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Régulation et intérêt général au Cameroun

Le document traite de la transition de l'État-providence à l'État régulateur, soulignant l'importance de la régulation comme outil d'intervention publique pour préserver l'intérêt général, particulièrement au Cameroun. Il met en lumière les défis rencontrés par les autorités de régulation dans un contexte de pluralisme économique et de fragilité institutionnelle, tout en questionnant leur efficacité et légitimité. Enfin, il propose une analyse des notions de régulation et d'intérêt général, ainsi que des hypothèses de recherche sur leur interaction et impact sur les politiques publiques.

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Régulation et intérêt général au Cameroun

Le document traite de la transition de l'État-providence à l'État régulateur, soulignant l'importance de la régulation comme outil d'intervention publique pour préserver l'intérêt général, particulièrement au Cameroun. Il met en lumière les défis rencontrés par les autorités de régulation dans un contexte de pluralisme économique et de fragilité institutionnelle, tout en questionnant leur efficacité et légitimité. Enfin, il propose une analyse des notions de régulation et d'intérêt général, ainsi que des hypothèses de recherche sur leur interaction et impact sur les politiques publiques.

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INTRODUCTION

Dans les sociétés modernes, les mutations profondes de l’État et les transformations des logiques de gestion
publique ont conduit à une reconfiguration de ses modes d’intervention. Le passage de l’État-providence à
l’État régulateur n’est pas seulement un changement sémantique, mais bien une réorganisation structurelle
de la manière dont les autorités publiques conçoivent leur rôle, notamment dans la poursuite de ce qui
constitue historiquement le cœur de leur légitimité : l’intérêt général. Si l’ancienne conception de l’État se
traduisait par une intervention directe dans les domaines économique et social, les impératifs de
libéralisation, de mondialisation et de bonne gouvernance ont imposé un nouveau paradigme d’action
publique, davantage orienté vers la régulation que vers la gestion directe. Ainsi, dans ce contexte de
recomposition des fonctions de l’État, la régulation s’impose comme une technique juridique et
institutionnelle d’intervention publique, dont la finalité est souvent proclamée comme étant la préservation
de l’intérêt général. Cette évolution, bien que perceptible à l’échelle globale, revêt une acuité particulière
dans les États africains, et plus précisément au Cameroun, où les réformes économiques des années 1980-
1990, dictées par les institutions financières internationales, ont profondément remodelé l’organisation
étatique et les mécanismes de gouvernance. Dans cet État d’Afrique centrale, à la croisée des influences
juridiques romano-germaniques et des dynamiques propres aux États en développement, la question de la
régulation se pose avec une intensité particulière. Le Cameroun, depuis la libéralisation de plusieurs
secteurs clés (électricité, télécommunications, finances, médias, etc.), a vu naître une pluralité d’autorités
de régulation prétendant garantir un équilibre entre les intérêts privés et les exigences de l’intérêt général.
Pourtant, le fonctionnement réel de ces institutions soulève de nombreuses interrogations, tant en ce qui
concerne leur indépendance que leur efficacité ou leur légitimité démocratique. Dès lors, il devient pertinent
de s’interroger sur la portée réelle de la régulation comme outil de promotion de l’intérêt général dans le
contexte camerounais.
Aristote disait que si l’on s’entend sur les mots, l’on ne dispute plus. Fort de cette prescription
aristotélicienne il convient de faire une clarification conceptuelle pour dégager le sens des mots clés du
sujet. Sur le plan grammatical, le terme « régulation » vient du latin « regula », signifiant « règle » ou «
norme ». Il désigne l’action de régler, d’ajuster ou de maintenir quelque chose dans un état d’équilibre.
