Évaluation de la sécurité des ingrédients cosmétiques
Évaluation de la sécurité des ingrédients cosmétiques
1
Ou son représentant ou la personne pour le compte de laquelle les produits cosmétiques sont fabriqués.
2
Vise les responsables de la mise sur le marché d’un produit cosmétique importé pour la première fois d’un Etat
non membre de la Communauté européenne ou non partie à l’accord sur l’Espace économique européen.
3
Evaluation telle qu’exigée par la directive 76/768/CEE dont l’objectif est l’appréciation du risque pour le
consommateur uniquement.
4
L’« ingrédient » ou la « combinaison d’ingrédients » appelés ci-après indifféremment « ingrédient » se
définissent comme une substance ou une combinaison de substances d’origine synthétique, semi-synthétique ou
naturelle, utilisée dans la formulation de produits cosmétiques.
SOMMAIRE
INTRODUCTION
1 DONNEES UTILISEES POUR L’EVALUATION DE LA SECURITE
POUR LA SANTE HUMAINE D’UN INGREDIENT A USAGE
COSMETIQUE ......................................................................................... 5
1.1 DONNEES DE CARACTERISATION ................................................................................................5
1.1.1 Entités chimiques clairement identifiées.......................................................................6
1.1.2 Produits complexes obtenus par extraction végétale, marine ou animale, par
fermentation ou procédé assimilable (« produits d’origine naturelle ») .................................6
1.2 DONNEES DE SECURITE .............................................................................................................6
1.2.1 Données relatives aux impuretés ...................................................................................6
1.2.2 Toxicité aiguë ...................................................................................................................7
1.2.3 Potentiel génotoxique......................................................................................................8
1.2.4 Tolérance locale et potentiel sensibilisant ....................................................................8
1.2.5 Photosécurité ...................................................................................................................9
1.3 DONNEES RELATIVES AUX CONDITIONS D’UTILISATION ET D’EXPOSITION .......................................9
CONCLUSION
ABREVIATIONS
BIBLIOGRAPHIE
2
INTRODUCTION
Les présentes recommandations ont pour objectif de présenter les principales données servant à
évaluer de manière pertinente la sécurité pour la santé humaine d’un ingrédient destiné à entrer dans
la composition d’un produit cosmétique fini5, les moyens pour obtenir ces données ainsi qu’une
méthodologie d’évaluation.
Ces recommandations n’ont pas pour intention d’imposer une réévaluation systématique de la
sécurité des ingrédients déjà utilisés dans les produits cosmétiques, ni de définir un schéma unique
d’évaluation de la sécurité d’un ingrédient cosmétique.
Elles peuvent aider les fabricants6 ou les responsables de la mise sur le marché7 à établir les cahiers
des charges destinés aux fournisseurs de ces ingrédients.
L’ensemble des éléments présentés est destiné à figurer dans le dossier cosmétique du produit fini.
La législation et la réglementation applicables aux produits cosmétiques figurent aux articles L. 5131-1
à L. 5131-11, L. 5431-1 à L. 5431-4, L.5511-1, L.5514-5 et L.5521-6, R. 5131-1 à R. 5131-12, R.5431-
1 à R. 5431-4 du code de la santé publique (textes visualisables sur le site www.legifrance.gouv.fr).
L’article R.5131-3 susvisé prévoit les modalités selon lesquelles sont fixées :
• les listes négatives de substances qui ne peuvent pas entrer dans la composition des produits
cosmétiques ou qui ne peuvent être employées que sous certaines conditions ;
• les listes positives de substances qui peuvent être utilisées sous certaines conditions
(colorants, conservateurs, filtres ultraviolets).
Ces listes figurent dans les arrêtés du 6 février 2001 modifiés. Elles sont régulièrement mises à jour.
L’article L. 5131-4 du CSP précise que « les produits cosmétiques mis sur le marché ne doivent pas
nuire à la santé humaine lorsqu’ils sont appliqués dans les conditions normales ou raisonnablement
prévisibles d’utilisation (…) ».
