Rapport Iggn
Rapport Iggn
IGGN 2021
« L’exemplarité ne doit pas être vécue
comme une contrainte, mais comme une
chance, un honneur.
Cultivons cette haute exigence morale ! »
Général de corps d’armée Alain Pidoux,
chef de l’IGGN
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TABLE DES MATIÈRES
3
TABLE DES MATIÈRES
6. ANNEXES 127
4
EDITO Chef IGGN Rapport 2021-2022
J
e suis heureux de vous en cours, réception à l’IGGN de personnalités (députés,
présenter ce nouveau journalistes...), création d’une présence sur les réseaux
rapport annuel d’activité sociaux (LinkedIn et YouTube) et développement des rela-
qui couronne une année par- tions internationales et échanges avec des inspections
ticulièrement dense et riche étrangères].
pour l’Inspection générale Cette démarche est au cœur de la stratégie IGGN 20.24 et
de la gendarmerie nationale en pleine cohérence avec le concept de redevabilité qui lie
(IGGN). Cette activité soutenue la gendarmerie à nos concitoyens sous le #RépondrePré-
peut être appréhendée par le sent.
prisme de quatre focales :
3. L’année écoulée a été aussi placée sous le signe de la
1. C’est d’abord la tenue du Beauvau de la sécurité, qui transformation de l’IGGN et d’une montée en puissance
a permis de penser la Police et la Gendarmerie nationales de ses compétences. Disposant déjà d’une ressource
à l’horizon 2030 et qui s’est traduit par les annonces du humaine particulièrement diversifiée et expérimentée cou-
Président de la République le 14 septembre 2021. vrant l’ensemble des activités de la gendarmerie, l’IGGN a
L’IGGN a pleinement participé à ces travaux, particuliè- complété et élargi le spectre de son champ d’expertises en
rement dans le cadre de la table ronde qui portait sur le accueillant en son sein la Cellule nationale RETEX (retour
contrôle interne des forces de sécurité intérieure. d’expérience) (CNRETEX), la Mission sûreté de la gendar-
Il s’agissait alors de définir comment atteindre une plus merie (MSG) nouvellement créée, le Coordonnateur natio-
grande transparence, accroître le caractère indépendant nal de la prévention (CNP) de la gendarmerie, le Conseil
des inspections générales pour ainsi préserver le lien de permanent de la sécurité aérienne de la gendarmerie
confiance qui doit unir les forces de sécurité intérieure à la nationale (CPSAGN) ainsi que la cellule préfiguratrice de
population. La publication et la présentation systématique l’Observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et contre
à la presse de ce rapport que j’ai voulu exhaustif, enrichi les discriminations (OGED) nouvellement créée. Autant de
d’analyses approfondies, apporte des réponses concrètes ressources capacitaires pour élargir le spectre de l’action
aux interrogations et demandes exprimées par les auto- de l’IGGN à une mission de conseil à côté de sa mission
rités externes de contrôle de la Gendarmerie nationale à traditionnelle de contrôle, au service de la réflexion straté-
l’occasion de ces débats. gique de l’Institution.
4. Enfin, 2021-2022 marque la mise en route d’un vaste
2. Parallèlement, j’ai ainsi œuvré au cours de cette année plan d’action déontologie de la gendarmerie 2022-
écoulée pour que l’action de l’IGGN s’inscrive dans une 2024 piloté par l’IGGN. Il a pour ambition de conforter la
plus grande ouverture et une plus grande transpa- place de la déontologie au cœur des structures et des mis-
rence. En interne, avec un renforcement du recrutement sions de la gendarmerie.
des personnels civils et la diffusion de kits pédagogiques J’exprime ma gratitude à l’ensemble des personnels de
traitant de la déontologie à destination des militaires de l’IGGN et aux acteurs extérieurs qui ont contribué encore
la gendarmerie et en externe, au travers d’une intensi- cette année à produire ce haut niveau de service public au
fication des échanges [participation à des études avec profit de nos concitoyens.
la communauté des chercheurs en lien avec le Centre 2022 sera incontestablement une nouvelle année char-
de recherche de l’École des officiers de la gendarme- nière dans la dynamique de transformation avec la mise en
rie nationale (CREOGN), immersions au sein des unités œuvre d’une des mesures phares issue du Beauvau de la
de gendarmerie d’autorités administratives indépen- sécurité : l’ouverture d’un poste d’adjoint au chef de l’IGGN
dantes - cela a été entre autre le cas pour les services à un magistrat de l’ordre judiciaire qui nous rejoindra le 1er
du Défenseur des Droits – rencontres à échéances régu- septembre 2022.
lières avec des autorités extérieures pour échanger sur Bonne découverte de ce qu’a été pour nous cette
les bonnes pratiques ou faire un point sur les dossiers année de montée en puissance de l’IGGN.
5
Les grands rendez-vous de 2021
6
Une année d’ouverture, de
transparence, de transformation
Échanges et regards Effectifs
croisés avec divers interlocuteurs / 114 personnels
• 64 officiers de gendarmerie
• Autorités administratives
Indépendantes (DDD-CGLPLDILCRAH, CNCDH)
• 13 officiers du corps technique et administratif
• P arlementaires • 21 sous-officiers de gendarmerie
• C our des comptes • 12 sous-officiers du corps technique et administratif
• R éférents déontologues • 4 personnels civils
• C ollège des inspections / 25 % de personnels féminins
• S ervices institutionnels
GE
•O rganismes internationaux ON N
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INS
• Inspections italiennes et belges
Un plan stratégique
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• J ournalistes
G EN
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Etc…. M
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NA
7
Chiffres clés
2 344 signalements de particuliers
• d ont 987 relèvent de la compétence
De nouvelles missions
de l’IGGN (42%)
• le retour d’expérience
• 1 11 manquements déontologiques
relevés (11 % des 987 et 5 % du total Cellule Nationale RETEX
des signalements) • la sûreté des emprises
253 signalements internes Mission Sûreté Gendarmerie
• d ont 182 du type « stop discri » • la sécurité aérienne
• 7 1 conseils Conseil Permanent de la
30 saisines du DDD Sécurité Aérienne-Gendarmerie
GE
ON N
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C
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INS
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G EN
41 enquêtes administratives
AL
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Coordonnateur National de la Prévention
• d ont 58 % harcèlement moral au travail
Chef de l’inspection générale
59 nouvelles enquêtes judiciaires de la gendarmerie nationale Chargés de mission détachés
(IGGN) Chef-adjoint auprès de l’inspection générale
de l’IGGN de l’administration
• d ont 7 usages des armes mortels (12%) Cabinet
Conseiller - Chargé
de mission Cellule nationale
12 audits et 8 études RETEX Observatoire de la
gendarmerie pour l’égalité et
contre les discriminations
Lien fonctionnel
• 60 heures de formation Lien fonctionnel
touchant 4 000 personnels Division des audits, des Division des audits et des Division des Division des signalements
inspections et des études expertises techniques enquêtes internes et de la déontologie
1.1.1. Protéger les victimes de violences conjugales, une amélioration toujours possible
L
’Inspection générale de la gendarmerie nationale (+100% par rapport à 2020).
a réalisé un nouvel audit sur l’accueil des vic-
times des violences conjugales. Inscrite dans le
prolongement du Grenelle contre les violences conju-
gales, la démarche d’évaluation pilotée par l’IGGN a une
vocation essentiellement opérationnelle en ce qu’elle
vise à mieux appréhender la complexité de ces
situations, comprendre les attentes des victimes et
améliorer ainsi les réponses en identifiant les axes
d’effort et de progrès en interne. Les travaux du Beau-
vau de la sécurité ont pour leur part mis en exergue
le besoin de transparence de l’action des forces de
l’ordre, notamment comme garantie supplémentaire de
préservation des liens de confiance avec la population. L’évaluation effectuée par sondage a permis de
Tous les éléments recueillis auprès des victimes sont recueillir les témoignages volontaires de 505 vic-
restitués dans le rapport et en particulier leurs témoi- times. L’action de 380 unités de gendarmerie, en
gnages - montrant de ce fait que la gendarmerie n’a situation de prise de plainte ou en intervention à
rien à cacher, et surtout pas le regard critique qu’elle domicile, tant en métropole qu’outre-mer, a ainsi été
peut porter sur elle-même. évaluée. L’analyse des réponses aux questionnaires
Il convient de mentionner que la campagne d’évalua- montre une grande satisfaction des victimes
9
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
quant à l’accueil réservé et au comportement des tion. Elles désirent aussi une information plus claire
militaires (taux de satisfaction au-delà de 90% sur sur les conséquences possibles d’une enquête
de nombreux items). De même, les conditions d’ac- judiciaire. Elles font également part de cette angoisse
cueil, les temps d’attente et les contacts télépho- augmentée par l’attente et l’incertitude quant aux
niques sont estimés satisfaisants. Enfin, il convient délais de convocation de l’auteur. L’expression de ces
de noter une amélioration par rapport à 2020 dans ressentis souligne la nécessité d’un traitement dili-
les contacts avec les enquêteurs, le questionne- gent des enquêtes ainsi que la mise en œuvre de sui-
ment sur la présence d’une arme à feu à domicile, vis internes spécifiques concernant les procédures
la diffusion des coordonnées des associations d’aide judiciaires. Les témoignages évoquent aussi et de
aux victimes lors d’une intervention domiciliaire et manière récurrente la peur permanente et cela malgré
l’orientation plus fréquente vers une structure médi- le contact avec une unité de gendarmerie. Pouvoir ras-
cale. Tout cela reflète une appropriation progres- surer davantage impliquerait dès lors le renforcement
sive et continue des mesures décidées pour traiter des dispositifs de protection avec, d’une part la mise en
plus efficacement les violences conjugales. œuvre de contacts réguliers téléphoniques voire phy-
Dans ce bilan plutôt positif, d’autres demandes appa- siques, en particulier avec celles dont la grille d’évalua-
raissent ; elles pourraient devenir des axes de pro- tion du danger témoigne d’une situation très sensible,
grès. Cela porte tout d’abord sur la meilleure prise en d’autre part la proposition systématique d’inscription
compte des attentes des victimes concernant le suivi au SIDPP, module de sécurisation des interventions et
de leur procédure ainsi que l’évolution de leur situa- demandes particulières de protection.
A
Noter
Pour en savoir plus sur les ISG :
[Link]/l-info-en-continu/le-dispo-
sitif-des-intervenants-sociaux-en-gendarme-
rie-renforce
10
505
victimes de violences conjugales
15
ont répondu aux questionnaires
Les
chiffres clés
de l’audit 2021 455 femmes 50 hommes
Prise de plainte
93%
Estiment que l’enquêteur a pris en
compte leur situation dans tous ses
aspects
95%
Indiquent ne pas avoir eu de
difficultés à déposer plainte
68%
Indiquent avoir été orienté(e)s vers
une structure médicale
69%
Indiquent avoir fait l’objet de questions
sur les facteurs possibles de danger
Intervention à domicile
4%
Indiquent avoir eu besoin des
93% gendarmes pour trouver un
Estiment que le premier contact hébergement en urgence
téléphonique est très et plutôt
positif
90% 71%
Estiment que les gendarmes ont bien
Ont fait l’objet d’un
et plutôt bien pris en compte la
questionnement sur la
présence des enfants
présence d’une arme à
domicile
11
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
12
1.1.3. Déontologie et maintien de l’ordre : maintenir le lien de confiance par une maîtrise
constante de l’emploi de la force. Le rôle de l’IGGN.
Les situations de crise, jadis très ponctuelles, au bon commandement de la troupe et au respect
tendent désormais à se succéder à un rythme particu- du Code de déontologie, non seulement par le chef,
lièrement élevé, installant le pays dans un état de ten- mais également par l’ensemble de ses subordonnés.
sion permanente. Cela se traduit notamment par une Ainsi, le chef définit la posture qui doit être adaptée
multiplication de manifestations, et ce en tous points à la situation et ne pas susciter d’emblée, chez les
du territoire, tant métropolitain qu’ultramarin, au manifestants, un sentiment d’agression. Il veille éga-
cours desquelles les gendarmes se trouvent confron- lement au bon comportement de ses subordonnés et
tés à un niveau de violence croissant. Or, comme le à l’économie générale des moyens dont il dispose, en
rappelle M. Christian Vigouroux, référent déontologue propre ou au titre des renforcements.
ministériel auprès du ministère de l’Intérieur, dans le Intervenant sous le contrôle d’une autorité
rapport qu’il a rendu en juin 2020, il convient d’agir, administrative et accompagné systématiquement d’une
lors des opérations de maintien de l’ordre, avec dis- autorité habilitée à décider de l’emploi de la force, le
cernement afin de garantir les conditions d’exercice commandant de la force publique demeure responsable
des libertés individuelles. Guidée par cette nécessité, de l’exécution de la mission qui lui a été confiée. Il peut,
la doctrine a encore profondément évolué ces à ce titre, refuser d’accomplir une manœuvre qu’il juge
dernières années. Ainsi, le Schéma national de inadaptée, soit parce qu’elle n’est pas judicieuse sur le
maintien de l’ordre (SNMO) pose-t-il les bases d’une plan tactique, soit parce qu’elle n’est conforme ni au
approche renouvelée, globale, des opérations tout en Code de déontologie ni au texte de loi. Il fait en outre
préservant les fondamentaux. évoluer en permanence son dispositif selon la pres-
Parmi ces fondamentaux, on compte la déses- sion exercée par l’adversaire. Si l’emploi de la force
calade. Ce mode d’action, mis en œuvre depuis fort long- s’avère absolument nécessaire, il n’y recourt que de
temps par les forces en charge du maintien de l’ordre, manière graduée et proportionnée, revenant dès que
consiste à adapter en permanence leur posture et leur possible au niveau de contrainte le plus faible pour ne
dispositif à la physionomie du rassemblement afin de pas générer de nouvelles tensions.
limiter autant que faire se peut le caractère anxiogène de Durant les phases d’emploi de la force, le chef
l’intervention et par conséquent les risques de réactions veille à la stricte observation de la discipline de feu
inappropriées des manifestants. ainsi qu’à l’exemplarité du comportement de ses
La désescalade repose sur plusieurs piliers, subordonnés et ce, quelle que soit l’attitude des mani-
au premier rang desquels figure la connaissance festants. Appuyé par des structures de communication
préalable des opposants. Largement explicitée dans s’il en dispose, les équipes de liaison et d’information
le SNMO, cette connaissance est indispensable pour de la gendarmerie, ou, à défaut, ses propres équipes,
garantir une conception optimale du dispositif. Elle il communique avec les organisateurs du rassemble-
permet en effet de calibrer le volume de forces à enga- ment ou, en leur absence, directement avec le public
ger, selon le principe de juste suffisance, de prévoir pour assurer une transparence optimale de l’action
les moyens complémentaires et spéciaux nécessaires des forces de l’ordre. Cette démarche participe à la
selon la physionomie attendue du rassemblement, préservation du lien de confiance avec la population.
mais également de préparer psychologiquement les
membres des forces de l’ordre, notamment si des Enfin, un tel niveau de maîtrise dans la ges-
heurts sont craints. tion de l’ordre public ne saurait être atteint sans une
En second lieu, la désescalade tient largement solide formation, initiale puis continue, des mili-
13
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
14
« La prévention et l’apaisement,
paradigmes de la gendarmerie
mobile pour un maintien de l’ordre
(MO) à la française ? »
Commandant Benoît HABERBUSCH – Directeur du
pôle Histoire du Centre de recherche de l’École des
officiers de la gendarmerie nationale (CREOGN)
Les origines historiques de la doctrine française du l’Intérieur Pierre Waldeck-Rousseau prône l’emploi de
maintien de l’ordre remontent à la Révolution fran- la gendarmerie dont il est rappelé que la mission habi-
çaise. « La garantie des droits de l’homme et du tuelle est d’assurer l’ordre et protéger la tranquillité,
citoyen nécessite une force publique, proclame dès tandis que « la troupe en a une autre ».
1789 la Déclaration des droits de l’Homme et du À la fin de la Première Guerre mondiale, les pouvoirs
Citoyen : cette force est donc instituée pour l’avan- publics s’inquiètent des troubles pouvant résulter de la
tage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux situation sociale (inflation, chômage, grèves, montée
auxquels elle est confiée ». La loi du 28 germinal an du communisme). Pour éviter de réprimer avec vio-
VI (17 avril 1798) précise, dès son article 1er, que « le lence les manifestations des citoyens ayant largement
corps de la Gendarmerie nationale est une force ins- contribué à la défense de la Nation, la gendarmerie
tituée pour assurer dans l’intérieur de la République est amenée à créer, dès 1917, des « sections de gen-
le maintien de l’ordre et exécution des lois. Une sur- darmerie prévôtale », destinées à renforcer les bri-
veillance continue et répressive constitue l’essence de gades pour faire face aux mouvements sociaux. Elles
son service ». deviennent Pelotons de gendarmerie mobile (PGM)
Au début du XIXe siècle, la gendarmerie, qui a fait en 1921, puis pelotons de Garde républicaine mobile
preuve de son loyalisme au régime, lors des révolu- (GRM) en 1926, regroupés au sein de légions en 1927.
tions de 1830 et de 1848, s’oppose aux insurgés aux Alors que le Manuel des gardes, publié en 1928,
côtés de l’armée. En province, les gendarmes veillent témoigne déjà de la volonté d’une formation spé-
plutôt à respecter une certaine proportionnalité dans cifique, l’instruction confidentielle du 1er août 1930
l’application de la loi, comme l’explique Aurélien constitue la première doctrine de MO de la gendarme-
Lignereux : « Ils en restent aux poings lorsqu’ils sont rie fondée sur l’emploi raisonné de la force :
agressés à mains nues, ils chargent leurs adversaires
quand ils sont accablés de pierres ou bien ils tentent
d’intimider de leurs sabres ceux qui les bravent à la
fourche ou au couteau ». Les échanges de coups de « Beaucoup de fermeté, tempérée par le doigté acquis au
feu ne concernent qu’une affaire sur dix. cours de contacts fréquents avec la foule, une exacte et
Après 1871, la IIIe République soulève la question calme discipline, un haut sentiment du devoir et des res-
d’une force spécialisée dans le MO qui éviterait le ponsabilités, telles sont les qualités spéciales, que l’on est
en droit d’attendre des troupes de la gendarmerie. »
recours à l’armée jugé peu satisfaisant (fusillade de
Fourmies en mai 1891, ou mutinerie du 17e régiment Instruction confidentielle du 1er août 1930
d’infanterie lors de la crise viticole de 1907). Dès le 27
février 1884, la circulaire confidentielle du ministre de
15
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
16
tenue « Footix » du mondial de football 1998 témoigne qué par les différentes forces de l’ordre du ministère
de l’intérêt de cette approche, l’affaire du gendarme de l’Intérieur, dont la gendarmerie rattachée depuis
Nivel agressé par des hooligans rappelle aussi la vul- 2009, a conduit ce dernier à se doter avec le Schéma
nérabilité d’un personnel sous-équipé. En 1999, sur le national du maintien de l’ordre d’un premier document
pont de Mitrovica (Kosovo), le colonel Vicaire n’hésite de doctrine en la matière commun à l’ensemble des
pas à faire intervenir, devant les soldats français, les forces. La gendarmerie a contribué à la réflexion sur la
gendarmes mobiles en chemisette bleue et képi, de gestion apaisée des expressions publiques d’opposi-
manière à enclencher un processus de désescalade tion. Cette maîtrise particulière, souvent reconnue, est
entre les manifestants serbes et bosniaques. le fruit d’une pratique ancienne, acquise notamment
Depuis une vingtaine d’années, la gendarmerie mobile en outre-mer où les escadrons de gendarmerie mobile
doit s’adapter à l’évolution des manifestations qui ne sont les seules unités métropolitaines projetées depuis
ressemblent plus à ces cortèges réglés et régulés par la fin des années 1990. Confrontés régulièrement à
les représentants syndicaux et leur service d’ordre des usages des armes par les manifestants, les gen-
mais apparaissent sous forme de groupes hétérogènes, darmes mobiles ont su développer un savoir-faire de
rassemblés de manière imprévisible, s’agrégeant sans résilience et de proportionnalité.
véritable coordination. Sans être plus violentes que
lors des décennies précédentes, ces rassemblements
drainent des groupes éphémères, dont l’objectif est de
commettre des actions illégales, en formant une foule
anonyme non identifiable. Des « casseurs » opportu-
nistes aux « black blocs », les forces de l’ordre ont vu
émerger une nébuleuse de communautés de circons-
tances ou parfois plus structurées, grâce au développe-
ment des réseaux sociaux. Le mouvement des « gilets
jaunes » témoigne bien de cette évolution. Autre étape :
en 2014, la mort de Rémi Fraisse au barrage de Sivens
entraîne l’abandon des grenades offensives.
