Mobilisation des ressources en Afrique
Mobilisation des ressources en Afrique
AFRICAIN DE
DÉVELOPPEMENT
ACADÉMIE DE GESTION DES
FINANCES PUBLIQUES
POUR L’AFRIQUE
SERIE DE FORMATIONS DES
CADRES EN GESTION DES
FINANCES PUBLIQUES.
MOBILISATION
DES RESSOURCES
INTÉRIEURES EN
AFRIQUE PENDANT LA
CRISE ET AU-DELÀ
Résumé à l’intention des décideurs
AUTEURS COORDONNATEURS PRINCIPAUX :
M. Kevin Chika Urama, FAAS,
Économiste en chef et Vice-président par intérim du Complexe gouvernance
économique et gestion des connaissances et Directeur principal1,
AUTEURS PARTICIPANTS
M. Seedwell Hove, Chargé en chef du renforcement des capacités1
ÉDITEURS/PAIRS ÉVALUATEURS
M. Maimbo Christobel Nyanga, Économiste principal, Fonds monétaire
international, États-Unis d’Amérique
M. Aboubakar Nacanabo, Directeur, Forum sur l’administration fiscale
africaine (ATAF), Afrique du Sud
Mme Sameera Khan, Directrice, Forum sur l’administration fiscale africaine
(ATAF), Afrique du Sud
M. Emeka Nwankwo, Directeur, Forum sur l’administration fiscale africaine
(ATAF), Afrique du Sud
Mme Wynnona Steyn, Économiste, Administration fiscale sud-africaine
(SARS), Afrique du Sud
M. James Barungi, Chef de projet, Administration fiscale ougandaise
(URA), Ouganda
M. Kalayu Gebre-Selassie, Directeur de la gouvernance, Département de la
gouvernance et de la gestion des finances publiques, Banque africaine de
développement
M. Bayo Oyewole, Consultant en PPP, infrastructure et développement
urbain, Groupe de la Banque africaine de développement
M. Clement Migai, Conseiller en politique fiscale, Forum mondial/OCDE,
France
M. Seth Terkper, Consultant principal, ancien ministre des Finances du
Ghana
M. Friday Ohuche, Consultant en gestion des finances publiques
REMERCIEMENTS 5
1. INTRODUCTION 7
2. OPTIONS DE POLITIQUES 11
Résumé à l’intention des décideurs politiques
4. ENSEIGNEMENTS TIRÉS 20
5. CONCLUSION 22
Remerciements
Nous tenons à saluer, avec une profonde gratitude, le soutien et les sacrifices des réviseurs
qui ont généreusement consacré du temps à l’examen des versions précédentes du rapport
et ont formulé d’excellents commentaires et suggestions. Nous remercions également tous
les participants à la formation des cadres responsables de la gestion des finances publiques
sur la mobilisation des recettes intérieures en Afrique pendant la crise et au-delà, venus de
différents PMR, pour leur participation et leurs discussions et contributions très animées et
5
Nous exprimons également notre reconnaissance aux membres de l’équipe du Groupe de la
Banque africaine de développement qui a organisé le dialogue sur les politiques. Il s’agit de
Mme Tania Sede Adjagan, Assistante en communication unifiée, Technologies de l’information
de l’entreprise ; Mme Dhouibia Dorsaf, Assistante en communication unifiée, Technologies de
l’information de l’entreprise ; Mme Kamaria Badirou, Assistante d’équipe, Institut africain de
développement ; M. Chidiebere Ibe, Consultant, Institut africain de développement ; et M.
Raphael N’guessan, Consultant, Institut africain de développement.
Notes for Policymakers
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
6 EN AFRIQUE PENDANT LA CRISE ET AU-DELÀ
Résumé à l’intention des décideurs politiques
1 Introduction
L’Afrique reste confrontée à de multiples défis liés à la gestion des finances publiques.
