LES PROBLEMES DE L'HISTOIRE PRECOLONIALE
EN PAYS BETSILEo : SOURCES ET METHODOLOGIE [
Daniel RAHERISOANJATO
1
Les difficultés du chercheur qui entreprend à Madagascar l'étude de
la période précoloniale se posent, du point de vue méthodologique, au niveau
des sources. Dans ce domaine. deux questions nous paraissent les plus perti-
nentes : 10 - l'absence des documents écrits se rapportant à cette période
de l'histoire; 2 0 - la recherche des« traditionistes .,., c'est-à-dire ceux qui sont
i
les détenteurs du savoir historique.
1
Le travail que nous avons effectué dans le Sud Betsileo nous a donné
l'occasion de faire face à ce genre de probl~me (0). Aussi, nous livrons dans
le cadre de cette étude les résultats d'une enquête menée sur le terrain ainsi
que les solutions apportées.
1 • 'Les documents écrits :
Dans le Betsileo, l'absence de documents écrits est due essentiellement
au retard de la scolarisation de la population. En effet, la région n'a connu
l'écriture que tr~s tardivement, c'est-à-dire vers la deuxi~me moitil du
XIXe siècle, période au'cours de laquelle les missionnaires protestants et catho-
liques se sont établis dans le pays et ont commencé leur travail d'évangélisa-
tion. Ainsi, le peu de sources écrites anciennes dont nous disposons ne pro..
viennent que de récits de voyage des premiers explorateurs du XVIIe ii~c1e,
qui ont ~bordé les côtes malgaches, notamment dans le Sud, et des premiers
voyageurs européens venus à l'intérieur du pays.
Parmi les sources écrites européennes, nous citons l'ouvrage de Fla-
court: Histoire de la Grande lie de Madagascar (1) que l'on peut trouver dans
la collection Grandidier : Collection des ouvrages anciens concernant Mada·
gascar (2). Dans ce document, Flacourt présente une carte de Madagascar
où il fait mention de la région des« Erlngdranes .,.(pour parler de l'Arindrano);
alors qu'il n'y était jamais venu. 1\ n'a fait que rapporter les renseignements
recueillis par ses émissaires qui ont voyagé à l'intérieur du pays à la recher-
che des vivres pour ses compagnons basés à Tolagnaro (Fort-Dauphin). D'au-
tre part, la carte de Flacourt présente des erreurs. Outre les fautes d'ortho-
graphe dans les noms des lieux, il faut relever leur localisation erronée. En
effet. l'auteur a voulu parler de l'Arindrano, qui se situe au Sud de Fianaran-
tsoa. alors que sa carte présente tout~ la région couvrant actuellement Amoo-
sitra. Ambohimahasoa, Fianarantsoa et Ambalavao. A travers les écrits de
Flacourt, nous avons noté aussi l'existence de nc;>mbreux troupeaux de zébus,
(") Fiqui",", n G 1 : Carle de localisation de la région
- 145-
t
N 1
1
1
1 FIANARANTSOA
1
, 1
Chef-lieu de Fivondronana
Â. 0 Ancienne$ résidences royales llari tsenal
Massif d'Andringitra
# ..
(:iI558mJ
? ! l } jincie~nes. divisions territoriales
\ , 1hiemmparihy 1
kilomètres '#
D Gros vIllages actuels { Anjoma 1
....,._00lt...
• Fig.' (àrte de localisation de la région étudiée
point intéressant qui a été signalé plu.s .de deux sl~~les plus tard par Alfred
'Grandidier. En effet, ce deuxi~me auteur a rapport~ dans se~Souue'rlirs de
uoyage, 1865 . 1870 (3). que les Bètslleo étaient ,connus à l'ipoque sous
le nom d'Andriambohitsombilahy Oittéralemerit c les seigneurs des montagnes
riches en bétail .). Faudrait-il voir dans ce passage un Iien'llltre le nom des
habitants et la présence de nombreux troupeaux de zébus- dans la région ?
Parlant des populations locales, Grandidier â ajouté c qu'il n'y ~ pas chez les
Betsileo l'homogénéité qui existe chez les autres nations malgaches : leurs
chefs n'appàrtiennent pas à une seule et même famille comme chez les Merina.
les Sakalava, les Barac.. Ceux de Lalangina sont des Zafy Anarana ; ceux
de l'Arindrano des Zafy Mahafanandry : ceux du Manandriana des
Zanak'Antara ; ceux d'lsandra des Zarabehauana ou Zafy Manariuo ".
Ce passage nous paraît important car il nous renseigne sur l'organisa'
tion socio·politique du Betsileo et ses différentes régions. à savoir. le Lalan·
gina, l'Arindrano, le Manandriana et I1sandra. Cependant. l'auteur n'a pas
donné de précision sur leur localisation.
A la fin du XIX- et vers le début du XX- siècle. les écrits des mission·
naires et les rapports des premiers fonctionnaires du pouvoir colonial consti·
tuent les principales sources écrites se rapportant à la région, A ce propos.
nous [Link] à travers la revue Antananarivo Annual de la Mission
L.M.S. (4). les écrits du Rév. Rowlands. puis les récits de voyage du Dr Mul·
1ens qui. avec les Rév. Cousins et Pillans. a fait partie de la suite de Ranava-
lona Il lors de sa visite à Fianarantsoa en Septembre 1873. -
Du côté des missionnaires catholiques figurent les Lettres dtl Scolasti·
cat d'UcIès (5) où nous avons retrouvé les notes du Monseigneur Cazet. puis
celles du Père Berthieu. qui donnent des informations intéressantes sur le mode
de vie des habitants, leurs coutumes et leurs croyances.
