0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
185 vues19 pages

Sciences Administratives

La science administrative est une branche des sciences sociales qui étudie la structure et les activités des organes de l'État et des collectivités publiques, en lien étroit avec le droit administratif. Elle se concentre sur l'administration publique, ses fonctions, et la distinction entre administration et service public, tout en soulignant l'importance de la continuité du service public et des rôles respectifs des autorités administratives. L'administration d'État est organisée entre le président de la république et le premier ministre, avec des services centraux et déconcentrés pour mettre en œuvre les politiques publiques.

Transféré par

bbbnk2n6xt
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
185 vues19 pages

Sciences Administratives

La science administrative est une branche des sciences sociales qui étudie la structure et les activités des organes de l'État et des collectivités publiques, en lien étroit avec le droit administratif. Elle se concentre sur l'administration publique, ses fonctions, et la distinction entre administration et service public, tout en soulignant l'importance de la continuité du service public et des rôles respectifs des autorités administratives. L'administration d'État est organisée entre le président de la république et le premier ministre, avec des services centraux et déconcentrés pour mettre en œuvre les politiques publiques.

Transféré par

bbbnk2n6xt
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Science administrative

Introduction générale

La science administrative peut être définie comme la branche des sciences


sociales qui tend à décrire et à expliquer la structure et les activités des
organes qui sous l’autorité du pouvoir politique constitue l’appareil de l’État
et des collectivités publiques.
En d’autres termes la science administrative est l'étude de la société dans son
aspect administratif, elle est comptée parmi les branches de la science
politique.
Elle peut aussi être considérée comme les sciences sociales appliquées à
l’administration, l’histoire de l’administration, la sociologie administrative, le
droit administratif, l’administration comparée et même l’économie publique.
Elle procède parfois à l’image de la sociologie des organisations d’analyse
institutionnelle, d’organisation, du discours administratif et des politiques
publiques.
Il existe des relations étroites entre le droit administratif et la science
administrative.
De même que toute réglementation juridique doit, pour être adéquate tenir
compte de la réalité et des exigences de son objet, les spécialistes du droit
administratif doivent prendre en compte les problèmes et les besoins de la
réalité administrative.
Cela bien entendu non seulement lors de l’élaboration des textes mais aussi
pour les solutions doctrinales et jurisprudentielles qui tiennent dans les
domaines administratifs une place prépondérante par suite du dépôt de
codification.
De son côté la science administrative doit prendre en considération les règles
juridiques régissant l’administration y compris le droit administratif comme
l’un des facteurs décisifs de la vie administrative.
Car celle-ci se déroule dans un cadre juridique lui impartissant tant des
impulsions que des restrictions, soit dans l’intérêt général soit pour la
protection des administrés.
En un mot la rationalité et l’efficacité de l’administration qui sont les buts
ultimes de la science administrative doit nécessairement être assortie de la
légitimité juridique.
De ce fait, le droit constitue l’un des facteurs prédominants de la vie
administrative. Par conséquent toute étude de la science administrative est
obligée de réserver une place importante au problème juridique concernant
l’administration et cela ne doit pas se limiter à une simple prise de
connaissance des solutions juridiques, il faut en pénétrer l’essence et la
raison d’être afin d’une part d’avoir une idée exacte de leurs portées et de
leurs valeurs d’autres parts d’aider.
D’autres part d’aider les excès et les inconvénients. De son côté l’étude de
droit administratif doit elle aussi chercher à pénétrer l’essence de la réalité
administrative ainsi que des ses problèmes afin de pouvoir améliorer pour
ses solutions juridiques ses chances d’être adéquates.
Par conséquent la relation entre le droit administratif et la science
administrative est celle d’une coopération et d'interpénétration mutuelle.

