LES ETAPES DE LA
CONSTITUTION DES
SCIENCES EXACTES ET DES
SCIENCES DE L’HOMME
PARTICIPANTS
DJERA ESTHER PRISCILLE
DOGO JÉRUSA PROFESSEUR : Dr. TAGRO
KOUAMÉ MOÏSE
KOUAMÉ JEAN CHRIST
SOMMAIRE
INTRODUCTION
I - LES ÉTAPES DE LA CONSTITUTION DES SCIENCES EXACTES
A - L’ANTIQUITÉ : LES PRÉMICES DES SCIENCES EXACTES
1. Mathématiques et logique
2. Astronomie
3. Physique primitive
B - LE MOYEN ÂGE : TRANSMISSION ET STAGNATION
RELATIVE
1.Préservation et transmission des savoirs antiques
2.L’influence de la scolastique et les limites du savoir médiéval
3.Une stagnation relative mais des avancées techniques
C - LA RENAISSANCE ET LA RÉVOLUTION SCIENTIFIQUE (XVIe
- XVIIe SIÈCLE)
1. Observation et expérimentation
2. Méthode scientifique
3. Astronomie moderne
D - LE XVIIIe SIÈCLE : L’ÈRE DES LUMIÈRES ET DE LA
STRUCTURATION DES SCIENCES
1.L’ère des lumières
2.Physique et Chimie
3.Mathématique
E - LE XIXe SIÈCLE : L’ESSOR DES SCIENCES MODERNES
1. Physique
2. Chimie
3. Biologie
F - LE XXe SIÈCLE ET AU-DELÀ : LA RÉVOLUTION
TECHNOLOGIQUE ET SCIENTIFIQUE
1. Physique moderne
2. Biologie moléculaire
3. Informatique et intelligence artificielle
II - LES ÉTAPES DE LA CONSTITUTION DES SCIENCES
HUMAINES
A - L’ANTIQUITÉ : LA RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE SUR
L’HOMME
1. Grèce antique
2. Histoire
3. Rhétorique et psychologie primitive
B - LE MOYEN ÂGE : LA DOMINATION DE LA PENSÉE
RELIGIEUSE
1. La prédominance de la théologie
C - LA RENAISSANCE ET L’HUMANISME (XVe - XVIe SIÈCLE) :
RETOUR À L’UTOPIE
D - LE XVIIe - XVIIIe SIÈCLE : L’ÉMERGENCE DES CLASSES
SOCIALES
1. Naissance de la psychologie moderne
2. Philosophie politique et morale
E - LE XIXe SIÈCLE : LA NAISSANCE DES SCIENCES HUMAINES
MODERNES
1. Sociologie
2. Psychologie scientifique
3. Anthropologie
4. Économie moderne
F - LE XXe SIÈCLE ET AU-DELÀ : DIVERSIFICATION ET
SPÉCIALISATION DES SCIENCES HUMAINES
1. Psychologie
2. Sociologie
3. Anthropologie et linguistique
4. Histoire
5. Interdisciplinarité
CONCLUSION
INTRODUCTION
La constitution des sciences exactes et des sciences humaines est le fruit d’un long
processus historique marqué par des transformations intellectuelles,
méthodologiques et institutionnelles. Des premières tentatives de rationalisation
du monde chez les philosophes antiques aux révolutions scientifiques des époques
moderne et contemporaine, les sciences exactes et humaines ont suivi des
trajectoires distinctes, bien que souvent entrelacées. Si les sciences exactes se sont
affirmées par l’objectivation du réel et la formalisation mathématique, les sciences
humaines ont dû légitimer leurs méthodes et leur statut face aux exigences de
scientificité. Dès lors, il s’agit d’interroger les grandes étapes qui ont jalonné cette
constitution, en mettant en lumière les ruptures et continuités ayant façonné ces
disciplines.
I-LES ETAPES DE LA CONSTITUTION DES SCIENCES EXACTES
A-L’ANTIQUITE : LES PREMICES DES SCIENCES
EXACTES
1-Mathematiques et Logique
Les mathématiques et la logique ont été les premières disciplines à adopter une
approche rationnelle et systématique dans l’Antiquité. Leur développement a posé
les bases des sciences exactes en introduisant des principes fondamentaux comme
la démonstration, la formalisation et l’axiomatisation. Les premières traces de
mathématiques remontent aux civilisations mésopotamiennes et égyptiennes (IIIe
millénaire av. J.-C.). Les Babyloniens utilisaient un système numérique
sexagésimal et maîtrisaient les équations quadratiques, tandis que les Égyptiens
avaient des connaissances en arithmétique et en géométrie appliquées, notamment
pour la construction des pyramides et l’irrigation. Avec les Grecs, les
mathématiques deviennent plus formelles : Thalès de Milet (VIe siècle av. J.-C.)
est l’un des premiers à introduire la démonstration en géométrie, tandis que
Pythagore et son école développent l’arithmétique et la théorie des nombres en
considérant les mathématiques comme une structure rationnelle de l’univers.
Euclide (IIIe siècle av. J.-C.) rédige Les Éléments, un ouvrage fondamental qui
formalise la géométrie avec un système d’axiomes et deThéorèmes démontrés.
Parallèlement, Aristote (IVe siècle av. J.-C.) établit les bases de la logique
formelle avec le syllogisme, un raisonnement structuré en trois propositions (deux
prémisses et une conclusion). Cette logique aristotélicienne influencera toute la
pensée scientifique et philosophique jusqu’à l’époque moderne. Ainsi, l’Antiquité
marque la naissance des sciences exactes avec les mathématiques et la logique,
qui posent les bases méthodologiques des sciences modernes.
