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Gestion durable du pastoralisme en terres arides

Le pastoralisme au Sénégal est un système de production extensif de bétail utilisant des pâturages communs, adapté aux zones arides et semi-arides. Ce modèle est confronté à des défis tels que la dégradation des terres et la perte de mobilité, mais il est reconnu pour sa viabilité économique et écologique. Les éleveurs pastoraux, souvent marginalisés, doivent s'adapter aux conditions environnementales changeantes pour maintenir la sécurité alimentaire et améliorer leurs conditions de vie.

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Gestion durable du pastoralisme en terres arides

Le pastoralisme au Sénégal est un système de production extensif de bétail utilisant des pâturages communs, adapté aux zones arides et semi-arides. Ce modèle est confronté à des défis tels que la dégradation des terres et la perte de mobilité, mais il est reconnu pour sa viabilité économique et écologique. Les éleveurs pastoraux, souvent marginalisés, doivent s'adapter aux conditions environnementales changeantes pour maintenir la sécurité alimentaire et améliorer leurs conditions de vie.

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PA S T O R A L I S M E E T G E S T I O N D E S PA R C O U R S

Un système sylvopastoral, au Sénégal. (Christoph Studer)

En un mot... Questions de développement abordées

Prévention / inversion de la dégradation des terres ++


Définition : Le pastoralisme et la gestion des parcours se référent à la production
extensive de bétail utilisant des pâturages et des parcours et localisés principalement Maintien et amélioration de la sécurité alimentaire ++
dans les zones arides et semi-arides. En ASS, le terme « pastoralisme » est générale- Réduction de la pauvreté en milieu rural ++
ment associé à l’utilisation de ressources en propriété commune sous réserve de cer- Création d’emplois en milieu rural +
tains accords de groupes, plutôt qu’en « libre accès ». « Le ranching », d’un autre coté,
Soutenir l'égalité des genres et les groupes +++
implique la propriété individuelle, privée des terres. Le pastoralisme est fondé sur des
marginalisés
pâturages ouverts savanes, prairies, steppes, zones arbustives) gérées par des éleveurs
nomades. Les éleveurs pastoraux suivent les ressources des pâturages / des prairies et Amélioration de la production agricole +
de l’eau, qu’ils déstockent en période de sécheresse (souvent de facto par le biais de Amélioration de la production fourragère +++
la mortalité du bétail plutôt que par leur vente). Néanmoins, ces éleveurs ont des stra- Amélioration de la production de bois / fibre ++
tégies de réponse rapide pour la reconstitution des stocks après la sécheresse (taux de
Amélioration de la production forestière non ligneuse ++
reproduction élevés chez les ovins et les caprins locaux). Il existe de nombreux types et
degrés de mobilité pastorale, qui varient selon les conditions environnementales ou la Préservation de la biodiversité +++
situation donnée des ménages (p. ex. conflits). La mobilité peut être saisonnière, régu- Amélioration des ressources du sol MOS, nutriments) ++
lière entre deux zones bien définies de pâturages ou, à la suite de pluies irrégulières. Amélioration des ressources hydriques ++
Les activités pastorales ont été conventionnellement considérées comme non rentables
Amélioration de la productivité de l’eau ++
et écologiquement destructrices. La réflexion actuelle reconnaît de plus en plus ces
stratégies comme économiquement viables et écologiquement durables. Le défi est Prévention / atténuation des catastrophes naturelles ++
d’adapter le pastoralisme traditionnel aux conditions environnementales d’aujourd’hui. Atténuation du / adaptation au changement ++
Ces possibilités d’adaptation concernent entre autre : la mise en place de banques ali- climatique
mentaires pour les animaux, l’amélioration de la composition des troupeaux et de leur
Atténuation du changement climatique
santé, une distribution plus dense des puits, la collecte et le stockage des eaux de sur-
face, des plans d’utilisation des terres, l’accès aux marchés et l’autonomisation. Potentiel de séquestration du C 0,1 - 0,3*
(en tonnes/ha/an)
Applicabilité : Un système de production pour les terres arides à faible rendement :
productivité relativement faible due à l’aridité, l’altitude, la température ou une combi- Séquestration du C: au dessus du sol +
naison de ces facteurs. Le pastoralisme est de plus en plus entravé par la faiblesse de Séquestration du C: en sous-sol ++
la gouvernance traditionnelle sur les ressources naturelles collectives, la restriction des
déplacements, la sédentarisation, les frontières et la progression de l’agriculture. Adaptation au changement climatique
Résilience à la variabilité climatique : Par définition, le pastoralisme est fondé sur Résilience à des conditions extrêmes de +++
une adaptation permanente aux facteurs environnementaux très incertains, notamment sécheresse
le climat. Le pastoralisme traditionnel a perdu, est en train de perdre, sa flexibilité et les Résilience à la variabilité des précipitations ++
possibilités de faire face à la sécheresse (p. ex., perte de mobilité en raison de l’empiète-
Résilience aux tempêtes de pluie et de vent ++
ment des cultures et de l’accroissement de la population), augmentant ainsi les risques. extrêmes
Principaux bénéfices : Les systèmes d’élevage nomade allient une production éco-
Résilience aux augmentations de tempéra- +++
nomique sur des terres à faibles rendements et la protection environnementale d’éco- tures et de taux d’évaporation
systèmes vulnérables, qui ont été modifiés au fil du temps par le pastoralisme lui-même;
Réduction des risques de pertes de ++
l’amélioration de la sécurité alimentaire et des conditions de vie des personnes marginali-
production
sées et défavorisées (vente de produits de l’élevage et du bétail). Les sols arides sont de
* pour une gestion appropriée des parcours aux Etats-Unis et sur
meilleurs puits de carbone à plus long terme que les sols d’environnements plus humides.
les 10 à 20 premières années du changement d’utilisation des
Adoption et transposition à grande l’échelle : Une bonne gestion pastorale des
terres (Schumann et al., 2002 in FAO, 2004).
zones arides dépend de la mobilité du bétail (accès à des sites de pâturage et à des
points d’eau pendant la période sèche), de l’efficacité des systèmes fonciers collectifs
et des systèmes de gouvernance, et de l’adaptation des troupeaux.

162 La pratique de la gestion durable des terres


Origine et diffusion
Origine : Le pastoralisme est l’une des plus anciennes formes d’activité agricole et
les éleveurs pastoraux maintiennent diverses cultures, des adaptations écologiques,
et la flexibilité des systèmes de gestion. Celui-ci a évolué dans les régions arides et
semi-arides suite à la pression démographique et à la domestication du bétail. Le
pastoralisme faisait un usage efficace des pâturages extensifs et pouvait faire face à
la variabilité du climat (distribution inégale et irrégulière des précipitations). Entre les
années 1960 et 1980, les donateurs internationaux ont massivement investi dans les
projets d’élevage et de pastoralisme introduisant des modèles de « ranching » où des
frontières ont été tracées et des programmes de déstockage encouragés ou imposés.
Ces efforts ont contribué à l’actuelle vulnérabilité de beaucoup d’éleveurs pastoraux.
Principalement appliqué : Dans les zones arides et semi-arides qui s’étendent de
la Mauritanie au nord du Tchad, en Erythrée, en Ethiopie, au Kenya, au Mali, au Niger,
en Somalie, au Soudan, en Tanzanie et en Ouganda. Les éleveurs pastoraux prin-
cipalement dépendants des camelins sont confinés aux zones situées au nord de Distribution modélisée des systèmes d’élevage dans la région
l’équateur. Les communautés pratiquant l’agro-pastoralisme se retrouvent partout : de l’IGAD (Cecchi et al, 2010). Systèmes de production ani-
l’agriculture opportuniste (parfois fondée sur la CEP) est fréquente dans les zones male: Pastoralisme, Agorpastoralisme, Agriculture mixte, Sur-
« pastorales ». faces inappropriées à l’élevage, Surfaces désertiques
Egalement appliqué : Dans les zones arides de Namibie, dans certaines régions du
Botswana et du Sud de l’Angola.

