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Chapitre 7

Le document présente un cours sur l'optique physique et les lasers, détaillant les principes de base du laser, y compris la définition, les mécanismes d'émission, d'absorption et de pompage. Il explique également l'importance de l'inversion de population et du rôle de la cavité résonante dans le fonctionnement des lasers. Enfin, il aborde les conditions nécessaires pour obtenir une amplification lumineuse et les systèmes spectroscopiques adaptés à la création de lasers.

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Chapitre 7

Le document présente un cours sur l'optique physique et les lasers, détaillant les principes de base du laser, y compris la définition, les mécanismes d'émission, d'absorption et de pompage. Il explique également l'importance de l'inversion de population et du rôle de la cavité résonante dans le fonctionnement des lasers. Enfin, il aborde les conditions nécessaires pour obtenir une amplification lumineuse et les systèmes spectroscopiques adaptés à la création de lasers.

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Université Sultan Moulay Slimane

Ecole Nationale des Sciences Appliquées


Béni Mellal

Année Universitaire : 2021/2022

Optique physique et lasers

• Filière : API – 2ème année – S4


• Elément : 2AP-M11 / Optique physique et lasers
• Présenté par : Pr. Soukaina ESSAGHIR

Optique physique et lasers 11


Plan de cours
Plan du cours
 Chapitre I : Généralités sur les phénomènes de propagation.

 Chapitre II : Solution de l’équation de propagation.

 Chapitre III : Propriétés des ondes optiques.

 Chapitre IV : Phénomènes d’interférence : non localisés et localisés,


applications.

 Chapitre V : Diffraction : principe d’Huygens Fresnel.

 Chapitre VI : Polarisation : description des états de polarisation,


polariseurs.

 Chapitre VII : Bases physiques des lasers.

 Chapitre VIII : Types et technologies des lasers.

Optique physique et lasers 2


Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
I . Les principes de base du laser
LASER signifie Light Amplification by Stimulated Emission Radiation

1958 : Richard Townes et Arthur


Schawlow posent les bases
théoriques du laser.

1960 : invention du premier


laser par Theodore Maiman.

Le laser est une des inventions


le plus marquantes du vingtième Figure: T. Maiman avec son laser à rubis.
siècle avec l’informatique et Décédé en 2007, il a été nominé à deux
internet. reprises pour le Nobel qu’il n’obtiendra
finalement pas.
c Matteis / LookatSciences
3
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
1. Définition
Un laser se définit par 2 éléments fondamentaux :

 Un milieu amplificateur : celui-ci peut être de différents types (gaz, plasma, solide voire liquide). Dans
ce milieu, on trouve des atomes, molécules, ions ou électrons dont les niveaux d‘énergie sont utilisés
pour accroitre la puissance d'une onde lumineuse au cours de sa propagation. Le principe physique mis
en jeu est l‘émission stimulée.

 Un système d'excitation du milieu amplificateur (aussi appelé système de pompage) : il permet de


créer les conditions d'une amplification lumineuse en apportant l‘énergie nécessaire au milieu. Le
système de pompage peut être de différente nature : pompage optique (le soleil, lampes flash, lampes
à arc continues ou lampes à filament de tungstene, diodes laser ou autres lasers ...), électrique
(décharges dans des tubes de gaz, courant électrique dans des semi-conducteurs ...) ou même
chimique.

4
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
2. Description
Un laser est un oscillateur optique qui comporte trois éléments :

 un milieu actif amplificateur (gaz, liquide ou solide) ;


 Une cavité résonante (de type Fabry-Pérot) ;
 Un système de pompage permettant de réaliser une inversion de population au sein du milieu actif
(excitation extérieure demandant beaucoup d’énergie : excitation électrique ou radiative)

Figure 1: Exemple : Le laser à rubis


5
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Le fonctionnement du laser repose sur le phénomène d’émission stimulée.
Le concept d’émission stimulée fut introduit par A Einstein en 1917 pour expliquer le rayonnement du corps noir.
L’émission stimulée est un des trois modes d’interaction lumière-matière avec l’absorption et l’émission
spontanée.
3. Les mécanismes mis en jeu : émission, absorption, pompage
L‘émission stimulée est à la base de l'amplification lumineuse et donc au cœur même du fonctionnement d'un
laser. Pour la comprendre, il faut la replacer dans le contexte des interactions entre la lumière et la matière. La
matière considérée ici est composée d‘éléments optiquement actifs placés en "solution" dans un milieu tels
un gaz, un plasma, un liquide ou un solide. Ce peut être des atomes, des ions, des molécules, des radicaux ou
des électrons (pour simplifier, nous choisissons "atomes" dans la suite). Leur niveaux d‘énergie sont quantifies
et sont tels qu'une lumière d'une fréquence particulière va pouvoir interagir avec la population qui se trouve
sur les niveaux. Pour être plus précis, considérons deux niveaux d'énergie E1 et E2 (E1 < E2) dont la population
va pouvoir interagir avec une lumière de fréquence hν = E2 − E1 . L'ensemble E2 − E1 est appelé transition
radiative si le passage des atomes de E1 à E2 (ou de E2 à E1) ne peut se faire que par interaction avec la
lumière. Le niveau d'énergie E1 est appelé le niveau du bas et celui d‘énergie E2, le niveau du haut. 6
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
3.1 L’absorption
Considérons un système d’atomes à deux niveaux d’énergie E1 (niveau fondamental) et E2 (niveau excité).
Envoyons des photons de fréquence ν vérifiant :

Il y a une probabilité qu’un photon soit absorbé faisant passer un atome de l’état d’énergie E1 vers l’état
d’énergie E2 . La probabilité de la transition est proportionnelle au nombre n de photons.

