Fascicule 4
Fascicule 4
Introduction :
La croissance économique est l’objectif principal de toute politique économique.
Ainsi, durant le quart de siècle qui a suivi la seconde guerre mondiale, l’économie internationale a
connu une augmentation forte et soutenue de la production de biens et services, autrement dit une
croissance économique.
Elle est différente du développement même si ces deux notions sont liées.
La croissance économique est l’augmentation soutenue sur une longue période de la
production d’un pays. C’est une notion purement quantitative. Ainsi la croissance peut être
réalisée de deux manières différentes : A partir d’une augmentation des quantités de facteurs
utilisés dans le processus de production. Il s’agit d’une croissance extensive ; Ou à partir d’une
amélioration de l’efficacité des facteurs utilisés, on parle de croissance intensive.
- le Développement (ou la croissance économique au sens large) : Le développement est
l’ensemble des transformations (modifications ou changements) des structures économiques et
sociales qui accompagnent et prolongent la croissance. Ces modifications structurelles sont d'ordre
démographique (baisse de la natalité, allongement de la durée de la vie,…), économique
(amélioration des infrastructures, industrialisation, hausse du niveau de vie grâce à l’augmentation
du PA, modification de la répartition de la population active et celle de la production dans
les différents secteurs d’activités), et social (progrès dans l'éducation, la santé, les conditions de
travail, réduction
des inégalités et de la pauvreté…). C’est ainsi que François Perroux le définit comme « une
combinaison de changements mentaux et sociaux d’une population qui la rend apte à faire
croître cumulativement et durablement son produit réel global. » le développement est une
notion qualitative alors que la croissance est une notion purement quantitative.
La croissance est une condition nécessaire pour le bon déroulement du processus de
développement, mais celui –ci est indispensable à la poursuite de la croissance.
La plupart des économistes accordent beaucoup de vertus à la croissance économique : elle permet
surtout de créer des emplois, vertu essentielle dans un contexte de chômage encore important. Il
convient dès lors de se demander : quels sont les indicateurs qui nous permettent d’apprécier cette
croissance et quel en sont ces principaux facteurs.
Toutefois, la croissance, bien qu’elle ait des vertus (effets positifs), comporte aussi des limites
(effets négatifs).
Section 1 : les concepts fondamentaux :
1. Définitions :
Expansion : l’expansion économique est une phase de l’évolution de l’économie globale se
caractérisant par une augmentation relativement forte de la production réel (ou en volume ou à prix
constant) sur une période courte ou moyenne.
Récession : la récession économique est un ralentissement de la croissance de l’activité
économique après une période d’expansion.
Dépression : est une phase de la conjoncture et du cycle économique marquée par la tendance à la
baisse de l’activité économique, ce qui entraine un taux de croissance négatif.
Tendance ou trend : Manifestation durable d’un phénomène économique mesurée par taux de
croissance annuel moyen.
2. Mesure de la croissance :
L’évolution en pourcentage du PIB ou du PNB peut être mesurée par le taux de croissance en courte
période et sur une longue période, on pourra calculer le taux de croissance annuel moyen (TCAM).
V A−V D
TC= ∗100
VD
[( ) ]
1
VA n
TCAM = −1 ∗100
VD
Section 2 : les indicateurs de développement :
Pour mesurer le développement économique, on peut utiliser plusieurs indicateurs à savoir
économiques, sociaux et démographiques.
1. Les indicateurs économiques :
Les indicateurs économiques les plus utilisés sont le PIB et le PNB par habitant.
Calcul du PIB : le PIB peut être calculé de trois manières différentes :
Selon l’approche de la production :
PIB=∑ VAB+TVA + DD
Selon l’approche des revenus :
PIB=∑ RS+ EBE+ ILP−Subventions
Selon l’approche de la demande :
PIB=CF+ FBCF + ΔS + X −M
Calcul du PNB :
PNB=PIB+ SRF
PNB
PNB /HBT =
Populat ion totale
Par ailleurs, Il existe d’autres indicateurs qui nous permettent de déterminer le niveau de
développement d’un pays : la consommation d’énergie, l’importance des biens d’équipements et la
répartition sectorielle des activités économiques.
sociaux, on se rendrait compte que c’est tout à fait le contraire. Car le PNB par habitant est une
moyenne pondérée qui ne tient pas en compte des inégalités de revenus.
Ainsi, au Sénégal, si on dit que le PNB par habitant est de 600 dollars, cela ne veut pas dire que tout
le monde a 600 dollars.
2. Les indicateurs sociaux :
2.1. L’IDH :
Définition : créé en 1990 par le PNUD, l’IDH est un Indicateur composite de trois éléments
fondamentaux : la durée de vie, mesurée par l’espérance de vie à la naissance ; le niveau
d’instruction, mesuré par un indicateur alliant pour 2/3 le taux d’alphabétisation des adultes et pour
1/3 le taux brut de scolarisation (tous niveaux confondus) ; et enfin le niveau de vie mesuré par le
PIB /habitant exprimé par en PPA. Il est toujours compris entre 0 et 1.
Calcul de l’IDH :
Longévité Espérance de vie à la 25 ans 85 ans A =
naissance (EVAN) EVAN−25
Savoir Taux d’alphabétisation des 0 % 100 % 60
adultes (TAA) B =
Taux brut de scolarisation 0 % 100 % 2TAA +TBS
(TBS) 3
Niveau de Logarithme décimal du PIB 100 USD 40000 USD E =
vie Par hbts en PPA LogPIB−2
2,602
A + B+ E
IDH =
3
Interprétation :
Entre 0 et 0,5, on a les pays à niveau de développement faible ; (inférieur à 0,5)
Entre 0,5 et 0,8, on a les pays à niveau de développement moyen ;
Entre 0,8 et 1, on a les pays à niveau de développement élevé (supérieur à 0,8).
Espérance de vie à la naissance : c’est le nombre d’années vécu en moyenne par les individus
d’un groupe. C'est-à-dire la vie moyenne.
Transition démographique : processus de passage d’un régime démographique caractérisé par une
forte natalité et une forte mortalité à un régime nouveau caractérisé par une faible natalité et une
faible mortalité. Il se décompose en deux temps :
Phase A : réduction de la mortalité grâce à de meilleurs conditions d’hygiène et le maintien de la
fécondité ;
Phase B : ajustement progressif de la fécondité et réduction à terme de la natalité, le décalage
provenant d’un effet d’inertie (natalité et mortalité très faibles).
Taux de natalité ; taux de mortalité ; taux de fécondité ; taux de croissance démographique se
référer au cours de seconde.
Section 3 : les facteurs explicatifs de la croissance économique :
La croissance économique est déterminée essentiellement par deux facteurs : les facteurs primaires
et les facteurs résiduels.
1. Les facteurs primaires (économiques ou naturels) :
La croissance économique s’explique traditionnellement par les facteurs de production : le capital et
le travail et surtout de l’efficacité de leur combinaison repérée par la productivité aussi bien au
niveau quantitatif qu’au niveau qualitatif.
1.1. Le facteur travail :
Le travail est une activité humaine qui concourt à la réalisation des biens et services. Il joue un rôle
fondamental dans la croissance tant par son volume que par sa qualité.
1.1.1. Le volume de travail :
Il peut être mesuré par le nombre de travailleurs ou par le nombre d’heures effectués. La quantité de
travail effectivement utilisée est déterminée par la population active occupée c’est dire l’ensemble
des personnes qui exercent une activité rémunérée. Si elle augmente dans un pays (toutes choses
égales par ailleurs), il est logique que la production augmente. Ce qui favorise la croissance
économique. Cette corrélation positive entre population active occupée et volume de production
permet de considérer le volume de travail comme déterminant dans la croissance.
économique de certains pays Anglo-saxons (Etats-Unis) et l’Allemagne peut s’expliquer par les
valeurs du protestantisme favorable à l’esprit d’entreprise, au travail et à l’épargne mais aussi par
les valeurs du capitalisme. Par ailleurs la croissance économique du Japon avait un soubassement
culturel voire religieux marqué par le culte du travail, la discipline, la loyauté, le rejet des inégalités,
la cohésion du groupe etc.…
2.2 . Autres facteurs résiduels :
Les degrés d’intervention de l’Etat ;
Stabilité des institutions politiques ;
Système de protection sociale ;
Ressources naturelles ;
Facteurs juridiques (législation du travail, concurrence, liberté de commerce).
Section 4 : Les effets de la croissance :
La croissance économique s’accompagne souvent de conséquences économiques sociales et
politiques. Certaines vont dans le sens d’une amélioration du bien-être des populations tandis que
d’autres entravent considérablement le progrès économique et sociale.
1. Les effets positifs de la croissance :
Ce sont des effets qui vont dans le sens de l’amélioration du niveau de vie. Ils sont divers et variés
justifient l’enthousiasme des nations dans la recherche de la croissance économique. Ils peuvent être
classés en effets quantifiables et en effets non quantifiables.
1.1. Les effets quantifiables (mesurables) :
Les effets quantifiables peuvent revêtir un aspect économique ou socio politique.
Une augmentation des revenus : la croissance économique s’accompagne d’une augmentation et
d’une diversification des productions. Une augmentation qui entraine un accroissement des revenus
et du coup celui du pouvoir d’achat et donc de la demande. Cette situation amène une croissance qui
s’auto-entretient car une hausse de la demande engendre une hausse de la production permettant la
distribution de revenus supplémentaires (effet multiplicateur).
