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Permiabilité

Le document traite des barrières étanches et de la perméabilité des sols fins, en se basant sur les travaux de Henry Darcy sur l'écoulement de l'eau à travers des couches filtrantes. Il explique la loi de Darcy, sa validité pour différents types de sols, et les déviations observées dans des conditions spécifiques. Enfin, il aborde les modèles d'infiltration utilisés pour estimer la perméabilité des sols non saturés.

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Le document traite des barrières étanches et de la perméabilité des sols fins, en se basant sur les travaux de Henry Darcy sur l'écoulement de l'eau à travers des couches filtrantes. Il explique la loi de Darcy, sa validité pour différents types de sols, et les déviations observées dans des conditions spécifiques. Enfin, il aborde les modèles d'infiltration utilisés pour estimer la perméabilité des sols non saturés.

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Chapitre I : Généralités sur les barrières étanches

Chapitre II

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA


PERMÉABILITÉ DES SOLS FINS

45
Chapitre I : Généralités sur les barrières étanches

46
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

II. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA PERMÉABILITÉ DES


SOLS FINS
II.1. DÉFINITION ET LOI DE DARCY
En 1856, Henry Darcy, un ingénieur du corps impérial des ponts et chaussées et des mines, a
étudié les possibilités d’alimentation en eau de la ville de Dijon en utilisant un système
d’aqueducs et de tuyaux. Le projet incluait le système de filtration de l’eau. L’option la plus
pratique était la percolation de l’eau à travers un lit de sable fin. Dans ce contexte, Darcy a
effectué de nombreuses expérimentations afin d’étudier le débit d’écoulement à travers les
couches filtrantes de sable. Il a testé des échantillons de sables de différentes épaisseurs et a
utilisé une série de pression d’eau, en haut et en bas des échantillons. Son dispositif
expérimental lui a permi de maintenir une charge hydraulique constante en haut et en bas de
l’échantillon durant le test, ce qui est montré sous forme schématique figure I.1. A partir des
résultats de ses nombreux tests, il a établi empiriquement la relation suivante :

HA − HB
Q=k A = k .i. A (Eq. 1)
L
où, Q = débit d’écoulement, mesuré à la sortie (L3/T)
k = constante, connue sous le nom de coefficient de perméabilité de Darcy (L/T)
HA= hauteur séparant le niveau de référence, et le niveau de l’eau à l’entrée de la
colonne de la couche filtrante (L)
HB= hauteur séparant le niveau de référence, et le niveau de l’eau à la sortie de la
colonne de la couche filtrante (L)
L = longueur de l’échantillon (L)
I = gradient hydraulique = (HA-HB)/l
A = section de l’échantillon normale à la direction de l’écoulement (L2)

L Sable

HA

HB

Figure II.1 : Schéma de l’appareil de Darcy

47
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

La direction de l’écoulement se fait du point où la charge hydraulique est la plus forte vers
celui où la charge est la plus faible, dans ce cas de A vers B.
Les caractéristiques du sol qui influencent la conductivité hydraulique k sont la porosité
totale, la distribution de la taille des pores et la tortuosité, soit, la géométrie des pores. Les
caractéristiques du fluide qui affectent la conductivité sont la densité et la viscosité du fluide.
En théorie et parfois en pratique, il est possible de dissocier k en deux facteurs : la
«perméabilité intrinsèque » du sol k et la «fluidité » du fluide f :

K = kf (Eq. 2)

K est exprimé en [L][T-1], k en [L2] et f en [L-1][T-1]. La fluidité est inversement


proportionnelle à la viscosité :

ρg
f = (Eq. 3)
ν
d’où :

k= (Eq. 4)
ρg
où ν est la viscosité en [L2][T-1], ρ est la densité du fluide en [M][L-3] et g est l’accélération
de la pesanteur [L][T-2].

Dans un fluide ordinaire, la densité est à peu près constante et les variations de la fluidité sont
dues principalement aux variations de la viscosité.

L’emploi du terme « perméabilité » a été dans le passé une source de confusion car, il a
souvent été utilisé comme synonyme de la conductivité hydraulique. La perméabilité a aussi
servi à décrire d’une manière vaguement qualitative l’aptitude d’un milieu poreux à
transmettre de l’eau ou d’autres fluides. Pour cette raison, l’usage de la perméabilité au sens
strict et quantitatif et dont les dimensions L2 sont définies par l’équation (4), implique
l’emploi d’adjectifs qualificatifs tels que perméabilité «intrinsèque » (Richard, 1953) ou
perméabilité «spécifique » (Scheidegger, 1960). Pour faciliter les choses, nous parlerons
dorénavant de k simplement en terme de «perméabilité ».

En génie civil, la perméabilité intrinsèque est très rarement utilisée pour exprimer les résultats
d’essais de perméabilité réalisés en laboratoire car le fluide utilisé est presque toujours de
l’eau. Cette eau provient généralement d’un réseau local (lieu d’essai ou de prélèvement) ou
d’une source naturelle (ruisseau, rivière ou étendue d’eau) et pourra contenir un certain
pourcentage d’alcool lorsque les essais sont effectués à des températures ambiantes
inférieures à 0°C. Dans des cas bien particuliers, l’opérateur pourra utiliser des eaux chargées
en traceur ou en polluant spécifique, à la demande du donneur d’ordre. La perméabilité doit,
en revanche, être ramenée à une température de référence, souvent 20°C.

De ce qui précède, il est clair qu’alors que la fluidité varie suivant la composition du fluide et
la température, la perméabilité est d’une façon idéale une propriété exclusive du milieu
poreux et de la géométrie des pores, pourvu que le fluide et la matière solide ne réagissent pas
entre eux, ce qui changerait leurs propriétés respectives. Dans beaucoup de sols cependant, les
interactions matrice-eau sont telles que la conductivité ne peut être dissociée en propriétés
séparées et exclusives de l’eau et du sol et l’équation (2) ne trouve pas d’application pratique.

48
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

II.2. VALIDITÉ DE LA LOI DE DARCY


Depuis que Darcy a présenté ses travaux, en 1856, l’équation (1) a été sujette à examen par un
grand nombre de chercheurs et d’ingénieurs utilisant différents sols, et testant équipements et
conditions d’essais.

Les nombreuses références existantes (Izbash, 1931 ; Lutz et kemper, 1959 ; Hansbo, 1960 &
1973 ; Miller et Low, 1963 ; Mitchell et Younger, 1967 ; Lambe et Whitman, 1969…)
prouvent de façon quasi certaine la validité de la loi de Darcy pour la plupart des types
d’écoulements dans les sols dont les dimensions vont du sable moyen au limon. Cependant,
des déviations de la loi de Darcy ont été relatées pour les sols aux grains de dimensions
«extrêmes » : (a)- gros sable et graviers, et (b)- sols aux grains fin :argiles, limon argileux…

(a)- Sables grossiers – graviers : Depuis longtemps on a reconnu que la relation entre le
flux et le gradient hydraulique n’est pas linéaire aux grandes vitesses d’écoulements pour
lesquelles les forces d’inerties ne sont plus négligeables devant les forces de viscosités
(Hubbert, 1959). La loi de Darcy est applicable seulement pour les écoulements laminaires
(vitesses lentes), et dans le cas où l’interaction sol-eau n’introduit pas de changements dans la
fluidité ou la perméabilité en fonction du gradient. Dans les sables grossiers et les graviers,
des gradients hydrauliques bien supérieurs à l’unité peuvent cependant développer des
conditions d’écoulement non laminaire et la loi de Darcy n’est pas toujours applicable.

(b)- Sols fins : La loi de Darcy est généralement valable pour les sols fins (Olson et
Daniel, 1981). Cependant, certaines recherches ont montré des déviations du comportement
prévu, dans le cas des argiles et des sols argileux (Izbash, 1931 ; Lutz et kemper, 1959 ;
Hansbo, 1960; Miller et Low, 1963 ; Mitchell et Younger, 1967 ; Gardner, 1974 ; Zou, 1996,
Sri Rajan et Karthigesu, 1996). Ces déviations sont de deux types :
• « Gradient seuil » apparent : En dessous duquel le flux est soit nul (l’eau reste
apparemment immobile), soit au moins inférieur à celui prédit par la relation de Darcy.