Peuvent être classés parmi les sources écrites europ'éennes :
1°· la Monographie des Betsileo du Père Dubois. un ouvrage monu
mental de 1510 pages qui fournit une mine d'informations ~ur 1ft société ~et
sileo (6) :
2°· l'ouvrage du Dr Catat : Voyage à Madagascar. 1889· 1890 (7) :
3°· les Notes:. Reconnaissances et Exploitations. une revue mensuplll'
de la • Colonie de Madagascar" publiée entre 1897 et 1900 IR).
A la lecture de ces divers documents. il est frappant de constah>r 1;.
curiosité de nombreux auteurs sur certains aspects de la sodété betsileo. Mai<;
il se trouve que ko~ questions historiques n'ont pas été abordée<> ou rlu moin...
elles ont été évoquées tr41s bri4lvement. Ainsi. leur travail nou~ paran ..;uperfj·
ciel. voire incomplet. Pour notre part. nous avons eu l'eCours. en appr~on'
dissant les rechert:hes. à d'autres sources fcrttes det~ local. œuvra d au·
. teurs originaires de la rfglon.
14;
Relevons en premier lieu les ouvrages des pasteurs Rainihifina et Ranai-
vozanany, puis les travaux de Ratongavao Jean-Marie et Rajoharison Maurice-
Michel, tous deux instituteurs de la Mission catholique.
Les premiers auteurs ont publié respectivement Tantara betsileo (9)
et Ny elan'ny Nosy (10), en malgache et dans sa version officielle; donc facile
à lire. Grâce à des appuis financiers fournis par leurs familles ou par des orga-
nisations privées, leurs travaux ont été imprimés à Fianarantsoa, à Antana-
narivo, et on peut s'en procurer facilement dans les grandes librairies de la
capitale et dans les provinces.
Quant aux deux autres auteurs. leurs travaux se distinguent de ceux
de Jeurs compatriotes par le fait qu'ils ont utilisé dans leurs écrits le dialecte
10c~1. En outre, ces auteurs n'ont pas eu Ii\possibilité de faire imprimer leurs
travaux. Nous avons trouvé leurs écrits vendus sur le marché local sous forme
de brochures ronéotypées. ou publiés dans des pages de journaux tels que
Lumière et Iar;uo-Bets ~o (11).
L'étude de ces OU\lrages d'auteurs betsileo pose cependant un double
problème qui touche à la fois le fond et la forme. En ce qui concerne le fond.
nous avons remarqué que ces auteurs ne parlent dans leurs éc~its que d'une
histoire évènementielle se rapportant essentiellement aux règnes de différents
houa (l'équivalent des Andriana ou rois en Imerina) et à leurs guerres de con-
quête contre les royaumes voisins. En outre, les informations sur l'histoire
intérieure de la région. notamment les institutions sociales et politiques, sont
pauvres et les successions des rois semblent confuses. Quant à la forme, de
gros problèmes se posent dans le cas des textes écrits en dialecte local où
les phrases sont lourdes. pleines d'allusions et de proverbes incompréhensi-
bles pour le commun. mais « lum;neux pour ceux qui les comprennent ». A
ce sujet. le chercheur doit « apprendre à ralentir». comme le signale à juste
titre le Professeur Ki-Zerbo. c'est-à-dire réfléchir pour pénétrer la société étu-
diée (12).
Parmi lès sources écrites de type local figurent enfin les biographies
de famille, bien connues sous le terme de Tantaran-drazana (litt. « histoire
des ancêtres»). Il convient de préciser que ce type de documents a faitson
apparition vers la fin du XIX- siècle du fait des progrès de la scolarisation menée
dans la région par les Missions européennes. Coml)'lent les tantaran-drazana
se présentent-ils? Quels types d'informations le chercheur peut-il en tirer?
Tout d'abord. les tantaran-drazana ou biographies de famille sont rédi-
gies en malgache sur de simples feuilles rassemblies dans une couverture-
en carton, ou dans des cahiers scolaires de 20 à 50 pages. Le style est très
simple. sans ditour et çonçu pour faciliter la mimorisatlon. Au début, ces
documents ont été l'œuvre des premiers lettrés de la région. en particulier
des catéchistes. des pasteurs et des instituteurs de Missi~n qui ont consigné
par écrit des traditions de famille recueillies aupr~s de leurs grands-parents.
14~
De ce fait, les tantaran-drazana constituent un héritage précieux pour les famil-
les et revêtent un caractère sacré. Ce sont des documents privés qui ne doi-
vent pas sortir du cercle familial. Aussi, est-il difficile deres èonsulter, à moins
d'être un membre de la famille ou un ami intime.
Pour notre part, l'accès à ces documents n'a pas posé de problème
du fait de notre qualité de zanatany, c'est-à-dire de personne originaire de
la région que tout le monde connait et en qui on peut avoir confiance.
A la lecture de ces documents, nous avons relevé trois types d'infor-
mations:
1°_ des traditions de caractère historique portant sur l'briginp des
ancêtres;
2°_ des généalogies de famille;
3 °- des éléments concernant la propriété fonciè"re.
Aussi, est-il difficile de les consulter sans avoir au préalable une bonne
connaissance du milieu, c'est-à-dire de la famille ou du foko étudié (13).
En outre, l'utilisation de ces biographies de famille exige de la part du
chercheur une ~alyse critique en raison d'une part. des r~nseignements parfois
invraisemblables et des « embellissements - que les narrateurs ont voulu don-
ner à certains personnage$ de leurs récits (14) et d'autre part, à [Link]
[Link] à la défaillance de mémoire. de ceux qui ont reçu les traditions
avant de les fixer, par écrit.
Face à une documenlation écrite déjà élaborée et relativemell~ riche.
mais qui présente toutefois des lacunes et des imperfections. nous avons fait
appel à un autre type de sources. les louantsofina, litt .• héritage par les
oreilles -. .