Principes et types
Les systèmes pastoraux traditionnels utilisent, modifient et conservent les écosystèmes
par le pâturage / « le ranching » extensif avec le pâturage tournant et en utilisant divers
animaux d’élevage : des ovins et des bovins qui paissent principalement les herbacées,
et des caprins, des asins et des camelins qui broutent les herbacées et les ligneux. Par
exemple, les troupeaux de Peulhs au Nigeria ont été confrontés à la disparition rapide
de l’herbe, ils sont ainsi passés des bovins de race Bunaji, qui dépendent des herba-
cées, à la race Sokoto Gudali qui broute facilement les ligneux (FAO, 2001).
Le nomadisme : Les nomades sont des producteurs de bétail qui ne font pas d’agri-
culture et qui dépendent de la vente ou de l’échange de leurs animaux et de leurs
produits pour obtenir de la nourriture (p. ex., les Touaregs et les Peulhs). Leurs dépla-
cements sont opportunistes. Ils suivent les pâturages et les ressources en eau selon un
modèle qui varie d’année en année en fonction de la disponibilité de ces ressources.
La transhumance est le déplacement régulier des troupeaux entre des points fixes
afin d’exploiter la disponibilité saisonnière des pâturages. Une caractéristique de la
transhumance est le fractionnement du troupeau, les éleveurs prenant la plupart des
animaux à la recherche de pâturages, mais laissant la communauté résidente avec un
noyau de vaches et / ou de chamelles en lactation (p. ex., les Masaïs et les Peulhs). Les
Peulhs, eux, suivent une route de pâturages centenaire, vers le nord jusqu’à la frontière
du Sahara pendant la saison des pluies, et vers le sud vers la savane humide pendant la
saison sèche. La disponibilité des pâturages est en diminution et les circuits de dépla-
cement sont bloqués par les changements d’utilisation des terres, l’urbanisation et les
frontières. En Afrique de l’Ouest, les gouvernements ont essayé de délimiter des corri-
dors de transhumance et de légiférer pour une mobilité transfrontalière.
L’agropastoralisme décrit des éleveurs installés, qui vivent dans des villages et culti-
vent des superficies suffisantes pour nourrir leur famille et garder leur bétail comme
un bien de valeur (les troupeaux sont généralement plus petits). La combinaison des
cultures et du bétail sert d’abord à minimiser les risques, par exemple, les mauvaises
récoltes fournissent du fourrage aux animaux.
Systèmes mixtes : Certains systèmes sont traditionnellement mixtes quand les
cultures et le bétail sont gérés par différentes communautés, fondés sur une relation
de longue date. Après la récolte des cultures, les éleveurs pastoraux sont autorisés à
nourrir leur bétail sur les résidus. Cependant, depuis que l’élevage est promu chez les
agriculteurs, cette pratique est en forte diminution.
Systèmes d’enclos et de ranching : La terre est en propriété individuelle et géné- En haut : Bovins et camelins dans un système pastoral, au
Kenya. (Wiliam Critchley)
ralement clôturée. A l’époque coloniale, les ranches d’élevage étaient établis au
Au milieu : Bétail dans un système pastoral, au Mali. (William
Botswana, au Kenya, en Namibie, au Mozambique, en Afrique du Sud et au Zim- Critchley)
babwe et une proportion importante de ceux-ci existe encore aujourd’hui. Les dépla- En bas : Ranching de bétail à proximité d’un point d’eau dans
cements et la pression des animaux sont ajustés en fonction de la disponibilité des une propriété privée, en Afrique du Sud. (William Critchley)
fourrages dans le ranch par un pâturage contrôlé et tournant et grâce à des points
d’eau bien répartis réduisant ainsi autant que possible la dégradation des terres.

Groupe GDT : Pastoralisme et gestion des parcours 163


PA S T O R A L I S M E E T G E S T I O N D E S PA R C O U R S
Applicabilité Dégradation des terres

Dégradations des terres concernées Erosion hydrique Elevée


À l’époque précoloniale, les éleveurs pastoraux ont été limités par les maladies et l’in- Erosion éolienne Modérée
sécurité. Au XXe siècle, l’occupation des terres par des agriculteurs et la présence de Détérioration chimique du sol Faible
frontières ont entravé la libre circulation du bétail, ce qui a conduit au surpâturage de Détérioration physique du sol Insignifiante
la végétation et des sols. Le surpâturage dépend du temps de pâturage et de récupé- Dégradation biologique
ration et pas simplement du nombre d’animaux. Le surpâturage le plus grave dans les Dégradation hydrique
zones arides se produit autour des points d’eau et des habitats locaux.
Dégradation biologique : Le pâturage réduit la couverture du sol et modifie la com-
position de la végétation. Les deux pâturages, intensifs et légers, peuvent réduire la
densité des espèces pérennes appétentes, qui sont remplacées par d’autres espèces Utilisation des terres
moins appétentes du fait du déclin de leur capacité compétitive. Terres cultivées
La dégradation hydrique : Les précipitations faibles et irrégulières, la dégradation Pâturages
des pâturages conduisant à la réduction de l’infiltration d’eau et à la limitation des
Forêts / bois
sources permanentes d’eaux de surface, peuvent exacerber la compétition pour l’eau.
Terres mixtes
Autres
Utilisation des terres
Principalement des pâturages extensifs : les parcours naturels, semi-naturels, les
savanes, les zones arbustives (brousse).
Climat Précipitations moyennes (mm)
Conditions écologiques
Les terres marginales et les climats difficiles avec une hétérogénéité et une grande varia- Humide > 3000
bilité des ressources dans l’espace et le temps. Faible infestation par la mouche tsetse. Subhumide 2000-3000
Climat : Le pastoralisme : en zones semi-arides avec des précipitations annuelles <600 Semi-aride 1500-2000
mm et une saison de croissance <120 jours, déplacements saisonniers chaque saison Aride 1000-1500
sèche et saison des pluies ; Systèmes agro-(sylvo)-pastoraux : zones semi-arides avec 750-1000
des précipitations entre 650 - 1000 mm et une saison de croissance de 130–170 jours 500-750
Terrains et paysages : Aucune restriction – toutes les pentes, de plat à très raide.
250-500
Sols : Aucune restriction ; les camelins, les bovins, les asins, les ovins et les caprins
< 250
peuvent prospérer sur les sols à faible rendement avec des fourrages de médiocre qualité.

Conditions socioéconomiques
Les éleveurs pastoraux sont généralement les plus marginalisés politiquement et éco- Pente (%) très raide (>60)
nomiquement. Ils ont le moins accès aux ressources (terres, eau, pâturages) et aux raide (30-60)
services de base (santé, éducation) et souffrent d’insécurité, des conflits, de la pau- vallonné (16-30)
vreté, de la dégradation de l’environnement et de l’exposition aux risques climatiques. onduleux (8-16)
Orientation de la production : Les éleveurs pastoraux vendent leurs produits d’éle- modéré (5-8)
vage et leur bétail aux marchés locaux et nationaux à travers des circuits à la fois formels faible (2-5)
et informels. Le commerce transfrontalier est fréquent. Contrairement aux cultures agri- plat (0-2)
coles, où les mauvaises récoltes dues à la sécheresse ont comme résultats la hausse
des prix, le déstockage du bétail, en réponse à la sécheresse, entraîne une baisse de
prix, due à un marché inondé par des animaux de mauvaise qualité. Le commerce cara-
Taille de l’exploitation Propriété foncière
vanier existe encore dans des régions pastorales inaccessibles, mais son importance
économique a été fortement réduite par les transports modernes. Petite échelle Etat
Propriété foncière et droits d’utilisation des terres / de l’eau : Les éleveurs pas- Echelle moyenne Société privée
toraux en raison de leurs stratégies de pâturage opportuniste, ont des systèmes fonciers Grande échelle Communauté
vagues, traditionnellement fondés sur des arrangements coutumiers. Toutefois, dans cer-
Individuel, sans titre
tains endroits, ceux-ci ont été rompus, et des régimes d’accès libre incontrôlé ont vu le
Individuel, avec titre
jour. Les puits traditionnels sont souvent la propriété collective d’une communauté qui a
creusé et / ou qui les entretient, mais les droits d’accès pour les autres groupes sont géné-
ralement négociables. Ces droits sont entravés par une combinaison de « privatisation »
Mécanisation Orientation de la production
des terres, la fragmentation des terres pâturées collectivement, la perte de ressources
clés (p .ex. des points d’eau sur les routes de transhumance), la création d’obstacles (les Travail manuel De subsistance
clôtures, les parcs nationaux, les routes), l’imposition de frontières de district et d’état. Traction animale Mixte
Compétences et connaissances requises : Elevées, mais les compétences tradi- Mécanisé Commerciale
tionnelles existent toujours et se transmettent de génération en génération.
Exigence en main-d’œuvre : Il existe une faible corrélation entre la taille des troupeaux
et la main d’œuvre jusqu’au moment où les troupeaux ne peuvent plus être gérés au-delà Exigence en travail Exigence en connaissances
d’une certaine taille avec la seule main-d’œuvre familiale ; des éleveurs provenant de l’ex-
térieur doivent alors être engagés. Dans les sociétés pastorales, les femmes sont généra- Forte Forte
lement responsables de la traite et de la transformation des produits laitiers ainsi que de Moyenne Moyenne
l’alimentation de la famille. Les hommes sont responsables de la gestion des troupeaux et Faible Faible
de la vente des produits de l’élevage. Dans les systèmes avec des troupeaux dispersés,
les femmes restent à la maison alors que les hommes se déplacent avec les animaux.