Chapitre I : L’administration publique

I.​ Définition de l’administration


Le mot administration peut revêtir 2 sens différents.
Si on s’attache à la fonction de l’administration ( définition fonctionnelle ) le
mot désigne l’ensemble des activités dont le but est de répondre aux besoins
d’intérêts général de la population ( ordre public, bonne marche des services
publics… ) tels qu’ils sont définis à un moment donné par l’opinion publique et
les pouvoirs publics.
Mais si on s’attache à son organisation ( définition organique ) il désigne
l’ensemble des personnes morales ( État, collectivités territoriales,
établissements publics ) et physiques ( fonctionnaires contractuels… ) qui
accomplissent ces activités.
Il existe là encore 2 approches :
-​ une conception large
Qui considère que les organismes privés chargés d’une action administrative
font partie de l’administration et
-​ une conception restreinte qui les exclut.
Afin de mener à bien ces activités l’administration dispose de moyens
propres :
-​ les prérogatives de puissance publique
Il s’agit de pouvoirs de commandement que ne détiennent pas les personnes
privées, qui permettent à l’administration d’imposer sa volonté et qui leurs
sont transmis par le pouvoir exécutif dont elle dépend.
Ainsi par exemple lorsque l’administration prend une décision à l’encontre
d’un administré elle peut sous certaines conditions la faire exécuter
d’elle-même sans en demander la permission au juge à la différence d’un
particulier. C’est le privilège de l’exécution d’office.
L’administration est soumise pour la plupart de ses activités à un droit
spécial appelé le droit administratif. Toutefois le droit privé s’applique pour
certaines de ses activités définies par la loi.
II.​ Les différences entre l’administration et la fonction publique
L’administration a pour objectif essentiel de satisfaire l’intérêt général et la
fonction publique est l’un des moyens dont elle dispose pour y parvenir.
L’administration assure des services considérés comme utiles à la société et
non rentables. Ils peuvent être non rentables par nature ou parce qu’on
considère qu’ils ne doivent pas être entièrement et uniquement fondés sur le
principe de rentabilité ( Ex : l’enseignement ).
L’intérêt général a donc un périmètre variable et dépend de la définition
qu’en donne la population et les pouvoirs publics à un moment précis.
L’administration dispose de différents types de moyens pour assurer ses
missions d’intérêt général :
-​ Des moyens juridiques ( prérogatives de puissance publique, clause
exorbitante du droit commun pour les contrats administratifs )
-​ Des moyens matériels ( domaines publics des personnes publiques
comme les routes, bâtiments publics )
-​ Des moyens humains (fonction publique)
La fonction publique est au service de l’administration, elle comprend
l’ensemble des fonctionnaires c’est-à-dire l’ensemble des personnes
nommées dans un emploi permanent et titularisées dans un grade de la
hiérarchie des administrations de l’État des collectivités territoriales ou des
hôpitaux.
En effet il existe 3 fonctions publiques :
-​ La fonction publique d’État
-​ La fonction publique territoriale
-​ La fonction publique hospitalière
Les fonctionnaires travaillent au service de l’intérêt général et sont donc
astreints à des règles strictes dans l’exercice de leurs fonctions. Par exemple,
ils doivent respecter une parfaite neutralité, ils ont l’obligation d’obéir à leur
hiérarchie et ne pas divulguer à l’extérieur du service des informations dont
ils ont eu connaissance dans leurs fonctions ( discrétion professionnelle ).
III.​ Distinction entre administration et service public
Le service public apparaît encore aujourd’hui comme une fonction clé de
l’administration c’est-à-dire l’ensemble des structures publiques ou privées
chargées d’accomplir des activités d’intérêt général.
Cependant comme le mot « administration » l’expression « service public »
revêt plusieurs sens. Elle désigne d’une part une activité ou une mission
d’intérêt général ( service public de l’enseignement, du ramassage des
ordures ).
Et d’autres part l’ensemble des organismes en charge de ces activités
d’intérêt général et qui peut être aussi bien public et privé ( les sociétés
d’autoroute par exemple ).
Pendant longtemps le service public était le critère unique conditionnant
l’application du droit administratif et la compétence de la justice
administrative.
Au cours du 20e siècle cette condition n’a plus été suffisante avec l’extension
des activités de service public au domaine économique et la place plus
importante prise par le droit privé.
Ainsi selon la nature de l’activité et de la structure qui en est chargée on peut
distinguer plusieurs cas de figure :