Alors que les flux de financements en faveur du développement sont en baisse et que la
mobilisation des ressources intérieures (DRM) est à des niveaux très faibles, les conséquences
socio-économiques négatives de la pandémie COVID-19, de la guerre russo-ukrainienne et
du changement climatique s’accentuent. De plus, l’Afrique est confrontée à de nouvelles
pressions financières face aux énormes besoins de financement pour le climat et la sécurité,
ainsi qu’à l’abandon par les économies avancées des politiques d’assouplissement quantitatif
à la suite de la crise financière mondiale de la dernière décennie. Cette situation contraint
En conséquence, de nombreux pays africains ont de plus en plus de mal à mobiliser, à grande
échelle, les ressources nécessaires au financement de leurs besoins de développement. En
dépit de l’énorme potentiel que recèle le continent, les recettes fiscales des administrations
publiques en Afrique (en pourcentage du PIB) se sont élevés en moyenne à 22,4 % entre
2000 et 2021. Après avoir culminé à 27,3 % en 2008, les recettes totales des administrations
publiques n’ont cessé de diminuer pour atteindre le faible niveau de 18,1 % à la fin de 2021
(figure 2).
Notes for Policymakers
Figure 2 : Performance des recettes fiscales en Afrique
Afrique, recettes totales de l'administration centrale (pourcentage du PIB)
1980-2021
30.0
25.0
20.0
15.0
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
EN AFRIQUE PENDANT LA CRISE ET AU-DELÀ
10.0
5.0
0.0
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
2018
2020
Recette totale des administrations publiques (en % du PIB)
Source: Statistiques de la BAD
Résumé à l’intention des décideurs politiques
Les recettes des administrations publiques ont diminué de 14 % en moyenne en 2020 sur
l’ensemble du continent, avec un ratio moyen recettes/PIB chutant de 2,1 points de pourcentage
pour s’établir à 17,3 % du PIB en 2020, contre 19,4 % en 2019. (figure 2). En revanche, les
dépenses publiques ont augmenté de 1,2 point de pourcentage, passant de 24,8 % du PIB en
2019 à 26 % en 2020, ce qui a entraîné un déficit budgétaire de 8,7 %. Cela a encore empiré
l’état des ratios impôts/PIB sur le continent qui était inférieur à 18 % (le plus faible par rapport
aux autres régions du monde, à savoir l’Asie-Pacifique (21 %), l’Amérique latine (22,9 %) et
l’OCDE (33,8 %).
Le niveau faible et la baisse des recettes intérieures des pays africains exacerbent le déficit
8
41.4
30.0 30.6
26.7 28.3
19.1
15.4
9.5
5.9 4.8 5.9
3.7
Pays du FAD
Afrique
États en transition
Pays du FAD
États non en
Pays du FAD
Afrique
États en transition
transition
États en transition
transition
États non en
transition
Afrique
Besoin en financement Besoin en financement moyen Besoin total financement
(en % du PIB) (en milliards d’USD) (en dizaines de milliards d’USD)
Cette formation constituait la première phase d’un programme structuré de 18 mois dans le
cadre de la série de formations des cadres sur la gestion des finances publiques, après la
première session de formation d’introduction qui a eu lieu en mars 2022. Les principaux objectifs
de la formation étaient de renforcer les capacités des gouvernements africains à mobiliser
9
les recettes intérieures nécessaires au financement de leurs plans de développement et de
favoriser le redressement et le renforcement de la résilience durant la période post COVID-19.
La formation avait également pour objectif d’aborder les problèmes de capacités qui entravent
la mobilisation des ressources intérieures en Afrique ; de favoriser une meilleure compréhension
et l’adoption des systèmes numériques pour améliorer la mobilisation des recettes intérieures ;
de faire mieux comprendre les stratégies rentables de mobilisation des recettes à moyen terme ;
de renforcer les capacités de mise en œuvre de stratégies de conformité efficaces ; d’améliorer
la conception des politiques macro-fiscales et de renforcer les capacités institutionnelles afin
de promouvoir les économies dirigées par le secteur privé, et d’aider à concevoir des politiques
visant à réduire la fraude fiscale dans les pays membres régionaux (PMR).
