0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
52 vues19 pages

Système Fiscal Marocain : Forces et Réformes

Le système fiscal marocain a été modernisé et simplifié, favorisant une relation de confiance entre l'administration fiscale et les contribuables grâce à une administration numérique. Les réformes annuelles visent à améliorer la compétitivité du Maroc et à élargir l'assiette fiscale, tout en s'appuyant sur des documents de référence pour analyser ses forces. Ce travail met en lumière les succès du système fiscal marocain et les défis à relever pour une meilleure efficacité et transparence.

Transféré par

shopifstore2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
52 vues19 pages

Système Fiscal Marocain : Forces et Réformes

Le système fiscal marocain a été modernisé et simplifié, favorisant une relation de confiance entre l'administration fiscale et les contribuables grâce à une administration numérique. Les réformes annuelles visent à améliorer la compétitivité du Maroc et à élargir l'assiette fiscale, tout en s'appuyant sur des documents de référence pour analyser ses forces. Ce travail met en lumière les succès du système fiscal marocain et les défis à relever pour une meilleure efficacité et transparence.

Transféré par

shopifstore2
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)

- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492


Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

LE SYSTEME FISCAL MAROCAIN : UN MODELE INSPIRANT


THE MOROCCAN TAX SYSTEM: AN INSPIRING MODEL

EL ALAOUI OUISSAM
Doctorant à l’Ecole nationale de commerce et de gestion de Settat, laboratoire de recherche en finance
audit et gouvernance des organisations (LARFAGO) Université Hassan premier, Maroc

AMEDJAR MOHAMED
Enseignant chercheur à la Faculté des sciences juridiques économiques et sociales de Casablanca,
Université Hassan II, Maroc

GHANDARI YOUSSEF
Enseignant chercheur à l’Ecole nationale de commerce et de gestion de Settat, laboratoire de recherche en
finance audit et gouvernance des organisations (LARFAGO) Université Hassan premier, Maroc

136
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

RESUME
Le système fiscal marocain se compose d’un mécanisme déclaratif basé sur les déclarations faites par les
contribuables et d’autres mécanismes tels la retenue à la source. En contrepartie, l'administration fiscale est
chargée du contrôle et du suivi.
La relation entre l'administration et le contribuable a connu des changements significatifs et des
développements au cours des dernières années. Dans cette situation, le régime fiscal marocain a été
considérablement simplifié, rationalisé et modernisé, en favorisant un partenariat et une confiance avec les
contribuables via une administration numérique. La loi de finances est modifiée chaque année dans
l’objectif d’une simplification du code général des impôts et dans l’objectif de réaliser les fonctions d’un
système fiscal idéal.
Notre travail cherche à montrer les points forts du système fiscal marocain à travers une méthode
analytique descriptive de plusieurs documents de références comme : les rapports du Doing Business ,
banque mondiale 2020, les statistiques des recettes publiques en Afrique 2023, le rapport du conseil
économique et social de 2012, le rapport économique et financier de 2023 et le code général des impôts de
2024.
Les réformes fiscales annuelles améliorent toute sorte de défaillance fiscale, et rendent le Maroc plus
compétitif par rapport aux plusieurs pays surtout africains.
Mots-clés: Système fiscal ; Loi de finances ; Points forts ; Doing business ; Code général des impôts.

ABSTRACT
The Moroccan tax system consists of a reporting mechanism based on the declarations made by taxpayers
and mechanisms other than the said declaration such as withholding tax. In return, the tax administration is
responsible for control and monitoring. The relationship between the administration and the taxpayer has
undergone significant changes and developments in recent years. In this situation, the Moroccan tax system
has been considerably simplified, streamlined and modernized, by promoting a partnership and trust with
taxpayers through a digital administration. The finance law is amended every year with the aim of
simplifying the general tax code and with the aim of achieving the functions of an ideal tax system.
Our work seeks to show the strengths of the Moroccan tax system through a descriptive analytical method
of several reference documents such as: the Doing Business reports, World Bank 2020, the statistics of
public revenues in Africa 2023, the report of the Economic and Social Council of 2012, the economic and
financial report of 2023 and the general tax code of 2024. Annual tax reforms improve all kinds of tax
failures, and make Morocco more competitive compared to several countries, especially African ones.
Key-words: Tax system; Finance law; Strengths; Doing business; General tax code.

137
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

1. INTRODUCTION :
Les recettes fiscales sont destinées en grande partie à financer des objectifs économiques et sociaux que
l’Etat s’engage à réaliser (SADAKA 2024). Depuis les années 80, la relation entre l'administration et le
contribuable a subi d'importantes transformations et progrès qui se sont intensifiés au cours des dix
dernières années. Dans ce contexte, le Maroc a mis en place des mesures significatives pour simplifier,
rationaliser et moderniser son régime fiscal, en privilégiant un partenariat et une confiance avec les
contribuables grâce à une administration numérique.

Ces directives ont pour objectif d'optimiser la performance de l'administration fiscale et sa modernisation.
La mise en place d'un régime fiscal contemporain conformément à la dernière constitution de 2011 a rendu
possible ces efforts, contribuant ainsi à renforcer la démocratie tout en offrant un des signes les plus
importants de la gouvernance efficace.

Ce papier cherche à exposer quelques forces du système fiscal marocain à travers une méthode analytique
descriptive de plusieurs documents de références.

Notre travail sera focalisé sur plusieurs aspects comme : l’historique des réformes du système fiscal
marocain, la revue de littérature des forces du système fiscal marocain, le classement international du
Maroc par Doing Business, la pression fiscale (Ratios impôts/PIB en 2021 et analyse des variations depuis
2020) : Etude comparative dans 33 pays africains, aperçu du code général des impôts de 2024 et vers la fin
une discussion contenant un Benchmarking avec les systèmes fiscaux d’autres pays.

