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Proposition Analyses
La politique de développement urbain en Côte d'Ivoire vise à décentraliser et à créer des pôles de croissance pour réduire la polarisation économique à Abidjan, tout en améliorant les infrastructures de transport et en favorisant l'accès à des logements abordables. Malgré des efforts pour moderniser l'urbanisation et intégrer les populations à des logements décents, la crise économique a freiné ces initiatives. L'étude analyse également les déterminants de la hausse des coûts du logement et propose des solutions pour favoriser un habitat accessible à tous.
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Proposition Analyses
La politique de développement urbain en Côte d'Ivoire vise à décentraliser et à créer des pôles de croissance pour réduire la polarisation économique à Abidjan, tout en améliorant les infrastructures de transport et en favorisant l'accès à des logements abordables. Malgré des efforts pour moderniser l'urbanisation et intégrer les populations à des logements décents, la crise économique a freiné ces initiatives. L'étude analyse également les déterminants de la hausse des coûts du logement et propose des solutions pour favoriser un habitat accessible à tous.
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La politique du développement urbain
analyse propose les initiatives politiques suivantes :
Encourager a une politique décentralisation et d’aménagement du territoire décisif capable de
réduire la polarisation économique et psychologique sur Abidjan : Abidjan est le seul veritable
pole économique et administratif du pays. Pour la majorité des travailleurs, avoir donc une
maison a Abidjan est relativement devenu synonyme de réussite. érigée en capitale depuis
1983, soit prés de quarante (40) années, Yamoussoukro est privée des institutions politiques,
des ministéres, des représentations diplomatiques, de |'Assemblée nationale. lls sont encore
localisés 8 Abidjan. La délocalisation véritable de la capitale vers Yamoussoukro aura, sans
doute, un effet d’entrainement.
Susciter a l'émergence de pOles de croissance et de développement « intérieur ». II s‘agit de
favoriser ’émergence de véritables poles économiques compétitifs (PEC) a l'intérieur du pays.
Souhaiter le développement des infrastructures des transports urbains et inter-urbains efficaces
permet daméliorer la mobilité des populations et de créer les conditions de logements
abordables.
Encourager la promotion des lotissements sociaux a équipement minimum (LSEM) subventionnés
au profit des couches aux revenus modestes dans le Grand Abidjan et 2 lintérieur du pays
Sensi
liser les citoyens et les promotions immobilidres a une construction verticale & renforcer
Travailler en collaboration avec des chercheurs et/ou ingénieur afin qu'ils mettent sur le marché
des produits innovants notamment la valorisation des matériaux locaux pour faire chuter le cout
des logements.Yéboué Stéphane Koissy Koffi
1. INTRODUCTION
Déclenchée tardivement, au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’urbanisation du tiers
monde et particuligrement de l'Afrique connait un essor spectaculaire. De 14,5% en 1950, son
taux est passé 4 33% et 40% successivement en 1992 et 2010 et sera de 61,60% en 2050
selon World Urbanisation Prospect The 2009 révision citée par K.S.Y. Koffi, J.K. Kra et T.C. Mel
(2017, p.21). Elle est due a l'exode rural et a une croissance démographique considérable ainsi
qu’au choix de la ville comme lieu d'habitation par les autorités nationales.
En Céte d'Ivoire, de 5% en 1950, le taux d’urbanisation est passée 4 32%, 39%, 42,5%,
50,3% respectivement en 1975, en1988, en 1998, en 2014 pour atteindre 52,5% en 2021
(RGP 1975, RGPH 1988, 1998, 2014 et 2021). Aujourd’hui, plus d'un ivoirien sur deux vies en
Ville. Abidjan, capitale économique et principale ville du pays est le reflet de cette urbanisation
Elle abrite 19,1% de la population totale du pays et 36% de la population urbanisée (RGPH,
2021), Son acctoissement important est imputable 4 son développement exceptionnel. En effet,
la ville englobe la majeure partie des activités économiques du pays, et concentre plus de 70
% de l'activité industrielle et commerciale, ce qui lui assure une position dominante dans le
réseau des villes ivoiriennes et méme sous régionale (A. Gnamon-Adiko et A. De, 2015, p.