Au début des années 2020, l’évolution du MO prati-
17
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
La relation une force de police et la population qu’elle pro- gades territoriales réparties sur l’ensemble du territoire
tège et dont elle assure la sécurité revêt une dimension national, en métropole comme outre-mer, y attache une
fondamentale. Cette relation participe à la construction et importance majeure : elle déploie des outils visant à amé-
au renforcement de la confiance qui conditionne l’ef- liorer et évaluer cette relation. C’est sur ce dernier point
ficacité des missions. La Gendarmerie nationale, dont que l’Inspection générale apporte sa contribution, grâce à
l’organisation se caractérise par l’existence de 3 500 bri- plusieurs dispositifs détaillés ci-après.
18
1.2.2. En 2021, l’IGGN a évalué l’accueil dans 425 unités et analysé plus de 3 000 question-
naires de satisfaction.
Chaque année, un rapport de synthèse est établi et pro-
pose, si besoin, des recommandations adaptées. Certains
indicateurs figurant sur ce document sont utilisés par le
Service de la transformation de la DGGN pour faire valoir
l’action de la gendarmerie au niveau interministériel et
notamment auprès de la Direction interministérielle à la
transformation publique (DITP).
19
20
Le
Saviez
vous EXPÉRIMENTATION
un QR code pour évaluer l’accueil des
usagers en Gendarmerie nationale.
21
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
2 344
Au cours de l’année 2021, la plateforme dédiée aux
particuliers se plaignant ou se félicitant de l’action des
gendarmes, hébergée et administrée par l’Inspection
générale de la gendarmerie nationale (IGGN), a recueilli signalements de
2 344 signalements. particuliers en 2021
Cette plateforme, instituée en 2013, est accessible
depuis un formulaire, sur internet. Sur le moteur de
recherche le plus utilisé en France, le lien ci-dessous 496
occupe la première place en termes d’indexation,
sous l’item « se plaindre de l’action des gendarmes » : 987
[Link]/contacts/recla-
mation-iggn 861
Parmi les 2 344 signalements enregistrés, 861, soit
environ 37 %, ne ressortaient pas de la compétence
de l’Inspection générale. Il s’agissait par exemple de Compétences
contestations d’infractions, dont une part conséquente IGGN
liée au Code de la route, de questions relatives à des Hors
sujets pour lesquels l’IGGN ne disposait pas d’éléments compétences
de réponse. En règle générale, les auteurs de ces signa- Compléments,
lements ont reçu un écrit leur indiquant à quel service recours, etc.
s’adresser pour obtenir une réponse ou des éclaircis-
sements.
D’autre part, 496 signalements étaient en relation avec
des précédents et venaient les compléter, les amender
ou constituaient une réaction à la réponse de l’IGGN. S’agissant des signalements entrant dans le champ de
987 signalements, soit 42 % du total, ont été consi- compétences de l’Inspection générale, près d’un quart
dérés comme de « nouveaux signalements », pour les- a fait l’objet d’une demande « d’éléments de réponse »
quels l’IGGN était compétente. Ce volume est en hausse aux échelons territoriaux de commandement de la gen-
de 7 % par rapport à 2020 où 923 avaient été recensés. darmerie (essentiellement le niveau départemental). Une
Cette hausse peut s’expliquer par la publicité donnée fois ces éléments circonstanciés et précis recueillis, le
à la plateforme, au travers des actions d’information chef de l’Inspection générale répond par une lettre per-
menées par l’IGGN dans la presse et sur les réseaux sonnalisée à la personne se plaignant de l’action des
sociaux et par certaines manifestations qui se sont tenues gendarmes, lui exposant son analyse et ses conclusions.
en 2021 (le « Beauvau de la sécurité »). La confiance Cette proportion qui représente 230 correspondances
de la population accordée à l’Inspection générale individuelles a doublé par rapport à 2020. Elle traduit
représente aussi un facteur d’explication. La plateforme de manière tangible la volonté du chef de l’Inspection
constitue en effet une partie du « service client » de générale de s’investir au profit de la population, « d’hu-
la Gendarmerie nationale et les particuliers sont sûrs maniser l’Inspection générale » et d’apporter une réponse
d’obtenir a minima une réponse. Si cette relation de circonstanciée, fruit d’investigations internes, aux sollici-
confiance n’existait pas, ils ne solliciteraient pas l’IGGN. tations estimées les plus sensibles.
22
E N
I M
É C
S P
23
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
Les autres signalements recueillis par la plateforme et ou équivalents de la gendarmerie. Ces derniers sont
qui ne recevront pas de réponse du chef de l’Inspection chargés par l’IGGN de répondre et dans la moitié des
générale lui-même, se répartissent en deux catégories cas, la réponse apportée au dol de la personne, doit être
équivalentes, transmises aux échelons départementaux adressée en copie à l’Inspection générale.
Les motifs d’insatisfaction exposés dans les 987 signalements recueillis en 2021 et pour lesquels
l’IGGN reste compétente, se répartissent comme présenté dans le diagramme à bâton ci-dessous :
Comportement
et/ou propos discriminatoires 15
Refus d’intervention 23
Usage disproportionné
ou illégitime de la force 70
Comportement sur la
voie publique, hors usage 175
violence ou force
S’agissant des manquements déontologiques de sécurité, dont le Défenseur des droits (DDD).
constatés en 2021, ils sont au nombre de 111 au 15 Même si chaque manquement déontologique est
mars 2022, soit 12 % des 903 procédures initiées et unique, du fait des parties en cause et du contexte,
désormais clôturées, à la suite de signalements adres- certains regroupements peuvent être effectués.
sés à l’Inspection générale. Cette proportion est stable Ainsi, un quart des manquements déontologiques
d’année en année et comparable aux résultats d’autres observés en 2021 a trait à des refus de prise de
entités agissant dans le domaine du contrôle des forces plainte, soit 28.
24
Enfin et parmi les autres regroupements opérés, on « hors service », à tirer un avantage de l’exercice de leur
constate que profession (R.434-9 du CSI) ;
• 15 concernent un manque de discernement, soit le • 4 mettent en lumière un manque de discrétion pro-
fait de ne pas adopter la meilleure option, face à une
fessionnelle, dont deux sur les réseaux sociaux (R.434-8
situation en lien avec une activité opérationnelle com-
plexe (R.434-10 du Code de la sécurité intérieure – CSI) ; du CSI).
• 13 font état d’un manque d’attention portée aux En 2021, aucun manquement n’a été observé concer-
victimes, dont certaines de violences intrafamiliales et nant les dispositions de l’article R.434-18 du CSI, relatif à
d’accidents corporels de la circulation routière (Article l’emploi de la force, ni celles de l’article R.434-16, relatifs
R.434-20 du – CSI) ; aux contrôles d’identité.
• 4 concernent l’utilisation indue des fichiers de police Les manquements déontologiques ci-dessus ont entraîné
et de traitements automatisés de données (R.434-21 des mesures du commandement, visant à éviter toute
du CSI) ;
réitération, sous la forme de sanctions disciplinaires, de
• 4 ont trait à un manque de probité de la part de gen-
rappels individuels de la règle, d’actions de prévention
darmes, dont un vol d’objet trouvé laissé à l’accueil d’une
brigade et plusieurs cas où des gendarmes ont cherché, suivant la gravité des faits.
25
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
79 81
80 75 74
71
67 69
NOMBRE DE FAITS
60
40
20
0
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
ANNÉE
Dans 58% des situations, l’usage des armes à feu constitue une riposte à une agression armée. Dans ce type
d’agression, le mode opératoire le plus fréquent est un véhicule utilisé comme « arme par destination ».
26
32
2020
2021 27
24
18
17
13
12
3
1 1
Dans un contexte de violences élevées sur les forces de l’ordre, l’usage des armes à feu par les gendarmes reste
toutefois contenu, ce qui traduit leur volonté de considérer l’usage des armes comme l’absolue nécessité. Ainsi,
dans 95% des 1 859 cas d’agressions avec arme contre des gendarmes en 2021, les personnels concernés
ne ripostent pas avec une arme à feu.
27
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
2020 2021
Particuliers décédés ayant
8 10
généré une procédure judiciaire
• en intervention 7 9
• au cours d’une mesure
0 1
privative de liberté
- dont survenus en cellule 0 1
- dont survenus au cours 0 0
d’un transport
• au maintien de l’ordre 0 0
• Autres cas1 1 0
2020 2021
Particuliers blessés (ITT>8j)
ayant généré une 8 20
procédure judiciaire
• en intervention 8 20
• au maintien de l’ordre 0 0
28
2020 2021
Particuliers Particuliers Particuliers Particuliers
décédés blessés (ITT>8 j) décédés blessés (ITT>8 j)
Suicide ou automutilation 0 0 0 0
Véhicule de l’Arme 2 4 1 4
Autres cas 3 2 3 2 7
29
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
1/P
ARTICULIERS DÉCÉDÉS : TOTAL 10 CAS
- 7 à la suite d’un usage des armes,
- 3 dans le cadre d’une intervention ou mesure privative de liberté.
Si, au total, 10 décès sont à déplorer, il convient de distinguer les 7 qui sont issus d’un usage des armes
des 3 autres survenus dans le cadre d’une intervention ou d’une mesure privative de liberté.
30
B -DÉCÉDÉS LORS D’UNE INTERVENTION SANS USAGE DES ARMES OU À L’OCCASION D’UNE
MESURE PRIVATIVE DE LIBERTÉ : 3 CAS
NOMBRE DE
DATE DES FAITS COMMUNE PARTICULIERS FAITS
DÉCÉDÉS
31
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
2/P
ERSONNES BLESSÉES ITT≥ 8 JOURS : TOTAL 20 CAS
- 8 personnes ont été blessées suite à l’usage des armes ;
- 6 durant une intervention ;
- 1 après emploi d’une arme de force intermédiaire ;
- et 5 dans le cadre de la maîtrise sans arme de l’adversaire.
NOMBRE DE PER-
DATE DES FAITS COMMUNE SONNES BLES- FAITS
SÉES/ JOURS ITT
32
B -BLESSÉS LORS D’UNE INTERVENTION SANS USAGE DES ARMES OU LORS D’UNE MESURE
PRIVATIVE DE LIBERTÉ : 6 CAS
NOMBRE DE PER-
DATE DES FAITS COMMUNE SONNES BLES- FAITS
SÉES/ JOURS ITT
33
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
NOMBRE DE PER-
DATE DES FAITS COMMUNE SONNES BLES- FAITS
SÉES/ JOURS ITT
NOMBRE DE PER-
DATE DES FAITS COMMUNE SONNES BLES- FAITS
SÉES/ JOURS ITT
34
A Point sur les AFI
Les forces de sécurité sont souvent confrontées, au cours de leurs interventions, à la
Noter nécessité de maîtriser un ou plusieurs individus dangereux ou de réagir à une prise à partie
par des groupes armés ou violents sans que la situation n’exige pour autant le recours aux
armes à feu létales en dotation.
Afin d’améliorer leur capacité opérationnelle et de leur permettre de faire face à ces situations dégradées,
pour lesquelles la coercition physique est insuffisante ou impossible, les unités de la gendarmerie nationale
et les services de la police nationale sont dotés d’armes de force intermédiaire (AFI).
Ces armes permettent, dans le respect des lois et des règlements, une réponse graduée et proportionnée à
une situation de danger lorsque l’emploi légitime de la force s’avère nécessaire.
Il s’agit du pistolet à impulsions électriques (PIE), des lanceurs de balles de défense (LBD) de calibre 40 et
44 mm, de la grenade à main de désencerclement (GMD), des lanceurs de grenade, de la grenade assour-
dissante et lacrymogène (GM2L), du bâton de protection télescopique (BPT) et du conteneur lacrymogène.
FOCUS
4 160
En 2021, les gendarmes ont subi 4 160 agressions physiques. Aucune n’a
heureusement eu d’issue fatale, mais 1 883 gendarmes ont été blessés.
Sur les 10 dernières années, les agressions perpétrées contre des
gendarmes ont progressé de 110%, les agressions avec arme de 323%
et le nombre de gendarmes blessés de 40% (Voir ANNEXE ).
1.3.2. Un lien fort avec les magistrats : la question de la spécificité du gendarme dans la
répartition des compétences des juridictions spécialisées.
M. Éric SERFASS de l’ordre, qui relèvent des juridictions militaires et les
Procureur adjoint près infractions de droit commun concernant les gendarmes
le tribunal judiciaire dans l’exercice des fonctions ; la section AC2, spécialisée
de Paris (5e division)
notamment dans la protection des libertés publiques, est
compétente lorsque le gendarme se trouve dans l’exer-
cice de ses fonctions de police judiciaire.
La plus-value des procédures judiciaires réalisées par
Le parquet de Paris saisit en principe le bureau des l’IGGN tient à l’expertise de ses enquêteurs, qui sont
enquêtes judiciaires de l’Inspection générale de la gen- dotés d’une solide expérience du métier, comme d’une
darmerie nationale pour tout fait de nature délictuelle ou maîtrise des doctrines d’emploi et des règles déontolo-
criminelle mettant un cause un militaire de la gendarme- giques s’imposant à tout militaire de la gendarmerie. Pour
rie dans l’exercice de ses fonctions. De façon générale, le magistrat du parquet, il importe que les investigations
la saisine de l’IGGN résulte des plaintes et signalements reposent sur une parfaite connaissance de l’institution et
portés à la connaissance du parquet de Paris, mais des de ses pratiques. L’IGGN travaille également avec cette
enquêtes peuvent être initiées sur la base d’informa- double culture de l’administratif et du judiciaire, ce qui
tions ou de vidéos diffusées dans les médias et réseaux présente un avantage réel lorsque des faits révélés admi-
sociaux. nistrativement peuvent avoir une traduction judiciaire et
La section AC3 du parquet de Paris, spécialisée dans les inversement. Les enquêtes ont tendance à gagner en
affaires militaires et atteintes aux intérêts fondamentaux complexité et sensibilité du fait d’une part de leur forte
de la Nation, est compétente pour les affaires de maintien exposition médiatique, d’autre part de la pluralité d’au-
35
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
teurs identifiés et effectivement poursuivis (notamment procédure pénale). De même, les infractions purement
pour l’usage de la force, contesté dans le cadre d’opéra- militaires imputables aux gendarmes relèvent des juri-
tions de maintien de l’ordre). Le travail de l’IGGN doit être dictions spécialisées (ex : désertion, perte d’une arme de
perçu comme un signal fort de la confiance que la société service, outrage à supérieur, violation de consigne, etc.).
civile peut avoir dans le fonctionnement de la gendarme- Concernant les gendarmes qui commettent des infrac-
rie. Il est ainsi démontré qu’en cas d’infraction avérée, tions de droit commun « en service », mais hors du
gendarmerie et justice se donnent les moyens de sanc- maintien de l’ordre (ex : harcèlement moral), la ques-
tionner les atteintes aux règles et valeurs sociales que tion reste débattue et soumise à l’appréciation du cas
tout militaire est tenu d’incarner. La saisine de l’IGGN per- d’espèce. À l’occasion du renvoi d’un gendarme devant
met donc de légitimer particulièrement le sérieux d’une les juridictions de droit commun pour blessures involon-
procédure, qu’elle aboutisse à des poursuites décidées taires provoquées lors d’un trajet entre deux casernes
par l’autorité judiciaire ou qu’elle ait apporté les éléments de gendarmerie, la chambre criminelle de la Cour de
qui ne les justifient pas. cassation dans un arrêt du 20 mars 1963, a précisé
En outre, sur les compétences judiciaires spécifiques en que « les tribunaux de droit commun cessent d’être
matière militaire, il est utile de préciser que les juridic- compétents à l’égard des officiers de gendarmerie,
tions spécialisées en matière militaire ne sont pas com- des sous-officiers de gendarmerie et des gendarmes,
pétentes pour les infractions de droit commun commises lorsque l’infraction n’a pas été commise dans l’exercice
par les militaires de la gendarmerie dans l’exercice de de leurs fonctions relatives à la police judiciaire et à la
leurs fonctions relatives à la police judiciaire ou à la police constatation des contraventions en matière adminis-
administrative. À l’inverse, les juridictions militaires sont trative [...] et que continuent à être jugées par les juri-
compétentes pour les infractions commises dans le ser- dictions militaires, pour les infractions de toute nature
vice du maintien de l’ordre (art. 697-1, al. 3, du Code de commises dans le service ».
• Comme pour tous militaires, • Comme pour tout militaire, • Comme pour tous militaires,
crimes et délits commis en infractions commises dans le infractions prévues par le Code
dehors de « l’exercice du ser- cadre de « l’exercice du service », de justice militaire ;
vice » ; y compris à l’entraînement ; • Spécifiquement, infractions
• Spécifiquement, infractions de • Dont atteintes à la probité, commises dans le service du
droit commun commises dans harcèlement moral ou sexuel, maintien de l’ordre.
l’exercice de leurs fonctions autres violences commises
relatives à la police judiciaire ou dans le cadre du service, faux et
à la police administrative. usage dans le fonctionnement
du service, etc.
36
A
Savoir
Le Code de justice militaire contient
les infractions applicables aux militaires.
Parmi celles-ci figurent :
• l’insoumission,
• la désertion,
• la mutilation volontaire,
• la capitulation,le complot militaire,
• les pillages,les destructions,
• les faux, falsifications et détournements,
• l’usurpation d’uniformes, de décorations ou de
signes distinctifs et emblèmes,
• l’outrage au drapeau et à l’armée, l’incitation à
commettre des actes contraires au devoir et à la
discipline,
• l’insubordination, la révolte, la rébellion,
• infraction contre la discipline, le refus d’obéis-
sance, les voies de fait et outrages envers les
supérieurs,
• les violences et insultes à sentinelle,
• le refus d’un service dû légalement,
• l’abus d’autorité,
• l’abus du droit de réquisition,
• les infractions aux consignes.
37
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
1.3.3. Une consolidation des échanges et de la collaboration avec le Défenseur des droits
« L’IGGN en
visite au DDD :
le général Pidoux,
chef de l’IGGN et
madame Claire
Hédon, Défenseur
des droits »
38
n’aient pas été intégralement retranscrits et que le mis en 29 et R. 434-11 du Code de la sécurité intérieure (CSI), de
cause soit resté menotté durant l’intégralité de ses audi- loyauté (article R. 434-5 du CSI) et de protection et res-
tions alors qu’il était calme », est constitutif de man- pect des personnes privées de liberté (article R. 434-17
quements de la part des militaires à leurs obligations du CSI). Il a demandé par conséquent l’engagement de
déontologiques de courtoisie, de neutralité, d’exempla- poursuites disciplinaires à leur encontre. Ce dossier est
rité et de respect définis par les articles R. 434-14 R. 434- toujours en cours de traitement.
Une délégation
du Défenseur des
droits en immersion
chez les gendarmes
aquitains.
A
Noter
Pour plus d’information
[Link]/l-info-en-continu/une-dele-
gation-du-defenseur-des-droits-en-immer-
sion-chez-les-gendarmes-aquitains
39
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
les chambres de sûreté. Certaines observations sur les nécessité et de proportionnalité, en remplaçant l’obliga-
conditions matérielles d’hébergement ont également tion de résultat qui se traduit par des poursuites disci-
été formulées, généralement relatives à l’absence de plinaires systématiques en réaction à chaque incident,
chauffage dans les cellules de garde à vue. par une obligation de moyens, dont la conséquence
Pour le CGLPL, deux difficultés principales persistent serait l’engagement de poursuites disciplinaires
dont, en premier lieu, la surveillance de nuit des per- uniquement en cas de faute caractérisée, et non
sonnes gardées à vue. Cette autorité, qui ne méconnaît lorsqu’un militaire a accepté un risque raisonnable dans
pas les termes de l’encadrement juridique existant en le but de respecter les droits de la personne privée de
gendarmerie prescrivant un minimum de deux rondes liberté sous sa garde.
par nuit, reste en effet fermement attachée au principe
selon lequel les personnes gardées à vue ne soient pla- Le CGLPL s’est également saisi de la question de la
cées la nuit que dans des cellules qui bénéficient d’un prise en charge des personnes transgenres dans
mécanisme de surveillance directe et permanente. En les lieux de privation de liberté dans le cadre de la
second lieu, cette autorité souligne que le respect des rédaction d’un avis4 et a demandé au ministre de l’In-
mesures de sécurité strictes pour les personnes gar- térieur des informations sur les pratiques mises en
dées à vue est systématique, principalement en raison œuvre en gendarmerie ainsi que les modalités de for-
d’un principe de précaution visant aussi à prévenir une mation aux problématiques LGBTQI+.