La formation a été structurée autour de 9 domaines thématiques, axés sur la mobilisation des
ressources intérieures. Il s’agit notamment des domaines suivants :
• L’évaluation de l’impact des initiatives régionales et mondiales en matière de MRI sur les pays
africains.
• L’amélioration de l’environnement des affaires et des partenariats public-privé pour une MRI
durable.
• La mobilisation durable des recettes intérieures (MRI) en Afrique : Optimiser les recettes
fiscales et non fiscales traditionnelles et explorer de nouvelles sources de revenus.
• Réduire au minimum la fraude fiscale, l’évasion fiscale et les prix de transfert au niveau
international grâce à la transparence fiscale, aux échanges d’informations et à la propriété
effective.
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
Cette formation comprenait également des séances d’apprentissage entre pairs, organisées
dans le cadre de séances de groupes parallèles constitués sur la base des caractéristiques
des pays, afin de discuter des questions relatives à la mobilisation des ressources intérieures
spécifiques à chaque groupe. Les groupes de pays se répartissaient entre les pays à faible
revenu, les pays à revenu intermédiaire, les pays à forte intensité de ressources et les pays
en transition. Les séances de formation, les séances de questions-réponses et les séances de
partage d’expériences entre pairs ont débouché sur des recommandations politiques utiles.
Ces recommandations politiques sont présentées dans le résumé à l’intention des décideurs
Résumé à l’intention des décideurs politiques
Le SPM présente un résumé des recommandations politiques, des problèmes liés à leur mise
en œuvre et des enseignements tirés. Les politiques ont été réparties en trois catégories,
à savoir les politiques à court terme, les politiques à moyen terme et les politiques à long
terme, à mettre en œuvre aux niveaux national, régional et mondial (bilatéral et multilatéral).
10
2 Options de politiques
La formation à l’intention des cadres a permis de dégager plusieurs options politiques
destinées aux gouvernements nationaux et aux organisations régionales et multilatérales
pour améliorer la MRI en Afrique, pendant et après les périodes de crise. Ces options politiques
s’inscrivent dans le cadre de stratégies et d’actions visant à renforcer les performances
des administrations fiscales, à promouvoir le respect des obligations fiscales et à lutter
contre l’évasion fiscale et la fraude fiscale, ainsi qu’à promouvoir des sources alternatives de
financement des politiques publiques afin d’alléger les contraintes en matière de finances
publiques. Ces options de politiques, telles qu’elles ont été discutées lors de la formation,
À court terme, les pays devraient adopter des politiques visant à renforcer les capacités
opérationnelles des administrations fiscales et douanières, à contrôler la population des
assujettis et à promouvoir le respect des obligations fiscales, et à tirer parti d’autres
sources de financement en vue de l’optimisation de la MRI.
11
(ii) Simplifier le processus à suivre pour se conformer à la législation fiscale tout
au long de la chaîne de conformité, notamment en simplifiant la législation
fiscale et en permettant aux contribuables d’accéder à toutes les informations
dont ils auraient besoin pour s’acquitter volontairement de leurs obligations
fiscales. Cette démarche apportera clarté et transparence, ce qui peut relever le moral
des contribuables et les inciter à s’acquitter de leurs obligations. Les gouvernements
doivent adopter des plans complets et solides pour une meilleure observation des règles
fiscales. Les plans devraient relier tous les aspects du processus à suivre pour se conformer
à la législation fiscale, y compris l’observance fiscale volontaire, le respect des obligations
fiscales fondé sur la coopération et l’évaluation des risques liés au respect des obligations
fiscales. Les cadres mis en place devraient permettre la collecte et l’utilisation de données
lors de l’évaluation des risques et la planification de leur atténuation dans tous les aspects
de la chaîne de la conformité. Le processus d’observance fiscale doit couvrir les quatre
obligations fondamentales (enregistrement, dépôt dans les délais, paiement dans les
délais et déclaration correcte), les droits (par exemple, les remboursements de TVA), tous
les groupes de contribuables (par exemple, les grands, moyens et petits contribuables)
et les différents types d’impôts (y compris les impôts fonciers, etc.). Ces cadres devraient
inclure un plan d’amélioration de l’observance fiscale spécifique à chaque catégorie de
contribuables dans la circonscription et au moins aux principaux types d’impôts, et tenir
compte des différents comportements des contribuables, à savoir les contribuables
Notes for Policymakers
pour un meilleur diagnostic des systèmes fiscaux et des défis à relever en vue d’une réforme
éclairée de la politique et de l’administration fiscales.