Pour ce faire, le fabricant ou le responsable de la mise sur le marché d’un produit cosmétique doit
tenir à la disposition des autorités de contrôle un dossier dont l’adresse du lieu de détention en
Europe doit figurer sur l’emballage du produit (article L. 5131-6).
L’article R.5131-2-4° du CSP précise que le dossier doit comporter les informations concernant
«l’évaluation de la sécurité pour la santé humaine du produit fini, établie notamment en prenant en
considération le profil toxicologique général des ingrédients, leur structure chimique et leur niveau
d’exposition ainsi que les caractéristiques spécifiques des zones corporelles sur lesquelles le produit
sera appliqué ou de la population à laquelle il est destiné ; cette évaluation est exécutée en conformité
avec les bonnes pratiques de laboratoire (BPL8) prévues à l’article L.5131-5 du CSP et comporte
5
Le produit cosmétique fini est un produit cosmétique dans sa formulation finale tel qu’il est mis sur le marché à
la disposition du consommateur final ou son prototype (article R.5131-5-II). Il sera appelé indifféremment ci-après
produit cosmétique ou produit fini.
6
Ou son représentant ou la personne pour le compte de laquelle les produits cosmétiques sont fabriqués.
7
Vise les responsables de la mise sur le marché d’un produit cosmétique importé pour la première fois d’un Etat
non membre de la Communauté européenne ou non partie à l’accord sur l’Espace économique européen.
8
BPL : Bonnes Pratiques de Laboratoire. Elles forment un système de garantie de qualité portant sur le mode
d’organisation des études de sécurité non cliniques ayant trait à la santé et à l’environnement et sur les conditions
dans lesquelles ces études sont planifiées, réalisées, contrôlées, enregistrées, archivées et diffusées. La
3
notamment, lorsque des essais sur le produit ont été effectués, le protocole et les résultats de ces
essais ; une évaluation spécifique des produits cosmétiques destinés aux enfants de moins de trois
ans et des produits cosmétiques destinés exclusivement à l’hygiène intime externe est réalisée ».
Une personne qualifiée, responsable de l’évaluation de la sécurité pour la santé humaine d’un produit
cosmétique (article L.5131-2), dénommée dans le présent avis « évaluateur de la sécurité », est
requise pour procéder à l’évaluation de la sécurité pour la santé humaine du produit cosmétique
(article R.5131-2 5°). Cette évaluation doit pouvoir être réalisée en toute indépendance par une
personne disposant d'un diplôme, tel que défini à l'article 1er de la Directive 89/48/CEE [2], dans les
domaines de la pharmacie, de la toxicologie, de la médecine ou d’une discipline analogue et tel
qu’exigé actuellement par l’arrêté du 25 août 1999 relatif à la qualification professionnelle des
responsables de certaines activités concernant les produits cosmétiques.
Une expérience conséquente dans le domaine de la toxicologie telle que définie dans les
recommandations du Scientific Committee on Cosmetic products and Non-Food Products intended for
consumers (SCCNFP) [3] est souhaitable. L’indépendance de l’évaluateur de la sécurité par rapport
au développement commercial est un gage de son impartialité.
L’évaluation du risque pour la santé humaine d’un produit cosmétique est donc principalement fondée
sur la connaissance des propriétés des ingrédients entrant dans sa composition et de son utilisation.
Ces propriétés peuvent déjà être connues ou faire l’objet d’études spécifiques.
A l’heure actuelle, il n’existe pas, dans le domaine cosmétique, de référentiels opposables précisant
les tests spécifiques à réaliser en vue de cette évaluation. Toutefois différents documents émanant
d’organismes officiels ont été élaborés en vue d’émettre des recommandations sur le type de tests et
la méthodologie à suivre:
Les principes développés ci-dessous ont pour but de déterminer si l’ingrédient utilisé dans la
formulation finale, selon le mode d’emploi prévu (exemple : produit rincé ou non) et la quantité
envisagée pour cet ingrédient, n’est pas susceptible de nuire à la santé des utilisateurs.
compétence de l’Afssaps en matière de BPL s’applique notamment aux études expérimentales réalisées afin de
procéder à l’évaluation de la sécurité pour la santé humaine des ingrédients entrant dans la composition du
produit cosmétique, des combinaisons d’ingrédients et des produits finis.
