Chapitre 7
Chapitre 7
Un milieu amplificateur : celui-ci peut être de différents types (gaz, plasma, solide voire liquide). Dans
ce milieu, on trouve des atomes, molécules, ions ou électrons dont les niveaux d‘énergie sont utilisés
pour accroitre la puissance d'une onde lumineuse au cours de sa propagation. Le principe physique mis
en jeu est l‘émission stimulée.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
2. Description
Un laser est un oscillateur optique qui comporte trois éléments :
Il y a une probabilité qu’un photon soit absorbé faisant passer un atome de l’état d’énergie E1 vers l’état
d’énergie E2 . La probabilité de la transition est proportionnelle au nombre n de photons.
Absorption :
Un atome du niveau du bas peut
monter dans le niveau du haut
par effet d'absorption d'un
photon de fréquence hν .
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
3.2 Emission spontanée
L’état excité n’est pas stable ; il possède une faible durée de vie (de l’ordre de 10-8 s). En l’absence de photons,
l’atome se désexcite spontanément en émettant un photon dans une direction aléatoire avec une phase et un
état de polarisation aléatoire.
NB : Il existe des niveaux excités de grande durée de vie (de l’ordre de la ms) qui sont dit métastables. Dans ce
cas, la désexcitation est souvent d’origine non radiative (collisions).
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
3.3 Emission stimulée
En présence de photons de fréquence ν , la désexcitation peut être induite par un photon. On parle d’émission
stimulée.
Dans ce cas, le photon produit par la désexcitation possède les mêmes propriétés que le photon incident.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Pour une transition radiative, les trois mécanismes sont toujours présents en même temps. Pour faire un milieu
laser, il faut donc trouver des conditions qui permettent de privilégier l‘émission stimulée au détriment de
l'absorption et de l‘émission spontanée. Il y a donc une nécessite de sélectionner dans la nature les milieux qui
pourront effectivement servir en tant que milieux laser. Il faudra également veiller à mettre le milieu dans de
bonnes conditions pour que l'effet laser ait lieu :
Un photon incident d‘énergie hν a autant de chance d‘être absorbé par un atome du niveau du bas que
d‘être duplique (ou amplifie!) par interaction avec un atome du niveau du haut. L'absorption et l‘émission
stimulée sont vraiment deux processus réciproques soumis aux mêmes probabilités. Pour favoriser
l‘émission stimulée au détriment de l'absorption, la solution est de jouer sur les populations des niveaux :
il faut s'arranger pour avoir plus d'atomes sur le niveau du haut que sur le niveau du bas.
L‘émission spontanée a tendance de vider naturellement le niveau du haut. Il faut donc trouver un moyen
de vider le niveau du haut plus vite par émission stimulée que par émission spontanée. Or il se trouve que
l'émission stimulée est d'autant plus probable que le milieu est éclairé avec un grand nombre de photons
semblables. L'astuce va donc consister à éclairer fortement le milieu, un bon moyen pour cela est le
confinement des photons dans une cavité.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Pour produire des photons identiques il faut que l’émission stimulée soit prépondérante devant l’absorption
et l’émission spontanée, ce qui donne deux conditions :
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
4. Inversion de population
Avoir une population plus élevée dans le niveau du haut (N2) que dans le niveau du bas (N1) n'est pas une
situation d‘équilibre. En effet, à l‘équilibre thermodynamique, la répartition des populations sur les niveaux est
donnée par la loi de Boltzmann :
Dans ce cas, N2 est toujours inferieure a N1. Il faut donc créer une situation hors équilibre en apportant de
l‘énergie au système des atomes via un “pompage” dont l'objectif est d'amener suffisamment d'atomes sur le
niveau du haut.
Définition
On parle alors d'inversion de population que l'on appelle ΔN= N2 - N1. Il y aura amplification de lumière si
l'inversion de population est positive. Le pompage pourra se faire par voie électrique, optique ou chimique.
Ainsi le rapport de population des niveaux 1 et 2 vaut :
Conclusion
Il ne peut donc y avoir amplification dans un système à l’équilibre. 12
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
5. Pompage optique
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
6. Rôle de la cavité résonante
Grâce à l’émission stimulée et à l’inversion de population il est possible de réaliser un amplificateur de
lumière.