mécanismes qui permettent aux contribuables d’effectuer des paiements par l’intermédiaire
de plateformes électroniques afin d’améliorer la perception des recettes et de réduire les
coûts liés à la perception et au paiement des impôts. Pour ce faire, il serait nécessaire de
conclure des partenariats avec des sociétés de télécommunications susceptibles de fournir
l’infrastructure de support informatique nécessaire au transfert d’argent par téléphonie
mobile. Les FinTechs devraient être autorisés à fournir des services de transfert d’argent
par téléphonie mobile pour le paiement des impôts, et les autorités fiscales devraient
investir dans des appareils portables, tels que les terminaux de point de vente, pour assurer
une pénétration accrue des services de paiement numérique.
(vi)Élaborer des politiques fiscales favorables aux entreprises, qui attirent les
investissements du secteur privé. Le caractère rigide et instable des politiques, dû
plus particulièrement aux changements de régime, constitue souvent un facteur qui
limite la mise en place de politiques fiscales durables et favorables aux entreprises. Les
gouvernements devraient élaborer des politiques fiscales susceptibles à la fois d’attirer
les acteurs du secteur privé et de renforcer la capacité de l’État à générer des recettes
nécessaires pour couvrir ses dépenses courantes et répondre à ses besoins en matière de
développement.
3. L’expression « paiement électronique » désigne un système de paiement qui permet d’opérer un transfert de fonds d’un compte bancaire à un autre par voie
électronique, sans l’intervention directe du personnel de la banque, au lieu de recourir aux modes de paiement traditionnels, c’est-à-dire en espèces ou par chèque,
en personne ou par courrier. Les modes de paiement électronique comprennent l’utilisation des cartes de crédit et des cartes de débit et le transfert électronique
de fonds (lorsque l’argent est transféré par voie électronique via Internet du compte bancaire d’un contribuable au compte du Trésor). Il est possible d’opérer des
transferts de fonds par voie électronique, par exemple par téléphone mobile, en ayant recours aux technologies qui permettent de faire du téléphone mobile un
terminal Internet à partir duquel il est possible d’effectuer des paiements.
extractives. Les pays devraient faire réaliser des études notamment sur les industries
extractives dans certaines juridictions comparatives afin de disposer d’informations plus
étayées en vue de l’octroi d’incitations fiscales aux investisseurs. Les gouvernements
devraient faire davantage pour intégrer les droits de propriété et la primauté du droit
comme fondement essentiel du progrès économique et de la réduction de la pauvreté (par
exemple, en améliorant la sécurité des investissements et des vies dans les endroits où sont
situés les actifs extractifs).
(ix)Nouer des partenariats entre les pays ou avec les institutions régionales dans le
but de soutenir les politiques et les actions de renforcement des capacités en
matière de mobilisation des recettes intérieures. Les partenaires du développement
devraient soutenir les investissements dans les projets de numérisation de la MRI dans leurs
pays d’interventions afin d’accélérer la pénétration numérique de la MRI sur le continent.
Dans le cadre de ce processus, des institutions telles que la BAD pourraient développer des
initiatives visant à soutenir les efforts nationaux et régionaux, par le biais de mécanismes
tels que la mise en place d’un programme africain de numérisation de la MRI.
13
À moyen terme, les gouvernements pourraient mettre en œuvre des politiques visant à
consolider les capacités opérationnelles des administrations fiscales et douanières, à contrôler
la population des assujettis, à accroître le respect des obligations fiscales, à réduire l’évasion
fiscale et à contrôler les FFI, afin de soutenir le niveau du revenu intérieur et la résilience en cas
de chocs défavorables.