2- Astronomie
L’astronomie est l’une des premières sciences exactes à s’être développée dans
l’Antiquité, reposant à la fois sur l’observation et les premiers modèles théoriques
du mouvement des astres. Les premières civilisations, comme les Mésopotamiens
et les Égyptiens, observaient les cycles célestes pour établir des calendriers,
prédire les crues des fleuves et organiser les activités agricoles et religieuses. Les
Babyloniens (IIe millénaire av. J.-C.) furent les premiers à consigner leurs
observations sous forme de tables astronomiques et à utiliser des modèles
mathématiques rudimentaires pour anticiper les éclipses et les mouvements
planétaires. Chez les Grecs, l’astronomie prend une dimension théorique avec
Thalès de Milet et Anaximandre, qui proposent des modèles géométriques de
l’univers. Pythagore introduit l’idée que les corps célestes suivent des lois
mathématiques, et Eudoxe de Cnide (IVe siècle av. J.-C.) conçoit un système de
sphères concentriques pour expliquer le mouvement des planètes. Aristote
renforce l’idée d’un cosmos géocentrique avec des sphères cristallines animées de
mouvements parfaits. Toutefois, c’est avec Ptolémée (IIe siècle apr. J.-C.) que
l’astronomie antique atteint son apogée, avec son modèle géocentrique basé sur
les épicycles et les déférents, permettant de rendre compte des mouvements
apparents des astres avec une relative précision. Ce modèle restera dominant
jusqu’à la révolution copernicienne au XVIe siècle. Ainsi, l’Antiquité pose les
bases de l’astronomie en combinant observation rigoureuse et premières tentatives
de formalisation mathématique, ouvrant la voie aux révolutions scientifiques
futures.
3- Physique primitive
La physique primitive dans l’Antiquité repose sur une tentative d’explication
rationnelle des phénomènes naturels, bien qu’elle soit encore imprégnée de
spéculations philosophiques. Dès le VIe siècle av. J.-C., les penseurs
présocratiques cherchent à comprendre les principes fondamentaux régissant la
nature. Thalès de Milet affirme que l’eau est l’élément originel de toutes choses,
tandis qu’Héraclite voit dans le feu le moteur du changement perpétuel.
Empédocle introduit la théorie des quatre éléments (eau, air, terre, feu), qui
influencera la pensée scientifique pendant des siècles. Avec Aristote (IVe siècle
av. J.-C.), la physique devient une discipline structurée : il propose une distinction
entre le monde sublunaire, où les objets sont soumis aux quatre éléments et aux
mouvements imparfaits, et le monde céleste, régi par un cinquième élément,
l’éther, et des mouvements circulaires parfaits. Il élabore également une théorie
du mouvement selon laquelle un objet ne peut se déplacer que s’il est soumis à
une force continue. Cette vision, bien que fausse, dominera la physique jusqu’à
Galilée. Parallèlement, Archimède (IIIe siècle av. J.-C.) pose les bases de la
statique et de l’hydrostatique avec son célèbre principe sur la poussée exercée par
un fluide. D’autres savants grecs, comme Hipparque et Héron d’Alexandrie,
expérimentent des concepts liés à l’optique et à la mécanique. Ainsi, la physique
antique, bien qu’encore primitive et mêlée à la philosophie, jette les bases de
nombreuses théories qui seront progressivement affinées avec l’essor de la
méthode expérimentale à l’époque moderne.
B-LE MOYEN AGE : TRANSMISION ET STAGNATION RELATIVE
1.Préservation et transmission des savoirs antiques
Après la chute de l’Empire romain d’Occident (476), l’Europe connaît un net
ralentissement du progrès scientifique. Les savoirs antiques sont essentiellement
préservés dans les monastères, où les moines copistes recopient les œuvres
grecques et latines. Toutefois, ces connaissances restent largement théoriques et
peu développées. À l’inverse, le monde islamique connaît une période florissante
de traduction et d’enrichissement des sciences antiques. Entre le VIIIe et le XIIIe
siècle, la Maison de la Sagesse à Bagdad devient un centre majeur de transmission
du savoir grec, perse et indien. Des savants comme Al-Khwarizmi
(mathématiques et algèbre), Alhazen (optique) et Avicenne (médecine et
philosophie) jouent un rôle clé dans cette transmission.
2. L’influence de la scolastique et les limites du savoir
médiéval
En Europe, la pensée scientifique est fortement influencée par la scolastique, un
courant philosophique qui tente de concilier foi chrétienne et raison
aristotélicienne. Thomas d’Aquin (XIIIe siècle) adapte ainsi la philosophie
d’Aristote aux dogmes chrétiens, ce qui rigidifie la pensée scientifique.
L’approche expérimentale est délaissée au profit d’un raisonnement purement
spéculatif. Cependant, certains penseurs médiévaux commencent à remettre en
question la physique aristotélicienne, comme Jean Buridan, qui développe la
théorie de l’impetus, préfigurant les concepts de l’inertie et du mouvement chez
Galilée et Newton.
3. Une stagnation relative mais des avancées techniques
Si le Moyen Âge est souvent perçu comme une période de stagnation scientifique,
il ne faut pas négliger les avancées techniques qui marquent cette époque. L’essor
des universités au XIIIe siècle (Paris, Bologne, Oxford) permet une meilleure
diffusion du savoir. Par ailleurs, de nombreuses innovations techniques voient le
jour : amélioration de l’horlogerie, perfectionnement des techniques agricoles
(charrue, assolement triennal), développement des moulins à vent et à eau
C /LA RENAISSANCE ET LA REVOLUTION SCIENTIFIQUE (XVI-
XVIIe SIECLE)
1. Observation et expérimentation
À partir de la Renaissance, les sciences exactes prennent un tournant décisif grâce
au développement de méthodes fondées sur l’observation et l’expérimentation. Ce
changement repose sur la remise en cause des anciennes théories, principalement
héritées d’Aristote et des dogmes religieux.