II- L••."urc•• oral••
En dépit des efforts des missionnaires qui ont introduit la religion chré'
tienne et avec elle l'écriture. la part de la culture orale est encor~ sensible dans '
l'Arindrano. Cette situation se traduit d'ailleurs par la vivacit€ des louanrso·'
fina qui foisonnent dans la réglon. Il se pose cependant une série de problè-
mes auxquels le chercheur doit faire face : ~ qui s'adresser. c'est-à-dire qui
détient les louantsoftna ? Quels typr-, de louantsofina peut-on utiliser pour
retrouver la matière de l'histoire? Peut-on enfin se fier aux informations recueil-
lies ?
En ce qui ~oncerne le problème des détenteurs de louantsofina. il'
n'existe pas. dans le Betsileo comme dans l'ensemble de Madagascar. de spé-
cialistes de la tradition oràle. Ce travail de spécialisation se pratique surtout
dans certaines sociétés d'Afrique. au Mali [Link] Guinée où l'on a affaire
1·1'1
à des griots casMs et professionnels, qul ont leurs r~gles de vie, leur forma-
tion et leurs ~coles d'Initiation (15).
Dans le cas de l'Arindrano, nous r~partlssons nos Informateurs en trois
cat~ories suivant leur qua1lt~ et leur statut de Mmoins. Dans la premi~re aaM-
gorie, nous avons regroupi tous ceux qui po~dent un statut de vieillesse
(les gens de plus de 60 ans) dans la mesure où ils constituent les Mmoins
les moins ~Iolgn~s du p~ historique recherch~. Ces vieilles personnes que
l'on d~slgne sous le terme de ray aman·dreny (litt.c p~re et m~re .) jouissent
partout d'une Incontestable pr~~nce d'honneur, ~tant les premiers respon-
sables politiques d'une soct~~ à pouvoir g~rontocratique. De par leurs fonc:
tions politico-soclales et religieuses, ces personnes ont autoriM sur tous les
membres d'un lignage ou d'un /oko. Dans tous les cas, les ray aman·dreny
pr~sident les c~r~monles rituelles, notamment les lanonana ou grandes r~jouis
sances familiales, et tiennent à cet effet le rôle de c mattres de c~r~monie •.
D'autre part, on vient les consulter sur les questions inMressant le lignage,
l'origine des ancêtres, la fondation des villages, les probl~mes de l'héritage,
notamment en mati~re de propri~~ fonci~re.
Les chefs de famille ou raim·pianakaviana forment la deuxi~me caté-
gorie de nos Informateurs. Se trouvant à un niveau plus r~duit, ayant seule-
ment autorit~ sur les membres de la'famille,ces personnes nous ont livré des
10vantsoftna fournissant les mêmes renseignements, notamment ceux qui tou-
chent la vie de 1eur faml1le. Cependant, du fait de leur participation active
à tous les travaux int~ressant le village, les raim-pianakaviai1a sont en mesure
de nous livrer ses principales traditions, ainsi que les év~nements locaux qui
ont pu traduire dans le village une ~volution sociale, politiaue, démographi-
que, familiale ou religieuse.
Nous àvons en dernier lieu la cat~gorle des mpikabary ,c'est-à-dire les
orateurs. Connûs pour leur talent oratoire et leur grande capacité de m~mo
risation, les [Link] sont des hommes qui se sont inMressés, par curios\t~
intellectuelle,à l'histoire de leur /oko, de leur village ou de leur pays et qui
ont recueilli autour d'eux des 10vantso/ina de toutes sortes et de toutes pro-
ven~nces. C'est ainsi que les festivités organis~es à l'occasion des lanonana
et dans les funhallles sont particu1l~rement riche:; d'enseignements histori-
ques. C'est l'occasion où les mplkabary sont, .invit~s 11 prendre la parole et
à prononcer un discours public en l'honneur d'une famille ou d'un parent
d~c'd~. .
Nous allons maintenant essayer de bien situer les lovantso/ina en 'tenant
compte de leur c cadre social» pour reprendre l'expression de Jan Vanslna
(16). Cette mithode permettra de dMtnlr lem fonction dans la soci~~, de
distinguer leurs fonnes et d'examiner la qua1lt~ de leur transmission. Pour cela,
nous ~ons du vocabulaire typplogtque local que les habitants ont toujours
utili~ pour op'rer leur distinction.
- 150-
Ce sont des biographies de famlDe comme nous l'avons d~jà dit plus
haut, mais non ~crItes cette fols-cl, car personne dans ·Ia famille n'a jamais
pen~ à les rassembler ou à le. constgner par ~crIt. Aussi la transmlsslon
s'effectue-t-elle oralement par l'Intérm~dlalre des ray aman·dreny aux mem-
bres'de la faml1leou du lignage. 0 est ~dent, d'une part, que les tantaron-
drazana sont des documents prIy~ ; mals à l'Int4rleur de la famille ou du
lignage auquel Ils se rattachent, ces dbcuments ont Qn caractère officiel. Leur
t~molgnage est moins sujet à dMormation et peut contrôler efficacement les
assertions faites en dehors du groupe. En revanche,la profondeur des gmé-
logies, le soin avec lequel [Link] ~~ transmises sont le plus souvent peu
satisfaisants, comme le montrent de nombreuses variantes. D'autre part, en
raison de leur caract~resacr~,on se garde de les r'citer n'Importe quand et
n'Importe où, ceci p'ar respect des ancêtres. Aussi les tantaran-drazana ne
sont-ils connus qu'à l'occasion des c~r~monles rltueDes.
Les anqano
Ce terme est utI1ls4 pour d4signer les contes et les 14gendes. Les o;'9Ono
sont r~c1Ms le soir, au coin du feu, par les vieilles persOnnes ll'Intentlon des
enfants. Ce type de documents a une fonction pr~se dans la rnes~e où les
narrateurs cr~ent pour l'assistance des modèles de cQ~portementsIdlaux et
des valeurs. Or, cela dMonne les donn~es et fausse l'histoire. Aussi faut~i1
~viter les pl~ges et les embellissements d'un c1lch~ so~vent:amusantet Inha-
bituel et d~celer les erreurs pour d~couvrir la part de v~rltl historique.