Absorption :
Un atome du niveau du bas peut
monter dans le niveau du haut
par effet d'absorption d'un
photon de fréquence hν .
7
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
3.2 Emission spontanée

L’état excité n’est pas stable ; il possède une faible durée de vie (de l’ordre de 10-8 s). En l’absence de photons,
l’atome se désexcite spontanément en émettant un photon dans une direction aléatoire avec une phase et un
état de polarisation aléatoire.

La probabilité par unité de temps de la transition est constante.

NB : Il existe des niveaux excités de grande durée de vie (de l’ordre de la ms) qui sont dit métastables. Dans ce
cas, la désexcitation est souvent d’origine non radiative (collisions).
8
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
3.3 Emission stimulée

En présence de photons de fréquence ν , la désexcitation peut être induite par un photon. On parle d’émission
stimulée.

Dans ce cas, le photon produit par la désexcitation possède les mêmes propriétés que le photon incident.

La probabilité par unité de temps de ce phénomène est proportionnelle au nombre de photons.

9
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

3.4 Les compétitions entre les 3 mécanismes

Pour une transition radiative, les trois mécanismes sont toujours présents en même temps. Pour faire un milieu
laser, il faut donc trouver des conditions qui permettent de privilégier l‘émission stimulée au détriment de
l'absorption et de l‘émission spontanée. Il y a donc une nécessite de sélectionner dans la nature les milieux qui
pourront effectivement servir en tant que milieux laser. Il faudra également veiller à mettre le milieu dans de
bonnes conditions pour que l'effet laser ait lieu :

 Un photon incident d‘énergie hν a autant de chance d‘être absorbé par un atome du niveau du bas que
d‘être duplique (ou amplifie!) par interaction avec un atome du niveau du haut. L'absorption et l‘émission
stimulée sont vraiment deux processus réciproques soumis aux mêmes probabilités. Pour favoriser
l‘émission stimulée au détriment de l'absorption, la solution est de jouer sur les populations des niveaux :
il faut s'arranger pour avoir plus d'atomes sur le niveau du haut que sur le niveau du bas.

 L‘émission spontanée a tendance de vider naturellement le niveau du haut. Il faut donc trouver un moyen
de vider le niveau du haut plus vite par émission stimulée que par émission spontanée. Or il se trouve que
l'émission stimulée est d'autant plus probable que le milieu est éclairé avec un grand nombre de photons
semblables. L'astuce va donc consister à éclairer fortement le milieu, un bon moyen pour cela est le
confinement des photons dans une cavité.
10
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Comment amplifier la lumière ?

Pour produire des photons identiques il faut que l’émission stimulée soit prépondérante devant l’absorption
et l’émission spontanée, ce qui donne deux conditions :

 N2 >> N1 : il faut procéder à une inversion de population.


 Bn >> A : il faut un suffisamment de photons d’où l’intérêt d’une cavité optique.

11
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
4. Inversion de population
Avoir une population plus élevée dans le niveau du haut (N2) que dans le niveau du bas (N1) n'est pas une
situation d‘équilibre. En effet, à l‘équilibre thermodynamique, la répartition des populations sur les niveaux est
donnée par la loi de Boltzmann :

Dans ce cas, N2 est toujours inferieure a N1. Il faut donc créer une situation hors équilibre en apportant de
l‘énergie au système des atomes via un “pompage” dont l'objectif est d'amener suffisamment d'atomes sur le
niveau du haut.

Définition
On parle alors d'inversion de population que l'on appelle ΔN= N2 - N1. Il y aura amplification de lumière si
l'inversion de population est positive. Le pompage pourra se faire par voie électrique, optique ou chimique.
Ainsi le rapport de population des niveaux 1 et 2 vaut :

Conclusion
Il ne peut donc y avoir amplification dans un système à l’équilibre. 12
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
5. Pompage optique

Procédé inventé par le physicien français Alfred Kastler.


But : "inverser les populations" par un apport d’énergie extérieure d’origine optique, électrique voire chimique.

Figure 2: Inversion de populations dans un système à trois niveaux.

13
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
6. Rôle de la cavité résonante
Grâce à l’émission stimulée et à l’inversion de population il est possible de réaliser un amplificateur de
lumière.

