Droit constitutionnel
B. L’État, une entité souveraine
La souveraineté est une caractéristique essentielle de l'État dont elle est une condition
nécessaire et suffisante d'existence. La souveraineté est définie par Laferrière comme un
pouvoir de droit initial, inconditionné et suprême. Cela signifie que l'État ne tient son pouvoir
que de lui-même, qu'il est fondé sur le droit et qu'il n'a pas d'égal, ne relève d'aucun autre et ne
reconnaît aucun pouvoir qui lui soit supérieur ou concurrent.
Dire que l’État est une entité souveraine, signifie qu’il n’est subordonné à aucune autre
institution. L’État définit lui-même ses règles d’organisation et de compétence : « l’État a la
compétence de ses compétences » comme le dit Laband. Cette signification revêt deux aspects :
un aspect interne (1) et un autre externe (2) qui forment, selon Olivier Beaud, les deux faces
d’une même pièce12.
1. La souveraineté interne
La souveraineté interne renvoie à la souveraineté dans l’État. C’est « la capacité
exclusive de déterminer l’étendue de son propre ordre juridique »13. C’est le pouvoir suprême
dont il a l'exclusivité sur son territoire national afin d'assurer sa pérennité et sa cohésion. Elle
manifeste son autorité suprême sur l’ensemble de son territoire. Elle lui permet de jouir d'une
supériorité absolue non seulement sur les individus, mais aussi sur les groupements publics ou
privés vivant à l'intérieur de son territoire. Autrement dit, l’État ne peut être ni en concurrence
avec, ni subordonné à aucune autre entité. Sa volonté prévaut sur toutes les personnes morales
ou physiques sur son territoire.
2. La souveraineté externe
La souveraineté externe ou souveraineté de l’État se rapporte à sa souveraineté au niveau
international. Elle se traduit par son affranchissement de toute forme de domination dans le
commerce juridique international. Elle est, à la fois, le fondement de sa compétence
internationale et de son indépendance. De la souveraineté externe de l'État, découlent deux
12
O. Beaud, La puissance de l’État, PUF, coll. « Leviathan », 1994, p. 15.
13
G. Jellinek, l’État moderne et son droit, V. Giard et E. Brière, 1913, II, rééd. en 2005, Pathéon-Assas, p.136.
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