Une hausse de l’emploi : dans une approche schématique de l’économie, toute croissance
économique (par une hausse de la demande) entraine une hausse de la production. Cette
augmentation de l’offre de biens et services rend possible le recrutement de personnes afin de
réaliser cette production supplémentaire. Ceci réduira automatiquement le chômage. Cependant
certaines fuites (obstacles) entravent cette mécanique bien huilée, notamment la consommation des
produits étrangers (importations) une sous-utilisation des capacités productives et l’arrivée de
nouveaux candidats sur le marché du travail (femmes au foyer, étudiants…).
Augmentation des recettes fiscales : une croissance du PIB produit mécaniquement un faible taux
de croissance du déficit public, puisqu’il est exprimé en fonction du PIB. De plus la croissance
permet de nouvelles recettes fiscales. En effet toute hausse de la consommation entraine une forte
perception de TVA. Pour la partie de la consommation qui porte sur des biens et services nationaux,
la hausse de la production génère de plus grandes recettes fiscales relatives aux résultats des
sociétés.
Les retombées sociales importantes : la croissance économique peut avoir des répercussions non
moins importantes dans la société. En effet l’amélioration des possibilités financières de l’Etat une
augmentation des investissements sociaux en terme d’infrastructures scolaires et une meilleur
couverture sanitaire (augmentation du nombre de médecins par habitants). Surtout la croissance
permet de lutter contre la pauvreté et de promouvoir la cohésion sociale (politique de redistribution
des revenus).
1.2. Les effets positifs non quantifiables :
Sur le plan social : la croissance économique aboutit à des changements de mentalités et de
comportements qui concourent à une amélioration du niveau de vie. De même l’automatisation et la
mécanisation permettent de réduire considérablement l’effort humain et de gagner un temps de
travail substantiel.
Sur le plan politique : la croissance économique peut favoriser la stabilité politique et la crédibilité
des institutions garant des libertés individuelles, de l’avancée de la démocratie et gage d’un
développement meilleur et durable. Ce climat demeure propice aux investissements et à l’esprit
d’entreprise.
L’écotaxe : c’est un impôt sur l’environnement (taxe verte), qui frappe les produits néfastes sur
l’environnement pour favoriser des produits moins polluants. cette taxe sert à financer la protection
de l’environnement.
L’éco-audit : l’éco-audit est une mesure concrète tendant à améliorer les performances écologiques
d’une entreprise en fin d’assumer sa responsabilité environnementale.
Enfin, l’aide aux pays en développement (accordées par les pays pollueurs) pour financer le
développement économique et social des pays concernés.
Section 5 : croissance économique et croissance démographique :
La relation entre la croissance et celle de la démographie a été développée par différents auteurs.
Toutefois, les effets de la croissance démographique sur le développent sont diversement appréciés.
1. Analyse théorique de la population :
1.1. La théorie malthusienne :
L’idée essentielle est qu’il y a une disproportion entre l’accroissement de la population et
l’accroissement de la production (les subsistances). Selon Malthus, la population suit une
progression géométrique alors que les subsistances connaissent un rythme de progression
arithmétique. D’où la nécessité de limiter les naissances en respectant la contrainte morale : recule
de l’âge du mariage ou abstention.
Cependant cette théorie malthusienne a été critiquée :
L’augmentation de la population est entrainée par d’autres facteurs tels que les progrès de la
médecine, l’hygiène et l’alimentation, entrainant ainsi une baisse de la mortalité alors que le taux
de natalité stagne ;
L’homme peut devenir producteur. Il n’est pas uniquement consommateur tel que le conçoit
Malthus ;
Engels pense que Malthus a oublié de prendre en compte le progrès technique. En effet, avec les
résultats de la révolution scientifique et technique, l’homme peut améliorer ses rendements et
produire plus. Il n’y a pas à être pessimiste comme Malthus.
1.2. La théorie de Sauvy :
Selon Sauvy, il n’y a pas de corrélation directe entre croissance démographique et croissance
économique, puisque tous les cas existent. En effet, on peut avoir le cas d’une faible croissance
démographique avec en parallèle une faible croissance économique (exemple avec la France entre
les deux guerres) ou bien encore la situation d’une forte croissance de la population avec une faible
croissance économique (exemple avec le tiers-monde) ou enfin le cas d’une faible croissance
démographique et d’une forte croissance économique (exemple avec le Japon dans les années
soixante-dix, quatre-vingt).
A partir du concept d’optimum de population Sauvy entend montrer le niveau de population
maximisant le produit par tête
En effet,on admet en général que, pour une population très faible, la production par habitant est
faible, qu'elle augmente avec l'accroissement de la population jusqu'à un certain point, au-delà
duquel la production par habitant diminuerait avec l'accroissement de la population. En d'autres
termes, compte tenu des conditions techniques, il existerait un optimum de population qui, un jour
ou l'autre, risque d'être dépassé.
Donc finalement, pour A. Sauvy, il est nécessaire de faire une étude cas par cas, puisqu’il n’existe
pas de cas général où la corrélation entre croissance démographique et croissance économique
serait directe. Tout dépend du pays et de sa situation (pyramide des âges, choix sociaux et
politiques, etc.…).
2. Effet de la croissance démographique dans le développement :
La croissance démographique peut avoir des effets positifs aussi bien que négatifs dans les pays en
développement.
2.1. Les effets négatifs :
2.1.1. Croissance démographique et formation brute de capital :
Dans les pays en développement, les revenus sont souvent faibles, tandis qu’on constate une forte
pression démographique. Ce qui entraine une croissance de la consommation provoquant ainsi une
faible épargne et donc de l’investissement. De plus l’augmentation de la population entraine une
progression rapide des dépenses d’éducation et de santé qui pèsent lourdement sur le budget des
Etats.
2.1.2. Croissance démographique et emploi :
La pression démographique entraine de nouveaux demandeurs d’emplois sur le marché du travail.
Ce qui aggrave le chômage qui a déjà atteint des proportions inquiétantes dans les pays en
développement. Ce gonflement du potentiel de mains d’œuvres jeunes, alors que la productivité
n’augmente pas, peut entrainer des conséquences sociales, économiques et politiques énormes
(augmentation des dépenses publiques, chômage, insécurité, dégradation des meurs etc.).
2.2. Les effets positifs :
Dans une conjoncture économique favorable, la croissance démographique peut jouer positivement
à la fois sur la demande et sur l’offre des agents économiques.
2.2.1. Effet sur la demande :
La croissance démographique entraine une augmentation des biens et donc de la consommation.
Elle peut aussi provoquer une hausse de l’investissement à terme d’infrastructures et d’équipements
de nouveaux locaux. La croissance démographique peut donc avoir un effet positif sur la capacité
de travail des individus mais aussi sur l’aptitude à l’égard de l’épargne et de l’investissement. Ce
qui facilite la réalisation d’économies d’échelles et l’intensification de l’effort productif.
Enfin, elle peut être aussi à l’origine de la création d’entreprises modernes et la réalisation de
projets de développement grâce à l’élargissement de la taille du marché et par la hausse des prix.
La croissance démographique augmente également la valeur du capital foncier et immobilier.
2.2.2. Effet sur l’offre :
La modification de l’offre de travail liée à l’accroissement démographique, sont à la source de deux
mécanismes générateurs de gain de productivité :
Le remplacement de générations travailleuses analphabètes ou semi-analphabètes par une
génération nouvelle mieux formée, plus ouvertes à la modernité. Ce processus de renouvellement
naturel de la population active est d’autant plus rapide que la croissance démographique est forte
et les progrès de l’instruction sont marqués.
La migration géographique et sectorielle liée à la pression géographique dans les campagnes. Ce
transfert de la population active d’une agriculture en baisse de productivité vers les secteurs à
haute productivité à généralement pour résultat une progression de la productivité moyenne. Le
gonflement de la main d’œuvre non agricole peut en outre entrainer une hausse des prix des biens
alimentaires susceptibles de réduire la rigidité de l’offre agricole et facilité l’adoption d’une
stratégie de politiques industrielles de biens manufacturés à forte intensité de mains d’œuvres.
Chapitre 2 : Le sous-développement
Introduction
Le sous-développement est un concept assez mal aisé à définir. Il est plutôt facile à repérer
un certains nombres de facteurs appelés critères du sous-développement. On peut retenir cependant
que le sous-développement est une situation dans laquelle l’Etat et la société ne disposent pas de
moyens nécessaires pour satisfaire les besoins essentiels de la population. On peut aussi le définir
comme la situation d’une économie qui n’arrive pas à couvrir les coûts de l’homme.
Statistiquement, c’est l’état d’un pays dont le revenu par habitant et par an est inférieur au revenu
moyen et annuel mondial.
Section 1 : Les caractéristiques du sous-développement
Longtemps, on a opposé les pays développés aux pays sous-développés. Aujourd’hui, les
PSD ne forment plus un exemple homogène car, il existe aussi entre eux de très fortes inégalités de
développement. A ces pays sous-développés on leur attribue le nom de tiers monde. Il regroupe 121
Etats, de l’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique. Le tiers monde est une expression créée par le
démographe Alfred Sauvy au début des années 50 pour désigner, par analogie avec la notion
politique de « tiers Etats » les pays qui cherchaient une alternative politique et économique « une
troisième voie » face aux mondes capitalistique et socialiste.
A la notion de PSD on préfère l’expression pays en voie de développement (PVD) ou tout
simplement pays en développement (PED).
