Régimes d'Imposition des Entreprises
Régimes d'Imposition des Entreprises
REGIMES D’IMPOSITION
Le dispositif légal comprend quatre (4) types de régimes d’imposition adaptés à la taille des entreprises
sur la base du critère de chiffre d’affaires annuel. A chacun de ces régimes, correspondent des obligations
et des formalités particulières. Ces régimes sont les suivants :
Le Régime de l’Entreprenant.
Le Régime des Micro-Entreprises
Le Régime du Réel Simplifié ou Régime Simplifié d’Imposition
Le Régime du Réel Normal ou Régime Normal d’Imposition
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LES REGIMES D’IMPOSITION
Le chiffre d’affaires s’entend de l’ensemble des recettes et produits acquis dans le cadre de l’exercice de
l’activité, y compris toutes les sommes provenant des activités annexes et accessoires ou de la gestion de
l’actif commercial, quelle que soit leur situation fiscale au regard des taxes sur le chiffre d’affaires.
- Cette taxe est perçue par les autorités municipales de leur localité qui sont autorisées à
délibérer sur des tarifs journaliers dont elles déterminent l’assiette et la quotité,
- Cette taxe est libératoire de la contribution des patentes, des taxes communales, de la
contribution à la charge des employeurs, de l’impôt sur les traitements et salaires, à l’exclusion
des retenues à la source.
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- Un registre chronologique consignant selon l’ordre numérique les factures des ventes ou des
prestations réalisées
Tout défaut de livre et de document comptable est passible d’une amende de 50 000F CFA et celui de
production des états financiers passible d’amende de 1 000 000F CFA.
Les contribuables de la TEE sont tenus de produire leurs états financiers soumis à la procédure des visas,
en faisant ressortir les résultats sur l’ensemble de leurs établissements sous forme physique et
électronique au plus tard :
- Le 30 Juin suivant la date de clôture de l’exercice comptable pour les entreprises soumises à la
procédure de certification de leur compte par un commissaire aux comptes ;
- Le 30 mai suivant la date de clôture de l’exercice comptable pour les autres entreprises.
1- Personnes visées
Le régime des micro-entreprises (RME) concerne les contribuables dont le chiffre d’affaires annuel toutes
taxes comprises se situe entre cinquante millions (50 000 000) de francs et deux cent millions (200 000
000) de francs sans distinction de la nature de l’activité exercée.
Ainsi, avec l’entrée en vigueur de l’annexe fiscale 2021, le chiffre d’affaires requis pour être assujetti à la
taxe sur la valeur ajoutée, est désormais fixé à 200 millions de francs. Les contribuables de ce régime ne
peuvent donc pas être des assujettis à la TVA.
Toutefois, le dispositif prévoit pour les entreprises qui relèvent du régime des micro-entreprises, la
possibilité d’opter pour leur assujettissement à ladite taxe et donc au régime du réel simplifié, lorsqu’elles
réalisent un chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises d’au moins cent millions (100 000 000) de
francs.
- 4% du chiffre d’affaires pour les adhérents des centres de gestion agréés (CGA).
Le maximum de paiement d’impôt d’un contribuable relevant du RME est donc de 8 000 000 soit
200 000 000 x 4%.
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Cette option est subordonnée à la réalisation d’un chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises égal ou
supérieur à cent millions (100 000 000) de francs. L’option doit être exercée avant le 1er février de chaque
année et prend effet à compter du 1er janvier de l’année au cours de laquelle elle est exercée. Elle est
exercée par une simple lettre d’information adressée au Directeur général des Impôts avec ampliation au
service d’assiette des Impôts de rattachement du contribuable.
L’option n’est révocable qu’après trois ans et sur autorisation expresse des services de la Direction
Générale des Impôts (DGI). Les entreprises ayant exercé l’option pour le régime du bénéfice réel simplifié
acquièrent la qualité d’assujetti au régime de la taxe sur la valeur ajoutée.
En conséquence, à compter du premier jour du mois suivant celui au cours duquel l’option est exercée,
elles ont l’obligation de facturer la taxe sur la valeur ajoutée sur l’ensemble de leurs opérations de
livraison de biens ou de prestation de services. De même, ces entreprises bénéficient du droit à déduction
de la taxe ayant grevé leurs acquisitions de biens et services.
