir, les rappelant à leur responsabilité sociale.
Comte pousse plus loin ce paradoxe en concevant la sociologie comme non seulement une nouvelle
science mais également comme une nouvelle religion, conférant aux sociologues un pouvoir spirituel
dans la société positive.
La sociologie, une nouvelle religion ? Le sociologue, grand prêtre et prophète de la Grande
Humanité
Dans sa vision de la sociologie, Comte imagine une réforme profonde non seulement de
l’organisation sociale mais aussi de la manière de penser des hommes. Il croit que l’évolution
historique, selon sa loi des 3 états, mènera naturellement la société à l’âge positif, où les individus
comprendront scientifiquement l’ordre social et s’y conformeront. Cette vision fait du sociologue une
sorte de prophète ou grand prêtre, instruisant les esprits et guidant la société vers cette nouvelle ère.
1854 : Comte formalise cette idée en publiant le système de politique positiviste où il institue la
religion de l’humanité. Même si le positivisme n’a pas véritablement remplacé les religions
traditionnelles, son influence perdure, notamment à travers la technocratie.
- Technocratie : système où les décisions politiques sont confiées à des experts, s’appuie sur
l’idée que le savoir scientifique est supérieur au débat public.
Herbert Spencer
- Spencer est un sociologue organiciste
- Types de sociétés :
o Sociétés militaires : sociétés moins évoluées sont basées sur la coercition et le
pouvoir militaire
o Sociétés industrielles : sociétés modernes plus évoluées, sont orientées vers
l’industrie, avec un accent sur la distribution et le soutien
o Sociétés mixtes : certaines sociétés, bien qu’industrialisées, conservent des traites
correctifs et militaires
Cette évolution n’est pas linéaire ; les sociétés évoluent à des rythmes différents, expliquant la
coexistence de nations à différents stades de développement à une même époque
La dimension politique : contre l’intervention de l’État
Éviter que les lois humaines pervertissent les lois naturelles de l’évolution, en particulier la
sélection naturelle
- Conséquences sociales :
Il ne faut pas soutenir ceux qu’il considère comme des inadaptés sociaux, car cela contredit la
loi de la sélection naturelle. Seuls les plus aptes devraient survivre, tandis que les moins
aptes sont destinés à disparaître. Toute intervention pour aider les plus faibles affaiblirait
globalement l’espèce humaine Dévoile la face sombre du darwinisme social qui a eu une
influence majeure sur les idéologies racistes et eugénistes du 20e siècle
Émile Durkheim
Le principe sociologique qu’il défend est que « le tout est plu que la somme des parties qui le
composent ». = le fait social ne peut pas être réduit à la simple addition des individus qui composent
une société. Il possède une autonomie propre et exerce une influence extérieure et contraignante
sur les individus
Pour clarifier ce qu’est un fait social, il introduit la notion de conscience collective qui reflète les
croyances, valeurs et normes partagées par une société et qui s’imposent aux individus
Conscience collective
= l’ensemble des croyances et des sentiments partagés par la majorité des membres d’une société,
formant un système avec une vie propre.
- Il montre comment les normes et valeurs collectives s’imposent aux individus
- Illustre ce principe à travers l’étude du totémisme chez des tribus australiennes
o Pour lui, c’est dans l’effervescence collective que les individus accèdent à l’intuition
d’un monde sacré
o Ces moments de transe collective, où l’individu se sent dépossédé et transcendé par
des forces extérieures, renforcent la conscience de l’existence d’un pouvoir
supérieur
o Cette force est en réalité la manifestation de la conscience collective
o La religion est selon lui une transfiguration de cette conscience
o Les totems symbolisent la collectivité
o Cette dynamique se retrouve aussi dans des formes modernes et laïques de sacré
Révolutions politiques génèrent un enthousiasme collectif similaire, donnant
naissance à des idées sacrées telles que la patrie, la liberté ou la raison,
souvent symbolisées par des drapeaux ou autres emblèmes nationaux
Durkheim explore les changements fondamentaux dans les formes de solidarité qui caractérisent la
société du 19e siècle, marquée par l’industrialisation. Il soutient qu’une société existe avant tout
grâce à la solidarité qui relie ses membres, une forme de dépendance mutuelle assurant la cohésion
sociale.