-​ Le service public administratif ( SPA )
Très divers, il regroupe les services qui n’ont pas de but industriel ou
commercial ( défense, éducation nationale ).
Ils sont principalement gérés par des organismes publics et le droit
administratif y est prédominant.
-​ Les services publics industriels et commerciaux ( SPIC )
Ils sont apparus à partir de l’arrêt du tribunal des conflits dit du Bac d’Eloka
(22 janvier 1921).
Ils peuvent être assurés par des organismes publics ou privés.
Lorsqu’il s’agit d’organisme privé le droit privé s’y applique majoritairement
mais le droit administratif n’en n’est pas absent.
Ainsi il demeure soumis à la tutelle des pouvoirs publics ( État, collectivités
territoriales ) qui vérifient s’ils mènent à bien leurs missions.
IV.​ La continuité du service public
La continuité des services publics est une loi du service public elle a été
reconnue comme un principe général du droit par le conseil d’État français
puis comme un principe à valeur constitutionnelle, corollaire de la continuité
de l’Etat.
Cependant ce principe doit être conseillé avec le droit de grève des agents
des services publiques. Dans ces conditions assurer la continuité du service
public peut prendre plusieurs formes :
-​ On peut tout d’abord interdire purement et simplement le droit de
grève
C’est le cas pour les personnels de la police nationale, de l’administration
pénitentiaire, les magistrats ou encore les militaires.
-​ On peut ensuite instaurer un système de service minimum
-​ Enfin on peut encadrer la mise en œuvre du droit de grève
Ainsi les textes peuvent prévoir certaines modalités de la grève dans les
services publiques en exigeant un préavis de quelques jours et en interdisant
les grèves tournantes qui visent à bloquer le fonctionnement du service alors
que les agents grévistes sont très minoritaires.
Quant à la jurisprudence, elle reconnaît aux services publics la possibilité
pour faire fasse à la guerre de recruter des agents temporaires alors même
qu’une telle mesure est totalement prohibée dans le secteur privé.
V. Distinction entre secteur public et service public
Il n’existe pas de définition juridique précise de la notion de secteur public,
on peut néanmoins le définir comme le secteur regroupant toutes les
activités économiques et sociales prises en charge par les administrations,
les entreprises publiques et les organismes publics et sécurités sociales.
Le secteur public comprend donc 3 composants :
-​ Les administrations qui prennent en charge les activités d’intérêt
général
-​ Les entreprises publiques c’est-à-dire les entreprises dans lesquelles
une personne publique détient la majorité du capital
Elles étaient traditionnellement considérées comme un élément de la
politique économique et sociale du gouvernement dont les choix pouvaient
différer sensiblement de ceux des entreprises privées.
Secteur public et service public ne se confondent pas, en effet les activités
de services publics peuvent être prises en charge par les organismes privés (
délégation de services publics ) qui par définition n’appartiennent pas au
secteur public.
Autant dire que le périmètre du service public est plus large que celui du
secteur public.
VI. Les différentes fonctions de l’administration
L’administration exerce diverses fonctions dont les principales sont
énumérées ci-après :
A.​ L’application de la loi
C’est à la fois une obligation puisqu’une administration ne respectant pas la
loi se trouve dans une situation d’illégalité et une nécessité dans la mesure où
la plupart des lois doivent voir leurs modalités de mise en œuvre précisées
pour les rendre applicables sur le terrain ( décret d’application ).
B.​ La police administrative
Il s’agit du maintien de l’ordre public permettant d’assurer la tranquillité et la
sécurité des administrés ainsi que la salubrité publique.
Les mesures de police administrative sont préventives et se distinguent de
celles de police judiciaire qui réprime les atteintes à l’ordre public mais cette
différenciation n’est pas toujours aussi rigoureuse et des actions de police
peuvent être mixtes.
Les autorités titulaires au nom de l’Etat de ce pouvoir de police
administrative sont :
●​ Le premier ministre pour l’ensemble du territoire
●​ Et le ministre de l’intérieur et le préfet dans le cadre du département et
de la région ( cercle )
●​ Le maire est quant à lui titulaire d’un pouvoir de police administrative
mais au nom de sa commune sur son territoire
C.​ La gestion directe de service public
L’administration assure elle-même un certain nombre de services tels que la
police, l’aide sociale, l’éducation nationale…
Elle effectue aussi un contrôle sur la gestion des services publics gérée par
des personnes privées.