2. REVUE DE LITTERATURE :
2.1. Historique des Réformes du Système Fiscal Marocain :
Le système fiscal marocain a connu plusieurs réformes depuis l'indépendance du pays en 1956, visant à
moderniser la gestion fiscale, améliorer la collecte des impôts et renforcer l'efficacité du système. Ces
réformes ont été motivées par des besoins d’adaptation aux évolutions économiques, sociales et politiques
du pays. Ce paragraphe propose une rétrospective des principales réformes fiscales qui ont marqué
l’histoire du Maroc, en insistant sur les objectifs poursuivis et les mesures concrètes mises en place.

2.1.1. Les premières réformes fiscales après l’indépendance (1956-1960)


Suite à l’indépendance en 1956, le Maroc a hérité un système fiscal archaïque, héritage du protectorat
français. Les premières réformes fiscales ont été entreprises pour établir une base légale moderne. En 1959,
le Code des impôts directs a été créé, unifiant les différents impôts et taxes en vigueur sous le régime
colonial (Benjelloun & Miri, 2005). Cette réforme visait à simplifier le système fiscal et à renforcer le
contrôle de l'État sur les ressources fiscales nationales.

2.1.2. L'introduction de l'impôt sur les sociétés (IS) et l'impôt sur le revenu (IR) (1960-1970)
Au cours des années 1960, le Maroc a introduit des réformes fiscales majeures, dont la création de l’impôt
sur les sociétés (IS) en 1960 et de l’impôt sur le revenu (IR) en 1969. Ces réformes ont permis de structurer
la fiscalité sur les entreprises et les individus, avec une distinction plus claire entre les sources de revenus
imposables. Le Code des impôts indirects de 1963 a également vu le jour, introduisant des taxes sur la
consommation comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), bien que celle-ci n'ait été pleinement appliquée
qu'au début des années 1980 (Hariri, 2000).

138
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
2.1.3. La réforme de 1984 et l’introduction de la TVA
La réforme fiscale de 1984 a constitué un tournant majeur dans l’évolution du système fiscal marocain.
L'objectif principal de cette réforme était de renforcer la compétitivité de l'économie et d'élargir la base
fiscale. Le système de TVA a été introduit à partir de 1986, remplaçant une série de taxes de consommation
plus complexes et fournissant à l'État une source de revenus plus stable et plus prévisible (Kabbaj &
Benbrahim, 2015). Cette réforme a contribué à moderniser le système fiscal, en le rendant plus transparent
et en facilitant la collecte des recettes fiscales.

2.1.4. Les réformes fiscales des années 1990 : Modernisation et simplification


Les années 1990 ont été marquées par une série de réformes visant à moderniser le système fiscal et à
encourager l’investissement privé. En 1996, une réforme majeure a conduit à la création d’un nouveau
Code général des impôts (CGI), visant à simplifier les procédures fiscales et à encourager la libéralisation
de l'économie. L'introduction de mécanismes de contrôle fiscal renforcé et l'amélioration des systèmes de
déclaration électronique ont permis de réduire les zones d’ombre fiscales et de lutter contre la fraude fiscale
(Mouline, 1998).

2.1.5. Réformes fiscales de 2000 à 2010 : Encouragement de l’investissement et intégration


dans l’économie mondiale
Les réformes fiscales des années 2000 ont été axées sur l'encouragement de l'investissement et l'intégration
du Maroc dans l’économie mondiale. En 2006, le Maroc a introduit des incitations fiscales pour les
investisseurs étrangers, en particulier dans les zones franches et les secteurs stratégiques tels que les
énergies renouvelables, l’industrie et l’agriculture (El Amrani, 2007). En outre, une série de réformes en
2007 a permis de simplifier la déclaration fiscale pour les PME et de réduire certaines charges fiscales pour
les entreprises en difficulté.

2.1.6. Les réformes fiscales post-2010 : Gouvernance fiscale et digitalisation


À partir de 2010, le Maroc a lancé une série de réformes fiscales visant à améliorer la gouvernance fiscale,
la transparence et l’efficacité de la collecte des impôts. En 2011, la mise en place du nouveau régime fiscal
pour les PME a été un élément central, visant à encourager la formalisation des petites entreprises
informelles. En 2013, le Maroc a adopté une réforme de la TVA pour élargir son assiette fiscale tout en
simplifiant le système de collecte (Alami, 2014).

En parallèle, une digitalisation progressive des services fiscaux a été introduite, permettant aux entreprises
et aux citoyens de déclarer et de payer leurs impôts en ligne. Cette mesure visait à réduire la bureaucratie,
améliorer la collecte des recettes fiscales et faciliter l’accès des contribuables aux services administratifs.

2.1.7. Réformes fiscales récentes (2020-2024) : Simplification et modernisation du système


Depuis 2020, le Maroc a continué ses efforts pour simplifier et moderniser son système fiscal. Le
gouvernement a lancé plusieurs mesures visant à encourager l'économie numérique, à améliorer l’incitation
à l’investissement, et à renforcer la transparence fiscale. L’introduction de la loi de finances 2021 a permis
de réformer certaines taxes, comme l’introduction de nouvelles incitations fiscales pour les entreprises
opérant dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables et l’industrie numérique. La
réforme de l’impôt sur le revenu a également été un point central de cette période, visant à réduire la
pression fiscale sur les petites et moyennes entreprises tout en élargissant la base d’imposition des revenus
des plus riches (Benali & Fadili, 2022).

139
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Les réformes fiscales marocaines ont permis d’adapter le système fiscal aux besoins d’une économie de
plus en plus ouverte et diversifiée. Si les réformes ont été largement axées sur la simplification
administrative, la lutte contre la fraude fiscale et la modernisation des outils fiscaux, elles ont également
contribué à renforcer l'attractivité du pays pour les investisseurs. Néanmoins, le Maroc doit encore relever
des défis liés à l’élargissement de l’assiette fiscale, à la réduction de l’informalité et à l'amélioration de la
collecte des recettes fiscales.

