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Unite 8

Le document traite du déroulement du procès pénal, en se concentrant sur l'établissement d'une première décision et les procédures devant les tribunaux correctionnels et de police. Il explique les différentes étapes de la procédure, y compris la saisine du tribunal, la comparution des parties, et les débats, tout en soulignant l'importance du caractère contradictoire et public des audiences. Enfin, il aborde les procédures sommaires en matière de contraventions et le fonctionnement de la Chambre criminelle au sein des tribunaux de grande instance.

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Le document traite du déroulement du procès pénal, en se concentrant sur l'établissement d'une première décision et les procédures devant les tribunaux correctionnels et de police. Il explique les différentes étapes de la procédure, y compris la saisine du tribunal, la comparution des parties, et les débats, tout en soulignant l'importance du caractère contradictoire et public des audiences. Enfin, il aborde les procédures sommaires en matière de contraventions et le fonctionnement de la Chambre criminelle au sein des tribunaux de grande instance.

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Université Assane SECK de Ziguinchor

Unité de Formation et de
Recherche des Sciences
Économiques et Sociales

Département de Sciences
juridiques

Procédure pénale

Licence 2 – Sciences juridiques


Avril 2022

©Abdoulaye DIALLO
[email protected]
Troisième partie : Le déroulement du procès pénal

Chapitre 1 : L’établissement d’une première décision.

Selon les juridictions il y a plus ou moins de formalisme. Les juridictions pour


mineur sont marquées par peu de formalisme.

Section 1 : La procédure suivie devant les tribunaux correctionnels ou de


police ou même devant le juge de proximité.

Paragraphe 1 : La procédure ordinaire

La plupart des procédés de saisine du Tribunal nous sont connus (ordonnance


de renvoi devant lui, citation directe par le parquet ou la victime, etc.).

La juridiction de jugement est saisie du cas de telle personne qui a commis des
faits et est là pour juger de sa culpabilité. Elle est donc saisie in personam, est liée par
les personnes qui lui sont déférées et ne peut juger d’autres personnes.

Il y a néanmoins une possibilité pour le Tribunal correctionnel comme le Tribunal


de police de saisine d’office sans réquisition du ministère public pour les infractions
commises devant eux. Ils peuvent se saisir d’office d’infractions commises à leur
audience et qu’elles sont compétentes pour juger. Le Tribunal de police ne pourra ainsi
juger que des contraventions commises à son audience (violences volontaires ayant
entraîné une incapacité temporaire de travail inférieure à huit jours).

Il existe une possibilité de comparution volontaire. Cela signifie que, lorsqu’une


personne est d’accord, elle comparait devant le tribunal physiquement (ou dans
certains cas représentée par son avocat). Si elle y consent une irrégularité de la
citation pourra être couverte. De la même façon à l’audience, si une personne
comparait volontairement et spontanément, la saisine pourra être étendue à d’autres
faits lors de l’audience s’il y a des réquisitions du ministère public en ce sens.

La saisine peut également être étendue à d’autres personnes présentes, avec


leur accord, s’il y a des réquisitions en ce sens du ministère public.

Dans une affaire un prévenu était jugé pour destruction de biens d’autrui,
destruction de maïs transgénique. Des militants de sa propre cause se sont accusés

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Procédure pénale Dr A. DIALLO
et ont demandé à être jugés en même temps que lui. Le ministère public a refusé de
requérir en ce sens. En l’absence de citation, le juge devait donc refuser de les juger.

Les débats sont publics. En vertu du Code de procédure pénale le huis clos
peut être déclaré par le tribunal en cas de danger pour l’ordre public, la dignité des
personnes poursuivies et de la victime, pour les intérêts d’un tiers ou la sérénité des
débats. Cela n’est pas contraire à l’article 6 de la convention européenne de
sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, qui prévoit en effet
des exceptions si elles sont nécessaires et proportionnées.

Les débats ont un caractère oral. On souhaite que les juges aient la
connaissance de la réalité humaine de l’affaire. Les experts peuvent s’aider de notes,
et les témoins peuvent être autorisés à utiliser des notes.

