LES DEVELOPPEMENTS PSYCHOMOTEUR INTELLECTUEL ET SOCIO-AFFECTIF DE
L’ENFANT
INTRODUCTION
Le développement de l’enfant est global et repose sur trois composantes :
-le développement psychomoteur ;
-le développement intellectuel ;
Le développement socio-affectif
LE DEVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR
La psychomotricité est « l’intégration des fonctions motrices et psychiques
résultant de la maturation du système nerveux »en relation avec les conditions
de l’environnement et de l’affectivité.
Deux types de facteurs interviennent :
-Les facteurs biologiques : par exemple on peut indiquer les hormones,
substances produites par l’organisme et qui participent de manière décisive au
développement psychomoteur. C’est le cas de la thyroxine qui agit sur le
développement cérébral dont l’influence se traduit par une coordination des
mouvements volontaires. La thyroxine influence également le rythme de la
croissance.
-les facteurs environnementaux : ce sont les facteurs relatifs à l’expérience de
chaque enfant :
.les apprentissages effectués dans le milieu (famille, classe, école…) ;
.influences culturelles ;
.les conditions économiques et sociales ;
.les renforcements reçus (réactions de l’adulte par rapport à certaines conduites
positives ou négatives)
.ia façon dont les rôles de parents, d’educateurs,de tuteurs sont exercés.
De toute façon, la meilleure manière de comprendre le développement de
l’enfant, c’est d’articuler les facteurs biologiques et ceux environnementaux.
LE DEVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR SELON L’AXE CEPHALO-CAUDAL (de la tète
aux pieds)
AGES POSSIBILITES PSYCHOMOTRICES
10-11 -Les premiers pas sont effectués mais l’enfant marche avec
mois beaucoup d’imprécisions et d’irrégularité ;
-Marches de coté, en arrière.
18-20 -Possibilité de grimper ;
mois -Acquisition de la course ;
-Accès plus facile aux objets et à d’autres personnes grâce au
déplacement (marche, course).
2-4ans -Marche et course parfaitement établies ;
-Marche sur la point des pieds ;
-Dominance latérale (plus adroit et fort d’un coté ;gauche ou droit) ;
-Saut à cloche-pied ;
-Saut pieds joints d’une corde posée à terre.
5-6 à 7-8 L’état de maturation osseuse permet :
ans De lancer des objets assez lourds, de sauter ;
De sauter pieds joints une corde à 20cm du sol.
Maitrise volontaire du mouvement ;
Meilleure coordination motrice.
LE DEVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR SELON L’AXE PROXIMO-DISTAL (de
l’épaule aux extrémités des doigts)
AGES POSSIBILITES PSYCHOMOTRICES
De la -Mains généralement fermées, inexistence de mouvements
naissance volontaires ;
aux -Agissements des mains lorsqu’elles sont stimulées (réflexe de
premiers préhension : l’enfant empaume fortement tout objet en contact
mois de la avec ma main).
vie
4-5 mois Apparition de la coordination vision-préhension :la main va à l’objet
regardé ;
-l’objet est saisi entre les 4 doigts et la paume, les 2 mains agissent
en même temps.
Vers 6 -L’enfant saisit les objets en utilisant le pouce ; son opposition avec
mois l’index (pince supérieure) permettra une saisie assez correcte des
objets.
15mois -Les mouvements de la main sont commandés à partir de l’épaule.
Les tracés réalisés sur une surface sont très amples
Vers 3ans -Le mouvement de la main devient indépendant de celui du bras ;
5-6ans -Le mouvement du poignet devient alors plus élaboré et rend la
possibilité d’apprendre le graphisme à l’aide du pouce fléchisseur ;
-Découverte des propriétés des objets grâce à l’augmentation des
capacités manipulatoires (liaison développement psychomoteur-
développement intellectuel ;
-Imitation de modèles graphiques ;
-Activités graphiques plus élaborées : réalisation de différentes
lignes, formes simples, dessins figuratifs grâce à l’évolution de
l’habileté manuelle et de la fonction symbolique (fonction de
représentation).
LE DEVELOPPEMENT INTELLECTUEL DE L’ENFANT
L’intelligence »est l’aptitude à comprendre les relations qui existent entre les
éléments d’une situation » ; c’est aussi la capacité de s’adapter à des situations
nouvelles. Elle est dite théorique ou discursive lorsqu’elle opère sur des élément
abstraits (signes mathématiques, graphiques ou vocaux) ; elle est pratique quand
elle opère sur des objets concrets(ranger des réglettes, classer des boules. ..) .
L’intelligence théorique et l’intelligence pratique sont très liées et se
complètent.)
Au cours de l’enfance, l’intelligence n’a pas les mêmes possibilités. Au fur et à
mesure qu’elle se développe, elle effectue des opérations de plus en plus
complexes suivant des étapes bien déterminées ou stades. Ces différentes
étapes sont expliquées dans le tableau suivant :
STADES ET POSSIBILITES INTELLECTUELLES
AGES
Stade sensori- Pendant cette période, l’intelligence de l’enfant est de type
moteur (0à concret, c’est-à-dire qu’elle opère essentiellement sur des
2ans) objets concrets. Le nouveau-né communique avec le monde
principalement par ses sens et par les actions qu’il exerce sur
les objets. Il ne peut pas encore se représenter mentalement
les objets et les personnes. Ceci se manifeste dans les dessins
d’enfants qui sont non-figuratifs (ils ne ressemblent pas à des
éléments du réel : gribouillage).
