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CRISTOU
PROMOTION 2022-2025
REMERCIEMENTS
Un immense merci à ma partenaire de promotion, avec qui j’ai partagé les meilleurs
comme les pires moments de ces trois années. Toujours là pour me faire rire, même lorsque le
doute et le stress prennent le contrôle de mon quotidien. Son soutien, sa bienveillance et son
amitié ont rendu cette aventure bien plus douce.
Je remercie aussi mon copain, qui a su me soutenir dans les moments de doute. À
plusieurs reprises, il m’a reboostée lorsque j’étais sur le point de lâcher et il m’a patiemment
aidée à retranscrire mes nombreux brouillons. Son soutien constant a été une force précieuse.
Enfin, je souhaite adresser mes remerciements à Mme Clavière et Mme Montel, mes
deux cadres de suivi pédagogique, qui m’ont accompagnée tout au long de cette épreuve. Leur
bienveillance, leurs conseils et leur accompagnement ont été essentiels pour me guider dans
mon parcours et m’aider à avancer sereinement.
1
J’atteste sur l’honneur que la rédaction de ce travail d’Initiation à la Recherche, réalisé en vue
de la validation des UE 3.4.S6, 5.6.S6 et 6.2.S6 pour l’obtention du diplôme d’État
d’Infirmier(e), est uniquement la transcription de mes réflexions et de mon travail personnel.
Et, si pour mon argumentation, je copie, j’emprunte un extrait, une partie ou la totalité de
pages d’un texte, je certifie avoir précisé les sources bibliographiques.
CRISTOU Léa
Note aux lecteurs : il s’agit d’un travail personnel effectué dans le cadre d’une formation
à l’IFSI et il ne peut faire l’objet d’une publication en tout ou partie sans l’accord de son
auteur et de l’IFSI. »
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TABLE DES MATIERES
Introduction ..............................................................................................................................
2 Questions
de la situation ............................................................................................................. 6
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II - La communication…………………………………………………………………19
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Méthode et outils …………………………………………………………………… 31
Conclusion …………………………………………………………………………. 32
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Introduction
Dans le quotidien des soins, où les gestes techniques et l’efficacité sont souvent prioritaires,
on oublie parfois que les émotions jouent un rôle central dans la relation entre soignant et
patient. Pourtant, elles influencent directement la qualité des échanges et l’impact des soins.
En tant que soignant, nous sommes exposés en permanence à nos propres émotions, mais
aussi à celles des patients et de leurs proches, ce qui peut parfois être un véritable défi à gérer.
Face à cette réalité, une question se pose : comment la gestion des émotions influence-t-elle la
relation de soin et la qualité de la prise en charge ?
À travers ce travail de recherche, j’ai voulu approfondir la place des émotions dans la pratique
infirmière et comprendre leur impact au quotidien. Pour cela, j’ai structuré ma réflexion en
plusieurs parties. Tout d’abord, je vais m’attarder sur ce que sont les émotions, leur
fonctionnement et la manière dont elles peuvent affecter le soignant. Ensuite, je vais aborder
l’importance de la communication et de l’écoute active comme outils pour mieux gérer ces
émotions et favoriser des échanges de qualité avec le patient. Enfin, je vais mettre en lumière
le lien entre la gestion des émotions et l’alliance thérapeutique, qui repose sur une relation de
confiance et d’empathie entre le soignant et le patient.
À travers ce travail, je souhaite montrer que la prise en compte des émotions n’est pas
secondaire dans le métier d’infirmier. Au contraire, savoir les reconnaître et les gérer est
essentiel pour offrir des soins de qualité et instaurer une relation humaine et bienveillante
avec les patients.
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Description de ma situation de départ :
Au cours des trois semaines passées, j’ai assisté et réalisé plusieurs entrées
accompagnée d’une infirmière. Ce jour-là, plusieurs entrées sont programmées. Je me sens
prête à prendre en charge une entrée seule. L’IDE qui m’accompagne me laisse faire, mais me
rappelle qu’elle est là si j’ai besoin d’aide. Je vais donc dans la chambre de Mme J pour
réaliser son entrée.
Lors de mon arrivée, Mme J est assise dans un fauteuil, son regard dans le vide. Je lui
demande si elle va bien, et elle répond faiblement « oui ». Pour ne pas briser la relation
soignant-soigné, je préfère ne pas insister. Je lui annonce que nous allons commencer son
recueil de données.
Au fil de la conversation, j’apprends que Mme J a 24 ans, qu’elle est mariée et maman
d’une petite fille de 6 mois. Elle a eu des difficultés pour concevoir et a eu recours à la
stimulation ovarienne, un traitement par injections d’hormones. Cependant, ce traitement a
provoqué le développement d’un méningiome. Il s’agit d’une masse bénigne située dans les
méninges, qui peut comprimer certaines zones du cerveau. Dans le cas de Mme J, le
méningiome se trouve au niveau du lobe occipital et touche son aire visuelle secondaire,
entraînant un déficit visuel et une difficulté à interpréter les images. Je ressens une grande
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empathie pour cette patiente, d’autant plus qu’elle est jeune et se trouve dans une situation
complexe.
Au fur et à mesure de notre échange, Mme J se détend, sa posture devient plus ouverte
et son regard se dirige vers moi. Lorsque l’entretien touche à sa fin, je lui demande si elle a
des questions ou des inquiétudes. À cet instant, son expression change : son visage se crispe,
son regard devient fixe, et ses sourcils se froncent. Elle commence à me confier que c’est la
première fois qu’elle est séparée de son mari et de sa fille depuis la naissance de son enfant, et
elle se met à pleurer. Je me sens démunie face à ses larmes. Je ressens une grande tristesse
pour elle et une boule se forme dans ma gorge.