Mals les angano betsileo peuvent constituer un répertolte Important
en raison de la v~rlt~ des th~mes ~voqu~s. Nous relevons d'abord les angano
pleins de merveilleux où les animaux constituent les principaux acteurs, puis
ceux qui parl~nt de la Cf~atlon du monde et de la vie des premiers hommes,
et enfin ceux qui se rapportent à la Vie des princes ayallt vku dans la r~g1on.
A travers les récits des narrateurs, il est Int~rèSsant de relevet1es noms des
personnages comme Rapeto, Ravorotslhy, AndrianakatSakatsa et Andrlam-
bahomana, dont l'hlstolle est associée à des lieux consldér~s comme sacr~s
ou à des villages anclÊms dont les emplacements sont repérables aujourd'huI
, • ~1 •
encore. '
Les ,')hatsa ou ohabolano
Dans les discours et m~me 'dans les' discussions animées et Sàhs r~sul
tat décisif, où il faut bien d'une façon ou d'une autre, mettre un terme à une
situation sans issue, les Betsileo comme tous les Malgaches en général usent
beaucoup de ohatsa ou ohabolana. C'est surtout dans cette forme de littéra-
, ture orale traditionnelle qu'ils montr~t leur art de bien parler:!e'est aussi l'oc-
casion où l'on vient apprécier la richesse de la langueinalgache.
- 151 -
Mals Ir est bien difficile de donner une d~ftnitlon exacte à ces termes.
Dans son ouvrage monumental portant sur les ohabo/ana et les hainteny,
Bak91y Domenichinl-Ramlaramanana (17) a montr~ les difficulMs que l'on
rencontre dans ce domaine en prenant des exemples cit~s par de nombreux
auteurs c malgachlsants ,., pour la plupart. des missionnaires et des adminis-
trateurs du XIX- siècle. S'agit-il de pl:overbes, d'adages, de dictons, de sen-
tences ou de maximes? Sans insister davantage sur ce domaine particulier
qui' revient plutôt aux linguistes, nous pensons que sur le plan formel, « les
ohabo/ana sont des comparaisons, des formes figur~es de l'expression ver-
bale ,., pour reprendre l'expression du Gouverneur Adolphe Bruniquel. A titre
d'exemple, nous citons le cas suivant: c A/eo ha/an 'Andriana toy izay ha/am·
bahoaka » (litt. c piutôt la haine du prince que la haine du peuple ».
Mais ohatsa et ohabo/ana se r~fèrent aussi à des ~vènements histori-
ques et dans certains cas, le 1'10m des personnages est donné: « Tsa firako
any itoy fa firan'Andriambe/onandro ,.. Ici, l'exemple nous montre que d'une
part. pour rejeter une fausse accusation, le rappel de cette formule conduira
quelqu'un à évoquer l'histoire du hova Andriambelonandro : pour une ques-
tion de succession, ce prince du Vohibato (situé dans la haute vallée de la
Matsiatra) a fait assissiner son frère, Rantaratsilanimbahoaka. Il faut ajouter
d'autre part, qu'on ne cite pas les ohatsa ou onabo/ana n'importe quand. Il
faut des circonstances bien determin~es qui suscitent le rappel de telle for-
mule. 'EMin, on ne cite pas un oh'!tsa 0\:1 ohabo/ana« pour rien H. Aussi l'his-
toire d'Andriambelonandro se rapporte-t-elleà quelqu'un qui a commis une
faute grave. sans qu'il sàit responsable de ses actes. En fait, il a agi malgré
lui selon des directives reçues de hauts lieux. Dans ce tas précis, la situation
dans laquelle la formule a été produite donnera au chercheur des éléments
utiles pour l'étude de l'histoire du Vohibato au temps d'Andriambelonandro.
Les kabary
Source de formules proverbiales et lieu privilégié de la littérature orale
traditionnelle. les kabary sont a,ussi riches d'enseignements ~istoriques. Il est
à noter é[Link] les BetsÎleo apprécient les beaux discours et que, selon
les coutumes locales, toutes les manifestations familiales et publiques doivent
commencer et se terminer par un discours, qu'il s'agisse d'une noce. d'une
invitation à un travail collectif ou encore 'à l'oécasion d'un enterrement. Dans
tous les cas, les séances de kabary sont les moments les plus importants où
l'on annonce au grand public, à l'intérieur de la maison ou au dehors et sur
le lieu même du rituel, l'objet de la c~rémonie et son organisation générale.
En gros. les mpikabary font leur discours suivant un plan rigoureux qui com-
porte au 'c;lébut comme à la fin des formules de politesse très recherchées,
le plus soùvent pleines d'images et de poésie. En revanche, le corps du
du discours Pst axé sur le motif. de la visite ou du grand rassemblement. C'est
donc le moment privilégié où le chercheur pourrait recueillir une mine d'in-
formations'à carf'ctère historique concernant le rituel et ses aspects religieux,
politiques, économiques. A titre d'ex~mple, à l'occasion d'un /anonana orga-
nisé pour l'inauguration d'une nouvelle maison (fanamen-trano) à Ankazo-
tana (dans le Tsienimparihy), nous avons relevé au cours du kabary des méta-
phf)res tirées des noms de villages anciens, des rappels de coutumes·et de
traditions, des listes généalogiques. Il est bien évident que ce genre de dis-
cours fait l'honneur des familles qui ont organisé la fête, mais le kabary cons-
titue ici un sujet d'investigation tr~s intéressant dans la mesure où le cher-
cheur arrive à distinguer le réel du merveilleux, à déceler les erreurs, les falsi-
fications et même les improvisations de derni~re heure apportées par les mpi-
kabary eux-mêmes.