Ils ont un caractère contradictoire. Les parties et leurs avocats discutent les
preuves sur un pied d’égalité sous le contrôle du président du tribunal. La partie civile
peut toujours ne pas être présente elle-même et se faire représenter par un avocat. Le
prévenu a en principe obligation de comparaitre. Il existe des exceptions en matière
de contravention (normalement, devant le Tribunal de police on peut se faire
représenter ou demander d’être jugé en son absence), en matière correctionnelle
(lorsque le prévenu ne peut comparaitre en raison de son état de santé) où le tribunal
peut alors décider de faire procéder à l’audition du prévenu là où il se trouve ou de
repousser l’audience. En matière correctionnelle le prévenu peut également toujours
demander au président du tribunal d’être jugé en son absence d’être représenté par
son avocat, le tribunal ayant ici le droit de refuser.

Si le prévenu ne se présente pas le jour de l’audience sans s’être excusé, la


jurisprudence suivie par la loi, son avocat peut se présenter à l’audience et doit alors
être entendu. Si la peine encourue est au moins égale à deux ans, le tribunal peut le
faire chercher de force en décernant un mandat d’amener ou d’arrêt et, s’il y a lieu à
détention, c’est le juge des libertés et de la détention qui prendra la décision.

Si le prévenu est là, l’assistance de l’avocat devant le tribunal correctionnel n’est


pas obligatoire (sauf pour les mineurs).

S’en suit une phase administrative (vérification d’identité, convocation d’un


interprète, etc.). Le président interroge le prévenu, les témoins sont entendus, suivent

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Procédure pénale Dr A. DIALLO
les experts et ensuite la discussion par les parties des éléments de preuve venant
d’être présentés. C’est la partie civile qui parle en premier, ensuite le ministère public
et enfin l’avocat du prévenu ou le prévenu. Il existe un droit de réplique et un droit de
supplique.

Le jugement lui-même commence par une délibération en principe secrète (hors


la présence du ministère public, partie, et du greffier). Les auditeurs de justice peuvent
exceptionnellement assister à la délibération. Il est possible de faire parvenir des notes
en délibéré au tribunal, devant être soumises au contradictoire.

Le jugement est prononcé en audience publique et est ensuite rédigé avec ses
motifs. Le jugement porte tant sur l’innocence et la culpabilité (la présomption
d’innocence tombe à la majorité simple), sur la sanction en cas de déclaration de
culpabilité et éventuellement sur les intérêts civils (en cas de condamnation
évidemment, en cas de relaxe c’est la partie civile qui peut être condamnée pour
dénonciation téméraire). En cas de relaxe pour infraction d’imprudence, le Tribunal
correctionnel peut de lui-même accorder des dommages et intérêts à la partie civile
sur un fondement purement civil.

Paragraphe 2 : Les procédures sommaires en matière de contraventions

L’article 4 du décret du Décret n° 2015-1145 du 03 août 2015 fixant la


composition et la compétence des cours d’appel, des tribunaux de grande
instance et des tribunaux d’instance dispose que « Les tribunaux d’instance
connaissent de tous les faits qualifiés de contravention, commis dans l’étendue de leur
ressort. Ils connaissent également des délits pour lesquels la loi leur a donné
compétence ». L’article 5 dudit décret précise également que « Les tribunaux
d’instance connaissent de l’action civile, engagée conjointement à l’action publique
mise en œuvre pour la poursuite des infractions relevant de leur compétence quel que
soit le montant de la demande ». Cette compétence du tribunal de police est régie par
les articles 509 et s. du CPP. Ce tribunal est constitué par le président du tribunal
d’instance et un greffier (art. 511 CPP). Peu de contraventions sont jugées
contradictoirement à l’audience. On adopte souvent une procédure plus rapide et
moins onéreuse. Parfois elle a un aspect judiciaire mais pas forcément contradictoire.
Parfois il s'agit d’une procédure administrative. Le requérant peut toujours demander
un débat contradictoire.

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Procédure pénale Dr A. DIALLO
A- L’ordonnance pénale.

Elle n’entraine pas automatiquement la comparution du contrevenant à


l’audience, mais celui-ci peut demander à être présent. Elle laisse à un juge un pouvoir
d’appréciation sur la culpabilité et sur le montant de l’amende.

Le tribunal de police est saisi soit par la juridiction d’instruction, soit par la
comparution volontaire des parties, soit par la citation délivrée directement au prévenu
et à la personne civilement responsable de l’infraction (art. 519 CPP). Si le tribunal
estime que le fait constitue une contravention, il prononce la peine. Il statue s’il y a lieu
sur l’action civile, conformément aux dispositions de l’article 451 » (art. 527).
Cependant, s’il estime que les faits constituent un crime ou un délit, il se déclare
incompétent (art. 528).

