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Défense de Socrate par Platon

L'Apologie de Socrate, écrit par Platon, présente la défense de Socrate lors de son procès en 399 av. J-C, où il est accusé d'impiété et de corruption de la jeunesse. Socrate, à travers son plaidoyer, remet en question les accusations et défend la philosophie comme un moyen de rechercher la vérité et la vertu. Cette œuvre soulève des réflexions profondes sur la justice, la vérité et la nature de la vie et de la mort.

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Défense de Socrate par Platon

L'Apologie de Socrate, écrit par Platon, présente la défense de Socrate lors de son procès en 399 av. J-C, où il est accusé d'impiété et de corruption de la jeunesse. Socrate, à travers son plaidoyer, remet en question les accusations et défend la philosophie comme un moyen de rechercher la vérité et la vertu. Cette œuvre soulève des réflexions profondes sur la justice, la vérité et la nature de la vie et de la mort.

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APOLOGIE DE SOCRATE

INTRODUCTION

L’Apologie de Socrate, écrit par Platon, est un dialogue philosophique majeur qui présente la défense de Socrate lors de son procès à
Athènes en 399 av. J-C. Ce discours révèle la manière dont Socrate a choisi de faire à l’accusation d’impiété et de corruption de la
jeunesse. Cette apologie constitue également une réflexion profonde sur la nature de la justice, de la vérité et de la vertu. De
nombreux thèmes y sont développés dont : la Justice, la Politique, la Religion, la Conscience, la Liberté, et la Vérité.

I-PRESENTATION DE L’AUTEUR ET DES PERSONNAGES

1- PLATON :

Platon, né en 428 / 427 av. J.-C. et mort en 348 / 347 av. J.-C. à Athènes, est un philosophe antique de la Grèce classique,
contemporain de la démocratie athénienne et des sophistes qu'il critiqua vigoureusement. De son vrai nom Aristoclès, il
fait la rencontre de Socrate à l'âge de 20 ans et devient son disciple. Pendant neuf ans, il apprend la philosophie à ses
côtés, et commence la rédaction de ses dialogues. Platon y met en scène Socrate, montrant l'impact que le maître eut
sur l'élève, et transmettant par la même occasion la pensée de Socrate, qui s'adonnait à la philosophie uniquement à
l'oral, n'ayant laissé aucun écrit. Il est le
fondateur de l'académie. Cette dernière est une grande école philosophique qui a formé d'illustres penseurs à
l'occurrence Aristote qui resta dans l'académie pendant 20 ans avant de créer son école (le lycée). Platon est
notamment l’auteur de plusieurs œuvres dont les plus connus sont : L’apologie de Socrate, Menon, Criton,
Phédon, Cratyle, Théétète, Le Sophiste, La Politique

2- SOCRATE ET SES ACCUSATEURS :

L’Apologie est écrit par Platon quelques années après le procès et a pour but de défendre Socrate et la philosophie. Ce
procès s’est déroulé à Athènes en -399 avec un jury composé de 500 personnes choisies au hasard parmi les citoyens.
Ces principaux accusateurs sont Mélètos (au nom des poètes), Anytos (au nom des hommes de métier) et Lycon (au
nom des orateurs). Socrate est accusé de corrompre la jeunesse et d’impiété, c’est-à-dire, il enseigne à ne pas croire aux
dieux auxquels croit l’Etat, il enseigne à croire en d’autres divinités.
Le but Socrate durant son plaidoyer était de démontrer que le procès qu’on lui fait ne repose pas vraiment sur les
accusations de ses détracteurs mais sur la haine qu’il a attirée en examinant les gens, en philosophant ; tâche que le
dieu Apollon lui a confiée, pour le plus grand bien d’Athènes.
L’Apologie peut se diviser en trois parties, de longueurs et d’intérêt philosophique inégaux. La première qui est la plus
importante, correspond à la plaidoirie où Socrate discute le réquisitoire des accusateurs. Dans la deuxième partie, il est
déclaré coupable et le jury fixe sa peine et dans la troisième partie, Socrate formule ses derniers commentaires aux
juges et à ses sympathisants.

