Gestion durable du pastoralisme en terres arides
Gestion durable du pastoralisme en terres arides
Principes et types
Les systèmes pastoraux traditionnels utilisent, modifient et conservent les écosystèmes
par le pâturage / « le ranching » extensif avec le pâturage tournant et en utilisant divers
animaux d’élevage : des ovins et des bovins qui paissent principalement les herbacées,
et des caprins, des asins et des camelins qui broutent les herbacées et les ligneux. Par
exemple, les troupeaux de Peulhs au Nigeria ont été confrontés à la disparition rapide
de l’herbe, ils sont ainsi passés des bovins de race Bunaji, qui dépendent des herba-
cées, à la race Sokoto Gudali qui broute facilement les ligneux (FAO, 2001).
Le nomadisme : Les nomades sont des producteurs de bétail qui ne font pas d’agri-
culture et qui dépendent de la vente ou de l’échange de leurs animaux et de leurs
produits pour obtenir de la nourriture (p. ex., les Touaregs et les Peulhs). Leurs dépla-
cements sont opportunistes. Ils suivent les pâturages et les ressources en eau selon un
modèle qui varie d’année en année en fonction de la disponibilité de ces ressources.
La transhumance est le déplacement régulier des troupeaux entre des points fixes
afin d’exploiter la disponibilité saisonnière des pâturages. Une caractéristique de la
transhumance est le fractionnement du troupeau, les éleveurs prenant la plupart des
animaux à la recherche de pâturages, mais laissant la communauté résidente avec un
noyau de vaches et / ou de chamelles en lactation (p. ex., les Masaïs et les Peulhs). Les
Peulhs, eux, suivent une route de pâturages centenaire, vers le nord jusqu’à la frontière
du Sahara pendant la saison des pluies, et vers le sud vers la savane humide pendant la
saison sèche. La disponibilité des pâturages est en diminution et les circuits de dépla-
cement sont bloqués par les changements d’utilisation des terres, l’urbanisation et les
frontières. En Afrique de l’Ouest, les gouvernements ont essayé de délimiter des corri-
dors de transhumance et de légiférer pour une mobilité transfrontalière.
L’agropastoralisme décrit des éleveurs installés, qui vivent dans des villages et culti-
vent des superficies suffisantes pour nourrir leur famille et garder leur bétail comme
un bien de valeur (les troupeaux sont généralement plus petits). La combinaison des
cultures et du bétail sert d’abord à minimiser les risques, par exemple, les mauvaises
récoltes fournissent du fourrage aux animaux.
Systèmes mixtes : Certains systèmes sont traditionnellement mixtes quand les
cultures et le bétail sont gérés par différentes communautés, fondés sur une relation
de longue date. Après la récolte des cultures, les éleveurs pastoraux sont autorisés à
nourrir leur bétail sur les résidus. Cependant, depuis que l’élevage est promu chez les
agriculteurs, cette pratique est en forte diminution.
Systèmes d’enclos et de ranching : La terre est en propriété individuelle et géné- En haut : Bovins et camelins dans un système pastoral, au
Kenya. (Wiliam Critchley)
ralement clôturée. A l’époque coloniale, les ranches d’élevage étaient établis au
Au milieu : Bétail dans un système pastoral, au Mali. (William
Botswana, au Kenya, en Namibie, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Zim- Critchley)
babwe et une proportion importante de ceux-ci existe encore aujourd’hui. Les dépla- En bas : Ranching de bétail à proximité d’un point d’eau dans
cements et la pression des animaux sont ajustés en fonction de la disponibilité des une propriété privée, en Afrique du Sud. (William Critchley)
fourrages dans le ranch par un pâturage contrôlé et tournant et grâce à des points
d’eau bien répartis réduisant ainsi autant que possible la dégradation des terres.
