Module Culture D'entrepreneuriat
Module Culture D'entrepreneuriat
« Les opportunités d’entreprise sont comme les autobus, il y en toujours une autre qui s’en vient. »
Richard Branson
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Chapitre 1 : L’entreprise : définition, finalités et classification
1. Définition
L’entreprise est une unité économique et juridique qui a pour principale fonction la production de
biens et services destinés à être vendus sur un marché.
L’activité d’une entreprise peut être décomposée en deux phases distinctes :
- l’activité productive, c’est à dire la création de biens ou services.
- l’activité de répartition des richesses en contrepartie des biens ou services.
a. L’entreprise en tant qu’unité de production
Par l’opération de production, l’entreprise transforme des flux d’entrée (Intrants ou Inputs) en flux
de sortie (Extrants ou outputs).
Les intrants peuvent être classés en trois catégories :
- Le travail fourni par le personnel de l’entreprise
- Le capital technique : bâtiments, matériels …etc.
- Les consommations intermédiaires : ce sont les matières premières, les produits semi-finis,
énergie…ou les services (publicité, transport, …etc.) incorporés au processus de production.
b. L’entreprise en tant qu’unité de répartition
La contrepartie de l’activité de production de l’entreprise se traduit par la vente.
Le produit de cette vente doit permettre à l’entreprise de :
- rémunérer les facteurs de production ;
- payer ses charges sociales et fiscales ;
- réaliser un surplus destiné à assurer son avenir.
Une fois les richesses sont créées, l’entreprise distribue les rémunérations aux agents qui ont
participé à la réalisation de la production. Ainsi :
- les employés perçoivent des salaires ;
- l’Etat, les organismes sociaux (CNSS, CIMR, CMR) reçoivent les impôts (IGR, IS) et les
cotisations sociales ;
- les prêteurs reçoivent des intérêts ;
- les apporteurs de capitaux reçoivent les dividendes ;
- l’entreprise garde pour elle les revenus non distribués.
2. Les finalités de l’entreprise
2.1. La notion de finalité
Les finalités, ou missions, de l’entreprise désignent les raisons pour lesquelles elle est acceptée
par son environnement. Ce sont des buts plus durables que les objectifs, avec des échéances
imprécises.
Elles répondent à des questions du type « que voulons-nous devenir ? », « quelles sont nos
motivations ? ». Les finalités contribuent à la cohésion de l’entreprise et orientent les décisions
stratégiques.
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2.2. Les différents types de finalités
A. Les finalités économiques : L’entreprise est une organisation juridiquement indépendante qui
combine des facteurs de production afin d’obtenir des biens et des services qui sont vendus sur un
marché dans le but de réaliser un bénéfice.
On distingue généralement des finalités économiques lié à :
Longévité Rentabilité
- Existence (présence), - Création de valeur : assurer la rémunération
- Survie (pérennité), du travail et du capital (recherche du profit),
- Croissance (puissance et développement), - Augmentation du profit et des parts de
- Indépendance marché.
- Compétitivité
B. Finalités sociales : Elles définissent le rôle de l’entreprise par rapport à son personnel en
assurant à chacun une vie professionnelle dans de bonnes conditions lui permettant la réalisation
de ses aspirations :
Distribuer des revenus Rémunérer le travail (salaire, participation financière, …)
Définir une politique Permettre au personnel de réaliser ses aspirations (gestion des carrières,
sociale formation, …)
C. Finalités sociétales
L'entreprise a des responsabilités sociales vis-à-vis de ses salariés et sociétales ou sociales
modernes à l'égard de la société dont elle fait partie.
La responsabilité sociétale est l’engagement de l’entreprise vis-à-vis de son environnement.
L’entreprise n’est pas redevable uniquement aux actionnaires mais aussi à ses partenaires socio-
économiques (clients, fournisseurs, collectivités locales…).
Avec l’émergence de nouvelles responsabilités sociétales : Défense du consommateur, protection
de l’environnement, hygiène et sécurité, liberté syndicale, respect de l’éthique, on constate
l’apparition de « l’entreprise citoyenne » qui désigne « toute entreprise qui agit dans un esprit de
co-développement avec son environnement et se reconnaît coresponsable de son devenir ».