164 La pratique de la gestion durable des terres


Economie Exemple : Pastoralisme en Afrique est plus
productif que le « ranching »
Coûts de mise en place et d’entretien Au Botswana, la production de la surface col-
Le pastoralisme implique des coûts de commercialisation et de transaction élevés, lective (en termes d’argent, d’énergie et de pro-
notamment en raison de l’absence de marchés officiels et des monopoles existants, téines) dépasse à l’hectare - par trois fois au
des coûts de transport élevés, de l’insuffisance des infrastructures, des longues dis- moins – le rendement des ranches en Austra-
tances jusqu’aux les unités de transformation, d’un mauvais accès à l’information, lie et en Amérique du Nord. La différence des
d’un manque de services financiers comme des facilités de crédit, et des frais et une niveaux d’érosion des sols entre les deux sys-
bureaucratie gouvernementale excessifs. Tous ces coûts de transaction réduisent les tèmes de production est négligeable, en dépit du
rendements du travail du pastoralisme. taux de chargement beaucoup plus élevé dans
les zones collectives (à Hatfield et Davies, 2006).
Bénéfices de production
La production pastorale fournit divers produits. La tendance est de se focaliser sur
les produits animaux (en particulier le lait), plutôt que sur les animaux de boucherie. Exemple : Système pastoraux transhumants
Valeurs directes annuelles cumulées par UBT* de bovins en Afar (Ethiopie) Au Mali, les systèmes pastoraux transhumants
produisent en moyenne au moins deux fois plus
Valeur directe US$
de protéines par hectare et par année que les
Estimation de la valeur annuelle de lait 54 deux systèmes agropastoraux sédentaires et
Moyenne des ventes annuelles du bétail 15 de « ranching », respectivement aux États-Unis
et en Australie (à Hatfield et Davies 2006).
Taux de croissance annuelle du troupeau 9
Le pastoralisme est économiquement viable
Total 78 dans la mesure où celui-ci contribue de manière
* Unité de Bétail Tropical UBT (TLU), 4 hectares de parcours par UBT significative à l’économie de nombreux pays
(Source : Hatfield and Davies, 2006) en développement, malgré un sous-investisse-
ment persistant (Hatfield et de Davies, 2006).

Ces données ne représentent pas la pleine valeur directe du pastoralisme en Afar car Le pastoralisme en tant que pourcentage du PIB de
sont omises la valeur du cuir, la valeur du beurre transformé et les valeurs de trans- l’agriculture
port des camelins et des asins. Néanmoins, les données fournissent une estimation Sudan 80
moyenne de la productivité de l’élevage pastoral de 78 US$ par 4 hectares. Cette
Senegal 70
gamme de produits et d’espèces peut rendre les systèmes pastoraux significativement
Niger 84
plus rentables et productifs que les modèles promus de ranching axés sur la viande.
La transhumance en particulier, est un système extrêmement productif, qui donne Mauritanien 33

entre 50 et 600% de plus de protéines par hectare que le ranching « moderne » dans Mali 33
des zones écologiques comparables aux États-Unis et en Australie (Ogle, 1996).
Kenya 50
En Afrique subsaharienne, l’importance économique de l’élevage augmente alors que
Ethiopia 35
les précipitations déclinent (Ogle, 1996).
Chad 34

Rapport bénéfice-coût Burkina Faso 24


Le pastoralisme présente une grande valeur économique et un potentiel latent dans
les zones arides, mais reste peu connu ou a été peu quantifié. Il englobe des béné- 1 Gross Domestic Product

fices moins tangibles, comprenant des services financiers (investissement, assurance,


gestion de crédits et de risques), des services écosystémiques (comme la biodiver-
sité, le cycle des éléments nutritifs et des flux d’énergie) et une gamme de valeurs
sociales et culturelles.
La valeur de l’élevage dans les zones arides est souvent largement sous-estimée dans
les statistiques officielles et n’a donc pas attiré les investissements qu’il mérite.

Groupe GDT : Pastoralisme et gestion des parcours 165


PA S T O R A L I S M E E T G E S T I O N D E S PA R C O U R S
Impacts
Bénéfices au niveau local au niveau du bassin-versant / du au niveau national / mondia
paysage
Production +++ augmentation de la productivité des animaux +++ optimisation de la production ++ amélioration de la sécurité
++ plus grande production et meilleure survie des plantes des dans un environnement très alimentaire
parcours arides (fourrages) variable
++ plus grande diversité du bétail et des marchandises ++ réduction des risques de
produites production
+ amélioration des rendements agricoles

Economiques +++ hauts rendements globaux grâce aux bénéfices multiples ++ peut contribuer de manière + amélioration des moyens
++ fournit un moyen de subsistance stable (p. ex. les éleveurs « significative » à l’économie d’existence et du bien-être
pastoraux Masaïs et Peulhs) nationale
++ diversification et création
d’emplois ruraux
+ réduction des dégâts sur
l’infrastructure hors-site
+ permet aux terres arides d’être
économiquement exploitées

Ecologiques ++ amélioration de la couverture du sol en plantes vivantes ++ réduction de la dégradation et de ++ maintien de l’intégrité de
++ réduction de l’érosion des sols (éolienne et hydrique) la sédimentation l’écosystème et de la résilience
++ moyen efficace et flexible de gérer la végétation clairsemée ++ efficacité de l’opportunisme dans aux changements climatiques
et la relativement faible fertilité des sols les environnements qui sont ++ réduction de la fréquence et de
++ amélioration de la biodiversité caractérisés par l’incertitude l’intensité de la dégradation et de
++ réduction de la végétation ancienne (menaces des (écosystème intact) la désertification
incendies) + augmentation de la disponibilité ++ amélioration de la biodiversité
+ amélioration de la disponibilité de l’eau de l’eau
+ amélioration du microclimat + augmentation de la qualité de
l’eau

Socio- ++ connaissances traditionnelles des éleveurs pastoraux sur + augmentation de la sensibilisation +++ protection du patrimoine national
culturels l’environnement, la génétique du bétail, la sélection des la « santé » environnementale ++ connaissances menant à la
races de bétail, les plantes médicinales et les prévisions + + paysage attrayant durabilité
météorologiques ++ réduction des conflits

Contraintes Comment les surmonter

Production l Disponibilité des aliments/fourrages en quantité et en qualité pendant la ➜ permettre une souplesse suffisante pour les déplacements et le dés-
saison sèche tockage; En ASS, les produits comme les graines de coton, les galettes
l Augmentation de la productivité sans conséquence environnementale d’arachide et la mélasse sont maintenant régulièrement vendus à des
défavorable éleveurs pastoraux, ainsi que les compléments minéraux.
Economiques l Faible prix du bétail en raison d’un manque d’infrastructures de commer- ➜ équipements de transformation des produits laitiers et meilleures stra-
cialisation et de connaissances des prix tégies de commercialisation
l L’accès aux marchés et aux services financiers (crédits et économies) ➜ encourager et créer des services bancaires et la diffusion des télé-
l Le lait (pilier de la plupart des économies pastorales) n’est pas bien com- phones mobiles et des services bancaires par téléphones portables ;
mercialisé conduisant à une réorientation de la production vers la viande. créer des économies alternatives et des opportunités d’investissement
l Beaucoup de jeunes vont maintenant à l’école, d’autres se déplacent
vers les villes pour des emplois non qualifiés (disponibilité de la main ➜ améliorer l’image du pastoralisme et montrer ses potentialités
d’œuvre).

