Éducation pour la santé au Congo
Éducation pour la santé au Congo
De ce qui précède, nous pouvons conclure que 1'e but de l'éducation pour la
santé est d'encourager le développement d’habitudes saines à l'échelle individuelle et
communautaire. Elle ne vise donc pas d'augmenter les connaissances sanitaires ou
médicales mais plutôt à promouvoir les activités incitant les gens (individus et
communautés) à vouloir être en bonne santé, à savoir comment le rester, à faire ce qu'ils
peuvent individuellement ou collectivement pour conserver la santé et à rechercher une aide
en cas de besoin.
a. Informer
Chacun se représente la santé et la maladie selon les croyances de son milieu et l'instruction
qu'il a pu recevoir. Mieux les individus seront informés, mieux ils accepteront les conseils
du personnel sanitaire. Cette information objective et complète est d'autant plus nécessaire
que la population est plus instruite plus apte à comprendre et à discuter les pratiques qu'on
lui recommande.
b. Modifier les comportements
L'information manque son but si elle n'est pas suivi de changement dans les comportements
de la vie quotidienne.
Pour être efficace, il faut rechercher les motivations profondes qui font agir les
individus et les communautés et les moyens par lesquels il est possible de les modifier.
1
c. Assurer une couverture sanitaire suffisante
.Il existe une grande polémique autour de la cible, pour une action d'éducation pour la santé
efficace parmi les professionnels de la santé. Certains voudraient mettre l'accent sur le
milieu de vie (milieu rural versus milieu urbain) d'autres par contre mettent l'accent sur la
catégorie d'âge (adulte versus enfant) et d'autres mêmes s'intéressent surtout aux thèmes.
Mais au delà de cette guerre d'approches,il conviendrait de dire que chacune d'elles présente
ses avantages et ses inconvénients qui militent en sa faveur ou en son défaveur.
Il existe des éléments favorables pour une éducation pour la santé dans le milieu urbain:
- Existence de toute catégorie sociale évoluée qui est capable de donner
l'exemple et d'entraîner la masse.
- Concentration médicale qui permet aux citadins de faire soigner et en même
temps de recevoir les conseils.
- Masse de population urbaine qui a un niveau de vie suffisamment élevé
pour être en mesure d'appliquer sans difficultés les conseils d'éducation
sanitaire qui peuvent lui être donnés.
- La scolarisation des villes existe la plupart du temps à ±100% c.à.d. que la
totalité des enfants peut bénéficier de l'éducation sanitaire donnée dans les
écoles. Mais dans les villes existent aussi des éléments négatifs qui
mériteraient des actions sanitaires éducatives.
- la naissance et le développement anarchique des banlieues urbaines dans
lesquels les gens venant des compagnes s'entassent au petit bonheur dans les
villes avant même qu'on ait eu le temps de réaliser un travail de voirie ou
d'assainissement. Ici dans les villes existe des taudis dans lesquels les gens
sont entassés et vivent au milieu d'une effroyable promiscuité. Là-bien
entendu, il est beaucoup moins question d'éducation sanitaire que
d’aménagement et d'assainissement, l'éducation venant en second lieu.
- Il n'est pas facile d'y réaliser les adductions d'eau nécessaire et les services
de nettoyage sont généralement débordés.
- Les bidonvilles sont peuplés d'une population jeune qui s'est réfugiée dans
l'anonymat de la ville pour échapper à la contrainte des villages ou à la
monotonie de la vie paysanne. Les jeunes vivent en marge des toutes les
règles sociales sans être soutenus par aucun cadre. Ils constituent ainsi un
bouillon de culture propice à toute sorte de maladies, notamment les MST, la
TBC et même les psychonévroses.
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b. Contre argumentation
L'éducation sanitaire est avant tout une aventure médicale, mais il faut une
coopération avec d'autres ministères: Education nationale, Agriculture et développement
rural, économie, information...
C'est un fait que l'éducation sanitaire peut rendre un service éminent à l'économie en
éliminant les facteurs d'absentéisme au travail ou d'inactivité. En retour, elle peut trouver
dans les efforts du développement un véhicule tout indiqué. Elle peut participer à la
dynamique de celui-ci tout en le soutenant.
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L'urbanisation croissante, notamment lorsque les ressources financières sont
très insuffisantes, entraîne de nombreux risques pour la santé, par la prolifération des
déchets domestiques et produits industriels toxiques.
Lorsque l'on dispose des ressources financières suffisantes, on peut concevoir des bâtiments
et installations qui réduisent certains risques et en particulier les risques des maladies
transmissibles par les aliments, l'eau et les matières fécales.
Dans les zones rurales, l'environnement favorise la prolifération de
nombreux agents pathogènes biologiques comme ceux responsables de diverses formes de
diarrhées, d'infections respiratoires, du paludisme, vers intestinaux, schistosomiases qui
pouvaient être prévenu par un aménagement et assainissement du milieu.
L'urbanisation peut avoir d'autres effets négatifs sur la santé par exemple, la croissance
rapide de la population urbaine s'accompagne souvent de logements de fortune, des
problèmes d'approvisionnement en eau et de l'accumulation de déchets et d'excréments
humains qui rendent l'environnement malsain.
Le rôle de l’éducation pour la santé serait donc de sensibiliser les
particuliers, les organisations et le gouvernement à leur rôle et à leurs responsabilités en
matière de santé. Le pays devrait donc se doter d'une législation en matière de santé pour
surveiller tous les aspects écologiques de la santé et prévoir des mécanismes pour en assurer
l'application et le respect.
Cette liste n'est pas limitative. Elle est simplement destinée à rappeler que faute dé
multiplier les contacts avec la population l'éducation pour la santé ne touchera qu'une
poignée des privilégiés
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CHAP III : PLANIFICATION DES ACTIVITES D'EDUCATION POUR LA SANTE
1. INTRODUCTION
a. DEFINITION DE LA PLANIFICATION
Comme on peut le constater, en appliquant ces principes directeurs, nous venons de mettre
en évidence les 3 grands domaines de planification impliquant des décisions anticipatives
dans tout plan à savoir :
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- déterminer la classe sociale à laquelle appartiennent ceux qui sont exposés
au risque (problème)
- identifier l'aire de recrutement où on peut les atteindre.
Population cible : c'est le groupe visé par l'activité. Par exemple une activité
d'éducation en matière de nutrition infantile peut avoir pour population cible, Id
mères (femmes enceintes et allaitantes).
Quantité de chaque activité: Par exemple 4 séances d’éducation sanitaire lors de
l’exercice de vaccination par mois.
Techniques et Méthodes: Ici on spécifie la façon dont l’activité sera accomplie par
rapport au cadre institutionnel
Organisation et déroulement : les décisions sont prises concernant le moment,
l'ordre, la fréquence, le lieu de l'activité, voire même la répartition des tâches et
responsabilités entre les membres du personnel.
2. Le diagnostic communautaire
D'une manière générale, l'éducation sanitaire repose sur les trois grands
fléaux de santé dans les milieux tropicaux et équatoriaux à savoir: les maladies
nutritionnelles, les maladies transmissibles et les maladies parasitaires. La plupart de ces
maladies sont rencontrées surtout chez les groupes vulnérables, particulièrement les enfants
de 0 - 5 ans et les femmes enceintes.
Cependant, certains problèmes sont extérieurs au domaine de la santé mais restent
importante pour la santé étant donné qu'ils affectent celle-ci d'une manière ou d'une autre,
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Pour ce faire, le diagnostic communautaire devait s'intéresser aux six facteurs qui
influencent la santé d'une communauté: physiques / géographiques, socio-économiques,
sanitaires, politiques, culturels et démographiques).
Ainsi tout programme d'action sanitaire éducative s'enracine dans une
communauté donnée et tient compte de ces facteurs qui entrent en interaction les uns avec
les autres.
La planification familiale a pour but non plus d'arrêter toute procréation comme le fait
croire une certaine opinion, mais plutôt l'espacement des naissances pour la meilleure santé
des mères et des enfants.
Les données démographiques qui sont impérativement nécessaires au diagnostic
communautaire sont :
1) La fécondité
2) La natalité
Le taux de natalité dans une population se mesure par le nombre des naissances survenues
en une année rapportée à la population totale exprimé habituellement en %.
ex : 200 naissances pour l'année 1999 sur une population de 800 habitants.
b) Facteurs sanitaires
Les facteurs sanitaires sont liés (interaction) aux facteurs démographiques qui doivent d’
abord être maîtrisés. .
Ils portent sur la petite enfance, la morbidité et la mortalité.
Données sur la petite enfance
- La natalité: suivi des grossesses pour détecter les avortements et les mort-
nés.
- Le poids à la naissance: Il y a alarme si le pourcentage des enfants à faible
poids à la naissance (inférieur à 2500 g) par rapport à l'ensemble des
naissances. Cela traduit un signe de détérioration de la nutrition des femmes
enceintes et par là de toute la communauté en général. Le poids moyen à la
naissance se calcule par la somme des poids de naissance divisée par le
nombre total des nouveaux-nés.
- La durée de l’allaitement maternel et sevrage :Le suivi de cette donnée
peut montrer l'état de santé et de nutrition précaire chez les nourrissons.
- Vaccination
Celles-ci renseignent sur l’état d'immunité des enfants (résistance aux maladies) et donc de
toute la communauté. Les données sur la vaccination renseignent sur la couverture
vaccinale et donc la capacité de résister contre certaines endémies et épidémies.
- La morbidité :la morbidité est le nombre des malades et des sujets venus pour la
consultation. On peut relever les motifs de la consultation et d’hospitalisation et
permettre ainsi d’avoir un excellent tableau sur l’état de santé de la communauté.