Pour la rassurer, je lui explique qu’après l’opération, elle devra passer 24 heures en
réanimation sans pouvoir recevoir de visites. Cependant, dès qu’elle reviendra dans le service,
son mari pourra venir la voir et bien que les enfants de moins de 12 ans ne soient pas
autorisés. Je lui précise aussi qu’une fois qu’elle ira mieux, elle pourra descendre pour voir sa
fille.
Après avoir terminé avec le patient, je me rends au poste de soins pour expliquer la
situation à l’infirmière et lui demander de m’accompagner. Avant de nous rendre dans la
chambre de Madame J, l'infirmière m’explique plus en détails l’intervention pour que je sois
capable de répondre seule. Nous retournons ensuite auprès de Mme J, où l’infirmière me
laisse m’installer près de la patiente. Elle se met en retrait, me permettant d’expliquer la
situation.
Je commence par rassurer Mme J en lui disant que ses préoccupations sont normales,
d’autant plus que l’opération concerne le cerveau. Je lui explique que l’intervention durera au
moins 4 heures et je lui détaille les grandes étapes : l’anesthésie, l’intubation, le retrait de la
masse, et le retour en salle de réveil. Pour la rassurer davantage, je lui précise que le
neurochirurgien a plus de 20 ans d’expérience et qu’il sera entouré d’une équipe compétente
(anesthésiste, IBODE (infirmières de bloc opératoire)). Cependant je ne me sens pas
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complètement à l’aise en donnant ces informations, je ressens la sensation de faire des
promesses dissimulées à la patiente. Je sais pourtant qu’aucune opération n’est sans risques
malgré toutes les connaissances que peut avoir l’équipe qui la réalise. Mme J me remercie et
semble plus détendue, ce qui fait disparaître mon malaise.
Le lendemain, après les transmissions, le neurochirurgien nous annonce que Mme J est
décédée pendant l’opération. Il nous explique qu’elle a fait une hémorragie cérébrale
importante, imprévisible, qu’il n’a pas pu arrêter. Il nous informe qu’il a appelé son mari pour
lui annoncer la nouvelle, mais que cela a été un choc très brutal pour lui.
Après l’appel du médecin pour annoncer la nouvelle au mari, ce dernier arrive avec sa
fille, cherchant des explications. Très bouleversé, il est rapidement entouré par le personnel.
Me sentant encore bouleversée et ne sachant pas quoi dire au mari au vu de la dureté de la
situation, je préfère me mettre en retrait.
Questions profanes :
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● Est-ce que le manque de connaissances sur l’opération a influencé ma prise en soins ?
● Notre histoire et nos valeurs personnelles impactent-elle notre prise en soins des
patients ?
d’émotions ?
● Partager mes émotions avec l'équipe aurait-il permit d’accepter plus facilement la
situation ?
● Est-ce que une ancienneté dans le métier m’aurait permis d’améliorer ma juste-
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Analyse de la situation de départ :
Cette situation se déroule lors de mon premier stage dans un service de chirurgie, plus
précisément dans le service de neurochirurgie du Centre Hospitalier Régional d'Orléans. La
neurochirurgie est une discipline médicale spécialisée dans le diagnostic et le traitement
chirurgical des troubles affectant le système nerveux. Le fait d’être novice mêlée à la
spécificité du service était un important facteur de stress. Je ne savais pas à quoi m’attendre
tant sur le profil des patients, les soins et les pathologie que j’allais rencontrer. Lors de la
rencontre avec la cadre de service j’ai pu lui confier mes inquiétudes, elle m’a rassurée sur les
qualités d’encadrement et la bienveillance de l’équipe. La cadre m’a également remis un livret
contenant les pré-requis qui m’a permis de visualiser les connaissances à avoir pour que je ne
me sente pas dépassée dans le service. Je reste cependant inquiète notamment pour les soins
techniques que j’ai très peu pratiqué et qui sont très présents.
L’autonomie est définie dans la revue Cadres comme “la capacité à prendre des
décisions professionnelles de manière indépendante, tout en étant responsable de ses actions
et en respectant les principes de déontologie et d’éthique. Cela inclut la gestion de son temps,
la réalisation de soins techniques et relationnels, ainsi que la prise en charge des patients tout
en sollicitant au besoin le soutien ou les conseils des formateurs ou des équipes médicales”.
Le fait de travailler en autonomie ne supprime pas l’importance du travail d’équipe et de la
collaboration avec les autres professionnels. Bien au contraire, l’autonomie professionnelle
repose souvent sur une capacité à utiliser ses connaissances et ses compétences pour proposer
des actions adaptées tout en intégrant les apports des autres membres de l’équipe. Malgré
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l’évolution de mes connaissances, qui me permettent de réfléchir seule aux actions à mettre en
place en fonction des besoins spécifiques du patient, il est essentiel de partager ces réflexions
avec mes collègues pour confronter mes idées, ajuster mes propositions, et garantir une prise
en charge globale et cohérente.
L'amplitude horaire, associée au travail personnel nécessaire pour les révisions, crée
un rythme de vie particulièrement intense. Ce cumul, ajouté au temps de transport, entraîne
une fatigue importante, principalement due à un manque de sommeil qui s'accumule
progressivement. Ce déséquilibre impacte non seulement mon énergie, mais aussi ma
concentration et ma capacité à maintenir une performance optimale dans mes activités
quotidiennes.
Cet état de fatigue accru me rend particulièrement vulnérable sur le plan émotionnel.
Je constate que, lorsque je suis épuisée, il devient plus difficile de gérer mes émotions de
manière rationnelle et sereine. Je me laisse alors plus facilement submerger par les sentiments
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qui m’envahissent, qu’il s’agisse de peur, de tristesse ou de frustration. Cette difficulté à
réguler mes émotions me semble directement liée à la fatigue, car lorsque je suis reposée et
dans un état d’esprit plus calme, j’arrive bien mieux à analyser et comprendre les émotions
que je ressens.