Chapitre II : L’administration d’Etat

I.​ Les rôles respectifs du président de la république et du premier


ministre
La constitution de 2023 organise un partage des pouvoirs administratifs
entre le président de la république et le premier ministre qui sont avec les
ministres les autorités de l’administration d’État.
Le rôle essentiel revient au premier ministre en tant que chef du
gouvernement : « il ( le gouvernement ) dispose de l’administration » ( article
76 de la constitution ). Celle-ci lui est donc subordonnée et est tenue
d’exécuter les décisions gouvernementales.
En effet le président de la république dispose aussi de compétences
administratives, les textes et la pratique lui ont reconnus un pouvoir
réglementaire puisque chaque ordonnance ou décret délibéré en conseil des
ministres doit porter sa signature.
Par ailleurs, la constitution lui réserve des prérogatives en matière de
nomination, le chef de l’Etat nomme à certains emplois civils et militaires
précisés par l’article 67 de la constitution du 22 juillet 2023.
Cependant ce n’est pas un pouvoir propre du chef de l’Etat car le premier
ministre doit apposer lui aussi sa signature sur ses actes de nomination.
II.​ L’administration centrale et les services déconcentrés
L’administration centrale rassemble les services de chaque ministère à
compétence nationale principalement situés à Bamako.
Les services déconcentrés ont une compétence territoriale et assurent le
relais au niveau local des décisions prises par l’administration centrale.
Les administrations centrales des ministères assurent au niveau national un
rôle de conception d’animation d’orientation, d’évaluation et de contrôle.
L’Etat dispose également du service présent sur le plan territorial :
●​ Les services déconcentrés
Ils mettent en œuvre les politiques conçues au niveau central. Ils ne doivent
pas être confondus avec le service des collectivités territoriales qui sont eux
décentralisés et dont les agents appartiennent à la fonction publique
territoriale et non à celle de l’Etat.
Tous les ministères disposent de services déconcentrés. La majorité des
services déconcentrés sont placés sous la direction des représentants de
l’Etat au niveau des collectivités territoriales même si certains échappent à
leur autorité.
III : L’administration centrale
L’administration centrale est constituée par l’ensemble des services des
ministères disposant de compétence nationale. Ces services ont une mission
d’impulsion des politiques du ministère.
Ils sont chargés en liaison avec le cabinet du ministre de la mise en œuvre
des directives du gouvernement, de la préparation des projets de loi ou de
décrets et des décisions ministérielles.
Le personnel administratif ne change pas avec le ministre, l’administration
centrale est organisée selon plusieurs niveaux :
●​ les directions qui peuvent être thématiques et correspondent à un
domaine d’activité du ministre
●​ Chaque direction comporte des subdivisions dont l’appellation varie
selon les ministères
Il peut s’agir de sous direction, de services ou encore de division.
A.​ Qu’est-ce qu’un ministère ?
Le terme ministère désigne l’ensemble des services de l’Etat placés sous la
responsabilité d’un ministre et s’occupant d’un ou plusieurs domaines et
s’occupant d’un ou plusieurs domaines.
Ces services sont répartis entre une administration centrale et des services
déconcentrés. Les décrets d'attribution pris après la formation du
gouvernement par le 1er ministre déterminent les domaines d'intervention de
chaque ministère. Celui-ci dispose pour son fonctionnement de crédit qui lui
sont imparti chaque année pour la loi de finances.
Chaque ministère est dirigé par un ministre, il dispose d’un pouvoir
hiérarchique à l’égard de ses services et les indique ses instructions par des
notes directives ou circulaires.
Il n’a pas de pouvoir réglementaire sauf en tant que chef de service pour
organiser son département, ou lorsqu’il doit contresigner des actes du chef
de l’Etat et du premier ministre dont il doit assurer l’exécution.
Le nombre de ministères n’est pas déterminé par la constitution ou la loi.
Il résulte du décret présidentiel nommant les membres du gouvernement,
leur nombre peut varier en fonction des critères politiques ou selon les
propriétés du gouvernement.
Ainsi la création d’un ministère ou secrétariat d’État peut mettre en valeur un
objectif du gouvernement.
De même l’appellation du ministère peut refléter le volontarisme politique du
gouvernement. Seuls les ministères dit « régaliens » ( justice, défense, affaires
étrangères ) ne subissent pas en principe de modification de leur
dénomination.
On peut toutefois rappeler le choix dans certains gouvernements de qualifier
le garde des sceaux du « ministre de la justice et des libertés ».
B.​ Le cabinet ministériel
Le cabinet est un organisme restreint formé de collaborateurs personnels
choisis par le ministre ayant pour mission de le conseiller et de l’assister dans
la réalisation de l’ensemble de ses missions.
Son existence s’explique par la nécessité pour un ministre de pouvoir
compter sur une équipe dévouée et proche de lui sur le plan politique.
Puisqu’il ne peut choisir les membres de son administration.
A la différence de l’administration centrale, le cabinet n’est donc pas un
organisme permanent ni même une administration.
Son existence prend fin avec les fonctions du ministre.
IV. Les services déconcentrés
Les services déconcentrés de l’Etat sont les services qui assurent le relai sur
le plan local des décisions prises par l’administration centrale et qui gère les
services de l’Etat au niveau local.
La plupart des ministères ont des services déconcentrés répartis entre
plusieurs niveaux géographiques. Les services déconcentrés sont
généralement placés sous l’autorité d’un représentant de l’Etat.
Chapitre III : Les autorités administratives indépendantes
et les autorités publiques indépendantes

