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La philosophie africaine : mythe ou réalité ?

Le document présente une réflexion philosophique sur la philosophie africaine, divisée en deux parties : la dissertation et le commentaire. Il aborde des thématiques telles que la problématique de la philosophie en Afrique, en questionnant son existence et son rapport au passé. L'auteur, Roilly MBONGO, invite les candidats à prendre conscience de leur responsabilité scolaire tout en s'appuyant sur des références philosophiques classiques.

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La philosophie africaine : mythe ou réalité ?

Le document présente une réflexion philosophique sur la philosophie africaine, divisée en deux parties : la dissertation et le commentaire. Il aborde des thématiques telles que la problématique de la philosophie en Afrique, en questionnant son existence et son rapport au passé. L'auteur, Roilly MBONGO, invite les candidats à prendre conscience de leur responsabilité scolaire tout en s'appuyant sur des références philosophiques classiques.

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<< Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ.

>>
Romains 10 : 17

Document de philosophie, niveau Terminale.

MBONGO Roilly Derolvy, futur Doc de français.

Une pensée intelligente. Tome 1.


Auteur: Roilly MBONGO

Tél : +242 06 432 53 14.


<< Toute œuvre s'inspire de manière plus ou moins directe du passé.>> Roilly MBONGO.
<< Si les premiers philosophes philosophèrent c'était pour s'échapper à l'ignorance et non en
vue de quelque utilité.>> Aristote.
<< On ne peut penser sans pensées.>> Friedrich Hegel.

Avant-propos :

Chèr(e)s candidat(e)s, je vous invite à être responsable de votre vie scolaire à travers ce
document qui traite tous les sujets philosophiques du niveau Terminale ( A, C & D). Celui-ci
est divisé en deux parties. La première traite les sujets de la dissertation, tandis que la
seconde traite ceux du commentaire.
Biographie :
Après avoir obtenu son B.E.P.C en 2018 à l'âge de 16 ans, Roilly MBONGO s'inscrit en
Seconde au lycée A.A Neto en 2019, année pendant laquelle il redouble la classe de Seconde
( sa première fois de redoubler ), à cause d'une influence pubertaire. En 2021, il s'inscrit au
Lycée de Massengo en classe de Première où il va briller par son intelligence; il passe en
Terminale et reussit à tous les différents types d'évaluations, puis il obtient son Baccalauréat
avec une mention assez bien.
Dédicace :
Ce dernier a été bien formé au Lycée de Massengo par:
• Mr Monkouka Succès,
• Mr Otta Gaëtan,
• Mr Molombopela Marius,
• Mr Olenga Gildas,
• Mr Ibara Jaholy,
• Mr Essoula Delphin,
• Mr Ndassoba Kévin,
• Mr Ngampaka Justin...
Il voudrait également remercier ses meilleurs ami(e)s, notamment Sembé Bonel, Moulani
Beandre, Ngambou Gloire, Okandzé Dimi, Mebbel Gasgonn, Ikama Ndinga, Dangala Idami,
Moumbayi Mechack, Gnimi Relchy...

Sans oublier de rendre grâce à sa famille :


• MBONGO Perlain,
• ELENGA Carine,
• Mbongo Germain,
• Yoka Delchy,
• Okoy Chandrel,
• Mbongo Pierrette,
• Okombi Divine,
• Mbongo Chancelle,
• Mbongo Winner,
• Okombi Exaucée...
Première partie : Sujets de dissertation philosophique.

Thème I: LA PROBLÉMATIQUE DE LA PHILOSOPHIE EN AFRIQUE.


Sujet : La philosophie africaine est-elle un mythe?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts:
* La philosophie africaine : pensée ou sagesse africaine, mode de vie ou civilisation des
africains, la conception du monde propre aux africains.
* Est-elle : Locution interrogative.
* Un mythe: renvoie à ce qui est illusoire, imaginaire, utopie, leurre...
2) Reformulation du sujet :
La philosophie africaine est-elle une utopie ?
3) Thème : La philosophie africaine.
4) Problème posé : L'existence de la philosophie africaine.
5) Problématique : La philosophie africaine est-elle une illusion ? N'est-elle pas plutôt une
réalité?
6) Position du sujet : La philosophie africaine est un mythe.
II) Discussion :
A- Thèse : La philosophie africaine est un leurre.
Argument 1: l'Afrique n'a rien d'humanité et l'Africain est un être inapte à l'exercice de la raison
; c'est un être sans moralité et en qui rien absolument ne rappelle l'homme. Ce qui le
caractérise c'est la barbarie, la sauvagerie et la pétulance. En d'autres termes, l'Afrique est un
continent anhistorique, loin d'être visitée par la raison. Confère Hegel : << l'Afrique proprement
dite aussi loin que remonte l'histoire est restée fermée...>>
Argument 2: l'Africain souffre d'une insuffisance congénitale, c'est-à-dire il a eu dès sa
naissance la carence de certains organes humains. C'est un être inférieur sans conscience .
D'où son incapacité à philosopher. Confère Levy BRÜHL : << Les peuples africains se
caractérisent par une mentalité prélogique.>>
Argument 3: Se fondant sur la tradition, la philosophie africaine semble être attachée à l'esprit
dogmatique et non critique. Confère Marcien TOWA : << Déterrer une philosophie ce n'est pas
encore philosopher...>>
B- Antithèse : La philosophie africaine n'est pas toujours un mythe.
Argument 1: La philosophie africaine traite des questions métaphysiques, qui transcendent
dans le temps et dans l'espace. Dans son ouvrage de Philosophie bantoue, Tempels reconnait
l'existence d'une philosophie africaine traduit au terme de philosophie bantoue. Pour lui, il
existe chez les nègres pense-t-il un système philosophique qui leur est propre. Cette
philosophie se fonde sur la notion "d'ontologie" qui caractérise toute la pensée du primitif.
Argument 2: l'Africain est un être humain qui possède la raison, c'est-à-dire qu'il ait la capacité
de méditer, de concevoir une pensée rationnelle grâce aux questions liées à la vie quotidienne.
Cette capacité de penser donne à l'Africain le droit de se livrer à toutes activités ou opérations
de la raison et de la philosophie. Confère René Descartes : << Le bon sens est la chose du
monde la mieux partagée.>>
Argument 3: La philosophie africaine se veut être une morale, car elle se donne comme un
enseignement complet, la manière de faire et d'être des africains. C'est ce qui se dégage à
travers les mythes, les contes, les proverbes qui justifient le caractère propre des traditions
africaines. Ainsi dit Théophile OBENGA à la suite Cheik Anta Diop pensent que: << l'Afrique a
magnifiquement philosophé plus de XX siècles avant Millet.>>
C- Synthèse : Il va de soi que la philosophie africaine apparaît à la fois comme un mythe et une
réalité
III) Conclusion :
a- Bilan : La philosophie africaine est un mythe, car l'Africain est incapable de penser. Mais,
elle est une réalité en ce sens que chaque peuple philosophe à sa manière.
b- Point de vue personnel : l'Africain possède la raison et pense comme tout homme.
c- Possibilité de l'ouverture : Ce débat ne paraît-il pas désuet de nos jours ?
Devoir rédigé :
Autour de la philosophie africaine, les philosophes n'ont jamais partagé le même avis à propos
de son existence. C'est le cas de cette thèse qui affirme que la philosophie africaine est
simplement un mythe ; ce qui apparaît insensé pour d'autres. Ainsi, la philosophie africaine
est-elle une illusion ? N'est-elle pas plutôt une réalité ?
Trois concepts intégrateurs nous semblent essentiels pour la bonne compréhension du sujet.
S'agissant de "la philosophie africaine" désigne une pensée ou sagesse africaine, mode de vie
ou civilisation des africains. Tandis que "est-elle" est une locution interrogative. Enfin, "un
mythe" renvoie à ce qui est illusoire, imaginaire, utopie, leurre...
À l'issue de cette approche explicative, ce sujet peut-être reformulé de la manière suivante : la
philosophie africaine est-elle une utopie ? Pour cela, il semble que la philosophie africaine est
un mythe. En effet, l'Afrique n'a rien d'humanité et l'Africain est un être inapte à l'exercice de la
raison ; c'est un être sans moralité et en qui rien absolument ne rappelle l'homme. Ce qui le
caractérise c'est la barbarie, la sauvagerie et la pétulance. En d'autres termes, l'Afrique est un
continent anhistorique, loin d'être visitée par la raison. C'est dans cette perspective que Hegel
écrivait : << l'Afrique proprement dite aussi loin que remonte l'histoire est restée fermée, sans
lien avec le reste du monde, c'est le pays de l'or replié sur lui-même, le pays de l'enfance qui au
delà du jour de l'histoire consciente est enveloppée dans la couleur noire de la nuit.>> Leçon
sur la philosophie de l'histoire, Paris, Vrin, 1963, p.p 75-80.
D'une part, l'Africain souffre d'une insuffisance congénitale, c'est-à-dire il a eu dès sa
naissance la carence de certains organes humains. C'est un être inférieur sans conscience.
D'où son incapacité à philosopher. C'est à juste titre que Levy BRÜHL illustrait : << Les peuples
africains se caractérisent par une mentalité prélogique.>> Fonction mentale des sociétés
inférieures
D'autre part, se fondant sur la tradition, la philosophie africaine semble être attachée à l'esprit
dogmatique et non critique. Pour preuve, Marcien TOWA affirmait : << Déterrer une philosophie
ce n'est pas encore philosopher. La philosophie véritable ne commence qu'avec la décision de
soumettre l'héritage philosophique et culturel à une critique sans complaisance.>> Essai sur la
problématique philosophique dans l'Afrique actuelle, p 29.
Bien que la philosophie africaine soit un leurre par le fait que l'Africain est incapable de penser
; cependant il faut noter qu'elle est une réalité qui détermine le mode de vie des africains.
D'abord, la philosophie africaine traite des questions métaphysiques, qui transcendent dans le
temps et dans l'espace. Dans son ouvrage de Philosophie bantoue, Tempels reconnait
l'existence d'une philosophie africaine traduit au terme de Philosophie bantoue. Pour lui, il
existe chez les nègres pense-t-il un système philosophique qui leur est propre. Cette
philosophie se fonde sur la notion "d'ontologie" qui caractérise toute la pensée du primitif.
Ensuite, l'Africain est un être humain qui possède la raison, c'est-à-dire qu'il ait la capacité de
méditer, de concevoir une pensée rationnelle grâce aux questions liées à la vie quotidienne.
Cette capacité de penser donne à l'Africain le droit de se livrer à toutes activités ou opérations
de la raison et donc de la philosophie. C'est dans cette logique que René Descartes déclarait
dans Discours de la méthode que : << le bon sens est la chose du monde la mieux partagée.>>
Enfin, la philosophie africaine se veut être une morale, car elle se donne comme un
enseignement complet, la manière de faire et d'être des africains. C'est ce qui se dégage à
travers les mythes, les contes, les proverbes qui justifient le caractère propre des traditions
africaines. Ainsi dit Théophile OBENGA à la suite de Cheik Anta Diop pensent que : << l'Afrique
a magnifiquement philosophé plus de XX siècles avant Millet.>>
Il va de soi que la philosophie africaine apparaît à la fois comme un mythe et une réalité.
En définitive, la philosophie africaine est un mythe, car le nègre est incapable de penser. Mais,
elle est une réalité en ce sens que chaque peuple philosophe à sa manière. Ainsi, nous
retenons que l'Africain possède la raison et pense comme tout homme. Toutefois, ce débat ne
paraît-il pas désuet de nos jours ?
Sujet : Exhumer le passé est-ce la tâche de la philosophie en Afrique ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Exhumer le passé : Déterrer le passé, faire recours à, se souvenir du passé, dénicher la
tradition ou l'héritage philosophique et culturel.
* La tâche de la philosophie en Afrique : la mission, le rôle de la philosophie en Afrique.
2) Reformulation du sujet : Déterrer le passé est-ce la mission de la philosophie en Afrique?
3) Thème : La philosophie africaine.
4) Problème posé : La condition de la pratique de la philosophie africaine.
5) Problématique : Philosopher en Afrique est-ce recouvrir au passé? Ne faut-il pas plutôt
rompre avec le passé pour philosopher en Afrique ?
6) Position du sujet : Exhumer le passé est la tâche de la philosophie en Afrique.
Introduction :
La philosophie africaine est l'un des thèmes préoccupant la conscience des penseurs et
l'unanimité demeure absente. Toutefois, il est question de déterminer la condition de la
pratique de la philosophie africaine. Alors, philosopher en Afrique est-ce recourir au passé ?
Ne faut-il pas plutôt rompre avec le passé pour philosopher en Afrique ?
II) Discussion :
A) Thèse : Exhumer le passé est la tâche de la philosophie en Afrique.
Argument 1: La philosophie africaine est enfouie dans les traditions africaines, de ce point de
vue, le recours au passé constitue donc la condition sine qua non pour les africains de pouvoir
pratiquer la philosophie. C'est ainsi que Cheik Anta Diop affirme : << l'Afrique doit se rattacher
aux foyers ancestraux égyptiens.>>
Argument 2: l'Afrique doit se ressourcer à ses traditions qui constituent un véritable tremplin
philosophique. Ce qui signifie que les traditions africaines sont porteuses d'une philosophie,
comme prêtant Placide Tempels lorsqu'il affirme : << la philosophie africaine est à rechercher
dans les langages, les comportements, les institutions et les coutumes africains.>> La
philosophie bantoue.
Argument 3: La philosophie bantoue est une philosophie humaniste et existentialiste qui
intègre les valeurs culturelles et spirituelles de l'Afrique. Cela va sans dire que la philosophie
bantoue forme un seul tout avec la culture bantoue comme le stipule John MBITI en ces
termes : << les systèmes philosophiques des peuples africains n'ont pas été formulés, mais
c'est dans leurs religions, leurs proverbes, leurs traditions orales, leurs éthiques et leur morale
qu'on peut les trouver.>>
B) Antithèse : Philosopher en Afrique n'est pas toujours exhumer le passé.
Argument 1: La philosophie n'est pas à retrouver sous la poussière des traditions, mais la
philosophie est une pensée de la réalité. Philosopher en Afrique n'est donc pas exhumé le
passé, cependant penser la réalité de l'Afrique. A ce sujet Ebenzer Njoh Moule déclare : << le
philosophe n'est pas un archéologue ou un conservateur des musées.>>
Argument 2: La philosophie n'est jamais une affaire du groupe, elle n'est non plus l'expression
du mode de vie d'un peuple. Pour Marcien TOWA, c'est une vaine entreprise que de fouiller la
philosophie dans la tradition d'un peuple. A ce propos il écrit : << Déterrer une philosophie ce
n'est pas encore philosopher. La philosophie véritable ne commence qu'avec la décision de
soumettre l'héritage philosophique et culturel à une critique sans complaisance.>> Essai sur la
problématique philosophique dans l'Afrique actuelle.
Argument 3: l'Afrique pour philosopher doit au préalable tourner le dos à l'éthnophilosophie
afin de garantir un bel avenir. Sur ce, TOWA ajoute : << Pour ouvrir la voie à un développement
philosophique en Afrique, il faut que résolument nous-nous détournons de
l'éthnophilosophie.>>
C) Synthèse : Philosopher en Afrique est à la fois exhumer et rompre avec le passé.
III) Conclusion :
Somme toute, l'Afrique doit recourir au passé pour philosopher, car les traditions africaines
contiennent une philosophie. Il se passe aussi qu'en référant aux critères de la philosophie,
aucune rationalité ne peut se dégager dans les traditions. Ainsi, nous affirmons que l'Afrique
doit se rompre avec le passé pour l'épanouissement de sa philosophie.

Thème II: LES RAPPORTS DE L'HOMME AVEC LE MONDE.