Dans le langage courant, réguler signifie ainsi rendre régulier, équilibrer ou encore stabiliser une situation,
un processus ou un système. En droit, le terme « régulation » désigne un mode d’intervention publique
distinct de la réglementation et de la planification, et qui consiste à encadrer les comportements des acteurs
économiques ou sociaux sans gestion directe, dans le but d’assurer des équilibres globaux, souvent dans un
contexte de libéralisation ou de concurrence. La régulation suppose l’existence d’autorités spécialisées,
chargées d’appliquer un cadre juridique particulier tout en veillant au respect des intérêts collectifs,
notamment dans des secteurs jugés stratégiques. La doctrine administrative française, dont s’inspire
largement le droit public camerounais, considère que la régulation est née de la nécessité d’adapter le droit
administratif aux mutations économiques contemporaines, notamment à la libéralisation des marchés et à
la montée en puissance des autorités indépendantes. la régulation désigne « l’ensemble des mécanismes
juridiques et institutionnels permettant de concilier liberté économique et intérêt général dans les secteurs
sensibles libéralisés » 1. Il faut également souligner que la régulation est liée à la montée en puissance des
autorités administratives indépendantes (AAI), qui incarnent un pouvoir de contrôle souvent déconnecté du
pouvoir exécutif, mais chargé de missions d’intérêt général dans des secteurs spécifiques, tels que Jean-

1
Romain RAMBAUD, L’institution juridique de régulation. Recherche sur les rapports entre le droit administratif et
théorie économique, Thèse de doctorat, Université Paris II Panthéon-Assas, 2009, p. 54.
Bernard AUBY insiste sur le fait que la régulation n’est ni une forme de commandement autoritaire ni une
simple autorégulation : elle est un compromis entre l’intervention publique et la logique de marché, mais
que L’émergence du paradigme régulatoire traduit une redéfinition des modalités d’intervention publique
dans un monde complexe, globalisé et interdépendant. Le droit ne se limite plus à commander ou interdire
: il organise, coordonne, arbitre, et parfois même, incite. Comme l’explique Jean-Bernard Auby, cette
transformation de l’action publique, sous l’effet des dynamiques économiques et de la mondialisation,
conduit à « une recomposition fonctionnelle de l’État par des mécanismes régulatoires qui échappent au
modèle traditionnel hiérarchique »2 La régulation connaît plusieurs types : économique, sociale,
environnementale, concurrentielle, et même politique. Sur le plan des formes, elle peut être ex ante
(préventive), ex post (corrective), normative (par les textes), comportementale (par l’encadrement des
pratiques), ou encore participative (impliquant la société civile). Il convient enfin de distinguer la régulation
de notions voisines : La régulation se distingue de La réglementation qui désigne l’élaboration de normes
impératives par l’administration, a une portée plus contraignante et centralisée. Quant à La supervision,
plus présente dans le droit bancaire et financier, est plus technique et orientée vers le respect strict des
obligations prudentielles. Le pilotage, en revanche, renvoie à une gouvernance stratégique, plus souple,
notamment dans le domaine des politiques publiques3 ; Au regard de ces distinctions, nous proposons de
définir la régulation, dans le contexte camerounais, comme un ensemble de mécanismes juridiques,
institutionnels et politiques mis en œuvre par les autorités publiques (ou déléguées) afin d’encadrer les
secteurs stratégiques libéralisés tout en assurant la protection des intérêts collectifs dans un contexte de
pluralisme économique et de fragilité institutionnelle. Cette définition insiste sur le caractère hybride de la
régulation dans les États en développement, où coexistent l’aspiration à la modernité juridique et la
persistance de logiques étatiques centralisées.