• Non linéarité de la loi de Darcy : la relation entre l’écoulement et le gradient le


régissant n’est pas linéaire, en d’autre terme, la perméabilité n’est pas constante. Cette
déviation de la linéarité peut être rapportée aux très faibles et forts gradients (i<10 et
i>100, respectivement).

Les résultats des tests menés par Miller et Low (1963) suggèrent la présence d’un gradient
seuil, et des déviations de la linéarité sont montrées sur la figure II.2. Hansbo (1960), n’a pas
trouvé de gradient seuil évident, mais a relevé des variations de la pente du flux avec le
gradient qui sont évident sur la figure II.3. La déviation de la loi de Darcy pour les forts
gradients est présentée sur la figure II.4. (Mitchell et Younger, 1967), où la perméabilité est
montrée comme augmentant avec le gradient. D’autres comportements inattendus ont été
observés par Silva et al (1981). Ils ont mesuré un flux non nul pour un gradient nul sur des
sédiments marins fins.

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Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Figure II.2 : Gradient seuil apparent et déviation de linéarité (Miller et Low, 1963)

Figure II.3 : Vitesse d’écoulement en fonction du gradient hydraulique. (Hansbo, 1960)

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Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Figure II.4 : Vitesse d’infiltration et perméabilité, K, en fonction du gradient hydraulique


pour une argile limoneuse (d’après Mitchell et Younger, 1967)

Ce qui va suivre est un bref résumé des explications données par les différents chercheurs
concernant les déviations observées du comportement Darcien :

• Le gradient seuil : Miller et Low (1963), avec de nombreux autres chercheurs ont
attribué la présence du gradient seuil à l’existence d’une structure « quasi-cristaline » de
l’eau. Ils ont spéculé que les interactions eau-argiles étaient responsables de l’alignement
théorique des molécules d’eau, et qu’une force non nulle est nécessaire pour casser cette
structure avant qu’apparaisse tout écoulement.
Olsen (1965), a établi que quelques gradients seuils apparents peuvent être imputés aux
erreurs expérimentales non détectées dues aux systèmes de mesures. D’autres facteurs qui
peuvent contribuer dans quelques cas à l’observation du gradient seuil, sont la
consolidation locale et le gonflement, une saturation incomplète, et une croissance
bactérienne dans les échantillons testés.
Plus récemment, l’importance de la contribution d’un gradient osmotique (chimique) à
l’écoulement dans l’échantillon, pour des gradients hydrauliques très faibles a été
identifié (Olsen, 1972 ;1985). En résumé de sa discussion, Olsen (1985) fournit une
définition perspicace des écoulements de Darcy : « quand un gradient chimique (ou tout
autre gradient non-hydraulique) est présent, la loi de Darcy relate uniquement les
composantes du mouvement du liquide gouverné par le gradient hydraulique ».

51
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

• Déviation de la linéarité de la loi de Darcy : Les déviations montrées sur les figures II.2,
3, et 4 où les valeurs de la perméabilité semblent être fonction du gradient hydraulique,
peuvent être attribuées aux migrations des particules à travers l’échantillon, menant au
bouchage et au débouchage de vides (Mitchell and Younger, 1967). La redistribution
locale de l’indice des vides est susceptible de se produire si les particules, qui ne
participent pas au squelette qui supporte les efforts dus au chargement, sont délogées et
transportées sous des valeurs modérées de gradient hydraulique (Mitchell, 1976). Les sols
avec une structure interne floculée, et ceux avec une teneur relativement faible en argile
(où les particules d’argiles peuvent envelopper les plus gros agrégats), sont plus sensibles
aux mouvements des particules durant l’infiltration.

Les changements dans la chimie de l’eau des pores, de la contrainte effective, et de la


saturation locale durant l’infiltration peuvent causer un gonflement interne et la
dispersion des particules dans certaines argiles. Hardcastel et Mitchell (1974) ont
confirmé cela en effectuant des tests sur des mélanges de limon-illite où l’eau initiale des
pores était une solution à 0.6N de NaCl. Ces échantillons étaient alors infiltrés par une
solution à 0.1N de NaCl. La diminution résultante de la perméabilité est due au
gonflement et à la dispersion montrée sur la figure II.5 comme une fonction du nombre
du volume des vides ayant traversé l’éprouvette.

Figure II.5 : Diminution de la perméabilité due au gonflement interne (Hardcastel et


Mitchell, 1974)
En résumé, la compréhension courante est que la loi de Darcy est valide tant que toutes les
conditions environnementales restent inchangées : pas de changement de structure, pas de
migration des particules, pas de température différentielle ou de changement dans la chimie
de l’eau interstitielle, pas de variation de la contrainte effective. Idéalement, les tests en
laboratoires pourraient être menés sous des conditions qui reproduisent tous les détails de
l’environnement du terrain (in situ) comprenant les faibles gradients rencontrés sur le terrain
(pas beaucoup plus de 1 dans la majorité des cas). Etant données les contraintes de temps et le
besoin de débits mesurables dans des échantillons de laboratoire relativement petits, les essais
aux très faibles gradients ne sont pas une tâche facile, et l’interprétation des données de
perméabilités en laboratoire sont toujours faites en gardant à l'esprit toutes les incertitudes
décrites ci-dessus. Pour évaluer la susceptibilité du sol testé aux changements de structure, dû
à l’un ou à tous les facteurs ci-dessus, Mitchell (1993) recommande, si possible, qu’un certain
nombre d'essais soient exécuté à différents gradients.

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Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

II.3. LES MODÈLES COURANT DE L’INFILTRATION


Des méthodes approximatives et simplifiées ont été développées pour résoudre les problèmes
d’infiltration, et estimer la perméabilité de saturation des sols initialement non saturés. Elles
sont basées, soit sur des hypothèses simplificatrices appliquées dans certains cas d’infiltration
(Green et Ampt, 1911) soit sur la résolution de l’équation générale du transfert d’eau en
milieu non saturé (Philip, 1957a, 1957g et 1969 ; Talsma et Parlange, 1972 ; Parlange, 1973).
II.3.1. Modèle de Green et Ampt
Le modèle de Green et Ampt (1911) est basé sur la présence d’un front d’humidification où
règne à tout instant une succion donnée. Le sol est supposé homogène et de perméabilité
constante. Cette hypothèse où le sol est séparé en deux zones distinctes implique une
discontinuité dans la relation entre la teneur en eau et la perméabilité.
L’application de la loi de Darcy permet d’écrire :
dI h0 − h f + z f
v= = +K (Eq. 5)
dt zf


ν est la vitesse d’infiltration dans le sol à travers la zone de transmission,
I le taux d’infiltration cumulé,
K la perméabilité de la zone de transmission,
h0 la charge hydraulique appliquée à la surface d’entrée,
hf la charge hydraulique au niveau du front d’infiltration,
zf l’épaisseur de la zone de transmission.

Puisque la zone uniformément mouillée est supposée s’étendre jusqu’au front


d’humidification, il s’ensuit que l’infiltration cumulée I sera :

I = zf (θs-θi) = zf ∆θ ( Eq. 6)
θi et θs étant respectivement la teneur en eau volumique initiale et la teneur en eau volumique
à saturation du milieu. On a donc :
h0 − h f + z f dz f
K = ∆θ (Eq. 7)
zf dt

Les relations de Green et Ampt sont essentiellement empiriques et nécessitent la connaissance


de la succion hf. Pour l’infiltration dans un sol initialement sec, la succion au niveau du front
d’humidification est de l’ordre de 1 mètre (Hillel, 1988). En revanche, dans des terrains
naturels non homogènes, il est pratiquement impossible de donner une valeur de succion
réaliste. D’autre part, l’hypothèse de transmission de la teneur en eau par un mode piston est
peu cohérente dans la pratique en raison de l’air qui reste piégé durant l’infiltration. Cette
méthode peut néanmoins constituer une première approximation mais doit être utilisée avec
réserve.
II.3.2. Modèle de Philip
L’équation de Philip (1957) est basée sur la dérivée de l’équation du profil d’humidification
qui est une série de fonctions puissances. Cette solution montre que pour les premiers temps
d’infiltration, la propagation de la teneur en eau est proportionnelle à la racine carrée du

53
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

temps alors que pour des temps élevés, la propagation se fait à régime constant.
L’approximation de Philip pour des temps d’infiltration important est la suivante :

I = S t + At (Eq. 8)
la forme dérivée par rapport au temps est :
dI 1 S
v= = +A (Eq. 9)
dt 2 t
où A est un paramètre ayant les dimensions d’une vitesse et I l’infiltration cumulée. S est
définie comme étant la sorptivité. S décrit l’influence de la succion et de la conductivité dans
le processus d’écoulement. La sorptivité n’a de signification que par rapport à un état initial
du sol et des conditions aux limites données (Hillel, 1988). Pour un temps infini, l’expression
précédente tendra vers une vitesse d’infiltration constante asymptotique égale à A proche de
k/2 (Philip, 1957).