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3.2. La classification selon la taille
Les entreprises ont des tailles différentes. Selon sa dimension, l’entreprise va du simple atelier
jusqu’à une grande entreprise.
A. Effectif du personnel employé : permet d’apprécier l’importance du facteur de production
travail.
Selon ce critère, on distingue :
- les très petites entreprises (TPE) qui emploient moins de 10 employés ;
- les petites entreprises (PE) qui emploient un effectif compris entre 10 et 50 salariés ;
- les moyennes entreprises (ME) employant un effectif compris entre 50 et 200 salariés.
- les grandes entreprises qui emploient plus de 200 salariés.
B. Selon le chiffre d’affaires
Le Chiffre d’affaires : C’est le montant des ventes effectuées par l’entreprise ( quantités vendues
×prix ). IL mesure la part de marché de l’entreprise.
Le chiffre d’affaire permet d’avoir une idée sur le volume des transactions de l’entreprise avec ses
clients. L’importance d’une entreprise peut se définir par le volume de ses transactions. Ce critère
est important pour les raisons suivantes :
- Il est utilisé pour apprécier l’évolution des entreprises et pour les classer par ordre d’importance
selon leur chiffre d’affaires.
▪ Très petite entreprise : Chiffre d’affaires inférieur à 3 millions de DH
▪ Petite entreprise : Chiffre d’affaire compris entre 3 et 10 millions de DH
▪ Moyenne entreprise : Chiffre d’affaire compris entre 10 et 175 millions de DH
- Pour l’entreprise,
• Il constitue un outil de gestion : la variation du chiffre d’affaires permet à l’entreprise de
mesurer la pertinence de ses méthodes de ventes. Ainsi, une baisse du chiffre d’affaires
est souvent interprétée comme un indicateur important de la mauvaise santé de
l’entreprise.
• Il est utilisé à des fins comparatives dans la mesure où il permet à l’entreprise de se
positionner par rapport aux autres entreprises de la même branche.
3.3. La classification juridique
Question : A qui appartient l’entreprise ?
Cette classification se fait en fonction de (la) ou (les) personne(s) qui déteint (détiennent) le capital
et les objectifs retenus par l’entreprise.
Cette classification permet de distinguer entre :
A. Les entreprises du secteur privé :
Dont le capital est détenu par des personnes privées (particuliers). Elles se composent des
entreprises individuelles et des sociétés privées.
1-Les entreprises individuelles
Un seul propriétaire fournissant à la fois le capital, le travail et la direction. Exemple : Entreprises
agricoles, entreprises artisanales ou commerciales. Elles sont très répandues au Maroc.
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2-Les entreprises sociétaires privées
Forme d’entreprises dont le capital est détenu par plusieurs personnes privées et se caractérisant
par la séparation entre les apporteurs de travail et ceux de capital. Direction assurée par les
apporteurs de capital ou leurs mandataires.
On trouve 3 catégories de sociétés :
▪ Sociétés de personnes (Exemple : Société en nom collectif)
▪ Société de capitaux (Exemple : Société anonyme)
▪ Société à responsabilité limitée (S.A.R.L.)
A plusieurs associés A à associé unique
B. Les entreprises du secteur public
Sont des entreprises dont l’Etat détient tout ou une partie du capital. Deux formes principales:
1-Les entreprises publiques :
Sont des entreprises dans lesquelles l’Etat détient l’intégralité du capital et le pouvoir absolu de
gestion.
Formes des entreprises publiques :
Régies directes : entreprises d’intérêt public gérées par des fonctionnaires ou des collectivités
locales. Exemple : Régies de distribution de l’eau et de l’électricité
Entreprises publiques industrielles et commerciales : entreprises publiques ayant une activité
industrielle ou commerciale gérées de la même manière que les entreprises publiques et
cherchant à réaliser un profit. Exemples : Office Chérifien des Phosphates (OCP), Office National
des Chemins de Fer (ONCF)
Entreprises nationales : entreprises en situation de monopole. Et l’Action de l'Etat est directe sur
l'économie notamment par la fixation des tarifs et des programmes d'investissement.