- la mortalité infantile : c’est le nombre d’enfants nés vivants et décédés avant l’age
de 12 mois exprimé par rapport à 1000 naissances vivantes. Le taux de mortalité
infantile est un indicateur du niveau socio-économique d’un pays ou d’une région.
- la mortalité préscolaire : c’est le nombre d’enfants décédés avant 4 ans révolus
exprimés en ‰.
c) Facteurs physiques et humains
Le milieu physique et humain est le cadre dans lequel la communauté organise sa vie :
1) Sur le plan de l'habitat
- Les villages: orientation, points d'eau, lieux de rencontre, routes, bâtiments
administratifs
- Les concessions: case, cuisines, latrines, douches, puits, greniers, abris pour
bétails, jardin, arbres, tas d'ordures.
- les cases: forme, taille. matériaux des murs, du toit, chambres dépendantes,
éclairage, aération, entretien, hygiène : mouches, termites, rats, cafards,
moustiques
- Conservation des denrées: eau, produits alimentaires
2) Sur le plan de ménage
- composition familiale: famille monoparentale
(veuf, veuve)
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- Nombre de personnes / ménage
- Intervalle entre les naissances
- la place du chacun dans la famille.
3) Sur le plan géographique
- Situation géographique dans la: région, pays...
- Climat: régime des pluies, ensoleillement, saisons de récolte et
de soudure
- Relief: situation des terres, champs, pâturage, forêts
- Ressources alimentaires: cultures, chasse, pêche, élevage.
Il est mieux d'établir une carte géographique du secteur portant toutes les caractéristiques :
relief, climat, végétation, sources, lacs, barrages, rivières, marigots, villes et villages, voies
de communication, ressources naturelles. . .
La planification d'un programme d'éducation pour la santé passe par certaines étapes et
exige une certaine participation de la population (communauté concernée). Une éducation
sanitaire dynamique devrait amener les gens à compter autant que possible sur leurs propres
efforts et sur leurs ressources pour satisfaire leurs besoins de santé.
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Il incombe à l'agent de santé d'encourager, de susciter et de soutenir cette participation de la
communauté. Mais pour cela, il faut d' abord reconnaître ses maux. et en prendre
conscience: c'est la première étape.
Comment les gens gagnent-ils leur vie? Agriculteurs, pêcheurs, éleveurs, ouvrier agricoles,
ouvriers d'usine? Que font-ils de leur temps libre? Travaillent-ils la nuit?
Qui travaille, les hommes ou les femmes, ou les deux? Les enfants travaillent-ils? Combien
vont
à l'école? La communauté est-elle pauvre ou s'appauvrit-elle davantage. Son niveau de vie
est > ou < à la moyenne nationale ? Y a-t-il des marchés bien achalandés, de bonnes
routes? L'eau est-elle salubre? Y a-t-il l'électricité, le téléphone, un service de bus?
Comment vivent les familles? A quoi ressemblent les maisons? Disposent-elles
d'installations sanitaires? Sont-elles infestées.
Vie de famille
De quel type sont les relations au sein de la famille? Qui prend les décisions? La famille est
elle de type élargie? Combien une famille moyenne a-t-elle d'enfants? Comment sont
soumis et instruits les enfants?
Structure sociale et politique
Qui sont les chefs de la communauté, comment deviennent-ils responsables, qui prend les
décisions? La structure politique est elle autoritaire? ou démocratique?
Les gens se rencontrent-ils au marché, aux postes d'eau, dans les clubs, les cérémonies
religieuses, chez eux?
Structure démographique
y a-t-il beaucoup de personnes âgées, combien d'enfants sont sur le point de naître, les
femmes en âge de procréation sont-elles nombreuses, reste-t-il trop peu des jeunes adultes
par ce que la plupart des autres ont quitté le village pour aller travailler en ville?
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Quel traitement utilise-t-on dans la famille? Existe-t-il, des remèdes à base de plantes?
Existe-t-il des guérisseurs traditionnels? Quelles méthodes sont utilisées? Existe-t-il des
croyances spéciales concernant la naissance, l'allaitement au sein et le sevrage? Certains
aliments sont-ils proscrits pendant la grossesse? Certains aliments sont-ils prescrits pendant
la grossesse? Quelle est l'attitude à l'égard de l'espacement des naissances et de la
planification familiale?
Il est facile de parler de ce qui ne va pas mais il est beaucoup plus difficile de redresser la
situation. Dès lors que les gens ont décidé quels étaient les principaux problèmes de santé et
convenu de leur
rang d'importance, un plan d'action doit être élaboré La plus grande aide que pourra
apporter l'équipe de santé sera de préparer le plan d'action. C'est parce que les agents de
santé qui détiennent les connaissances et la formation nécessaire pour expliquer aux gens
les causes de certains problèmes et la façon de les résoudre.
A ceux que préoccupe la maladie chez l'enfant, par exemple, l'éducateur pourra indiquer
plusieurs méthodes de prévention telles que la protection des sources d'eau, la vaccination
des enfants et l'amélioration des aliments de sevrage.
Une fois qu'un plan d'action a été proposé, discuté et accepté, la communauté doit être
informée de ses objectifs et des décisions qui ont été prises.
C'est seulement lorsque les membres de la communauté et l'équipe de santé
ont/connaissance des objectifs et des décisions prises qu'on peut compter sur leur
participation active. Si les gens ne savent pas ce qui est prévu, ou s'ils ne comprennent pas
pourquoi un objectif a été proposé plutôt. Ainsi l'équipe de santé pourrait travailler avec la
communauté à la mise en oeuvre du plan d'action et des changements qui, au bout d'un
certain temps, entraîneront des modifications / améliorations.
Comme nous l'avions décrit dans l'introduction, un plan d’action peut-être conçu selon les
sept mots directeurs suivants :
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Pourquoi - Quoi - Comment? Qui - Quoi Où - Quand !
Mais pour des raisons de clarté, il est important de ne pas encombrer le plan avec les détails
cependant, certains sont tellement importants pour le plan qu'il faille les mettre en annexe
Problème: Une communauté des montagnards isolée, difficile à atteindre en raison du
mauvais état des routes se trouve privée de soins prénatals et où on observe que le taux de
décès maternel et néo-natal y est élevé.
Objectif : Dispenser les soins prénatals et obstétricaux à environ 60 % des femmes
enceintes pendant l'année à venir.
Stratégies et activités
Le travail sera effectué par les accoucheuses traditionnelles. La stratégie consiste à former
une infirmière accoucheuse qui formera ensuite les AT.
Elle se rendra dans le village une fois par semaine à cet effet. Le détail des activités est
donné à l'annexe 1.
Ressources
L'accoucheuse X a été choisie pour suivre un bref cours en vue de la formation des AT. Sa
définition d'emploi figure à l'annexe 2. La communauté invitera les AT à se porter
volontaire pour la formation. Les listes des matériels et le budget sont donnés aux annexes
3 et 4.
Organisation
La formation des AT aura lieu dans le centre de santé et dans la salle communautaire. Le
programme des activités est donné à l'annexe 1.
Contrôle
Chaque AT tiendra un simple registre de ses accouchements. Ces registres seront examinés
à chaque visite de l'accoucheuse diplômé?Les problèmes pourront alors être examinés et
des avis donnés.
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des agents de santé et les réceptionner 13 juin
Début du programme 15 juin
Lorsque les besoins dépassent ses compétences ou lorsque les ressources ne sont pas
disponibles, elle adressera les femmes enceintes à haut risque au niveau de soins supérieur.
- Etablir et entretenir des contacts avec les AT, les femmes en âge de procréer, les
responsables communautaires et autres agents chargés du développement de la
communauté.
- Utiliser les méthodes de démonstration, dispenser des conseils individuels ou
collectifs et faire un travail d'apprentissage.
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CHAP IV : EDUCATION SANITAIRE INTEGREE A LA PLANIFICATION DES
PROJETS D’HYGIENE DU MILIEU
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résumés et énoncés dans le rapport du Comité d'experts de la Planification, de l'Organisation et
de l'Administration des Programmes nationaux d'Hygiène du Milieu.
Ces objectifs sont les suivants:
Inculquer à la population les principes de l'hygiène du milieu afin qu'elle apprenne à
discerner ses véritables besoins et acquière de bonnes habitudes d'hygiène personnelle.
Amener la population à accepter les mesures prises par les pouvoirs publics pour
améliorer l'hygiène du milieu et à réclamer elle-même de telles mesures.
Faire en sorte que les services d'hygiène du milieu soient administrés conformément aux
besoins et aux aspirations de la population. et favoriser une étroite collaboration entre les
fonctionnaires responsables de ces services et la population desservie.
Le meilleur moyen de promouvoir l'éducation sanitaire en hygiène du milieu est de veiller à ce
qu'une place suffisante lui soit faite dès le stade de la planification. Ce sera plus facile:
si les planificateurs en hygiène du milieu sont suffisamment conscients de l'utilité de
l'éducation sanitaire;
s'ils peuvent facilement prendre contact avec des spécialistes de l'éducation sanitaire qui
les aideront à planifier les activités;
si une documentation technique appropriée est mise à leur disposition.
La planification et la mise en œuvre de l'éducation sanitaire gagneraient à faire l'objet d'une suite
de démarches logiques. Ces démarches, analogues à celles qui ont été adoptées pour le processus
de planification globale, pourraient être représentées de la façon suivante:
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Collecte des données pour
la planification
Programmation
Evaluation
La formulation des plans d'éducation sanitaire doit reposer sur un certain nombre
d'informations de base telles que:
1) Données épidémiologiques : du problème sanitaire pour lequel on prévoit une
solution ressortissant à l'hygiène du milieu. Sous cette rubrique figureront les
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statistiques de morbidité et de mortalité, le territoire et la population affectés, la
fréquence, etc.