Une autorité administrative indépendante est une institution de l’État


chargée en son nom d’assurer la régulation du secteur considéré comme
essentiel et pour lesquels le gouvernement veut éviter d’intervenir trop
directement.
En temps qu’autorité elle dispose d’un certain nombre de pouvoirs (
recommandation, décision, réglementation, sanction ).
Par ailleurs la création des autorités administratives indépendantes a visé à
répondre à 3 besoins :
-​ Offrir une plus grande garantie d’impartialité des interventions de
l’État
-​ Permettre une participation plus importante de personnes d’origine et
de compétences diverses notamment des professionnels des secteurs
contrôlés
-​ Assurer une intervention de l’État rapide adaptée à l’évolution des
besoins et des marchés
Toutefois les autorités administratives indépendantes bien qu’indépendantes
à la fois des secteurs contrôlés mais aussi des pouvoirs publics ne jouissaient
pas de la personnalité morale.
C’est pourquoi il a été institué les autorités publiques indépendantes ( API ).
Par la suite des autorités administratives indépendantes ont été
transformées en autorités publiques indépendantes autre tenant la confusion
entre ces 2 catégories d’autorité.
La loi réserve au législateur la compétence de créer une autorité
administrative indépendante ou une autorité publique indépendante mais
pour autant seuls les API sont dotés de la personnalité morale.
I.​ Les pouvoirs des AAI et des API
Les compétences de ces autorités varient de l’une à l’autre, elles peuvent
détenir un pouvoir d’avis ou de recommandations consistant soit à conseiller,
soit à tenter de trouver un compromis entre l’administration et un administré.
Elle peut aussi détenir un pouvoir de réglementation consistant à organiser
un secteur d’activité en établissant des règles.
Ce pouvoir réglementaire qui appartient en principe au premier ministre ou
au président de la république est ainsi reconnu de manière exceptionnelle
mais limité à un organe indépendant du gouvernement.
En effet ce n’est pas un pouvoir réglementaire autonome : il ne peut
s’appliquer qu’à des mesures à portée limitée et dans le respect des lois et
décrets.
Enfin elles peuvent disposer d’un pouvoir de sanction. Lorsqu’un des acteurs
du secteur d’activité contrôlé ne respecte pas les règles posées par ces
institutions ou les obligations qui lui incombent, les autorités indépendantes
peuvent le sanctionner.
Ainsi l’autorité de la concurrence ou l’autorité des marchés financiers peuvent
infliger des amendes importantes.
II.​ Les domaines d’intervention des AII et des API
Les autorités administratives indépendantes concernent particulièrement 3
domaines :
-​ Le droit des administrés
-​ La régulation économique du marché
-​ L’information et la communication
Il n’existe pas de modèle d’organisation unique des différentes AAI et API,
on peut cependant distinguer quelques traits généraux.
Bien qu’indépendantes les AII sont liées budgétairement à un ministère. Leur
budget est inscrit au budget général du ministère ayant la compétence la
plus proche de leur domaine d’intervention.
Il en va différemment pour les API qui se sont vu reconnaître la personnalité
morale et bénéficient donc d’une autonomie financière.
Chapitre IV : L’administration territoriale décentralisée