Exemples : Office National des Chemins de Fer (ONCF), Office National d‘Electricité (ONE), Office
National de l’Eau Potable (ONEP).
2-Les entreprises semi-publiques :
Sont des entreprises dans lesquelles le capital est partagé entre l’Etat et des particuliers. Et par
conséquent garde un pouvoir de contrôle sur ces entreprises (choix d’investissement, politique
d’emploi, …) et les particuliers participent par le financement ou la gestion.
Formes des entreprises semi-publiques :
Sociétés mixtes : Entreprises dans lesquelles sont associés des capitaux publics et des capitaux
privés. Exemple : Société Marocaine des Assurances à l’Exportation (SMAEX), Royal Air Maroc ;
Concessions : entreprises intervenant dans le domaine des services publics gérées par un
particulier ou par une société privée. Elles sont soumises à un contrôle concernant les prix et les
programmes d’investissement. Exemple : Rédal ou Lydec ou Amendis.
C. Les entreprises du secteur social
Entreprises privilégiant des rapports sociaux et humains. Elles se basent sur le principe de
solidarité et non sur la recherche de profits.
Deux formes principales :
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1- Les sociétés mutuelles : Ces des sociétés agissant dans le secteur de la prévoyance sociale.
Elles ont un but non lucratif.
2-Les coopératives : Ce sont des entreprises collectives. Leurs membres, associés à égalité de
droits et d’obligations, mettent en commun travail et éventuellement capital pour satisfaire eux-
mêmes leurs besoins sans dépendre du marché et sans rechercher le profit.
On trouve notamment :
Coopératives agricoles : regroupement de petites unités, tout en conservant une gestion
autonome, cherchant à bénéficier des avantages des grandes exploitations :
Coopératives auxiliaires de production : coopératives d’exploitation du sol, coopératives de
services
Coopératives d’achat et de vente : Coopératives ayant pour mission l’achat et la vente
Coopératives de transformation de produits agricoles : Coopératives agissant principalement
dans la production laitière.
Coopératives de consommateurs : Coopératives de défense de intérêts du consommateur
Coopératives de commerçants : regroupant des détaillants essayant d’améliorer leur
compétitivité face aux formes nouvelles de distribution (grandes surfaces en particulier).
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http ://www.granddictionnaire.com/.
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L’entrepreneur un rôle irremplaçable dans l’économie et la société. Il est son ferment, puisque,
d’une part, il crée des entreprises et des emplois, ensuite, il introduit des innovations de rupture
comme des innovations incrémentales, et enfin, il participe au renouvellement et à la
restructuration du tissu économique.
L’entrepreneur est souvent étroitement associé aux termes de prise de risque, d’innovation, et
de proactivité (anticipations des événements), et chasseur d’opportunités d’affaires. Il est un agent
de changement.
Selon ALAIN FAYOLLE : L'entrepreneur est un être passionné, épris de liberté, qui se construit
une prison sans barreaux.
Dans cette définition, l'entrepreneur apparaît comme un individu qui est passionné par ce qu'il fait,
qui s'investit donc totalement dans son entreprise. Il aime et recherche la liberté et se construit
une prison sans barreaux. Il ne sera pas indépendant, mais il a choisi, lui même le cadre et les
conditions de cette dépendance, y compris celles de son éventuelle sortie.
3.2 L’ENTREPRENEURIAT
L’entrepreneuriat est un terme à l’origine issu du terme d’entrepreneur qui est passé à la langue
anglaise : entrepreneurship.
Selon l’office québécois de la langue française, l’entrepreneuriat est défini comme la « fonction
d’une personne qui mobilise et gère des ressources humaines et matérielles pour créer,
développer et implanter des entreprises »2.