Sujet : La conscience est-elle insulaire ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* La conscience : La connaissance de soi.
* Est-elle : Possibilité de s'interroger.
* Insulaire: Introvertie, autonome, indépendante, souveraine, repliée sur elle même...
2) Reformulation du sujet : La conscience est-elle autonome?
3) Thème: La conscience.
4) Problème posé : La nature de la conscience.
5) Problématique : La conscience est-elle Introvertie ? N'est-elle pas plutôt extravertie ?
6) Position du sujet: La conscience est insulaire.
Introduction :
En philosophie,. tout thème n'a jamais été à l'abri des polémiques. Tel est le cas de la
conscience, surtout lorsqu'il s'agit de déterminer sa nature. Alors, la conscience est-elle
Introvertie ? N'est-elle pas plutôt extravertie ?
II) Discussion :
A) Thèse: La conscience est insulaire.
Argument 1: Être conscient c'est agir selon la conscience que l'on agit, la conscience est un
examen que l'on opère à l'intérieur de soi-même et qui permet également de se comprendre,
elle est donc un moyen par lequel l'homme peut affirmer son existence. Raison. pour laquelle
Descartes considère l'homme comme une"res cogitans", c'est-à-dire une chose qui pense.
C'est ainsi qu'il écrit : << Je connu de là que j'étais une substance dont toute l'essence ou la
nature n'est que de penser et qui pour être, n'a besoin d'aucun lieu, ni ne dépend d'aucune
chose matérielle.>> Discours de la méthode, Paris 1638, édition Nathan p.58
Argument 2: La conscience effectue le savoir indépendamment de tout contenu sur lequel
porte ce savoir. À vrai dire, la conscience est un repli sur soi-même, lequel repli prend pour
centre le sujet universel et absolu de la connaissance. C'est ainsi qu'Alain affirme : << La
conscience est le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la personne humaine
elle-même, qui se met en demeure de décider et de se juger.>> Éléments de philosophie.
Argument 3: La conscience est l'élément fondamental à travers lequel l'homme se définit.
Autrement dit, l'homme n'est rien sans la pensée, car c'est elle qui justifie ou qui donne sens à
son existence. Voilà pourquoi Blaise PASCAL écrit : << L'homme est roseau pensant.>> Les
pensées.
B) Antithèse : La conscience n'est pas toujours insulaire.
Argument 1: La conscience effectue toujours un saut hors d'elle-même, c'est-à-dire qu'elle ne
se définit que dans son rapport avec le monde extérieur. La conscience est toujours
conscience du monde sans lequel elle ne signifie rien. C'est dans ce sens que Husserl écrit :
<< Toute conscience est conscience de quelque chose.>> Méditations cartésiennes.
Argument 2: La conscience est le reflet des conditions d'existence des hommes. Autrement
dit, ce sont les conditions sociales des hommes qui déterminent la nature de la conscience.
Elle est dépendante des rapports de production, de l'organisme sociale du travail de la place
que les hommes occupent dans la société et à l'échelle sociale. C'est ainsi que Karl Marx et
Engels pensent que : << La conscience est d'emblée un produit social et le demeure aussi
longtemps qu'il existe des hommes.>> Idéologies allemandes.
Argument 3: La conscience acquiert sens et valeur que dans son rapport avec le monde
extérieur. Ce qui veut dire que la conscience est cette entité de l'homme qui tend toujours vers
le monde extérieur dans sa quête de la vérité. Voilà pourquoi Jean Paul Sartre déclare : <<
Connaître c'est s'éclater vers...>> Situation T.2, Paris, 1947, p.32
C) Synthèse : La conscience est à la fois Introvertie et extravertie.
III) Conclusion :
En somme, la conscience est insulaire, car elle n'a pas besoin d'aucune chose pour être, mais
elle est aussi dépendante parce qu'elle projette vers le monde extérieur. En ce qui nous
concerne, la conscience est à la fois Introvertie et extravertie, car elle désigne la connaissance
que le sujet a de lui-même et de ce qui l'entoure.
Sujet : La conscience détermine-t-elle l'homme ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* La conscience : Entité immatérielle.
* Détermine-t-elle : veut dire définit, caractérise, fait...
* L'homme : être pensant et agissant.
2) Reformulation du sujet : La conscience définit-elle l'homme ?
3) Thème : La conscience.
4) Problème posé : La valeur de la conscience.
5) Problématique : La conscience fait-elle l'homme ? L'homme n'est-il pas plutôt définit par
l'inconscient?
6) Position du sujet : La conscience détermine l'homme.
Introduction :
La conscience est au cœur de la réflexion philosophique. Mais, la détermination de sa valeur
dans la vie de l'homme pose problème à cause des diverses contradictions y relatives. Ainsi, la
conscience fait-elle l'homme ? L'homme n'est-il pas plutôt définit par l'inconscient ?
II) Discussion :
A) Thèse : La conscience détermine l'homme.
Argument 1: La conscience est la mesure de l'existence de l'Homme. Elle est le pouvoir qui
permet d'éviter le mal, l'erreur et de chercher la perfection en dominant sur tous les sentiments
sauvages. En d'autres termes, l'Homme est caractérisé ou dominé par la pensée. C'est ainsi
que Descartes écrit : << Je connu de là que j'étais une substance dont toute l'essence ou la
nature n'est que de penser.>> Discours de la méthode.
Argument 2: La conscience fait la dignité, la valeur de l'Homme de telle sorte qu'il est Homme
que par la conscience et l'aide à vivre en équilibre. C'est ainsi que Blaise Pascal écrit : << La
conscience fait la grandeur de l'homme.>> Les pensées, Bordas, 1948, p.119
Argument 3: De tous les êtres de l'univers, l'Homme est l'unique qui possède la conscience de
telle manière qu'il s'appréhende, saisit ses états psychiques et maîtrise les actes qu'il pose.
C'est ainsi que Hegel écrit : << L'Homme est essentiellement raison.>> Leçon sur la
philosophie de l'histoire, Tome 1, Gallimard, p.127
B) Antithèse : La conscience ne détermine pas toujours l'Homme.
Argument 1: La conscience n'est pas maître de l'Homme ; il faut voir plutôt dans l'inconscient
la connaissance ou le caractère profond de l'Homme. C'est dans cette optique que Freud écrit
: << Le moi n'est pas maître dans sa propre maison.>> Essai de la psychanalyse, appliquée
Paris, Gallimard, 1933, p.p.146-147
Argument 2: La conscience est tellement limitée pour définir l'Homme, car plusieurs faits de la
vie de l'Homme échappent à son contrôle. Dans le rêve par exemple, l'Homme n'a pas la
maîtrise totale de ce qu'il vit. Le sujet se rend compte malheureusement à la veille. C'est ainsi
que Freud ajoute :<< L'interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance
de l'inconscient.>> Idem.
Argument 3: l'Homme est un mystère que la conscience seule ne peut jamais définir, car il y a
dans notre vie mentale une région qui serait la gardienne de toute idée puis de toute
connaissance perdue. À ce sujet Malebranche estime que : << La conscience que nous avons
de nous-mêmes ne nous montre peut-être la moindre partie de ce qui est.>> La recherche de la
vérité.
C) Synthèse : l'Homme est un être à la fois conscient et inconscient.
III) Conclusion :
Tout compte fait, l'Homme se définit par la conscience, car il est maître de tout ce qu'il fait.
Mais, certaines réalités psychiques échappent à son contrôle. Nous croyons que la
conscience domine l'Homme, c'est-à-dire elle le fait.
Sujet : Le corps est-il un malheur pour l'âme ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Le corps : Subsistance entendue en longueur et en largeur et en profondeur, entité matérielle,
partie physique et sensible de l'Homme.
* Malheur : Synonyme d'entrave, d'obstacle, de frein, d'aliénation.
* L'âme : Entité spirituelle et abstraite destinée à penser.
2) Reformulation du sujet : le corps est-il un obstacle pour l'âme ?
3) Thème : Conscience-corps.
4) Problème posé : Rapports Conscience-corps.
5) Problématique : le corps est-il une entrave pour l'âme ? Ne sont-ils pas au contraire unis ?
6) Position du sujet : le corps est un malheur pour l'âme.
Introduction :
Dans la quête de la vérité de l'Homme, les philosophes ont été amenés à penser des rapports
conscience-corps. Cependant, les déterminations que les uns et les autres donnent à ceux-ci
naissent les querelles. Alors, le corps est-il une entrave pour l'âme? Ne sont-ils pas au
contraire unis ?

II) Discussion :
A) Thèse : le corps est un malheur pour l'âme.
Argument 1: le corps n'a jamais été un bon partenaire pour l'âme, celle-ci ne peut vivre qu'une
fois séparer du corps. En effet, par ses besoins et ses désirs le corps ne saurait rendre l'âme
heureuse ; bien au contraire il ne sait que la détourner du chemin de la vérité. C'est ainsi que
Platon écrit : << ... l'âme ne raisonne jamais mieux que quand rien ne la trouble...>> Phédon,
Paris, Flammarion, 1958, p.123.
Argument 2: L'âme est une substance immatérielle qui relève les réalités du monde intelligible.
Pour exister, elle n'a pas besoin du corps qui est une simple substance périssable. Dans son
poème Des vers d'or, Pythagore considère le corps comme un simple tombeau qui nous
conduit à la conclusion.
Argument 3: Du point de vue de leur nature respective, l'âme est une entité immatérielle tandis
que le corps est une entité matérielle ; du point de vue de leur attribut, l'âme a pour fonction de
penser cependant le corps ne fait que sentir. A ce sujet René Descartes écrit : << Ce moi, c'est-
à-dire l'âme par laquelle je suis ce que suis est entièrement distincte du corps et d'ailleurs elle
est plus aisée à connaitre que lui.>> Discours de la méthode
B) Antithèse : le corps n'est pas toujours un obstacle pour l'âme.
Argument 1: l'âme et le corps sont deux entités complémentairement qui proviennent d'une
même source. Le matérialiste antigue conçoit l'âme comme une partie du corps constituée
d'atomes qui s'agrègent. Ainsi, Épicure écrit : << L'âme est composée d'atomes très subtiles
répondus dans tout le corps et meurt avec lui.>> Lettre à Hérode.
Argument 2: Si toute la fonction de l'âme n'est que de penser, il faut avouer qu'elle ne pense
que dans le corps qui l'anime régulièrement. Sur ce, Descartes écrit : << Je ne suis pas
seulement logé dans mon corps ainsi qu'un pilote en son navire ; mais outre cela, je lui suis
conjoint très étroitement et tellement confondu et mêlé que je compose un seul tout avec
lui.>> Méditations métaphysiques
Argument 3: l'Homme est un être double, c'est-à-dire il est est constitué d'une âme et d'un
corps. Tel que décrit, les deux ne peuvent dissocier, nul ne saurait les séparer au risque
d'entraîner l'homme à la mort. Dans cette optique Lucrèce écrit : << Cette âme (...) se trouve
abritée par l'ensemble du corps dont elle assure à son tour la garde et la solution, car les
racines communes les tiennent étroitement unis et l'on ne peut les séparer sans les périr.>>
De la nature
C) Synthèse : l'Homme est à la fois corps et esprit.
III) Conclusion :
Somme toute, l'âme et le corps sont deux substances différentes. Mais, cette différence n'est
pas le signe de désunion. Nous retenons que le corps est un malheur pour l'âme, car celui-ci
freine l'âme pour la recherche du réel.
Sujet : Le corps est-il plus essentiel que l'âme?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Le corps : Entité matérielle.
* Plus essentiel : Cette expression renvoie à ce qui est plus important ou utile.
* L'âme : Entité immatérielle.
2) Reformulation du sujet : le corps est-il plus essentiel que l'âme ?
3) Thème : Conscience-corps.
4) Problème posé : Rapports Conscience-corps.
5) Problématique : le corps est-il nécessaire que l'âme ? L'âme n'est-elle pas par contre utile
que le corps ?
6) Position du sujet : le corps est plus essentiel que l'âme.
Introduction :
Les rapports conscience-corps ont alimentés les débats au sein des penseurs. En effet,
d'aucuns pensent que le corps est plus essentiel que l'âme. D'autres par contre estiment que
l'âme est supérieure au corps. Alors, le corps est-il nécessaire que l'âme ? L'âme n'est-elle pas
par contre plus utile que le corps?
II) Discussion :

A) Thèse : le corps est plus essentiel que l'âme.


Argument 1: la conscience est un simple reflet de la vie organique. La conscience dit
Nietzsche n'est qu'un épiphénomène. Car, ce qui domine en l'Homme c'est le corps et
l'Homme peut vivre sans la conscience. À ce sujet il pense que : << La vie toute entière serait
possible sans pour autant se voir réfléchir (...). D'ailleurs, la conscience est superflue.>> Gaie
et savoir
Argument 2: l'âme est toujours logée dans le corps, une enveloppe sans laquelle l'âme n'aurait
aucune assise. À cet effet Karl Marx écrit : << Ce n'est pas la conscience des hommes qui
détermine leur être, c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience.>>
Contribution à la critique de l'économie politique, Moscou, progrès, 1975, p.5
Argument 3: le corps représente toute la réalité sociale. En effet, c'est l'effectivité
sensationnelle du monde qui détermine le moyen par lequel la conscience parvient à la
connaissance. Ainsi, Marx ajoute : << L'être social détermine la conscience sociale.>>
Idéologies allemandes.
B) Antithèse : l'âme est plus utile que le corps.
Argument 1: Face à cette activité de réminiscence de l'esprit, il est impossible de faire appel
au corps, à forte raison qu'il l'empêche à accéder à la vérité première des choses. Pour y
parvenir, il faut séparer l'âme avec le corps, cette séparation aboutit à la thèse selon laquelle
l'âme est supérieure au corps. Voilà pourquoi Platon écrit : << Le corps gêne l'âme dans la
poursuite de la vérité ; pour voir le bon en soi ; le beau en soi et toutes essences ; le corps
constitue un obstacle.>> Le Phédon.
Argument 2: le corps est le lieu d'expression des mauvais désirs comme la concupiscence, la
convoitise, les luttes qui conduisent l'Homme à la déchéance. L'âme par contre relève du
monde intelligible, monde du discernement qui élève l'Homme et le confère le bien. Pour s'en
convaincre Platon ajoute : << L'âme se porte là-bas vers les choses pures, éternelles,
immortelles, immuables.>> Le Phédon.
Argument 3: par l'âme, l'homme peut aussi opérer sans la participation du corps parce que
l'Homme doit son existence grâce à sa conscience ou à son âme. D'où Descartes écrit : << Ce
moi, c'est-à-dire l'âme par laquelle je suis ce que je suis est entièrement distincte du corps et
d'ailleurs elle est même plus aisée à connaitre que lui.>> Discours de la méthode.
C) Synthèse : un corps est animé par une âme et il n' y a pas d'âme sans le corps.
III) Conclusion :
En conclusion, le corps est nécessaire que l'âme, car il détermine la réalité sociale qui
influence cette dernière. Mais, l'âme demeure utile parce qu'elle permet à l'Homme de gagner
le monde intelligible. De notre part, il serait erroné de prétendre privilégier l'un au détriment de
l'autre.

Sujet : l'inconscient est-il un fantôme ?


I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* L'inconscient : Ce qui échappe à la conscience. L'ensemble des réalités psychiques qui ne
bénéficient d'aucun témoignage de la conscience.
* Est-il : Locution interrogative.
* Fantôme : renvoie à l'illusion, imagination, à ce qui est abstrait, c'est un mythe.
2) Reformulation du sujet : l'inconscient est-il une illusion ?
3) Thème : L'inconscient.

4) Problème posé : L'existence de l'inconscient.


5) Problématique : L'inconscient est-il un mythe? N'est-il pas au contraire une réalité ?
6) Position du sujet : L'inconscient est un fantôme.
Introduction :
Le postulat fondamental de la question reposant sur l'inconscient. En réfléchissant sur son
existence, une thèse affirme que l'inconscient est un fantôme. Alors, l'inconscient est-il un
mythe ? N'est-il pas plutôt une réalité ?

II) Discussion :
A) Thèse : L'inconscient est une pure illusion.
Argument 1: L'homme est par essence un être conscient puis qu'il pense et sait ce qu'il fait.
L'inconscient n'a pas de place en l'Homme dans la mesure où celui-ci est entièrement
conscient de ses actes et ne peut ignorer sa propre conscience. C'est ainsi que Alain écrit : <<
Savoir est un savoir de ce que l'on sait.>> Élément de philosophie.
Argument 2: Si la conscience est transparente à elle-même, il va de soi que l'Homme est donc
absolument libre et responsable de ce qu'il fait. A cela, la reconnaissance de l'inconscient
serait donc un acte conscient de négation de soi, une fuite de responsabilité, une manière de
se cacher derrière sa liberté ou encore une sorte de << mauvaise foi.>> Ainsi, ajoute-t-il : <<
L'inconscient est une méprise sur le moi, c'est une idolâtrie du corps.>> Élément de
philosophie.
Argument 3: La seule réalité du psychisme demeure la conscience, celle-ci est capable de
négation, une manière pour elle d'affirmer sa liberté ; il est absurde de parler d'un inconscient
psychique. Car, l'inconscient est l'expression de la mauvaise foi chosifiée de l'Homme qui
refuse de reconnaitre ses propres actes et se cache derrière celui-ci pour tuer sa
responsabilité historique. Sur ce, Jean Paul Sartre écrit : << La seule façon d'exister pour la
conscience est d'avoir conscience qu'elle existe.>> L'Etre et le Néant.
B) Antithèse: L'inconscient n'est pas toujours un fantôme.
Argument 1: l'Homme quelque soit son rang social pose toujours des actes qui ne dépendent
pas de sa volonté, mais qui relèvent de l'inconscient. C'est ainsi que Freud écrit : << Le moi
n'est pas maître dans sa propre maison.>>
Argument 2: Aucun humain n'est capable de sonder la profondeur de sa pensée pour découvrir
ce qui est caché afin d'anticiper sur les choses. La conscience apparaît pour lui pauvre et
partielle. C'est dans ce sens que Nietzsche écrit : << Nul n'est plus que soi-même étranger à
soi-même.>> Gaie et savoir.

Argument 3: Le succès de la cure psychanalytique constitue la preuve que l'inconscient existe.


En effet, si la psychanalyse freudienne reussit à guérir certains troubles de la personnalité à
savoir : les névroses, les troubles mentaux par l'identification des causes inconscientes, cela
conduit donc à reconnaître l'existence effective de l'inconscient.
C) Synthèse : L'inconscient est à la fois un fantôme et une réalité.
III) Conclusion :
En somme, l'inconscient est une idolâtrie du corps, une fuite de responsabilité. Cependant, il
se conduit fréquemment en l'Homme des comportements involontaires. Ainsi, nous
comprenons que les hommes font exprès, car il n'y a pas un autre moi en dehors de la
conscience.

Sujet : Peut-on se passer des autres ?


I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
*Peut-on : Possibilité de s'interroger.
* Se passer des autres : Vivre sans les autres, vivre seul, vivre en vase-clos, être solitaire, être
soi-même.
2) Reformulation du sujet: Peut-on vivre sans les autres?
-La vie sans les autres mérite-elle d'être vécu?
3). Thème : Autrui.
4) Problème posé: Rapports du moi à autrui.
5) Problématique : L'homme peut-il vivre sans les autres? La présence des autres n'est-elle
pas indispensable ?
6) Position du sujet : On peut se passer des autres.
Introduction :
Les relations entre les consciences constituent une thématique à la fois récente et
préoccupante, car en ce qui concerne les rapports du moi à autrui, aucune unanimité n'est
tolérée. D'aucuns glorifient la solitude. D'autres par contre condamnent l'isolement, c'est-à-dire
autrui a une valeur. Ainsi, l'Homme peut-il vivre sans les autres? La présence des autres n'est-
elle pas indispensable ?
II) Discussion :
A) Thèse : l'Homme peut se passer des autres.
Argument 1: La présence des autres constitue une source d'ennuis, de malheur et m'empêche
de me réaliser pleinement. En effet, par sa présence et son regard, autrui gêne et aliène ma
liberté en m'imposant des règles et des lois à suivre. Ainsi, vivre seul me paraît la meilleure
chose qu'il soit dans la mesure où l'autre est une entrave, un obstacle. C'est ainsi que Jean
Paul Sartre déclare : << L'enfer c'est les autres.>> Huis clos.
Argument 2: Les conflits caractérisent les relations entre les hommes. En effet, les hommes
vivent dans un monde où ils sont tous animés par les mêmes intérêts, les mêmes besoins et
désirs, les mêmes ambitions et la recherche des solutions à ces problèmes aboutit à des
rencontres qui se soldent par des conflits, car chacun vise d'abord sa propre satisfaction au
détriment de l'autre. C'est ainsi que Max Stirner affirme : << Quand le monde se trouve sur mon
chemin et qu'il s' y trouve toujours, je le consomme pour apaiser la faim de mon égoïsme. Il y a
entre nous qu'un rapport celui de l'utilité, du profit et de l'intérêt.>> L'unique et sa propriété.
Argument 3: Étant donné que la vie en société est d'abord une lutte d'intérêts l'Homme porte
toujours en lui le germe de l'égoïsme et de la violence. Chacun a tendance à faire triompher
ses intérêts. D'où le conflit, la haine et la concurrence caractérisent mon rapport avec autrui et
nous installent dans la guerre de tous contre tous. A cet effet Thomas HOBBES proclame : <<
l'homme est un loup pour l'homme.>> Léviathan
B) Antithèse : l'Homme ne peut pas se passer des autres.
Argument 1: l'homme n'est pas né pour être seul, il ne l'a jamais été et ne sera jamais. C'est un
véritable désastre que de vivre dans la solitude. En effet, l'homme ne se dit l'homme qu'en
présence d'autres hommes. C'est dans ce contexte que Jean Paul Sartre écrit : << Autrui est le
médiateur indispensable entre moi et moi-même.>> L'Etre et le Néant, Gallimard, p.276.
Argument 2: Autrui me permet de me connaître, d'agir en toute responsabilité et surtout dans
le bon sens. À travers autrui, je me cultive et j'acquiers une expérience de la vie
communautaire qui est basée sur la sympathie, la pitié, l'amour du prochain, la fraternité. Voilà
pourquoi Martin Heidegger écrit : << Chacun est l'autre, personne n'est soi-même.>> Être et
temps.
Argument 3: Mon existence est subordonnée à celle des autres, par le fait que nous vivons
ensemble. En réalité, la conscience humaine reconnait pleinement l'existence des autres à
travers un sentiment originaire de coexistence. Cela signifie que la vie en société ne génère
pas toujours un climat d'angoisse, mais elle admet aussi un rapport de réciprocité de l'un face
à l'autre. À ce sujet Jean Paul Sartre ajoute : << Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il
faut que je passe par l'autre.>> L'existentialisme est un humanisme, Paris, Nagel 1970, p.66
C) Synthèse : autrui est à la fois une menace et une source de bonheur pour moi.
III) Conclusion:
En définitive, la solitude constitue un cadre idéal pour ma vie, car autrui représente une
menace pour mon existence. Malgré la pertinence de cette affirmation, l'épanouissement de
l'individu ne peut se réaliser que dans la société. Pour tout dire, l'homme est essentiellement
un ensemble des rapports sociaux dont l'existence n'a de sens que parmi les autres.
Sujet : Autrui est-il accessible ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Autrui: Mon semblable, mon alter ego. Une conscience différente de la mienne.
* Accessible : renvoie à ce qui est visible, à ce qu'on peut connaître, ce qui est transparent,
saisissable, connaissable.
2) Reformulation du sujet : Autrui est-il saisissable?
3) Thème : Autrui.
4) Problème posé: Connaissance d'autrui.
5) Problématique : Autrui est-il connaissable ? N'est-il pas par contre inaccessible ?
6) Position du sujet : Autrui est accessible.
Introduction :
La réflexion philosophique sur la connaissance d'autrui a intéressé bon nombre des penseurs.
En effet, certains stipulent que autrui est accessible. D'autres par contre pensent qu'il est
méconnaissable. Alors, autrui est-il connaissable ? N'est-il pas plutôt inaccessible ?
II) Discussion :
A) Thèse : Autrui est accessible.
Argument 1: la connaissance de l'autre peut-être envisagée à partir de mes propres
expériences, car à travers mes propres attitudes, je puis bien imaginer la situation de l'autre
par un raisonnement analogique. Sur ce, Georges Berkeley écrit : << Je connais autrui par
analogie à moi-même.>>
Argument 2: Autrui est accessible par la sympathie, c'est par le sentiment d'amour qu'on peut
se permettre de saisir l'être de l'autre. C'est à ce niveau qu'on peut se permettre de dire qu'on
ne connait personne si non que par l'amitié. S'inscrivant dans cette optique André Gide écrit :
<< Par la sympathie je parviens à comprendre ses sentiments.>>
Argument 3: Autrui est une conscience comme moi, nous sommes tous affectés ou animés
par les mêmes émotions. Autrement dit, c'est en comparant nos actes à ceux des autres qu'on
peut connaître les modalités psychiques d'autrui. Ainsi, Max Scheler écrit : << Si tu veux te
connaître, observes les autres et si tu veux connaître les autres regardes en toi-même.>>
B) Antithèse : Autrui n'est pas toujours accessible.
Argument 1: Autrui demeure l'insaisissable en fuite, car il peut m'abuser, me tromper à volonté
: dans le commerce de mes idées, autrui est capable de me mentir, il n' est jamais sincère, il
est surtout hypocrite et l'idée qu'on peut se faire de lui n'est jamais le reflet authentique de la
réalité de son être. Maurice Merleau PONTY dans cette logique écrit : << (...) Le comportement
d'autrui et même les paroles d'autrui ne sont pas autrui.>> Phénoménologie de la perception.
Argument 2: Autrui présente des zones d'ombres qui échappent à ma saisie, c'est un mystère
pour moi. Ontologiquement il est méconnaissable, car ses actes relèvent du moi profond. Le
dedans de l'Homme étant effroyable, la connaissance de l'autre devient un mystère
inexplicable. Ainsi, Marcel Proust écrit : << L'homme est une zone d'ombre où on ne peut
jamais pénétrer.>>
Argument 3: l'âme humaine est inviolable, elle est impénétrable et insaisissable. Cela est
essentiellement démonté par la tradition judéo-chrétienne qui considère l'âme humaine
comme le temple de Dieu et non de l'homme. En d'autres termes, l'autre constitue un monde
fermé, nous ne pouvons le connaître que de l'extérieur. Sur ce, Gaston Berger écrit : << Je
découvre en même temps que l'univers des autres m'est aussi exactement interdit que le
miens leur est fermé.>> Présentation d'autrui, Paris, P.U.F 1957, p.88-89
C) Synthèse : autrui est à la fois accessible et inaccessible.
III) Conclusion :
En somme, autrui est accessible car c'est mon semblable, on est tous animés par les mêmes
sentiments. Mais, il est aussi le différent en ce sens qu'il ne s'offre à moi que par palier dans le
cadre de notre coexistence. Nous pouvons retenir que la connaissance qu'on peut avoir de l'
autre ne peut être que limitée, car l'Homme est d'abord un projet qui vit subjectivement.
Toutefois, puis-je faire chemin avec autrui ?