Le ministère public peut faire appel des décisions rendues par le tribunal de
police (art. 534). Cette disposition précise d’ailleurs que la faculté d’appeler appartient
au prévenu et au civilement responsable, lorsque le jugement prononce une peine
d’emprisonnement ou une peine d’amende supérieure à 5000 francs CFA. Il en est de
même lorsque des dommages et intérêts ont été alloués.

Les dispositions relatives aux jugements par défaut sont également applicables.
Le décret de 2015 précise en son article 5 que « L’appel des jugements rendus par les
tribunaux d’instance dans les affaires correctionnelles réservées à leur compétence et
sur l’action civile engagée conjointement à l’action publique dans lesdites affaires est
porté devant la cour d’appel ».

B- L’amende de composition.

La compétence du tribunal de simple police est prévue aux articles 509 et s.


du Code de procédure pénale. Elle s’applique à des contraventions que la loi punit
d’une peine d’un mois d’emprisonnement au plus et de 20 000 francs CFA d’amende
au plus ou de l’une de ces deux peines seulement, qu’il y ait ou non confiscation des
choses saisies et qu’elle qu’en soit la valeur. Elle s’applique aussi aux infractions
auxquelles la loi donne expressément compétence au tribunal de simple police.

Concernant l’amende, « avant toute citation devant le tribunal de simple police,


le juge saisi d’un procès-verbal constatant une contravention fait informer le

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Procédure pénale Dr A. DIALLO
contrevenant de la faculté qu’il a de verser, à titre d’amende de composition, une
somme qui est fixée, conformément aux mode de calcul déterminé par un décret » (art.
512 CPP). Si le contrevenant s’exécute dans les délai et forme prévus, l’action
publique est éteinte (art. 513 CPP). La décision fixant l’amende de composition n’est
susceptible d’aucun recours de la part du contrevenant (art. 514 CPP).

A défaut de paiement dans le délai imparti, le tribunal de simple police procède


et statue, conformément aux dispositions de l’art. 519 et s. CPP.

Section 2 : La procédure suivie devant la Chambre criminelle

Aux termes de l’article 2018 (issu de la loi 2014-28 du 3 novembre 204) Il est
institué au sein de chaque Tribunal de grande instance une Chambre criminelle qui a
plénitude de juridiction pour juger en premier ressort les personnes renvoyées devant
elle soit par une ordonnance du juge d'instruction, soit par un arrêt de la Chambre
d'accusation pour des infractions qualifiées crimes et toutes autres infractions
connexes ». Elle est composée du président de la chambre et de deux magistrats qui
exercent leurs fonctions dans le ressort du Tribunal de Grande Instance (art. 226 CPP).
La présidence de la chambre est assurée par le président du TGI (art. 230 CPP).
Selon l’art. 232 CPP, « Il est adjoint aux membres titulaires de la Chambre
criminelle un ou plusieurs membres supplémentaires.
Les membres supplémentaires siègent aux audiences. Ils ne prennent part aux
délibérations qu'en cas d'empêchement d'un membre titulaire constaté par
ordonnance motivée du président de la Chambre criminelle ». Et, les art. 233 et 234
CPP d’ajouter que « Les membres de la Chambre criminelle sont choisis parmi les
vice-présidents ou juges du tribunal de grande instance ou parmi les juges des
tribunaux d'instance du ressort du tribunal de grande instance », « Les membres
supplémentaires sont désignés par le président du tribunal de grande instance pour la
durée d'une session ».
Enfin, l’art. 236 CPP précise que « Ne peuvent faire partie de la Chambre
criminelle, les magistrats qui, dans l'affaire soumise à la Chambre, ont, soit fait un acte
de poursuite ou d'instruction, soit participé à la décision de renvoi ou à une décision
sur le fond relative à la culpabilité de l'accusé.
La procédure devant la chambre criminelle est très formaliste, et si les formes
ne sont pas respectées il pourra y avoir infirmation en appel voire annulation de l’arrêt