En tant que phénomène économique et social, les apports de l’entrepreneuriat à l’économie et à la
société sont considérables et ils concernent :
– la création d’entreprises et le renouvellement du parc dans les différents domaines d’activités,
– la création d’emploi comme une réponse aux problèmes,
– l’innovation et les opportunités innovantes,
– le développement de l’esprit d’entreprendre dans les entreprises et les organisations (prise
d’initiative, prise de risque, orientation vers les opportunités, réactivité ou flexibilité…)
– et l’accompagnement de changements structurels au niveau de l’environnement politique,
technologique, social ou organisationnel (exemple du secteur tertiaire, l’internet, les TIC…).
3.3 LA CULTURE
La culture est définie comme étant un ensemble d’informations partagé et transmis entre des
individus et des générations d’individus. C’est un socle de références porte sur des valeurs, des
aspirations, des croyances, des modes de comportement et des relations interpersonnelles.
– Les croyances, valeurs et normes
Ils définissent un certain nombre de règles de comportement auxquelles les membres du groupe
doivent se soumettre sous peine de sanctions, voire d’exclusion.
– Les mythes et histoires
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http ://www.olf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/officialisation/terminologique/fiches/1298933.html
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Ils font référence au passé de l’entreprise et se transmettent sous la forme de récits idéalisés
basés sur des faits réels. Le mythe joue un rôle sécurisant. Il est le reflet d’un passé, mais aussi le
garant d’un avenir.
– Les rites collectifs
Il s’agit d’actes qui se répètent permettant de manifester un consensus. Le respect du rite
correspond à une volonté de se rassurer, en manifestant son appartenance à un groupe. Toute
technique de gestion est susceptible de devenir rituelle dès le moment où les détenteurs du
pouvoir la singularisent, voire la théâtralisent.
– Les tabous
Ce sont des sujets qui constituent les manifestations d’une peur collective. Les tabous peuvent se
matérialiser sous la forme « d’événements-catastrophes pouvant affecter les produits de
l’entreprise et que les dirigeants sont incapables de prévoir parce qu’un tel exercice est pour eux
trop anxiogène ».
3.4 LA CULTURE ENTREPRENEURIALE
La culture entrepreneuriale serait en effet constituée de qualités et d’attitudes exprimant la volonté
d’entreprendre et de s’engager pleinement dans ce que l’on veut faire et mener à terme. Elle se
veut être comme une culture du projet, une culture toute particulière puisqu’elle vise à produire de
la nouveauté et du changement. Elle se veut aussi être une culture de création et de construction.
La culture entrepreneuriale ne doit plus être considérée uniquement comme un moyen de créer de
nouvelles entreprises, mais plutôt comme une attitude générale qui constitue un atout précieux
dans la vie quotidienne et professionnelle de tout citoyen, compte tenu de la portée des
caractéristiques qui la définissent.
Dans « La culture entrepreneuriale, un antidote contre la pauvreté », Fortin propose que la
création de richesse passe par le développement d’une culture entrepreneuriale qui est
préférablement endogène en priorisant le développement de valeurs comme l’autonomie, la
responsabilisation, la créativité et la solidarité.
Avant de passer au point suivant, il s’agit à ce stade de définir d’autres concepts dérivés comme :
L’esprit d’entreprise vs esprit entrepreneurial. L’esprit d’entreprise concerne la connaissance de
l’entreprise et de l’entrepreneur, alors que l’esprit entrepreneurial consiste essentiellement en une
volonté d’agir pour créer du changement, de la nouveauté, pour fixer des buts et réaliser des
projets.
3.5 LA PROMOTION DE LA CULTURE ENTREPRENEURIALE ET DE SES VALEURS
Le développement de la culture entrepreneuriale passe par un effort de sensibilisation et de
promotion.
3.5.1 LES RAISONS
Parmi les raisons de promouvoir la culture entrepreneuriale dans un pays :
– Stimuler la compétitivité, l’innovation, la productivité et la croissance économique ;
– Faire de l’entrepreneuriat un choix de carrière désirable.
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– Améliorer la capacité des individus à vivre avec l’incertitude et à répondre positivement au
changement.
– Rattraper un retard par rapport à d’autres pays ;
– Contrebalancer l’information déjà abondante en matière d’employabilité.