éventuelle mise en cause des militaires en cas d’in- La gendarmerie a publié le 17 mai 2021, une note interne
cident. Elle appelle par conséquent de ses vœux une spécifique à l’accueil, la prise en charge et l’accompa-
adaptation des politiques disciplinaires aux principes de gnement global et adapté des personnes transgenres5.
40
1.3.5. Les suites données à l’évaluation du GRECO en matière de prévention de la corruption
Le Groupe d’États contre la pour faire respecter les normes établies par le Conseil
Corruption (GRECO) est une de l’Europe en matière de corruption. Il associe, d’une
émanation du Conseil de part l’expertise de professionnels chargés de l’éva-
l’Europe instituée en 1999. luation, d’autre part la présence de représentants
Regroupant 50 membres, des États qui siègent lors des réunions plénières. Le
il lutte contre les phéno- GRECO procède à des cycles d’évaluation ciblant une
mènes de corruption, donc des infractions pénales thématique sur tout ou partie des pays-membres.
qui minent la confiance de la population dans les ins-
titutions de leur pays. À la suite de ces évaluations, une procédure de suivi
Pour poursuivre ses objectifs, le GRECO utilise un dite de conformité est établie. Avec elle, le GRECO
processus composé d’évaluations et de « pressions contrôle la mise en œuvre des recommandations
mutuelles par les États », selon les termes consacrés, faites à un pays dans ce rapport d’évaluation.
41
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
FOCUS
3
Le risque de corruption est faible en gendarmerie. Au cours des 5 der-
nières années, 3 dossiers disciplinaires concernant 5 militaires (3 en
2020) ont été instruits. Au delà de la sanction, chaque situation a donné
lieu à une information au procureur de la République conformément à
l’article 40 du CPP. Cette situation peut être mise en lien avec le contrôle
hiérarchique et l’autocontrôle collectif qu’induit la vie en caserne.
42
1.3.6. Le réseau EPAC/EACN : l’IGGN force de proposition à l’international
20ème
conférence
et assemblée
générale
annuelle de
l’EAPC / EACN,
à Vilnius
(Lituanie)
8 / [Link]
43
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
1.4 L’IGGN EST PRÉSENTE AU SEIN DE LA COMMISSION DE DÉONTOLOGIE DES MILITAIRES (CDM)
44
COMPOSITION DE LA COMMISSION DE DÉONTOLOGIE DES MILITAIRES
La CDM comprend :
• 1 conseiller d’État, président
• 1 conseiller maître de la Cour des comptes
• 1 personnalité qualifiée
• 1 membre du contrôle général des armées
• 4 officiers généraux
• 1 officier général de gendarmerie, en cas d’examen de la situation d’un gendarme
• 1 officier général d’un corps relevant du ministre chargé de la mer, en cas d’examen de la
situation d’un militaire appartenant à un corps relevant du ministre chargé de la mer
• Le directeur des ressources humaines du ministère des Armées, le directeur du personnel
militaire, en cas d’examen de la situation d’un gendarme et le directeur du service gestion-
naire compétent d’un militaire appartenant à un corps relevant du ministre chargé de la mer
Ces membres peuvent être remplacés par leur suppléant désigné.
Enfin, le décret précise les règles de la procédure compatibilité avec ou sans réserves, incompatibilité,
applicable devant la commission. incompatibilité en l’état si la commission ne dispose
Au vu du dossier rempli par le militaire et des attesta- pas des éléments suffisants pour formuler son avis
tions fournies par les autorités hiérarchiques, le ser- ou décision constatant que la demande du militaire
vice gestionnaire transmet la déclaration à la CDM ne relève pas de son champ de compétence.
qui émet un avis sur la compatibilité des activités En 2021, 270 dossiers ont été déposés. 46 l’ont été
envisagées avec ses fonctions antérieures. par des militaires de la gendarmerie, soit 17 %. 24
La commission peut demander à auditionner le mili- étaient officiers et 22 sous-officiers.
taire. Pour l’essentiel, l’intention est d’éclairer les Les perturbations liées aux crises successives ne
militaires en voie de reconversion sur les règles juri- permettent pas d’analyser l’évolution du nombre des
diques qui régissent leur situation et conditionnent dossiers. Pour autant le flux actuel a rejoint le niveau
leur projet. de 2019, semblant témoigner de la prise en compte
Au vu de l’avis rendu par la commission, l’autorité des obligations juridiques liées à la reconversion par
ministérielle (ou la DRH-MD par délégation) prend les différents acteurs concernés, intéressés, gestion-
une décision qui peut revêtir différentes formes : naires et autorités d’emploi.
45
1. NOTRE AMBITION: CONSOLIDER LE LIEN DE CONFIANCE ET LA TRANSPARENCE
1.5.2. Intervention du chef de l’IGGN lors du 7e séminaire de l’IPCAN organisé par le Défenseur
des droits.
46
1.5.3. L’examen périodique universel Droits de l’Homme de l’ONU
En 2021, l’IGGN s’est également impliquée dans les L’EPU évalue plusieurs domaines couverts par l’IGGN
travaux EPU (Examen périodique universel Droits de (déontologie, abus policiers etc.), celle-ci est citée dans
l’Homme de l’ONU). les rapports officiels de la France envoyés à Genève.
L’EPU est un mécanisme établi en 2006 par la résolu- Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
tion 60/251 de l’Assemblée générale des Nations Unies (MEAE) a saisi le ministère de l’Intérieur à l’été 2021
créant le Conseil des droits de l’Homme (CDH). pour contribuer au rapport français de revue à mi-par-
Cette résolution instaure un examen systématique, cours du 3e cycle EPU débuté en 2018. La DGGN et l’IGGN
de façon régulière (tous les 5 ans, en principe avec ont fourni des éléments pour les 18 recommandations
examen bilan à mi-parcours), de la situation des impliquant le ministère parmi les 300 recommanda-
droits de l’Homme dans chacun des États, membres tions adressées par l’ONU à la France.
des Nations Unies. Compte tenu des responsabilités qui lui sont confiées
L’EPU de l’ONU vise à faire progresser le respect des et de son champ d’attributions, l’IGGN peut apporter
Droits de l’Homme dans le monde ; à ce titre, il s’inté- une plus-value à ce rapport EPU : prévention des vio-
resse particulièrement à l’action des forces de sécu- lences et discriminations, montée en puissance de
rité, et à la façon dont celles-ci respectent les libertés l’IGGN, identification et prévention des risques déon-
et droits fondamentaux. tologiques, diffusion de fiches d’alerte, etc.
A
Noter
Les travaux menés par l’IGGN en 2021 pour répondre aux sollicita-
tions du conseil des droits de l’Homme à Genève permettent aussi
de préparer les échéances futures, notamment le 4e cycle EPU, qui
pourrait conduire à l’audition de la France en 2023.
47
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
En 2021, l’IGGN a conduit une étude sur les sanctions 1.2 ANALYSE GLOBALE DES DONNÉES
disciplinaires infligées aux militaires pour la période Pour l’ensemble de la période couvrant les années
2017-2020. Il s’agissait de définir les dysfonctionne- 2017 à 2020, environ 6 500 faits sont pris en compte.
ments individuels afin de mieux les prévenir. Leur analyse montre des disparités importantes en
fonction de la subdivision d’arme (les dossiers discipli-
1.1 CONDITIONS DE L’ÉTUDE naires sont nettement moins importants en gendarme-
Le Système d’information des ressources humaines rie mobile qu’en gendarmerie départementale) et de la
(SIRH) Agorha a servi de base pour cette étude géographie, avec des effets proportionnels à l’attracti-
puisqu’elle ne concerne que les militaires de la gen- vité des territoires.
darmerie. Cette méthode offre l’avantage d’approfondir Certains comportements, consommation excessive
autant que de besoin l’analyse qualitative et complète d’alcool, problèmes de respect des délais de traitement
l’action de la Sous-direction de l’accompagnement du des procédures ou utilisation inadaptée des réseaux
personnel (SDAP), laquelle s’appuie sur un infocentre sociaux, ont été identifiés. Il apparaît que peu de fautes
pour établir des statistiques. de comportement sont en lien avec de sujets sensibles
Ont ainsi été analysés plusieurs types de champs du à fort retentissement local ou national. On note, à cet
SIRH avec : égard, très peu de cas de racisme ou d’antisémitisme.
• des données relatives aux personnes mises en Cet état de fait est à relier au fort investissement de la
cause (statut, grade, ancienneté de service…) ; gendarmerie dans la formation en matière de déontolo-
• des données relatives aux unités dans lesquelles gie et à la pertinence des outils mis en œuvre notam-
les faits sont survenus (type d’unités, ancienneté ment par le biais du réseau égalité diversité (RED).
dans l’affectation…) ; De même, l’usage inapproprié de la force se révèle
• des données de l’ensemble des champs relatifs limité. Là encore, la qualité de la formation et le rôle de
aux bulletins de punitions (circonstances des l’encadrement dans les unités semblent déterminants.
faits, quantum de la punition…) ;
• des données relatives au traitement par la gen-
darmerie et notamment les mesures pouvant A
avoir été prises indépendamment de la punition Savoir
(suspension de fonction, mutation d’office …). Cette étude sert de base à la
conception du futur module AGORHA de
Il s’agissait d’objectiver ce domaine, porteur de nom- valorisation des données RH qui permettra
breux a priori, et d’identifier les tendances lourdes. la synthétisation des données et une
Cette étude se poursuit et les chiffres 2021 alimente- plus grande précision des analyses afin
ront cette analyse. d’obtenir automatiquement ces chiffres à
l’avenir. Elle a également permis de mettre
en exergue un besoin dans l’analyse
quantitative et qualitative des victimes qui
ouvre la voie à une nouvelle réflexion.
48
L’analyse quantitative montre que la gendarmerie vent un comportement conforme aux attentes. Ainsi, par
sanctionne sans faiblesse avec un taux de punitions exemple, seulement 63 cas de propos ou comportements
de 2,75 % en 2021 (2 807 dossiers disciplinaires pour discriminatoires ont été identifiés pour les 4 années de
environ 102 000 personnels). Pour autant, il s’avère que l’étude (dont 8 pour homophobie, 40 pour sexisme et 1
les militaires de la gendarmerie adoptent le plus sou- pour antisémitisme).
49
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
Les échelons territoriaux ont également reçu 2 091 victimes (15). De nombreux manquements visent les
réclamations. articles du Code de déontologie relatifs à l’obéissance,
Les réclamations en saisines directes ont sensiblement au discernement, au renom de la gendarmerie, ou l’Art.
augmenté en 2020, puis en 2021 en raison de crises R. 434-33 relatif aux autres textes afférents à la déon-
successives (Gilets jaunes puis pandémie COVID) ; tologie des militaires de la Gendarmerie nationale.
elles ont entraîné une activité gendarmerie souvent Dans les volumes analysés, ressortent distinctement
perçue comme impopulaire. La verbalisation du non les problèmes comportementaux liés à l’utilisation des
respect des règles de confinement est très souvent fichiers et des réseaux sociaux de manière inappro-
contestée. En règle générale, ces signalements sont priée. De nouvelles sensibilisations sont faites grâce à
infondés, mais dans une proportion assez faible, les la diffusion de note-express et de rappels par la voie
enquêtes conduisent à la mise en cause disciplinaire hiérarchique (VH). Les militaires mis en cause, notam-
(plus rarement pénale) des militaires concernés. ment sur le devoir de réserve et l’usage inapproprié
Dans certaines régions, le contraste est net entre les des réseaux sociaux sont sensibilisés par le corres-
départements les plus ruraux et les départements pondant déontologue en présence de la VH. Le recours
urbains quant au recours à l’IGGN (en général par au référent égalité diversité (RED) est systématique
mail), les premiers préférant la saisine directe ou via lors de l’identification de discriminations.
la préfecture ou le parquet (par courriers papier). L’année 2021 n’est pas une année de référence en
Les échelons territoriaux ont prononcé 2 807 sanc- raison du contexte sanitaire qui a induit de nouvelles
tions pour manquements déontologiques. contraintes (confinement - couvre-feu - obligation vac-
Au niveau local, le nombre des punitions reste glo- cinale) et qui pour cette raison a fait apparaître de
balement à un niveau élevé. Peu concernent les nouvelles fautes (non respect du couvre-feu - refus
manquements très surveillés par les responsables vaccinal). En outre, en matière de violences faites aux
hiérarchiques et facilement identifiables par les femmes, le confinement, la libération de la parole et
organismes et particuliers extérieurs, tels que ceux l’accès à des modes de communication plus rapides ont
liés à l’article R. 434-14 relatif à la relation avec la augmenté le nombre de dossiers sur le sujet.
population (16), à l’article R. 434-16 contrôles d’iden- Le rôle positif de la chaîne concertation n’est pas tra-
tité (1), à l’article R. 434-17 protection et respect des duit dans cette remontée de chiffres, mais le maillage
personnes privées de liberté (19), à l’article R. 434-18 de proximité est un allié précieux. Il vient appuyer
emploi de la force (23), à l’article R. 434-19 assistance l’exigence du contrôle hiérarchique et parfois utile-
aux personnes (11) ou à l’article R. 434-20 aide aux ment l’orienter pour le bien commun.
50
2 .2. L’IGGN AU CŒUR DU TRAITEMENT DES DYSFONCTIONNEMENTS INDIVIDUELS :
LES ENQUÊTES INTERNES
3 QUESTIONS
au général Jacques DIACONO,
chef de la division enquêtes internes (DEI) de l’IGGN
1) Quel est votre parcours avant votre affectation en août 2021 à l’IGGN ?
Après avoir commandé l’escadron de gendarmerie mobile 23/5 de Pontchar-
ra-sur-Bréda puis la compagnie de gendarmerie départementale de Vienne,
j’ai rejoint la dominante police judiciaire en 2002 et ne l’ai plus quittée depuis.
J’ai alterné les postes en administration centrale, à la sous-direction de la
police judiciaire, et ceux sur le terrain. J’ai ainsi commandé la section de
recherches de Marseille, de 2009 à 2013, et l’office central de lutte contre les
atteintes à l’environnement et la santé publique (OCLAESP), de 2015 à 2021.
Ce parcours et cette expérience des investigations m’ont très certainement
valu cette affectation à la tête de la division des enquêtes internes de l’IGGN !
51
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
52
Bilan BEJ pour 2021 et 2020
Violences volontaires 5
ou involontaires 2
Non assistance 1
à personne en danger 1
6
Violences MO
13
Violences, menaces et 14
atteintes à la liberté PA/PJ 15
Harcèlement 7
et violences sexuelles 7
Harcèlement 5
moral 5
Injure, provocation, apologie 0
et discrimination 3
Proxénétisme, recours à la 0
prostitution, pédopornographie 2
Consultation illicite 1
de fichiers 4
Détention illégale 0
d’arme ou de munitions 1
Divers
5
3
Faux et usage 5
5
Infraction à la législation 2
sur les stupéfiants 0
Trafic d’influence, 3
corruption 1
Violation du secret 4
3 2021
Vols, escroquoqueries et 1 2020
détournement dont scellés 3
53
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
FOCUS
L’emploi de la force
au maintien de l’ordre
Depuis 2018, l’IGGN a été saisie de 9 affaires de suspicions de violences illégitimes au maintien de l’ordre potentielle-
ment commises par des gendarmes et impliquant un tir de lanceur de balle de défense de 40 mm (LBD 40).
* L’emploi de ces moyens de force intermédiaire n’a provoqué aucun décès conformément à leur vocation
9 / À titre exceptionnel, l’IGGN n’a pas été saisie d’un UDA mortel survenu à la Chapelle-sur-Erdre (44) le 28/05/2021.
54
2.2.2. 41 enquêtes administratives menées en 2021 dont une majorité a concerné le harcèle-
ment moral au travail.
En 2021, l’IGGN a mené 41 enquêtes administratives et les relations qu’elles ont tissées avec les formations
contre 35 en 2020, soit une augmentation de 17%. Cette administratives (commandement et correspondants déon-
hausse peut s’expliquer, d’une part par la poursuite de la tologues), d’autre part par l’évolution de la crise sanitaire,
montée en puissance des antennes déconcentrées notamment la diminution des périodes de confinement.
Fautes de comportement et 14
manquements déontologiques 12
1
Discrimination raciale
0
1
Harcelement Sexuel
1
Discrimination en 0
raison du sexe 2
2021
1
Faits divers 2020
1
• L e harcèlement moral au travail (HMT) : de HMT, sans que cela soit réel et sans qu’il s’agisse
24 dossiers, soit 58,5% du total ; d’une machination des plaignants à l’encontre de leur
• les fautes de comportement hiérarchie ou de leurs camarades de travail. Cepen-
et manquements déontologiques : dant, dans quelques cas, une instrumentalisation de
14 dossiers, soit 34,1% du total. la plateforme « STOP DISCRI » a pu être mise à jour.
Les jeunes militaires, notamment les gendarmes
Ces deux catégories, surtout la seconde, sont en adjoints volontaires, sont les premières victimes de
hausse par rapport à l’an dernier où elles représen- HMT lorsque les faits sont avérés. Cette population
taient respectivement 54,3% et 25,7% de l’ensemble nécessite donc une attention toute particulière du
des enquêtes. commandement et de la chaîne de concertation.
Comme l’an dernier, dans la moitié des cas, les Les affaires de discriminations, raciales ou en raison
dénonciations pour HMT s’avèrent infondées. Cela du sexe, ainsi que celles relatives au harcèlement
ne veut pas dire pour autant que des personnels ne sexuel, continuent à être très minoritaires et sont
vivent pas une situation préoccupante de mal-être au même en baisse : 3 dossiers, soit 7,3% du total (contre
travail. On peut en effet être persuadé de faire l’objet 4 dossiers et 11,4% en 2020).
55
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
FOCUS
UNE ENQUÊTRICE DU BEA :
La lieutenante-colonelle SANDRA AZEVEDO
Quel est votre parcours professionnel ?
À l’issue de cinq ans de droit et l’obtention d’un diplôme de sciences criminelles, j’exerce un peu
moins de deux ans les fonctions d’assistante de justice auprès du procureur de la République à
Metz (57). Cette expérience me fait découvrir les arcanes concrètes du fonctionnement des juri-
dictions tout en m’ouvrant les portes des services enquêteurs, des administrations préfectorales,
pénitentiaires, etc. En 2007, j’intègre l’EOGN après la réussite au concours externe universitaire
puis ai le privilège, en 2009, de commander la brigade territoriale autonome de Marguerittes
dans le Gard (30), unité péri-urbaine à forte activité. En 2013, je rejoins la sous-direction de la
police judiciaire en qualité de chef de projets contribuant à la refonte du fichier des personnes
recherchées (FPR) mais aussi au chantier de la déclaration CNIL du fichier des objets et véhicules
signalés (FOVES). En 2017, je commande la compagnie de gendarmerie départementale d’Avignon
(84) armée de 169 gendarmes. En 2021, je suis mutée au BEA de l’IGGN à Malakoff.
56
2.2.3. Du signalement au résultat de l’enquête interne : mode d’emploi
Chargé du respect des règles de déontologie qui pédagogiques à visée préventive diffusés en
s’imposent aux militaires de la Gendarmerie natio- interne gendarmerie, sous forme de fiches d’ana-
nale, le chef de l’IGGN peut se saisir de tout man- lyse ou d’avis du référent déontologue.
quement potentiel porté à sa connaissance. Il Après arbitrage des décisions à prendre par l’auto-
dispose à cet effet de la plateforme des signalements rité hiérarchique (sanction, mutation dans l’intérêt du
des particuliers et recueille les demandes des auto- service), le chef de l’IGGN peut adresser une lettre
rités administratives indépendantes (AAI), comme le de conseils et recommandations au militaire fau-
Défenseur des droits, le Contrôleur général des lieux tif pour lui rappeler ses obligations déontologiques
de privation de liberté ou le Comité de prévention de et l’inviter à tirer les enseignements d’un comporte-
la torture. ment inapproprié ou inacceptable.