Cependant un laser est un oscillateur optique. Pour transformer un amplificateur en oscillateur il faut une
boucle de rétroaction (cf. électricité). le système peut se mettre à auto-osciller en "démarrant" sur les petites
fluctuations du système.
Dans le laser, c’est l’émission spontanée qui jouera le rôle du "bruit" et la cavité optique celui de la boucle de
rétroaction.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Stabilité de la cavité :
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Le faisceau laser est un faisceau gaussien qui sort avec une divergence liée à la taille du col (waist en anglais)
du faisceau dans la cavité.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Modes longitudinaux :
Du fait des interférences, la cavité ne transmet que certaines fréquences.
Il y a interférences constructives quand :
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Finesse F d’un mode :
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
7. Les systèmes spectroscopiques qui "marchent" pour faire un laser
Tous les atomes, ions, molécules, avec leurs différents niveaux d‘énergie ne peuvent pas forcement donner lieu
à une inversion de population et à un effet laser. Il faut d'abord sélectionner des transitions qui sont purement
radiatives (passage des atomes entre les niveaux uniquement par interaction avec la lumière). Les transitions
non radiatives sont évidemment à éviter. Il existe également des transitions qui présentent une part radiative et
une part non radiative. Dans ce cas, le niveau du haut se vide non seulement par émission spontanée mais
également par effet non radiatif. Ceci entraine une difficulté supplémentaire pour arriver à faire une inversion
de population car il est difficile de stocker des atomes sur le niveau du haut dans ces conditions. Les transitions
de ce type sont également à éviter.
Figure 3 : Transition laser avec niveau du bas loin du fondamental. La population à l'équilibre thermodynamique est donnée
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par la loi de Boltzmann.
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Il faut ensuite sélectionner des "atomes" présentant un ensemble de niveaux dont la position relative n'est pas
quelconque dans l'objectif de réaliser une inversion de population. Par exemple, en choisissant un niveau du bas
avec une énergie supérieure au niveau fondamental, on peut limiter fortement le peuplement N1, voire même
l'annuler complètement (figure 3). Dans ce cas, il suffit d'apporter un atome dans le niveau du haut pour que
l'inversion de population existe.
Il faut également être capable d'apporter efficacement les atomes dans le niveau du haut grâce à un pompage.
Quelque soit la nature du pompage (optique ou électrique en particulier), celui-ci correspond à une certaine
énergie qui doit pouvoir être transférée aux atomes du milieu. Il faut donc trouver un niveau excité tel que la
différence d‘énergie avec le niveau fondamental correspond à cette énergie de pompage. Dans le cas d'un
pompage optique, on peut montrer qu'il faut un minimum de trois niveaux pour réaliser une inversion de
population. La figure 4 donne l'exemple d'un tel système. On y distingue la transition dite de pompage (entre E1
et E3 ) et la transition laser (entre E1 et E2). L'objectif est de stocker les atomes dans le niveau E2 via le pompage
par absorption d'un rayonnement dit "de pompe" dont la longueur d'onde est inferieure à la longueur d'onde de
la transition laser. Pour cela, il faut que le niveau 3 se vide rapidement vers le niveau 2, et uniquement vers celui-
là. Cette condition limite le choix des systèmes qui fonctionnent.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
La figure 4 présente également un cycle idéal pour un atome : il monte dans le niveau 3 par absorption d'un
photon issu de la lumière de pompe. Il descend ensuite dans le niveau 2 très rapidement. Il se désexcite enfin par
émission stimulée vers le niveau 1.
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Figure 5 : Exemple d'un système à quatre niveaux avec un pompage optique
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
8. Le rôle de la cavité
La partie précédente montre comment favoriser une inversion de population en choisissant bien le système et les
niveaux d‘énergie. Cependant, avoir une inversion de population positive n'est pas suffisant pour générer un effet
laser. En effet, il ne faut pas oublier que les mécanismes d‘émission stimulée et d‘émission spontanée sont en
compétition. Ainsi, avant d‘être un milieu amplificateur de lumière, un milieu laser pompe par une source
d‘énergie extérieure est d'abord une “lampe” (émission spontanée). C'est la cavité qui va créer les conditions
favorables pour que l‘émission stimulée devienne prédominante par rapport l‘émission spontanée.