Ecologiques l Récupération suffisante et efficace des éléments nutritifs qui ont été
déplacés des pâturages vers les terres cultivées
l Empiétements arbustifs (brousse) ➜ renforcer les capacités coutumières à gérer les parcours
l Risques et vulnérabilité du système ➜ développer le capital humain (éducation et santé)

Sociocultu- l Mobilité réduite du bétail ➜ p. ex. délimitation de corridors de transhumance et légalisation des
relles l Compétition et conflits sur les parcours entre les éleveurs pastoraux les déplacements transfrontaliers
agriculteurs et les producteurs de fourrages
l Les agriculteurs les plus nantis et urbains investissent leurs capitaux
excédentaires dans le bétail (compétition)
l Sédentarisation
l Systèmes fonciers traditionnels (habituellement obtenus à travers ➜ faire usage des groupes ou des droits collectifs (les politiques existent
l’agriculture), accès à la terre et son morcellement souvent). Ré-agglomération des pâturages fragmentés pour une utilisa-
tion des terres encore collective et / ou des arrangements de location
l Marginalisation des éleveurs pastoraux (souvent vus comme arriérés, ➜ préciser en quoi les éleveurs pastoraux contribuent à l’économie
archaïques et comme une menace politique)
l Faible éducation des éleveurs pastoraux ➜ autonomisation politique
l Formation inappropriée des agents de vulgarisation et absence de kits ➜ renforcement des capacités
utiles de vulgarisation
l Politique inappropriée visant à transformer plutôt qu’à renforcer le ➜ réformes techniques et institutionnelles
pastoralisme ➜ mettre en place ou mettre l’accent sur les réformes foncières et les
droits d’utilisation des terres pour soutenir le pastoralisme

166 La pratique de la gestion durable des terres


Adoption et transposition à grande échelle Environnement favorable : facteurs clefs de l’adoption

Intrants, incitations matérielles, crédits +


Taux d’adoption
Formation et éducation +
Malgré d’importants investissements réalisés dans des projets de développement des
pâturages au cours des 30 dernières années, ceux-ci ont généralement connu un Régime foncier +++
échec car ils ont fondé leurs hypothèses sur le concept des systèmes en équilibre Commercialisation améliorée ++
développés pour les systèmes de ranching en propriété individuelle. Les projets, en
modifiant les modes traditionnels d’utilisation des terres, ont affaibli les systèmes tra- Recherche ++
ditionnels de production pastorale en identifiant faussement une « crise pastorale ». Politique d’habilitation +++
Les modalités d’action collective suivantes ont émergé :
Maintien de la mobilité (transfrontalière) +++
– la sensibilisation des éleveurs pastoraux eux-mêmes
– la diversification économique Filet de sécurité (risque et situation ++
d’urgence)
– l’intensification et la diversification des stratégies d’élevage
– l’autonomisation des communautés à travers la gestion collective des ressources naturelles Accès aux services ++
– le renforcement des droits favorables d’utilisation des terres et de l’eau, l’accès aux
ressources et à la planification régionale. Exemple : Ethiopie
Les pâturages collectifs sont d’importantes
Transposition à grande échelle sources d’aliments pour le bétail dans les pays en
La planification pour / avec les sociétés pastorales doit avoir une perspective à long développement. Sur les Hauts Plateaux du Tigré,
terme, et a besoin de reconnaître que les troupeaux récupéreront éventuellement au nord de l’Ethiopie, les communautés rurales
comme ceux-ci l’ont toujours fait par le passé, et que l’utilisation des zones « inacces- ont une longue tradition du développement de
sibles » sera toujours réservée aux éleveurs pastoraux. La nouvelle politique doit abor- l’usage et de l’application des réglementations
der les questions de la diversité sans porter atteinte aux facteurs communs qui unissent des pâturages. Les restrictions d’utilisation des
les éleveurs pastoraux partout en Afrique. Une des clés est de permettre aux éleveurs pâturages ont tendance à être maintenues une
d’adapter et d’améliorer eux-mêmes leur système de production (p. ex., en amélio- fois qu’elles sont établies. Les organisations vil-
rant la santé animale). Une attention particulière doit être portée à l’apprentissage des lageoises sont responsables de la gestion avec
méthodes de production pastorale et à l’intégration des nouvelles technologies dans une assistance technique du Bureau régional
ces systèmes. Un problème rarement traité, est le manque de sécurité (p. ex., le vol) de l’Agriculture (Gebremedhina et al., 2004).
qui agit comme un inhibiteur de l’investissement extérieur et qui amène les personnes
à investir énormément de leurs ressources à assurer leur propre sécurité. De plus, dans
de nombreux endroits où la contrebande et le commerce sont les principales sources
de revenus, la dépendance économique des éleveurs pastoraux vis-à-vis de leur bétail
est faible. Par conséquent, les éleveurs ne font pas les investissements nécessaires
pour leurs troupeaux puisque leur attention est dirigée ailleurs.

Mesures incitatives pour l’adoption


Pour les éléments clés du pastoralisme comme les droits fonciers collectifs, les dépla-
cements saisonniers, les taux flexibles d’approvisionnement, les éléments qui peuvent
être adoptés à nouveau sont :
– le soutien juridique pour les arrangements collectifs,
– la législation pour la transhumance,
– des services compétents adaptés aux besoins de la gestion collective et nomade
– les infrastructures / investissements et les technologies pour l’accès à l’eau
– les services d’assurance et de crédit
– les programmes de santé animale
– l’intégration des marchés pour survivre avec de petits troupeaux
– la promotion des téléphones portables pour partager l’information (prix des ani-
maux ; prévisions du climat) et pour les services bancaires
– la planification d’urgence pour l’atténuation des catastrophes et les secours d’urgence

Références et information de support :


Briske D. D., J. D. Derner, J. R. Brown, S. D. Fuhlendorf, W. R. Teague, K. M. Havstad, R. L. Gillen, A. J. Ash, and W. D. Willm. 2008. Rotational Grazing on Rangelands:
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Groupe GDT : Pastoralisme et gestion des parcours 167


Etude de cas
Pastoralisme et la gestion des parcours

R É S E R V E S F O U R R A G È R E S N G I T I L I S D E S A I S O N S È C H E - TA N Z A N I E
Les ngitilis sont des enclos traditionnels dont le but est la conservation in situ et Mesure GDT Gestion et végétale
la réhabilitation de la végétation, employés par les agropasteurs Wasukuma à
Groupe GDT Pastoralisme et la gestion des
Shinyanga, en Tanzanie. Shinyanga est une zone semi-aride caractérisée par la parcours
pénurie de fourrage associée à des problèmes de déboisement, de manque de
Type d’utilisation Pâturage extensif
bois de feu, d’insécurité alimentaire, de déclin de la fertilité et d’érosion sévère des des terres
sols et de droits non garantis d’utilisation des terres. Le ngitili est une réserve de
Dégradation Dégradation de la végétation Déclin
fourrage de saison sèche, une pratique locale qui a été relancée par un programme
concernée de la fertilité du sol ; Perte de sol
gouvernemental de 1986 à 2001. arable
Pour la régénération initiale de la végétation et la réhabilitation de terres complète-
Stade d’intervention Réhabilitation
ment dénudées, une mise en défens totale d’au moins 5 ans est nécessaire. Ensuite,
les zones de végétation sur pied sont mises en défens de façon saisonnière, du Tolérance au chan- Tolérance accrue aux extrêmes
gement climatique climatiques (p. ex. périodes sèches
début de la saison des pluies jusqu’au pic / à la fin de la saison sèche, avant d’être
prolongées et sécheresses)
ouvertes au pâturage. Deux strates de végétation distinctes sont identifiables, une
strate supérieure dominée par des arbres et des arbustes (Acacia tortilis, A. nilo-
Activités de mise en place
tica, A. polyacantha et A. seyal) et une strate inférieure constituée de graminées,
1. Démarcation et mise en défens des sites,
d’herbes et d’autres plantes herbacées. La structure et la composition des zones
habituellement sur des terres dégradées
ngitilis sont largement influencées par l’emplacement, l’âge, les pratiques de ges-
autour des fermes.
tion et l’intensité d’utilisation. Les réserves fourragères sont établies sur des terres
2. Mise en défens au moins 5 ans pour une
dégradées et autour de la propriété familiale. Les parcelles individuelles atteignent
régénération initiale de la végétation (si terres
habituellement 2 à 5 ha, tandis que les ngitilis communautaires couvrent de 10 à
dégradées).
200 ha. Généralement, les limites ne sont pas rigoureusement marquées et aucune
3. Mise en place de pépinières d’arbres pour
barrière physique n’est établie. Des gardes locaux et des règlements communau-
produire des semis d’espèces locales.
taires sont utilisés pour protéger et faire respecter le système.
4. Plantation d’enrichissement.
Les ngitilis atténuent les pénuries de fourrage en saison sèche et empêchent la
5. Coupe des grands arbres (empêche la crois-
dégradation des sols, en réduisant l’érosion des sols et le déboisement. Ces réserves
sance des graminées), tout en protégeant les
offrent une vaste gamme de produits, tels que bois d’œuvre, fourrage, bois de feu,
arbres fourragers.
plantes médicinales, fruits sauvages et miel. Elles contribuent à renforcer les moyens
de subsistance, fournissent un filet de sécurité indispensable pendant les saisons Entretien / activités récurrentes
sèches et les sécheresses et génèrent des revenus supplémentaires pouvant aller 1. Mise en défens de la zone ngitili au début de
jusqu’à 500-1000 US$ par an et par ménage. Les ngitilis ont réduit considérablement la saison des pluies. Aucune gestion durant
le travail des femmes, en diminuant de plus de 80% le temps consacré à la collecte cette saison.
de bois de feu et ont un impact très positif sur la biodiversité. 2. Ouverture de la zone en juillet ou août, après
épuisement des résidus de culture et de la
végétation des jachères.
3. Délimitation temporaire de parcs pour des
périodes spécifiques pour le pâturage tour-
nant dans les ngitilis (contrôlés par des aînés
expérimentés ; en fonction du niveau d’utilisa-
tion et de la disponibilité du fourrage)
4. Taille et éclaircie contrôlées (pour le bois de
chauffage et les piquets).