(ii) Élargir l’assiette fiscale pour inclure l’économie numérique en pleine croissance
en vue de l’augmentation des recettes intérieures, Élaborer des cadres législatifs
solides pour taxer l’économie numérique et prendre part aux discussions multilatérales
sur les réformes de la fiscalité internationale à entreprendre pour relever les défis liés à
l’économie numérique.
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
collecte et la gestion des recettes. Si des efforts de réforme budgétaire sont déployés
du côté des dépenses, dans certains pays pour passer des budgets de ressources aux
budgets de programmes et introduire une planification pluriannuelle dans la programmation
des dépenses, les recettes font généralement l’objet d’une attention moins soutenue.
La prise en compte du volet recettes permettra d’assurer l’équilibre, en ce qui concerne
l’orientation de la planification de la politique fiscale, entre les dépenses et les recettes.
Le cadre/la stratégie de recettes à moyen terme (MTRF ou MTRS) compléterait ainsi le
cadre traditionnel de dépenses à moyen terme (MTEF). Pour ce faire, les PMR devraient
développer des modèles permettant de faire des prévisions en matière de recettes fiscales
à moyen terme et renforcer leur capacité institutionnelle et leurs instruments techniques
Résumé à l’intention des décideurs politiques
pour préparer des cadres budgétaires et de recettes à moyen terme et améliorer la politique,
l’administration et le cadre juridique du pays en matière de fiscalité.
(v) Étendre l’assiette fiscale aux grands secteurs informels, qui contribuent
actuellement beaucoup moins aux recettes fiscales par rapport à la part qu’ils
représentent dans le PIB ; Le gouvernement devrait mettre en place des incitations pour
encourager les opérateurs du secteur informel à venir s’inscrire auprès des autorités fiscales,
pour se signaler et éventuellement être officialisés. L’amélioration de la transparence et de
l’obligation de rendre des comptes en matière de gouvernance ainsi que la démonstration
de l’utilité de l’argent de l’impôt en fournissant des services publics de meilleure qualité
et en instituant une taxe sur les services, comme l’assurance maladie pour les opérateurs
informels pourrait contribuer à inciter les opérateurs du secteur informel à faire partie
de l’assiette fiscale. L’administration fiscale devrait s’engager dans des actions telles que
se rendre physiquement sur les marchés pour rencontrer les acteurs du secteur informel
ou utiliser les petites bases de données fiscales. Il est également possible d’établir des
partenariats avec les organisateurs du secteur informel et de mettre en place des facilités
de paiement pour faciliter le paiement des impôts. Il serait également indiqué de recourir
à des régimes forfaitaires d’impôt sur le revenu pour inciter les petites et moyennes
entreprises à mieux s’acquitter de leurs obligations fiscales.
(vi) Maximiser le rôle des PPP, en particulier pour combler le déficit de financement
des infrastructures. Les gouvernements devraient établir des cadres politiques clairs
et sûrs pour les PPP, élaborer des systèmes de gouvernance transparents, prévisibles et
responsables, mettre en place des cadres institutionnels stables, dotés des capacités
techniques et humaines nécessaires à la gestion des PPP, et renforcer le cadre de la gestion
(identification, programmation, mise en œuvre, suivi et gestion des risques) des projets PPP.
(vii)Adopter des mesures fiscales innovantes, notamment la perception de taxes
environnementales, de taxes sur le carbone, l’imposition des particuliers fortunés et
du luxe ostentatoire, ainsi que des personnes politiquement exposées. Le renforcement
des capacités en matière de fiscalité environnementale et sur le carbone aiderait les pays
à administrer ces taxes innovantes. Le luxe ostentatoire pourrait être taxé au moyen de
mesures fiscales indirectes et non fiscales telles que des droits d’importation plus élevés,
des taux de droits d’accise plus élevés et des prélèvements sur les biens et services
ostentatoires. Taxer les particuliers fortunés (HNWI) et les personnes politiquement
exposées nécessitera une volonté et un engagement politiques de haut niveau.