La cavité ou résonateur optique est composée de miroirs qui permettent à la lumière de passer de nombreuses fois
dans le milieu amplificateur. On peut trouver deux types de cavités (figure 7) : des cavités dites “linéaires” (la
lumière fait des allers et retour) ou des cavités en anneau (la lumière fait des tours). On suppose dans la suite une
cavité linéaire.
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Figure 6 : Les deux types de cavité
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Au démarrage du laser, la “lampe-milieu amplificateur” émet spontanément dans toutes les directions.
Cependant, il existe une petite partie de l‘émission qui se trouve dans l'axe de la cavité laser. Ces photons spontanés
peuvent donc y faire des allers et retours. Au fur et à mesure, le milieu amplificateur va jouer son rôle et la quantité
de lumière présente dans la cavité va augmenter de façon considérable. Le confinement de la lumière va ainsi
accroitre la probabilité d‘émission stimulée, au détriment de l‘émission spontanée. En parallèle, la cavité va jouer le
rôle de filtre à cause des multiples allers et retours : seule l'onde parfaitement perpendiculaire à l'axe de la cavité
pourra se propager et certaines fréquences seront privilégiées (fréquences de résonance de la cavité). Ainsi, la
cavité donne au rayonnement laser ses propriétés si particulières (directivité, finesse spectrale).
Au bout de plusieurs dizaines de milliers d'allers et retours (en général), la quantité de photons générée dans l'axe
de la cavité par émission stimulée va être égale à celle qui est perdue (en particulier via le miroir de sortie). Il va
donc y avoir un état stationnaire pour lequel un rayonnement (dit rayonnement laser) sort de façon continue par le
miroir de sortie. On dit alors que le laser oscille : c'est à dire que le laser émet en continu un rayonnement
majoritairement issu de l‘émission stimulée filtré par la cavité.
8.1. Qualité spatiale du faisceau laser en sortie
La cavité laser est d'abord un filtre spatial sélectionnant uniquement les rayons lumineux qui sont très proches de
l'axe de la cavité : les autres sont perdus à cause de l‘éloignement progressif de l'axe et de la dimension finie des
miroirs (figure 7).
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
On constate qu'un laser fonctionnant à l‘état stationnaire produit une onde lumineuse dont la structure spatiale ne
varie pas dans le temps, et ce, malgré les nombreux allers et retours dans la cavité. Dans ce cas la cavité laser doit
forcement admettre une onde lumineuse capable de se propager dans la cavité en revenant identique à elle-même
en chaque point de la cavité après un aller et retour. Cette onde peut exister sous certaines conditions, c'est en
général une onde dite “gaussienne”, dont la répartition d‘éclairement a une forme gaussienne dans un plan
perpendiculaire à l'axe de propagation. Physiquement, l'onde gaussienne concentre la lumière sur l'axe de la cavité.
Une onde gaussienne qui se propage dans l'espace ressemble à un pinceau de lumière : on parle de faisceau
gaussien. En mettant un carton ou un détecteur dans un plan perpendiculaire à l'axe de propagation de l'onde (en
sortie du laser), on peut mesurer son éclairement en tout point (c'est à dire le nombre de photons par seconde
passant par unité de surface). Cet éclairement a une forme gaussienne dans ce plan (figure 8).
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Pour un laser hélium-néon par exemple, le rayon du faisceau dans le plan du col est de 1mm environ. Ceci
correspond à une divergence très faible de 0,2mrad. Il est impossible d'avoir de telles propriétés avec de la
lumière issue de lampes
classiques.
a) Introduction
Les deux parties précédentes montrent que le rayonnement laser est finalement un “concentre de lumière”
spatial et spectral et que la cavité y est pour beaucoup. Il y a cependant certaines conditions a respecter pour
qu'un laser puisse effectivement fonctionner. On trouve une condition sur le gain et les pertes de la cavité et une
condition sur la fréquence qui peut se reporter sur la longueur de la cavité.
On peut également définir les coefficients de réflexion (en puissance optique) des miroirs de la cavité :R1 et R2. On
suppose qu'il n'y a pas d'autres pertes que les réflexions sur les miroirs (figure 14).