– Valoriser la richesse et son rôle dans le développement économique et social.
– Prendre en charge des initiatives de promotion à moyen et long terme, car le secteur privé est
peu enclin à le faire.
3.5.2 LES FONDEMENTS
Pour pouvoir engager un processus de changement, il faut mobiliser différentes de ressources
personnelles, à savoir : les ressources émotives ; les ressources cognitives et les ressources
interactionnelles.
Les ressources émotives sont le moteur de l’action. L’esprit d’entreprise trouve en elles sa
motivation première et son déclenchement. Les ressources cognitives servent à penser l’action, à
donner forme à l’avenir par l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet. Elles donnent sens au
projet entrepreneurial. Le passage à l’acte nécessite une action concrète et la mobilisation des
ressources des différents milieux (Ressources interactionnelles). En effet, on ne peut pas
entreprendre seul, avec uniquement l’énergie tirée de la motivation, avec uniquement l’intelligence
de sa vision et de projet. Ce dernier fait appel à la capacité de l’entrepreneur de tisser des liens
avec son environnement.
3.5.3 LES MOYENS
Les moyens sont multiples allant de l’éducation ; à l’apprentissage par projet, à la sensibilisation et
à l’information.
Quelques Repères :
• Identification des opportunités d’affaires ;
• Définition des visions ;
• Expression de différenciations ;
• Évaluation des risques ;
• Gestion de relations.
3.5.4 LES VALEURS ENTREPRENEURIALES
La culture entrepreneuriale se compose de caractéristiques qui ont le pouvoir de favoriser une
action efficace et qui contribuent à l’actualisation du potentiel. Ces caractéristiques sont la
confiance en soi, le leadership, l’esprit d’équipe, la motivation, le sens des responsabilités, la
solidarité, la débrouillardise, l’effort, l’initiative, le sens de l’organisation, la créativité, la
détermination et la persévérance.
Ces valeurs sont définissables par les attitudes et les comportements qui les expriment.
1. La confiance en soi ;
• Se sentir capable de faire quelque chose, d’entreprendre et de mener à terme un projet, grâce à
ses connaissances et à ses compétences.
2. Le leadership ;
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• Proposer des actions, des idées.
• Influencer « positivement » les autres dans la réalisation de la tâche.
• Prendre les décisions nécessaires et passer à l’action.
3. L’esprit d’équipe ;
• Travailler et coopérer avec les autres tout en étant respectueux. C’est créer avec d’autres en
synergie d’action.
4. La motivation ;
• Avoir des raisons d’apprendre et de relever un défi.
5. Le sens de la responsabilité ;
• Respecter ses engagements en faisant ce qui doit être fait et ce qui a été convenu par le groupe.
6. La solidarité ;
• Se sentir responsable des choix et des décisions du groupe dans l’atteinte d’un but commun.
7. Le débrouillardise ;
• Mettre en action ses ressources internes (compétences, connaissances et habiletés) et ses
ressources externes (outils, personnes-ressources, organismes, entreprises, etc.) lorsque
surgissent des difficultés et des embûches. C’est recourir à ses connaissances et à ses habiletés
pour faire face à l’imprévu
8. L’effort ;
• Avoir la volonté de travailler fort.
9. L’initiative ;
• Faire des choix, devenir autonome et prendre des décisions sans avoir besoin de supervision.
C’est passer à l’action
10. Le sens de l’organisation ;
• Choisir de bonnes méthodes pour être efficace dans la réalisation du travail.
11. La créativité ;
• Exprimer des idées, proposer des solutions novatrices, des pistes de recherche, etc.
12. La détermination ;
• Se concentrer sur ce qu’il y a à faire, sur l’atteinte d’un objectif.
13. La persévérance ;
• Continuer/terminer ce qui a été commencé jusqu’à l’obtention d’un résultat satisfaisant.
• Faire preuve de constance et de ténacité afin de mener à terme un projet et d’atteindre l’objectif
fixé.
