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Projets Pol

Le document traite des initiatives de développement rural en Côte d'Ivoire, mettant en avant des projets comme le FRAR et les lois agricoles visant à améliorer les conditions de vie des populations rurales. Malgré des investissements significatifs, des inégalités persistent entre les régions, exacerbées par des conflits fonciers et des crises écologiques. La politique d'encadrement du monde paysan montre des limites face à des défis tels que la gouvernance et la vulnérabilité économique des agriculteurs.

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Le document traite des initiatives de développement rural en Côte d'Ivoire, mettant en avant des projets comme le FRAR et les lois agricoles visant à améliorer les conditions de vie des populations rurales. Malgré des investissements significatifs, des inégalités persistent entre les régions, exacerbées par des conflits fonciers et des crises écologiques. La politique d'encadrement du monde paysan montre des limites face à des défis tels que la gouvernance et la vulnérabilité économique des agriculteurs.

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Kouassi Combo Mafou En plus, on note entre autres les projets BAD-éducation, BAD-santé, ainsi que sur la construction de routes et de logements sociaux, l'électrification villageoise, etc. Dans la décennie quatre-vingt-dix, 'essoufflement des structures s'annoncent et se manifestent par une restructuration par la création de I'ANADER en juin 1994 et le CNRA en avril 1998. Ces deux entités ont des missions différentes mais complémet ires. ' ANADER assure I'encadrement et la formation du monde paysan. II reste a ce jour le partenaire privilégié du monde rural, un moteur du développement du monde rural, Quant au CNRA, il se préoccupe des activités de recherche dans le secteur agricole. Dix ans plus tard, voit le jour le FIRCA qui assure le financement des activités de recherche et de conseils agricoles. Pour I'amélioration des revenus, le choix de l'agriculture comme premiére source de revenu et de création de richesses basé sur le binéme Café-cacao au sud du pays a été acté. Cela a permis aux paysans du sud d’avoir d'importants revenus contrairement aux paysans du Nord Pour corriger cet état de fait, 'état a procédé a une politique de diversification en vue de contrebalancer le poids entre les producteurs du Nord et ceux du sud. Il faillait entre autres permettre une diversification des revenus avec d'autres spéculations et rééquilibrer les donnes dans la mesure ol le Nord a été victime de départ massif de contingent important de migrant vers le sud trés dynamique et attractif. Ainsi sont apparus dans le paysage des cultures le palmier huile et I'hévéa d'une part et d’autre part le coton. Cette politique a continué avec I'anacarde qui pilule les espaces du nord principalement (Nord-Est), nouvelle économie locale. 3.2. Projets « fonds régionaux d’aménagement rural » « La Céte d'Ivoire reste, trop souvent, un monde de distorsions, d’inégalités et de déséquilibres; distorsions entre Abidjan et le reste du pays, entre les villes et la campagne, entre les savanes du Nord et les foréts du Sud, entre les divers secteurs qui concourent a la production et entre les différentes catégories sociales (FHB, Fraternité Matin, 1971) ». Ce texte fait appel a une intervention de I’Etat pour tenter réduire des disparités. Ainsi, le projet « FRAR » se positionne dans la décennie soixante-dix comme un outil de financement des communautés rurales, un outil de dotation en équipement et infrastructures du milieu rural. Le projet FRAR apparait comme une innovation majeure dans le systéme de développement ivoirien. En fait, l'institution FRAR fut chargée d’améliorer le niveau et les conditions de vie des populations ainsi que des collectivités locales bénéficiaires, contribuant ainsi a la réduction des disparités inter et intra régionales. Cette initiative a permis d’investir dans le Nord-Est ivoirien couvrant les zones de Bouna, Bondoukou et Tanda de 1974 4 2002, un montant total de 5 368 372 000 FCFA investi dans le Nord-Est de 1974-2002. Ces investissements ont ciblé les secteurs de I’Education, de la Santé, de I’Electrification, des