Les savants commencent à privilégier les données empiriques pour comprendre
le monde, mettant l’accent sur l’observation directe de la nature et
l’expérimentation systématique, plutôt que sur la simple spéculation théorique.
Ce changement est symbolisé par des figures comme Galilée et Francis Bacon.
• Galilée (1564-1642), avec ses innovations dans l’utilisation du
télescope et ses observations astronomiques, démontre l’importance de
l’expérimentation pour valider ou invalider des hypothèses, posant ainsi les bases
de la méthode scientifique moderne.
• Francis Bacon (1561-1626), philosophe et scientifique anglais, est
l’un des premiers à formuler les principes d’une méthode inductive fondée sur
l’observation et l’expérimentation. Il insiste sur l’importance de collecter des
données, de les analyser de manière systématique, et de construire des théories à
partir de ces faits observés, ce qui influencera profondément le développement
des sciences naturelles.
Cette époque marque ainsi une rupture avec les méthodes antiques et médiévales,
et le début de ce que l’on considère aujourd’hui comme la méthode scientifique,
qui privilégie la rigueur de l’observation et la vérification expérimentale des
théories.
2. Méthode scientifique
Au XVIIIe siècle, la méthode scientifique se structure davantage, consolidant les
bases de la recherche moderne. Le siècle des Lumières voit une évolution
significative dans l’application systématique de la raison, de l’observation et de
l’expérimentation pour comprendre le monde naturel. Plusieurs figures influentes,
comme Isaac Newton, René Descartes, et Claude Bernard, vont affiner et
promouvoir la méthode scientifique.
• Isaac Newton (1642-1727), avec son ouvrage Philosophiæ Naturalis
Principia Mathematica (1687), formalise l’usage des lois de la mécanique et de la
gravité, en insistant sur l’importance de la déduction logique et de l’observation
pour valider les théories. Sa méthode repose sur l’établissement de principes
universels à partir des observations et expérimentations, créant ainsi un modèle
de rigueur pour les scientifiques à venir.
• René Descartes, bien qu’il ait principalement vécu au XVIIe siècle,
reste une figure centrale au XVIIIe siècle dans l’évolution de la méthode
scientifique, grâce à son discours sur la méthode (1637). Il met en avant
l’importance du doute méthodique et de la raison comme bases de la connaissance
scientifique, ce qui influencera profondément les scientifiques des Lumières.
• Claude Bernard (1813-1878), bien qu’il soit du XIXe siècle,
représente la continuation des idées du XVIIIe siècle avec ses travaux sur la
méthode expérimentale en biologie. Il met l’accent sur l’importance de
l’expérimentation pour tester les hypothèses et écarter les idées fausses, un
principe fondamental de la méthode scientifique moderne.
Cette période marque donc une étape clé dans l’essor de la méthode scientifique
moderne, qui repose sur l’observation, l’expérimentation, la formulation
d’hypothèses et la vérification systématique des théories, principe que l’on
retrouve encore aujourd’hui dans les recherches scientifiques.
3. Astronomie moderne
Au XVIIIe siècle, l’astronomie fait un bond en avant grâce à l’amélioration des
instruments d’observation, aux nouvelles théories et à l’application de la méthode
scientifique pour expliquer l’univers de manière plus rigoureuse. Plusieurs
avancées majeures transforment l’astronomie, la passant d’une simple
observation des corps célestes à une science basée sur des lois physiques et
mathématiques.
• L’héliocentrisme et les travaux de Newton : Bien que l’idée d’un
système solaire héliocentrique ait été formulée par Copernic au XVIe siècle, elle
trouve une validation plus systématique au XVIIe siècle grâce à Galilée et surtout
Isaac Newton. La formulation de la loi de la gravitation universelle par Newton
(1687) explique non seulement le mouvement des planètes mais aussi les
phénomènes célestes à partir de lois naturelles. Cela révolutionne la
compréhension des forces qui régissent l’univers et marque le début de
l’astronomie moderne.
• Les télescopes et les découvertes de Herschel : Le XVIIIe siècle voit
également l’amélioration des instruments d’observation, comme le télescope.
William Herschel, un astronome anglais, joue un rôle crucial dans ces avancées,
notamment en découvrant la planète Uranus en 1781, ce qui étend les frontières
connues du système solaire. Herschel améliore les télescopes pour observer plus
précisément les objets célestes et entreprend un recensement des étoiles et des
nébuleuses.
• La cartographie céleste : L’astronomie du XVIIIe siècle met aussi
l’accent sur une cartographie précise des étoiles et la création de catalogues
d’étoiles. Des astronomes comme Jean-Philippe de Cheseaux et Charles Messier
élaborent des listes d’objets célestes non-astronomiques, comme des nébuleuses
et des comètes, contribuant à l’identification et à la classification des objets dans
le ciel.
Ainsi, l’astronomie moderne naît véritablement au XVIIIe siècle, lorsque les
avancées technologiques et les nouvelles théories scientifiques, basées sur
l’observation rigoureuse et l’application de la méthode scientifique, permettent de
mieux comprendre l’univers et les lois qui le régissent.
D - LE XVIIIe SIÈCLE : L’ÈRE DES LUMIÈRES ET DE LA
STRUCTURATION DES SCIENCES
1.L’ère des lumières
Les Lumières sont un mouvement intellectuel du XVIIIᵉ siècle qui promeut la
raison, la liberté et le progrès contre l'obscurantisme et l'absolutisme. Ce courant
remet en question les dogmes religieux, les privilèges de la noblesse et défend des
idées comme la séparation des pouvoirs, l'égalité des droits et la tolérance.