Bentoumi (1995) a effectué un grand nombre d’essais d’infiltration au laboratoire sur des
colonnes de sol verticales. Ses résultats mettent en évidence l’influence de la charge
hydraulique constante appliquée, sur la vitesse d’infiltration en fonction du degré de
saturation initial du sol. On constate qu’au début de l’infiltration, l’effet de la charge
hydraulique est très important et principalement pour de faibles valeurs de teneur en eau, donc
lorsque la succion est prépondérante.

Pour la vitesse d’infiltration en régime permanent, ce phénomène est moins marqué et


confirmé par les observations de Philip (1969), selon lesquelles les vitesses d’infiltration en
régime permanent tendent graduellement vers une même valeur finale et ce quelle que soit la
charge hydraulique imposée.
II.3.3. Analyse de Elrick (1989, 1992a, 1992b)
Elrick et Reynolds de l’université de Guelph ont largement contribué au
développement des essais d’infiltration. Leurs premiers travaux concernaient l’analyse des
cinétiques d’infiltration en forage sous charge constante. Depuis quelques années, ils se sont
intéressés à la mesure par infiltrométrie de surface, à partir de disques d’infiltration ou
d’infiltromètres. L’analyse est basée sur le modèle de Philip (1957) décrit précédemment et
principalement sur les premiers temps d’essai. Le régime transitoire s’écrit sous la forme de
l’équation de base suivante :
I = S (ψ ) t (Eq. 10)

dans le cas d’un écoulement non saturé, sous la forme :


I = S (h) t (Eq. 11)
pour un écoulement sous charge hydraulique h constante et positive (cas général des
infiltromètres de surface et de forage) et, sous la forme :
I = S(ψ t ) t (Eq. 12)
pour un écoulement sous une charge négative ψt (cas des infiltromètres à charge négative dits
« à succion contrôlée »).

54
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

La sorptivité S est traditionnellement donnée pour une succion nulle (ψ=0) que l’on
note S0 et déterminée par la relation suivante :

S 0 = S (h ) (1 + α * .h ) (Eq. 13)

où le paramètre α* décrit le degré d’importance des phénomènes capillaires par rapport aux
phénomènes gravitaires qui régissent l’écoulement dans le sol. α* est défini comme le rapport
entre la perméabilité à saturation et le potentiel de l’eau :
k
α* = s (Eq. 14)
Φm

Les valeurs de α* données dans le tableau suivant résultent de nombreuses observations in


situ et en laboratoire.

Texture et type de sol α* (m-1)


Sols fins argileux compactés 1
Sols fins à dominante argileuse non compactés 4
Sols à dominante limoneuse et sable fin 12
Sables et graviers fins 36

Tableau II.1 : Estimation du paramètre α* en fonction des différentes textures et natures de


sols (d’après Elrick et al., 1989).

Le flux en régime permanent s’écrit :


Q = πa 2 k (ψ ) + (GF ).Φ (ψ ) (Eq. 15)
où Q est le débit en régime permanent, a est le rayon de la surface d’infiltration ou du forage,
et GF un facteur de forme qui dépend de la géométrie de la surface d’infiltration. Le premier
terme de l’équation décrit l’écoulement dû à la gravité et le second dépend de la charge
hydraulique et de la succion du sol non saturé. L’intégration du facteur de forme à l’équation
permet de trouver les solutions pour des configurations d’écoulements différents (figures II.6
et II.7) :
• En écoulement axisymétrique :

[
Q = πa 2α * + ( 2πh )(α * h + 1) Φ m
C
] (Eq. 16)

• En écoulement vertical à charge constante

Q = ⎡πa 2α * +⎛⎜ 2πh ⎞(α * h + 1)⎤Φ


0.316( d / a ) + 0.184 ⎟⎠
(Eq. 17)
⎢⎣ ⎝ ⎥⎦ m

• En écoulement vertical à charge nulle


[
Q = πa 2α * + ( 4a )(α * h + 1) Φ m] (Eq. 18)
avec « a » le rayon de l’infiltromètre ou du forage, et « d » la profondeur d’enfoncement de
l’infiltromètre.

55
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

a. b. c.

Figure II.6. : différents modèles d’écoulement pour l’analyse de Elrick et Reynolds : a)


infiltromètre en forage à charge constante, b) infiltromètre de surface à charge constante, c)
infiltromètre de surface à tension
Perméabilité
k(ψ)
kS

ψ
ψi ψf ψt 0 h

non saturé saturé

Figure II.7. : relations entre la succion et la perméabilité. Ks est la perméabilité à saturation.


ψi est la succion initiale du sol, ψf est la succion effective au niveau du front d’humidification,
ψt est la succion appliquée par l’infiltromètre à tension, et h est la charge hydraulique
constante appliquée dans un forage ou un infiltromètre à charge positive.

II.4. FACTEURS AFFECTANT LA PERMÉABILITÉ DES SOLS COMPACTÉS


Les écoulements dans les milieux poreux se font par des chemins complexes et tortueux à
travers des séries de pores interconnectés et de différentes tailles et formes. En règle générale,
la perméabilité dans un milieu poreux dépend :

• Du volume des pores (fonction de la densité et du degré de saturation);


• De la distribution de la taille des pores (structure interne des pores).

56
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Dans ce qui suit, une liste des différents facteurs influençant la perméabilité est présentée.
Certains de ces facteurs concernent exclusivement les argiles compactées, alors que d’autres
concernent également les argiles naturelles et dans certains cas, tous les milieux poreux. De
plus, certains facteurs concernent seulement les essais en laboratoire, d’autres uniquement les
essais in situ, alors que d’autres sont pertinents dans les deux cas.

Les paramètres qui affectent la perméabilité peuvent être classés en trois catégories :

• Composition : minéralogie, distribution de la taille des pores, etc.


• Environnemental : conditions de compactage, structure, saturation, etc.
• Facteurs associés aux techniques de mesure de la perméabilité : méthode d’essai,
condition d’essai, etc.

Une liste des différentes variables qui peuvent être rencontrées dans chaque catégorie est
présentée dans le tableau II.2. Les plus importantes seront ensuite détaillées.

- Type de minéraux
- Surface spécifique
- Forme et distribution de la taille des grains
- Sels dissous
- Ions échangeables
Pour les argiles compactée :
- Teneur en eau de compactage
- Energie de compactage
Composition - Environnement
- Méthode de compactage
- Taille des mottes
Applicable pour toutes argiles :
- Degré de saturation
- Présence de fissures ou de discontinuités
- Pression de confinement
- Eau interstitielle
- Activité biologique
- Type d’essai
- Type de perméamètre
- Dimension de l’échantillon
Mesures - Gradient
- Direction de l’écoulement
- Durée entre la préparation de l’éprouvette et
l’essai
Tableau II.2 : Facteurs affectant la perméabilité

II.4.1. Facteur de composition :


La composition comprend les propriétés mécaniques, physiques et chimiques des grains
formant l’ossature de l’échantillon de sol. Ces propriétés sont importantes pour la
détermination des plages et des limites des propriétés géotechniques des sols, et en particulier
de la perméabilité. Les variations dans les limites sont fonctions des différentes conditions
environnementales (ref. tableau II.2).