4
1 DONNEES UTILISEES POUR L’EVALUATION DE LA
SECURITE POUR LA SANTE HUMAINE D’UN
INGREDIENT A USAGE COSMETIQUE
Avant toute utilisation d’un ingrédient pour un usage cosmétique, il convient de vérifier s’il fait partie
des ingrédients déjà réglementés par la Directive cosmétique modifiée [1].
Il existe 3 types de données utiles à l’évaluation de la sécurité d’emploi d’un ingrédient considéré :
• les données de caractérisation,
• les données de sécurité,
• les données relatives aux conditions d’utilisation et d’exposition.
La plupart des ingrédients cosmétiques sont des substances chimiques utilisées pour d’autres
usages ; elles sont alors soumises à la réglementation européenne relative à la classification,
l’emballage et à l’étiquetage des substances dangereuses (directive 67/548/CEE9), un certain nombre
d’essais de caractérisation et de sécurité ont été réalisés par le fournisseur en vue de la notification de
la substance dont il est responsable.
Les essais de sécurité doivent être réalisés avec un ingrédient de qualité équivalente à celle de
l’ingrédient qui entrera dans la composition du produit fini. Lorsque les données de sécurité sur
l’ingrédient sont établies par le fournisseur, ces données peuvent être consignées dans le dossier
prévu à l’article R.5131-2 – 4°. Dans ce cas, il appartient au responsable de l’évaluation de la sécurité
de s’assurer que les spécifications de qualité de l’élément d’essai sont de qualité comparable à celles
de l’ingrédient considéré.
Pour certains ingrédients pour lesquels un recul d’utilisation dans le domaine cosmétique est
considéré comme suffisant, leur acceptation pour un usage cosmétique peut être considérée comme
acquise (exemple : eau, glycérol, éthanol…). Leur caractérisation sera cependant nécessaire afin d’en
évaluer la qualité (cf. point 1.1). Il appartient à l’évaluateur de la sécurité de justifier dans le dossier
l’absence d’évaluation spécifique de ces ingrédients.
Les spécifications de qualité doivent avoir été établies à l'aide de méthodes d'analyse appropriées
permettant, en particulier, l'évaluation qualitative et quantitative de l'ingrédient et de ses impuretés,
compte tenu de l’état de la technique.
Il est recommandé de prévoir dans le cahier des charges établi à l’attention du fournisseur de
l’ingrédient, une disposition précisant que, tout changement dans le procédé d'obtention de
l'ingrédient susceptible d'affecter les spécifications de qualité qui auront été définies, soit communiqué
au fabricant ou au responsable de la mise sur le marché.
9
Directive 67/548/CE relative à la classification et à l’étiquetage des substances chimiques dangereuses. Les
tests inscrits à l’annexe V de cette directive peuvent être utiles. Les protocoles sont consultables à l’adresse
suivante : http://ecb.jrc.it/testing-methods/
5
1.1.1 Entités chimiques clairement identifiées
• son origine,
• sa structure et sa famille chimique,
• son numéro d'enregistrement CAS ou EINECS/ ELINCS,
• sa dénomination INCI le cas échéant,
• les principales étapes de son mode de fabrication,
• ses caractéristiques organoleptiques (exemple : état physique -solide, liquide, gaz-, couleur,
odeur),
• ses caractéristiques physico-chimiques (exemple : viscosité, solubilité, température de fusion,
teneur en eau, pH, indice de peroxyde, indice d'acide),
• sa composition qualitative et quantitative déterminée à l'aide de méthodes analytiques
appropriées, chromatographiques par exemple, en regard des conditions de fabrication,
• ses critères de pureté,
• sa teneur en impuretés / contaminants (exemple : métaux lourds, résidus de produits
phytosanitaires, autres contaminants environnementaux, monomères ou solvants résiduels,
réactifs et produits intermédiaires),
• sa stabilité.