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Procédure pénale Dr A. DIALLO
par la Chambre criminelle près de la Cour d’appel instituée par la loi de 2014. En effet,
aux termes de l’article 219 du CPP modifié il est institué au sein de chaque Cour
d'appel une Chambre criminelle pour connaître de l'appel interjeté contre les décisions
des Chambres criminelles des tribunaux de grande instance ».
Relativement à la procédure de jugement, l’art. 237 stipule que « Dès que la
décision de renvoi est devenue définitive, l'accusé, s'il est détenu, est transféré à la
maison d'arrêt du lieu où doit se tenir la session de la Chambre criminelle.
Les pièces à conviction sont également transportées au greffe dudit tribunal ».
La session de la chambre criminelle peut se tenir au siège du tribunal d’instance
(art. 221 : Exceptionnellement, lorsque les circonstances l'exigent, le Premier
président de la Cour d'appel peut, par ordonnance, après avis du Procureur général,
décider la tenue de la session de la Chambre criminelle au siège d'un tribunal
d'instance du ressort ». V. aussi art. 241 CPP.
Aux termes des art. 242 et s. l'accusé mis en liberté ou qui n'a jamais été détenu
doit se présenter, au plus tard la veille de l'audience, au greffe qui s'assure de sa
représentation en justice. S’il ne se présente pas au jour fixé pour être interrogé par le
président de la Chambre criminelle, sans motif légitime, une ordonnance de prise de
corps est prise à son encontre et exécutée. L'ordonnance de prise de corps est
également exécutée sur décision motivée du président de la Chambre criminelle
lorsqu'il estime que la détention de l'accusé est nécessaire. Cette décision est sans
recours. L’accusé doit obligatoirement être assisté par un défendeur (art. 273 et s.).
L’art. 240 CPP précise que « Si l'accusé ne peut être saisi ou ne se présente
pas, il est statué contre lui par contumace ».
Les débats ne peuvent s'ouvrir moins de trois jours après l'interrogatoire par le
président de la Chambre criminelle. L'accusé et son conseil peuvent renoncer à ce
délai. Sur l’interrogatoire V. art. 242 et s.
Le Ministère public et la partie civile signifient à l'accusé et celui-ci au Ministère
public et, s'il y a lieu, à la partie civile, vingt-quatre heures au moins avant l'ouverture
des débats, la liste des personnes qu'ils désirent faire entendre en qualité de témoins.
L'exploit doit mentionner les prénoms, nom, profession et résidences de ces
témoins.

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Procédure pénale Dr A. DIALLO
Avant l’ouverture des débats, si l'instruction lui semble incomplète ou si des
éléments nouveaux ont été révélés depuis sa clôture, le président de la chambre peut
ordonner tous actes d'information qu'il estime utiles.
Lorsqu'à raison d'un même crime, plusieurs décisions de renvoi ont été rendues
contre différents accusés, le président peut, soit d'office, soit sur réquisitions du
Ministère public, ordonner la jonction des procédures.
La jonction de procédures peut également être ordonnée par le président quand
plusieurs décisions de renvoi ont été rendues contre un même accusé pour des
infractions différentes (art. 254 et 255 CPP).
Il assure la direction des débats comme il l’entend (art. 263 CPP), dans l’ordre
où il l’entend (à condition que l’accusé ait la parole en dernier) et à condition de
respecter le principe du contradictoire. Les débats sont oraux et si un expert utilise des
notes cela doit être mentionné au procès-verbal. Les débats sont publics sauf s’il existe
un risque d’atteinte à l’ordre public (art. 258 CPP). En matière de viol la victime peut
imposer le huis clos tout autant que la publicité des débats. En effet, l’art. 259 CPP
précise que « Dans le cas où la publicité paraît dangereuse pour l'ordre public et les
mœurs, la Chambre criminelle le déclare par un jugement rendu en audience publique
et ordonne le huis clos ». Cependant, « Le jugement sur le fond doit en tout état de
cause être toujours prononcé enaudience publique » art. (261 al. 2 CPP).
Il y a par la suite continuité des débats oraux sous réserve des suspensions
pour le repos des membres de la chambre criminelle, des avocats ou encore parties
(art. 262 al. 2 CPP). Sans suspension au bout d’un certain temps alors que l’avocat
l’avait demandé il existe une violation du droit au procès équitable et à l’égalité des
armes. En revanche si l’avocat n’a rien demandé il n’est pas fondé à demander la
constatation de l’inconventionnalité de la procédure.

Aux termes des articles 267 et s. CPP, Le Ministère public prend, au nom de la
loi, toutes les réquisitions qu'il juge utiles. La Chambre criminelle est tenue de lui
donner acte et d'en délibérer.
Elles sont mentionnées sur le registre des audiences par le greffier lorsqu’elles
sont prises dans le cours des débats. Toutes les décisions auxquelles elles ont donné
lieu sont signées par le président et par le greffier.