La TVA ayant grevé le coût d’acquisition des immobilisations avant l’option, ne peut donner lieu à la
constitution de crédit de départ. Les entreprises devront par conséquent procéder à l’amortissement desdits
biens ou inscrire les charges supportées pour leurs valeurs toutes taxes comprises.
- Le 30 Juin suivant la date de clôture de l’exercice comptable pour les entreprises soumises à la
procédure de certification de leur compte par un commissaire aux comptes ;
- Le 30 mai suivant la date de clôture de l’exercice comptable pour les autres entreprises.
Toutefois, il s’est avéré que les niveaux de chiffres d’affaires retenus pour la prise en compte des
contribuables dans ledit régime, n’apparaissaient plus adaptés.
Le nouveau dispositif renforce donc les conditions d’assujettissement au régime du bénéfice réel simplifié
en portant le seuil minimum de chiffre d’affaires à deux cent millions (200 000 000) et cinq cent (500 000
000) millions de francs le seuil maximum de chiffre d’affaires requis pour y relever.
Par ailleurs, le dispositif de l’article 33 de l’annexe fiscale 2021 aménage les conditions d’exigibilité de
l’impôt minimum forfaitaire (IMF) et prévoit que le montant cumulé des impôts et taxes, hors impôts de
tiers, acquitté par une entreprise relevant du régime du réel simplifié d’imposition, ne peut être inférieur au
montant maximum de l’impôt dû par une entreprise relevant du régime des micro-entreprises.
Le maximum de paiement d’impôt d’un contribuable relevant du RME est donc de 8 000 000 soit
200 000 000 x 4%.
Le régime du bénéfice réel simplifié s’applique aux personnes physiques ou morales dont le chiffre
d’affaires annuel, toutes taxes incluses, est compris entre 200 000 001 francs et 500 000 000 de francs.
Les personnes physiques ou morales dont le chiffre d’affaires s’abaisse en dessous de la
limite prévue au paragraphe ci-dessus, ne sont soumises au régime de l’impôt des Bénéfices industriels,
commerciaux et agricoles micro-entreprises, sauf option pour le régime simplifié d’imposition, que
lorsque leur chiffre d’affaires est resté inférieur à cette limite pendant trois exercices consécutifs.
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Les entreprises relevant du régime des micro-entreprises peuvent opter pour le régime du bénéfice réel
simplifié.
Cette option est subordonnée à la réalisation d’un chiffre d’affaires annuel toutes taxes comprises égal ou
supérieur à cent millions (100 000 000) de francs. L’option doit être exercée avant le 1er février de chaque
année et prend effet à compter du 1er janvier de l’année au cours de laquelle elle est exercée. Elle est
exercée par une simple lettre d’information adressée au Directeur général des Impôts avec ampliation au
service d’assiette des Impôts de rattachement du contribuable.
L’option n’est révocable qu’après trois ans et sur autorisation expresse des services de la Direction
Générale des Impôts (DGI). Les entreprises ayant exercé l’option pour le régime du bénéfice réel simplifié
acquièrent la qualité d’assujetti au régime de la taxe sur la valeur ajoutée.
En conséquence, à compter du premier jour du mois suivant celui au cours duquel l’option est exercée,
elles ont l’obligation de facturer la taxe sur la valeur ajoutée sur l’ensemble de leurs opérations de
livraison de biens ou de prestation de services. De même, ces entreprises bénéficient du droit à déduction
de la taxe ayant grevé leurs acquisitions de biens et services.
Art. 42 CGI– A compter des exercices ouverts après le 31 décembre 2002, l’impôt sur les bénéfices
industriels et commerciaux ou l’impôt minimum forfaitaire dû au titre d’un exercice est payable
spontanément en trois fractions égales au plus tard le 15 avril, le 15 juin et le 15 septembre de chaque
année qui suit la clôture de l’exercice.
L’article 33 de l’annexe fiscale 2021 aménage également le seuil d’assujettissement au régime du réel
normal en relevant ledit seuil de cent cinquante millions (150 000 000) à cinq cent millions (500 000 000)
de francs.
Ainsi, pour relever dudit régime, le contribuable devra désormais réaliser un chiffre d’affaires annuel
toutes taxes comprises supérieur à cinq cent millions (500 000 000) de francs.
- les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel, toutes taxes incluses, excède 500 000 000 de francs.