Cette notion de sous-développement est récente. Ce sont les « laissés »pour compte de la
croissance aspirant à un développement cohérent et autonome. Il faut bien voir que la notion de
sous-développement change en fonction des pays observés : elle est hétérogène.
Les dimensions du sous-développement sont multiples :
1) Elles sont économiques
Des PIB / HBT faibles, un endettement important, un commerce spécialisé dans les produits
agricoles, ou dans les produits à faibles valeurs ajoutées, des infrastructures insuffisantes… On peut
noter aussi une proportion très importante de la population active dans les secteurs primaire et
secondaire et une part très importante de la production primaire dans le PNB.
2) Elles sont démographiques
Une démographie importante (taux de natalité élevé) et un taux de mortalité élevé avec une
espérance de vie faible.
3) Elles sont sociales
Il s’agit des problèmes de sous nutrition ou de mal nutrition, un accès aux soins difficile, un
taux de scolarisation faible (surtout chez les filles) des conditions de vie rudes (mauvais logement,
accès à l’eau…)
4) Elles sont structurelles
a) Des économies en retard et désarticulées
Ce sont des économies en retard par rapport aux économies développées. Ce sont des
économies désarticulées : un secteur industriel moderne et extraverti côtoie un secteur traditionnel
d’autosubsistance. Entre les deux se situe une zone d’économie informelle concentrée dans les
grandes villes.
b) Des économies dépendantes des pays développées
Ces économies sont soumises à une dépendance :
b-1 /commerciale : Les pays développés sont leurs seuls clients et ce sont ces derniers qui
fixent les prix, à l’exception de ceux du pétrole.
La dépendance commerciale s’observe au plan :
de la composition des produits exportés et importés : les PVD exportent en majorité des produits de
base. Il s’agit surtout de produits miniers et agricoles. Le volume des exportations de ces pays
dépend surtout de la pluviométrie, c’est ainsi que dans les pays de l’Afrique subsaharienne, on
constate une baisse des recettes d’exportation due à une série de sécheresse observées depuis le
début des années 80. La production dans ces pays est peu diversifiée (monoproduction). Ils
exportent généralement un ou deux produits. Pour ce qui est de la composition des importations, les
PVD sont de gros importateurs de produits manufacturés.
de l’orientation géographique de nos exportations : les PVD commercent particulièrement avec les
pays développés. C’est ainsi que les pays africains de la zone franc ont comme partenaire la France.
Cela peut être expliqué d’abord par l’histoire (coloniale), ensuite par l’existence d’une parité fixe
entre notre monnaie le FCFA et l’euro et enfin par la convention liant la CEE (communauté
économique européenne) aux pays ACP (Afrique caraïbe pacifique). . Le commerce entre pays du
Sud est très faible ; ce qui fait que nos économies sont extraverties (tournées vers l’extérieur) et
l’intégration économique tant souhaitée tarde à se réaliser.
de la fixation des prix des matières premières : les prix des produits de bases sont décidés par les
pays développés. En effet ces prix sont fixés dans des bourses de commerce, c'est-à-dire un
ensemble de téléphones et de télex où le sort des matières est défini sans pour autant que les PVD
ne soient représentés. C’est pourquoi les prix de ces produits fluctuent, entrainant une détérioration
des termes de l’échange (DTE). En effet, en exportant des produits sous évalués et en important des
produits surévalués, les pays du tiers-monde subissent un échange inégal. De même que notre
modèle de consommation dépend de l’extérieur, d’où une dépendance alimentaire.
situés en Afrique, les PMA se caractérisent par un faible niveau de revenu par habitant, un taux
d’alphabétisation inférieur à 20%, un très faible poids du secteur industriel (moins de 10% du PNB)
et des perspectives de développement extrêmement limitées.
Section 2 : Les causes du sous-développement
Le sous-développement a été analysé de façon différente selon les courants de pensée
économique. Pour certains c’est un phénomène naturel et démographique (malédiction) ; pour
d’autres c’est un phénomène conjoncturel, c’est-à-dire un retard (mal nécessaire). Mais aussi, le
sous-développement est considéré comme un produit du développement et résulterait donc d’une
exploitation et d’une domination que les pays du centre exercent sur les pays périphériques. Cette
dernière analyse a été faite particulièrement par François Perroux, Samir-Amir et les marxistes. Le
sous-développement est dû aussi à un cercle vicieux.
1- Les facteurs naturels et démographiques
L’absence de richesse du sous-sol ainsi que les effets défavorables d’un climat tropical ont
souvent été présentés comme des causes naturelles du sous-développement. Pourtant, certains pays
ont réussi à combattre ces handicaps : Australie au Sud des Etats-Unis pour les effets du climat ;
Japon pour l’absence de ressources naturelles ; tandis que certains PED ne présentent pas ces
handicaps. La forte croissance démographique ne constitue pas davantage une explication du
phénomène car dans de nombreux pays d’Asie ou d’Amérique latine, la croissance de la population
a accompagné et favorisé la croissance économique.
2- La thèse du retard de développement
Les économistes libéraux considèrent que le sous-développement n’est qu’un retard au
développement.
Ainsi, Walt Whitman Rostow (né en 1916) dans son livre : les étapes de la croissance (1960),
présente le développement comme une évolution linéaire devant forcément passer par les mêmes
étapes :
Dans la société traditionnelle la productivité du travail est faible car les techniques sont
rudimentaires. L’économie est essentiellement agricole et les mentalités ne sont pas favorables au
développement car un fatalisme à long terme règne : les individus sont persuadés que leurs enfants
et leurs petits-enfants auront approximativement des conditions d’existence identiques ;
Durant les préalables au développement, les conquêtes de la science moderne entraînent de grands
progrès économiques qui vont favoriser les premiers développements de l’agriculture et de
l’industrie. Les marchés mondiaux s’ouvrent et, surtout les mentalités se transforment, le fatalisme
recule et «de nouveaux types d’hommes animés de l’esprit d’entreprise apparaissent ».
L’investissement augmente, notamment dans les transports. Un Etat centralisé et efficace se
substitue aux pouvoirs régionaux traditionnelles. Mais toutes ces formations se produisent à un
rythme modéré.
Durant la phase de démarrage ou take off « en l’espace d’une ou deux décennies, la structure
fondamentale de l’économie et la structure sociale et politique de la société se transforment de telle
façon que le taux de croissance de l’économie pourra par la suite rester constant » L’investissement
et l’épargne doublent et passent d’à peu près de 5% du revenu national à plus de 10%. Des
industries nouvelles comme le textile ou la métallurgie se développement rapidement et amènent un
accroissement considérable des revenus ;
Le progrès technique et la modernisation (la maturité) se diffusent à l’ensemble de l’économie
durant la période de la marche vers la maturité. Les anciennes industries plafonnent, mais de
nouvelles industries comme la chimie ou l’industrie électrique se développent ;
L’ère de la consommation de masse représente la dernière étape ; les principaux secteurs de
l’économie deviennent la production de biens et services. La population s’urbanise et la main
d’œuvre est de plus en plus qualifiée. L’Etat-providence assume la prise en charge collective de la
plupart des risques.
Cette analyse, d’inspiration libérale, montre ainsi que les pays du tiers-monde sont à un
stade où se trouvaient autre fois les pays aujourd’hui développés, le sous-développement n’est
qu’un retard du développement. Ces retards actuels de développement s’expliquent alors par une
main-d’œuvre abondante et peu qualifiée, un taux très faible de la croissance et une absence de
véritables entrepreneurs.
Tous les pays atteindront l’étape ultime de la consommation de masse ; mais pour hâter cette
échéance, il est nécessaire que les différentes nations mettent en place les principes du libéralisme et
acceptent de s’ouvrir sur l’extérieur.
3- Le sous-développement conséquence du développement
D’autres économistes refusent de considérer que les PED suivent les traces des pays développés
avec un siècle de retard, car l’économie mondiale leur paraît dominée hier comme aujourd’hui par
ces mêmes pays développés. Le sous-développement correspond alors au « blocage de
croissance », selon l’expression de François Perroux, résultant de la domination des pays
développés. Le sous-développement des uns serait alors la conséquence du développement des
autres. Plusieurs manifestations de ce processus sont ainsi mises en avant :
« L’échange inégal » qui maintient les pays en développement dans la production de produits de
base (d’origine agricole et minière) et les condamne à servir de débouchés aux produits
manufacturés des pays industrialisés ;
Le développement des cultures d’exploitation réservés aux marchés étrangers (coton, arachides,
tabac…) permettent d’améliorer le niveau de subsistance des populations ;
La dégradation des termes de l’échange qui appauvrit les PED puisqu’ils achètent de plus en plus
cher des produits étrangers alors que les prix des produits qu’ils exportent eux-mêmes diminuent ;
Le développement du dualisme économique et social ; c'est-à-dire la coupure, la fragmentation des
structures économiques et sociales en deux groupes séparés (opposition entre un secteur moderne et
un secteur traditionnel, dans l’agriculture comme dans l’industrie ; opposition entre les villes et les
campagnes, etc.)
4- Le cercle vicieux
Pour Ragnar Nurske, le sous-développement serait dû à un cercle vicieux. Dans Problèmes
of Capital Formation in Underdéveloped Countries (1953), Ragnar Nurske explique que la pauvreté
et le sous- développement sont des phénomènes auto-entretenus. En raison de la pauvreté et d’un
revenu national insuffisant, les PED ne dégagent pas d’épargne nécessaire pour financer
l’investissement productif qui pourrait générer le développement. Le manque d’investissement ainsi
que la malnutrition limitent la productivité du travail. L’insuffisance de l’épargne nationale pourrait
être comblée par des capitaux étrangers, mais cela risque de générer un cercle vicieux ; celui du
surendettement.