Exigence en main-d’œuvre
Pour l’entretien : faible
Pour la mise en place : faible à modérée (en fonc-
tion de l’étendue de la plantation d’enrichissement)

Exigence en connaissances
Pour les exploitants : faible
Pour les conseillers : faible

Photo 1 : Bovins pâturant dans une réserve fourragère de


saison sèche.
Photo 2 : La régénération d’arbres a de nombreux bénéfices
comme la production de bois, de fruits et de miel.
(Photos : Edmund Barrow)

168 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Région de Conditions écologiques
Shinyanga, Tanzanie · Climat : semi-aride, précipitations unimodales
· Pluviométrie moy. annuelle : 600-900 mm; saison des pluies : oct.-mai
· Paramètres du sol : drainage moyen à pauvre ; sols vertiques très étendus,
Mwanza représentant 47% de tous les types de sol dans la région
Moshi · Pente : plat (0-2%) – faible (2-5%)
Zone d’étude de cas · Relief : plaines et versants de collines
Kigoma Tanga Conditions socioéconomiques
Dodoma Zanzibar · Surface de terre par ménage : aucune donnée
· Type d’exploitant : aucune donnée
Morogoro Dar es Salaam · Densité de population : aucune donnée
· Propriété foncière : individuel (terres cultivées), individuel / communautaire 50%
Mbeya
/ 50% (pâturages)
· Droit foncier : individuel / communautaire
· Orientation de la production : aucune donnée

Bénéfices économiques et de production


+++ Augmentation des revenus (de la vente du bois d’œuvre / de feu ; pour l’achat
Intrants de mise en place et coûts par ha d’intrants agricoles et de main-d’œuvre)
Intrants Coûts (US$) +++ Augmentation de la production de bois (bois d’œuvre, de feu)
+++ Augmentation de la production fourragère (saison sèche!)
Main-d’œuvre aucune donnée
+++ Augmentation de la production animale
Equipement aucune donnée +++ Réduction de la charge de travail (collecte du bois de feu / fourrage par les femmes)
Intrants agricoles aucune donnée +++ Augmentation de la production de produits forestiers non-ligneux (fruits, miel,
médicaments, insectes comestibles)
TOTAL aucune donnée
Bénéfices écologiques
Intrants d’entretien et coûts par ha par an ++ Conservation de la biodiversité / restauration (152 espèces de plantes ; 145
Intrants Coûts (US$) espèces d’oiseaux ; aussi mammifères de retour)
+++ Régénère la végétation / améliore la couverture du sol
Main-d’œuvre aucune donnée
+++ Réduction de la perte de terres arables par érosion
Equipement aucune donnée ++ Augmentation de la fertilité du sol
Intrants agricoles aucune donnée ++ Augmentation de la disponibilité de l’eau
TOTAL aucune donnée Bénéfices socioculturels
+++ Sécurité alimentaire, diversification alimentaire, santé améliorée
Rapport bénéfice-coût ++ Amélioration du logement (toit de chaume)
Intrants à court terme à long terme ++ Amélioration de l’éducation (frais de scolarité payés grâce aux revenus
Mise en place légèrement positif très positif provenant des ngitilis)
+ Revenus des ngitilis communautaires utilisés pour le développement du village
Entretien légèrement positif très positif
(écoles, centres de santé)

Adoption Faiblesses ➜ et comment les surmonter


300 000 à 500 000 ha de forêt restaurés de 1986 à
· Dégâts sur le bétail et les cultures causés par l’expansion de la faune sauvage ➜
2001 (les ngitilis sont en majorité individuels, mais
compensés par les bénéfices du ngitili (plupart des régions).
pour leur superficie, c’est moitié-moitié), plus de
· Augmentation de l’inégalité locale : écart de bénéfices entre ménages riches et
800 villages ; 60-70% des ménages ont des ngitilis.
pauvres (sans ngitili) ; augmentation des ventes de ngitilis ➜ les institutions
locales doivent permettre aux gens de garder leurs terres et d’entretenir les ngitilis
; permettre aux ménages pauvres de bénéficier des ngitilis communautaires.
· Pénurie de terres, pression croissante (hausse de la démographie et des chep-
tels), conflits sur les droits des pâturages ➜ encourager les villages à établir des
règlements pour protéger les ngitilis.
· L’insécurité foncière empêche la mise en place des ngitilis (individuels et commu-
nautaires) ➜ augmenter la propriété des locaux et des groupes et contrôler leurs
ressources ; mentionner clairement dans la législation nationale la sécurité fon-
cière des ngitilis privés et communautaires.
· La productivité pourrait encore être améliorée ➜ introduire des graminées fourra-
gères améliorées, planter des arbres et / ou arbustes fourragers à croissance rapide.

Références clés : Kamwenda G.J. 2002. Ngitili agrosilvipastoral systems in the United Republic of Tanzania. Unasylva 211, Vol. 53, 2002. n World Resource Institute. 2010. Rege-
nerating Woodlands: Tanzania’s HASHI Project. [Link] n Equator initiative. 2010. Nomination Form Equator Initiative. [Link]
[Link]/knowledgebase/files/2002-0128_Nom_HASHI_Tanzania.pdf; n Blay D., E. Bonkoungou, S.A.O. Chamshama and [Link]. 2004. Rehabilitation of Degraded Lands in
Sub-Saharan Africa: Lessons Learned from Selected Case Studies. Forestry research network for Sub-Saharan Africa (fornessa) n WRI (2005): World Resources 2005: The Wealth
of the Poor—Managing Ecosystems to Fight Poverty. World Resources Institute (WRI) in collaboration with United Nations Development Programme, United Nations Environment
Programme, and World Bank.

Technologie GDT : Réserves fourragères ngitilis de saison sèche - Tanzanie 169


Etude de cas
Pastoralisme et la gestion des parcours

C O U L O I R S D E PA S S A G E - N I G E R
Les couloirs de passage sont des corridors officiellement définis qui canalisent les Mesure GDT Gestion et végétale
déplacements des troupeaux dans les zones agropastorales du Niger, en reliant les
Groupe GDT Pastoralisme et la gestion des
pâturages, les points d’eau et les zones de pacage, que ce soit dans les zones des parcours
villages (couloirs internes) ou sur des terres d’accès ouvert (couloirs externes). L’ob-
Type d’utilisation Terres cultivées ou agropastorales
jectif principal de ces couloirs est la prévention des conflits entre agriculteurs et éle- des terres (avant),
veurs en ce qui concerne l’utilisation des terres et des ressources en eau limitées. (sylvo-)pastorales (après)
Ces conflits sont souvent provoqués par les bovins entrant dans les zones cultivées.
Dégradation Erosion hydrique et éolienne du sol
La mise en place de couloirs délimités permet au bétail d’accéder aux points d’eau concernée et dégradation biologique ; le prin-
et aux pâturages sans causer de dommages aux terres cultivées. Ces corridors cipal problème abordé est le conflit
sont réglementés par le code rural, une loi nationale définissant les droits d’utilisa- entre éleveurs et agriculteurs autour
tion des terres des éleveurs pastoraux. La délimitation des couloirs de passage est des ressources naturelles.
fondée sur une décision consensuelle de tous les groupes d’intérêt concernés. Les Stade d’intervention Prévention
couloirs internes sont négociés en assemblée générale sur site impliquant tous les Tolérance au chan- La technologie est sensible aux
acteurs (agriculteurs, éleveurs, groupements de femmes, autorités locales). Pour la gement climatique extrêmes climatiques (tels que
délimitation des couloirs externes, la participation des éleveurs transhumants et des sécheresses et inondations)
villages voisins est indispensable.
Une fois qu’un accord sur le tracé du couloir est trouvé, la délimitation avec des Activités de mise en place
pierres et / ou par la plantation d’arbres sélectionnés est réalisée par les exploitants 1. Identification d’un couloir existant ou défini-
agricoles locaux, avec l’aide financière et technique du gouvernement ou d’ONG. tion d’un nouveau corridor lors d’une assem-
Les espèces communes utilisées sont : Euphorbia balsamifera, Acacia spp. (A. blée générale (photo 1).
nilotica, A. sénégal), et Faidherbia albida. Des comités de gestion au niveau com- 2. Alignement des limites d’un corridor, par ex.
munautaire élaborent les règlements pour la gestion des couloirs de passage (entre- avec des lignes de pierres. Les couloirs
tien et protection de la végétation). La protection des plants est assurée par des internes font 10 à 50 m de large, tandis que
branches mortes (au stade initial), le contrôle quotidien par des gardes forestiers et les couloirs externes dépassent 50 m de
des campagnes d’information. La technologie est une solution durable aux conflits large.
décrits précédemment. Les arbres pour la délimitation fournissent des sous-pro- 3. Creuser des trous de 40 cm de profondeur ;
duits ligneux et non ligneux de grande valeur. planter les arbres le long des limites (avec un
espacement de 1-3 m, en fonction des
espèces sélectionnées et de l’objectif secon-
daire) (photo 2).