608). C'est dans cette ville que se posent avec acuité les problémes de |’urbanisation rapide
que connait le pays. Les plus préoccupants sont le transport, l'emploi, la délinquance juvénile,
la sécurité, I’accés aux services sociaux de base, les conflits fonciers et surtout le logement. Le
déficit cumulé de logements est estimé a environ 550 000 unités en 2016 (B.N. Koné, 2019,
p. 9). Pourtant, dans le souci d’offrir 4 tous un espace de vie saint et surtout mieux maitriser la
croissance des villes, les Etats africains dont la Céte d'ivoire, au lendemain des indépendances,
ont mis en ceuvre diverses politiques d'aménagement et d’occupation de I"espace urbain
Quelle est la politique urbaine mise en place par la Céte d'Ivoire ? Quelle est la politique sociale
du gouvernement mise en place pour permettre aux ménages & faibles revenus d’acquérir un
logement décent ? Comment expliquer le cot exorbitant du loyer et du logement dans les
centres urbains ? Quelles réponses pourrait-on donner pour favoriser I'habitat pour tous ?
La réponse a ces préoccupations constituera les grands axes d’analyse de cette étude.
2. METHODOLOGIE
Lobjectif de I'étude est d’analyser impact du développement urbain sur les colts de logement
dans les zones urbaines.
La collecte des données s’est faite au moyen de deux (02) techniques :la recherche documentaire
et I'enquéte de terrain. La recherche documentaire a consisté a recourir 4 des ouvrages, des
travaux scientifiques antérieurs, des magazines et des articles de journaux pour rechercher les
informations relatives au développement urbain, au niveau et au coat de vie en Céte d'Ivoire
Llenquéte de terrain a permis de faire observation directe du fait urbain et de réaliser des
entretiens. Avec l'observation directe du terrain, il s'est agi de rechercher les informations
portant sur la typologie des différents sites mis & la disposition des promoteurs immobiliers
agréés dans le cadre du programme des logements sociaux et économiques, le matériau de
construction, la qualité du bati et les superficies baties
47La politique du développement urbain
Lentretien a, quant a lui, consisté a échanger avec les principaux acteurs du programme des
logements sociaux du programme présidentiel des logements sociaux et économiques en
Céte d'Ivoire. Leur choix s'explique par leur implication dans le développement urbain. Du fait
du temps imparti pour cette étude, deux (02) producteurs, deux (02) intermédiaires et deux
(02) acquéreurs ont été interrogés a Bingerville. C'est le nouveau front urbain situé a louest
d’Abidjan, Auprés de chacun d’eux, il a 66 question de nous informer sur les déterminants de
la hausse des codts du logement, leurs attentes pour favoriser la baisse des codts du foncier et
des logements.
3. UN PROJET DE DEVELOPPEMENT URBAIN RESOLUMENT MODERNISTE FREINE PAR LA
CRISE ECONOMIQUE
Au lendemain de l’indépendance, |'Etat ivoirien fait de la modernisation le point de mire
de son projet urbain. Pour le président Félix Houphouét-Boigny, initiateur dudit projet, « La
modernisation sous-entend la recherche d’un urbanisme de qualité, aux normes élevées et
capables de soutenir la comparaison avec l'occident. {I faut faire grand et beau pour tous.
parce que ce quoi nous aspirons, ce n’est pas l’égalité dans la misére mais I'égalité dans la
prospérité».5
A cet effet, tout en conservant le substrat du modele urbain colonial francais, il réoriente les
objectifs ségrégationnistes dudit modéle au niveau social pour faire de la ville un lieu d’habiter
pour tous.
A la fois maitre d’ouvrage et maitre d'ceuvre, |'€tat réalise son projet urbain par le biais d’une
manne financiére reposant sur les produits d'exportation, notamment le café et le cacao.