Introduction :
La balance des paiements est un moyen d’analyse économique de premier plan. Elle est un
document comptable récapitulant tous les échanges (marchandises, invisibles, capitaux) d’un pays
avec le reste du monde pendant une période donnée qui est souvent l’année.
Cependant, la balance des paiements nous permet de déterminer les indicateurs du commerce
extérieur. Elle est toujours équilibrée par définition. L’étude de cet équilibre requiert d’abord
l’analyse de la structure de la balance des paiements et les différentes politiques optées par les pays
pour restaurer cet équilibre.
Section 1 : les indicateurs du commerce extérieur :
Ces indicateurs permettent d’apprécier la nature, l’évolution et la structure des relations
commerciales et financières que l’économie nationale entretienne avec l’extérieur.
1. Les indicateurs classiques du commerce international:
L’ouverture internationale d’un pays est son degré de participation aux échanges nationaux,
comparativement à son poids économique. Elle se mesure grâce à un certain nombre d’outils.
1.1. Le degré d’ouverture (coefficient de dépendance ou taux d’ouverture) :
Le degré d’ouverture d’une économie nationale s’exprime par le rapport entre la moyenne des
importations et des exportations et le PIB.
X +M
2 X +M
¿= ∗100 Oubien ¿= ∗100
PIB 2 PIB
Il est variable d’un pays à un autre. Cependant, le volume des exportations et des importations, ne
reflète pas totalement le degré d’ouverture. Tout dépend du montant du PIB.
1.2. Le taux de couverture (TC) :
Le taux de couverture exprime le rapport entre le volume des exportations FAB et le volume des
importations CAF. Il nous permet de savoir si un pays bénéficie ou non des échanges avec
l’extérieur.
Exportation FAB
TC= ∗100
Importation CAF
Un taux de couverture compris entre 95 et 100%, correspondrait à une situation d’équilibre du
commerce permettant ainsi de desserrer la contrainte extérieure.
NB :
Les importations sont évaluées CAF (coût, assurance, fret ou CIF : cost, insurance, freight),
incorpore le montant du transport international et le coût de l’assurance sur ce transport jusqu’au
lieu d’importation.
Les exportations sont évaluées FOB (free on bord ; FAB : franco à bord) ne prend pas les coûts de
transport et d’assurance jusqu’à destination.
Contrainte extérieure : limitation de la marge de manœuvre de politiques économiques par
l’internationalisation de l’économie.
1.3. Le taux d’exportation :
Il exprime le rapport entre le des exportations et le volume du PIB, donc la production intérieure
vendue à l’étranger.
Exportations
TX= ∗100
PIB
1.4. Le taux de pénétration :
Généralement calculer sur un seul produit, il rapporte les importations au marché intérieur. Il
exprime ainsi, la part de la demande intérieure couverte par les produits importés.
Importations
TPE= ∗100
Demande intérieure
CHEIKH TOURE PROF AU NLLGA Tel : 77 556 58 93 E-mail : [email protected] Page 14
RESUME DE COURS TL2
On appelle compétitivité la capacité d’une entreprise où d’une économie à faire face à ses
concurrents sur le marché interne et sur le marché externe. C’est donc l’aptitude à conquérir des
parts de marché. Car l’objectif d’une entreprise ou d’un pays est de maintenir et si possible accroitre
ses parts de marché. On distingue traditionnellement la compétitivité prix et la compétitivité
structurelle (compétitivité hors prix).
2.1. La compétitivité prix :
Elle traduit la capacité à proposer sur le marché des produits à des prix inférieurs à ceux de ses
concurrents. Elle peut être interne ou externe.
2.2. La compétitivité structurelle :
Elle désigne la capacité à conquérir des parts de marché indépendamment du niveau des prix,
dépendant donc de critères plus qualitatifs et liés à l’internationalisation du marché, ainsi qu’à la
complexité de la concurrence. Elle est principalement fonction de la différentiation des produits, la
qualité et l’innovation du produit, la relation avec la clientèle, l’adaptation à la demande. Cette
compétitivité est plutôt de l’ordre du long terme et elle demande du temps pour se construire.
Section 2 : la structure la balance des paiements :
La balance des paiements est composée de plusieurs balances particulières, qui sont regroupées sous
des comptes différents. Elle suit une certaine logique d’enregistrement et présente différents soldes.
1. Les comptes de la balance des paiements (BP) :
La balance des paiements se compose de trois comptes principaux : le compte des transactions
courantes; le compte capital; le compte financier et d’un poste appelé erreurs et omissions nettes.
1.1 Le compte des transactions courantes (opérations ou paiements courants) (BTC):
La balance des transactions courantes dégage le solde des échanges de marchandises, de services et
des revenus.
1.1.1 La balance commerciale (BC) :
Elle concerne les mouvements de marchandises. C'est-à-dire le commerce extérieur qui prend en
compte les exportations (entrée de devises) et les importations (sortie de devises).
Le solde de la balance commerciale est très important du fait qu’il représente généralement les 2/3
de la balance des paiements et qu’il traduit le dynamisme d’une économie.
1.1.2 La balance des services (BS) :
Elle enregistre toute opération comprenant des entrées ou des sorties relatives de devises tels que :
les assurances, transport, brevets, licences, marques, coopération technique, intérêts, dividendes, les
transferts de salaires, voyages et tourisme.
1.1.3 La balance des transferts unilatéraux (ou prestations gratuites) (BTU) :
Elle prend en compte les transferts sans contrepartie comme les dons publics et privés ; aides au
développement, les transferts de revenus des travailleurs étrangers vers leurs pays d’origine.
1.1.4 La balance des invisibles (BI) :
Ils sont dit invisible parce qu’ils ne portent pas toujours sur des échanges « matérielles ». En fait, le
solde de la balance des invisibles, est égal au solde de la balance des services plus le solde de la
balance des transferts unilatéraux.( BI = BS + BTU )
NB :≤solde de la balance des transactions courantes
BTC=solde de la balance commerciale ( BC ) +solde de la balance des invisibles (BI )
de productivité soient semblables et que les taux d’intérêts soient comparables. Ce processus est
aussi réversible.
2. Ajustement par les revenus :
Un déficit de la balance des paiements implique le plus souvent une faiblesse des exportations. Ce
qui provoque un effet multiplicateur amoindri (analyse keynésienne). La multiplication plus faible
des revenus va engendrer des besoins moins importants en biens nationaux, mais aussi en biens
importés. La baisse drastique des importations, amène que le déséquilibre a tendance à se résorber.
3. La manipulation des taux de change :
La manipulation des taux de change peut prendre la forme d’une dévaluation ou d’une réévaluation.
3.1. La dévaluation :
La dévaluation est une décision officielle des autorités (monétaires) qui consiste à baisser la parité
d’une monnaie par rapport à une autre monnaie ou par rapport à une monnaie étrangère. Elle n’est
possible que dans un système de change fixe et vise à augmenter le taux de change officiel, lorsqu’il
exprime la valeur de la monnaie étrangère.
La dévaluation a pour objectif d’accroitre les exportations et de réduire les importations.
En effet, tout porte à croire qu’une baisse du taux de change nominal stimule les exportations et
compresse les importations qui sont plus couteuse.
En réalité, ces mécanismes peuvent se révéler plus complexe et prennent du temps pour se mettre en
marche.
Explication du phénomène : les effets d’une dévaluation ne sont pas immédiats. Dans un premier
temps la valeur des importations augmentent car celles-ci deviennent plus chères et les agents ne
réduisent par leurs achats en produits étrangers. Les exportations dont le volume ne s’accroit pas
aussitôt rapportent moins de devises. C’est seulement après un certain délai que le solde des
échanges s’améliore avec l’augmentation du volume des exportations
3.1.1. Les effets de la dévaluation :
Les effets d’une dévaluation peuvent être positifs comme négatifs.
3.1.1.1. Effets positifs de la dévaluation :
Effets quantité ou de substitution : La dévaluation de la monnaie entraine la baisse des prix des
marchandises locales conduisant à une augmentation de la demande extérieure. En outre la
dévaluation entraine le renchérissement des marchandises étrangères réduisant ainsi la demande
nationale en produits étrangers d’où une diminution des importations. Par conséquent, ces deux
effets vont contribuer à l’amélioration de la balance commerciale.
La promotion des produits locaux : la baisse de la parité de la monnaie nationale rend les
importations plus onéreuses. Les consommateurs s’orientent donc vers les produits locaux. Cette
situation provoque une hausse de la demande locale en produits domestiques. D’où l’augmentation
de la production et donc des investissements. La consommation locale permet entre autre de
diminuer le volume des importations et par conséquent de réduire le déficit commercial.
La réduction du déficit budgétaire : l’augmentation des exportations génèrent des recettes
budgétaires supplémentaires (hausse des réserves) de même sur plan touristique, la destination
nationale devient plus attrayante entrainant une entrée des devises. Parallèlement les dépenses
diminuent à cause de la réduction des importations. Ce qui se traduit par une amélioration du solde
budgétaire.