Le travail d’une IDE de coupure consiste à réaliser les soins techniques complexes, le
matin et l’après-midi, de préparer les dossiers blocs opératoires des jours suivants ainsi que de
faire les entrées. Plusieurs entrées étaient programmées dans le service comme je me sentais
prête à en réaliser seule car j’avais eu l'occasion de voir des infirmières en faire de
nombreuses fois. Malgré le fait que je me sentais prête à réaliser une entrée et que l’IDE qui
m'encadre m’avait donné sa confiance, je me sentais stressée à l’idée de marquer des
informations essentielles ou de faire des erreurs qui pourraient impacter l’alliance
thérapeutique.
L’entrée d’un patient en service hospitalier va être décisive pour instaurer une relation
de confiance entre le soignant et le soigné. Les hospitalisations et d’autant plus lorsqu’une
intervention chirurgicale est prévue sont des facteurs d’inquiétude très importants pour les
patients. Il est donc indispensable de prendre le temps auprès des patients, afin de leur
expliquer le déroulement de leur séjour, ainsi que de leur intervention. La relation de
confiance va permettre de rassurer le patient et de lui assurer la meilleure prise en soins
possible du patient. Lors de cette première approche, le patient ainsi que sa famille vont se
faire une opinion globale sur le service.
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permettre d’avoir confiance, j'ai axé mon entretien sur la communication et l’écoute active de
Mme J.
L’écoute active est définie par la Haute Autorité de Santé comme le fait “de créer un
climat propice à l’expression du patient afin de l’aider à faire émerger et à exprimer au mieux
son ressenti et ses questions”. Pendant ce temps d’échange avec Madame J, un échange
visuel s’est développé et la patiente a commencé à me raconter son histoire. Je laissais des
silences marqués pour nous permettre à chacune de faire le point sur nos émotions. Le fait de
prendre le temps de parler et d’écouter la patiente lui a permis de s’ouvrir et de me confier des
choses plus personnelles malgré son anxiété et son inquiétude face à l’intervention à venir.
Elle m’a partagé l’angoisse qu’elle ressentait vis-à-vis de la séparation avec son mari et sa
fille.
Au cours des différents stages que j’ai eu l'occasion d’effectuer j’ai pu remarqué qu’il
pouvait parfois être compliqué pour les IDE en poste de réussir à trouver du temps entre la
distribution des médicaments, les soins et l’administratif pour prendre le temps auprès du
patient pour savoir ce qu’il ressent. Lorsque celles-ci sont auprès des patients, elles sont
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souvent interrompues par des sonnettes ou des appels de médecin, famille de patients. Mon
statut d’étudiante de semestre 3 qui instaure la prise en soins d’un nombre de patients limités
m’a permis de prendre plus de temps auprès de Madame J sans que cela ait un impact sur les
autres patients du service.
Dans cette situation, Madame J attendait devant elle une soignante et non une
étudiante. En rédigeant cette réflexion, je me suis interrogée sur la responsabilité que je
portais : était-elle trop importante pour moi, simple étudiante infirmière en début de deuxième
année ? Puisque c’était la première fois que j’étais confrontée à une situation de ce type, mon
manque d’expérience et de connaissances m’a empêchée de gérer au mieux la détresse de
Madame J. Cela m’a conduit à ressentir un sentiment de limitation et d’impuissance.
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J’avais peur de ne pas pouvoir apporter à Madame J une aide à la hauteur de ses
besoins. Pour combler cette crainte j’ai fait le choix de demander à l’infirmière de venir avec
moi voir la patiente afin qu’elle puisse la rassurer et lui donner les bonnes informations.
L’infirmière qui m'encadre m’a rassurée en me disant que c’était normal au vu de mon
niveau d’étude de ne pas avoir toutes les informations sur l’opération et elle m’a fait un point
sur toutes celles qui lui semblaient importantes pour la patiente. Elle resterait avec moi dans la
chambre de la patiente pour rajouter des compléments d’informations ou prendre le relais si
j’ai du mal. A notre retour dans la chambre de Madame J, je commence à répondre à ces
questions sur le déroulement de l’opération, sur l’équipe qui va s’occuper d’elle et sur le post
opératoire. A certains moments de notre discussion mes paroles me semblent presque comme
des promesses. Je me questionne si mes propos ne vont pas trop loin pour réussir à la rassurer
comme je le souhaite. En y réfléchissant avec du recul je me rends compte que mes paroles
n'engagent aucunes promesses : je lui ai simplement apporté les données factuelles qu’on
donne à tous patients subissant prochainement une opération chirurgicale. Il est parfois
compliqué lorsque l’on se trouve dans l’instant présent d’avoir le recul nécessaire sur nos
paroles. Le désir de réassurance que l’on peut avoir vis à vis d’un patient peut nous faire dire
des choses qu’il veut entendre mais que l’on n’est pas certains qu’elles se passeront ainsi.
Submergée par mes émotions, je me suis isolée pour pleurer, incapable de partager
mon mal-être avec les autres membres de l’équipe. Par pudeur et par crainte de montrer ma
vulnérabilité, j’ai choisi de garder ce poids pour moi. Avec le recul, je réalise que parler avec
mes collègues aurait pu m’aider à mieux comprendre que je n’avais aucune responsabilité
dans ce tragique événement. Cette expérience m’a appris combien il est essentiel de s’appuyer
sur la solidarité et le soutien de l’équipe, surtout dans les moments difficiles.