I.​ La différence entre la déconcentration et la décentralisation


La décentralisation est un transfert des compétences de l’État à des
institutions distinctes de lui, c'est-à-dire à des collectivités territoriales.
La déconcentration consiste quant à elle en une délégation de compétences
mais à des agents ou organismes locaux appartenant à l’administration
d’Etat.
À la différence des collectivités territoriales, ils sont soumis à l’autorité de
l’État et ne disposent d’aucune autonomie. Les collectivités territoriales
bénéficient d’une certaine autonomie de décision et de leur propre budget (
principe de libre administration ) sous la surveillance d’un représentant de
l’État ( l’autorité de tutelle ).
Ce n’est pas un supérieur hiérarchique, il veille simplement à la légalité des
actes émis par les collectivités territoriales. Ce contrôle est la contrepartie
nécessaire du principe de libre administration des collectivités et rappelle le
caractère unitaire de l’État.
II.​ Définition de l’administration territoriale décentralisée
L’administration territoriale décentralisée comprend les services des
collectivités territoriales. Elles se distinguent de l’administration territoriale
« tout court » qui rassemble les services des collectivités territoriales mais
aussi les services déconcentrés de l’État.
Les collectivités territoriales sont des structures administratives distinctes de
l’administration de l’État qui doivent prendre en charge les intérêts de la
population d’un territoire précis.
Ainsi une commune est-elle chargée des intérêts des personnes vivant sur
son territoire.
Une collectivité territoriale est définie par 3 critères :
-​ Elle est dotée de la personnalité morale qui lui permet d’agir en justice
Alliée à la décentralisation, cette particularité fait bénéficier la collectivité
territoriale de l’autonomie administrative. Elle dispose ainsi de son propre
personnel et de son propre budget.
Au contraire les ministères, les services de l’État au niveau local ne sont pas
des personnes morales, il s’agit seulement d’administration émanent de
l’État.
-​ Elle détient des compétences propres qui lui sont confiées par le
législateur
Une collectivité territoriale n’est pas un État dans l’État, elle ne détient pas de
souveraineté et ne peut pas se doter de sa seule initiative d’organe nouveau.
-​ Elle exerce un pouvoir de décision par délibération au sein d’un conseil
de représentants élu
Les décisions sont ensuite appliquées par les pouvoirs exécutifs locaux.
Les collectivités territoriales ne suivent pas cependant toutes les mêmes
règles de fonctionnement.
Les collectivités territoriales ne suivent pas cependant toutes les mêmes
règles de fonctionnement et n’ont pas toutes le même statut.
III.​ Les dirigeants de l’administration territoriale décentralisée
Le dirigeant de l’administration territoriale décentralisée en tant qu’agent
exécutif de la commune le maire est le chef de l’administration communale.
Il est le supérieur hiérarchique des agents de la commune et dispose d’un
pouvoir d’organisation des services, il est également chargé de l’exécution
des décisions du conseil municipal et agit sous contrôle de ce dernier.
Il exerce aussi des compétences délégués par le conseil dans différents
domaines et doit alors lui rendre compte de ses actes.
Il est enfin titulaire de pouvoir propre notamment en matière de police
administrative, le maire connaît le « dédoublement fonctionnel » en somme il
bénéficie d’une « double casquette » car il est à la fois un agent de la
commune en tant que collectivité territoriale et un agent de l’État.
En tant qu’agent de l’État et sous l’autorité du représentant de l'État, le maire
remplit diverses fonctions administratives ( par exemple organisation des
élections ).
Sous l’autorité du procureur de la république dans le domaine judiciaire il est
officier d’état civil et de police judiciaire.
Le président du conseil de cercle est l’organe exécutif du cercle, il est donc le
chef des services du cercle mais peut cependant disposer en cas de besoin
des services déconcentrés de l’État.
Il prépare et exécute aussi les délibérations du conseil. Enfin il gère le
domaine du cercle et dispose de pouvoirs de police particulier.
Le président du conseil régional dirige la région en tant qu’organe exécutif et
dispose de l'administration régionale, il dispose également en cas de besoin
des services déconcentrés de l’État. Ses attributions sont en grande partie
identiques à celles du président du conseil de cercle.
IV.​ Les délégations de compétences
Une délégation est la possibilité pour une autorité administrative ( ministres,
préfets, maires ) de déléguer une partie de ses pouvoirs ou sa signature à
une autre autorité auprès d’elle ou qui lui est subordonnée afin de se
décharger.
La délégation est un procédé de substitution de compétence admis par le
droit. En effet en droit public le titulaire d’une compétence doit en principe
l’exercer lui-même.
Mais un souci de réalisme conduit à l’aménagement de ce principe, toute
délégation doit être autorisée par la loi pour le décret.
Il existe 2 types de délégations de compétence :
-​ La délégation de pouvoir
Est un véritable transfert de compétences d’une autorité administrative à
une autre car elle est accordée non pas à une personne mais à une fonction.
La personne qui reçoit cette délégation agit alors en son nom propre.
-​ La délégation de signature
S’effectue au profit d’une personne nommément désignée qui prend alors
des décisions au nom du délégant. Enfin il existe une possibilité de
subdélégation.
En effet le titulaire d’une délégation de pouvoir peut à son tour subdéléguer
à une autre autorité mais cette fois il ne peut s’agir que d’une subdélégation
de signature.
V.​ L'intercommunalité
L’expression intercommunalité désigne les différentes formes de coopération
existant entre les communes. L'intercommunalité répond à 2 objectifs
principaux :
-​ c’est d’abord un remède à l’empiètement communale
-​ Et un instrument de l’organisation rationnelle des territoires
Mais elle favorise aussi le développement économique local et la relance de
la politique d’aménagement du territoire.
Elle permet aux communes de se regrouper au sein d’un établissement public
soit pour assurer certaines prestations soit pour élaborer de véritables
projets de développement économiques d’aménagement ou d’urbanisme.
On distingue 2 types d'intercommunalité :
●​ La forme souple ou associative
Financée par les contributions des communes qui en sont membres, elle leur
permet de gérer ensemble des activités ou des services publics.
●​ La firme approfondie ou fédérative
Caractérisée par l’existence de compétences obligatoires et par une fiscalité
propre.