Les ri;a et les isa
A l'intérieur de la littérature orale betsileo, le chant est rune des sour-
ces les plus populaires et probablement la plus riche. Dans le cas des rija,
les chants se présentent sous forme de textes chantés, accompagnés d'instru-
.ments de musique (le jejo) et de danse. Parfois, on bat les mains au rythme
de la musique et à CP moment-là, c'est l'instrument qui parle (18). En revan-
che, les isa s'exécutent sans musique; parfois ils sont entrecoupés de batte-
ments rythmés de mains. ou exécutés en solo ou en duo et accompagnés
'd'une- mplndie murmurée. .
Dans les rija comme dans les isa,les th~mes sont très variés et accessi-
bles à tous. Le plus souvent, les chants parlent de la vie quotidienne en insis-
tant sur l'importance du jihauanana (la parenté). Il arrive aussi que les chan-
teurs racontent l'histoire de certaines régions situées à l'intérieur du pays. Mais
encore faut-il les reporter sur une carte pour servir de repères gé"ographiques.
Notons enfin que les thèmes chantés sont tirés des contes et des légendes
connus dans le pays, mais dont la partie vocale apparaît tr~s mobile à cause
de nombreuses variantes textuelles (19).
Outre la vivacité de la tradition orale betsileo. la richesse de ce type
de documents apparait à nos yeux comme un de ses traits caractéristiques
auquel il est possible de recourir pour retracer l'histoire. Actuellement. ces
documents seJT!blent être menacés pour deux raisons: 1°- les contacts avec
le monde moderne et les diverses manifestations qui l'accompagnent ;
2°_ la disparition des anciens. En effet. dans l'Arindrano comme dans toutes
les sociétés rurales, les différentes structures de base, jusque-là plus ou moins
closes sur ~Ies-mêmes dans une évolution relatiyement lente, se trouvent
aujourd'huï'contrairites à. l'ouverture et au changement.- Les manifestations
culturelles traditionnelles sont donc menacées d'extinction plus ou moins rapide
par l'action des mass-média et l'influence des grandes villes, alors que sur
place on assiste à la disparition des anciens considérés comme les détenteurs
du savoir. Il se trouve alors que l'identité d'un groupe est mise .en doute
et l'authenticité de sa culture j!Jgée en péril.
Uevant ces difficultés, nous avons pous~é nos investigations ver!' d',lU-
tres directions; à la recherche d'autres éléments susceplibl('s d'apporter eies
é[Link] sur l'histoire de la région.
Les docu~eDts d'histoire autres que les récits
Les documents qui vont être étudiés proviennent de l'observation
directe faite quotidiennement sur le terrain, lors de nombreux séjours passés
dans la région. Seront considérés successivement les cérémonies rituelles et
les documents « matériels» qui sont d'ailleurs de nature différente et dont
l'abondance dans la région n'échappe point à un œil exercé.
Concernant les cérémonies rituelles, nous relevons les lanonana (gran-
des réjouissances familiales avec sacrifice de zébus), les funérailles (fiandra-
vagnana) , les saotsa ou cérémonies d'invocation des ancêtres pour leur deman-
der toutes sortes de grâces: richesse, protection. enfants. Assister à ce genre
de rituels permet àu chercheur de recueillir directement de la bouche du maÎ-
tre de cérémonie une mine d'informationsconcernant l'histoire d(!s ancêtres,
les généalogies de famille et l'organisation d'un lignage ou d'un foko.
A Iavomalaza, situé dan.s la zone Sud du Vohibato, l'organisation d'un
saotsa par les parents d'un de nos informateurs nous a donné l'occasion de
participer au rituel, . recueillir la généalogie du foko Otaray auquel est ratta-
chée la famille. Grâce aux informations recueillies sur place. nous avons pu
reconstruire l'histoire de ce groupe dont l'implantation remonte bien avant
le XVII ème siècle dans une région comprise entre la haute vallée ide la
~atsia!ra et le massif d'Andrambaky, situé au Sud-Ouest de la ville d'Amba-
~wo(~. •
L'observation directe de l'environnement nous a donné aussi l'occa-
sion de reveler un certain nombre de traces matérielles conservées sur le sol.
dont l'étude nous a permis de compléter. vérifier et rectifier les données four-
nies par les sources orales.
C'est le cas tout d'abord des valamaty (litt. « villages morts »). Il s'agit
d'emplacements d'anciens villages qui ne sont plus habités et qui sont retour-
nés à la végétation forestière. Dans le Betsileo, chaque village a occupé au
moins deux sites. A l'époque des « Royaumes », les guerres de conquête
entreprises parles hova ont contraint les habitants à quitter leurs anciens vil-
lages qui ont été implantés dans les zones basses et à proximité des rizières.
soit pour construire de nouveaux villages Sur les hauteurs et à l'abri des hosti-
lités. soit pour chercher refuge à l'intérieur du village fortifié d'un hova qui
était connu pour sa puissance et l'habilité guerrière de ses hommes. Au début
du XXr siècle. de nombreux villages se sont aussi déplacés pour se transpor-
ter à proximité des voies de communication devant les mesures prises par
les autorités coloniales. qui ont regroupés systématiquement les villages pour
mieux contrôler la population (21).
Ces valamaty constituent pour le chercheur un endroit privilégié pour
l'étude du genre de vie des générations antérieures. La visite de ces lieux nous
a permis de reconstituer le plan du village etrépérer l'emplacement des mai-
1',·1
sons, les parcs à bœufs (valan'aombvL les silos à riz (lavabary) et aux alen-
tours, les tombeaux des villageois, l'aire de battage du riz (tsihln-tany) , la fon-
taine l?ù l'on puisait de l'eau, mais qui est asséchée actuellement'. D'autre part,
l'étude des vestiges archéologiques trouvés sur place ou enfouis dans le sol
tels que les tessons de poterie ou autres fragments d'outillage usuel en os ou
en fer nous a donné des indications 'utiles sur la vie socio-culturelle des anciens
occupants et la datation de la période étudi~e. Selon la coutume, la visite
du valamaty commence toujours par une libation intéressante à enregistrer,
au cours de laquelle les ancêtres fondateurs du village sont évoqués par leurs
noms.