Au sein des établissements de santé, nous avons la chance de travailler dans un cadre
pluridisciplinaire. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la pluridisciplinarité se
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définit comme « le fait de concourir à un même objectif, qu’il s’agisse de soins ou
d’éducation thérapeutique, en associant plusieurs professionnels issus de disciplines
différentes. Elle repose sur la complémentarité des savoirs, des connaissances et des
compétences. »
Dans un établissement tel que le CHU d’Orléans, cette diversité de professions est une
véritable richesse. Médecins, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, psychologues et bien
d’autres collaborent au quotidien pour offrir aux patients des soins complets et adaptés à leurs
besoins. Cette complémentarité permet d’assurer un accompagnement holistique, où chaque
professionnel contribue, par son expertise, à l’atteinte d’un objectif commun : le bien-être et
la santé du patient.
Cet événement m’a également rappelé que, face à des situations si bouleversantes, il
est primordial de valoriser la communication et l’entraide entre collègues. Elles sont le socle
d’une résilience collective et individuelle, indispensables pour continuer à avancer malgré les
épreuves.
Question de départ :
Cadre conceptuel :
I. Les émotions
Le mot « émotion » trouve son origine dans le latin, avec le préfixe « e- » signifiant «
vers l’extérieur » et « movere » qui signifie « mouvement ». Cette étymologie met en avant
l'idée d'un état interne qui se traduit par des manifestations psychologiques qui sont parfois
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visibles à l'extérieur. En d'autres termes, une émotion peut être perçue comme une réaction
spontanée du corps face à un stimuli.
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travail émotionnel des soignants à l’hôpital, elle identifie “des émotions fondamentales
comme la colère, la peur, la tristesse et la joie qui sont omniprésentes dans les interactions
soignants-patients”. Ces émotions primaires diffèrent des émotions secondaires, comme la
honte ou la culpabilité. Elles dépendent du contexte personnel et culturel. Lors d’une
expérience marquante, comme l’annonce du décès d’une patiente, j’ai moi-même ressenti un
vaste mélange d'émotions allant de la colère à la culpabilité, illustrant la complexité du vécu
émotionnel. Pour moi, il est essentiel d’apprendre à connaître ses émotions car celles-ci ont un
impact important sur notre prise en soin des patients.
Mon expérience professionnelle m'a permis de prendre conscience que les émotions
peuvent à la fois impulser et entraver la qualité des soins. Une gestion appropriée de ces
émotions contribue ainsi à renforcer la compétence professionnelle. Dans son travail de
recherche Travail émotionnel et soins infirmiers, Goyette (2018) met en évidence le rôle
central du travail émotionnel dans la pratique infirmière, soulignant que la régulation des
émotions influence directement la qualité de la relation soignant-soigné. Trouver un équilibre
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entre l'expression et la maîtrise des émotions apparaît donc essentiel pour exercer avec
sérénité et efficacité.
Lorsqu’un étudiant infirmier ou un infirmier diplômé d’État (IDE) est confronté à des
situations émotionnellement intenses, comme la douleur d’un patient ou une situation de crise,
on attend de lui qu’il sache adapter son propre état émotionnel afin de ne pas se laisser
submerger par ses sentiments. Si, à l’inverse, il se laisse envahir par des réactions
émotionnelles incontrôlées qu’il s’agisse d’une colère excessive, d’une tristesse manifeste ou
d’une anxiété palpable, ces émotions fortes risquent de perturber l’interaction et de
compromettre la relation de confiance établie. En effet, lorsque nous, soignants, ne parvenons
pas à maîtriser nos émotions, nous risquons involontairement d’alimenter un malentendu,
voire de générer une détresse supplémentaire chez le patient. Ce constat souligne l’importance
cruciale de savoir canaliser sa propre implication émotionnelle afin de garantir à la fois
l’efficacité et l’humanité des soins prodigués. Cependant, au cours de mes différents stages,
j’ai constaté qu’il était difficile de ne rien laisser paraître de ce que l’on ressent et de répondre
à l’image de l’infirmier idéal qui, quelles que soient les circonstances, reste souriant, à
l’écoute et disponible pour tous les patients.
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professionnels. En effet, la Haute Autorité de Santé (HAS) alerte sur l’impact délétère du
stress prolongé. Celui-ci, associé à l’incapacité de réguler les émotions, peut entraîner un
épuisement professionnel, mieux connu sous le nom de burnout. Cette condition se manifeste
par une fatigue extrême, une détérioration du sentiment d’accomplissement et un
désengagement progressif vis-à-vis des patients. Le soignant, se sentant incompris, délaissé et
pas à sa place, perd peu à peu le lien avec sa vocation et avec ses objectifs professionnels, ce
qui compromet la qualité des soins fournis. Ce phénomène démontre que la régulation des
émotions ne constitue pas seulement un enjeu de qualité relationnelle, mais également un
facteur déterminant dans le maintien de la santé globale des soignants et dans l’efficacité des
soins à long terme. Consciente des difficultés rencontrées par les étudiants paramédicaux,
l'Agence Régionale de Santé (ARS) du Grand Est a lancé en 2023 le programme « Leaders et
ambassadeurs santé mentale ». Cette initiative vise à préserver la santé mentale des étudiants
en renforçant leur résilience face aux exigences émotionnelles de leur future profession. Ce
programme repose sur plusieurs axes stratégiques, dont la formation d'étudiants ambassadeurs
capables d'identifier et de relayer les signaux de détresse psychologique, l'organisation
d'ateliers de sensibilisation et de développement personnel, ainsi qu'un accès facilité à des
dispositifs d'accompagnement psychologique.
Dans cette optique, il devient de plus en plus évident que la gestion des émotions doit
être intégrée de manière systématique dans la formation et l’accompagnement des soignants.
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gérées influe directement sur la qualité de la relation entre le soignant et le patient. Une
gestion maîtrisée des émotions permet à l'infirmier d’établir une relation de confiance, ce qui,
à son tour, favorise une communication plus ouverte et efficace. Une étude, disponible sur
Cairn.info dans l’article Le travail émotionnel qui sous-tend les soins infirmiers, met en
évidence que les patients se sentent mieux soutenus quand ils perçoivent une attitude
empathique et équilibrée chez le soignant.