Grammaticalement, l’expression « intérêt général » est composée du mot « intérêt », dérivé du latin intéresse
(« importer », « concerner »), qui désigne ce qui est avantageux ou profitable, et de l’adjectif « général »,
du latin « generalis », signifiant « relatif à l’ensemble », « commun à tous ». Ainsi, au sens courant, l’intérêt
général est ce qui est bénéfique pour l’ensemble des membres d’une collectivité, par opposition à l’intérêt
particulier, qui ne concerne qu’un individu ou un groupe restreint. En droit public, l’intérêt général est une
notion centrale et fondatrice. Il est le fondement de l’action administrative, la finalité du service public, et
le critère de légitimité de toute intervention de l’État. Pourtant, sa définition reste difficile à cerner en raison
de son caractère polysémique, évolutif et contextuel. Dans la tradition juridique française, qui influence
fortement le droit camerounais, l’intérêt général a longtemps été conçu comme une expression de la volonté
de l’État souverain, incarnée par l’administration. Léon Duguit y voyait une finalité transcendante à laquelle
l’individu devait se soumettre, l’État ayant pour rôle essentiel de le garantir4. René Chapus, quant à lui,
définit l’intérêt général comme « ce qui est jugé utile pour la société dans son ensemble, indépendamment
des intérêts particuliers »5. En Afrique, et notamment au Cameroun, l’intérêt général a longtemps été perçu
comme un outil de légitimation du pouvoir étatique. Hérité de la colonisation et intégré dans les
constitutions postcoloniales, il a été souvent invoqué pour justifier des politiques autoritaires ou
centralisatrices, sans réelle participation populaire. Toutefois, les évolutions démocratiques récentes, bien
qu’incomplètes, tendent à redéfinir l’intérêt général comme une construction collective, soumise à débat,
et devant intégrer les droits fondamentaux, le développement durable et la justice sociale. Sur le plan
normatif, l’intérêt général est évoqué dans plusieurs textes juridiques au Cameroun. La Constitution de
1996 consacre le principe de service public, dont la mission est d’œuvrer pour le bien-être des populations.

2
Jean-Bernard AUBY, La globalisation, le droit et l’Etat, LGDJ, 2010, p. 95.
3
Marie-Anne Frison-Rocher, « Les fonctions de la régulation », Revue de l’OFCE, n°79, 2001, p. 67.
4
Léon DUGUIT, L’Etat, le droit objectif et la loi positive, Paris, Fontemoing, 1901, p. 45.
5
René CHAPUS, Droit administratif général, Montchrestien, 15e Ed., 2001, p. 54.
De plus, plusieurs lois sectorielles font référence à l’intérêt général comme finalité des politiques publiques,
notamment dans les domaines de l’énergie, des télécommunications, ou encore de la régulation financière.
Il existe plusieurs formes d’intérêt général, selon les approches doctrinales et les contextes : L’intérêt
général politique, centré sur la stabilité institutionnelle et la souveraineté ; L’intérêt général économique,
lié à la croissance, à la régulation de la concurrence, à l’accès aux biens de première nécessité ; L’intérêt
général social, qui touche à la réduction des inégalités, à la solidarité, à la cohésion nationale ; L’intérêt
général environnemental, de plus en plus reconnu dans le contexte du développement durable. La notion
d’intérêt général doit également être distinguée de plusieurs notions voisines : L’intérêt public, parfois
utilisé comme synonyme, mais qui renvoie plus spécifiquement aux décisions prises par les institutions
étatiques ; Le bien commun, qui, dans une approche plus philosophique, désigne l’ensemble des conditions
sociales permettant l’épanouissement collectif ; L’utilité publique, qui est un critère juridique dans le cadre
des expropriations, mais dont la portée est plus restreinte que celle de l’intérêt général. De ce qu’il ressort,
l’intérêt général, dans le cadre de cette étude, s’inspire des approches classiques tout en l’adaptant au
contexte camerounais : l’intérêt général est l’ensemble des objectifs collectifs reconnus par la société et
institutionnalisés par l’État, visant à garantir la cohésion sociale, le développement équitable et la protection
des droits fondamentaux, au-delà des intérêts particuliers et sectoriels. Cette définition insiste sur la
dimension évolutive et participative de la notion, ce qui la distingue des approches purement étatiques ou
technocratiques.