Thème III: LA LOGIQUE ET LA CONNAISSANCE.


Sujet : Bien parler est-ce dire vrai?
Sujet analogue : Un discours cohérent est-il un discours vrai ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Bien parler : Dire bien, convaincre, tenir un discours cohérent et éloquent.
* Est-ce : Locution interrogative.
* Dire vrai: Dire la vérité, dire ce qui est conforme.
2) Reformulation du sujet : Dire bien est-ce dire la vérité ?
3) Thème : La logique.
4) Problème posé : Valeur de la logique.
5) Problématique : Bien parler suffit-il pour dire le vrai ? La vérité ne dépend-t-elle pas de
l'adéquation entre la pensée et l'objet?
6) Position du sujet: Bien parler c'est dire vrai.
Introduction :
La logique figure au centre de plusieurs débats. En effet, bon nombre des philosophes ont
discuté à propos de sa valeur. Alors, bien parler suffit-il pour dire le vrai ? La vérité ne dépend-
t-elle pas de l'adéquation entre la pensée et l'objet ?
Il) Discussion :
A) Thèse : Bien parler c'est dire vrai.
Argument 1: Un discours formel assure la vérité. En effet, la logique formelle est la science de
la pensée valide, il suffit que la pensée soit identique elle-même, constante et sans se
contredire pour traduire la vérité. Dans ces conditions la vérité résulte de la forme du discours.
C'est dans cette logique qu'Aristote écrit : << La parfaite jonction des idées qui composent un
texte garantit nécessairement la vérité.>> Organon
Argument 2: La vérité n'est pas recherchée dans la contradiction et le doute. Cela signifie que
dans un raisonnement cohérent, on ne peut pas affirmer une hypothèse et la nier au même
moment. Une manière de dire que si la première proposition est vraie, la seconde doit-être
nécessairement fausse. À en croire Aristote, l'identité constitue le modèle par excellence des
raisonnements vrais. C'est pourquoi Aristote renchérit : << Il est impossible que le même
attribut appartienne et n'appartienne pas en même temps, au même sujet et sous le même
rapport (...).>>
Argument 3: Il suffit de bien parler pour dire la vérité. Dans cette optique la rhétorique
constitue une condition essentielle qui conduit fondamentalement à la vérité. A cela, on
reconnait la justesse d'un discours logique à travers la combinaison formelle de trois principes
à savoir : le principe de l'identité, la non contradiction et le tiers exclu.
B) Antithèse : Bien parler, ce n'est pas toujours dire la vérité.

Argument 1: La vérité est la conformité de la pensée avec la réalité dans la mesure où la forme
du discours ne suffit pas pour dire la vérité. Pour convaincre, Il faut lier la forme au contenu
qui détermine le caractère certain d'un jugement. Malgré la cohérence, le discours reste faux
s'il n'est pas conforme à la réalité. À cela, Saint Thomas d'Aquin écrit : << La vérité c'est
l'accord de la pensée avec l'objet.>> Somme théologique.
Argument 2: Un discours logique revêt un caractère dialectique, car l'identité dans un discours
ne représente une forme de tautologie et ne progresse pas la science. Ce qui signifie qu'il ne
suffit pas de bien parler pour dire la vérité, Il faut par contre associer la cohérence à la
dialectique afin de parvenir au développement de la pensée. C'est ainsi que Hegel écrit : << La
contradiction est la racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale.>> Science de
la logique.
Argument 3: La vérité dans un discours réside à travers la lutte des contraires, car Il n' y a de
vie que lorsqu'il y a échange des opposés. Cette démarche trouve sa justification dans la
théorie de l'unité des contraires chez Héraclite lorsqu'il pense que : << Il n' y a pas d'harmonie
sans l'aigu et le grave et pas de vie sans le mâle et la femelle qui sont des contraires.>>
C) Synthèse : Il faut la cohérence du discours et la conformité de la pensée avec l'objet pour
garantir la vérité.
III) Conclusion :
Au regard de ce qui précède, Il sied de dire que la cohérence garantit nécessairement la vérité.
Mais, il se passe aussi que la vérité réside dans l'accord de la pensée avec la réalité. Pour tout
dire, un discours cohérent n'est pas forcément un discours vrai.
Sujet : La connaissance découle-t-elle de la raison ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* La connaissance : le savoir.
* Découle : provient, dérive...
* Raison : source de la connaissance.
2) Reformulation du sujet : La connaissance provient-elle de la raison ?
3) Thème : La connaissance.
4) Problème posé : Origine ou sources de la connaissance.
5) Problématique : La connaissance est-elle innée ? Ne découle-t-elle pas de l'expérience ?
6) Position du sujet : La connaissance découle de la raison.
Introduction :
Dans l'histoire philosophique, l'origine de la connaissance a toujours suscité les points de vue
contradictoires. Car, certains affirment que la connaissance découle de la raison. Cependant
d'autres pensent le contraire. Alors, la connaissance est-elle innée ? Ne découle-t-elle pas de
l'expérience ?
II) Discussion :
A) Thèse : la connaissance découle de la raison.
Argument 1: La raison est l'unique moyen qui conduit aux essences éternelles de la
connaissance. Il n' y a de connaissances qui résultent de l'expérience, car la connaissance en
elle-même est un ensemble des donnés innées. À en croire les rationalistes et les idéalistes,
les organes de sens sont incompatibles à la connaissance, seule la raison humaine peut nous
conduire au monde intelligible, car le monde sensible constitue un lieu de la confusion. À cela
Platon écrit : << Si nous voulons atteindre une connaissance de quelque chose, il nous faut se
séparer du corps et regarder avec l'âme seule les choses elles-mêmes.>>
Argument 2: La raison par nature est un faculté de connaître. En effet, elle est l'unique moyen
qui peut nous procurer la connaissance vraie ; les sens par contre sont trompeurs et ne peut
aucunement nous procurer la connaissance véritable. Autrement dit, le monde sensible est la
source des illusions et il nous tient toujours à distance de la vérité ; la connaissance ne peut
découler que de l'activité de l'âme qui se rappelle de sa vie dans le monde intelligible. Raison
pour laquelle Descartes souligne : << L'intelligence seule peut percevoir la vérité.>> Les règles
pour la direction de l'esprit.
Argument 3: Connaître un objet c'est appréhender son essence sans l'aide de l'expérience
sensible. Cela signifie qu'il y a que la raison qui a le pouvoir de juger de façon autonome.
Hegel dans cette optique le justifie lorsqu'il déclare : << La raison c'est la certitude qu'a la
connaissance d'être toute réalité.>> Phénoménologie de l'esprit.
B) Antithèse : La connaissance ne découle pas toujours de la raison.
Argument 1: Le cerveau de l'homme à la naissance est dans un état de vacuité intellectuelle,
c'est-à-dire vide de toute connaissance, dans un état de blancheur, vierge, immaculé ; bref à la
naissance le cerveau humain est comme une table rase ( tabula rasa) autrement dit, sans
connaissance aucune et ce n'est qu'en contact avec le monde extérieur que l'homme acquiert
la connaissance. A ce propos John Locke écrit : << Supposons qu'au commencement l'âme
est ce qu'on appelle une table rase, vide de tout caractère, sans aucune idée. Comment vient-
elle à recevoir des idées? A cela je réponds en un mot de l'expérience. C'est là le fondement de
toutes nos connaissances et c'est de là qu'elles tirent leur première origine.>> Essais
philosophique concernant l'entendement humain.
Argument 2: Aucune connaissance n'est innée, puisque toutes nos idées proviennent de la
succession des impressions sensibles ou des expériences de nos habitudes. C'est par la
théorie de la causalité que l'idée de l'effet se détermine. Ainsi, David Hume écrit : << c'est donc
en vain que nous prétendons déterminer un seul événement pour conclure une cause ou un
effet sans l'aide de l'observation, ni de l'expérience.>>
Argument 3: La connaissance scientifique dérive des impressions sensibles. En réalité toutes
nos connaissances résultent des impressions, car la métaphysique n'est que fantaisiste. En
d'autres termes, il n' y a pas en nous un pouvoir de connaître en dehors des sens. C'est ainsi
que Protagoras écrit : << La science c'est la sensation.>>
B) Synthèse : La connaissance découle à la fois de la raison et de l'expérience.
Argument : La connaissance ne découle pas du seul travail de la raison ni celui des sens, mais
plutôt de l'action conjuguée entre l'entendement et la sensibilité. A ce sujet Emmanuel Kant
écrit : << Sans la sensibilité nul objet ne nous serait donné, et sans l'entendement nul ne serait
pensé...>> Critique de la raison pure.
III) Conclusion :
En somme, la connaissance découle de la raison car l'âme possède la connaissance dès sa
naissance, mais c'est par son contact avec le monde ambiant que l'homme acquiert des
connaissances. Ainsi, la connaissance est le résultat de la raison et de l'expérience.

Sujet : La connaissance est-elle une bienfaitrice pour l'homme ?