La culture entrepreneuriale se décline en trois éléments :
▪ Des connaissances partagées par des individus d’une même société qui veulent relever
des défis ;
▪ Des attitudes et des valeurs (créativité, sens de la responsabilité, autonomie, confiance en
soi, solidarité, leadership, tolérance à l’échec, etc.) ;
▪ Des compétences de savoir-faire, savoir être et savoir agir.
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La culture entrepreneuriale a comme but l’accomplissement d’une société alerte, responsable et
en mesure de s’assumer pleinement. Dans un tel projet, les entrepreneurs jouent un rôle capital.
En effet, l’expérience des entrepreneurs peut être exposée et faire l’objet de témoignage,
d’exemples à suivre par les jeunes générations.
En conclusion, Il est important de dire que l’entrepreneuriat peut être « le fruit », alors que la
culture entrepreneuriale peut être comparée à « l’arbre » ; l’analogie du « champ » et de la «
moisson » illustre aussi très bien ces réalités distinctes, mais interdépendantes.
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4.2.1 ENTREPRENEURIAT INDIVIDUEL VS COLLECTIF
L’entrepreneuriat individuel prend la forme individuelle (lancer seule sa propre entreprise) ou
collective (s’associer avec d’autres individus dans un projet entrepreneurial).
4.2.2 FORMES DE L’ENTREPRENEURIAT : QUELQUES EXEMPLES
Les formes de l’entrepreneuriat peuvent aller de la création d’une nouvelle structure à la simple
reprise.
4.2.2.1 Reprise, cession et transmission d’entreprises
C’est une forme d’entrepreneuriat qui consiste à reprendre une activité ou une entreprise déjà
existante. Le créateur ici est une personne physique ou morale appelée repreneur. Il peut s’agir
d’une ou de plusieurs personnes reprenant une PME, une start-up ou même une grande
entreprise. A moins que l’exploitant n’exerce en nom propre, une question va se poser très tôt au
repreneur : créer une nouvelle société et déposer de nouveaux statuts ou reprendre la société en
cours ? Tout dépend de la situation. Concernant les relations avec les clients et les fournisseurs, le
message de continuité représente en général un avantage non négligeable. Le repreneur n’aura
pas besoin de solder les comptes clients et fournisseurs pour ne pas remettre en cause
d’éventuels avantages antérieurs durement acquis.
4.2.2.2 Création d’une entreprise par essaimage
On parle d’une entreprise créée par essaimage lorsqu’un employeur aide ses employés à
entreprendre. On distingue trois sous-catégories de l’entrepreneuriat par essaimage :
• L’essaimage à chaud (ou social) : permet à l’entreprise « qui essaime » de résoudre un
problème de sureffectif ou de mettre en place une politique de restructuration ;
• L’essaimage à froid (ou actif) : concerne les salariés porteurs de projet de création
d’entreprise ;
• L’essaimage stratégique : permet de mettre en œuvre une politique économique
gagnant/gagnant pour externaliser une activité.
C’est une option à considérer si vous avez le statut de salarié, d’autant plus que vous bénéficierez
d’un accompagnement d’expert pour une collaboration profitable aux différentes parties prenantes.
4.2.2.3 Création d’une entreprise par franchise
Entreprendre en franchise est une démarche de commercialisation impliquant deux principales
parties : le franchiseur et les franchisés.
C’est un système dans lequel le franchiseur (une entreprise) permet aux franchisés (d’autres
entreprises indépendantes, à la fois juridiquement et financièrement) de reprendre un concept,
vendre des produits ou services moyennant une compensation financière.
Ainsi, le franchisé peut bénéficier de la notoriété de la marque du franchiseur, de son expertise, de
son identité visuelle, d’une renommée déjà acquise ou encore de produits ou services déjà connus
sur le marché.
En retour, il s’acquitte d’un droit d’entrée lors de la signature du contrat et des « royalties » durant
la collaboration.