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Procédure pénale Dr A. DIALLO
Lorsque la Chambre criminelle ne fait pas droit aux réquisitions du Ministère
public, l'instruction ne peut être ni arrêtée, ni suspendue ou le jugement différé (art.
268 CPP).
L'accusé, la partie civile et leurs conseils peuvent déposer des conclusions sur
lesquelles la Chambre criminelle est tenue de statuer (art. 269 CPP).
Tout incident contentieux est réglé par la Chambre criminelle, le Ministère public
et les parties ou leurs conseils entendus (art. 270). La Chambre criminelle saisie de
l'action publique est compétente pour statuer sur toutes les exceptions soulevées par
l'accusé pour sa défense, à moins que la loi n'en dispose autrement ou que l'accusé
n'excipe d'un droit réel immobilier (art. 271). Les jugements rendus sur les exceptions
soulevées par l'accusé ne peuvent préjuger du fond. Ils ne peuvent être attaqués par
la voie de l'appel qu'en même temps que le jugement rendu par la Chambre criminelle
sur le fond (art. 272).
Le président déclare les débats terminés. En effet, l’art. 315 CPP dispose que
« Après l'interrogatoire de l'accusé, l'audition de la partie civile et des témoins le
réquisitoire du Ministère public et les plaidoiries des conseils, le président déclare les
débats terminés ».
La décision de la Chambre criminelle est rendue soit à l'audience même à
laquelle ont eu lieu les débats, soit à une date ultérieure de la même session.
Dans ce dernier cas, le président informe les parties du jour où le jugement sera
prononcé (art. 316 CPP).
Dans le cas où le président entend juger l'affaire à l'audience même à laquelle
ont lieu les débats, il fait retirer l'accusé de la salle d'audience.
Il invite le chef du service d'ordre à faire garder les issues de la salle des
délibérations, dans laquelle nul ne peut pénétrer pour quelque cause que ce soit, sans
autorisation du président.
Le président déclare l'audience suspendue (art. 317 CPP).
Par la suite la Cour revient et le président lit la décision. En effet, l’art. 318 CPP
précise que « A la reprise de l'audience, le président fait comparaître l'accusé et donne
lecture de la décision portant condamnation, absolution ou acquittement.
En tout état de cause, les textes de loi dont il est fait application sont lus à
l'audience par le président; il est fait mention de cette lecture dans la décision ». La

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Chambre criminelle prononce, lorsque les faits sont totalement ou partiellement
établis, soit une peine criminelle, soit une peine correctionnelle; dans ce dernier cas,
elle peut ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de la peine (art. 319).
La Chambre criminelle statue également sur les peines complémentaires (art.
320).
La Chambre criminelle prononce l'acquittement lorsque le fait retenu contre
l'accusé ne tombe pas ou ne tombe plus sous l'application de la loi pénale ou lorsque
l'accusé est déclaré non coupable (art. 321). Elle prononce son absolution lorsque
l'accusé bénéficie d'une excuse absolutoire (art. 320)
Si l'accusé est absous ou acquitté, il est mis immédiatement en liberté s'il n'est
détenu pour une autre causé (art. 323)
Les magistrats ont ensuite à statuer sur l’action civile. En effet, « Après décision
sur l'action publique, la Chambre criminelle statue sur les demandes en dommages-
intérêts formées soit par la partie civile contre l'accusé, soit par l'accusé acquitté contre
la partie civile, les parties et le Ministère public entendus (art. 330).
Section 3 : La procédure suivie devant les juridictions pour mineurs.

Cette procédure est prévue par les articles 572 et s. CPP. Il existe alors deux
spécificités essentielles. La publicité des débats est extrêmement limitée. En principe
l’assistance à l’audience est interdite à tous, à l’exclusion du personnel judiciaire, des
témoins, de la famille, des victimes et des représentants des services sociaux. La
victime d’un viol commis par un mineur ne peut pas s’opposer à cela. La Chambre
criminelle a ici estimé que cette restriction de publicité était d’ordre public. La
reproduction des débats est en outre interdite. Le jugement peut être publié mais sans
le nom du mineur.

Par ailleurs il y a moins de formalisme que le juge des enfants se charge seul
des affaires (pour les mesures éducatives seulement) ou que l’on soit devant les
juridictions pour enfants ou la Cour d’assises des mineurs. Il existe alors des règles
particulières. Les mineurs poursuivis doivent toujours être entendus séparément. Le
tribunal pour enfant peut se dispenser de la faire comparaitre et même les faire sortir
de l’audience.

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