1.
Introduction
Le transfert de chaleur dans un bioréacteur est un aspect fondamental du génie des procédés
biologiques. Il permet de maintenir la température optimale pour le développement des
micro-organismes ou cellules. En effet, la température affecte directement la vitesse de
croissance, l’activité enzymatique, la production de métabolites et la viabilité cellulaire.
Une mauvaise régulation thermique peut entraîner :
• Une baisse significative de rendement,
• La dénaturation des protéines,
• La mort des cultures biologiques.
Le système de transfert thermique doit donc être précis, réactif et adaptable aux conditions de
production.
2. Les mécanismes de transfert de chaleur
Dans un bioréacteur, la chaleur peut être transférée par trois mécanismes principaux :
2.1. Conduction
La conduction est le transfert de chaleur à travers un matériau solide. Dans le cas du
bioréacteur, cela concerne les parois en acier inoxydable du réacteur. Le fluide caloporteur
circule à l’extérieur (ou à l’intérieur) du réacteur, et la chaleur est transmise à travers la paroi
métallique.
2.2. Convection
La convection est le transfert de chaleur entre une surface et un fluide en mouvement. Dans le
bioréacteur, l’agitation mécanique provoque une circulation du liquide de culture, ce qui
améliore la distribution homogène de la température dans tout le volume du réacteur.
• Convection naturelle : quand la chaleur induit la circulation spontanée du fluide.
• Convection forcée : grâce aux agitateurs qui créent un brassage homogène.
2.3. Rayonnement
Ce mécanisme est généralement négligeable dans les bioréacteurs car les températures de
fonctionnement sont modérées. Le rayonnement devient significatif uniquement à des
températures très élevées, ce qui n’est pas le cas ici.
3. Systèmes de transfert de chaleur dans les bioréacteurs
3.1. Chemise de refroidissement ou de chauffage
La chemise est une enveloppe métallique fixée autour du corps du bioréacteur. Elle permet la
circulation d’un fluide caloporteur (eau froide, vapeur, solution glycolée), qui échange de la
chaleur par conduction avec le milieu interne.
Avantages :
• Simple à mettre en place,
• Entretien facile.
Limites :
• Surface d’échange limitée,
• Moins efficace pour les gros volumes.
3.2. Serpentins internes
Il s’agit de tubes métalliques immergés dans le milieu de culture, à travers lesquels circule un
fluide de chauffage ou de refroidissement. Ce système augmente la surface d’échange et
permet un transfert direct avec le milieu.
Avantages :
• Très bon transfert thermique,
• Contrôle rapide de la température.
Inconvénients :
• Peut gêner l’agitation ou les sondes,
• Plus difficile à nettoyer.
3.3. Échangeurs de chaleur externes
Dans ce cas, une partie du milieu est extraite, envoyée dans un échangeur thermique, puis
réinjectée. C’est une solution utilisée pour les grandes installations industrielles.
Avantages :
• Très efficace pour les volumes importants,
• Possibilité d’un contrôle fin et dynamique.
Inconvénients :
• Système complexe,
• Coût élevé et risque de contamination.
4. Calcul du transfert de chaleur
Le transfert thermique peut être modélisé par la loi de Newton :
Où :
• Q : flux thermique (W),
• U : coefficient global de transfert de chaleur (W/m²·K),
• A : surface d’échange (m²),
• ΔT : différence de température entre les deux milieux.
Le coefficient U dépend :
• De la nature des matériaux (inox, fluide caloporteur),
• Du type d’agitation,
• De l’état des surfaces (encrassement, rugosité),
• Du débit du fluide caloporteur.
Un bon design de réacteur vise à maximiser A et U, tout en maintenant ΔT dans des
limites biologiquement acceptables.
5. Facteurs influençant le transfert thermique
• Volume du bioréacteur : plus le volume est grand, plus la dissipation de chaleur est difficile.
• Type de culture : certaines cellules sont sensibles aux gradients de température.
• Agitation : améliore la convection et homogénéise la température.
• Viscosité du milieu : un milieu visqueux transfère moins bien la chaleur.
• Nettoyage et maintenance : des dépôts sur les parois réduisent considérablement le transfert.
6. Conclusion
Le transfert de chaleur dans un bioréacteur est un enjeu majeur pour la réussite des procédés
biotechnologiques. Il repose sur la maîtrise des phénomènes physiques (conduction,
convection), sur le choix des dispositifs d’échange (chemise, serpentins, échangeurs) et sur
une bonne compréhension des paramètres influents.
Un design réfléchi, associé à un système de régulation thermique performant, garantit la
stabilité du processus, la sécurité des cellules cultivées et l’optimisation de la
productivité.