2.2. Revue de Littérature des Forces du Système Fiscal Marocain


Le système fiscal marocain a connu plusieurs réformes au cours des dernières décennies, visant à améliorer
son efficacité, sa transparence et sa compétitivité. De nombreux travaux académiques ont étudié les forces
de ce système, en mettant en lumière les aspects positifs qui favorisent une meilleure collecte des recettes
fiscales, encouragent les investissements et renforcent la justice fiscale. Cette revue de littérature s'efforce
de résumer les travaux existants qui ont analysé ces points forts du système fiscal marocain.

2.2.1. La Simplification et la Modernisation Administrative


Une des forces majeures du système fiscal marocain réside dans les réformes visant à simplifier les
procédures fiscales et à moderniser l’administration fiscale. Selon un rapport de Kabbaj et Benbrahim
(2015), la digitalisation des services fiscaux a été un facteur clé dans l’amélioration de l’efficacité du
système. En particulier, l’introduction du système de déclaration électronique et du paiement en ligne a
réduit les délais de traitement et la complexité administrative pour les contribuables. Cela a également
contribué à une meilleure gestion des recettes fiscales, en permettant une collecte plus rapide et plus
transparente. Les contribuables peuvent désormais effectuer leurs déclarations fiscales à distance, ce qui a
considérablement réduit les coûts de conformité (Kabbaj & Benbrahim, 2015). Cette modernisation permet
également une gestion plus efficace des données fiscales, facilitant ainsi la lutte contre la fraude fiscale.

2.2.2. L’Optimisation des Recettes Fiscales par la TVA


Un autre point fort majeur du système fiscal marocain réside dans l'introduction et l'optimisation de la Taxe
sur la Valeur Ajoutée (TVA). Selon Hariri (2000), la TVA est devenue un levier important pour les
finances publiques du pays. Depuis son introduction en 1986, la TVA est devenue l’un des principaux
instruments de collecte des recettes fiscales. Elle est non seulement une source stable de financement pour
l'État, mais elle a également permis d’augmenter la transparence fiscale et de simplifier le système de
taxation indirecte. Hariri (2000) souligne que la TVA a contribué à un élargissement de l’assiette fiscale,
car elle est appliquée à une grande variété de biens et de services, tout en étant relativement facile à
administrer par rapport à d’autres formes de taxation. Cependant, certains auteurs soulignent que la TVA
pourrait être encore plus optimisée en améliorant le suivi des entreprises, notamment celles dans le secteur
informel (Benali & Fadili, 2022).

2.2.3. Les Réformes de l’Impôt sur les Sociétés (IS) et l’Attractivité des Investissements
Le Maroc a également entrepris plusieurs réformes pour améliorer le régime de l'impôt sur les sociétés (IS),
avec des mesures visant à encourager l’investissement, en particulier dans les secteurs stratégiques comme
les énergies renouvelables, l’industrie et l’agriculture. El Amrani (2007) explique que les incitations
fiscales mises en place pour les entreprises opérant dans ces secteurs ont permis de renforcer la
compétitivité du Maroc sur le marché mondial. Ces réformes incluent notamment des exonérations fiscales
pour les entreprises installées dans des zones franches ou les zones industrielles, ainsi que des réductions
d’impôt pour les entreprises investissant dans des projets à fort impact social ou environnemental. Selon

140
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Mouline (1998), ces mesures ont permis de dynamiser l’économie marocaine en attirant des
investissements étrangers, tout en soutenant les entreprises locales.

2.2.4. L’Accessibilité et l’Efficacité de la Fiscalité Directe (Impôt sur le Revenu)


L’impôt sur le revenu (IR) est également un élément central du système fiscal marocain. La réforme de
l'IR, notamment avec l’introduction des tranches progressives et la mise en place de simplifications fiscales
pour les petites entreprises et les travailleurs indépendants, a permis de rendre ce système plus accessible.
Benjelloun & Miri (2005) notent que les tranches progressives ont permis une répartition plus équitable de
la charge fiscale, où les contribuables les plus riches paient un pourcentage plus élevé de leur revenu,
réduisant ainsi les inégalités fiscales. De plus, la révision des abattements fiscaux a facilité l’accès à la
déclaration fiscale pour les petites entreprises, tout en améliorant la conformité fiscale. Benali & Fadili
(2022) affirment que cette progressivité de l’IR contribue à une meilleure justice fiscale, en allégeant le
fardeau fiscal des foyers à faibles revenus.

2.2.5. L'Adaptation aux Enjeux Mondiaux et la Lutte contre la Fraude Fiscale


Le Maroc a également fait des efforts significatifs pour moderniser son système fiscal en réponse aux défis
mondiaux, notamment la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent. Selon Alami (2014), les
réformes récentes ont permis de renforcer les mécanismes de contrôle fiscal, en améliorant la transparence
et en introduisant des outils plus sophistiqués pour détecter et sanctionner les fraudes fiscales. Ces réformes
comprennent notamment la mise en place de nouvelles technologies de suivi, comme les systèmes de
facturation électronique et les déclarations fiscales en ligne, qui ont permis de mieux suivre les transactions
économiques et de détecter les anomalies fiscales. Cette modernisation a conduit à une meilleure
conformité fiscale et à une réduction des pratiques de fraude, contribuant ainsi à augmenter les recettes
fiscales de l’État (Alami, 2014).

2.2.6. La Stabilité du Système Fiscale et la Confiance des Investisseurs


Enfin, une autre force du système fiscal marocain est sa stabilité fiscale, qui inspire confiance aux
investisseurs locaux et étrangers. Selon Kabbaj & Benbrahim (2015), les réformes fiscales ont été réalisées
de manière progressive, ce qui a permis d’éviter des changements abrupts qui pourraient déstabiliser
l’économie. Les politiques fiscales du Maroc ont ainsi permis de maintenir un environnement prévisible
pour les investisseurs, favorisant ainsi l’attractivité du pays. Cette stabilité a été renforcée par des accords
internationaux et des réformes liées à la fiscalité internationale, qui permettent au Maroc de se conformer
aux normes fiscales mondiales tout en restant compétitif sur le marché global.