2) Services existants : Figurera ici le niveau présent des services mis à la disposition
du public pour le programme sanitaire dont il s'agit. Dans le cas de l'appro-
visionnement en eau, on indiquera la quantité et la qualité des
approvisionnements, ainsi que leur accessibilité, tandis que dans le cas de
l'élimination des excréta on indiquera les installations existantes et l'usage qui en
est fait, etc.
3) Données socio-démographiques : Les données importantes sont: population,
répartition par âge et par sexe, densité, taux de natalité et de mortalité,
appartenance religieuse, niveau économique, taux d1alphabétisation, logement,
etc.
4) Connaissances, attitudes d'esprit et habitudes de la population : en ce qui
concerne le problème sanitaire et l'activité d'hygiène du milieu envisagés. Il
importe tout particulièrement de connaître le niveau des connaissances en ce qui
concerne les causes, la propagation et la prévention des maladies particulières
qu'on se propose d'empêcher, ainsi que les connaissances, les attitudes d'esprit et
les habitudes à l'égard des activités d'hygiène du milieu que l'on envisage de
mettre en œuvre.
5) Caractères sociaux el culturels de la population : Données concernant les
croyances, les tabous, les coutumes et les superstitions de la population au sujet
de la santé, ainsi que les foires et fêtes, les structures des rassemblements, etc.
6) Structure du pouvoir dans la collectivité : Pouvoirs officiels et puissances
officieuses et leur influence relative; les groupes sociaux dans les villages et leur
influence réciproque.
7) Degré de coopération que l'on peut attendre de la population : On se reportera
pour cela aux observations faites à l'occasion de précédents programmes.
8) La communication. Moyens d'information tels que radio, journaux, bibliothèques;
véhicules culturels indigènes et autres moyens locaux d'information.
9) Ressources disponibles : Ressources en personnel, en argent et en matériel que
l'on peut attendre:
- des diverses administrations gouvernementales de la santé, du
développement, de l'éducation, etc.;
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- des institutions bénévoles telles que les associations ouvrières et pro-
fessionnelles, les groupes religieux, etc.;
- des organismes locaux;
- du public en général.
10) Caractéristiques et installations de la zone retenue : Nature du terrain,
précipitations, saisons, types de cultures, moyens de transport, services postaux,
établissements d'enseignement, installations pour les loisirs, électricité, lieux de
réunions, etc.
11) Besoins exprimés de la collectivité : Il faut toujours connaître les besoins
exprimés, notamment en matière sanitaire, par la collectivité pour laquelle on
prépare des programmes, car la planification s'en trouvera facilitée.
Les informations relatives à la plupart de ces rubriques sont généralement consignées dans
diverses archives conservées par les hôpitaux, les autorités de village, les organismes locaux et
les établissements d'enseignement de la région. Les chefs locaux devraient être à même de
compléter ces renseignements. On pourra obtenir le reste au moyen d'enquêtes rapides et de
visites à domicile.
Il est essentiel que les dirigeants de la collectivité, les enseignants, les étudiants,
etc., participent au processus de collecte des informations. On a vu en effet cette aide se
manifester dans bien des cas où on a su la solliciter comme il fallait. Les dirigeants doivent être
pressentis individuellement et par groupes, ils doivent être informés de la nature du programme
et de l'enquête, et leur participation doit être expressément sollicitée. C'est là un premier pas
essentiel si l'on veut obtenir la participation de la collectivité à la planification des programmes
d'hygiène du milieu.
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généralement conçue comme un moyen dont la fin est un accroissement du rendement du
programme, même si l'éducation sanitaire peut contribuer par elle-même à promouvoir d'autres
valeurs. Conçu comme un moyen, l'objectif ultime de l'éducation sanitaire et du projet d'hygiène
du milieu dont elle fait partie restera identique, même si les autres objectifs doivent varier. Aux
fins de la planification et de l'évaluation continue, on peut envisager des objectifs sur un mode
hiérarchique, et les représenter sous la forme schématique ci-après:
Remarques:
1. Ce schéma est surtout destiné à la planification et à l'évaluation.
2. Il contribuera à vérifier certaines des hypothèses de départ.
3. Chaque individu ne passera pas nécessairement, dans l'ordre, par ces étapes successives. Des
pratiques peuvent être adoptées spontanément sans acquisition préalable de connaissances
ou sans changement d'attitude.
4. . D'autres variables pourraient intervenir entre l'usage des installations et moyens d'hygiène
du milieu et les indicateurs de la morbidité et de la mortalité.
5. . On pourrait prolonger le schéma de façon à y faire entrer d'autres variables venant à la suite
de la morbidité et de la mortalité, mais il est essentiel de se fixer une limite aux fins de la
planification et de l'évaluation.
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intermédiaires toucheront à la participation de la collectivité à l'éducation sanitaire et aux
activités de construction.
Les variables relatives à l'acceptation et à l'utilisation concerneront le pourcentage
des logements dotés d'arrivées d'eau, de latrines protégées ou d'autres installations, le degré
d'utilisation, le degré d'entretien, etc. On y trouvera aussi des variables sur le comportement de la
population, par exemple: Les gens se lavent-ils les mains à l'eau et au savon après être allés à la
selle? - Les excréta des nourrissons sont-ils recueillis et jetés dans les latrines? - L'eau est-elle
conservée et utilisée dans de bonnes conditions d'hygiène?
L'étape suivante est celle de la mesure des variables de morbidité et de mortalité.
Dans la planification de l'éducation sanitaire, il faut fixer des objectifs à tous les niveaux, même
si, lorsqu'il s'agit de les mesurer, la priorité doit varier avec le temps. C'est ainsi qu'au cours des
premières étapes du programme on insistera essentiellement sur la mesure des variables relatives
aux ressources introduites et aux activités.
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familles de la collectivité, et il faudra dresser la liste de celles qu'il convient de visiter en priorité.
Par exemple, dans le cas d'un programme d'assainissement comportant la construction de latrines
dans les logements, il se peut que plusieurs familles n'aient pas de place pour les latrines et il
faudra donc donner la priorité à celles qui ont la place suffisante. De même, on pourra prévoir de
répéter les visites auprès de ceux qui se sont montrés intéressés la première fois. Voici les
questions qu'il faudrait se poser et régler:
- Combien de familles faut-il visiter, dans quel ordre de priorité, et à quelles fins?
- Qui, dans le personnel de l'équipe d'hygiène' du milieu, se chargera de ces visites planifiées?
Quelle sera la fréquence des visites?
Les réponses à ces questions et à d'autres semblables doivent être incorporées
dans le plan. Outre ces visites planifiées, il existe d'autres possibilités qui pourraient être
exploitées pour l'éducation sanitaire en hygiène du milieu. Par exemple, les infirmières/sages-
femmes auront leur propre plan de soins maternels et infantiles à domicile et de consultations
dans les dispensaires; d'autres travailleurs sanitaires feront des visites à domicile pour la
vaccination, les activités antipaludiques, etc.; les conseillers agricoles se rendront dans les
familles pour les besoins de leur propre programme. Le succès d'un programme d'hygiène du
milieu dépendra de la participation de ces travailleurs à l'éducation sanitaire et de son ampleur.
Ils pourraient en effet se charger de certaines activités d'éducation sanitaire au cours de leurs
visites régulières aux familles. Dans le domaine de l'assainissement surtout, qui est l'un des
programmes les plus ardus, le succès dépendra des efforts combinés des techniciens des
différentes administrations gouvernementales.
Les visites domiciliaires nécessitent une planification minutieuse. En plus de ce qui a été dit plus
haut, ces visites peuvent avoir pour objet la collecte de renseignements sur le village ou sur la
famille, la fourniture de services et d'un appui moral, et l'affermissement de liens d'amitié et de
travail avec la population. Quel qu'en soit le but, il est nécessaire, si l'on veut que ces visites
mènent à des résultats concrets, de prêter attention aux questions suivantes:
I. Planification préalable à la visite domiciliaire
a) Etudiez le dossier de chaque famille avant ta visite, ou consultez des amis proches, capables
de donner te plus de renseignements possibles sur le ménage ou sur ses membres.
b) Prenez des notes et soyez prêt à discuter des problèmes identifiés à l'avance.
c) Familiarisez-vous avec les ressources et institutions communautaires disponibles, de manière
que, si besoin est, il vous soit possible de renvoyer la famille à l'institution capable de résoudre
ses problèmes.
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d) Vérifiez au préalable toutes les informations nécessaires ayant un caractère technique, ainsi
que la façon d'en discuter en termes simples.
e) Autant que possible, fixez la date et l'heure du rendez-vous, ou tout au moins annoncez-vous à
l'avance, de manière que la famille soit prête à vous recevoir.
II. Contact avec l'individu ou sa famille
a) Présentez-vous et saluez les gens selon la coutume locale.
b) L'établissement de bons rapports avec eux est une étape essentielle si l'on veut gagner leur
confiance, tout spécialement quand on prend contact avec des gens que l'on ne connaît pas
personnellement. Vos efforts seront facilités si vous faites état des renseignements que vous
possédez sur la famille en question, si vous leur parlez de choses qui les intéressent, si vous leur
montrez votre volonté de les aider, si vous louez leurs réalisations, et si vous vous joignez à
quelques-unes de leurs activités.
c) Décidez de la durée de votre entrevue selon les circonstances du moment; si ces dernières sont
favorables, tirez-en le maximum de profit; sinon, prenez un second rendez-vous.