Figures principales des Lumières :
Voltaire (1694-1778) : Défenseur de la liberté d'expression et de la tolérance
religieuse, il critique l'Église et l'arbitraire royal dans ses œuvres comme Candide.
Montesquieu (1689-1755) : Théoricien de la séparation des pouvoirs dans L'Esprit
des lois, il influence les démocraties modernes.
Rousseau (1712-1778) : Penseur du contrat social et de la souveraineté populaire
(Du contrat social), il défend l’idée d’une démocratie plus directe.
Diderot (1713-1784) : Codirecteur de l'Encyclopédie, il diffuse les idées des
Lumières et critique l’autorité religieuse et politique.
Adam Smith (1723-1790) : Père du libéralisme économique, il théorise le marché
libre dans La Richesse des nations.
Kant (1724-1804) : Philosophe allemand des Lumières, il définit la pensée
éclairée dans son essai Qu'est-ce que les Lumières ?, où il invite les individus à
penser par eux-mêmes.
Les idées des Lumières ont influencé les révolutions américaine et française,
contribuant à l'émergence des sociétés modernes fondées sur les droits de
l’homme et la démocratie.
2. Physique et Chimie
Le XVIIIe siècle est marqué par une rationalisation et une structuration des
sciences, notamment en physique et en chimie, grâce à l’application de la méthode
scientifique et à la remise en question des savoirs traditionnels. Les savants de
cette époque, influencés par la pensée des Lumières, cherchent à expliquer les
phénomènes naturels par des lois universelles fondées sur l’observation et
l’expérimentation.
Physique
• L’électricité et le magnétisme : L’étude de l’électricité progresse
considérablement au XVIIIe siècle. Benjamin Franklin (1706-1790) réalise des
expériences qui démontrent que la foudre est une manifestation électrique et
introduit le concept de charge électrique positive et négative. Charles-Augustin
de Coulomb (1736-1806) quantifie les forces électriques avec la loi de Coulomb,
qui établit une relation mathématique entre la force électrostatique et la distance
entre les charges.
• L’optique et la mécanique : Isaac Newton, bien que son œuvre soit
en grande partie du XVIIe siècle, influence fortement la physique du XVIIIe siècle
avec ses travaux sur la lumière et la mécanique. Son modèle corpusculaire de la
lumière sera progressivement remis en question par les expériences d’Augustin
Fresnel et de Thomas Young, qui démontrent la nature ondulatoire de la lumière.
• La thermodynamique : Les recherches sur la chaleur et l’énergie
prennent de l’ampleur, préparant le terrain pour la formulation des lois de la
thermodynamique au XIXe siècle. Joseph Black découvre le concept de chaleur
latente et différencie la température de la chaleur.
Chimie
• Antoine Lavoisier et la révolution chimique : La chimie devient une
science moderne au XVIIIe siècle grâce à Antoine Lavoisier (1743-1794). Il
introduit une approche quantitative dans l’étude des réactions chimiques,
formulant la loi de conservation de la masse et identifiant l’oxygène comme
élément essentiel à la combustion, remettant en cause la théorie du phlogistique.
Son ouvrage Traité élémentaire de chimie (1789) marque la naissance de la chimie
moderne.
• La classification des éléments : Lavoisier et ses contemporains
commencent à classifier les éléments chimiques de manière systématique, jetant
les bases du futur tableau périodique. Il distingue notamment les métaux et non-
métaux et propose une nomenclature chimique plus rigoureuse.
• Les gaz et leurs propriétés : Joseph Priestley, Carl Wilhelm Scheele
et Henry Cavendish découvrent plusieurs gaz, dont l’oxygène, l’hydrogène et
l’azote, ce qui permet de mieux comprendre la composition de l’air et les réactions
chimiques qui s’y déroulent.
Ainsi, le XVIIIe siècle marque une véritable transformation des sciences
physiques et chimiques, avec une approche plus rigoureuse, expérimentale et
mathématisée. Ces avancées influencent directement les découvertes du XIXe
siècle et participent à l’essor de la science moderne.
3.Mathématiques
Le XVIIIe siècle est une période clé pour les mathématiques, marquée par la
formalisation et la diffusion des théories développées au XVIIe siècle, ainsi que
par l’émergence de nouvelles branches comme l’analyse, les probabilités et la
mécanique analytique. Les mathématiques deviennent un outil fondamental pour
les autres sciences, notamment la physique et l’astronomie, et elles sont de plus
en plus enseignées et institutionnalisées.
Développement de l’analyse mathématique
• Leonhard Euler (1707-1783) est l’un des mathématiciens les plus
influents du siècle. Il contribue massivement au développement du calcul
différentiel et intégral, introduit de nouvelles fonctions spéciales et systématise la
notation mathématique moderne (notation f(x), notation exponentielle e^x, etc.).
• Euler est aussi à l’origine des premiers travaux en topologie et en
théorie des graphes, avec le célèbre problème des sept ponts de Königsberg.
• Joseph-Louis Lagrange (1736-1813) approfondit l’analyse avec son
ouvrage Mécanique analytique (1788), qui jette les bases du calcul des variations
et de la mécanique lagrangienne, essentielle pour la physique moderne.
La théorie des probabilités et la statistique
Pierre-Simon Laplace (1749-1827) développe la théorie
des probabilités, qui devient un outil clé pour la
statistique et les sciences sociales. Il applique ces
concepts à la mécanique céleste et aux sciences
expérimentales, montrant l’importance des probabilités
dans la prédiction des phénomènes naturels.
Abraham de Moivre (1667-1754), un précurseur dans ce
domaine, établit la loi normale (ou courbe en cloche) et
travaille sur les bases de la combinatoire et du calcul des
probabilités.