- Les entreprises dont le chiffre d’affaires s’abaisse en dessous de la limite prévue au paragraphe ci-
dessus, ne sont soumises au régime du bénéfice réel simplifié, ou le cas échéant, au régime de la taxe
d’Etat de l’Entreprenant, que lorsque leur chiffre d’affaires est resté inférieur à cette limite pendant trois
exercices consécutifs
- Le chiffre d’affaires prévu au paragraphe premier est ajusté au prorata du temps d’exploitation pour les
entreprises qui commencent ou cessent leurs activités en cours d’année.
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Les entreprises qui débutent leur activité peuvent opter dans les trente jours du commencement de leur
activité. L’option est valable de manière irrévocable pour les trois premiers exercices comptables.
1- Paiement de l’impôt
Art. 42 CGI– A compter des exercices ouverts après le 31 décembre 2002, l’impôt sur les bénéfices
industriels et commerciaux ou l’impôt minimum forfaitaire dû au titre d’un exercice est payable
spontanément en trois fractions égales au plus tard le 15 avril, le 15 juin et le 15 septembre de chaque
année qui suit la clôture de l’exercice.
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CHAPITRE II : LES DROITS D’ENREGISTREMENT
Les droits d‟enregistrement sont un ensemble de droits perçus par l‟Etat pour un certain nombre
d‟actes. L‟enregistrement est une formalité fiscale consistant à l‟analyse ou à la mention d‟un
acte juridique dans un registre spécial. Cette formalité entraine des droits à payer.
Dans le cadre de la fiscalité des entreprises, les droits d‟enregistrement sont constitués des
droits que l‟entreprise paye lors :
de la création ou de la constitution de sociétés ;
de l‟augmentation du capital social ;
de la diminution du capital social ;
de l‟amortissement du capital social ;
de la fusion ;
de la scission ;
d‟apports partiels ;
de la dissolution de société ;
de la cession de certains éléments du patrimoine de l‟entreprise.
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SECTION I :
LES DROITS DUS LORS DE LA CONSTITUTION D’UNE SOCIETE
Ce sont des apports réels de l‟associé. Ceux-ci sont rémunérés par les droits sociaux (parts
sociales, actions, etc.)
La somme de ces apports forme le capital de départ de la société.
1) Taxation des APS (article 754 du CGI)
Le paiement des droits est indivisible sauf dans certains cas où il est fractionné ou différé (cas
des droits d‟apports, cas d‟incorporation).
Les droits sont payables en principe par la partie à qui profite la transaction c'est-à-dire
l‟acheteur, le locataire etc. Mais vis-à-vis de la DGI, les parties restent solidaires au paiement
des droits.
Les notaires, les huissiers, les greffiers… sont redevables des actes de leurs rédactions.
Lorsque la liquidation fait apparaître des fractions de francs, les sommes sont arrondies au
franc le plus voisin.
Pour ce qui est du droit d‟apport ou le droit exigible sur les APS, il est exigible en
intégralité si son montant est inférieur ou égal à 25 000 000. Par contre si son montant est
supérieur à 25 000 000, il y a possibilité de recouvrement fractionné de celui-ci selon les
modalités suivantes :
- le 1er 1/3 est payé à la constitution (dans les 30 jours qui suivent la constitution)
- le 2e 1/3 est payé 1 an plus tard (dans les 30 jours qui suivent l‟échéance) sans
majoration d‟intérêt au taux légal
- le 3e 1/3 est payé 2 ans plus tard après la constitution (dans les 30 jours qui suivent
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l‟échéance) sans majoration d‟intérêt au taux légal
REMARQUES
RQ 1: La taxation prend en compte aussi bien les apports en numéraire libérés que la
fraction non libérée.
RQ2: Les apports en nature réestimés: le droit se calcule sur les valeurs ré estimées et non
sur les valeurs anciennes (au bilan).1
RQ3: Lorsque les APS excèdent 5 000 000 000, il est recommandé de calculer les DA de façon
globale. Il est interdit dans ce cas précis de faire une taxation des APS associé par associé pour
le calcul des DA. Par contre, si le montant des APS n‟excède pas 5 000 000 000, on peut
liquider les DA en calculant celui- ci par la façon globale ou associé par associé (nous aurons le
même résultat.)
RQ4 :La taxe de contribution foncière(TCF) ou la taxe de publicité foncière :
La TCF est exigible sur les immeubles bâtis et non bâtis (terrains, bâtiments). Elle est liquidée
au taux de 1,2% sur l‟immeuble en question. Cette taxe est exigible en intégralité à la
constitution.