L’analyse croisée des notions de régulation et d’intérêt général met en évidence une tension structurelle
entre, d’une part, la volonté d’encadrer les dynamiques économiques et sociales pour garantir des équilibres
collectifs, et, d’autre part, la difficulté à définir et à institutionnaliser de manière stable ce qui constitue
l’intérêt de tous dans des sociétés marquées par la pluralité des attentes, la fragmentation sociale et les
déséquilibres politiques. Au Cameroun, cette tension est particulièrement manifeste. La mise en place de
mécanismes de régulation depuis les années 1990 s’est faite sous l’impulsion des programmes d’ajustement
structurel et de l’ouverture progressive à l’économie de marché. Des autorités de régulation ont ainsi vu le
jour dans des domaines stratégiques : l’ARSEL pour le secteur de l’électricité, l’ART pour les
télécommunications, la Commission des marchés financiers, l’ANOR pour la normalisation, etc. Chacune
de ces entités est censée garantir un fonctionnement transparent, équitable et concurrentiel des secteurs
concernés, au nom de l’intérêt général. Pourtant, dans la pratique, les dysfonctionnements abondent :
capture des régulateurs par les intérêts privés, nominations politiques, absence de redevabilité, faible
pouvoir de sanction, manque de moyens techniques et financiers. L’écart entre les ambitions affichées de
régulation et les résultats tangibles pose une interrogation majeure sur l’efficacité réelle de ces structures
dans la protection de l’intérêt général. Par ailleurs, la notion même d’intérêt général reste floue, voire
instrumentalisée. Alors qu’elle devrait servir de boussole à l’action publique, elle est parfois utilisée comme
justification vague d’initiatives politiques peu transparentes, voire clientélistes. Dans un système
institutionnel encore largement centralisé, où la participation citoyenne reste embryonnaire et où les contre-
pouvoirs sont faibles, l’identification démocratique de l’intérêt général demeure problématique. Il en résulte
un décalage entre les discours officiels et les réalités vécues par les populations. Sur la base de ces constats,
une question centrale émerge, qui servira de fil directeur à cette recherche : La régulation constitue-t-elle
un levier de satisfaction de l’intérêt général ? La question ainsi pose regorge d’un double intérêt
indéniable sur les plans théorique et pratique : Sur le plan théorique, ce travail permet d’enrichir la réflexion
doctrinale sur deux notions centrales du droit public contemporain : la régulation et l’intérêt général. En les
analysant ensemble, il devient possible de revisiter les fondements de l’intervention publique dans un
contexte de décentralisation, de gouvernance pluraliste et de modernisation administrative. Il s’agit aussi
de contribuer à la théorie du droit administratif dans les pays africains, en mettant en lumière les spécificités
de la régulation dans un État postcolonial, hybride et en mutation. Sur le plan pratique, ce travail offre une
grille d’analyse utile aux décideurs publics, aux membres des autorités de régulation, aux acteurs de la
société civile et aux citoyens. Il permet de mieux comprendre les conditions d’efficacité de la régulation,
les facteurs d’échec ou de réussite, et les mécanismes susceptibles d’assurer une meilleure prise en compte
de l’intérêt général dans les politiques publiques. En cela, il ouvre des perspectives pour une réforme des
institutions de régulation et une gouvernance plus inclusive et transparente. Deux hypothèses principales
guideront cette recherche : Première hypothèse : la régulation, lorsqu’elle est institutionnalisée de
manière indépendante, dotée de compétences effectives, et encadrée par des mécanismes de contrôles,
peut constituer un véritable instrument de réalisation de l’intérêt général au Cameroun. Deuxième
hypothèse : du fait de ses nombreux obstacles, la régulation ne parvient pas de manière optimale à
garantir la satisfaction de tous.