Stade L’enfant peux maintenant se représenter les choses externes
préopératoire (taille, forme, couleur ou vêtements).Ces aspects peuvent être
(2 à 6ans) utilisés pour faire des opérations de classification ou de mise
en ordre.
La représentation est la capacité d’évoquer des objets non
immédiatement perceptibles (objets absents).
Stade des A ce stade de grands progrès sont réalisés par l’enfant, surtout
opérations en ce qui concerne l’abstraction de la pensée. Ces progrès
concrètes ou rendent possibles la compréhension de certaines règles
stade de fondamentales.
l’intelligence -La conservation : certains aspects des objets restent constants
opératoire (6 même en présence de changements externes (un cube dont on
à12 ans) change la couleur des faces reste le même cube, la
transformation de la matière ne change pas la quantité) ;
La réversibilité de la pensée : possibilité de faire mentalement
une opération et son contraire ;
La compréhension des relations logiques : possibilité d’établir
sans difficultés majeures des relations logiques entre éléments
d’une situation.
-La capacité de tenir compte des idées d’autrui (décentration) ;
La capacité de relativiser son point de vue, donc d’être plus
objectif possible.
Stade des A ce stade :
opérations -La pensée devient plus abstraite ;
formelles(12an -L’enfant peut penser à des idées, faire un discours sans tenir
s et plus) compte du concret ;
-Il peut raisonner par déduction (du général au particulier)et
par induction (particulier général),penser à des objets ou à des
idées auxquelles il n’a jamais
Eté confronté.
2.3 Le développement socio-affectif de l’enfant
Le développement social se préoccupe des relations que l’individu entretient
avec des groupes institués ou non, dans lesquels il est inclus plus ou moins
directement, consciemment ou inconsciemment .La famille et l’école sont les
deux principaux groupes pour l’enfant.
Le développement affectif concerne l’évolution des émotions puis des
sentiments.
C'est-à-dire du plaisir et du déplaisir, de l’amour et de la haine que l’enfant
manifeste aux personnes et aux biens de son entourage. Les développements
social et affectif sont étroitement liés.
La socialisation de l’enfant est une ouverture à autrui. Elle se réalise à travers
des relations affectives.
Ages comportements
De la -Premier sourire intentionnel vers 2 – 3 mois entraîné tout d’ abord
naissanc par la voix humaine ou la vue d’un visage humain quel qu’il soit.
e à 1 an -Ensuite différenciation du visage de sa mère de celui des autres.
Relation affective à la maman si forte que l’enfant qui sourit aux
étrangers, va pleurer en leur présence. C’est ce qu’on appelle la crise
d’angoisse.
1 à 3 ans -Indépendance progressive vis-à-vis de l’adulte avec l’acquisition de
la marche.
-Localisation plus nette des réactions émotionnelles grâce à
l’évolution de la représentation.
-L’enfant devient capable d’imiter les rôles sociaux.
-L’enfant devient capable de se rappeler et d’anticiper ses joies et
ses peines.
-L’enfant a peur des animaux, de l’obscurité, des personnes
étrangères, des récits (contes, histoires) effrayants.
-Découvre un nouvel aspect chez l’adulte : les interdits et les
punitions.
-Pour l’enfant, le blâme ou la punition ne s’adresse pas à l’action
(faute commise) mais plutôt à son auteur (lui). Une désapprobation
par l’adulte équivaut pour l’enfant à une dévalorisation de sa propre
personne.
-Maîtrise de ses sphincters (muscles de l’anus) accompagnée d’une
éducation de la propreté de la part de la maman. L’intérêt porté à la
fonction d’excrétion entraîne la découverte des organes génitaux et
leur différenciation.
-Il se différencie des autres en s’opposant à eux et en essayant
d’imposer sa volonté.
-Au niveau du comportement, cette crise se traduit par une attitude
de refus et d’opposition ainsi que l’emploi fréquent du « JE »dans son
langage.
3 à 6 ans -L’enfant passe du refus et de l’opposition à une attitude de
souplesse.
La recherche de l’approbation de l’autre (appréciation positive)
marque la transition entre l’individu qui vient de découvrir différent
des autres et celui qui est membre de la société.
-L’enfant imite, non plus les actes des autres, mais aussi leurs rôles
sur le plan social.
-Cette imitation facilite l’acceptation des règles sociales.
-C’est l’âge où il commence à jouer avec les autres et non plus à
côté d’eux.
6 à 12 -L’enfant commence coopérer ; il ne confond plus son point de vue à
ans celui de l’autre.
Il les dissocie et les coordonne. Ceci rend possible des discussions et
des explications pour convaincre ou faire adhérer à son point de
vue .Il accepte ou tient compte de l’avis de l’autre.
-Les types de jeux prennent d’autres orientations :
équipe avec des partenaires ayant un même objectif mais
respectant les règles du jeu et l’adversaire du moment ; compétition
individuelle ou collective. C’est aussi l’âge où apparait le sentiment
d’amitié.