Cependant un laser est un oscillateur optique. Pour transformer un amplificateur en oscillateur il faut une
boucle de rétroaction (cf. électricité). le système peut se mettre à auto-osciller en "démarrant" sur les petites
fluctuations du système.

Dans le laser, c’est l’émission spontanée qui jouera le rôle du "bruit" et la cavité optique celui de la boucle de
rétroaction.

14
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Stabilité de la cavité :

15
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Divergence du faisceau laser

Le faisceau laser est un faisceau gaussien qui sort avec une divergence liée à la taille du col (waist en anglais)
du faisceau dans la cavité.

16
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Modes longitudinaux :
Du fait des interférences, la cavité ne transmet que certaines fréquences.
Il y a interférences constructives quand :

Les modes longitudinaux sont espacé du même Intervalle Spectral Libre.


17
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
 Conditions d’oscillation laser :

G(ν) représente le gain en intensité après un aller-retour.


Pour une cavité optique formée d’un miroir parfait et
d’un autre de facteur de réflexion R, la condition
d’oscillation laser est donnée par :
GR>1
Si un seul mode vérifie cette condition, le laser sera
monomode, sinon multimode.

18
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Finesse F d’un mode :

Les modes laser ont une largeur spectrale très


fine d’où une grande cohérence spectrale
(longueur de cohérence l = c/δν).

19
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
7. Les systèmes spectroscopiques qui "marchent" pour faire un laser

Tous les atomes, ions, molécules, avec leurs différents niveaux d‘énergie ne peuvent pas forcement donner lieu
à une inversion de population et à un effet laser. Il faut d'abord sélectionner des transitions qui sont purement
radiatives (passage des atomes entre les niveaux uniquement par interaction avec la lumière). Les transitions
non radiatives sont évidemment à éviter. Il existe également des transitions qui présentent une part radiative et
une part non radiative. Dans ce cas, le niveau du haut se vide non seulement par émission spontanée mais
également par effet non radiatif. Ceci entraine une difficulté supplémentaire pour arriver à faire une inversion
de population car il est difficile de stocker des atomes sur le niveau du haut dans ces conditions. Les transitions
de ce type sont également à éviter.

Figure 3 : Transition laser avec niveau du bas loin du fondamental. La population à l'équilibre thermodynamique est donnée
20
par la loi de Boltzmann.
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Il faut ensuite sélectionner des "atomes" présentant un ensemble de niveaux dont la position relative n'est pas
quelconque dans l'objectif de réaliser une inversion de population. Par exemple, en choisissant un niveau du bas
avec une énergie supérieure au niveau fondamental, on peut limiter fortement le peuplement N1, voire même
l'annuler complètement (figure 3). Dans ce cas, il suffit d'apporter un atome dans le niveau du haut pour que
l'inversion de population existe.

Il faut également être capable d'apporter efficacement les atomes dans le niveau du haut grâce à un pompage.

Quelque soit la nature du pompage (optique ou électrique en particulier), celui-ci correspond à une certaine
énergie qui doit pouvoir être transférée aux atomes du milieu. Il faut donc trouver un niveau excité tel que la
différence d‘énergie avec le niveau fondamental correspond à cette énergie de pompage. Dans le cas d'un
pompage optique, on peut montrer qu'il faut un minimum de trois niveaux pour réaliser une inversion de
population. La figure 4 donne l'exemple d'un tel système. On y distingue la transition dite de pompage (entre E1
et E3 ) et la transition laser (entre E1 et E2). L'objectif est de stocker les atomes dans le niveau E2 via le pompage
par absorption d'un rayonnement dit "de pompe" dont la longueur d'onde est inferieure à la longueur d'onde de
la transition laser. Pour cela, il faut que le niveau 3 se vide rapidement vers le niveau 2, et uniquement vers celui-
là. Cette condition limite le choix des systèmes qui fonctionnent.

21
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
La figure 4 présente également un cycle idéal pour un atome : il monte dans le niveau 3 par absorption d'un
photon issu de la lumière de pompe. Il descend ensuite dans le niveau 2 très rapidement. Il se désexcite enfin par
émission stimulée vers le niveau 1.