La hausse des exportations, la promotion des produits locaux, la réduction du déficit budgétaire
permettent de disposer de ressources financières supplémentaires destinées à l’investissement. Un
investissement rentable à cause de la demande (externe et interne) en produits locaux. La reprise de
la croissance va ainsi permettre de restaurer la crédibilité de l’économie.
3.1.1.2. Effets négatifs d’une dévaluation :
Effet de valorisation : si l’appareil productif est faible, les recettes d’exportations ne pourront pas
augmenter car celles-ci ne sont pas compétitives. Les exportations peuvent même baisser alors que
les importations étant nécessaire au bon fonctionnement de l’économie (importations
incompressibles) augmentent en valeur. Ce qui entraine une aggravation du déficit de la balance
commerciale.
L’inflation : elle s’explique pour deux raisons ; la première est d’ordre spéculatif, c'est-à-dire
cherchant à tirer profit par anticipation de l’évolution du niveau général des prix. La seconde est
l’augmentation des prix des produits importés (inflation importée).
La surévaluation de la dette extérieure : une dévaluation entraine une surévaluation de la dette
extérieure. En effet, la baisse de la parité d’une monnaie entraine une hausse du taux de change par
rapport aux autres monnaies. Ce qui se traduit par une augmentation de la valeur de la dette
publique réelle libellée en monnaie étrangère.
La perte du pouvoir d’achat : les revenus augmentent moins vite que les prix. Les consommateurs
voient donc leur capacité d’achat diminuée.
Les troubles sociaux : la baisse du pouvoir d’achat peut amener les organisations syndicales à
revendiquer une hausse des salaires (indexés les salaires sur la hausse des prix). Cette situation peut
déboucher sur des tensions sociales (grèves, manifestations etc.) qui ont des effets nuisibles sur le
système productif déjà exsangue.
3.1.2. Les mesures d’accompagnement :
Ce sont des décisions politiques, économiques, sociales et financières prises dans le but d’atténuer
les effets négatifs de la dévaluation. Elles peuvent être externes ou interne.
3.1.2.1. Les mesures internes :
Augmentation des salaires sans hypothéquer les bénéfices de la dévaluation (lutter contre la baisse
du pouvoir d’achat).
Fixation des prix des produits de premières nécessités pour permettre leur accessibilité à la majorité
de la population.
La politique de promotion de produits locaux (campagne publicitaire, baisse des taxes, accès facile
aux crédits par les entreprises).
3.1.2.2. Les mesures externes :
Accroissement de l’aide internationale : entrée massive de capitaux pour soutenir la dévaluation.
Annulation d’une partie de la dette extérieure pour éviter la sortie massive de capitaux.
Renforcement de la coopération internationale.
3.2. La réévaluation :
Techniquement la réévaluation est la symétrie de la dévaluation. Elle consiste à une modification à
la hausse de la parité d’une monnaie nationale par rapport à une autre devise.
3.2.1. Les causes :
D’une part un pays peut être amené à réévaluer sa monnaie à la demande de ses partenaires
économiques et commerciaux car il a un excédent permanant par rapport à ces pays (exemple
l’Allemagne dans l’ancienne CEE).
D’autre part, un pays peut pratiquer une réévaluation pour lutter contre l’inflation.
3.2.2. Les effets :
Une réévaluation entraine une monnaie nationale plus chère et une monnaie étrangère moins chère.
Ce qui se traduit par une hausse des importations contre aux exportions qui baissent.
La réévaluation permet d’apprécier la monnaie nationale (monnaie forte). Cette monnaie forte
permet l’attraction de placements et donc plus de disponibilités financières nécessaires à
l’investissement d’où l’accroissement de la production.
3.3. La réglementation commerciale :
Elle consiste en un ensemble de mesure visant à rétablir l’équilibre de la balance des paiements.
Lorsque la balance des paiements est déficitaire, une réglementation commerciale visera à limiter
les importations et accroitre les exportations. Pour réduire les importations, on applique des mesures
tarifaires et tarifaires. Les mesures sont des actions qui portent sur les taxes et les droits de douanes.
Une hausse des droites de douanes décourage les importations. Les mesures sont tarifaires
concernent un ensemble d’actions pouvant aller du contingentement à la prohibition. Pour accroitre
les exportations, des actions peuvent entreprises : augmenter les subventions d’exportations, réduire
la fiscalité et les coûts de production des entreprises exportatrices.
3.4. La compensation internationale :
Elle vise à financer les importations par les recettes d’exportations. Un déficit des échanges
extérieurs entre deux pays pourra ainsi se régler de deux manières :
La banque centrale du pays déficitaire ne paiera que la valeur du déficit à la banque centrale du pays
excédentaire.
Le pays déficitaire peut chercher à compenser son déficit par un excédent équivalent de l’année
précédente. Cet excédent est appelé excédent compensatoire.
La compensation internationale peut être bilatérale ou multilatérale.
3.5. Les changes flottants :
Le déséquilibre d’une balance des paiements peut être rétabli par les changes flottants. Les
monnaies sont donc considérées dans ce cas comme des marchandises.
Une balance des paiements déficitaire implique que la monnaie nationale est demandée à
l’extérieur. La baisse de la valeur de la monnaie qui découle de la diminution de la demande
étrangère en monnaie nationale va conduire à l’établissement d’un taux de change correspondant à
un niveau bas de la monnaie. La baisse de la parité de la monnaie pourra ainsi conduire à
l’augmentation des exportations et la diminution des importations permettant la réduction du déficit
pouvant aboutir à l’équilibre de la balance des paiements et inversement.
Les autres mesures : les mesures administratives décourageantes, les prohibitions commerciales qui
sont de véritables interdictions d’importer (l’embargo par exemple).
l’Etat producteur : L’Etat peut s’impliquer directement dans l’activité économique en produisant
des biens et services collectifs mais aussi en participant dans le capital de certaines entreprises. Un
secteur public et parapublic très important se d développent alors dans certain pays.
l’Etat redistributeur: L’Etat assure une fonction sociale de prévention des risques et de
redistribution des revenus. Il prélève des impôts, des cotisations sociales pour les réserver à d’autres
agents économiques. L’objectif est de réduire les inégalités liées à la répartition primaire des
revenus.
L’Etat régulateur : L’Etat peut stabiliser l’activité économique afin de maintenir les grands
équilibres (emploi, croissance, la stabilité des prix et l’équilibre extérieur « carrée magique
de Kaldor »
accroissement des réserves non rémunérés qui obligent les banques à restreindre leurs activités. La
restriction dans la distribution du crédit freine la progression de la masse monétaire et inversement.
2.1.3 L’escompte et le réescompte :
Elle consiste à restreindre la création monétaire des institutions de crédit en augmentant le coût de
l’emprunt (taux d’intérêt). Ce qui va entrainer des demandes de crédits de la part des agents
économiques. Quant à la réescompte, c’est une opération par laquelle, la banque centrale fournit des
liquidités aux banques commerciales en acquérant auprès d’elles des titres de crédits privés comme
les effets de commerce ou de titres publics comme les bons du trésor.
2.1.4 La politique d’open-market ou l’action sur le marché monétaire :
Par une politique d’open-market, la banque centrale a la possibilité d’agir sur les taux du marché
monétaire et d’influencer les crédits bancaires en modifiant les conditions de refinancement. Ainsi,
si la banque centrale met en œuvre une politique monétaire expansionniste, elle achète des titres sur
le marché. Leur paiement se traduit alors par un apport de monnaie centrale sur ce marché, ce qui
tend à faire baisser le taux d’intérêt, qui est une situation favorable à l’investissement et à la
demande globale.
Inversement, une politique monétaire restrictive consistera à vendre des titres, ce qui restreint la
masse monétaire. Cette restriction de la masse monétaire renchérit le coût du financement et donc
une hausse du taux d’intérêt. La hausse des taux d’intérêt réduit la consommation et
l’investissement et par conséquent la demande. Ce qui atténue l’inflation et un ralentissement de
l’activité économique.
2.2 Les limites de la politique monétaire :
2.2.1 Incompatibilité des objectifs :
Une restriction de la masse monétaire pour freiner l’inflation, peut ralentir l’activité économique et
donc la croissance. Un accroissement de la masse monétaire pour relancer l’activité économique,
peut générer un spiral inflationniste. Il est donc difficile d’atteindre à la fois plusieurs objectifs avec
une politique monétaire.
2.2.2 Le taux d’intérêt :
Un taux d’intérêt élevé freine la progression de l’investissement, ce qui affecte négativement la
demande et donc un ralentissement de l’activité économique. Par contre un taux d’intérêt faible
entraine une augmentation de la demande globale, ce qui peut avoir un effet inflationniste.
1. Historique de l’UEMOA :
Succédant à l’union monétaire ouest africaine (UMOA) crée en 1963, l’UEMOA a été créé par le
traité de Dakar signé le 10 janvier 1994 par les chefs d’Etat et de gouvernements des 7 pays de
l’Afrique de l’ouest ayant en commun l’usage d’une monnaie commune le FCFA. Il s’agit du
Bénin, du Burkina Faso, de la Cote d’ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo. Le traité est
entré en vigueur le premier août après sa ratification par les Etats membres à la même année. Le 2
mai 1997, la Guinée Bissau est devenue le huitième Etat membre de l’union.
2. Les objectifs de l’UEMOA :
Les objectifs de l’UEMOA sont immenses, l’objectif principal est la constitution d’un espace
économique intégré à partir de la monnaie unique le FCFA. La réalisation de ces objectifs
concerne :
Le renforcement de la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres
dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel.