Conditions socioéconomiques
Les éleveurs pastoraux sont généralement les plus marginalisés politiquement et éco- Pente (%) très raide (>60)
nomiquement. Ils ont le moins accès aux ressources (terres, eau, pâturages) et aux raide (30-60)
services de base (santé, éducation) et souffrent d’insécurité, des conflits, de la pau- vallonné (16-30)
vreté, de la dégradation de l’environnement et de l’exposition aux risques climatiques. onduleux (8-16)
Orientation de la production : Les éleveurs pastoraux vendent leurs produits d’éle- modéré (5-8)
vage et leur bétail aux marchés locaux et nationaux à travers des circuits à la fois formels faible (2-5)
et informels. Le commerce transfrontalier est fréquent. Contrairement aux cultures agri- plat (0-2)
coles, où les mauvaises récoltes dues à la sécheresse ont comme résultats la hausse
des prix, le déstockage du bétail, en réponse à la sécheresse, entraîne une baisse de
prix, due à un marché inondé par des animaux de mauvaise qualité. Le commerce cara-
Taille de l’exploitation Propriété foncière
vanier existe encore dans des régions pastorales inaccessibles, mais son importance
économique a été fortement réduite par les transports modernes. Petite échelle Etat
Propriété foncière et droits d’utilisation des terres / de l’eau : Les éleveurs pas- Echelle moyenne Société privée
toraux en raison de leurs stratégies de pâturage opportuniste, ont des systèmes fonciers Grande échelle Communauté
vagues, traditionnellement fondés sur des arrangements coutumiers. Toutefois, dans cer-
Individuel, sans titre
tains endroits, ceux-ci ont été rompus, et des régimes d’accès libre incontrôlé ont vu le
Individuel, avec titre
jour. Les puits traditionnels sont souvent la propriété collective d’une communauté qui a
creusé et / ou qui les entretient, mais les droits d’accès pour les autres groupes sont géné-
ralement négociables. Ces droits sont entravés par une combinaison de « privatisation »
Mécanisation Orientation de la production
des terres, la fragmentation des terres pâturées collectivement, la perte de ressources
clés (p .ex. des points d’eau sur les routes de transhumance), la création d’obstacles (les Travail manuel De subsistance
clôtures, les parcs nationaux, les routes), l’imposition de frontières de district et d’état. Traction animale Mixte
Compétences et connaissances requises : Elevées, mais les compétences tradi- Mécanisé Commerciale
tionnelles existent toujours et se transmettent de génération en génération.
Exigence en main-d’œuvre : Il existe une faible corrélation entre la taille des troupeaux
et la main d’œuvre jusqu’au moment où les troupeaux ne peuvent plus être gérés au-delà Exigence en travail Exigence en connaissances
d’une certaine taille avec la seule main-d’œuvre familiale ; des éleveurs provenant de l’ex-
térieur doivent alors être engagés. Dans les sociétés pastorales, les femmes sont généra- Forte Forte
lement responsables de la traite et de la transformation des produits laitiers ainsi que de Moyenne Moyenne
l’alimentation de la famille. Les hommes sont responsables de la gestion des troupeaux et Faible Faible
de la vente des produits de l’élevage. Dans les systèmes avec des troupeaux dispersés,
les femmes restent à la maison alors que les hommes se déplacent avec les animaux.
Ces données ne représentent pas la pleine valeur directe du pastoralisme en Afar car Le pastoralisme en tant que pourcentage du PIB de
sont omises la valeur du cuir, la valeur du beurre transformé et les valeurs de trans- l’agriculture
port des camelins et des asins. Néanmoins, les données fournissent une estimation Sudan 80
moyenne de la productivité de l’élevage pastoral de 78 US$ par 4 hectares. Cette
Senegal 70
gamme de produits et d’espèces peut rendre les systèmes pastoraux significativement
Niger 84
plus rentables et productifs que les modèles promus de ranching axés sur la viande.
La transhumance en particulier, est un système extrêmement productif, qui donne Mauritanien 33
entre 50 et 600% de plus de protéines par hectare que le ranching « moderne » dans Mali 33
des zones écologiques comparables aux États-Unis et en Australie (Ogle, 1996).
Kenya 50
En Afrique subsaharienne, l’importance économique de l’élevage augmente alors que
Ethiopia 35
les précipitations déclinent (Ogle, 1996).