Figure 4 : Exemple d'un système à trois niveaux avec un pompage


optique
Malgré sa simplicité, ce système n'est pas forcement facile à mettre en œuvre car le niveau du bas de la transition
laser est très fortement peuplé à l‘équilibre thermodynamique. Afin de réaliser une inversion de population, il
faut déjà commencer par vider le niveau fondamental de la moitie de ses atomes et les mettre dans le niveau 2. Il
faut pour cela que le niveau 2 soit capable de stocker les atomes, et donc que l‘émission spontanée ne soit pas
très probable : ceci est une condition sur le choix du système. Il faut également une énergie de pompage
importante. Le premier laser qui ait jamais fonctionne dans le domaine optique était un laser de ce type : le laser
à rubis met en effet en jeu 3 niveaux. La formule du rubis est.
Un des milieux les plus connus fonctionnant sur ce schéma est le rubis : Cr3+:Al2O3.
22
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Un autre exemple de système pouvant donner lieu à un effet laser est le système à 4 niveaux (figure 5). Cette
fois, la transition de pompe (pompage optique) et la transition laser se font sur un couple de niveaux distincts
(E0 - E3 pour la pompe et E2 - E1 pour le laser). On choisit un système dont le niveau E1 est suffisamment loin du
niveau fondamental E0 pour que le peuplement thermique à l‘équilibre thermodynamique soit négligeable.
Le système est également choisit de tel sorte que les atomes ne restent ni sur le niveau 3, ni sur le niveau 1. La
figure 5 présente un cycle idéal de fonctionnement pour un atome. Contrairement au cas précèdent, dés qu'un
atome atteint le niveau 2, l'inversion de population est positive et le milieu devient amplificateur. Pour maintenir
l'inversion de population, il faut éviter que les atomes ne s'accumulent dans le niveau 1. C'est pour cela que le
système doit être choisi de telle sorte que la désexcitation du niveau 1 vers le niveau 0 soit rapide.
Un des milieux les plus connus fonctionnant sur ce schéma est le néodyme YAG (Nd3+:Y3Al5O12).

23
Figure 5 : Exemple d'un système à quatre niveaux avec un pompage optique
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
8. Le rôle de la cavité

La partie précédente montre comment favoriser une inversion de population en choisissant bien le système et les
niveaux d‘énergie. Cependant, avoir une inversion de population positive n'est pas suffisant pour générer un effet
laser. En effet, il ne faut pas oublier que les mécanismes d‘émission stimulée et d‘émission spontanée sont en
compétition. Ainsi, avant d‘être un milieu amplificateur de lumière, un milieu laser pompe par une source
d‘énergie extérieure est d'abord une “lampe” (émission spontanée). C'est la cavité qui va créer les conditions
favorables pour que l‘émission stimulée devienne prédominante par rapport l‘émission spontanée.
La cavité ou résonateur optique est composée de miroirs qui permettent à la lumière de passer de nombreuses fois
dans le milieu amplificateur. On peut trouver deux types de cavités (figure 7) : des cavités dites “linéaires” (la
lumière fait des allers et retour) ou des cavités en anneau (la lumière fait des tours). On suppose dans la suite une
cavité linéaire.

24
Figure 6 : Les deux types de cavité
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Au démarrage du laser, la “lampe-milieu amplificateur” émet spontanément dans toutes les directions.
Cependant, il existe une petite partie de l‘émission qui se trouve dans l'axe de la cavité laser. Ces photons spontanés
peuvent donc y faire des allers et retours. Au fur et à mesure, le milieu amplificateur va jouer son rôle et la quantité
de lumière présente dans la cavité va augmenter de façon considérable. Le confinement de la lumière va ainsi
accroitre la probabilité d‘émission stimulée, au détriment de l‘émission spontanée. En parallèle, la cavité va jouer le
rôle de filtre à cause des multiples allers et retours : seule l'onde parfaitement perpendiculaire à l'axe de la cavité
pourra se propager et certaines fréquences seront privilégiées (fréquences de résonance de la cavité). Ainsi, la
cavité donne au rayonnement laser ses propriétés si particulières (directivité, finesse spectrale).
Au bout de plusieurs dizaines de milliers d'allers et retours (en général), la quantité de photons générée dans l'axe
de la cavité par émission stimulée va être égale à celle qui est perdue (en particulier via le miroir de sortie). Il va
donc y avoir un état stationnaire pour lequel un rayonnement (dit rayonnement laser) sort de façon continue par le
miroir de sortie. On dit alors que le laser oscille : c'est à dire que le laser émet en continu un rayonnement
majoritairement issu de l‘émission stimulée filtré par la cavité.
8.1. Qualité spatiale du faisceau laser en sortie

La cavité laser est d'abord un filtre spatial sélectionnant uniquement les rayons lumineux qui sont très proches de
l'axe de la cavité : les autres sont perdus à cause de l‘éloignement progressif de l'axe et de la dimension finie des
miroirs (figure 7).

25
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Figure 7 : Comportement d'un rayon incliné par rapport à l'axe dans


une cavité linéaire.

On constate qu'un laser fonctionnant à l‘état stationnaire produit une onde lumineuse dont la structure spatiale ne
varie pas dans le temps, et ce, malgré les nombreux allers et retours dans la cavité. Dans ce cas la cavité laser doit
forcement admettre une onde lumineuse capable de se propager dans la cavité en revenant identique à elle-même
en chaque point de la cavité après un aller et retour. Cette onde peut exister sous certaines conditions, c'est en
général une onde dite “gaussienne”, dont la répartition d‘éclairement a une forme gaussienne dans un plan
perpendiculaire à l'axe de propagation. Physiquement, l'onde gaussienne concentre la lumière sur l'axe de la cavité.
Une onde gaussienne qui se propage dans l'espace ressemble à un pinceau de lumière : on parle de faisceau
gaussien. En mettant un carton ou un détecteur dans un plan perpendiculaire à l'axe de propagation de l'onde (en
sortie du laser), on peut mesurer son éclairement en tout point (c'est à dire le nombre de photons par seconde
passant par unité de surface). Cet éclairement a une forme gaussienne dans ce plan (figure 8).
26
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Figure 8 : Allure d'une onde gaussienne : répartition de l'éclairement dans un plan