Lorsque le laser fonctionne en continu, il émet une puissance de sortie constante indépendante du fait que les
photons circulant dans la cavité augmentent en nombre au passage du milieu amplificateur puis diminuent lors de
la réflexion sur les miroirs. Ainsi, lorsque le laser fonctionne en continu, un aller et retour dans la cavité ne modifie
pas la puissance portée par le faisceau laser (le nombre de photons gagnes est égal au nombre de photons
perdus).
En appelant P la puissance du laser juste avant le miroir M1.
La puissance après un aller et retour peut s‘écrire : PAR= G+R2G-R1P.
G+ et G- étant les gains effectifs dans le sens "+" et le sens "-". Le sens "+" correspond par définition a la direction
du faisceau laser en sortie. Le sens "-" est l'autre direction.
Il est nécessaire de différencier les gains effectifs selon le sens de propagation de l'onde car celui-ci dépend de la
puissance incidente qui n'est pas la même dans un sens ou dans l'autre (les coefficients de réflexion sur les miroirs
ont des valeurs différentes)
L'augmentation n'est pas infinie car le nombre d'atomes du niveau du haut étant donné par le pompage, le
nombre de photons stimulés est fini.
Ainsi, supposons le nombre maximal de photons qu'il est possible de récupérer de façon stimulée par seconde soit
égal à N. Le gain effectif peut s‘ écrire : G=(Pe+N)/Pe ou Pe est la puissance juste avant le milieu amplificateur (en
nombre de photons par seconde). Si Pe augmente, le gain effectif diminue et tend vers l‘unité. On appelle ce
phénomène la saturation du gain. Ainsi, lorsque la puissance dans la cavité augmente de façon importante, le
produit G+G- diminue et fini par se stabiliser à la valeur G+G- =1/(R1R2).
Conclusion
Les miroirs de la cavité doivent donc être choisis de telle sorte que le gain par aller et retour G+G- soit supérieur a
1/R1R2 : on dit aussi que le gain doit être supérieur aux pertes de la cavité (représentées par les transmissions des
miroirs).
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
c) Condition sur la fréquence
Les fréquences pouvant exister dans la cavité s‘écrivent ν = kc/2L . Il faut également qu'elles se trouvent dans la
bande de gain du milieu amplificateur. Le produit G+G- a en effet une certaine largeur spectrale donnée par la
physique du milieu amplificateur (par exemple, cette largeur est de l'ordre de 1 GHz pour un laser hélium-néon). La
condition sur le gain peut donc se traduire par une certaine plage spectrale Δν dans laquelle les fréquences vont
pouvoir mener à une oscillation. On peut donc traduire les conditions sur le gain et sur la fréquence au niveau d'un
même graphe (figure 15).
Figure 15 : Conditions sur le gain et la fréquence (dans le cas montré ici, deux
fréquences sont susceptibles d'osciller dans le
laser). 33
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Dans le peigne de fréquences imposées par la cavité, seules celles qui vérifient la condition sur le gain ont une
chance de mener à une oscillation laser. Les autres ne peuvent pas exister. En général, la plage spectrale Δν est plus
grande que c/2L. Ainsi, l'ensemble des fréquences qui peuvent osciller peut être assez grand (quelques dizaines à
quelques centaines de fréquences) : le nombre dépend de la largeur de la plage spectrale Δν par rapport à
l'intervalle spectral impose par la cavité Fabry Pérot (c/2L).
Cependant, dans certains cas, la plage spectrale Δν est plus petite que c/2L (figure 16). Ce cas arrive lorsque le
milieu amplificateur émet dans une bande très fine (par exemple avec des lasers CO2) ou alors lorsque la cavité est
très petite (par exemple avec des micro-lasers dont la cavité a une longueur inferieur au millimètre). Il peut alors
arriver qu'aucune fréquence ne soit capable d'osciller. Dans ce cas, il faut ajuster la longueur de la cavité pour
permettre à une fréquence de se trouver dans la bande d'amplification.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
9. Exemples d’utilisation
Les lasers à solide
Dans les lasers à solides, on distingue les lasers à semi-conducteur (ou diodes laser) pompées électriquement, des
solides à matrice cristalline ou vitreuse, pompes optiquement.