Postes et télécommunications. Les équipements économiques (10,83%) tels que les étangs piscicoles, les fermes ou les magasins de stockage des produits agricoles censés donner un dynamisme aux villages centres ont été tres peu réalisés (K. Sanaliou, 2013) La mise en place des infrastructures et équipements de base en milieu rural sous les initiatives du projet FRAR avec l'ouverture des pistes pour faciliter la circulation des populations et 'acheminement des productions des bassins de production vers les marchés de vente Lévaluation de ce projet montre au’il a abouti a créer des micro-péles de développement ruraux, & ’équipement des villages satellites qui sont pour la plupart devenus des chefs-lieux de sous-préfectures ou des chefs-lieux de préfecture (Mafou, 2012) 1 La pol tique sociale de IEtat en faveur du monde rural 3.3. Une politique agricole régie par un large éventail de texte Une série de texte, de loi accompagne le monde rural en vue de moderniser l'agricole dont la finalité est d’améliorer les conditions de vie des populations rurales. 1- Laloi coopérative N° 97-721 du 23 décembre 1997. Cette loi vise une meilleure prise en compte des populations rurales vulnérables dans la lutte contre la pauvreté et I'inégalité. Elle envisage permettre la liberté de négociation des prix des productions sur le marché national et international par les professionnels que sont les producteurs eux-mémes, 2- La loi n°2012-1177 du 27 décembre 2012 portant Plan National du Développement et programmation des investissements pour la période 2012-2015 (PND). Ce texte de loi aborde plusieurs aspects. Notre analyse retient qu'il préne un secteur agricole performant en vue de réduire I'extréme pauvreté et la faim conformément a 'OMD 1. La mise en ceuvre de cette loi révéle qu’un montant de 940 338 Milliards a été investi pour la période 2012-2015. 1. La loi d'orientation agricole de Céte d'Ivoire, loi N° 2015-537 du 23 juillet 2015 Cette loi devrait constituer la boussole qui aidera a la définition et 4 la mise en ceuvre des actions en matiére de promotion et de développement agricoles. 2. Le Programme National d’Investissement Agricole de la Céte d'Ivoire (PNIA) 2010-2015. Ce programme ambitionne réduire la pauvreté rurale. Le Programme National d'tnvestissement Agricole (PNIA 2010-2015) prévoit de focaliser les actions et interventions sur la promotion du métier d’agriculteur, d’éleveur et de pécheur; et surtout la réduction des inégalités sociale, économique et culturelle entre les femmes, les groupes vulnérables et les hommes. 3. Le Programme National d‘Investissement Agricole de la Céte d'Ivoire ( PNIA ) 2010-2015. Ce PNIA 1 vise a créer des Activités Génératrices de Revenus (AGR) et augmenter les revenus des paysans. Par ailleurs, il entend entreprendre la structuration des filigres et renforcement des capacités des organisations professionnelles ; 'appui aux opérateurs, 8 organisation professionnelle et & la cohésion sociale ; et le renforcement des capacités de gestion du secteur forestier 4. Un Plan Directeur de Développement Agricole (PDDA) 1992-2015. Les objectifs assignés a ce plan traite de l'amélioration de la compétitivité (notamment par la croissance de la productivité) ; de la recherche de l'autosuffisance et de la sécurité alimentaire ; de la diversification poussée des productions agricoles; du développement des péches maritimes, lagunaires et continentales et la rehabilitation du patrimoine forestier. En définitive, le PDDA sert également de base aux stratégies de lutte contre la pauvreté en milieu rural. Les actions conjuguées dans sa mise en ceuvre s'inscrivent dans |’élaboration du Plan National de Lutte Contre la Pauvreté (PNLCP 1997-2000). Cela s'est soldé par la rédaction du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté Intérimaire (DSRP-!) en 2002. 