Pour chaque signalement d’un particulier, l’IGGN Dans le cas d’une enquête judiciaire menée par le
sollicite les échelons de commandement dépar- BEJ, le chef de l’IGGN est informé de sa clôture
temental ou régional de la gendarmerie, pour et de l’envoi des conclusions au magistrat mandant.
obtenir une explication de leur part ou pour les inviter Dans le respect du secret imposé par l’article 11 du
à réaliser une enquête interne. En cas de manque- Code de procédure pénale (CPP), il adresse au com-
ment avéré, le chef de l’IGGN propose à la hiérarchie mandant de formation administrative (comman-
concernée, soit de faire un rappel déontologique, soit dant de région, d’école ou de gendarmerie spécialisée)
de prononcer une sanction disciplinaire à l’encontre un courrier l’invitant à se rapprocher du procureur
du ou des personnels fautifs. L’IGGN ne dispose en de la République compétent pour obtenir, confor-
effet pas de pouvoir disciplinaire, qui reste de la mément aux dispositions de l’article 11.2 du CPP, une
compétence des chefs hiérarchiques. copie de l’enquête à des fins strictement administra-
Certains cas peuvent donner lieu à des documents tives (sanction, mutation dans l’intérêt du service).
Le
Saviez
vous
Où se trouve le curseur entre déclenchement d’une enquête administrative et
déclenchement d’une enquête judiciaire, notamment au regard de l’Art. 40 du Code de
procédure pénale ?
Si la commission d’une infraction pénale est suspectée, avant toute enquête ou durant une enquête
administrative, elle est signalée au procureur de la République qui décide ou non d’ouvrir une enquête
judiciaire. Il peut très bien laisser se dérouler l’enquête administrative en cours avant de prendre cette
décision. Si les faits ne sont pas très graves, il peut alors décider d’un classement dit 61, en considérant que
les sanctions disciplinaires et/ou statutaires sont suffisantes.
Une enquête judiciaire et une enquête administrative sont rarement ouvertes concomitamment pour un
même fait. Lorsque cela est le cas, ces deux enquêtes visent des objectifs différents. Ainsi en est-il d’une
enquête initiée récemment, après échange avec le procureur de la République, pour comprendre comment
une procédure ouverte pour le viol d’une jeune fille a pu ne pas être traitée suffisamment rapidement par
la brigade de gendarmerie saisie de cette affaire. Parallèlement à cette enquête administrative, l’enquête
judiciaire ouverte pour ces faits de viol se poursuit. Dans ce cas précis, l’enquête administrative vise
seulement à identifier et corriger les dysfonctionnements dans l’organisation du contrôle des procédures par
la hiérarchie de cette unité.
57
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
Le BEA et les antennes déconcentrées de l’IGGN n’ont le 1er septembre 2021, a pu renforcer de facto une
mené que 4 déconflictions en 2021, contre 7 en image « répressive » des enquêteurs, entraînant ainsi
2020, soit une baisse de 57,1%. un brouillage du message diffusé pour la déconfliction.
Cette diminution peut s’expliquer par une relative Au final, la très grande majorité des affaires présen-
méconnaissance de ce dispositif. Ce mode de règle- tées à l’IGGN en 2021 ne relevaient pas de différends
ment des conflits n’a en effet été formalisé qu’en entre personnes, susceptibles d’entraver la bonne
2021, avec la diffusion d’une note-express dédiée (NE marche du service.
10531 GEND/CAB du 23 février 2021). Dès lors, sa Enfin, dans la remontée de ces dossiers, il ne faut
montée en puissance et la « professionnalisation » de pas négliger le rôle du commandement qui règle
ses acteurs demeurent progressives. bien souvent ce type de conflits, sans avoir besoin de
Par ailleurs, le rattachement des ADIGGN à la DEI, recourir à l’IGGN.
LA DÉCONFLICTION
MODE D’EMPLOI
ACCOMPAGNEMENT DOCTRINE
COMPRÉHENSION
FACTEURS CLÉS DU SUCCÈS
ÉCOUTE COLLÉGIALITÉ - Rapidité de saisine de l’antenne IGGN,
ABSENCE DE JUGEMENT - Complémentarité de l’action des différents acteurs :
La chaîne des facilitateurs,
POSTURE D’OUVERTURE - Impartialité des officiers IGGN,
CONCEPTION GRAPHIQUE : SIRPA © GENDARMERIE - 2020-427
58
LA DÉCONFLICTION, LES ENJEUX D’UNE FORMATION INNOVANTE
59
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
Elle peut introduire au sein de la maison gendarmerie des moyens adaptés à l’évo-
lution des individus et des comportements notamment en permettant de revisiter
autant les rapports à l’autorité que les modes de « contestations ».
Elle est, à mon avis, indissociable de la recherche en qualité relationnelle et de la
démarche éthique de la gendarmerie.
Ce mode amiable permettrait de libérer les doléances et les potentiels humains en
mettant de « l’huile dans les rouages » ; elle n’est pas un outil par défaut en encore
moins un filtre supplémentaire.
uels sont, selon vous, les principaux enjeux de cette formation (durée,
Q
contenu, standards, qualification, certification des déconflicteurs, etc.) ?
Cette formation s’adresse en priorité aux nouveaux chefs des antennes déconcen-
trées. Il est possible d’envisager une formation en deux temps :
• dans un premier module, l’approche de la déconfliction et du conflit sur une
journée ;
• dans un second module, la formation des déconflicteurs avec tests de type
QCM et des mises en situation en vue de les certifier sur deux journées.
60
Les cours alterneront entre des parties théoriques et des mises en situation, le tout
étant très interactif. Je pense que 3 jours de formation seraient déjà suffisants. Ces
formations pourront se tenir à l’IGGN. Un certificat de déconflicteur pourrait être
labellisé en interne.
Concernant les enjeux, ils sont de taille : la déconfliction est un service que l’on rend
à la communauté gendarmique. Le chef peut y prendre toute sa place et saisir les
problèmes à bras le corps.
Elle apporte un éclairage sur l’humain, permet de mieux appréhender le mode de vie
et de fonctionnement de l’institution et de réinstaurer naturellement une obéissance,
une loyauté et une adhésion à l’intelligence collective.
Les techniques de qualité relationnelle au travail permettraient de donner une
impulsion nouvelle à tous ces invariants de commandement : le vrai contrôle ins-
piré renvoi au dialogue et à la confiance. Si le respect est une valeur cardinale,
la reconnaissance de l’autre prônée par la déconfliction est un élément de qualité
relationnelle encore plus efficient. Elle permet de surmonter les points de blocage et
de regarder vers le futur.
Il faut permettre à tous les effectifs de croire à la déconfliction et à l’anticipation des
conflits : ainsi, chacun pourra y trouver satisfaction au travail, être intellectuellement
engagé, motivé et inspiré.
Je terminerai par cette citation d’Albert Einstein : « Aucun problème ne peut être
résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré ».
61
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
FOCUS
Laïcité et fête
de Sainte Geneviève,
patronne de la gendarmerie
La vie militaire est rythmée par des traditions, des solen-
nités, des cérémonies et des rites. Ceux-ci participent à
la cohésion des unités de manière extrêmement formelle
et renforcent le sentiment d’appartenance à une même
communauté.
Dans cet esprit et dépassant ainsi les considérations reli-
gieuses, Geneviève a été reconnue comme la « sainte
patronne » de la gendarmerie le 18 mai 1962. Placée sous
le signe de la convivialité et du volontariat, la fête de la gendarmerie est organisée au
niveau local. Elle peut s’accompagner d’un office religieux, parfois œcuménique lorsque
les circonstances le permettent et est rythmée par des manifestations diverses, de type
réunions publiques et/ou soirée conviviale. Sont ainsi rassemblés des retraités de la
gendarmerie, des « amis » de l’institution, les autorités administratives et judiciaires, des
partenaires, des élus, etc.
Interrogé sur la compatibilité de la célébration de la Sainte-Geneviève avec le principe
de laïcité, le tribunal administratif de Nîmes a rendu un jugement le 19 février 2021,
lequel est devenu définitif. Les juges ont considéré que si les militaires bénéficient de
la liberté de conscience ainsi que, dans les conditions fixées par le Code de la défense,
de la liberté de culte, le principe de laïcité fait obstacle à ce qu’ils manifestent leur
croyance dans le cadre du service public. Néanmoins, ils ajoutent que principes de
laïcité et de neutralité n’empêchent pas les militaires de la gendarmerie d’être invités
et autorisés à assister, durant le service et en uniforme de cérémonie, à un office
religieux dans une église, lorsque cette invitation présente un caractère facultatif et
s’inscrit dans le cadre d’une manifestation annuelle, traditionnelle et festive par-
ticipant à la cohésion et à la représentation de l’institution, telle que la fête patronale
dite de Sainte-Geneviève. La juridiction indique qu’ « eu égard à son contexte et à ses
conditions d’organisation, la « Cérémonie de Sainte Geneviève » revêt le caractère d’un
évènement collectif, traditionnel et festif de type fête patronale annuelle». Elle précise
ainsi que : « Le fait pour des militaires de la gendarmerie d’assister au cours d’un
tel évènement à un office religieux, organisé par la compagnie elle-même dans une
église, ne peut, à lui seul, être regardé comme la manifestation de convictions reli-
gieuses dans le cadre du service public ni comme relevant de l’exercice d’un culte ».
62
2.2.6. Les antennes déconcentrées de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale : la
déontologie au plus près de l’intelligence locale.
Aux côtés du BEJ et du BEA, la DEI s’appuie également sur six antennes déconcentrées de l’IGGN (ADIGGN ) à
l’effectif de 2, implantées aux chef-lieux des régions zonales, à l’exception de Paris.
63
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
64
2 .3. UN NOUVEAU PLAN D’ACTION DÉONTOLOGIE : 22 MESURES POUR
RÉAFFIRMER L’ENGAGEMENT DÉONTOLOGIQUE DE LA GENDARMERIE
L’IGGN a élaboré un nouveau plan d’action déontologie vaux réalisés au sein de l’IGGN : une étude sur les
destiné à réaffirmer et à renforcer encore l’engagement sanctions disciplinaires en gendarmerie et une
déontologique de la gendarmerie. cartographie des risques déontologiques. Ces
Cette démarche est essentielle car la gendarmerie doit thèmes feront l’objet d’un suivi annuel, avec en particu-
faire face à des crises de plus en plus nombreuses et lier une revue de ces risques déontologiques.
complexes ainsi qu’à un contexte opérationnel, média- Il vise à consolider les liens de confiance entre la
tique et sociétal pesant. Elle s’inscrit en cohérence avec population et la gendarmerie, à gagner en transpa-
les orientations stratégiques de la feuille de route GEND rence en communiquant plus clairement sur les enjeux
20.24 du directeur général de la gendarmerie nationale déontologiques de l’Institution et à irriguer davantage
et les travaux issus du Beauvau de la sécurité. la culture de la déontologie dans les activités et pra-
Ce plan d’action déontologique s’appuie sur deux tra- tiques quotidiennes des gendarmes.
SUITE
65
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
SUITE
CONFORTER LA PLACE DE LA
DÉONTOLOGIE DANS L’EXÉCUTION DES
MISSIONS DE LA GENDARMERIE
66
2.4. DIFFUSER UNE CULTURE DE LA DÉONTOLOGIE
67
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
GOUVERNANCE
La création, au sein du cabinet du DGGN, d’un Pôle des quelles sont soumis les personnels de la Gendarmerie
affaires réservées (PAR) contribue à la prise en compte nationale (article D.3122-12 du Code de la défense),
au plus haut niveau de l’Institution des exigences l’Inspection générale de la gendarmerie nationale
déontologiques. Le PAR gère et suit les dossiers les (IGGN) veille, par son positionnement hors hiérarchie,
plus sensibles, en particulier ceux pouvant fragiliser à la bonne marche des unités. Ses prérogatives
les orientations stratégiques de la gendarmerie et le s’exercent aussi bien sur le comportement du person-
lien de confiance avec la population. nel que sur le fonctionnement du service.
Chargée du respect des règles de déontologie aux-
FORMATION
La formation permet aux militaires de la gendarmerie des fichiers, recours aux réseaux sociaux…). Une docu-
d’agir en professionnels compétents et respectueux des mentation est disponible en ligne et librement acces-
normes comportementales. La déontologie est ainsi sible à tout militaire de la gendarmerie.
enseignée dans les écoles puis fait l’objet de rappels Compétence socle, la déontologie n’est pas une
lors des actions de formation continue et à l’occasion « matière » théorique ; elle décrit les règles trans-
de retours d’expérience d’évènements particuliers. Ces verses qui doivent guider l’action des gendarmes.
modules portent sur des thématiques générales (liber- Dans les écoles de la gendarmerie, l’enseignement de
tés individuelles, proportionnalité de la force, relation la déontologie est transverse, prolongé par des incises
avec la population…) et sont par ailleurs complétés par nombreuses dans d’autres cours en respect de son
des enseignements plus ciblés (discrimination, usage caractère interdisciplinaire.
Gendarmerie nationale
MINISTÈRE GENDARMERIE
DE L’INTÉRIEUR NATIONALE
Liberté
Égalité
FORMATION
Fraternité
À L’EXERCICE DE
L’AUTORITÉ
Guide du Gendarme
1) Comportement dans la vie professionnelle ..................................................................................................... 3
10 / Code de la défense, Code de la sécurité intérieure, Code pénal et Code de procédure pénale, Code de justice militaire, Code de déon-
2.7) Comportement à l'égard des autorités ....................................................................................................... 39
tologie de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale (2014), Charte du gendarme (2010), Serment du gendarme prêté en fin
de formation initiale devant un magistrat, Charte d’accueil du public, Code européen d’éthique de la police de 2001…
Guide G05 / Guide du Gendarme
intégration 27/04/2021 - mise à jour 03/02/2022 - génération 23/05/2022
© CPMGN 2021 - Document réalisé au Centre de Production Multimédia de la Gendarmerie Nationale à Limoges (cpmgn@[Link]). 1/77
11 / « Réflexions sur l’éthique & la déontologie - Les valeurs fondatrices de l’état de gendarme » réalisé en 2016 par le commandement
des écoles de la gendarmerie
12 / « Du commandement et de l’autorité : « invariants » du chef et pratique des relations hiérarchiques au sein de la Gendarmerie natio-
nale » - 2020
68
L’IMPORTANCE DE LA DÉONTOLOGIE EN GENDARMERIE :
5 QUESTIONS AU GÉNÉRAL LOUIS-MATHIEU GASPARI,
secrétaire général du Conseil de la fonction militaire de la gendarmerie (CFMG)
SUITE
69
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
SUITE
4 / Selon vous, comment est perçue l’action de l’IGGN par le «corps social» gendarmerie ?
Les militaires de la gendarmerie considèrent que l’IGGN rend les services attendus ; son rôle est indispensable au
bon fonctionnement de leur Institution.
Elle permet de garantir, voire de renforcer s’il en était besoin, le nécessaire lien de confiance avec la population
sans lequel aucune politique de sécurité ne peut être véritablement efficace. Parce qu’elle permet de lutter contre
les comportements inappropriés, l’action de l’IGGN renforce donc, à leurs yeux, la légitimité et la crédibilité de leur
engagement qui, rappelons-le, consiste à rendre le meilleur service de sécurité à nos concitoyens, et ce sur 95% du
territoire au profit de 52% de la population.
70
2.4.2. Développer la culture de la déontologie par la formation et la sensibilisation
l’acquis lorsque ces jeunes recrues rejoignent la gen-
darmerie. Il est vrai, pour ne prendre que quelques
exemples, que le discernement, l’impartialité, la cour-
toisie sont des notions logiquement assimilées par
tout un chacun. Mais pour un gendarme, ces notions
sont élevées à un niveau supérieur, car ce qui pourrait
être toléré d’un citoyen, ne le sera pas d’un gendarme
dépositaire de l’autorité, pouvant aller jusqu’à une
certaine coercition. On ne tolérera aucun écart de son
comportement.
Le passage de « citoyen éduqué » à l’état de gendarme,
quel que soit le grade, passe donc par l’acquisition
d’un savoir-être, déclinable dans les activités quo-
tidiennes, au travers de cours théoriques mais, sur-
tout, de nombreux cas concrets, mises en situation,
qui participent à une réflexion d’ensemble. L’objectif
est bien que les personnels en formation s’interrogent
sur leur engagement et leur adhésion aux valeurs prô-
nées par la gendarmerie.
Mais, pour sa pérennité, une culture nécessite d’être
entretenue et enrichie. En cela, la formation continue
ne saurait être accessoire. Dans ce domaine, l’inter-
vention de l’IGGN ne cesse de croître au fil des années.
Forte de sa vision globale des manquements et de
Avec le temps, la sagesse finit par imprégner tout indi- sa capacité d’analyse, elle est en mesure d’éclairer
vidu et le risque de « dérapage » diminue au fur et à et de sensibiliser les différents publics qui consti-
mesure que l’âge avance ! tuent la gendarmerie. De nombreuses interventions
Mais un gendarme n’a pas le temps d’attendre ! Dès ont donc été réalisées par des personnels de l’IGGN
son incorporation au sein de l’Institution, sa conduite tout au long de l’année 2021 et le rythme ne faiblira
quotidienne, dans l’exercice de ses fonctions bien sûr, pas en 2022 ! L’inspection diffuse régulièrement des
mais aussi dans sa vie privée, le gendarme se doit « fiches alerte » à partir de cas concrets qu’elle a pu
d’avoir un comportement irréprochable. L’exempla- constater ; elles permettent d’aider les responsables
rité des membres des forces de sécurité intérieure est à sensibiliser leurs subordonnés. À titre d’exemple, la
au cœur du contrat de confiance qui doit exister avec diffusion d’une fiche alerte concernant l’usage des
la population. Cette dernière admet qu’un gendarme réseaux sociaux et plus récemment, un rappel des
ne puisse pas résoudre tous ses problèmes rapide- règles relatives au devoir de réserve (Cf § 2.4.3.).
ment mais, elle attend de lui de la rigueur et du pro- Cette action de l’Inspection générale, en complément
fessionnalisme. de l’engagement des écoles, des centres régionaux
L’enseignement des règles déontologiques constitue d’instruction et des échelons territoriaux de com-
donc un volet important du parcours d’un élève, mandement, participe au ruissellement d’une culture
qu’il soit officier, sous-officier ou gendarme adjoint déontologique de nature à éviter les pertes de repère
volontaire et ce, dès sa formation initiale. On pourrait et, au final, à préserver la légitimité de l’action de la
considérer que la plupart de ces règles font partie de Gendarmerie nationale.
71
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
À noter que la plupart de ces cours, sont complétés par des conférences données par des intervenants
extérieurs (DDD, DILCRAH, LICRA… et diverses associations extérieures -FLAG, SOS homophobie, etc.…).
72
En 2021 et profitant de la levée des mesures de préven- du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les
tion de la pandémie, l’Inspection générale a pu organiser, institutions pénales (CESDIP) et Monsieur Mathieu Zagro-
en présentiel, un séminaire à destination des cor- dzki, docteur en science politique, chercheur associé au
respondants déontologues. Réunissant ces derniers, CESDIP, qui ont présenté leur étude réalisée en partena-
mais également de nombreux intervenants extérieurs, riat avec la Gendarmerie nationale sur le contrôle des
afin de donner corps à la volonté d’ouverture du chef de forces de sécurité intérieure à l’étranger. Madame Coppo,
l’inspection générale, le séminaire s’est déroulé les 07 déontologue du groupe La Poste, l’inspecteur général et
et 08 octobre derniers, dans les locaux de la direction l’inspecteur général adjoint de la police fédérale et de la
générale, à Issy-les-Moulineaux. Ainsi, madame Pauline police locale belge (AIG), messieurs Thierry Gillis et Johan
Caby, adjointe à la Défenseure des droits, en charge du De Volder, ont complété ces regards croisés sur les
respect de la déontologie par les professionnels de la pratiques en matière de contrôle interne.
sécurité, est revenue sur le contrôle externe des forces Des intervenants internes à la gendarmerie se sont
de sécurité intérieure en France, de même que le profes- aussi succédés, participant ainsi à la formation des cor-
seur de science politique Jacques de Maillard, directeur respondants déontologues.