57
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Pour exemple, la forme et la distribution de la taille des grains sont essentielles dans la
détermination de la densité, et de manière plus importante pour la structure interne
(distribution de la taille des vides), qui est obtenue aussi, en fonctions de l’énergie de
compactage et la teneur en eau. La taille et la forme des grains sont fonction de leur
minéralogie. La composition d’un sol joue un rôle important dans la détermination des
réactions (en terme de variation de structure), au contact des différentes eaux interstitielles.
II.4.2. Facteurs liés à l’environnement

II.4.2.a. La teneur en eau


Si un sol cohérent est compacté à différentes teneurs en eau, on obtient une courbe de
compactage telle que montrée sur la figure II.8. Cette figure montre que la densité sèche
augmente avec la teneur en eau jusqu’à un optimum, puis décroît. Pratiquement toutes les
études effectuées par les auteurs, comme en particulier Lambe (1954, 1958), Mitchell et
al. (1965), Boyton et Daniel (1985), Day et Daniel (1985), Harrop et Williams (1985),
Moussaï (1993) montrent que la perméabilité est très influencée par la teneur en eau initiale
de compactage. Deux théories peuvent expliquer l’influence de la teneur en eau sur la
perméabilité des sols argileux compactés (Boyton et Daniel 1985, Herrmann et Elsburry
1987) :

• La théorie d’orientation des particules d’argile proposée par Lambe (1958) suppose
que la variation de la perméabilité en fonction de la teneur en eau de compactage est
directement liée à la structure du sol. Du coté humide de la courbe de compactage la
structure est floculée et du côté sec la structure est plutôt dispersée (figure II.8)

• La théorie des mottes proposée par Olsen (1962), suppose que l’écoulement d’eau
dans les sols argileux se fait à travers les vides intermottes plutôt qu’à travers les
mottes elles-mêmes (figure II.9). Les mottes relativement sèches sont dures et
s’imbriquent difficilement, en laissant entre elles des vides apparents, ce qui conduit à
de fortes valeurs de la perméabilité. Les mottes humides sont plus facilement
déformables pendant le compactage, permettant ainsi de réduire les vides intermottes
et leur connexion et d’obtenir une faible perméabilité du sol. Cette théorie semble plus
proche de la réalité du terrain que la théorie de Lambe basée sur l’orientation des
particules.

Figure II.8 : Effet de la teneur en eau sur la densité sèche et sur l’orientation des
grains (Lambe, 1958)

58
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Figure II.9 : Influence des mottes sur la perméabilité des sols (Herrmann et Elsburry, 1987)

La perméabilité est plus forte pour les échantillons compactés à des teneurs en eau plus faibles
que l’optimum (figure II.10). Typiquement, la perméabilité des échantillons compactés à des
teneurs en eau plus faibles que l’optimum peut être 10 à 1000 fois plus forte que ceux
compactés à des teneurs en eau plus fortes que l’optimum (Boynton, 1983).
II.4.2.b. L’énergie de compactage
L’effet de l’augmentation de l’énergie de compactage est l’augmentation du degré de
dispersion des grains et d’imbrication des mottes, et ainsi la réduction de la perméabilité. La
figure II.10. montre que l’augmentation de l’énergie de compactage provoque une réduction
de la perméabilité.

59
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Figure II.10 : relation perméabilité-densité sèche-teneur en eau (Moussaï, 1993)

II.4.2.c. La méthode de compactage


D’après Seed et al (1960) et Mitchell et al (1965), le comportement du sol n’est influencé par
la méthode de compactage que pour des teneurs en eau supérieures à la teneur en eau optimale
(figure II.11). Mitchell et al. (1965) ont montré qu’un sol compacté statiquement présente une
structure plus dispersée que pour un compactage par pétrissage. De plus, l’augmentation de
l’effort de compactage conduit à l’augmentation du degré de parallélisme des particules de
sol.

60
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Hydraulic Conductivity (cm/s)

Figure II.11. : effet de la méthode de compactage sur la perméabilité (Mitchell et al,


1965).

II.4.2.d. La taille des mottes


Dans le cas des matériaux rapportés, il est impossible de fragmenter suffisamment le matériau
pour le compacter et il se présente souvent sous forme de mottes. Un mauvais imbriquage de
ces mottes peut influencer sensiblement la perméabilité. Daniel (1984) a étudié l’influence de
la taille des mottes sur la perméabilité d’argiles compactées. Il a montré qu’il pouvait exister
un rapport de 30 entre la perméabilité obtenue sur une argile compactée en motte de 10 mm
par rapport à une argile compactée en mottes de 2 mm. Ce constat a été confirmé par d’autres
auteurs tels que Moussai (1993) (figure II.12). Les résultats obtenus par ce dernier montrent
que la perméabilité est indépendante de la taille des mottes lorsque le sol est compacté du coté
humide.

61
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

grandes mottes D = 10 mm

Figure II.12. : évolution de la perméabilité d’un sol compacté en fonction de la taille des
mottes (d’après Moussai, 1993).

II.4.2.e. Degré de saturation :


Pour des échantillons d’argile complètement saturés, Mitchell et al. (1965) ont résumé les
résultats de leurs essais par une série de lignes d’égales perméabilités qui montrent l’effet
combiné de l’énergie et de la teneur en eau de compactage (figure II.13).

Dans les sols partiellement saturés, les pores du sol contenant de l’air piégé ne participent pas
complètement à l’écoulement du fluide, et la section effective à travers laquelle l’écoulement
s’effectue se trouve réduite. Ainsi, la perméabilité maximale possible est celle de l’échantillon
complètement saturé.

Le modèle capillaire simple d’un sol suggère que, tous autres facteurs restant les mêmes, la
perméabilité soit directement proportionnelle au degré de saturation élevé à la puissance trois
(Mitchell et al. 1965). Mitchell et al ont présenté des données (figure II.14) qui confirment
cette relation pour différents échantillons.

La figure II.15 présente les résultats obtenus par Olson and Daniel (1979), où pour des
conditions d’essais spécifiques (basé sur la méthode des profils instantanés, qui est une
méthode qui mesure K en régime transitoire dans un échantillon non saturé), la perméabilité
est tracée en fonction du degré de saturation. La description de l’essai et de l’appareillage est
détaillée par Daniel (1983). Le logarithme de la perméabilité tend à croître plus rapidement
avec Sr pour des faibles degrés de saturation. Il est possible que l’échantillon étant en
saturation, les pores les plus larges s’emplissent en premier, ce qui correspond à la première
portion de la courbe. Au-delà de cette phase initiale, la relation entre K et Sr varie.

En résumé, la perméabilité est fonction du degré de saturation. La forme exacte de la relation


ne peut être généralisée, et peut varier en magnitude selon la structure interne du sol. Il est
intéressant ici de noter que Lambe (1954) juge que « l’importance de l’effet de la saturation
sur K est relativement faible en comparaison avec la composition, la structure et l’indice des
vides ». Cette remarque peut être faite sur les résultats de Mitchell et al. (1965) qui couvrent
une gamme de saturation allant de 0,6 à 1,0, mais ne peut être retenue pour les résultats
obtenus par Olsen et Daniel qui couvrent une gamme plus large (0,2-1,0). Mitchell et al.

62
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

(1965) ont rapporté que les conditions d’un régime permanent sont très difficiles à obtenir
pour des niveaux de saturation inférieurs à 80%.

Dry density (lb/ft3)

Figure II.13 : Lignes d’égales perméabilités pour une argile limoneuse compactée (Mitchell,
1965)

Figure II.14 : Effet du degré de saturation sur la perméabilité d’une argile limoneuse
compactée (Mitchell et al., 1965)

63
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Figure II.15 : La perméabilité en fonction du degré de saturation pour une argile compactée
(Olson and Daniel, 1979)

II.4.2.f. Présence de fissures et discontinuités, et rôle de la pression de


confinement :
Ce problème est généralement associé aux conditions in situ où les fissures dues à la
dessiccation tendent à apparaître quand les barrières d’argile fraîchement construite sont
exposées à l’atmosphère pendant un certain temps. Dans l’argile naturelle, les discontinuités
peuvent aussi être présentes à cause de la dessiccation ou de la présence de racines, etc.

Ces discontinuités favorisent l’apparition de chemins d’écoulement préférentiels car elles sont
habituellement de plus grandes ouvertures que les pores et sont moins tortueuses. Starr et
Cherry (1990) ont montré que de très petites imperfections dans l’argile affectent beaucoup sa
perméabilité. Deux méthodes sont habituellement utilisées pour minimiser l’apparition de
fissures in situ. La première est l’arrosage périodique à l’eau et la seconde est de couvrir la
couche d’argile par une couche de sol protectrice.

Afin d’évaluer l’augmentation de la perméabilité de l’argile compactée causée par la


fissuration due à la dessiccation, Boyton (1983) a réalisé des essais sur des échantillons
compacté à différentes teneurs en eau, et exposés à l’air libre pendant 1 ou 3 jours.