La convergence des performances des politiques économiques des Etats membres avec la mise en
œuvre d’un dispositif multilatéral.
La création d’un marché commun à l’intérieur duquel, les biens, les services et les personnes
circulent librement et où le droit d’établissement des personnes sera assuré.
La coordination des politiques sectorielles nationales et la mise en œuvre de politiques communes
ainsi que dans le domaine des ressources humaines de l’aménagement du territoire, des transports et
télé communication, de l’environnement, de l’agriculture, de l’énergie, de l’industrie et des mines.
Enfin, l’harmonisation et l’assainissement de l’environnement légal et réglementaire en particulier
le régime de la fiscalité.
3. Les atouts de l’UEMOA :
L’UEMO dispose d’un certains nombres d’atout pour la réalisation effective du marché commun.
Une unité monétaire commune : le FCFA.
Un tarif extérieur commun (TEC) et une politique commerciale commune.
Un marché financier régional et une bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
Une forte mobilité de la main d’œuvre, une complémentarité relative des structures économiques,
un patrimoine historique et culturel commun et l’usage de langues locales communes et de la langue
française.
4. Les difficultés rencontrées par l’UEMOA :
1.1. La stagnation de l’investissement :
La faiblesse de l’épargne intérieure explique largement cette stagnation imputable également à
l’étroitesse des marchés et à la faiblesse des pouvoirs d’achat des populations locales. De plus la
mauvaise qualité des infrastructures. Selon la banque mondiale, ils auraient coûtés 1,2 milliards de
dollars de manque d’investissement à l’Afrique subsaharienne au cours de 20 dernières années. En
outre au niveau des investissements directs, les entreprises étrangères sont réticentes à investir dans
la zone UEMOA à cause du manque d’information. En définitive, la faiblesse des investissements
dénonce des obstacles tels que la hausse des droits de douanes, le manque de transparence des droits
des affaires, l’imprévisibilité des politiques gouvernementales, l’instabilité politique, l’existence
d’un commerce informel important créant des distorsions d’échange.
1.2. La dette de l’UEMOA :
La dette est l’une des contraintes la plus fréquente au sein des pays de l’UEMOA. La charge
financière qu’elle représente dépasse le plus souvent les capacités de remboursement de ses Etats.
Les causes de cet endettement sont multiples : l’insuffisance de l’épargne publique liée à la faible
productivité des économies, les déficits structurels des balances des paiements, la spécialisation
dans les exportations à faible valeur ajoutée, la cohérence des politiques macroéconomiques et de
réformes structurelles.
Concernant la dette extérieure, elle représentait en 1996 45% du PNB du Burkina Faso, 60% au
Sénégal et au Niger, 115% au Mali, plus d’une fois et demie du PNB de la Cote d’ivoire.
Le service de la dette absorbe plus de 20% des recettes d’exportations des pays de l’UEMOA et
malgré leur remboursement, ces pays se retrouvent trois fois plus endettés qu’il y a 15 ans. Ce qui
est une situation incompatible avec un développement réel et durable.
1.3. L’instabilité sociale et politique :
La région africaine est souvent présentée comme une zone d’une fragile instabilité sociale et
politique. Ainsi, la plupart des pays de l’UEMOA ont souffert des coups d’Etat, des coups de force
et des élections anti-démocratiques. A cela s’ajoute la corruption qui gangrène les gouvernements.
Tous ces facteurs compromettent la constitution d’espace économique intégré nécessaire au
processus de croissance et de développement des pays membres de l’UEMOA.
5. Les critères de convergence :
1.4. Les critères de premiers rangs :
Ratio du solde budgétaire de base (recette totale hors dons moins dépenses courantes moins
dépenses d’investissements publics) rapporté au PIB nominal devrait être positif en l’an 2000. C’est
un critère clé.
Taux d’inflation annuel moyen devrait être maintenu à 3% au maximum par an.
Ratio encours de la dette intérieur et extérieur rapporté au PIB nominal ne devrait pas excéder 75%
à l’an 2002.
1.5. Les critères de seconds rangs :
Ratio masse salariale rapporté aux recettes fiscales ne devrait pas excéder 35% en l’an 2000.
Ratio investissements publics financés sur ressources internes rapporté aux recettes fiscales devrait
atteindre 20% à l’an 2002.
Ratio déficit extérieur courant hors dons rapporté au PIB nominal ne devrait pas excéder 5%.
Taux de pression fiscale égal recettes fiscales sur le PIB nominal devrait être supérieur à 17% à l’an
2002.
NB : seul le Sénégal a respecté les 7 critères sur 8.
On remarque que dans un tel système, seuls les États-Unis n’ont pas besoin de se soucier, a priori,
du cours de leur monnaie vu qu’elle fait office d’étalon. Ainsi les États-Unis pouvaient connaître
d’importants déficits sans être soumis aux remarques du FMI.
III- Le Gatt
1- Présentation
Accord général sur les tarifs douanières et le commerce(Gatt) en anglais Général Agreement on
Tarifs and Trade), traité de commerce international signé à Genève (Suisse) en 1947 par les
représentants de 23 nationaux non communistes.
Le principal effet de cet accord est de constituer une organisation internationale destinée à
favoriser l’expansion du commerce multinational en assurant une réduction des barrières à
l’échange tant tarifaire (droits de douane) que non tarifaires (quotas), mais également de faciliter
le règlement des différends commerciaux internationaux.
2- Ses principes fondamentaux
Plus de 100 pays avaient signé les accords du Gatt qui comportent une double dimension. Le Gatt
énonce un ensemble de principes et de règles que les pays signataires s’engagent à respecter mais
il organise aussi périodiquement de grandes négociations commerciales : les Rounds.
Le 1er principe du Gatt est lanon discrimination entre les nations, le commerce international doit se
développer sur la base du multilatéralisme et non du bilatéralisme accord entre deux seulement à
l’exclusion des autres. Ce principe énonce plusieurs règles :
La clause de la nation la plus favorisée implique l’engagement d’étendre à tous les pays signataires
de l’accord les conditions les plus favorables appliquées à l’un de ceux-ci. Ainsi, tout nouveau
signataire bénéficie de toutes les concessions déjà réalisées par leur autres pays.
La règle de réciprocité (un pays abaisse ses barrières commerciales si ses partenaires lui accordent
des avantages équivalents.
La règle du traitement national : aucune discrimination entre les producteurs nationaux et ceux des
pays signataire.
Le second principe est l’annulation des restrictions aux échanges (droits de douanes élevés,
restrictions quantitatives etc.) et du dumping (prix des exportations moins chers que les produits
vendus sur le marché intérieur).
La principale conséquence des accords du Gatt est la diminution très importante des barrières
tarifaires (les droits de douanes) qui faussaient les règles de la libre concurrence en favorisant les
producteurs nationaux.
Mais le Gatt, malgré ces succès en terme de libéralisation des échanges soufrait de plus en
plus d’un certain nombre de handicapes par exemple dans le domaine de la résolution de conflits
commerciaux pouvant apparaitre entre deux membres signataires. De plus, l’extension des
négociations à un nombre croissant de domaines et l’augmentation continue du nombre de pays
membres se sont traduites par un allongement de la durée des Rounds nécessaire à l’élaboration
d’un compromis acceptable par tous.
C’est pourquoi, lors du dernier Round de négociation, les Etats membres se sont mis d’accord pour
mettre sur pied une véritables institution internationale chargée de prendre le relais du Gatt dans le
domaine de la promotion des échanges internationaux.
IV- L’OMC
L’organisation Mondiale du Commerce s’inscrit dans la continuité des négociations menées
dans le cadre du GATT donc à favoriser le développement d’un commerce libre et équitable entre
les nations en fixant les règles de fonctionnement du commerce international et en les faisant
respecter par les Etats membres.
1- Les fonctions de l’OMC
La fonction principale couvre un certain nombre de domaines d’intervention dans lesquels l’OMC
va s’impliquer.
en matière de commerce international appliquées actuellement sont donc le fruit des négociations
menées dans le cadre de l’Uruguay Round.
L’OMC a mis sur pied une procédure unique de règlement des différends commerciaux pouvant
apparaitre entre plusieurs Etats membres qui permet à tout Etat estimant que ses droits sont
bafoués par un autre Etat de déclencher une procédure en plusieurs étapes qui marque de
l’émergence d’un véritable droit international dans le domaine des échanges commerciaux.
Plus de 150 différents ont été portés à la connaissance de l’OMC depuis sa création.
La prise en compte des spécificités des PVD
La majorité des pays membres de l’OMC faisant partie des PVD ou des PMA, et dans le souci
de mettre en place un développement équitable des échanges, les accords conclus dans le cadre de
l’OMC prennent en compte la spécificité de ces pays en mettant en place des dispositions
spécifiques. Ces dispositions prévoient notamment un accroissement des délais accordés à ces pays
pour qu’ils mettent en œuvre certains des dispositions visant à accroitre l’ouverture des économies
nationales. Les pays membres ont par ailleurs l’obligation de garantir les intérêts commerciaux de
ces pays, et l’OMC aide ces pays dans un certain nombre de domaines pour aborder dans de
bonnes conditions l’accroissement des échanges internationaux, liés à l’application des règles du
commerce définies par l‘OMC.
En définitive, l’objectif poursuivi par l’OMC vise non seulement à définir les règles régissant le
commerce international mais aussi à les faire respecter par les Etats membres. Cet objectif s’est
traduit par l’accroissement des domaines d’intervention de cette institution, qui ne pouvait être mis
en œuvre dans le cadre du GATT.