Les réformes fiscales marocaines ont permis de renforcer l’efficacité, la transparence et l’attractivité du
système fiscal. Les efforts de digitalisation, la mise en place de la TVA, les réformes de l’impôt sur les
sociétés et l’impôt sur le revenu, ainsi que l’amélioration des mécanismes de lutte contre la fraude fiscale,
sont autant de forces qui contribuent au bon fonctionnement du système fiscal marocain. Toutefois, des
défis demeurent, notamment la réduction de l'informalité et l'élargissement de l’assiette fiscale, qui
nécessitent des efforts continus pour garantir une fiscalité plus inclusive et plus juste.

3. CADRE ANALYTIQUE :
3.1. Analyse documentaire :
3.1.1. Classement international du Maroc par Doing Business :
De nombreux indicateurs ont démontré le progrès du système fiscal marocain, notamment l'indicateur du «
paiement des impôts et taxes » dans le classement du Doing Business. Celui-ci a illustré le passage du
Maroc de la 128ème place en 2007 à la 24ème place en 2020 sur le plan international.

141
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Graphique 1 : Classement international du Maroc par DB selon les sujets liés à la conduite des
affaires en 2020

D’après les données fournies par la banque mondiale (Doing Business 2020)

Tableau 1 : Analyse des indicateurs de la conduite des affaires au Maroc selon DB en 2020

D’après les données fournies par la banque mondiale (Doing Business 2020)

142
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le système fiscal marocain a connu des améliorations significatives ces dernières années, ce qui a été
largement reconnu au niveau international. L'un des indicateurs clés de cette évolution est celui du
"paiement des impôts et taxes", qui mesure la facilité avec laquelle les entreprises peuvent s'acquitter de
leurs obligations fiscales. Selon le classement annuel du Doing Business de la Banque mondiale, le Maroc
a fait un bond impressionnant dans ce domaine, passant de la 128ème place en 2007 à la 24ème place en
2020. Cette avancée témoigne des réformes fiscales réussies entreprises par le gouvernement marocain,
visant à simplifier les démarches administratives, réduire les délais de paiement, et améliorer la
transparence du système fiscal. Ces réformes ont également permis de renforcer la confiance des
investisseurs et d'améliorer la compétitivité économique du pays. Le Maroc a ainsi mis en place des
plateformes numériques pour faciliter le paiement des taxes et des impôts, tout en développant des
mécanismes de contrôle plus efficaces. Le progrès enregistré dans ce classement reflète également les
efforts du gouvernement pour moderniser l'administration fiscale, ce qui a contribué à une meilleure
gestion des ressources publiques et à une augmentation des recettes fiscales

Tableau 2 : Analyse de l’indice postérieur à la déclaration d’impôts au Maroc selon DB en 2020

D’après les données fournies par la banque mondiale (Doing Business 2020)

Selon les données fournies par la Banque mondiale, le Maroc a enregistré en 2020 un indice postérieur à la
déclaration d’impôts de 98,6, ce qui témoigne de l'efficacité et de la compétitivité croissante du système
fiscal marocain. Cet indice mesure la facilité avec laquelle les entreprises peuvent remplir leurs obligations
fiscales après la déclaration des impôts, en prenant en compte des éléments tels que le nombre de paiements
fiscaux par an, le temps nécessaire pour les réaliser et la complexité des démarches administratives. Un
score aussi élevé place le Maroc dans une position favorable par rapport aux autres pays de la région
Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), où de nombreux pays rencontrent encore des défis significatifs
en matière de simplification fiscale et de gestion des impôts.

L’indice de 98,6 indique que le Maroc a réussi à moderniser et à simplifier son système fiscal, en
particulier grâce à l'implémentation de solutions numériques qui permettent une gestion plus transparente et
plus rapide des obligations fiscales. Cette performance place le Maroc parmi les pays leaders de la région,
offrant ainsi un environnement fiscal favorable pour les entreprises locales et internationales. De plus, cette
amélioration montre l'engagement du pays à renforcer la confiance des investisseurs et à faciliter le climat
des affaires, un facteur clé pour attirer les investissements étrangers et stimuler l'économie nationale.

Les réformes fiscales entreprises au Maroc ont permis de réduire la bureaucratie et de simplifier les
procédures administratives, contribuant ainsi à diminuer les coûts de conformité fiscale pour les
entreprises. Ce score élevé dans l'indice postérieur à la déclaration d’impôts est également un indicateur de

143
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
la stabilité et de la transparence du système fiscal marocain, ce qui est crucial pour la croissance
économique à long terme et pour la consolidation des finances publiques.

3.1.2. La pression fiscale (Ratios impôts/PIB en 2021 et analyse des variations depuis
2020) : Etude comparative dans 33 pays africains :
En 2021, le rapport entre l'impôt et le PIB moyen non pondéré dans 33 pays africains (connu sous le nom
de « moyenne des pays d'Afrique (33) ») a atteint 15.6 %, ce qui est identique à celui observé en 2020. Les
recettes fiscales totales, incluant les cotisations obligatoires de sécurité sociale, sont exprimées en
pourcentage du produit intérieur brut (PIB) par le ratio impôts/PIB. En 2021, l'économie nationale (33) était
moins importante que celle des pays de la zone Asie-Pacifique (19,8 %), celle de la zone Amérique latine et
Caraïbes (ALC) (21,7 %) et celle de la zone OCDE (34,1%).

Graphique 2: Ratio impôts/ PIB (part des recettes fiscales au PIB) en 2021

OCDE/ATAF/CUA(2023), Statistiques des recettes publiques en Afrique 2023, [Link]

En 2021, l'Afrique a maintenu son ratio impôts/PIB moyen de 15,8 % de 2019, après une baisse de 0,3
point de pourcentage en 2020. La région Asie-Pacifique a connu le même phénomène, avec une baisse de
0,9 point du ratio moyen impôts/PIB en 2020, puis un retour à 0,2 point en 2021. D'un autre côté, le rapport

144
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
impôts/PIB moyen dans la région ALC a connu une augmentation de 0,8 point en 2021 et a retrouvé son
niveau normal avant la pandémie. Dans la zone OCDE, les revenus fiscaux en pourcentage du PIB ont
connu une augmentation moyenne au cours des deux dernières années.