La figure II.16 montre les résultats des essais de perméabilité réalisés sur ces échantillons.
L’augmentation après 1 jour est minimale dans certains cas, et pour l’échantillon compacté à

64
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

la plus forte teneurs en eau, une légère diminution de k a été mesurée. Les chercheurs
attribuent ce fait à la pression de confinement effective relativement élevée utilisée durant
l’essai. Ainsi, il apparaît que la pression de confinement effective joue un rôle dans la
fermeture des fissures. Pour expliquer cela, Boyton (1983) a préparé des échantillons d’argile
compactée, qu’il a exposé à l’air libre pendant 3 jours, et a ensuite testé leur perméabilité en y
appliquant différent niveau de confinement. Les résultats, présentés sur la figure II.17, ont
confirmé l’effet du confinement sur la perméabilité.

Figure II.16 : La perméabilité d’une argile réfractaire en fonction du temps de dessiccation


(Boynton, 1983)

Figure II.17 : Effet de la pression de confinement sur la perméabilité d’échantillon d’argile


réfractaire après dessiccation (Boynton, 1983).

65
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

II.4.2.g. La température :
La température influe beaucoup sur la densité et la viscosité de l’eau mais aussi sur la
rétention de l’eau. C’est pourquoi on calcule toujours la valeur de la perméabilité pour une
température de référence (en général prise à 20°C) pour tenir compte du changement de
viscosité dû aux variations de température. Plus la valeur de la viscosité est élevée, plus le
débit est faible.

La viscosité dynamique de l’eau à 20°C est égale à 1,00 mPa.s. D’une manière générale on a :
v 20° = vT .b ou k 20° = k T .b (Eq. 19)
ou ν20° et νT sont respectivement les vitesses de percolation surfacique à 20°C et à la
température T(°C) et, k20° et kT les perméabilités à 20°C et à la température T (°C), b étant un
coefficient calculé à partir des valeurs de viscosité de l’eau à 20°C et à la température T(°C)
tel que :
ηT
b= (Eq. 20)
η 20
où η20° et ηT sont les viscosités dynamiques à 20°C et à la température T.
Les valeurs de b en fonction de la température sont données Figure II.18 (valeur à la pression
atmosphérique).
On peut utiliser une expression approchée de la loi de variation η(T) sous la forme suivante :

b = exp [2,44.10-2 (20-T) + 1,8.10-4 (20-T)2 + 2,5.10-6 (20-T)3] (Eq. 21)

où T est la température de l’eau (°C) dans la zone d’écoulement de l’eau.

2,0

1,5
coefficient b

1,0

0,5

0,0
0 10 20 30 40 50
température (°C)

Figure II.18 : Variation du coefficient b par rapport à la température à la pression


atmosphérique

II.4.2.h. Dessiccation humidification


Les alternances de dessiccation et d’humidification provoquent dans la masse de sol des
tensions qui fissurent le sol en tous sens et de plus en plus finement. Lorsque le sol humide se
dessèche, l’eau s’évapore et les colloïdes se contractent créant dans la matrice soit des fissures
apparentes, soit des zones de moindre résistance : le sol se délite, se brise facilement. C’est
l’effet de retrait qui est généralement progressif. La fragmentation se fait d’abord en gros

66
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

blocs puis en agrégats moyens puis enfin en assemblages de plus en plus fins qui vont
constituer la nouvelle matrice. En profondeur, la dessiccation estivale des sols argileux fait
apparaître une fissuration verticale, leur donnant une structure prismatique ou columnaire. En
surface, les sols à dominante limoneuse présentent plutôt une structure feuilletée de type
schisteux.
Plusieurs auteurs ont étudié ces influences (Daniel et Benson, 1990, Daniel et Wu, 1993,
Albrecht, 1996). Albrecht (1996) a montré, dans des zones à climat très sec, que des sols
argileux saturés à fort indice de plasticité, mais initialement compactés plus sec que
l’optimum ou avec des efforts de compactage plus importants, ont tendance à présenter un
retrait moindre au cours de la dessiccation sous faible contrainte comme c’est le cas en
couverture des ISD. Les résultats obtenus sont présentés en terme de rapport de perméabilité
Rk (rapport entre ks après dessiccation et ks initiale) en fonction de la différence de teneur en
eau de compactage par rapport à l’optimum Proctor (wc - wOPN) (Figure II.19).
100

10
Rk

Proctor réduit
1
Proctor normal
Proctor modifié

0,1
-4 -2 0 2 4 6 8 10 12
wc - wOPN

Figure II.19 : Rapport d’évolution de la perméabilité en fonction de la différence entre la


teneur en eau de compactage et la teneur en eau à l’optimum avec une énergie faible,
modérée et forte ; résultats obtenus sur une argile d’indice de plasticité 35 (d’après Albrecht,
1996).
Daniel et Wu (1993) ont montré que des échantillons compactés à des teneurs en eau élevées
et soumis à des périodes de dessiccation intenses peuvent présenter un retrait très important
(figure II.20). Dans ce contexte de sécheresse prolongée, la densité de compactage doit être,
en général, supérieure à 95% de l’optimum, afin de satisfaire au critère de perméabilité et de
résistance mécanique. Ils proposent ainsi un nouveau paramètre pour la définition des
domaines acceptables de compactage : il s’agit de la capacité de retrait (figure. II.21).

67
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

12
Proctor modifié
10

déformation volumique (%)


Proctor normal

8 Proctor réduit

0
8 10 12 14 16 18 20 22
teneur en eau de compactage (%)

Figure II.20 : déformations volumiques de dessiccation en fonction de la teneur en eau de


compactage (d’après Daniel et Wu, 1993)

Poids volumique sec


Critère de
résistance
mécanique

Critère global

Critère de
perméabilité

Critère de retrait

teneur en eau de compactage

Figure II.21 : définition des domaines acceptables permettant l’obtention du seuil de


perméabilité requis en fonction des domaines de chacun des paramètres (d’après Daniel et
Wu, 1993)

II.4.2.i. Cycles gel dégel


L’effet des grandes fluctuations de température, ainsi que des cycles gel-dégel, est de
favoriser la formation de micro-fissures et l’augmentation de la perméabilité des sols de 1 à 3
puissances de 10 dans certains cas. Kim et Daniel (1992) ont réalisé un programme
expérimental en laboratoire sur des échantillons d’argile compactée, qui ont subi des cycles
successifs de gel/dégel (à teneur en eau constante). Ils établirent que la perméabilité augmente
pour tous les échantillons après 5 cycles. Les sols compactés à une teneur en eau inférieure à
l’optimum atteignirent après 5 cycles une perméabilité de 2-6 fois celle d’avant le premier gel.
Pour les sols compactés à une teneur en eau plus grande que l’optimum la perméabilité a
augmenté de 100 fois. Ces résultats sont illustrés sur la figure II.22. Kim et Daniel ont
également remarqué que, comme dans le cas des fissures et des discontinuités, la pression de
confinement joue un rôle important. En effet, les échantillons testés avec des confinements
importants résistent mieux aux effets nuisibles des cycles gel-dégel.

68
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Figure II.22 : Effet du gel-dégel sur la perméabilité d’une argile compactée à une teneur en
eau plus grande et plus petite que l’optimum Proctor (d’après Kim et Daniel, 1992)

II.4.2.j. Déformation d’origine mécanique


Il existe des situations où la barrière d’étanchéité est soumise à des tensions, des flexions ou
des cisaillements (Cheng et al. 1994). Il a été démontré que ces flexions peuvent entraîner des
modifications de la perméabilité des sols recompactés ou éventuellement de sols naturels
soumis à des tassements différentiels importants. Dans ces conditions, la perméabilité est
affectée par la création d’un réseau de fissures d’origine mécanique qui imposent des chemins
préférentiels à l’écoulement (Figure II.23).

Sol compacté

Fissures de traction

Figure II.23 : Déformations induites par une flexure ou élongation des couches de sol sous
tassement différentiel (d’après Cheng and al. 1994)

II.4.2.k. Activité microbienne et biologique


Des longues périodes de submersions, durant les essais de perméabilité, peut résulter une
réduction de la vitesse d’écoulement due à l’activité microbienne. Cela résulte de l'obturation
des pores. Les micro-organismes utilisent les éléments nutritifs et les sources d’énergie qui
existent dans le sol et l’eau des pores, et excrètent des produits métaboliques qui altèrent la
configuration des pores. Les facteurs biologiques qui font décroître la perméabilité sont :
l’accumulation des produits métabolique dans les pores, causant leur obturation; la production

69
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

de gaz dans certains cas ; modification du pH et de la chimie de l’eau, ce qui peut affecter la
structure des pores.