Applications en astronomie et en physique
L’analyse mathématique permet des avancées en
mécanique céleste. Euler, Lagrange et Laplace contribuent
à affiner les modèles du mouvement des planètes et des
marées en appliquant les équations différentielles et le
calcul intégral.
L’étude des équations différentielles devient essentielle
pour la modélisation des phénomènes physiques,
notamment en mécanique et en optique.
Ainsi, le XVIIIe siècle voit une structuration rigoureuse des mathématiques et leur
application croissante aux sciences naturelles. Ces avancées préparent le terrain
pour les découvertes du XIXe siècle et la formalisation de la mathématique
moderne.
E – LE XIXe SIECLE : L’ESSOR DES SCIENCES MODERNES
Le XIXe siècle constitue un tournant majeur dans l’histoire des sciences exactes.
Après les bases posées par la révolution scientifique des siècles précédents, les
sciences modernes connaissent un essor spectaculaire grâce à l’invention de
nouvelles méthodes, à la multiplication des découvertes et à l’émergence de
disciplines spécialisées. Ce siècle est marqué par des avancées significatives dans
des domaines clés comme la physique, la chimie et la biologie. Ces progrès
transforment notre compréhension des lois naturelles et permettent des
applications pratiques qui révolutionnent la société (industrie, médecine, etc.).
1. Physique : Les grandes théories énergétiques et l’unification
des forces
La physique du XIXe siècle connaît une transformation profonde, avec des
découvertes qui jettent les bases de la physique moderne. Les physiciens
s’intéressent de plus en plus aux phénomènes liés à l’énergie, à la chaleur, à
l’électricité et au magnétisme.
- Les lois de l’énergie et de la thermodynamique
Une des grandes avancées du XIXe siècle est la formulation des lois de la
thermodynamique, qui étudient les échanges d’énergie sous forme de chaleur et
de travail.
- La première loi de la thermodynamique, énoncée par Rudolf Clausius et
William Thomson (Lord Kelvin), affirme que l’énergie se conserve : elle ne peut
être ni créée ni détruite, seulement transformée.
- La deuxième loi de la thermodynamique* introduit la notion d’entropie, qui
mesure le degré de désordre dans un système et montre que certains processus
sont irréversibles (exemple : la dissipation de chaleur).
- Électromagnétisme et unification des forces
Le XIXe siècle voit également des progrès majeurs dans la compréhension de
l'électricité et du magnétisme. Michael Faraday découvre que les champs
électriques et magnétiques sont liés. Ces travaux sont ensuite formalisés par James
Clerk Maxwell, qui élabore les fameuses équations de Maxwell. Ces équations
unifient pour la première fois deux forces naturelles : l’électricité et le
magnétisme.
- Ces découvertes ouvrent la voie à des applications pratiques, comme l'invention
du moteur électrique et des générateurs, qui alimenteront la révolution
industrielle.
- La nature de la lumière
Les travaux de Thomas Young et Augustin Fresnel démontrent que la lumière
est une onde, une avancée qui mène à la théorie ondulatoire de la lumière. Ces
idées seront enrichies plus tard par Maxwell, qui montre que la lumière est une
onde électromagnétique.
2. Chimie : La classification des éléments et les bases de la chimie
moderne
Le XIXe siècle est également une période fondatrice pour la chimie, qui passe
d'une science descriptive à une science théorique grâce à des avancées dans la
compréhension des éléments chimiques et des réactions.
- La classification périodique des éléments
La chimie moderne prend un tournant décisif grâce aux travaux du chimiste russe
Dimitri Mendeleïev. En 1869, il propose la *classification périodique des
éléments*, qui organise les éléments chimiques en fonction de leurs propriétés et
de leur masse atomique. Ce tableau permet non seulement de décrire les éléments
déjà connus, mais aussi de prédire l’existence d’éléments encore inconnus à
l’époque, qui seront découverts par la suite.
- Théorie atomique et moléculaire
John Dalton, au début du siècle, développe la théorie atomique moderne. Il
propose que toute matière soit composée d’atomes indivisibles, qui se combinent
pour former des molécules. Cette théorie est confirmée par les travaux de
scientifiques comme Amedeo Avogadro, qui introduit le concept de molécules et
montre que les gaz se composent de particules identiques.
- Révolution dans la chimie organique
La chimie organique, qui étudie les composés du carbone, connaît un essor
important. Friedrich Wöhler réalise en 1828 la première synthèse d’un composé
organique (urée) à partir d’un composé inorganique, prouvant que la chimie
organique obéit aux mêmes lois que la chimie inorganique. Ces travaux ouvrent
la voie à la compréhension des molécules complexes, essentielles à la vie.
- Découvertes pratiques et industrielles
Le XIXe siècle voit aussi des avancées dans la chimie appliquée, avec la
fabrication de nouveaux matériaux comme l’acier, les colorants synthétiques, et
des explosifs comme la dynamite (inventée par Alfred Nobel). Ces innovations
soutiennent la révolution industrielle.
3. Biologie : De la théorie de l’évolution à la biologie cellulaire
Le XIXe siècle marque un véritable âge d’or pour la biologie, avec des
découvertes qui transforment notre compréhension du vivant.
- La théorie de l’évolution
En 1859, Charles Darwin publie son ouvrage révolutionnaire L’Origine des
espèces, dans lequel il expose sa théorie de l’évolution par sélection naturelle.
Selon Darwin, les organismes évoluent au fil du temps en s’adaptant à leur
environnement. Cette théorie apporte une explication scientifique à la diversité
des espèces et remet en question les conceptions fixistes qui dominaient
jusqu’alors.
- La naissance de la biologie cellulaire
Grâce aux progrès réalisés dans l’observation microscopique, les biologistes du
XIXe siècle découvrent que tous les organismes vivants sont constitués de
cellules.
