Le dernier jour d'un condamné : Chapitre 23:.
Identification du texte:
Source: Le dernier jour d'un condamné (1829).
Auteur: Victor Hugo (1802-1885).
Genre: Roman à thèse.
Type: Narratif descriptif.
Situation du passage
Ce passage est le chapitre 23 de l'oeuvre, il se situe après le transfert du condamné de Bicêtre
à la conciergerie. Dans ce passage, le condamné se trouve dans une cellule avec un friauche
qui se met à lui raconter son histoire.
Où se situe ce texte par rapport à l'oeuvre? Contexte
Ce passage est le chapitre 23 du roman à thèse le dernier jour d'un condamné de l'écrivain
français Victor Hugo.
Qu'est ce qui s'est passé au chapitre précédent?
Rappel Le condamné a été transféré de Bicêtre à la conciergerie en compagnie de cinq
gendarmes, de l’huissier, et du prêtre.
Qu'est ce qui arrive au condamné dans ce chapitre?
Contenu : Dans ce passage, le condamné se trouve dans une cellule avec un friauche qui se
met à lui raconter son histoire.
Situation de l'énonciation:
Qui parle? Le friauche.
A qui? Au condamné.
De quoi? De son histoire.
Où? A la conciergerie.
Quand? Le jour de l'exécution du condamné.
Pourquoi? pour justifier sa criminalité et culpabiliser la société et le système judiciaire.
Qui parle? Le condamné.
A qui? A lui-même.
De quoi? De sa rencontre avec le friauche.
Où? A la conciergerie.
Quand? Le jour de son exécution.
Pourquoi? Pour plaider contre la peine de mort.
Comment appelle-t-on une histoire à l’intérieur d’une autre histoire ? À quoi sert-elle ?
La mise en abyme, Le récit enchâssé: le narrateur cède la parole à un personnage pour qu’il
raconte l’histoire à sa place.
La mise en abyme rend le récit plus vif et suscite la pitié du lecteur.
Une description péjorative, pourtant réaliste.
Axes de lecture:
Le Friauche: profil d'un criminel.
La critique de la société et du système judiciaire.
1-Une description péjorative, pourtant réaliste.
Quelle est l'impression qui se dégage de la description de la conciergerie? Justifiez:
Une impression de honte, comme si on se cache pour pratiquer ce genre de sanction. : porte
basse, escalier secret, corridors étouffés et sombres.
Comment est décrit le friauche au début du texte ?
Le friauche est décrit de manière détaillée et minutieuse : le narrateur emploie des adjectifs
bien précis : vouté, ridé etc.
Quelle est l'impression qui se dégage de son portrait?
Une impression péjorative se dégage du portrait du friauche : homme vieux, sale, repoussant
n’inspirant aucune confiance, regard louche mais renfermant une grande souffrance (sourire
amer et éclats de rire incompréhensibles et déplacés).
Bilan de l'axe 1:
Le narateur dans ce passage recourt à la description dévalorisante mais détaillée, donnant
ainsi une forte impression réaliste au texte. Aussi le portait du Friauche s’oppose de façon
flagrante à celui du condamné, qui non seulement repousse l’amitié du friauche mais aussi
ressent de l’horreur et du dégout.
2-Le Friauche: profil d'un criminel.
Quel est le registre de langue employé dans les propos du friauche ? Pourquoi?
Le registre familier. Il représente le statut social et culturel du friauche qui n’a jamais accéder
à l’école.
Quelle est la figure de style employée dans la phrase: "rire amer" ? quel est son effet?
Il s’agit d’un oxymore ; met en relief la contradiction des sentiments du personnage,
indifférence et souffrances.
Quelle est la figure de style employée dans la phrase: "j’avais de beaux sentiments sous mes
guenille"? qu'est ce qu'elle cherche à montrer?
C’est une antithèse : Elle met en scène la contradiction entre les sentiments du friauche et sa
réalité.
Est-ce que le Friauche éprouve du regret ou du remord à l'égard de ses crimes? pourquoi?
Il n’éprouve ni regrets ni remords à l’égard de ses crimes : « Avoir volé un mouchoir ou tué
un homme, c’était tout un pour moi désormais ». Il voit que sa criminalité est justifiée, et qu'il
est la victime de la société.
2-Le Friauche: profil d'un criminel. (Suite)
Quelles sont les justifications que trouve le Friauche à sa criminalité?
Fils de criminel condamné à mort : « Je suis fils d’un bon peigre… sa cravate ».
Orphelin dès son plus jeune âge : « A six ans je n’avais plus ni père ni mère ».
Bagnard dès l’âge de dix-sept ans : « On m’a envoyé ramer dans la petite marine».
Libéré à l’âge de trente-deux ans, son passeport le met dans l’impossibilité de devenir
honnête homme « que les diables soient avec le passeport …point ».
Marginalisé ( rejeté par la société) : « Je faisais peur, et les petits enfants se sauvaient,
et l’on fermait les portes ».
Misérable : « sale, en guenilles, demi nu, repoussant à voir ».
Bilan de l'axe 2:
Le Friauche est présenté comme étant le marginal absolu, le symbole de la misère , du
désarroi et de la vulgarité. L’extrait le présente sous le profil d’un criminel comblé de misère.
Le registre pathétique fort présent dans le texte pousse le lecteur à adopter l’idée de l’abolition
de la peine de mort, et culpabilise la société et le système judiciaire.
3-La critique de la société et du système judiciaire.
Quel est l'autre registre littéraire dominant dans le texte ?
Le registre satirique: l’auteur dénonce et condamne l’injustice de la société tout en la
ridiculisant: «J’empoignai un pain,et le boulanger m’empoigna ; je ne mangeais pas le pain, et
j’eus les galères à perpétuité», remarquons le décalage entre le crime ( le vol d’un pain) et le
châtiment ( les galères à perpétuité).
Quelle est la figure de style employée dans la phrase « je me suis mis à tuer pour vivre »?
Il s’agit d’une antithèse : tant que la société ne l’a pas aidé il devait être criminel pour vivre.
Le narrateur accuse la société.
Quelle figure de style employée dans la phrase « Quelle belle recommandation! un galérien»?
Il s’agit de l’antiphrase, il critique le système judiciaire qui refuse l’intégration des anciens
prisonniers.
Bilan de l'axe 3:
L’histoire du friauche est un argument pour dénoncer le système judiciaire français, ainsi que
de culpabiliser la société qui au lieu d’aider les anciens criminels à la réintégration dans la
société, ne font qu’aggraver la situation et contribuent à la propagation des crimes.
Synthèse:
Victor Hugo nous confronte à un personnage misérable ayant souffert l’injustice du système
judiciaire et de la société. Le récit du friauche est un argument pour défendre la thèse de
l’abolition de la peine de mort.