La forêt équatoriale est un océan de beautés incomparables.
Des pluies journalières, une leur
étouffante, une humidité très élevée, voilà réunies les conditions optimales favorisant une
végétation luxuriante et la prolifération incroyable d'animaux de toutes sortes. Les pluies
journalières et abondantes ont favorisé la formation de trois étages de végétation dans la forêt
équatoriale. Des arbres énormes atteignant parfois cinquante mètres forment la voûte
forestière. Cette voûte de feuillage empêche le soleil de pénétrer jusqu'au sol. Les géants de
cet univers végétal deviennent les tuteurs de gigantesques lianes qui s'enroulent autour des
troncs. Au sommet des arbres, on remarque de magnifiques plantes épiphytes. Ce sont ces
plantes dont les graines ont germé sur une branche et qui s'agrippent à l'écorce pour
s'épanouir. Il n 'est pas rare de voir de splendides orchidées pousser à la cime des palmiers
géants. À l'étage intermédiaire, on trouve de plus petits arbres. Les palmiers, les fougères
arborescentes, les lianes qui pendent des arbres rendent difficile l'accès à la forêt. C'est dans
ces sous-bois que pousse le cacao. Enfin, au sol, recouvert par cette végétation luxuriante,
quelques plantes réussissent à survivre. Des herbacées basses appauvries par le manque de
lumière y croissent. On y trouve aussi, dans une demi-obscurité, quelques beaux spécimens de
bégonias aux couleurs chatoyantes qui se sont adaptés aux conditions climatiques. Mais dans
cette immensité végétale, y a-t-il de la place pour les animaux ? L'humidité ambiante a permis
à certaines espèces animales aquatiques de s'adapter au milieu terrestre. Certains crustacés,
par exemple, des sangsues, des rainettes, des lézards vivent aussi bien dans l'eau que sur le
sol. De la même façon, la présence de marais, de rivières a permis aux animaux terrestres de
survivre dans l'eau. Le jaguar, le roi incontesté de la forêt équatoriale, grimpe aussi bien aux
arbres qu'il nage dans la rivière. D'autre part, la chaleur combinée aux autres conditions
climatiques a pour effet d'accélérer l'évolution de certains animaux. Ainsi on trouve dans la
forêt équatoriale des tarentules atteignant huit centimètres, des anacondas de huit mètres, des
boas constrictors de quatre mètres. Les coléoptères et les papillons sont d'un véritable
gigantisme.
Enfin la quantité de lumière a une influence directe sur la couleur des animaux. Ceux qui
vivent dans les sous-bois obscurs ont souvent des couleurs sombres. Mais c 'est dans la cime
des arbres que l'on trouve la majorité des animaux. Plus on monte, plus vives sont les
couleurs. Les oiseaux à eux seuls montrent bien la variété de couleurs vives et brillantes qui
colorent la voûte forestière. Quoi de plus beau et de plus mystérieux que le plumage d'un
toucan ou d'un perroquet ?
Pour l'aventurier, la forêt équatoriale est un but à atteindre. Les personnes qui ont pénétré
dans cet univers végétal ont été subjuguées par les plantes qui poussent dans un
enchevêtrement total. Elles ont rapporté que le spectacle est grandiose, voire sublime. La
luxuriance de la végétation, la beauté des arbres, des fleurs, des papillons, des oiseaux font de
la forêt équatoriale un lieu unique au monde. La faune forestière est aussi fascinante mais,
dans certains cas, il faudra ouvrir l'œil.
Raymond Blain, Pratiques d'écriture, cahier A, Vézina Éditeur inc. 1988, dans Québec
français, n° 99 (automne 1995).
1. Quel temps de verbe est utilisé pour la description de cette forêt ? Quel effet cela produit-il
quand vous lisez le texte ?
2. Quels mots assurent la progression du texte et sa cohérence ? Comment les appelle-t-on ?
3. Pour avoir décrit de façon si claire ce type de forêt, l'auteur avait sans doute un plan
d'écriture. Essayez de le reproduire sous forme de schéma en vous appuyant sur le travail que
vous venez de faire.