(viii)Renforcer la lutte contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites. Les
gouvernements devraient créer des systèmes permettant d’obtenir des informations sur
(ix)Assurer une gestion active des actifs et des passifs, en particulier des actifs
inutilisés du gouvernement, afin d’identifier les opportunités génératrices de
revenus et d’augmenter les recettes fiscales. Les ministères des Finances et de
l’Économie devraient diriger l’initiative visant à identifier et à évaluer les biens inutilisés du
gouvernement qui pourraient être utilisés à des fins commerciales. Ils devraient concevoir
des instruments appropriés pour louer ou mettre en location ces biens à des personnes qui
peuvent les utiliser pour générer des revenus pour le compte du gouvernement sans pour
autant leur transférer la propriété des actifs. Les gouvernements devraient tenir un registre
15
de leurs actifs. L’adoption de la comptabilité d’exercice facilitera la comptabilisation des
actifs et des passifs dans le bilan du gouvernement.
(x) Renforcer les capacités des pays à négocier des conventions fiscales favorables.
Les conventions fiscales pourraient contribuer à augmenter les recettes intérieures.
Toutefois, de nombreux pays africains n’ont pas suffisamment de moyens pour mener
ce type de négociations. La capacité des négociateurs de ces conventions devrait être
renforcée pour leur permettre de s’engager efficacement dans les négociations des
conventions. Il pourrait y avoir un cadre commun pour le partage des statistiques fiscales
à travers le continent susceptible de fournir des données probantes pour des conventions
régionales et internationales transparentes. [Soutien important de l’OCDE, y compris le
modèle fiscal de l’ONU, les prix de transfert [législation et formation], etc.,
Sur le long terme, il convient de mettre en œuvre des politiques permettant aux finances
publiques de mieux favoriser une croissance inclusive et durable et d’améliorer les capacités
de réaction et d’absorption des chocs et crises futurs.
(i) Réformer des administrations fiscales et des entreprises publiques Le défi auquel
sont confrontées des entreprises publiques est la dimension politique et nationaliste de tels
projets. Même si ces sociétés ne sont pas rentables et drainent les ressources nationales, les
gouvernements sont généralement réticents à cesser de les financer et de les garder. Les
gouvernements devraient moderniser ou privatiser les entreprises publiques déficitaires
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
afin d’accroître leur contribution aux finances publiques. Réformer les administrations
EN AFRIQUE PENDANT LA CRISE ET AU-DELÀ
(ii) Diversifier les économies pour les libérer de la dépendance à l’égard des
matières premières afin d’élargir l’assiette fiscale (en particulier dans les pays riches
en ressources). Les gouvernements doivent adopter un cadre approprié d’incitation par des
réformes visant à améliorer le climat des affaires et de l’investissement, des investissements
et des réformes politiques qui réduiraient les coûts commerciaux. Ils devraient également
mettre en place des politiques efficaces pour soutenir l’ajustement et la réaffectation des
ressources vers de nouvelles activités afin d’accélérer la diversification économique. Pour
Résumé à l’intention des décideurs politiques
ce faire, les gouvernements devraient réaliser des investissements en vue de doter leur pays
d’infrastructures adéquates, tout en réduisant les contraintes structurelles et en accélérant
le rythme de l’évolution technologique.
(iii)Améliorer le contenu local afin d’accroître la valeur ajoutée dans les industries
extractives. Plusieurs pays commencent à introduire des politiques de préférence nationale
qui visent délibérément à inclure davantage d’Africains et d’entreprises africaines dans les
activités d’industries extractives. Ces politiques devraient être adoptées par davantage
de pays africains par le biais d’un apprentissage entre pairs, de programmes d’échange,
etc. De plus, il devrait y avoir une politique de valeur ajoutée qui garantit que les minéraux
extraits sont traités dans le but de leur ajouter de la valeur plutôt que de leur exportation
en tant que matières premières. Cela permettrait de créer des emplois pour leurs citoyens
16
et de générer des revenus pour le gouvernement. Il devrait y avoir une politique nationale
de renforcement des capacités pour le développement du contenu local dans le domaine
des industries extractives. Cela contribuera à élargir l’assiette des recettes et à améliorer la
viabilité budgétaire à long terme.