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REMARQUE
Stocks de marchandises neuves : il faut entendre par marchandises neuves, les biens
mobiliers qui forment l‟objet direct du commerce exploité dans le fonds c'est-à-dire ceux qui
sont destinés à être vendus après ou sans transformation.
Sont qualifiées fiscalement de marchandises neuves :
- Compte 31 stocks de marchandises
- Compte 32 stocks de matières et fournitures liées
- Compte 34 stocks de produits en cours
- Compte 35 stocks de services en cours
- Compte 36 stocks de produits finis
- Compte 37 stocks de produits intermédiaires et résiduels
- Compte 38 stocks en cours de route, en consignation ou en dépôt de
marchandises, de matières et produits
Dans ce cas, les ATO seront imputés sur les éléments qui subissent les taux les plus faibles
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vers les éléments qui supportent les taux de mutation les plus élevés.
Les parties au contrat social jouissent de la liberté de définir l‟ordre d‟imputation du passif
(dette et hypothèque). Lorsqu‟elles ne satisfont pas à cette hypothèse, l‟administration
procède à l‟imputation du passif selon deux méthodes :
La taxation se fera sur la base que chaque élément de l‟actif est apporté à titre pur et simple et à
titre onéreux.
Dans ce cas, les ATO seront imputés sur les éléments qui subissent les taux les plus élevés
vers les éléments qui supportent les taux de mutation les plus faibles.
REMARQUES
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RQ 1 : Il est conseillé de liquider les DA (droit sur les APS) selon la méthode favorable au
fisc ou méthode d‟imputation sans ordre sans faire intervenir le coefficient APS.
RQ 2 : Le contribuable ne paie qu‟un seul des droits :
- si DP > DF, alors il paie le DP
- si DP < DF, alors il paye le DF
Les droits fixes (DF) ne s‟additionnent pas, c‟est le plus élevé des DF qui vient ou qu‟on porte au
total de la colonne des DF.
RQ 3 : Si dans un exercice ou un devoir, le principe de liquidation des droits de mutation
n‟est pas indiqué, alors on calcule les droits avec la méthode favorable à l‟entreprise
seulement.
RQ 4 : Dans les deux (2) principes, il est conseillé de taxer les DA de façon globale par
contre, la taxation des ATO se fait “associé par associé” sous les deux (2) principes.
NB : les entreprises ont toujours intérêt à indiquer un ordre d’imputation de leur passif.
Même en cas d’hypothèque ; il faut commencer par les éléments ayant les taux de mutation
faibles vers ceux qui ont des taux de mutation plus élevés
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SECTION II :
LES DROITS DUS LORS DES MODIFICATIONS DE STATUT
Cela se produit lorsque le capital augmente par apport en nature, en numéraire, par conversion
des créances en actions, des obligations, par conversion des comptes courants associés
(capitalisation compte courant associé), par capitalisation de la dette fournisseur…
Les droits d‟enregistrement se calculent de la même façon qu‟à la constitution, mais on doit
tenir ici compte du capital primitif pour l’application du barème dégressif.
Toutefois, la loi exonère d’IRVM cette répartition de réserves, bénéfices ou provision mais en
contrepartie l’enregistrement de l’acte est soumis au droit d’apport de 6%, sauf si ces
bénéfices, réserves ou provisions ont déjà supportés l’IBIC ou l’IGR.
En pareil cas, le 2ème alinéa de l’article 758 stipule que le droit d’apport de 6% est ramené au droit
de l’article 754 du CGI (0,3% et 0,1%). En d’autres termes, en application de l’article 758 du CGI
RQ :
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3- Pour les sociétés de personnes, il convient d’appliquer le barème dégressif (article
754 du CGI) pour l’imposition des revenus incorporés
REMARQUE 1 : « paiement des droits dus par incorporation »
Les droits exigibles lors de l’augmentation du capital par incorporation (réserves, bénéfices,
report à niveau, provisions) sont exigibles en intégralité lorsque leur montant est inférieur ou
égal à 5 000 000.
Par contre, si leur montant excède 5 000 000, il y a possibilité de paiement fractionné selon
les modalités des DA ci-dessus :
Le 1er 1/3 est versé à l‟opération (1 mois plus tard)
Le 2ème 1/3 est versé 1 an plus tard majoré des intérêts au taux légal (taux
d’escompte BCEAO).
Le 3ème 1/3 est versé 2 ans plus tard majoré des intérêts au taux légal (taux
d’escompte BCEAO).