Au cours des interviews realisées sur place, l'expérience nous a mon-
tré que les récits se sl\.ccèdent de fil en aiguille, que tel endroit rappelle aux
yeux des descendants directs des anciens occupants des points de repère dans
leur 'mémoire du passé.
Autres traces matérielles du passé : les monuments commémoratifs.
Il s'agit de vatolahy, tatao, aloalo qui sont en pierre, et de teza ~ui sont faits
en bois, plus particulièrement avec la partie dure se trouvant au coeur de
l'arbre.
Les vatolahy et les teza sont reconnaissables à leur forme allongée, dont la
grosseur et la hauteur sont variables. Pàrfois, la pierre du vatolahy est soi-
gneusement sculptée, avec des inscriptions portant le nom d'une personne,
des dates. allant même jusqu'àprésenter Ime riote explicative concernant le
motif de l'érection du monument. Dans dautres cas, la pierre porte un décor
soit un encadrement de bois sculpté sur toutes ses faces latérales, soit un orne-
ment en bois ou en m~tal posé sur le sommet. Pour sa part, le teza qui est
toujours de forme quadrangulaire, présente sur ses quatre faces des motifs
gravés: géomêtriques et figuratifs. Il est à noter que les vatolahy se rencon-
trent partout dans les pays. Par contre,1es ~eza ne se voient que dans le Nord
du Betsileo, plus exactement dans la région d'Ambositra et dans le Manan-
di'iana. Cette distinction 'est en rapport avec les coutumes des habitants de·
la région, où le travail du bois occupe une place considérable. résultant d'un
long héritage techniq~e. .
En revanche. les autres monuments sont formé~ d'amas de pierres
~ches, qUI iuennent la forme d'un cÔne pour les cas éles tatao, et celle d'un
quadrangulaire pour les a/oo/o, que l'on désigne aussi sous le temre de rarivato.
Quels que soient )a matière, la forme et le style, ces documents ont
une double signification : outre leur conotation funéraire (parce qu'ils sont
dédiés pour la plupart à des morts), il faut relever leur vocation principale,
celle de conserver et de perpétuer un souvenir aussi longtemps que possible.
A titre d'exemples, nous citons les monuments qui sont érigés soit à l'hon-
neur des hommes célèbres du pays (les vatolahy d'Andriamana/lna), soit en
souvenir d'un parent disparu dans une région éloignée et dont le corps n'a
pas été ramené dans le tombeau familial, soit enfin pour marqueur un évè-
nement important ayant trait à la vie du pays (les uatolahy de Raindratsara
à Ivory - I=ianarantsoa).
Peuvent être classés parmi les monuments comm~moratifs les tafo-
tona, un" sorte de pierre levée (uatolahy) de 40 cm à 1 mètre et demi de
hauteur, que l'on érigeait dans les c, temps anciens» sur le lieu d'implanta-
tion du village. Ce monument appartient à la famille ou à un groupe de popu
lation qui a fondé le village et qui sert par la suite de lieu de culte commun
aux villageois. Outre son rôle protecteur qui garantit la sécurité du village et
de ses habitants, le tafotona rappelle la date d'implantation des premiers habi-
tants. et aussi celle de la fondation du village (22).
En tant qu'élément constitutif du « vécu social", les monuments com-
mémoratifs betsileo sont des documents intéressants pour la connaissance de
r
la région 0). Mais l'étude de ces documents nous conduit aussi à un autre
domaine de la recherche, celui de la technique. Il s'agit ici d'approfondir notre
connaissance sur la matière première dont sont faits les uatolahy et les tech-
niques en usage. Sur ce point, nous avons constaté que les Betsileo sont arri-
vés à maîtriser un certain nombre d'éléments: d'abord la pierre en tant que
matière première principale, ensuite le fer utilisé pour tailler la pierre. le feu
pour forger le fer, enfin le bois ou le charbon de bois qui a servi de combusti-
ble pour chauffer le métal (23).
Dernier type de documents « matériels" trouvés dans le Betsileo : les
tranomena, c'est-à-dire les sépultures royales. Comme tous les tombeaux bet-
sileo, les tranomena sont constitués d'un caveau surmonté d'un édifice qua-
dranQulaire fait de pierres sèches. Cependant le caveau est ici creusé iUSQu'à
lIlH' [xflf()lldvlIr de pilis de Sl~' llll>!res. tandis 'lue la taille de l'édifice extérieur
atteint des proportions considérables allant de 5 à 6 mètres de côté. Il est à
noter que vers la fin du XIX", l'architecture des sépultures royales betsileo
a connude grands changements du fait de l'influence des Merina qui ont
introduit dans la région l'usage de la pierre taillée. C'est le cas par exemple
du tombeau des houa"Rarivoarindrano à larlnomby, dans le Tslenimparihy
et Raonimananina à Tsimaltoasoa, dans le Vohibato (0 ° 0'. Par contre, les
sépultures royales de l'Isandra, situé dans le Nord-Ouest, sont aménagées
dans des grottes naturelles ou anfractuosités de rocher, obstruées de pierres.
Dans tous les cas, les sépultures royales betslleo sont visibles partout, sans
que leur emplacement soit tenu secret. Aussi les traditions qùrs'y rattachent
serviront-elles de fils conducteurs pour reconstituer l'histoire des houa betsi-
leo, leurs origines et les grands évènp"'1ents qui ont marqué leurs r~gnes.
1~ l' .
" '
Un fombeau royal 1 franomena (elui du hova
Raonimananina il hlmaofoasoa, dans le Vohibato,
o
'----'
m
~·"""'··3~1 ..
••• Fig 3 Tombeaux betsi leo
- 157 -
[Link]
Dans le cadre de cette étude, nous avons voulu montrer les difficultés
rencontrées dans l'étude de la période précokmiale ainsi que les solutions
apportées.