Cependant a 'orée des années 1980, la chute internationale des cours de des matiéres premiéres
agricoles, tels le café et le cacao, asseche le Trésor public et plonge la Céte d'Ivoire dans une
crise économique sans précédent. C’est la fin de I’Etat entrepreneur et le début d’une gestion
étatique sous ajustement structurel qui va s’étendre sur prés de deux décennies.
Le présent chapitre structuré en trois (03) sections retrace la mise en ceuvre du projet urbain
ivoirien
3.1. Une politique d’urbanisation hardie et a fort relent occidental au lendemain de
Vindépendance
Diaprés P. Antoine et al. (1987, p.80), des l'indépendance, la politique d'urbanisation est
considérée comme faisant partie de la strategie de développement : elle est un moyen de
« distribuer les fruits de la croissance ». Pour ces auteurs, c'est donc le début d’une politique
sociale hardie dont I'objectif est de faire disparaitre le dernier taudis de la Cote d'voire aici dix
(10) années, au plus tard, aussi bien & la ville qu’a la campagne
3.2. habitat pour tous » ou la réorientation du projet urbain ivoirien a 'indépendance
L'accésa un logement décentd’un plus grandnombre dela population estl’un desprincipauxvolets
dela politique urbaine ivoirienne. Pour ie nouvel Etat, la politique « dintégration des seuls évolués
africains » au logement moderne est ségrégative etincompatible avecsa vision de développement.
'Sitocuton du Présent ex Houphout-oigny ls sa vist at 8 Kerhogo 7 ma 1965.
48Yéboué Stéphane Koissy Koffi
Dés lors les nouvelles autorités ivoiriennes se donnent pour objectifs, en rapport avec leur projet
de société, de faire grand et beau pour tous, De ce fait elles entendent lutter contre les taudis
et la construction d’habitat traditionnel dans les espaces urbains, édifier un cadre agréable et
bon a vivre pour toutes les couches sociales et mettre en ceuvre un précieux projet d’habitat.
pour tous,
La réalisation de la politique urbaine ivoirienne s'accompagne de la mise en place de structures
administratives de gestion de l'espace urbain. Elle se caractérise par l'ampleur des moyens que
le nouvel Etat emploie. La création de deux (02) puissantes sociétés immobiliéres publiques
lui permet de grandement intervenir dans le bati. Ce sont notamment la Société de Gestion
Financiére et de I'Habitat (SOGEFIHA) et la Société Ivoirienne de Construction et de Gestion
Immobiliére (SICOGI). Cependant, malgré sa volonté de satisfaire ses citoyens, |'Etat est freiné
dans son élan par I'asséchement de ses sources de financement. Le recours a l'aide se matérialise
par la mise sous des programmes d’ajustement structurel.
3.3. Mise en place d’un cadre institutionnel, juridique et financier pour orienter le
projet urbain
De 1960 & 1980, |'Etat sest fait le gestionnaire exclusif de la politique urbaine. Pour jouer
efficacement son réle, il a mis en place un cadre institutionnel, juridique et réglementaire.
3.3.1. Le cadre institutionnel
lest constitué d'un organisme de conception, d'exécution et de financement.
* Les structures de conception
Le ministére en charge de la construction et de l’urbanisme dont le premier, date de 1961
est l'organe de conception, d'orientation et contréle de l'ensemble de la politique urbaine.
Il est accompagné dans sa mission par le BNETD (Bureau National d’ftude Technique et de
Développement), dés 1966, initialement BCET (le Bureau Central d’étude Technique) en
1977. Le BNETD devient la Direction de Contréle des Grands Travaux (DCGTx) en 1980. Cette
structure a toujours mené les études, concu les documents d'urbanisme et réalisé le controle
des opérations sur le terrain. Au sein du BNETD, une cellule spéciale a toujours été réservée
pour la ville d’Abidjan. ll s'agit de I’Atelier d’Urbanisme de la Région d’ Abidjan (AURA) créé en
1968. En 1980, cette cellule devient I'Atelier d’ Urbanisme d’Abidjan (AUA), puis la Direction de
|'Aménagement Urbain et du Développement Local (DAUDL).