- Solidarité mécanique :
o Sociétés traditionnelles
o Peu de mobilité Interconnaissance entre les individus
o Grande conformité Solidarité fondée sur la similitude
o La conscience collective est très forte
- Solidarité organique :
o Différenciation implique aussi une spécialisation des tâches Interdépendance
entre les individus
o Nécessité de collaborer
o La différence et l’individualisme deviennent le fondement de la cohésion sociale
moderne
Avec l’industrialisation et l’augmentation de la densité matérielle et moral, la société évolue vers une
solidarité organique.
Même dans les sociétés modernes, marquées par une plus grande liberté individuelle, la conscience
collective demeure présente. L’individualisme qui semble relever d’une volonté personnelle est en
réalité un fait social. Il résulte de l’évolution des formes de solidarité, notamment la solidarité
organique, qui valorise la différence et l’autonomie L’individualisme dans les sociétés modernes
est moins un choix personnel qu’une norme collective, imposée par la conscience collective qui incite
les individus à se percevoir comme autonomes et différenciés. Elle apporte la régulation.
La conscience collective subsiste dans les sociétés traditionnelles mais se manifeste différemment
en favorisant la coopération entre individus spécialisés
Il remarque que le suicide augmente dans les périodes où ces 2 dimensions sont soit insuffisantes
soit excessives 4 types principaux de suicide :
Le normal et le pathologique
Pour lui, le suicide est un phénomène normal car il est présent dans toutes les sociétés avec un taux
relativement constant
- Le suicide devient pathologique quand son taux augmente de façon anormale (surtout dans
les sociétés modernes, signe de crise sociale)
- Types de suicides en hausse : augmentation des suicides égoïstes et anomiques dans les
sociétés modernes (dû à une faible intégration et à un manque de régulation)
Le crime et le droit
Pour lui, le crime est un phénomène normal dans toute société mais devient pathologique si son taux
varie fortement. AU 19e siècle, Durkheim voit l’anomie comme un facteur clé de la criminalité. Il
distingue 2 types de droit :
- Droit répressif = ce qui punit les fautes et crimes par des châtiments trouve que ces
sanctions ne servent pas tant à dissuader qu’à réaffirmer la conscience collective lorsqu’elle
est transgressée. Le châtiment agit comme un rituel permettant à la société de rétablir son
équilibre moral et de renforcer la cohésion des valeurs partagées
- Droit restitutif/coopératif : vise à rétablir l’ordre après une faute en réorganisant la
coopération entre individus
Réforme proposée par Durkheim : le socialisme
Face aux pathologies de la société moderne liées à un manque d’intégration et de régulation, il
propose des solutions. Il ne prône pas un retour à une solidarité mécanique mais estime que la
solidarité organique est une évolution positive. Rejette l’idée que la division du travail ou la religion
puissent résoudre ces problèmes et considère que la famille ne peut plus jouer un rôle de régulateur
aussi important qu’auparavant.
Il met en avant l’importance de l’éducation pour renforcer l’intégration en transmettant les valeurs
collectives (raison, liberté, responsabilité). Elle aide aussi à la régulation en apprenant aux individus à
maitriser leurs désirs. Dans le domaine économique, il propose la créations corporations (regroupant
employeurs, employés et l’état) afin de régulariser et moraliser la vie économique
A influencé les premiers socialistes français avec l’organisation de l’école républicaine, des
syndicats et de la sécurité sociale
Karl Marx
- Sociologie de Marx : matérialiste, historique, dialectique
Il ne nie pas l’importance des idées/sentiments/faits de conscience, il ne les considère pas purement
subjectives mais qu’ils sont aussi des faits sociaux collectifs.
C’est l’infrastructure qui détermine la superstructure. Les idées sont enracinées dans les conditions
matérielle et économiques de la société.
- Forces productives = les forces matérielles et les forces humaines. Ces forces sont organisées
par les rapports sociaux de production qui déterminent comment les tâches sont réparties et
comment les richesses et outils sont partagés dans la société.
- Les modes de production = la combinaison des forces productives et des rapports sociaux de
production à un moment donné de l’histoire. Chaque mode de production est spécifique à
l’état des techniques et des rapports sociaux de son époque Détermine la forme des
institutions et des idées dominantes dans la société
= l’idée que la matière est toujours en mouvement. La stabilité n’est que temporaire car elle est
constamment en transformation. S’applique aussi aux phénomènes sociaux : les sociétés humaines
évoluent sous l’influence des conditions matérielles et économiques.