Les êtres vivants granulent le sol en le divisant et en le cimentant par les matières organiques
qu’ils produisent (Soltner, 1983). Parmi les animaux, les vers de terre jouent un rôle
important ; leurs galeries, qui cheminent dans tous les sens, accélèrent les flux et en même
temps l’aération. Les micro-organismes, quant à eux, contribuent également à la granulation
des couches de surface du sol. Les racines, qui sont inévitables, fragmentent les sols quelle
que soit leur résistance mécanique en s’introduisant dans les moindres fissures qu’elles
agrandissent. Pendant toute leur durée de vie, les racines n’ont pas d’effet particulièrement
négatif sur la perméabilité des sols. En revanche, lorsqu’elles meurent, elles laissent des
conduits tubulaires, généralement remplis d’humus, qui constituent des chemins de circulation
privilégiés.
II.4.3. Conclusion
Un grand nombre de paramètres affectent la perméabilité des sols en général, et des argiles
compactées en particulier. En outre, la compréhension de la structure interne des sols et des
différents facteurs les affectant, nous permet d’anticiper comment la perméabilité va varier en
fonction de la variation de l’un des paramètres.
II.5. LA MESURE DE PERMÉABILITÉ PAR INFILTROMÈTRIE

II.5.1. Principe général de la méthode


Ces méthodes présentent généralement une bonne analogie au phénomène naturel de
l’infiltration des pluies et de l’infiltration artificielle provoquée, c’est-à-dire une infiltration
verticale sous faible charge et sur un sol faiblement perturbé.

Le principe de la méthode des infiltromètres à simple ou double anneau repose sur la mesure
d’un débit surfacique d’eau s’infiltrant sous une ou plusieurs charges hydrauliques. Dans le
cas du double anneau, l’anneau externe, dit de garde, a pour but de maintenir le flux vertical
dans l’anneau interne. L’essai est généralement conduit comme suit :

a- Préparation du terrain et de la surface d’essai


b- Disposition d’une manière étanche, à la surface du sol, du ou des anneaux concentriques,
l’étanchéité du dispositif étant acquise :

• soit par enfoncement partiel du ou des anneaux dans le sol,


• soit par scellement du ou des deux anneaux sur le sol avec apport d’un matériau de
scellement peu perméable.

Les méthodes de mise en place des anneaux dépendent de la nature des sols et de leur
état hydrique. Ces méthodes sont le collage, le battage et le vérinage.

c- Mesure d’une manière continue ou ponctuelle, du volume d’eau infiltré pendant un temps
d’observation suffisant pour obtenir les informations nécessaires au calcul de la
perméabilité. L’exploitation des résultats conduit à la détermination d’une vitesse
d’infiltration sous une charge hydraulique donnée.
Le volume d’eau infiltré ∆V à travers une aire d’essai A pendant un intervalle de temps
∆t, est convertie en débit surfacique (ou vitesse) d’infiltration v, à la température connue
de l’essai :

70
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

∆V
v= (Eq. 22)
A.∆t
La perméabilité est ensuite déduite, dans la plupart des cas, de la loi de Darcy ou par des
analyses spécifiques telle que celles décrites précédemment. Généralement, la profondeur
du front d’humidification zw est obtenue par autopsie du sol à l’issue de l’essai.
II.5.2. Infiltromètres ouverts (norme X30-418)
Couramment utilisés, les infiltromètres ouverts sont apparus pour des contrôles de
perméabilités destinées au dimensionnement des dispositifs d’assainissement par le sol. Ces
procédés sont d’un emploi facile et nécessitent en général peu de matériel. Ils requièrent
néanmoins certaines précautions et sont limités au contrôle de sol de perméabilité moyenne
(1.10-5 à 1.10-8 m/s).

L’infiltromètre comporte en général un ou deux anneaux concentriques (figure II.24 et figure


II.25). Les deux anneaux enfoncés dans le sol, et remplis d’eau à la même cote, sont le siège
d’une infiltration (charge hydraulique h par rapport à la surface du sol). Les niveaux d’eau
dans les anneaux sont à pression atmosphérique. La charge est inférieure à la hauteur des
anneaux ; c’est ce qui les différencie des anneaux de type fermé.
infiltromètre
h

Gorge de scellement par


Front d’infiltration collage

Figure II.24. : Schéma de principe de l’infiltromètre simple anneau ouvert

Anneau Anneau
externe interne

Anneaux enfoncés par Front d’infiltration Anneaux placés dans les


battage ou vérinage gorges

Figure II.25 : Schéma de principe de l’infiltromètre double anneau ouvert


Dans ce type d’appareil, on mesure les variations du niveau de l’eau dans l’anneau interne au
cours du temps, au moyen d’un dispositif adapté. Ces variations étant en général très faibles
par rapport à la charge h appliquée, on considère que l’écoulement dans le terrain à l’intérieur
de l’anneau interne se fait à charge constante.

71
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

La mesure des variations du niveau d’eau est effectuée au moyen de plusieurs dispositifs :

- Flotteur disposé à la surface de l’eau, et dont on mesure les variations de position grâce à un
capteur de déplacement (inductif ou optique) disposé dans une tête de mesure
- Mesure directe, sans flotteur, de la position de la surface de l’eau au moyen d’un capteur de
type capacitif contenu dans une tête de mesure
- Mesure directe au moyen d’une règle graduée lorsque la variation de niveau est significative
pour l’opérateur.

Dans tous les cas, la résolution et la précision de la mesure doivent être suffisantes pour
permettre des mesures fiables dans la plage d’utilisation de l’appareil. C’est pour cette raison
qu’ils sont limités aux perméabilités supérieures à 1.10-9 m/s. Une résolution de 1 µm
(résolution des capteurs de distances courants), ne permet généralement pas de mesurer une
variation de niveau correspondant à une perméabilité de 1.10-9 m/s avec suffisamment de
précision.

La température étant un facteur d’influence important, celle-ci doit être mesurée afin de
pouvoir s’assurer que les variations sont restées suffisamment faibles, ou réaliser les
corrections nécessaires en cas d’évolution en cours d’essai. Ces appareils étant sujets à
l’évaporation, une protection est généralement nécessaire pour des essais dépassant une heure.
Dans certains cas, de manière à pouvoir quantifier l’évaporation et par suite corriger
l’infiltration, un cylindre identique au premier mais possédant une base imperméable peut être
placée à proximité de l’infiltromètre comme étalonnage.
II.5.3. Infiltromètres fermés (norme X30-420)
Dans ce type d’appareil, la charge hydraulique h appliquée est maintenue constante par
l’intermédiaire d’un dispositif communément appelé contrôleur pression volume (CPV).

L’infiltromètre comporte généralement un ou deux anneaux concentriques fermés par un


couvercle, enfoncé dans le sol et rempli d’eau (figure II.26). La charge hydraulique régnant
dans le ou les anneaux est supérieure à la hauteur des anneaux ; c’est ce qui les différencient
des anneaux ouverts.

Plusieurs type de CPV peuvent être utilisés pour l’application de la charge hydraulique. Les
plus courants sont :

- Le tube ou bouteille de Mariotte gradué, utilisé pour des charges hydrauliques en général
inférieures à 1,50 m (difficulté de lecture au-delà), la charge est calculée comme la
différence de cote entre la surface de l’essai et la prise d’air de la bouteille.

- Les CPV utilisés pour des charges hydrauliques inférieures à 5 m ; la charge étant la somme
de la pression appliquée estimée en hauteur d’eau et de la différence de cote entre le niveau
d’eau du CPV et l’air d’essai ; on peut citer :

o Le réservoir pressurisé qui consiste à enregistrer une variation de niveau au moyen


d’un capteur de déplacement, la surpression est assurée par de l’azote.

o Le CPV où la pression est appliquée par un piston. La mesure du déplacement du


piston permet de calculer le volume d’eau infiltré.

72
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

o Le CPV type Ménard qui consiste à effectuer une lecture dans une burette graduée
pressurisée par de l’azote.