* Les organismes d’exécution
Pour mener les opérations de terrain, |’Etat a suscité la création de sociétés pour la production du
sol urbain. II s‘agit de la Société d'Equipement de Terrain Urbain (SETU) née en 1971 (P. Haeringer,
1985, p.29). Elle avait pour réle de viabiliser et d’équiper les terrains urbains. La viabilisation
consiste a rendre les terrains constructifs et accessibles en toute saison par une voirie carrossable,
a desservir ces terrains par le réseau d’assainissement, d’électricité, d’adduction d'eau potable,
de téléphone et de gaz. P. Haeringer (1985, p.30) fait remarquer que sous l'autorité de I'Etat, la
SETU menait des négociations avec les communautés villageoises détentrices du sol péri-urbain
pour I'acquisition du foncier.
49La politique du développement urbain
A cété de cette société de viabilisation, venait celle chargée de la construction et de la promotion
immobiliére, la Société d’Urbanisme et de Construction de Céte d’Wwoire (SUC!) créée en 1959
par la caisse des dépéts et consignation. Elle a fait les 220 logements inaugurés le 07 aoat
1960. Cette société deviendra en 1965, la SICOGI.
La Société de Gestion Financiére de I'Habitat (SOGEFIHA) a été créée en 1963 et liquidée en
1980.En outre, le Groupement Foncier de Céte d'Ivoire (GFCI) fondé en 1966, la SELMER,
société norvégienne, créée en 1970, la Société de Promotion Immobiliére (SOPIM) en 1977, la
Société Immobiliére de Développement de Céte d'Ivoire (SIDECI) en 1977.
* Les organismes de financement
Pour pallier les faibles capacités de l'épargne locale, l'état ivoirien a fait appel des capitaux
extérieurs diverses origines notamment Norvégien (Port-Bouet), Israélien (h6tel Ivoire, hotel du
Golf, la cité Vridi), Libanais (Yopougon), Américain (Williamsville et Abobo), la caisse centrale de
coopération économique a capitaux Francais (SICOGI)
3.3.2. Le cadre juridique et réglementaire
Des 1960, les autorités ont opté pour une politique dirigiste en matiére d’urbanisme dans
l'optique de maitriser la croissance urbaine. A cet effet, un arsenal de régles et de pratiques est
édicté pour réglementer et contrdler la dynamique spatiale des villes, la création, l'aménagement
et 'équipement des espaces urbains et, l'occupation des espaces urbains créés.
Ces régles et pratiques sont a respecter scrupuleusement car I'Etat entend sauvegarder |'ordre
urbanistique de qualité hérité de la colonisation. A cet effet Le discours est clair du ministre Bamba
Vamoussa (15 aot 1988) est clair : « Le gouvernement ne laissera pas s'installer le désordre
du cadre de vie et des intéréts publics. Des sanctions exemplaires seront prises a I'encontre de
ceux qui veulent mettre I’Etat devant le fait accompli de I'anarchie dans I'urbanisation ». Pour
mener cette politique, I'Etat s’est accaparé des pouvoirs et des fonctions fonciéres essentielles
afin de se donner toutes les chances possibles d’exécuter sans obstacle son projet urbain. Les
principaux monopoles que I'Etat s'est donnés sont
- Le monopole de la planification de la croissance urbaine ;
- Le monopole de I'aménagement et de I’équipement de l'espace urbain ;
- Le monopole du lotissement ;
- Le monopole du foncier.
Le monopole foncier de I’Etat s’est manifesté par la mise en ceuvre de trois types de stratégies
fonciéres : le lotissement, les expropriations fonciéres et les acquisitions a titre onéreux
Toutes ces prérogatives ont fait de I’Etat, le maitre exclusif des terres et un acteur urbain
incontournable et tres puissant. Mais, le monopole foncier de la puissance publique n'a pas
trouvé 'assentiment de tout le monde, en particulier des détenteurs fonciers coutumiers. D’ou
la naissance des crises fonciéres opposant la ville d’Abidjan aux villages Ebrié. Pour trouver
une réponse au mécontentement des populations coutumiéres, |'Etat va instituer l'attestation
villageoise dans la procédure de production du foncier urbain.