Ces données mettent en évidence l'importance cruciale d'améliorer l'administration fiscale et d'élargir la
base fiscale dans les pays africains pour garantir des revenus stables et croissants qui puissent financer des
projets de développement essentiels et renforcer la résilience économique. (OCDE, 2023).

Les taux d'impôts/PIB ont connu de fortes disparités entre ces pays en 2021, passant de 5.9 % en Guinée
équatoriale à 32.5 % en Tunisie. Entre 2020 et 2021, les revenus fiscaux en pourcentage du PIB ont connu
une augmentation dans 20 pays et une baisse dans 13 pays. La baisse la plus importante a été observée au
Tchad, avec une perte de 4,6 points, suivie des Seychelles et de la Guinée équatoriale (respectivement 2,6
et 2,5 points).

En revanche, le Botswana a connu la plus forte augmentation du ratio impôts/PIB parmi tous les pays
étudiés en 2021 (2,8 points), suivi de l'Afrique du Sud (1,9 point) et de la République démocratique du
Congo (1,8 point). En témoignage de la variété des paysages économiques en Afrique, les taux
d'impôts/PIB ont connu des fluctuations significatives, ce qui met en évidence l'importance de développer
des politiques fiscales et des stratégies de mise en place adaptées à chaque pays. (OCDE, 2023)

Analyse du Ratio impôts/PIB depuis 2010 :

L'évolution des rapports entre les impôts et le PIB dans les nations africaines sur une période de dix ans
illustre les initiatives en cours pour consolider les mécanismes budgétaires favorisant le développement du
continent. De 2010 à 2021, le rapport entre les impôts et le PIB moyen africain (33) a augmenté de 1,5
point. A titre comparatif, les ratios moyens d'impôts/PIB dans la région ALC et dans la zone OCDE ont
augmenté de 1.7 point et 2.6 points durant cette période. Entre 2010 et 2021, les ratios ont connu une
augmentation dans 23 des 33 pays africains, tandis qu'ils ont baissé dans dix.

145
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Graphique 3 : Analyse du Ratio impôts/PIB durant la période 2000-2021 :

OCDE/ATAF/CUA(2023), Statistiques des recettes publiques en Afrique 2023, [Link]

Entre 2010 et 2021, la hausse du ratio impôts/PIB moyen en Afrique (33) a principalement été attribuée à
une progression positive des recettes provenant de la TVA et de l'impôt sur le revenu des individus.

En 2021, les taxes sur les biens et services ont continué d'être la principale source de revenus fiscaux en
Afrique. En moyenne, ils ont produit 51,9 % des recettes fiscales totales, tandis que la TVA représentait
27,8 % du total. 37.9 % des revenus fiscaux ont été générés par les impôts sur le revenu et sur les profits.
Pour 24 pays africains abordés dans ce papier, les taxes sur les biens et services constituaient la principale
source de revenus fiscaux en 2021. Dans les neuf autres pays, la majorité des revenus fiscaux provenaient
des taxes sur le revenu et des profits. (OCDE, 2023)

De 2020 à 2021, les recettes provenant des impôts sur les biens et services ont en moyenne augmenté de
0,2 % du PIB. En 2020, la pandémie de COVID-19 a particulièrement affecté ce secteur, provoquant une
diminution de 0,4 % du PIB.

Dans ce secteur, l'augmentation de 0,1 point des recettes de TVA en 2021 est un léger rebond suite à une
baisse de 0,3 point entre 2019 et 2020. En 2021, les revenus de l'impôt sur le revenu ont diminué de 0,1
point en moyenne. Cela est attribué à la diminution des recettes générées par l'impôt sur les entreprises
durant cette période, suite à une stabilité observée entre 2019 et 2020. En 2021, les cotisations de sécurité
sociale ont diminué d'un point en comparaison avec une augmentation du même poids en 2020.

146
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Graphique 4: Principales sources des recettes fiscales en 2021

OCDE/ATAF/CUA(2023), Statistiques des recettes publiques en Afrique 2023, [Link]

Selon ces informations, la principale source des recettes fiscales de 2021 au Maroc est la TVA, dont une
grande partie provient de la TVA à l'importation. Dans une situation normale, la structure fiscale doit être
fondée sur l'IR comme principale source de recettes fiscales et sur une part de TVA à l'intérieur supérieure
à la TVA à l'importation. Cette situation confirme malheureusement une sorte de défaillance fiscale.

3.1.3. Aperçu du code général des impôts de 2024 :


Article 91.- Exonérations sans droit à déduction
Sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée :
I.- A) Les ventes, autrement qu’à consommer sur place, portant sur :
1°- le pain, le couscous, les semoules et les farines servant à l'alimentation humaine ainsi que les céréales
servant à la fabrication de ces farines et les levures utilisées dans la panification.
Par pain, on doit entendre le produit qui ne renferme pas d'autres matières que la farine, la levure, l'eau et le
sel, à l'exclusion des biscottes, bretzels, biscuits et autres produits similaires ;
2°- le lait.
L'exonération s'applique aux laits et crèmes de lait frais conservés ou non, concentrés ou non, sucrés ou
non, aux laits spéciaux pour nourrissons, ainsi que le beurre dérivé du lait d’origine animale, à l'exclusion
des autres produits dérivés du lait ;
3°- le sucre brut, on doit entendre le sucre de betterave, de canne et les sucres analogues (saccharose) ;
4°- les dattes conditionnées produites au Maroc ;
5°- les produits de la pêche à l'état frais, congelés, entiers ou découpés;
6°- la viande fraîche ou congelée ;
7°- l'huile d'olive et les sous-produits de la trituration des olives fabriqués par les unités artisanales ;
8°- les conserves de sardines ;

147
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
9°- le lait en poudre ;
10°- le savon de ménage (en morceaux ou en pain).
C) Les ventes portant sur :
1°- les bougies et paraffines entrant dans leur fabrication, à l’exclusion de celles à usage décoratif et des
paraffines utilisées dans leur fabrication;