perpendiculaire à la direction de propagation.
On peut définir dans ce plan une certaine extension spatiale de l'onde lumineuse. Le rayon du faisceau dans ce
plan est par définition la distance entre l'axe optique et l'endroit ou l‘éclairement est divise par 1/e2 par rapport
au maximum d‘éclairement de l'onde. On l'appelle w.
Une onde gaussienne se propage d'une façon un peu particulière qui ne ressemble pas tout à fait à une
propagation au sens de l'optique géométrique. Elle admet une taille minimale w0 en un plan particulier (cet
endroit est appelé le col du faisceau ou waist en anglais) (figure 9). Puis très loin du col, elle diverge “en ligne
droite” avec un angle de divergence θ. Ces deux grandeurs sont liées par la relation suivante :
27
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Pour un laser hélium-néon par exemple, le rayon du faisceau dans le plan du col est de 1mm environ. Ceci
correspond à une divergence très faible de 0,2mrad. Il est impossible d'avoir de telles propriétés avec de la
lumière issue de lampes
classiques.

Figure 9 : Allure du rayon de l'onde en fonction de la position (z étant


l'axe de propagation).
Conclusion
Pour résumer, parmi tous les photons spontanés émis au départ par la “lampe-milieu amplificateur”, la cavité
sélectionne un pinceau de lumière particulier (une onde gaussienne) et le nombre de photons portés par ce
pinceau est rendu considérable par le processus d‘émission stimulée existant à chaque aller et retour. Ce faisceau
peut avoir une divergence très faible. Il peut également être focalisé sur des surfaces très petites moyennant des
28
optiques adaptées.
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
8.2. Spectre d'un oscillateur laser
La cavité a également un rôle de filtre sur le spectre émis par le laser. Une cavité linéaire est en fait un
interféromètre de Fabry Pérot. Seules des ondes de certaines fréquences peuvent s'y propager. Ces fréquences
sont telles que ν = kc/2L ou k est un entier , c la vitesse de la lumière dans le vide et L la longueur optique de la
cavité (supposée ici linéaire). Pour des fréquences optiques, l'entier k est très grand et peut atteindre plusieurs
dizaines de milliers pour une cavité de quelques centimètres. Les ondes qui se propagent dans la cavité laser avec
ces fréquences particulières sont appelées les modes longitudinaux de la cavité.

Figure 10 : Allure du spectre émis par le laser par rapport au spectre


d'émission spontanée de la transition laser
Conclusion
Pour résumer, la cavité est capable de filtrer l‘émission spontanée sous la forme de fréquences discrètes (les modes
longitudinaux de la cavité). Lorsqu'on arrive à sélectionner un seul mode longitudinal, le rayonnement laser à une
qualité spectrale inégalable : un nombre considérable de photons est émis dans une bande spectrale très étroite
29
qui peut être de l'ordre du Hz !
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
8.3. Conditions sur la cavité

a) Introduction
Les deux parties précédentes montrent que le rayonnement laser est finalement un “concentre de lumière”
spatial et spectral et que la cavité y est pour beaucoup. Il y a cependant certaines conditions a respecter pour
qu'un laser puisse effectivement fonctionner. On trouve une condition sur le gain et les pertes de la cavité et une
condition sur la fréquence qui peut se reporter sur la longueur de la cavité.

b) Condition sur le gain


On peut définir le gain effectif d'un milieu amplificateur par le rapport entre la puissance de sortie Ps sur la
puissance d‘entrée Pe : G = Ps/Pe.
Ces deux puissances (exprimées en watt ou en photons par seconde) étant portées par le faisceau laser avant et après le
passage du milieu amplificateur (figure 13).

Figure 13 : Puissance en entrée et en sortie du milieu amplificateur.


30
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

On peut également définir les coefficients de réflexion (en puissance optique) des miroirs de la cavité :R1 et R2. On
suppose qu'il n'y a pas d'autres pertes que les réflexions sur les miroirs (figure 14).
Lorsque le laser fonctionne en continu, il émet une puissance de sortie constante indépendante du fait que les
photons circulant dans la cavité augmentent en nombre au passage du milieu amplificateur puis diminuent lors de
la réflexion sur les miroirs. Ainsi, lorsque le laser fonctionne en continu, un aller et retour dans la cavité ne modifie
pas la puissance portée par le faisceau laser (le nombre de photons gagnes est égal au nombre de photons
perdus).
En appelant P la puissance du laser juste avant le miroir M1.
La puissance après un aller et retour peut s‘écrire : PAR= G+R2G-R1P.
G+ et G- étant les gains effectifs dans le sens "+" et le sens "-". Le sens "+" correspond par définition a la direction
du faisceau laser en sortie. Le sens "-" est l'autre direction.
Il est nécessaire de différencier les gains effectifs selon le sens de propagation de l'onde car celui-ci dépend de la
puissance incidente qui n'est pas la même dans un sens ou dans l'autre (les coefficients de réflexion sur les miroirs
ont des valeurs différentes)

Figure 14 : Milieu amplificateur mis en cavité : effet des miroirs et du 31


gain sur l'onde laser.
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Lorsque le laser émet en continu, on a P=PAR. Le produit G+G- qui représente le gain sur un aller et retour doit donc
vérifier : G+G- =1/(R1R2).