3- Le financement du développement des PVD par l’extérieur
La coopération internationale pour le développement correspond au dialogue noué entre les pays
industrialisés et les pays en développement (dialogue Nord-Sud), dialogue organisée sous l’égide
des Nations Unies, qui ont créé dans ce but en 1964, la conférence des Nations unies pour le
commerce et le développement (CNUCED).
Cette coopération se traduit par le financement du développement des PVD par l’extérieur.
METHODOLOGIE
I. Les calculs d’indicateurs :
Lorsqu’on veut savoir si une variable économique a augmenté ou diminué, on calcule un certain
nombre d’indicateur ; parmi lesquels, on peut citer le taux de croissance, le coefficient
multiplicateur, l’indice, l’écart absolu, l’écart relatif et le taux de croissance annuel moyen.
1. Le taux de croissance ou taux de variation : (indicateur d’évolution)
V A−V D
TC= ∗100
VD
VA : Valeur d’arrivée
VD : Valeur de départ
Exemple : soit le tableau suivant :
Comptes économiques de l’UEMOA en milliards de FCFA
1995 1996 1997 1998 1999
PIB à prix courants 11614, 12782,6 14151,1 15244, 15950,3
6 3
Investissement 2042,7 2158,9 2562,1 2979,3 2866,7
Epargne intérieure 1494,8 1882,8 2308,9 2692,5 2588,0
Indice déflateur 109,7 104,1 103,9 102,6 101,2
Population (en millions d’habitants) 61,2 66,1 67,8 69,6
Source : BECEAO
TAF : Calculer le TC du PIB à prix courants dans les pays de l’UEMOA entre 1996 et 1997.
14151, 1−12782 , 6
TC= =¿ 11%
12782 , 6
Interprétation :11% : entre 1996 et 1997, dans les pays de l’UEMOA, le PIB à prix courants est
passé de 12782,6 milliards à 14151,1 milliards, soit un taux de croissance de 11%.
NB : pour interpréter, il faut faire apparaître : la période de référence, la zone de référence, la
variable économique utilisée, les résultats calculés et l’indicateur.
Remarque 1:Le taux de croissance est aussi appelé taux de variation ou accroissement. Quant aux
taux de croissance du PIB ou du PNB, on parlera de taux de croissance économique.
Remarque 2 :
Dans le PIB à prix constants, on tient compte de l’inflation dans sa détermination. On l’appelle
aussi PIB à valeur nominale.
Le PIB à prix constant ou PIB en volume réel ou PIB déflaté (sans inflation) est déterminé par la
formule suivante :
PIB en valeur
PIB réel=
indice des prix
2. Le taux de croissance annuel moyen (TCAM) (indicateur d’évolution)
Il est aussi appelé taux croissance moyen, il est donné par la formule suivante :
VA 1 /n
TCAM= [( ¿ ¿ −1 ¿∗100
VD
Application:
Calculer le taux de croissance du PIB courant entre 1995 et 1999 et celui de l’investissement entre
1996 et 1998. Interpréter les différents résultats obtenus.
15950 ,3 1 /4
TCAMPIB = [( ¿ ¿ −1¿∗100=8 , 25 %
11614 , 6
2979 ,3 1 /2
TCAMInv= [( ¿ ¿ −1 ¿∗100=17 , 47 %
2158 , 9
Interprétation :
TCAM95/99 = 8,25% : entre 1995 et 1999, dans les pays de L’UEMOA, le PIB à prix courants est
passé de 11614,6 à 15950,3 milliards de FCFA, soit un taux de croissance annuel moyen de 8,25%.
TCAM96/98 = 17,47% : entre 1996 et 1998, dans les pays de l’UEMOA, l’investissement est passé de
2158,9 à 2979,3 milliards de FCFA, soit un taux de croissance annuel moyen de 17,47%.
Interprétation :
2,32 : entre 1997 et 1998, le PIB/hab. en dollars de 1990 de l’Asie est passé de 1536 à 3565, soit un
PIB/hbts multiplié par 2,32.
NB :
Le coefficient de multiplicateur n’a pas d’unité.
Si le taux de croissance est supérieur ou égale à cent, alors on ne doit plus utiliser le TC mais le
CM.
Pour qu’on puisse calculer le CM, il faut qu’il soit au moins supérieur ou égale à 2.
4. L’indice : (indicateur d’évolution)
C’est un outil statistique, qui nous permet de suivre l’évolution d’une grandeur économique. Il est
obtenu à partir de la formule suivante :
'
Grandeur de l année courante
Indice ( i )= '
∗100
Grandeur de l année de base
Remarque : l’année de base est aussi appelée l’année de référence.
Exemple :
Calculer l’indice du PIB à prix constants de 1996, base 100 : 1999.
12782, 6
IPIB à PC 96 = x 100=¿ 80,14
15950 ,3
NB : l’indice n’a pas d’unité.
Interprétation :
80,14 : entre 1996 et 1999, pour les pays de l’UEMOA, le PIB à prix constant est passé de 15950,3
à 12782,6, soit un indice de 80,14. C'est-à-dire une baisse de 19,86 points par rapport à l’année de
base (1999).
NB : l’indice n’a pas d’unité, mais la différence entre deux indices donne des points.
Remarque :
Part partielle
PR = × 10 0 (Son unité en %)
Part totale
Quelques ratios :
' Investissement
Taux d Ivestissement = ∗100
PIB à prix courants
' Epargne
Taux d épargne= ∗100
PIB à prix courants
PIB réel (t)
PIB réel /hbt=
Population(t )
II - principe de construction de graphiques
1- La courbe d’évolution: elle permet de représenter l’évolution d’un phénomène dans le temps. Pour
confectionner une courbe d’évolution il faut tracer deux axes perpendiculaires à un point d’origine ;
l’axe vertical représente les ordonnées et comporte le phénomène à étudier ; l’axe horizontal
représente celui des abscisses et sur lequel on représente le temps. On choisit une échelle pour les
abscisses et une échelle pour les ordonnées. A partir de ces échelles, nous graduons les deux axes. A
chaque année on fait correspondre sa valeur en matérialisant cela par un point sur le plan de
l’intersection de l’année et de sa valeur. On a dès lors une série de points qu’il faut joindre pour
obtenir en définitive la courbe.
Application :
Tableau1 :PIB et investissement au Sénégal de 1991 à 1997 (en milliards de FCFA)
Années 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997
PIB 1519,2 1569,5 1444,0 1666,0 2105,5 2324,2 2472,9
Investissemen 191,9 227,3 208,5 340,2 369,3 435,7 455,1
t
Source : DPS
3000
2500
2000 Investissement
PIB
1500
1000
500
0 Années
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997
5,4
Afrique Subsaharienne : x 360=¿16,12o
120 ,6
7 ,5
Afrique Nord et Proche Orient : x 360=¿22,40o
120 ,6
Calcul des parts en degrés pour le diagramme semi-circulaire : 120,6 180o
5,4
Afrique Subsaharienne : x 180=¿8,6o
120 ,6
7 ,5
Afrique Nord et Proche Orient : x 180=¿11,20o
120 ,6
Titre :Diagramme circulaire des investissements vers les pays en développement
Afrique Subsaharienne
Afrique du Nord et
proche Orient
Asie du Sud
Extrême Orient
Amérique Latine
Europe de l’Est
35000
30000
25000
20000
15000
10000
5000
0 Pays
Etats unis Suède Mexique Botswana Chine Zambie
Source: D’après PNUD
4- Histogramme: On parle d’histogramme ou diagramme en colonne lorsque les barres sont
juxtaposées. Dans le cas où il s’agit d’un diagramme en colonnes ou histogramme chaque variation
est représentée par un rectangle de base constante et de hauteur proportionnelle à la valeur de cette
variation (série quantitative constante et continue).
Application :
5- Le Diagramme en bâtons : C’est la représentation d’une série statistique dont le caractère est
quantitatif discret (valeur isolée ou qualitative). Il se présente sous forme de traits verticaux.
6- Le diagramme rectangulaire :
Tableau : Représentation géographique des exportations du Sénégal en 1997 et 2005 ( en millions
de F.CFA)
Années Afrique Europe Asie Amérique Autres
1997 108376 161695 81142 2575 39268
2005 328079 205638 126016 11394 90444
Source : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) du Sénégal, « échanges
extérieurs du Sénégal » 2007.
Calcul des parts relatives :
Total (1997) = 108376 + 161695 + 81142 + 2575 + 39268 = 395053
Total (2005) = 328079 + 205638 + 126016 + 11394 + 90444 = 763576
108376 108376
Afrique: =27 4 ,33 % Amérique : =¿205,39 %
395053 395053
108376 108376 108376
Europe : =¿409,29 % Asie : =¿6,51 % Autres : =¿9,93 %
395053 395053 395053
Représentation graphique :
Représenter à l’aide de deux diagrammes en barres, la répartition géographique des exportations du
Sénégal entre 1997 et 2005.
100%
90%
80%
Amérique
70% Asie
60% Europe
50% Afrique
Années
40%
30%
20%
10%
0% Années
1997 2005
Source : D’après Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD)
7- Le Diagramme triangulaire
Le diagramme triangulaire permet de visualiser un phénomène à trois grandeurs variables. Il peut
rendre visible des proportions des secteurs primaire – secondaire – tertiaire ou alors celles des
différentes classes d’âge (jeunes – adultes – vieux).Pour construire le diagramme triangulaire il faut:
Tracer un triangle équilatéral ;
Graduer chaque côté de 0 à 100;
Chaque côté est réservé à un secteur;
Sur chaque côté à partir de la valeur, tracez une droite parallèle au côté opposé;
La rencontre des trois droites correspond à l’arrivée, on l’appelle le point de concours.