Pour Marx, comprendre les phénomènes sociaux exige de les replacer dans leur contexte historique.
Les structures sociales et les idées sont façonnées par les rapports de production, la manière dont les
ressources matérielles sont organisées et contrôlées à chaque époque. Le temps est essentiel à cette
analyse : les sociétés se transforment au fil des luttes entre les classes, déterminées par ces
conditions matérielles => matérialisme historique
= l’idée que le mouvement et le changement dans la société résultent des contradictions internes aux
phénomènes. Chaque phénomène social est formé d’éléments opposés dont la tension provoque des
transformations. Il s’inspire de la dialectique hégelienne selon laquelle de la confrontation entre une
thèse et son antithèse émerge une synthèse.
Les sociétés évoluent en fonction des contradictions entre les classes sociales et les systèmes de
production.
L’évolution des sociétés est guidée par des conflits internes qui se résolvent temporairement avant
de céder la place à de nouvelles contradictions.
- Théorie des classes sociales : définies en fonction de l’activité économique et des modes de
vie associés. 3 définitions de la classe :
o Classe en soi = groupe qui partage objectivement les mêmes conditions économiques
mais qui ne se perçoit pas comme une classe unie
o Classe pour soi = groupe qui prend conscience de son exploitation commune mais
qui s’organise pour défendre ses intérêts collectifs
o Aliénation : dans le capitalisme, les ouvriers sont dépossédés de leur propre travail,
de ses fruits et de la maitrise des outils de production –> sentiment d’aliénation ;de
plus, la superstructure contrôlée par la bourgeoisie sert à maintenir cette domination
et empêche les ouvriers de prendre conscience de leur exploitation
Max Weber
Pour lui, la sociologie, tout comme l’histoire, la science politique, l’économie et le droit, fait partie
des sciences de la culture. Elles étudient des phénomènes complexes et subjectifs, liés à la culture et
à la signification que les individus donnent à leurs actions, ce qui les éloigne des méthodes objectives
et universelles des sciences naturelles
La sociologie ne doit pas chercher à imiter les sciences naturelles mais développer des méthodes
propres aux sciences de la culture, centrées sur la compréhension des actions humaines et la
signification qu’elles revêtent dans leur contexte culturel.
Sociologie compréhensive
Se concentre sur l’individu et ses actions sociales. Contrairement à Durkheim ou Marx, Weber affirme
que les structures collective n’existent que par l’action des individus. Les acitons sociales sont
porteuses de signification et prennent en compte autrui, ce qui leur confère du sens. La sociologie
doit donc comprendre ces actions et leurs motivations.
Il distingue 4 types d’actions sociales :
- Affective : guidée par les émotions
- Traditionnelle : fondée sur les coutumes
- Rationnelle en valeur : motivée par des croyances
- Rationnelle en finalité : orientée vers des objectifs précis
Sciences et subjectivité :
Dans les sciences de la culture, Weber reconnaît la présence d’une part de subjectivité dans les
actions sociales mais il insiste sur la nécessité d’une approche scientifique
- Sens des actions ; Weber distingue 3 dimensions dans les actions sociales
o Sens visé subjectivement : lié aux expériences personnelles des individus
o Significations culturelles : partagées au sein d’un groupe, permettant une
compréhension commune des actions, reviennent de manière très régulière
o Sens fonctionnel : participation à la reproduction ou transformation de la culture
- Neutralité axiologique : weber prône une neutralité dans l’analyse des valeurs. Le sociologue
ne doit pas porter de jugements de valeurs pendant la recherche mais uniqueemnt après
dans le cadre de recommandations politiques ou normatives
o Axiologie = sciences des valeurs, dans ces sciences, le sociologue doit s’obliger à
rester neutre. Il doit analyser des valeurs mais il ne peut pas poser des jugmeents de
valeurs sur les valeurs qu’il observe
L’idéal type
= Méthode d’analyse par Weber pour rendre intelligible un phénomène social
- Rationalisation et désenchantement
La rationalisation se manifeste par le processus de désenchantemeent où la religion et la magie
cessent d’être une réponse autom