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4.2.2.4 Création d’une nouvelle entreprise : créer une entreprise en ex-nihilo
C’est la forme d’entrepreneuriat la plus plébiscitée par les jeunes porteurs de projet. Elle se base
sur la concrétisation d’une « nouvelle » idée avec un investissement initial nul ou négligeable (pas
de reprise, ni de rachat de fonds ou de franchise…). La motivation derrière cette forme
d’entreprendre peut être une innovation, une réponse à des problèmes rencontrés au quotidien par
le porteur du projet ou encore l’identification d’un changement du microenvironnement qui pourrait
être favorable à une affaire.
Exemple : - Technologique et Innovante : création d’entreprise technologique
- cyberentrepreneuriat ou création d’entreprise d’internet et de e-commerce ;
- Ecopreneuriat ou la création d’entreprises vertes (développement durable, responsabilité sociale)
4.2.2.5 Entrepreneuriat organisationnel ou Intrapreneuriat
En effet, revient à entreprendre dans une structure existante en développant des pratiques et
comportements entrepreneuriaux à l’intérieur d’une grande entreprise. Dans ce cas, l’employeur
encourage le développement des compétences professionnelles et l’adoption de certaines
habitudes entrepreneuriales au sein même de l’entreprise. Pour l’intrapreneur, cela représente une
excellente opportunité d’apprentissage, d’expérimentation et de découverte, la prise de risque en
moins. Il évolue tout de même dans le giron de l’entreprise, avec une restriction plus ou moins
importante de la liberté d’action. Pour l’entreprise, l’avantage s’inscrit principalement dans
l’innovation et l’aspect « ruche dynamique », notamment dans les structures de service.
4.2.2.6 Entrepreneuriat coopératif ou collectif : Coopérative
Les entreprises coopératives et collectives offrent des voies de rechange quant aux modes de
créer, de gérer et de développer des organisations. L’entrepreneuriat coopératif ou collectif
implique la mise en commun de ressources différentes de l’entrepreneuriat purement économique.
Il insiste surtout sur les ressources humaines, sociales et relationnelles.
4.2.2.7 Entrepreneuriat solidaire et social
Cette forme d’entrepreneuriat se manifeste dans la création d’activités bénévoles, ou l’innovation
(et amélioration) dans les secteurs d’activités bénévoles existantes. Il s’agit aussi de la création et
du développement des organisations à buts non lucratifs qui se différencient des entreprises
économiques par le fait que leur objectif primordial n’est pas le gain de l’argent mais de servir un
intérêt général ou défendre une cause humaine.
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Chapitre 4 : Connaissance et conscience de soi et de son potentiel
« Celui qui conquiert les autres est fort. Celui qui se conquiert lui-même est puissant » Lao Tseu
Soun Tse, est l’un des grands stratèges de la Chine antique, a écrit : « Connais l’adversaire et surtout
connais-toi toi-même et tu seras invincible » (L’art de la guerre)
« Je préfère m’arrêter en ayant raté des choses, qu’en n’ayant pas essayé des choses que j’avais envie de
faire » Jacques Brel
Expliquer ce qui peut pousser quelqu’un à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ; énumérer,
en les expliquant brièvement, les principales qualités qui sont souhaitables chez un entrepreneur
ainsi que, parallèlement, les principaux défauts ou manquements à éviter ; élaborer votre propre
profil entrepreneurial par le biais d’une auto-évaluation de vos forces et faiblesses ; faire connaître
aux étudiants le métier de l’entrepreneur à partir d’éléments plus facilement identifiables : les
activités-clés de l’entrepreneur, les caractéristiques, compétences et apprentissages requis pour
mieux l’exercer.
4.1 LES MOTIVATIONS D’ENTREPRENDRE
Les motivations d’entreprendre sont de différents ordres et de différentes natures, à savoir :
– Désir, besoin, volonté d’entreprendre ;
– Désir d’indépendance (d’être libre) ;
– Goût du pouvoir (d’être son propre patron) ;
– Volonté de "se réaliser", d’accomplissement ;
– Besoin de reconnaissance sociale ;
– Passion pour un produit, une activité ;
– Challenge, défi, fun ;
– Recherche du pouvoir.