EXERCICE CORRIGES
A l’aide d’un diagramme en bandes, représentez le PIB réel par habitant (en dollars) en 1960 et en
1991, pour la Corée, les PMA et la Thaïlande.
Dans un repère orthonormé, vous portez en abscisses les années et en ordonnées le PIB réel par
habitant en dollars. Utilisez des motifs distincts pour différencier les bandes concernant les régions.
N’oubliez pas la légende, le titre et la source du graphique.
Question4 : Analyse
A partir des données du tableau, des indicateurs calculés, du graphique construit, vous montrerez les
changements structurels qui peuvent être observés dans un pays en période de croissance
économique.
8320
CM = =12,057
690
Pour les PMA :
VF−VI
TCG= x 100 ;
VI
880−580
TCG= x 100=51, 7 %
580
Interprétation : D’ après la Banque Mondiale, rapport sur le développement PNUD 1994, le PIB
réel par habitant de la Corée a été multiplié par 12,05 en passant de 690 $ à 8320 $ alors que celui
des PMA a augmenté de 51,7 % en passant de 580 $ à 880 $ entre 1960 et 1991
2) Comparaisondu taux de croissance annuel du PNB de la Corée avec celui des PMA entre
1980 et 1997.
VF
CM = (Car la valeur finale est supérieure au double de la valeur initiale)
VI
10
CM = =3 , 5
2, 8
Le PNB de la Corée croit 3,5 fois plus vite que celui des PMA en moyenne par an entre
1980 et 1997.
3) Comparaison du taux de croissance annuel du PNB de la Corée avec celui de la Thaïlande
entre 1980 et 1997.
On peut utiliser le L’écart absolue ou le TCG.
EA = VF –VI
EA = 10 % - 7,8 % = 2,2 points
Le PNB de la Corée a augmenté de 2,2 point plus vite que celui de la Thaïlande en moyenne par an
entre 1980 et 1997.
Question3 : Représentation graphique
c) Des recettes non fiscales : elles proviennent en grande partie des revenus du domaine de
l’Etat par exemple des forêts domaniales et des revenus issus de l’activité industrielle et
commerciale des établissements publics.
Calcul d’indicateurs
1) mesure de l’évolution en pourcentage des différentes composantes des recettes budgétaires
de 1999 à 2000
VA −VD
TC= x 100
VD
537 ,1−491 , 2
TC = x 100=9 , 34 %
491 ,2
D’après la DGCPT, les recettes fiscales du Sénégal sont passées de 491,2 à 537,1 milliards de
francs CFA entre 1999 et 2000, soit une augmentation de 9,34%.
Composantes Taux de croissance
Recettes fiscales 9,34
- impôts directs 21,79
- impôts indirects 5,9
- droits d’enregistrement et de timbre 4,23
Recettes non fiscales 60,25
Source: d’après D G C P T
2) Etablissons un tableau intitulé : « Sénégal, structure des recettes fiscales, 1999 et 2000 en
pourcentage ».
Il s’agit de transformer les données des composantes des recettes fiscales en %.
part partielle
Part relative= x 100
part totale
107 , 5
Exemplepourles impôts directs : PR= x 100=21 , 88 %
491 , 2
D’aprèsla DGCPT, sur 100 milliards de recettes fiscales du Sénégal, les impôts directsétaient
estimés à 21,88 milliards en 1999.
Titre : Sénégal, structure des recettes fiscales, 1999 et 2000 en pourcentage
Composantes 1999 2000
impôts directs 21,88 24,37
impôts indirects 74,27 71,96
droits d’enregistrement et de 3,85 3,67
timbre
Total 100 100
Source: d’après D G C P T
Représentation graphique
Source: d’après D G C P T
Analyse :
Introduction :
Les recettes fiscales sont des revenus d’impôts. Cependant comment la structure des recettes
fiscales a-t-il évolué au Sénégal entre 1999 et 2000 ?
Nous étudierons successivement l’évolution des impôts directs, des impôts indirects et des droits
d’enregistrement et de timbre.
I- L’évolution des impôts directs :
1- Constat
- Augmentation entre 1999 et 2000
- Augmentation de la part relative
2- Explication :
- hausse des revenus des travailleurs
- Hausse des bénéfices des sociétés
II- L’évolution des impôts indirects :
1- Constat
- Augmentation entre 1999 et 2000
- Plus importante part relative en 1999 et en 2000
2- Explication :
- Importance de la production
- Importance des importations
III- L’évolution des droits d’enregistrement et de timbre :
1- Constat
- Augmentation entre 1999 et 2000
- Faible part dans les recettes fiscales en 1999 et en 2000
3- Explication :
- Importance des activités locales
- Faiblesse des coûts
Conclusion :
Les recettes fiscales ont connu un accroissement au Sénégal entre 1999 et 2000. Cependant,
elles sont insuffisantes pour couvrir les dépenses de l’Etat. Force est de recourir à d’autres
ressources.
BAC 2009 L2 Sujet de remplacement
ECONOMIE GENERALE
Tableau : Quelques indicateurs économiques de l’UEMOA
Indicateurs PIB en volume Exportations Importations
Pays 2004 2007 en 2004 en 2004
ECONOMIE GENERALE
Tableau : Commerce extérieur du Sénégal (en millions de francs CFA)
Années 2003 2004 2005
Total Exportations 667 212 674 524 761 572
Total Importations 1 386 099 1 507 920 1 696 683
Exportations vers UEMOA 159 278 162 435 190 291
Importations provenant de l’UEMOA 54 162 53 855 51 013
Exportations vers UE 208 058 196 086 201 505
Importations provenant de l’U.E 647 812 680 546 755 329
Source : DPEE (Direction de la prévision et des études économiques) Ministère de l’Economie et
des Finances
I. CONNAISSANCE DE TERMES ET MECANISMES ECONOMIQUES :
I.1 Définir les termes économiques suivants :
La croissance économique ; (0,5 point)
- Le taux de couverture ; (0,5 point)
- Intégration économique ; (0,5 point)
- Commerce extérieur ; (0,5 point)
I.2 Pourquoi le commerce interne au sein de l’UEMOA est faible ? (02 points)
Répondre à cette question en une dizaine de lignes au maximum.
II.1 Calculez le solde de la balance commerciale du Sénégal en 2003, 2004 et 2005.
Interprétez le résultat de 2005. (02 points)
II.2 Calculez le taux de croissance annuel moyen des exportations et des importations du
1696683 1 /2
TCAMM = [( ¿ ¿ −1 ¿ x 1 00=10 ,64 %
1386099
Représentation graphique :
0 Années
2003 2004 2005
-500000
-1000000
-1500000
ANALYSE
Introduction :
Aucun pays ne peut vivre en autarcie. L’intégration s’impose comme un rapprochement
économique des pays qui décident par la signature d’accords de coopération d’adopter des règles
communes. Mais les échanges commerciaux du Sénégal profitent-ils aux pays de la même union?
Nous mettrons d’abord en exergue l’orientation géographique des échanges commerciaux du
Sénégal avant d’étudier ses effets négatifs sur l’intégration économique de l’UEMOA.
I- L’orientation géographique des échanges commerciaux du Sénégal
Les échanges commerciaux du Sénégal sont plus orientés en Europe qu’aux pays de la
même union monétaire.
1- Dans l’UEMOA
-constat : faible part des échanges commerciaux
-explication : voir réponse I 2
2- En UE
-constat : part importante des échanges commerciaux
-explication : gains de change
II- Les effets négatifs sur l’intégration économique de l’UEMOA.
La répartition inégale des échanges commerciaux du Sénégal au détriment de l’UEMOA
engendre des difficultés énormes pour promouvoir l’intégration économique.
1- Le retard de l’intégration économique
- Processus ralenti du marché commun
- Difficulté d’harmonisation des politiques économiques
2- Crainte d’une intégration poussée
- Intégration : un jeu à somme nulle
-
Conclusion
Les pays de l’UEMOA ont imité le modèle d’intégration européen. Une intégration de la
production serait mieux adaptée car le souci majeur des africains est l’insuffisance de la
production.
BAC 2011 R Classe : TL2
ECONOMIE GENERALE
QUESTIONS
I. CONNAISSANCES DE TERMES ET DE MECANISMES ECONOMIQUES
1) Définissez les termes suivants : secteur d’activités, secteur primaire, PIB, tertiarisation de
l’économie (02 points)
2) Quels sont les pays membres de l’UEMOA ? (01 point)
3) Interprétez la valeur soulignée dans le tableau (01 point)
II. CALCUL D’INDICATEURS
1) Calculez pour chaque année les parts relatives des différents secteurs d’activité dans le PIB de
l’UEMOA ; présentez les résultats dans un tableau. (02 points)
2) Mesurez l’évolution des parts relatives des différents secteurs dans le PIB de l’UEMOA entre
2006 et 2008 ; interprétez un des résultats obtenus. (02 points)
CHEIKH TOURE PROF AU NLLGA Tel : 77 556 58 93 E-mail : [email protected] Page 53
RESUME DE COURS TL2
Lexique
L’Economie en Terminales