3°- le crin végétal ;
4°- les tapis d'origine artisanale de production locale ;
5°- les métaux de récupération ;
6°-les pompes à eau qui fonctionnent à l’énergie solaire ou à toute autre énergie renouvelable utilisée dans
le secteur agricole.
D) Les opérations portant sur :
1°- les ventes des ouvrages en métaux précieux fabriqués au Maroc;
2°- les ventes de timbres fiscaux, papiers et impressions timbrés, émis par l'Etat ;

E) Les opérations de ventes portant sur :
1°- les journaux, les publications, les livres, les travaux de composition, d’impression et de livraison y
afférents, la musique imprimée ainsi que les CD-ROM reproduisant les publications et les livres.
L'exonération s'applique également aux ventes de déchets provenant de l'impression des journaux,
publications et livres.
Le produit de la publicité n'est pas compris dans l'exonération ;
2°- les papiers destinés à l'impression des journaux et publications périodiques ainsi qu'à l'édition, lorsqu'ils
sont dirigés, sur une imprimerie ;
3°- les films documentaires ou éducatifs ;
4°- les fournitures scolaires et les produits et matières entrant dans leur composition.

2°- Les opérations d'exploitation des douches publiques, de "Hammams" et fours traditionnels ;
3°- Les ventes et prestations de services, effectuées par les fabricants et les prestataires, personnes
physiques, dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur ou égal à cinq cent mille (500.000) dirhams.
Toutefois, lorsque ces derniers deviennent assujettis, ils ne peuvent remettre en cause leur assujettissement
à la taxe sur la valeur ajoutée que lorsqu’ils réalisent un chiffre d’affaires inférieur ou égal audit montant
pendant trois années consécutives.

2°- Les prestations fournies par les associations à but non lucratif reconnues d'utilité publique, les sociétés
mutualistes ainsi que les institutions sociales des salariés constituées et fonctionnant conformément aux
dispositions du dahir n° 1-57-187 du 24 joumada II 1383 (12 novembre 1963) portant statut de la mutualité,
tel qu'il a été modifié ou complété.
Toutefois, l’exonération ne s’applique pas aux opérations à caractère commercial, industriel ou de
prestations de services réalisées par les organismes précités ;
VI.- Les opérations portant sur :
1°- les prestations fournies par les médecins, médecins-dentistes, masseurs kinésithérapeutes, orthoptistes,
orthophonistes, infirmiers, herboristes, sages-femmes, exploitants de cliniques, maisons de santé ou de
traitement et exploitants de laboratoires d’analyses médicales ;

148
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
2°- les ventes portant sur les appareillages spécialisés destinés exclusivement aux handicapés et sur les
implants cochléaires. Il en est de même des opérations de contrôle de la vue effectuées au profit des
déficients visuels par des associations reconnues d'utilité publique ;

Dans le même ordre des idées, le Code Général des Impôts (CGI) du Maroc prévoit plusieurs exonérations
en matière de l'Impôt sur le Revenu (IR) et de l'Impôt sur les Sociétés (IS). Ces exonérations visent à
encourager certaines activités économiques, soutenir des secteurs spécifiques, ou favoriser des
investissements dans des régions ou des domaines d'intérêt public. Voici un aperçu des principales
exonérations prévues pour l'année 2024 :

✓ Exonérations en matière de l'Impôt sur le Revenu (IR)


L'Impôt sur le Revenu (IR) concerne principalement les revenus des personnes physiques. Plusieurs
exonérations sont prévues par le Code Général des Impôts, notamment :

a) Exonérations des revenus agricoles

- Revenus provenant de l'agriculture : Les revenus tirés de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche maritime
et de la culture des végétaux destinés à l'exportation peuvent bénéficier d'exonérations, sous certaines
conditions. Cette exonération est valable pour les revenus agricoles réalisés par les exploitants agricoles
dans des zones rurales spécifiques ou pour des projets soutenant le développement de l'agriculture durable.

b) Exonérations liées aux salaires

- Salaires et rémunérations des fonctionnaires et agents de l'État : Certaines exonérations sont prévues pour
les salaires perçus par les fonctionnaires et les agents de l'État, en fonction de leur niveau de rémunération
et de leur statut, notamment pour les employés dans des secteurs comme l'éducation ou la santé publique.

c) Exonération des revenus des associations

- Associations à but non lucratif : Les associations à but non lucratif, à condition qu'elles ne distribuent
pas de dividendes et qu'elles soient reconnues d'utilité publique, peuvent être exonérées d'IR sur leurs
revenus.

d) Exonération des revenus des jeunes entrepreneurs

- Nouveaux jeunes entrepreneurs : Certaines exonérations sont accordées aux jeunes créateurs
d'entreprises dans des secteurs spécifiques, pour les encourager à lancer des projets économiques et à
réduire leur charge fiscale initiale. Cette exonération vise généralement les start-ups dans les secteurs
technologiques ou industriels.

e) Exonérations dans les zones franches

- Zones de développement économique : Certaines régions du Maroc bénéficient de régimes fiscaux


avantageux, y compris des exonérations d'IR pour les entreprises et les individus qui y exercent leurs
activités, particulièrement dans les zones franches ou spéciales (par exemple, les zones industrielles, les
zones de libre-échange).