1.1.2 Produits complexes obtenus par extraction végétale, marine ou animale, par
fermentation ou procédé assimilable (« produits d’origine naturelle »)
Pour ces produits complexes, les données de caractérisation telles que nature, origine, procédé de
fabrication et analyse du produit, seront détaillées dans des documents spécifiques.
La qualité d’un même ingrédient peut varier d’un fournisseur à l’autre, même si les spécifications
générales paraissent identiques. Il est recommandé que le fabricant ou le responsable de la mise sur
le marché s’assure que l’ingrédient concerné respecte les spécifications prévues généralement dans
le cahier des charges, notamment pour ce qui concerne son degré de pureté.
6
En matière d’impuretés, il existe deux cas de figure :
Des niveaux technologiquement et/ou toxicologiquement acceptables de ces impuretés dans une
matière première10 sont précisés dans des documents de référence, comme par exemple :
La fixation de ces niveaux acceptables peut faire appel au concept de « seuil de préoccupation
toxicologique », comme utilisé par le JECFA pour les arômes [5], par la FDA pour les additifs
alimentaires [6], ou encore l’AFSSA et l’EFSA pour les substances chimiques dans les aliments [7].
Pour cette catégorie d’impuretés les lignes directrices ICH Q3A & Q3B pourront être utilisées [8, 9].
Elles permettent de déterminer pour une impureté donnée, en fonction des niveaux d’exposition
potentiels, les seuils nécessitant une caractérisation chimique et une qualification toxicologique.
La toxicité aiguë est l’étude qualitative et quantitative des phénomènes toxiques, se manifestant
pendant une période de temps donnée, et résultant d’une exposition de courte durée à une
substance.
L’étude de la toxicité aiguë d’une substance a pour but d’en prévoir les dangers pour l’homme en cas
d’une exposition massive (exposition accidentelle au cours de la fabrication, mésusage du produit
contenant l’ingrédient concerné…).
Les études de toxicité aiguë évaluent le potentiel létal d’un ingrédient et précisent les systèmes ou
organes cibles.
Ces études sont réalisées pour classer les ingrédients très toxiques, toxiques ou nocifs selon la
Directive 67/548/CEE relative à la classification, l’emballage et l’étiquetage des substances
dangereuses.
D’autres méthodes (étude de la relation structure/activité, essais in vitro) peuvent être utilisées pour
évaluer la toxicité aiguë d’un ingrédient.
10
Assimilée à un ingrédient dans le texte.
11
Lignes directrices de l’OCDE n°420 du 17 juillet 1992 révisée le 17 décembre 2001 : toxicité orale aiguë -
Méthode de la dose prédéterminée ; OCDE n°423 du 22 mars 1996 révisée le 17 décembre 2001 : toxicité orale
aiguë- Méthode par classe de toxicité aiguë ; OCDE n° 425 du 21 septembre 1998 révisée le 17 décembre 2001 :
toxicité aiguë par voie orale - Méthode de l’ajustement des doses.
7
1.2.3 Potentiel génotoxique
La recherche du potentiel génotoxique d’un ingrédient a pour objectif d’évaluer l’aptitude de cet
ingrédient à causer des dommages génétiques. Cette recherche porte sur différents types de
dommages, dont le potentiel que peut présenter un ingrédient à causer une mutation des gènes.
Le potentiel génotoxique12 d’un ingrédient peut faire l’objet d’une analyse théorique basée sur sa
structure chimique.
Il existe en effet des familles de composés connues comme présentant un risque génotoxique ou des
structures d’alerte dont le potentiel génotoxique peut être approché au moyen de l’étude de leur
structure chimique et par l’utilisation d’outils informatiques spécifiques, tels que les logiciels
permettant d’étudier les relations structure-activité (QSAR).
Le potentiel génotoxique d’un ingrédient clairement identifié ou d’une combinaison d’ingrédients peut
être généralement défini sur la base des données issues de 3 tests appropriés in vitro :
• un test de mutation génique sur cellules procaryotes (par exemple test d’Ames incluant la
souche TA102),
• un test de mutation génique (par exemple test V79 HPRT) et/ou chromosomique sur cellules
de mammifères (par exemple test MLA-TK),
• un test d’aberrations chromosomiques sur cellules de mammifères (par exemple test du
micronucleus).