Chapitre V : Les agents publics

Le terme agent désigne l’ensemble des personnels employés par


l’administration. Il existe plusieurs catégories d’agents qui se distinguent
suivant leur régime ( titulaires, non titulaires de droit public ou de droit privé
) et leur employeur ( l’Etat, collectivités territoriales, établissements publics ).
Le mot fonctionnaire est souvent employé dans le langage courant pour
désigner l’ensemble des agents publics de l’administration. Mais
juridiquement il n’en forme qu’un sous ensemble.
Les agents titulaires se définissent par la permanence de leurs emplois et
leur titularisation dans un corps et un grade, ce sont des agents publics dit
statutaires car régis par un statut de droit public et non soumis à des
contrats ou des conventions collectives.
On distingue les agents titulaires de l’État fonctionnaires de l’État
proprement dit comme (magistrats militaires…) et les agents titulaires des
collectivités territoriales et des hôpitaux.
La catégorie des agents non titulaires s’est multipliée aussi bien au sein de
l’administration d’État que territoriale ou hospitalière.
Elle présente des conditions plus souples de recrutement qui permettent de
répondre rapidement à des besoins spécifiques. Il existe plusieurs régimes :
-​ agents auxiliaires,
-​ contractuels ( CDD ou CDI ),
-​ vacataires.
À l’intérieur de cet ensemble on distingue les agents non titulaires de droit
public et les agents non titulaires de droit privé.
I.​ Qu’est-ce qu’un fonctionnaire ?
Dans le langage courant ce mot désigne l’ensemble du personnel de
l’administration mais au sens strict les fonctionnaires n’en représentent
qu’une partie.
L’administration employant des agents publics titulaires et des agents non
titulaires. Il existe 3 catégories de fonctionnaires correspondant aux 3
fonctions publiques ( fonctionnaires de l’État, territoriaux et hospitaliers )
mais définis par des critères communs.
Un fonctionnaire est un agent employé et nommé par une personne publique
dans un emploi permanent et titularisé à son poste dans un grade de la
hiérarchie administrative.
La titularisation est un élément important, il s’agit d’un acte prit par une
autorité de l’administration qui les emploie.
Elle constitue une garantie obligeant l’administration à trouver au
fonctionnaire un emploi correspondant à son grade en cas de suppression de
son poste.
Contrairement au personnel du secteur privé, la situation des fonctionnaires
n’est pas régi par un contrat. En principe seuls la loi et le règlement
organisent leurs statuts.
II.​ Comment devient-on fonctionnaire ?
La règle du principe du recrutement des fonctionnaires est celle du concours
au terme duquel les meilleurs candidats sont admis. En effet, le concours
apparaît comme le plus efficace des systèmes.
Il permet d’une part d’assurer l’égalité d’accès des candidats en évitant les
discriminations à l’embauche et d'autre part de s’assurer de leurs
compétences.
III.​ Les droits des fonctionnaires
Les fonctionnaires se voient reconnaître 2 catégories de droit.
A.​ Droit lié à l’exercice de leurs fonctions
Ce droit se résume en des points suivants :
-​ Le droit à rémunération et à pension de retraite
-​ Le droit à des congés
-​ Le droit à la protection de l’administration
-​ Le droit à la formation professionnelle
B.​ Les libertés
Les libertés publiques sont accordés à tous citoyens mais avec des
limitations pour certains:
-​ Liberté d’opinion
-​ Liberté d’expression
-​ Droit syndical
-​ Droit de grève
IV. Devoirs des fonctionnaires
Les fonctionnaires doivent respecter plusieurs obligations :
-​ L’obligation de se consacrer entièrement à leurs fonctions
-​ L’obligation de discrétion professionnelle et de respect du secret
professionnel
-​ Le devoir d’obéissance aux instructions de son supérieur hiérarchique
-​ Le devoir de moralité y compris en dehors du service
-​ Le devoir de probité
-​ L’obligation de neutralité

En quoi le droit administratif entretient il des rapports avec la science


administrative ?