(iv)Créer des centres régionaux de TIC pour la mise au point d’outils et d’applications
numériques adaptés aux pays africains, afin d’accélérer la numérisation de la MRI
et de la GFP sur le continent. Afin de réaliser cet objectif, la Banque peut mobiliser le
financement du secteur privé pour investir dans les pôles régionaux des TIC en fournissant
des garanties à leurs investissements. Les pays peuvent encourager leurs citoyens à installer
des magasins dans les pôles régionaux des TIC et à utiliser ces centres pour former leur
jeune population.
17
accords.
(x) Renforcer les mécanismes de lutte contre les FFI. Les pays devraient s’engager dans
des échanges diplomatiques bilatéraux et multilatéraux pour faire pression en faveur du
rapatriement des avoirs volés de leur pays. Les pays africains devraient faire pression sur la
communauté internationale et les organisations internationales pour qu’elles renforcent la
mise en application de mesures telles que l’Initiative pour le recouvrement des avoirs volés
(StAR) menée par la Banque mondiale et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le
crime (UNODC).
Notes for Policymakers
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
18 EN AFRIQUE PENDANT LA CRISE ET AU-DELÀ
Résumé à l’intention des décideurs politiques
3 Calendrier, conception
et mise en œuvre des
politiques
Les pays devraient accorder une attention particulière à la conception des politiques, à
l’établissement du programme des réformes, y compris les objectifs, les priorités et les
initiatives des réformes, ainsi qu’à l’enchaînement des politiques de mise en œuvre. Les
politiques mal conçues sont susceptibles de demeurer inefficaces et de ne pas produire
Les décideurs devraient recenser les effets multiplicateurs potentiels et les avantages
Les contextes et les priorités des pays diffèrent, tout comme les politiques visant à y
répondre. Les participants à la formation et les experts ont encouragé les gouvernements
africains à se concentrer non seulement sur les politiques budgétaires pour répondre
à une crise, mais aussi sur les politiques qui permettent de reconstruire en mieux les
19
économies, en mettant l’accent sur l’autosuffisance, l’efficacité, l’inclusion et l’équité.
iii. Le cadre TADAT aide à déterminer l’étendue et la priorité des réformes nécessaires en
matière de politique et d’administration fiscales. Le Rwanda est cité comme un bon
exemple de pays qui a entrepris des évaluations dans le cadre de TADAT et dont les
résultats montrent de bonnes performances en raison de la mise en œuvre de mesures
strictes de gestion fiscale.
iv. L’adoption de conventions fiscales contribue à réduire les flux financiers illicites. Lorsque
Résumé à l’intention des décideurs politiques
des partenaires extérieurs qui peuvent aider à fournir un soutien au renforcement des
capacités et au financement des MTRS.
vii. Il est essentiel d’accorder une priorité à la conformité fiscale volontaire, par exemple au
moyen de politiques et de mécanismes administratifs favorables aux contribuables. Cela
contribue à réduire les coûts d’administration fiscale et à alléger le fardeau fiscal des
contribuables tout en augmentant le rendement fiscal. Dans le même temps, les mesures
qui rendent coûteuse l’évasion fiscale des contribuables contrevenants contribuent à les
inciter à s’acquitter de leurs obligations tout en augmentant les recettes fiscales.
viii. Les incitations fiscales conçues pour protéger les recettes fiscales et attirer le type
d’investissement qui peut avoir une incidence positive sur une croissance durable et
équitable à long terme sont essentielles. Des réductions d’impôt ou des incitations
trop généreuses peuvent éroder les recettes publiques et entraîner des distorsions
économiques involontaires, des coûts administratifs et de la corruption.