En fonction des résultats obtenus avec ces tests, d’autres essais in vitro ou in vivo, dont le choix est
sous la responsabilité de l’évaluateur de la sécurité, peuvent être réalisés.
Pour les ingrédients présentant soit une structure d’alerte, soit susceptibles d’être utilisés à long terme
ou de faire l’objet d’une exposition systémique importante, il peut être utile de compléter ces données
par celles d’autres études appropriées. A titre d’exemple, l’Afssaps recommande que les colorants
d’oxydation utilisés dans les colorations capillaires soient soumis à 4 tests in vitro d’évaluation de la
génotoxicité13.
La tolérance locale et le pouvoir sensibilisant d’un ingrédient peuvent tout d’abord être appréciés à
l’aide des données issues d’une analyse du type relation « Structure-Activité ».
Les résultats des études in vitro peuvent permettre d’identifier les ingrédients corrosifs14 pour la peau
ou les yeux15. Des essais non cliniques permettent soit de tester le potentiel irritant et corrosif sur la
peau16 ou sur les yeux17, soit le potentiel sensibilisant des ingrédients18.
12
Les effets génotoxiques qui peuvent être observés concernent des altérations du matériel génétique, des
cellules somatiques ou germinales allant de lésions primaires de l’ADN à des mutations ponctuelles ou des effets
clastogènes.
13
Groupe de travail ingrédients du 13.02.04 approuvé par la commission de cosmétologie du 01.04.04.
14
Corrosion cutanée : survenue de lésions irréversibles de la peau après l'application d'un matériel d'essai.
15
L’OCDE a adopté en 2004 trois tests in vitro : corrosion cutanée in vitro : un essai de résistance électrique
transcutanée (ligne directrice 428), corrosion cutanée in vitro : deux essais sur modèle de peau humaine (ligne
directrice 431).
16
Ligne directrice de l’OCDE n°404 du 12 mai 1981 révisée le 24 avril 2002 : effet irritant/corrosif aigu sur la
peau.
8
Ces données peuvent le cas échéant être complétées par les résultats d’essais cliniques tels que
présentés dans les recommandations du SCCNFP [3].
1.2.5 Photosécurité
Pour le présent document, la photosécurité regroupe les différents types d’études de sécurité
suivants: la photoirritation19, la photoallergie20, la photogénotoxicité21 et la photocancérogénicité22.
Les experts s’accordent à dire que si la substance possède un spectre d’absorption ultraviolet entre
290 et 400 nm avec un coefficient d’extinction molaire ε (epsilon) supérieur à 10 litres / mole / cm, des
données de photosécurité devront être recueillies23.
L’évaluation de la photosécurité d’un ingrédient peut être réalisée selon un arbre de décision, comme
par exemple celui décrit dans la ligne directrice de l’Agence Européenne du Médicament [10, 11, 12].
Pour l’évaluation de la phototoxicité aiguë, le test in vitro NRU-3T3 a été validé24.
17
Ligne directrice de l’OCDE n°405 du 12 mai 1981 révisée le 24 avril 2002 : effet irritant/corrosif aigu sur les
yeux.
18
Ligne directrice de l’OCDE n°429 adoptée le 24 avril 2002 : Local Lymph Node Assay (LLNA), sensibilisation
de la peau.
19
La photoirritation est définie comme une réaction d’irritation déclenchée par une première exposition de la peau
à certains ingrédients, suivie d'une exposition à la lumière.
20
Photoallergie : réactivité immunologique acquise qui ne se manifeste pas lors de la première exposition à la
lumière et à l’ingrédient et nécessite une période d'induction d'une ou de deux semaines avant que la réactivité
cutanée puisse être mise en évidence.
21
Photogénotoxicité : réaction génotoxique observée pour un paramètre génétique, qui apparaît après exposition
des cellules à une dose non génotoxique de lumière UV/visible et à un ingrédient non génotoxique.