REMARQUE 2 :
Lorsque l’incorporation de la prime d’émission se fait seule sans être associée à d‟autres
opérations ; elle est soumise à un DF de 18 000. Par contre, si l‟incorporation de la
prime d‟émission se fait avec d‟autres opérations, elle est exonérée de droit d‟enregistrement.
REMARQUE 3 :
Les actes constatant une augmentation de capital des sociétés ayant leur siège social hors
de la Côte d’Ivoire sont soumis au droit fixe de 18 000 F si les droits proportionnels sont
acquittés hors de la CI.
REMARQUE 4 : « La base de taxation à l’article 754 »
Les apports purs et simples déjà taxés sont constitués : du capital à la constitution, des
augmentations antérieures évaluées au prix d’émission (valeur nominale et prime
d‟émission).
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Au regard des droits d‟enregistrement, c’est l‟acte constatant l‟amortissement
qui est soumis à un droit fixe de 18 000 F.
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SECTION III :
LES DROITS DUS EN CAS DE FUSION, DE SCISSION ET
d’APPORTS PARTIELSD’ACTIFS
I- DEFINITIONS
2) La scission : Elle se définit comme l’opération par laquelle une société apporte
l’intégralité de son actif à deux ou plusieurs sociétés.
3) Apport partiel d’actif : C’est l’opération par laquelle une société apporte à une
autre nouvelle société ou existante, une partie de ses éléments d’actif.
Les opérations de fusion, de scission et d’apport partiel sont soumises à deux régimes :
Les opérations de fusion, de scission et d’apport partiel d’actif sont soumises à deux régimes :
Le régime du droit commun : C’est le même régime que celui qui s’applique à la
constitution des sociétés.
Le régime spécial de fusion ou régime de faveur : C’est un régime obligatoire pour la
fusion et la scission ; et optionnel pour les apports
partiels d’actifs. Le régime de faveur est accordé sous certaines conditions.
2) Liquidation des droits sous le régime spécial de fusion lors des opérations de
fusion, de scission et d’apport partiel d’actif
La loi de finance pour la gestion 2003 a abrogé (supprimé) le droit majoré et maintient le seul
droit minoré comme droit d‟apport.
Le droit minoré ou droit d‟apport est désormais perçu sur le montant net (APS) pour les
valeurs comprises entre :
- 0 et 10 000 000, un droit fixe de 18 000F
- 10 000 001 et 5 milliards au taux de 0,15%
- et au-delà de 5 milliards, on applique un taux de 0,05%.
Pour l‟application de ces taux, il faut tenir compte du capital déjà taxé au barème dégressif de la
société absorbante.
En dehors des droits minorés, il existe une contribution foncière (TCF) calculée sur les
immeubles bâtis et non bâtis (terrains, constructions,…) au taux de 0,4%.
Enfin, il existe sous le régime spécial de fusion un droit dit prise en charge du passif par la
société bénéficiaire au montant fixe de 18 000 FCFA.
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IMPOT SUR SALAIRE
Par salaire, il faut entendre le salaire de base ou salaire minimum et tous les autres avantages
payés directement ou indirectement en espèce ou en nature par l’employeur au travailleur en raison de
l’emploi de ce dernier.
Le salaire comprend donc :
le salaire proprement dit
les accessoires de salaire.
1- Le salaire catégoriel
Appelé encore salaire de base, le salaire catégoriel est le salaire minimum fixé pour la catégorie
professionnelle par le barème des salaires (catégories et échelons).
Il ne faut pas confondre salaire minimum catégoriel & le SMIG.
2- Le sursalaire
C’est la partie du salaire brut (salaire réel) payée en supplément du salaire minimum de la
catégorie, c’est à dire l’excédent de la rémunération brute versée par l’employeur sur le salaire catégoriel.
Il est en principe fixé librement par l’employeur.
1- La prime d’ancienneté
C’est une prime destinée à récompenser la stabilité et l’expérience du travailleur dans l’entreprise.
La prime d’ancienneté est calculée sur le salaire minimum catégoriel. Elle est calculée à partir de la date
d’embauche du salarié. Elle est à tout salarié qui totalise 24 mois de travail effectif dans l’entreprise. Le
taux est de 2% à partir du 25ième mois jusqu’au 36ième mois. Ce taux est majoré de 1% par année
supplémentaire jusqu'à la 25ème année incluse. Le taux de ladite prime est plafonné à 25%.