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h) N'oubliez pas au cours de l'entrevue: de complimenter votre interlocuteur pour avoir exécuté
des mesures suggérées précédemment; de ne pas faire trop de suggestions au cours d'une même
visite; d'utiliser un langage simple et de donner des renseignements clairs et précis; d'utiliser des
expressions que les villageois comprennent; d'apporter la preuve de ce que vous avancez à l'aide
de démonstrations, toutes les fois que cela s'avère nécessaire; d'expliquer les textes que vous
distribuez.
i) Evitez des conflits d'opinion et des disputes au cours de l'entrevue. II y a plusieurs façons
d'exprimer des idées contraires à celles de votre interlocuteur sans le froisser.
j) Ayez confiance dans les gens et dans leur capacité à étudier et à résoudre plusieurs de leurs
problèmes.
k) Ne faites pas de promesses sur des questions qui ne sont pas de votre ressort, ou que vous ne
pourrez tenir.
1) Mettez votre interlocuteur à l'aise pour s'exprimer librement.
m) Ne concluez pas l'entrevue prématurément. Souvent, en matière d'hygiène publique, plusieurs
visites peuvent s'avérer nécessaires. Prenez alors rendez-vous pour la prochaine entrevue avant
de partir.
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Les suggestions qui suivent peuvent aider à rendre les petites réunions de groupes
très efficaces:
1) Prenez contact individuellement avec le plus grand nombre possible des membres du groupe
avant la réunion, de façon à éveiller leur intérêt pour le problème qui sera discuté.
2) Il est préférable de limiter à quinze ou vingt le nombre des membres du groupe en vue de
faciliter la discussion.
3) La date, l'heure et le lieu de la réunion seront fixés de manière à permettre au plus grand
nombre possible de membres d'y prendre part.
4) Avant de commencer la réunion, assurez-vous que chacun est confortablement installé, de
façon que l'atmosphère soit détendue et que les membres puissent concentrer leurs idées sur le
sujet en discussion. n est essentiel que les membres se connaissent et que, pour cela, ils soient
présentés les uns aux autres.
5) Les meilleurs échanges de vues auront lieu si les membres sont installés en rond, de façon que
chacun puisse voir à tout moment tous les autres membres et les expressions de leurs visages.
6) Dès le début de la réunion, le groupe doit choisir son président, son rapporteur, son horaire de
travail et la procédure à suivre.
7) Le président peut alors ouvrir les débats en exposant le problème à discuter.
8) Chaque membre doit- être invité à participer activement aux débats. N'oubliez pas de rendre
justice à ses efforts et à louer sa participation.
9) Faites comprendre aux membres du groupe qu'ils doivent s'abstenir de faire de longs discours,
et que l'objectif principal est d'obtenir les points de vues de la plupart d'entre eux.
10) Le groupe peut avoir besoin de renseignements détaillés sur le problème en discussion.
L'éducateur ou l'agent sanitaire devra s'assurer que les compétences nécessaires sont disponibles
au sein du groupe, sinon il demandera à des personnes compétentes, extérieures au groupe, de
participer aux discussions. Ces personnes ne devront pas faire de longs exposés mais apporter
des renseignements additionnels et les précisions dont le groupe a besoin.
11) Les discussions doivent se concentrer sur le problème en question. Il est cependant
impossible parfois d'éviter un certain nombre de digressions. Un bon président les tolérera, mais
pas au point de laisser la discussion dévier de son but original.
12) Il est nécessaire, de temps à autre, de résumer les discussions. Ceci aidera le groupe à mieux
se concentrer sur le sujet en question et à en étudier les ramifications.
13) Le président doit avoir de la patience, savoir bien écouter tous les points de vue, éviter
d'imposer une décision au groupe, et contribuer aux discussions en posant souvent des questions.
28
14) Les opinions exposées au sein du groupe peuvent être divergentes, mais un effort doit être
fait pour essayer de les intégrer et pour résoudre les conflits par le biais d'attitudes nettes et plutôt
humoristiques.
15) Pour que le groupe puisse passer à l'action, il sera nécessaire à ses membres d'arriver à des
compromis et, en cas de conflits d'opinions, de savoir céder et d'admettre l'erreur.
16) Le rapporteur résumera les discussions et les décisions du groupe. Ceci permettra aux
membres de se rendre compte de temps à autre du travail accompli.
17) Les fonctions de président du groupe ne devraient pas être exercées toujours par la même
personne. La rotation de la présidence parmi les membres rehaussera la position de chacun
d'entre eux.
18) Le groupe devra procéder à une évaluation périodique des progrès accomplis vers les
objectifs qu'il s'est fixés. Il pourra ainsi identifier les carences du travail effectué, y remédier et
aller de l'avant. Un procédé souvent utile consiste à inviter un observateur impartial à assister
aux débats et, au terme de ceux-ci, à faire part au groupe de ses observations.
Ses préoccupations seront les suivantes:
a) Les objectifs du groupe sont-ils clairs et bien exposés ?
b) Quel est le degré de motivation du groupe?
c) Le groupe compte-t-il trop sur les vues exprimées par son président?
el) Le président remplit-il bien ses fonctions?
e) Le groupe travaille-t-il au maximum de ses possibilités ?
f) Chaque membre manifeste-t-il un intérêt soutenu à la discussion ?
g) Le groupe fait-il preuve de cohésion?
h) Les échanges de vues sont-ils libres?
i) Le groupe dispose-t-il des renseignements nécessaires à la solution des problèmes?
j) Quels sont les progrès réalisés vers la solution des problèmes étudiés?
29
de questions peu familières présentant une importance particulière pour la santé, les gens s'en
remettent plus facilement à l'avis des amis, des proches et des personnalités influentes.
Les personnes qui s'occupent d'éducation sanitaire ont à leur disposition un grand nombre de
moyens de communication, ou media, utilisables au cours du processus éducatif, et dont les plus
répandus sont la radio, la télévision, le cinéma, les films fixes, les diapositives, les journaux, les
revues, les affiches, les expositions, le publipostage et les tableaux de feutre dits «flannelgraphs
». La plupart de ces moyens, outre qu'ils véhiculent l'information de masse, peuvent être intégrés
aux activités de groupe, aux programmes de formation et aux programmes d'enseignement
scolaire.
Le choix des media les mieux adaptés aux besoins d'un problème de santé particulier exige une
étude approfondie. Outre que les mêmes media peuvent ne pas convenir à tous les types de
problèmes, leur efficacité variera parfois d'une localité à l'autre. Il faut se préoccuper de la
disponibilité, de la couverture, du coût, de l'efficacité, de la faisabilité administrative et, de plus,
observer les principes ci-après dans le choix et l'emploi des media pour l'éducation sanitaire:
1) Les media doivent être considérés exclusivement comme des outils éducatifs, le résultat final
dépendant aussi de la compétence et du savoir-faire de l'enseignant ainsi que des divers éléments
du processus d'apprentissage.
2) Le choix et l'utilisation des matériaux et méthodes audio-visuels devront être guidés par les
objectifs du programme.
3) Les media doivent être adaptés aux groupes qui les utiliseront.
4) Leur contenu doit être scientifiquement exact.
5) Ils doivent frapper agréablement l'œil et l'oreille
1) Radiodiffusion
Dans de nombreux pays, la radiodiffusion est l'un des moyens d'information les
plus utilisés. Elle est relative ment bon marché et confère crédibilité et respectabilité aux
messages qu'elle transmet. On peut l'utiliser pour provoquer une prise de conscience à propos du
programme, qu'il s'agisse de la lutte contre la pollution de l'air ou de l'adoption de pratiques
d'hygiène. Les régions rurales des pays en voie de développement sont équipées de postes
collectifs, autour desquels un groupe de population se réunit, ce qui offre l'occasion de compléter
l'écoute par des discussions. Cet encouragement à la discussion au sein de la population permet
d'éviter la critique selon laquelle les programmes radiophoniques sont didactiques par nature.
Ces émissions pourront servir à combattre une opinion hostile, démentir les rumeurs et créer un
climat social favorable à l'adoption de pratiques hygiéniques. Ce système permet de composer
30
des programmes très divers, par exemple: causeries d'information, entretiens avec des
bénéficiaires. Sketches animés ou tables rondes. Pour tirer le maximum de bénéfice des
programmes radiodiffusés, on identifiera les groupes cibles, leurs habitudes d'écoute, ainsi que
les programmes qui les intéressent et qu'on diffusera donc aux heures voulues. On peut faire à
l'usage des écoliers des programmes spéciaux que le maître complétera par une discussion. Le
texte et les copies des émissions doivent être préparés par l'organisme chargé de l'hygiène du
milieu et mis à la disposition des stations de radiodiffusion.
2) Télévision
C'est un moyen de communication relativement neuf. Son efficacité pour
l'enseignement scolaire et universitaire a été éprouvée aux Etats-Unis d'Amérique et, comme le
rapporte la Fondation Ford, «ce n'est qu'un outil au même titre que les manuels, et en tant
qu'outil on peut en mésuser. Par contre, utilisée judicieusement et avec de l'imagination, elle peut
jouer un rôle majeur et enrichir l'éducation des étudiants et des adultes». Au Canada et en Arabie
Saoudite, des études ont été faites sur l'utilisation de la télévision par les services de santé. La
République de Corée l'emploie pour son programme de planification familiale, et les Etats-Unis
d'Amérique ont quelques projets expérimentaux en cours dans ce domaine. Dans les pays
développés, il est tout à fait possible d'y avoir recours en vue de la lutte contre la pollution de
l'air et de l'eau. Le personnel de l'hygiène du milieu pourrait promouvoir des études sur ce sujet.
3) Films
Le film fait partie des moyens de communication persuasifs, mais il est onéreux.