22
Photocancérogénicité : cancérogénicité induite par une exposition répétée à la lumière et à un ingrédient. Le
terme photococancérogénicité s'emploie lorsque l'effet tumorigène induit par les UV est accentué par l'exposition
à un ingrédient.
23
Guidelines OCDE n°101, recommandations ICCVAM : www.iccvam.niehs.nih.gov.
24
Ligne directrice OCDE n°432 : essai de phototoxicité 3T3 NRU du 13 avril 2004.
9
2 RECUEIL DES DONNEES UTILISEES POUR
L’EVALUATION DE LA SECURITE D’UN INGREDIENT A
USAGE COSMETIQUE
Il est important de rappeler que le moyen principal d’obtenir des données de sécurité n’est pas
forcément de réaliser de nouveaux travaux expérimentaux, mais de se documenter correctement sur
la sécurité de l’ingrédient à partir des données déjà disponibles.
Certains textes issus de réglementations autres que celles du domaine cosmétique peuvent être des
références utiles. A titre d’exemple on peut retenir :
• ceux du domaine de l’alimentation (exemple : Directive européenne sur les additifs alimentaires,
Liste GRAS de la FDA), de la pharmacie (exemple: Pharmacopées européenne et nationales), de
la chimie.
• l’annexe I de la Directive 67/548/CEE modifiée relative à la classification, l’emballage et
l’étiquetage des substances dangereuses.
D’une manière générale, l’évaluation est basée sur des données expérimentales provenant d’études
non cliniques effectuées in vitro ou in vivo. Cependant, lorsqu’elles sont disponibles, il est aussi
possible d’utiliser les données obtenues chez l’homme, dérivées de la pratique médicale, des
maladies professionnelles ou d’études spécifiques telles que des études sur des volontaires ou sur
des groupes fortement exposés.
Il est rappelé qu’en vue de garantir la qualité et l’intégrité des résultats obtenus lors des essais non
cliniques et d’assurer la reconnaissance mutuelle de ces résultats, toute nouvelle étude de sécurité
devra être effectuée selon les principes de bonnes pratiques de laboratoire (BPL) décrits dans l’arrêté
du 10 août 2004 et précisés dans un texte complémentaire : « Avis aux fabricants ou aux
responsables de la mise sur le marché d’un produit cosmétique relatif à l’information concernant
l’évaluation de la sécurité pour la santé humaine prévue à l’article R 5131-2, paragraphe 4) du Code
25
Depuis le 1er avril 1988, la fourniture des fiches de données de sécurité à tout chef d’établissement ou
travailleur indépendant a été rendue obligatoire par le Ministère du travail pour toute mise sur le marché de
produits chimiques dangereux (substances et préparations) à usage professionnel, à quelques exceptions près.
10
de la Santé Publique au regard notamment des essais de sécurité devant être réalisés selon les
principes des BPL » .
En outre, les essais devront être réalisés en conformité avec la directive 86/609/CEE relative à la
protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques.
11
3 EVALUATION DE LA SECURITE POUR LA SANTE
HUMAINE D’UN INGREDIENT A USAGE COSMETIQUE
Cette évaluation a pour objectif de déterminer si l’ingrédient utilisé dans la formulation finale, selon le
mode d’emploi prévu (exemple : produit rincé ou non) et la concentration envisagée, n’est pas
susceptible d’affecter la santé des utilisateurs.
Sur la base des données recueillies, l’évaluateur de la sécurité procédera à l’évaluation de la sécurité
de l’ingrédient considéré et se prononcera sur le risque éventuel lié à l’utilisation de cet ingrédient
dans un produit cosmétique.
En pratique, cette évaluation peut être réalisée selon un schéma comportant les trois étapes
suivantes :
1. l’acceptation pour un usage cosmétique,
2. l’acceptation pour l’utilisation cosmétique envisagée,
3. la restriction des conditions d’utilisation.