Il est à noter que les enqu~tes orales occupent ici urie place impor-
tante afin de suppléer l'absence des documents écrits. Cependant, le cher-
cheur ne doit pas se contenter de faire parler les gens. Il faut qu'il arrive aussi
à faire parler les choses et à les écouter. En effet, il doit ~tre attentif aux" cho-
ses ., c'est-à-dire à tout l'environnement des hommes: une construction, une
pièce d'outil ou de mobilier ancien; bref, chaque élément du" vécu social.
peut constituer le point de départ d'une enquête et fOurnir la matière de l'his-
toire ( 2 4 ) . ' .
Il faut aussi ajouter la nécessité pour le chercheur d'avoir une bonne
connaissance du milieu étudié et l'obligation, une fois sur le terrain. d'essayer
dans la mesure du possible, de rendre sa présence moins pesante pour facili-
ter son insertion. Pour notre part, nous nous sommes rendu compte que le
fait de respecter les rythmes de la vie locale ainsi que les exigences qui fac-
compagnent, permet de résoudre certains problèmes d'ordre oratique qui peu-
vent porter atteinte au travail du chercheur (25).
Il convient enllO de noter que tout document d'histoire. quelle que
soit sa nature, doit ~tre soumis à une analyse critique. A ce propos, l'élargis-
sement du champ d'investigation permettra au chercheur de recueillir le maxi-
mum d'informations;et d'aboutir à une analyse plus approfondie de toutes
les données nécessaires pour son travail de reconstruction historique.
D.R.
- 158-
·.
__ 4~~~-=?-
Un aloalo: celui de Ratsiarivo; -
il Antavivola. dans le Tsienlmparihy.
mi!tre
,..- ....- ,
",~v:":f'
Un tatao : Sahamilondo dans le Vohibato.
mètre
m~tre
Un vatolahy: celui de Raberoriaka
il Hahaditra. dans le Vohibato.
** Fig.) Les monuments commémoratifs en pays
betsileo.
-- 159-
fAMINTINANA
Ny olana ooalohany dià ny tsy /is/an'ny tahiry ooarakitra an-tsoratra,
raha tsy taty amin 'ny taim-jato faha-17, fa indrindra ny faha-19. Olona oahiny
anefa, mp/zaha tany sy rn/s/onera no nanoratra azy ir~ny ka sa/ka ny zaoatra
ioelany ihany no tena nojereny. Nisy Malagasy oitsy nanoratra taty aoriana,
saingy /itantarana fotsiny, mitaky fandalinana koa ny fahazoana azy no
nataony. Ary mifanampy amin'ireo ny tantaran-drazan'ny
\
/ianakaoiana na foko
.
sasantsasany.
Momba ny looantso/ina kosa, ny manahirana dia ny eo amin'ny olona
miteny, ny mamantatra ny looantso/ina ilaina ary ny fahamarinan'izany. Ny
ray aman·drenin'ny foko, ny raim-pianakaoiana ary ny mpikabaryno mpi-
tantara. Ary m/sy dimy ny karazah'a looantso/ina azo raisina : ny tantaran-
drazana amin'nv fotoan-dehibe isan-karazany, ny anganombaoiantitra ho an'ny
ankizy, ny ohatsa na ohabolana maneho ny hakanton'ny teny malagasv sv
nv fahaizana mamp/asa izany, ny kabary amin'ny /iooriam-be cc lanonana •
samihafa, ary ny rija sv ny isa mihira ny /iarpha-mon/na andaoanandro.
Ny lesoka amin'/reo anefa dia olombelona no mitantara, ka mety hitranga
ny fanitarana sv ny fanooana ny tena Izy, na koa nv fahaoerezany mihitsy
noho ny fahafatesan'ilay tompon'ny fahalalana.
Ankoatra ny tahirv an-tsoratra sy ny looantso/ina, dia manampy ny .
mpikaroka tokoa, andaniny ny fanatrehana fomba amam-panao (lanonana,
fandeoenana, saotsa), ary ankilanv manambara zaoatra. maro /reo rak/try ny
ela taoela ankehitrinv, toy ny tandna tranainy antsoina hoe cc oalc..maty ., ny
fason'nv hooa na cc tranomena ., ary farany nv oatolahy, tatao sy aloalo
fahatsiarooana.
Afaka mamaha ny olana mitranga ao amin'ny tahiry an-tsoratra ny
fanadihad/ana am-baoa ataon'ny mpikaroka, izay mandin/ka mioantana ny
za~a-niisy iainan'ny olona enV an-toerana.
- 160-
NOTES ET INDICATIONS BIBUOGRAPHIQUES'
1- [Link] Etienne de .- Histoire de la Grande De de MadagÛcar, Parts,
1661,2861"
2- GRANDIDIER Alfred et Gulllaume.- CoDectlon des ouvrages anciens concernant
Madagascar. Parts,lmprimerie Nationale, 1903 - 1920, 9 vol. de 527,559,
719, 436 ,547,203. 471. 306 et 648 p.
3- GRANDIDIER A1fred.- Souvenln de voyages.- 1865- 1870. (D'aprù,Soo manus-
ait Infdtt de 1916), Antananarivo. 1971, Publication de l'Association
Malgache d'Arch'ologle, 54 p.
4- ANTANANARIVO ANNUAL.- (1875 - 1900).- Cette Î'eWe a paru pour la pre-
mière fols en 1875, n'a pas fté publia en 1879 et 1880, pour reparaftre
alors r6gullèrement jusqu'en 1900. .
5- Lettres du Sco1astk:at d'Uclà.- (1882 - 1897).- C'est un recueil pfriodlque de
,lettres «6Uflb.•tes et curieuses -, de deux mlsstons de la province de
Toulouse (Madurf et Madagascar).