L’importance de l’état émotionnel du soignant n’est pas une idée nouvelle. Florence
Nightingale, dans les années 1800, soulignait déjà que la qualité des soins était en partie
conditionnée par la gestion des émotions des soignants. Puis, en 1983, la sociologue
américaine Arlie Hochschild introduit le concept de « travail émotionnel », expliquant que
pour répondre aux exigences de leur métier, les soignants devaient apprendre à réguler leurs
émotions afin qu'elles n'interfèrent pas avec la qualité des soins.
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la compensation est utilisée pour combler un vide émotionnel en adoptant un autre
comportement ou en agissant différemment, afin de rétablir un équilibre émotionnel.
Personnellement, je trouve que l’humour est un mécanisme efficace pour alléger les
tensions dans des moments difficiles ou pour permettre aux patients de rigoler l’espace d’un
instant, mais aussi pour créer une forme de barrière protectrice. D'autres mécanismes, comme
l’esquive ou la banalisation, permettent de réduire temporairement l’intensité des émotions et
offrent ainsi au soignant un temps de réajustement. Ces stratégies, bien que souvent
automatiques, aident les soignants à poursuivre leurs soins sans être submergés par leurs
émotions.
Pour que ces compétences soient renforcées, il est essentiel que la formation des
soignants intègre des enseignements spécifiques sur la gestion des émotions. Cela doit être
poursuivi tout au long de leur parcours professionnel. Le Ministère des Solidarités et de la
Santé (2017), ainsi que l’Agence Régionale de Santé (ARS, 2018), proposent déjà des guides
et des dispositifs destinés à prévenir l’épuisement professionnel et à soutenir la santé mentale
des soignants. Une étude menée par la FNESI, réalisée auprès de 14 000 étudiants infirmiers,
révèle que trois quarts de ces étudiants se déclarent émotionnellement épuisés, et qu'un tiers
souffre de crises d'angoisse. Ces dispositifs préconisent des approches basées sur le partage
d’expériences, la supervision clinique et la mise en place de groupes de parole, permettant
ainsi aux soignants de mieux comprendre leurs émotions et d’adopter des stratégies efficaces
pour préserver leur équilibre personnel et professionnel.
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Dans des situations similaires à celles que j'ai rencontrées, il est essentiel de pouvoir
exprimer ses émotions afin de ne pas les garder pour soi et qu'elles deviennent toxiques. La
communication est un moyen puissant pour alléger le fardeau émotionnel, en permettant aux
soignants de libérer ce qu'ils ressentent et d’éviter que cela n'impacte leur pratique.
II . La Communication
Dans le premier chapitre de mon cadre conceptuel j’ai travaillé sur les émotions ainsi
que leur impact et leur gestion. Dans cette seconde partie je vais étudier la communication.
Comme je l’ai évoqué dans la première partie, la communication permet à la fois une
meilleure gestion des émotions et une meilleure relation avec les patients. Dans ce contexte,
maîtriser les différents aspects de la communication – depuis son origine et sa définition
jusqu’à l’écoute active et l’accompagnement personnalisé – s’avère indispensable pour
répondre aux exigences du métier
A. Définition de la communication
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Selon le Larousse, la communication se définit comme « l'action de transmettre un
message ». Cette définition se complexifie dans le domaine de la santé, où l’échange
s’accompagne de gestes, d’intonations et de signaux non verbaux. Ainsi, communiquer en
soins infirmiers signifie « co-construire un sens commun » entre le soignant et le patient,
favorisant une relation authentique et empathique. Cette approche est renforcée par la
littérature française, qui souligne que la communication est essentielle pour instaurer un
dialogue constructif et adapté aux besoins de chacun.
Ce constat est partagé par de nombreux professionnels de santé. Par exemple, une
étude publiée dans La Revue de l'Infirmière met en lumière que « pour 98 % des patients et
97 % des soignants, la communication est considérée comme le fondement d'une bonne
relation. De même, un article de l'Académie Nationale de Médecine souligne que « la plupart
des litiges voire des conflits qui surviennent entre soignants et soignés sont liés à une carence
de communication ». Ces témoignages illustrent ce que les études démontrent : une
communication ouverte et empathique est bien plus qu’un simple outil, elle façonne la
relation soignant-soigné et influence directement l’efficacité des soins. En tant que future
infirmière, il est essentiel d’intégrer ces réflexions à ma pratique, en restant attentive non
seulement aux mots que je choisis, mais aussi à l’attitude et à l’écoute que j’offre aux patients.
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fondamental qui permet d’améliorer la qualité des échanges et d’instaurer une relation de
confiance avec le patient.
B. L'écoute active
L'écoute active représente bien plus qu'une simple capacité à entendre les mots
prononcés. Elle requiert une attention totale et une présence soutenue, permettant de capter les
nuances du discours du patient, ainsi que ses signaux non verbaux. Par exemple, lorsqu'un
patient exprime ses inquiétudes concernant un traitement, l'infirmier doit non seulement
écouter le contenu verbal, mais aussi observer les expressions faciales, la posture et le ton de
voix qui accompagnent ces propos. Pour illustrer cela, l'infirmier peut reformuler en disant : «
Si j’ai bien compris, vous ressentez une grande angoisse face à ce traitement », ce qui permet
de vérifier que le message a été correctement perçu et de donner au patient le sentiment d'être
compris.