✓ Exonérations en matière de l'Impôt sur les Sociétés (IS)

149
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
L'Impôt sur les Sociétés (IS) concerne les bénéfices des entreprises. De nombreuses exonérations sont
prévues pour encourager l'investissement et soutenir certaines industries. Voici quelques-unes des
exonérations importantes :

a) Exonération des sociétés exportatrices

- Entreprises exportatrices : Les entreprises qui réalisent des bénéfices exclusivement à partir de leurs
exportations peuvent bénéficier d'une exonération d'IS pendant une période déterminée (généralement de 5
ans). Cette exonération vise à encourager les entreprises marocaines à se développer à l'international et à
augmenter les exportations du pays.

b) Exonération des sociétés créées dans certaines zones

- Zones franches et zones industrielles : Les entreprises qui s'installent dans des zones franches ou des
zones industrielles spécifiques bénéficient d'exonérations fiscales sur leurs bénéfices pendant une période
donnée (souvent de 5 à 10 ans), pour stimuler l'investissement dans ces zones spécifiques. Ces exonérations
sont particulièrement ciblées sur les secteurs industriels, technologiques et innovants.

c) Exonération pour les investissements en capital risque et en innovation

- Investissements en R&D : Les entreprises qui investissent dans la recherche et le développement (R&D)
peuvent bénéficier d'exonérations fiscales sur les bénéfices générés par leurs activités de recherche. Ce
régime est destiné à encourager l'innovation et à soutenir les entreprises qui travaillent sur des projets
technologiques ou industriels innovants.

d) Exonération des entreprises dans les secteurs sociaux

- Entreprises sociales et solidaires : Certaines entreprises opérant dans des secteurs à fort impact social,
comme la santé, l'éducation, ou le logement social, peuvent bénéficier d'une exonération partielle ou totale
d'IS. Cela vise à encourager les investissements dans des projets d'intérêt public qui contribuent à
l'amélioration du bien-être social et économique des populations.

e) Exonération pour les entreprises créées par des jeunes investisseurs

- Jeunes entrepreneurs : Les jeunes investisseurs qui créent des entreprises dans des secteurs stratégiques
peuvent bénéficier d'exonérations fiscales sur leurs bénéfices pendant une période déterminée. Cette
mesure vise à favoriser l'entrepreneuriat parmi les jeunes et à soutenir les nouvelles entreprises innovantes.

f) Exonération pour les entreprises de certaines industries

- Industries spécifiques : Certaines industries, telles que les industries agricoles, les industries de la pêche
ou encore les industries de haute technologie, peuvent bénéficier d'exonérations fiscales sur leurs bénéfices
afin de stimuler leur développement et leur compétitivité, tant sur le marché national qu'international.

g) Exonérations pour les sociétés publiques ou d’utilité publique

- Sociétés d'utilité publique : Certaines entreprises publiques ou celles qui opèrent dans des secteurs
d'intérêt public (comme l'eau, l'électricité, ou le transport public) peuvent bénéficier d'exonérations fiscales
afin de réduire les charges fiscales et améliorer leur rentabilité, ce qui permet de réinvestir dans leurs
activités essentielles.

150
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Les caractéristiques du système fiscal idéal résident dans sa rentabilité financière, son encouragement
économique, son égalité sociale et sa simplicité technique pour faciliter sa compréhension.
En analysant le code général des impôts de 2024, et en reprenant les idées de (Aaouid B 2018), on peut
affirmer que le système fiscal marocain essaye de respecter les quatre objectifs (fonctions) d’un bon
système fiscal :
La fonction financière :
La fiscalité permet à l'État de recueillir des fonds afin de financer les dépenses du secteur public.
La fonction économique :
Consiste à intervenir dans la sphère socio-économique par le biais de l’impôt afin d'ajuster les conditions de
la vie économique.
Exemple 1 : L'État impose des taxes sur les produits importés dans le but de préserver la production
nationale.
Exemple 2 : Lorsqu'il y a une inflation, le gouvernement augmente les taxes afin de compenser la quantité
de monnaie en circulation, contrairement au cas de la déflation.
La fonction sociale :

La fiscalité joue un rôle essentiel dans la répartition des revenus entre les individus et les entreprises, ce qui
contribue à réduire les inégalités sociales. De plus, les taxes sur les biens à risque social et sanitaire
(boissons alcoolisées, tabac...) peuvent être augmentées par le gouvernement, tandis qu'elles sont réduites
pour les articles de première nécessité (Aaouid , B 2018).
La fonction technique :

Les textes de lois sont dédiés pour être compris par tous les citoyens.

3.2. Discussion et Benchmarking avec les systèmes fiscaux d’autres pays :


En analysant les points forts du système fiscal marocain, on peut dire qu’il se caractérise par :

La stabilité fiscale: Réforme fiscale de 2016 pour améliorer la compétitivité.

Incitations aux investissements: Exonérations fiscales pour les entreprises dans les zones franches.

Simplification des procédures: Création d'un portail en ligne pour les déclarations fiscales.

Lutte contre l'évasion fiscale: Renforcement des contrôles et des sanctions.

Développement régional: Politique de développement régional à travers les investissements publics.


(OCDE 2023)

Pour la Turquie, on peut dire que son système fiscal montre :

Une flexibilité fiscale: Système fiscal adaptable aux besoins économiques.

Incitations aux exportations: Exonérations fiscales pour les entreprises exportatrices.

Régime fiscal avantageux: Régime fiscal spécial pour les entreprises de haute technologie.

La simplification des procédures: Déclarations fiscales en ligne.

Les investissements dans les infrastructures: Politique d'investissement dans les transports et l'énergie
(FMI ,2022).

151
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
En se qui concerne le système fiscal de la France, ses points forts sont :

Système fiscal progressif: Impôt sur le revenu progressif pour réduire les inégalités.

Protection sociale: Système de sécurité sociale solide.

Régulation financière: Régulation stricte des marchés financiers.

Investissements dans la recherche: Politique d'investissement dans la recherche et le développement.

Solidarité territoriale: Politique de solidarité entre régions (FMI ,2022).

Dans le même ordre des idées, on peut dire que le système fiscal en Espagne :

Système fiscal décentralisé: Autonomie fiscale des régions.

Incitations aux investissements: Exonérations fiscales pour les entreprises dans les zones franches.

Régime fiscal avantageux: Régime fiscal spécial pour les entreprises de haute technologie.

Simplification des procédures: Déclarations fiscales en ligne.

Tourisme et économie créative: Politique de développement du tourisme et de l'économie créative


(Banque mondiale 2022)

Pour Norvège, on peut dire que son système fiscal montre :

Système fiscal équitable: Impôt sur le revenu progressif.