Chad 34
Economiques +++ hauts rendements globaux grâce aux bénéfices multiples ++ peut contribuer de manière + amélioration des moyens
++ fournit un moyen de subsistance stable (p. ex. les éleveurs « significative » à l’économie d’existence et du bien-être
pastoraux Masaïs et Peulhs) nationale
++ diversification et création
d’emplois ruraux
+ réduction des dégâts sur
l’infrastructure hors-site
+ permet aux terres arides d’être
économiquement exploitées
Ecologiques ++ amélioration de la couverture du sol en plantes vivantes ++ réduction de la dégradation et de ++ maintien de l’intégrité de
++ réduction de l’érosion des sols (éolienne et hydrique) la sédimentation l’écosystème et de la résilience
++ moyen efficace et flexible de gérer la végétation clairsemée ++ efficacité de l’opportunisme dans aux changements climatiques
et la relativement faible fertilité des sols les environnements qui sont ++ réduction de la fréquence et de
++ amélioration de la biodiversité caractérisés par l’incertitude l’intensité de la dégradation et de
++ réduction de la végétation ancienne (menaces des (écosystème intact) la désertification
incendies) + augmentation de la disponibilité ++ amélioration de la biodiversité
+ amélioration de la disponibilité de l’eau de l’eau
+ amélioration du microclimat + augmentation de la qualité de
l’eau
Socio- ++ connaissances traditionnelles des éleveurs pastoraux sur + augmentation de la sensibilisation +++ protection du patrimoine national
culturels l’environnement, la génétique du bétail, la sélection des la « santé » environnementale ++ connaissances menant à la
races de bétail, les plantes médicinales et les prévisions + + paysage attrayant durabilité
météorologiques ++ réduction des conflits
Production l Disponibilité des aliments/fourrages en quantité et en qualité pendant la ➜ permettre une souplesse suffisante pour les déplacements et le dés-
saison sèche tockage; En ASS, les produits comme les graines de coton, les galettes
l Augmentation de la productivité sans conséquence environnementale d’arachide et la mélasse sont maintenant régulièrement vendus à des
défavorable éleveurs pastoraux, ainsi que les compléments minéraux.
Economiques l Faible prix du bétail en raison d’un manque d’infrastructures de commer- ➜ équipements de transformation des produits laitiers et meilleures stra-
cialisation et de connaissances des prix tégies de commercialisation
l L’accès aux marchés et aux services financiers (crédits et économies) ➜ encourager et créer des services bancaires et la diffusion des télé-
l Le lait (pilier de la plupart des économies pastorales) n’est pas bien com- phones mobiles et des services bancaires par téléphones portables ;
mercialisé conduisant à une réorientation de la production vers la viande. créer des économies alternatives et des opportunités d’investissement
l Beaucoup de jeunes vont maintenant à l’école, d’autres se déplacent
vers les villes pour des emplois non qualifiés (disponibilité de la main ➜ améliorer l’image du pastoralisme et montrer ses potentialités
d’œuvre).
Ecologiques l Récupération suffisante et efficace des éléments nutritifs qui ont été
déplacés des pâturages vers les terres cultivées
l Empiétements arbustifs (brousse) ➜ renforcer les capacités coutumières à gérer les parcours
l Risques et vulnérabilité du système ➜ développer le capital humain (éducation et santé)
Sociocultu- l Mobilité réduite du bétail ➜ p. ex. délimitation de corridors de transhumance et légalisation des
relles l Compétition et conflits sur les parcours entre les éleveurs pastoraux les déplacements transfrontaliers
agriculteurs et les producteurs de fourrages
l Les agriculteurs les plus nantis et urbains investissent leurs capitaux
excédentaires dans le bétail (compétition)
l Sédentarisation
l Systèmes fonciers traditionnels (habituellement obtenus à travers ➜ faire usage des groupes ou des droits collectifs (les politiques existent
l’agriculture), accès à la terre et son morcellement souvent). Ré-agglomération des pâturages fragmentés pour une utilisa-
tion des terres encore collective et / ou des arrangements de location
l Marginalisation des éleveurs pastoraux (souvent vus comme arriérés, ➜ préciser en quoi les éleveurs pastoraux contribuent à l’économie