En 2021, le chef de l’inspection générale a été solli- s’impose aux fonctionnaires et aux militaires. En effet,
cité à 13 reprises dans le cadre de ses fonctions de ledit emblème a été utilisé à plusieurs reprises dans
référent déontologue. Les thématiques abordées sont des manifestations à caractère politique aux Etats-
multiples, des demandes relatives à des cumuls d’ac- Unis et est aussi devenu le signe d’appartenance à
tivité qui vont de la qualification, « œuvre de l’esprit des mouvements ultra radicaux.
ou non », d’une activité éventuelle de « disc-jockey », L’Inspection générale de la gendarmerie nationale est
à la participation d’un militaire à une fonction diri- également chargée du respect des règles de déon-
geante dans une société gérant exclusivement un tologie auxquelles sont soumis les personnels de la
patrimoine personnel et familial. Gendarmerie nationale13, et l’action préventive, tout
Le chef de l’Inspection générale a également rédigé en étant difficilement quantifiable, constitue un levier
dans le courant de l’année un avis relatif au port d’in- d’efficacité de tout premier choix. Elle a publié en
signes représentant l’emblème « Thin Blue Line » 2021 une « alerte déontologie » relative à l’usage des
(« fine ligne bleue » en français). Cet emblème est sus- réseaux sociaux. Ce document a fait l’objet de reprises
ceptible de faire obstacle à l’exigence de neutralité qui dans la presse quotidienne nationale.
73
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
Juin 2021
ALERTE DÉONTOLOGIE
2 CAS CONCRETS
Publication par un gradé, sur son compte Facebook public, de propos et de photos susceptibles
de constituer des manquements déontologiques aux devoirs de réserve et d’exemplarité et
des infractions pénales. Faits portés à la connaissance du procureur de la République. Mis en
examen pour provocation à la haine raciale ou à la violence et provocation à la discrimination.
Son contrôle judiciaire prescrit une interdiction d’exercer son activité professionnelle et il devra
pointer une fois par mois au commissariat de sa ville.
Propos tenus, souvent sous forme humoristique, par les gendarmes d’une unité sur un groupe
WhatsApp privé, susceptibles de constituer des manquements déontologiques et des infractions
pénales. Faits matérialisant les infractions de provocations, diffamations et injures non publiques
présentant un caractère raciste ou discriminatoire, portés à la connaissance du procureur de la
République. Sur le plan déontologique : sanctions à hauteur de 6 blâmes du ministre et plusieurs
dizaines de jours d’arrêt.
Un gendarme, sur un compte public Tinder (réseau social de rencontres), publie en guise de
profil, une photographie de son buste en uniforme, accompagnée de la description suivante :
« Quitte à se faire baiser par les forces de l’ordre, autant que ce soit consenti et en jouir ... »,
susceptible de constituer des manquements déontologiques aux devoirs de probité et d’exempla-
rité. Sanction en cours.
3 À RETENIR
• Les réseaux sociaux restent un espace avant tout public et non privé.
• Le statut de militaire est permanent : les réseaux sociaux sont votre « vitrine » vis-à-vis
du grand public ; les règles d’expression propres à l’état de gendarme doivent être respectées.
• Restez vigilants, la liberté d’expression n’autorise pas tout, même sous couvert d’humour.
• L’oubli numérique n’existe pas.
Un mot d’ordre : « Réfléchissez avant de publier ! »
Lecture conseillée :
Code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale
Documents joints :
Guide du bon usage des médias sociaux 2019 (SIRPA Gendarmerie)
[Link]
Fiche thématique - Médias sociaux 2021 (Comité des référents déontologues du ministère de l’Intérieur)
[Link]
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VERS UNE ÉVOLUTION DE LA PRISE EN COMPTE DES LANCEURS D’ALERTE
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2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
76
Répartition des motifs
initiaux de signalement
Autre 9
Violence 3
Discrimination 19
Harcèlement sexuel 14
À l’issue de leur entretien avec un opérateur, les lorsque les premiers éléments recueillis laissent
personnes ayant sollicité l’IGGN peuvent ensuite lui présager qu’une infraction pénale a été commise.
transmettre tout type de document. L’ensemble de Un peu plus de la moitié des signalements fait
ces informations est analysé, et présenté au chef cependant l’objet d’une demande d’élément de
de l’IGGN pour définir les suites à donner. Elles sont réponse (EDR), adressée au commandant de région
de plusieurs ordres et peuvent revêtir, dans les cas ou de Formation administrative (FA), tandis qu’un
les plus graves, la forme d’une correspondance au tiers se solde par une enquête administrative (EA).
procureur de la République en vertu des disposi- Après étude collégiale, les dossiers restants sont
tions de l’article 40 du Code de procédure pénale, réorientés, abandonnés ou retirés.
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2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
Réorientés, retirés 22
Enquête administrative 17
BEA
Enquête administrative 36
Formation administrative
Demande Éléments de
réponses Formation 89
administrative
Une fois les éléments de réponse ou les rapports commandants de régions en ce qui concerne leurs
d’enquête administrative retournés à l’IGGN, une préconisations. Cette phase, dite de « clôture », se
seconde analyse est réalisée. Elle a pour but de matérialise par une correspondance personnelle
déterminer si les faits allégués initialement sont du chef de l’IGGN à la personne ayant effectué un
avérés, d’un point de vue administratif et pour le signalement « Stop-Discri » et une autre, au com-
chef de l’inspection générale, de donner un avis aux mandant de région.
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Etat des investigations concernant
les 182 «signalants»
Motifs retenus à l’issue des investigations ou toujours en cours
Avéré
43
Non Avéré
40 38 Autres manquements
Incompétence
33 Toujours en cours
20
17
10
6 6 5
3 3 2
1 1 1 1
0
HARCÈLEMENT MORAL HARCÈLEMENT SEXUEL DISCRIMINATION
Ainsi et s’agissant du harcèlement moral au travail • 38 n’ont révélé ni HMT, ni d’autres difficultés
(HMT), parmi les 137 cas portés à la connaissance ou dysfonctionnements ;
de l’IGGN : • 43 ont révélé des fautes en termes de compor-
• 6 ont confirmé les allégations initiales, propor- tements, de propos, etc, mais pas de HMT ;
tion équivalente à celle de 2020 et proche des • 17 présentaient, à l’issue des investigations,
évaluations de Heinz Leymann, docteur en psy- des situations ne ressortant pas de la compé-
chologie et auteur d’un ouvrage intitulé Mob- tence de l’inspection générale ;
bing, la persécution au travail, soit 3,5 % ; • 33 sont toujours en cours.
79
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
S’agissant du harcèlement sexuel (HS), et 14 situa- Parmi les évolutions en œuvre, le suivi des victimes
tions potentielles sont portées à la connaissance de a été renforcé par l’IGGN. Ainsi, un contact est établi
l’IGGN, soit 4 supplémentaires par rapport à 2020 : entre quatre et six mois après l’envoi des lettres de
• 3 ont été confirmées ; clôture afin de s’enquérir de leur situation. Le cas
• 1 est non avérée ; échéant, cette action permet de relancer certaines
• 6 ont entraîné la révélation d’autres fautes et procédures ou d’appuyer des démarches.
manquements divers, mais pas de HS ; En 2021, il convient également de noter que les rela-
• 3 se sont soldés par une procédure judiciaire tions se sont multipliées avec le secrétariat général
(signalement au titre des dispositions de du ministère de l’Intérieur et l’Inspection générale
l’article 40 du Code de procédure pénale ou de la police nationale, qui disposent eux-aussi de
dépôt de plainte) ; plateformes de signalement, afin de comparer les
• 1 est toujours en cours. pratiques en cours et rapprocher les données sta-
tistiques et chiffrées obtenues. Ce dernier point
Chaque cas signalé de HS à l’IGGN a entraîné des est important, d’autant que la loi 2019-828 du 06
investigations internes, pratique identique à celle août 2019 dite loi de transformation de la fonction
de 2020. publique, impose aux administrations de mettre en
place de telles plateformes.
S’agissant enfin des discriminations, le bilan provi-
soire des 19 signalements, contre 26 l’année pas- La mise en place de « Stop-Discri » et les évolu-
sée, se répartit comme suit : tions observées depuis près de sept ans, ont aussi
• 2 ont été confirmés, l’une concernant l’ap- été évoquées avec des directeurs et des directeurs
partenance à une ethnie supposée et l’autre adjoints de services départementaux d’incendie et
les convictions religieuses supposées ; de secours (SDIS) en formation dans les locaux de
• 5 ne sont pas avérés et aucune autre faute ou l’École nationale supérieure des sapeurs-pompiers
manquement n’a été constatée ; (ENSOSP).
• 10 révèlent d’autres fautes et manquements,
mais pas de situation de discrimination ;
• 1 ne concernait pas le périmètre de l’IGGN
après l’analyse initiale ;
• 1 est toujours en cours.
80
2.4.5. Le correspondant déontologue, maillon essentiel de la chaîne déontologique
Institué en 2016, à la suite de la loi 2016-483 rela- toutes les régions de gendarmerie, au plus près des
tive à la déontologie dans la fonction publique, le chefs, dans toutes les écoles de gendarmerie et
référent déontologue de la Gendarmerie nationale centres de formation, à la Direction générale de la
est le chef de l’Inspection générale de la gendar- gendarmerie nationale (DGGN), mais aussi au sein
merie nationale (IGGN). Il s’appuie sur un réseau d’autres entités, comme le Commandement spécia-
de 50 correspondants déontologues, présents dans lisé pour la sécurité nucléaire (COSSEN).
Mon colonel, quel rôle joue la déontologie dans l’action quotidienne des gen-
darmes ?
On a l’habitude de dire que la déontologie regroupe les règles particulières qui
s’appliquent aux membres d’une même profession. Pour les gendarmes, le sta-
tut militaire et la singularité des missions qu’ils exercent donnent naissance à
un cadre déontologique très singulier. Ce dernier guide son action en service et
hors-service. Parmi les textes fondateurs, le Code de la défense, dont son article
Le colonel Didier Limet, L.4111-1, la Charte du gendarme et le Code de déontologie de la Police nationale
adjoint au commandant de la et de la Gendarmerie nationale. Ce dernier est inscrit dans le Code de sécurité
gendarmerie d’Alsace, intérieure. Il constitue un guide qui définit bien le cadre dans lequel le gendarme
est correspondant déontologue évolue dans ses relations avec ses camarades et avec la population.
depuis 2018.
Quel est le rôle du correspondant déontologue ?
Le chef de l’IGGN est le référent déontologue, et dans chaque région de gendar-
merie, il existe un correspondant déontologue, qui est le relais de l’inspection
générale, au plus près du terrain. Son rôle peut se scinder en deux volets. Le
premier, essentiel, est le volet préventif. En complément du travail de l’Inspection
générale de la gendarmerie nationale (IGGN), le correspondant déontologue a un
rôle de prévention, de conseil et d’information auprès des gendarmes de terrain
dans les unités, et auprès des réservistes lors de leur formation initiale, car eux
aussi doivent adopter les mêmes règles que leurs camarades d’active. Le corres-
pondant déontologue est donc un acteur important, mais tous les gendarmes sont
des acteurs de la déontologie, surtout l’encadrement, qui doit veiller, entre autres,
à la santé de ses personnels.
Mais la prévention ne suffit pas toujours. En tant que correspondant déontologue,
je suis habilité à mener une enquête administrative, avec un mandat précis du
commandant de la gendarmerie d’Alsace. En cas de relations conflictuelles, pou-
vant aller jusqu’au harcèlement moral au travail ou au harcèlement sexuel, mon
rôle est donc d’abord de démêler le vrai du faux, en entendant les responsables,
les victimes potentielles et les témoins. Ensuite, de faire des préconisations
afin que cessent les situations de souffrance au travail. Mais je ne peux pas à
la fois préconiser et infliger une sanction disciplinaire. Seul le commandant de
région peut prendre cette décision, en fonction des éléments qui sont portés à sa
connaissance par le biais des investigations conduites.
81
2. UNE DÉONTOLOGIE DU QUOTIDIEN QUI CONTRIBUE
À L’EXEMPLARITÉ DE L’ACTION EN GENDARMERIE
82
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES
QUI CONTRIBUE À LA BONNE EXÉCUTION DU
SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
L’activité d’audit est soumise à des exigences fortes. garantissent en effet la pertinence des travaux réalisés.
Au niveau ministériel, en deçà des textes réglementaires Tel est le principe sous-tendu dans la démarche conduite
qui organisent l’audit interne, la partie méthodologique par l’IGGN. Entre autres initiatives, cette dernière s’at-
est encadrée par différents documents et normes qui tache à développer des partenariats avec ses homolo-
servent de référence. Le Cadre de référence de l’audit gues pour échanger sur les bonnes pratiques et investit
interne de l’État (CRAIE) ou la charte ministérielle d’au- les milieux d’expertise pour progresser. La référence à
dit interne en sont deux exemples. des praticiens expérimentés, appartenant également au
À côté de la lettre de leur contenu, l’esprit défendu est monde de l’entreprise, est une source d’inspiration.
celui de la « professionnalisation » de l’activité. L’ap- Deux experts ont bien voulu nous faire part de leur
propriation de la méthode et son application rigoureuse démarche en ces matières.
Arnaud Freyder, Quels sont les principaux apports de l’audit interne à votre organisation ?
directeur de l’audit Ma conviction, c’est que l’audit interne doit être en pleine conformité avec les
du groupe Caisse des Dépôts normes de la profession. Autrement dit, son premier rôle est d’apporter de l’assu-
rance sur la sécurité et l’efficacité de toutes les activités de l’entreprise, à partir
d’une analyse précise et complète de l’univers d’audit et des risques. Mais
son rôle est aussi d’être au cœur de l’entreprise, dans un rôle de conseil et d’ap-
porteur de valeur ajoutée. En aucun cas, l’audit interne ne doit pas chercher à
« singer » les organes de contrôle ou de supervision, comme la Cour des comptes
ou l’ACPR : les rôles sont différents, tout en étant complémentaires.
Quelles sont les facteurs qui assurent l’efficacité de l’audit interne, sur la
base de votre expérience ?
Ces facteurs découlent très directement de ce que j’évoquais à l’instant. L’effica-
cité de l’audit repose fondamentalement sur la clarté et la qualité des pratiques
d’audit interne, pour qu’elles soient conformes aux meilleurs standards dans ce
domaine, mais également sur le panel et la profondeur des ressources sur les-
quelles il s’appuie. La bonne gestion des compétences au sein d’une direction
d’audit interne, visant à ce qu’elles soient à la fois diversifiées et polyvalentes, est
indéniablement la clé du succès.
83
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
équipe d’avoir réussi à bâtir une direction d’audit interne qui s’approche désor-
mais des meilleurs standards : tout le corpus procédural a été revu, les effectifs
ont plus que doublé et le nombre de rapports de missions produits par an est
passé de 26 à 2018 à 87 en 2021. La préparation de la certification IFACI de notre
direction, que nous avons obtenue pour la première fois en octobre 2021, a été un
formidable levier pour progresser en ce sens !
Xavier Sahut d’Izarn, La direction générale et le conseil d’administration de Safran ont des attentes à
groupe Safran, directeur de forte valeur ajoutée vis-à-vis de leur direction de l’audit interne.
l’audit et du contrôle interne, Il s’agit d’abord et avant tout de contribuer à « l’assurance raisonnable » en matière
Ingénieur général de de conformité, de maîtrise des risques, mais aussi de performance des opérations
l’armement (2s) et de robustesse et pertinence des contrôles ; concrètement, cela recouvre plu-
sieurs objectifs :
• identifier les déficiences en matière de contrôle interne et de respect des régle-
mentations et des procédures internes ;
• évaluer le niveau de protection contre les risques majeurs ;
• apprécier l’efficacité du système de contrôle des opérations ;
• mesurer et apprécier l’efficience des activités des entités opérationnelles ;
• piloter et rendre compte des actions de remédiation des déficiences constatées.
Il s’agit ensuite de contribuer à la transformation de Safran, par nos diagnostics, nos
recommandations, les plans d’actions… Il s’agit enfin, et ce n’est pas une mission
secondaire, d’être une pépinière de cadres à potentiel, mobiles au sein du Groupe.
Pour assurer ses missions, l’audit interne se doit d’évaluer de façon méthodique, indé-
pendante et objective l’organisation, les processus et la conduite des opérations, en
emportant la conviction et en obtenant l’adhésion de toutes les parties prenantes.
84
Cette approche strictement cartésienne, appuyée sur les faits et sur un
raisonnement explicite est un facteur puissant, dans un groupe à forte
dominante technologique qui reste fortement conduit par la technique et la
culture d’ingénieurs comme Safran, de l’emport de la conviction des parties
prenantes. C’est bien sûr la qualité et la pertinence des analyses et des
recommandations qui font la valeur perçue ; elles sont fortement dépen-
dantes du haut niveau de compétences et de motivation, de la diversité des
formations et des parcours des auditeurs et de leur force de conviction ; il
n’en demeure pas moins que cette rigueur, pour ne pas dire cette intransi-
geance méthodologique est également la clé pour décrocher l’adhésion aux
conclusions d’audit.
L’audit interne Safran bénéficie ainsi d’une légitimité forte et de l’écoute attentive
de ses mandants, atouts ô combien précieux.
85
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
Le décret relatif à l’audit interne dans l’administration L’audit interne incombe à l’Inspection générale de la
du 28 juin 2011 et la circulaire du Premier ministre du gendarmerie nationale. Il est une activité indépendante
30 juin 2011 l’instaurent au sein de la fonction publique et objective qui évalue le degré de maturité du contrôle
dans le but d’améliorer la performance des directions et interne et donc, de la maîtrise des opérations. Dans le
services. Concernant le ministère de l’Intérieur, l’arrêté du prolongement, et par souci d’aide, l’expertise dévelop-
12 janvier 2012 crée les structures de gouvernance, le pée permet de proposer aux commandants d’unité un
Comité ministériel d’audit interne (CMAI) chargé de défi- accompagnement dans l’exercice de leurs responsabili-
nir et de superviser la politique en la matière et la Mission tés, de les sensibiliser aux risques inhérents et de diffuser
ministérielle d’audit interne (MMAI) appelée à l’animer. les bonnes pratiques.
La gendarmerie a adapté son dispositif, elle en a finalisé
l’organisation, objet de la circulaire du 31 juillet 2019. Par culture, vocation et méthode, la gendarmerie affine ce
dispositif de manière continue et sans difficulté majeure.
Conformément à la doctrine, le dispositif en gendarmerie
repose sur deux fonctions complémentaires : le contrôle Elle prend toute sa part dans l’édifice ministériel. Le
interne et l’audit interne. chef de l’IGGN est membre de droit du CMAI et un de
Le contrôle interne relève de la responsabilité des direc- ses subordonnés siège au sein de la MMAI. Régulière-
tions et services « métiers » et des échelons de com- ment, les auditeurs de l’IGGN participent à des missions
mandement territoriaux. Adapté à la structure, impliquant ministérielles voire interministérielles. Parallèlement,
tous les acteurs, chacun à son niveau de responsabilité, il à la demande du Directeur général de la gendarmerie
vise à garantir l’atteinte des objectifs, le plus souvent liés nationale (DGGN) ou sur proposition du chef de l’IGGN, les
aux opérations et au fonctionnement. Au-delà des règles auditeurs conduisent des missions visant des probléma-
et des procédures, il repose sur la conduite d’activités pré- tiques institutionnelles.
cises et l’accomplissement de tâches concrètes et conti-
nues. Sa mise en place bénéficie du soutien du Service de
la transformation (ST) de la DGGN.
Le
Saviez
vous
L’étude de la gestion des risques débute après la Deuxième Guerre mondiale. Longtemps, la gestion des
risques renvoie à l’assurance de marché qui vise à protéger les acteurs économiques contre les « pertes »
induites par des accidents. À partir des années 1980, l’élaboration d’ « outils » de maîtrise des risques
s’impose comme une alternative moins coûteuse. Parallèlement, les entreprises deviennent plus attentives
à appréhender la dimension financière des risques pesant sur leur activité. Il faut attendre les années
1990 pour observer le développement d’une réglementation internationale qui contraint les entreprises
financières à élaborer des modèles de gestion des risques internes. Pendant la période, les exigences liées
à la gouvernance de la gestion des risques s’imposent.
Née dans la sphère financière, la gestion des risques s’étend peu à peu aux autres dimensions de l’entreprise,
comme son organisation et son fonctionnement. Originellement attachée au monde de l’entreprise, elle
gagne l’administration dans les années 2010.