Il sert aussi bien à la formation du personnel qu'à divertir, donner des informations et influer sur
les attitudes. Il peut s'adresser au grand public, aux dirigeants du pays, aux groupes pro-
fessionnels ou aux travailleurs sur le terrain. Les films à dénominateur commun, c'est-à-dire
capables de franchir les barrières linguistiques et culturelles, sont particulièrement utiles dans le
domaine de la formation. L'hygiène du milieu offre une riche matière pour le tournage de films
sur toutes sortes de sujets; il est en outre possible d'introduire des notions d'hygiène du milieu
dans d'autres films à orientation sanitaire (par exemple sur l'alimentation ou la planification
familiale) ou sur d'autres thèmes de développement général (éducation, agriculture, etc.)
Le film doit être visionné avant d'être présenté à un public donné. La projection
sera précédée d'une introduction qui suscitera des questions et éveillera par avance l'intérêt des
spectateurs. Le film peut être suivi de discussions sur les principaux points éducatifs qui en res-
sortent, et parfois projeté une seconde fois avec profit.
Les films qui s'adressent au public sur un ton proprement didactique ne sont pas
très attrayants. Le thème doit être développé autour d'une histoire. Les films s'adressant à une
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collectivité doivent être positifs, c'est-à-dire insister sur les avantages des pratiques recom-
mandées, au lieu de montrer les aspects négatifs de la situation. Comme le tournage et la
projection des films sont coûteux, il importe de consacrer une recherche approfondie aux thèmes
attrayants, à l'heure appropriée pour la projection, à l'utilisation d'unités mobiles et à d'autres
facteurs connexes. Outre leur utilité pour la formation, les films ayant trait à l'hygiène du milieu
présentent un intérêt pour les collectivités.
4) Films fixes et diapositives
Les films fixes sont constitués par une pellicule de 35 mm sur laquelle est enregistrée une série
de vues fixes. Pour les passer, on utilise un projecteur spécial, souvent muni d'une télécommande
permettant de faire défiler les vues à la vitesse désirée. Ils peuvent être sonorisés au moyen de
disques ou de bandes magnétiques. L'avantage de ce système est de permettre à l'éducateur de
contrôler le rythme de la projection et de pouvoir faire un commentaire efficace. Le film peut
être arrêté à n'importe quel moment pour permettre une discussion, puis reprendre. On renforcera
les idées exprimées en prévoyant un résumé à la fin de la série de vues. Les projections de films
fixes se sont révélées extrêmement utiles pour l'enseignement de sujets bien déterminés à de
petits groupes de personnes. Leur mode d'emploi est le même que celui 4'un film ordinaire et ils
nécessitent aussi une planification: on devra les visionner au préalable et décider à quel stade du
processus d'apprentissage ils seront présentés. Les vues d'un film fixe sont rangées en une série
illustrant une histoire ou décrivant un processus. Les diapositives sont des vues fixes séparées.
Leur mode d'emploi est très souple et elles constituent un excellent complément à
l'enseignement.
5) Journaux, revues et imprimés
Dans tout programme éducatif, il faut nécessairement avoir recours aux journaux
et revues. Sinon, ils pourraient jouer un rôle nocif en faisant une publicité contre le programme.
Par exemple, si l'adduction d'eau et la construction d'un réseau d'égouts doivent être considérées
comme des commodités publiques et financées par la population, celle-ci doit être préparée à
souscrire à cette initiative, ce qui peut être grandement facilité par les journaux et revues, qui
s'adressent à la fraction alphabétisée de la collectivité. Des articles techniques, des récits
montrant comment des collectivités ont réussi à résoudre leurs problèmes d'hygiène du milieu,
des discours d'importantes personnalités, la relation de certains faits, peuvent atteindre le public
par le biais des journaux. Le point le plus important dans l'utilisation de ces media est d'amener
les éditeurs à s'intéresser aux programmes, en organisant des séminaires pour les rédacteurs, en
assurant leur représentation dans les comités de media de masse, en achetant des espaces
32
publicitaires, etc. Les textes destinés à être insérés dans les journaux et revues doivent être
préparés en fonction de la catégorie de lecteurs visée.
Les imprimés, dépliants, brochures, etc. sont également d'un emploi très répandu.
Ils doivent être préparés à l'intention de groupes précis et correspondre à leurs besoins. Les
brochures sur l'assainissement de l'alimentation, à l'usage des écoliers, insisteront davantage sur
les habitudes hygiéniques, tandis que celles qui s'adressent aux membres des professions de
l'alimentation porteront essentiellement sur les normes, les types de matériel, l'entretien, etc.
La distribution de brochures à tout venant, par exemple lors d'expositions, ne
présente que peu d'intérêt. La distribution doit être intégrée avec les autres processus de
communication. L'envoi de brochures par la poste, après une réunion par exemple, est en général
plus efficace.
6) Expositions
7) Affiches
L'affiche est destinée à transmettre une idée par une représentation picturale
(croquis, peinture ou photographie). Son efficacité en matière de communication est inversement
proportionnelle à la complexité de l'illustration. Les mots utilisés sur une affiche doivent être
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aussi peu nombreux que possible et familiers aux lecteurs. La représentation des notions doit être
adaptée à la culture et à l'expérience du public qui verra cette affiche. Les dix critères de
conception d'une affiche les plus fréquemment cités sont: 1) pouvoir de retenir l'attention, 2)
bonne composition, 3) équilibre, 4) mouvement, 5) accentuation, 6) unité, 7) espaces blancs, 8)
simplicité, 9) couleur, et 10) contraste.
Des études sur les affiches ont souligné la nécessité de les disposer, dans la collectivité, en un
certain nombre d'endroits où elles puissent être vues du public. Les messages qu'elles
transmettent et leur conception doivent être spécifiquement adaptés à la situation. Une étude
réalisée dans le cadre d'un projet d'assainissement du milieu dans les régions rurales de l'Inde a
montré que l'affiche était un moyen s'adressant essentiellement aux hommes jeunes, en raison du
taux élevé de vision et de compréhension des affiches parmi ce groupe. Il n’est pas besoin
d'insister sur la nécessité de mettre l'affiche à l'épreuve avant l'emploi
8) Pancartes
Il s'agit de petites pancartes, peu encombrantes, qui sont présentées une par une
dans un ordre déterminé pour exposer une idée à un public. Le texte doit être simple et ne traiter
que d'un sujet à la fois, qu'il s'agisse par exemple de la lutte antivectorielle ou du lavage de la
vaisselle. En fonction des traditions et des conditions locales, on pourra utiliser des dessins très
simples, des photographies ou des bandes dessinées. Chaque pancarte doit avoir au moins 55 x
70 cm, de façon à être vue de tous, cette méthode n'étant applicable qu'avec de petits groupes.
L'éducateur désirant utiliser ce moyen doit préparer sa causerie et choisir les principales idées
qu'il veut communiquer à son auditoire. Les illustrations seront préparées de façon à renforcer
chaque idée par un impact visuel. Il existe des cas où des notables ont appris à s'en servir à des
fins éducatives lors de leurs contacts avec les membres de leur collectivité. Dans chaque série, le
nombre de pancartes est habituellement compris entre dix et vingt.
9) Tableaux de feutre ou de flanelle (<< flannelgraphs »)
Le tableau de feutre fait partie des auxiliaires pédagogiques visuels. Il se compose
d'un panneau fixe ou portatif, de n'importe quelle taille (de préférence 75 x 60 cm), en carton, en
contre-plaqué ou en bois recouverts d'une pièce de feutre ou d'une flanelle rugueuse grattée. Les
figures servant à l'illustration seront également munies au dos d'un morceau de flanelle, de feutre
ou de papier de verre leur permettant d'adhérer au panneau. Ces tableaux sont utilisés pour
développer une idée par étapes successives, ce développement pouvant être présenté sous forme
d'histoire. Un tableau de feutre doit rester simple et l'illustration doit être grande et nette. Le
tableau n'a pas à être élégant, mais il doit être vu et compris aisément à une certaine distance.
Pour illustrer l'idée à communiquer, on pourra utiliser des dessins, des photographies, des
34
peintures, etc. Pour vérifier si l'auditoire a compris la démonstration, on demandera à des
volontaires de choisir des illustrations parmi un assortiment posé sur une table et de les disposer
en une suite appropriée sur le tableau. Les tableaux de feutre sont des aides pédagogiques
dynamiques, dont le principal avantage est de permettre de tenir l'auditoire en haleine en
composant progressivement une histoire.
10) Publipostage
Le publipostage en tant que canal de diffusion pédagogique est largement utilisé
pour la planification familiale dans certains pays. Aux Etats-Unis d'Amérique est actuellement
réalisée une expérience consistant à envoyer à tous les jeunes mariés une série de documents sur
la contraception. Le publipostage peut rendre de grands services dans le cadre des programmes
d'assainissement du milieu, notamment en ce qui concerne la pollution de l'air et de l'eau, le
développement des services sanitaires de base. Pour que ce système fonctionne convenablement,
il faut définir les groupes cibles et pouvoir compter sur un service postal efficace. Le contenu des
documents envoyés aux différents groupes doit être choisi avec soin.
11) Essai préliminaire des matériaux éducatifs
L'essai préliminaire «est une méthode consistant à appliquer des mesures
objectives au cours des différentes étapes de la mise au point d'un programme, afin d'identifier
les obstacles à examiner à un moment où les changements peuvent être faits facilement et au
moindre « coût» . Cela peut s'appliquer aux matériaux et méthodes d'éducation. Il faut distinguer
l'essai préliminaire de l'évaluation du programme, dont il précède le lancement. L'essai du
matériel dans le but d'identifier les obstacles éventuels à la communication sera de préférence
effectué parmi des individus ou des groupes auxquels ce matériel est destiné. Par exemple, une
projection de film fixe destinée à des agents d'assainissement en cours de formation sera mise à
l'épreuve sur un groupe de ces personnes, et une autre destinée au grand public sera essayée sur
des représentants de ce public. Souvent, il n'est pas nécessaire que l'échantillon soit grand. Le but
principal de l'essai d'un moyen de communication n'est pas d'éprouver son efficacité à provoquer
un changement, mais de vérifier que la communication à transmettre par l'intermédiaire de ce
moyen est bien comprise par le public auquel elle s'adresse.