 Si G+G- <1/R1R2, le laser ne peut pas osciller.


 Si G+G- >1/R1R2, la puissance dans la cavité augmente à chaque tour.

L'augmentation n'est pas infinie car le nombre d'atomes du niveau du haut étant donné par le pompage, le
nombre de photons stimulés est fini.
Ainsi, supposons le nombre maximal de photons qu'il est possible de récupérer de façon stimulée par seconde soit
égal à N. Le gain effectif peut s‘ écrire : G=(Pe+N)/Pe ou Pe est la puissance juste avant le milieu amplificateur (en
nombre de photons par seconde). Si Pe augmente, le gain effectif diminue et tend vers l‘unité. On appelle ce
phénomène la saturation du gain. Ainsi, lorsque la puissance dans la cavité augmente de façon importante, le
produit G+G- diminue et fini par se stabiliser à la valeur G+G- =1/(R1R2).

Conclusion
Les miroirs de la cavité doivent donc être choisis de telle sorte que le gain par aller et retour G+G- soit supérieur a
1/R1R2 : on dit aussi que le gain doit être supérieur aux pertes de la cavité (représentées par les transmissions des
miroirs).
32
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
c) Condition sur la fréquence

Les fréquences pouvant exister dans la cavité s‘écrivent ν = kc/2L . Il faut également qu'elles se trouvent dans la
bande de gain du milieu amplificateur. Le produit G+G- a en effet une certaine largeur spectrale donnée par la
physique du milieu amplificateur (par exemple, cette largeur est de l'ordre de 1 GHz pour un laser hélium-néon). La
condition sur le gain peut donc se traduire par une certaine plage spectrale Δν dans laquelle les fréquences vont
pouvoir mener à une oscillation. On peut donc traduire les conditions sur le gain et sur la fréquence au niveau d'un
même graphe (figure 15).

Figure 15 : Conditions sur le gain et la fréquence (dans le cas montré ici, deux
fréquences sont susceptibles d'osciller dans le
laser). 33
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Dans le peigne de fréquences imposées par la cavité, seules celles qui vérifient la condition sur le gain ont une
chance de mener à une oscillation laser. Les autres ne peuvent pas exister. En général, la plage spectrale Δν est plus
grande que c/2L. Ainsi, l'ensemble des fréquences qui peuvent osciller peut être assez grand (quelques dizaines à
quelques centaines de fréquences) : le nombre dépend de la largeur de la plage spectrale Δν par rapport à
l'intervalle spectral impose par la cavité Fabry Pérot (c/2L).
Cependant, dans certains cas, la plage spectrale Δν est plus petite que c/2L (figure 16). Ce cas arrive lorsque le
milieu amplificateur émet dans une bande très fine (par exemple avec des lasers CO2) ou alors lorsque la cavité est
très petite (par exemple avec des micro-lasers dont la cavité a une longueur inferieur au millimètre). Il peut alors
arriver qu'aucune fréquence ne soit capable d'osciller. Dans ce cas, il faut ajuster la longueur de la cavité pour
permettre à une fréquence de se trouver dans la bande d'amplification.

Figure 16 : Cas extrême où la plage spectrale


vérifiant la condition sur le gain est plus petite que
l'intervalle spectral c/2L.

34
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
9. Exemples d’utilisation
 Les lasers à solide

Dans les lasers à solides, on distingue les lasers à semi-conducteur (ou diodes laser) pompées électriquement, des
solides à matrice cristalline ou vitreuse, pompes optiquement.

a) Les diodes laser

Les diodes lasers utilisent les recombinaisons entre les paires "électron-trou" existant dans les semi-conducteurs
pour émettre de la lumière sous forme d‘émission stimulée. Le pompage est électrique avec un rendement qui
peut atteindre 60%. Selon les matériaux choisis (GaN, GaAlInP, AlGaAs,...) les longueurs d'onde peuvent couvrir
du proche UV à l'infrarouge proche.
Ce sont les lasers les plus compacts (la cavité utilise les faces clives du semi conducteur et mesure à peine 1mm
de longueur) et les plus efficaces qui existent. La puissance peut maintenant atteindre plusieurs kilowatts en
associant des centaines de diodes lasers et en les combinant dans une même fibre optique. Les seuls défauts des
diodes laser sont la mauvaise qualité spatiale du faisceau émis et l'impossibilité de fonctionner en régime
déclenche (à cause d'un débit d‘émission spontanée trop important).