II-LES ACCUSATIONS CONTRE SOCRATE

1- LES ANCIENNES ACCUSATIONS :

Socrate est reproché depuis de années de chercher à pénétrer les secrets de la nature, c’est-à-dire de mener des
recherches inconvenantes sur ce qui se passe dans le ciel et sous la terre, mais surtout de savoir-faire une bonne cause
d'une mauvaise et d’enseigner aux autres d’en faire autant. Ces accusations viennent d'Aristophane, qui met Socrate en
scène dans sa comédie Les Nuées. C’est ainsi qu’il a présenté Socrate sur la scène « se promenant dans les airs et
débitant toute sorte de sottises ». Bien-sur, Socrate proteste qu’il n’entend rien aux sciences de la nature, qu’il n’a
jamais eu de disciple, à la manière des sophistes, qui font payer leurs leçons fort cher, tandis qu’il n’a jamais fait payer à
personne le droit d’assister à ses entretiens. Socrate, se défend alors vigoureusement d'avoir jamais mené de telles
recherches.

2- LES NOUVELLES ACCUSATIONS :

Les nouvelles accusations contre Socrate sont principalement liées à sa prétendue corruption de la jeunesse et à son
impiété envers les dieux de la cité. Les accusateurs affirment que Socrate enseigne des idées subversives aux jeunes
Athéniens, remettant en question les traditions et les croyances de la société. Ils l'accusent également de ne pas croire
aux dieux de la cité et de propager des idées impies.

D’abord, les accusateurs affirment que Socrate corrompt la jeunesse en les-incitant à remettre en question les traditions
et les croyances de la société athénienne. Ils soutiennent également que Socrate enseigne des idées nouvelles et
dangereuses qui vont à l'encontre des valeurs et des normes établies.

En ce qui concerne l'impiété, les accusateurs affirment que Socrate ne croit pas aux dieux de la cité et qu'il introduit des
divinités nouvelles et étrangères. Ils prétendent également que Socrate se livre à des pratiques religieuses suspectes et
qu'il ne respecte pas les rites et les cultes traditionnels.

Malgré ces accusations, Socrate se défend en affirmant qu’il n’a jamais cherché à corrompre la jeunesse ni à propager
des idées impies. Il affirme qu’il agit uniquement dans le but de chercher la vérité et de guider les autres vers la
connaissance.

III-LE PROCES DE SOCRATE

1- PREMIER DISCOURS

Dans le premier discours, Socrate se défend en rapportant les paroles de tous les plaideurs, notamment Mélétos, et
mène un argumentaire visant à démontrer son innocence et l'absurdité de l'accusation. Il réfute l‘idée que l’éducation
qu’il offre soit dans un but lucratif (contrairement aux sophistes) et ensuite explique qu’il ne peut pas ne pas croire aux
dieux car selon lui ce sont ces dieux, notamment Apollon (par un oracle rendu à Chéréphon), qui l'ont incité à être
philosophe. Socrate commence sa défense en repoussant l'art rhétorique de ses accusateurs au profit de sa manière de
parler, simple, et apparemment sans calculs. Eux sont préoccupés par le style, lui par la vérité. Socrate décide de se
défendre d'abord contre les premières accusations "mensongères "et ses premiers accusateurs (Aristophane) et ensuite
contre les accusations du moment qui ont été portées contre lui par ses accusateurs récents (Anytos, Mélétos, Lycon).
Contre les anciennes accusations, Socrate s'en défend naturellement et considère qu'aucun de ces griefs ne tient : il
soutient qu'il n'est ni un "penseur de la nature "(19a-b), ni un sophiste (19d-20c) ... Et pour consolider sa défense,
Socrate décide de revenir sur l'origine de ces calomnies portées contre lui (20c-24b) et relative à sa décision de faire son
enquête auprès de ceux qui étaient réputés comme étant des gens compétents, ce qui va lui valoir des inimitiés si
nombreuses (ce qui a suscité maintes calomnies et de se voir attribuer ce nom de "savant " alors que tout ce qu'il
prétendait, c'est de ne rien savoir) ... Ce qui mène à la plainte de Mélétos, comme l’explique Socrate lui-même :"Et c'est
en s'appuyant sur ces calomnies que Mélétos, de concert avec Anytos et Lycon, m’est tombé dessus. Mélétos
exprimant l'hostilité des poètes, Anytos celle des gens de métier, et Lycon celle des orateurs, c'est- à -dire celle des
dirigeants politiques. "
Ensuite, contre les accusations du moment (portées par Anytos et ses amis) qui l'accusaient de corrompre la jeunesse et
d'introduire de nouveaux dieux dans la cité, Socrate décide d'interroger Mélétos pour se défendre... Voici sa conclusion
après l'interrogatoire :"...Atheniens, il n'est pas besoin d'une défense plus longue pour prouver que je ne suis pas
coupable de ce dont m'accuse Mélétos dans sa plainte, ce que je viens de dire suffit ". Et sur le mode de vie qu'il a choisi,
Socrate préfère mourir que de cesser de philosopher. Et quant à supplier les juges en "versant des torrents de larmes "
et en faisant monter à la tribune ses jeunes enfants rien que pour attirer "la pitié des juges ", Socrate reste ferme et
déclare : « je ne vais rien faire de cela, même si je risque ce qui, à vos yeux constitue le péril suprême ».
2- DEUXIEME DISCOURS