Entretien / activités récurrentes


1. Protection des arbres (avec des branches
mortes, des gardiens, des campagnes
d’information).
2. Replantation de plants d’arbres pour combler
les trous (tous les ans, au début de la saison
des pluies).

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : faible
Pour l’entretien : faible

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : élevée (facilitateurs du
code rural)
Pour les exploitants : faible (éleveurs pastoraux
et agriculteurs)

Photo 1 : Délimitation d’un couloir de passage grâce à deux


lignes de plants d’Euphorbia (LUCOP / Abdoulaye Soumaila)
Photo 2 : Troupeau de petits ruminants passant dans un
couloir bien mis en place (Fodé Boubacar Camara, PAFN)

170 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Nord de Tillabéry, Conditions écologiques
Niger · Climat : semi-aride
· Pluviométrie moyenne annuelle : 250-500 mm
· Paramètres du sol : sols sableux ; fertilité moyenne ; taux de MOS faible ; bon
drainage (faible en cas de sol encroûté)
· Pente : surtout plat (0-2%)
· Relief : surtout plaines / plateaux, fonds de vallées
· Altitude : 0-100 m
Conditions socioéconomiques
Agadez
· Surface de terre par ménage : 1-2 ha
· Type d’exploitant : surtout pauvres ; groupes / communauté d’exploitants
Zone d’étude de cas · Densité de population : 10-50 habitants/km2
Maradi Zinder · Propriété foncière : surtout individuel, titre de propriété
Niamey · Droit foncier : individuel, communautaire (organisé)
· Niveau de mécanisation : traction animale
· Orientation de la production : surtout de subsistance (autosuffisance), en partie
mixte (de subsistance et commercial)

Intrants de mise en place et coûts par km Bénéfices économiques et de production


Intrants Coûts (US$) +++ Augmentation du rendement agricole
+++ Augmentation du revenu agricole
Main-d’œuvre : 25 personnes-jours 38
+++ Augmentation de la production animale
Intrants agricoles : 670 plants d’arbres 1’374 +++ Augmentation de la qualité et de la production fourragère
TOTAL 1’412 Bénéfices écologiques
% de coûts supportés par les exploitants 5% ++ Augmentation de la couverture du sol
++ Réduction de la vitesse du vent
Intrants d’entretien et coûts par km par an ++ Augmentation de la fertilité du sol
++ Augmentation de la biomasse / carbone au dessus du sol
Intrants Coûts (US$)
++ Réduction de la perte de sol
Main-d’œuvre : 4 personnes-jours 6 ++ Réduction des risques de feu
Intrants agricoles : 67 plants d’arbres 137 ++ Augmentation de la diversité animale
TOTAL 143 Bénéfices socioculturels
% de coûts supportés par les exploitants 100% +++ Atténuation des conflits
+++ Renforcement des institutions communautaires à travers l’aide mutuelle dans
Remarque : Les coûts de la réunion de planifica-
la mise en œuvre de la technologie
tion (assemblée générale) et des pierres de délimi-
+++ Renforcement des institutions nationales (secrétariat code rural)
tation n’ont pas été pris en compte. Le salaire
+++ Amélioration des possibilités culturelles
journalier d’un travailleur agricole est de 1,5 US$.
Les coûts des plants ont été calculés pour un cou- Bénéfices hors site
loir de 1 km de long, avec des plants espacés de +++ Réduction des dégâts sur les infrastructures publiques / privées
3 m (une ligne d’arbres de chaque côté). La pro- +++ Réduction des dégâts sur les champs voisins
duction des plants est financée par les projets, +++ Réduction des sédiments transportés par le vent
seuls les coûts du transport sont pris en charge
par les exploitants. Faiblesses ➜ et comment les surmonter
· Contraintes de mise en œuvre : la production des plants est très coûteuse et par-
venir à un consensus sur la transformation de terres agricoles privées en couloirs
Rapport bénéfice-coût
communautaires est très difficile ➜ définir les couloirs en tant qu’infrastructures
Intrants à court terme A long terme publiques et renforcer les capacités organisationnelles de la population locale
Mise en place positif très positif grâce à des sessions de formation et d’information.
Entretien positif très positif · Contraintes d’entretien : comme les organisations communautaires sont faibles,
l’entretien ne peut être réalisé que par les propriétaires des terrains adjacents
Remarque : La paix entre les communautés est le ➜ renforcer les capacités institutionnelles des éleveurs et des agriculteurs pour
principal résultat à court et long terme. Les béné- gérer les couloirs.
fices écologiques et économiques sont liés à la · Dans la zone pastorale, les couloirs conduisent à des conflits entre les éleveurs pas-
plantation d’arbres et à l’amélioration de la gestion toraux et les ranchs privés ➜ mettre en place des commissions foncières commu-
des ressources naturelles. nautaires et introduire de nouvelles lois sur la propriété foncière en zone pastorale.

Adoption
Adoption spontanée en forte augmentation (pour la prévention des conflits et la
dégradation des terres).

Contributeur principal : Abdoulaye Sambo Soumaila, Groupe de Recherche d’Etude et d’Action pour le Développement (GREAD), Niamey, Niger ; leffnig@[Link]
Références clés : Projet LUCOP/Tillabéry. 2004. Referential des measures techniques de recuperation, de protection et d’exploitation durable des terres, 2nd edition, 2004, 51 pp
n Soumaila A.S. 2003. Base de données du code rural (online): [Link]/den/Documents/code_rural/[Link] n Hiernaux P., E. Tielkes, E. Schlecht. [Link] et
gestion des parcours au Sahel, Workshop proceedings organised by Eric Tielkes et Abdoulaye Soumaila, Verlag Ulrich E. Grauer, Beuren, Stuttgart, Germany, 2001