- Le capillaire horizontal dont la cote détermine la charge hydraulique. Le volume infiltré est
déterminé par lecture directe sur une graduation ou par lecture optique.

- Le sachet de pesée submergé sous un niveau constant d’eau. Le volume est déterminé par
pesées successives du sachet ou par pesée finale.

Un dispositif ancré au sol permettant de reprendre les efforts dans le cas des charges
hydrauliques élevées peut être utilisé. Pendant la durée de l’essai, un contrôle éventuel par un
comparateur permet de vérifier si l’infiltromètre ne se soulève pas sous l’effet de la charge
hydraulique appliquée.

Vanne Infiltromètre
d’alimentation
dispositif éventuel de
confinement

Vanne de purge

dispositif éventuel
Contrôleur de réaction
Pression
Volume

Front d’infiltration

Figure II.26: Schéma de principe de l’infiltromètre simple anneau fermé (Didier et al, 1997a)

Vannes de purge
Vannes
d’alimentation
Contrôleurs
Pression dispositif éventuel
Volume de réaction

anneau externe anneau interne anneau externe

Front d’infiltration

Figure II.27 : Schéma de principe de l’infiltromètre double anneau fermé

73
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

II.6. LA MESURE DE PERMÉABILITÉ EN FORAGE

II.6.1. Principe général des essais de perméabilité en forage dans les sols fins
Les essais de perméabilité en forage ont été développés très tôt dans le domaine des études
hydrogéologiques. Actuellement, ces méthodes intéressent de nombreux domaines de
l’ingénierie tels que l’agronomie, l’hydrogéologie, l’assainissement, le stockage des
déchets…

D’une manière générale, le principe de ces procédés de mesure de la perméabilité horizontale


est de créer une infiltration sous charge hydraulique constante ou variable dans une cavité
cylindrique isolée créée dans une portion de forage (figure II.28).
Tube de liaison

Niveau
piézométrique

Système d’obturation

cavité

Figure II.28. : schéma de principe d’un essai de perméabilité en forage (cazaux, 1998)
Dans les sols de faible et très faible perméabilité, l’incertitude sur la représentativité de la
valeur de la perméabilité mesurée est plus grande que lors des essais d’infiltrométrie en
surface. En effet, lors de l’exploitation des résultats, il faudra introduire dans le calcul de la
perméabilité la notion de variation de cette perméabilité en fonction de la profondeur sur toute
la hauteur de la cavité de mesure. Ces variations de perméabilité sur la verticale d’un profil de
sol sont une caractéristique indissociable de la nature géologique de ces matériaux et de
l’histoire de leur sédimentation. Dans ces conditions, où l’on travaille presque
systématiquement en aveugle, excepté lorsque le forage est effectué par carottage, il serait
peut être préférable de raisonner en terme de flux sous charge donnée plutôt que de fournir
systématiquement une valeur de perméabilité moyenne. Ainsi, des piézomètres laissés à
demeure pourraient donner l’évolution du flux sur des temps très longs avec des procédures
d’essais plus simples. Ceci est réaliste pour la caractérisation des sites mais va à l’encontre de
la notion de contrôle rapide de la perméabilité.

Ces essais se repartissent selon trois catégories :

• Essai à charge constante


• Essai à charge variable (ou slug test)
• Essai en choc impulsionnel (ou pulse test)

74
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Ces différents principes d'essais n'ont pas tout à fait la même gamme de mesure de
perméabilité. Ainsi, le tableau suivant synthétise ces plages sur une échelle logarithmique.

10-12 10-11 10-10 10-9 10-8 10-7 10-6


K (m/s)

Charge variable

Charge constante

Choc impulsionnel

Tableau II.3. : Gammes des perméabilités mesurables par les différentes techniques d’essais
proposées dans la littérature (échelle logarithmique).(Cazaux, 1998)

II.6.2. Essai d'injection à charge constante


La méthode consiste à appliquer une charge constante au niveau de la cavité et à mesurer le
débit infiltré. La charge appliquée est supérieure à la hauteur hydrostatique. L’utilisation de
charges hydrauliques faibles par rapport à la contrainte effective en place nécessite l’emploi
d’appareillages de contrôle adaptés. Si l’essai est effectué à des charges hydrauliques trop
élevées, il peut y avoir des risques d’ouverture de microfissures et, à la limite, de fracturation
hydraulique.

La charge hydraulique h est créée soit par la mise en pression d’azote d’un réservoir ou du
tube de liaison préalablement rempli d’eau, soit par l’intermédiaire d’une bouteille de
Mariotte. Il s’agit de Contrôleurs de Pression Volume (CPV) comparables à ceux utilisés pour
les essais de surface modifiés pour avoir une autonomie de volume plus importante. La valeur
de la charge est conventionnellement prise par rapport au centre de la cavité. Elle est calculée
en fonction du CPV utilisé :

• Bouteille de Mariotte : h = ha (Eq. 23)


où ha est la hauteur d’eau entre la prise d’air de la bouteille de Mariotte et le centre de la
cavité.

• Réservoir pressurisé : h = PN/ρ.g+h0 (Eq. 24)

PN : pression d’azote appliquée dans le réservoir (Pa)


h0 : hauteur d’eau entre le niveau d’eau du réservoir et le centre de la cavité
ρ : masse volumique de l’eau
g : accélération de la pesanteur

• Capteur immergé : h = PN/ρ.g+hc +h0 (Eq. 25)


PN : pression d’azote appliquée dans le tube de liaison (Pa)
h0 : hauteur d’eau entre le centre du capteur et le centre de la cavité
hc : hauteur d’eau entre le niveau d’eau dans le tube de mesure et le capteur (m)
ρ : masse volumique de l’eau
g : accélération de la pesanteur

75
Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

II.6.3. Essai d'injection à charge variable


La méthode de ces essais consiste à remplir le tube de mesure et à contrôler la descente du
niveau d'eau en fonction du temps, résultant de l’infiltration dans la cavité de mesure. La
variation de charge est suivie par un capteur de pression hydrostatique immergé à une hauteur
connue ou par jaugeage du niveau à intervalle de temps, dans le tube de liaison.
Cet essai permet bien de mesurer la perméabilité de barrières d'étanchéité, mais il peut durer
plusieurs jours voire plusieurs semaines. Par conséquent, ce type d'essai ne répond pas au
cahier des charges au niveau de la rapidité du contrôle.
II.6.4. Essai par choc impulsionnel ou pulse test
Les pulse tests sont une variante récente des essais à charge variable. Ils ont été développés
initialement dans le domaine pétrolier pour le contrôle des roches de faibles perméabilités (k<
1.10-8 m/s ) dans un soucis de diminuer notablement les temps d'essais. Ils peuvent être
conduits par pressurisation ou dépressurisation du volume d’eau en fonction de la position de
la nappe par rapport à la cavité de mesure.

La méthode consiste à enregistrer la variation dans le temps de la charge hydraulique dans une
chambre fermée réalisée dans le terrain, après application d'un choc impulsionnel (application
instantanée d'une charge hydraulique dans le tube de mesure rempli d'un volume d'eau
connu). La variation de la pression à volume constant est suivie par un capteur de pression
relié à une centrale d'acquisition et situé en tête du tube de mesure ou au niveau de la cavité.

Cet essai permet de gagner un temps important par rapport à l'essai conventionnel à charge
variable. En effet, un essai de plusieurs jours voire de plusieurs semaines à charge variable
peut avec la technique du pulse-test être réalisé en quelques heures. Cependant, cet essai
présente deux inconvénients :
• Problème de la connaissance de la charge à l'équilibre avant essai,
• Problème de l'appréciation du coefficient de compressibilité du système.
Les résultats présentés dans la littérature montrent que les chocs impulsionnels peuvent
fournir une bonne approximation des propriétés hydraulique des formations de faible
perméabilité.

La conjonction d’un essai par pressurisation et dépressurisation peut permettre de s’affranchir


des effets de la déformation du matériau testé et du système (Thornes et Spane, 1985). On
peut logiquement admettre qu’un cycle pressurisation-dépressurisation donnera un résultat
dont la signification sera plus facilement exploitable. La pressurisation instantanée du système
entraîne une déformation élastique de ce même système permettant l’isolation de la zone.
Cette déformation va brouiller l’enregistrement de la pression par une réponse transitoire.
Ainsi, l’utilisation des cycles éliminera certaines incertitudes liées au système propre.