D. Sélection des dirigeants des villages - Utilisation de leurs services
Les dirigeants influents de la collectivité qu'intéressent les activités d'éducation
sanitaire peuvent faire beaucoup pour le succès du programme d'hygiène du milieu. En fait, la
participation et la mise à contribution des dirigeants de la collectivité est l'un des aspects les plus
fréquemment négligés de l'éducation sanitaire. On ne pourra susciter et faire durer leur
participation et leur intérêt que si les responsables du programme croient en l'utilité de leur
35
enrôlement, s'ils s'efforcent sérieusement de l'obtenir et prennent toutes mesures propres à
faciliter leur participation bénévole. Les dirigeants de la collectivité peuvent se rendre utiles en
facilitant l'établissement du contact entre les responsables du programme et la population, en
recueillant des informations, en présentant le programme à la population sous une forme
compréhensible pour elle, en planifiant les activités, en éduquant le public et en se chargeant par
exemple de certains aspects de la construction et de l'entretien des installations. Dans de
nombreux cas, on a vu des dirigeants se charger de la perception des redevances correspondant à
l'approvisionnement en eau et aux projets d'assainissement, apporter un soutien indispensable
aux organismes locaux qui s'efforcent de lancer des emprunts ou d'augmenter les impôts locaux
pour financer des projets d'approvisionnement en eau, et se charger des travaux de construction
des latrines prévues dans le projet. En revanche, ils pourraient fort bien faire obstacle à la bonne
marche du programme si l'on faisait fi de leur influence. La collaboration des dirigeants locaux
sera plus facile et plus poussée si le personnel chargé des programmes tient compte des points
suivants.
a. Choix des dirigeants
On devra s'attacher tout spécialement à identifier les véritables dirigeants. En
effet, dans une collectivité, on trouve des dirigeants officiels et d'autres qui ne le sont pas; on
devra prendre tout particulièrement soin de repérer les notables non officiels, dont l'influence
n'apparaît pas tout d'abord. De même, les femmes jouent un rôle très actif dans les programmes
d'hygiène du milieu, et l'utilisation des installations construites dépendra beaucoup de leur
collaboration. Dans tous les types de sociétés, lorsque c'est possible, on s'attachera à identifier les
femmes influentes et à obtenir leur coopération. Il existe de nos jours des méthodes
sociométriques simples auxquelles les agents de niveau sous-professionnel pourront recourir
pour identifier les dirigeants et les notables.
36
hommes et pour les femmes. Ces sessions à caractère officiel ne devront pas être confondues
avec les réunions de groupes des dirigeants des villages, lesquelles doivent avoir un caractère
régulier.
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ont participé aux décisions concernant un projet intéressant leur village est encore une
motivation. Demander aux dirigeants de présider certaines cérémonies, de prendre en charge les
visiteurs pour leur montrer le projet, faire venir des personnes originaires de zones relativement
peu dynamiques dans des endroits où il se fait du bon travail, décerner des attestations, etc.: voilà
le genre de récompenses auquel on pourra songer, le cas échéant.
38
Une difficulté à laquelle on se heurte souvent dans certains endroits est le fait que le public
utilise les toilettes des écoles en dehors des heures de classe et pendant les vacances et qu'il les
salit. Il faut absolument obtenir la coopération du public pour remédier à cet inconvénient.
L'entretien régulier du bâtiment doit comporter la réparation des latrines et des robinets d'eau de
l'école.
39
Les techniques d'éducation sanitaire que l'on a décrites seront une nouveauté pour
la plupart des agents. Nombre d'entre eux n'en auront jamais entendu parler au cours de leur
formation professionnelle. Aussi le plan d'éducation doit-il prévoir la formation des agents aux
techniques d'éducation sanitaire ainsi qu'aux principales caractéristiques techniques des ouvrages
d'hygiène du milieu dont le programme envisage la construction.
Lorsque le projet comporte déjà un spécialiste de l'éducation sanitaire, celui-ci
pourra se charger d'organiser et de donner le cours de formation. Sinon, le directeur du projet
devra se mettre en rapport avec les services de santé ou d'éducation sanitaire de la région ou
province du pays, pour leur demander de se charger du programme de formation professionnelle.
Le cours de formation destiné à ces agents doit être surtout pratique. Chaque fois
que ce sera possible, on prévoira une démonstration de la construction des ouvrages prévus au
titre du programme. Par exemple, dans le cas de projets de construction de latrines, les stagiaires
devront assister à l'édification de latrines et en apprendre les caractéristiques essentielles. Dans le
cas des pompes à main, on leur en apprendra le fonctionnement ainsi que la conduite à tenir en
cas de panne. S'il s'agit d'un projet axé sur la lutte contre les mouches, les stagiaires devront
pouvoir visiter des gîtes larvaires, recueillir des spécimens aux différents stades de
développement, les identifier et s'exercer aux mesures de lutte.
La partie de la formation professionnelle qui sera consacrée à l'éducation sanitaire
devra comprendre à la fois une initiation théorique et des travaux pratiques, les stages de brève
durée devant être surtout pratiques. Les cours devront porter principalement sur les divers
aspects sociaux, culturels et psychologiques du comportement humain, sur les modifications du
comportement et sur les méthodes et moyens que l'on peut utiliser. Il faudra prévoir aussi un
stage pratique de planification et de mise en œuvre des programmes d'éducation sanitaire dans
une collectivité, pour aider les stagiaires à acquérir les techniques nécessaires. La durée du stage
devra être suffisamment longue pour que l'on puisse traiter un programme d'études complet.
L'expérience montre qu'il faut parfois prévoir de trois à quatre semaines de formation pour ceux
qui ont la responsabilité directe de la planification et de la mise en œuvre de l'éducation sanitaire.
Dans certains pays au moins, il est arrivé que des stages de formation en éducation sanitaire de
durée plus brève (trois à sept jours) n'aient pas donné de bons résultats. On pourra prévoir des
stages plus brefs pour le personnel de soutien chargé de l'éducation sanitaire.
Dans de nombreux cas, il faudra obtenir des autorités qu'elles accordent leur
détachement à des membres de leur personnel pour leur permettre de recevoir une formation, et
c'est là un point dont on devra tenir compte dans les plans. Parmi les questions qui devront
retenir l'attention, il faut mentionner: a) la sélection des stagiaires, b) le lieu de leur formation, c)
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les instructeurs, d) le programme et la durée du stage, e) son financement, f) le cas échéant,
l'utilité d'incorporer dans Je cours une évaluation de la formation reçue.
3) COORDINATION
La coordination entre des organisations dont le contrôle administratif est déficient
est une entreprise difficile qui doit se faire au moyen de comités de coordination, de contacts
individuels et par une participation des cadres de ces institutions à des réunions régulières. Le
directeur du projet et ceux de ses collaborateurs qui sont chargés de la coordination aux
différents échelons devront savoir s'imposer dans ce domaine et être en outre convaincus de la
valeur des efforts coordonnés pour la promotion du programme. Il n'est pas nécessaire de prévoir
des comités séparés pour la coordination des aspects éducatifs et celle des autres aspects du
programme. Etant donné que les conditions varient avec les différentes situations, il n'est pas
toujours possible d'établir une règle générale à ce sujet, mais il reste cependant que les plans
doivent prévoir un comité central de coordination qui réunira les responsables du projet, les
représentants des institutions qui ont un rôle à jouer, des représentants des consommateurs ainsi
que certains autres notables de la localité. On devra prévoir aussi la création de comités au
niveau du village avec les dirigeants de la collectivité, les officiels, etc., ce qui facilitera
beaucoup la participation du public à la mise en œuvre des projets. La constitution de comités à
d'autres niveaux dépendra de la nature des circonscriptions administratives de la zone
d'opérations, de l'ampleur et de la nature du projet, etc.
Chaque institution procède généralement à la planification de son programme au
cours de réunions qu'elle convoque à intervalles réguliers. Les responsables du projet devront
connaître la date et le lieu de ces réunions et, lorsqu'il s'agit d'une institution ayant reçu des attri -
butions dans le cadre du projet, les représentants de. ce dernier pourront participer à ces réunions
et discuter de sa mise en œuvre.
4) MOYENS PÉDAGOGIQUES
On devra consacrer beaucoup de temps à prévoir les moyens pédagogiques
auxquels devront recourir les agents. II existe toutes sortes de moyens adaptés aux différentes
situations, et il appartient aux planificateurs de prévoir:
a) du matériel pédagogique pour les stages de formation. Les films, les films fixes et les
«flashcards» sont extrêmement utiles. Les films fixes se sont révélés très précieux lors des stages
de formation de dirigeants, des sessions d'orientation destinées aux groupes sociaux, etc. En ce
qui concerne le développement des latrines, le meilleur modèle pédagogique est encore une
latrine hygiénique dont on pourra présenter le montage en la plaçant dans une situation réelle.
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b) des contacts avec les familles et des réunions de groupes. On devrait prévoir des «flashcards
», mais rares sont ceux qui les utilisent régulièrement. L'habileté technique et l'imagination des
agents restent encore les meilleurs moyens éducatifs auxquels ils peuvent recourir.
Le plan devra prévoir un système de contrôle des activités éducatives: qui devra être inspecté,
par qui, et avec quelle fréquence? Le contrôle doit viser davantage à éduquer et à aider l'agent
qu'à exercer une surveillance régulière sur ses activités. Le contrôle comme moyen d'éducation
permanente des agents et comme service destiné à leur faciliter la tâche doit faire l'objet d'une
préparation minutieuse.