Cette prime est destinée à dédommager le travailleur recruté hors de la côte d’Ivoire (qui bénéficie
d’un contrat d’expatrié) des dépenses et risques supplémentaires auxquels il s’expose en Côte d’Ivoire.
Cette indemnité est fixée à 40% du salaire de base du contrat, généralement le salaire de base catégoriel.
La prime de fin d’année ou gratification constitue une rémunération additionnelle due en fin
d’année au salarié. Elle ne devient obligatoire que lorsque l’entreprise a commencé à la verser. Le
montant de cette rémunération ne peut être inférieur au ¾ du salaire minimum conventionnel de la
catégorie. Bien sûr, l’employeur peut payer en prime 100% et même plus si les résultats de l’entreprise le
permettent. Le travailleur engagé dans le courant de l’année, démissionnaire ou licencié a droit à une part
de cette allocation au prorata du temps de travail effectué au cours de ladite année. Ces allocations sont
imposables au même titre que les salaires et sont passibles de charges sociales.
- Les pourboires : Ils sont obligatoires et sont reversés à la caisse de la société pour être
redistribués à tout le personnel au même taux.
- Participation au bénéfice de l’entreprise : Elle dépend du travail fourni et des résultats de
l’entreprise sur des bases connues d’avance (prime d’intéressement ou au résultat).
- Prime de rendement : C’est une prime donnée pour intéresser le travailleur à la productivité ou à
l’activité et à l’économie des matières premières (utilisation rationnelle des matières).
- Prime de technicité : Elle est donnée pour l’expertise (sociétés diamantifères).
- L’indemnité du travailleur maladie : Les conditions pour que le travailleur malade voit son
contrat de travail suspendu et bénéficie d’une indemnité de maladie.
- Prime d’assiduité : Elle est allouée pour encourager les travailleurs de leur fidélité
(a) Montant à majorer de 20 000 F par appareil individuel de climatisation ou par pièce climatisée pour les installations
centrales.
(b) Montant à majorer de 30 000 F pour les logements dotés d’une piscine.
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Tableau n°2 : Domesticité (personnel de maison)
ELEMENTS MONTANT
Les avantages qui ne sont pas mentionnés sur le barème susvisé doivent être intégrés dans
l’assiette des impôts à leur montant réel. Il s’agit notamment : nourriture fournie par l’employeur, billets
d’avion pour congés et les frais de déménagement des travailleurs autres que le personnel bénéficiant du
contrat de travail d’expatrié, remboursements de frais de scolarité, frais de télécommunication etc...
REMARQUE :
L’utilisation personnelle d’une voiture de fonction n’est pas prise en compte pour la détermination
des avantages en nature.
Ces montants sont comptés pour moitié lorsque les avantages sont consentis à des travailleurs du
secteur agricole. Ces montants sont applicables à Abidjan.
Pour les autres régions, l’on retiendra l’évaluation des avantages à leur valeur réelle. Ils ne
peuvent pas bénéficier du régime de l’évaluation forfaitaire et sont intégralement imposables
Toute allocation payée par l’employeur au profit du salarié soit à lui directement ou à une société
de gardiennage est intégralement imposable.
Le barème d’évaluation des avantages en nature sur le plan social est abrogé et remplacé par le
barème des impôts. Cependant dans ce cas (au plan social) si le montant réel des avantages dépasse celui
du barème, on prend le montant réel même si l’avantage en nature en question figure dans les avantages
en nature de référence
Sont considérées comme heures supplémentaires, les heures de travail effectuées au-delà de la
journée journalière normale applicable à l’Entreprise (8h/jour et maximum 10h/jour pour les Entreprises
bénéficiant d’une dérogation permanente à l’horaire journalier de travail). Ainsi sont consignés dans le
tableau ci-dessous les différents taux de majoration selon le régime de 40H par semaine.
NB :
Les heures d’absence non justifiées sont imputées en cas d’heures supplémentaires sur les heures
rémunérées au taux le plus fort.
Le salaire réel comprend : le salaire de base, le sursalaire, la prime de rendement, la prime de
technicité, la prime de fonction, la prime de représentation et la prime de responsabilité.
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III- LES ACCESSOIRES DE SALAIRE N’AYANT PAS LA NATURE JURIDIQUE DE
SALAIRE (Les frais inhérents à la fonction)
1- L’indemnité de transport
Cette indemnité constitue une participation de l’employeur aux frais engagés par le travailleur
pour son déplacement de sa résidence à son lieu de travail. Elle n’est pas due si le travailleur habite à
proximité de son lieu de travail ou si le travailleur est transporté par l’entreprise (service de ramassage ou
véhicule de fonction).