Les recherches françaises, notamment celles disponibles sur Cairn.info, confirment ces
apports en soulignant que “l’écoute active favorise une meilleure alliance thérapeutique et
permet de diminuer l’anxiété du patient”. En mettant en œuvre des techniques telles que la
reformulation, le recadrage et la validation des ressentis, l'infirmier peut non seulement
clarifier les besoins exprimés, mais aussi détecter ceux qui restent implicites, ce qui contribue
à une prise en charge plus humaine et personnalisée. Cette approche contribue à instaurer un
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climat de confiance indispensable à l'efficacité de la relation de soin. Elle permet également
d’identifier les besoins implicites, souvent non exprimés, et d’adapter les interventions en
conséquence. Ainsi, l'écoute active constitue un véritable levier pour humaniser la prise en
charge, en donnant au patient l’espace nécessaire pour exprimer ses émotions et en permettant
au soignant de répondre de manière ciblée et empathique.
Malgré l'importance reconnue de l'écoute active, sa mise en œuvre peut être entravée
par divers obstacles. Le stress, souvent présent dans les environnements de soins, peut réduire
la capacité du professionnel à se concentrer sur l'interlocuteur. De même, la surcharge de
travail et un environnement bruyant ou chaotique peuvent limiter le temps et l'attention
consacrés à l'écoute par le soignant. Ces facteurs, fréquemment cités dans les revues sur les
soins paramédicaux diminuent la capacité du personnel soignant à saisir pleinement les
besoins et les émotions du patient, ce qui peut entraîner une communication incomplète ou
superficielle.
Pour pallier ces difficultés, plusieurs études recommandent la mise en place de temps
dédiés à la communication au sein des services. Par exemple, des réunions de débriefing et
des sessions de supervision clinique offrent aux infirmiers l'opportunité de partager leurs
expériences, de discuter des obstacles rencontrés et de trouver des solutions collectives pour
améliorer l'écoute. Ces dispositifs permettent non seulement d'améliorer la qualité de
l'échange avec le patient, mais aussi de réduire le stress professionnel en offrant un espace
pour l'expression et le partage des difficultés.
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patient et le soignant. Les formations se basent souvent sur des mises en situation et des jeux
de rôle qui permettent aux infirmiers d'expérimenter et d'affiner leur aptitude à écouter, tout
en recevant un retour constructif de leurs pairs et formateurs.
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Santé, contribuent à instaurer une culture de la bienveillance et de l'écoute dans les
établissements de santé. Ils aident également à prévenir le burnout qui est très présent dans le
milieu médical en offrant aux soignants un espace pour exprimer leurs ressentis et échanger
sur leurs difficultés.
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Une étude menée en 2012 par Stefanie Senn, infirmière et chercheuse en soins
infirmiers, Ian Needham, docteur en sciences infirmières, et Stéphane Antille, spécialiste en
santé mentale, a mis en évidence l’importance de cette alliance dans le traitement des
addictions. Leur recherche, intitulée Relation entre l'alliance thérapeutique infirmière-patient
et les contrôles perçus par le patient en traitement de dépendances : une étude
corrélationnelle descriptive, a permis de montrer que la qualité de la relation soignant-soigné
a une influence directe sur la perception qu'ont les patients des contrôles effectués par les
infirmiers, notamment dans le cadre des traitements de sevrage.
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En outre, la création d’un environnement sécurisant et bienveillant est une condition
sine qua non pour que le patient se sente entendu et compris. C’est dans ce cadre que
l’alliance thérapeutique prend toute son importance : elle permet de créer une relation où le
patient peut se sentir à l’aise, sans jugement, et prêt à s’investir dans son parcours de soins.
Aujourd’hui, cette approche est de plus en plus intégrée dans les formations des
soignants, notamment en France, où la relation soignant-soigné est au cœur des
préoccupations des équipes médicales. L’alliance thérapeutique n’est plus perçue comme un
simple aspect de la communication, mais comme un levier fondamental pour améliorer la
qualité des soins, en particulier dans des domaines sensibles comme les addictions, la santé
mentale, ou encore la gestion de la douleur.
Les bénéfices d’une alliance thérapeutique solide sont multiples : elle permet de
réduire les résistances au traitement, d’améliorer la coopération entre le patient et l’équipe
soignante et, in fine, de contribuer à de meilleurs résultats thérapeutiques. En ce sens,
l’alliance thérapeutique devient un indicateur essentiel de la qualité des soins, car elle
conditionne non seulement l’efficacité des traitements, mais aussi la satisfaction du patient
vis-à-vis de son accompagnement.
Dans cette optique, il est crucial de reconnaître que l’alliance thérapeutique ne repose
pas uniquement sur les compétences techniques des soignants, mais aussi sur leur capacité à
établir des liens authentiques et respectueux avec leurs patients. Elle constitue un enjeu
majeur pour la pratique infirmière, et son développement au sein des équipes soignantes
devrait être encouragé, tant pour le bien-être des patients que pour l’efficacité des soins.
30
La confiance est sans doute l’un des éléments les plus cruciaux dans l’établissement de
cette alliance. Selon une étude publiée sur The Decision Lab, « une alliance thérapeutique
solide est déterminante dans le processus de soin, car elle repose sur une confiance partagée
entre le patient et le soignant ». Cette perspective m'a particulièrement marquée, car elle
souligne l'importance de la perception du patient dans le développement de cette relation. En
tant que future infirmière, je prends conscience de la nécessité de créer dès le premier contact
un environnement où le patient se sente en sécurité et respecté, afin de favoriser son
implication active dans les soins qu’il recevra.
L’empathie joue également un rôle central dans cette relation, en permettant une
compréhension plus approfondie des besoins et des attentes du patient. À travers mes
expériences en stage, j'ai pu observer que l’écoute attentive et la reconnaissance des émotions
du patient contribuent non seulement à son bien-être psychologique, mais renforcent
également son engagement dans le traitement.