86
3.2. LA DIVISION DES AUDITS, INSPECTIONS ET ÉTUDES : BILAN 2021
Malgré l’amélioration globale de la situation sanitaire évoquant la spécificité du modèle militaire justifiée par
en France, la gestion de la pandémie a continué de les exigences opérationnelles.
perturber l’activité d’audit. Même si elle a pu être À caractère transversal et adossé à des études anté-
relancée notamment grâce à l’adaptation des modes rieures, celui relatif à la maîtrise des dépenses de per-
de travail. sonnel du Titre 2 confirme la prise en compte globale
des exigences de bonne gestion des services adminis-
LES AUDITS INTERMINISTÉRIELS. tratifs et propose quelques axes de perfectionnement,
Destinés à améliorer la performance de l’action en particulier au travers de l’aménagement des outils
publique au niveau interministériel, ces missions ont de suivi.
été dirigées par l’Inspection générale des finances, L’audit sur les dérives sectaires a contribué à redyna-
l’Inspection générale de la justice ou l’Inspection miser la lutte menée à leur encontre, en recomman-
générale de l’administration, selon les cas. dant notamment d’aménager le dispositif par une plus
L’Inspection générale de la gendarmerie nationale y grande transversalité.
a participé aux côtés de l’Inspection générale de la L’évaluation du Service des technologies et des sys-
police nationale. tèmes d’information de la sécurité intérieure (ST(SI)²)
Deux missions portant sur l’évaluation de la prise en a permis de dresser le bilan de son organisation, son
charge des étrangers ayant commis des faits graves au fonctionnement et son activité depuis sa mise en place
titre de l’ordre public ont été prétexte à revisiter l’organi- en 2010 et d’envisager les conditions d’une meilleure
sation et les procédures dans le double souci de mainte- réponse aux attentes de ses deux clients qui sont la
nir l’ordre public et de respecter les droits de la personne. DGGN et la DGPN.
Un audit a consisté à évaluer le transfert de la charge
des missions d’extractions judiciaires du ministère LES AUDITS MINISTÉRIELS D’ÉVALUATION DES
de l’Intérieur vers le ministère de la Justice. Initié il POLITIQUES LOCALES DE SÉCURITÉ
y a plus de 10 ans, ce changement a fait l’objet de 3 Pilotés par l’IGA et associant l’IGGN et l’IGPN, ces mis-
audits compte tenu de la complexité des modalités de sions ont pour but d’évaluer la mise en œuvre des poli-
mise en œuvre. tiques de sécurité au niveau d’un département. Elles
sont menées in situ.
LES AUDITS MINISTÉRIELS. Influencés par l’actualité, les points d’attention sont le
Limitée au seul périmètre du ministère de l’Intérieur, la plus souvent :
majorité de ces missions a été dirigée par l’Inspection • l’organisation et le fonctionnement des ser-
générale de l’administration et a associé l’IGGN et l’IGPN. vices de la préfecture ;
Récemment conduite, l’évaluation des offices centraux • la lutte contre les violences intra-familiales
de police judiciaire a permis de constater leur effica- (VIF) ;
cité, reposant pour partie sur leur capacité à s’adapter • le séparatisme, la radicalisation et la lutte
aux évolutions. L’ajustement de leur organisation et contre le terrorisme ;
une coordination plus attentive devraient aider à en • les quartiers sensibles, les gens du voyage,
accroître encore la performance. l’immigration irrégulière ;
L’audit sur l’investissement immobilier a dressé un • le suivi des troubles du comportement en sor-
état des lieux des différents enjeux avant de proposer tie de prison ;
plusieurs pistes d’amélioration, notamment dans le • la lutte contre la délinquance, l’insécurité
domaine de la gouvernance. dans les transports ;
La mission relative à l’accès des personnes séropo- • la police de sécurité du quotidien (PSQ) et le
sitives au VIH, à certains métiers du ministère de l’In- continuum de sécurité.
térieur a examiné les conditions d’ouverture tout en L’essentiel des recommandations envisagées rappelle
87
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
Le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux ont ter un caractère systémique et s’il existait des risques
commandé à l’Inspection générale de l’administration de voir se reproduire le même type de configuration.
et l’Inspection générale de la Justice, avec le concours Ainsi, la mission a pu confirmer un certain nombre de
des Inspections générales de la police nationale et de points :
la gendarmerie nationale, un audit portant sur l’éva- • le prérequis pour une prise en charge efficace des
luation de la prise en charge des étrangers ayant com- étrangers susceptibles de représenter une menace
mis des faits graves au titre de l’ordre public. pour l’ordre public est le fait de pouvoir disposer de
Cette mission faisait suite à un premier rapport, procédures et d’outils performants en matière
remis par les mêmes inspections en avril 2021, qui d’identification, aussi bien pendant une phase judi-
reconstituait le parcours administratif et judiciaire de ciaire qu’en-dehors de celle-ci par le recours aux
l’agresseur présumé d’un journaliste reporter à Reims, dispositions ad hoc du Code de l’entrée et du séjour
analysait les raisons pour lesquelles, bien qu’ayant des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ;
séjourné en France depuis l’âge de 13 ans, il avait • une clarification semble nécessaire sur la possibi-
pu demeurer inconnu des services administratifs en lité d’enchaîner immédiatement après une garde
charge des étrangers. à vue une mesure de retenue administrative. Il
Dans un premier temps, les auditeurs ont cherché à conviendra donc, le cas échéant, de saisir le légis-
déterminer si les points de faiblesse identifiés dans lateur pour préciser les dispositions du CESEDA et
l’« affaire de Reims » étaient susceptibles de présen- du Code de procédure pénale ;
88
• une réflexion sur un recours plus fréquent et struc- • les préfectures devraient donner une meilleure visi-
turé aux mécanismes de coopération policière, bilité sur le traitement des dossiers administratifs
dans l’esprit de ce qui existe dans certains dépar- de personnes étrangères incarcérées, démarche
tements frontaliers avec les Centres de coopéra- d’autant plus utile que la mission recommande
tion policière et douanière (CCPD) est également une plus grande association des Services péni-
souhaitable, afin de mobiliser davantage les parte- tentiaires d’insertion et de probation (SPIP) au
naires européens ; fonctionnement des protocoles ;
• en parallèle, il devient impératif de mettre en place • l’utilité des protocoles serait encore renforcée en
un dispositif opérationnel d’enregistrement des donnant davantage de moyens aux services char-
ressortissants communautaires (au-delà de trois gés de l’identification en milieu carcéral. Il s’agit
mois de séjour) et des mineurs étrangers (autres en effet d’optimiser ces identifications pour les
que les « non-accompagnés ») qui demeurent invi- personnes entrant en prison, plutôt que sortant de
sibles administrativement bien que pouvant être prison, afin d’éviter que des libérations anticipées
amenés à séjourner de manière pérenne sur le ter- ne laissent pas le temps nécessaire à des prises de
ritoire national ; décision d’éloignement.
•une fois l’identification fiable, l’évaluation des
menaces pour l’ordre public pose la question des
procédures pénales mobilisables et des problèmes
de droit (secret de l’enquête et secret de l’instruction)
ainsi que du manque de fluidité dans la communica-
tion de pièces entre autorités judiciaires et services
administratifs pouvant provoquer des décisions admi-
nistratives insuffisamment étayées, donc inopérantes.
89
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
A
Savoir Alors que le rapport de la Cour des comptes de mai 2021
Créés au fil de l’histoire (le premier relatif au bilan du rattachement de la gendarmerie au
date de 1929), les offices centraux, structures ministère de l’Intérieur signalait également un certain
opérationnelles de police judiciaire, ont voca- nombre de difficultés de fonctionnement les concernant,
tion à animer et à coordonner, au plan national, au premier rang desquelles leur trop grande orien-
la lutte contre certaines formes de criminalité tation au profit de leur force de rattachement, le
organisée. Composés principalement d’enquê- ministre de l’Intérieur, à la fin du mois d’août 2021, déci-
teurs gendarmes et policiers, ils sont actuel- dait de mandater le chef de l’IGA pour mener, avec l’appui
lement au nombre de 14, traitant des champs de l’IGPN et de l’IGGN, cette mission d’évaluation.
thématiques suivants :
Il s’agissait, après avoir évalué le fonctionnement des
• pour les 10 placés sous l’autorité du directeur offices, et notamment leur capacité à assumer un chef
général de la police nationale : de filât en matière de doctrine d’action, de stratégie opé-
trafic de stupéfiants ; banditisme, trafic d’armes rationnelle, de coordination des acteurs, de centralisation,
et recherche des fugitifs ; traite des êtres d’analyse, d’exploitation et de diffusion du renseigne-
humains ; cyberdélinquance ; violences aux per- ment, de proposer les évolutions de nature à renforcer
sonnes ; trafic des biens culturels ; corruption et
infractions financières et fiscales ; grande délin- leur organisation et leur efficacité.
quance financière ; faux-monnayage ; immigra-
tion illégale et emploi des étrangers sans titre ; Les offices, des acteurs essentiels dans la lutte
contre le crime organisé
• pour les 4 placés sous l’autorité du directeur
général de la gendarmerie nationale : En complément de la rencontre de chacun des 14 chefs
d’office et des visites de leur service, la mission a réa-
délinquance itinérante ; travail illégal ; atteintes
à l’environnement et à la santé publique ; crimes lisé de nombreuses auditions dans les sphères déci-
de haine. sionnelle (CNRLT1, cabinet du ministre de l’Intérieur),
directionnelle (directeurs généraux de la police et de
la gendarmerie, directeur central de la police judiciaire
de la Police nationale, directeur des opérations et de
Du 1er septembre 2021 au 15 février 2022, les offices l’emploi et sous-directeur de la police judiciaire de la
centraux de police judiciaire ont fait l’objet, pour la Gendarmerie nationale…), centrale (SIRASCO, SCRC,
première fois, d’une mission d’évaluation menée par DCIS1, commandement de la gendarmerie dans le
l’IGA, avec l’appui de l’IGPN et de l’IGGN. cyberespace…), locale (directeurs zonaux de la police
judiciaire, commandants de région de gendarmerie,
Une mission préconisée par le Livre blanc pour la commandants de section de recherches, directeur
sécurité intérieure de 2020. régional de la police judiciaire de Paris…), judiciaire
Le Livre blanc de la sécurité intérieure, publié en (DACG, JUNALCO, JIRS2…) ou partenariale (service
novembre 2020, rappelait que les offices centraux, d’enquêtes judiciaires des finances). Elles ont permis
instruments souples et adaptés pour coordonner de confirmer le rôle indispensable des offices centraux
une politique thématique de sécurité, présentent des en tant que chefs de file dans la lutte contre la menace
« avantages [qui] sont réels, notamment au plan opé- stratégique majeure que constitue le crime organisé.
rationnel, mais […] également des risques en termes
de complexité de l’organisation administrative
ou de dispersion des moyens ». Il proposait donc
de confier à une mission inter-inspections (IGA, IGPN,
IGGN) l’évaluation de ces offices.
Les 4 offices placés sous l’autorité du DGGN
90
É VALUATION DU TRANSFERT DE LA CHARGE DES EXTRACTIONS JUDICIAIRES DU MINISTÈRE
DE L’INTÉRIEUR VERS LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE
91
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
A
Savoir
Avec 3 700 casernes et
11 millions de m² le parc immobilier
de la gendarmerie représente
79 % du parc ministériel
92
ISSION RELATIVE À L’ACCÈS DES PERSONNES SÉROPOSITIVES AU VIH À CERTAINS
M
MÉTIERS
Pilotée par l’IGA, l’IGPN, l’IGSCGC et l’IGGN ont conduit pathologies relevait de la discrimination, voire de
une mission relative à l’accès des personnes présen- l’homophobie. Toutefois, il pourrait se montrer enclin
tant certaines pathologies à certains métiers du minis- à donner satisfaction à certains recours, estimant
tère de l’Intérieur. que les dispositions de l’ordonnance du 25 novembre
2020 portant diverses mesures de santé dans la
Depuis plusieurs années, des associations civiles fonction publique ne sont pas respectées. Celle-ci
appuyées par des élus revendiquent une ouverture impose en effet que l’administration apprécie l’apti-
du recrutement dans les rangs de la Police nationale, tude médicale des candidats au niveau des fonctions
des sapeurs-pompiers et de la Gendarmerie nationale exercées à un moment donné et non sur l’ensemble
aux personnes atteintes du VIH, du diabète ou d’autres d’une carrière.
pathologies chroniques. Il convient de préciser que le
nombre de candidats écartés du recrutement pour ces Or, consentir un assouplissement des normes d’ap-
motifs est, par rapport au volume global de postulants, titude au recrutement générerait immanquablement
ultra-minoritaire. des difficultés tant sur le plan opérationnel que sur
celui de la gestion des ressources humaines. En
Ces trois services publics ont une contrainte com- effet, les spécificités liées au statut militaire et son
mune : des exigences d’aptitude au recrutement éle- spectre missionnel très large ne garantissent pas un
vées en raison des missions qui leur incombent. Elles accès continu aux diverses thérapies.
utilisent un outil commun pour déterminer l’aptitude
à servir, le SIGYCOP. Toutefois, les grilles de cotation Ainsi, sauf à imposer une harmonisation de la cotation
liées à cet outil sont spécifiques à chacune des forces. des pathologies évoquées précédemment à la police,
aux sapeurs-pompiers et à la gendarmerie, deux cota-
Jusqu’à présent, le juge administratif n’a pas estimé tions différentes dont l’une spécifique à la gendarme-
qu’un refus de recrutement au motif de l’une de ces rie pourraient coexister au sein du même ministère.
En 2021, l’IGGN a participé à un audit conjoint IGA/ militaires et 20 milliards d’euros de dépenses de
IGPN/IGGN sur les dépenses de personnel (Titre II) du personnel soit plus de 75 % de son budget. Celles-ci
ministère de l’Intérieur, dont les conclusions sont en ont enregistré une croissance forte (+13% entre
cours de finalisation. 2010 et 2020 hors inflation) et continue, indépen-
damment des variations d’effectifs (+3,3 % entre
CONTEXTE DE L’ÉTUDE 2010 et 2020).
Cet audit conjoint concerne l’ensemble des com- De plus, les conclusions du Beauvau de la sécurité
posantes du ministère de l’Intérieur. Les nombreux accroissent la nécessité d’un pilotage au plus fin des
entretiens ont été menés in situ ou en visioconfé- évolutions de ces dépenses, outre l’obligation de revoir
rence ce qui a permis de mener la mission malgré les les standards de formation.
contraintes sanitaires. Dans ce contexte, il s’agissait d’analyser les évolutions
Le ministère de l’Intérieur est le deuxième employeur du titre II et d’identifier des pistes d’améliorations pour
de l’État avec plus de 285 000 personnes civiles et son pilotage.
93
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
Cet audit a mis en exergue la nécessité de disposer Globalement, la maîtrise des risques liés à ces
de nouveaux indicateurs au niveau ministériel. Il a dépenses invite à renforcer le dialogue interne au
également proposé des pistes pour évaluer le coût sein de chaque administration ainsi que les échanges
de certaines politiques RH. entre les directions générales et le ministère.
A
Savoir
L’audit a clairement
identifié l’obligation de disposer de systèmes
d’informations plus fiables et mieux actualisés, sur
lesquels le contrôle interne pourrait s’adosser plus
efficacement. À ce titre, la dématérialisation des
processus RH, la qualité des données contenues dans
Agorha (SIRH des militaires de la gendarmerie),
de même que la fiabilité du processus
de la solde ont été saluées.
17 / Infractions au Code la santé publique, atteintes aux personnes, aux biens, infractions économiques et financières, fiscales ou relatives
à la protection du consommateur...
18 / Cette Loi est une spécificité française.
19 / Selon la définition retenue par la Miviludes, la dérive sectaire peut se définir comme « un dévoiement de la liberté de pensée, d’opi-
nion ou de religion qui porte atteinte à l’ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des
personnes ».
Elle se caractérise par « la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de
pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou
physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son e Infractions au
Code la santé publique, atteintes aux personnes, aux biens, infractions économiques et financières, fiscalntourage ou pour la société ».
94
CONSTAT - faciliter et approfondir les échanges entre services
À l’aune des signalements recueillis et des enquêtes partenaires impliqués dans cette lutte ;
judiciaires diligentées, le phénomène sectaire - clarifier le dispositif pénal et mieux appréhender le
demeure prégnant et se renforce même au travers travail judiciaire effectué.
de formes renouvelées, de nouvelles radicalités. On
dénombre environ 500 groupes de dérives sectaires DÉCISIONS MINISTÉRIELLES PRISES
en France, encadrant près de 140000 personnes La ministre décide de renforcer la protection des
dont 90000 enfants et adolescents. personnes vulnérables en mobilisant l’ensemble des
L’état des lieux des nouvelles tendances des dérives forces contre les violences et l’emprise sectaire :
sectaires montre : • une magistrate est nommée à la tête de la Mivi-
• l’émergence des phénomènes liés à la santé, au ludes, auprès du SG-CIPDR ;
bien être et aux médecines alternatives (exemple : • un conseil d’orientation de la Miviludes, composé
stages de jeûnes extrêmes, crudivorisme…) ; de représentants des ministères, d’experts, de par-
• l’augmentation des affaires en lien avec le dévelop- lementaires et d’associations est installé auprès de
pement personnel, spirituel et psycho-spirituel ; la ministre ;
•la place prégnante des nouveaux moyens de com- • une circulaire de mobilisation est adressée aux
munication (internet et réseaux sociaux) comme préfets afin de :
vecteurs d’approche et de diffusion exploités par 1- sensibiliser et former leurs personnels ;
les mouvements sectaires. 2- mobiliser les instances locales de pilotage des
politiques de sécurité autour de la lutte contre l’em-
RECOMMANDATIONS prise sectaire (états-majors de sécurité, cellules de
Des pistes d’amélioration ont pu être identifiées au lutte contre l’islamisme et le repli communautaire,
travers de dix recommandations selon trois grands GT dérives sectaires du conseil départemental de
axes : prévention de la délinquance) ;
- diffuser la culture de lutte contre les dérives sec- 3- systématiser les signalements aux autorités
taires dans les services de police et de gendarmerie ; judiciaires (article 40).
Le
Saviez
vous CRITÈRES OBJECTIFS DE DANGEROSITÉ
La Miviludes a retenu un certain nombre de critères objectifs de dangerosité permettant de
caractériser un phénomène sectaire :
• pratique de la déstabilisation • nombreux démêlés judiciaires ;
ou de l’emprise mentale ; • détournement éventuel de
• exigences financières exorbitantes ; circuits économiques traditionnels ;
• rupture avec l’environnement d’origine • tentatives d’infiltration des pouvoirs publics ;
(famille, proches, milieu social) et • refus de soins ou arrêt des traitements
conditions de vie déstabilisantes ; médicaux régulièrement prescrits ;
• atteintes à l’intégrité physique ; • la violation des principes fondateurs
• embrigadement des mineurs ; de la République ;
• discours anti-social ; • le non respect de conventions
• troubles à l’ordre public ; ratifiées par la France.
Le premier critère est naturellement déterminant pour retenir la notion de « dérives sectaires » et donc la
probable situation d’abus frauduleux de l’état de faiblesse. Les autres sont moins prégnants. Au final, il s’agit
de faisceaux d’indices cumulatifs.
95
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
FOCUS
le renouveau du phénomène
sectaire avec la crise de la Covid-19
La crise sanitaire et le contexte actuel vécus comme anxiogène sont des terreaux
fertiles au déploiement de mouvements à caractère sectaire. L’isolement induit par
le confinement, les mécanismes des réseaux sociaux, la fréquentation de certains
comptes, finissent par enfermer dans des certitudes ou croyances atypiques et ont
offert une audience aux nouveaux gourous du bien-être et de la santé (thérapeutes
psycho-corporels, chamans, coachs de vie….). Ils vont utiliser le confinement et la
peur comme leviers. La toile permet également la réunion de ces pseudo-thérapeutes
et leur sert de caisse de résonance. Certains alimentent les théories complotistes,
comme celle du « great reset » (grande réinitialisation), une théorie qui postule que
la pandémie est un prétexte pour instaurer une dictature mondiale ou implanter des
puces électroniques dans la population par la vaccination.