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

a) Les diodes laser

 Milieu amplificateur : jonction semi-conductrice.


 Pompage électrique.
 Très faible encombrement.
Divergence importante.
 Les plus vendus.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Les lasers à solide

Les autres lasers à solide vont pouvoir pallier les défauts des diodes lasers.

Ils utilisent des matrices non conductrices du courant et ne peuvent donc pas être pompés électriquement. Ils
sont pompés optiquement par des diodes lasers ou par des lampes à arc (flash). Les matrices sont dopées avec
des ions dont on utilise les transitions pour réaliser l'effet laser (Nd3+, Yb3+, Er3+, Ti3+...).
Les lasers à solide émettent en général dans le rouge et l'infrarouge proche. On notera en particulier la longueur
d'onde du Nd3+:YAG (Y3Al5O12) qui est un grenat d'aluminium et d'yttrium émettant principalement à 1064
nm. Suivant l'ion et la matrice utilisés, les bandes d‘émissions peuvent être étroites ou larges. Le record
appartenant au saphir dopé au titane (Ti3+:Al2O3), pouvant émettre entre 700 nm et 1100 nm.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Les lasers à solide


Milieu amplificateur : pierres précieuses
dopées (grenat, rubis, saphir).
Pompage : lampe flash ou diode laser.
gain important, lasers puissants.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Les lasers à gaz


Les lasers à gaz ont pour point commun de partager la même source de pompage : l‘électricité. Les espèces
gazeuses sont portées dans l‘état excité de façon directe par collision avec des électrons ou de façon indirecte par
collision avec d'autres gaz, eux-mêmes excites électriquement.
Les lasers à gaz couvrent presque tout le spectre optique, depuis l'ultraviolet jusqu‘à l'infrarouge lointain.
Cependant, le spectre n'est pas couvert continument : les lasers à gaz émettent des raies très fines spectralment.

 Milieu amplificateur : gaz ou mélange gazeux.


 Pompage par décharge électrique.
 Gain faible d’où la nécessité de miroirs quasi-
parfaits (R > 99; 5%).

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Les lasers à gaz

Les lasers à CO2 sont les seuls a être vraiment efficaces (rendement de 15 % à 25 %). Ils sont utilisés dans
l'industrie pour le traitement des matériaux. Quand aux autres, le rendement est largement inferieur a 1%.
Les lasers à gaz sont souvent des lasers encombrants et nécessitant un refroidissement par eau important
(quasiment toute l‘énergie apportée par le pompage part en chaleur). Même si les lasers à gaz dans le
visible (Argon, Hélium Néon) tendent à être remplacés par des lasers à solides, les lasers a excimères et les
lasers CO2 restent très utilises (traitement des matériaux au sens large).

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

 Les lasers à colorant

Les lasers à colorant utilisent des molécules organiques émettant en général dans le visible (d‘où leur nom de
colorant). Ces molécules sont diluées dans un solvant (en général alcoolique, comme l'ethylène glycol ou le
méthanol).
Le pompage des lasers à colorant est optique : soit par des lampes à arc, soit, dans la majorité des cas par
d'autres lasers (lasers à gaz ou laser à solide).

Le spectre couvert est l'intégralité du visible. En effet, les colorants sont des molécules organiques complexes
qui possèdent une multitude de niveaux d‘énergie. Les niveaux sont tellement serres qu'on parle plutôt de
bande d‘énergie. Une molécule de colorant couvre en général continument une région du visible de l'ordre
d'une cinquantaine de nanomètres. Les lasers à colorant sont les seuls lasers à couvrir entièrement le spectre
visible.
Malgré ces propriétés intéressantes, les lasers à colorant sont peu utilisés car leur mise en œuvre est lourde :
pour éviter de détruire les molécules à cause du pompage, le colorant circule dans la zone de pompage à
partir d'un réservoir. De plus, le mélange colorant + solvant se dégrade dans le temps et doit être changé
régulièrement.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

II. Applications

Les applications sont nombreuses :

 Télémétrie ;
 Lecture numérique (codes barres, lecteur CD, DVD blue ray) ;
 Refroidissement laser, métrologie ;
 Usinage laser dans l’industrie ;
 Transport de l’information à haut débit ;
 Domaine de la santé : Ophtalmologie, dermatologie, cancérologie ;
 Imprimante laser ;
 Femtochimie ...

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
1. Télémétrie

Télémétrie : mesure de distance par un procédé optique, acoustique ou radio.


Propriété utilisée : faible divergence, grande directivité.
Méthode du temps de vol : un laser pulsé envoie une série d’impulsions très brèves sur une cible situé à la
distance L. Le faisceau rétrodiffusé est détecté par une photodiode disposée à côté du laser. On déduit L du retard
Δt = 2L/c
Application dans le bâtiment, l’armement ou en physique fondamentale...

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Exemple : mesure de la distance Terre-Lune

Laser YAG à impulsions de 300 ps.

10 impulsions/s.

Collimation par télescope de 1,54 m de diamètre.