72 Kouassi Combo Mafou 5. Programme National d'‘Investissement Agricole de la Céte d'Ivoire (PNIA 2, 2018- 2025). « Cette vision appelle aussi & une approche de développement des territoires ruraux qui rompt avec celles du passé. Notre approche est en effet une approche systématique qui calibre la réalisation des infrastructures et équipements économiques, et celles des services de base sur le développement des chaines de valeurs agricoles, ainsi que les besoins nouveaux des populations qui naissent de la croissance agricole créée dans les territoires ruraux (MSC, MADR) » 6. Programme National d'Investissement Agricole de la Céte d'Ivoire (PNIA 2, 2018- 2025), Ce programme 2 est axé autour de 4 vecteurs de changement identifiés. Il s'agit entre autres de la structuration des filigres et leur articulation avec les marchés dans les territoires ruraux; de la vitalisation des dynamiques de production a travers des filiéres ciblées et la promotion de la transformation locale des produits agricoles ; de l'implication des institutions locales et régionales ou non (OPA) ; et de la prise en compte de nouveaux besoins des services agricoles et services de base (MSC, MADR, 2018). 4, LA POLITIQUE SOCIALE EN MILIEU RURAL IVOIRIEN A L'EPREUVE DES CRISES ECOLOGIQUES QUELS IMPACTS ? 4.1. Vers un échec de la politique d’encadrement du monde paysan Les structures d’encadrement du monde paysan ont fini par laisser apparaitre des faiblesses voire des limites. La mission accordée a I'ANADER est vaste. Elle cumule les fonctions de conseil agricole, d'encadrement, de formation et d’appui aux organisations professionnelles. Lesstratégies de développementmisesen place se heurtent la problématique dela gouvernance, du suivi, de l'exécution et de I'évaluation, Les decisions, les textes de loi, s‘appliquent peu. on note une difficile mise en ceuvre et une inefficacité des textes de régulation des activités dans le monde rural. En se référant & la lol sur loi n°98-750 du 23 décembre 1998, elle entretient un flou juridique sur les droits d'usage des terres et les droits de propriété a tel enseigne que les utilisateurs des terres, s‘appuyant sur ce fiou d’une part et d'autre part sur la durée moyenne d'usage qui est de 25 ans, considérent qu'ils sont propriétaires. Parailleurs, la multiplication desstructures étatiques intervenant dans |e milieu rural rend inefficace les actions ; une sorte de conflits de compétences entre les ministéres de l'Environnement, de \'Agriculture, les Eaux et Forét. LLinstabilité des revenus des paysans dérivent de la faiblesse de l'organisation structurelle réussie du milieu rural. D’une campagne agricole & une autre, la probabilité d’avoir les mémes prix d'achat est faible. Cela ne permet pas aux acteurs de faire des projections sur le court terme I'vinsécurité financiére> est perceptible. Les effets induits de ce fait, est la vulnérabilité renfoncée des populations rurales notamment les jeunes et les femmes. Cette insécurité s'amplifie avec la pression sur les terres qui débouchent généralement sur les conflits fonciers. Selon Jean-Pierre Chauveau et Paul Mathieu (2017, p. 243), évoquant les conflits fonciers, « divers termes désignent les phénomanes de tensions et competitions pour les ressources naturelles et les affrontements qui peuvent en résulter 73 La pol tique sociale de Etat en faveur du monde rural concurrences, désaccord, litiges, différends, oppositions déclarées ou affrontements violents (la violence symbolique étant aussi importante que la violence physique) sont probablement présents de facon quasi importante que dans les sociétés rurales contemporaines en Afrique. iIn’y a cependant de conflit ouvert et déclaré que lorsque la charge de de violence symbolique ou physique dépasse ce qui est considéré comme tolérable dans la vie sociale quotidienne » Par ailleurs, la crise de |'économie de plantation et I'émergence de |orpaillage sont source de conflits. Lorpaillage est une forme artisanale d'exploitation illégale de l’or qui connait une expansion incontrélée dans presque toutes les régions du pays. Les retombées économiques rapides que cette pratique génére aux exploitants suscitent beaucoup d’engouements auprés des populations agricoles surtout les migrants agricoles. Lorpaillage est générateur de dynamiques conflictuelles entre groupes sociaux. Les conflits liés & cette pratique opposent trés souvent d'une part les populations constituées d’agriculteurs pour la plupart et les orpailleurs et d’autre part les forces de l'ordre et les orpailleurs. La dégradation des ressources fonciéres et halieutiques qu’occasionne exploitation aurifere artisanale entraine dans certaines régions