En fonction des données, cette évaluation conduira l’évaluateur de la sécurité à accepter l’ingrédient
pour un usage cosmétique, avec ou sans travaux complémentaires ou à le rejeter.
De manière générale, la présence d’impuretés génotoxiques dans une matière première est à éviter.
Dans certaines situations, la présence de traces techniquement inévitables est acceptable sous
réserve qu’elles ne compromettent pas la sécurité d’utilisation de l’ingrédient.
12
Dans la plupart des documents cités en références, les évaluations ont été réalisées dans le cadre
d’expositions par voie orale. Afin de fixer une « limite d’acceptabilité à cette impureté », il est
recommandé à l’évaluateur de la sécurité de prendre en compte une utilisation par voie cutanée ou
muqueuse ainsi que le type de produit fini dans lequel elle entrera.
Seuls les changements, portant sur le procédé d’obtention de l’ingrédient et affectant ses
spécifications de qualité, qui auront été communiqués par le fournisseur de l’ingrédient au fabricant ou
au responsable de la mise sur le marché, pourront faire l’objet d’une analyse par l’évaluateur de la
sécurité afin d’en apprécier les éventuelles répercussions en terme de sécurité.
L’évaluation des données de toxicité aiguë par voie orale est importante pour un ingrédient
susceptible d’être ingéré ou absorbé en quantité significative, en particulier si cet ingrédient est
destiné à un produit fini d’hygiène buccale ou si l’ingestion accidentelle du produit fini est un
mésusage probable.
Selon la directive 76/768/CEE modifiée (article 4 ter), l’utilisation dans les produits cosmétiques de
substances classées comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) de
catégorie 1, 2 et 3, à l’annexe I de la directive 67/548/CEE est interdite. Une substance classée dans
la catégorie 3 peut être utilisée dans des cosmétiques sous réserve de son évaluation et de son
approbation par le SCCNFP.
En cas de résultats douteux ou positifs d’un ou de plusieurs des tests réalisés, et si la décision de
poursuivre l’évaluation du potentiel génotoxique est prise, il revient à l’évaluateur de la sécurité de
déterminer les tests complémentaires in vitro et/ou in vivo à réaliser.
Dans les deux cas de figure il pourra se reporter aux lignes directrices publiées par le SCCNFP [16]
ainsi qu’à celles publiées par l’ICH [17].
Remarques :
L’existence de cas particuliers et la pertinence de certains tests pour certaines familles chimiques
doivent être prises en compte dans le choix des protocoles à utiliser et dans la manière d’évaluer leurs
résultats. Par exemple, pour les colorants azoïques, le test de mutation génique sur bactéries devrait
suivre le protocole proposé par Prival et Mitchell [18] qui vise à adapter le test d’Ames en vue
d’optimiser la détection des effets mutagènes de ce type de substances.
Par ailleurs, un certain nombre de substances ont été identifiées comme sources de réactions
allergiques de contact parmi les consommateurs sensibles aux substances parfumantes. Selon
l’article R.5131-4 8° du code de la santé publique, ces substances doivent apparaître sur l’étiquetage
dans la liste des ingrédients. Il appartient au fournisseur de l’ingrédient de préciser si l’ingrédient
considéré renferme ou non ces substances (nature et quantité).
13
Dans la mesure du possible il convient de limiter l’utilisation ou la concentration d’utilisation des
substances pouvant être la source d’allergies de contact.
L’exposition systémique résultant du passage transcutané d’un ingrédient cosmétique peut être
estimée de l’une des trois manières suivantes :
1. sur la base de données expérimentales telles que définies dans les lignes directrices publiées
par le SCCNFP [21],
2. à partir de ses caractéristiques physico-chimiques [22, 23], par exemple pour les ingrédients
dont le poids moléculaire est > 500 D, et pour lesquels le coefficient de partage octanol/eau est
inférieur à –1 et supérieur à 4, une valeur de pénétration cutanée de 10 % pourra généralement
être retenue,
Si, pour un ingrédient cosmétique donné, il est démontré que sa biodisponibilité par voie cutanée est
négligeable (< TTC27), il est accepté qu’aucune étude supplémentaire ne soit effectuée.