archaïques et comme une menace politique)
l Faible éducation des éleveurs pastoraux ➜ autonomisation politique
l Formation inappropriée des agents de vulgarisation et absence de kits ➜ renforcement des capacités
utiles de vulgarisation
l Politique inappropriée visant à transformer plutôt qu’à renforcer le ➜ réformes techniques et institutionnelles
pastoralisme ➜ mettre en place ou mettre l’accent sur les réformes foncières et les
droits d’utilisation des terres pour soutenir le pastoralisme
R É S E R V E S F O U R R A G È R E S N G I T I L I S D E S A I S O N S È C H E - TA N Z A N I E
Les ngitilis sont des enclos traditionnels dont le but est la conservation in situ et Mesure GDT Gestion et végétale
la réhabilitation de la végétation, employés par les agropasteurs Wasukuma à
Groupe GDT Pastoralisme et la gestion des
Shinyanga, en Tanzanie. Shinyanga est une zone semi-aride caractérisée par la parcours
pénurie de fourrage associée à des problèmes de déboisement, de manque de
Type d’utilisation Pâturage extensif
bois de feu, d’insécurité alimentaire, de déclin de la fertilité et d’érosion sévère des des terres
sols et de droits non garantis d’utilisation des terres. Le ngitili est une réserve de
Dégradation Dégradation de la végétation Déclin
fourrage de saison sèche, une pratique locale qui a été relancée par un programme
concernée de la fertilité du sol ; Perte de sol
gouvernemental de 1986 à 2001. arable
Pour la régénération initiale de la végétation et la réhabilitation de terres complète-
Stade d’intervention Réhabilitation
ment dénudées, une mise en défens totale d’au moins 5 ans est nécessaire. Ensuite,
les zones de végétation sur pied sont mises en défens de façon saisonnière, du Tolérance au chan- Tolérance accrue aux extrêmes
gement climatique climatiques (p. ex. périodes sèches
début de la saison des pluies jusqu’au pic / à la fin de la saison sèche, avant d’être
prolongées et sécheresses)
ouvertes au pâturage. Deux strates de végétation distinctes sont identifiables, une
strate supérieure dominée par des arbres et des arbustes (Acacia tortilis, A. nilo-
Activités de mise en place
tica, A. polyacantha et A. seyal) et une strate inférieure constituée de graminées,
1. Démarcation et mise en défens des sites,
d’herbes et d’autres plantes herbacées. La structure et la composition des zones
habituellement sur des terres dégradées
ngitilis sont largement influencées par l’emplacement, l’âge, les pratiques de ges-
autour des fermes.
tion et l’intensité d’utilisation. Les réserves fourragères sont établies sur des terres
2. Mise en défens au moins 5 ans pour une
dégradées et autour de la propriété familiale. Les parcelles individuelles atteignent
régénération initiale de la végétation (si terres
habituellement 2 à 5 ha, tandis que les ngitilis communautaires couvrent de 10 à
dégradées).
200 ha. Généralement, les limites ne sont pas rigoureusement marquées et aucune
3. Mise en place de pépinières d’arbres pour
barrière physique n’est établie. Des gardes locaux et des règlements communau-
produire des semis d’espèces locales.
taires sont utilisés pour protéger et faire respecter le système.
4. Plantation d’enrichissement.
Les ngitilis atténuent les pénuries de fourrage en saison sèche et empêchent la
5. Coupe des grands arbres (empêche la crois-
dégradation des sols, en réduisant l’érosion des sols et le déboisement. Ces réserves
sance des graminées), tout en protégeant les
offrent une vaste gamme de produits, tels que bois d’œuvre, fourrage, bois de feu,
arbres fourragers.
plantes médicinales, fruits sauvages et miel. Elles contribuent à renforcer les moyens
de subsistance, fournissent un filet de sécurité indispensable pendant les saisons Entretien / activités récurrentes
sèches et les sécheresses et génèrent des revenus supplémentaires pouvant aller 1. Mise en défens de la zone ngitili au début de
jusqu’à 500-1000 US$ par an et par ménage. Les ngitilis ont réduit considérablement la saison des pluies. Aucune gestion durant
le travail des femmes, en diminuant de plus de 80% le temps consacré à la collecte cette saison.
de bois de feu et ont un impact très positif sur la biodiversité. 2. Ouverture de la zone en juillet ou août, après
épuisement des résidus de culture et de la
végétation des jachères.