Technologie GDT : Couloirs de passage - Niger 171


Etude de cas
Pastoralisme et la gestion des parcours
A M É L I O R AT I O N D E L A D I S T R I B U T I O N
D E S P U I T S P O U R U N PA S T O R A L I S M E D U R A B L E - N I G E R
Le pastoralisme, tel qu’il est pratiqué dans la zone d’étude, est un mode tradition- Mesure GDT Gestion et végétale
nel d’élevage extensif, fondé sur le déplacement des troupeaux entre les riches
Groupe GDT Pastoralisme et la gestion des par-
pâturages des zones pastorales du nord (saison des pluies) et ceux des régions cours
du sud (saison sèche) selon les disponibilités saisonnières de l’eau et des pâtu-
Type d’utilisation Pâturage extensif ; Mixte
rages / fourrages (incluant la végétation résiduelle des terres cultivées). Les deux des terres (agro-sylvo-pastoral)
formes de pastoralisme - le nomadisme et la transhumance - sont confrontées aux
Dégradation Erosion hydrique et éolienne du sol ;
problèmes croissants de la disponibilité de l’eau et de fourrage, pour diverses rai-
concernée Dégradation biologique (surpâtu-
sons : le changement des conditions climatiques, l’expansion des terres cultivées, rage)
le surchargement et le surpâturage, entre autres. Compte tenu de ces problèmes,
Stade d’intervention Atténuation et réhabilitation
le gouvernement du Niger a défini au niveau législatif une zone pastorale, où la pro-
duction agricole est limitée à la subsistance. Tolérance au chan- Sensible aux sécheresses et à la
gement climatique baisse des précipitations.
Dans cette région, des « zones de modernisation pastorale » ont été mises en
œuvre, basées sur un nouveau concept de semi-pastoralisme afin d’assurer la
durabilité du système d’utilisation des terres pastorales. Plusieurs pratiques sont
Activités de mise en place
Préparation:
promues sur le terrain : une meilleure distribution des points d’eau, la mise en place
1. Campagne d’information et de sensibilisation
de structures de collecte d’eau, l’amélioration des couloirs pour les troupeaux,
dans le village. Planification participative (1-2
l’amélioration de la production fourragère, etc.
jours).
Un réseau / une distribution optimale et efficace des points d’eau est l’élément clé
2. Identifier les sites par la population, avec les
d’un pastoralisme moderne durable : il assure une répartition équilibrée des trou-
techniciens de terrain.
peaux et évite ainsi la surexploitation de la végétation autour d’un nombre limité de
3. Formation et entraînement des membres du
puits. Depuis 1998, le nombre de puits traditionnels dans les 3000 km2 de la zone
Comité de Gestion des puits : lois, responsa-
pastorale d’Akoubounou a augmenté de 7 à 58 : la construction est réalisée par
bilités, conduite, évaluation, organisation, etc.
la communauté locale, par des creuseurs de puits formés. Un soutien est apporté
(3-4 jours).
par les différents acteurs du développement (gouvernement et ONG). Les Comités
4. Former des creuseurs traditionnels (par
de Gestion au niveau communautaire sont responsables de la bonne gestion des
experts externes 1998-2000, puis formation
puits. Un fonds pour l’entretien est mis en place et complété par les contributions
de paysan-à-paysan).
des utilisateurs des puits.
À la suite de l’amélioration de la distribution des puits, les zones pastorales ont été Mise en place des puits:
utilisées de manière plus équilibrée, et les problèmes de surpâturage ont été réduits 5. Creuser un puits : 0,8 à 1,5 m de diamètre, 20-60
de 30-40% par rapport à la situation de 1990. m de profondeur (avec pioche, pelle, seau).
6. Installer un dispositif de mesure (en cuir de
vache ou pneu ; fils et piquets).
7. Facultatif : tapisser le conduit du puits avec
des pierres / ciment (p. ex. si le sol n’est pas
assez compact).
8. Construire un mur de protection en pierres et
ciment autour du puits (0,2-0,3 m de large et
0,5-1 m de haut).

Entretien / activités récurrentes


1. Désensabler les puits (début de la saison des
pluies ; mai – juin).
2. Renforcer les murs avec du ciment (fin de sai-
son des pluies, oct.-nov.).
3. Approfondir le puits en cas de baisse du
niveau des eaux souterraines (saison sèche).
4. Surveillance constante des puits par le
Comité de Gestion

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : modérée
Pour l’entretien : modérée

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : modérée
Pour les exploitants : modérée

Photo 1 : Un puits traditionnel, construit pour assurer un


pâturage plus équilibré dans toute la zone pastorale d’Akou-
bounou.
Photo 2 : Famille Touareg avec un troupeau de bovins dans la
zone pastorale au cours de la saison des pluies.
Photo 3 : Petits ruminants autour d’un puits traditionnel
pendant la saison sèche. (Photos : Abdoulmohamine Khamed
Attayoub / ADN)

172 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Akouboubou, Conditions écologiques
Abalak, région de Tahoua, Niger · Climat : semi-aride
· Pluviométrie moy. annuelle : 300 mm ; saison des pluies mai-oct.
· Paramètres du sol : bon drainage, en cas de sol encroûté faible drainage, surtout
faible taux de MOS, élevé dans la zone marécageuse
· Pente : surtout plat (0-2%)
· Relief : surtout plaines / plateaux, fonds de vallée
· Altitude : 0-100 m
Conditions socioéconomiques
Agadez
· Surface de terre par ménage : < 1 ha
· Type d’exploitant : communauté, surtout niveau moyen de richesse
Zone d’étude de cas
· Densité de population : 9 habitants/km2
Maradi Zinder · Propriété foncière : surtout individuel, titre de propriété
Niamey · Droit foncier : individuel, communautaire (organisé)
· Orientation de la production : surtout mixte (de subsistance et commercial)

Bénéfices économiques et de production


+++ Augmentation de la production animale
Intrants de mise en place et coût par puits +++ Augmentation de la qualité et de production fourragère
Intrants Coûts (US$) Bénéfices écologiques
Préparation (campagne d’information, 800 +++ Augmentation de la couverture du sol
planification, mise en place du comité, +++ Augmentation de la fertilité du sol
etc.) +++ Augmentation de la biomasse / carbone au dessus du sol
Construction du puits (main-d’œuvre, 1’200 +++ Réduction de la perte de sol
équipement et matériel) +++ Augmentation de la diversité animale
TOTAL 2’000 Bénéfices socioculturels
% de coûts supportés par les exploitants 9% +++ Réduction des dégâts sur les infrastructures publiques / privées
+++ Réduction des dégâts sur les champs voisins
Intrants d’entretien et coûts par puits par an +++ Réduction des sédiments transportés par le vent

Intrants Coûts (US$)


Faiblesses ➜ et comment les surmonter
Main-d’œuvre, équipement et matériel 280 · Coût élevé de la mise en œuvre et de l’entretien ➜ participation active des éle-
TOTAL 280 veurs aux activités de mise en place et d’entretien ; investissements publics ;
% de coûts supportés par les exploitants 100%
système de financement national.
· Extinction de la culture et des pratiques traditionnelles pastorales ➜ intégrer les
Remarque : Un fonds de gestion est mis en place éleveurs dans le processus de transformation structurelle ; promouvoir le renfor-
et géré par chaque comité de gestion des puits. cement des capacités des éleveurs.
Les utilisateurs des puits y contribuent chaque
année, ou chaque fois que des travaux d’entretien Adoption
sont nécessaires. Les montants de la contribution La technologie est bien adoptée dans la zone d’étude de cas. 50 puits ont été
ne sont pas fixes, mais sont attribués individuelle- construits en 12 ans dans une zone pastorale de 3000 km2. La mise en œuvre est
ment et généralement proportionnels à la taille du fondée sur des incitations (frais de mise en place payés principalement par les pro-
troupeau. Le comité peut infliger des amendes aux jets). Cependant, il existe une tendance modérée vers l’adoption spontanée (par de
exploitants agricoles qui endommagent les puits. nouveaux acteurs).

Rapport bénéfice-coût
Intrants à court terme à long terme
Mise en place positif très positif
Entretien positif très positif

Contributeur principal : Abdoulaye Sambo Soumaila, Groupe de Recherche d’Etude et d’Action pour le Développement (GREAD), Niamey, Niger; leffnig@[Link]
Références clés : Soumaila A.S. 2003. Base de données du code rural (online): [Link]/den/Documents/code_rural/[Link] n Hiernaux P., E. Tielkes, E. Schlecht.
2001. Elevage et gestion des parcours au Sahel, Proceedings de l’atelier organisé par Eric Tielkes et Abdoulaye Sambo Soumaila, Verlag Ulrich E. Grauer, Beuren, Stuttgart, Alle-
magne, 2001 n Project documents and annual monitoring reports of develpment projects by ADN Nourriterre and HEKS EPER Suisse (2003-2009) n Jochen Suchantke, Abdoulaye
Sambo Soumaila (2001): Etude cadre pour le programme NIGETIP IV, KfW, Niamey, Niger, 2001

Technologie GDT : Amélioration de la distribution des puits pour un pastoralisme durable - Niger 173
Etude de cas
Pastoralisme et la gestion des parcours