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C) L’impact et les enjeux cliniques de l’alliance thérapeutique
L'un des principaux enjeux de l'alliance thérapeutique réside dans la manière dont elle
influence le parcours de soins du patient. Lorsqu'une relation de confiance se développe entre
le patient et le soignant, ce dernier se sent plus impliqué et plus motivé à suivre les
recommandations. Une étude publiée dans Recherches en soins infirmiers (Bastian,
Valdeyron, & Vaquier, 2001) souligne que l'engagement du patient est fortement lié à la
qualité de l'alliance thérapeutique. En effet, lorsque le patient perçoit que son soignant prend
en compte ses besoins et ses attentes, il devient plus enclin à participer activement à sa prise
en charge et à respecter les traitements prescrits. L'article met en avant que l'alliance
thérapeutique, fondée sur la confiance mutuelle, est un facteur clé pour renforcer l’implication
du patient et optimiser les résultats des soins. L’alliance permet donc de réduire les résistances
aux traitements et d’augmenter les chances de succès du soin.
32
une posture de soutien, de conseil, sans imposer ses choix, mais en favorisant un dialogue
ouvert et constructif.
Un autre enjeu clé concerne le cadre de travail dans lequel l’alliance thérapeutique se
développe. L’organisation des soins et les conditions de travail ont une influence directe sur la
qualité de cette relation. En effet, un environnement calme, avec un personnel soignant
disponible et à l'écoute, renforce la confiance et favorise la relation soignant-soigné.
Cependant, dans des contextes de surcharge de travail, cette relation peut se dégrader,
entraînant des ruptures dans la communication et une diminution de l’engagement du patient.
Il devient donc crucial d'identifier les facteurs organisationnels susceptibles d'entraver la
qualité de l'alliance thérapeutique, afin de les ajuster pour garantir un soin optimal.
Synthèse :
Dans la pratique infirmière, les émotions occupent une place centrale. Chaque jour, nous
sommes confrontés à des situations intenses : la souffrance des patients, l’annonce de
diagnostics difficiles, ou encore la pression constante liée aux exigences du métier. Ces
expériences, par leur charge émotionnelle, peuvent parfois submerger le soignant et influencer
sa manière d’interagir avec les patients et leurs proches. Il devient alors essentiel d’apprendre
à reconnaître et à réguler ses émotions, non seulement pour préserver son propre équilibre,
mais aussi pour garantir une prise en charge adaptée et professionnelle.
33
reformulation et l’attention aux signaux non verbaux. Une parole maladroite ou une posture
fermée, souvent amplifiées par des émotions mal maîtrisées, peuvent générer des
incompréhensions, voire des tensions. À l’inverse, une communication apaisée et ajustée
contribue à instaurer un climat de confiance, aidant ainsi le patient à mieux vivre son parcours
de soins.
Cette qualité des échanges influence directement l’alliance thérapeutique, un lien fondé sur la
confiance, la collaboration et le respect mutuel. Plus cette alliance est solide, plus
l’implication du patient dans ses soins est grande, favorisant ainsi l’adhésion aux traitements
et l’amélioration des résultats thérapeutiques. À l’inverse, une communication altérée par un
excès d’émotion ou une gestion inadéquate de celles-ci peut fragiliser cette relation, rendant le
patient plus méfiant ou réticent.
C’est ici que l’intelligence émotionnelle prend tout son sens. Développer cette compétence
permet non seulement de mieux comprendre et gérer ses propres émotions, mais aussi de
percevoir celles des autres et d’y répondre avec justesse. Elle représente une clé essentielle
pour maintenir une communication fluide et adaptée, et ainsi renforcer la qualité du lien
thérapeutique. En intégrant cette approche dans ma pratique, je pourrai offrir des soins plus
humains, personnalisés et respectueux des besoins de chaque patient.
Hypothèses :
Les étudiants ayant suivi une formation en intelligence émotionnelle sont plus aptes à adopter
des comportements empathiques et à améliorer leur communication avec leurs collègues et
patients dans leur futur environnement professionnel.
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Méthodes et outils :
Afin de répondre à ma question de recherche, je souhaite mener une enquête auprès de jeunes
infirmiers diplômés travaillant dans des services où la charge émotionnelle est
particulièrement forte, comme les soins palliatifs et les urgences. Ces environnements de
travail exposent les soignants à des situations stressantes et éprouvantes, nécessitant une
gestion émotionnelle efficace pour assurer une prise en charge optimale des patients. Mon
objectif est de comprendre comment ces jeunes professionnels gèrent leurs émotions au
quotidien et si leur formation initiale les a suffisamment préparés à faire face à ces défis.
Pour recueillir ces données, j’ai choisi de réaliser une enquête sous forme de questionnaire
interactif. Ce format me semble particulièrement adapté aux contraintes des soignants,
souvent pris par le rythme soutenu de leur travail et disposant de peu de temps pour participer
à des études. Le questionnaire sera construit de manière directive, avec des questions fermées
permettant d’obtenir des données quantitatives, mais aussi quelques questions ouvertes afin de
laisser aux participants la possibilité d’exprimer leur ressenti et de partager leur expérience.
Les thèmes abordés s'articuleront autour de trois axes. Tout d’abord, je m’intéresserai à la
manière dont ces jeunes diplômés identifient et régulent leurs émotions en situation
professionnelle car il est important de comprendre s’ils parviennent à reconnaître leurs
ressentis et à mettre en place des stratégies pour les gérer efficacement. Ensuite, j’analyserai
l’impact de cette gestion émotionnelle sur la prise de décision, en particulier dans des
contextes où la pression est élevée et où les choix doivent être faits rapidement. Enfin,
j’aborderai la dimension relationnelle en explorant l’influence de l’intelligence émotionnelle
sur la communication avec les patients, leurs familles et les autres membres de l’équipe
soignante.
Une fois les données collectées, j’effectuerai une analyse à la fois quantitative et qualitative.
Les résultats des questions fermées permettront d’identifier des tendances générales, tandis
que les réponses aux questions ouvertes offriront une vision plus nuancée et personnelle du
vécu des soignants.