Common questions

Alimenté par l’IA

Central administrative services are tasked with national-level responsibilities including policy direction, law and decree preparation, and governmental decision implementation. These services are primarily located in national capitals and remain consistent irrespective of changes in ministerial leadership. Decentralized or deconcentrated services, however, possess territorial competencies and serve as local extensions of these policies. This structural distinction ensures that while central services craft and oversee policy, deconcentrated services adapt and apply these policies locally, facilitating effective implementation across different regions .

Authorities publiques indépendantes (APIs) enhance impartiality and effectiveness in public sector regulation by possessing legal personality, which grants them autonomy from both the sectors they regulate and governmental influence. This independence allows APIs to exercise unbiased judgment and administer sector-related regulations without political pressure, ensuring transparent processes and swift responses to market and societal changes. Additionally, APIs can impose sanctions, promoting accountability among regulated entities, and thus reinforcing regulatory compliance while maintaining public trust .

The public function supports administration by providing the human resources necessary to perform services aimed at the general interest, such as education and public safety. It is defined structurally by comprising a set of permanent employment positions filled by appointed officials, categorized into State, territorial, and hospital functions. These positions are regulated by strict rules on neutrality, obedience, and confidentiality to ensure that public services are delivered effectively and unbiasedly, supporting administrative objectives aimed at communal welfare .

Central administration is primarily responsible for policy formulation, including national strategy and legislative drafting. Local administrations, on the other hand, are tasked with the practical implementation of these policies on a regional level, adapting them to local conditions. Their interaction involves collaborative mechanisms where local bodies provide feedback to central authorities, ensuring that high-level strategies consider local-specific issues while central administration ensures local actions align with national priorities. This synergy is critical for cohesive and effective public policy execution, balancing national directives with regional diversities .

Mechanisms ensuring the continuity of public services amid public workers' right to strike include outright strike bans in critical sectors such as national police and judicial services; establishment of a minimum service requirement in other sectors; and regulatory frameworks requiring advance strike notice, allowing time to implement contingency plans. These regulations are designed to balance uninterrupted public service delivery with safeguarding public workers’ rights, ensuring essential services remain unaffected by labor disputes .

The dual legal framework allows for flexibility and adaptability in public service execution. Administrative law, with its emphasis on public interest, governs functions that prioritize equity and service over profit. Meanwhile, the applicability of private law, particularly in SPICs, introduces commercial efficiency, allowing for more competitive service provision. This dual nature ensures that while public accountability and regulatory oversight are maintained, the benefits of market-driven practices like innovation and cost-effectiveness are also realized, improving overall public function execution .

Public administrative services (SPA) and industrial commercial public services (SPIC) differ primarily in their purpose and the applicable legal framework. SPA encompasses services without industrial or commercial objectives, such as national defense and public education, and is primarily governed by public law, hence managed largely by public organizations. Conversely, SPICs emerged from the 1921 Bac d’Eloka decision and involve economic activities where private law plays a more substantial role, even though public law still applies. These services can be managed by both public and private entities but remain under public authority supervision to ensure they fulfill their missions effectively .

The role of the mayor demonstrates decentralization in public administration through their possession of administrative police powers specific to their commune. This signifies a shift of certain powers from the central government to local authorities, allowing the mayor to enforce public order laws and regulations within their jurisdiction. This exemplifies decentralization by delegating the responsibility of public order maintenance to local government levels, thus promoting localized governance .

The distinction between administrative public services (SPA) and industrial commercial public services (SPIC) influences how legal frameworks are applied. SPAs are primarily governed by administrative law, which means activities focusing on non-commercial objectives fall under public law jurisdiction—intended to serve public interest rather than profit. Conversely, SPICs incorporate more elements of private law due to their commercial nature, allowing these services to operate with greater flexibility typical to private enterprises. This dual framework ensures administrative oversight while enabling SPICs to engage competitively, creating a complex legal environment where different laws overlap based on the service nature .

Direct administration holds significance in that it grants the state the ability to directly manage crucial services such as policing and public education, ensuring alignment with public interest goals. This contrasts with services provided by private management, where accountability to public needs may be less stringent, as they are motivated by profit. Direct administration provides stability and uniformity in service provision, vital for services fundamental to well-being and safety, which might be compromised under a purely market-driven, privately managed model .

Vous aimerez peut-être aussi