des oppositions des populations quant a |'installation des exploitants clandestins. Ces oppositions induisent par moment des violences entre orpailleurs et populations qui s’accompagnent de perte en vies humaines et de dégats matériels. Les antagonismes entre les agriculteurs et orpailleurs illégaux sont principalement dus, en réalité, a la convoitise des mémes ressources fonciéres dont I'accés et le contrdle débouchent sur un ensemble de priviléges sociaux Les conflits fonciers sont de plusieurs natures en Cote d'ivoire, Ils existent dans toutes les régions du pays. On a principalement deux types : les conflits fonciers urbains et les conflits fonciers ruraux. Dans le cadre de cet exercice, notre attention est focalisée sur les conflits fonciers ruraux, issus de la migration agricole. Les migrations agricoles se sont effectuées en direction des zones forestiéres du sud du pays. Ces espaces sont envahis & cause de leur potentialité agro-pédologique. C'est dans ces espaces que les cultures de café, de cacao, d’hévéa, de palmier & huile se pratiquent et réussissent ; du coup, ils sont convoités. Plus loin, l'iinvasion de sites interdits et exploitation illicite de certaines ressources naturelles des domaines classés par les populations rurales est souvent percue comme une norme eu égard a l'inaction des services de I’Etat. En effet, la méconnaissance de la législation fonciere, les difficultés pour obtenir, dans des délais raisonnables, les titres de propriété pour faciliter les transactions sont les mobiles qui apparaissent comme facteurs explicatifs des agissemnents des populations. De méme que l'abus de certaines autorités locales qui enlévent ou attribuent les terres selon leurs intéréts, au détriment des propriétaires coutumiers ou autres, ainsi que le coit élevé d’obtention du certificat foncier rural. Au regard de I'ampleur de la succession des problemes, de leurs ampleurs et de leurs conséquences qui en découlent, |'Etat n’arrive plus a les réguler efficacement. La politique d’encadrement des acteurs semble atteinte ses limites. Villustration suivante temoigne des écarts de développement entre les populations urbaines et les populations rurales. 74 Kouassi Combo Mafou FIGURE : REPARTITION DES REVENUS NATIONAUX DETENUS SELON LES MILIEUX Beemeseeees | i Revenu Détenu par le . | 0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% Source : MPD/ ONP, 2022 La figure 1 montre que 68 % des revenus nationaux sont logés en milieu urbain contre 32% seulement en milieu rural. Le taux de pauvreté demeure élevé en milieu rural avec 56,8% (ENV, 2015). 4.2. Une dotation en équipements et infrastructures a la charge des populations rurales LEtat ivoirien, des l'indépendance a piloté les programmes d’investissement en équipement et infrastructure. Le projet FRAR a connu des succés significatifs. Cependant, des limites sont observées. En réponse a ces limites, l'implication des populations rurales a la réalisation et des infrastructures est sollicitée ; et, ce, avec I’'avénement des conseils généraux. Cette réalité est corroborée par le propos ci-aprés. « Mais toutefois, nous exhortons le canseil général de Boundiali, a instaurer une contribution des populations villageoises en nature dans les coats de réalisation des infrastructures socio-6conomiques (centres de santé, écoles, lotissement, routes, etc.) dans leurs localités » (Traoré Brahima, 2010 https://www.memoireonline.com). Les populations villageoises se sont regroupées en mutuelle de développement pour non seulement constituer une force mais surtout impulser une nouvelle dynamique au développement de leurs différentes localités. Selon KOFFI Kouassi Antoine et al. (2019), les mutuelles de développement « se présentent actuellement comme de véritables associations de développement locales incontournables dans la réduction des disparités régionales de développement ». Cette approche laisse entrevoir le retrait progressif de I'Etat dans la mise en place des instruments de développement du milieu rural Uaccés a l'eau potable, a la santé en milieu rural est devenu un produit de luxe. Le milieu rural, selon LT, (2022), 27% des populations rurales n‘ont pas accés 4 l'eau potable. 75

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