La détermination de la méthode de recherche concourt à organiser les idées et les réflexions d’une
recherche. Elle s’entend d’un ensemble de procédés permettant de traiter de façon logique et scientifique
un objet d’étude. On dénombre plusieurs méthodes de recherche à savoir : la méthode positiviste factualiste,
la méthode historique, la méthode comparative et la méthode juridique positiviste-normativiste … La
méthode positiviste-factualiste a été développée par Alf ROSS et les réalistes scandinaves. Elle se concentre
sur l’observation des faits juridiques et leur effectivité plutôt que sur les normes abstraites. Elle a des
fondements épistémologiques, se base sur l’effectivité et présente pour avantage une prise en compte de la
réalité juridique, une capacité prédictive accrue, sachant qu’en principe le juriste se fonde sur les textes en
vigueur pour déballer une analyse théorique. Elle s’applique beaucoup plus sur les décisions de justice,
l’étude des comportements judiciaires, la prévision des solutions juridiques et une meilleure compréhension
de la pratique du Droit. La méthode historique permet d’étudier la trajectoire historique d’une notion ou
d’un évènement juridique, par exemple le statut de territoire sous mandat de l’ONU peut être étudié en
Droit grâce à la méthode historique. C’est une approche qui étudie l’évolution des institutions, des règles,
et des concepts juridiques à travers le temps. Cette méthode se base sur les textes anciens, abrogés ou non,
sur la jurisprudence historique, sur les documents d’archive, sur les travaux préparatoires, la doctrine
ancienne, les coutumes et usages historiques… Faire usage de la méthode comparative se restreint en
général à l’utiliser sur des sujets de droit comparé. Elle consiste à étudier et analyser, voire confronter
différents systèmes juridiques pour comprendre leurs similitudes et leurs différences. Cette méthode met
en comparaison le droit national face aux droits internationaux, en vue d’apprécier les uniformités s’il en
existe. Il peut s’agir d’une macro comparaison ou d’une micro comparaison. Quant à la méthode juridique
positiviste-normativiste, elle est une approche théorique du Droit qui se concentre sur l’étude des normes
juridiques en tant que système formel et autonome. Principalement développée par Hans KELSEN, elle
permet de mobiliser les textes et la jurisprudence. Elle met en valeur la structure formelle des normes
internes. Cette approche se fonde sur des exigences essentielles à savoir la neutralité axiologique,
l’objectivité scientifique, le formalisme juridique, etc. Sa pertinence assure la construction d’un
raisonnement juridique rigoureux, la garantie de la sécurité juridique, l’objectivité dans l’application du
Droit et la cohérence du système juridique. Le positivisme- normativiste se déploie à l’aide des approches
casuistique et dogmatique.
L’approche casuistique est une méthode d’analyse et de raisonnement juridique qui consiste à étudier des
cas particuliers (décisions de justice) pour en tirer des principes généraux ou pour appliquer des règles
existantes. Elle est particulièrement importante dans les systèmes de la Common Law (pays anglosaxons),
où le droit se construit majoritairement à partir des décisions de justice antérieures. Cependant, elle joue
aussi un rôle important dans les systèmes de droit civil comme au Cameroun par exemple, où elle permet
d’adapter les règles générales aux situations particulières, de faire évoluer l’interprétation des textes à de
nouvelles réalités, et de combler les lacunes du droit positif. En droit des contrats par exemple, la casuistique
permet aux juges d’évaluer la validité d’un contrat en examinant les circonstances spécifiques de sa
formation, l’intention des parties, et les conséquences de son exécution. Cette approche permettra à cette
étude de mettre en évidence l’importance du respect des délais dans la procédure d’expropriation pour cause
d’utilité publique, grâce aux décisions émises par la chambre administrative de la Cour Suprême, et les
tribunaux administratifs et de droit commun.
Afin de répondre à la problématique posée, cette recherche adoptera une démarche en deux temps,
correspondant aux deux hypothèses formulées. Dans une première partie, nous analyserons la régulation
comme un outil au service de l’intérêt général (I) et les défis et perspectives d’une régulation optimale pour
une satisfaction de l’intérêt général (II).

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