PÂTURAGE TOURNANT – AFRIQUE DU SUD


Le pâturage tournant est un système de gestion fondé sur la subdivision de pâtu- Mesure GDT Gestion et végétale
rages en plusieurs enclos et sur le pâturage successif de ces paddocks ou parcs
Groupe GDT Pastoralisme et la gestion des
par les animaux selon une rotation de manière à ce qu’aucun veld (zone de pâtu- parcours
rage) ne soit pâturé simultanément. Par conséquent, le pâturage tournant permet
Type d’utilisation Pâturages
des taux de charge animale plus élevés que le pâturage continu. Les grands prin- des terres
cipes du pâturage tournant sont les suivants : (1) Contrôler la fréquence à laquelle
Dégradation Surtout dégradation biologique :
le pâturage est utilisé : l’ajustement du cycle de rotation assure une bonne qualité
concernée Réduction de la couverture végétale,
fourragère dans chaque parc. Les plantes pâturées (incluant les espèces préférées baisse de la diversité végétale
et donc surexploitées) sont mises à disposition avec une période de récupération
Stade d’intervention Prévention (en partie atténuation et
ou de repos à la suite du pâturage ; (2) Contrôler l’intensité à laquelle les plantes des réhabilitation)
pâturages sont consommées en contrôlant le nombre d’animaux qui pâturent dans
Tolérance au chan- La technologie est tolérante aux
chaque parc et leur durée d’occupation, (3) Réduire l’étendue du pâturage sélectif
gement climatique changements climatiques : les
en confinant un nombre relativement important d’animaux sur une petite partie du ex-ploitants peuvent ajuster les
veld, ce qui leur laisse peu de possibilité de sélection et évite la domination d’es- périodes de pâturages et de repos
pèces indésirables. en fonction des changements de
L’intensité de pâturage doit être adaptée aux conditions climatiques : en période conditions
sèche, les périodes de récupération doivent être plus longues en raison du poten-
Activités de mise en place
tiel limité de récupération des plantes et de leur forte sensibilité au mauvais usage
1. Planification de l’exploitation : comprenant
et à la dégradation. Le rapport entre les périodes d’occupation et les périodes
la conception technique du plan de la ferme
d’absence détermine le rendement et la vigueur des plantes : plus la période d’oc-
avec les parcs de pâturage, les systèmes de
cupation du parc sera courte, plus le rendement du veld sera élevé : une seconde
rotation et d’abreuvement du bétail conduits
consommation des «repousses» est évitée et la période de récupération est par
surtout par les vulgarisateurs ou les spécia-
conséquent au moins égale à la période d’absence. Toutefois, plus la période d’oc-
listes du Ministère de l’Agriculture.
cupation est courte et plus la période d’absence est longue, plus le nombre de par-
2. Clôtures.
celles nécessaires dans un système de pâturage tournant est grand.
3. Mise en place du système d’abreuvement du
Les périodes de repos idéales varient avec le taux de croissance, et avec le rythme
bétail, incluant la construction d’une retenue,
auquel le veld perd de sa qualité à maturité. Selon la saison, le climat et l’utilisation
d’une éolienne, d’un abreuvoir, d’une canali-
de l’irrigation, les périodes de repos varient entre 14 et 70 jours, et sont encore plus
sation et d’un forage.
longues dans les prairies semi-arides (90-150 jours). Les chargements appropriés
sont évalués par 4 facteurs (définissant l’état du veld) : la composition des espèces, Entretien / activités récurrentes
la couverture basale, la topographie et l’érodibilité des sols. 1. Clôtures
2. Entretien de l’éolienne, de la canalisation, de
la retenue et de l’abreuvoir.
3. Mise en œuvre du système (déplacer le bétail
d’un parc à l’autre, s’occuper des besoins
d’abreuvement du bétail en ouvrant et fer-
mant les vannes et en gérant le freinage de
l’éolienne les jours de vent).

Exigence en main-d’œuvre
Pour la mise en place : modérée
Pour l’entretien : faible

Exigence en connaissances
Pour les conseillers : élevée (aménagement des
zones de couchage et conception des systèmes
d’abreuvement du bétail et de pâturage)
Pour les exploitants : modérée (mise en œuvre
du système, construction des clôtures et du
système d’abreuvoirs, entretien)

Photo 1 : Bovins s’abreuvant près d’une éolienne qui pompe


l’eau à partir d’un forage dans une retenue ou un réservoir.
Ici, les abreuvoirs sont fournis. Ces bovins doivent être répar-
tis dans le parc pour éviter le surpâturage.
Photo 2 : Porte typique en acier employée dans le système
du pâturage tournant permettant d’entrer et sortir des pad-
docks.
Photo 3 : Un exemple de parc au repos (à gauche) et une
zone de couchage légèrement pâturée (à droite) avec des
barbelés divisant les paddocks. (Photos : Lehman Lindeque)

174 La pratique de la gestion durable des terres


Zone d’étude de cas : Zone de Crecy, Conditions écologiques
Région de Springbokvlakte, Province de · Climat : surtout semi-aride, en partie subhumide
Limpopo, Afrique du Sud · Pluviométrie moyenne annuelle : 500-1500 mm
· Paramètres du sol : sol peu profond ; taux moyen de MOS ; drainage / infiltration
bon à modéré ; les sols de fertilité élevée sont utilisés en agriculture.
· Pente : 0-8 %
Zone d’étude de cas
· Relief : plateau / plaines et fonds de vallées
Pretoria
· Altitude : 500-1000 m
Johannesburg
Conditions socioéconomiques
Kimberley · Surface de terre par ménage : 100-500 ha
· Type d’exploitant : surtout élevage commercial de grande échelle (grandes sur-
Bloemfontein
Durban faces permettant de nombreux parcs de pâturage)
· Densité de population : < 10-200 habitants/km2
· Propriété foncière : surtout individuel sans titre de propriété ou en partie en pro-
Cape Town East London priété communautaire villageoise
Port Elizabeth · Droit foncier : surtout individuel, en partie communautaire organisé.
· Niveau de mécanisation : mécanisé

Intrants de mise en place et coûts pour 500 ha Bénéfices économiques et de production


Intrants Coûts (US$) +++ Augmentation de la production fourragère (en matière sèche disponibles)
+++ Augmentation de la disponibilité / qualité de l’eau pour le bétail (grâce à des
Main-d’œuvre : 85 personnes-jours 6’080
systèmes améliorés d’abreuvement du bétail)
Equipement / outils 1’160 ++ Augmentation de la production animale (grâce à l’augmentation de la quantité
Intrants agricoles – et qualité du fourrage)
++ Réduction des risques de perte de production
Matériel de construction 45’173
++ Augmentation du revenu agricole
TOTAL 52’413
++ Augmentation de la surface de production (grâce à une meilleure disponibilité
% de coûts supportés par les exploitants 100% de l’eau potable)
Bénéfices écologiques
Intrants d’entretien et coûts pour 500 ha par an ++ Augmentation de l’humidité du sol et réduction du ruissellement de surface
Intrants Coûts (US$) ++ Réduction de l’évaporation (meilleure couverture végétale)
Main-d’œuvre : 85 personnes-jours 3’173 ++ Réduction des risques vis-à-vis des événements défavorables
(inondations, sécheresses, etc.)
Equipement / outils –
++ Amélioration de la couverture du sol
Intrants agricoles – ++ Augmentation de la biomasse / carbone au-dessus du sol
Matériel de construction 10’213 ++ Augmentation de la diversité de plantes et augmentation / maintien de la diver-
TOTAL 13’386 sité de l’habitat

% de coûts supportés par les exploitants 100% Bénéfices socioculturels


+++ Amélioration de la sécurité alimentaire / autosuffisance
Remarque : Temps estimé pour la mise en place
d’une ferme de 500 ha avec 8 parcs : plus ou Faiblesses ➜ et comment les surmonter
moins 6 mois. Les coûts de mise en place et d’en- · Coût de construction ou de mise en œuvre initiale ➜ convaincre les exploitants de
tretien dépendent de la taille de l’exploitation et des le voir comme un investissement à long terme permettant une production durable.
détails du plan de ferme, de la conception du sys- · Les feux de veld endommagent les clôtures et les abreuvoirs ➜ prévenir ces feux
tème d’enclos, incluant des variables telles que le accidentels en instaurant des coupe-feu au début de la saison sèche.
nombre de parcs, le nombre de points d’abreuve-
ment, le nombre de forages, etc. Les coûts men- Adoption
tionnés ci-dessus sont donnés à titre indicatif pour Depuis 1994, le pâturage tournant n’est plus subventionné par le gouvernement
une ferme d’élevage typique de 500 ha. (les subventions sont limitées aux petites exploitations communautaires et de sub-
sistance). Il existe une tendance positive modérée à l’adoption de la technologie.
Rapport bénéfice-coût Les paysans réalisent l’importance de la gestion de la végétation dans l’élevage
Intrants à court terme à long terme durable compte tenu de la pression croissante sur les pâturages et des risques de
sécheresse et de changement climatique.
Mise en place très négatif positif
Entretien légèrement négatif positif

Remarque : Les coûts de mise en place sont très


élevés et découragent de nombreux exploitants
d’utiliser le système de pâturage multi-enclos.

Contributeur principal : Lehman Lindeque, Department of Agriculture, Forestry and Fisheries, South Africa; LindequeL@[Link]
Références clés : Tainton N.M. 1988. Veld and Pasture Management in South Africa. Shuter & Shooter, Pietermaritzburg in association with University of Natal Press, Pietermaritz-
burg. n Department of Agriculture and Water Supply. 1989. Veld management in the Eastern Cape. Government Printer, Pretoria

Technologie GDT : Pâturage tournant – Afrique du Sud 175

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