Nous avons pu consulta ce document l la bibliothèque du Scolasticat
Saint-Paul de Tsar~~dro, Antananarivo.
6- DUBOIS Le Père.- (1938).- Monographie des. 8ets11eo (Madagascar), Paris.
Institut d'Ethnologie. Mu. de l'Homme, 1510 p. -, ,
7- CATAT Louls.- Voyage l Madagascar.- 1889 -1890.- Paris. Administration
de l'[Link], lHustrf, 410 p.
8- Notes. Reconnaissances et Explorations. La revue comporte une sfrIe de notes
et de rapports rfdlg& par des « administrateurs - et _ hommes de troupe •
durant les premlêtes années de pacification (1897 -1900).
9- RAINIHIANA JesH.- Tantàra betslleo. Fianarantsoa (Ubralrie Ambozontany)
1975.240 p.
10- RANAIVOZANANY Joseph.- 1963.- Ny elan'ny Nosy. boky 1. Antananarivo.
Industrie Graphique Tananarlvlenne. 54 p.
11- Lumière ftait u-n journal hebdomadaire et bilingue publié par la Mission catho-
lique de Fianarantsoa. Mals ce journal a disparu et ses travaux furent repris
par le Lakroan'I Madagaslkara. devenu aujourd'hul le principal journal
de la congNgation.
Par [Link]\vo-BetsiIeo ftalt un joumallndlpendant. fondi pm" M. Rajoha-
rlson' Maurice-Michel. dont le sl~ se trouvait aussi l Fianarantsoa.
12- HlstoIregfnhaJe de l'AfrIque (Tome 1).- Mfthodologle et prfhlstoire africaine.
Paris. Jeune Afrique/Unesco. 1980. ouvrage collecttf dirIgf par KI-ZERBO.
893 P.
13- Le foko est l'organisation lOdaie traditionnelle betslleo. Il s'agtt d'un groupe
d'Individus d'ascenclance commune qui se rattachent l un m'me ancftre
et qui pratiquent les m'mes coutumes. .
Doit-on parler ici de dan ou de bgnage ? Nous aurons l'occasion de le d«rlre'
et d'en parler plus longuement dans un travail en pr6paratlon : Contrtbu-
tlon l l'histoire des 8etIiIeo da Hautes·Tems malgaches: l'Arindrano
des origines au début du XIX- 1Ik1e.
14- CAMARA S<Hy.- Gens de la parole. EssaI sur la, condttton et le r61e des griots
dans la §oclété Malinké (Gulnfe). Parts, Là Haye, 1976, Mouton et Co,
358 p .. III.
IIlI
15- VANSINA Jan.- De la tradition orale. Essai de méthode historique.
Tervuren (Belgique), 1961, M~e Royal de ('AfrIque centrale, 179 p.
16- DOMENICHINI-RAMIARAMANANA Bakoly.- Du ohabolana au halnteny.
Langue, IItt~rature et politique A Madagascar. Paris, 1983, Edit. Karthala
et Centre de Recherches Africaines, 665 p.
17- GUEUNIER No.ël Jacques.- • Du rlja betslleo -.- Antananarivo, in Bulletin de
Madagascar, Antananarivo (novembre et dkembre 1974), nO 331, pp. 721-
725.
!
18-. RAHERISOANJATO Daniel.- La musique traditionnelle betslleo et [Link] traits
Caract~rlstlque~. Communlcattôn pr~sent~e au Colloque de Mahajanga
dans le cadre de la • Semaine Internationale de r~f1'lxlon sur la musique
traditionnelle, musique inscrite dans l'hIstoire - organ~e par l'Association
Ambario et [Link] concours de l'UNESCO. 7 - 12 octobre 1985
19- L'étude des foko betsileo nous a permis de mieux connattre l'organisation sociale
traditionnelle du Betslleo. Ce travail nous a conduit Arecuel1lir un lot impor-
tant de biographies de famille (tantaran-drazana)etialre l'inventaire syst~ma
tique des foko betsileo dans la r~gion de l'Arindrano. Pour le moment.
nous avons pu ~tablir une liste de 148 foko, avec leUr nom distinctif et leur
localisation géographique.
20- RALAIKOA Albert.- Fiscalité, AdministratIon et pressions coloniales dans le
Sud-Betsileo (1895 - .1918). Antananarivo, 1981, Mémoire de maltrise
(U.E.R. d'Histoire - Université de Madagascar), 245p. dactylogr.
21- RAHERISOANJATO Daniel.- Les rites religieux dans le Betsileo : leurs sup-
ports matériels et leur contenu historique: l'exemple du tafotona. Commu-
nication présentée au séminaire de D.E.A.. Avril 1985, organi~ à rU.E.R.
d'Histoire (UnlversiM de Madagascar) par C.H. Perrot. Professeur à l'Uni·
versité de Paris J. en mission d'enseignement à Madagasear sur le thème
de : • Economie et Société précapirlliiste ~. -
22- RAHERISOANJATO Daniel.- Les pierres dres~es (vatolahy) dans la société
betsileo (Madagascar) : un document pour l'historien. Paris. 1981. Mémoire
de D.E.A., sujet nO 1. Centre de Recherches Africaines - Universit~ de
Paris J. 50 p. dactylogr.
23- CRESSWEL Robert·.- Eléments d'ethonologie. Paris. 1975. Librairie Armand
Colin, Collection U, Tome II. 283 p.
24- Afin de rendre moins pesante notre présence sur le terrain èt faciliter notre inser-
tion dans les villages étudi~s, il nous est arrivé de participer A divers travaux
(rêparatlon d'une toiture de maison ou entretien d'un canal d'irrigation).
et nous associer à divers évènements familiaux en offrant, selon la coutume
le ts~-drimo ou le f,ao·dranomaso : il s'agilid de "argent que l'on offre
en cas d'évènements heureux (naissance.' mattage) ou l l'occasion d'un
malheur (décès)
- Ib2-