I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* La connaissance : C'est un acte par lequel l'esprit saisit les propriétés d'un objet, une
maîtrise intellectuelle ou spirituelle acquise par l'apprentissage.
* Bienfaitrice : Ce concept renvoie à ce qui est bien, utile, nécessaire, important, synonyme de
libération.
* L'homme : Être doué de la raison.
2) Reformulation du sujet : La connaissance est-elle nécessaire ?
3) Thème : La connaissance.
4) Problème posé : Valeur de la connaissance.
5) Problématique : La connaissance libère-t-elle l'homme ? N'est-elle pas par contre une
source de malheur ?
6) Position du sujet : La connaissance est une bienfaitrice pour l'homme.
Introduction :
Les philosophes se préoccupent toujours de la connaissance, ils cherchent à déterminer sa
valeur. C'est ainsi qu'une thèse affirme que la connaissance est utilitaire. Alors, la
connaissance libère-t-elle l'homme ? N'est-elle pas par contre une source de malheur ?
II) Discussion :
A) Thèse : La connaissance est utilitaire.
Argument 1: La connaissance libère l'homme de l'ignorance et favorise la maîtrise de soi. En
effet, la morale Épicurienne nous enseigne à tel point qu'il n' y a que la connaissance de
différents plaisirs qui procure le bonheur à l'homme. C'est ainsi qu'il écrit : << Celui qui n'a pas
la connaissance de ses plaisirs ne peut se libérer de l'ignorance et de la crainte des dieux.>> (
Épicure, Lettre à Ménécée)
Argument 2: La connaissance a un but pratique et utilitaire, c'est une source d'inspiration par
laquelle l'homme découvre les secrets de son environnement. Elle permet donc à l'homme de
transformer son milieu de vie et de le rendre favorable à ses besoins. Ainsi, Descartes écrit :
<< La connaissance nous rend comme maître et possesseur de la nature.>> Discours de la
méthode.
Argument 3: La connaissance est une voie d'accès à l'autonomie de l'homme vis-a-vis de la
nature. Elle nous permet de découvrir ses lois afin de les interpréter. C'est dans ce sens que
Francis Bacon déclare : << Le savoir est un pouvoir. On ne commande à la nature qu'en lui
obéissant.>> Novum organon.
B) Antithèse : la connaissance n'est pas toujours utilitaire.
Argument 1: La connaissance ruine et détruit l'homme. En effet, les progrès scientifiques par
exemple causent des effets dévastateurs qui conduisent l'humanité à la mortalité : tel est le
cas de la fabrication des armes nucléaires, des bombes atomiques qui sont causées de
plusieurs dégâts et pertes de la vie humaine. Ainsi, Jean-Jacques Rousseau souligne : << Les
sciences sont à l'origine du désarroi, de la barbarie et de la violence.>> Discours sur les
sciences et les arts.
Argument 2: Le désir de la connaissance est non sans de conséquences négatives. En effet,
dans son usage à des fins militaires, la science fabrique les armes de guerre, des engins de
mort qui placent l'homme dans un état de terreur et d'incertitude. À ce propos Nietzsche écrit :
<< Peut-être que l'humanité périra telle à cause de cette passion de la connaissance.>> Aurore,
Livre V. p.429
Argument 3: La connaissance et la technique constituent une source de malheur pour
l'humanité. La transformation abusive du milieu naturel est la cause du changement
climatique, de la destruction de la flore et de la faune, de la pollution de la couche d'ozone qui
entraînent des dégâts écologiques. Sur ce, Rousseau conclut : << Nos âmes sont corrompues
à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés à la perfection.>> Idem.
C) Synthèse : La connaissance est à la fois utilitaire et un malheur pour l'humanité.
III) Conclusion :
Au terme de notre analyse, force est dire que la connaissance libère l'homme de l'ignorance,
mais elle créée également les moyens négatifs qui détruisent celui-ci. La connaissance est un
mal nécessaire, car connaître c'est pas bien, être ignorant également ce n' est pas bien.
Sujet : Connaît-on pour connaître ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Connaît-on : Possibilité de s'interroger.
* Connaître : Ce mot renvoie à la connaissance ; savoir.
2) Reformulation du sujet : La connaissance est-elle désintéressée ?
3) Thème : La connaissance.
4) Problème posé : But de la connaissance.
5) Problématique : Doit-on connaître pour connaître ? La connaissance ne poursuit-elle pas un
but utilitaire ?
6) Position du sujet : On doit connaître pour connaître.
Introduction :
Le but de la connaissance a toujours été parmi tant une préoccupation de la philosophie. C'est
ainsi que s'installe la thèse selon laquelle la connaissance est désintéressée. Ainsi, doit-on
connaître pour connaître ? La connaissance ne poursuit-elle pas un but utilitaire ?
Il) Discussion :
A) Thèse : On doit connaître pour connaître.
Argument 1: La connaissance vise la satisfaction de notre curiosité de connaître afin
d'échapper l'esprit humain de l'ignorance et de la médiocrité. Autrement dit, le but de la
connaissance n'est pas de résoudre les problèmes concrets. La connaissance demeure à
juste titre un luxe de l'esprit, un savoir pour savoir. Savoir qui permet seulement l'homme de se
questionner. Voilà pourquoi Aristote écrit : << Si les premiers philosophes philosophèrent
c'était pour s'échapper à l'ignorance et non en vue de quelque utilité.>> La métaphysique.
Argument 2: La connaissance est d'abord et avant tout une activité purement intellectuelle, un
processus essentiellement désintéressé. Le but de la connaissance c'est l'honneur de l'esprit
humain. La connaissance est comme le dit Henri Poincaré : << La seule fin qui est digne d'elle-
même.>>
Argument 3: La connaissance remplit un besoin intellectuel. En cherchant à connaître,
l'homme éprouve le besoin de comprendre pour comprendre. En présence d'un phénomène
inhabituel comme un arc-en-ciel en une éclipse, notre esprit s'étonne. Savoir s'étonner c'est
savoir par exemple se demander pourquoi tel corps flotte tandis que tel autre tombe au fond
de l'eau. Pour preuve Auguste Comte affirme : << Quelques soient les immenses services
rendus à l'industrie par la théorie scientifique, nous ne devons pas oublier que les sciences ont
avant tout une destination plus directe et plus élevée, celle de satisfaire au besoin
fondamental qu'éprouve notre intelligence de connaître les lois des phénomènes.>>
B) Antithèse : On ne doit pas toujours connaître pour connaître.
Argument 1: Au delà de son aspect théorique, la connaissance a aussi une finalité pratique. En
ce sens, Épicure confère à la connaissance une finalité morale, celle de libérer humain de
l'angoisse et autres superstitions qui le hantent. Autrement dit, soigner les maux de l'âme. Sur
ce point, Épicure est précis lorsqu'il écrit : << Vaine est la parole d'un philosophe qui ne guérit
aucune souffrance de l'homme. Car de même qu'il n' y a aucun profit dans la médecine si elle
ne chasse pas les maladies du corps, de même, Il n' y a aucun profit dans la philosophie si elle
ne chasse pas les souffrances de l'esprit.>> Lettre à Ménécée.
Argument 2: La connaissance est d'un grand intérêt, car elle assure à l'homme quiétude et
liberté ; elle est une lumière qui illumine notre marche dans le monde puis détermine nos choix
et décisions. Ainsi, Auguste Comte écrit : << Science d'où prévoyance, prévoyance d'où
action.>>
Argument 3: La connaissance a un but pratique. En effet, elle est utile puisque c'est grâce à
elle que l'homme a pu vaincre la nature et a protégé sa santé. La conservation de la santé est
pour ainsi dire le principal but de la connaissance. Pour s'en convaincre Descartes soutenait
dans le Discours de la méthode. que : << Pour la conservation de la santé, laquelle est sans
doute le premier bien et fondement de tous les autres biens de cette vie.>>
C) Synthèse : La connaissance poursuit à la fois un but désintéressé et utilitaire.
III) Conclusion :
En somme, la connaissance répond d'abord avant tout au besoin de la curiosité intellectuelle,
mais elle est aussi utilitaire, car elle illumine notre vie. Pour tout dire, la connaissance doit être
désintéressée et utilitaire.
Sujet : La vérité et est-elle une vérité pour toujours ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* La vérité : Caractère de ce qui est vrai, conformité de ce qu'on dit avec ce qui est, adéquation
de la pensée avec l'objet.
* Vérité pour toujours : Ce groupe de mot renvoie à ce qui est éternel, figé statique, absolu,
inchangeable, immuable.
2) Reformulation du sujet : La vérité est-elle absolue ?
3) Thème : La vérité
4) Problème posé : Le caractère de la vérité.
5) Problématique : La vérité est-elle éternelle ? N'est-elle relative ?
6) Position du sujet : La vérité est une vérité pour toujours.
Introduction :
Au nombre des thèmes qui suscitent des débats en philosophie, figure celui de la vérité.
Toutefois, il est question de déterminer son caractère. Alors, la vérité est-elle éternelle ? N'est-
elle pas relative ?
Il) Discussion :
A Thèse : la vérité est éternelle, elle ne change pas.
Argument 1: La connaissance religieuse constitue une vérité absolue et effective dans la
mesure où les informations reçues de la Bible et du Coran comme des vérités éternelles qui ne
souffrent d'aucune contestation. Elles reposent sur les caractères essentiels de la
connaissance. Ainsi, déclare la Bible : << Dieu est le même hier, aujourd'hui et éternellement.>>
Hébreux 13:8
Argument 2: La vérité religieuse est dogmatique, parce qu'elle n'admet le critique ni le doute et
jugement. Elle nous enseigne de concevoir la parole de Dieu comme véritable et absolue.
Ainsi, la pensée chrétienne de la vérité est la même pour tous les fidèles, car Dieu est un et
identique à tous.
Argument 3: La connaissance scientifique présente également un caractère dogmatique et
universel. Ainsi, les sciences exactes nous l'enseignent la nature éternelle et immuable de ses
résultats qui sont communément adhérés à travers l'univers. Par exemple 1+1=2.
B) Antithèse : La vérité n'est toujours pas éternelle mais relative.
Argument 1: La connaissance est approximative et relative dans la mesure où elle change en
fonction du temps et des circonstances. Toutes vérités trouvées issues de cette connaissance
est dite vérité philosophique, parce qu'elles sont proportionnelles à leur objet d'étude, leur
époque. Car chaque époque correspond à une réalité donnée. A ce niveau, Hegel écrit : << La
philosophie est la fille de son temps.>> La philosophie de l'histoire.
Argument 2: La vérité est relative et complexe. Cette complexité s'explique à travers la
diversité des théorèmes ou variables mathématiques qui changent en fonction de leurs degrés
des équations et par étape. Dans cette même optique, les nouvelles découvertes chimiques
nous enseignent que l'atome, au delà d'être insécable, il contient des protons et neutrons qui
déterminent son caractère sécable. Ainsi Martin Heidegger écrit : << La vérité se donne en se
retirant.>>
Argument 3: La vérité dépend de l'esprit qui la conçoit, elle varie d'une conscience à une autre.
Concevoir la vérité c'est avant tout penser ou réfléchir par soi-même. Or, la réflexion est un
exercice individuel qui nécessite des efforts personnels pour connaître. Sur ce, Protagoras
écrit : << L'homme est à la mesure de toutes choses.>>
C) Synthèse : la vérité est à la fois absolue et relative.
III) Conclusion :
En définitive, une vérité est dite vérité que lorsqu'elle ne peut pas être remise en cause, mais
cette vérité n'exclut pas la vérité relative qui dépend du sujet pensant. Nous croyons qu'une
vérité demeure immuable.
Sujet : L'erreur est-elle féconde ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* L'erreur : C'est la non conformité du jugement aux normes du vrai, c'est l'action de se
tromper ou de prendre le faux à la place du vrai.
* Féconde : Ce qui est positive, constructive, fertile, productrice.
2) Reformulation du sujet : l'erreur est-elle constructive ?
3) Thème : Vérité-erreur
4) Problème posé : Dialectique Vérité-erreur
5) Problématique : l'erreur est-elle positive ? N'est-elle pas plutôt négative ?
6) Position du sujet : l'erreur est féconde.
Introduction :
Le problème relatif à la dialectique Vérité-erreur a été longtemps débattu par les
philosophes.Car, d'aucuns pensent que l'erreur est féconde. D'autres par contre rejettent cette
thèse. D'où les interrogations suivantes: l'erreur est-elle positive ? N'est-elle pas plutôt
négative ?
Il) Discussion :
A) Thèse : l'erreur est féconde.
Argument 1: D'abord, la reconnaissance de l'erreur fait progresser la science. En effet, c'est
grâce à l'erreur que la recherche de la vérité devient plus intéressante. Car elle réveille la
conscience à faire mieux qu'avant, elle pousse l'intellect humain à poursuivre davantage la
recherche avec beaucoup plus de rigueur. C'est dans cette optique que Gaston Bachelard écrit
: << La science évolue par erreur corrigée.>> La formation de l'esprit scientifique
Argument 2: En réfléchissant sur le processus d'acquisition des vérités, nous-nous rendons
compte que la vérité et l'erreur ne sont pas séparées en soi. En effet, la vérité ne se comprend
que par rapport à l'erreur et l'erreur n'est que erreur devant la vérité. Ce qui signifie que l'on ne
peut pas parvenir à la vérité sans une suite logique d'erreurs. C'est ainsi que Hegel écrit : <<
Dans tout ce qui est faut il y a quelque chose de vrai.>>
Argument 3: l'erreur est un élément catalyseur sans lequel la vérité n'est pas possible. En
d'autres termes, l'erreur est une nécessité permettant d'accéder à la vérité. Pour Bachelard, la
vérité suppose une suite d'erreurs rectifiées. Car ajoute-t-il : << C'est en revenant sur un passé
d'erreurs qu'on retrouve la vérité en un véritable repentir intellectuel.>>
B) Antithèse : L'erreur n'est pas toujours féconde.
Argument 1: La vérité et l'erreur sont incompatibles. Cela sous-entend que pour atteindre la
vérité, on doit se méfier soigneusement l'erreur, on doit même l'éliminer au moyen du doute
méthodique. Cette pensée est soutenue fermement par Descartes lorsqu'il pense que : <<
L'erreur est une privatisation de quelques connaissances qu'il semble que je devrais
posséder.>>
Argument 2: L'erreur apparaît comme un moment d'insécurité scientifique et un signe
d'ignorance d'autant plus que celui qui se trompe souvent n'avance pas, il tourne en rond. A
cela, l'erreur est l'opposée de la vérité parce qu'elle n'est qu'une illusion des sens. C'est une
opinion trompeuse qui prend à tort l'apparence pour une réalité.
Argument 3: l'erreur est un frein à l'action humaine. En effet, il existe dans le monde les
domaines qui n'admettent pas l'erreur comme dans la médecine et dans la conduite, ici en tout
cas l'erreur n'est pas autorisée. Une seule erreur suffit pour causer une catastrophe irréparable
( la mort).
C) Synthèse : L'erreur est à la fois positive et négative.
III) Conclusion :
Au regard de ce qui vient d'être dit, il sied de retenir que l'erreur et la vérité ont un destin
commun dans le processus de la connaissance, mais cela n'exclut pas le caractère néfaste de
l'erreur, celui de retarder le progrès de la science. Enfin, il faut noter que nous devons éviter
l'erreur si nous voulons atteindre une connaissance vraie.

Thème IV: LES RAPPORTS ENTRE LA NATURE ET LA CULTURE.


Sujet : Le naturel détermine-t-il l'Homme ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Le naturel: C'est l'ensemble des traits caractéristiques de la nature humaine, c'est tout ce
que l'on nait avec ou ce qui est inné.
* Détermine-t-il l'Homme: Ce groupe de mots renvoie à ce qui caractérise l'Homme, à ce qui le
définit...
2) Reformulation du sujet : l'Homme est-il un être naturel ?
3) Thème : Nature et culture.
4) Problème posé: La nature humaine.
5) Problématique : L'Homme est-il un être biologique? N'est-il pas au contraire un fruit de la
culture ?
6) Position du sujet : Le naturel détermine l'Homme.
Introduction :
La réflexion philosophique qui s'ouvre autour de la nature et la culture a toujours suscité les
débats au sein des penseurs, surtout lorsqu'il est question de déterminer la nature humaine.
En effet, certains affirment que le naturel détermine l'Homme. Ce qui ne fait pas l'accord des
autres. Alors, l'Homme est-il un être biologique ? N'est-il pas au contraire un fruit de la la
culture ?
II) Discussion :
A) Thèse: le naturel détermine l'Homme.
Argument 1: l'Homme a été crée et destiné pour vivre dans une société organisée avec ses
semblables. Cette vie sociétale détermine toute son essence ou sa nature. Cela sous-entend
que la société est naturelle en l'Homme, car elle relève du déjà établi et du déjà là. Ainsi,
Aristote écrit : << L'homme est un animal politique.>> La politique.
Argument 2: l'Homme naturel est complètement libre, heureux et en paix. Il vit naturellement
en solitude et pour lui-même. C'est un moment parfait pendant lequel les différences entre les
hommes sont inoffensives du fait qu'ils mènent le même mode de vie et satisfont les mêmes
besoins. Sur ce, Rousseau écrit : << L'homme nait bon, mais c'est la société qui le corrompt.>>
Du contrat social.
Argument 3: La nature humaine est bel et bien une réalité parce qu'elle est à rechercher dans
le caractère pessimiste de l'Homme, qui se démontre par la sensation de violence, de force et
de barbarie. Tout ceci témoignage la manière d'être de l'Homme du point de vue de sa nature.
C'est pourquoi Thomas HOBBES démontre que cette nature en partant de sa théorie relative à
l'état de nature, un état où règne la loi du plus fort. C'est ainsi qu'il déclare : << L'homme est un
loup pour l'homme.>> Léviathan.

B) Antithèse : l'Homme est un être culturel.


Argument 1: l'être humain se définit par le travail ; entendu comme une activité de la culture.
En effet, c'est par le travail qu'il a modifié la nature et a modifié sa propre vie, qu'il est sorti de
l'animalité en inventant un nouveau monde. Ce qui signifie que la société n'est pas naturelle,
mais l'œuvre de la culture. En des termes simples, la société est l'expression de la culture
humaine et l'Homme entant qu'être culturel est son propre fruit, c'est-à-dire qu'il se détermine
par ce qu'il fait. Dans cette condition Karl MARX écrit : << Les hommes commencent à se
distinguer des animaux dès qu'ils commencent à produire les moyens d'existence.>>
Argument 2: l'Homme n'est pas un être prédestiné pour qu'il possède une nature en avance.
l'Homme se fait à chaque instant. Il vit d'abord et trouve son origine à travers cette existence.
Autrement dit, entant qu'être doué de raison, l'Homme crée lui-même son idéal, ses valeurs. Il
n'est autre que ce qu'il fait, donc l'idée d'une nature humaine est une simple imagination. En ce
sens que << l'existence dit Jean Paul Sartre précède l'essence (...). Il n ' y a pas de nature
humaine, puisqu'il n'a pas de Dieu pour la concevoir.>> L'existentialisme est un humanisme
Argument 3: l'Homme n'est conçu que sur un tissu culturel qui se transmet de génération en
génération. Cela étant, retenons que l'Homme est le fruit de l'apprentissage et de l'éducation. Il
ne peut devenir Homme que par l'éducation, il est ce que l'éducation fait de lui. C'est ce qui
pousse Lucien Malson d'écrire ce qui suit : << L'homme n'a point de nature, Il a ou est plutôt
une culture.>> Les enfants sauvages.
C) Synthèse : l'Homme est à la fois un être biologique et culturel.
Argument : Tout en étant un être culturel, l'Homme est un être qui obéit à un déterminisme
naturel. Il est donc une symbiose entre le naturel et le culturel. A ce sujet Merleau PONTY écrit
: < ... Tout est fabriqué et tout est naturel chez l'homme.> Phénoménologie de la perception.
III) Conclusion :
En somme, l'Homme possède des traits qui prouvent sa nature, mais tout Homme est fait par
un tissu culturel qui devient comme un héritage commun. Ainsi, l'Homme est un être naturo-
culturel.
Sujet : Le travail est-il un châtiment ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Le travail : il peut-être défini comme une activité manuelle et intellectuelle productrice des
biens matériels et spirituels utiles à l'existence humaine.
* Châtiment : Punition, souffrance, malédiction, torture, servitude, supplice...
2) Reformulation du sujet : Le travail est-il une servitude ?
3) Thème : Le travail.
4) Problème posé : Nature et fonction du travail ( valeur du travail).
5) Problématique : Le travail est-il une punition ? Ne serait-il pas plutôt une délivrance ?
6) Position du sujet : Le travail est un châtiment.
Introduction :
La nature et la fonction du travail demeurent jusqu'à ce jour une énigme, car les réponses y
relatives sont contradictoires, en fonction des multiples théories cognitives. C'est dans ce
contexte que s'inscrive cette thèse: le travail est un châtiment. Ainsi, le travail est-il une
punition? Ne serait-il pas plutôt une délivrance?
Il) Discussion :
A) Thèse : Il semble que le travail est un châtiment.
Argument 1: Dans la tradition judéo-chrétienne, le travail n'est pas synonyme de liberté ni
d'indépendance, mais plutôt les conséquences de la désobéissance de l'Homme vis-a-vis de
Dieu. Il est par là considéré comme un châtiment, une malédiction divine, c'est-à-dire un sort
jeté par Dieu après le péché originel. Il est une punition que Dieu a fait subir aux hommes pour
payer le prix de la désobéissance d'Adam et Eve. Ainsi, on peut lire dans le livre de Genèse
3:19 ce qui suit : << Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front.>>
Argument 2: Le travail est dans son sens originel synonyme de souffrance, de torture. Il s'agit
là d'une activité douloureuse et pénible qui dépossède l'Homme. Autrement dit, le travail est
une tâche douloureuse par laquelle l'Homme doit gagner sa vie et subvenir à ses besoins. À
cet effet Karl Marx affirme : << Le travail dans lequel l'homme se dépossède est sacrifice de
soi, mortification.>> Les Manuscrits de 1844
Argument 3: Le travail n'est pas source de bonheur dans la mesure où Il constitue un moment
de servitude déshumanisante auquel l'Homme subit le plus haut titre de l'oppression car Il doit
obéir aux ordres et aux normes hiérarchiques fonctionnelles et administratives qui ne sont
toujours pas les meilleures. A ce propos Nietzsche écrit : << Le besoin nous contraint au
travail dont le produit apaise le besoin, le réveil toujours des besoins nous habitue au travail.>>
B) Antithèse : Le travail n'est toujours pas un châtiment.
Argument 1: Le travail assure le bien être de l'Homme et favorise son épanouissement. Il est
l'activité par laquelle l'Homme subvient à ses besoins, acquiert et résout ses problèmes
existentiels. Le travail est donc une source de liberté. C'est dans cette perspective que Voltaire
affirme: << Le travail éloigne de nous trois grands maux : le vice, l'ennui, et le besoin.>>
Candide
Argument 2: Le travail procure le bonheur à l'Homme. Car, en transformant la nature et en
produisant les biens pour sa survie, l'Homme se libère de certaines charges pouvant entraîner
sa perte. Il s'éloigne ainsi du soucis, de la tristesse et finit par confirmer son existence tant
avec lui-même qu'avec les autres. C'est ainsi que Jules Villemin écrit : << Je travaille, donc Je
suis libre.>>
Argument 3: Le travail développe l'intelligence de l'Homme et éveille en lui des potentialités
endormies, l'éloigne de la vie de la dépendance à l'égard de la nature et d'autrui. C'est dans
cette logique que Jean Paul Sartre déclare : << En fait, l'élément libérateur de l'opprimé c'est le
travail.>>
C) Synthèse : Ambiance du travail.
Argument : le travail est un mal nécessaire, car il est à la fois un facteur de servitude et une
source de bonheur. Voilà pourquoi Emmanuel Mounier affirme que : << Le travail travaille à
faire un homme en même temps une chose.>>
III) Conclusion :
En définitive, le travail en ce qu'il implique la difficulté et l'asservissement peut paraître
comme une malédiction, mais ce n'est que par lui que l'Homme se libère. Pour tout dire, le
travail est un mal nécessaire.
Sujet : L'art est-il une reproduction du visible ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* L'art: Un ensemble des méthodes ou procédés visant la création des belles choses.
* Reproduction du visible : Ce groupe de mots renvoie à la copie du réel, à l'imitation de la
réalité.
2) Reformulation du sujet : L'art est-il une copie du réel ?
3) Thème : L'art
4) Problème posé : Nature et fonction de l'art.
5) Problématique : L'art est-il une imitation de la réalité ? N'est-il pas au contraire le produit de
la création artistique ?
6) Position du sujet : L'art est une reproduction du visible.
Introduction :
Chercher à connaître la nature et la fonction de l'art constitue une véritable question de la
philosophie qui suscite les débats entre les penseurs. C'est ainsi qu'une affirmation s'annonce,
celle de savoir si l'art est une reproduction du visible. Ainsi, l'art est-il une imitation de la
réalité? N'est-il pas au contraire le produit de la création artistique ?
II) Discussion :
A) Thèse: L'art est une reproduction du visible.
Argument 1: L'art ne vise que l'imitation de la nature. Cela sous-entend que la nature est la
zone de compétence de l'artiste qui lui permet de reproduire et de représenter toutes les
réalités naturelles. C'est ainsi qu'Alain écrit : << Puisqu'il est évident que l'inspiration ne forme
rien sans la matière, il faut donc à l'artiste, à l'origine des arts et toujours quelques premiers
objets ou quelques premières contraintes de fait sur quoi il exerce d'abord sa perception.>>
Argument 2: La mission principale de l'art n'est que de copier ce qui existe déjà, car l'imitation
dans l'art est une tendance naturelle des hommes. A cet effet, l'art est par essence une
possibilité qui consiste à imiter la nature. Ce qui veut dire que l'imitation dans l'art est le
propre de l'artiste. Dans cette optique Aristote affirme : << Imiter est en effet dès leur enfance,
une tendance naturelle aux hommes.>>
Argument 3: l'art d'imitation est une disposition ou une façon de produire qui s'accompagne
des règles vraies. Autrement dit, la beauté artistique n'est que la représentation des choses
existantes. Voilà pourquoi Léonard De Vinci écrit : << L'oeil reçoit de la beauté peinte le même
plaisir que la beauté réelle.>> Traité de la peinture.
B) Antithèse : l'art n'est pas toujours une reproduction du visible.
Argument 1: l'esprit n'a pas de forme sensible susceptible d'être copiée ou imitée.Voilà ce qui
rend impossible tout travail d'imitation dans l'art ; c'est en créant ses propres modèles que
l'artiste apparaît comme un véritable créateur. C'est ainsi que Platon déclare : << L'art d'imiter
est donc bien loin du vrai.>> La République, livre X, p.486.
Argument 2: l'art est une créativité parce qu'il s'agit d'un effort qui relève de l'artiste lui-même,
c'est-à-dire de sa subjectivité. Pour Hegel, l'art est une activité qui dépend des dispositions
spirituelles et intellectuelles d'un artiste. Car dit-il : << Le beau n'est véritablement beau que
quand il participe de l'esprit et est crée par lui-même.>> Esthétique
Argument 3: l'imitation dans l'art est une réalité éloignée de la nature puisque l'artiste qui crée
ses oeuvres est un être doué de l'inspiration. Il ne se contente pas de la nature ni de la société.
Dans cette condition, tout travail artistique est le résultat d'une expérience individuelle qui se
fonde sur une technique appropriée. C'est ainsi que Claude Bernard écrit : << L'art c'est moi.>>
C) Synthèse : L'art présente une double fonction : l'imitation et la création.
III) Conclusion :
En conclusion, la fonction de l'art est difficile à comprendre. D'une part, l'artiste ne fait
qu'imiter ce qui a déjà été établi par le génie Créateur. D'autre part, il constitue le point de
départ d'une invention des objets qui font plaire aux gens et relève du beau. De ce fait, nous
pouvons retenir que l'art est l'expression du savoir faire d'un artiste.