4.1.1 LES MOTIVATIONS INTERNES VS MOTIVATIONS EXTERNES
Le projet entrepreneurial peut être stimulé par des motivations internes (désir d’autonomie et
d’indépendance) ou par des motivations externes (les encouragements, les incitations).
4.1.2 LES MOTIVATIONS « PUSH » VS « PULL »
Les motivations « push » signifient que le futur entrepreneur est poussé par différents mobiles
(déplacement, licenciement…) à lancer son projet entrepreneurial. Alors que les motivations « pull
» viennent du fait que cet entrepreneur est attiré par des opportunités d’affaires (partenariat,).
4.2 LES QUALITES ET DEFAUTS DE L’INDIVIDU QUI VEUT ENTREPRENDRE
Tout individu est porteur en lui-même de qualités et de défauts. Ces derniers sont à l’origine de
l’acte d’entreprendre.
4.2.1 LES QUALITES
Les qualités renvoient aux différents registres, à savoir :
– Psychologiques et de personnalité ; – Managériales ; – Entrepreneuriales.
4.2.2 LES DEFAUTS
Les défauts sont :
– Psychologiques et de personnalité ; – Managériaux ; – Entrepreneuriaux.
Il paraît que l’entrepreneur possède des
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– Caractéristiques peu éthiques : duplicité, absence de remords et d’éthique, sentiment de
supériorité ;
– Caractéristiques psychiques particulières : Psychopathe, Machiavélique, narcissique.
La connaissance de soi est indispensable pour pouvoir s’interroger :
– sur son efficacité personnelle ;
– sur sa mobilisation à relever le défi ;
– sur sa détermination à consentir les efforts nécessaires et à persévérer.
4.3 L’ELABORATION DE SON PROFIL ENTREPRENEURIAL
(APTITUDES, ATTRIBUTS ET COMPORTEMENTS)
L’entrepreneur, un individu ordinaire... !
Profil idéal de l’entrepreneur : Est-ce que l’on naît entrepreneur ou est-ce qu’on le devient ? Si oui,
quelles sont les connaissances spécifiques et les compétences utiles afin de réussir en tant
qu’entrepreneur ?
Les entrepreneurs ne sont ni des génies ni des hommes parfaits, nous apprennent les biographies
écrites par les entrepreneurs. Une analyse de ces récits suggère des pistes intéressantes pour
favoriser l’esprit entrepreneurial.
3.1 LES APTITUDES, ATTRIBUTS ET COMPORTEMENTS
L’acte d’entreprendre est intimement lié à un ensemble d’aptitudes, d’attributs et de
comportements.
3.1.1 Les aptitudes
La liste des attitudes à l’origine du développement de l’acte d’entreprendre ne peut jamais être
exhaustive. Il n’existe pas de recettes magiques ; il y a plutôt une dynamique propre à chaque
entrepreneur mettant en orbite différentes aptitudes, à savoir :
– Résolution de problèmes ; – Persuasion ; – Négociation ; – Ventes ; – Créativité ;
– Gestion globale du projet ; – Refléxion stratégique ; – Se mettre en réseau.
– Intuition et prise de décision dans un contexte d’incertitude ;
3.1.2 Les attributs
– Accomplissement et ambition ; – Confiance en soi ; – Persévérance ; – Autonomie ;
– Action orientée ; – Apprentissage par l’action ; – Tenacité ; – Détermination ; – Créativité
3.1.3 Les comportements
Il ne s’agit de lister tous les comportements à l’origine de l’acte d’entreprendre mais plutôt d’en
présenter quelques-uns qui sont :
– Recherche et saisie d’opportunités ;– Prise d’initiatives ;– Résolution de problèmes et créativité
– Gérer avec autonomie ; – Prise de responsabilité ; – Gérer les interdépendances ;
– Mise en commun des ressources et des efforts ; – Prise de risques calculés.
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Pour les sceptiques du salariat, c’est une voie royale pour lancer sa
carrière. Pour d’autres, c’est le moyen idéal pour contourner les aléas
du marché du travail. Quelles que soient les motivations,
l’entrepreneuriat a le vent en poupe.
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