3. Délimitation temporaire de parcs pour des
périodes spécifiques pour le pâturage tour-
nant dans les ngitilis (contrôlés par des aînés
expérimentés ; en fonction du niveau d’utilisa-
tion et de la disponibilité du fourrage)
4. Taille et éclaircie contrôlées (pour le bois de
chauffage et les piquets).
Exigence en main-d’œuvre
Pour l’entretien : faible
Pour la mise en place : faible à modérée (en fonc-
tion de l’étendue de la plantation d’enrichissement)
Exigence en connaissances
Pour les exploitants : faible
Pour les conseillers : faible
Références clés : Kamwenda G.J. 2002. Ngitili agrosilvipastoral systems in the United Republic of Tanzania. Unasylva 211, Vol. 53, 2002. n World Resource Institute. 2010. Rege-
nerating Woodlands: Tanzania’s HASHI Project. [Link] n Equator initiative. 2010. Nomination Form Equator Initiative. [Link]
[Link]/knowledgebase/files/2002-0128_Nom_HASHI_Tanzania.pdf; n Blay D., E. Bonkoungou, S.A.O. Chamshama and [Link]. 2004. Rehabilitation of Degraded Lands in
Sub-Saharan Africa: Lessons Learned from Selected Case Studies. Forestry research network for Sub-Saharan Africa (fornessa) n WRI (2005): World Resources 2005: The Wealth
of the Poor—Managing Ecosystems to Fight Poverty. World Resources Institute (WRI) in collaboration with United Nations Development Programme, United Nations Environment
Programme, and World Bank.
C O U L O I R S D E PA S S A G E - N I G E R
Les couloirs de passage sont des corridors officiellement définis qui canalisent les Mesure GDT Gestion et végétale
déplacements des troupeaux dans les zones agropastorales du Niger, en reliant les
Groupe GDT Pastoralisme et la gestion des
pâturages, les points d’eau et les zones de pacage, que ce soit dans les zones des parcours
villages (couloirs internes) ou sur des terres d’accès ouvert (couloirs externes). L’ob-
Type d’utilisation Terres cultivées ou agropastorales
jectif principal de ces couloirs est la prévention des conflits entre agriculteurs et éle- des terres (avant),
veurs en ce qui concerne l’utilisation des terres et des ressources en eau limitées. (sylvo-)pastorales (après)
Ces conflits sont souvent provoqués par les bovins entrant dans les zones cultivées.
Dégradation Erosion hydrique et éolienne du sol
La mise en place de couloirs délimités permet au bétail d’accéder aux points d’eau concernée et dégradation biologique ; le prin-
et aux pâturages sans causer de dommages aux terres cultivées. Ces corridors cipal problème abordé est le conflit
sont réglementés par le code rural, une loi nationale définissant les droits d’utilisa- entre éleveurs et agriculteurs autour
tion des terres des éleveurs pastoraux. La délimitation des couloirs de passage est des ressources naturelles.
fondée sur une décision consensuelle de tous les groupes d’intérêt concernés. Les Stade d’intervention Prévention
couloirs internes sont négociés en assemblée générale sur site impliquant tous les Tolérance au chan- La technologie est sensible aux
acteurs (agriculteurs, éleveurs, groupements de femmes, autorités locales). Pour la gement climatique extrêmes climatiques (tels que
délimitation des couloirs externes, la participation des éleveurs transhumants et des sécheresses et inondations)
villages voisins est indispensable.