Thème V: LES CONCEPTIONS PHILOSOPHIQUES DE L'HISTOIRE.

Sujet : l'Homme subit-il l'histoire ?


I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* L'homme : Un être vivant doté de la raison.
* Subit : Verbe subir qui signifie être victime.
* L'histoire : Le devenir de l'humanité.
2) Reformulation du sujet : l'homme est-il victime de l'histoire ?
3) Thème : L'histoire.
4) Problème posé : La place de l'homme dans l'histoire.
5) Problématique : l'Homme est-il un produit de l'histoire ? N'est-il pas au fondement des
évènements historiques ?
6) Position du sujet : L'homme subit l'histoire.
Introduction :
La place de l'Homme dans l'histoire a toujours suscité des débats dans l'univers
philosophique. Dans cette optique, une thèse affirme que l'homme subit l'histoire. Cependant,
cette thèse ne fait jamais l'unanimité de tous penseurs. Alors, l'Homme est-il un produit de
l'histoire ? N'est-il pas au fondement des évènements historiques ?
II) Discussion :
A) Thèse: Il semble que l'Homme est un produit de l'histoire.
Argument 1: entant qu'être vivant, l'Homme est un produit qui subit l'histoire, c'est une simple
marionnette ou un simple jouet au service de l'histoire. Cela sous-entend que l'histoire de toute
l'humanité obéit préétablie dans la nature. Tout ce qui arrive est fatale et l'Homme n' y peut
rien. Ainsi, Jacques Bossuet écrit : << Ce long enchaînement des causes particulières qui font
et défend les empires dépend des ondes secrètes de la divine providence, Dieu tient du plus
haut des cieux, les rênes de tous les royaumes, Il a tous cœur en ses mains.>> Discours sur
l'histoire universelle
Argument 2: l'histoire de l'humanité est le devenir de la raison à travers la marche du temps.
L'histoire universelle est donc la marche graduelle d'une idée, l'incarnation de la Raison dans
l'Homme. Selon Hegel, rien dans la nature ne peut se produire sans la volonté de la Raison.
C'est dans cette perspective qu'il écrit : << La Raison gouverne le monde et par conséquent
gouverne l'histoire universelle.>> La Raison dans l'historie
Argument 3: l'histoire est le résultat de la réalité providentielle. A en croire les théologiens
comme Saint Augustin, l'histoire est l'oeuvre de Dieu. C'est ainsi que dans son ouvrage La cité
de Dieu, Augustin démontre que le monde est déterminé par un principe transcendant. En
effet, Dieu est la cause essentielle à travers laquelle tous les évènements arrivent.
B) Antithèse : l'Homme n'est pas toujours un produit de l'histoire.
Argument 1: Toute l'histoire humaine est le processus tension de la production matérielle au
delà d'être une simple réalisation de l'idée. L'histoire est l'oeuvre des efforts productifs des
hommes. C'est ainsi que Karl Marx écrit : << Tout ce qu'on appelle histoire universelle n'est
rien d'autre que l'engagement de l'homme dans le travail.>>
Argument 2: l'histoire n'est pas la manifestation de la volonté divine, mais une détérioration
des lois économiques. En d'autres termes, la suite des évènements est programmée par
l'Homme qui est l'acteur principal de son destin, le moteur de son histoire. Voilà pourquoi
Engels écrit : << Dans l'histoire, ceux qui agissent sont exclusivement les hommes doués de
conscience, agissant avec réflexion ou avec passion et poursuivant des buts déterminés...>>
Argument 3: l'avenir ressemble à un vide métaphysique et c'est à chacun de tailler sa propre
histoire puisqu'il n' y a pas un Dieu capable de réaliser l'histoire à sa place. C'est dans ce sens
que Jean Paul Sartre écrit : << L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la
mesure où Il se réalise.>>
C) Synthèse : l'Homme est à la fois un agent passif et actif de l'histoire.
III) Conclusion :
En grosso modo, il sied de retenir que l'Homme subit l'histoire, car l'histoire de l'humanité est
la réalisation du plan de Dieu, mais il se dégage aussi que l'histoire humaine commence avec
la fabrication des outils de travail. Ainsi, nous croyons que l'Homme ne peut se détourner
absolument de l'histoire même si cette dernière est quelque fois contingente.
Sujet : L'histoire est-elle contingente ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* L'histoire : l'ensemble des évènements liés à la vie humaine.
* Contingente : Imprévisible, chaotique, hasardeuse, accidentelle...
2) Reformulation du sujet : l'histoire est-elle chaotique ?
3) Thème : L'histoire.
4) Problème posé : le sens de l'histoire.
5) Problématique : L'histoire est-elle hasardeuse ? N'est-elle pas plutôt prévisible ?
6) Position du sujet : L'histoire est imprévisible.
Introduction :
Le problème philosophique qui tourne autour du sens de l'histoire n'a jamais fait l'unanimité
des penseurs. Car, d'aucuns estiment que l'histoire est imprévisible. D'autres par contre
rejettent cette affirmation. Ainsi, l'histoire est-elle hasardeuse ? N'est-elle pas plutôt prévisible
?
Il) Discussion:
A) Thèse : l'histoire est contingente.
Argument 1: L'histoire n'est pas toujours logique parce que personne ne peut maîtriser la
provenance des faits historiques, notamment les violences, les guerres... Ces faits irrationnels
n'obéissent nullement à une signification et à une logique à priori. C'est pourquoi Lucien Frave
écrit: << Les facteurs qui déterminent les faits historiques ne peuvent se prêter à une
expérience de laboratoire. Aussi, aucun évènement historique ne peut-être prévu.>> Vers une
autre histoire
Argument 2: Dieu ne peut pas saisir la condition du sens de l'histoire et du devenir de
l'humanité. L'agir et le faire de l'Homme ne sont pas déterminés à priori. Ce qui revient à dire
qu'on ne peut attribuer un sens à l'histoire parce qu'elle nous surprend quelque fois. C'est dans
cette condition que Soeren Kierkegaard affirme : << Tout ce qui est historique est
contingent.>>
Argument 3: L'histoire de l'humanité n'est pas fermée dans un cercle clos parce que l'Homme
se définit en fonction des choix qu'il manifeste. En termes simples, tout ce qui arrive n'est pas
toujours attendu. C'est ainsi que dans Ludwing Feuerbach et la fin de la philosophie classique
allemande Hegel écrit : << Malgré les buts consciemment poursuit par tout individu, c'est le
hasard qui règne en apparence à la surface. Ce n'est que de réaliser les désirs voulus.>>
B) Antithèse : l'histoire n'est pas toujours contingente.
Argument 1: Rien n'est fortuit ; les évènements historiques obéissent à une suite logique
tracée par Dieu. À travers l'histoire, c'est toute la puissance de Dieu qui se manifeste et tout ce
qui arrive à l'Homme assujetti, coordonné par la puissance de Dieu. C'est à juste titre que
Bossuet écrit : << Dieu tient du plus haut des cieux, les rênes de tous les royaumes, il a tous
cœurs en ses mains.>> Discours sur l'histoire universelle
Argument 2: Les faits historiques surviennent de manière prédéterminée par une providence
quelconque. Autrement dit, tout ce qui arrive dans le monde a déjà été prévu par Dieu. Ainsi,
Hegel écrit : << Dieu possède un droit souverain que l'histoire ne soit rien d'autre que le poids
de sa providence.>> La Raison dans l'historie
Argument 3: L'histoire est une oeuvre providentielle. Ce qui veut dire que c'est Dieu seul qui
fait l'histoire. Il assigne une fin, un but, une destination allant de la création du monde au
jugement dernier, du péché originel, la loi de Moïse, la naissance, la mort et la résurrection de
Jésus.Tout est ordre et un plan de Dieu. A ce propos Épictète déclare : << Il ne faut pas vouloir
que les choses arrivent comme tu les veux, mais il faut les vouloir comme elles arrivent.>>
C) Synthèse : L'histoire est à la fois imprévisible et prévisible.
III) Conclusion :
En somme, l'histoire est imprévisible, car elle change en fonction des choix de l'Homme, mais
elle est prévisible dans la mesure où Dieu est à l'origine de tout ce qui arrive. Enfin, l'histoire
impose à l'Homme.

Thème VI: L'ÉTAT ET LE LE POUVOIR POLITIQUE.

Sujet : l'Etat garantit-il la liberté des citoyens?


I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :

* l'Etat : Ensemble des institutions politiques, administratives, juridico-économiques, militaires


et socio-culturelles.
* Garantit : Ce concept vient du verbe garantir qui signifie assurer, défendre, protéger,
sécuriser...
* Liberté des citoyens: le libre pouvoir de faire ou d'agir du peuple, c'est l'autonomie ou
l'indépendance des citoyens d'agir sans contrainte,...
2) Reformulation du sujet : l'Etat protège-t-il l'autonomie des individus ?
3) Thème : l'Etat.
4) Problème posé : Nature et fonction de l'État.
5) Problématique : l'Etat est-il au service de la sécurité du peuple ? N'est-il pas au contraire un
instrument de domiciliation et d'aliénation ?
6) Position du sujet : l'Etat garantit la liberté des citoyens.
Introduction :
l'Etat figure au centre de plusieurs débats en philosophie, surtout lorsqu'il est question de
déterminer sa nature et sa fonction. C'est ainsi qu'une thèse s'affirme, celle de savoir si l'Etat
garantit la liberté des citoyens. Ainsi, l'État est-il au service de la sécurité du peuple ? N'est-il
pas au contraire un instrument de domination et d'aliénation ?
Il) Discussion :
A) Thèse: l'Etat garantit la liberté des citoyens.
Argument 1: l'Etat n'a d'autres missions que d'arbitrer les conflits des citoyens. Par
conséquent, son but est de sauvegarder les acquis et garantir la sécurité du peuple. Ainsi, loin
de contraindre, d'exploiter ou de dominer les citoyens, l'Etat a pour rôle de préserver la liberté
et la dignité du peuple. C'est ainsi que Baruch Spinoza écrit : << Il résulte que la fin de l'Etat est
en réalité la liberté.>> Traité théologico-politique
Argument 2: l'Etat est un arbitre social dans la mesure où Il apporte la liberté et la loi de tous
devant la loi. Il représente une réalité juridique la plus haute que les Hommes sont censés à
obéir ; Il est considéré comme un Dieu sur terre qui sécurise et protège les individus du point
de vue général. C'est ainsi que Jean-Jacques Rousseau déclare : << Trouver une forme
d'association qui défende et protège en toute la force commune la personne et les biens de
chaque associé...>> Du contrat social
Argument 3: l'Etat est la réalisation de l'idée absolue qui organise et assure la sécurité de
chaque individu. Il est alors un arbitre impartial, car Il est l'expression de la domination de la loi
et du divin dans la société. L'Etat est donc un "dieu réel", le "terrestre divin" selon Hegel. Voilà
pourquoi il écrit : << L'essence de l'Etat est dans la loi (...) laquelle tout être raisonnable peut
reconnaître sa propre volonté raisonnable.>> Princie de la philosophie du droit
B) Antithèse : l'Etat n'est pas toujours au service de la sécurité du peuple.
Argument 1: l'Etat freine la liberté individuelle. En effet, il n' y a ni maître, ni Dieu pour
commander les autres. L'Etat est le premier ennemi, la puissance oppressive qu'il faut détruire,
car Il aliène l'Homme en lui faisant perdre ses qualités. Si tel est le cas, Il sera mieux de
concevoir une société sans Etat. C'est dans cette optique que Bakounine écrit : << l'Etat est un
immense cimetière où viennent s'enterrer toutes les manifestations de la vie individuelle.>>
L'Etat et l'anarchie
Argument 2: l'Etat est nuisible parce qu'il représente un mal absolu. Il se caractérise comme
un instrument démagogique. C'est dans sa logique individualiste que Max Stirner pense que
toute forme d'autorité comme l'Etat, la patrie et Dieu sont à l'origine d'assujettissement et
d'aliénation des individus; du fait qu'ils dominent et privent les valeurs humaines en société.
C'est ainsi qu'il écrit : << L'Etat n'a jamais eu un seul but : borner, lier, subordonner l'individu et
l'assujettir à une quelconque généralité.>> L'unique et sa propriété
Argument 3: l'Etat est comme une machine, un instrument destiné à dominer la classe
démunie. De ce fait, Il emploie des organismes représentatifs comme le parlement, l'armée, la
justice, la police, bref tous les moyens coercitifs pour obtenir la domination. Ce qui veut dire
que la naissance de l'Etat est liée à la parution des classes et à la propriété privée. C'est ce
que disent Karl MARX et Engels en ces termes : << l'Etat est le pouvoir organisé d'une classe
destinée à dominer une autre.>> Manifeste du parti communiste
C) Synthèse : Ambiance de L'Etat.
Argument : l'Etat a un caractère ambivalent. Car, d'une part il assure la liberté citoyenne,
d'autre part il vole aux individus leurs droits.
III) Conclusion :
Au terme de notre analyse, il sied de noter que l'Etat est un arbitre social, car Il sécurise les
citoyens, mais il étouffe également la liberté des citoyens. Ainsi, l'État est nécessaire, parce
qu'il ne combat jamais les bons citoyens.
Sujet : l'aristocratie est-elle le pire régime politique ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* L'aristocratie : Un régime politique dans lequel le pouvoir est officiellement exercé par une
élite intellectuelle.
* Le pire régime politique : Le mauvais pouvoir politique.
2) Reformulation du sujet : L'aristocratie est-elle le mauvais pouvoir politique ?
3) Thème : L'aristocratie.
4) Problème posé : Valeur de l'aristocratie.
5) Problématique : L'aristocratie est-elle le mauvais pouvoir politique ? N'est-elle pas plutôt le
meilleur régime politique ?
6) Position du sujet : L'aristocratie est le pire régime politique.
Introduction :
La valeur de l'aristocratie constitue en philosophie une tâche délicate. Car, pour certains
philosophes l'aristocratie est le pire régime politique ; ce qui paraît inadmissible pour d'autres.
Ainsi, l'aristocratie est-elle le mauvais pouvoir politique? N'est-elle pas plutôt le meilleur
régime politique?
Il) Discussion :
A) Thèse: l'aristocratie est le pire régime politique.
Argument 1: En effet, ce régime est détenu par les philosophes. Or, en attribuant le pouvoir
politique à un philosophe, la possession du pouvoir politique peut détourner celui-ci de la vraie
justice. En des termes simples, il va maintenant gouverner pour ses propres intérêts puis il
devient comme un tyran. C'est dans cette perspective que Emmanuel Kant affirme : << Il ne
faut pas s'attendre à des rois philosophes ou à ce que les philosophes deviennent rois.>>
Traité de paix perpétuelle
Argument 2: l'Homme quel qu'il soit philosophe ou non, est naturellement animé par
l'insatisfaction de ses propres besoins. Cela sous-entend que malgré la justesse du
philosophe il sera toujours corrompu par les biens matériaux. C'est dans ce sens que
Chesterton écrit : << Le grand mérite de l'aristocratie (...) est que personne ne pourrait
évidemment la prendre au sérieux.>>
Argument 3: L'aristocratie est le pire des régimes politiques, dans la mesure où elle engendre
les inégalités sociales, c'est-à-dire les nantis ont tous privilèges tandis que les démunis n'ont
rien malgré leurs efforts. C'est ainsi que René de Chateaubriand déclare : << L'aristocratie a
trois âges successifs : l'âge des supériorités, l'âge des privilèges et l'âge des vanités. Sortie du
premier, elle dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier.>>
B) Antithèse : L'aristocratie est le meilleur régime politique.
Argument 1: La bonne gestion de la cité doit répondre aux critères de la compétence. Ces
meilleurs qui sont appelés à être à la tête de la cité sont des philosophes, car ils n'ont point
d'intérêts particuliers ou égoïstes à défendre. Sur ce, Platon écrit : << Donc, les maux ne
cesseront pas pour les humains avant que la race des purs et authentiques philosophes
n'arrive au pouvoir ou que les clefs des cités, par une grâce divine, ne se mettent à philosopher
véritablement.>> La République, livre VII.
Argument 2: Le philosophe est considéré comme un excellent gardien de la société dans la
mesure où Il est capable de construire une société juste et non corrompue. Il construira un
Etat légitime ou équilibré grâce à la philosophie qui l'a illuminé. Sans doute, il dissipera les
maux ou les injustices qui accablent les Hommes et qui ont conduit Socrate à la mort. C'est
ainsi que Platon illustrait : << Il faut louer la vraie philosophie et proclamer que, à sa lumière
seule, on peut reconnaître où est la justice dans la vie publique et dans la vie privée.>> La
République, livre VII.
Argument 3: L'aristocratie est la meilleure forme du gouvernement qui puisse exister, car elle
met sur la scène politique des hommes doués de moralité, de grandeur d'âme, vertueux et
sage. Autrement dit, pour qu'il y ait justice, il faut que l'autorité du vrai savant s'impose et ce
vrai savant c'est le philosophe, car il est considéré comme le sommet qui gouverne selon la
vertu de la sagesse. A ce sujet Charles Baudelaire écrit : << Il n'y a de gouvernement
raisonnable et assuré que l'aristocratique. Monarchie ou république basée sur la démocratie
sont également absurdes et faibles.>>
C) Synthèse : l'aristocratie est à la fois le pire et le meilleur régime politique.
III) Conclusion :
En somme, l'aristocratie est le mauvais régime politique dans la mesure où l'élite peut
gouverner pour ses intérêts personnels, cependant elle est aussi mieux, car l'autorité du vrai
savant s'impose tout en organisant une cité juste. En dernière analyse, nous croyons que les
philosophes qui s'engagent aux affaires politiques peuvent avoir des mains sales.
Sujet : La monarchie est-elle le régime politique idéal ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* La monarchie : Le pouvoir d'un seul.
* Régime politique idéal : le pouvoir politique le plus favorable ou le meilleur pouvoir politique...
2) Reformulation du sujet : La monarchie est-elle le meilleur pouvoir politique ?
3) Thème : La monarchie.
4) Problème posé : Valeur de la monarchie.
5) Problématique : La monarchie est-elle le pouvoir politique le plus favorable ? N' y-a-t-il pas
d'autres régimes politiques capables de gouverner ?
6) Position du sujet : La monarchie est le régime politique idéal.
Introduction :
Il est incontestable dans un monde social où règne le désordre qu'on ne cherche pas l'élément
unificateur, comme tel la monarchie s'y positionne. Cependant, le problème qui se pose est
celui de sa valeur. On se demande si la monarchie est le régime politique idéal. Ainsi, la
monarchie est-elle le pouvoir politique le plus favorable ? N' y-a-t-il pas d'autres régimes
politiques capables de gouverner ?
II) Discussion :
A) Thèse : La monarchie est le régime politique idéal.
Argument 1: L'Etat n'est légitime que dans la forme du gouvernement où le pouvoir est
concentré entre les mains d'un seul chef appelé Monarque et qui est au-dessus de la loi, les
citoyens ont l'obligation de tout accepter car son pouvoir est légitime dans le temps et dans
l'espace. Voilà pourquoi Thomas HOBBES écrit : << La seule façon d'ériger un pouvoir
commun, capable à défendre les gens de l'attaque des étrangers et des torts qu'ils pourraient
se faire les uns aux autres, c'est de confier tous leurs pouvoirs et toutes leurs forces à un seul
individu.>> Le Léviathan
Argument 2: Le roi doit gérer l'Etat comme son bien. Il concentre entre ses mains les fonctions
législatives exécutives et judiciaires. Ainsi, le peuple n'a pas le droit de se révolter contre le
Monarque, quand bien-même il exerce un pouvoir despotique ou tyrannique. A ce propos
Rousseau écrit : << Chacun de nous, théorise-t-il, met en commun sa personne et toute sa
puissance (...), et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout.>>
Du contrat social
Argument 3: l'Homme est un être qui a besoin d'un maître pour discipliner ses instincts
grégaires. Cela sous-entend qu'il faut trouver un dirigeant qui a tout le pouvoir et incarne
l'autorité suprême d'un Etat à l'égard du peuple. C'est dans ce contexte que Jean-Jacques
Rousseau ajoute : << Le gouvernement démocratique convient aux petits Etats, l'aristocratie
aux médiocres, la monarchie aux grands.>> Du contrat social
B) Antithèse : Il existe d'autres pouvoirs politiques idéaux capables de gouverner que la
monarchie.
Argument 1: La démocratie est à classer parmi les pouvoirs de rêves, car elle fait la volonté de
tous. En d'autres termes, c'est dans la démocratie que le peuple participe à la gestion du
pouvoir et le pouvoir exprime la volonté de la souveraineté du peuple. Dans cette condition
Charles De Montesquieu écrit : << Lorsque dans la République le peuple en corps a le pouvoir,
c'est une démocratie.>> De l'esprit des lois
Argument 2: L'aristocratie est aussi le pouvoir idéal. En effet, ce régime fonctionne sur le
critère de la compétence. Pour discipliner les citoyens, on n'a pas besoin de la force, mais
plutôt de la sagesse. Autrement dit, l'autorité du vrai savant doit s'imposer et ce vrai savant
pour Platon c'est le philosophe car il est comme le sommet qui gouverne selon la vertu de la
sagesse. C'est ainsi qu'il affirme : << Donc, les maux ne cesseront pas pour les humains avant
que la race des purs et authentiques philosophes n'arrive au pouvoir ou que les rois par une
grâce divine se mettent à philosopher véritablement.>> La République
Argument 3: La monarchie ne garantit jamais la liberté du peuple, elle exclut au contraire ce
dernier du pouvoir politique tout en exerçant sur lui la dictature. Les citoyens n'ont donc pas le
droit de se révolter contre le Monarque. C'est dans cette logique que Charles Montesquieu
affirme : << La monarchie dégénère ordinairement dans le despotisme d'un seul ; l'aristocratie
dans le despotisme de plusieurs ; la démocratie dans le despotisme du peuple.>>
C) Synthèse : La monarchie présente deux facettes : d'une part elle est le meilleur régime
politique, d'autre part elle est le pire régime politique.
III) Conclusion :
Tout compte fait, il sied de dire que la monarchie est le régime politique idéal, car elle exerce
la dictature afin de discipliner les Hommes, mais il existe d'autres régimes politiques
susceptibles de gouverner que la monarchie. Ainsi, Il n'y a jamais eu des mauvais régimes, il n'
y a que des mauvais dirigeants.
Sujet : La démocratie est-elle un vain espoir ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* La démocratie : Un régime politique dans lequel la souveraineté de l'Etat découle du peuple
et appartient au peuple.
* Un vain espoir : Cette expression renvoie à ce qui est inutile, mauvais, pire...
2) Reformulation du sujet :
La démocratie est-elle le pire régime politique ?
3) Thème : La démocratie.
4) Problème posé : Valeur de la démocratie.
5) Problématique : La démocratie est-elle un mauvais régime ? N'est-elle pas plutôt le pouvoir
politique le plus favorable ?
6) Position du sujet : La démocratie est un vain espoir.
Introduction :
Dans l'histoire des idées politiques, la démocratie a été défendue par plusieurs philosophes.
Cependant, au sujet de sa valeur les avis sont partagés. Pour les uns elle est utile et pour les
autres elle est inutile. Alors, la démocratie est-elle un mauvais régime ? N'est-elle pas plutôt le
pouvoir politique le plus favorable ?
II) Discussion :
A) Thèse : La démocratie est un vain espoir.
Argument 1: La démocratie est un régime politique qui met en pratique la dictature du grand
nombre sur le petit nombre. En effet, tout ce qu'elle consacre n'a rien d'important dans la
gestion des affaires publiques et rien ne prouve qu'elle a raison. Dans cette logique Georges
Bool écrit : << Le pluralisme est équivoque, car être nombreux ne résout rien parce qu'on ne
sait pas si c'est pour se battre ou s'accorder.>>
Argument 2: Le régime démocratique est le plus désordonné et le plus fragile ; il demande
beaucoup plus d'attention dans la mesure où le peuple voit souvent son autorité être
détournée par les despotes ; il est souvent victime d'une instabilité institutionnelle. C'est ainsi
que Rousseau écrit : << Il n' y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux
agitations intestines que le démocratique.>>
Argument 3: La démocratie présente bien des limites, car l'ignorance des règles
démocratiques font de la démocratie un slogan. A ce sujet Rousseau ajoute : << Il n' y a jamais
eu de bonne démocratie et il en n'existera jamais.>>
B) Antithèse : La démocratie n'est pas toujours un vain espoir.
Argument 1: Le régime démocratique fonctionne sur le principe de la volonté générale, il se
différencie de la monarchie et de l'aristocratie qui excluent le peuple dans la gestion de la cité.
Ainsi, les lois ne lui sont pas imposées, elles sont faites par le peuple et pour l'intérêt du
peuple. C'est ainsi que Montesquieu déclare : << Lorsque dans la République le peuple en
corps a le pouvoir, c'est une démocratie.>> De l'esprit des lois
Argument 2: l'Etat a pour mission de régler les conflits, d'assurer la sécurité et la liberté des
citoyens. Cette mission n'est réalisable que sous le régime démocratique ; dans cette optique,
la démocratie est un régime politique qui présente les meilleurs atouts pour le peuple. Il
accorde la souveraineté et privilégie l'égalité de droits et de la liberté par le principe de
séparation du pouvoir. C'est ainsi que Spinoza écrit : << Un Etat démocratique est le plus
libre.>> Traité théologico-politique
Argument 3: Du point de vue de son principe, la démocratie repose sur la vertu politique qui
est l'amour de la patrie et de l'égalité. Ainsi, Montesquieu pense que c'est dans la démocratie
que le peuple participe à la gestion du pouvoir et le pouvoir exprime la volonté de la
souveraineté du peuple. Le chef n'est ni maître, ni propriétaire et ne gouverne pas selon ses
intérêts, mais conformément aux instructions. Voilà pourquoi il conclut : << C'est une
expérience éternelle que s'est faite l'homme qui a le pouvoir, est porté à en abuser pour qu'on
ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le
pouvoir.>>
C) Synthèse : La démocratie est à la fois le pire et le meilleur régime politique.
III) Conclusion :
En conclusion, la démocratie est le pire régime politique, car elle met en avant le critère de la
majorité, mais cela n'exclut pas pour autant son caractère positif celui de faire la volonté de
tous. Enfin, nous pouvons avouer sans crainte que la démocratie est un vain espoir dans la
mesure, où la participation de tous au pouvoir peut engendrer le chaos.