Les diodes lasers utilisent les recombinaisons entre les paires "électron-trou" existant dans les semi-conducteurs
pour émettre de la lumière sous forme d‘émission stimulée. Le pompage est électrique avec un rendement qui
peut atteindre 60%. Selon les matériaux choisis (GaN, GaAlInP, AlGaAs,...) les longueurs d'onde peuvent couvrir
du proche UV à l'infrarouge proche.
Ce sont les lasers les plus compacts (la cavité utilise les faces clives du semi conducteur et mesure à peine 1mm
de longueur) et les plus efficaces qui existent. La puissance peut maintenant atteindre plusieurs kilowatts en
associant des centaines de diodes lasers et en les combinant dans une même fibre optique. Les seuls défauts des
diodes laser sont la mauvaise qualité spatiale du faisceau émis et l'impossibilité de fonctionner en régime
déclenche (à cause d'un débit d‘émission spontanée trop important).
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Les autres lasers à solide vont pouvoir pallier les défauts des diodes lasers.
Ils utilisent des matrices non conductrices du courant et ne peuvent donc pas être pompés électriquement. Ils
sont pompés optiquement par des diodes lasers ou par des lampes à arc (flash). Les matrices sont dopées avec
des ions dont on utilise les transitions pour réaliser l'effet laser (Nd3+, Yb3+, Er3+, Ti3+...).
Les lasers à solide émettent en général dans le rouge et l'infrarouge proche. On notera en particulier la longueur
d'onde du Nd3+:YAG (Y3Al5O12) qui est un grenat d'aluminium et d'yttrium émettant principalement à 1064
nm. Suivant l'ion et la matrice utilisés, les bandes d‘émissions peuvent être étroites ou larges. Le record
appartenant au saphir dopé au titane (Ti3+:Al2O3), pouvant émettre entre 700 nm et 1100 nm.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Les lasers à CO2 sont les seuls a être vraiment efficaces (rendement de 15 % à 25 %). Ils sont utilisés dans
l'industrie pour le traitement des matériaux. Quand aux autres, le rendement est largement inferieur a 1%.
Les lasers à gaz sont souvent des lasers encombrants et nécessitant un refroidissement par eau important
(quasiment toute l‘énergie apportée par le pompage part en chaleur). Même si les lasers à gaz dans le
visible (Argon, Hélium Néon) tendent à être remplacés par des lasers à solides, les lasers a excimères et les
lasers CO2 restent très utilises (traitement des matériaux au sens large).
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Les lasers à colorant utilisent des molécules organiques émettant en général dans le visible (d‘où leur nom de
colorant). Ces molécules sont diluées dans un solvant (en général alcoolique, comme l'ethylène glycol ou le
méthanol).
Le pompage des lasers à colorant est optique : soit par des lampes à arc, soit, dans la majorité des cas par
d'autres lasers (lasers à gaz ou laser à solide).
Le spectre couvert est l'intégralité du visible. En effet, les colorants sont des molécules organiques complexes
qui possèdent une multitude de niveaux d‘énergie. Les niveaux sont tellement serres qu'on parle plutôt de
bande d‘énergie. Une molécule de colorant couvre en général continument une région du visible de l'ordre
d'une cinquantaine de nanomètres. Les lasers à colorant sont les seuls lasers à couvrir entièrement le spectre
visible.
Malgré ces propriétés intéressantes, les lasers à colorant sont peu utilisés car leur mise en œuvre est lourde :
pour éviter de détruire les molécules à cause du pompage, le colorant circule dans la zone de pompage à
partir d'un réservoir. De plus, le mélange colorant + solvant se dégrade dans le temps et doit être changé
régulièrement.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
II. Applications
Télémétrie ;
Lecture numérique (codes barres, lecteur CD, DVD blue ray) ;
Refroidissement laser, métrologie ;
Usinage laser dans l’industrie ;
Transport de l’information à haut débit ;
Domaine de la santé : Ophtalmologie, dermatologie, cancérologie ;
Imprimante laser ;
Femtochimie ...