Diamètre de la tâche sur la lune environ 10 km.

Précision de l’horloge atomique 7 ps.


Précision relative sur la distance : 1/1011
Accès aux effets relativistes ((v/c)2  10-10)

Figure: réflecteur lunaire

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
2. Lecture CD et DVD

Description
Les premiers disques ont été inventés en 1982 par Sony et Philips. il s’agit d’une galette de 12 cm de diamètre sur
laquelle est gravée un sillon qui forme une spirale. Ce sillon, qui fait près de 5 km de long, est constitué de creux
dont la profondeur est de l’ordre du dixième de micron.
CD vu de dessus

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Le disque est constitué d’un polymère (polycarbonate) pourvu de creux et de bosses, recouvert d’une couche
métallique réfléchissante puis d’une feuille protectrice. Un laser focalisé sur la piste est réfléchi par la couche
métallique. En balayant la piste, le laser visite des creux et des bosses ce qui module l’intensité réfléchie.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Principe de lecture laser

 Lorsque le faisceau laser arrive sur un plat, une grande partie du faisceau est réfléchie (90%).

 Lorsque le faisceau rencontre un changement de relief, la lumière réfléchie comporte deux ondes déphasés.
La profondeur des creux est telle que le décalage optique introduit vaut /2 : les ondes sont alors en
opposition de phase et interfèrent de façon destructive : la lumière recueillie présente une intensité faible.

 Lorsque le laser balaye la piste, l’intensité est modulée et transformée en un signal électrique binaire.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Figure: Principe de lecture CD

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Capacité de Stockage

La capacité de stockage mesure le nombre de données binaires que le disque peut contenir. Il se mesure en bit ou
en octet :

1 octet = 8 bit et 1 Ko = 1024 octet…

La tache de focalisation est limitée par la diffraction. Son diamètre est de l’ordre    ce qui correspond à une aire
A0 ≈ 2. Si A désigne la surface effective où sont stockées les données, la capacité maximale de stockage est
donnée par :

Par exemple :

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Ainsi, pour améliorer le stockage on cherche en général à diminuer  et à augmenter la surface effective.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
3. Refroidissement laser
Impulsion de recul
Envoyons un faisceau laser de fréquence ν sur un atome au repos présentant une raie d’absorption de fréquence ν0.

Chaque photon transporte une quantité de mouvement

Si ν = ν0, la probabilité d’absorption est maximale : l’atome reçoit alors une quantité de mouvement (impulsion de
recul).

Le photon absorbé est ensuite réémis (émission spontanée) dans une direction aléatoire et le processus
recommence.

Au maximum le processus se répète tous les 2τ (durée de vie de l’état excitée) d’où une force maximale :

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Ralentissement Doppler

Objectif : Freiner des atomes quelle que soit leur vitesse.

 On envoi deux lasers de fréquence ν < ν0 de sorte qu’un atome immobile ne ressent aucune force et reste
donc immobile.
 Si l’atome se rapproche d’un laser il absorbe préférentiellement un photon du laser vers lequel il se
rapproche de sorte qu’il est toujours freiné.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Refroidissement Doppler

 Diminuer l’énergie cinétique d’un gaz c’est le refroidir :

 Il existe une limite Doppler τ = 3.10-8

 La limite Doppler a été dépassée et le record actuel est de 450 pK.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers

Intérêt du refroidissement laser

Gain de précision des horloges atomiques

 Définition de la seconde : La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation
correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133
au repos.
 La précision des horloges atomiques est inversement proportionnelle à la vitesse des atomes de Césium
que l’on sonde.

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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Interférométrie atomique
 Dualité onde-corpuscule : loi de De Broglie

 Pour un gaz d’atome dans une mélasse optique on a :

Figure: Expérience des fentes d’Young avec des atomes

Parce que les atomes ont une masse, les nouveaux « interféromètres atomiques » sont remarquablement
sensibles aux effets de la force de gravitation ou des forces d’inertie. 55
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Questions de cours

1. Donner l‘écart en fréquence entre deux modes longitudinaux dans une cavité linéaire dont la longueur optique
est L=300mm.

2. On considère un niveau du bas situé à une énergie égale à 200 cm-1 du niveau fondamental. Il n'y a pas d'autre
niveau à proximité. Donner la fraction de population qui se trouve dans ce niveau par rapport à la population
du niveau fondamental, pour une température de 300K. On rappelle que la constante de Boltzmann vaut :
1,38.10-23JK-1
On donne également le passage de l'unité en cm-1 à l‘unité en joules : E(J)=100 hcE(cm-1)
avec h la constante de Planck : h=6,62 10-34Js et c la vitesse de la lumière dans le vide : c=3.108ms-1.

1. Le milieu amplificateur hélium néon possède une bande spectrale d'amplification de Δν =1GHz à 633nm. On
suppose que le profil spectral est rectangulaire pour simplifier. La cavité linéaire du laser a une longueur de
30cm. Donner le nombre de modes longitudinaux qui peuvent osciller dans cette cavité.

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