6) ARCHIVES ET RELEVÉS
Les plans devront prévoir un système d'archives et de relevés qui permettra aux
contrôleurs des différents échelons de connaître l'état d'avancement des travaux.
Etant donné que les archives ne montreront pas la qualité des travaux, le contrôle devra
comporter des vérifications d'ordre qualitatif.
Chaque agent à qui l'on aura confié des responsabilités dans le domaine de
l'éducation devra porter sur son livre-journal le détail de ses activités dans ce domaine.
42
programme dès le stade de la prévision. Ce qui ne veut pas dire que l'évaluation n'a pas d'autre
but: en effet, elle permettra aussi de vérifier les hypothèses que l'on a avancées lors de la
conception du programme, etc.
Pour faciliter la compréhension et la collecte des données, on pourrait envisager
l'évaluation sous trois rubriques: les structures, les méthodes et les résultats. Cette classification
correspondra du reste à la structure hiérarchique à laquelle on a fait allusion plus haut. Les
apports du premier degré pourront être rangés sous la rubrique des structures, les objectifs de
second rang consacrés aux activités feront partie des « méthodes », tandis que les échelons
suivants compteront parmi les résultats.
Les informations de base devront être envisagées comme partie intégrante de
l'évaluation et les données recueillies pour la planification du programme y suffiront. Une fois
que l'on aura établi les indices d'évaluation, on se reportera à nouveau aux données de base pour
vérifier qu'elles donnent bien la juste mesure de la situation actuelle des indices et, dans la
négative, on recueillera des informations supplémentaires.
Encore que ce ne soit pas ici le lieu d'examiner en détailles données à recueillir au titre des trois
rubriques: structures, méthodes, résultats, le plan d'évaluation devrait viser à obtenir des réponses
aux types de questions ci-après:
a) Structures
1) Qui sera chargé de l'éducation sanitaire?
2) A-t-on défini les attributions des responsables de l'éducation sanitaire ?
3) Ces responsables ont-ils reçu une formation adaptée aux activités dont ils seront
chargés?
4) Les besoins de la formation professionnelle sont-ils périodiquement analysés?
5) Sur quelle structure repose la coordination des membres du personnel aux
différents niveaux?
6) A quoi reconnaît-on qu'il y a effectivement coordination?
7) Existe-t-il un système permettant d'assurer un apport régulier de matériel et de
fournitures?
8) A combien se montent les crédits affectés à l'éducation sanitaire et comment
sont-ils dépensés?
b) Méthodes
1) Existe-t-il un plan d'action pour les activités d'éducation sanitaire, et est-il conçu
en fonction d'une collectivité ou d'un territoire donné?
2) Qui participe à ce processus de planification?
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3) Les diverses activités prévues pour chaque territoire ou collectivité sont-elles
effectivement exécutées?
4) Les dirigeants ont-ils été identifiés, formés, employés? Dans quelle mesure se
comportent-ils en responsables du programme?
5) Quelles activités éducatives sont mises en œuvre pour assurer l'entretien des
ouvrages terminés?
c) Résultats
1) Observe-ton chez la population un progrès des connaissances à l'égard des
problèmes sanitaires et des activités d'hygiène du milieu que l'on s'est proposé de
résoudre?
2) Les gens ont-ils l'impression que les transformations du comportement que l'on
essaie d'introduire sont approuvées par leurs amis, leurs employeurs, leurs chefs
spirituels et les différents groupes sociaux auxquels ils appartiennent?
3) Quels changements d'attitude observe-t-on au sein de la population?
4) Dans quelle mesure les objectifs matériels prévus sont-ils réalisés?
5) Quel est le pourcentage d'utilisation, qui sont les usagers, et les non-usagers?
6) Les installations sont-elles correctement entretenues?
7) Quels autres signes permettent de dire que les installations construites remplissent
leur objet, tant sur le plan des objectifs intermédiaires que des buts à long terme?
En ce qui concerne les variables touchant aux structures et aux méthodes,
l'évaluation devra être pratiquée à intervalles réguliers et rapprochés. Le personnel attaché au
projet pourra évaluer périodiquement, sans procéder à des enquêtes spéciales, les modifications
accusées par les variables relatives aux connaissances et aux attitudes ainsi qu'aux autres
résultats. Selon les crédits disponibles, le plan d'évaluation pourrait comporter également cer-
taines enquêtes par sondage.
44
CHAP VI: COMMUNICATION LORS DES FLAMBEES DES MALADIES
I. HISTORIQUE
Les flambées de maladies sont inévitables et souvent imprévisibles. Les conditions dans
lesquelles les flambées se déclarent sont uniques sur le plan de la santé publique. Les flambées
sont souvent marquées par l’incertitude, la confusion et un sentiment d’urgence. La
communication, qui se fait généralement par l’intermédiaire des médias, est une autre
caractéristique des conditions entourant les flambées. Malheureusement, les exemples de ratés
dans le domaine de la communication, qui ont retardé la maîtrise des flambées, sapé la confiance
du public, entravé l’observance des traitements et prolongé inutilement les troubles
économiques, sociaux et politiques sont légion. L’OMS estime qu’il est désormais grand temps
de reconnaître que les compétences en matière de communication sont devenues aussi
indispensables pour lutter contre les flambées que la formation en épidémiologie et les analyses
de laboratoire. Toutefois, quelle est, en l’occurrence, la meilleure façon de communiquer avec le
public pendant une flambée, le plus souvent par l’intermédiaire des médias ?
II. LIGNES DIRECTRICES A SUIVRE POUR COMMUNIQUER AVEC LE
PUBLIC AU COURS DES FLAMBEES DE MALADIE
En matière de communication, au début de 2004, l’OMS a commencé à élaborer, en les fondant
sur des faits et en les mettant à l’épreuve sur le terrain, des orientations pour promouvoir
l’objectif de santé publique, lequel consiste à maîtriser rapidement les flambées tout en
perturbant le moins possible la société. La première étape de ce processus est un examen
approfondi de la documentation relative à la communication des risques. Durant ce processus,
l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a identifié les composantes de la communication des
risques qui ont trait directement aux flambées. Ensuite, de ce corpus documentaire, on a extrait
une poignée de caractéristiques absolument indispensables à l’efficacité de la communication (en
leur absence, la communication est vouée à l’échec). Enfin, ces quelques caractéristiques ont été
évaluées par des experts de la lutte contre les flambées dans diverses cultures et divers systèmes
politiques et de développement économique. Le résultat de ce vaste examen, passé au crible
d’une évaluation pratique générale, est une liste sélective des meilleures pratiques de
communication sur les flambées.
Ces pratiques sont énumérées ci après :
A. CONFIANCE
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L’objectif principal de la communication relative aux flambées est de
communiquer avec le public de façon à instaurer, entretenir ou restaurer la confiance. Cela est
vrai pour toutes les cultures, les systèmes politiques et indépendamment du niveau de
développement du pays:
a) La perte de confiance du public peut avoir des conséquences graves en termes
sanitaires,économiques et politiques. Des recherches abondantes et des exemples
importants sur le plan de la santé publique soutiennent l’hypothèse selon laquelle moins
les gens font confiance à ceux qui sont censés les protéger, plus ils ont peur et moins ils
se conforment, en matière de choix et de comportement, aux instructions concernant la
gestion des flambées.
b) La haute administration doit approuver cet objectif, mais on se heurte à de nombreux
obstacles d’ordre pratique lorsqu’on cherche à gagner son appui pour adopter certaines
mesures en vue d’instaurer la confiance :
Cela vient du fait que les mesures prises pour susciter la confiance vont souvent à
l’encontre de ce que l’on attend (par exemple, on admet une certaine incertitude
ou on évite de rassurer les gens excessivement).
En conséquence, il est essentiel d’instaurer la confiance entre les
communicateurs et les responsables politiques ainsi qu’entre les communicateurs
et le personnel technique chargé d’intervenir en cas de flambées, qui peut ne pas
être conscient de la nécessité qu’il y a à communiquer avec le public, en
particulier s’il faut pour cela le détourner d’autres tâches. Cette relation interne
entre les communicateurs, le personnel technique et les responsables politiques
est parfois connue sous le nom de « triangle de confiance » :
Il est important de mettre en place ce triangle de confiance avant même qu’il ne soit nécessaire.
Cela peut s’avérer compliqué parce que différentes parties prenantes, parfois représentées par
différents ministères, peuvent avoir des conflits d’intérêts qui exigeront le dégagement d’un
consensus entre les partenaires.
c) La confiance dans la communication avec le public est essentielle dans les deux sens.
Les faits montrent que la panique est rare dans le public et encore plus rare lorsque les
gens ont été informés avec franchise. Toutefois, la mesure avec laquelle ceux qui
prennent les flambées en charge pensent que le public peut tolérer des informations
incomplètes et parfois alarmantes influence la prise de décision et l’efficacité en matière
de communication.
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d) La mise en place de mécanismes de responsabilité, de participation et de transparence
est importante pour instaurer et entretenir la confiance et tout particulièrement lorsqu’il
s’agit de restaurer lentement la confiance quand le niveau de celle-ci est faible. Le fait de
permettre à d’éminents critiques d’observer la prise de décision et même d’y participer,
par exemple, diminue le besoin de confiance et accroît cette dernière.
B. ANNONCE PRECOCE
La première annonce officielle de la flambée détermine les paramètres de la
confiance. L’opportunité, la sincérité et l’exhaustivité de ce message en font la communication la
plus importante de toutes les communications sur la flambée en question :
a) Dans l’environnement mondialisé et connecté qui est le nôtre aujourd’hui, il est
pratiquement impossible de garder l’information sur les flambées à l’écart du
public. Tôt ou tard, la flambée sera révélée. Par conséquent, afin de prévenir les
rumeurs et la désinformation, et d’encadrer l’événement, il vaut mieux
l’annoncer dès que possible.
b) Quand on retient l’information, les gens sont plus enclins à surestimer le risque.