ix. Les PPP peuvent souvent s’avérer un mécanisme efficace pour améliorer la MRI et la
prestation de services publics à long terme. Le succès d’un programme de PPP dépend
en grande partie de l’existence d’une volonté politique et des capacités techniques
pertinentes. Pour optimiser les avantages des PPP, les gouvernements doivent veiller à
ce que le processus soit fondé sur des principes de transparence, d’obligation de rendre
compte, de légitimité et de participation, en associant le pouvoir législatif, les organes de
xi. Outre l’engagement politique, les choix de politiques visant à maximiser la DRM doivent
tenir compte de la capacité d’absorption et la capacité technique de mettre en œuvre
de telles politiques. Elles doivent prévoir des instruments de mesure et de suivi des
performances permettant de s’assurer que la mise en œuvre évolue dans la bonne
xii. L’inclusion des parties prenantes pertinentes dans les chaînes de valeur de la politique
fiscale, de la conception à la mise en œuvre, au suivi des performances et à l’évaluation,
est essentielle afin de créer une large adhésion et un consensus à grande échelle, et
protéger la politique contre les changements de régime ou les revirements de politiques.
21
Notes for Policymakers
5 Conclusion
Les pays africains ont toujours du mal à mobiliser des ressources, à grande échelle,
nécessaires au financement de leurs objectifs de développement. La formation structurée
de 4 jours sur la MRI a permis d’explorer divers domaines importants de la MRI, y
compris l’économie politique de la mobilisation des ressources nationales ; les initiatives
régionales et mondiales ayant un impact sur la MRI ; les stratégies de recettes à moyen
terme ; l’automatisation et la numérisation de l’administration fiscale ; les stratégies pour
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
affaires et les partenariats public-privé pour une MRI durable ; les stratégies visant à
optimiser la mobilisation des recettes intérieures, les questions de fiscalité internationale
et l’avenir de la MRI durable en Afrique.
À court terme, les pays africains devraient renforcer l’intégrité du registre des
contribuables ; adopter et mettre en œuvre des plans d’amélioration de la conformité
fiscale ; développer des politiques fiscales qui soutiennent le secteur privé ; mobiliser des
Résumé à l’intention des décideurs politiques
À moyen terme, les pays africains devraient adopter des stratégies de recettes à moyen
terme ; numériser leurs systèmes fiscaux, simplifier la réglementation et les procédures
fiscales ; mettre en œuvre des cadres efficaces de règlement des différends fiscaux ; élargir
l’assiette fiscale pour couvrir les grands secteurs informels ; maximiser le rôle des PPP
pour combler le déficit de financement des infrastructures ; adopter des mesures fiscales
novatrices ; intensifier la lutte contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites ; renforcer
les capacités des pays à négocier des conventions fiscales qui leur seront bénéfiques et
22
À long terme, les pays africains devraient réformer les administrations fiscales et les
entreprises publiques, diversifier leurs économies pour se doter d’une assiette fiscale
plus forte, améliorer la valeur ajoutée dans les secteurs extractifs, améliorer l’échange
d’informations et adopter des conventions fiscales internationales portant sur la lutte
contre les FFI.
Les pays doivent accorder une attention particulière à la conception des politiques, à
l’enchaînement et au calendrier des activités de mise en œuvre des réformes et des
mesures visant à optimiser la collecte des recettes. La conception des politiques devrait
inclure des indicateurs clairs de reddition de comptes et des stratégies de suivi des progrès,
et devrait assurer l’engagement des parties prenantes afin de favoriser le consensus et
d’encourager l’observation volontaire des obligations fiscales, et de maximiser la MRI.
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
23 EN AFRIQUE PENDANT LA CRISE ET AU-DELÀ
Notes for Policymakers Résumé à l’intention des décideurs politiques
MOBILISATION DES RESSOURCES INTÉRIEURES
24 EN AFRIQUE PENDANT LA CRISE ET AU-DELÀ
Résumé à l’intention des décideurs politiques