96
large panel de personnels de la Police et de la Gen- assistance à maîtrise d’ouvrage et pour la gendarme-
darmerie nationales, entretenant des relations étroites rie, la prise en charge de la maîtrise d’œuvre.
avec le service. Les douze propositions formulées par la mission au
In fine, le ST(SI)² s’impose comme un service incon- terme de ses travaux visent à améliorer les conditions
tournable pour accompagner la transformation de fonctionnement et l’efficience du ST(SI)² tout comme
numérique et technologique des forces de sécurité la qualité du service rendu aux directions métiers par ses
intérieure face aux enjeux actuels et futurs. Le taux personnels spécialisés. Elles veulent favoriser, dans la
de satisfaction est globalement élevé pour les deux décennie à venir, une réponse plus performante aux défis
forces avec des attentes différentes : pour la police, majeurs que devra surmonter le numérique opérationnel.
Prescrit par les normes En effet, sans sa mise en œuvre toute recommandation
professionnelles de l’audit reste lettre morte et l’objectif de maîtrise des risques
interne et plus récemment n’est pas atteint. Pour répondre à cet enjeu majeur, les
par le cadre de réfé- auditeurs de la DAIE s’assurent régulièrement du bon
rence de l’audit interne respect de leurs recommandations.
de l’État (CRAIE), le suivi Ce suivi institutionnalisé permet au chef de l’Ins-
des recommandations pection d’alerter à tout moment le directeur général
formulées par les audi- de la Gendarmerie nationale en cas de retard ou d’in-
teurs permet de mesurer suffisance préjudiciable. Un tableau de bord synthé-
la valeur ajoutée de la tique présente les principaux indicateurs associés à
fonction d’audit dans ce suivi. Le dispositif de suivi est décrit dans un guide
l’amélioration du disposi- pratique élaboré par la DAIE et qui est en cours de
tif de contrôle interne et plus généralement dans la diffusion au sein des directions, services et formations
maîtrise des risques. administratives de la Gendarmerie nationale.
97
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
en situation opérationnelle et a permis d’objectiver la mise en œuvre d’un vaste plan de protection et de
les besoins d’adaptation et d’évolution. Ainsi, mieux renforcement des moyens d’intervention des mili-
recruter, mieux former, mieux équiper et mieux armer taires de la gendarmerie décliné sous l’appellation
le gendarme doit lui permettre d’accomplir ses mis- de « plan Saint Just ».
sions et in fine, aider à la réalisation du contrat opé- L’IGGN est d’ailleurs chargée d’en assurer le suivi de la
rationnel de la gendarmerie. mise en œuvre en liaison avec les directions et services
L’ensemble de ces travaux a abouti à l’élaboration et à concernés.
98
C’est ainsi qu’à titre d’exemple, le BASST a développé telles que, selon la Cour des comptes, ce type d’ac-
une offre d’analyse du dispositif SST au profit des tion constitue un modèle qui pourrait être étendu
commandants de formation administrative nouvelle- aux autres directions du ministère de l’Intérieur.21
ment nommés. Le BAFAT a, quant à lui, initié plusieurs
actions d’appui et de conseil à destination de diffé- Enfin, malgré l’importante part prise au cours de l’an-
rents responsables territoriaux en charge du soutien née par le télétravail et les contraintes d’éloignement
(directeurs de cercles-mixtes, chefs des groupes sou- de la crise sanitaire, toutes les entités de la DAET n’ont
tiens ressources humaines) aux vues de la complexité eu de cesse de répondre présent aux très nombreuses
et de la diversité de leurs tâches. sollicitations tant internes qu’externes et de fournir
des analyses, des conseils et des expertises appré-
La qualité et la pertinence de cet accompagnement des ciées de tous.
unités et services dans le déploiement du contrôle interne, Le détail de l’activité des composantes de la DAET est
au plus près de la culture et des contraintes métier, sont présenté ci-après.
21 / Ministère de l’Intérieur - Note d’évaluation du contrôle interne – observations définitives – S2022-0524 / Synthèse / page n°5
22 / Les chefs GSRH sont les adjoints des commandants de groupement de gendarmerie départementale en charge de tous les domaines
en lien avec le soutien opérationnel des unités du département.
99
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
100
Mon général, comment utilisez-vous, au sein de votre zone de compétence,
les nouveaux outils d’accompagnement proposés par l’ IGGN ?
« Les outils développés représentent incontestablement une avancée importante.
Ils permettent en effet aux acteurs concernés, tant à l’état-major de la région
que dans les 10 groupements qui la composent, de disposer dorénavant d’une
réelle feuille de route quant aux actions à entreprendre pour réduire les risques
inhérents à leurs activités. Ces outils leur permettent également de prioriser les
Interview du général de corps actions à mener et de concentrer leurs efforts sur les thématiques à fort enjeu.
d’armée Laurent Tavel, com- En tant que commandant de région, je vois un réel intérêt à ce que nous dispo-
mandant la région de gendar- sions d’outils partagés par tous et qui nous permettront dorénavant de bénéficier
merie Auvergne-Rhône Alpes d’une vision commune. Je resterai vigilant quant à leur utilisation, qui doit impé-
rativement apporter à mes acteurs de l’appui opérationnel une aide quotidienne
pour l’obtention de résultats concrets et mesurables. »
101
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
102
3.3.2. La protection et la gouvernance des données numériques : une exigence de plus en plus
prégnante
Malgré les contraintes dues à la crise sanitaire, le Un nouvel outil d’analyse des usages des fichiers
bureau de l’audit de la protection et de la gouvernance Des tableaux de bord statistiques ont été élaborés
des données (BAPGD) a poursuivi son action visant à et transmis à tous les commandants de région et de
maîtriser les risques grâce à un contrôle de l’usage groupement. Ils font ressortir des volumes de com-
des fichiers et à des actions de sensibilisation à portements à risque décelés au cours d’un semestre,
destination des personnels utilisateurs des bases de comme les auto-consultations, les consultations visant
données à caractère personnel. des membres de leur propre famille, ou certaines,
motivées par la curiosité dans le TAJ* et le FPR*.
Ces tableaux de bord se présentent ainsi :
103
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
ES CONTRÔLES QUI
D ’EST AU DÉBUT D’UNE CARRIÈRE QU’IL
C
MONTRENT LEUR EFFICACITÉ FAUT PRENDRE LES BONNES HABITUDES
La crise n’a pas empêché le BAPGD de poursuivre Les instructeurs dans les écoles ont en effet un rôle
les contrôles qui sont réalisés depuis de nombreuses primordial pour ancrer dans l’esprit des recrues les
années. Ces contrôles, qui consistent à solliciter les règles relatives à l’usage des fichiers. Il était donc indis-
auteurs de consultations qui méritent une levée de pensable de refaire dans les écoles des actions de sen-
doute, sont aussi adressés à la hiérarchie pour qu’elle sibilisation comme cela avait été organisé début 2019.
prenne les mesures qui s’imposent en cas de mésu- Profitant d’une accalmie de la crise sanitaire fin 2021, le
sages. Au cours de l’année 2021, les mésusages ont BAPGD a débuté celles-ci pour sensibiliser les cadres
été moins nombreux. Motivés par une curiosité dépla- sur l’importance de leur mission dans ce domaine. Il
cée, ils présentent des risques mineurs. La baisse faut en effet inculquer aux élèves que nos fichiers
montre que les personnels sont mieux sensibilisés ne doivent pas être utilisés comme ils utilisent les
à ce risque par leurs chefs hiérarchiques. moteurs de recherche sur internet.
104
Témoignage du général de brigade Laurent Vidal, commandant l’École de gendarmerie de Montluçon
« Le 16 novembre 2021, le BAPGD de l’IGGN a effectué de service, commandant d’école, référent RIL) ont tous
au profit de l’École de gendarmerie de Montluçon une apprécié la rigueur dans la présentation et l’adap-
sensibilisation à l’usage des fichiers. Celle-ci constitue tation du discours au public et aux objectifs visés,
pour les cadres de l’école un rappel utile sur les règles pédagogiques et préventifs avant tout. En termes de
légales et réglementaires d’accès aux fichiers. Elle suites données, le commandant d’école a immédia-
permet aussi aux militaires qui auraient une accep- tement ajouté à son discours d’accueil des promo-
tation souple des normes de prendre conscience des tions et stages une mention appuyée sur les fichiers
outils de contrôle qui existent et qui sont mis en œuvre et leur usage. Elèves gendarmes et élèves gendarmes
de manière permanente par la gendarmerie. Enfin, elle adjoints volontaires sont désormais mis en garde dès
pointe les responsabilités qui pèsent sur l’école en leur arrivée contre les dérives possibles en la matière,
matière de formation dans ce domaine. Les person- discours qui est ensuite repris et répété lors des
nels concernés (commandants de compagnie, chefs séances de formation aux outils numériques. »
Enfin, le BAPGD doit répondre aux demandes de administratives montre que les échelons hiérar-
traces à l’occasion d’enquêtes judiciaires ou admi- chiques ont mesuré l’importance de ces vérifications
nistratives. La charge de travail liée à cette mis- pour s’assurer que les règles de déontologie sont
sion augmente significativement. La hausse (+133 ; respectées, mais aussi pour protéger les personnels
+50%) des sollicitations dans le cadre d’enquêtes contre eux-mêmes.
1250
1000 396
263
500
657 625
0
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
105
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
Les contraintes sanitaires imposées par la pandémie sources du système d’information pour un usage
liée à la COVID-19 ont modifié le plan d’action 2021 inapproprié (streams audio et vidéo sur YouTube et
du Bureau de l’audit de la sécurité des systèmes d’in- Facebook entre-autres).
formation (BASSI) qui s’est davantage orienté vers la
formation des personnels et les missions courantes LA FONCTION AUDIT DU BASSI
que sont les réponses aux réquisitions judiciaires, Au cours de l’année, le BASSI a réalisé une mission
administratives et au contrôle interne. Nombre de d’audit in-situ portant sur la sécurité des systèmes
ces actions sont réalisées à distance depuis Malakoff d’information de la région de gendarmerie de Nor-
sur les postes de travail connectés à l’intranet ou à mandie. L’objectif de la mission a été de mesurer la
partir des outils de supervision et de contrôle du por- fiabilité du dispositif de maîtrise des risques SSI à
tail intranet de la Gendarmerie nationale. partir de l’existant, et les dispositifs mis en œuvre
par la formation auditée pour atteindre ses objectifs.
LA FONCTION CONTRÔLE DU BASSI Les preuves d’audit relevées ont été adressées, d’une
Les contrôles réalisés par le BASSI en 2021 ont part au commandant de région pour compléter et
ciblé la surveillance de la bande passante dédiée améliorer la protection de son système d’information
à internet à partir de la volumétrie bimestrielle des en réduisant les risques identifiés à partir de recom-
connexions. Cette action fait appel à une exploitation mandations, d’autre part au Service des technologies
fine des fichiers de journalisation disponibles dans et des systèmes d’information de la sécurité intérieure
SPLUNK24. Il en ressort que 2 % seulement des uti- – ST(SI)², pour le traitement, en central, des risques
lisateurs connectés utilisent plus de 30 % des res- associés aux incidents de sécurité.
24 / SPLUNK : logiciel qui permet de remonter les traces présentes sur les serveurs (LOG)
106
3.3.4. La santé et la sécurité au travail, un levier d’action pour l’appui
et la performance des unités
En 2021, l’activité du BASST s’est maintenue malgré les
contraintes imposées par une circulation toujours active du
virus de la Covid-19. Le bureau a ainsi poursuivi ses mis-
sions d’audit auprès des formations de la gendarmerie25.
Il ressort aujourd’hui que la SST ne se limite plus seu-
lement à l’application de normes et de règlements
mais qu’elle intègre de nouveaux thèmes de réflexion
tels que l’organisation du travail au sein de l’unité,
le management et l’adhésion des personnels aux
décisions de la politique de prévention, et la prise Le BASST en audit à la gendarmerie de l’armement
du leadership par le commandement dans la pro-
motion de la SST au sein de leur formation. Le
Par ailleurs, le BASST a fait évoluer son action en Saviez
vous
l’orientant également dans une démarche d’accom- « L’activité du BASST, en plus de ses
pagnement des chefs d’organisme nouvellement missions d’audit, propose également une démarche
affectés26. En 2021, un état des lieux de la prévention de conseil et d’accompagnement au profit des
des risques professionnels a été réalisé au profit de formations de la gendarmerie. En liaison avec les
commandants de formation nouvellement nommés et responsables régionaux de la SST, sur la base des
audits effectués, il travaille ainsi à la rédaction d’un
des pistes d’amélioration leur ont été proposées.
mémento des principaux risques identifiés. Son
Tant pour assurer la santé et la sécurité de ses person- expertise est également sollicitée ponctuellement
nels que pour préserver la capacité à agir des unités, pour répondre à des problématiques rencontrées
la prévention des risques devient aujourd’hui un enjeu localement par les unités en matière de prévention
incontournable et un levier d’action de premier plan des risques professionnels ».
pour la gendarmerie.
107
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
L’action du CPSAG a pour sujet l’événement aéronau- 1.2 – Action en amont : Pour éviter que l’événe-
tique (aéronef – drone) : ment ne se produise
C’est l’activité majeure du CPSAG : inspecter les unités.
1.1 – Action en aval : l’événement s’est produit
Le CPSAG reçoit et exploite les dossiers d’enquête en • L’officier inspecteur apprécie l’organisation de
recherchant les causes et, le cas échéant, la res- l’unité avec « son œil de pilote expérimenté », afin
ponsabilité de l’équipage dans la survenance de d’évaluer la qualité des retours d’expérience et la
l’événement. prise en compte des spécificités de l’unité par les
Les enquêtes internes couvrent également un nouveaux arrivants.
domaine plus large que celui des enquêtes du Bureau • Le déroulement de l’inspection favorise le partage
enquête accident de l’État (BEA-E) en intégrant tous et la confrontation des expériences ou des situa-
les types d’événements aéronautiques (accident, tions à risque.
incident grave ou léger, aérien ou au sol).
108
•
Les recommandations contenues dans le rap- trise des risques (BMR) du commandement des FAG à
port d’inspection abordent les thèmes suivants : Villacoublay. En effet, en charge de l’animation de la
ressources humaines, formation, maintien en sécurité des vols autant pour les aéronefs habités que
compétence, activité aérienne, environnement pour les aéronefs sans équipage à bord, le BMR est
aéronautique, salle opérationnelle, équipements, l’interlocuteur privilégié du CPSA au quotidien.
station d’avitaillement, infrastructures, application
et suivi des recommandations du BEA-E. Enfin, la promotion de la sécurité aérienne (SA) passe
par l’implication du réseau des « référents SA » dans
L’action du CPSA-GN ne saurait également se conce- la valorisation des pratiques vertueuses au sein des
voir sans le lien étroit entretenu avec le Bureau de maî- unités aériennes.
Réunion des référents Sécurité Aérienne du commandement des Forces Aériennes de la Gendarmerie à Villacoublay le 8 décembre 2021.
109
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
3 QUESTIONS
au commandant de la section aérienne Gendarmerie (SAG) de Limoges
Quels enseignements vos équipages tirent-ils de cette inspection et comment en appréciez vous
la concrétisation ?
« Cela permet à certains personnels de se remettre en cause en s’apercevant bien souvent qu’ils ont déjà
vécu ces situations, heureusement sans conséquence pour eux. C’est la prise de conscience qu’un petit
problème peut se transformer en incident sérieux. Cette inspection permet aussi de rappeler les bonnes
pratiques et ainsi éviter les « petites dérives routinières » propres au fonctionnement humain. L’inspection
devrait être prolongée au minimum d’une demi-journée afin de d’approfondir davantage de sujets ».
Intervention conjointe (chef de division IGGN + chef CPSA + chef BMR du CFAGN) au séminaire des référents SA.
110
3.5. LE COORDONNATEUR NATIONAL DE LA PRÉVENTION : PRÉVENIR POUR MIEUX AGIR.
111
3. UNE DÉMARCHE DE MAÎTRISE DES RISQUES QUI CONTRIBUE
À LA BONNE EXÉCUTION DU SERVICE ET À LA CONFORMITÉ DES ACTIONS
FOCUS Le
Saviez
vous
Qu’est-ce que la prévention ?
L’activité du CNP en 2021 La prévention peut être définie comme l’ensemble des
• s uivi des mesures retenues lors de la commis- mesures, évolutives et adaptées, à mettre en œuvre pour
sion nationale de prévention de la gendarmerie assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale du
2020 présidée par le major général et organisa- personnel, ainsi que pour améliorer la qualité de vie au travail,
tion de la commission de 2021 ; dans l’exercice de ses différentes activités professionnelles,
y compris dans celles à caractère opérationnel.
• r eprésentation du directeur de la gendarmerie
dans les instances représentatives ministérielles
(CHSCT ministériel) ; Le
• c onception et pilotage de la politique de vacci- Saviez
vous
nation pour les personnels de la gendarmerie
en lien avec le conseiller technique santé placé
3 structures en charge au niveau national de la
auprès du DGGN ;
prévention des risques sont réunies au sein de l’IGGN.
• p articipation à l’élaboration de l’ensemble des En plus du CNP, l’IGGN compte dans ses rangs :
directives institutionnelles relatives à la crise • le Bureau de l’audit de la santé et de la sécurité au travail
sanitaire Covid-19 ; (BASST). Il est en charge de l’audit interne du dispositif de
• p articipation à l’élaboration du programme prévention des risques professionnels de la gendarmerie,
annuel de prévention du ministère et à son bilan notamment dans les activités à caractère opérationnel. Il
2021 ; conseille et accompagne les responsables locaux dans
leur politique de prévention locale ;
• p articipation aux groupes de travail « motocy-
• les Inspecteurs santé sécurité au travail (ISST). Les ISST
cliste », « sport », « réorganisation de la chaîne
assurent le contrôle du niveau ministériel sur les mesures
de prévention gendarmerie ». de prévention relevant du Code du travail applicables à la
fonction publique d’État (décret 82-453).
7 des 19 ISST que compte le réseau du ministère
de l’Intérieur sont des officiers de la gendarmerie,
organiquement rattachés au chef de l’IGGN.
112
4. UNE IGGN QUI SE TRANSFORME
En 2021, l’IGGN a défini l’orientation stratégique de son avec l’accueil de nouvelles entités que sont la Cellule natio-
action pour les prochaines années dans une feuille de route nale RETEX (CNRETEX), la Mission sûreté de la gendarme-
s’inscrivant dans la stratégie 20-24 du directeur général de rie (MSG) récemment créée et la mission de préfiguration
la gendarmerie nationale et les travaux du récent « Beau- du nouvel Observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et
vau de la sécurité ». Elle a également élargi sa compétence contre les discriminations (OGED).
27 / Création de l’Observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et contre les discriminations (OGED) et intégration de la cellule nationale
RETEX (CNRETEX), de la Mission sûreté de la gendarmerie (MSG), du Coordonnateur national de la prévention (CNP) et du Conseil perma-
nent de la sécurité aérienne de la gendarmerie nationale (CPSAGN)
113
4. UNE IGGN QUI SE TRANSFORME
STRATÉGIE DE TRANSFORMATION
DE L’IGGN
SUR LA PÉRIODE 20.24
114
4 .2. LE RETOUR D’EXPÉRIENCE (RETEX) : POUR ACCOMPAGNER
ET SÉCURISER L’ENGAGEMENT DE LA GENDARMERIE AU SERVICE DE LA POPULATION
Pour apporter un service de sécurité optimal à la fonction « retour d’expérience » avec pour objectif de
population, la gendarmerie a enchaîné, à un rythme fiabiliser, accompagner et anticiper la transfor-
soutenu, de nombreuses réformes pour s’adapter à mation permanente de l’institution.
l’évolution constante des menaces et des conditions La Cellule nationale de retour d’expérience (CNRe-
d’engagement, au quotidien comme en situation tex), chargée de l’animation et de la conduite de cette
exceptionnelle. démarche au sein de la gendarmerie, a été créée à
Dans ce contexte, elle s’est engagée en 2019 dans cette occasion. Depuis le 1er septembre 2021, elle
une démarche volontariste de renforcement de sa est rattachée à l’IGGN.