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
1. Télémétrie
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
10 impulsions/s.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
2. Lecture CD et DVD
Description
Les premiers disques ont été inventés en 1982 par Sony et Philips. il s’agit d’une galette de 12 cm de diamètre sur
laquelle est gravée un sillon qui forme une spirale. Ce sillon, qui fait près de 5 km de long, est constitué de creux
dont la profondeur est de l’ordre du dixième de micron.
CD vu de dessus
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Le disque est constitué d’un polymère (polycarbonate) pourvu de creux et de bosses, recouvert d’une couche
métallique réfléchissante puis d’une feuille protectrice. Un laser focalisé sur la piste est réfléchi par la couche
métallique. En balayant la piste, le laser visite des creux et des bosses ce qui module l’intensité réfléchie.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Lorsque le faisceau laser arrive sur un plat, une grande partie du faisceau est réfléchie (90%).
Lorsque le faisceau rencontre un changement de relief, la lumière réfléchie comporte deux ondes déphasés.
La profondeur des creux est telle que le décalage optique introduit vaut /2 : les ondes sont alors en
opposition de phase et interfèrent de façon destructive : la lumière recueillie présente une intensité faible.
Lorsque le laser balaye la piste, l’intensité est modulée et transformée en un signal électrique binaire.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Capacité de Stockage
La capacité de stockage mesure le nombre de données binaires que le disque peut contenir. Il se mesure en bit ou
en octet :
La tache de focalisation est limitée par la diffraction. Son diamètre est de l’ordre ce qui correspond à une aire
A0 ≈ 2. Si A désigne la surface effective où sont stockées les données, la capacité maximale de stockage est
donnée par :
Par exemple :
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Ainsi, pour améliorer le stockage on cherche en général à diminuer et à augmenter la surface effective.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
3. Refroidissement laser
Impulsion de recul
Envoyons un faisceau laser de fréquence ν sur un atome au repos présentant une raie d’absorption de fréquence ν0.
Si ν = ν0, la probabilité d’absorption est maximale : l’atome reçoit alors une quantité de mouvement (impulsion de
recul).
Le photon absorbé est ensuite réémis (émission spontanée) dans une direction aléatoire et le processus
recommence.
Au maximum le processus se répète tous les 2τ (durée de vie de l’état excitée) d’où une force maximale :
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Ralentissement Doppler
On envoi deux lasers de fréquence ν < ν0 de sorte qu’un atome immobile ne ressent aucune force et reste
donc immobile.
Si l’atome se rapproche d’un laser il absorbe préférentiellement un photon du laser vers lequel il se
rapproche de sorte qu’il est toujours freiné.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Refroidissement Doppler
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Définition de la seconde : La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation
correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133
au repos.
La précision des horloges atomiques est inversement proportionnelle à la vitesse des atomes de Césium
que l’on sonde.
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Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Interférométrie atomique
Dualité onde-corpuscule : loi de De Broglie
Parce que les atomes ont une masse, les nouveaux « interféromètres atomiques » sont remarquablement
sensibles aux effets de la force de gravitation ou des forces d’inertie. 55
Chapitre IV : Introduction au Laser Optique physique et lasers
Questions de cours
1. Donner l‘écart en fréquence entre deux modes longitudinaux dans une cavité linéaire dont la longueur optique
est L=300mm.
2. On considère un niveau du bas situé à une énergie égale à 200 cm-1 du niveau fondamental. Il n'y a pas d'autre
niveau à proximité. Donner la fraction de population qui se trouve dans ce niveau par rapport à la population
du niveau fondamental, pour une température de 300K. On rappelle que la constante de Boltzmann vaut :
1,38.10-23JK-1
On donne également le passage de l'unité en cm-1 à l‘unité en joules : E(J)=100 hcE(cm-1)
avec h la constante de Planck : h=6,62 10-34Js et c la vitesse de la lumière dans le vide : c=3.108ms-1.
1. Le milieu amplificateur hélium néon possède une bande spectrale d'amplification de Δν =1GHz à 633nm. On
suppose que le profil spectral est rectangulaire pour simplifier. La cavité linéaire du laser a une longueur de
30cm. Donner le nombre de modes longitudinaux qui peuvent osciller dans cette cavité.
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