Une fois qu’un accord sur le tracé du couloir est trouvé, la délimitation avec des Activités de mise en place
pierres et / ou par la plantation d’arbres sélectionnés est réalisée par les exploitants 1. Identification d’un couloir existant ou défini-
agricoles locaux, avec l’aide financière et technique du gouvernement ou d’ONG. tion d’un nouveau corridor lors d’une assem-
Les espèces communes utilisées sont : Euphorbia balsamifera, Acacia spp. (A. blée générale (photo 1).
nilotica, A. sénégal), et Faidherbia albida. Des comités de gestion au niveau com- 2. Alignement des limites d’un corridor, par ex.
munautaire élaborent les règlements pour la gestion des couloirs de passage (entre- avec des lignes de pierres. Les couloirs
tien et protection de la végétation). La protection des plants est assurée par des internes font 10 à 50 m de large, tandis que
branches mortes (au stade initial), le contrôle quotidien par des gardes forestiers et les couloirs externes dépassent 50 m de
des campagnes d’information. La technologie est une solution durable aux conflits large.
décrits précédemment. Les arbres pour la délimitation fournissent des sous-pro- 3. Creuser des trous de 40 cm de profondeur ;
duits ligneux et non ligneux de grande valeur. planter les arbres le long des limites (avec un
espacement de 1-3 m, en fonction des
espèces sélectionnées et de l’objectif secon-
daire) (photo 2).
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : faible
Pour l’entretien : faible
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : élevée (facilitateurs du
code rural)
Pour les exploitants : faible (éleveurs pastoraux
et agriculteurs)
Adoption
Adoption spontanée en forte augmentation (pour la prévention des conflits et la
dégradation des terres).
Contributeur principal : Abdoulaye Sambo Soumaila, Groupe de Recherche d’Etude et d’Action pour le Développement (GREAD), Niamey, Niger ; leffnig@[Link]
Références clés : Projet LUCOP/Tillabéry. 2004. Referential des measures techniques de recuperation, de protection et d’exploitation durable des terres, 2nd edition, 2004, 51 pp
n Soumaila A.S. 2003. Base de données du code rural (online): [Link]/den/Documents/code_rural/[Link] n Hiernaux P., E. Tielkes, E. Schlecht. [Link] et
gestion des parcours au Sahel, Workshop proceedings organised by Eric Tielkes et Abdoulaye Soumaila, Verlag Ulrich E. Grauer, Beuren, Stuttgart, Germany, 2001
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : modérée
Pour l’entretien : modérée
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : modérée
Pour les exploitants : modérée
Rapport bénéfice-coût
Intrants à court terme à long terme
Mise en place positif très positif
Entretien positif très positif
Contributeur principal : Abdoulaye Sambo Soumaila, Groupe de Recherche d’Etude et d’Action pour le Développement (GREAD), Niamey, Niger; leffnig@[Link]
Références clés : Soumaila A.S. 2003. Base de données du code rural (online): [Link]/den/Documents/code_rural/[Link] n Hiernaux P., E. Tielkes, E. Schlecht.
2001. Elevage et gestion des parcours au Sahel, Proceedings de l’atelier organisé par Eric Tielkes et Abdoulaye Sambo Soumaila, Verlag Ulrich E. Grauer, Beuren, Stuttgart, Alle-
magne, 2001 n Project documents and annual monitoring reports of develpment projects by ADN Nourriterre and HEKS EPER Suisse (2003-2009) n Jochen Suchantke, Abdoulaye
Sambo Soumaila (2001): Etude cadre pour le programme NIGETIP IV, KfW, Niamey, Niger, 2001
Technologie GDT : Amélioration de la distribution des puits pour un pastoralisme durable - Niger 173
Etude de cas
Pastoralisme et la gestion des parcours
Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : modérée
Pour l’entretien : faible
Exigence en connaissances
Pour les conseillers : élevée (aménagement des
zones de couchage et conception des systèmes
d’abreuvement du bétail et de pâturage)
Pour les exploitants : modérée (mise en œuvre
du système, construction des clôtures et du
système d’abreuvoirs, entretien)
Contributeur principal : Lehman Lindeque, Department of Agriculture, Forestry and Fisheries, South Africa; LindequeL@[Link]
Références clés : Tainton N.M. 1988. Veld and Pasture Management in South Africa. Shuter & Shooter, Pietermaritzburg in association with University of Natal Press, Pietermaritz-
burg. n Department of Agriculture and Water Supply. 1989. Veld management in the Eastern Cape. Government Printer, Pretoria