Après ce plaidoyer, les juges votent et n’acceptent pas avec une petite majorité (60 voix sur 501 juges) les arguments de
Socrate, il est donc reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Mélétos au nom de tous les accusateurs réclame
la peine de mort, Socrate se doit de proposer une autre peine selon le système judiciaire athénien. Les juges voteront
par la suite l’une des deux condamnations que subira Socrate. Socrate se voit dans l'obligation de proposer une peine,
mais il refuse au début de proposer une peine car selon lui ce serait admettre sa culpabilité. Dans les procès comme
celui-ci, où la loi ne fixait pas la peine, l’accusateur en proposait une, et l’accusé, s’il était déclaré coupable, en proposait
une autre, et le jury choisissait l’une ou l’autre, sans pouvoir y rien changer. Les adversaires de Socrate requéraient la
mort. Invité à fixer sa peine, Socrate pense et dit aux juges qu'il méritait plutôt un bon traitement du fait de nombreux
services qu'il a pu rendre à son peuple :il mérite, dit-il, d'être "nourri dans le prytanée ". Socrate déclare ainsi ne mériter
aucune peine pour n'avoir rien à se reprocher, ni l'emprisonnement, ni une amende, ni l'exil. Socrate de fixer d'abord
une amende d'une mine avant de porter sa proposition à trente (30) mines dont ses amis présents lors du procès
garantissent le paiement...

3- TROISIEME DISCOURS

Dans le discours final, Socrate décide de s'adresser d'abord aux juges qui ont voté pour une condamnation à mort (38c-
39d) et ensuite aux juges qui ont voté pour son acquittement (39e-42a). Aux premiers, Socrate prédit un "châtiment
beaucoup plus pénible " : une relève composée de jeunes gens qui seront plus agressifs que lui et qui les irriteront
davantage (39c-d). Et aux juges qui ont voté pour son acquittement, Socrate leur demande de rester avec lui un cours
laps de temps afin d'interpréter à sa manière ce qui vient de se passer. Face aux représentations populaires de la mort
de l’époque, Socrate considère que mourir n'est pas un mal. Il a vraiment confiance en la providence. Il prie les juges de
s'occuper de ses fils : « Quand mes fils seront grands, punissez-les, citoyens, en les tourmentent comme je vous
tourmentais, pour peu qu'ils vous paraissent se soucier d'argent ou de n'importe quoi d'autre que la vertu. Si vous
faites cela, vous ferez preuve de justice envers moi comme envers mes fils ». Socrate de conclure en ces termes : «
Mais voici déjà l'heure de partir, moi pour mourir et vous pour vivre De min sort ou du vôtre lequel est le meilleur ? La
réponse reste incertaine pour tout le monde, sauf pour la divinité ».

CONCLUSION

Au terme de l’exploitation des contours spécifiques de l’œuvre, nous avons pu constater que cette défense de Socrate,
telle que nous la rapporte Platon, est une éminente leçon de philosophie, si par philosophie on entend l’accord de soi
avec soi, en usant de sa raison, non en vue de vivre ou de fuir la mort, mais en vue de bien vivre. L’image de Socrate que
construisent ses détracteurs est celle d'un farfelu mystique qui ne s'intéresse qu'à ce qui se passe sous la terre et dans le
ciel. Socrate rappelle que ce n’est pas là son propos, et compte sur le fait qu'une grande partie des Athéniens a eu
l'occasion de discuter avec lui pour le prouver. On ne l'a jamais entendu parler de ces affaires. Comme on lui reproche
aussi d'enseigner son savoir aux jeunes gens contre de l'argent, Socrate précise qu'il ne sait pas enseigner et qu'il ne l'a
jamais fait. Platon a fait d’un évènement contingent, à savoir le procès puis la mort de Socrate, un mythe fondateur de
la philosophie. Ce mythe modèlera fortement la figure du Sage dans la tradition philosophique occidentale. Car Socrate,
à l’approche de la mort, est en effet plus philosophe que jamais : seule la pratique de la philosophie rend la vie digne
d’être vécue, et en corollaire, permet d’accepter la mort. La mort n’est donc qu’un passage vers un autre monde, où
nous retrouverons les personnages du temps passé.

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