L'influence de la compressibilité du système et du sol testé sur le résultat de l'essai est


considérable et peut conduire à des erreurs très importantes. L’interprétation est normalement
effectuée avec le coefficient de compressibilité de l’eau Cw tel que proposé dans la norme
ASTM. L’utilisation du coefficient de compressibilité observé et déterminé en cours d’essai
conduit à des rapports de perméabilité qui peuvent être a posteriori de 102 à 103 selon les cas.
Le coefficient de compressibilité observé Cobs prend en compte non seulement l’eau présente
dans le système mais également les différents appareillages et l’air piégé. La détermination de
Cobs peut conduire également à de moindres incertitudes sur le résultat final qui est la valeur
de la perméabilité. En effet, si la précision sur le volume injecté est bonne, la variation de

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Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

pression mesurée est soumise à une interrogation puisque, comme nous le signalions
auparavant, il peut y avoir interférence avec le système. Dans ce cas, comment prendre en
compte la réponse transitoire du système dans le calcul final de la compressibilité ? Doit-on
par conséquent limiter les essais par choc impulsionnel aux matériaux non déformables et non
gonflant ? (Cazaux, 1998)
II.6.4.a. Méthode de Bredehoeft et Papadopoulos
L’interprétation de l’essai de perméabilité est réalisée en utilisant la solution analytique de
Bredehoeft et Papadopoulos (1980) qui décrit la décroissance de la variation de charge
engendrée par la compression du volume d’eau du forage qui résulte de l’infiltration de l’eau
dans la chambre de mesure.

L’interprétation de Bredehoeft et Papadopoulos fait l’objet de la norme ASTM D 4631-86.


Elle consiste à tracer la pression normalisée, rapport entre la charge hydraulique dans le
forage h au temps t et la charge initiale h0 (limitée à 5m par rapport au TN) provoquée par le
choc impulsionnel, en fonction du logarithme du temps. L’équation de dissipation de la
charge s’écrit :
h
= F (α , β ) (Eq. 26)
h0

où α et β sont des paramètres adimensionnels dont les expressions sont les suivantes :

α = π .rw2 .S / V w C w ρg (Eq. 27)

β = T .t / V w C w ρg (Eq. 28)
où :
Vw : volume d’eau injecté
rw : rayon du tube de mesure
t : temps écoulé depuis le choc impulsionnel
Cw :compressibilité de l’eau
T,S, respectivement la transmissivité et le coefficient d’emmagasinement.
ρ : poids volumique de l’eau
g : accélération de la pesanteur

Dans la pratique, et pour les raisons citées ci-dessus, on remplace le coefficient de


compressibilité de l’eau Cw par celui du système Cobs.

α = π .rw2 .S / V w C obs ρg (Eq. 29)

β = T .t / V w C obs ρg (Eq. 30)

Les expressions de α et β permettent de déterminer les paramètres S et T de la courbe


expérimentale à partir des courbes types de F(α,β) (Figure II.28)
Le coefficient de perméabilité est ensuite tiré directement de la transmissivité à partir
de la relation suivante :
Kh=T/l (Eq. 31)
Avec l, longueur de la cavité.

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Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

Figure II.29 : Courbe type de la fonction de Bredehoeft Cooper et Papadopoulos

II.6.4.b. Méthode directe (Cazaux, 1998)


Cazaux (1998) a analysé l’essai sous choc impulsionnel à partir de l’évolution de la vitesse
d’infiltration déduite de la dissipation de charge en fonction du temps. A la base, cette
approche revient à un essai à charge variable conventionnel. Comme dans le cas des essais à
charge variable, l’essai est exploité par discrétisation. Cette méthode consiste à tracer la
vitesse d’infiltration en fonction de la charge hydraulique. En milieu totalement saturé, la
relation entre la vitesse et la charge hydraulique est une droite passant par l’origine puisque
pour une différence de charge nulle et un écoulement respectant la loi de Darcy, la vitesse
d’infiltration doit être nulle.
La méthode consiste à estimer d’abord le volume d’eau infiltré en fonction du temps à partir
de la dissipation de la charge mesurée par le capteur de pression. L’expression du volume V
est la suivante :
V=Vw.ρw.g.(ht-h0).Cobs (Eq. 32)
Où V est le volume infiltré cumulé,
ρw et g sont respectivement la masse volumique de l’eau et l’accélération de la pesanteur,
ht et h0 sont respectivement la charge hydraulique au temps t et à l’origine des temps,
Cobs le coefficient de compressibilité du système mesuré expérimentalement.
Le débit d’infiltration est ensuite déduit de l’expression suivante sur l’intervalle de temps ∆t :
∆V
Q= (Eq. 33)
∆t
A chaque valeur de Q correspond la valeur de la charge hydraulique moyenne sur l’intervalle
de temps sur lequel Q est calculé.

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Chapitre II : Considérations générales sur la perméabilité des sols fins

La représentation de Q en fonction de la charge hydraulique permet de vérifier si


l’écoulement est stable, s’il suit ou non la loi de Darcy, et si la référence de charge
hydraulique est valable ou non. Dans les sols saturés, la droite doit passer théoriquement par
l’origine. Dans les sols non saturés, on constate en revanche que la charge hydraulique
mesurée passe généralement par un minimum négatif qui donne ce que l’on appelle la charge
d’entrée d’air. Par conséquent, la droite coupe l’axe des charges à une valeur qui doit être la
charge d’entrée d’air.
II.7. PREVISION DE LA PERMÉABILITÉ
Les mesures in situ ou en laboratoire des propriétés hydrauliques d’un sol sont longues et
chères, et comportent de nombreuses incertitudes au regard de la validité et de l’interprétation
des données. De plus, la perméabilité présente une variabilité dans l’espace (en particulier
pour les sites naturels) et dans le temps, ce qui rend très délicat l’interprétation des résultats
des mesures.

Existe-t-il une alternative à la mesure directe de la perméabilité ? Pendant longtemps, de


nombreux chercheurs ont exploré les possibilités attrayantes de déduction de la perméabilité à
partir des propriétés des sols facilement mesurables en utilisant des modèles prédictifs.
Certains de ces modèles découlent des observations empiriques, comme la mise en relation de
la perméabilité et la porosité, taille des grains « effective » etc. Ragab et Cooper (1990) ont
minutieusement recensé les nombreux travaux réalisés dans ce domaine. D’autres sont basés
sur l’analyse théorique de modèles idéalisant la texture du sol. Il existe aussi une autre
approche prédictive basée sur la tentative de mise en relation de la perméabilité avec d’autres
propriétés qui sont aussi fonction de la porosité et de la structure interne du milieu poreux.

Dans ce travail de recherche, nous explorons la possibilité de mettre en relation la


perméabilité avec les propriétés électriques du sol. Le but dirigeant ce travail est d’évaluer le
potentiel de l’utilisation d’une mesure rapide, fiable, répétitive et peu coûteuse, telle que la
résistivité électrique ou électromagnétique dans le cas des barrières d’étanchéité dans les
centres de stockage de déchets. Pour cela, la compréhension minutieuse de la perméabilité et
des paramètres pouvant l’affecter doit être développée. Cela a été fait dans ce chapitre (§II.4).
L’étape suivante est de faire de même pour la résistivité électrique des milieux poreux.
II.10. CONCLUSIONS
Les contrôles de perméabilité in situ se font par infiltromètrie et en forage. L’utilisation
d’infiltromètres fermés permet l’application de fortes charges hydrauliques, ce qui est adapté
à la mesure des faibles perméabilités. La mesure de la perméabilité en forage permet de
contrôler la barrière argileuse sur toute son épaisseur, mais reste moins fiable que la mesure à
l’infiltromètre.

L’essai le plus couramment utilisé est à charge constante. La durée d’un tel essai est d’environ
24 heures. Nous avons introduit la méthode du choc impulsionnel appliquée aux essais en
forage, qui permet une réduction considérable des temps d’essai. L’interprétation de ce type
d’essai est généralement réalisée par la méthode de Bredehoeft et Papadopoulos. Nous nous
proposons de remplacer le coefficient de compressibilité de l’eau par un coefficient de
compressibilité défini expérimentalement. Nous avons également introduit une méthode
d’interprétation directe, basée sur ce coefficient.

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