Il me paraît important d’adopter une démarche respectueuse de l’éthique tout au long de cette
enquête. Ainsi, les participants seront informés des objectifs de l’étude et de la confidentialité
de leurs réponses. Aucune donnée nominative ne sera collectée et la participation restera
35
totalement volontaire. L’idée est d’offrir un espace où ces jeunes professionnels pourront
partager leur expérience en toute liberté.
À travers cette enquête, j’espère mieux comprendre dans quelle mesure une formation en
intelligence émotionnelle pourrait aider les étudiants en soins infirmiers à mieux appréhender
les défis émotionnels qu’ils rencontreront une fois sur le terrain. Cela pourrait également
permettre d’envisager des améliorations dans l’accompagnement des futurs soignants afin de
les préparer au mieux à cette réalité incontournable du métier.
Conclusion :
Ce travail de recherche a constitué une véritable opportunité pour moi de prendre du recul et
d’examiner plus profondément la place des émotions dans le cadre de la pratique infirmière.
J’ai cherché à comprendre comment les émotions intenses vécues par un soignant peuvent
influencer la clarté de sa communication, mais aussi affecter l’alliance thérapeutique avec le
patient.
Au cours de ma formation, les notions de gestion du stress et des émotions sont abordées de
manière théorique, notamment en troisième année. Cependant, l’expérience de terrain m’a
confrontée à ces enjeux bien plus tôt, me permettant de réaliser qu’il y a parfois un écart entre
la théorie enseignée et la réalité vécue en soins. Ce contraste m’a poussée à réfléchir sur la
manière de mieux gérer mes émotions pour être plus sereine et plus efficace dans mes
échanges avec les patients.
J’ai appris qu’une gestion inadéquate des émotions peut brouiller la communication entre le
soignant et le patient. Ce manque de clarté peut provoquer des malentendus, voire créer une
distance émotionnelle qui fragilise la relation de soin. À l’inverse, en apprenant à reconnaître
et à comprendre mes émotions, je suis mieux à même de maintenir une communication
ouverte, honnête et bienveillante, renforçant ainsi la confiance nécessaire à une alliance
thérapeutique solide.
Ce travail m’a aussi permis de comprendre que la communication ne se résume pas aux mots.
Elle englobe l’ensemble du comportement, des gestes, et de l’écoute. Les émotions, loin
d’être un obstacle, peuvent devenir un atout si elles sont gérées de manière consciente et
réfléchie. Ainsi, une bonne maîtrise émotionnelle permet non seulement de mieux
communiquer, mais aussi de mieux accompagner le patient dans son parcours de soin.
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Enfin, ce travail m’a permis d’évoluer, tant au niveau personnel que professionnel. J’ai pris
conscience de l’importance de la régulation émotionnelle pour assurer une prise en charge
soignante de qualité, centrée sur l’humain. Les compétences émotionnelles sont au cœur de
l’efficacité et de l’éthique des soins, et c’est avec cette conviction que je me prépare à exercer
en tant qu’infirmière, prête à intégrer pleinement cette dimension émotionnelle dans ma
pratique quotidienne.
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les futurs soignants. Récupéré sur https://www.grand-est.ars.sante.fr/sante-mentale-etudiante-
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SOIGNER AVEC LE COEUR MAIS SANS PERDRE LA VOIX !
CRISTOU Léa
Promotion 2022-2025
J’ai réalisé ce travail d’initiation à la recherche à This introductory research project was based on a
partir d’une situation qui m’a particulièrement situation that particularly affected me.
marquée.
During a placement, I conducted an intake interview
Lors d’un stage, j’ai mené un entretien d’accueil with Mrs J. to reassure her before her operation. Later,
avec Mme J. pour la rassurer avant son I learned of her death, which had a huge impact on me
intervention. Plus tard, j’ai appris son décès, ce and led me to reflect on how I managed my emotions
qui m’a fortement impactée cela m’a amenée à as a carer. Emotions are part of nurses' daily lives and
réfléchir sur la manière dont je gérais mes can sometimes influence their practice. This led me to
émotions en tant que soignante. Les émotions formulate my initial question: How do the strong
font partie du quotidien des infirmiers et peuvent emotions experienced by a carer affect their clarity
parfois influencer leur pratique. C’est ainsi que and communication, and what are the
j’ai formulé ma question de départ : En quoi les consequences for the therapeutic alliance?
émotions fortes vécues par un soignant
altèrent sa clarté et sa communication, et In the course of my research, I identified three key
quelles en sont les conséquences pour concepts: emotions, communication and the
l’alliance thérapeutique ? therapeutic alliance. I came to understand that when
emotions are not properly regulated, they can alter the
Au cours de mes recherches, j’ai identifié trois quality of exchanges with the patient and complicate
notions essentielles : les émotions, la the healthcare relationship. Conversely, knowing how
communication et l’alliance thérapeutique. J’ai to recognise and manage your emotions enables you to
pu comprendre que lorsque les émotions ne sont communicate more clearly and establish a climate of
pas bien régulées, elles peuvent altérer la qualité trust with the patient.
des échanges avec le patient et compliquer la
relation de soin. À l’inverse, savoir reconnaître Learning to manage my emotions better in a care
et gérer ses émotions permet d’adopter une situation therefore seems to me to be essential to
communication plus claire et d’instaurer un guaranteeing a quality relationship between carer and
climat de confiance avec le patient. patient. This involves developing appropriate
strategies that not only improve communication, but
Apprendre à mieux gérer mes émotions en also strengthen the therapeutic alliance and ensure
situation de soin me semble donc essentiel pour more serene and effective care.
garantir une relation soignant-soigné de qualité.
Cela passe par le développement de stratégies
adaptées, qui permettent non seulement
d’améliorer la communication, mais aussi de
renforcer l’alliance thérapeutique et d’assurer
une prise en charge plus sereine et efficace.
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