La réalisation d’une étude de toxicité avec des doses réitérées peut être nécessaire dans certains cas
par exemple en cas d’exposition systémique importante ou lorsqu’un risque particulier a été mis en
évidence au cours de la démarche d’évaluation (famille à risque, effets toxiques observés).
La fixation de la dose sans effet indésirable observé, repose généralement sur des études de toxicité
réalisées chez l’animal, mais peut dans certains cas être établie à partir de données obtenues chez
l’homme.
26
Ceci n’est valable que pour les entités chimiques clairement identifiées ; pour les ingrédients complexes, se
reporter aux documents spécifiques.
27
Thresholds of Toxicological Concern
14
Lorsqu’elle est issue d’études de toxicité réalisées chez l’animal, la NOAEL retenue pour le calcul de
la marge de sécurité doit être la plus basse observée. Ces études doivent être réalisées par une voie
assurant une exposition systémique suffisante et documentée.
Généralement il est nécessaire pour déterminer la NOAEL de déterminer les effets potentiels de
l’ingrédient :
• sur les paramètres biologiques couramment décrits dans les protocoles d’études de toxicité
standards (organes cibles, paramètres biochimiques, histologie,…) et ce, en conditions
réitérées,
• sur les fonctions de reproduction mâles et femelles (fertilité, tératogenèse,…).
En l’absence de NOAEL, il pourra être envisagé d’établir une marge de sécurité à partir de la plus
basse dose à laquelle des effets sont observés (LOAEL), en appliquant un facteur de sécurité
supplémentaire [24].
1. l’ingrédient peut être utilisé aux conditions prévues (type de produit, concentrations…) sans
autre restriction.
2. l’ingrédient peut être utilisé mais avec des restrictions d’emploi résultant de l’évaluation de la
sécurité (par exemple « non utilisable en cas d’exposition possible au soleil »),
15
CONCLUSION
Ces « recommandations aux fabricants et responsables de la mise sur le marché relatives à
l’évaluation de la sécurité d’un ingrédient ou d’une combinaison d’ingrédients à usage cosmétique »,
constituent un guide de « Bonnes Pratiques d’Evaluation ». Ces recommandations peuvent être
considérées comme un outil scientifique et technique permettant de guider l’utilisateur d’un ingrédient
dans la démarche visant à s’assurer de sa sécurité.
Les méthodes d’évaluation qui seront choisies auront pour objectif final de définir les conditions
d’utilisation de l’ingrédient considéré et d’en assurer la sécurité. Dans ces conditions, le produit
cosmétique utilisant cet ingrédient contribuera à répondre à l’exigence de sécurité prévue par la
Directive cosmétique à savoir (article L. 5131-4. du CSP) : « les produits cosmétiques mis sur le
marché ne doivent pas nuire à la santé humaine lorsqu’ils sont appliqués dans les conditions
normales ou raisonnablement prévisibles d’utilisation (…) ».
L’objectif étant avant tout d’assurer la sécurité des consommateurs, les méthodologies d’évaluations
de la sécurité des ingrédients à usage cosmétique se doivent d’être les plus appropriées. Ceci ne
signifie pas pour autant la mise en place systématique de travaux expérimentaux nouveaux, mais
avant tout la réalisation d’une évaluation critique de l’ensemble des données de sécurité disponibles.
L’utilisation d’outils nouveaux d’évaluation (par exemple : logiciels « Structure-Activité », les « seuils
de préoccupation toxicologique »,..) en vue de déterminer le plus correctement possible la sécurité
d’un ingrédient à usage cosmétique est encouragée.
Cette évaluation critique est sous la responsabilité de l’évaluateur de la sécurité qui est
réglementairement la seule personne qualifiée pour la réaliser et pour déterminer les données de
sécurité nécessaires.
Pour conserver son intérêt et son efficacité dans le temps, le présent document est susceptible
d’évolution en fonction de la réglementation mais aussi des avancées scientifiques dans le domaine
de l’évaluation du risque.
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ABREVIATIONS
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BIBLIOGRAPHIE
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