115
4. UNE IGGN QUI SE TRANSFORME
116
4.2.4. Des évolutions concrètes en 2021
L’engagement de la gendarmerie a été particulièrement Allant jusqu’au bout de la démarche retex, certaines pré-
soutenu en 2021, non seulement sur le plan opérationnel, conisations concrètes ont d’ores et déjà donné lieu, après
mais également en termes de soutien, de réorganisation expertise de la DGGN (faisabilité, soutenabilité, opportu-
et d’adaptation des processus. nité), à la mise en œuvre effective de mesures d’adapta-
Dans de nombreux domaines, le retex a permis de tion et de transformation, répondant ainsi aux besoins des
recueillir, analyser et capitaliser des enseignements de unités et aux préoccupations des personnels. Au-delà, la
toute nature et de toute portée : des procédures robustes, démarche retex a permis d’alimenter la réflexion interne
des pratiques innovantes, mais aussi certaines fragilités de la DGGN, notamment en matière de capacités, de doc-
ou vulnérabilités. trine et de prospective.
117
4. UNE IGGN QUI SE TRANSFORME
L’assassinat le 13 juin 2016 à Magnanville d’un fonc- à identifier toutes les mesures prises au niveau central
tionnaire de police et de sa compagne a brutalement mais aussi les initiatives développées au niveau local
fait prendre conscience des menaces qui pesaient en matière de protection pour en tirer la meilleure
désormais directement sur les forces de l’ordre. La synergie possible.
Gendarmerie nationale, à l’instar de l’ensemble des Il est rapidement apparu que cette mission était véri-
acteurs du ministère de l’Intérieur, s’est dès lors tablement structurante pour l’ensemble de la gendar-
engagée dans une politique de renforcement de ses merie et qu’elle nécessitait un investissement de plus
capacités d’intervention mais aussi de protection grande ampleur et de long terme.
de ses personnels. Avec plus de 3 700 emprises, elle Une « mission sûreté de la gendarmerie » (MSG) a
doit relever le défi d’assurer à tous ses personnels, ainsi été créée en août 2021 et placée sous l’autorité
mais aussi à leur famille28, en métropole comme outre- du chef de l’IGGN, au sein de la division de l’analyse,
mer, le niveau de protection le plus élevé possible. des inspections et des études.
Les mesures prises dans ce domaine étant nom- Elle est commandée par un officier général, assisté
breuses et très diverses, le besoin s’est rapidement de deux colonels, d’un adjudant-chef, qualifié référent
fait sentir de rechercher une plus grande cohérence. sûreté, et d’un militaire du corps de soutien.
Ainsi, dès 2018, un coordonnateur national de la Le rattachement de la MSG à l’IGGN traduit la
protection a été nommé au sein du cabinet du direc- volonté constante de positionner l’inspection
teur général de la gendarmerie. Cet officier s’est attelé générale en appui des unités dans une démarche
28 / La famille du gendarme vit généralement au sein de la caserne dans un logement concédé par nécessité absolue de service (LCNAS).
118
d’accompagnement (sous la forme d’audit par tection des personnels et des emprises de la
exemple), ou dans un soutien opérationnel, sous la gendarmerie déployables sous le signe de l’ur-
forme d’expertise de haut niveau (dans les domaines gence. Il s’agit pour la MSG d’être en mesure de
judiciaire, administratif, technique et désormais celui se projeter très rapidement, en appui des éche-
de la sûreté). lons territoriaux, afin de faire face à des situations
Le périmètre d’action confié à la MSG est vaste mettant en péril la protection des personnes et
puisqu’elle a vocation à se saisir des questions de des biens. Grâce au soutien technique du ST(SI)2,
sûreté allant, entre autres, du numérique aux équipe- la MSG a pu apporter son concours humain et
ments de protection des personnels, en passant par la technique à deux unités ayant subi des atteintes
protection des données ou des emprises, que ce soit graves ; la mise en place de moyens mobiles de
en métropole, outre-mer ou à l’étranger. vidéo détection a permis de renforcer la sécurité
Son cœur de métier reste toutefois la protection des des emprises et surtout de rassurer les familles
personnels et de leur famille ; à ce titre, elle se consacre (voir infra le témoignage du commandant de
tout spécialement à la protection des emprises de la groupement des Yvelines).
gendarmerie, que ce soient les locaux de service ou
les logements des familles. Même si le souci de la sûreté des personnels et des
Afin d’affiner la mission qui leur a été confiée, les per- biens irrigue au quotidien la manœuvre de la gendar-
sonnels de la MSG sont allés à la rencontre des direc- merie, il apparaît que la « fonction sûreté » nécessite
tions et services de la DGGN mais aussi du ministère un pilotage centralisé et bien identifié. À l’instar des
de l’Intérieur, des responsables territoriaux et d’ac- grands groupes privés disposant d’une « direction de
teurs privés du monde de la sûreté (voir à ce sujet infra la sûreté », la gendarmerie s’est donc engagée, en
le témoignage de l’un des cadres du Centre national créant la MSG, dans une démarche de mise en cohé-
de prévention et de protection). rence et de pilotage de l’ensemble des actions qu’elle
mène pour assurer la sûreté de ses actions et de ses
Enrichies par ces échanges, la MSG a orienté, dès sa personnels.
création, ses travaux selon deux axes : En confiant cette mission à l’IGGN, elle la conforte
• un axe préventif s’appuyant sur la définition dans ses capacités de conseil, d’audit et de soutien
d’une gouvernance de la fonction sûreté. La MSG des unités dans l’un des domaines les plus sensibles
va donc consulter au début de l’année 2022 les de son engagement.
directions et services afin qu’ils contribuent à la
clarification du rôle de chacun dans le domaine de
la sûreté. Cet axe préventif s’adossera en outre à
une expérimentation initiée par le groupement de
gendarmerie départementale de l’Isère visant à
établir une cartographie automatisée des risques
pesant sur les emprises de la gendarmerie. Cet
outil fait actuellement défaut aux échelons déci-
sionnels. Enfin, une réflexion de fond est menée
afin de mieux identifier et employer la ressource
humaine dans le domaine de la sûreté ;
• un axe réactif motivé par le manque, claire- Visite de la nouvelle brigade de Selles-sur-Cher (41), première unité
ment constaté sur le terrain, de moyens de pro- construite selon les normes du référentiel de sûreté des brigades.
119
4. UNE IGGN QUI SE TRANSFORME
120
Témoignage de monsieur SÉBASTIEN SAMUELI,
directeur des relations publiques du Centre national
de prévention et de protection (CNPP)
121
4. UNE IGGN QUI SE TRANSFORME
30 / Cette politique est pilotée par la haute fonctionnaire à l’égalité des droits, Mme Fadela BENRABIA
122
Environnement institutionnel et partenarial de l'observatoire de la gendarmerie pour l'égalité et contre les discriminations (OGED)
OBSERVATOIREDELAGENDARMERI E
Informations en source ouverte POURL’ÉGALITÉETCONTRELES
DISCRI
MI NATI
ONS MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR
Membres associés :
SUIVI INDICATEURS
chercheurs,
ÉTUDES
sociologies, etc)
VALIDATION COPIL
Membres de droit :
ALIMENTATION
services producteurs de
DIFFUSION
données de la DGGN
SITE INTRANET COMITE DE SECRÉTARIAT notamment :
PILOTAGE GÉNÉRAL - BAA/SDPRH/DPMGN
SITE INTERNET - RNED/DPMGN
- SDAP/DPMGN
- DSD-DEI-AGIGN/IGGN
AUTRES MINISTÈRES
Liens partenariaux
Recueil, traitement de données AUTRES OBSERVATOIRES INSTANCES EUROPEENNES OU INTERNATIONALES LE CAS ECHEANT
123
4. UNE IGGN QUI SE TRANSFORME
La générale de brigade Armelle VALENTIN est arrivée à l’IGGN à l’été 2021 pour
organiser la préfiguration de l’Observatoire de la gendarmerie pour l’égalité et
contre les discriminations (OGED) nouvellement créé.
Issue de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, elle appartient aux premières
générations d’officiers féminins de recrutement direct ayant intégré la gendar-
merie. Son parcours de carrière est marqué par la diversité des fonctions suc-
cessivement occupées, alternant des commandements opérationnels (peloton
de gendarmerie mobile, compagnie et groupement de gendarmerie départementale), des mobilités
extérieures dans le domaine des relations internationales, des affectations en état-major et en école.
Q : Quel est le regard que vous portez sur les thématiques de l’égalité professionnelle et de la diversité
en gendarmerie au vu de votre parcours ?
R : Mon regard sur la question est toujours resté le même : je pense que ce sont plutôt les représentations
sociales qui ont évolué. Il y eut l’époque des «pionnières », où l’accès d’une femme à des responsabilités
classiquement exercées par des hommes suscitait l’attention du public et des médias. Au tournant du
siècle, le concept de diversité a émergé dans le débat public français, avec une acception plus large des
différences à prendre en compte. Nous sommes aujourd’hui, peut-être, à une troisième phase de cette
évolution, avec une recherche de réponses plus volontaristes et innovantes sur ces questions.
La diversification des concepts utilisés a indéniablement entraîné un effet de brouillage entre les notions
d’égalité des chances, de diversité, et de lutte contre les discriminations.
Le défi pour la gendarmerie, consiste à traduire ces évolutions en un langage clair et adapté à notre insti-
tution. Notre statut, nos valeurs, sont un appel constant à nous rejoindre au-delà de nos différences, autour
d’idéaux plus élevés. C’est la force de notre modèle : pour les militaires, les différences doivent d’abord se
vivre dans l’indifférence.
C’est pourquoi les questions d’égalité professionnelle et de diversité se déploient chez nous sur des plans
distincts. Nous devons donc acclimater ces questions dans notre institution, tout en faisant valoir la plus-va-
lue attachée à notre modèle. SUITE
124
SUITE Q : Comment avez-vous abordé les étapes préparatoires au déploiement de l’OGED ?
R : C’est une véritable mission de conception, selon une méthode projet, en veillant en
permanence à respecter l’esprit et la lettre qui ont présidé à la création de cette entité.
De façon pragmatique, il s’est agi de faire de la prospective sur des structures approchantes, de rencontrer
des acteurs impliqués au sein de la gendarmerie, du ministère de l’Intérieur comme d’autres ministères,
d’identifier le cadre normatif, les besoins concrets (RH, matériels, immobiliers, et numériques) et de capi-
taliser à chaque étape franchie. Je souligne en particulier la mise en route d’un projet d’informatique déci-
sionnelle avec le soutien du fonds égalité professionnelle, au profit de la direction du personnel militaire et
donc de l’OGED à terme.
Je voudrais ici saluer le travail considérable de la référente nationale « égalité professionnelle et diversité »
de la gendarmerie, ainsi que des membres du bureau de l’analyse et de l’anticipation de la sous-direction
de la politique RH, de la mission du système informatique Agorha et du bureau des outils de soutien et des
statistiques du ST(SI)², ainsi que le bureau des publications du SIRPA. Tous ont répondu présents à nos
nombreuses sollicitations, mettant à disposition du projet leur énergie et leur talent.
À l’été 2022, le poste de secrétariat général de l’observatoire devrait être pourvu par un chef d’escadron,
assisté d’un maréchal des logis, et d’un apprenti au profil de « data analyst ».
125
[Link] 2022-2024
Cette opération devra être réalisée en cohérence avec Limiter le risque déontologique
la feuille de route IGGN et permettre une préservation de
Être en capacité de #Répondreprésent
ses expertises et compétences par le biais d’une ges-
tion de ses ressources humaines largement anticipée. Agir pour plus de transparence et d’ouverture
126
6. Annexes
127
3. ANNEXES
CHARTE
D'ETHIQUE ET DE DEONTOLOGIE
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ON N
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Préambule
128
Titre premier
Éthique
de l'inspection générale de la gendarmerie nationale
L'inspection générale de la gendarmerie nationale fonde ses règles déontologiques sur des
valeurs morales supérieures, caractéristiques de l'éthique à laquelle elle se réfère. Les valeurs
fondamentales dont elle est porteuse permettent d'induire le comportement qu'il convient
d'adopter en toutes circonstances.
Ainsi l'inspection générale affirme son profond attachement, dans l'exercice de ses missions,
aux principes des libertés et droits fondamentaux, d'humanité et de respect des personnes, de
recherche de la vérité et de restitution fidèle des réalités et des risques.
Titre II
Règles déontologiques
de l'inspection générale de la gendarmerie nationale dans l'accomplissement de ses missions
IMPARTIALITE
L'inspection générale accomplit ses travaux sans aucun a priori, esprit partisan ou de
discrimination, ni postulat ou sophisme. Ces travaux ne servent aucun autre intérêt que celui
de la manifestation de la vérité, de la recherche de la connaissance exacte de la réalité des
pratiques et des risques susceptibles de s'y rattacher. Dans cette quête, elle ne subit
d'influence ou de pression d'aucune sorte.
L'impartialité des productions de l'inspection générale est garantie par la qualité des
personnels qui y sont affectés, la collégialité des travaux, la pluridisciplinarité des compétences,
le respect des principes de méthodologie et de rigueur, et sa capacité à réutiliser
l'enseignement de ses recommandations pour elle-même.
OBJECTIVITE
Les travaux de l'inspection générale n'ont pas pour objet de confirmer ou d'infirmer une thèse
préétablie ou soutenue par une opinion dominante, mais de conduire à une appréciation
objective, fidèle, systémique et équilibrée de la réalité. Ils ne comportent aucune appréciation
subjective ou susceptible de laisser place à l'interprétation.
129
3. ANNEXES
CONFIDENTIALITE
En raison de la nature et de la sensibilité des missions, les données recueillies au cours des
enquêtes, audits et études sont confidentielles par principe.
Leur communication relève du chef de l'inspection générale. Au sein même de celle-ci, elles
sont portées à la connaissance des seules personnes ayant le besoin d'en connaître.
L'inspection générale veille avec rigueur à la protection de cette confidentialité des données et
des sources. Elle ne peut être contrainte d'y porter atteinte, sauf dans les cas prévus par la loi.
RIGUEUR METHODIQUE
Titre III
Règles déontologiques
s'imposant aux personnels de l'inspection générale de la gendarmerie nationale
EXEMPLARITE
Les personnels de l'inspection générale s'approprient et partagent les valeurs affirmées ci-
dessus. Ils ne portent en aucune façon atteinte à l'image de l'inspection générale. Leur
comportement, en privé comme en service, ainsi que leur manière d'exécuter les missions
doivent être exempts de tout manquement aux règles éthiques, déontologiques, pénales et
statutaires.
NEUTRALITE
Quel que soit l'objet de leur mission, les personnels de l'inspection générale s’abstiennent en
tout temps et en tout lieu de prendre part aux expressions d'opinions ou controverses d’ordre
politique, racial, religieux ou idéologique.
De même, ils s'interdisent tout jugement sur les avis, décisions et directives du ministre de
l'intérieur ou du directeur général de la gendarmerie nationale.
130
PROFESSIONNALISME
Les personnels de l'inspection générale agissent dans le respect des libertés et droits
fondamentaux des personnes. Ils ne prennent aucune mesure de contrainte ou restrictive de
liberté autre que celles prévues par la loi et sous réserve de s'assurer de son caractère
strictement et évidemment nécessaire. Ils s'interdisent toute forme de déconsidération orale
ou écrite susceptible de heurter la dignité d'une personne ou d'une unité de gendarmerie.
INTEGRITE
L'intégrité des personnels de l'inspection générale s'entend d'un point de vue tant
comportemental qu'intellectuel.
Sous l'angle comportemental, l'intégrité s'entend de la probité et du désintéressement.
Sous l'angle intellectuel, elle s'entend de l'aptitude à faire abstraction de son propre avis, des
pressions, des a priori, des sympathie ou antipathie pour l'interlocuteur. Elle se traduit par le
courage intellectuel, qui s'illustre notamment dans la faculté de pouvoir défendre seul sa thèse
même contre l'opinion dominante. L'intégrité suppose aussi la capacité à résister aux
sollicitations et à rendre compte de la manière la plus fidèle de la réalité d'une situation. Elle
suppose de toujours veiller à ne pas s'exposer au risque de ne pas accomplir son devoir.
Les personnels de l'inspection générale sont indépendants dans l'exercice de leurs missions.
Cette indépendance s'entend de la liberté d'action, de jugement, d'avis et d'analyse exprimés
au cours de leurs travaux.
Elle n'existe que dans la limite de la définition des missions prévues par le mandat donné par le
ministre, le directeur général et le chef de l'inspection générale ou par les délégations des
magistrats.
Elle procède du respect de l'ensemble des règles et principes affirmés dans la présente charte.
131
3. ANNEXES
Titre IV
Le détenteur d'un mandat ou d'une délégation judiciaire dispose de facto de la qualité pleine
et entière pour procéder à toute étude, constat ou enquête.
Il ne peut lui être opposé aucun refus, obstacle ou demande de justification d'aucune sorte
dans l'exercice de son mandat. Il ne peut non plus être inquiété dans sa carrière ou son
parcours professionnel à raison de l'exercice de ses missions.
SUJETION D'APPARTENANCE
132
SANCTIONS DISCIPLINAIRES POUR L’ANNÉE 2021 EN GENDARMERIE
Les procédures disciplinaires applicables aux militaires de la gendarmerie sont déterminées par le Code de la défense. Elles se
différencient de celles des fonctionnaires, tant par le type de sanctions pouvant être prononcées (arrêts par exemple) que par le
nombre existant de groupes de sanctions (3 pour les militaires, 4 pour les fonctionnaires).
Les sanctions disciplinaires sont réparties en trois groupes :
- les sanctions du 1er groupe incluent l’avertissement, la consigne, la réprimande, le blâme, les arrêts et le blâme du ministre ;
- les sanctions du 2ème groupe sont l’exclusion temporaire de fonction pour une durée maximale de cinq jours privatives de toute
rémunération, l’abaissement temporaire d’échelon et la radiation du tableau d’avancement ;
- les sanctions du 3ème groupe rassemblent le retrait d’emploi, défini par les dispositions de l’article L4138–15 du Code de la défense
et la radiation des cadres (ou la résiliation du contrat par les personnels qui ne sont pas de carrière).
SCANDALES 44 35
RECELS / ESCROQUERIES 15 14
Sanction du 2ème groupe 1 1
STUPEFIANTS 7 12
Sanction du 3ème groupe 0 3
TRAVAIL ILLEGAL 2 6
DETTES 2 2
Sanction du 2ème groupe 10 12
Officiers 64 70
Sanction du 2ème groupe 0 0
133
3. ANNEXES
En 2021, 12 140 gendarmes ont été victimes de 4 160 agressions physiques. Aucune n’a heureusement eu d’issue fatale,
mais 1 883 gendarmes ont été blessés.
Sur les 10 dernières années, les agressions perpétrées contre des gendarmes ont progressé de 110%, les agressions avec
arme de 323% et le nombre de gendarmes blessés de 40%
4900
agressions physiques 4479
4400 dont agressions avec arme 4160
3900 3631
3424
3400 3048
3019 3006
2900
2320 2377
2400
1985 2046
1859
1900
1511 1419
1400 1100 1154
1047
805
900 629
439
400
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Évolution
Graphique n°5 des agressions
: évolution avec arme avec
des agressions par rapport auxrapport
arme par agressions physiques de
aux agressions gendarmes
physiques de gendarmes
En 2021, 7 689 agressions physiques et verbales contre les Les gendarmes affectés outre-mer demeurent cinq fois et
gendarmes ont été constatées, parmi lesquelles : demie plus exposés aux agressions physiques que leurs
• 4 160 agressions physiques ; pairs servant en métropole. Le risque de blessure y est
également 3,5 fois plus élevé. Dans le domaine spécifique
• 5 421 agressions verbales dont 1 922 concomitantes à des
des agressions avec arme, les faits subis par les unités
agressions physiques ;
opérationnelles d’outre-mer représentent en 2021, 51% du
• 30 rebellions simples.
total national (47% en 2020).
134
HISTORIQUE DE LA « FONCTION INSPECTION » EN GENDARMERIE
L’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 précise que « La société a droit de demander compte à tout
agent public de son administration ». Exerçant ses prérogatives sur la base de ce principe constitutionnel qui en justifie l’existence, la
« fonction d’inspection de la gendarmerie » trouve ainsi son origine dans la Révolution française. Après une lente évolution historique,
elle a vu son format et ses missions élargies à la fin du XXème siècle avec le « découplage IGA-IGN »1, puis a connu des changements
structurels à partir de 2009, avec le rattachement de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur.
1- L’IGA (Inspection générale des armées) est rattachée au ministre de la Défense et travaille à son seul profit, alors que l’IGN (Inspection générale de
la gendarmerie) est rattachée au directeur général de la Gendarmerie nationale.
135
© 2022-169 Rapport IGGN 2021-SIRPA / photos : DICOM, IGGN.