- Matthias Schleiden et Theodor Schwann énoncent en 1839 la *théorie
cellulaire*, qui affirme que la cellule est l’unité fondamentale de la vie.
- Plus tard, Rudolf Virchow complète cette théorie en montrant que toutes les
cellules proviennent de cellules préexistantes.
- La découverte des micro-organismes et la microbiologie
Louis Pasteur révolutionne la biologie et la médecine en démontrant que les
micro-organismes sont responsables de la fermentation et de nombreuses
maladies. Il met au point la technique de la pasteurisation et développe les
premiers vaccins contre des maladies comme la rage. Ses travaux posent les bases
de la microbiologie moderne et permettent de comprendre les mécanismes des
infections.
- Les bases de la génétique
À la fin du XIXe siècle, Gregor Mendel découvre les lois de l’hérédité en
étudiant la transmission des caractères chez les plantes. Bien que ses travaux
passent inaperçus à l’époque, ils seront redécouverts au début du XXe siècle et
deviendront la base de la génétique.
Le XIXe siècle est une période de révolution pour les sciences exactes. En
physique, les lois de l’énergie et de l’électromagnétisme redéfinissent notre
compréhension des forces naturelles. En chimie, la classification des éléments et
les théories atomiques structurent cette discipline en une science cohérente. Enfin,
en biologie, la théorie de l’évolution, la découverte des cellules et des micro-
organismes transforment notre vision du vivant. Ces avancées s’inscrivent dans
un contexte de progrès technique et industriel, qui fait des sciences exactes un
moteur de transformation pour toute la société. Ces découvertes ouvrent la voie à
des développements encore plus spectaculaires au XXe siècle.
F -LE XXe SIECLE ET AU-DELA :LA REVOLUTION
TECHNOLOGIQUE ET SCIENTIFIQUE
Le XXe siècle est marqué par des avancées scientifiques et technologiques
spectaculaires, qui transforment radicalement notre compréhension du monde et
notre mode de vie. Ce siècle voit l’émergence de nouvelles disciplines et de
concepts révolutionnaires dans les sciences exactes, portés par des découvertes
majeures. La physique moderne bouleverse notre conception de l’univers, la
biologie moléculaire permet de décoder les mécanismes de la vie, et
l’informatique, accompagnée par le développement de l’intelligence artificielle,
inaugure une ère de transformation numérique sans précédent. Ces avancées
redéfinissent non seulement la science, mais également les applications pratiques
dans des domaines comme la médecine, l’industrie et la communication.
1. Physique moderne : Les révolutions de l’infiniment
grand et de l’infiniment petit
Le XXe siècle est une période charnière pour la physique, qui évolue bien au-delà
des théories classiques développées au XIXe siècle. Deux grandes révolutions
marquent cette époque : la relativité et la mécanique quantique, qui se concentrent
respectivement sur l’infiniment grand et l’infiniment petit.
- La relativité restreinte et générale
En 1905, Albert Einstein publie sa théorie de la relativité restreinte, qui introduit
des concepts révolutionnaires comme la constance de la vitesse de la lumière et
l’équivalence entre la masse et l’énergie, formulée par la célèbre équation *E =
mc²*. Cette théorie remet en question les notions classiques du temps et de
l’espace, qui ne sont plus absolus mais relatifs à l’observateur.
En 1915, Einstein complète ce travail avec la théorie de la relativité générale,
qui redéfinit la gravitation en la décrivant comme une déformation de l’espace-
temps par la masse des objets. Cette théorie permet de comprendre des
phénomènes astrophysiques tels que les trous noirs, les ondes gravitationnelles
(confirmées en 2015) et l’expansion de l’univers.
- La mécanique quantique : Une révolution dans l’infiniment petit
Parallèlement, les physiciens développent la mécanique quantique pour étudier
le comportement des particules subatomiques, qui ne suit pas les lois de la
physique classique.
- En 1900, Max Planck introduit le concept de quanta pour expliquer le
rayonnement du corps noir.
- À partir des années 1920, des figures comme Niels Bohr, Werner Heisenberg
et Erwin Schrödinger formalisent les principes de la mécanique quantique,
notamment le *principe d’incertitude* et l’idée que les particules peuvent se
comporter à la fois comme des ondes et des corpuscules.
- Ces découvertes révolutionnent la physique et posent les bases de technologies
modernes comme les semi-conducteurs, les lasers, et les ordinateurs.
- La physique nucléaire et ses applications
La compréhension des structures atomiques aboutit à des applications majeures,
comme la fission nucléaire (découverte par Otto Hahn et Lise Meitner en 1938).
Cette découverte conduit à l’utilisation de l’énergie nucléaire, d’abord à des fins
militaires (bombes atomiques en 1945), puis pour produire de l’électricité dans
des centrales nucléaires.
- Astrophysique et cosmologie
Le XXe siècle voit également une explosion de connaissances sur l’univers.
Edwin Hubble découvre en 1929 que l’univers est en expansion, ce qui donne
naissance à la théorie du Big Bang. Des progrès dans l’observation (télescopes
modernes) et la détection des ondes gravitationnelles permettent d’explorer des
phénomènes cosmologiques extrêmes, comme les supernovas et les trous noirs.
2. Biologie moléculaire : Décoder les mécanismes de la vie
La biologie moléculaire est l’une des disciplines scientifiques les plus
révolutionnaires du XXe siècle. Elle se concentre sur l’étude des molécules qui
composent les cellules vivantes et sur la compréhension des mécanismes
fondamentaux de la vie.
- La découverte de l’ADN et le code génétique
La biologie moléculaire émerge véritablement avec la découverte de la structure
en double hélice de l’ADN en 1953 par James Watson et Francis Crick, grâce aux
travaux de Rosalind Franklin et Maurice Wilkins. Cette découverte révèle que
l’ADN est la molécule qui porte l’information génétique, ouvrant la voie à une
compréhension détaillée des mécanismes de l’hérédité et de la reproduction
cellulaire.