2- La prime de salissure
Lorsque l’entreprise utilise des travailleurs à des travaux salissants (article 95 du code du travail),
une prime de salissure égale à 13 fois le SMIG horaire leur est versée mensuellement.
4- La prime d’outillage
Lorsque le travailleur fournit l’outillage nécessaire à l’accomplissement du travail, il perçoit une
prime d’outillage dont le montant mensuel est égal à 10 fois le SMIG horaire.
5- La prime de panier
La prime de panier trouve son origine dans le fait que les horaires de travail et la distance de son
lieu d’habitation à son lieu de travail amène le travailleur à se restaurer sur place. Cette prime est
compensatrice de la sujétion imposée au travailleur. Le montant de cette prime est égal à 3 fois le SMIG
horaire.
6- L’indemnité de logement
C’est une indemnité qui est destinée à couvrir les frais de logement du travailleur. Cette indemnité
n’est obligatoire que dans le cas ou le travailleur est déplacé pour exécuter un contrat de travail hors de sa
résidence habituelle.
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SECTION 2 : DETERMINATION DU SALAIRE BRUT IMPOSABLE
ET DE L’ASSIETTE SOCIALE
Les charges fiscales et les charges sociales ont pour assiettes respectives le salaire brut imposable et
l’assiette sociale.
La prime est donnée pour encourager le travailleur des efforts effectués dans le cadre de son
travail. Tandis que l’indemnité donnée constitue un remboursement de frais inhérent à la fonction. Le plus
souvent on confond prime & indemnité (Exemple : indemnité de transport et prime de transport).En
réalité les primes sont intégralement imposables, à condition que celles-ci soient utilisées
conformément à leur objet à l’exclusion de la prime de transport qui est exonérée à hauteur de 30
000F/bénéficiaire/Mois.
On a :
La prime de salissure la prime de tenue de travail
La prime de panier la prime d’outillage
Participation au bénéfice de l’entreprise prime de fonction
Prime d’assiduité prime de représentation
l’indemnité du travailleur malade prime de responsabilité
Si les primes précédentes sont intégralement imposables ce n’est pas le cas des indemnités
suivantes :
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artérielle dont ces employés sont atteints ainsi que les sommes versées aux mutuelles de santé
du personnel. (L.F.P. 2005).
f- : les dépenses que l’employeur consacre à personnes la prise en charge médicale et
paramédicale des ayant contracté le VIH/SIDA ainsi que celle correspondant aux coûts des
dialyses pour insuffisance rénale, les dépenses que l’employeur consacre à la prise en
charge médicale et paramédicale des personnes atteintes du cancer ainsi que celles afférentes
aux frais de dépistage de cette affection. Les dépenses peuvent être réalisées au moyen de
cotisation ou de subventions versées à des organisations spécialisées ou des associations
reconnues d’utilité publique et ayant exclusivement pour objet le financement de la prise en
charge médicale et paramédicale des salariés, à condition que ces organisations ou
associations emploient au moins 85% des cotisations ou subventions au financement de ces
actions.
b : Les primes d’assurance retraite & les compléments de retraite : Sont exonérées des
retenus salariales, sous la double limites de 10% de la rémunération brute imposable en
espèce et 300 000, les cotisations patronales versées par l’employeur à des organismes de
retraite complémentaire et de prévoyance sociale.
Nous avons :
indemnité de fonction
indemnité de représentation
indemnité de responsabilité
indemnité représentative de frais de déplacement
indemnité d’équipement
Ces indemnités sont exonérées à concurrence de 10% de la rémunération totale en espèce
(indemnité comprise) perçues par le contribuable. Cette limite est impérative et elle ne
doit pas être dépassée sans aucun prétexte sauf si le salarié est remboursé de ses
débours sur présentation des justifications des frais préalablement engagé par lui. Il
convient en pratique de réintégrer dans le traitement imposable la part des indemnités qui
excèdent 10% de la rémunération totale. C’est à dire :
NB1 : On entend par la rémunération totale en espèce (RE) le salaire brut à l’exclusion des
avantages en nature.
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NB2 : Le montant des 10% doit être déterminé globalement. Mais il convient de
préciser que ces indemnités spéciales ne doivent se cumuler avec des remboursements
de frais réels.