L’expérience prouve que plus les responsables retiennent une information
inquiétante, plus celle-ci suscitera des craintes quand elle sera révélée, surtout si
elle l’est par une source extérieure.
c) Il faut faire une annonce lorsque le comportement du public est susceptible de
réduire les risques ou de contribuer à endiguer la flambée.
d) La portée minime d’une flambée ou l’absence d’informations sont des arguments
insuffisants pour reporter une annonce. Il y a des moments où même un seul cas,
tel que la notification d’un cas d’Ebola, justifie une annonce précoce.
Toutefois, il existe des problèmes potentiels :
Des annonces rapides risquent de surprendre des partenaires importants
qui pourraient être en désaccord avec l’évaluation initiale. Il est possible
de minimiser cela en mettant en place des modes de communication bien
rodés entre les parties prenantes principales et éventuelles. Ces systèmes
devraient être mis à l’épreuve au cours d’échanges de routine ou
d’exercices virtuels.
Les annonces précoces sont souvent fondées sur des informations
incomplètes et parfois erronées. Il est essentiel de reconnaître
publiquement que l’information précoce risque de changer à mesure que
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l’on développe ou que l’on vérifie d’autres informations. Les avantages
d’une annonce précoce l’emportent sur les risques et même ces risques
(par exemple fournir une information inexacte) peuvent être minimisés
grâce à des messages de communication appropriés sur les flambées.
C. TRANSPARENCE
Maintenir la confiance du public tout au long d’une flambée exige de la
transparence (c’est à dire une communication sincère, facilement compréhensible, complète et
exacte dans les faits).La transparence caractérise la relation entre ceux qui prennent en charge la
flambée et le public. Elle permet au public de « voir » les processus liés à la collecte
d’informations, à l’évaluation des risques et à la prise de décision, et associés à la maîtrise des
flambées :
a) La transparence offre de nombreux avantages et montre notamment comment, à un
moment où l’on affronte l’incertitude et l’inconnu, ceux qui font face à la flambée
cherchent systématiquement des réponses.
b) Puisque la transparence expose également les faiblesses des structures et celles des
opérations de prise en charge des flambées, elle stimule la prise de décision responsable
et mûrement réfléchie.
c) Une totale sincérité doit être l’objectif opérationnel conforme aux droits de l’individu
largement acceptés, tels que l’intimité du patient. Il s’agit essentiellement de trouver
l’équilibre entre les droits de l’individu et l’information intéressant directement le bien
public et la nécessité et le désir du public d’obtenir des informations fiables. Le fait
d’annoncer publiquement les limites de la transparence et d’expliquer pourquoi elles sont
fixées est généralement bien toléré à condition que ces limites soient justifiées.
Cependant, si les limites de la transparence deviennent des excuses pour cacher
inutilement la vérité, il s’ensuivra probablement une perte de confiance du public.
De nombreux obstacles peuvent bloquer la transparence :
On soulève souvent des arguments économiques, mais la première préoccupation
des responsables de la santé publique doit être la santé des gens. Toutefois, il
existe de plus en plus de preuves qui montrent que la récupération suivant
l’impact économique après une flambée est plus rapide lorsque les gouvernements
ont fait preuve de transparence et ont mis au point des indicateurs d’efficacité
concernant la prise en charge des flambées.
La préparation des médias devrait être un élément essentiel du perfectionnement
professionnel destiné aux responsables publics. Chaque fois que possible, cette
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préparation devrait précéder chacune des interactions avec les médias. Il ne s’agit
pas tant d’une préparation des compétences en matière d’information que la
préparation de messages et de réponses spécifiques aux questions qui risquent de
se poser.
Les porte-parole ou les responsables publics peuvent ne pas se sentir à l’aise
lorsqu’il s’agit de donner des mauvaises nouvelles ou de discuter d’un évènement
incertain.
Il peut y avoir également la crainte de révéler les faiblesses de l’infrastructure. La
fierté, la gêne et la peur du blâme peuvent également entraîner les responsables à
dissimuler la vérité.
Même si ces facteurs sont très difficiles à gérer dans une situation aiguë, le
changement de culture parmi les responsables politiques et les principaux
administrateurs techniques, qui déboucherait sur une plus grande transparence,
devrait être l’une des stratégies de la planification de la préparation relative aux
flambées.
La transparence, en elle-même, ne peut garantir la confiance. Le public doit constater la prise de
décision éclairée. Toutefois, en général, une plus grande transparence entraîne une plus grande
confiance.
D. LE PUBLIC
Il est essentiel de comprendre le public pour communiquer efficacement. Il est
généralement difficile de changer les croyances préexistantes, sauf si l’on aborde explicitement
ces croyances. Il est également pratiquement impossible, sans savoir ce que le public pense, de
concevoir des messages utiles qui facilitent la communication entre les experts et le public :
a) La communication précoce sur les risques est destinée à informer le public au sujet des
décisions techniques (stratégie de décision et d’information). Aujourd’hui, les
communicateurs des risques nous enseignent que la communication de crise est un
dialogue.
b) Il incombe au communicateur de comprendre les croyances, opinions et connaissances du
public au sujet de certains risques. Cette tâche s’intitule quelquefois “surveillance des
communications”.
c) Si possible, des représentants du public doivent participer à la prise de décision. Souvent,
cela est impossible, et il incombe donc au responsable de la communication en cas de
crise de comprendre et de présenter ces points de vue à mesure que la prise de décision
évolue.
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d) Il faut tenir compte des préoccupations du public même si celles-ci semblent infondées.
Lorsqu’une opinion exprimée en public est valide, l’élaboration des politiques doit être
conforme à cette opinion ; lorsqu’elle est erronée, il faut quand même l’admettre
publiquement, la corriger, et non pas l’ignorer, la traiter avec condescendance ou la
tourner en ridicule.
e) Les messages relatifs à la communication des risques doivent comprendre des
informations sur ce que le public peut faire pour se sentir plus en sécurité. Cela donne
aux gens le sentiment de maîtriser leur propre santé ainsi que leur propre sécurité, ce qui
leur permet ensuite de réagir face au risque en apportant des réponses plus raisonnées.
Les gens ont le droit d’avoir des informations qui touchent leur santé et celle de leur
famille. Il est indispensable d’apprendre qui ils sont et ce qu’ils pensent si l’on veut que
la communication sur les flambées soit efficace.
La communication relative aux mesures de prévention personnelles est particulièrement utile,
car elle permet au public de se sentir responsable de sa propre santé.
5. Planification
Les décisions et mesures prises par les responsables de la santé publique ont plus
d’effet sur la confiance et la perception du risque par le public que la communication. Tout ce
que font les responsables de la lutte contre les flambées, et non pas seulement sur ce qu’ils
disent, a un impact sur la communication des risques. Par conséquent, celle-ci est bien plus
efficace lorsqu’elle est intégrée à l’analyse et à la gestion des risques. La communication des
risques devrait être intégrée dans la planification de la préparation aux situations graves et dans
tous les aspects des interventions liées aux flambées :
a) Préparer un plan de communication des risques avant que l’on en ait besoin. La
planification de la communication sur les flambées doit faire partie intégrante de la
planification de la prise en charge des flambées et ce, dès le départ. Pour être efficace
dans l’annonce des décisions, la communication sur les flambées ne peut être un élément
rajouté à la toute dernière minute.
b) La planification de la communication se fait généralement par l’intermédiaire des
communicateurs d’un organisme donné et est souvent ignorée de la haute administration.
Les principes de la communication relative aux flambées comprennent certaines notions
qui vont à l’encontre de ce que l’on pense en matière de relations avec le public. Par
conséquent, il existe un danger potentiel à attendre une crise pour dire aux responsables
qu’il faut admettre l’incertitude ou tenir compte des croyances et des craintes du public.
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c) Avant même que la crise n’éclate, la haute administration et, théoriquement, les
responsables politiques, devraient se mettre d’accord sur les questions relatives aux
premières annonces, aux limites de la transparence et aux autres éléments de la
communication. Il s’agit notamment de répondre à des questions telles que : Que doit-on
faire ? Qui doit savoir ? Qui est le porte-parole ? Quel est l’organisme chef de file ? Et
qui doit agir ? Ces phases doivent être replacées dans leur contexte afin qu’elles soient
reliées à d’autres ministères et, si besoin est, à la communauté internationale. Cela ne
signifie pas qu’une communication sur les flambées qui n’a pas été prévue est condamnée
à échouer. La confiance, par exemple, peut se développer au cours d’une flambée.
Toutefois, il est bien plus facile d’instaurer celle-ci avant que cela ne devienne
nécessaire.
CONCLUSION
Si elles sont mises en oeuvre efficacement, ces lignes directrices concernant la communication
sur les flambées permettront au public de mieux réagir et le guidera dans la participation au
soutien donné afin d’endiguer rapidement une flambée, et limiter ainsi la morbidité et la
mortalité. Par ailleurs, une communication efficace amoindrira les dommages causés à la
réputation internationale, à l’économie et à l’infrastructure de santé publique de la nation
touchée. L’OMS développe actuellement ses activités de communication sur les flambées. Parmi
les prochaines étapes figurent la mise au point d’une formation à l’intention du personnel chargé
de la communication afin qu’il puisse fournir l’appui voulu aux bureaux de l’OMS dans les pays
lors de flambées importantes. L’OMS prévoit aussi d’aider les Etats Membres à se doter des
moyens de communication nécessaires. L’objectif principal de la santé publique consiste à
maîtriser les flambées aussi rapidement et avec aussi peu de bouleversements sociaux que
possible. Une communication efficace est l’instrument voulu pour atteindre cet objectif.
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