Thème VII: L'EXISTENCE ET SES PROBLEMES.

Sujet : Dieu existe-t-il ?


I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Dieu : Être Suprême, Créateur du monde.
* Existe-t-il : Cette expression renvoie à ce qui existe, à ce qui est réel...
2) Reformulation du sujet : Dieu est-il une réalité ?
3) Thème : Dieu.
4) Problème posé : L'existence de Dieu.
5) Problématique : Dieu est-il une réalité ? N'est-il pas au contraire un mythe ?
6) Position du sujet : Dieu existe.
Introduction :
L'existence de Dieu est l'un des problèmes qui ont toujours suscité les débats dans l'univers
philosophique. C'est ainsi qu'une déclaration s'annonce, celle de savoir si Dieu existe.
Toutefois, cette affirmation ne fait pas l'unanimité de tous. Alors, Dieu est-il une réalité ? N'est-
il pas au contraire un mythe ?
II) Discussion :
A) Thèse : Dieu existe.
Argument 1: L' l'Homme vit dans un monde où certains phénomènes lui semblent supérieurs,
c'est-à-dire il ne maîtrise pas la cause de ces phénomènes. C'est le cas du ciel et de la terre
qui sont des choses illimitées ; aucun Homme ne connaît là où ils commencent ni là où ils
s'arrêtent.
B) Antithèse : Dieu est un mythe.
Argument 1: Exister c'est se manifester, être actuellement, ne pas être imaginé mais être une
réalité. Or, personne n'a vu Dieu, ni l'a écouté crier ou parler. C'est pour autant dire qu'une
chose n'existe que dans la mesure où elle frappe nos sens. Raison pour laquelle Georges Bool
écrit : << Etre, c'est être perçu...>>
Argument 2: L'existence de Dieu a commencé au moment où certains individus ont eu l'idée de
dominer sur les autres. Autrement dit, dans le but de trouver un socle susceptible de générer
la capacité de gérer son quotidien à savoir : manger, boire, se soigner... l'Homme a été
contraint d'inventer un être supérieur afin d'assurer sa vie. C'est dans cette optique que
Feuerbach déclare : << L'homme pauvre crée un Dieu riche.>>
Argument 3:
Sujet : Dieu s'éprouve-t-il ?
I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :

Sujet : Peut-on concevoir une liberté sans loi ?


I) Compréhension du sujet :
1) Explication des concepts :
* Concevoir : admettre, imaginer, penser...
* Une liberté : C'est le fait de faire ce que l'on veut. C'est aussi le respect des lois.
* Sans lois: Sans contrainte extérieure.
2) Reformulation du sujet : Être libre est-ce faire ce que l'on veut ?
3) Thème : La liberté.
4) Problème posé : Nature de la liberté.
5) Problématique : En quoi serait-il possible de dire qu'on peut concevoir une liberté sans loi ?
Ne faut-il pas plutôt obéir pour être libre ?
6) Position du sujet : On peut concevoir une liberté sans loi.
Introduction :
De toutes les choses, la liberté paraît aussi la plus précieuse parmi tant aspirées par l'Homme.
Mais, chercher à déterminer sa nature, une opinion s'annonce qu'on peut concevoir une liberté
sans loi. Or, ce point de vue n'est pas partagé par tous. En quoi serait-il possible de dire qu'on
peut concevoir une liberté sans loi ? Ne faut-il pas plutôt obéir pour être libre ?
Il) Discussion :
A) Thèse : On peut concevoir une liberté sans loi.
Argument 1: Par nature la liberté est l'expression même de la volonté du sujet, c'est-à-dire le
pouvoir d'affirmer ou de nier, de dire oui ou non. Autrement dit, l'Homme libre c'est celui qui
n'est ni esclave ni prisonnier. C'est dans cette perspective que Descartes affirme : << (...) Ne
recevoir aucune chose pour vrai que je la connusse évidemment être telle.>>
Argument 2: Un Homme libre est celui qui ne reçoit les ordres de personne, se meut en
conformité avec les exigences ou les commandes de son moi. Cela sous-entend que la liberté
est l'obéissance à la raison, à sa volonté propre. C'est à juste titre que Emmanuel Kant
illustrait : << La liberté est une propriété de la volonté de tous les êtres raisonnables.>>
Argument 3: La liberté découle du choix qui est un acte libre du sujet. Ce qui signifie que
l'Homme libre ne doit obéir à aucune autorité quelle qu'elle soit. Ainsi, la liberté consiste à être
maître et propriétaire de soi. C'est dans cet ordre d'idées que Jean Paul Sartre écrit : << Je suis
condamné à être libre, cela signifie qu'on ne saurait trouver à ma liberté aucune limite qu'elle-
même.>> L'Etre et le Néant.

B) Antithèse : On ne doit pas toujours concevoir une liberté sans loi.


Argument 1: Si la liberté se définit sérieusement comme obéissance aux lois, l'Homme libre
serait à cet effet celui qui est soumis aux lois. Cette liberté est une véritable liberté, celle qui
inspire la dignité à l'Homme. C'est dans ce droit fil d'idées que Rousseau déclare : << Il n' y a
donc point de liberté sans lois, ni ou quelqu'un est au-dessus des lois.>> Lettres écrites sur la
montagne.
Argument 2: La liberté est la conformité aux lois naturelles, c'est-à-dire à l'ordre du monde.
Selon Rousseau, dans une cité organisée, seule l'obéissance aux lois étatiques peut garantir la
liberté. Car ajoute-t-il : << L'obéissance à des lois qu'on s'est prescrites est liberté.>> Du
contrat social
Argument 3: l'Homme n'est libre que lorsqu'il respecte les lois qui régissent les différents
phénomènes naturels. C'est dire que la liberté consiste dans la connaissance des lois de la
nature. A ce propos Épictète déclare : << Il ne faut pas vouloir que les choses arrivent comme
tu les veux, mais Il faut les vouloir comme elles arrivent.>>
C) Synthèse : La liberté est à la fois l'expression de la volonté et l'obéissance des lois.
III) Conclusion :
Au terme de notre travail, Il se dégage de cette étude que la liberté est synonyme de volonté,
en ce sens qu'elle suppose l'autonomie, donc l'absence de contrainte. Cependant, cet aspect
conduit l'Homme éternellement à l'état de nature. Par conséquent, l'Homme ne retrouve sa
dignité que quand il est en harmonie avec les lois. A notre humble avis, la liberté c'est
l'obéissance à la loi.

Seconde partie: Sujets du commentaire de texte philosophique.


Thème II : LES RAPPORTS DE L'HOMME AVEC LE MONDE.
Sujet : Commentaire de texte.
Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
Le corps en effet occupe de mille façons notre activité, à propos de l'obligation à l'entretenir ;
sans compter que, si des maladies surviennent, elles sont des entraves à notre chasse au réel.
D'un autre côté, voici des amours, des désirs, des craintes, des simulacres de tout sorte, des
billevesées sans nombre : de tout cela nous il nous emplit si bien que, à en parler franchement,
il ne fait naître en nous la pensée réelle de rien. En effet, guerres, dissensions, batailles, rien
d'autres ne nous vaut tout cela que le corps et les désirs de celui-ci ; c'est à cause de la
possession des richesses que se produisent toutes les guerres, et, si nous sommes obligés de
posséder des richesses, c'est à cause du corps, esclaves prêts à le servir.
C'est de lui encore que, à cause de tout cela, procède notre paresse à philosopher ; mais, ce
qui est le comble absolument, nous arrive-t-il même d'avoir, de sa part, quelque répit et de
nous tourner vers l'examen réfléchi de quelque question, alors, tombant à son tour
inopinément en plein dans nos recherches, il y produit tumulte et perturbation, nous
étourdissant au point de nous rendre incapables d'apercevoir le vrai. Eh bien ! C'est au
contraire, pour nous chose prouvée que, si nous devons jamais avoir une pure connaissance
de quoi que ce soit, Il faut nous séparer de lui, et, avec l'âme en elle-même, contempler les
choses en elles-mêmes.
Platon, Le Phédon, Paris, Gallimard, 1950, pp. 117-118.

I) Compréhension du texte :
1) Situation :
* Auteur : Platon, philosophe grec de l'Antiquité.
* Ouvrage : Le Phédon, Paris, Gallimard, 1950, pp. 117-118.
* Thème: Conscience-corps.
* Problème posé: Rapports conscience-corps
* Thèse de l'auteur : Le corps est un obstacle pour l'âme.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Étude ordonnée :
Première partie : << Le corps en effet... esclaves prêts à le servir.>>
* Idée générale : Par ses besoins et ses désirs le corps ne saurait rendre l'âme heureuse.
Seconde partie : « c'est de lui… en elles-mêmes.»
* Idée générale : L'âme ne peut vivre mieux qu'une fois séparer du corps. Car dit-il : «… l'âme ne
raisonne jamais mieux que quand rien ne la trouble …»
2- Intérêt philosophique :
* La portée philosophique : A travers ce texte nous retenons avec Platon que le corps est un
obstacle pour l'âme.
* Problématique : Doit-on dissocier la conscience du corps ?
III- Discussion :
1- Thèse : le corps est un malheur pour l'âme.
Devoir rédigé :

Le texte soumis à notre analyse est de Platon, philosophe grec de l'Antiquité ; texte extrait de
son ouvrage intitulé : Le Phédon, Paris, Gallimard,1950, pp.117-118. Dans ce texte qui parle de
la conscience-corps et aborde le problème de leurs rapports, l'auteur pense que le corps est
un obstacle pour l'âme. Une idée qu'il laisse entendre à partir de deux parties : lesquelles
feront l'objet de notre étude ordonnée avant d'aborder l'intérêt philosophique.

Dans ce texte où Platon parle de la conscience-corps, son idée est divisée en deux parties. La
première va de : << Le corps en effet..., esclaves prêts à le servir.>> Dans cette partie, l'auteur
pense que par ses besoins et ses désirs le corps ne saurait rendre l'âme heureuse. La seconde
partie débute de : << C'est de lui encore que,... les choses en elles-mêmes.>> Ici Platon stipule
que l'âme ne peut vivre mieux qu'une fois séparer du corps. Car dit-il : << ... L'âme ne raisonne
jamais mieux que quand rien ne la trouble.>> A travers ce texte nous retenons avec Platon que
le corps est un obstacle pour l'âme.
Ainsi, doit-on dissocier la conscience du corps ?
Pour cela, nous pouvons affirmer que le corps est un malheur pour l'âme. En effet, la
conscience est une réalité métaphysique innée. Pour accéder à la connaissance, elle n'a pas
besoin d'être en contact avec le monde extérieur. Cela signifie qu'il est impossible possible
d'associer l'âme avec le corps lorsqu'il s'agit de rechercher la vérité. C'est ainsi que Platon
écrit : << Le corps gêne l'âme dans la poursuite de la vérité ; pour voir le bon en soi ; le beau en
soi et toutes essences ; le corps constitue un obstacle.>>
Ensuite, l'âme et le corps sont distincts du point de vue de leur nature. Par l'âme, l'Homme
peut aussi opérer sans la participation du corps parce que l'Homme doit son existence grâce à
son âme. Ainsi, Descartes affirme : << Ce moi, c'est-à-dire l'âme par laquelle je suis ce que je
suis est entièrement distincte du corps et d'ailleurs elle est plus aisée à connaître que lui.>>
Cependant, le corps n'est pas toujours un malheur pour l'âme.
D'abord, l'Homme est indivisible, de la sorte, il paraît insensé que de vouloir séparer l'âme du
corps. L'homme est une chair en mouvement, c'est-à-dire un corps animé. Dans cette optique
Merleau PONTY déclare : << Notre siècle a effacé la ligne de partage du corps et de l'esprit et
voit la vie humaine comme à la fois spirituelle et corporelle de part en part.>> Signes, p. 281.
Enfin, l'âme et le corps sont unis et on ne saurait les séparer sans perdre l'Homme lui-même.
Autrement dit, on ne peut imaginer un corps sans âme et une âme sans corps. L'âme est
toujours logée dans un corps. C'est ainsi que Descartes écrit : << Je ne suis pas seulement
logé dans mon corps ainsi qu'un pilote en son navire, mais outre cela que je lui suis conjoint
très étroitement et tellement confondu et mêlé que je compose comme un seul tout avec
lui.>>

En définitive, ce texte de Platon nous a permis d'étudier les rapports entre l'âme et le corps. Il
se passe de notre commentaire que ce problème divise les esprits. Les uns estiment que le
corps est un malheur pour l'âme et d'autres par contre pensent que ces deux entités sont
unies. Ainsi, nous affirmons de notre part que ce texte est instructif, car il permet de
comprendre que le corps n'est pas au service de l'âme.
Sujet : Commentaire de texte.
Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.