Dans les années 1960, les scientifiques déchiffrent le *code génétique*, qui
explique comment les séquences d’ADN sont traduites en protéines, les «
machines » qui accomplissent les fonctions essentielles des cellules.
- Les avancées en génétique
Les progrès réalisés en biologie moléculaire permettent d’identifier les gènes
responsables de certaines maladies et de développer des techniques pour les
manipuler. La mise au point des outils de génie génétique, comme les enzymes de
restriction et la PCR (réaction en chaîne par polymérase), révolutionne la
recherche scientifique et la médecine.
- Le séquençage du génome humain
L’un des plus grands projets scientifiques de la fin du XXe siècle est le *projet
Génome humain*, achevé en 2003. Ce projet consistait à cartographier et
séquencer l’ensemble des gènes humains, ce qui ouvre la porte à la médecine
personnalisée, où les traitements peuvent être adaptés au patrimoine génétique de
chaque individu.
- Biotechnologies et thérapies géniques
Les découvertes en biologie moléculaire permettent le développement de
biotechnologies, comme la production d’insuline humaine par des bactéries
génétiquement modifiées. Plus récemment, la technique CRISPR-Cas9, une
méthode d’édition génétique, ouvre des perspectives incroyables pour soigner des
maladies génétiques, améliorer les cultures agricoles et même modifier le génome
humain avec une précision jamais atteinte.
3. Informatique et intelligence artificielle : La révolution
numérique
Le XXe siècle voit la naissance d’une nouvelle discipline scientifique :
l’informatique. Cette science, qui repose sur la capacité à traiter de grandes
quantités d’information grâce à des machines, transforme profondément tous les
aspects de la société.
- La naissance de l’informatique
L’informatique moderne naît grâce aux travaux de figures comme Alan Turing,
qui propose en 1936 le concept de *machine universelle*, un modèle théorique
des ordinateurs modernes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les premiers
ordinateurs comme l’ENIAC sont développés pour des applications militaires.
Dans les années 1950 et 1960, les progrès technologiques permettent la création
des premiers ordinateurs programmables, marquant le début de l’ère numérique.
- L’essor du traitement de l’information
Avec l’invention des *transistors* (1947) et des *circuits intégrés* (années
1960), les ordinateurs deviennent plus petits, plus puissants et plus accessibles.
Le développement de l’informatique personnelle dans les années 1980, avec des
entreprises pionnières comme IBM et Apple, démocratise l’accès aux ordinateurs.
Internet et la révolution des communications
Dans les années 1990, l’apparition d’Internet marque un tournant majeur. Ce
réseau mondial permet l’échange d’informations à une échelle sans précédent,
transformant les modes de communication, d’apprentissage et de travail.
L’intelligence artificielle (IA)
L’IA, qui vise à créer des machines capables de simuler l’intelligence humaine,
est l’un des domaines les plus fascinants de l’informatique.
- Dans les années 1950, les premiers concepts de l’IA sont posés par des
chercheurs comme John McCarthy.
- À partir des années 2010, l’essor de l’apprentissage automatique (machine
learning) et des réseaux neuronaux profonds (deep learning) permet des avancées
spectaculaires. Des systèmes comme AlphaGo (qui bat les champions humains au
jeu de Go) ou ChatGPT (capable de comprendre et de générer du texte) illustrent
les capacités croissantes de l’IA.
Applications de l’IA et enjeux éthiques
L’intelligence artificielle est aujourd’hui utilisée dans de nombreux domaines
: médecine (diagnostic, développement de médicaments), transports (voitures
autonomes), finance, et bien d’autres. Cependant, ces progrès soulèvent des
questions éthiques majeures, notamment sur la vie privée, les biais algorithmiques
et l’impact sur l’emploi
Le XXe siècle et le début du XXIe siècle sont marqués par des révolutions
scientifiques et technologiques qui ont transformé notre compréhension du monde
et notre façon de vivre. La physique moderne, en explorant les lois de l’univers, a
ouvert la voie à des technologies avancées comme le nucléaire et l’exploration
spatiale. La biologie moléculaire a permis des avancées considérables dans la
génétique, la médecine et les biotechnologies. Enfin, l’informatique et
l’intelligence artificielle ont inauguré une ère numérique qui continue de
remodeler la société à une vitesse impressionnante. Ces disciplines, grâce à leur
interconnexion, façonnent l’avenir de l’humanité et posent des défis auxquels il
faudra répondre avec responsabilité et créativité.
II - LES ÉTAPES DE LA CONSTITUTION DES SCIENCES HUMAINES
A - L’ANTIQUITÉ : LA RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE SUR
L’HOMME
L’Antiquité marque le début de la réflexion sur l’homme et la société,
essentiellement à travers la philosophie.
1.Grèce antique
Les penseurs grecs comme Socrate, Platon et Aristote s’interrogent sur la nature
humaine, la politique, la morale et l’organisation de la cité. Platon établit une
distinction entre le monde des idées et le monde sensible, influençant ainsi les
conceptions ultérieures de la connaissance. Aristote, quant à lui, développe une
approche plus empirique et systématique de la politique et de l’éthique.
2.Histoire
Hérodote et Thucydide posent les bases de l’histoire en tant que discipline,
cherchant à relater les événements de manière objective et critique. Thucydide
introduit notamment une approche rationnelle de l’étude des conflits, annonçant
une méthodologie scientifique dans les sciences humaines.