II- DETERMINATION DE L’ASSIETTE SOCIALE
Il arrive que l’assiette sociale ne corresponde pas à l’assiette fiscale. Ainsi, l’assiette
des cotisations tient compte du salaire de base ,du sursalaire et des avantages suivants : heures
fériées payées ; heures supplémentaires ; prime d’ancienneté ; prime d’assiduité ; indemnité
de nettoyage ; le 12ème de la gratification ; le 12ème de la prime de fin d’année ; le 12ème du
congé payé ; prime d’entretien ; avantages en nature ; prime de logement ; prime de
production ; prime de fidélité ; prime de pose ; prime de nuit ; prime spéciale ; prime
d’expatriation ; prime de commission ; prime de dépaysement ; prime de représentation ;
prime de récolte ; prime de bonne conduite ; prime de présence ; prime de responsabilité ;
prime de non accident ; prime de paie ; prime d’égout ; prime exceptionnelle ; prime
d’exploitation ; prime de dépannage ; prime de risque ; prime de caisse ; prime de fonction ;
prime de bilans ; arrondi du salaire ; prime de vol ; complément de retraite, primes diverses,
etc.
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1- Les impôts salariaux (retenues fiscales)
Les contribuables qui ont une charge de famille très élevée connaissent un allègement de la
charge fiscale par application des parts.
Nombre
Situation matrimoniale Enfant à charge Correctifs éventuels
de parts
Célibataire Cas général 1 part
-sans enfant Cas particulier
Divorcé ou veuf Salarié ayant :
-enfant(s) majeurs, enfants décédés
-pension de 40% au moins pour invalidité 1,5 part
de guerre ou invalidité de travail.
-pension de veuve de guerre.
Célibataire ou divorcé Avec enfant(s) à charge Cas général : pour lui-même 1,5 part
Pour chaque enfant +0,5 part
Marié Sans enfant à charge Cas général 2 parts
Cas particulier :
Femme mariée imposée distinctement du 1 part
chef de famille
Marié ou veuf Avec enfant (s) à charge Pour lui-même 2 parts
Pour chaque enfant + 0,5
Le maximum des parts ne dépasse pas 5. On parle souvent de personne à charge.
Est considéré comme personne à charge l’enfant mineur du contribuable ou l’enfant majeur
étudiant jusqu’à 27 ans ou l’enfant infirme.
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On considère également comme personne à charge à condition que cela soit reconnu par la loi
toutes personnes recueillies dans le foyer et qui répondent aux conditions d’enfant à charge.
Ces charges des familles sont prises en compte dans la notion de coefficient familial.
NB :
- L’enfant majeur infirme donne droit à une (1) part au lieu de 0,5 part.
- L’enfant mineur infirme donne droit à 0,5 part.
Personnel Personnel
LIBELLES
Local Expatrié
TRESOR
1. Contribution employeur - 9,2%
2. Contribution nationale pour le développement économique culturel et
social 1,2% 1,2%
F.D.F.P
3. Taxe d’apprentissage 0,4% 0,4%
4. Taxe pour la formation continue 1,2% 1,2%
TOTAL 2,8% 12%
En ce qui concerne la taxe pour la formation continue, l’employeur paie pendant l’exercice la
moitié de l’impôt soit (0,6%) et conserve l’autre moitié soit 0,6% pour la formation continue
du personnel. Une régularisation étant faite en fin d’année.
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La base retenue par la contribution employeur est celle retenue pour le calcul des impôts sur
salaire sans abattement (SBIF).
NB : Les impôts sur salaires sont prélevés à la source par l’employeur qui les reverse au trésor
en même temps qu’il acquitte la contribution employeur.
La cotisation pour la couverture des risques d’accident de travail dont le taux est planché à
2% et le taux est plafonné à 5%. Quant à l’assiette dudit impôt elle est plafonnée à 75 000 par
employé et par mois. Ainsi les taux d’accident de travail varient pour certaines activités :
- 2% pour les bureaucrates
- 3% pour les entreprises de nettoyage, entreprises commerciales et de production.
- 4% pour les garages
- 5% pour le transport, entreprise de travaux publics, certaines entreprises de production
ou le risque du travail est très élevé.
Cette charge est liquidée au taux de 7,7% du salaire brut imposable social. L’assiette de ladite
charge est plafonnée à 45 fois le SMIG
(Soit 45 x SMIG = 45 x 75 000 =3 375 000) par mois et par employé.
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