Fonds souverain: Gestion prudente des ressources pétrolières.

Investissements dans les infrastructures: Politique d'investissement dans les transports et l'énergie.

Développement durable: Politique de développement durable et environnemental.

Système de sécurité sociale solide: Protection sociale pour les citoyens. (Banque mondiale 2022)

Pour le cas de la Tunisie, on peut dire qu’il y a :

Réforme fiscale en cours: Réforme fiscale pour améliorer la compétitivité.

Incitations aux investissements: Exonérations fiscales pour les entreprises dans les zones franches.

Simplification des procédures: Déclarations fiscales en ligne.

Développement régional: Politique de développement régional.

Lutte contre la corruption: Renforcement de la transparence et de la lutte contre la corruption (OCDE


2023).

4. Conclusion :
L'évaluation régulière de la fiscalité est un concept fondamental. Effectivement, pour un pays, il est crucial
d'avoir un système capable de se réajuster constamment aux transformations d'une économie et d'une

152
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
société de plus en plus changeantes et ouvertes. C'est une condition pour prévenir le regroupement de
mesures fiscales dépassée, qui jouent un rôle majeur dans la préservation d'un régime fiscal complexe.

En outre, la discussion fiscale doit reposer sur des informations fiables et disponibles.

L'élaboration de la Loi de Finances est régie par une législation organique qui exige un aperçu sur le long
terme des dépenses publiques, en particulier pour les projets stratégiques et pluriannuels (D’après la
Constitution de 2011). Cependant, ce qui est bénéfique pour la dépense publique est également bénéfique
pour la recette. Par conséquent, une loi de programmation fiscale doit influencer la conception future de
notre politique fiscale. Elle se présentera comme un instrument qui procurera, aussi bien au Parlement
qu'aux contribuables, une visibilité et une stabilité accrue, tout en préservant la capacité d'ajuster le système
fiscal en fonction de son contexte économique et social.

La planification fiscale et une compréhension accrue du patrimoine et des responsabilités de l’État assurent
une fiscalité plus limpide, dont les modalités et objectifs sont mieux connus et mieux acceptés par la
population. Il est donc plus aisé pour une telle fiscalité d'évoluer et d'être en adéquation avec la société et le
contexte économique, sans être entravée par des corporatismes ou des circonstances acquises.

De nombreux indicateurs ont démontré le progrès du système fiscal marocain, notamment, en 2020,
l'indicateur du « paiement des impôts et taxes » dans le classement du Doing Business, est passé à la 24ème
place sur le plan international. De même, le Maroc attire de plus en plus des investisseurs vu le climat
encourageant les affaires.

La fiscalité marocaine joue un rôle essentiel dans la répartition des revenus entre les individus et les
entreprises, ce qui cherche à réduire les inégalités sociales. De plus, les taxes sur les biens à risque social et
sanitaire (boissons alcoolisées...) peuvent être augmentées par le gouvernement, tandis qu'elles sont
réduites pour les articles de première nécessité.

Le Code Général des Impôts du Maroc pour l'année 2024 met en place un cadre fiscal favorable à
l'investissement, à la recherche et au développement, ainsi qu'à la création d'entreprises, tout en soutenant
certains secteurs économiques stratégiques. Ces exonérations sont des leviers importants pour encourager
l'innovation, l'exportation et l'entrepreneuriat, tout en contribuant à la croissance économique du pays. Elles
témoignent de la volonté du gouvernement marocain de soutenir le secteur privé, d'améliorer la
compétitivité des entreprises et de favoriser un climat d'affaires attractif pour les investisseurs nationaux et
internationaux.

Références bibliographiques :
Aaouid B. (2018) . La fiscalité des entreprises marocaines. Imprimerie papeterie El watanya.
Ajair, Z. (2020) . Le système fiscal marocain et le nouveau modèle de développement : analyse et
propositions», Revue du contrôle, de la comptabilité et de l’audit. « Volume 4 : numéro 4 » pp : 148 – 167.
Alami, M. (2014). Réformes fiscales et compétitivité économique au Maroc. Casablanca: Éditions
Economica.
Banque Mondiale (2020). Doing business.
[Link]
Banque mondiale (2022). Doing Business au Maroc.

153
Management Control, Auditing and Finance Review (MCAFR)
- Volume No.1, Issue No. 4 - 2024 - ISSN: 3009-5492
Management Control, Auditing and
Finance Review - MCAFR
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Benali, H., & Fadili, M. (2022). Le système fiscal marocain : Réformes et enjeux. Rabat: Publications
Universitaires.
Benjelloun, A., & Miri, B. (2005). La fiscalité au Maroc : Historique et évolution. Marrakech: Presses
Universitaires.
Conseil Economique et Social (2012). Le système fiscal marocain : développement économique et
cohésion sociale.
Direction Générale des Impôts (2024). Code général des impôts.
El Amrani, S. (2007). Fiscalité et incitations à l'investissement au Maroc. Rabat: Ed. Imprimerie
Marocaine.
Hariri, M. (2000). La réforme fiscale au Maroc : Vers un système fiscal plus moderne. Casablanca:
Editions Fiscales.
Kabbaj, H., & Benbrahim, A. (2015). Fiscalité marocaine et défis contemporains. Rabat: Editions
Modernes.
Ministère de l’économie et des finances (2023). Rapport économique et financier.
Mouline, M. (1998). Les réformes fiscales marocaines : Bilan et perspectives. Casablanca: Ed. Sidi
Harazem.
OCDE/ATAF/CUA(2023), Statistiques des recettes publiques en Afrique 2023, [Link]
Rapport des troisièmes assises nationales sur la fiscalité (03/04 Mai 2019) à Skhirat.
Sadaka, A (2024), Fiscalité et financement de l’Etat social au Maroc, Management Control, Auditing and
Finance Review (MCAFR)-Volume No. 1, Issue No. 2–July 2024 -ISSN:3009-5492

154

Vous aimerez peut-être aussi