3.Rhétorique et psychologie primitive
La rhétorique, notamment développée par les sophistes, devient un outil
d’analyse du discours et de persuasion, essentielle dans la politique et la
philosophie. Quant à la psychologie, bien qu’encore rudimentaire, elle apparaît
dans les réflexions d’Aristote sur l’âme et les passions humaines.
B - LE MOYEN ÂGE : LA DOMINATION DE LA PENSÉE
RELIGIEUSE
Le Moyen Âge est caractérisé par la domination de la pensée religieuse,
notamment sous l’influence du christianisme en Occident et de l’islam en Orient.
1.La prédominance de la théologie
La réflexion sur l’homme est encadrée par la doctrine religieuse. Saint Augustin
et Saint Thomas d’Aquin, par exemple, tentent de concilier foi et raison,
s’appuyant sur Aristote pour développer une philosophie chrétienne. La
connaissance de l’homme passe principalement par l’étude des textes religieux et
de la morale divine, limitant l’émergence d’une approche scientifique autonome.
C - LA RENAISSANCE ET L’HUMANISME (XVe - XVIe SIÈCLE) :
RETOUR À L’UTOPIE
La Renaissance marque un renouveau intellectuel avec l’humanisme, qui remet
l’homme au centre des préoccupations.
•Redécouverte des textes antiques
Les œuvres de Platon, Aristote et d’autres philosophes antiques sont
redécouvertes et étudiées sous un nouvel angle.
•Émergence d’une pensée critique
Des penseurs comme Érasme, Montaigne ou Thomas More (avec Utopie)
développent des réflexions sur la condition humaine, l’éducation et l’organisation
idéale de la société.
•Développement des études philologiques et historiques
L’analyse des textes anciens se précise, annonçant une méthode plus rigoureuse
dans les sciences humaines.
D - LE XVIIe - XVIIIe SIÈCLE : L’ÉMERGENCE DES CLASSES
SOCIALES
Ce période voit l’essor de la pensée politique et des premières tentatives de
conceptualisation des dynamiques sociales.
1.Naissance de la psychologie moderne
Descartes, avec Le Discours de la méthode, inaugure une réflexion sur la pensée
rationnelle et le fonctionnement de l’esprit humain. John Locke et David Hume
approfondissent l’étude de l’expérience et de la perception, influençant les
sciences cognitives futures.
2.Philosophie politique et morale
Des penseurs comme Hobbes, Rousseau et Montesquieu analysent l’organisation
politique et la naissance des structures sociales. Rousseau, par exemple, théorise
l’état de nature et le contrat social, influençant les futurs développements en
sociologie et en science politique.
E - LE XIXe SIÈCLE : LA NAISSANCE DES SCIENCES HUMAINES
MODERNES
Le XIXe siècle marque la véritable naissance des sciences humaines en tant que
disciplines autonomes, grâce à l’essor du positivisme et des méthodologies
empiriques.
1.Sociologie
Auguste Comte définit la sociologie comme une science autonome visant à étudier
les lois qui régissent les sociétés humaines. Karl Marx, avec sa théorie des classes
sociales et du matérialisme historique, apporte une grille d’analyse socio-
économique influente.
2.Psychologie scientifique
Wilhelm Wundt fonde le premier laboratoire de psychologie expérimentale en
1879, faisant de la psychologie une science empirique. Sigmund Freud développe
la psychanalyse, qui révolutionne la compréhension du psychisme humain.
3.Anthropologie
Claude Lévi-Strauss et Edward Tylor s’intéressent aux sociétés humaines sous
un angle comparatif, mettant en évidence les structures culturelles universelles.
4.Économie moderne
Adam Smith et Karl Marx posent les bases de l’économie politique moderne,
analysant les dynamiques de production, d’échange et de répartition des richesses.
F - LE XXe SIÈCLE ET AU-DELÀ : DIVERSIFICATION ET
SPÉCIALISATION DES SCIENCES HUMAINES
Au XXe siècle, les sciences humaines se diversifient et se spécialisent davantage,
adoptant des approches interdisciplinaires.
1.Psychologie
La psychanalyse de Freud cède la place à des approches comportementales
(behaviorisme de Skinner), cognitives et neuropsychologiques.
2.Sociologie
Émile Durkheim fonde une sociologie fondée sur l’étude des faits sociaux, tandis
que Max Weber introduit une approche compréhensive des interactions humaines.
3.Anthropologie et linguistique
L’anthropologie se diversifie avec des figures comme Claude Lévi-Strauss
(structuralisme) et Bronislaw Malinowski (méthode ethnographique). Ferdinand
de Saussure révolutionne la linguistique en établissant les bases du structuralisme.
4.Histoire
L’école des Annales (Marc Bloch, Fernand Braudel) introduit une histoire plus
globale, intégrant l’économie, la culture et la géographie.
5.Interdisciplinarité
De nouvelles approches combinent plusieurs disciplines, comme la psychologie
sociale, la sociolinguistique ou encore la neuroéconomie. L’essor du numérique
influence également les méthodes d’analyse en sciences humaines.
Conclusion
L’histoire de la constitution des sciences exactes et humaines révèle une
dynamique complexe entre spécialisation, autonomisation et dialogue entre les
savoirs. Si les sciences exactes ont progressivement construit leur légitimité
autour de l’expérimentation et de la modélisation, les sciences humaines ont dû
conquérir leur statut en affirmant la singularité de leurs objets et méthodes.
Toutefois, loin d’être hermétiques, ces disciplines se nourrissent mutuellement,
comme en témoigne l’essor des approches interdisciplinaires. Dès lors,
comprendre cette évolution, c’est aussi saisir les enjeux contemporains du savoir,
entre quête de vérité, rigueur méthodologique et impact sur nos sociétés.
ANNEXES
Nicolas Copernic contemplant le cosmos
L’univers dans la pensée d’Einstein
Les grands penseurs de l’antiquité