" Par ma nature en particulier, je n'entends autre chose que la complexion ou l'assemblage de
toutes les choses que Dieu m'a données. Or il n'y a rien que cette nature m'enseigne plus
expressément, ni plus sensiblement, sinon que j'ai un corps qui est mal disposé quand je
sens de la douleur, qui a besoin de manger ou de boire, quand j'ai le sentiment de la faim ou
de la soif, etc. Et partant je ne dois aucunement douter qu'il y ait en cela quelque vérité. La
nature m'enseigne aussi par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, etc., que je ne suis
pas seulement logé dans mon corps, ainsi qu'un pilote en son navire, mais, outre cela, que je
lui suis conjoint très étroitement, et tellement confondu et mêlé, que je compose un seul tout
avec lui. Car si cela n'était pas lorsque mon cœur est blessé, je ne sentirais pour cela de la
douleur, moi qui ne suis qu'une chose qui pense, mais j'apercevrais cette blessure par le seul
entendement, comme un pilote aperçoit par la vue si quelque chose se rompt dans son
vaisseau. Et lorsque mon corps a besoin de boire ou de manger, je connaîtrais simplement
cela même, sans en être averti par des sentiments confus de faim et de soif. Car en effet tous
ces sentiments de faim, de soif, de douleur, etc., ne sont autre chose que de certaines façons
confuses de penser, qui proviennent et dépendent de l'union et comme du mélange de l'esprit
avec le corps."
René Descartes, Méditations métaphysiques, p. 78, Vrin
I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur: René Descartes, philosophe français du XVII° siècle.
* Ouvrage: Méditations métaphysiques, p.78, Vrin
* Thème: Conscience-corps.
* Problème posé: Rapports conscience-corps.
* Thèse de l'auteur : L'homme est à la fois corps et esprit.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Étude ordonnée :
Première partie: << Par ma nature... de faim et de soif.>>
* Idée générale : Lorsque le corps est touché, il y a vite des répercutions dans l'âme.
Seconde partie : << Car en effet... l'esprit avec le corps.>>
* Idée générale : En l'Homme ces deux entités sont unies.
2- Intérêt philosophique : A travers ce texte nous retenons avec René Descartes que l'Homme
est à la fois corps et esprit.
* Problématique : Doit-on associer la conscience du corps ?
III- Discussion : ( Confère sujet précédent.)

Sujet : Commentaire de texte.


Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
<< Quiconque s'est fait du corps une représentation tant soit peu exacte des nombreux
systèmes qui collaborent, de tout ce qui s'y fait en solidarité ou en hostilité réciproque, de
l'extrême subtilité des compromis qui s'y établissent, etc. jugera que toute espèce de
conscience est pauvre et étroite en comparaison. (...) ce dont nous avons conscience, que
c'est peu de chose ! A combien d'erreur et de confusion ce peu de conscient nous mène. C'est
que la conscience n'est qu'un instrument ; et en égard à toutes les grandes choses qui
s'opèrent dans l'inconscient, elle n'est, parmi les instruments, ni le plus nécessaire ni le plus
admirable, au contraire Il n'y a peut-être pas d'organe aussi mal développé, aucun qui travaille
si mal de toutes les façons : C'est en effet le dernier venu parmi les organes, un organe encore
enfant-pardonnons lui ses enfantillages. ( Parmi ceux-ci, à côté de beaucoup d'autres, la
morale, qui est la somme des jugements de valeur antérieurs, relatifs aux actions et aux
pensées humaines). Il nous faut donc renverser la hiérarchie: tout le conscient >> est
d'importance secondaire ; du fait qu'il nous est proche, plus intime, ce n'est pas une raison, du
moins pas une raison morale, pour l'estimer plus haut. Confondre la proximité avec
l'importance, c'est là justement notre vieux préjugé >>.
Nietzsche ; la volonté de puissance, tome 1, page 269, NRF
I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Nietzsche, philosophe allemand du XIX° siècle.
* Ouvrage: La volonté de puissance, tome 1, page 269, NRF
* Thème : Conscience-corps.
* Problème posé : Rapports conscience-corps.
* Thèse de l'auteur : Le corps est supérieur à l'âme.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :
Première partie: << Quiconque s'est fait... aux pensées humaines.>>
* Idée générale : La conscience est potentiellement inutile.
Seconde partie: << Il nous faut... notre vieux préjugé.>>
* Idée générale : La conscience est un épiphénomène. Car dit-il : << La vie toute entière serait
possible sans pour autant se voir réfléchir (...). D'ailleurs, la conscience est superflue.>> Gaie
et savoir
2- Intérêt philosophique: A travers ce texte, nous avons compris que pour Nietzsche le corps
est supérieur à l'âme.
* Problématique: Le corps est-il plus essentiel que l'âme?
III- Discussion :
1- Thèse : le corps est nécessaire que l'âme.
Argument 1: La conscience est potentiellement inutile. Cela s'explique du fait que la plus part
de nos gestes, actes, actions et phénomènes se produisent indépendamment de la
conscience. C'est ainsi que Nietzsche écrit : << Nous pourrions agir dans toutes les acceptions
du terme, sans avoir conscience de tout cela.>> Gaie et savoir
Argument 2: L'âme est subordonnée au corps. Elle se forme en fonction des conditions
sociales dans lesquelles vit l'Homme. Dans cette logique Karl MARX affirme : << Ce n'est pas
la conscience des hommes qui détermine leur être ; c'est inversement leur être social qui
détermine leur conscience.>>
2- Antithèse : L'âme est plus utile que le corps.
Argument 1: La conscience ou l'âme est une substance immatérielle qui relève les réalités du
monde intelligible. Pour exister, elle n'a pas besoin du corps qui est une simple substance
périssable. Voilà pourquoi dans son poème Des vers d'ors, Pythagore considère le corps
comme un simple tombeau de l'âme qui nous conduit à la conclusion.
Argument 2: Le corps est plutôt un frein, une entrave, un malheur pour la vie de l'Homme.
Autrement dit, le corps par ses besoins et ses désirs ne saurait rendre l'âme heureuse ; bien au
contraire il ne sait que la détourner du chemin de la vérité. À ce sujet Platon écrit : «… l'âme ne
raisonne jamais mieux que quand rien ne la trouble…»

Sujet : Commentaire de texte.


Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.

Je viens de faire un geste maladroit ou vulgaire : ce geste colle à moi, je ne le juge ni le blâme,
je le vis simplement, je le réalise sur le mode du pour-soi. Mais, voici tout à coup que je lève la
tête : quelqu'un était là et m'a vu. Je réalise tout à coup la vulgarité de mon geste et j'ai honte.
Il est certain que ma honte n'est pas réflexive, car la présence d'autrui à ma conscience, fut-ce
à la manière d'un catalyseur, est incompatible avec l'attitude réflexive : dans le champ de ma
réflexion je ne puis jamais rencontrer que la conscience qui est mienne. Or autrui est le
médiateur indispensable entre moi et moi-même : j'ai honte de moi tel que j'apparais à autrui.
Et, par l'apparition même d'autrui, je suis mis en mesure de porter un jugement sur moi-même
comme sur un objet, car c'est comme objet que j'apparais à autrui. Mais pourtant cet objet
apparu à autrui, ce n'est une vaine image dans l'esprit d'un autre. Cette image en effet serait
entièrement imputable à autrui et ne saurait me toucher. Je pourrais ressentir de l'agacement,
de la colère en face d'elle, comme devant un mauvais portrait de moi, qui me prête une laideur
ou une bassesse d'expression que n'ai pas ; mais je ne saurais être atteint jusqu'aux moelles :
la honte est, par nature reconnaissance. Je reconnais que je suis comme autrui me voit.
Jean Paul Sartre, L'Etre et le Néant, édition Gallimard, coll. << tel >>, 1976, pp.265-266

I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Jean Paul Sartre, philosophe français du XX° siècle.
* Ouvrage : L'Etre et le Néant, édition Gallimard, coll. << tel >>, 1976, pp.265-266
* Thème: Autrui
* Problème posé: Rapports du moi à autrui.
* Thèse de l'auteur: Autrui comme médiateur indispensable entre moi et moi-même.
* Structure du texte: Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :
Première partie: << Je viens de faire... la conscience qui est mienne.>>
Idée générale : La présence d'autrui constitue un obstacle à ma liberté. Car dit-il : << L'enfer
c'est les autres.>>
Seconde patrie : << Or autrui est le médiateur... comme autrui me voit>>.
Idée générale : Autrui comme un miroir à travers lequel nos consciences se communiquent.
2- Intérêt philosophique : A travers ce texte nous retenons avec Jean Paul Sartre que autrui est
un médiateur indispensable entre moi et moi-même.
* Problématique : La présence des autres est-elle indispensable ?

Devoir rédigé :
Ce texte soumis à notre étude est de Jean Paul Sartre, philosophe français du XX°; Il est
extrait dans son ouvrage L'Etre et Néant, édition Gallimard, coll. << tel >>, 1976, pp.265-266.
Dans ce texte l'auteur nous parle d'autrui, et aborde le problème du rapport entre moi à autrui.
Il se dégage dans ce texte l'idée selon laquelle autrui est un médiateur indispensable entre moi
et moi-même. Il est divisé en deux parties, c'est à partir de son étude ordonnée que nous
dégagerons l'intérêt philosophique de ce texte.

Pour défendre sa thèse selon laquelle autrui est comme médiateur indispensable entre moi et
moi-même, Jean Paul Sartre développe deux parties. La première va de : << Je viens de faire...
la conscience qui est mienne.>> Dans cette partie l'auteur pense que la présence d'autrui
constitue un obstacle à ma liberté. Car pense-t-il : << L'enfer c'est les autres >>. La seconde
commence de : << Or autrui est le médiateur... comme autrui me voit>>. Ici, Sartre stipule que
autrui est comme un miroir à travers lequel nos consciences se communiquent. Ainsi, la
présence d'autrui est-elle indispensable ?
Pour cela, il semble que la présence d'autrui est indispensable. En effet, c'est la présence des
autres qui fait de moi un homme parmi tant d'autre, puisque l'Homme c'est aussi tous les
autres, c'est-à-dire que l'existence de l'Homme n'a de sens que par rapport à celle des autres.
C'est ainsi que Jacques Roumain écrit : << Chacun est le carrefour de l'autre.>> Gouverneur de
la rosée
Ensuite, en vivant avec les autres, nous-nous entraidons et assumons ensemble nos
responsabilités. En d'autres termes, l'autre donne à mon être une signification. Car, il me
révèle ce que je suis véritablement et par là, j'affirme mon épanouissement. Fort persuadé de
ces propos David Hume écrit : << Quand chaque individu travaille isolement et seulement pour
lui-même, ses forces sont trop faibles pour exécuter une œuvre importante.>>
Pourtant, comme nous venons de le démonter, autrui est un médiateur indispensable entre
moi et moi-même. Cependant, soutenir de tels propos c'est tourner le dos à la réalité, car
autrui demeure un frein pour moi.
D'abord, la vie avec autrui est un danger, une menace sur ma propre personne. Car, mon
existence seule compte, les autres ne peuvent rien faire pour moi à cause de leur méchanceté,
leur égoïsme voire même surestimation de leur égo qui étouffent l'unicité de mon être. Voilà
pourquoi Max Stirner affirme : << Je ne dois baser ma cause sur rien, (...) moi seul j'ai un corps
et j'en suis l'unique gérant.>> L'unique et sa propriété
Enfin, l'Homme est par nature méchant, égoïste et ne poursuit que ses propres intérêts. Sa
préoccupation essentielle est de me dominer, d'être supérieur à moi. Cette manière de vivre
nous place dans un climat de méfiance, de refus de l'autre et installe la solitude ou l'isolement.
A ce sujet Nietzsche écrit : << Vivre, c'est essentiellement dépouiller, violenter le faible (...),
l'exploiter.>>

Somme toute, ce texte de Jean Paul Sartre nous a permis de plancher sur les rapports du moi
à autrui. Toutefois, ce problème exclut l'unanimité des philosophes, car d'aucuns estiment que
la présence des autres est indispensable, d'autres par contre pensent que la présence des
autres constitue un obstacle. De notre part, nous pensons que ce texte est d'une importance
capitale, car il nous enseigne que autrui est un miroir par lequel je me mire.

Sujet : Commentaire de texte.


Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
Je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait
nécessairement que moi qui le pensais fusse quelque chose ; et remarquant que cette vérité :
je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes
suppositions des sceptiques ne pouvaient l'ébranler, je jugeais que je pouvais la recevoir sans
scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchais.
Puis, examinant avec attention ce que j'étais, et voyant que je pouvais feindre que je n'avais
aucun corps et qu'il n'y avait aucun monde ni aucun lieu où je fusse, mais que je ne pouvais
pas feindre pour cela que je n'étais point, et qu'au contraire, de cela même que je pensais à
douter de la vérité des autres choses, il fallait très évidemment et très certainement que j'étais,
au lieu que, j'eusse seulement cessé de penser, encore que tout le reste de ce que je n'avais
jamais imaginé eût été vrai, je n'avais aucune raison de croire que j'eusse été, je connu de là
que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser, et qui pour
être n'a besoin d'aucun lieu, ni ne dépend d'aucune chose matérielle.
René Descartes, Discours de la méthode, IV° partie.
I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : René Descartes, philosophe français du XVII° siècle.
* Ouvrage : Discours de la méthode, IV° partie.
* Thème : La conscience.
* Problème posé : Nature de la conscience.
* Thèse de l'auteur : La conscience est essentiellement intériorité.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :
Première partie : << Je pris garde que,... que je cherchais.>>
* Idée générale : La pensée est l'attribut véritable de l'Homme, le fondement même du savoir et
de l'existence humaine. Car dit-il : << Je pense, donc je suis.>>
Seconde partie: << Puis, examinant avec... n'est que de penser.>>
* Idée générale : La conscience se suffit à elle-même et refuse toute transcendance.
2- Intérêt philosophique : A travers ce texte nous retenons avec Descartes que la conscience
est essentiellement intériorité.
* Problématique : La conscience est-elle Introvertie ?
III- Discussion :
1- Thèse : la conscience est insulaire.
• Argument 1: La conscience est une entité qui se suffit à elle-même. Elle est le seul objet d'un
savoir qui s'identifie au sujet de la connaissance, la seule réalité où penser et être fassent un
dans la parfaite identité et transparence. C'est aussi l'acte par lequel le sujet rompt avec toute
extériorité, se replie sur lui-même et se connaît comme pensée pure. C'est dans cette
perspective que Descartes déclare : << Je connu de là que j'étais une substance dont toute
l'essence ou la nature n'est que de penser, et qui pour être n'a besoin d'aucun lieu, ni ne
dépend d'aucune chose matérielle.>>
• Argument 2: La conscience est un savoir immédiat de soi-même. Car, la conscience effectue
le savoir indépendamment de tout contenu sur lequel porte ce savoir. C'est dans cette logique
que Alain écrit : << La conscience est le savoir revenant sur lui-même et prenant pour centre la
personne humaine elle-même, qui se met en demeure de décider et de se juger.>>
2- Antithèse : La conscience est extravertie.
• Argument 1: La conscience est une transcendance vers un mouvement, vers une autre chose
qu'elle-même. Elle est essentiellement intentionnelle, parce que cette dernière est toujours
visée d'autres choses qu'elle-même. A ce propos Husserl écrit: << Toute conscience est
conscience de quelque chose.>>
• Argument 2: La conscience n'est pas repliée sur elle-même, elle est inversement une visée,
une intention, car elle se rapporte toujours à quelque chose. C'est ainsi que Husserl ajoute : <<
Le mot intentionnalité est cette particularité foncière et générale qu'a la conscience d'être
conscience de quelque chose de porter en sa qualité de cogito un cogitum en elle-même.>>
Méditations cartésiennes
Thème III : LA LOGIQUE ET LA CONNAISSANCE.
Sujet: Commentaire de texte.
Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
Il n'est pas douteux que toutes nos connaissances ne commencent avec l'expérience; car par
quoi la faculté de connaître serait-elle appelée à s'exercer, si elle ne l'était point par des objets
qui frappent nos sens et qui, d'un côté, produisent d'eux-mêmes des représentations, et, de
l'autre, excitent notre activité intellectuelle à les composer, à les unir ou à les séparer, et à
mettre ainsi en œuvre la matière brute des impressions sensibles pour en former cette
connaissance des objets qui s'appelle l'expérience ? Aucune connaissance ne précède
l'expérience et toutes commencent avec elle.
Mais si toutes nos connaissances commencent avec l'expérience, il n' en résulte pas qu'elles
dérivent toutes de l'expérience. En effet, il se pourrait bien que notre connaissance
expérimentale elle-même fut un assemblage composé de ce que nous recevons par des
impressions, et de ce que notre propre faculté de connaître tirerait à l'occasion de ces
impressions sensibles, quoique nous ne fussions capables de distinguer cette addition d'avec
la matière première que quand un long exercice nous aurait appris à y appliquer notre
attention et à les séparer l'une de l'autre.
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, p.37

I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Emmanuel Kant, philosophe allemand du XIX° siècle.
* Ouvrage : Critique de la raison pure, p.37.
* Thème : La connaissance.
* Problème posé : L'origine de la connaissance.
* Thèse de l'auteur : La connaissance découle de l'action conjuguée entre l'entendement et la
sensibilité.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :

Première partie : << Il n'est pas douteux... commencent avec elle.>>


* Idée générale : Le premier point de l'origine de la connaissance est l'expérience, c'est-à-dire
les données de la sensation.
Seconde partie : « Mais si toutes nos connaissances... l'une de l'autre.>>
* Idée générale : La connaissance a pour sources la raison.

2- Intérêt philosophique : A travers ce texte nous avons compris que pour Kant, la
connaissance découle de l'action conjuguée entre l'entendement et la sensibilité.
* Problématique : L'impression garantit-elle la connaissance ?
* Discussion :
* Thèse : l'expérience garantit la connaissance.

• Argument 1: Le cerveau de l'Homme est à la naissance comme une feuille blanche sur
laquelle rien n'est écrit. C'est seulement par le contact avec le monde ambiant que l'Homme
acquière des connaissances. C'est ainsi que John Locke écrit : << La sensation est le principe
de la connaissance et la science est entièrement dérivée d'elle.>>
• Argument 2: Aucune connaissance n'est innée. Toutes proviennent de la succession des
expériences ou habitudes. David Hume pense que c'est l'habitude qui me donne l'idée de l'effet
quand je vois la cause. Car dit-il : << C'est donc en vain que nous prétendons déterminer un
seul événement pour conclure une cause ou un effet sans l'aide de l'observation, ni de
l'expérience.>>
• Antithèse : La connaissance dérive de la raison.
• Argument 1: La connaissance est l'action de se ressouvenir ou de se rappeler de ce que
l'âme avait contemplé dans le monde des idées et qu'elle a oublié en s'incarnant dans le corps.
Voilà pourquoi Platon pense que connaître et apprendre ne signifient point découvrir mais
redécouvrir.
• Argument 2: Il existe dans l'esprit, les idées innées, indépendantes de toute expérience et
fondatrice du savoir. C'est ainsi que Descartes illustrait : << L'intelligence seule peut percevoir
la vérité.>>
• Synthèse : La connaissance découle à la fois de l'expérience et de la raison.
• Argument : Dans le procès cognitif, la sensibilité est la faculté de connaître par intuition et
l'entendement est la faculté de connaître par concept. C'est dans ce contexte que Emmanuel
Kant affirme : << Les intuitions sans concepts sont aveugles et des concepts sans intuitions
sont vides.>>

Sujet : Commentaire de texte.


Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
Il n'y a rien dans l'intelligence qui n'est été auparavant dans les sens, c'est-à-dire dans les
organes sensoriels et la mémoire. Or aucune qualité sensible ou sensation ne se trouve dans
les organes ou dans la mémoire sans qu'elle provienne des choses sensibles ou corporelles ;
donc il y' a aucune intelligence et aucune représentation sans archétype perceptible par les
sens. C'est pourquoi pour la connaissance des esprits et des choses incorporelles, il faut se
garer de confondre la représentation avec l'objet visé ou archétype, car dans ce cas la
représentation est corporelle mais l'objet visé est incorporel. Sont synonymes du mot idée : la
notion, le concept, la connaissance, la conscience logique, l'intellect. La conscience logique
est elle-même une sensation réactivée ou un ensemble de "faits" qui restent dans les organes
sensoriels et la mémoire. L'ignorance qui la précède et qui la suit consiste en l'absence de
sensation provenant des organes sensoriels et de la mémoire. Or l'ignorance est le contraire
de la conscience à laquelle elle s'oppose. Donc la conscience consiste en une sensation
présente dans les organes sensoriels et la mémoire.
Antoine-Guillaume Amo, De l'art de philosopher avec sobriété et précision, I° partie, chap. II.
I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Antoine-Guillaume Amo, philosophe français.
* Ouvrage : De l'art de philosopher avec sobriété et précision, I° partie, chap. II.
* Thème : La connaissance.
* Problème posé : L'origine ou les sources de la connaissance.
* Thèse de l'auteur : La connaissance découle de l'expérience.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :
Première partie : << Il n'y a... visé est incorporel.>>
* Idée générale : il n'y a pas de connaissance en dehors de l'expérience sensible.
Seconde partie : << Sont synonymes du... sensoriels et la mémoire.>>
* Idée générale : la connaissance s'acquiert par le biais de l'expérience sensible.
2- Intérêt philosophique : A travers ce texte nous retenons avec Antoine-Guillaume que la
connaissance découle de l'expérience.
* Problématique : La sensation suffit-elle pour assurer la connaissance ?
* Discussion : (Confère le sujet précédent).

Thème IV : LES RAPPORTS ENTRE LA NATURE ET LA CULTURE.


Sujet : Commentaire de texte.
Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
L'ouvrier devient autant plus pauvre qu'il produit plus de richesse, que sa production croît en
puissance et en volume. L'ouvrier devient une marchandise d'autant plus vile qu'il crée plus de
marchandises. La dépréciation du monde des hommes augmente en raison directe de la mise
en valeur du monde des choses. Le travail ne produit pas que des marchandises ; il se produit
lui-même et produit en tant que marchandise, et cela dans la mesure où il produit des
marchandises en général.
Ce fait n'exprime rien d'autre que ceci : l'objet que le travail produit, l'affronte comme un être
étranger, comme une puissance indépendante du producteur. Le produit du travail est le
travail qui s'est fixé, concrétisé dans un objet, il est l'objectivation du travail. L'actualisation du
travail est son objectivation. Au stade de l'économie, cette actualisation du travail apparaît
comme la perte de l'ouvrier de sa réalité, l'objectivation comme la perte de l'objet ou
l'asservissement à celui-ci, l'appropriation comme l'aliénation, le dessaisissement.
Karl Marx, Manuscrits de 1844, Editions sociales, Paris 1972, p.57.

I-Compréhension du texte:
1- Situation:
* Auteur: Karl Marx, philosophe allemand du XIX° siècle.
* Ouvrage : Manuscrits de 1844, Editions sociales, Paris 1972, p.57.
* Thème : Le travail.
* Problème posé : Nature et fonction du travail.
* Thèse de l'auteur : Le travail est source d'aliénation et de servitude pour l'Homme.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :
Première partie : << L'ouvrier devient autant... marchandises en général.>>
* Idée générale : Le travail comme une sorte d'esclavagisme et de soumission pour l'ouvrier.
Seconde partie : << Ce fait n'exprime... l'aliénation, le dessaisissement.>>
* Idée générale : Le travail de l'ouvrier dans la société capitaliste moderne est facteur
d'aliénation et d'exploitation de l'homme par l'homme.
* Problématique : Le travail est-il une servitude ?
* Discussion :
* Thèse : le travail est un châtiment.
• Argument 1: Le travail évoque l'idée de punition et du malheur. Ayant désobéit à la loi parfaite
de Dieu, l'Homme a été contraint au travail, car il ne possédait rien d'autre que celui-ci. Ainsi,
nous pouvons lire dans le livre de Genèse 3 : 19 ce qui suit: << Tu mangeras ton pain à la sueur
de ton front.>>
• Argument 2: En travaillant, l'ouvrier vend sa force physique et intellectuelle et il est soumis à
la loi de l'offre et de la demande. C'est ainsi que Karl Marx écrit : << Le royaume de la liberté
commence seulement là où on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposées de
l'extérieur.>> Le capital
* Antithèse : Le travail est une source de libération.
• Argument 1: Le travail est l'acte par lequel l'homme produit ses biens matériels d'existence et
par là il se modifie lui-même. Autrement dit, c'est par le travail que l'Homme acquière son
indépendance vis-a-vis de la nature. C'est dans cette condition que Georges Bataille écrit : <<
Le travail est la voie de la conscience par laquelle l'homme est sorti de l'animalité.>>
Ésotérisme
• Argument 2: Le travail crée l'homme en le libérant des emprises de la nature. Il est par là
considéré comme le premier acte qui procure le bonheur à l'homme. A ce sujet André Gide
écrit : << La première condition du bonheur est que l'homme puisse trouver sa joie du travail.>>
Journal du 04 Août 1935
* Synthèse : Ambivalence du travail.
• Argument : Le travail est une activité qui aliène et libère l'homme. Il est donc un mal
nécessaire. C'est dans ce contexte que Saint Exupéry affirme : << Le travail peut être source
d'humiliation et de grandeur.>>

Sujet : Commentaire de texte.


Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.

<< Au XVIII° siècle, dans l'athéisme des philosophes, la notion de Dieu est supprimée, mais
non pas pour autant l'idée que l'essence précède l'existence. Cette idée, nous la retrouvons un
peu partout : nous la retrouvons chez Diderot, chez Voltaire, et même chez Kant. L'homme est
possesseur d'une nature humaine, qui est le concept humain ; se retrouve chez tous les
hommes, ce qui signifie que chaque homme est un exemple particulier d'un concept universel,
l'homme ; (...). Ainsi, là encore, l'essence de l'homme précède cette existence historique que
nous rencontrons dans la nature.
L'existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n'existe pas,
il y a au moins un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de
pouvoir être par aucun concept, et que cet être c'est l'homme ou, comme dit Heidegger, la
réalité humaine. Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence? Cela signifie que
l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme,
tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Ainsi,
il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir.>>
Jean Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme.
I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Jean Paul Sartre, philosophe français du XX° siècle.
* Ouvrage : L'existentialisme est un humanisme.
Thème : Nature et culture.
* Problème posé : La nature humaine.
* Thèse de l'auteur : l'Homme est un être culturel.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :
Première partie : << Au XVIII° siècle... dans la nature.>>
* Idée générale : Le naturel détermine l'Homme.
Seconde partie : << L'existentialisme athée... pour la concevoir.>>
* Idée générale : La nature humaine est un mythe.
* Problématique : La nature humaine est-elle une fiction ?
* Discussion :
* Thèse : La nature humaine est une simple imagination.
• Argument 1: En tant qu'être doué de raison, l'homme crée lui-même son idéal, ses valeurs. Il
n'est autre que ce qu'il fait. Donc, l'idée d'une nature humaine est une simple illusion, en ce
sens que l'Homme est le produit de son travail. C'est ainsi que Jean Paul Sartre déclare : << Il
n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir.>>
• Argument 2: l'Homme est un être culturel, car c'est par les activités de la culture qu'il se
réalise, se donne une nature spécifique. C'est pour autant dire que la culture est la seule
déterminisme essentielle pour caractériser l'Homme. C'est dans cette optique que Georges
Bataille écrit : << l'homme est un animal qui n'accepte pas simplement les données naturelles,
mais qui les nie.>>
• Antithèse : la nature humaine est une réalité.
• Argument 1: l'Homme est toujours soumis à des affections qui déterminent la nature
humaine, à l'instar la pitié, la colère, la haine, les désirs, l'envie, la joie... Lesquelles affections
constituent des propriétés de sa nature, influençant également son comportement. Raison
pour laquelle Baruch Spinoza écrit : << Qu'il soit sage ou insensé, l'Homme est toujours une
partie de la nature.>> Traité théologico-politique, G-F Flammarion, Paris 1966 p.44.
• Argument 2: Le comportement de l'Homme et son agir dépendent impérativement de sa
nature, c'est-à-dire ils sont inscrits dans ses dispositions biologiques dès la naissance. C'est
ainsi que Charles Darwin affirme : << L'homme est le produit d'un processus naturel, de lois
physiques, au même titre que tout le règne du vivant>> L'origine des espèces, 1856.

Thème V: LES CONCEPTIONS PHILOSOPHIQUES DE L'HISTOIRE.


Sujet : Commentaire de texte.
Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
<< L'histoire a un sens : elle n'est pas une suite chaotique d'évènements, elle n'est pas une
série d'accidents dûs au seul hasard, elle n'est pas le désordre des actions individuelles qui
vont dans toutes les directions. L'histoire est, comme l'univers matériel, rationnelle : de même
que le désordre apparent du mouvement des planètes est en réalité réglé, de même l'histoire,
malgré l'apparence de l'extrême complexité et de l'extrême enchevêtrement des évènements,
est comme la réalisation d'un plan. Mais de même que ni le soleil, ni les planètes n'ont
conscience des lois qui règlent les mouvements des unes par rapport à l'autre, de même que
les individus porsuivent leurs fins particulières, et même ceux qui jouent un rôle historique,
n'ont pas conscience de la fin où les conduit l'histoire (...)
Or, si l'histoire a un sens, ce sens ne peut être que l'acte par lequel l'esprit, par quoi l'homme
est homme, vient progressivement à la connaissance de lui-même. Cette humanité n'a rien
d'arbitraire. L'histoire humaine ne peut faire venir l'homme à l'humanité ; l'esprit ne peut venir
de l'extérieur à l'homme qui d'abord ne l'aurait pas. On dit trop vite qu'une histoire est une
aventure, car il n'est pas vrai que ce qui advient à l'homme est réellement adventice.>>
Hegel, Leçon sur la philosophie de l'histoire, édition Vrin, pp.2
I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Friedrich Hegel, philosophe allemand du XX° siècle.
* Ouvrage : Leçon sur la philosophie de l'histoire, édition Vrin, pp.2
* Thème : l'histoire.
* Problème posé : le sens de l'histoire.
* Thèse de l'auteur : l'histoire est l'œuvre de la Raison.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Étude ordonnée :
* Première partie : « L'histoire a un sens... les conduit l'histoire (…)»
* Idée générale : les Hommes sont les instruments ou des pions dont la Raison manipule. Car
dit-il : «… Dieu possède un droit souverain que l'histoire ne soit rien d'autre que le poids de sa
providence.»
* Seconde partie : « Or, si l'histoire … est réellement adventice.»
* Idée générale : L'histoire est la manifestation de l'esprit.
2- Intérêt philosophique :
* La portée philosophique :
A travers ce texte nous retenons avec Hegel que l'histoire est l'œuvre de la Raison.
* Problématique : l'histoire est-elle une œuvre providentielle ?
III- Discussion :
1- Thèse : l'histoire est prévisible.
• Argument 1: la Raison pousse les Hommes à agir de tel ou telle manière. Autrement dit, les
hommes ne sont que des simples instruments au service d'une puissance divine. C'est ainsi
que Hegel écrit : « la Raison gouverne le monde et par conséquent gouverne l'histoire
universelle.»
• Argument 2: l'histoire de l'humanité est la réalisation du plan de Dieu. Voilà pourquoi Bossuet
affirme : «… Dieu tient du plus haut des cieux, les rênes de tous les royaumes, il a tous cœurs
en ses mains.»
2- Antithèse : l'histoire est l'œuvre des hommes.
• Argument 1: l'histoire est la production des biens matériaux d'existence et cela dans une
lutte des classes sociales. C'est dans cette logique que Karl Marx déclare : « L'histoire de toute
société jusqu'à nos jours demeure l'histoire de lutte des classes.»
• Argument 2: l'Homme est le sujet du processus historique, car il réalise consciemment son
histoire de façon libre. Dans cette optique Engels proclame : « Dans l'histoire, ceux qui
agissent sont exclussivement les hommes doués de conscience, agissant avec réflexion ou
avec passion et poursuivant des buts déterminés …»

Sujet : Commentaire de texte.


Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
<< (...) la seule idée qu'apporte la philosophie est la simple idée de la Raison, l'idée que la
Raison gouverne le monde et que, par conséquent, l'histoire universelle s'est elle aussi
déroulée rationnement. Cette conviction, cette idée, est une présomption par rapport à
l'histoire comme telle. Ce n'en est
Thème VI : L'ETAT ET LE POUVOIR POLITIQUE.
Sujet : Commentaire de texte.
Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.

L'individu dans l'accomplissement de son devoir doit trouver en même temps son compte, son
intérêt personnel ou sa satisfaction et, de sa situation dans l'Etat, résulte par lequel la chose
publique devient en même temps sa chose particulière. Dans la vérité, l'intérêt particulier ne
doit être ni négligé ni refoulé, mais accordé à l'intérêt général ainsi l'un et l'autre sont
maintenus. L'individu qui est sujet par des devoirs, trouve dans leur accomplissement en tant
que citoyen la protection de sa personne et de sa propriété, la considération de son bien
particulier et la satisfaction de son essence substantielle, la conscience et la fierté d'être
membre de ce tout; dans l'accomplissement du devoir sous forme de prestation et
d'entreprise pour l'Etat, il assure sa conservation et sa substance. D'après le côté abstrait,
l'intérêt général vaudrait seulement que les actes et les prestations qu'il réclame soient
accomplis comme devoirs.
Hegel, Principes de la philosophie du droit.

I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Hegel, philosophe allemand du XX° siècle.

* Ouvrage : Principes de la philosophie du droit.

* Thème : L'Etat.

* Problème posé : Nature et fonction de l'Etat.


* Thèse de l'auteur : l'Etat garantit l'intérêt universel.

* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.

II- Commentaire du texte :


1- Etude ordonnée :
* Première partie : << l'individu dans l'accomplissement... sont maintenus.>>
* Idée générale : l'Etat a pour ambition de concilier l'universel au particulier afin de garantir
l'intérêt général du peuple.
* Seconde partie : L'individu qui est... accomplis comme devoirs.>>
* Idée générale : L'Etat est la réalisation de l'idée absolue qui organise et assure la sécurité de
chaque individu.
2- Intérêt philosophique :
* La portée philosophique du texte : A travers ce texte, nous avons retenu que pour Hegel l'Etat
garantit l'intérêt universel.
* Problématique : l'Etat est-il au service de la nation ?
* Discussion :
* Thèse : l'Etat est un facteur de liberté.
• Argument 1: l'Etat est l'expression d'une liberté libre et universelle dont l'incarnation et
l'objectivation réelles se trouvent dans l'ensemble des productions humaines. Autrement dit,
l'Etat est l'endroit où l'individu trouve la jouissance de sa liberté. C'est ainsi que Hegel écrit : <<
L'Etat est la liberté en acte.>>
• Argument 2: la fonction principale de l'Etat est de résoudre les problèmes et les conflits
sociaux afin de garantir le bien être des citoyens. C'est dans ce contexte que John Locke
affirme : << L'Etat... est une société d'homme instituée dans la seule de l'établissement, de la
conservation et de l'avancement de leurs intérêts civils.>> Lettre sur la tolérance.
* Antithèse : l'Etat n'est pas toujours un facteur de liberté.
• Argument 1: L'Etat menace la liberté individuelle. En effet, dans l'Etat la liberté est perdue
comme un individu se perd dans la foule. C'est ainsi que Bakounine déclare : << L'Etat est un
immense cimetière où viennent s'enterrer toutes les manifestations de la vie individuelle.>>
• Argument 2: l'Etat est une classe la plus puissante, celle qui domine économiquement et qui
devient en toute logique la classe politiquement dominante. Ce qui justifie que dans l'Etat les
citoyens se sentent emprisonnés puisqu'ils sont dominés. Quiconque veut être libre doit être
l'ennemi de l'Etat.

Sujet : Commentaire de texte.


Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
<< Voyant les hommes qui menaient la politique, et plus je considérais les lois et les mœurs,
plus aussi j'avançais en âge, et plus il me parut difficile de bien administrer les affaires de
l'Etat. D'une part, sans amis et sans collaborateurs fidèles, cela ne me semble pas possible.
Or, parmi les citoyens actuels, il n'est pas commode d'en trouver, car ce n'était pas selon les
Us et coutumes de nos ancêtres que notre ville était régie. Quant à en acquérir de nouveaux,
on ne pouvait compter le faire sans trop de peine. De plus, la législation et la moralité étaient
corrompues à tel point que moi, d'abord plein d'ardeur pour traduire au bien public,
considérant cette situation et voyant comment tout marchait à la dérive, je fini par en être
étourdi...
Donc les maux ne cesseront pas pour les hommes avant que la race des purs et authentiques
philosophes n'arrive au pouvoir, ou que les chefs de cités, par une grâce divine ne se mettent
qu'à Philosopher véritablement.>> Platon, la République, livre VII.

I- Compréhension du texte :
1- Situation :
* Auteur : Platon, philosophe grec de l'Antiquité.
* Ouvrage : la République, livre VII.
* Thème : L'aristocratie.
* Problème posé : Valeur de l'aristocratie.
* Thèse de l'auteur : Le philosophe est un excellent gardien de la Cité.
* Structure du texte : Ce texte est divisé en deux parties.
II- Commentaire du texte :
1- Etude ordonnée :
Première partie : << Voyant les hommes... en être étourdi.>>
* Idée générale : Les chefs des cités gèrent mal les affaires publiques.

Seconde partie : << Donc les maux... qu'à philosopher véritablement.>>


* Idée générale : Le philosophe peut construire une cité juste et non corrompue.
* Problématique : Peut-on concilier la philosophie de la politique ?
• Discussion :
• Thèse : L'aristocratie est le régime politique idéal.
• Argument 1: En effet, le philosophe qui a contemplé le Ciel des Essences va maintenant
redescendre pour gouverner en << philosophe roi>>. Il construira un Etat légitime ou équilibré
grâce à la philosophie qui l'a illuminé. C'est à juste titre que Platon certifiait :<< Donc, les maux
ne cesseront pas pour les humains avant que la race des purs et authentiques philosophes
n'arrive au pouvoir ou que les chefs des cités, par une grâce divine, ne se mettent à
philosopher véritablement.>>
• Argument 2: Pour transformer la société il faut attribuer le pouvoir politique au philosophe
dans la mesure où celui-ci peut unir les volontés individuelles et garantir la paix et la sécurité
des citoyens. C'est dans cette perspective que Charles Baudelaire écrit : << Il n'y a de
gouvernement raisonnable et assuré que l'aristocratique...>>
• Antithèse : L'aristocratie n'est pas toujours le régime politique idéal.
• Argument 1: Les philosophes ne doivent pas diriger le pouvoir politique au motif que la
possession du pouvoir politique détourne les philosophes de la vraie justice, en exerçant sur
eux une influence pernicieuse ou vicieuse. A ce propos Kant affirmait : << Détenir le pouvoir
corrompt inévitablement le jugement libre de la raison.>>

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